- LIVRES OCTOBRE 2017 -
 
 


 

Les médecins nazis et la naissance de l’éthique médicale

Lorsque l’on voit les photos et le curriculum vitae des médecins nazis qui ont perpétré des actes de barbarie innommables, on ne peut s’empêcher de remarquer d’une part qu’ils sont loin d’être des monstres et ensuite qu’ils avaient un cursus médical exemplaire. Comment ces spécialistes qui avaient fait le serment d’Hippocrate ont pu se commettre dans de telles expériences qui ont généré tant de souffrances inutiles, utilisant les prisonniers comme cobayes ? Bruno Halioua nous dit que l’héritage « positif » dans tout ceci c’est que cela a donné naissance à la bioéthique et aussi débouché sur le consentement éclairé du malade. Désormais on ne pourra plus tout faire avec un patient. Voilà la teneur de son livre Le procès des médecins de Nuremberg. Un regard dans le rétroviseur de ces horreurs pour en arriver à des protocoles scientifiques qui doivent être inscrits pour le mieux-être de la personne.

Le procès des médecins de Nuremberg. Bruno Halioua. Érès 238p.   www.editions-eres.com


 


 

Noam Chomsky sonne le glas du rêve américain

Oubliez les vieilles téléséries télé avec des acteurs des années 50 genre Donna Reed ou Fred McMurray qui incarnaient le rêve américain de la prospérité matérielle. Où on assénait ce slogan à savoir qu’en Amérique on pouvait partir de rien et accéder aux plus hauts échelons. L’activiste et professeur émérite au MIT Noam Chomsky tire la sonnette d’alarme qui met fin à la récréation. En rabat-joie lucide il nous dit que ce n’est plus possible. Les inégalités sont trop criantes. Et appelant Adam Smith à thèse il rappelle qu’un petit groupe s’approprie tout, laissant que des miettes aux autres. Est-ce à dire pour autant qu’il faut baiser les bras ? Non, au contraire. Requiem pour le rêve américain embouche une trompette pour rallier et réveiller le petit peuple pour qu’il prenne sa place, car il y en a encore une à prendre. Si le constat est accablant, l’auteur n’est pas défaitiste. Il veut que l’on mette un terme à cette confiscation du pouvoir et de la richesse par les oligarques américains.

Requiem pour le rêve américain. Noam Chomsky. Climats  129p.


 


 

Pourquoi la paix économique plutôt que la guerre économique ?

L’anglais Dominique Steiler a un parcours atypique. Parce qu’au sortir de ses études universitaires il est devenu pilote de chasse l’aéronavale britannique. Aujourd’hui titulaire d’une chaire en management à l’Université de Newcastle upon Tyne, il nous arrive avec un essai qui va à rebours des thèses admises dans la conquête des marchés. Qu’il est préférable de faire la paix économique plutôt que la guerre. Car il estime que l’attitude de cette dernière ne peut conduire qu’à l’enfermement. Et ça tombe bien comme lecture au moment où le gouvernement Trump veut déchirer le traité de l’Alena avec le Canada pour cause de protectionnisme. Osons la paix économique ébranlera ben des certitudes dans le contexte actuel. Mais comme on voit bien que l’économie mondiale connaît un cul-de-sac, est-ce à dire que le prof aurait raison pour notre futur ?

Osons la paix économique. Dominique Steiler. Deboeck supérieur 348p.   www.deboecksuperieur.com


 


 

Amour et religion

La mondialisation, le multiculturalisme et les guerres de religion font un joyau cocktail assez explosif. Voici un roman très explicite qui montre comment des êtres humains qui n’aspirent qu’au bonheur en coupe, peuvent être aspirés par l’agitation politique de ce siècle. L’engrenage des apparences du canadien anglais Michael Springate raconte le vécu tendrement amical d’une manitobaine, Elena avec et Mahfouz un canadien d’origine égyptienne. Ce dernier ira au Caire pour aider son oncle, mais il disparaîtra sans laisser de traces et son père en prime, sera emprisonné. A partir de ces faits, l’écrivain rend compte de la complexité du monde. L’engrenage des apparences comporte des passages dialogués sur la place de la religion, trop de place en fait qui mine la relation entre les êtres. Ce qui doit être des notions d’amour sèment plutôt la discorde. C’est un roman très de notre temps qui a presque valeur de documentaire. Et c’est tout à l’honneur des éditions Sémaphore d’offrir une place de choix à un écrivain de l’autre solitude.

L’engrenage des apparences. Michael Springate. Les éditions Sémaphore 304p.   www.editionssemaphore.qc.ca


 


 

Toute l’histoire du fameux balcon du général De Gaulle

Cette année marque le 50ème anniversaire de ce moment historique où le général de Gaulle du haut du balcon de l’Hôtel de Ville de Montréal a prononcé son fameux « Vive le Québec libre » qui a eu l’effet d’un tsunami partout tant au Québec, qu’au Canada, aux États-Unis et en France. Préméditait-il son coup a souvent été la question. Pour tout savoir du contexte, de l’avant et de l’après de cette visite à nulle autre pareille, il y a ce petit livre merveilleux de l’historien Olivier Courteaux « Quatre journées qui ébranlèrent le Québec » dans lequel il nous dit tout de ce qui s’est passé dans les coulisses. Notre seul regret en fermant ces pages est, que les québécois, peureux congénitaux, n’ont pas suivi le mouvement et répond positivement à l’appel de cette figure historique qui voulait nous donner un coup de pouce extraordinaire.

Quatre journées qui ébranlèrent le Québec. Olivier Courteaux. Presses de l’Université Laval 158p.     www.pulaval.com


 


 

La Corriveau, le vrai du faux

Luc Lacourcière (1910-1989) a laissé comme historien un héritage extraordinaire en créant les Archives de folklore de l’Université Laval qui s’animent toujours 70 ans après leur fondation. Et un premier travail de ce grand homme a été de s’intéresser à la Corrivea, condamnée à mort pour le meurtre de son mari et qui restera à jamais gravé dans les mémoires par son exposition, encagée, sur la place publique et aussi par cette belle chanson interprétée avec fougue par la regrettée Pauline Julien. On réédite cette étude La Corriveau, la formation d’une légende. Une édition préparée par deux de ses disciples Bertrand Bergeron et Jean-Pierre Pichette. Un extraordinaire devoir de mémoire.

La Corriveau, la formation d‘une légende. Luc Lacourcière. Presses de l’Université Laval 193p.       www.pulaval.com


 


 

Une contribution de poids pour le 150ème anniversaire du Canada

Nous arrivons en bout de piste pour la commémoration du 150ème anniversaire de la Confédération canadienne. Tout au long de cette année de festivités il y aura eu de nombreux événements de réjouissances. Mais pour marquer de façon pérenne les imaginations, voici un beau tribut venant de chercheurs des Universités de Toronto et de York, Vers la Confédération, deux tomes aux Presses de l’Université Laval, écrit en collectif, qui collige des textes qui avaient été rédigés à certaines époques pour les célébrations du temps de la Confédération soit 1917 et 1967 ou ailleurs, des articles très fouillés tant en anglais qu’en français, que nous avons tous ici dans la langue de Molière et qui décrivent par le menu la construction de ce pays au fil du temps. Un très beau devoir de mémoire.

Vers la Confédération. La construction du Canada 1867. Collectif. Deux tomes. Les Presses de l’Université Laval.   www.pulaval.com


 


 

L’amour à l’ère numérique

Il est dit que les besoins fondamentaux de l’être humain ne changent jamais. Mais à notre époque où la vie virtuelle semble prendre le dessus sur la vie réelle, quelle place prend alors l’amour ? Pour connaître le tempo affectif de notre temps il serait bon de faire un petit détour par le roman de Dionne Brand une romancière canadienne anglaise qui sort L’amour à peu près. Elle nous offre une galerie de gens de toutes conditions et de toutes orientations sexuelles. Beaucoup se sentiront interpelés par les préoccupations des personnages qui cherchent tout de même un certain Absolu amoureux ou qu’ils sont revenus de tout. Félicitation à la maison d’édition Triptyque qui nous permet de découvrir ainsi un livre phare d’un grand nom de la littérature canadienne anglaise, l’autre solitude.

L’amour à peu près. Dionne Brand. Triptyque 212p.      www.groupenotabene.com


 


 

Témoignage coup de poing d’une Innue

La question autochtone, surtout sous le règne de Justin Trudeau n’a jamais fait autant la manchette dans l’actualité. Sans compter des voix qui s’élèvent chez nos premières nations pour dénoncer le sort qui furent le leur ou qui l’est encore. Parmi celles-ci, Marly Fontaine une Innue, ouvertement lesbienne qui grâce au soutien de la journaliste Mélanie Loisel dit sans ambages tout ce qu’elle a sur le cœur. Sur la couverture du livre Ma réserve dans ma chair ce n’est pas un cas de figure, on la voit brandir l’avant-bras sur lequel elle a tatouée son identification amérindienne telle que consignée par l’administration fédérale. Elle le dit, je suis un numéro pour le gouvernement canadien. On croirait voir les numéros gravés des prisonniers dans le système concentrationnaire nazi. C’est une vie douloureuse à la quelle nous sommes conviés de découvrir, mais qui a le mérite de nous informer amplement de ce que vivent nos réels peuples fondateurs.

Ma réserve dans ma chair. L’histoire de Marly Fontaine. Fides 165p.   www.groupefides.com


 


 

De préceptrice en Arabie Saoudite à actrice porno

Sur la couverture Nomi ressemble énormément à l’actrice Marina Vlady Un port de tête telle une ballerine de classe. Cette femme, que nous avons découverte sur le plateau de Thierry Ardisson, a eu tout un parcours. Avec la plume d’Ambre Bartok elle se raconte, elle qui a qui a répondu à une offre d’emploi en Arabie Saoudite mais qui s’est retrouvée séquestrée pendant dix mois. Et quand elle finira par retrouver sa liberté, elle va se réorienter à 180 degrés en devenant une vedette de films porno, avec statut de star dans son domaine. Des clips sur le web témoignent abondamment en ce sens. Deux décennies à faire des galipettes devant des caméras. Elle nous dévoile c’est le cas de le dire les coulisses de ce monde où les actrices une fois à la maison, rêvent toutes de faire l’amour à la missionnaire, tellement c’est reposant.

Totalement dévoilée. Nomi. Pygmalion 243p.   


 


 

Une femme pour qui la devise est le trop pour pas assez

Perla Servan-Schreiber appartient à cette grande dynastie française qui apporte tant au niveau des idées et de la communication. Elle n’échappe pas à la règle cette septuagénaire qui a décidé de coucher sur papier Ce que la vie m’a appris et dont l’objectif terrestre, elle qui vit surtout au moment présent comme le recommandait Épicure, d’accepter de façon joyeuse la réalité. Il y a de tout là dedans, allant d’une recette de pâtes salvatrice, de conseils de çi et de ça. Le tout sous l’emprise du gros bon sens terrien. Lisez absolument cette femme dotée de grande sagesse. Elle nous fait du bien est le plus gros compliment que l’on puisse dire de cette lecture.

Ce que la vie m’a appris. Perla Servan-Schreiber. Flammarion 203p.  


 


 

Le cadeau d’un vieux sage nommé Marcel Sabourin

Celle là on ne l’a pas vu venir, la sortie d’un livre accompagné d’un CD-ROM dans lesquels on peut lire et entendre la voix de Marcel Sabourin qui a pour titre Petits carnets du rien-pantoute. C’est une bonne chose que la maison d’édition est joint un disque, car le comédien c’est avant tout une voix forte ou parfois toute en nuance, qui véhicule mieux que tout son message. Et que dit-il ce message au fait ? Il nous parle de Dieu et comment on peut le voir …à partir d’une capsule de 7Up, de la peur et quoi encore. Avec tout ce parcours de vie il a évidemment des certitudes qu’il nous communique avec la plus grande des générosités. Pour l’avoir entendu comme invité à l’émission Second Regard, cet homme a beaucoup à dire. Et marqué au coin de la franchise la plus totale. Oui, ce qui nous plait ici c’est d’écouter un homme libre. Est-il l’homme honnête que cherchait vainement Diogène dans l’Antiquité ?

Petits carnets du rien-pantoute. Livret et CD-Rom. Marcel Sabourin. Planète rebelle


 


 

Les innovations historiques canadiennes à la portée des juenes

Parmi les contributions intéressantes aux célébrations du 150ème anniversaire de la Confédération canadienne, il y Ingénieux junior du duo David Johnston (oui l’ancien Gouverneur général du Canada) et Tom Jenkins. L’idée de base, faire connaître nos bons coups au chapitre des inventions ou des créations. Et ils ont d’abord concocté une version pour adultes. Puis ils ont eu cette excellente idée d’adapter leur démarche dans une version destinée aux plus jeunes. Remarquez qu’il n’est pas interdit non plus que les plus vieux aillent zyeuter aussi. Car qu’est-ce qu’on apprend. Par exemple, entre autres contributions canadienne, le sac à ordures, le tournevis Robertson multi-usage, le masque à gaz et quoi encore. C’est réellement impressionnant tout ce que notre pays a apporté au monde.

Ingénieux junior. David Johnston et Tom Jenkins. Les éditions La Presse 127p.      www.editionslapresse.ca


 


 

Une façon dynamique pour présenter la mythologie grecque aux jeunes

Quand on connaît le grave déficit du côté de la culture générale dans les écoles publiques et même privées, on saluera tout éditeur qui voudra pavée la voie afin que nos jeunes têtes soient au contact des fondements de la civilisation. Ainsi Sylvie Baussier a pris sur elle de faire connaître La mythologie grecque au moyen de courts textes qui situent la place que tenait les dieux et les déesses, avec de belles illustrations. C’est proprement fascinant. Et même un lectorat adulte se sentira le bienvenu. Car au fond, combien d’entre nous savent qui est la déesse Héra ? En prime un DVD racontant ce dieu plus connu Hermès, un récit produit par la chaîne franco-allemande ARTE.

La mythologie grecque. Sylvie Baussier. Fleurus 47p.    www.fleurusvoir.com


 




 

Le coin couture

Vous aimez les chats comme les aimait l’écrivaine Colette ? Voici si vous êtes habile en couture un livre thématique entièrement dédié au félin. C’est fou ce qu’on peut faire imagination aidant. Il a pour titre DIY pour les amoureux des chats de Femke Vindevogel aux éditions marie claire. Crocheter, tricote et coudre, toutes les techniques sont sollicitées ici avec le mode emploi dont on saluera la simplicité didactique. Et les usages sont tellement multiples.

De son côté Camille Binet-Dezert est l’auteure de Créations zéro déchet chez Mango. C’est une démarche assez singulière puisqu’il s’agit de créer des articles d’utilités quotidiennes qui dit adieu aux sacs de plastiques, éponges et essuie-tout vendus dans le commerce. De réaliser ses propres articles bios et durables. Elle le dit d’emblée que son but est que les gens adoptent des pratiques écolo-responsables. 


 






 

Le coin des arts visuels

Lise Herzog a voulu répondre aux inquiétudes de ceux qui hésitent à appliquer des couleurs de crainte de gâcher leur dessin. Coloriste c’est quelque chose. A part les daltoniens, tout le monde réussira sans peine à ajouter de belles couleurs en suivant les enseignements de la dame dans La couleur facile chez Mango. Et une autre avenue intéressante, c’est concernant les bédéistes qui ont souvent recours à des coloristes simplement pour magnifier les dessins dans les cases. C’est même devenu une spécialité du domaine. L’ouvrage est destiné à tous les niveaux d’âge. Évidemment de nombreux exemples sont offerts pour embellir vos thèmes choisis.

Chez l’éditeur Vigot c’est la base même du dessin qui est enseigné dans la collection « Dessiner mode d’emploi » avec ce titre Les personnages en 60 exercices. On part ici vraiment de zéro. Et on se surprend toujours lors des premières leçons de la question de la perspective, avec les grilles superposées à travers lesquelles on réalise les tracés. Chaque chapitre augmente le coefficient de difficulté. Dans le genre c’est un indispensable pour qui veut s’y mettre sérieusement.

Vous admirez les dessins de l’auteur de la Joconde. On ne vous dira pas rien de plus facile. Au contraire. Le maître jouissait d’une grande technique. Mais le mot est mentionné, technique. Et c’est à quoi s’attache Dessiner comme Léonard de Vinci chez Parramon. Ici le niveau est d’une rare sophistication. Mais simplement d’approcher le style de ce grand artiste c’est déjà quelque chose et on vous montre comment le faire par petites touches.


 








 

Le coin Miam miam

Avec l’arrivée du temps des Fêtes on apprécie par-dessus la bibliothèque culinaire. Voici trois ouvrages qui vont vous aider grandement à recevoir vos proches. Ils sont deux Pierre-Louis Viel et Valéry Drouet avec dans la collection 1 produit=2 recettes ce nouvel opus Cuisine express ou plats mijotés chez l’éditeur Mango. Le principe est le suivant, on prend un produit, le veau disons, et on présente deux façons différentes de le servir en sublimant les saveurs. Le volet express va séduire ceux qui ne veulent pas s’attarder plus qu’il ne faut aux fourneaux.

Et tant à Noël qu’au réveillon du Jour de l’An, le canard est souvent mis en vedette. Sous la supervision de Sébastien Lepage et préfacé par Christian Bégin voici Le canard goulu un superbe album édité chez Flammarion Québec où douze grands chefs ont été appelés en renfort dont le moindre, Jean Soulard l’ex chef du Château Frontenac. Les photographies d’André-Olivier Lyra sont magnifiques et ces visuels donnent faim. Vous avez dans cette édition soignée qui rend honneur au produit vedette toutes les déclinaisons de cette belle volaille au goût si fin. Le livre est d’une telle qualité qu’il défie n’importe quel titre semblable venu de France. Le péché existe et il s’appelle gourmandise.

Au tour du porc. Eh oui ce cochon qu’on adore et qui nous accompagne très souvent durant la semaine dans toutes ses déclinaisons. Les éleveurs de porcs du Québec lui érigent un beau tribut avec un album complet aux éditions Caractère Plus de 100 recettes 100% porc. On connaît l’adage que tout est bon dans le cochon. Justement toutes les parties de cette bête savoureuse sont mises à contribution avec une grande part d’inventivité. Qui refuserait des escalopes de porc farcies à l’italienne ? La vie est courte, profitons-en.

Puis avis à ceux qui cherchent des plats protéinés un livre leur est entièrement consacré, Protéines de la nutritionniste Julie Desgroseillers aux éditions La Presse. Qui combien à la fois une stratégie alimentaire ainsi que 75 recettes concoctées avec des protéines végétales et animales. Et elle se fait fort de rappeler comment l’organisme a besoin de ces nutriments pour prospérer. Celle que l’on voit fréquemment sur les ondes de Canal Vie a accompli un travail fouillé pour nous livrer à la fois des conseils et des plats merveilleux qui égaieront les palais les plus exigeants. Nous on a craqué pour ses nouilles de courgettes à l’italienne, sauce haricots blancs, dinde et tomates cerises. Que du bonheur.


 


 

Des poèmes à découvrir sans faute

Rosette Pipar a une feuille de route dans les communications et l’édition à faire pâlir d’envie bien des gens qui n’oseront jamais obtenir pour eux-mêmes toutes ces expériences diversifiées dans le monde de l’écriture auxquelles s’ajoutent des biographies et de la poésie. Elle en écrit d’ailleurs depuis qu’elle est adolescente. Le dernier recueil Instants est pour beaucoup, adresser à des personnes de sa connaissance. Chacun a droit à quelques strophes bien senties. Voici un extrait, celui destiné à Roland « Étranger, ce regard froid venu d’ailleurs d’un monde que tu as choisis et qui n’éclaire pas ce beau visage qui autrefois me séduisit ». Voyez, il n’y a pas de recherche de l’effet, mais de tout simplement mettre le bon mot au bon endroit et le but est atteint. Heureux tributaires de ces messages, on vous jalouse.

Instants. Rosette Pipar. Marcel Broquet 177p.    www.marcelbroquet.com


 


 

Un polar entre deux mondes, riches et pauvres à Washington

Neely Tucker qui a été reporter quinze durant au Washington Post, correspondante et chargée d’enquêtes criminelles, était bien placée pour concocter un polar mêlant deux milieux inconciliables, les quartiers pauvres et le sommet du pouvoir à Washington. Elle a mis dans une sorte de malaxeur littéraire tous les bons ingrédients. Et de ce brassage sort A l’ombre du pouvoir. Au point de départ la découverte dans le Potomac du corps d’un fils de famille afro-américaine parmi les plus influentes de la capitale américaine. Et bien qu’on tente de la dissuader d’aller plus loin de l’enquête, c’est sans compter sa détermination. Car plus elle avance dans ses investigations, elle va remuer des choses pas très réjouissantes pour le pouvoir en place. Dire que c’est un bon polar est un euphémisme.

A l’ombre du pouvoir. Neely Tucker. Gallimard 356p.  


 


 

De la littérature policière gore

John Hart semble avoir bien appris la leçon que l’homme est un loup pour l’homme. Et ce n’est pas son dernier roman policier qui prétendra le contraire. En effet Redemption road nous plonge dans quelques histoires en simultané qui ont toutes en commun d’être atroces. Car le titre choisi semble nous dire de façon subliminale qu’après tant d’abjections et qu’on a atteint le fond du baril, on ne peut qu’aspirer à la rédemption si chère aux chrétiens. Comme cette adolescente violée par un « ami » qui a pris soin de lui enfoncer des aiguilles dans la bouche avant d’assouvir ses pulsions. Ce livre coup de poing sur les vils instincts de l’homo sapiens, s’est attiré l’approbation de nul autre qu’une autre grosse pointure, Harlan Coben, qui a avoué s’être fait prendre dans les filets dès les premières pages.

Redemption road. John Hart. JC Lattès 510p.  www.editions-jclattes.fr


 


 

La reine du country Marie King se raconte

C’est un tout petit livre, presque une plaquette. Mais le récit que fait Carole Ann King de la grande Marie King reine incontestable du country vaut le détour. Car si c’est certain que les médias vont bouder cette sortie, par pur snobisme ainsi que les rares émissions de variétés,  les admirateurs de la chanteuse eux ne s’y tromperont pas, qui risquent de réserver à sa vie les honneurs d’un best-seller. Et nous invitons même les personnes pour qui le country ou le western ne disent rien, de prendre la peine de le parcourir car en même temps c’est un devoir de mémoire de savoir comment ça s’est passé dans les coulisses de ce monde bien spécial où la langue de bois et où souvent les échanges sont ponctués de jurons bien sentis, foi d’un Willie Lamothe par exemple. Nous sommes touchés par le fait que cette Marie King s’est donnée corps et âme à sa passion. Au dernier chapitre elle nous met dans la confidence d’un lourd secret qui a jeté une ombre dans sa vie et qui est son grand regret.

Marie King. Carole Ann King. Avec la collaboration de Rosette Pipar. Marcel Broquet éditeur 116p.      www.marcelbroquet.com


 


 

La soprano spirituelle

La cantatrice lyrique Giorgia Fumanti qui depuis longtemps s’est inscrite dans le créneau des chanteuses de type « cross-over » c’est-à-dire, capable d’alterner entre musique pop et répertoire classique. Elle abolit ainsi les frontières. C’est également une artiste dotée d’une grande spiritualité. Et on apprendra dans le livre qui lui est consacré et qui reprend sous forme de questions-réponses le fil de sa carrière et sa vie, que la spiritualité est un thème tabou dans les maisons de disques. Maintenant si ça la gênait au début, elle n’en a cure maintenant et affirme haut et fort sa Foi. On la voit d’ailleurs en photo avec le pape François. C’est Rosette Pipar qui l’interroge sur ses relations difficiles avec les hommes jusqu’à ce qu’elle fasse la rencontre avec Maurizio Velenosi qui est devenu son époux et gérant. Si vous ne la connaissez pas, la lecture de ce livre à teneur biographique vous donnera le goût de l’entendre. Et déjà que pour cette seule raison, la démarche livresque aura été une réussite.

Girogia Fumanti. Rosette Pipar. Marcel Broquet éditeur 187p.   www.marcelbroquet.com


 


 

Tout savoir sur les transgenres et que vous n’osiez demander

Si la technologie accomplie des bonds extraordinaires, l’évolution humaine se fait elle, très au ralenti. Ainsi vient-elle de découvrir que tous les sexes ne forment pas des blocs monolithiques. Que des êtres naissent dans des enveloppes culturelles non souhaitées et qu’ils désirent en changer. Et qu’il y a beaucoup plus de personnes que l’on pense qui sont aux prises avec cette terrible équation. Et depuis que la médiatisation s’est emparée du phénomène on voit naître de nouvelles vocations transgenres. Pour démêler le tout, voici un pavé qui débarque qui dit tout ce que vous soulez savoir sur la question. Une recherche très rigoureuse menée par Jean-Sébastien Bourré et qui porte le titre de Transition. On saluera ici la recherche préliminaire qui a présidé la rédaction de cet essai éclairant. En conclusion on se rend compte que l’homo sapiens est d’une rare complexité. Malraux ne l’a-t-il pas défini comme un tas de petits secrets ?

Transition. Jean-Sébastien Bourré. Marcel Broquet 475p.    www.marcelbroquet.com


 


 

Biographie de l’homme aux mille mouvements

Voici une monographie consacrée à celui qui s’est valu le surnom de l’homme aux mille mouvements, nous avons nommé Nicolas Gill bardé de distinctions, dont olympiques, et considéré comme le plus grand judoka au pays. Pour ceux que cette discipline sportive intéresse, Claude Gagnon lui-même adepte des sports martiaux, lui consacre une monographie qui reprend le parcours de cet athlète, ses débuts, les encouragements, la quête des commandites nécessaire à la poursuite de la carrière, la vaillance dans les épreuves physiques. Tout y est qui donne un aperçu de ce que le gars a dû affronter pour en arriver où il est.

L’homme aux mille mouvements. Claude Gagnon. Marcel Broquet éditeur 151p.   www.marcelbroquet.com


 


 

De la tolérance à l’intolérance

La guerre des islamistes radicaux et la guerre des religions existante, engendre aussi des effets sur la littérature de notre temps. Et dans la foulée de l’actualité voici un roman La république de l’abime de l’ontarien d’origine kabyle Louenas Hassani qui nous transporte dans un état devenu théocratique, fatalement totalitaire. Et dire qu’auparavant c’était la libre circulation des idées. Trois témoins observent ces changements drastiques et se questionnent. Comment en est-on venu là ? Un roman certes mais qui a valeur de documentaire tant il reflète ce qui s’est passé dans les villes sous la gouverne des tenants de Daech.

La république de l’abime. Louenas Hassani. Éditions L’Interligne 269p.   www.interligne.ca


 


 

Des slams de Franck Sylvestre

Et dire qu’au début des bien-pensants regardaient de haut le slam, se refusant à classer cette façon die dire et de chanter parmi la musique. Puis la force des mots a fini par s’imposer. Surtout qu’alors que le français en prends pour son rhume, pour cause de fascination anglo-saxonne, on se rend compte que les slammeurs du rang d’un Franck Sylvestre manient les mots avec une rare richesse. Et ce dernier nous en fait une démonstration éclatante avec Histoires slammées. Des histoires qui sont comme autant de contes qui ont comme thématique de fond la migration, un thème si récurrent dans l’actualité. Vous pouvez le lire et l’entendre dans le CD qui accompagne le livret. Un très beau moment de réflexion.

Histoires slammées. Franck Sylvestre. Planète rebelle 91p./CD   www.planeterebelle.qc.ca


 


 

 Adieu à la chimie dans nos cosmétiques

Un de nos collègues à la rédaction du volet « La lettre de beauté » la colonne voisine de celle des livres, a toujours été effaré de voir le degré de produits chimiques contenu dans les produits de soins et les cosmétiques et particulièrement dans les shampooings. Vous pouvez imaginer son bonheur lorsqu’on lui a montré Cosmétiques non toxiques de Sylvie Fortin qu’il n’a pas hésité à qualifier de bienfaitrice de l’humanité. Pensez donc! Des recettes naturelles pour fabriquer soi-même à la maison des produits de traitement et d’embellissement qui n’iront pas ensuite polluer la nature. Toute la gamme des soins s’y trouvent et même ceux pour les poupons. Avec des trucs étonnants comme le savon au café. Vous ne serez pas au bout de vos surprises. Tout ce que les grandes multinationales de la beauté détestent se trouve dans ces pages.

Cosmétiques non toxiques. Sylvie Fortin. La Presse 223p.   www.editionslapresse.ca


 






 

Une jolie cuvée aux 400 coups
La cigogne nous a livré dans son bec six titres, contes pour petits et un peu plus grands qui sont autant de mondes enchantés servis avec talent au texte et à l’image. Et certains avec des thèmes déjà hivernaux. Comme Le nez du bonhomme de neige d’Élisabeth Eudes-Pascal un petit guide mignon pour savoir comment ériger son bonhomme. Mais au fait, qu’est-ce qui convient le mieux pour le nez, une branche ou une carotte. Grave question existentielle qui trouve sa réponse à la dernière page.

Puis dans Je ne te vois plus de Paul Martin une craquante fillette s’adresse à un être cher se remémorant des souvenirs. Elle en fait la nomenclature pour conclure qu’elle ne pense au final qu’à cette personne.

Le duo C. Pernaudet et S. Chebret nous présente Le beau métier de monsieur Cracrabe. C’est quoi qu’il fait le monsieur en question ? C’est un barbier, qui trime votre tête et aussi la barbe. Ce bouquin aux pages cartonnées s’adresse aux toutes jeunes têtes que l’on veut initier à la lecture.

Et trois grands albums cette fois. Le premier Le livre où la poule meurt à la fin est coréalisé par François Blais et Valérie Boivin. Doit-on donner une carte de crédit à une poule ? C’est du sérieux. Du moins on traite ici avec désinvolture des sujets sérieux sur fond de remise en question de la consommation. Ce qui est bien avec ce récit burlesque aux allures de fable c’est qu’il permet de conscientiser les jeunes dans leur rapport futur avec l’argent.

Viennent Rhéa Dufresne et France Cormier dans Un Noël à trois. Ça été dit et redit, le temps des Fêtes peut être une source de grand stress. Trois frères n’y échappent pas qui ont pour prénom Gaston, Norbert et Philémon. Ils ont une rare occaison d’être ensemble, mais ce qui vient gâcher la sauce c’est qu’il n’y a aucune unanimité sur la façon dont les festivités vont se dérouler. Sacré dilemme. Un Noël à trois rappellera sans doute des souvenirs même aux plus grands.

Notes port national le hockey génère toujours de belles histoires. En voici une autre Ça c’est du hockey du tandem David Bouchard et Dave Griffiths. C’est un jeune garçon Dominique qui se rend chez son cousin Étienne qui va l’initier à ce sport. Et c’est immanquable, on commence par patiner sur les bottines. Mais ce qui demeure c’est d’être au grand air et de jouir du moment présent..    


 


 

Bienvenue dans l’univers érotico pervers de Raulo Caceres

Âmes prudes s’abstenir car on ne fait pas dans la dentelle avec Raulo Caceres qui oscille entre érotisme et pornographie dans ce qu’il y a de plus hard. Légendes perverses annonce bien ses couleurs. Quand on prend une page, n’importe laquelle, on est immédiatement happé par une débauche de corps oui, mais de dessins abondants entrelacés, un peu inspirés de dessins mythologiques. Mais ici on bande allègrement. Tous les fluides débordent des corps. Et les femmes ne donnent pas leur place. Ici c’est l’égalité des sexes dans le plaisir. C’est ce qui est futuriste. En tout cas, cette littérature et ces dessins ont toute leur place au moment ou un courant de rectitude sexuelle embrase le monde et où on nous sortira bientôt cette grande nouveauté que l’œuvre de chair ne devra s’accomplir qu’en mariage seulement. Vite procurez vous cet album avant qu’il ne soit mis à l’index.

Légendes perverses. Raulo Caceres. Tabou 104p.   www.tabou-editions.com


 






 

Le coin santé physique et psychique (1)

Selon la norme admise on vient au travail pour une tâche à accomplir et dictée. Est-ce à dire qu’il n’y a aucune place pour la créativité ? Si non comment peut-elle s’interpréter ? Un collectif sous la direction de Gilles Amado, Jean-Philippe Bouilloud, Dominique Lhuillier et Anne-Lise Ulmann. Et à l’apui de leur thèse font intervenir plein de penseurs et entre autres Freud. Et il y a un chapitre qui porte sur comment le créatif peut-il s’insérer dans un domaine qui ne l’est pas à priori. Ce livre qui honore les sciences humaines est en même temps sans le savoir un pamphlet en faveur de la créativité. Un des coparticipants, Jean-Philippe Bouilloud, ne cache pas qu’il venge ainsi les travailleurs. Ces derniers apprécieront la démarche assurément. C’est aux éditions Érès.

Les trois titres qui suivent le sont aux éditions du Dauphin Blanc. Y a-t-il une pensée entre soi et la réalité ? Voilà la question posée par Dominique Allaire dans son Manuel du Génie. L’auteur ajoute qu’on crée souvent son existence avec des pensées que l’on entretient. Ça va loin comme réflexion. Et c’est une observation que l’on entend rarement. En conclusion l’essayiste dit que c’est en nous que se trouvent les réponses, la vérité de soi et pas dans les pensées venant d’ailleurs.

Jo Anne St-Martin lance Le petit Livre du Paradis. Qui est une sorte de rappel des grands principes fondamentaux qui doivent présider à un état de sérénité, comme le lâcher prise. En somme ce livre fait la synthèse de tout ce qu’on pourrait lire en matière de croissance personnelle et nous fait l’économie d’acheter plusieurs bouquins sur le sujet  Ailleurs, c’est Jésus qui nous y exhortait, à savoir de s’aimer soi-même avant de pouvoir aimer les autres ou encore le fameux « aimons nous les uns et les autres ». Eh bien Matt Kahn reprend le précepte dans Peu importe ce qui arrive aimez! L’homme qui a eu sa première expérience mystique à l’âge aussi tendre que huit ans, est une vedette sur You tube avec neuf millions d’adhérents. Pour preuve que son enseignement a des résonnances chez les autres. Il propose une révolution de l’amour qui commence par soi-même.

Dans un tout autre registre la question du châtiment corporel pour l’enfant. On se souviendra du clash terrible entre l’animateur Patrick Sébastien et Yann Moix sur le plateau d’On n’est pas couché de Laurent Ruquier. Le premier racontant son enfance considérait comme un moindre mal une bonne fessée qui ne laisserait jamais à vraiment proprement parler de séquelles, alors que le second qui a été battu par son père, estime, et il en faisait une chose sacrée, que jamais au grand jamais on ne doive porter la main sur un enfant. Que c’est une violence intolérable. Et il ne se gêna pas pour traiter l’animateur de salaud. Cet extrait fut même un buzz sur You tube. Maintenant pour en avoir le cœur net sort chez Érès Les châtiments corporels de l’enfant de Daniel Delanoë. Le sous-titre donne le ton « Une forme élémentaire de la violence ». L’essayiste qui est psychiatre et anthropologue, et fort d’une abondante bibliographie, il fait le tour du sujet sous tous ses aspects. En conclusion il nous dit que d’humilier ou de frapper un petit est tout à fait contreproductif.

L’asthme est beaucoup plus répandu que l’on croit avec plus d’une personne sur quatre! Et la statistique grimpe chez les athlètes. Mais l’asthme se gère et on peut même rééduquer ses poumons. Pour en savoir davantage lisez L’asthme chez l’athlète coécrit par Julie Turmel et Louis-Philippe Boulet. Tout y est passé en revue, jusqu’à la bonne utilisation des inhalateurs.


 








 

Le coin santé physique et psychique (2)

Les enfants et les sens. Tout un monde à décoder et dont les règles fondamentales échappent souvent aux parents parfois dépassés par les comportements de leurs petits. Mon enfant apprivoise ses sens c’est un peu comme parvenir à gérer le trafic émotionnel de votre progéniture. Ce petit guide publié aux éditions du CHU Sainte-Justine est coécrit par Myriam Chrétien-Vincent, Sylvie Tétreault et Emmnauelle Rossini-Drecq. Ici on traite la question dans la tranche d’âge allant jusqu’à 10 ans. Et demeurons dans le monde de l’enfance avec aux éditions La Presse d’Isabelle Audet et Dany Aubé « C’est l’enfant qui compte ». La première est journaliste à La Presse et entraîne ses deux marmots dans des équipes sportives et le second a été également entraîneur au hockey. Ici on traite de la relation parents enfants lorsque les premiers conduisent les seconds à une pratique sportive. Mais il y a des écueils quand les parents se servent de leurs petits par procuration pour assouvir leurs propres ambitions. Ce qui peut devenir source de conflits et de frustrations. Au point qu’on en en oublie de s’amuser. On passe en revue dans ces pages toutes les problématiques possibles et ce qu’il y a lieu de faire.

Êtes-vous de ces parents au bord de la crise de nerfs ? Si oui, courez vite chez votre libraire pour vous procurer Flirtez-vous avec le burn-out parental ?, de Manon R. Guérin chez Fides. Qui est un sujet parfois un peu tabou car le parent peut ne pas vouloir admettre par orgueil qu’il est dépassé par ses responsabilités. Beaucoup de parents sont épuisés aussi dans cette recherche de la conciliation travail famille. Le tempo de nos quotidiens est souvent effréné. L’auteure nous donne des pistes de solution qui rendront service à bien des géniteurs rendus au bout du rouleau

Changement de tonalité avec Osho qui dans Qu’est-ce que la méditation ?, nous rappelle à quoi sert de faire cette rentrée en dedans de soi. Méditer dit-il c’est être créatif, conscient et libre. Il voit dans le rituel méditatif une célébration en même temps qu’une relaxation. S’il y a eu pléthore de titres sur la méditation, celui-ci publié aux éditions Accarias à le mérite de résumer tout juste ce qu’il faut savoir pour nous donner le goût de l’incorporer à notre vécu.

Chez l’éditeur Vigot, Diabètes vrais espoirs du professeur Fabrizion Andreelli et du Dr. Chloé Amouyal. En sous-titre « De la recherche aux soins ».  Ces cinq dernières la recherche touchant le diabète a connu de grandes avancées. Une maladie qui rien qu’en France frappe trois millions de personnes. Les deux auteurs spécialistes en diabétologie font le point sur les récentes découvertes et traitements. Ils rassureront les personnes atteintes.
Ah ces fameuses mathématiques, pour lesquels nous avions un désintérêt chronique. Sans doute est-ce que parce qu’elles étaient mal enseignées. Car il y a des méthodes dynamiques où l’enfant est un peu laissé seul à la découverte des nombres. Valérie Maëstre nous offre Compter, fabriquer et utiliser son matériel Montessori chez Mango. C’est une façon ludique d’aborder le calcul et qui amusera assurément les jeunes esprits. Ce livre aux allures de coffret comprend un manuel pour comprendre comment l’enfant découvre la notion numérique et onze fichiers pour apprendre à utiliser correctement le matériel didactique.

Si vous doutiez de l’exigence que requiert physiquement un sportif pour performer c’est que vous n’avez pas pris connaissance de La préparation physique du sportif chez Vigot cosigné par Bob Murray et W. Larry Kenney. Il est divisé en trois parties, la première décrit comment notre organisme réagit à l’effort, cœur, poumon, muscles. La seconde, comment on structure les exercices en conséquence et la troisième la réaction physiologie au froid, chaleur et altitude et comment notre corps supporte le tout. On a volontairement réduit la portion texte pour augmenter celle des illustrations représentant les mouvements à effectuer.


 


 

Sur les chinois de Shenzen

La ville de Shenzen qui était il y a encore quelques années un petit bled, est devenu une ville géante, sorte d’équivalent de la Silicon valley. Agglomération de millions d’habitants, elle nous intrigue nous occidentaux. Ca ron se demande toujours, sont-ce des fourmis ou des gens ? Pour un regard de l’intérieur allez jeter un coup d’œil sur Les gens de Shenzen du sino canadien Xue Yiwei une étoile montante de la littérature chinoise mondiale. Sur la couverture on ne mentionne pas que c’est un roman. Ce pourrait être tout autant un carnet d’observation. Ce qui est rassurant c’est qu’à sa lecture, on se rend compte que peu importe les cultures, les besoins fondamentaux de l’humain demeurent identiques.

Les gens de Shenzen. Xue Yiwei. Marchand de feuilles 222p.   www.marchanddefeuilles.com


 


 

Une spiritualité judaïque remuante

Un des beaux romans de cet automne porte la signature d’une novice en littérature Sigal Samuel une américaine née montréalaise qui nous arrive avec Les mystiques du Mile End. Quartier montréalais dont on sait la forte représentation de la communauté hassidique. Toute son histoire raconte la relation qu’entretiennent ses personnages de confession juive qui redécouvrent les racines de leur spiritualité, que ce soit des jeunes comme aussi ce David non croyant, qui tout d’un coup à la suite d’une maladie va s’intéresser à l’intangible. Avant d’ouvrir le bouquin on sera arrêté par le qualité de l’édition avec sa belle couverture rigide. L’éditeur honore d’un bel écrin, un récit très beau. Dès les premières lignes elle s’adresse au seul lecteur que nous sommes. Et puis pour le non initié c’est une introduction à la religion juive, riche culture fondatrice. Vous n’allez pas aimer, mais adorer rien de moins.

Les mystiques du Mile End. Sigal Samuel. Marchand de feuilles 473p.   www.marchanddefeuilles.com


 


 

Un peu beaucoup de Mavrikakis

Ses ouvrages antérieurs nous ont appris à apprécier le talent d’écrivaine de Catherine Mavrikakis. Mais on n’est jamais autant meilleur que lorsque l’on parle de soi. Et c’est ce qu’elle fait avec Ce qui restera une petite plaquette autobiographique dans laquelle elle parle de prédestination, de questions métaphysiques. Surtout de la violence de cette existence que personne n’a demandé et qu’on subira à divers degrés. Attention comme on mentionne à la télé, certains passages  réalistes pourraient heurter des sensibilités. Mais au final toute vérité est bonne à dire. La vie n’est pas toujours nle cadeau qu’on voudrait nous faire croire.

Ce qui restera. Catherine Mavrikakis. Québec Amérique 126p.   
www.quebec-amerique.com


 


 

Un gay décrypte le monde à distance

En lisant J’aime le sexe mais je préfère la pizza de Thomas Raphaël on pense à ce film dans lequel le personnage principal joué par Peter Sellers regardait le monde uniquement par le biais de la télévision. Il voyait donc le monde à distance. Ici, le narrateur, l’écrivain lui-même, s’exprime à la première personne et bien qu’il soit mêlé au monde, n’en fait pas partie. C’est un observateur brillant des mœurs de notre époque, sorte de Saint-Simon de l’ère numérique. C’est un homosexuel qui ne fait pas mystère de ses goûts et on aime ça énormément.

J’aime le sexe mais je prèfère la pizza. Thomas Raphaël. Flammarion 261p.    


 


 

Elle va mourir la maman

Qu’un être cher se retrouve dans un état végétatif à la suite d’un diagnostic de mort cérébrale, voilà de quoi agiter les consciences de plus d’un dans la famille. L’acharnement thérapeutique ou le débranchement. En tout cas Parmi les miens le premier roman de Charlotte Pons met en scène une maman a qui on a décrété qu’elle était morte cérébrale qui est en fait la vraie mort clinique selon les critères admis. Sa famille, la narratrice du roman aurait préféré qu’elle parte, mais bon, son avis n’est pas partagé par la smala. Cela dit on en dresse pas moins le bilan de cette femme au bord de la disparition. Une entrée dans le monde des lettres qui passe hautement l’examen. Le défaut ? C’est trop court. Que l’on prendra bien sûr comme le plus grand des compliments.

Parmi les miens. Charlotte Pons. Flammarion 191p.   


 


 

Rencontre numérique

La littérature épouse les idées de notre temps. Ainsi l’ère numérique, plus précisément les médias sociaux, génèrent une pléthore de bouquins. Dans cette foulée sort Un amour d’espion de Clément Bénech. Un jeune homme roumain, entretient avec une jeune femme, prénommée Augusta une correspondance sur le web. La jeune fille est intriguée sur la réelle personnalité de son interlocuteur. Se trouvant à New York, elle l’invite à venir le joindre, ceci dans le but d’en découdre sur ses interrogations. Un roman alerte avec une belle dynamique où le sujet, le verbe et son complément sont à la bonne place. Et puis l’écrivain entretient jusqu’à la fin le mystère sur l’identité du gars. Un nom à suivre ce Bénech. Et oh petite particularité du livre, il est assorti de photos des personnages.

Un amour d’espion. Clément Bénech. Flammarion 263p.


 


 

Tout un tireur d’élite

Si vous vous ennuyiez dans l’espoir de la sortie  des nouvelles aventures de Jack Reacher le personnage fétiche de Lee Child vous ne perdez rien pour attendre car c’est du super avec La cible était française. Et la cible dont il est question ici est rien moins que le Président de la République française. En fait il a été tiré à bout portant par un sniper ou tireur d’élite si vous aimez mieux, alors que ce dernier se trouvait à 1300 mètres de distance. Seul quatre individus dans le monde sont en moyen d’atteindre une telle prouesse. Notre célèbre limier va donc être mandaté pour trouver cet individu aux sombres desseins. Il a quelqu’un en tête de liste. Pour son enquête, Reacher sera en étroite collaboration avec les services secrets du monde entier. Haletant au possible.

La cible était française. Lee Child. Calmann Lévy 362p.     www.calmann-levy.fr


 


 

Elle s’appelait Moustache

Pas étonnant que dans un Québec où le matriarcat est en force que des hommes et des femmes écrivent sur leurs mères. Et ça donne souvent des résultats étonnants. Va sans dire car c’est dans une vie le personnage fondateur. C’est dans cette perspective que s’inscrit Pierre Gagnon qui décrit dans Moustache un homme qui va écrire sur sa mère. Pourquoi Moustache qui donne son titre à l’ouvrage ? C’est que la dame a conservé quelques poils autour des lèvres et les conservent. Avec une mère ce n’est jamais ni noir ni blanc. Et c’est la qualité de cette démarche écrivaine de faire merveille dans la nuance. Ce sont de très courts chapitres mais dense. Comme un peintre jette des couleurs qui viennent éclaire la toile.

Moustache. Pierre Gagnon. Druide 245p.     www.editionsdruide.com


 


 

Réussir sa vie plutôt que dans la vie

Janie Duquette a beaucoup œuvré dans le show-business musical à la tête de sa compagnie de production. Elle avait de qui tenir avec un mentor du type de Donald K. Donald qui a été en son temps le producteur de spectacles le plus en vue à Montréal et qui a attiré tant de grosse pointures de la scène internationale à Montréal. Mais le mentor est aussi un habile calculateur. Si le boss lui inculque en le voyant, la manière de travailler, quand elle voudra voler de ses propres ailes, l’appui financier lui coûtera une beurrée. La productrice raconte sans détours les difficultés qu’elle a surmontées dans un livre Faire une femme de soi. C’est tout à son honneur dans un Québec où on ne veut pas faire de vaguelettes. Avec elle un chat s’appelle un chat. Elle a délaissé comme dans une délivrance le « merveilleux » monde du showbizz pour se consacrer d’abord à sa vie personnelle si négligée et ensuite devenir une conférencière. Comme quoi la vie ne s’arrête pas aux paillettes.

Faire une femme de soi. Janie Duquette. Éditions La Semaine 197p.   


 


 

Qui est Claude Legault ?

Dans un premier mouvement on se dit, c’est jeune pour faire paraître sa biographie. Puis après en lisant Claude Legault, improvisations libres récit raconté par Pierre Cayouette on se dit que la démarche valait le coup, ne serait-ce que par le regard sur des faits dans les coulisses des studios. Ainsi on apprend que l’émission « Dieu reçoit » qui a eu une durée très éphémère sur les ondes de TQS et pour cause on se moquait de Dieu. Des protestations de catholiques qui ont eu raison de la diffusion. Et même Labatt le commanditaire s’était retirée. Et pourtant ça ne fait pas des siècles de ça. Comme quoi en apparence le catholicisme malgré les apparences a encore des racines bien ancrées. C’est la troisième biographie De Cayouette qui réussit bien dans ce créneau où certains éditeurs aiment bien vendre avec des livres de vedettes. Ici l’éditeur n’est pas tombé dans le piège et offre un portrait solide et documenté.

Claude Legault, improvisations libres. Récit biographie par Pierre Cayouette. Les éditions La Presse 197p.    www.editionslapresse.ca


 


 

Tout savoir sur la production de blagues

Elle sont deux Sylvie Ouellette et Christiane Vien qui vous disent tout ce que vous souliez savoir sur l’humour et n’osiez demander dans Écrire l’humour c’est pas des farces. Il s’adresse dans un premier temps à ceux et celles qui se sentent une veine comique et qui veulent l’exploiter. D’autres devront se le procurer pour une autre excellente raison, c’est cette sorte d’anthologie de gags qu’on y trouve et qui risque de vous faire déchausser les dents ou perdre votre dentier à force de rire, car les auteures ont colligé des blagues très percutantes. Et puis, ce livre est salutaire, car dans ce monde où tous sont sur le bord de la crise de nerfs, rire est le meilleur tonique qui soit. Posologie, se procurer un exemplaire et le lire par petits bouts deux fois par jour entre chaque repas.

Écrire l’humour c’est pas des farces. Sylvie Ouellette et Christiane Vien. Préfacé par Lise Dion. Druide 232p.     www.editionsdruide.com


 


 

C’était au départ une adolescente sur le point de se noyer

Nous sommes à Venise. Une adolescente chute d’un pont et manque se noyer. Elle sera sauvée in extremis par un passant. Elle en gardera toutefois de graves séquelles en raison de dommages cérébraux. L’affaire aurait u en rester là si ce n’est que la grand-mère de l’infortunée Manuela, a des doutes sur les circonstances réelles de ce drame. Elle va donc mandaté Brunetti l’enquêteur fétiche de la romancière Donna Leon pour voir de quoi ça retourne. Et effectivement, le flair de l’aïeule ne l’a pas trompée, ça cachait autre chose. Voilà la trame de Minuit sur le canal San Boldo qui exploite une variation des squelettes dans le placard. Et comme le polar est en vogue nous apprenait récemment un reportage de la télévision belge, vous avez là un petit joyau dans le genre.

Minuit sur le canal San Boldo. Calmann Lévy 339p.    www.calmann-levy.fr


 


 

Plus que des histoires sur le sport

Christian Tétreault nous gratifie du deuxième tome de ces Histoires de sport. Preuve que la première mouture a su trouver son public et pour cause. Car contrairement à ce que cela peut faire penser, ce n’est pas un ramassis de statistiques sur des exploits sportifs. Ce sont des commentaires de l’auteur ou de nombreux témoignages de gens qui racontent leur rapport au sport. De sorte que même si quelqu’un est totalement éloigné de l’univers sportif il y trouve son intérêt car il est aussi beaucoup question de philosophie, d’éléments de psychologie. Et la grande qualité de Tétreault c’est que c’est un lettré qui écrit bien. Il serait à l’écriture du sport ce que René Lecavalier était un prince comme commentateur sportif. On voit aussi la somme de travail requis pour accoucher de cet ouvrage avec une typographie serrée, tant il y a d’anecdotes répertoriées. Un beau livre à livre au coin du feu avec quelques épisodes de nostalgie.

Histoires de sport. Tome 2 . Christian Tétreault. Les éditions de L’Homme 466p.


 


 

Quand le lange se formate

A l’ère numérique qui pourtant met à notre portée l’univers de la connaissance, on semble assister au contraire à une dégénérescence de l’intelligence. Patrick Moreau en sait quelque chose lui qui a écrit en 2008 chez Boréal un brûlot remarqué « Pourquoi nos enfants sortent-ils de l’école ignorants ». Là il persiste et signe avec un essai fouillé sur l’emploi de mots inscrits dans un langage formaté. Ainsi vous entendez où lisez ad nauseam ces mots « transparence » « Flexibilité »  « solidarité » et tutti quanti. D’où ça vient cette pauvreté du vocabulaire ? Voilà la question auquel Ces mots qui pensent à notre place donne des réponses. L’auteur rappelons-le enseigne la littérature et est rédacteur en chef de la revue Argument. A lire absolument pour ceux qui s’inquiètent de la montée de la bêtise langagière.

Ces mots qui pensent à notre place. Patrick Moreau. Liber 273p.   


 


 

La bisexualité vue par Janette Bertrand

L’iconique Janette Bertrand assure sa renommée du fait que même nonagénaire, elle a toujours une longueur d’avance sur tout le monde. Ainsi s’attaque t’elle à un thème encore tabou car si les gais et lesbiennes ont acquis de la visibilité socialement dans un monde, précisons-le de tolérance et non d’acceptation, que dire alors des personnes bisexuelles, véritables énigmes en sexologie. Qui sont tapis dans l’ombre, capables d’aimer alternativement hommes et femmes quand ce n’est pas simultanément. Pour expliquer ce qui peut trotter dans la tête d’un bi, elle a choisi la voie du roman avec Avec un grand A. On voit vivre un petit couple banlieusard, Ariane et Simon qui s’aiment d’amour tendre pour reprendre le cliché admis. Mais voici qu’un jour va débarquer Larry pour qui Simon va craquer. Ils vont devenir amants. Et là, Janette en grande psychologue sonde cette âme de vampire qu’est Simon qui se pose évidemment bien des questions sur l’avenir de son couple, ce qu’il est réellement. Car souvent le bisexuel est poussé dans des retranchements psychologiques pour en arriver à se définir réellement. Chapeau à cette grande dame qui fait avancer la connaissance de qui nous sommes réellement. Et comme nous sommes, c’est nous de la rédaction qui le disons, tous des bisexuels potentiels, ça fait beaucoup de lecteurs en perspective.

Avec un grand A. Janette Bertrand. Libre Expression 221p.  


 




 

Le coin Miam miam

Chez marie claire c’est la fête pour leur catalogue du domaine de la cuisine « Les inventives » puisque nous arrive quatre ouvrages d’un seul coup. Que voici. D’abord Mes recettes sans gluten et sans lactose. Qui fera le bonheur de ceux et celles qui connaissent des intolérances à ces deux substances. Ce qui ne veut pas dire que leur absence des menus signifie privations. Bien au contraire. Céline Dewaele son auteure, déborde d’imagination. Ce n’est pas pour rien que la collection porte le titre d’inventives. Prenez par exemple ce sandwich d’hiver au houmous et carottes rôties au cumin. Ou cette pizza soca à la courgette. On imagine en bouche ce que doit être ce gratin de pommes de terre au vin blanc. Pour sa part Hélène Comlan nous entraîne dans le riche univers des concoctions avec Tisanes aux 1000 vertus. Si on connaît très bien la verveine, la camomille, la valériane, on sera intrigué par contre pour l’infusion de pissenlit, celle de moringa, et le cynorrhodon. Pour chaque tisane un deux lignes précise en quoi elle apporte un apport à l’organisme.

La gastronomie française comme on le sait, a été élevée au rang de patrimoine immatériel mondial par l’Unesco. Et cette distinction, elle la doit aux nombreux produits et plats du terroir. Et pour se rappeler de quoi ça retourne, achetez-vous sans faute Made in France qui est un tour des fiertés régionales. Et on ne se contente pas de les énumérer, on vous livre les recettes aussi. Quelle belle générosité. Vite aux fourneaux et préparez-nous ces crottins de Chavignol panés et figues caramélisés au miel du Gâtinais, une spécialité du centre Val-de-Loire. Et Adélaïde D’Abboville présente Un bol…un plat! Avec la vie foldingue que nous menons, les gens sont pressés et mangent sur le pouce. L’auteure a donc pensé à eux avec 40 bols savoureux. A vue d’œil on peut ranger beaucoup de ces suggestions dans le créneau végétarien. Parfait pour les anti-carnés. Ou bien pour les personnes qui, le soir venu, ne veulent pas gêner leur sommeil avec des soupers trop lourds. Les bols sont économiques et rapides de préparation.

Et ceux qui souffrent d’addiction au chocolat vont ou succomber ou devoir s’en éloigner. Nous avons nommé ce merveilleux album La cuisine à croquer écrit en collectif aux éditions Cardinal et qui est produit en collaboration avec la chaîne Chocolats Favoris. Le péché existe à chaque page avec des tentations. Nous ne savons plus trop qui à dit un jour que la tentation était faite pour céder alors plongeons sans remords. C’est vraiment le cacao dans toutes ses déclinaisons. Juste à voir la photo du gâteau au chocolat éclaté et vous saliverez déjà. On imagine l’effet sur une table auprès des convives. Ce livre de recettes ciblées fait très bien la concurrence aux maîtres chocolatiers de Belgique et de Suisse.

 


 


 

Le formatage du beat musical passé à la loupe

Antoine Ouellette musicologue de son état a entre autres trois grands champs d’intérêt, la musique bien entendu, l’autisme et le chant des oiseaux. Mais comme il est très intelligent et curieux ce qui en est la prémisse, il a exploré l’évolution du beat en musique et ça donne un essai très instructif intitulé Pulsations. Il fait le constat d’un appauvrissement musical alors qu’il y aurait lieu et place à tant de variations du fameux beat. En plus il déplore le taux de décibels qui déforme tout. A lire par tous ceux que la musique et le son intéresse. Il y a de la belle érudition dans ces pages. Et il honore son lecteur par un flot de connaissances qui rend le tout jubilatoire.

Pulsations. Antoine Ouellette. Varia 249p.    www.groupenotabene.com


 


 

Une bibliothèque qui renferme les secrets de l’univers

Comme baptême en littérature Scott Hawkins a choisi le genre de la fantasy qui cartonne très bien avec le polar. Et on va voir que le mec a de la vision futuriste. Il a imaginé une jeune fille, Carolyn, qui orpheline va se retrouver adopté par un personnage surnommé Père. Un homme de stature qui a recueilli d’autres orphelins. Et cette petite communauté se retrouvera dans cette bibliothèque de la maisonnée qui contient les secrets de l’univers. Les jeunes seront donc détenteurs d’un lourd savoir. Et quand le Père mourra, ces doublements orphelins vont devoir protéger ce temple du savoir de mauvais esprits qui veulent s’emparer de ces connaissances en forme de pouvoir. Carolyn va tout mettre en œuvre pour concocter un plan de défense au détriment de sa propre humanité. Comme premier opus La bibliothèque de Mount Char est la naissance en même temps d’un grand auteur de fiction.

La bibliothèque de Mount Char. Scott Hawkins. Denoël 475p.   www.denoel.fr


 


 

Trucider un fils handicapé sous le régime nazi

L’histoire du régime nazi nous l’a enseigné, ce sont les handicapés qui ont servi de cobaye pour la mise au point du machiavélique projet de l’Holocauste. L’État nazi et Goebbels, ministre de la propagande l’a montré, documentaire à l’appui, que ces êtres diminués coûtaient une fortune au gouvernement. On a donc décidé de les exterminer en douce avec la complicité de sinistres médecins qui iront ensuite travailler dans les camps de la mort. Piqures mortelles, gazage à l’essai ont été des méthodes employés pour envoyer dans l’autre monde ces demeurés improductifs. Daniel Perrier-Bonnet est parti de cette sinistre réalité pour bâtir un roman déchirant Les convois de la bonne mort. Un couple a la douleur d’avoir un enfant de six ans atteint d’une maladie cérébrale. La mère voudrait bien assurer la charge nécessaire à son bien-être, mais son conjoint qui veut faire carrière dans la SS, nazi convaincu, prône l’euthanasie sans discussion. Il repoussera donc son épouse et est prêt pour son avancement à balancer l’enfant aux autorités. Que fera la mère ? C’est tout l’enjeu de ce livre effrayant. C’est à lire, car comme on l’a déjà dit, qui ignore l’Histoire est condamné à la revivre. Ne serait-ce que pour cette raison, cette lecture est quasi obligatoire.

Les convois de la bonne mort. Daniel Perrier-Bonnet. Éditions JPO 244p.   www.editions-jpo.com


 


 

Sur la radicalisation des femmes au jihad

Les femmes sont douces, est un préjugé largement admis. Mais pas toutes. Et parmi celles qui se sont radicalisées au profit du jihad, plusieurs en rajoutent dans l’horreur pour se faire une place parmi les hommes qui les embrigadent. La radicalisation est un phénomène qui échappe à la logique de bien des gens. Pour comprendre pourquoi des individus épousent des thèses si extrémistes concernant le Coran, il y a un essai éclairant qui à valeur de documentaire et écrit par une pointure. En effet Jean-Christophe Damaisin d’Arrès est doublement « mastérisés » à al fois en relations internationales option défense et sécurité internationale et aussi en sciences des religions et sociétés. Il est auditeur de la Défense nationale en France. Bref, le terrorisme n’a plus de secrets pour lui. Les sœurs du jihad rassemble une soixantaine de témoignages de femmes qui ont fait ce choix et qui lui expliquent pourquoi. En fin de lecture on en sait davantage sur les motivations de ces personnes. Ce livre tombe à point nommé alors que le radicalisme se multiplie qui en inquiète plus d’un.

Les sœurs du jihad. J.C. Damaisin d’Arès. Éditions JPO 183p.   www.editions-jpo.com


 


 

Des erreurs impardonnables et…humaines dans l’aviation

Nous vous le conseillons d’emblée, si vous avez peur de monter dans un avion, vous avez à la lecture du tome 11 d’Erreurs de pilotage de Jean-Pierre Otelli tous les arguments pour préférer demeurer au sol. Car dans ces pages il dresse un accablant constat que bien des cas, sinon la majorité du temps ce sont des erreurs humaines qui sont à l’origine de catastrophes aéronautiques. L’auteur qui est à la tête des éditions JPO qui se consacre principalement à la littérature touchant à l’aviation, est lui-même un pilote en renom et instructeur de haut calibre. On saluera la grande recherche préliminaire qui a permis de colliger une montagne d’horreurs qui aurait pu être évitée s’il n’y avait pas eu tant de négligences. On connaît le dicton que l’erreur est humaine, mais appliquée aux vols commerciaux par exemple, on se montre infiniment moins indulgent tant le nombre de victimes peut-être élevé.

Erreurs de pilotage. Tome 11. Jean-Pierre Otelli 316p.   


 


 

L’extraordinaire odyssée du commandant Robert Piché

Nous sommes heureux de vous signaler aux éditions JPO la présence de ce titre Panne au-dessus de l’Atlantique écrit par notre compatriote Pierre Cayouette et qui reprend le récit de la vie du commandant Robert Piché cet as de l’aviation qui sauvera la vie de 306 passagers et membres de l’équipage de l’Airbus qu’il pilotait au moment où deux moteurs vont s’arrêter brusquement au dessus de la mer. Une histoire hors du commun qui arrive au moment où le pilote, retraite oblige, a effectué son dernier vol commercial largement rapporté par les médias du Québec et ailleurs. Quel destin que cet homme qui a fait de la prison pour avoir convoyé de la drogue, alcoolique. Qui s’est reconverti à l’honnêteté et à la tempérance. Il fait figure de véritable héros dans son domaine du pilotage et pour une multitude de gens qui admirent son volontarisme. Et son biographe met tout son talent de conteur pour reprendre à zéro le fil de cette vie et cette carrière entrée dans les annales de l’aviation.

Panne au-dessus de l’Atlantique. Pierre Cayouette. Éditions JPO 199p.    www.editions-jpo.com


 


 

La plus mystérieuse disparition d’avion de l’histoire aérienne

L’affaire a fait grand bruit dans l’actualité et comment donc! Rappelez-vous, nous sommes en 2014 et un Boeing 777 de la Malaysia Airlines qui premièrement disparaîtra des radars, ni vu ni connu, et qui s’écrasera en mer, entrainant dans la mort 227 passagers et 12 membres d’équipage. On n’a jamais retrouvé l’avion. Comment un avion de ce genre a-t-il pu finir pareillement et dont les contrôleurs aériens ont perdu la trace. Vous pouvez imaginer que les théoriciens du complot et les amateurs de phénomènes paranormaux s’en sont donnés à cœur joie. Gilles Diharce qui est opérateur du contrôle aérien au Ministère de la Défense en France a été très intrigué par toute cette affaire et a mené une enquête complète digne d’un Hercule Poirot. S’il ne résout pas l’énigme, il fait tout de même la démonstration des flagrantes failles de la sécurité aérienne et comment le vol MH370 a permis de resserré les mesures de contrôle pour éviter que pareille tragédie ne se reproduise. On appréciera la rigueur de son travail de limier. Tout a été passé au crible. Le mystère du vol MH370 en passionnera plus d’un.

Le mystère du vol MH370. Autopsie d’une disparition. Gilles Diharce. Éditions JPO 391p.     www.editions-jpo.com


 


 

Une excellente biographie pour les vingt ans de la mort de Barbara

Déjà vingt ans que la dame brune comme on la surnommait nous a quitté. Elle nous a légué toutefois tout un héritage musical qui pérenne le souvenir de la grande auteure compositrice et interprète. Et aussi la mémoire d’une trajectoire bien spéciale pour cette petite belge née Monique Cerf et qui va monter à Paris. Pour commémorer sa disparition beaucoup de livres sont déjà paru, mais une biographie sort du lot écrite par Jean-François Kervéan. Car il a eu la chance d’avoir des amis commun avec Barbara. Qui lui ont confié des anecdotes, des pans de vie. Au final une biographe au plus près de son sujet. Une biographie qui se distingue par le fait qu’elle fait le point sur ses amours, souvent occultés dans d’autres ouvrages du genre. Pour le moment c’est un travail de référence qui enchantera ceux qui adorent l’artiste et qui permettra à la jeune génération de la connaître.

Barbara la vraie vie. Jean—François Kervéan. Robert Laffont 339p.    www.laffont.fr


 


 

Quand ça se met à ne pas aller

Nous avons une tendresse particulière pour les nouvellistes car ceux qui font dans la nouvelle ont souvent comme dénominateur commun cette qualité rare d’observation. Ce qui leur permet de brosser des esquisses d’individus qui dénotent une connaissance approfondie de la nature humaine. Philippe Bouvier est de cette veine qui se commet avec son recueil Dérapages. Et aussi, on remarque un goût des gens de la nouvelle, pour les personnages déjantés. Ainsi on trouve dans ces pages un collectionneur de…lettres de refus. C’est complètement dingue. Ces personnages ont souvent manqué de chance. Ce petit livre va vous plaire parce qu’il nous ressemble un peu.

Dérapages. Philippe Bouvier. Carte blanche 123p.  www.carteblanche.qc.ca


 




 

Deux ouvrages sur le management

Deux titres nous parviennent touchant l’entreprise dans deux sphères différentes. Le premier bouquin aux éditions Carte blanche La relève, pérennité et transfert d’entreprise de Claude Savoie en collaboration avec Valérie Garrel traite de l’épineuse problématique de la succession en entreprise ou la cession tout court. L’auteur qui est coach et expert du domaine nous offre un petit traité destiné au chef d’entreprise qui passe le flambeau. Quels sont les enjeux, que faut-il faire et ne pas faire. Et le fisc qui rôde toujours âpre au gain. On dit que la connaissance aide à vaincre la peur. De tout savoir ce qui vous attend quand vous déciderez de laisser le relais à un autre, permet d’envisager le transfert en toute sérénité.

Dans un tout autre ordre d’idée chez l’éditeur Del Busso Artistes, créateurs et entrepreneurs une démarche en collectif supervisé par Louis-Jacques Filion qui nous a donné tant de titres sur le management. Ici on s’attache à un secteur plus pointu, l’industrie culturelle. Eh oui l’art et la culture sont aussi une industrie, et qui dit ce mot suppose de l’argent. Et à partir de cas de concepteurs dans bien des domaines du design (Michel Dallaire) au cinéma (Roger Frappier) pour ne nommer que ceux-là, on livre des cas d’étude. Quels ont été leurs chances et leurs malchances. Ceux qui ambitionnent d’œuvrer dans la culture ont cette chance d’avoir sous les yeux, non pas des théories fumeuses, mais des expériences concrètes sur le terrain.


 


 

Un tableau de la communauté sépharade au Québec

Parce qu’ils sont aptes à parler français, les sépharades qui migrent du Maroc vers le Québec, ils appartiennent à une communauté que les démographes de chez nous peuvent suivre dans leurs pérégrinations. Et c’est d’ailleurs ce qui fait l’objet d’une étude de pointe sur les sépharades en terre québécoise. Les sépharades du Québec, parcours d’exils nord-africains estle fruit d’un travail en collectif sous la supervision de Yolande Cohen. Et ce qu’il y a d’intéressant à examiner c’est la relation avec la communauté ashkénaze. Ceux qui s’intéresse à la question des migrants ont un beau champ d’intérêt dans ces chapitres.

Les sépharades du Québec. Collectif sous la direction de Yolande Cohen. Del Busso éditeur 185p.    www.delbussoediteur.ca


 


 

Regards sur le journalisme au temps du numérique

S’il y a un univers qui a été frappé de plein fouet par l’avènement du numérique c’est bien le journalisme qui a vu quantité de médias imprimé disparaître au profit de la tablette ou du téléphone intelligent. Certains journalistes de plus d’expérience s’inquiètent pour leur profession, tandis que les plus jeunes sont dans cette mouvance. Mais globalement doit-on désespérer ou s’enthousiasmer. Afin de mieux se faire une idée Thierry Watine qui enseigne au Département d’information et de communication de l’Université Laval à Québec est d’origine française et a eu une longue feuille de route dans l’Hexagone, notamment comme directeur des études et de la recherche à l’École supérieure de journalisme de Lille. Il a mené sa petite enquête auprès de quinze journalistes et àa donne Les nouvelles cartes du journalisme. Chacun donne un angle de vue intéressant dont cette journaliste de Québecor qui se plait dans la convergence, car si ça nouvelle fait la manchette est va se retrouver sur toutes les plateformes du groupe. Et l’auteur de la recherche se montre finalement très optimiste pour le futur. Jugez vous-même.

Les nouvelles cartes du journalisme. Thierry Watine. Del Busso éditeur 288p.     www.delbussoediteur.ca


 


 

Le riche patrimoine de nos bibliothèques passées et présentes

L’ex-recteur de l’Université du Québec à Montréal, Claude Corbo a une retraite des plus actives. Il ne se passe pas une année sans qu’il nous sorte un ouvrage, biographie, essai ou quoi encore qui renforce notre admiration. Voici sa dernière contribution, un répertoire de nos bibliothèques significatives dans la Province. Bibliothèques québécoises remarquables est une sorte d’inventaire écrit en collectif et sous la supervision du maître. On y trouve des temples du savoir aujourd’hui disparus ou qui sont encore très fonctionnels. Aux collaborateurs le superviseur a demandé qu’on fasse l’historique, ce que la bibliothèque recèle comme fonds et au besoin ses trésors. Sur la couverture on voit une magnifique photo de celle de l’Assemblée Nationale, de toute beauté. C’est un patrimoine à découvrir et qui échappe trop souvent à notre regard.

Bibliothèques québécoises remarquables. Collectif sous la direction de Claude Corbo. Del Busso éditeur 347p.    www.delbussoediteur.ca


 




 

Le coin du dessin

En complément de cette série sur l’art d’apprendre à dessiner, les éditions Mango sortent deux nouveaux opus, Les mouvements du corps et Les mains. Dans le premier Jean-Pierre Lamérand qui a souvent demandé à des proches de poser pour lui, a pu ainsi saisir l’ampleur des gestes et savoir les reproduire ensuite sur le papier. Et sa première leçon, on ne s’en surprendra pas, en est une d’anatomie. Et puis on s’applique à travaille chaque section du corps humain. Pour les mains, Gilles Cours dit d’emblée dans cette introduction, que c’est la partie de l’anatomie la plus difficile à réaliser car il y a d’infinis détails selon les veinures et quoi encore selon le geste que la main pose. C’est ici un travail de précision que les passionnés du dessin suivront avec grand intérêt.


 


 

Un apprentissage ludique de la lecture

Chassez de vos idées le ba be bi bo bu de votre enfance. Aujourd’hui, les méthodes pédagogiques se veulent plus dynamique. Et un exemple nous en est donné avec L’imagerie de la lecture imaginé par Lucienne Mestres une pédagogue aguerrie. C’est apprendre à dire les mots en voyant des images, un procédé associatif en somme. Et puis technologie aidant, on a intégré des applications qui permettent d’ajouter des jeux sur sa tablette numérique par exemple.

L’imagerie de la lecture. Lucienne Mestres. Fleurus.


 


 

Les premières années de Jean Béliveau au hockey

Marc Durand vous une grande admiration au regretté Jean Béliveau à qui il consacre une monographie faite de photos et de textes narrant surtout les années du Gros Bill dans la Vieille Capitale. Préfacé par l’épouse du hockeyeur, Élise Béliveau, c’est un album chargé de nostalgie qui s’ouvre au lecteur. Ce qu’on retiendra toujours de ce grand sportif, c’est la classe, la loyauté dont il a fait preuve, surtout envers la ville de Québec. Car il n’a pas été facile pour lui de s’amener avec les Canadiens de Montréal. Il aura signé tout de même un contrat de cinq ans de 105,000$ et des bonis faisant de lui le joueur le mieux payé de la LNH. Les admirateurs du légendaire capitaine des Canadiens, voudront conserver ce beau tribut à leur idole.

Jean Béliveau, la naissance d’un héros. Marc Durand. Éditions Sylvain harvey 96p.    


 






 

Le coin santé physique et psychique

Chloé Sainte-Marie s’est beaucoup battu pour que le gouvernement voit à octroyer des aides financières aux aidants naturels. Le combat se poursuit toujours pour plus de soutien. Si vous n’avez pas idée de ce que ça représente que de s’occuper d’un être cher diminué, allez lire Une aidante naturelle comme les autres de Janine Gagnon-Corbeil. Qui durant sept ans a dû subvenir par ses propres moyens aux besoins de son conjoint souffrant d’une maladie dégénérative. Quel héroïsme. Et son témoignage se veut un regard sur cette dure réalité, comme par exemple tenter de pousser une chaise roulante en hiver sur la chaussée. C’est aux éditions Del Busso.

Le neuropsychiatre Boris Cyrulnik a tout un patient entre les mains. Il a choisi rien de moins que de faire la Psychothérapie de Dieu. Publié aux éditions Odile Jacob, le titre est un peu trompeur. En effet le médecin ne tente pas de faire la psychanalyse, c’eut l’air prétentieux. Ce qu’il veut démontrer ici c’est comment la croyance en un Dieu apporte un support aux individus. Dans les cas de maladie, il rapporte que les malades qui croient au Créateur se sentent mieux armés pour affronter l’épreuve. Comme quoi cet esprit immatériel représente du positif dans une vie terrestre.

Aux éditions du Dauphin Blanc, Manon Breton qui est enseignante de la Pleine Conscience, est partisane du fameux dicton qui veut que ce qui ne nous tue pas rend plus fort. Le courage d’être ici est un plaidoyer comme quoi les épreuves qu’on ne se souhaite pas mais pourtant bien réelles, contribuent à notre avancement. Faut-il toutefois savoir les circonscrire et leur donner du sens. Son approche est influencée bien évidemment par le bouddhisme. Ayant fait des études en psychologie, elle fait de l’accompagnement en soins palliatifs.

Enfin, aux éditions deboeck supérieur, ils sont trois Bob Stahl, Florence Meleo-Meyer et Lynn Koerbel qui cosignent Manuel de méditation pour petits et grands anxieux. Des ouvrages sur ce thème il en pleut. Mais celui-ci a ceci de particulier qu’il décortique tout ce qu’il faut de préparation mentale avant de s’asseoir en position du lotus. Parce que beaucoup de gens qui souhaitent rentrer à l’intérieur d’eux-mêmes ont souvent des appréhensions, surtout la peur de ne pas pouvoir se concentrer. Surtout les anxieux à qui ce guide s’adresse. Et ils sont légions, une personne sur trois, c’est dire. Mais comme le tempo de ce monde de l’ère numérique a de quoi rendre fou, la méditation devient souvent la seule porte de salut. Voilà la méthode toute trouvée pour échapper à la fureur du monde.


 


 

Jouissances de partout

Écrire dans le genre érotique expose à de nombreux pièges. Avec le risque de tomber dans la génitalité clinique qui prend plus en compte la notion d’endurance que la volupté proprement dite. Or les auteurs approchés par Stéphane Dompierre ont réussi à passer l’épreuve haut la main en gratifiant les lecteurs de jouissance autant au-dessous de la ceinture qu’au niveau de l’esprit c’est selon. Et on verra que les écrivaines qui ont relevé le défi en connaissent un rayon au niveau de l’imaginaire. A eux tous ils opposent un sérieux démenti à Mallarmé qui avait osé dire que la chair est triste et qu’il avait lu tous les livres. Pauvre lui, il est mort trop tôt, car la chair est ici, au contraire très festive.

Pulpe. Collectif. Québec Amérique 352p.    www.quebec-amerique.com


 


 

Le français écorché du vocabulaire du hockey

On ne compte plus les joueurs et autres qui gravitent autour du monde du hockey qui spontanément écorchent le français comme ce n’est pas permis. Olivier Niquet chroniqueur à la radio a accompli un véritable travail de moine en colligeant toutes les bourdes qui peuvent avoir été dites. Dans mon livre à moi ça regorge de perles. On en a tiré une au hasard venant de Michel Therrien « J’ai même des photos dans mon bureau qui me rappellent à tous les jours oùssque je deviens ». On rit énormément. C’est un bêtisier du sport qui nous rend les auteurs de ces énormités très sympathiques. Et puis l’auteur nous donne même les dates où ces fautes grotesques ont été commises.

Dans mon livre à moi Olivier Niquet Éditeur Duchesne et du rêve 295p.      http://sportnographe.com


 


 

Et il devint Rimbaud

Qu’est-ce qu’il faut faire pour devenir poète ? La réponse se trouve en partie dans la biographie d’Arthur Rimbaud rédigé pour la jeunesse par Sophie Doudet qui prête des dialogues aux personnages mais dans ce qui se rapproche le plus du contexte que fut son existence. Vous avez le début du parcours de l’auteur du célèbre poème Le dormeur du Val. La biographe s’est appuyé sur tous les fait authentiques qui ont jalonné les premiers pas du poète à Paris. Il a été un météore en terme de longévité d’écriture, mais ce qu’il a laissé, enflamme encore de nos jours les âmes exaltés comme ce que fut la sienne.

Un ado nommé Rimbaud. Sophie Doudet. Scrinéo 249p.    www.scrineo.fr


 


 

Un grand aventurier de la Nouvelle-France, Radisson

C’est une jolie surprise pour cette rentrée, la réédition des récits de voyages de Pierre-Esprit Radisson que publient les éditions Alias sous le titre Les aventures extraordinaires d’un coureur des bois. On apprend dans les notes d’introduction que ces pages ont été portées à la connaissance du public en 1885 seulement et transcrites en anglais par Gideon D. Scull et publiées par une maison d’édition de Boston. Il y a eu tout un travail préliminaire pour restituer la saveur du propos, en adaptant un peu le langage de l’époque. Dire que c’est passionnant est un euphémisme. Rien que la description par le menu des tortures infligées par les Iroquois à leurs victimes est à glacer le sang. Entre autres, et permettez-nous cette horreur, on arrachait le fœtus du ventre d’une mère pour le lui faire manger ensuite. On comprendra un peu dans ce contexte pourquoi les colonisateurs ont été vite à les appeler les sauvages. Ces Iroquois qui inspiraient une terreur incroyable chez leurs adversaires. Et qu’est-ce qu’il dut affronter cet aventurier sans peur et sans reproche.

Les aventures extraordinaires d’un cœur des bois. Pierre-Esprit Radisson. Alias 575p.     www.groupenotabene.com


 


 

SuEt si du jour au lendemain les couleurs disparaissaient ?

Jean-Gabriel Causse a une imagination débordante va sans dire. Figurez-vous que pour son roman de fiction Les crayons de couleur il a inventé un univers où sans crier gare, les couleurs disparaissent! Autour de ce scénario « catastrophe » vont tournoyer des personnages déjantés, comme Arthur qui bosse dans une fabrique de…crayons de couleur. Et puis cette charlotte, aveugle de naissance, scientifique et spécialiste des couleurs. Vous le voyez tout de suite c’est complètement dingue. Et dans cet exercice de thématique loufoque, l’écrivain nous amène à réfléchir sur la nécessité de certaines choses. On s’amuse énormément à cette lecture distrayante.

Les crayons de couleur. Jean-Gabriel Causse. Flammarion 311p.  


 


 

Le cours éblouissante de Catherine Millet sur D.H. Lawrence

Là  il faut avouer que Catherine Millet nous laisse complètement baba avec pour la rentrée Aimer Lawrence où elle nous raconte la vie de D.H. Lawrence l’auteur célébrissime de Lady Chatterley. C’est que madame est complètement éblouie par ce personnage qui avait la singularité de s’entourer de femmes libres, et qui de ce fait se sentait très à l’aise dans sa masculinité et nullement menacé. Dans cette presque biographie, la romancière qui devient une prof éblouissante comme on aimerait en avoir en classe, nous dit en somme que l’écrivain faisait le rapprochement entre épanouissement féminin et liberté sexuelle. Bref, qu’une femme libre était beaucoup plus intéressante au plumard. Ensuite elle analyse son œuvre et nous donne le goût d’aller à la rencontre de son sujet. Nous mettons bien évidemment ce livre au-dessus de notre pile de recommandations.

Aimer Lawrence. Catherine Millet. Flammarion 301p.


 


 

Pour saisir la pensée de Bernie Sanders

Bernie Sanders a été un challenger de taille chez les démocrates aux dernières primaires américaines, livrant une rude bataille à Hillary Clinton. Et étrangement, au moment où cette dernière lance son livre où elle détaille les coulisses de ses primaires à elle, Sanders publie Notre révolution qui est un corpus de sa pensée politique. On sait que l’homme politique a su s’attirer malgré son âge respectable un nombre important d’adhérents du côté de la jeunesse qui s’est montrée réceptive à ses idées de gauche. Et c’est un bel ouvrage d’honnêteté politique, ce qui est rare. Sonneur d’alerte il dit notamment qu’on se les gonflent à Washington avec un présumé taux de chômage national autour de 5% alors qu’en réalité c’est le double qu’il faudrait prendre en compte. C’est que manipulant les statistiques on ne prend même plus en compte les gens sans emploi qui sont sortis du système. En même temps il livre une radiographie implacable de la vie politique américaine. Toute vérité est ici vraiment bonne à dire.

Notre révoultion. Bernie Sanders. Les lines qui libèrent 515p.


 


 

Un point de vue autre sur les migrants

Marielle Macé nous sort une petite plaquette ayant pour titre Sidérer, considérer qui questionne la situation des migrants en France. Par bien des aspects la gestion des migrants dans l’Hexagone la heurte. Elle prend donc un peu de recul pour mieux juger l’ensemble et y va de sa proposition. Qui s’inscrit dans un créneau de sympathie, accueillant, bienveillant. Son propos arrive à point nommé car on n’en a pas fini loin de là avec cette problématique, car ne serait-ce qu’en raison des changements climatiques majeurs annoncés, les perspectives de migration seront considérables.

Sidérer, considérer. Marielle Macé. Verdier 66p.    www.editions-verdier.fr


 


 

Un prêtre rencontre un garçon incandescent

Les amours interdits ont toujours plus sel, c’est connu. C’est ce que nous remet en mémoire Walter Siti dans Au feu de Dieu. Nous faisons connaissance avec un prêtre tout pétri de bonnes intentions. A sa façon la réincarnation du curé d’Ars qui vit l’Évangile au plus près. Il est d’orientation homosexuelle mais il a réussi à garder sous couvert ses transports affectifs. Mais l’œuvre de chair a des desseins insondables et sur sa route le pasteur croisera un garçon qui le chamboulera comme jamais. Ses résistances vont tomber. En lisant ces lignes on prend encore conscience de un, l’hypocrisie de l’Église catholique, et ce décret contre nature de la chasteté. L’auteur vampirise l’âme de l’homme de Dieu qui est torturé au plus profond de lui-même. Il habite vraiment son personnage. Un livre puissant.

Au feu de Dieu. Walter Siti. Verdier 379p.     www.editions-verdier.fr


 


 

Un nouvelliste atteint de lucidité chronique

Nous remarquons une chose avec les auteurs de recueils de nouvelles. On dirait que c’est dans ce genre qu’ils balancent tout ce qu’ils savent de la nature humaine et pas de la meilleure des façons. Et Andrew F. Sullivan un canadien, n’échappe pas à la règle. C’est avec Tout vient à mourir qu’il a fait une entrée remarquée dans le monde des lettres. Et quand on lit ces petits textes qui sont autant de brûlots, on voit que rien des mœurs de l’homo sapiens ne lui échappe. Avec comme dénominateur commun dans ces textes, un certain mal de vivre. Et peut-être à découvrir les personnages qui peuplent ces pages, vous trouverez que votre vie est sans doute meilleure que la leur.

Tout vient à mourir. Andrew F. Sullivan. Presses de l’Université d’Ottawa 184p.


 


 

Un procès retentissant mettant en cause un patronyme célèbre

Quand on pense que des chaînes de télé s’abreuvent d’émissions judiciaires américaines pour étoffer leur programmation, ça fait preuve d’une certaine paresse. Car ici même au Canada on ne manque pas de cas intéressant au chapitre des crimes. La journaliste Elaine Kalman Naves qui a une longue feuille de route, notamment à la Gazette. Et on lui doit pour la radio de la CBC un long documentaire sur le célèbre photographe montréalais William Nottman. Or c’est cette famille qui sera éclaboussé par un scandale retentissant. En effet, le frère du photographe, Robert, qui avait séduit une étudiante en pédagogie à l’Université McGill va l’engrosser puis la faire avorter. Crime odieux comparable à l’époque comme une dépravation digne de Sodome et Gomorrhe. Pire encore, le médecin qui a procédé à l’interruption de grossesse va s’enlever la vie. Pire scandale que ça tu meurs et à l’époque victorienne montréalaise. Un procès retentissant s’ensuivra dont on ne vous donne pas les détails ni l’issue pour ne pas bouder votre plaisir. Mais ça se lit d’une traite tellement c’est enlevant. En même temps quel portrait des mœurs du temps.

Portrait d’un scandale. Elaine Kalman Naves. Fides 283p.   www.groupefides.com


 


 

Une écrivaine donne naissance à son enquêteuse fétiche

Rachel Paulin nous arrive avec un troisième roman en carrière mais le premier qui donne naissance à une enquêteuse Astride Sanschagrin. Le titre ? Legs sanglants. Et ça laisse entendre que si le public donne aval, ce devrait être le début d’une série. On lui souhaite, car ce premier opus policier fait montre d’une belle maîtrise de la narration. La protagoniste en a jusque là de la rotine de certaines enquêtes et préfère qu’on lui confie des cas plus complexes, voire non résolus qui mettront ses talents à l’abant-plan.Que ce soit la recherche de statues volées ou la commande d’une fille à la recherche de son père disparu et accusé de pédophilie, notre détective ne manquera pas de boulot. Et en plus, l’auteure est une habile dialoguiste qui dynamise son récit par des répliques fort à point.

Les sanglants. Rachel Paulin. Éditons de l’Apothéose 317p.
http://leseditionsdelapotheose.com


 


 

Un enquêteur futé en Nouvelle-France

André Sévigny se passionne pour ce que fut le quotidien en Nouvelle-France. Et manière de nous faire partager sa ferveur, il a créé un enquêteur, le sergent Dieulefit dont il fera connaître l’existence une toute première fois en 2013. Ce roman portait le titre suivant « Dieulefit-La Nouvelle-France en sursis ». Dans Les renégats de Ville-Marie on le retrouve à nouveau à Montréal en 1703, ville qu’il va découvrir et pour laquelle les gens de Québec l’avait bien mis en garde. Sa première belle surprise sera de faire la rencontre avec une très jolie montréalaise. Mais ce serait trop beau, il sera amené à confronter des gens mal intentionnés, des malfrats pour ainsi dire. Bref, ceux qui adorent plus que tout, les romans historiques peuvent considérer ce livre comme l’équivalent d’un plat de bonbons. Et en même temps, Sévigny qui se documente beaucoup avant de coucher ses premières lignes, nous offre un panorama de la vie en ce temps-là.

Les renégats de Ville-Marie. André Sévigny. GID 486p.   www.leseditionsgid.com


 


 

Quand on déportait les débauchés en Nouvelle-France

En France sous la monarchie des Bourbons lorsque vous étiez condamnés par la justice c’était loin d’être des sentences bonbons. Par exemple pour les personnes accusées d’outrages aux bonnes mœurs, ça pouvait vous valoir l’exil en Nouvelle-France. Grâce à Martin Tétreault et Josée Tétreault on sait plus sur ces Coquins et débauchés. Le cliché du travail de bénédictin s’applique ici car ils ont compulsés de vieux grimoires pour dresser le constat de cent cas qui concernaient souvent des fils de famille. Pour chacun leur petite histoire. On ne rigolait pas avec la morale en ces temps-là. Félicitons les coauteurs pour la somme de travail investi afin de soulever un pan de notre histoire trop méconnu.

Coquions et débauchés. Martin Tétreault et Josée Tétreault. GID 322p.    www.leseditionsgid.com


 




 

Le coin Miam miam

Oyé! Oyé! De nouveaux titres vont pouvoir compléter votre bibliothèque culinaire. Chez l’éditeur Mango deux auteurs Nicole Masson et Frédéric Le Bordays ont entrepris une petite collection pour nous faire découvrir les vins et spiritueux. Les alcools qui ont les honneurs, Le cognac, Le Whisky, Le chmapagne. S’il ya des recettes pour réussir de belles combinaisons, c’est surtout une mine de renseignements sur les techniques utilisées qui conduisent à la mise en bouteille. Si vous parvenez à tout retenir, vous passerez auprès de vos proches pour un grand connaisseur. Vous les aurai tous bluffés.

Marie Cochard de son côté nous donne la première acception de l’expression « faire ses provisions » à savoir tout l’art de conserver les aliments. Ainsi, à l’heure où le coût du panier d’épicerie est exorbitant, voire scandaleux, en réussissant à faire ses préparations et les conserver on réaliser des économies d’échelle tout à fait substantielles. Tous ces beaux conseils elle les prodigue généreusement dans Notre aventure sans frigo ou presque aux Éditions de L’Homme. Elle est allée chercher tout simplement des traditions ancestrales. Et de surcroît, la conservation immédiate préserve la valeur nutritive des aliments.

Le cocktail de lancement de La cuisine de Jean-Philippe aux éditions Cardinal était à l’image du chef Jean-Philippe Cyr qui avait invité tout son monde au café de l’éditeur. Les convives ont pu goûter d’abondants canapés tout droits sortis du talent de ce maestro dont la réputation n’est plus à faire. Sa cuisine où on retrouve dans ces pages 100 recettes véganes, est tout à l’image de sa personnalité, tout sauf triste. Et si santé. Et que de belles surprises. Par exemple on connaît bien les soupes-repas si chères aux asiatiques, eh bien lui nous en présente une à la marocaine.


 


 

Urbanisme, le Vieux-Terrebonne comme cas de préservation

Ceux qui ont à cœur les questions urbanisme et de préservation du patrimoine, apprécieront au plus haut point l’arrivée de Comment le vieux Terrebonne est devenu le Vieux-Terrebonne. Et si on regarde attentivement le titre on voit la première appellation chargée de négativisme et la seconde qui donne à l’agglomération un aspect branché. C’est l’urbaniste émérite Gérard Beaudet qui revient sur six décennies de l’histoire récente de la municipalité qui avait été négligé comme jamais. L’essayiste est professeur titulaire à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal, chercheur associé à l’observatoire Ivanhoé-Cambridge du développement urbain et ancien vice-président puis président d’Héritage Montréal. Il revient en arrière au moment où on décida sans ménagement de tout jeter par terre et que suite à des pressions on en est venu à un plan d’ensemble valorisant le patrimoine. Et pour preuve des photos qui montrent l’avant et l’après et qui se passe de tout commentaire, notamment la restauration des moulins.

Comment le vieux Terrebonne est devenu le Vieux-Terrebonne. Gérard Beaudet. Les éditions GID 225p.     www.leseditionsgid.com


 


 

Quatre histoires de naufrages dans le Saint-Laurent

Si vous êtes un assidu de la chaîne Historia, le nom de Samuel Côté vous dit sans doute quelque chose. C’est lui qui est devenu en quelque sorte l’expert québécois des naufrages sur le territoire de la Belle Province et fatalement dans le Saint-Laurent. Dans une petite plaquette chargée d’anecdotes L’histoire derrière des épaves du Saint-Laurent il nous livre quatre cas de naufrages, à savoir le navire marchand Carolus, le chaland Atlas Scow No.1, la drague Manseau 101 ainsi que la goélette Lina Gagné. On appréciera la documentation fouillée pour chaque cas. Et cet ouvrage en annonce d’autres car en sous-titre il est indiqué « première partie ». On attend vivement la suite.

L’histoire derrière des épaves du Saint-Laurent. Samuel Côté. Les éditions GID 89p.  www.leseditionsgid.com


 


 

Les écoles de rang dans Bellechasse 1824-1964

Un ouvrage majeur parait en librairie qui est une véritable somme concernant les écoles de rang au Québec. Sous la direction de Robert Tessier un juriste de formation et de profession, quatre autres collaborateurs Paul St-Arnaud, Jean-Marie Lalande, Yvan De Blois et Jean-Claude Tardif voici la sortie de L’époque des écoles de rang, regards sur Bellechasse (1824-1964). Eh bien que le regard choisi porte sur un seul secteur géographique, il est très représentatif du sort des écoles du genre sur tout le territoire dans la Belle Province. C’est la première fois qu’on s’attache de façon si documenté à nous montrer ce qu’a été cette structure éducative en région rurale, le sort des enseignantes (la maîtresse d’école) rarement reconnue au plan pécuniaire par les commissions scolaires d’antan, certaines voulant même réduire leur piètre gage. On voit ce qu’on nomme école qui sont rien de moins que de petites granges aménagées. Des conditions rudimentaires qui étaient le seul lieu de transmission des savoirs. Les photos sont émouvantes au possible. Les collaborateurs sont allés interviewées des institutrices survivantes de ces époques glorieuses, de même que des élèves. Tout un pan de notre petite histoire, celle qui fait la grande.

L’époque des écoles de rang. Collectif GID 521p.    www.leseditionsgid.com


 


 

Un livre d’art en marge du film Pieds nus dans l’aube

On sait que Francis Leclerc le fils de Félix Leclerc a adapté pour le grand écran le roman de son paternel Pieds nus dans l’aube. La maison d’édition Fides, en marge de la sortie du film, nous fait un formidable cadeau qui plaira autant aux admirateurs du grand barde québécois qu’aux cinéphiles, qui prends la forme d’un bel album avec les photographies du tournage faites par Daniel Guy. Vous avez tout ce qu’il faut savoir sur le contenu du livre, comment on l’a transposé pour le cinéma, les intentions des coscénaristes Francis Leclerc et Fred Pellerin et même un extrait du scénario. Qui nous fait souvenir que ce sont des répliques pas trop faciles, chargées de grande poésie.

Pieds nus dans l’aube. Du roman au grand écran. Textes de Francis Leclerc, photos Daniel Guy. Fides 117p..      www.groupefides.com


 


 

C’étaient nos jouets

L’historiographe nous convie à la découverte du tome 2 de Jouets au Québec 1939-1969. Essentiellement faits de photos, c’est un sacré retour dans le passé qui ravivera des souvenirs nostalgiques pour ceux qui ont connu les déballages de cadeaux sous le sapin. Tout un travail iconographique que nous avons sous les yeux, allant des collections de roches qu’on pouvait commander du gouvernement du Québec, aux camions Tonka, Lulu la poupée en carton à découper et quoi encore. Ce psychologue saguenéen a été brièvement antiquaire et se passionne depuis des lustres pour les jouets anciens. Et le fruit de sa recherche frise l’érudition. C’est un formidable devoir de mémoire sur la façon dont on distrayait les touts petits.

Jouets au Québec 1939-1969. Jean Bouchard. GID 189p.    www.leseditionsgid.com


 


 

Une collection unique de crèches de Noël

Chacun ses passions. Celle d’Annette Debien Bertrand est de collectionner les crèches. Il vint un jour de les exposer dans leur résidence la Villa Bertrand à Bellefeuille, mais d’en illuminer, idée de son mari, pour le plus grand bonheur des visiteurs et principalement de la collectionneuse. En compagnie de Karine St-Germain elle nous donne la possibilité d’admirer ces trésors sans même se déplacer. Et elle a trouvé des perles, que ce soit des crèches africaine, sous forme de boîte d’allumettes, en carton pliant et des personnages réalisés dans tous les matériaux inimaginables, 368 crèches provenant de 50 pays!  Et on ne peut s’empêcher de sourire devant la naïveté de certaines représentations. C’est un beau cadeau d’ailleurs à offrir au temps des Fêtes.

Les crèches de Noël à la Villa Bertrand. GID 177p.   www.leseditionsgid.com


 


 

Un hymne à la beauté du Vieux-Québec

Serge Viau a la ville de Québec tatouée sur le cœur. Directeur de l’urbanisme de la Vieille Capitale pendant 28 ans, il a milité pour son inscription dans la liste prestigieuse des villes du patrimoine mondial de l’Unesco. Dans ses colonnes nous avions recensé avec éloge son précédent ouvrage coécrit avec Pierre Lahoud « On a marché sur la ville. Les espaces publics au Québec »  publié aux éditions GID. Et c’est chez le même éditeur qu’il rapplique cette fois en solo dans Québec à la rencontre des villes du patrimoine mondial. C’est d’abord un autre grand cri d’amour pour SA ville suivi d’un tour d’horizon d’autres villes répertoriées dans la liste précitée. Encore une fois, textes mais surtout les photos témoignent de ce que Québec a d’unique. L’auteur a réussi une chose, nous donner le goût de s’y rendre sans attendre.

Québec à la rencontre des villes du patrimoine mondial. Serge Viau. GID 267p.     www.leseditionsgid.com


 


 

Retrouver les racines spirituelles amérindiennes

Grâce aux efforts du gouvernement canadien et à son actuel premier ministre Justin Trudeau on se conscientise un peu plus sur le riche héritage des cultures et de la spiritualité des Premières nations. Ceux qui veulent approfondir les valeurs de ces communautés ont tout intérêt à lire l’essai de Jean-François Létourneau, « Le territoire dans les veines ». Cet enseignant s’est donné pour mission de faire connaître entre autres la littérature de ces peuples et à travers elle des sentiments qui les habitent. On apprend plein de choses, comme de connaître Rita Mostokosho poétesse innue de Mingan, un nom qui ne vous dira rien, mais qui a été évoqué par nul autre que Jean-Marie Gustave Le Clézio dans son discours de réception du Prix Nobel et qui a tenu de ce fait à lui rendre hommage. En parcourant ces chapitres on se rend compte que nous sommes des nains devant la connaissance, particulièrement au sujet de ces cultures ancestrales.

Le territoire dans les veines. Jean-François Létourneau. Mémoire d’encrier 198p.      www.memoiredencrier.com


 


 

 L’héritage du père de l’écologie québécoise

Ceux qui arpentent le corridor de l’UQAM qui mène au pavillon du département de musique peuvent voir accroché presque en permanence le portrait de Pierre Dansereau l’éminence en écologie au point où on lui reconnaît la paternité de cette science dans la Belle Province. Né en 1911 et mort cent ans plus tard, on ne peut oublier cet homme au sourire bienveillant, aussi paisible qu’un bonze bouddhiste dont il en avait la sagesse et qui débitait son savoir lentement avec un phrasé qui évoquait celui des ecclésiastiques. C’était un peu le cas chez ceux qui avaient de grandes études chez les religieux. Ils en héritaient du style. Pour ne pas qu’on oublie sa contribution considérable concernant les écosystèmes, Normand Brunet, Paulo Freire Vieira, Marie Saint-Arnaud et René Audet ont supervisé diverses collaborations qui, toutes apportent un éclairage sur le scientifique et son œuvre. L’espoir malgré tout permettra à la jeune génération de mesurer ce qu’elle est redevable à ce pionnier de l’écologie pas seulement au Québec mais sur l’échiquier mondial.

L’espoir malgré tout. Collectif. Presses de l’Université du Québec 250p.   www.puq.ca


 




 

Deux monographies sur Leonard Cohen et Pink Floyd

Chez l’éditeur Broquet paraît deux petits bijoux, en fait des monographies, qui résument ce que furent les carrières de Leonard Cohen et Pink Floyd. Et dans les deux cas on précise « non officiel » donc non autorisé. Ce sont les meilleures. Pour le barde folk célèbre auteur de « Suzanne » c’est Colin Irwin qui résume cette carrière hors norme de ce juif montréalais qui marqua par sa désinvolture, son goût des femmes sans en avoir l’air, et qui a toujours été attiré par la spiritualité. L’éternel lutte entre la chair et l’esprit. Rappelons-nous, pour preuve de son aura, qu’à l’annonce de son décès, tous les bulletins télévisés ont fait mention de cette disparition, assortis souvent d’un portrait en forme d’hommage. Leonard Cohen l’incontournable va à l’essentiel de ce qu’il faut savoir le concernant.

Puis Sean Egan nous prend par la main pour nous entraîner dans l’univers éclaté de Pink Floyd. Étrange, au moment où le soliste Roger Waters était tout récemment en concert au Centre Bell. C’est ce dernier qui, soulignant l’apport considérable de l’aspect scénique a comparé la formation d’un ensemble en son et lumière. « The wall » la plus connue parmi les opus du répertoire exigeait des ressources considérables pour ce mur s’effondre à la fin du morceau dans un vrombissement apocalyptique. Ce qui est intéressant c’est que tant dans ce livre comme le précédent, on n’ajoute rien pour mystifier leur renommé. Tout est dit sans ambages. Le titre, Pink Floyd, les tourments de la gloire.


 


 

Un poète vietnamien de poids

Vous ne le connaissez peut-être pas encore, rien de grave, il n’est jamais trop tard pour se rattraper, c’est un poète vietnamien exilé aux États-Unis, dont on a la chance d’avoir son recueil Ciel de nuit blessé par balles que le New York Times avait sélectionné comme l’un des dix meilleurs titres de l’an dernier. Son nom ? Ocean Vuong né à Saigon en 1988. Il ne fait pas mystère de son goût pour les hommes et le manifeste dans quelques strophes avec parfois des provocations comme cet ode à la masturbation. Ou comme lorsqu’il dit que si quelqu’un dit aimé Jack Kerouac c’est un crétin. Il y a beaucoup de petits coups de couteaux dans ces lignes où le poète règle ses comptes. Sa grande qualité à n’en pas douter est la poésie vraie qu’il incarne.

Ciel de nuit blessé par balles. Ocean Vuong. Mémoire d’encrier 121p.   www.memoiredencrier.com


 


 

Une dissection de la barbarie islamiste

Qu’était devenu Jeannette Bougrab ancienne ministre française ? Fille de harki, elle s’est exilée en Finlande apprend-on en quatrième de ouverture de Lettre d’exil, avec en sous-titre La barbarie et nous. Elle a quitté la France outrée à la suite des tragédies de Charlie Hebdo et celui de l’Hyper Casher. En plus la mort de sa mère a finalisé son souhait de quitter l’Hexagone. Avec son regard de femme elle décrypte pourquoi des femmes vont choisir de s’unir avec des djihadistes et d’épouser leurs thèses et actions violentes. Ensuite elle considère que la justice est trop laxiste. Selon elle, même des gens soupçonnés d’activités sympathisantes au terrorisme devraient être écroués à titre préventif et elle prend pour cela l’exemple d’Israël qui agit de la sorte avec les présumés ennemis de l’État. Puis aussi elle s’interroge sur le travail des militaires du groupe Sentinelle souvent impuissants à réagir et nullement préparés pour réagir à des attaques  en milieu urbain. A lire assurément.

Lettre d’exil. La barbarie et nous. Jeannette Bougrab. Cerf 216p.    www.editionsducerf.fr


 


 

Gabrielle qui n’était pas celle qu’il croyait

Il était une fois Gabrielle et Martin, très différents dans leurs goûts respectifs. Elle, elle aimait, le verbe écrit au passé, les livres et les jardins. Lui c’était autre chose. Un jour donc la mort emporte sa compagne qu’il aimait plus que tout. Et question de perpétuer le souvenir de sa femme il va se mettre à son tour à la lecture et au jardinage. Mais en même temps il va faire une découverte surprenante au sujet de celle qu’il croyait connaître. On ne vous en dit pas plus bien entendu. Gabrielle ou le jardin retrouvé de Stéphane Jougla pourrait faire un film merveilleux soit dit en passant. Vous aimerez assurément, car à défaut du grand écran, il y a ici autant d’ambiances pour se faire des images à soi-même.

Gabrielle ou le jardin retrouvé. Stéphane Jouglas. Denoël 221p.   www.denoel.fr


 


 

Un premier roman d’une suissesse qui débarque

La suissesse Céline Zufferey qu’on a pu apprécier lors de son passage au JT de la télévision suisse romande a accompli un exploit en intéressant illico le comité de lecture de Gallimard avec un premier roman Sauver les meubles qui a été en fait son travail d’étude en création littéraire à la Haute école des arts de Berne. En gros c’est un photographe qui a des ambitions mais pour gagner son croûton est réduit à faire des clichés pour des catalogues d’une entreprise de meubles. Il s’ennuie bien évidemment. Pour se distraire il met en place parfois une fille qui lui plait ou une fillette. Et encore là, ça ne comble pas tout. Quand un jour un collègue va lui proposer d’installer un site web qui s’avèrera être pornographique. Tout un changement dans sa vie. La romancière novice exploite avec talent le thème de l’ennui et ses conséquences.

Sauver les meubles. Céline Zufferey. Gallimard 226p.  


 


 

La traversée de Paris d’un premier auteur

La Ville Lumière n’a pas fini d’imposer sa majesté au regard des hommes. Et de créer chez certains de véritables crises d’amour. Tel ce journaliste indépendant Jonathan Siksou qui entre en littérature avec une déclaration d’amour pour la capitale française dans Rayé de la carte. Qu’il nomme roman, mais en fait c’est un cours d’anecdotes de quelqu’un qui traverse la ville et qui réfléchit sur son passé. C’est plutôt un livre d’histoires sur Paris écrit avec un talent incontesté et un grand sens de l’Histoire. C’est le genre d’ouvrages qui lorsqu’on en sort, rend le lecteur plus intelligent qu’il n’est entré. Ceux qui ont la même admiration pour cette ville trouveront là une récréation pour leur esprit.

Rayé de la carte. Jonathan Siksou. Cerf 161p.   www.editionsducerf.fr


 


 

 Il ne supporte plus son bras gauche

Le romancier canadien John Calabro a trouvé un moyen amusant de nous faire comprendre comment une simple chose peut prendre des proportions incroyables lorsqu’on souffre d’une quelconque bibitte dans le cortex cérébral. Le « héros » de Un homme imparfait a une détestation de son bras gauche. Il ne peut plus le souffrir comme une personne transgenre ne peut plus supporter son pénis et tient absolument à le voir disparaître pour se sentir totalement femme. Dans le cas qui nous occupe, notre homme est atteint de ce qu’on appelle cliniquement parlant de TIRIC c’est-è-dire de trouble identitaire relatif à l’identité corporelle. Pour développer une telle hantise à propos de ce membre non bienvenu il faut tout de même faire un peu de psychanalyse ce à quoi s’emploie l’écrivain. Car tout n’a pas été un jardin de roses pour son protagoniste. Et un tel bouillonnement intérieur ne peut qu’aboutir en violence. Ce qui arrivera. Ceux que la question identitaire interpelle vont trouver un grand intérêt à cette lecture, les autres aussi.

Un homme imparfait. John Calabro. Lévesque éditeur 183p.  www.levesqueediteur.com


 


 

Définitions désopilantes du petit quotidien

Jonathan Roberge et Mathieu Genest délivrent sur les ondes radiophoniques d’Énergie 94,3FM des capsules désopilantes. Qui connaissent un tel succès vu leur côté complètement sautées, qu’ils ont décidé de revoir leurs copies et d’en faire un ouvrage Le petit Roberge un petit peu illustré qui se présente sous la forme d’un abécédaire. Tout y passe, de la grossesse et de ce qui la précède au lit, de la question des boules de Noël, d’IKEA. En fait tout ce qui habite notre ordinaire. Mais sous la lorgnette de ce tandem infernal, tout est matière à dérision. Ça prend beaucoup de talent pour accoler une définition ridicule aux choses. Et comme on rit à chaque page, nous les décrétons bienfaiteurs de l’humanité. Merci à ces irrévérencieux d’exister dans un monde si formaté.

Le petit Roberge un petit peu illustré. Jonathan Roberge et Mathieu Genest. Cardinal 214p.   


 




 

Dessiner visages et chevaux

Aux éditions Mango deux petits livres pour parfaire l’art de bien dessiner dans la collection « Apprendre à dessiner ».. Et tous deux sont signés Jean-Pierre Lamérand. Le premier Les expressions du visage, le second Les chevaux. Dans les deux cas, la première leçon est un cours d’anatomie avec des planches expliquant les composantes des parties du corps qui plus tard vaudront d’être dessinés. Ensuite des leçons graduelles, se complexifiant un petit peu plus au fil des pages.


 




 

Le coin BD et album illustré

Pouvez-vous imaginer un seul instant le personnage de la BD Red Ketchup qui chercherait à mettre de l’avant la femme en lui, cet être qui incarne tellement la masculinité à l’état brut et dont le caractère ombrageux, et c’est un euphémisme, est devenu la marque de commerce ? Et pourtant c’est bien un des aspects évoqués dans le 9ème tome des aventures de cette personnalité hors norme et dont on le voit sur la couverture, tentant d’essayer un soutien-gorge. Et vous n’avez pas encore connu sa sœur qui est presque son alter ego côté tempérament. Bref, et sans compter l’inventeur d’un élixir de jeunesse, il y a de quoi vous garder captif. Les Réal Godbout et Pierre Fournier ont même mis beaucoup de temps à peaufiner leur histoire. Les petits plats mijotés lus longuement, on le sait, sont plus savoureux. Aux éditions La Pastèque.

Et aux 400 coups une histoire illustrée d’un crime à résoudre d’origine argentine Treois portugais sous un parapluie du duo Rolfo Walsh et Inés Calveiro. Ce sont trois personnes, portugais, qui assistent à un crime, un mec tué d’une balle dans la nuque. Mais quand on les interroge c’est silence radio. On va devoir procéder à une enquête plus approfondie. Mais c’est un polar interactif car on offre au lecteur des indices pour que de son côté il aide à élucider ce meurtre crapuleux.


 






 

Le coin santé physique et psychique (1)

Jean Vanier est un homme auréolé par ses pairs pour avoir fondé l’Arche, ces centres de soutien aux personnes atteintes de déficience intellectuelle. Il l’a dit combien de fois que c’est la rencontre de ces personnes qui ont transformé sa vie et lui ont inculqué l’espérance. Et c’est justement d’espoir qu’il nous entretient dans Un cri se fait entendre, publié aux éditions Novalis. Il voit l’état du monde et ça ne le réjouit guère, mais il ne perd jamais l’espoir. Car les handicapés le conduit toujours à une belle réalité. Et transparent comme il l’est, il ne cache pas que même à l’Arche le mal s’est infiltré comme des agressions sexuelles sur des femmes en perte d’autonomie ou le rigorisme d’un pionnier de l’institution le père Thomas fermé à toute forme d’œcuménisme.

Aux éditions Ada James Van Praagh signe Le pouvoir de l’amour. C’est un médium qui a reçu nombre de communications de l’Au-delà. Il est partisan que tout ici bas doit être de l’amour. Pas seulement pour les autres, mais de s’aimer soi-même. De s’écouter davantage. Car des pensées aimantes autorisent une meilleure existence.

Mine de rien L’ABC des filles édité par « Les malins » célèbre son dixième anniversaire d’existence. Et son instigatrice Catherine Girard-Audet mérite toute notre estime. Car c’est un travail laborieux d’alimenter plus de 500 pages en informations diverses, qui se présente comme un almanach avec des sujets aussi variés que le soin des cheveux, les ouragans, les buzz sur Instagram et quoi encore. Et saluons l’éditeur qui met le paquet pour la présentation graphique soigné avec des pages dorées sur tranche, cordons colorés en guise de signet, qualité des couleurs, bref qui donne un superbe écrin à la connaissance sous toutes ses formes. Le but étant d’inculquer aux lectrices un supplément de culture générale qui fait tant défaut dans le système d’éducation. Et vous savez quoi ? Les garçons pourraient y jeter un coup d’œil, le savoir n’ayant pas de genre.

S’il ne devait y avoir qu’un seul livre de croissance personnelle à se procurer d’ici la fin de l’année, il est tout trouvé. C’est Détox numérique de Orianna Fielding. Car l’ère numérique nous a apporté une révélation effrayante qu’on ne soupçonnait même pas, à savoir l’état de dépendance des gens les uns envers les autres. Au moins d’être incapables de décrocher de leur téléphone intelligent. Avec pour conséquence des addictions effrayantes qui empiètent sur le temps de sommeil. Les effets sont totalement désastreux. Si les outils liés au web sont merveilleux et nous ouvrent au monde, hélas ils sont absolument mal gérés. C’est donc à point nommé que sort ce livre aux éditions de L’Homme. Si vous sentez que toute votre vie ne dépend que du IPhone ou que vous connaissez des proches transformés en véritables zombies, offrez-leur le bouquin. C’est le plus beau service à leur rendre. Car cet essai nous remet en mémoire que l’homme est une espèce grégaire et qui ne peut se contenter de relations strictement virtuelles.


 






 

Le coin santé physique et psychique (2)

Dans ce monde où le multitâche est le credo du travail, avec pour effet que la concentration mentale en prend pour son rhume et un épuisement assuré en bout de piste. C’est pourquoi la méditation est plus que jamais nécessaire dans ce monde de fou. Si vous voulez en savoir davantage sur le pourquoi de méditer, nous vous invitons à lire ce guide vers l’éveil La pleine conscience de Joseph Goldstein aux éditions deboeck. Élaboré autour du Satipatthana Sutta, le discours phare du Bouddha duquel a surgi la Vipassana, une des formes de méditation les plus en vogue. On ne trouvera dans ce livre aucune description de postures avec photos à l’appui. Ici on demeure centré sur la philosophie qui préside à cette recherche de l’intériorité. C’est sans doute la recherche la plus poussée sur la notion de conscience jamais lue jusqu’à présent.

Chez Mango, deux titres d’une même collection. Le premier de Julia Girodroux et Benjamin Perrier « A la recherche de la super nounou ». On s’étonnera qu’il n’y ait pas eu plus avant un bouquin sur un sujet qui concerne un tas de familles qui doivent faire garder leur même à un moment donné ou un autre. Car le gardiennage d’enfants est une sacrée responsabilité qu’on ne confie pas à n’importe qui. L’auteure passe en revue tous les aspects, du recrutement, des conseils pratiques avec des questions éthiques voire même légales genre, est-ce qu’on doit installer une caméra dans les pièces pour piéger à distance les faits et gestes de la nounou ? Ensuite le traitement qui doit être accordé en fonction de la tâche à accomplir.

Votre gynécologue vous annonce la nouvelle, vous êtes parents de jumeaux! Quelle affaire! Tout à coup votre esprit s’emballe, que faire ? Ne paniquez pas, Caroline Franc-Desages est passée par là et nous fait partager son expérience avec Le guide des super parents de jumeaux. Ça va des premiers mois à la grande question qui se pose, doit-on toujours les coupler pour toutes les activités ou  les « défusionner » pour donner à chacun sa part d’autonomie. Là est la question comme dirait l’autre.

Et La joie de vivre c’est tout un programme. Plus que le bonheur qui est une illusion du moins comme état possible de permanence, la joie elle, peut s’intégrer de façon durable. C’est ce que préconisent nos deux auteurs Réjean Déziel et Carole Champoux avec la collaboration de Suzanne Fiset. Ce petit ouvrage livre les étapes à suivre pour incorporer la joie à son quotidien. De petits exercices à suivre, pas trop contraignants. Il vous est seulement demandé la volonté.  C’est aux éditions du Dauphin Blanc.

Et toujours chez le même éditeur Les 7 types de personnalité d’Elizabeth Puttick. C’est en faisant sa thèse de doctorat que cette sociologue parvint à identifier sept classifications de personnalités que sont l’artisan, le chercheur, le roi, le servant, le sage, le pasteur et le guerrier. Ces archétypes nous permettent de mieux nous comprendre et de cheminer en correspondance avec notre véritable nature.


 








 

Le coin Miam miam

Quatre titres sortent dans une collection petit format, consacrée à la cuisine aux éditions marie claire et qui a fait l’enchantement de l’équipe de rédaction. C’est qu’on trouve de tout sous le signe de la diversité, allant de petites gourmandises chics qui honoreraient bien des tables cinq étoiles, tout comme des choses simples à réaliser avec une économie de moyens pour ceux qui disposent que de très peu de temps pour cuisiner. A commencer par Recettes pour recevoir avec cent recettes qui ont de la tenue. De belles recettes comme cette dinde farcie, avec son jus aux champignons sauvages, et des raretés telle une pizza, tenez-vous bien au chutney de figues et au foie gras!

Tout à l’opposé, ce sont Recettes classiques allégées. Vous voulez faire grande impression sur vos convives mais vous n’avez pas l’adresse d’un Alain Ducasse. Ne paniquez pas, ici ce sont des petites splendeurs comme ces ailes de raies aux câpres en guise d’entrée, et un traditionnel plat au pays des chtis, la flamiche au bleu. C’est la finesse qui demande un tout petit d’exigence du cuistot, mais quels délices au final.

Vous êtes en mode bistronomie pour reprendre le néologisme à la mode ? Qu’à cela n’en tienne avec Cuisine de bistrot avec cent recettes authentiques. Un bon cassoulet de souris d’agneau, une bonne blanquette de veau, des ballottines de chou farci, ça ne se refusent pas. A un échelon plus élevé, le magret de canard au jus de pommes et au miel. Miam miam! Enfin, hommage à Neptune avec Cuisine de la mer. Même nombre de plats suggérés. Juste à évoquer les titres des menus on salive déjà, avec ce dos de cabillaud panés au parmesan, de petits flans de limande à l’estragon, de la lotte sauce à l’américaine et une explosion des papilles avec des roulés de sole à la crème de lait mousseuse. Vite à vos fourneaux m’sieurs dames.

La maison Alpen est davantage connue pour ses ouvrages de vulgarisation concernant diverses pathologies. On a sans doute compris que de bien manger pouvait faire partie de l’arsenal préventif pour ne pas tomber malade. C’est pourquoi on trouve sous la signature de Philippe Chavanne « Mes soupes préférées ». L’objectif étant de présenter des soupes qui contribueraient à alimenter, avec sensation de satiété, et en même temps d’affiner la silhouette. Que ce soit des soupes aigre-piquante, au poisson, au canard à la pékinoise, autant de tentations pour lesquelles on chute allègrement. L’auteur est militant pour la santé au naturel et l’exprime très bien dans ces pages invitantes.

Vous voyez des émissions de chefs de cuisine à la télé et vous voulez consigner les recettes présentées de façon durable ? Oubliez votre petit carnet-spirale. Chez Mango on vient d’éditer Mon carnet de recettes. C’est un grand album relié en spirale avec de belles pages lignées dans lesquelles vous couchez vos recettes. Et à intervalles on trouve de petites pochettes dans lesquelles vous pouvez glisser des coupures de presse sur des recettes glanées ça et là dans les journaux et magazines. En même temps c’est un beau cadeau à offrir à un fin cuistot. Il vous en remerciera avec un regard humide.
Aux éditions Cardinal un bel album commis par une sommelière qui a eu aussi une formation de trompettiste. L’art mène à tout. Son nom Michelle Bouffard. Elle signe un livre d’une grande intelligence Dis-moi qui tu es, je te dirai quoi boire. Cette jolie femme et cultivée quel beau doublé nous sert un ouvrage qui combine des portraits très réussi de notoriétés québécoises, et pour chacune elle recommande de délicieux nectars qui correspondent à leur personnalité. Vingt individus ont été rencontrés : Jorane, Emmanuel Bilodeau, Magalie Lépine-Blondeau, Kim Thuy, Christian Bégin, Geneviève Guérard, Alexandre Taillefer, Anne-Marie Cadieux, Maianne St-Gelais, Steven Guilbeault, Patrick Lagacé, Champlain Charest, Anne-Marie Chagnon, Anne Dorval, Fred Pellerin, France Beaudoin, Marc Séguin et Denis Gagnon. Des gens aux horizons très diversifiés, mais qui ont en commun d’être de grande qualité. Saluions la maison d’édition de s’être lancée dans l’aventure, au-delà des simples impératifs commerciaux et chapeau à l’auteure pour le temps mis à ces rencontres qui nous révèlent plein de choses inattendues.


 


 

Un témoignage choc sur une réserve autochtone

Après lecture de Le nord invisible d’Alexandra Shimo vous n’oublierez pas de sitôt le nom de cette journaliste dont l’ouvrage a été sélectionné meilleur livre 2016 par le Globe and Mail. Et d’autres prix se sont ajoutés par la suite. C’est que c’est loin d’être un conte de fée, un cauchemar devrait-on dire qu’elle rapporte de son séjour en terre autochtone dans une réserve du nord de l’Ontario, Kashechewan, contrée où il y a le taux le plus élevé sur la planète. Il n’est pas rares que des ados se pendant à peine âgée de 14 ans. Par le menu elle brosse le paysage de ce que Justin Trudeau a signalé récemment à la tribune des Nations-Unies comme une honte pour notre pays. Quel sort abominable que celui des premières nations. Elle fait un peu d’histoire en rappelant comment des communautés chrétiennes qui ont kidnappé des enfants, les ont électrocutés, violés collectivement quand ce n’est pas régulièrement torturé. Disons que la fin du livre ne nous donne pas bonne conscience. Mais nous ne pouvons davantage jouer à l’autruche et réaliser tout le tort que l’on fait à ces canadiens de non pas seconde zone, mais pire encore. Elle partagera les affres au quotidien et oh! surprise sera même victime d’homophobie!

Le nord invisible. Alexandra Shimo. Les éditions de L’Homme p. 216p.   


 


 

Pour une chevelure resplendissante

Quand on pense que le cheveu est une chose morte en soi. Et dieu sait qu’on peut lui redonner « vie » en quelque sorte, du moins de l’éclat, en autant de recourir à de bons produits. Car hélas, l’industrie cosmétique met sur le marché plein de shampoing, colorants, adoucisseurs en tout genre qui contiennent une liste longue comme ça de produits chimiques qui finissent par être nocifs comme l’emploi de la parabène. Qui donne un tonus éphémère au cheveu mais qui oblige à tout recommencer le lendemain, car la structure s’effondre. Federica Cimetti s’y connaît dans le domaine et elle suggère en contrepartie, une panoplie de produits biologiques, souvent des secrets de beauté dont l’origine remonte à la nuit des temps. Cheveux au naturel donne mille et un trucs dont comment colorer ses cheveux naturellement.

Cheveux au naturel. Federica Cimetti. Nuinui 133p.    


 


 

Le coin couture

La couture pour novice, voilà l’objectif que s’est fixé Tilly Walnes avec son guide, bel album didactique au demeurant Couture pour les grandes débutantes chez marie claire. C’est un répertoire de 20 modèles suggérés qui sont autant de bases que vous pouvez ensuite bonifier. Avec en fin d’ouvrage des patrons. On commence par de petites robes simples puis on augmente le coefficient de difficultés au fil des pages. Une dame près de la rédaction, et folle de la machine à coudre nous a dit qu’elle n’avait jamais vue d’ouvrage aussi bien conçu. Ce qu’elle ignorait c’est que la professeure a opté pour une approche innovante pour cet enseignement particulier.

Et toujours chez le même éditeur d’Evelien Cabie c’est 200 robes à partir de 20 patrons. En feuilletant ce beau livre magnifiquement illustré, on se rend compte que le dénominateur commun de toutes ces créations proposées est la féminité toute simple, l’élégance dans le minimalisme. Les tailles des patrons vont des pointures 34 à 54. Il y a des modèles qui ont cet avantage de convenir en toutes circonstances et de ne jamais être prise au dépourvue si vous êtes invitée à un petit cocktail par exemple.


 


 

Telle mère, telle fille

Dennis Lehane qui n’a plus besoin de présentation comme maître du thriller psychologique, nous offre un deux dans un, combinant un drame assorti d’une étude sur les artifices de la gloire. En effet, dans Après la chute nous voyons une mère, Elizabeth Childs qui connaîtra un succès comme romancière mais qui après la renommée et l’argent qui vient avec, ne trouvera pas le bonheur. Et il y a sa fille Rachel, une journaliste qui va être foudroyée par une faiblesse en direct devant des millions de téléphages. Elle a ensuite faire une rencontre bouleversante. Mais de nouveaux nuages viendront assombrir ce qui se présentait comme une renaissance. La relation mère fille connaître un épilogue tragique. Bref, il y a de tout dans cette boutique humaine, surtout de la misère psychologique. De là à ressasser que l’argent ne fait pas le bonheur, il n’y a qu’un pas.

Après la chute. Dennis Lehane. Rivages 456p.     www.payot-rivages.fr


 


 

Un compte-rendu choc sur Haïti

Si vous n’avez jamais pu saisir l’âme qui habite les haïtiens, voici un essai magistral, bilingue selon la provenance des contributions qui nous dit tout sur la vie que mène les gens en place et dans la diaspora. Les jeunes Haïtiens dans les Amériques est écrit en collectif sous la direction du trio formé par Louis Herns Marcelin, Toni Cela et Henri Dorvil. Il y a là des témoignages à glacer le sang. Souvent des drames familiaux ou des contraintes liées au travail domestique. On à peine à imaginer que de telles situations peuvent perdurer dans ce pays en 2017, notamment le travail des enfants qui confine à l’esclavage. Mais en même temps ont-ils le choix ? Tout, excusez-le jeu de mots facile, n’est pas noir dans ces pages. Il y a quand même des étincelles d’espoir, car des conscientisations se pointent qui changent la donne. C’est l’analyse la plus complète qu’il nous ait été donné de lire.

Les jeunes Haïtiens dans les Amériques. Collectif. Presses de l’Université du Québec 434p.      www.puq.ca

  


 


 

Libérez votre main et dessiner à tout va

A ceux qui se sentent un talent en dessin mais qui n’osent pas pour cause de carence en technique, ne désespérez plus car Léo Trébuchet qui est titulaire du blog « Dessin création » a rassemblé généreusement tout son savoir dans un guide didactique expressément conçu pour les débutants Vous savez dessiner!, aux éditions Mango. Ce titre en forme d’exhortation nous rappelle que sommeille en nous un artiste visuel à divers degré. Le but n’est pas de devenir un Monet ou Dali, mais de simplement exprimer son soi. Car il est de notoriété en psychologie, que rendre sur papier son intérieur a un effet thérapeutique éprouvé.

Et toujours chez Mango Jean-Pierre Lamérand nous donne un petit coup de pouce utile pour apprendre et dessiner Les mouvements du corps. Quand o0n pense qu’en son temps, Miche-Ange qui se passionnait pour l’anatomie humaine dépeçait des cadavres fournis gracieusement par la morgue de Florence afin d’analyser la musculature. Heureusement nous n’avons pas besoin d’aller à de telles extrémités car tout est bien détaillé dans la gestuelle humaine. De quoi peaufiner l’approche des personnages.

  


 


 

De quoi défouler nos jeunes

En pédagogie on commence à réaliser que de garder des jeunes captifs en classe à longueur de journée, a un effet contraire aux buts recherchés en éducation. Car sans trouver à se dépenser physiquement, l’élève devient apathique et inattentif. Le jeune garçon ou la jeune fille, ont plus besoin que d’autres de brûler de l’énergie. Aux pédagogues mais surtout aux parents, Gaëlle Gouriou, Pascale Pavy et Axel Pavy ont conjugué leur savoir, pour accoucher d’un programme d’activités physiques très diversifié. Une année d’activités ludiques et sportives est conçu pour la tranche d’âge allant de 3 à 12 ans. Ça va du yoga au renforcement musculaire, des jeux d’adresse aux jeux traditionnels, de l’expression corporelle et quoi encore. Avec plein de dessins explicatifs sur les mouvements à faire. Vous ne trouverez pas moyen de vous ennuyer un seul instant.

Une année d’activités ludiques et sportives. Gaëlle Gouriou, Pascale Pavy, Axel Pavy. Mango 207p.    www.mangoeditions.com

   


 


 

Les essais de Maurice Henrie

Maurice Henrie à n’en pas douter est un fin observateur des mœurs de ses contemporains, comme entre son temps Michel de Montaigne. Il nous livre le fruit de ses méditations dans un petit opuscule Le poids du temps qui traite de mille choses, allant de sujets aussi diversifiés que la pluie qui tombe sans cesse au Québec, de la facilité des spermatozoïdes à se frayer un chemin, que de notre rapport amour-haine avec les États-Unis. On savoure chaque ligne. Le seul défaut que l’on puisse trouver c’est que c’est beaucoup trop court. On en voudrait cinq cent pages comme ça. Vite au travail cher philosophe pour la suite de vos commentaires éclairés.

Le poids du temps. Maurice Henrie. Presses de l’Université d’Ottawa 155p.   www.presses.uottawa.ca


 




 

Deux ouvrages sur Che Guevara

2017 marque le 50ème anniversaire de l’assassinat en Bolivie d’Ernesto Che Guevara figure iconique de la révolution cubaine et farouche anticapitaliste. Deux ouvrages sortent en même temps qui donnent des éclairages divers, l’un sur son engagement révolutionnaire et l’autre sur les derniers instants de sa vie. Le premier est donc un essai de Samuel Farber un natif de la Havane vivant maintenant aux États-Unis. Il signe Che Guevara, ombres et lumières d’un révolutionnaire aux éditions M. D’emblée il n’est pas un fan inconditionnel et prétend livrer un portrait du bilan, tant positif que négatif. Ce n’est pas à proprement parler une biographie, mais un angle de vu sur le parcours politique et comment sont nées ses convictions. Et en quoi sa personnalité se distingue de celle de Fidel Castro.

Pour sa part, Michel Faux débarque aux éditions l’Archipel avec Les derniers jours de Che Guevara. L’auteur est correspondant du Figaro en Amérique latine, journaliste au Temps de Lausanne et à la radio suisse romande. Il s’est installé en Bolivie en 2012, pays qui a été le théâtre de la mort du Che aux mains d’un soldat ivre qui l’a fauché de plusieurs balles. En somme en Bolivie, il reprendra ses actions de maquisard avec un petit peloton d’une quarantaine d’hommes. Au grand dam de la CIA qui veut en finir au plus tôt avec ce trublion.   


 




 

Deux romans en temps de guerre

La guerre est un terreau inépuisable de thèmes à exploiter pour un écrivain, tellement le meilleur de l’homme contraste avec le pire. Chez Flammarion, deux ouvrages paraissent qui ont pour toile de fond, deux moments de guerre, la Seconde guerre mondiale et la guerre d’Algérie. Quand un écrivain de talent comme Philippe Pollet-Villard se met à la tâche et de surcroît en puisant dans le réservoir de souvenirs familiaux, ça risque de donner un résultat extraordinaire. Qui est le cas avec L’enfant-mouche le surnom que l’on donne ici à cette orpheline qui doit prendre en charge sa tutrice devenue malade. Nous sommes dans un petit bourg de province en 1944. L’enfant, tout comme celle qu’elle doit protéger, est en mode survie. Vous dire que nous sommes en présent d’un roman fort est un euphémisme. Les passéistes qui disent que c’était mieux avant, devront réviser leur copie.

De son côté c’est Brigitte Giraud avec Un loup pour l’homme. L’autre loup on le sait, c’est l’homme lui-même capable des pires exactions envers son semblable, comme s’il cherchait à se défouler d’une naissance, celle de lui-même qu’il n’a pas voulue. C’est u jeune conscrit de l’armée française qui est envoyé en Algérie au printemps 1960. Comme il a une jeune femme qui doit donner naissance, il obtient de ne pas aller prendre les armes et de servir comme infirmier. Il se prendra de considération pour un caporal amputé d’une jambe. Il y a dans ces pages tellement d’humanité qu’on ne peut en sortir que remué.

 


 


 

L’homme et la femme comme deux planètes infréquentables

Quand on a fermé la dernière page d’Une fois dans ma vie de Gilles Legardinier qui narre les tribulations de trois femmes d’horizons et d’âges divers on se demande si au final, ces deux sexes sont faits pour se fréquenter. Homme du milieu du cinéma avec quatre de ses romans en cours d’adaptation au cinéma, l’écrivain a ce grand talent de vampiriser l’esprit des femmes et de se mettre dans leur peau. Il rend très bien et comme nul autre la complexité des rapports entre les hommes et les femmes. L’illustration en couverture du livre vaut mille mots avec un petit billet où il est inscrit « Je t’aime » posé sur une trappe à souris…Comme des mots pièges dont l’issu pourrait être fatal. Les lecteurs de tous les sexes se sentiront interpelés.

Une fois dans ma vie. Gilles Legardinier. Flammarion 419p.   www.gilles-legardinier.com

 


 


 

Du comportement face aux mises en scène de violence terroriste

Le sociologue Jocelyn Lachance professeur à l’Université de Pau, ouvre une porte de réflexion sur comment nous préserver, surtout la jeunesse, face aux images de massacre terroristes, surtout ces mises à mort orchestrées par Daech qui grimpent dans l’échelle de l’horreur. N’a-t-on pas égorgé un jeune garçon devant la caméra ? Le sous-titre de son essai Les images terroristes donne le ton « la puissance des écrans, la faiblesse de notre parole ». Et puis pour certains, le danger de la répétition de telles violences risque d’engendrer aussi la banalisation. Jusqu’à présent on n’avait pas abordé cet angle de vue de l’impact télévisuel des agissements des islamistes radicaux. Voilà de quoi alimenter bien des conversations.

Les images terroristes. Jocelyn Lachance. Érès 162p.   
www.editions-eres.com

  


 


 

Un premier roman qui suscite l’intérêt

Pierre Drouin qui étudie la littérature n’a pas attendu un diplôme universitaire pour lui certifier qu’il était écrivain. Il a pris les bouchées doubles pour nous offrir Déposer Carole, question de marquer son entrée dans le monde des lettres. Mais quel talent ce novice dont le protagoniste de l’histoire a été entouré comme il le dit par deux hippies et demie, des femmes déjantées pas à peu près. Puis notre type va entreprendre des voyages de type initiatique. Nous remarquerons au passage la clarté de l’écriture. Le gars a compris qu’avant toute chose, il faut savoir où mettre le sujet, le verbe et son complément. Cette ponte tutoie l’excellence.

Déposer Carole. Pierre Drouin. Québec Amérique 209p.     
www.quebec-amerique.com

 


 


 

Une épopée chez les Mayas

Chacun ses passions. Celle de Lucie Dufresne concerne tout ce qui touche la civilisation maya. Docteure en géographie, elle réside une bonne partie de l’année au Yucatan. Son dernier ouvrage s’inscrit dans sa démarche de faire connaître cette culture. Il s’agit d’un roman Chichen mère des jaguars. Nous faisons connaissance avec Manik qui subit la vie conjugale auprès d’un époux, fruit d’une union forcée. C’est une âme sensible qui aspire à devenir peintre. En plus elle veille à protéger sa marmaille, les jaguars du titre, contre des gens animés de sombres desseins. La romancière talentueuse fait intervenir la mythologie locale au secours de notre héroïne. Ceux qui s’intéressent comme l’écrivaine à cette civilisation vont prendre leur pied. Plus d’exostisme que ça tu meurs.

Chichen mère des jaguars. Lucie Dufresne. Québec Amérique 449p.   www.quebec-amerique.com


 


 

Arden Moore a publié récemment « Chien en forme, chien heureux » chez Broquet. Il aime les canidés au superlatif, au point de nous livrer un autre titre les concernant Comprendre les comportements de son chien. Oui qu’il agite la queue marque l’appréciation ou la joie de la bête. Ça on le savait. Mais il y a toute une série de codes comportementaux qu’il est intéressant de découvrir. En fait c’est même une centaine de postures qui sont décryptés. Après lecture vous en serez presque à établir un « dialogue » avec votre chien. Ainsi vous saurez pourquoi l’eau du bol de toilette, auquel il aime tant s’abreuver est si intéressante pour lui.

Comprendre les comportements de son chien. Arden Moore. Broquet 192p.      www.broquet.qc.ca


 


 

Comment Temperance Brennan est devenue anthropologue

Avec Petite collection d’os, Kathy Reichs nous offre un quatuor d’histoires criminelles à glacer le sang. En même temps, c’est l’occasion pour l’écrivaine elle-même experte en médecine légale de raconter de quelle façon son enquêteuse fétiche a bifurqué vers cette carrière alors qu’elle se destinait à une autre carrière universitaire. On appréciera comme toujours l’esprit éminemment cartésien de Tempe et comment elle parvient à élucider des crimes issus de l’esprit tordu de très grands malades.

Petite collection d’os. Kathy Reichs. Robert Laffont 392p.     www.laffont.ca


 


 

Ces êtres dans les filets des conventions sociales

Pour son premier roman, belle réussite au demeurant, Micheline Tremblay a choisi d’illustrer le sort des hommes et des femmes pris dans le carcan des conventions sociales au début du siècle dernier. Léa j’ai la mémoire chagrine c’est la déception pour une femme entre autre qui avait des aspirations, mais qui doit mettre, excusez-le jeu de mots facile, une croix dessus (à l’époque de l’omnipotence de l’Église qui dictait tout. Puis il y a aussi des mâles au destin brisé. En lisant ces pages qui font figure d’album social, on se rend compte que tout comme l’islam, nous aussi avons vécu l’intégrisme social et religieux. Non, on n’est pas du tout nostalgique du passé. Et c’est tout le talent de la romancière de restituer cette époque faite uniquement d’interdits.

Léa j’ai la mémoire chagrine. Micheline Tremblay. Éditions David 413p.    www.editionsdavid.com


 


 

Un troisième roman policier pour Marie Laberge

Marie Laberge semble prendre goût au genre policier puisqu’elle nous gratifie d’un troisième Affaires privées qui trouvera assurément son lectorat, non seulement auprès des fidèles de l’écrivaine, mais de ceux qui aiment la formule quand elle est bien ficelée. Et elle l’est. A preuve quand Vicky Barbeau est mandatée par son supérieur pour aller enquêter sur le suicide, en est-ce un, d’une jeune fille quinze an par surdose de somnifères. Mais il va se produire quelque chose d’étrange par le fait, que l’enquêteuse va voir sa vie privée, son passé être entremêlé à ses investigations. On ne vous dit pas pour quelles raisons afin de ne pas gâcher votre plaisir. Encore une fois, dame Laberge cartonne dans la maîtrise de la narration des faits et l’évolution psychologie du personnage central.

Affaires privées. Marie Laberge. Québec Amérique 526p.   
www.quebec-amerique.com

   


 


 

La chair est loin d’être triste

Opposons un sérieux démenti au poète Stéphane Mallarmé qui a dit un jour que la chair est triste et qu’il avait lu tous les livres. Il est mort trop tôt car s’il avait vécu il aurait fait la découverte d’abord de tout un livre, en fait une BD, et un auteur Jean-Louis Tripp qui nous remet en mémoire que le cul, disons le crûment, peut-être une partie d’imagination. A condition que l’on délaisse son IPhone au moins deux heures et que l’on fasse preuve d’imagination. Il y a de belles vigueurs dans ces pages où les organes génitaux ont la vedette. Le bédéiste donne un véritable cours 101 de lubricité que l’on parcoure avec volupté va sans dire.

Extases. Jean-Louis Tripp. Casterman 268p. 


 


 

Tout un personnage que cette Betty Boob!

LA BD nous offre un trésor cette semaine, Betty Boob du tandem Julie Rocheleau au dessin et Vero Cazot au scénario. Et parlant d’histoire, c’est assez déjanté. D’abord sur la couverture c’est la fête. On croirait voir Joséphine Baker. Non c’est bien de Miss Boob dont il s’agit. Une femme qui aura eu le malheur d’être frappée par le cancer. Elle perdra même le sein droit. Elle a peut-être perdu un organe, mais n’a pas perdu la tête. C’est une battante. Même un congédiement pour cause de non-conformité ne la mettre pas sur le carreau car c’est une battante. Et son aventure personnelle se poursuivra au sein d’une troupe de burlesque, où elle donnera toute la mesure de sa personnalité hors norme. C’est un beau portrait de femme. En feuilletant l’histoire captivante on se met à penser qu’elle est l’incarnation vivante de la recommandation que faisait la grande journaliste Françoise Giroud, qui dans son grand âge donnait ce conseil aux jeunes de ne jamais subir la vie.

Betty Boob. Vero Cazot et Julie Rocheleau. Casterman 179p. 


 


 

Recueil de trois pièces de théâtre

Comme nous ne traitons habituellement pas les recueils de textes de théâtre, on va s’en tenir à la définition présentée par le communiqué de presse qui donne le ton. Il s’agit de la sortie en libraire de trois petites pièces : Koalas, Un animal (mort) et Petit guide pour disparaître doucement de Félix-Antoine Boutin qui entre dans la catégorie du théâtre expérimental.  « Conçues dans un esprit performatif, les trois pièces présentées ici témoignent à leur manière d'un monde aliénant dont il faut s'affranchir. Kitsch et sacrées, tragiques et comiques, ces oeuvres sont écrites au conditionnel et bouleversent la forme dialoguée. Le triptyque au souffle poétique met en scène des espaces de fragilité, d'intimité, qui laisse entrevoir une possible réinvention du monde et de l'humanité, sorte de manifeste sensible contre l'idée que l'existence est une chose figée. »

Koalas, Un animal (mort), Petit guide pour disparaître doucement. Félix-Antoine Boutin. Triptyque 209p.    www.groupenotabene.com


 




 

Le coin santé physique et psychique (1)

Nous savons que l’être humain n’exploite qu’à peine dix pour cent de ses facultés cervicales. Et pas étonnant dans ces conditions de se rendre compte que certains individus sont en avance sur les autres car plus développé à ce chapitre. On dira dans certains cas qu’ils ont des dons. Doug Heyes démystifie un peu tout ça dans Le toucher guérisseur aux éditions AdA. Il élabore les vertus curatives du toucher. Rappelez-vous quand lors de maux de tête étant petit, la simple main chaude de notre maman nous faisait sentir mieux. Il explique en fait la méthode RAM qui incorpore des techniques orientales curatives.

Le lâcher-prise. On en parle énormément dans les diverses thérapies psychiques de reconstruction, mais encore faut-il y mettre du sien. Pas toujours évident. Voici que Laurence Pinsard chez Mango a trouvé un moyen novateur pour nous aider à inculquer les notions nécessaires afin que nos malheurs, petits et grands, ne deviennent pas des boulets à traîner toute notre vie. 1005 lâcher-prise est présenté sous la forme d’un abécédaire. Pour chaque mot, une pensée pour nous remettre sur les rails. Un livre auquel on peut revenir toute notre vie, pour se remémorer ces belles leçons.

Les deux ouvrages suivant sont chez Édito. Il ya Alain Dancyger. Il a un patronyme prédestiné puisqu’il dirige les Grands Ballets Canadiens de Montréal. Il lance L’économie du bon sens avec en sous-titre « redevenons humains » une belle exhortation alors que tout les connectés du web sont à peu de choses près des zombies qui s’ignorent les uns, les autres. A la réussite sociale et financière si chère aux valeurs américaines, il oppose l’économie du bonheur, partant justement que les aspirations de nos voisins du Sud ont été plus de sources de malheurs qu’autrement. Il fait intervenir dans son essai des préceptes de la sagesse orientale. Ce violoniste de formation joue très bien sa partition qui est celle de se sentir bien dans l’authenticité et la simplicité des besoins.

Des recettes pour devenir un bon vieux centenaire ? C’est à peu près le pari que se sont donné le quatuor formé d’Éric Dupont endocrinologue et spécialiste en neurosciences, l’animatrice Christine Michaud, la biochimiste et consultante Diane Bilodeau et le Dr. Christian Fortin praticien en médecine familiale. Le quatuor publie La vie intégrale. Qui est un répertoire de conseils pratiques pour maintenir la bonne forme. Des instructions concernant l’hygiène ou on apprend que trop d’hygiène tue, et l’alimentation pour ne nommer que ces deux volets. On recommande d’ailleurs le fameux régime méditerranéen qui vous assure quasi la longévité. 


 








 

Le coin santé physique et psychique (2)

La scène sportive nous a montré quantité de fois la fragilité de la boîte crânienne au cours de mise en échec ou de mauvais coups. Il y a quelques jours, c’est un jeune hockeyeur qui a obtenu une dispense côté mise en échec, contre la volonté de sa ligue qui prône les accrochages violents. Un ouvrage didactique très bien fait donne toute la mesure du problème Tenir tête à la commotion cérébrale un livre écrit en collectif sous la direction du Dr. Dave Ellemberg qui est neuropsychologue. C’est aux éditions de L’Homme. Tous les symptômes sont décrits par le menu avec leur degré de progression. C’est une de ces rares publications traitant du sujet en mode vulgarisation.

Chez le même éditeur, un titre accrocheur qui force à la curiosité, Conjuguez argent et bonheur en 4 semaines de Leanne Jacobs. Pour nous les francophones élevés dans la notion catholique de détestation de l’argent et en même temps voisin du géant américain où tu n’existe que par le succès financier et social, il ya de quoi chercher sa voie. Cet essai fait la juste part en ce qui concerne ce que devrait être notre rapport idéal avec la vie matérielle. Cette coach nous interpelle sur notre rapport à l’argent et nous soumet à une auto-évaluation constante au fil des pages.

Ailleurs c’est Johanne Boutin qui a pu vérifier l’adage bien connu que ce qui ne tue pas nous rend plus fort. En effet, ç peine âgée de 26 ans, elle a contracté lors d’un voyage à l’extérieur du pays, ce qu’on peut nommer un méchant virus qui l’a laissé non seulement sur le carreau mais qui a engendré des complications. Cette diététiste a pris le taureau par les cornes et s’est dit que son destin ne serait pas hypothéqué pour de bon. Elle a puisé des forces inspirantes qui font en sorte que maintenant, à 54 ans, elle a contrecarré la fatalité dégénérative. Elle nous livre son témoignage unique dans La maladie m’a donné des ailes au éditions La Semaine.

Qu’est-ce qui peut bien se passer dans la tête des poupons ? La psychologue Lynne Murray nous dit tout à ce propos, elle qui fait autorité dans le développement du nourrisson. Elle consigne son expertise dans La psychologie des bébés aux éditions Érès. Ce qu’il y a de merveilleux dans la transmission de son savoir, c’est qu’elle a recours aux illustrations. Car il est beaucoup question du langage du corps. Ou il est clairement démontré de quelle manière le bambin fait passer ses messages par le biais de la gestuelle. C’est fascinant. Et même si on n’envisage pas la procréation dans son plan de vie, c’est fascinant de connaître les premiers codes humains de l’homo sapiens. Les parents de leur côté pourront s’adonner à une foule de travaux pratiques pour maximiser les facultés cognitives de leur progéniture.

Puis aux Presses du Châtelet, c’est une médium Allison DuBois qui fait paraître Pourquoi les morts ne nous quittent jamais. A sa façon elle se veut rassurante en quelque sorte vis-à-vis de ceux et celles en éternels questionnements sur la vie après la vie. Elle a eu conscience de ses dons médiumniques lorsque à peine âgée de six ans, son arrière-grand-père s’est adressée à elle, voulant se faire rassurant sur sa condition dans l’Au-delà. Et cette femme est vue en haute estime par le FBI entre autres, qui a sollicité son aide dans la résolution d’affaires criminelles. On sort de cette lecture un peu estomaqué, car l’existence humaine c’est davantage que le passage terrestre


 


 

Menus pour famille non carnivore

Il y a des individus comme des familles qui ont décidé pour diverses raisons, d’écarter la nourriture carnée de leur menu quotidien. Est-ce que ça limite alors les choix ? Pas du tout. A preuve ce que nous livre avec ravissement Sophie Ducharme dans Autour de la table qui a pour caractéristique de nous suggérer des recettes totalement sans viande. Et les offres sont alléchantes, telles ces pâtes gratinées, des pizzas grecques sur pain nan, des saucisses végétariennes, pommes et choux à la bière. Rien de très triste comme on peut le voir. Et qui requièrent assez peu d’ingrédients, pour des préparations faciles et économiques. Et signalons les photos attirantes de Simon Pérusse, car on n’a pas oublié que le premier plaisir à la table est la vue des plats.

Autour de la table. Sophie Ducharme. La Presse199p.    www.editionslapresse.ca


 


 

La dernière tournée ratée de Maria Callas

Les fervents de l’art lyrique le savent tous, la dernière tournée de récitals impliquant Maria Callas et son partenaire le ténor Giuseppe di Stefano fut un réel désastre, l’une détimbrée, l’autre couinant ou essayant de couvrir de sa voix l’illustre diva. Grâce au livre du pianiste Robert Sutherland, « Marias Callas l’ultime tournée » on peut vivre de l’intérieur les coulisses de ces concerts désastreux. L’accompagnateur raconte qu’il fut d’abord embauché pour être la doublure du pianiste officiel, cardiaque avancé, et dont on craignait qu’il ne s’effondre à tout moment en scène. On disait de ce dernier, Ivor, qu’il manquait tant de notes qu’avec elles on aurait pu faire un autre récital. Voyant cela, l’organisateur de la tournée, renvoya le vieux pianiste très imbu de lui-même, pour le faire remplacer par Sutherland qui assistera aux continuelles prises de bec entre les deux artistes. D’un pathétique. Chacun s’envoyant des invectives, lui plus qu’elle et très vulgaire au demeurant. C’est vraiment un ouvrage remarquable sur la question de l’ego des chanteurs classiques qui ont la prétention de forger le son. Plus au service d’eux-mêmes que des compositeurs.

Maria Callas, l’ultime tournée. Robert Sutherland. L’Archipel. www.eiditonsarchipel.com


 


 

Voir l’Amérique en moto

Les québécois sont de plus en plus adeptes de la moto. On le savait grâce à Bardot qu’on n’a plus besoin de personne en Harley-Davidson. Mais sans devoir s’étrangler financièrement pour rouler sur cette rutilante, on a une sensation d’entière liberté sur même de petites cylindrées. Et grâce à ce guide Ulysse L’Amérique du Nord en moto voici 50 itinéraires de partout au Canada et aux USA. Question de vérifier la tenue de cet ouvrage écrit en collectif, nous l’avons fait voir à un dingue de la moto, très au fait des plus importants circuits, un ami proche de la rédaction qui s’est offert une Triumph. Eh bien il a été emballé par le souci du détail et a même pratiqué un de ces circuits recommandé. Donc voici un outil merveilleux pour découvrir le continent avec proximité, avec plein de conseils judicieux comme c’est l’usage avec les guides de chez Ulysse.

L’Amérique du Nord à moto. Ulysse.


 


 

L’école et les enjeux du numérique dans l’enseignement

Que ça plaise ou non que Big brother connaissent nos faits et gestes, nous sommes bien et bel entré dans une nouvelle forme de civilisation, l’ère numérique qui fait table rase de la civilisation des humanités gréco-romaines. Et l’école si cher à Jules Ferry en prend aussi pour son grade. L’enseignement est maintenant dans la mire des nouvelles technologies. Comment alors préparer nos marmots à ce nouveau monde de la connaissance ? Un essai significatif paraît Usages créatifs du numérique pour l’apprentissage au XXIème siècle, un collectif sous la direction de Margarida Romero, Benjamin Lille et Azeneth Patino. Il y a unanimité à ce que cette didactique particulière se réalise d’une manière ludique car tous les enfants aiment d’emblée le jeu. Tous les angles de vues sur la question sont répertoriés dans ces pages qui seront d’une grande utilité pour les enseignants confrontés à ces nouvelles manières de faire qui viennent bousculer la transmission traditionnelle du savoir.

Usages créatifs du numérique pour l’apprentissage du XXIème siècle. Collectif. Presses de l’Université du Québec 167p.   www.puq.ca


 


 

Trois sorties grand format chez French pulp

Ceux qui ont une affection particulière pour le catalogue de la maison d’édition French pulp, n’ont rien perdu pour attendre car voici non pas, une ni deux, mais trois sorties grand format dans trois univers différents. Il y a Nataly Bréda qui nous sert Souffles coupés Pour son entrée en littérature, l’écrivaine a choisi un thème maintenant récurrent dans l’actualité, le droit de mourir dans la dignité. Tout commence par la rencontre croisée d’une féministe et d’une star du cinéma, un tombeur en plus. Cupidon va faire son œuvre. On se jure fidélité pour une vie entière. Mais c’est sans compter le destin parfois impitoyable. Ceux qui sont interpelés par la question des fins dernières vont apprécier ce premier opus finement écrit qui révèle un beau talent à suivre.
Puis au tour de Jean-Pierre Ferrière avec un titre à la Audiard, La Seine est pleine de revolvers. Si le titre fait référence au créateur des célèbres Tontons flingueurs, le thème ici choisit l’emprunte au climat instauré par un Clouzot dans « Les diaboliques ». En effet ce sont deux copines qui font leur bilan de vie. Ça ne regarde pas très bien, et les conjoints sont si encombrants. Elles vont opter pour des solutions radicales. Vous allez adorer ce polar où le cynisme occupe une grande place. Ah quand ces choses du cœur tournent mal, méfiez-vous des femmes dites douces…

Et Alain Leblanc qui débarque avec le tome 2 de Les conquérantes qui a pour titre « La résistance » qui couvre trois décennies allant de l’avant seconde guerre mondiale et l’Occupation allemande jusqu’aux sixties. Nous voyons le tourment de Noémie qui en pleine montée des dictatures, se rend compte que son conjoint est fasciste et antisémite. Ce qui heurte ses valeurs au point qu’elle va entrer en résistance. L’écrivain rend ainsi hommage à ces combattants de l’ombre qui ont tant fait pour libérer la France de l’oppresseur.


 


 

Pour sauver des juifs italiens des nazis, le recours à la mafia

Si nous avions à donner une priorité cette semaine, à mettre au-dessus de votre pile de lecture c’est Le Parrain et le Rabbin de Sam Bernett. Ce dernier n’a pas eu à être confronté au drame de la page blanche, car l’Holocauste est un tel vivier d’histoires rocambolesques, telle celle-ci qu’il rapporte, authentique. C’est en novembre 43 à Milan. La Gestapo s’apprête à faire une rafle dans une école juive clandestine où se trouve une quinzaine de garçons et un rabbin. Heureusement, un sonneur d’alerte fera en sorte que le petit groupe va déguerpir. Mais s’enfuir où et comment ? Ils ont bien fait des kilomètres à leurs risques et périls, mais le danger est immense. C’est là que le rabbin a cette idée de contacter le parrain de la mafia new yorkaise, Joseph Bonanno. Mais entre les nazis ou la mafia, l’équation est effrayante, car cette dernière ne rend rarement service sans retour d’ascenseur. Vous allez voir l’issue qu’on ne vous dévoilera pas bien entendu pour ne pas gâcher votre plaisir. Quelle belle histoire pour le septième art.

Le Parrain et le Rabbin. Sam Bernett. Cherche midi 151p..   
www.cherche-midi.com


 


 

Une fillette blonde aux yeux bleus kidnappée par une noire

Une des jolies surprises de la rentrée est Le cavalier de l’abeille de Camille Bouchard qui sort dans la collection Magellan chez Québec Amérique, qui tombe à point nommé au moment de la résurgence des tensions raciales aux États-Unis. L’histoire se déroule après la guerre de Sécession. Une femme de race noire en Louisiane, va kidnapper une fillette blonde aux yeux bleus. Pouvez-vous avoir situation criminelle plus explosive. Une forte récompense est promise pour aider à retrouver l’infortunée enfant. Un jeune journaliste de l’Abeille de la Nouvele-Orléans est appelé à rendre compte de l’affaire. Lui et son frère policier prennent la chose à cœur et veulent élucider ce drame. Pour espérer en découdre, ils font appel à une galerie de personnages dont une vaudou et une tenancière de bordel. C’est un récit enlevant au possible. Vous ne vous ennuierez pas une seule seconde. On connaissait déjà l’immense talent de l’écrivain qui ici se surpasse.

Le cavalier de l’abeille. Camille Bouchard. Coll. Magellan Québec Amérique 416p.     www.quebec-amerique.com


 


 

Une anthologie des opinions de Josée Boileau

La journaliste Josée Boileau qui a fait l’essentiel de son parcours au Devoir où elle a gravi bien des échelons jusqu’à son départ, jette un regard en arrière avec une sélection de quelques éditoriaux regroupés autour de quelques thèmes. Un exercice pas facile à faire d’autant que la propre pensée de l’auteure peut avoir évoluée depuis la publication du texte. Sa démarche s’inscrit bien dans celle du média fondé par Henri Bourassa, à savoir offrir une réflexion éclairée. Prendre de la lenteur nécessaire pour mettre les choses en perspective. Et dans l’exercice actuel, le lecteur prendra plaisir à voir si les appréhensions de la scribe ont vu juste. On s’attachera aux observations pertinentes qu’elle porte sur la culture et l’enseignement.

Avec le recul. Josée Boileau. Somme toute 312p.     www.editionssommetoute.com


 


 

Le vertige professoral

C’est l’entrée en littérature d’Étienne Cardin-Trudeau avec Le vertige qui a choisi comme protagoniste un enseignant. Et dans notre univers où l’analphabétisme fonctionnel atteint un taux alarmant, autant dire qu’enseigner un apostolat. L’écrivain reflète bien les défis qui sont le lot de son personnage. Il y a beaucoup de baises avec des filles un peu disjonctées, un peu surréaliste quand on connaît la pudibonderie des québécoise, à moins qu’elles ne soient sur des substances. Et il s’en trouvera dans ces courts chapitres qui sont comme autant d’instantanés de vie. On vit vite dans l’univers qu’il décrit, comme si la fin dernière était prévue pour demain.

Le vertige. Étienne Cardin-Trudeau. Les éditions Sémaphore 198p.    www.editionssemaphore.qc.ca


 


 

C’est ainsi que les hommes vivent

A la ville Michel Lozeau est un coach de dirigeants. Pour exercer cette profession il faut en connaître un tant soit peu sur la nature humaine. Et dans son cas il le démontre bien avec un recueil de nouvelles Facultés affaiblies où chaque historiette met à l’avant-plan des êtres qui dérivent. Il nous rappelle aussi que le mensonge est décidément le ciment social. D’ailleurs il y a sur ce thème un récit que domine un enfant qui découvre la clé des relations sociales. Ces textes vont beaucoup interpeler le lecteur car on s’identifie parfois à certains de ces personnages. Oui cet écrivain à son doctorat sur nos mœurs.

Facultés affaiblies. Michel Lozeau. Druide 175p.      www.editionsdruide.com


 


 

Radiographie réaliste sur le futur de la croissance économique

Le britannique Tim Jackson voit la réédition revue et augmentée de son classique Prospérité sans croissance. Pour preuve que ce leader du développement durable a vu juste sur les fondements de l’économie de demain. Et dans ces pages, tout comme le fait le premier violon de l’orchestre, il donne le « la » en revenant parfois sur la crise économique de 2008 où, même si on a frisé la catastrophe, on assisté à des mécanismes de solidarité inattendus. Comme la production et la consommation sont essentiellement l’affaire des hommes, on ne s’étonnera pas qu’il fasse intervenir des fables ou des anecdotes montrant par l’exemple comment se comporte l’homo sapiens. Ce livre dès sa sortie, est devenu un classique et il nous permet de mieux saisir les enjeux du monde.

Prospérité sans croissance. Tim Jackson. Deboeck 302p.    www.deboecksuperieur.com


 


 

La Filiatrault se raconte

Parce que la comédienne et metteure en scène est une femme impatiente et pressée, elle a eu le soutien de sa fille Danièle Lorain pour l’aider à ressasser ses souvenirs. Ça donne Quand t’es née pour un p’tit pain. Déjà à peine le livre paru la nouvelle s’était répandue qu’il n’y serait à peine mention de Dominique Michel avec qui elle a composée le couple mythique de l’humour au féminin. Une seule photo d’elle du temps de Moi et l’autre et quelques lignes la mentionnant évidement lorsqu’il est question de l’époque des cabarets et de l’émission précitée. C’est à bien des égards décevant, outre cet affront public fait à sa célèbre partenaire pour cause de règlement de compte, mais aussi c’est que femme pressée comme on l’a mentionné,  aurait pu prendre le temps de fouiller davantage sa mémoire. C’est un livre vite fait et qui passe très vite sur tout. Par exemple elle raconte être sorti, photo à l’appui avec Pierre Eliott-Trudeau. A-t-elle été sa compagne, si oui quel genre d’amant était-il ? Puis le vide total sur son engagement nationaliste. Elle était là au soir de l’accès du Parti québécois au gouvernement. Comment se comportait René Lévesque avec elle ? Lui qui était au Québec le chaud lapin comme l’était un Mitterand en France. Puis comment elle pouvait moralement accompagner dans des mondanités avec le chef fédéraliste si méprisant envers les québécois et en même temps frayer avec le chef du camp indépendantiste ? Rien. Elle a été aussi la voisine de la famille des Péladeau. Elle déplore la disparition trop tôt de l’épouse du magnat de la presse, sans rappeler que Raymonde Chopin s’est suicidée et sans nous dire comment elle a réagi à cette tragédie. Elle passe à toute vitesse à côté de personnages comme le comédien Paul Dupuis qui avait tout un caractère. Des artistes comme Danielle Ouimet ou notre Dodo nationale nous ont donné des biographies autrement plus substantielles. Et ce n’est pas la faute de Danièle Lorain qui écrit très bien et qui a un sens de la narration remarquable et une culture évidente. Cette biographie éclair publiée pour des impératifs méconnus, ressemble à un déjeuner deux œufs saucisses, où il manque les pommes de terre, les rôties et les fruits d’accompagnement, sans compter le café absent. Ça se mange toujours, mais on reste sur sa faim.

Quand t’es née pour un p’tit pain. Denise Filiatrault. Collaboration de Danièle Lorain. Libre Expression 252p.


 




 

Deux beaux signalements à La Pastèque

Chez l’éditeur La Pastèque on réussit toujours à produire de beaux trésors pour la jeunesse. Comme ces deux dernières publications dans deux horizons bien différents. D’abord enrichissons l’intelligence en plongeant c’est le cas de le dire dans l’univers marin avec Les poissons électriques écrit par Erik Harvey-Girard qui a étudié en biologie médicales pour s’orienter ensuite en neurologie. Il est assisté de l’illustrateur Stéphane Poirier qui a un penchant pour la science. Ensemble ils nous font découvrir des poissons fascinants par leurs caractéristiques. Et même si l’objectif est d’intéresser les jeunes têtes, les « vieilles têtes » en apprendront aussi énormément.

Et dans Une histoire de cancer qui finit bien tou8t est parti d’une demande faite par une fille atteinte de leucémie et admirative d’India Desjardins qui a proposé à cette dernière de bâtir une histoire autour d’une fille âgée de quinze ans frappée par le cancer et dont l’issue se termine bien. Sur des illustrations de Marianne Ferrer qui a développé ici une coloration graphique bien particulière, l’écrivaine rend bien tout ce qui habiter l’esprit d’une jeune personne aux prises avec cette terrible maladie. Le happy end nous ravit.


 


 

Les coups de cœur montréalais de Normand Cazelais

Normand Cazelais qui a très bien su parler de l’étranger, s’est fait touriste dans sa propre ville et nous offre ses coups de cœur. C’est sa contribution aux fêtes du 375ème anniversaire de fondation de Montréal. Montréal, ma ville s’inspire sans doute comme titre de la célèbre phrase du cardinal Léger débarquant à Montréal après avoir reçu la pourpre cardinalice. Il a donc accompli plusieurs randonnées et nous invite à découvrir de véritables joyaux comme les immeubles de l’architecte Ernest Cormier, qui a conçu entre autres la maison où vécut Pierre-Elliot Trudeau avenue des Pins. Avec lui des détails que vous avez oubliés ressurgiront sous vos yeux.

Montréal, ma ville. Normand Cazelais. Fides 230p.   www.groupefides.com


 


 

Le passé esclavagiste et l’actualité raciste des USA

C’est une petite plaquette mais un lourd réquisitoire contre l’historique raciste des États-Unis. Et écrit à part àa par un afro-américain Ta-Nehisi Coates. Il rappelle en quatrième de couverture de son pamphlet Le procès de l’Amérique que nos chers voisins du Sud ont 250 années d’esclavage derrière eux, 60 ans de ségrégation raciale et 35 ans d’une politique du logement raciste. Sans compter que même sous Obama les policiers ont abattu du « nègre » comme jamais. C’est une charge à fond de train contre une mentalité qui persiste et hélas ravivé par l’actuel locataire de la Maison-Blanche. On apprend plein de choses, par exemple qu’une esclavage avait un jour porté plainte concernant sa situation et avait obtenu des compensations. Un maître a entre autres couché sur son testament qu’à sa mort, ses esclavages seraient automatiquement affranchis, regrettant qu’il en eu été ainsi. Un cours d’histoire en bref, d’un aspect moins reluisant au pays de Washington.

Le procès de l’Amérique. Ta-Nehisi Coates. Autrement 123p.    www.autrement.com


 


 

La publicité un investissement plutôt qu’une dépense

Hélas, contrairement aux américains, les commerçants québécois n’ont pas cette culture où on doit voir la publicité comme un investissement et non seulement comme une dépense. Luc Saint-Hilaire, publicitaire de métier et chargé de cours à l’Université Laval, a ramassé tout son savoir en la matière pour la réalisation d’un ouvrage qui fait déjà autorité Petit guide pour grand succès publicitaires. Et là ou cet ouvrage se démarque de façon majeure c’est que le spécialiste n’est pas tombé dans la marmite du jeunisme, à savoir délaisser les canaux habituels pour ne se concentrer que sur le web. Il dit même que ceux qui l’ont fait risquent d’être perdants! C’est sans doute l’essai le plus réaliste en stratégie publicitaire jamais publié.

Petits guide pour grands succès publicitaires. Luc Saint-Hilaire. Québec Amérique 170p.       www.quebec-amerique.com


 


 

Réédition de l’histoire du Québec en photos

Quelle heureuse initiative de rééditer Une histoire du Québec en photos d’Hélène-Andrée Bizier. Car c’est un plaisir renouvelé que de tourner ces pages et d’être ému, voire nostalgique à regarder ces photos d’un autre temps, d’avant l’ère numérique. Et bien qu’un texte fourni accompagne les illustrations, les images valent quand même mille mots. Et saluons le travail de recherche qui a présidé à la conception de cet album de souvenirs que l’on voudra conserver auprès de soi. C’est un devoir de mémoire réussi.

Une histoire du Québec en photos. Hélène-Andrée Bizier 395p.   www.groupefides.com


 


 

Philosopher autour de la nourriture

Le chroniqueur et philosophe Normand Baillargeon a trouvé moyen de nous jeter par terre en produisant un ouvrage tout à fait philosophique sur l’alimentation. Ayant pour titre A la table des philosophes il fait intervenir l’Histoire dans nos rapports avec la nourriture, fait de la prospective sur l’alimentation durable et quoi encore. C’est presque un travail d’érudition qui a le grand mérite de rendre le lecteur plus intelligent à la sortie que lorsqu’il est entré. ET quelle somme de connaissances il incorpore à la défense et l’illustration de son propos. Maintenant en édition au Québec on a la fâcheuse tendance à produire du livre facile pour satisfaire les impératifs du marché. Saluons Flammarion Québec d’avoir donné son aval à un si beau travail intellectuel qui a intérêt à être coédité pour le marché mondial.

A la table des philosophes. Nromand Baillargeon. Flammarion Québec 207p.   www.flammarion.qc.ca


 




 

Paris vu par Stendhal et Cendrars

Aux éditions Alexandrines, deux nouveaux titres s’ajoutent à la collection « Le Paris de… ». Philippe Berthier nous entraîne en randonnée dans la Ville Lumière telle que l’appréciait Henri Beyle dit Stendhal qui, s’il avait en affection Milan, considérait Paris à nulle autre pareille. Plus que l’architecture de la ville c’est la vie trépidante qui l’enchantait où il pouvait donner libre cours à la récréation de son esprit. Puis vous avez Le Paris de Cendras présenté par Olivier Renault. Il rappelle que l’homme de lettres, parisien d’adoption car Suisse d’origine, a vécu dans les années trente dans le Triangle d’Or à l’Alma Hôtel au 12 avenue Montaigne et qu’il prenait régulièrement ses agapes chez Francis, établissement qui existe toujours près du pont de l’Alma. Deux petits bijoux qui n’ont d’autre objectif que de nous faire aimer davantage la capitale française.


 


 

Trois petits nouveaux chez French pulp

Ces trois titres sont tous les trois dans le format poche chez French pulp. Les deux premiers sont des polars. D’abord Privé d’origine de Jérémy Bouquin Qui nous présente deux personnages, Marco et Kloé. Le premier a raté un braquage en pleine Italie au temps des Brigades rouges. S’ensuit une interminable cavale qui va le conduire sur le territoire français en passant par la Corse. Ailleurs c’est cette jeune femme qui, en France est en quête de son géniteur. Deux âmes égarées en somme et vous allez voir pourquoi l’auteur les fait figurer dans le même bouquin.

Vient André Lay et Les enlisés. C’est un type possessif comme ce n’est pas permis, qui pour s’assurer de garder sa femme captive, va l’empoisonner. Elle va s’en remettre mais avec des séquelles. Il lui portera assistance durant sa convalescence. Mais son plan machiavélique va prendre une tournure inattendue qu’il n’avait pas imaginée chez sa femme.

Et dans le domaine de l’anticipation, la suite de cette saga que vous avez sans doute appréciée, La compagnie des glaces de G.-J. Arnaud « Les fous du soleil ». On ne peut avoir meilleur sujet futuriste que la Terre subissant une nouvelle glaciation. Les Terriens restant vivent désormais sous des dômes. C’est alors que des scientifiques se mettent en tête de faire revenir le soleil. Avec le risque d’une catastrophe, en raison de la fonte des glaces. Vous verrez ce qu’il adviendra dans le choix qui sera fait.  


 








 

Le coin santé physique et psychique

Il y a bien des avenues possibles pour faire passer le message de la réussite. On sait cependant une chose, non contestée, c’est qu’elle ne vient pas sur un claquement de doigt. C’est sans doute pourquoi Marc Alain a choisi la pensée au quotidien pour se faire avec Réussir un jour à la fois chez l’éditeur Modus Vivendi. Un peu comme les abbés jadis parcourant quotidiennement leur bréviaire à la recherche d’élévation spirituelle, ici l’auteur explore différents thèmes allant de l’éthique à la croissance en passant le bonheur et le respect. Chacun y trouvera son compte dans ces pages remplies de sagesse.

Chez l’éditeur Somme toute, un titre un brin provocateur Toutes les femmes sont d’abord ménagères de Camille Robert. L’historienne en a d’abord fait un mémoire duquel ce livre est tirée. Sa démarche lui a valu d’ailleurs une belle reconnaissance. En effet, elle a remporté le prix de la Fondation Jean-Charles Bonenfant lors de la remise des prix u livre politique de l’Assemblée nationale. En gros, sa recherche s’étend de 1968 à 1985. Car on a beaucoup revendiqué la reconnaissance du travail ménager, celui occupé par les mamans à la maison. Car malgré des acquis quand à la parité salariale homme et femme, l’idée de rétribuer les travaux domestiques demeure lettre morte. Et dans la division sexuelle du travail ménager, c’est encore la femme qui écope du gros de la tâche à accomplir. Et il ne lui faudrait pas que leur viennent l’idée d’exiger en retour.

Les deux titres suivants proviennent des éditions du Dauphin Blanc. Alain Williamson traite de l’énergie du cœur dans Les Cinq codes d’Éveil. En vérité c’est le prolongement d’un précédent ouvrage « Le chamane d’Ek-Balam »  dont nous vous avions parlé dans ces colonnes. Ou il exposait cinq codes de vie conduisant à l’élévation de la conscience : demeure dans la simplicité, cultive la joie, embrasse la mission de vie, endosse ta véritable nature et aime de tout ton être. Il revient donc sur ces credo en les développant davantage.

La coach de vie Lise Marie Boudreau s’inquiète de voir apparaître plein de gourous qui ont chacun LA recette. Et contre cette prolifération où se niche bien des charlatans, elle oppose la maîtrise de soi. Ainsi elle publie, Congédiez vos gourous Non seulement apporte t’elle son expertise personnelle, mais en plus elle a demandé la contribution de douze experts en développement personnel qui apportent chacun leur vision de la force de l’intériorité.

Et  aux éditions du Cram de Marie Elaine Girard, L’aventure d’une femme riche et célèbre qui est une variation sur le thème du pèlerinage de Compostelle. Cette infirmière de profession devenue ensuite thérapeute en relation d’aide, a senti un jour le besoin profond de retourner en elle-même et d’aller puiser des forces spirituelles absentes. Ainsi donc elle entreprendra de faire à son tour cette célèbre randonnée. Mais on ne quitte pas sur un coup de dé compagnon de vie et marmaille pour une aventure qui s’échelonnera sur trois mois. Elle aura des appréhensions. Au final elle va foncer et c’est son journal de pèlerine qu’elle nous livre. Et qui donnera certainement le goût à d’autres d’emboîter le pas.  



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