- LIVRES OCTOBRE 2017 -
 
 


 

Menus pour famille non carnivore

Il y a des individus comme des familles qui ont décidé pour diverses raisons, d’écarter la nourriture carnée de leur menu quotidien. Est-ce que ça limite alors les choix ? Pas du tout. A preuve ce que nous livre avec ravissement Sophie Ducharme dans Autour de la table qui a pour caractéristique de nous suggérer des recettes totalement sans viande. Et les offres sont alléchantes, telles ces pâtes gratinées, des pizzas grecques sur pain nan, des saucisses végétariennes, pommes et choux à la bière. Rien de très triste comme on peut le voir. Et qui requièrent assez peu d’ingrédients, pour des préparations faciles et économiques. Et signalons les photos attirantes de Simon Pérusse, car on n’a pas oublié que le premier plaisir à la table est la vue des plats.

Autour de la table. Sophie Ducharme. La Presse199p.    www.editionslapresse.ca


 


 

La dernière tournée ratée de Maria Callas

Les fervents de l’art lyrique le savent tous, la dernière tournée de récitals impliquant Maria Callas et son partenaire le ténor Giuseppe di Stefano fut un réel désastre, l’une détimbrée, l’autre couinant ou essayant de couvrir de sa voix l’illustre diva. Grâce au livre du pianiste Robert Sutherland, « Marias Callas l’ultime tournée » on peut vivre de l’intérieur les coulisses de ces concerts désastreux. L’accompagnateur raconte qu’il fut d’abord embauché pour être la doublure du pianiste officiel, cardiaque avancé, et dont on craignait qu’il ne s’effondre à tout moment en scène. On disait de ce dernier, Ivor, qu’il manquait tant de notes qu’avec elles on aurait pu faire un autre récital. Voyant cela, l’organisateur de la tournée, renvoya le vieux pianiste très imbu de lui-même, pour le faire remplacer par Sutherland qui assistera aux continuelles prises de bec entre les deux artistes. D’un pathétique. Chacun s’envoyant des invectives, lui plus qu’elle et très vulgaire au demeurant. C’est vraiment un ouvrage remarquable sur la question de l’ego des chanteurs classiques qui ont la prétention de forger le son. Plus au service d’eux-mêmes que des compositeurs.

Maria Callas, l’ultime tournée. Robert Sutherland. L’Archipel. www.eiditonsarchipel.com


 


 

Voir l’Amérique en moto

Les québécois sont de plus en plus adeptes de la moto. On le savait grâce à Bardot qu’on n’a plus besoin de personne en Harley-Davidson. Mais sans devoir s’étrangler financièrement pour rouler sur cette rutilante, on a une sensation d’entière liberté sur même de petites cylindrées. Et grâce à ce guide Ulysse L’Amérique du Nord en moto voici 50 itinéraires de partout au Canada et aux USA. Question de vérifier la tenue de cet ouvrage écrit en collectif, nous l’avons fait voir à un dingue de la moto, très au fait des plus importants circuits, un ami proche de la rédaction qui s’est offert une Triumph. Eh bien il a été emballé par le souci du détail et a même pratiqué un de ces circuits recommandé. Donc voici un outil merveilleux pour découvrir le continent avec proximité, avec plein de conseils judicieux comme c’est l’usage avec les guides de chez Ulysse.

L’Amérique du Nord à moto. Ulysse.


 


 

L’école et les enjeux du numérique dans l’enseignement

Que ça plaise ou non que Big brother connaissent nos faits et gestes, nous sommes bien et bel entré dans une nouvelle forme de civilisation, l’ère numérique qui fait table rase de la civilisation des humanités gréco-romaines. Et l’école si cher à Jules Ferry en prend aussi pour son grade. L’enseignement est maintenant dans la mire des nouvelles technologies. Comment alors préparer nos marmots à ce nouveau monde de la connaissance ? Un essai significatif paraît Usages créatifs du numérique pour l’apprentissage au XXIème siècle, un collectif sous la direction de Margarida Romero, Benjamin Lille et Azeneth Patino. Il y a unanimité à ce que cette didactique particulière se réalise d’une manière ludique car tous les enfants aiment d’emblée le jeu. Tous les angles de vues sur la question sont répertoriés dans ces pages qui seront d’une grande utilité pour les enseignants confrontés à ces nouvelles manières de faire qui viennent bousculer la transmission traditionnelle du savoir.

Usages créatifs du numérique pour l’apprentissage du XXIème siècle. Collectif. Presses de l’Université du Québec 167p.   www.puq.ca


 


 

Trois sorties grand format chez French pulp

Ceux qui ont une affection particulière pour le catalogue de la maison d’édition French pulp, n’ont rien perdu pour attendre car voici non pas, une ni deux, mais trois sorties grand format dans trois univers différents. Il y a Nataly Bréda qui nous sert Souffles coupés Pour son entrée en littérature, l’écrivaine a choisi un thème maintenant récurrent dans l’actualité, le droit de mourir dans la dignité. Tout commence par la rencontre croisée d’une féministe et d’une star du cinéma, un tombeur en plus. Cupidon va faire son œuvre. On se jure fidélité pour une vie entière. Mais c’est sans compter le destin parfois impitoyable. Ceux qui sont interpelés par la question des fins dernières vont apprécier ce premier opus finement écrit qui révèle un beau talent à suivre.
Puis au tour de Jean-Pierre Ferrière avec un titre à la Audiard, La Seine est pleine de revolvers. Si le titre fait référence au créateur des célèbres Tontons flingueurs, le thème ici choisit l’emprunte au climat instauré par un Clouzot dans « Les diaboliques ». En effet ce sont deux copines qui font leur bilan de vie. Ça ne regarde pas très bien, et les conjoints sont si encombrants. Elles vont opter pour des solutions radicales. Vous allez adorer ce polar où le cynisme occupe une grande place. Ah quand ces choses du cœur tournent mal, méfiez-vous des femmes dites douces…

Et Alain Leblanc qui débarque avec le tome 2 de Les conquérantes qui a pour titre « La résistance » qui couvre trois décennies allant de l’avant seconde guerre mondiale et l’Occupation allemande jusqu’aux sixties. Nous voyons le tourment de Noémie qui en pleine montée des dictatures, se rend compte que son conjoint est fasciste et antisémite. Ce qui heurte ses valeurs au point qu’elle va entrer en résistance. L’écrivain rend ainsi hommage à ces combattants de l’ombre qui ont tant fait pour libérer la France de l’oppresseur.


 


 

Pour sauver des juifs italiens des nazis, le recours à la mafia

Si nous avions à donner une priorité cette semaine, à mettre au-dessus de votre pile de lecture c’est Le Parrain et le Rabbin de Sam Bernett. Ce dernier n’a pas eu à être confronté au drame de la page blanche, car l’Holocauste est un tel vivier d’histoires rocambolesques, telle celle-ci qu’il rapporte, authentique. C’est en novembre 43 à Milan. La Gestapo s’apprête à faire une rafle dans une école juive clandestine où se trouve une quinzaine de garçons et un rabbin. Heureusement, un sonneur d’alerte fera en sorte que le petit groupe va déguerpir. Mais s’enfuir où et comment ? Ils ont bien fait des kilomètres à leurs risques et périls, mais le danger est immense. C’est là que le rabbin a cette idée de contacter le parrain de la mafia new yorkaise, Joseph Bonanno. Mais entre les nazis ou la mafia, l’équation est effrayante, car cette dernière ne rend rarement service sans retour d’ascenseur. Vous allez voir l’issue qu’on ne vous dévoilera pas bien entendu pour ne pas gâcher votre plaisir. Quelle belle histoire pour le septième art.

Le Parrain et le Rabbin. Sam Bernett. Cherche midi 151p..   
www.cherche-midi.com


 


 

Une fillette blonde aux yeux bleus kidnappée par une noire

Une des jolies surprises de la rentrée est Le cavalier de l’abeille de Camille Bouchard qui sort dans la collection Magellan chez Québec Amérique, qui tombe à point nommé au moment de la résurgence des tensions raciales aux États-Unis. L’histoire se déroule après la guerre de Sécession. Une femme de race noire en Louisiane, va kidnapper une fillette blonde aux yeux bleus. Pouvez-vous avoir situation criminelle plus explosive. Une forte récompense est promise pour aider à retrouver l’infortunée enfant. Un jeune journaliste de l’Abeille de la Nouvele-Orléans est appelé à rendre compte de l’affaire. Lui et son frère policier prennent la chose à cœur et veulent élucider ce drame. Pour espérer en découdre, ils font appel à une galerie de personnages dont une vaudou et une tenancière de bordel. C’est un récit enlevant au possible. Vous ne vous ennuierez pas une seule seconde. On connaissait déjà l’immense talent de l’écrivain qui ici se surpasse.

Le cavalier de l’abeille. Camille Bouchard. Coll. Magellan Québec Amérique 416p.     www.quebec-amerique.com


 


 

Une anthologie des opinions de Josée Boileau

La journaliste Josée Boileau qui a fait l’essentiel de son parcours au Devoir où elle a gravi bien des échelons jusqu’à son départ, jette un regard en arrière avec une sélection de quelques éditoriaux regroupés autour de quelques thèmes. Un exercice pas facile à faire d’autant que la propre pensée de l’auteure peut avoir évoluée depuis la publication du texte. Sa démarche s’inscrit bien dans celle du média fondé par Henri Bourassa, à savoir offrir une réflexion éclairée. Prendre de la lenteur nécessaire pour mettre les choses en perspective. Et dans l’exercice actuel, le lecteur prendra plaisir à voir si les appréhensions de la scribe ont vu juste. On s’attachera aux observations pertinentes qu’elle porte sur la culture et l’enseignement.

Avec le recul. Josée Boileau. Somme toute 312p.     www.editionssommetoute.com


 


 

Le vertige professoral

C’est l’entrée en littérature d’Étienne Cardin-Trudeau avec Le vertige qui a choisi comme protagoniste un enseignant. Et dans notre univers où l’analphabétisme fonctionnel atteint un taux alarmant, autant dire qu’enseigner un apostolat. L’écrivain reflète bien les défis qui sont le lot de son personnage. Il y a beaucoup de baises avec des filles un peu disjonctées, un peu surréaliste quand on connaît la pudibonderie des québécoise, à moins qu’elles ne soient sur des substances. Et il s’en trouvera dans ces courts chapitres qui sont comme autant d’instantanés de vie. On vit vite dans l’univers qu’il décrit, comme si la fin dernière était prévue pour demain.

Le vertige. Étienne Cardin-Trudeau. Les éditions Sémaphore 198p.    www.editionssemaphore.qc.ca


 


 

C’est ainsi que les hommes vivent

A la ville Michel Lozeau est un coach de dirigeants. Pour exercer cette profession il faut en connaître un tant soit peu sur la nature humaine. Et dans son cas il le démontre bien avec un recueil de nouvelles Facultés affaiblies où chaque historiette met à l’avant-plan des êtres qui dérivent. Il nous rappelle aussi que le mensonge est décidément le ciment social. D’ailleurs il y a sur ce thème un récit que domine un enfant qui découvre la clé des relations sociales. Ces textes vont beaucoup interpeler le lecteur car on s’identifie parfois à certains de ces personnages. Oui cet écrivain à son doctorat sur nos mœurs.

Facultés affaiblies. Michel Lozeau. Druide 175p.      www.editionsdruide.com


 


 

Radiographie réaliste sur le futur de la croissance économique

Le britannique Tim Jackson voit la réédition revue et augmentée de son classique Prospérité sans croissance. Pour preuve que ce leader du développement durable a vu juste sur les fondements de l’économie de demain. Et dans ces pages, tout comme le fait le premier violon de l’orchestre, il donne le « la » en revenant parfois sur la crise économique de 2008 où, même si on a frisé la catastrophe, on assisté à des mécanismes de solidarité inattendus. Comme la production et la consommation sont essentiellement l’affaire des hommes, on ne s’étonnera pas qu’il fasse intervenir des fables ou des anecdotes montrant par l’exemple comment se comporte l’homo sapiens. Ce livre dès sa sortie, est devenu un classique et il nous permet de mieux saisir les enjeux du monde.

Prospérité sans croissance. Tim Jackson. Deboeck 302p.    www.deboecksuperieur.com


 


 

La Filiatrault se raconte

Parce que la comédienne et metteure en scène est une femme impatiente et pressée, elle a eu le soutien de sa fille Danièle Lorain pour l’aider à ressasser ses souvenirs. Ça donne Quand t’es née pour un p’tit pain. Déjà à peine le livre paru la nouvelle s’était répandue qu’il n’y serait à peine mention de Dominique Michel avec qui elle a composée le couple mythique de l’humour au féminin. Une seule photo d’elle du temps de Moi et l’autre et quelques lignes la mentionnant évidement lorsqu’il est question de l’époque des cabarets et de l’émission précitée. C’est à bien des égards décevant, outre cet affront public fait à sa célèbre partenaire pour cause de règlement de compte, mais aussi c’est que femme pressée comme on l’a mentionné,  aurait pu prendre le temps de fouiller davantage sa mémoire. C’est un livre vite fait et qui passe très vite sur tout. Par exemple elle raconte être sorti, photo à l’appui avec Pierre Eliott-Trudeau. A-t-elle été sa compagne, si oui quel genre d’amant était-il ? Puis le vide total sur son engagement nationaliste. Elle était là au soir de l’accès du Parti québécois au gouvernement. Comment se comportait René Lévesque avec elle ? Lui qui était au Québec le chaud lapin comme l’était un Mitterand en France. Puis comment elle pouvait moralement accompagner dans des mondanités avec le chef fédéraliste si méprisant envers les québécois et en même temps frayer avec le chef du camp indépendantiste ? Rien. Elle a été aussi la voisine de la famille des Péladeau. Elle déplore la disparition trop tôt de l’épouse du magnat de la presse, sans rappeler que Raymonde Chopin s’est suicidée et sans nous dire comment elle a réagi à cette tragédie. Elle passe à toute vitesse à côté de personnages comme le comédien Paul Dupuis qui avait tout un caractère. Des artistes comme Danielle Ouimet ou notre Dodo nationale nous ont donné des biographies autrement plus substantielles. Et ce n’est pas la faute de Danièle Lorain qui écrit très bien et qui a un sens de la narration remarquable et une culture évidente. Cette biographie éclair publiée pour des impératifs méconnus, ressemble à un déjeuner deux œufs saucisses, où il manque les pommes de terre, les rôties et les fruits d’accompagnement, sans compter le café absent. Ça se mange toujours, mais on reste sur sa faim.

Quand t’es née pour un p’tit pain. Denise Filiatrault. Collaboration de Danièle Lorain. Libre Expression 252p.


 




 

Deux beaux signalements à La Pastèque

Chez l’éditeur La Pastèque on réussit toujours à produire de beaux trésors pour la jeunesse. Comme ces deux dernières publications dans deux horizons bien différents. D’abord enrichissons l’intelligence en plongeant c’est le cas de le dire dans l’univers marin avec Les poissons électriques écrit par Erik Harvey-Girard qui a étudié en biologie médicales pour s’orienter ensuite en neurologie. Il est assisté de l’illustrateur Stéphane Poirier qui a un penchant pour la science. Ensemble ils nous font découvrir des poissons fascinants par leurs caractéristiques. Et même si l’objectif est d’intéresser les jeunes têtes, les « vieilles têtes » en apprendront aussi énormément.

Et dans Une histoire de cancer qui finit bien tou8t est parti d’une demande faite par une fille atteinte de leucémie et admirative d’India Desjardins qui a proposé à cette dernière de bâtir une histoire autour d’une fille âgée de quinze ans frappée par le cancer et dont l’issue se termine bien. Sur des illustrations de Marianne Ferrer qui a développé ici une coloration graphique bien particulière, l’écrivaine rend bien tout ce qui habiter l’esprit d’une jeune personne aux prises avec cette terrible maladie. Le happy end nous ravit.


 


 

Les coups de cœur montréalais de Normand Cazelais

Normand Cazelais qui a très bien su parler de l’étranger, s’est fait touriste dans sa propre ville et nous offre ses coups de cœur. C’est sa contribution aux fêtes du 375ème anniversaire de fondation de Montréal. Montréal, ma ville s’inspire sans doute comme titre de la célèbre phrase du cardinal Léger débarquant à Montréal après avoir reçu la pourpre cardinalice. Il a donc accompli plusieurs randonnées et nous invite à découvrir de véritables joyaux comme les immeubles de l’architecte Ernest Cormier, qui a conçu entre autres la maison où vécut Pierre-Elliot Trudeau avenue des Pins. Avec lui des détails que vous avez oubliés ressurgiront sous vos yeux.

Montréal, ma ville. Normand Cazelais. Fides 230p.   www.groupefides.com


 


 

Le passé esclavagiste et l’actualité raciste des USA

C’est une petite plaquette mais un lourd réquisitoire contre l’historique raciste des États-Unis. Et écrit à part àa par un afro-américain Ta-Nehisi Coates. Il rappelle en quatrième de couverture de son pamphlet Le procès de l’Amérique que nos chers voisins du Sud ont 250 années d’esclavage derrière eux, 60 ans de ségrégation raciale et 35 ans d’une politique du logement raciste. Sans compter que même sous Obama les policiers ont abattu du « nègre » comme jamais. C’est une charge à fond de train contre une mentalité qui persiste et hélas ravivé par l’actuel locataire de la Maison-Blanche. On apprend plein de choses, par exemple qu’une esclavage avait un jour porté plainte concernant sa situation et avait obtenu des compensations. Un maître a entre autres couché sur son testament qu’à sa mort, ses esclavages seraient automatiquement affranchis, regrettant qu’il en eu été ainsi. Un cours d’histoire en bref, d’un aspect moins reluisant au pays de Washington.

Le procès de l’Amérique. Ta-Nehisi Coates. Autrement 123p.    www.autrement.com


 


 

La publicité un investissement plutôt qu’une dépense

Hélas, contrairement aux américains, les commerçants québécois n’ont pas cette culture où on doit voir la publicité comme un investissement et non seulement comme une dépense. Luc Saint-Hilaire, publicitaire de métier et chargé de cours à l’Université Laval, a ramassé tout son savoir en la matière pour la réalisation d’un ouvrage qui fait déjà autorité Petit guide pour grand succès publicitaires. Et là ou cet ouvrage se démarque de façon majeure c’est que le spécialiste n’est pas tombé dans la marmite du jeunisme, à savoir délaisser les canaux habituels pour ne se concentrer que sur le web. Il dit même que ceux qui l’ont fait risquent d’être perdants! C’est sans doute l’essai le plus réaliste en stratégie publicitaire jamais publié.

Petits guide pour grands succès publicitaires. Luc Saint-Hilaire. Québec Amérique 170p.       www.quebec-amerique.com


 


 

Réédition de l’histoire du Québec en photos

Quelle heureuse initiative de rééditer Une histoire du Québec en photos d’Hélène-Andrée Bizier. Car c’est un plaisir renouvelé que de tourner ces pages et d’être ému, voire nostalgique à regarder ces photos d’un autre temps, d’avant l’ère numérique. Et bien qu’un texte fourni accompagne les illustrations, les images valent quand même mille mots. Et saluons le travail de recherche qui a présidé à la conception de cet album de souvenirs que l’on voudra conserver auprès de soi. C’est un devoir de mémoire réussi.

Une histoire du Québec en photos. Hélène-Andrée Bizier 395p.   www.groupefides.com


 


 

Philosopher autour de la nourriture

Le chroniqueur et philosophe Normand Baillargeon a trouvé moyen de nous jeter par terre en produisant un ouvrage tout à fait philosophique sur l’alimentation. Ayant pour titre A la table des philosophes il fait intervenir l’Histoire dans nos rapports avec la nourriture, fait de la prospective sur l’alimentation durable et quoi encore. C’est presque un travail d’érudition qui a le grand mérite de rendre le lecteur plus intelligent à la sortie que lorsqu’il est entré. ET quelle somme de connaissances il incorpore à la défense et l’illustration de son propos. Maintenant en édition au Québec on a la fâcheuse tendance à produire du livre facile pour satisfaire les impératifs du marché. Saluons Flammarion Québec d’avoir donné son aval à un si beau travail intellectuel qui a intérêt à être coédité pour le marché mondial.

A la table des philosophes. Nromand Baillargeon. Flammarion Québec 207p.   www.flammarion.qc.ca


 




 

Paris vu par Stendhal et Cendrars

Aux éditions Alexandrines, deux nouveaux titres s’ajoutent à la collection « Le Paris de… ». Philippe Berthier nous entraîne en randonnée dans la Ville Lumière telle que l’appréciait Henri Beyle dit Stendhal qui, s’il avait en affection Milan, considérait Paris à nulle autre pareille. Plus que l’architecture de la ville c’est la vie trépidante qui l’enchantait où il pouvait donner libre cours à la récréation de son esprit. Puis vous avez Le Paris de Cendras présenté par Olivier Renault. Il rappelle que l’homme de lettres, parisien d’adoption car Suisse d’origine, a vécu dans les années trente dans le Triangle d’Or à l’Alma Hôtel au 12 avenue Montaigne et qu’il prenait régulièrement ses agapes chez Francis, établissement qui existe toujours près du pont de l’Alma. Deux petits bijoux qui n’ont d’autre objectif que de nous faire aimer davantage la capitale française.


 


 

Trois petits nouveaux chez French pulp

Ces trois titres sont tous les trois dans le format poche chez French pulp. Les deux premiers sont des polars. D’abord Privé d’origine de Jérémy Bouquin Qui nous présente deux personnages, Marco et Kloé. Le premier a raté un braquage en pleine Italie au temps des Brigades rouges. S’ensuit une interminable cavale qui va le conduire sur le territoire français en passant par la Corse. Ailleurs c’est cette jeune femme qui, en France est en quête de son géniteur. Deux âmes égarées en somme et vous allez voir pourquoi l’auteur les fait figurer dans le même bouquin.

Vient André Lay et Les enlisés. C’est un type possessif comme ce n’est pas permis, qui pour s’assurer de garder sa femme captive, va l’empoisonner. Elle va s’en remettre mais avec des séquelles. Il lui portera assistance durant sa convalescence. Mais son plan machiavélique va prendre une tournure inattendue qu’il n’avait pas imaginée chez sa femme.

Et dans le domaine de l’anticipation, la suite de cette saga que vous avez sans doute appréciée, La compagnie des glaces de G.-J. Arnaud « Les fous du soleil ». On ne peut avoir meilleur sujet futuriste que la Terre subissant une nouvelle glaciation. Les Terriens restant vivent désormais sous des dômes. C’est alors que des scientifiques se mettent en tête de faire revenir le soleil. Avec le risque d’une catastrophe, en raison de la fonte des glaces. Vous verrez ce qu’il adviendra dans le choix qui sera fait.  


 








 

Le coin santé physique et psychique

Il y a bien des avenues possibles pour faire passer le message de la réussite. On sait cependant une chose, non contestée, c’est qu’elle ne vient pas sur un claquement de doigt. C’est sans doute pourquoi Marc Alain a choisi la pensée au quotidien pour se faire avec Réussir un jour à la fois chez l’éditeur Modus Vivendi. Un peu comme les abbés jadis parcourant quotidiennement leur bréviaire à la recherche d’élévation spirituelle, ici l’auteur explore différents thèmes allant de l’éthique à la croissance en passant le bonheur et le respect. Chacun y trouvera son compte dans ces pages remplies de sagesse.

Chez l’éditeur Somme toute, un titre un brin provocateur Toutes les femmes sont d’abord ménagères de Camille Robert. L’historienne en a d’abord fait un mémoire duquel ce livre est tirée. Sa démarche lui a valu d’ailleurs une belle reconnaissance. En effet, elle a remporté le prix de la Fondation Jean-Charles Bonenfant lors de la remise des prix u livre politique de l’Assemblée nationale. En gros, sa recherche s’étend de 1968 à 1985. Car on a beaucoup revendiqué la reconnaissance du travail ménager, celui occupé par les mamans à la maison. Car malgré des acquis quand à la parité salariale homme et femme, l’idée de rétribuer les travaux domestiques demeure lettre morte. Et dans la division sexuelle du travail ménager, c’est encore la femme qui écope du gros de la tâche à accomplir. Et il ne lui faudrait pas que leur viennent l’idée d’exiger en retour.

Les deux titres suivants proviennent des éditions du Dauphin Blanc. Alain Williamson traite de l’énergie du cœur dans Les Cinq codes d’Éveil. En vérité c’est le prolongement d’un précédent ouvrage « Le chamane d’Ek-Balam »  dont nous vous avions parlé dans ces colonnes. Ou il exposait cinq codes de vie conduisant à l’élévation de la conscience : demeure dans la simplicité, cultive la joie, embrasse la mission de vie, endosse ta véritable nature et aime de tout ton être. Il revient donc sur ces credo en les développant davantage.

La coach de vie Lise Marie Boudreau s’inquiète de voir apparaître plein de gourous qui ont chacun LA recette. Et contre cette prolifération où se niche bien des charlatans, elle oppose la maîtrise de soi. Ainsi elle publie, Congédiez vos gourous Non seulement apporte t’elle son expertise personnelle, mais en plus elle a demandé la contribution de douze experts en développement personnel qui apportent chacun leur vision de la force de l’intériorité.

Et  aux éditions du Cram de Marie Elaine Girard, L’aventure d’une femme riche et célèbre qui est une variation sur le thème du pèlerinage de Compostelle. Cette infirmière de profession devenue ensuite thérapeute en relation d’aide, a senti un jour le besoin profond de retourner en elle-même et d’aller puiser des forces spirituelles absentes. Ainsi donc elle entreprendra de faire à son tour cette célèbre randonnée. Mais on ne quitte pas sur un coup de dé compagnon de vie et marmaille pour une aventure qui s’échelonnera sur trois mois. Elle aura des appréhensions. Au final elle va foncer et c’est son journal de pèlerine qu’elle nous livre. Et qui donnera certainement le goût à d’autres d’emboîter le pas.  



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