- LIVRES avril 2018 -
 
 

 


Pour bien visiter la Ville-Reine et les chutes du Niagara

Mine de rien la ville de Toronto est devenue immensément attrayante, au point que sa vie nocturne menace de déclasser celle de Montréal, sa rivale au plan culturel et artistique. Puis, autre point de chute, excusez-le jeu de mots facile, concernant l’Ontario, ce sont effectivement les chutes du Niagara et toute l’animation qui les entourent. Pour bien profiter de l’une comme de l’autre, la meilleure référence demeure Toronto et les chutes du Niagara. On a confié à la torontoise d’adoption mais d’origine montréalaise Nathalie Prézeau le soin de coordonner la rédaction de ce guide qui regorge de bons tuyaux comme tous ceux de cette collection, qui permettent de profiter à plein de sa visite.

Toronto et les chutes du Niagara. Ulysse 219p.      www.guidesulysse.com

 

 


Autour du service de renseignement suisse

Le Fribourgeois Mark Zellweger nous arrive avec un cinquième roman, élaboré autour d’un office d’information basé à Genève, le SR le service de renseignement suisse qui au cours de la Seconde guerre mondiale, bien que la Suisse fuit officiellement neutre dans le conflit, fut d’une grande utilité comme courroie de transmission avec les forces Alliées. Le romancier a donné naissance à des personnages qui démontent sous nos yeux, les mécanismes par lesquels on faisait passer des messages d’un point à un autre, en évitant d’être pris dans les filets de la redoutée Gestapo. Les espionnes du Salève c’est un groupe de femmes dirigée par une juive échappée du ghetto de Lodz, qui va joué un rôle de premier plan. Comme on peut le présumer, ce n’est pas l’action qui manque. Et si on désespère parfois du genre humain, ici il y a de beaux tableaux de gens qui au risque de leur vie ont défendu la liberté et qui redonnent confiance. Et c’est écrit avec une maestria qui nous ravit. On a hâte de lire les prochains opus de cet écrivain qui, on l’imagine, s’est profondément documenté avant de passer en phase d’écriture.

Les espionnes du Salève. Mark Zellweger. Éditions Eaux troubles 314p.    www.thrillers-editionseauxtroubles.com

 

 

 


Blanche et Daniel

La première, Blanche, est une femme qui n’a jamais eu de goût pour le type d’homme qu’était Daniel. A plus forte raison quand on saura que ce dernier dans Les oiseaux sans tête d’Hedwige Jeanmart est un meurtrier récidiviste. Elle va d’abord le laisser. Et quand Daniel sera finalement appréhendé et sanctionné en justice par une réclusion à perpétuité, elle ira le voir. Mais pour dire quoi ? C’est le thème de l’incompréhension qui sous-tend toute l’histoire. Comment des êtres ne peuvent vraiment pas avoir d’atomes crochus. Et qui vont de part et d’autre, campés sur leurs positions. C’est un texte très fort qui nous laisse songeur une fois rendu à la dernière ligne.

Les oiseaux sans tête. Hedwige Jeanmart. Gallimard 313p.   

 

 


Pourquoi se suicider quand on veut revenir parmi les vivants ?

C’est l’interrogation qui apparait au final de la quatrième de couverture de ce formidable livre d’anticipation Carbone modifié de Richard Morgan et qui a donné naissance à la télésérie à succès sur Netflix. Jugez vous-même, nous sommes dans un futur qu’on suppose, pas très lointain, où en fait on sera peut-être encore mortel, du moins l’enveloppe charnelle, mais on pourra sauvegarder notre conscience et nos souvenirs et replanter le tout dans un autre corps. Et ainsi plusieurs fois de suite. Une forme d’immortalité. Et il y a un de ces êtres, qui a passé par différentes anatomies, qu’on ramène sur Terre pour mener une enquête sur un riche individu qui s’interroge sur sa propre mort. Mais pourquoi s’en faire autant, on parle de suicide, alors qu’il peut se réincarner à volonté. Allez voir de quoi ça retourne. Voilà ce qui vous attend à travers ces pages enlevantes.

Carbone modifié. Richard Morgan. Bragelonne 572p.    www.bragelonne.fr

 

 


Cartographie d’un monde malade

Si vous prenez connaissance de l’actualité au quotidien de façon régulière, vous avez une impression d’un goût d’apocalypse à venir. Patrice Franceschi n’est pas indifférent à cette ablation du cœur au sein de l’humanité et pastiche les informations, Dernières nouvelles du futur cartographie notre époque malade en grand déficit d’altérité. Il présente son projet sous formes de nouvelles qui ont toutes en commun d’être assez déprimantes, mais au final il laisse entrevoir une lumière au bout du tunnel et heureusement ce n’est pas celle d’un train.

Dernières nouvelles du futur. Patrice Franceschi. Grasset 216p.

 

 


Quand la Martinique accéda à son indépendance

C’est un livre de fiction politique fort distrayant que nous sert Miguel Duplan dans L’indépendance des âmes. Il imagine une Martinique devenue indépendante avec tous les soubresauts que ça engendre. Une prise en contrôle qui a succédé à une révolte menée par un mouvement « Pwofitasyon ». A partir de ce fait, l’écrivain élabore les actions et réactions qui en découlent, dont celle d’un béké (colon) qui se sent dépossédé et qui veut reconquérir son dû. Ce qu’il y a à retenir de cette construction politique, c’est de voir comment être indépendant requiert du courage et de la volonté et que vous serez en butte à des réactionnaires. Vous a-t-on dit que c’est un ouvrage majeur en psychologie des êtres ? C’est fait.

L’indépendance des âmes. Miguel Duplan. Mémoire d’encrier 237p.    www.memoiredencrier.com

 

 


Un gay chez les hassidim

Quelle abomination pour une famille hassidim, ces ultra-orthodoxes qui refusent toute fréquentation avec des étrangers. Être homosexuel dans cette culture c’est automatique s’exclure. C’est ce que raconte 160 rue Saint-Viateur Ouest de Magali Sauves mettant en vedette dans ce roman, un officier de la Sûreté du Québec, ex hassidim car gay. Seule sa mère conserve un lien, loin des regards des siens. Et ce protagoniste Mathis Blaustein va devoir enquêter sur le meurtre d’un ingénieur. Et en tentant d’élucider ce crime, il va être confronté à des secrets de famille. Plus qu’une fiction, ce livre a valeur de documentaire. C’est là qu’on voit l’étroitesse d’esprit des hassidim qui ne reconnaissent pas la diversité et l’inclusion. Comme quoi toute religion est merdique et une entrave à l’homme libre.

160 rue Saint-Viateur Ouest. Magali Sauves. Mémoire d’encrier 307p.   www.memoiredencrier.com

 

 


Ce que les cultures antiques se sont empruntés historiquement

A l’heure où la question identitaire est récurrente dans l’actualité, il sera bon d’apprendre qu’il existe une généalogie des cultures et que l’Histoire nous enseigne que la formation d’une civilisation le doit souvent à divers emprunts chez d’autres. C’est le propos du tome 1 d’un essai captivant  Les grands récits occidentaux sous la direction de Jean-Claude Maes et qui a pour thème « Le pilier gréco-romain ». Cette culture gréco-romaine qui nous a tous imprégné, eh bien on apprend qu’elle s’est abreuvée à des sources comme le monde attique et la culture perse.  

Les grands récits occidentaux. Tome 1 Le pilier gréco-romain. Collectif sous la direction de Jean-Claude Maes. Liber 191p.    www.editionsliber.com

 

 


Pour identifier nos plantes sauvages

Elles poussent abondamment ces plantes sauvages au Québec, mais nous peinons à les identifier. Et pourtant c’est d’une utilité, car certaines sont toxiques au toucher. Le cypripède acaule ou la sarracénie pourpre ça vous dit quelque chose ? Non. Alors vous êtes le candidat parfait pour vous procurer ce petit guide coécrit par MM. Jean-Marc Lord et André Pelletier. Pour chacune des 50 plantes une fiche signalétique bien détaillée.

Plantes sauvages du Québec. Jean-Marc Lord et André Pelletier. Broquet  www.broquet.qc.ca

 

 


Une nouvelliste d’exception

Caroline Thérien nous arrive avec un petit recueil de nouvelles sous le titre de Ce que l’avenir ne dira pas. Comme tous ceux qui donnent dans ce genre littéraire, il faut une première disposition qui ne relève pas directement du talent d’écrivain, à savoir le sens aigu de l’observation. Et pas seulement des apparences mais dans le tréfonds des âmes. Ce à quoi parvient avec maestria la jeune femme qui dès sa première nouvelle Darjeeling nous garde bien près d’elle jusqu’à la dernière.  Un nom à retenir que viendra sans doute couronner une distinction. Distributeurs de prix regardez de ce côté-ci.

Ce que l’avenir ne dira pas. Caroline Thérien. Lévesque éditeur 121p.    www.levesqueediteur.com

 

 


Lueurs vertes au Québec

Récemment, un observateur de la scène québécoise s’indignait de ce que les journalistes, particulièrement ceux de la télé s’enferment à nous montrer que le pire de la condition humaine, jamais rien de positif. De quoi contribuer à sombrer dans le désespoir. Si vous êtes déjà atteint de nihilisme, voici un livre de délivrance en ce sens qu’il rapporte des actes et des personnes dont on n’entend hélas que peut parler. Ça s’intitule Demain le Québec qui recense des actions établies dans le but de laisser aux générations suivantes un Québec meilleur. Comme cette Sylvie Rochette Rochette du Regroupement Partage qui s’est battue contre l’inertie paralysante de notre fonction publique, afin de pouvoir nourrir les nôtres à partir de terres cultivables dans l’Ouest de l’île de Montréal. Et il y en a d’autres initiatives toutes aussi inspirantes les unes que les autres. Ces jolies histoires sont rapportées par Diego Creimer, Louise Hénault-Éthier, Karel Mayrand et Julie Roy.

Demain le Québec. Des initiatives inspirantes pour un monde plus vert et plus juste. Les éditions La Presse 217p.     www.editionslapresse.ca

 

 

 


Recueil fantastique de nouvelles aéronautiques

Nous ne cachons plus notre considération pour la maison d’édition JPO qui dans son créneau des ouvrages sur la guerre et ce qui l’entoure, produit des ouvrages dignes de roman pour reprendre le cliché bien connu. C’est qu’on n’en trouve pas d’autres pour qualifier ce qui est proposé comme lectures dans leur catalogue. Car la guerre exalte le pire comme le meilleur de l’homme. Quel beau terreau pour générer des récits enlevants. Tel ce tome 2 de Pilotes en guerre de Noël Carle. Vous avez là quinze histoires très différentes les unes des autres mais qui ont en commun de nous tenir captifs à chaque page. Jugez vous-même avec cette étude psychologique de ce qui pouvait bien germer dans la tête des pilotes kamikaze japonais.

Pilotes en guerre. Tome 2 Noël Carle. JPO 174p.      www.editions-jpo.com

 

 


Un voyage au cœur de l’alimentation des québécois

C’est un livre indéfinissable que L’ADN de l’alimentation québécoise coécrit par Jean Soulard l’ancien chef exécutif du Château Frontenac et maintenant consultant et chef invité et Benoît Lamarche chercheur en nutrition. Car il tient du livre de recettes, de considérations sur nos mœurs alimentaires, de même que sur un aspect encyclopédique des aliments que nous consommons. Bref, un ensemble intéressant que nous garderons à portée de main car il sera difficile de tout retenir d’un coup, tant ça fourmille d’informations. On y reviendra pour le consulter bien des fois encore. La démarche est intéressante car en fin de compte, le lecteur saura vraiment ce qu’il fait avec l’acte de manger à la mode de chez nous.

L’ADN de l’alimentation québécoise. Jean Soulard et Benoît Lamarche. Les éditions La Presse 315p.       www.editionslapresse.ca

 

 


L’aveuglement volontaire concernant la souveraineté

Serge Cantin professeur retraité de philosophie de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Il a l’indépendance du Québec tatoué sur le cœur. Mais homme habitué à jongler avec la raison, il se rend à cette évidence, la souveraineté du Québec est irréalisable. Et pour achever de nous convaincre, il écrit cet opuscule La souveraineté dans l’impasse. Disciple de Fernand Dumont qu’il cite abondamment, c’est un être pragmatique qui s’adresse à nous et qui nous livre des arguments raisonnés comme plaidoyer à sa conclusion. Et damné anglicisation insidieuse et qui lui fait miroiter les plus sombres perspectives. Si vous aimez le Québec, à lire absolument.

La souveraineté dans l’impasse. Serge Cantin. Presses de l’Université Laval coll. « A propos » 255p.    www.pulaval.com

 

 


Une analyse sévère sur la diplomatie exercée par Justin Trudeau

Ce qu’il y a de bien avec Jocelyn Coulon c’est que chercheur au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal, qui a été un sherpa de Justin Trudeau en matière d’affaires internationales (2014-2015) et conseiller politique du ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion en 2016-2017 à la droiture de critiquer ceux qui lui ont passé des mandats. Son éthique intellectuelle lui commandait de critiquer ouvertement comme il le fait dans son essai Un selfie avec Justin Trudeau où il décortique les agissements de notre gouvernement à l’international et où dans le cas de Justin son masque devient son visage et où il n’apparait plus nécessairement comme le champion du monde libre. Éclairant au possible.

Un selfie avec Justin Trudeau. Jocelyn Coulon. Québec Amérique 252p.     www.quebec-ameique.com

 

 


Cuba vue de l’intérieur

Au point de départ il y a Frédérick Lavoie qui est un globe-trotter et polyglotte qui aime bien s’imprégner des cultures en vivant un certain temps dans le pays qui l’intéresse comme ce fut le cas en Russie pour comprendre les russes. Ce sera la même chose pour Cuba. Un jour, il a été intrigué par le fait que circule au pays de Fidel une traduction de 1984 de George Orwell. Comment se pouvait-il que dans cette dictature éclairée circule un ouvrage dénonçant l’emprise de Big Brother ? Le mieux serait de se rendre là bas. Ce qui nous donne dans Avant l’après un reportage à chaud du quotidien des cubains. Et c’est une lecture que nous recommandons hautement quand on sait l’attachement des québécois pour Cuba comme destination privilégiée des vacances. C’est par la rencontre humaine que l’on connaît encore mieux une civilisation. Et à ce chapitre, ce séjour en terre cubaine nous fournit une livraison exceptionnelle de renseignements.

Avant l’après. Frédérick Lavoie. La Peuplade 427p.      www.lapeuplade.com

 

 


Une épidémie qui provoqua une danse folle à Strasbourg

Il fallait voir l’autre jour le grand Jean Teulé sur le plateau de Vivement dimanche, raconter à Michel Drucker l’argument de son dernier opus Entrez dans la danse inspiré par un fait troublant de l’Histoire de France, particulièrement à Strasbourg où la capitale alsacienne en 1519 sera frappée d’une terrible épidémie. Avec pour conséquence que des mères incapables de subvenir au besoin de leurs nourrissons les jetaient en bas des ponts, quand elles ne les dévoraient pas, oui du cannibalisme dans la douce France. Et surtout, est-ce par dépit ou pour conjurer le funeste sort, on se mit à danser comme des cinglés, des automates, sans s’arrêter. En historien doublé d’un talent d’immense conteur, l’auteur s’investit dans la peau des personnages confrontés à une telle abomination. C’est une histoire délirante qui est d’autant plus troublante qu’elle s’est réellement passée. Si vous êtes un fan de Teulé vous ne l’apprécierez que davantage, aux autres une très belle occasion d’entrer dans son monde.

Entrez dans la danse. Jean Teulé Julliard 153p.     www.julliard.fr

 

 

 


Poésie/ relation père fils

Après avoir terminé la lecture édifiante du recueil Le combat du siècle de Stéphane Picher on se disait que le dicton « c’est dans les petits pots qu’on trouve les meilleurs onguents » est d’une éternelle vérité. Car dans soixante-dix pages, le poète aborde un thème inexploité dans notre littérature, le rapport du fils au père. Surtout que dans ce Québec matriarcal le mâle est effacé. S’il a été abondamment question de la relation conflictuelle mère fille, quand est-il du fils avec son paternel ? Tout est dit dans une économie de mots, mais coups de poings. Pas besoin d’en exprimer davantage. Tous ceux qui ont un contentieux avec leur géniteur y trouveront leur compte. Ou si ce n’est pas en mode conflit, au moins ceux dont la communication est difficile seront en terrain de connaissance. Comme quoi ici, la poésie peut jouer un rôle psychanalytique.

Le combat du siècle. Stéphane Picher. Les éditions du passage 70p.    

 

 


Dans les pas de Rimbaud quand il était à Paris

Nouvel opus dans la collection estimée « Le Paris de… » aux éditions Alexandrines. Cette fois c’est Le Paris de Rimbaud par Jean-Luc Steinmetz. D’abord soulignons que l’auteur est un spécialiste du poète maudit puisqu’il a supervisé entre autres l’édition complète de ses œuvres chez Garnier-Flammarion. Débarqué en provenance de Charleville sa ville natale, il veut vivre pleinement. On comprendra qu’il est totalement désargenté et vivra d’expédients. Passons la relation bien connue avec Verlaine, incontournable dans ces pages, il va côtoyer une galerie de personnages. Ce petit livre comme les autres qui composent cette série, nous donne invariablement le goût de refaire la trajectoire emprunté et de vivre la Ville Lumière autrement que par ses cartes postales.

Le Paris de Rimbaud. Jean-Luc Steinmetz. Éditions Alexandrines 122p.   www.alexandrines.fr

 

 


Norvégien adopté à la recherche de sa mère

C’est une histoire de retrouvailles comme l’animatrice Claire Lamarche nous a habitués. Mais ici c’est du gros calibre émotionnel avec cette Natalia Z. de Chantal Garand qui est inspiré de faits authentiques. L’histoire qui remonte à juin 1945 a pour cadre la Norvège. Une femme accouche d’un garçon qu’elle abandonne aussitôt né. Six décennies vont se succéder et le poupon devenu un homme est en quête de sa mère biologique qui, on l’apprendra, a trouvé refuge au Québec. Et comme le souligne le communiqué de presse qui accompagne la sortie du livre, lui veut tout savoir alors qu’elle veut tout oublier. Ces deux là ne sont pas du tout au même diapason. Soulignons au passage que l’écrivaine connaît bien la culture de ce pays nordique puisque la ressortissante québécoise vit dans ce pays où elle travaille à l’intégration de réfugiés. Par son thème, ces pages sont denses au plan émotionnel. De quel côté que l’on se trouve, mère ou enfant, on peut comprendre les motivations de l’un et de l’autre. Quand à l’issue on vous laisse la découvrir pour ne pas bouder votre plaisir de lire, car ça aussi c’est fort chez dame Garand, la force de l’écriture.

Natalia Z. Chantal Garand. Annika Parance éditeur 319p.    www.apediteur.com

 

 

 


Quand votre petit ami lycéen est en réalité un monstre

Si vous êtes fada de manga, en voici un dernier qui ne manque pas de sel. En effet Gleipnir de Sun Takeda narre les tribulations d’une jeune fille qui se rend compte que son petit lycéen d’ami de cœur, a la propriété de se transformer en monstre, avec des pouvoirs qui viennent également. C’est assez déroutant. Vous allez voir comment ces deux là vont devoir composer avec cette vie un peu singulière.

Gleipnir. Sun Takeda. Kana

 

 


Des regards sur Mai 68

Il y a cinquante ans déjà, survenait Mai 68 en France. En marge de cette commémoration, diverses manifestations se tiendront et on suppose une pléthore d’ouvrages sur le thème paraîtront. En voici un qui ne manque pas de piquant Joure de mai de Jean-Baptiste Harang qui pour nous mettre dans l’ambiance de cette agitation, nous gratifie de courts textes qui disent tout. Ça nous replonge immédiatement dans le climat survolté qui prévalait alors. Et pour quoi au final ? D’entrée de jeu il y a une citation assez lucide de Georges Wolinski « Nous avons fait Mai 68 pour ne pas devenir ce que nous sommes devenus ».  Le ton est donné.

Jours de mai. Jean-Baptiste Harang. Verdier 107p.    www.editionsverdier.fr

 

 


La vie d’une femme cougar

Geneviève Gagné qui enseigne les arts plastiques au niveau secondaire dans la Vallée de la Matapédia, sait aussi mettre de la couleur dans ses textes. Surtout avec un personnage aussi colorée que celle de son 4ème ouvrage de type littéraire Cougar. Qui nous fait voir une quadragénaire, mère célibataire avec la responsabilité de deux ados sur les bras. Déjà que ça vous gruge de l’énergie. Eh bien, mue par un souci de vengeance, elle va se mettre à enfiler les jeunes hommes c’est le cas de le dire, excusez le jeu de mots facile, à la queue leu, leu. Mais ce sont en partant des histoires sans issue. Cette collectionneuse de jeune chair fraîche masculine sera tôt ou tard confrontée à de grands questionnements existentiels sur la viabilité de ces aventures sans lendemain. C’est écrit avec passion où le sujet, le verbe et son complément se trouvent à la bonne place. Et puis, avouez que les faits et gestes d’une cougar ça ne manque pas de piquant.

Cougar. Geneviève Gangé. Les éditions de l’Apothéose 238p.    www.leseditionsdelapotheose.com

 

 


L’ascension décryptée de Vladimir Poutine

C’est un euphémisme que de rappeler à quel point l’occident déteste le président de la Russie Vladimir Poutine et qui donne son titre à l’essai de Nina Bachkatov, « L’homme que l’occident aime haïr ». Journaliste correspondante à Moscou, elle a traversé de long en large ce pays grand comme un continent.  Pou nous elle analyse ce leader et le mouvement qu’il enclenche, le poutinisme. Elle fait remarquer que le credo de l’homme fort du Kremlin est la construction de l’identitaire russe. Qui pourrait se résumer par ceci « Je suis russe et ça me suffit ». Pour quelqu’un qui n’est pas familier avec le fonctionnement de ce pouvoir qui est assis entre démocratie et autoritarisme et qui veut en connaître les ficelles, c’est un formidable outil didactique de politique russe.

Poutine. L’homme que l’occident aime haïr. Éditions Jourdan 199p.    www.editionsjourdan.com

 

 


Amour et politique ne font pas bon ménage

Comment concilier l’amour d’une femme pour un homme quand la conviction politiques de la première est tout le contraire de celle du second pour qui de surcroît le cœur bat la chamade ? C’est le thème d’Un état d’urgence de Mathieu Bermann. Car si la femme du roman épouse l’inclusion et l’ouverture, l’autre annonce que son choix dans l’urne penchera du côté du Front National. A partir de ce différent idéologique, le romancier de talent bâtit des confrontations dont nous lecteurs apprécions la qualité des échanges. Ce livre à valeur de documentaire car il doit y avoir beaucoup de couples dans l’Hexagone confrontés à ce genre de situation. Compromis ou éclatement ?

Un état d’urgence. Mathieu Bermann. P.O.L. 164p.    www.pol-editeur.com

 

 


Mot à mot, découvrir autrement le Québec

Normand Cazelais a exprimé maintes fois son amour de la Belle Province. L’an dernier il nous offrait un ouvrage de grande qualité « Montréal ma ville » en marge des célébrations des fêtes du 375ème anniversaire de fondation de la ville. Cette fois il embrasse plus largement la province toute entière avec son Dictionnaire géographique du Québec. La démarche est simple. Il procède par sa sélection de mots en abécédaire où pour chacun il donne des exemples concrets puisés à même notre géographie. Ainsi, pour le mot esker il nous indique là où on en trouve le plus chez nous, en l’occurrence en Abitibi-Témiscamingue et ainsi de suite. Cela donne un formidable cours simplifié de géographie pratique et en plus, de nous inciter à partir à la découverte de nos étendues.

Dictionnaire géographique du Québec. Normand Cazelais. Fides 150p.    www.groupefides.com

 



 


Le coin de la BD   

C’est un florilège de titres de toute beauté qui attend l’amateur de BD cette semaine. A commencer par une saga en deux tomes Ira Dei du scénariste Vincent Brugeas et du dessinateur Ronan Toulhouat. Nous sommes transportés dans la Méditerranée du XIème siècle. Particulièrement le cas de la Sicile qui connut des invasions successives et qui étrangement, a peu fait l’objet de thèmes sur ce sujet en bande dessinée. Songez que cette île a connu la présence des grecs, des carthaginois, des romains, des byzantins et des arabes. Nous assistons à la rencontre d’Harald, un guerrier qui veut s’emparer de la ville de Taomine et qui impuissant à réaliser son but, s’associe à un chef mercenaire, Tancrède. Une relation torride où personne ne se fait de cadeau. Du sang et des sueurs sont au menu. Le tome 1 à pour titre « L’or des caïds ».

Chez Dupuis, sortie de Le triomphe de Zorglub. C’esr rien de moins qu’une autre aventure du duo Spirou et Fantasio. Imaginez l’affaire, le septième art veut adapter leurs tribulations, et Fantasio se soumet à un casting pour son propre rôle et il est recalé pour cause d’âgisme! De son côté Spirou voit bien sur le plateau quelqu’un qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau mais au contraire de lui, une personnalité affadie. Puis il y a Seccotine, son double devant la caméra doit se soumettre à des scènes déshabillées! Décidément tout n’est pas conforme à la réalité des personnages. Voyez ce qu’ils vont faire pour éradiquer le désastre annoncé.

Chez Dupuis toujours, le duo Brice Cossu et Olivier Bocquet nous livre FRNCK. Le communiqué de presse annonçant ce troisième tome de la série nous informe qu’il a figuré au top des ventes des séries jeunesse l’an dernier. C’est le personnage de Franck qui se trouve débarqué en pleine préhistoire. Coaché par une tribu d’homo sapiens, il doit tuer un mammouth, mais son ADN de végétarien l’en empêche. Il déclare forfait. Ce n’est que plus tard, alors que la population est décimée par un puissant virus du XXIème siècle, que le seul remède connu est basé à partir du foie de cette bête gigantesque. Et notre Franck s’il veut se rendre utile et sauver ses proches, devra piller sur lui et abattre le pachyderme.

Chez Le Lombard, pas tout à fait un western, Yves Swolfes l’auteur de Lonesome les adore, c’est plutôt une épopée oui de l’Ouest américain, mais centré sur un sujet social l’abolition de l’esclavage qui fait division. Le tome 1 La piste du prêcheur met en vedette un prédicateur trouble, Markham, qui appelle à de bons sentiments, mais dont les gestes trahissent le discours, un journaliste et une prostituée. Et pour théâtre nous avons le Kansas et le Missouri. Ça joue du gun et de la Bible. Vous voyez le genre. Un peu comme aujourd’hui. Ici on est dans l’antichambre de la guerre de Sécession.

 



 


Le coin de la BD (2)

Notre compatriote franco-canadien Mikaël signe chez Dargaud le tome 2 de Giant qui se déroule en 1932 lors de la construction du Rockefeller Center à New York. Une histoire tragique. Giant qui donne son nom au titre, est un irlandais bien bâti qui aura la douleur de voir son confrère Ryan, faire une chute mortelle. Si vous avez déjà vu des documentaires sur cette érection du gratte-ciel comme d’autres à cette époque, on voyait que les ouvriers, immunisés contre le vertige, circulaient souvent sans harnais sur des poutres étroites avec le vide abyssal sous eux. Il y avait souvent des accidents mortels. C’est à Giant que reviendra d’annoncer à Mme Ryan, qui a trois enfants, la triste nouvelle. Mais il se défile. Et au lieu de cela, il prendra la place du mari défunt et entretiendra avec la dame une correspondance, signé de la victime, comme si de rien ne s’était passé. Mais un jour la vérité finira par éclater et vous verrez comment. Une BD passionnante comme tout.

Un domaine qui a été peu exploité dans la BD de même, est celui de la gastronomie. Ce vide est maintenant comblé avec une toute nouvelle série Étoilé issue du talent de trois collaborateurs, Fanny Desmarès, Delphine Lehericey et Luc Brahy. Si on en juge par ce tome 1 Hors d’œuvre c’est tout un menu qui nous attend au fil des parutions chez l’éditeur Dupuis. Et ils ne seront pas confrontés par le syndrome de la page blanche, car le milieu de la cuisine fourmille d’histoires en tout genre qui peut aller jusqu’au crime, s’il en prend l’idée aux créateurs. Seulement avec le personnel qui bosse en restauration dans le monde, ils sont assurés de cartonner. Nous on a beaucoup aimé cette première mouture enlevante.

Jean Dufaux et Guillem March font merveille dans le tome 1 Jude de la série The dream chez Dupuis. Le qualificatif qui convient ici c’est sulfureux, car le protagoniste, Jude, est un travailleur du sexe qui est tel un castor, celui qui fait travailler son engin, énorme. Mais il sait bien qu’il n’est pas viable de passer son existence à livrer des shows érotiques, même dans une boîte haute gamme de Broadway. Ainsi il écarquille les yeux devant la perspective de faire du cinéma. Mais il y a un hic, le passage vers le septième art sera conditionné par l’acceptation des gens du milieu. L’occasion de pénétrer dans un autre monde glauque au plan moral.

Enfin chez Dargaud, c’est Bonneville de Marvano ayant pour titre comme tome 1 « Quatre zéro sept ». On a rendez-vous dans l’Utah, dans ce bled perdu nommé Bonneville Salt Flats. C’est là qu’on lieu les légendaires épreuves de vitesse des bolides, filant comme on l’a déjà vu à 630 kilomètres heures. Précédé d’une solide documentation, le créateur fait revivre dans ces pages les riches heures de ces fous de vitesse. Cette BD est en réalité un documentaire fascinant, et ici l’adjectif est un euphémisme. Les fans d’automobiles seront en mode jubilatoire.

 





 


Le coin santé physique et psychique

Si le monde divinatoire vous tente et notamment le Tarot, voici un coffret d’initiation fort bien préparé par Barbara Moore c’est Le Tarot pour débutants aux éditions AdA. Vous avez bien entendu le jeu de 78 cartes ainsi qu’un livret didactique. Ainsi serez-vous en mesure de recevoir des messages qui vont ébahir vos auditoires.

Aux éditions La Presse le nutritionniste médiatisé Bernard Lavallée fait un peu le tour de la question alimentaire en déboulonnant des mythes au passage. Ça donne N’avalez pas tout ce qu’on vous dit. Car justement il s’en dit des choses sur notre consommation alimentaire. A telle enseigne que comme il le dit, bouffer est devenu une source d’inquiétudes alors que ce devrait être une pure source de plaisir. Et c’est pour réconcilier l’humain avec le bonheur de goûter des choses saines qu’il s’est fendu de cet ouvrage éclairant au possible. Et attention, ce n’est pas un ouvrage de recettes conseils, mais de considérations diverses sur le secteur agro-alimentaire. C’est instructif et vous permettra de faire des choix judicieux sans s’égarer par les lobbyistes qui nous vendent toutes sortes de salades.
Nous avons un collègue à la rédaction qui est horrifié à l’idée de voir des humains faire de l’animal de compagnie quasi un enfant et souvent le bichonner plus et davantage que leur propre progéniture. C’est un fait que parfois ça atteint un certain niveau de déviance. Sandra Friedrich apporte un angle de vu que vous apprécierez au mérite. Elle signe aux éditions du CRAM La relation aux animaux surtout centré sur le rapport au chien. Pour elle, le niveau de qualité d’un lien à l’animal est indicateur d’une société heureuse. Il y a un passage intéressant sur le regard mutuel qui est une communication non verbale d’une grande importance qu’elle décrypte.

Chez Québec Amérique Stéphanie Gauthier nous présente Le moule. C’est un roman qui, si nous l’avons placé dans cette section c’est qu’il a un thème central qui est le développement personnel. Son personnage, Claudia Dumontier, coach de vie, est partisan que le bonheur se trouve dans la conformité, d’être comme tout le monde en somme. En oubliant que dans la vie nous sommes tous différents et surtout pas conçus pour entrer dans un moule. D’ailleurs n’est-il pas étonnant qu’alors que tous les ouvrages de croissance personnel focalise sur le développement du « je » celui met cet enseignement en pratique se fait blâmer par un « mais pour qui se prend-il ? » Pour revenir à l’ouvrage ce n’est pas l’enseignement du « je » qui est le credo de la coach mais le nivellement de sa personnalité pour le mettre au rang des autres. Sauf qu’elle aura sa leçon dans la rencontre avec un marginal qui viendra mettre un peu de désordre dans ses théories. C’est un livre d’un grand intérêt qui interpellera le lecteur en quête de lui-même. 

Pour ne pas porter son passé comme un boulet, nous recommandons ce titre La gratitude qui guérit de Christine Angelard chez Édito. L’auteure, d’origine française mais qui vit au Québec, est médecin à la base. Elle s’est rendue compte avec sa pratique, que bien des maux physiques que les gens éprouvent viennent d’un mal à l’âme qui ne peut être guéris par la médication classique. Par la suite elle s’est tournée vers la libération émotionnelle avec l’application de la tradition hawaïenne du Ho’oponopono, la médecine traditionnelle chinoise et la naturopathie.  On retrouve dans ces pages des études de cas, où la résilience revient de façon récurrence, car on ne peut changer le passé, mais l’avenir, lui, nous appartient.

S’il y a un livre à placer au-dessus de la pile de vos achats ces jours-ci c’est Consommation Inc de Gisèle Kayata Eid chez Fides. Sa grande qualité c’est l’observation. Et elle nous voit bien aller, nous les pauvres homos sapiens à la remorque de la consommation effrénée pour cause d’ennui et mille autres prétextes. Les conclusions qu’elles tirent de nos agissements sont implacables qui se résume à dire qu’on vit très mal et pour les mauvaises raisons. Elle dresse la lite de nos comportements sociétaux qui est un bien triste bilan. Bref, en lisant ces pages, véritable miroir de ce que nous sommes, vous vous rendrez compte à quel point le consumérisme est entrain de nous tuer à petit feu, ou à grande vitesse c’est selon.  

 

 


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