- LIVRES DÉCembre 2018 -
 
 


 


Comment élever des poules heureuses

Au Québec, la mouvance de l’élevage de poules en milieu urbain demeure encore timide. Mais pour ceux que ça intéresse, ou du moins qui ont cette curiosité, voici un guide qui dit tout de l’habitat des poules et de leur caractère. C’est Claude Lux qui devient ainsi notre professeur attitré avec Avoir des poules chez soi. Et même si on n’a pas l’intention d’en élever c’est intéressant de voir le lien qui peut se tisser avec cette volaille, même affectif! Et puis des trucs pratiques sur comment attraper une poule. Bref l’ABC du domaine maintenant à votre portée. Entre parenthèses ce peut-être utile pour un agriculteur qui veut changer sa production et s’y consacrer.

Avoir des poules chez soi. Claude Lux. Vigot 95p.    www.vigot.fr

 

 

 




 


Le coin couture

Deux titres aux éditions marie claire qui feront la joie des petites mains habiles à la couture. Enfin on pense aux femmes qui disposent d’un bon gabarit. Elles ont tellement été laissées pour compte. En collaboration avec Phildar voici Tricot pour les rondes avec des tailles allant du 42 au 60. Il y a 25 modèles proposées qui invitent à un univers tout douillet. Ça tombe bien alors qu’avec la saison actuelle on voudra s’emmitoufler dans de chauds tissus pour contrer les rigueurs de l’hiver. Et de son côté Annabel Bénilan nous conseille sur la manière de Coudre le wax avec des patrons du 36 au 44 et des tailles du 2 à 8 ans. Si le mot wax ici ne vous dit rien, sachez que c’est un tissu africain, très coloré va s’en dire. La créatrice part de ces matériaux qui autorise toutes les fantaisies et suggère quinze modèles. 

 

 

 








 


Le coin des créatifs

Toute une cuvée aux éditions marie claire pour ceux et celles qui ont l’habileté innée et qui aime donner naissance à des objets, des formes à partir de rien. Quatre titres nous arrivent. Prenez Ghylenn Descamps qui se présente avec 365 jours pour libérer sa créativité. Il faut avoir passablement d’imagination pour nous occuper de la sorte tout au long de l’année. C’est un livre inqualifiable qui est à sa façon un traité de psychologie créatif. Chaque page interpelle énormément le lecteur qui doit faire une sorte d’examen de conscience. En complément, l’auteure propose une activité à faire.

Si vous avez aimé le contact avec Ghylenn Descamps et son précédent livre, eh bien elle a aussi récidivée avec un autre titre Mes premiers pop-up où on trouve vingt créations. Là elle se défoule totalement avec divers matériaux dont elle fait surgir plein de jolies choses, dont des cactus, des fleurs, voire un chat. C’est fou ce qu’elle est imaginative.

Quel paradoxe, on parle d’écologie au Québec et de protection environnementale, mais avez-vous le gaspillage que l’on fait avec le carton ? D’énormes boîtes pour contenir souvent un tout petit article. Et où va se retrouver le carton en question ? Aux rebuts, empilant les enfouissements. Tant qu’à faire, pourquoi ne pas créer des objets avec ce matériau à notre portée. Si vous êtes en panne de créativité tournez-vous vers Frédérique Maurice qui lance Mes créations en cartonnage. Vous serez conquis par son immense talent. Dans ce petit album elle se limite à dix créations, mais ce peut-être le point de départ à d’autres folies.

Et pour conclure ce volet en beauté demeurons dans la récupération avec Ma déco 100% récup cosigné par Stéphanie de Lamotte et Sonia Roy. Ce sont vingt créations regroupés avec toutes sortes d’emballages recyclés. Vous n’avez pas idée de ce qu’on peut faire avec une boîte de conserve. Ailleurs c’est une habile utilisation du papier mâché ou des abat-jour renversants.

 

 

 


 


Une nuitée avec Jean Seberg qui n’est pas celle que l’on pense

Marie Charrel est journaliste au Monde. Et sans doute cela lui sert-il à sortir de la réalité de l’actualité, elle aime bien l’opportunité que lui procure le statut de romancier qui peut permettre de prendre des libertés avec les événements. Ainsi dans Ma nuit avec Jean Seberg elle imagine la rencontre d’une sympathisante des Black Panthers qui à Lausanne en 1970, plus précisément au chic palace le Beau-Rivage, va passer une nuit avec cette icône qu’est Jean Seberg. Dans le but de l’amener à épauler financièrement groupe radical afro-américain. Mais le résultat escompté ne sera pas au rendez-vous car il faut composer avec la personnalité insaisissable de la vedette de cinéma. Mais en revanche il y aura une jolie compensation. C’est un livre fort qui met en relation des caractères opposées mais qui vont s’unir dans l’amitié. Ça se termine trop vite à notre goût, on aurait bien pris cent pages de plus. Ce qu’il faut interpréter ici comme le plus beau compliment qui soit.

Une nuit avec Jean Seberg. Marie Charrel. Fleuve 362p.  
www.fleuve-editions.fr

 

 

 


 


Une vie ordinaire puis tout à coup…

C’est la belge Adeline Dieudonné qui avec son premier roman La vraie vie remporte le prix 2018 du roman de la FNAC avec ce tableau d’une petite famille sans histoire, un père chasseur passionné qui expose les têtes de ses prises et qui s’écrase un verre d’alcool à la main devant la télé, une jeune fille, la narratrice, sa mère complète effacée que la romancière décrit comme une amibe, c’est peu dire, et un petit frère Gilles. Mais méfiez-vous des apparences, car bien qu’elle offre toutes les apparences de n’être que sans histoire, il va survenir un accident qui changera la donne, directement pour ce qui est du frérot jadis souriant. Un drame profond. Le titre de l’ouvrage le dit bien que ça parle de la vraie vie. Du destin qui bascule parfois et qui va modifier la vie d’une petite famille. Le jury de la FNAC a visé juste.

La vraie vie. Adeline Dieudonné. L’Iconoclaste 266p.   
www.editions-iconoclaste.fr

 

 

 


 


Les lesbiennes étaient présentes dès la Préhistoire!

Il fallait être totalement ignares, faisons notre mea culpa, pour ne pas imaginer qu’il puisse y avoir eu des sentiments amoureux entre femmes et ce dès la Préhistoire! C’est entre chose ce que nous apprend l’historienne et médiéviste Louise-Marie Libert qui rend justice aux disciples de Sappho à travers l’Histoire avec cette Histoire de l’homosexualité féminine. C’est toute une galerie qui s’ouvre devant nous. On connaissait bien sûr la vie de Colette et de Virginia Woolf mais là vous avez un véritable Panthéon des amours qui n’osent dire leur nom. En même temps elle trace une brève étude de la perception du lesbianisme au plan scientifique que social à travers les âges. Ses portraits sont arbitraires car nous savons qu’il y a eu davantage de femmes en renom qui, si elles n’étaient pas exclusivement homosexuelles, sautaient parfois la clôture pour soupirer dans les bras de leurs semblables. Mais cet ouvrage a le mérite d’exposer une réalité historique.

L’histoire de l’homosexualité féminine. Louise-Marie Libert. Éditions Jourdan 265p.      www.editionsjourdan.com

 

 

 


 


De diverses choses sur le monde des femmes

Pour un titre accrocheur c’en est un Beyoncé est-elle féministe ? Ce sont deux femmes militantes au sein du mouvement « Osez le féminisme » Margaux Collet et Raphaëlle Rémy-Leleu qui ont jeté à travers ces pages, mille et un faits divers ou historiques qui montrent la place que n’ont pas occupées les femmes pour toutes sortes de raisons. Ainsi apprend on que la jeune sœur de Mozart composait elle aussi et qu’on l’a empêché au motif que ce n’était pas une situation pour une femme. On pense même que le divin Mozart se serait attribué des œuvres de sa sœur! C’est une véritable mine de renseignements qui n’intéressera pas que les femmes. Ces messieurs découvriront que la mise au ban des femmes au cours de l’Histoire est loin d’être une chimère, mais bien la honte de l’humanité. Puis les auteures ont voulu faire de l’information sous un mode culture générale aux femmes désireuses d’en connaître davantage sur leur condition.

Beyoncé est-elle féministe ? Margaux Collet et Raphaëlle Rémy-Leleu. Sur des illustrations de Diglee. First 230p.    www.editionsfirst.fr

 

 

 


 


Conserver des témoignages oraux de réfugiés montréalais

Un peu à la manière d’un Steven Spielberg qui a fondé un organisme qui a enregistré à la caméra les témoignages des derniers survivants de l’Holocauste afin de préserver dans un devoir de mémoire, ce qui fut l’horreur absolue pour que l’on n’oublie jamais, eh bien Steven High fait la même chose à l’Université Concordia de Montréal où il enseigne et où il a cofondé le Centre d’histoire orale et de récits numérisés. Et entre autres choses il a consigné les récits de réfugiés montréalais qui ont fui leur pays, théâtre de trop d’horreurs. Dans L’histoire de vie de réfugiés montréalais il raconte toute cette démarche et comment elle a été vécue par les principaux intéressés. En même temps, ce livre donne de la pertinence à la présence de migrants chez nous au moment où se pose tant la question identitaire.

L’histoire de réfugiés montréalais. Steven High. Presses de l’Université Laval 473p.      www.pulaval.com

 

 

 


 


La critique culturelle de 1920 à 1960

Les critiques Robert Lévesque au théâtre et Claude Gingras à la musique ont eu d’illustres prédécesseurs qui sont passé à la trappe de l’oubli. Karine Cellard et Vincent Lambert ravivent des époques du journalisme d’avant l’Internet où la plume comptait beaucoup et avec laquelle il fallait faire image. Espaces critiques avec pour sous-titre « Écrire sur la littérature et les autres arts au Québec 1920-1960) est un essai richement documenté. On s’attarde ici davantage à la littérature bien entendu qui dominait de beaucoup celle des autres arts. Et on voit que ce qui comptait pour les critiques c’est de saisir les ouvrages qui faisaient enfin office de littérature nationale. Et juste tribut, on rappelle que l’auteur dramatique Claude Gauvreau a fait de la critique. Et on verra quelle fut sa contribution. Il y a pleins de trouvailles qui valaient bien la peine de ressasser ces documents jaunis.

Espaces critiques. Karine Cellard et Vincent Lambert. Presses de l’Université Laval 393p.      www.pulaval.com

 

 

 


 


L’art du petit peuple magnifié

Les grands de l’Histoire de la peinture sans le vouloir, ont peut-être fait du tort à des artistes issu d’extraction et d’ambition plus modeste mais dont on reconnaît depuis peu en somme leur contribution significative à l’expression artistique. Et pour en juger voici le fondateur du Musée de Charlevoix, François Tremblay qui au cours de sa vie muséale a eu une rencontre déterminante avec le peintre américain Patrick Morgan en 1977. C’est ce dernier qui fera prendre au premier la mesure de ce qu’est l’art populaire. Le mentor a trouvé sur sa route un élève exceptionnel, car on doit maintenant à François Tremblay un beau livre ayant pour titre Art populaire une histoire des débuts aux Presses de l’Université Laval. C’est rare que cette maison d’édition se lance dans ce qu’on appelle le beau livre. Mais il faut dire que le thème était inspirant et c’est pourquoi aux PUL on n’a pas lésiné ni sur le format ni sur la présentation graphique de ce bel album qui rend justice à ces artistes un peu trop relégués dans l’ombre. Des découvertes à faire à la pelle. Chapeau pour ce bel exercice qui est un tribut magnifique à cet art encore trop méconnu.

Art populaire une histoire des débuts. François Tremblay. Presses de l’Université Laval.

 

 


 


Une fiction sur le temps suspendu

Au moment où on s’interroge sur le quota de migrants à faire entrer dans notre chère Belle Province, ne perdons pas de vue les belles contributions de ceux-ci à notre culture. C’est le cas de Gilles Dubois un franco-espagnol qui avait été requis comme policier lors de l’Exposition universelle de Montréal en 1967 et qui a eu un véritable coup de cœur pour la ville et est demeuré chez nous. Écrivain, onze de ses ouvrages ont été en nomination pour diverses distinctions littéraires. Et si la tendance se maintient L’homme qui venait de nulle part sa dernière ponte, devrait être dans les radars de certains jurys. Car cette fiction raconte la découverte par le protagoniste d’un manuscrit racontant les tribulations d’un SDF à Central Park en 1984. Avec cette particularité que l’infortuné est séquestré dans un village du Moyen Âge. Un bled où le temps est suspendu depuis 200 ans à l’intérieur d’une même seconde. Autrement dit, le temps passe très rapidement. C’est surtout superbement écrit et devrait être cité en modèle dans une classe de maître en français.

L’homme qui venait de nulle part. Gilles Dubois. L’Interligne 304p.   www.interligne.ca

 

 

 


 


Un sacré thriller psychologique

A l’évidence Colleen Hoover se sent comme un poisson dans l’eau avec la littérature fondée sur la psychologie. Et elle nous le rappelle encore une fois magistralement avec Première vue. Au point de départ c’est une adolescente qui a une marotte, celle de collectionner des trophées dont elle n’est nullement récipiendaire. Et lors d’une de ces trouvailles dans une brocante, elle fera la rencontre d’un beau jeune homme. Cupidon ne se tient pas très loin. Issue d’une famille dont les parents sont divorcés mais vivent toujours ensemble, la fille ressent sans de vivre des passions sentimentales qui vont l’arracher à son ordinaire. Partant du principe qu’on ne connaît vraiment quelqu’un que demain, et encore mieux le surlendemain, la jeune Merti Voss va devoir déchanter. Et vous verrez pourquoi à travers cette lecture passionnante.

A première vue. Colleen Hoover. Hugo 354p.    www.hugoetcie.fr

 

 

 


 


Macha confrontée avec la réalité de la différence des sexes

France Bourbeau fait son entrée en littérature avec Désolée Cendrillon le prince charmant n’existe pas. Qui nous raconte les aléas sentimentaux de son « héroïne » Macha qui est un pur produit féminin de son époque qui perçoit notre monde sous la coupe des hommes alors que nous savons bien que ce qui domine le monde et qui exploite tant les hommes que les femmes, c’est la finance. Bon bref, elle va faire des rencontres qui vont la désillusionner quel que peu. Comme dit le dicton bien connu, on paie cher pour apprendre. Ce pourrait être un roman teinté de noir, mais non il y a de l’espérance en bout de ligne. Car notre femme va se ressaisir et mieux affronter l’adversité. Mais retenons que comme noviciat dans le monde des lettres ça regarde bien. Elle sait très bien mettre le sujet, le verbe et son complément.

Désolée Cendrillon le prince charmant n’existe pas. France Bourbeau. Essor-Livres éditeur 199p.      www.leseditionsdelapotheose.com

 

 

 


 


Comment ameuter le monde au sujet d’une injustice ou un scandale

Ce qui est un peu formidable jusqu’à un certain point de vue, c’est que l’ère numérique a déclassé le journalisme dans sa façon de détenir l’information et la livrer. A-t-elle enseigne que l’on pourrait qualifier désormais les réseaux sociaux de cinquième pouvoir. Alors si vous détenez une info de premier plan ou vous avez envie de clamer une injustice, comment alors devenir sonneur d’alerte ? Eh bien voici le premier guide du genre L’art de lancer une alerte cosigné par Roger Lenglet et Isabelle Badoureaux. C’est pour vous permettre de communiquer votre nouvelle et sans faire de faux pas. C’est rudement bien fait avec mille conseils pratiques.

L’art de lancer une alerte. Roger Lenglet et Isabelle Badoureux. Éditions Yves Michel 262p.    www.yvesmichel.org

 

 

 


 


Des nouvelles sur notre condition de mortel en devenir

Mine de rien, la maison d’édition Pierre Tisseyre a franchi le cap des soixante-dix ans, ce qui en fait un établissement honorable qui poursuit sa belle mission de nous faire découvrir des auteurs. Et les auteurs qu’elle accueille sont signes d’intérêt, comme cette Anne-Michèle Lévesque qui débarque avec un recueil de nouvelles dont chacune se déroule un peu partout sur le globe et qui ont comme dénominateur commun…la mort! Les nouvellistes qui par définition doivent faire court ont cette qualité d’être de bons observateurs des êtres humains. Et cette écrivaine entre très bien dans cette confrérie, car chaque nouvelle a son climat bien particulier. A sa manière elle nous remet en mémoire que nous vivons tous sur du temps emprunté.

Trépasseport. Anne-Michèle Lévesque. Éditions Pierre Tisseyre 128p.  

 

 

 




 


La Bible et la cuisine végétarienne pour les nuls

Chez First dans la collection « Pour les nuls » deux gros pavés font leur entrée dans deux domaines bien différents. La Bible pour les nuls est signé par le théologien Éric Denimal. Il avait, permettez le jeu de mots facile, un sacré défi sur les bras en tentant de synthétiser en quelques pages le contenu du livre le plus traduit dans le monde. Car la Bible c’est en fait une réunion de livres. Et voilà que le gars réussit à faire des schémas faciles à comprendre, mais surtout quel est l’essentiel à retenir de cette vaste épopée. Même des prêtres en exercice vont prendre plaisir à revoir leur copie, car des enseignement sil y en a à la pelle. Saluons ce tour de force car le contrat était loin d’être simple. Il a réussi à relever le défi superbement.

Si le défi était moins exigeant pour le duo formé d’Émilie Laraison et d’Alice Le Grand pour la réalisation de Cuisine végétarienne pour les nuls il n’en reste pas moins que cette cuisine en vogue, surtout végane, couvre un très large spectre alimentaire. Mais la première qui est styliste culinaire et l’autre diététicienne dans la Ville Lumière, ont réussi elles aussi ce pari. En leur compagnie nous faisons le tour de tout ce qui peut être végé et santé.

 

 

 


 


Une sténo qui lève le voile sur les coulisses de la Maison-Blanche

Lors du lancement de son livre Good morning Mr. President! en France, on avait vu Rebecca Dorey-Stein venir sur le plateau télé de l’émission C à vous. Avec son allure de blonde du genre californienne ou si vous voulez de « pom pom girl » d’une équipe de football elle a conquis les chroniqueurs présent en racontant son histoire hallucinante d’une enseignante qui se cherchait du travail à Washington et qui un jour répondit à une offre d’emploi recherchant une sténo pour un grand cabinet juridique. Elle était loin de s’imaginer que c’était en réalité un job directement auprès de Barack Obama! Dans ces pages elle décrit de quoi à l’air le quotidien du personnel gravitant auprès de l’homme le plus puissant du monde. C’est rien de moins que captivant. Car si on peut se faire des images d’après ce qu’en donne parfois les médias, là on se trouve avec un témoignage en direct, au cœur de l’action. Un boulot prenant ? Un euphémisme!

Good morning Mr. President! Ma (folle) vie de sténo à la Maison-Blanche d’Obama. Rebecca Dorey-Stein. Nil 458p.     www.nil-editions.fr

 

 

 


 


L’érosion du mythe d’un Canada inclusif envers les noirs

Quand on voit aux États-Unis des reportages rapportés par l’actualité qui montre des policiers tirer sur des noirs gratuitement, souvent notre premier réflexe est de se dire qu’au Canada au moins on ne voit pas ce genre de choses et que notre si grand pays est un modèle au chapitre de l’inclusion. Vous allez grandement déchanter en lisant ce brûlot qui provoque l’érosion du mythe d’un Canada inclusif envers les noirs. Il a pour titre Noir(e)s sous surveillance de l’activiste féministe noire canadienne Robyn Maynard. Ouvrage très documenté elle passe en revue notre bilan en regard du comportement que nous avons à tous les échelons envers la communauté noire. Et c’est tout sauf reluisant. Un exemple entre autres, la prison de Bordeaux est surreprésentée par des noirs qui vivent dans des conditions jugées inhumaines. Ailleurs au pays ce sont des policiers qui se montrent harceleurs. A l’école on oriente les noirs vers des plateformes d’apprentissage sans ressources. Tout un pavé dans la mare. Ce n’est pas pour rien que la célèbre militante américaine Angela Davis n’a pas hésité à écrire que l’auteure « ébranle jusque dans ses fondements l’image multiculturelle et inclusive du Canada ». On ne peut souhaiter meilleure reconnaissance pour ce travail qui est complété par une bibliographie exhaustive pour qui voudrait aller plus loin à ce sujet.

Noir(e)s sous surveillance. Esclavage, répression, violence d’État au Canada. Robyn Maynard. Mémoire d’encrier 456p.   www.memoiredencrier.com

 

 

 


 


Sur la littérature autochtone d’expression française

Il suffirait de faire un vox pop sur la rue et de demander à l’homme de la rue s’il peut citer spontanément un auteur autochtone d’expression francophone. D’office on peut imaginer que tous donnerait leur langue au chat. Et c’est pourquoi une démarche comme celle entreprise par tous les contributeurs au livre Nous sommes des histoires permet de combler ce vide. Comme le corpus critique de la littérature autochtone anglophone est plus élaboré, on est allé y puiser des éléments de compréhension qui peuvent s’appliquer ici à celle francophone. Dans ces textes divers thèmes sont mis de l’avant, l’identité, l’hybridité, la colonisation, la coexistence avec les Québécois, l’environnement, les rapports entre les jeunes et les aînés et bien d’autres. Ce collectif tombe bien au moment où sous l’impulsion de Justin Trudeau on veut redonner la place qui revient à cette culture ancestrale et si riche. Considérez ce merveilleux livre comme une sorte de porte d’entrée.

Nous sommes des histoires. Réflexions sur la littérature autochtone. Mémoire d’encrier 275p.      www.memoiredencrier.com

 

 

 








 


Quatre BD qui retiennent l’attention

Le scénariste Fabien Nury et l’illustrateur Mathieu Bonhomme ont conjugué leur talent pour donner naissance à une saga historique Charlotte impératrice chez Dargaud, qui narre toutes les intrigues entourant Charlotte de Belgique âgée de 16 ans et fille du roi Léopold 1er que l’on pousse à un mariage la faisant entrer dans la famille des Habsbourg plutôt que dans celle régnante au Portugal. Les auteurs prennent bien soin de mentionner en prologue que bien les faits historiques sont réels, ils ont pris bien des libertés avec la réalité, faisant apparaître des personnages totalement imaginaires. Si one feuillettera pas cette BD pour son contenu purement historique, nous n’avons pas moins un feuilleton royal qui en dit long sur l’esprit qui régnait dans les arrangements menant à des mariages pour créer des alliances filiales. Et quoi qu’en pensée l’épousée, fut-ce t’elle malheureuse.

Chez Dupuis la fameuse série Les nombrils se poursuit mise en scène superbement par le tandem Delaf et Dubuc. Le huitième épisode sous-titré « Ex, drague et rock n’roll, met notamment en scène Karine qui a quitté l’école pour vivre l’étourdissement de la vie d’artiste de la pop. Puis un peu comme dans le genre de la fantasy où plus d’une histoire s’entrecroisent, vous avez le milieu dans le quel elle baigne avec des jeux de séduction en coulisses ou ouvertement. C’est un peu à la BD ce qu’est la chick-lit à la littérature. C’est léger comme tout, surtout distrayant. Vous allez trouver vos vies très reposantes.

Toujours chez Dupuis, ce sont les retrouvailles avec le vilain Zorglub le « héros » de José Luis Munuera. Il a toujours des envies de tout détruire sur son passage. Normalement on devrait fuir un pareil être, mais croyez-le ou non, il a des disciples! Notamment un petit bonhomme de dix ans, prénommé Zédrik qui l’adule. Le petit bonhomme fera connaissance avec la fille de Zorglub, Zandra qui ne le dispute en rien côté destruction. La question se pose, comment le modèle maître va-t-il composer avec ces petites personnes qui ont autant d’ambitions négatives que lui ?

Puis chez Lombard on remonte le niveau avec Kivu du duo Jean van Hamme et Christophe Simon. Qui reprend à sa façon la question de l’exploitation des ressources minières au Congo, comme le faisaient les belges au XIXème siècle et de manière sanglante. Ici rien ne change et le minerai qui est la source de toutes les convoitises, est le coltan, qui entre dans la composition des appareils électroniques. Un jeune ingénieur doit se rendre là bas en mission, mais ce qu’il va découvrir soulèvera son indignation. Ainsi il croisera sur sa route une fillette de douze ans, promise  à une mort certaine par la milice locale. Mais notre homme fera en sorte de ne pas la dénoncer pour sauver sa vie. Ce sera sa part d’humanité dans un monde où ce mot a disparu de la réalité.

 

 

 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

Le saviez-vous les yeux ont besoin d’exercices pour que vous puissiez maintenir une bonne acuité visuelle et diminuer la fatigue oculaire. Surtout avec tout ce temps que l’on passe devant les écrans bleus des ordinateurs. Alain Pénichot a conçu des exercices faciaux en ce sens, véritable gymnastique pour nos yeux si sensibles dans ces pages du Yoga des yeux chez l’éditeur marie claire.

Les trois autres titres qui suivent proviennent de chez le même éditeur. On a parlé de gym des yeux, pourquoi pas de gym tout court. Et encore mieux de Gym douce comme le présente Virginie Strobbe avec 88 exercices en tout et pour tout qui vont convenir à toutes les tranches d’âge. Ailleurs c’est Esther van Diepen qui a pensé à la femme en grossesse et qui est soucieuse de conserver une belle vigueur. Ce qui donne Enceinte et en pleine forme qui a la qualité de cumuler à la fois le livre d’exercices, des conseils pour un agenda de grossesse réussi et des recettes. Abondamment illustré ce sont forcément des mouvements non contraignants mais qui permettront une élasticité des muscles, ce qui ne peut pas être nuisible au moment de l’accouchement et de garder au corps une tonicité favorisant la récupération.

Vous ne retiendrez probablement pas son nom Anne-Victoria Fargepallet-Chansigaud mais il faudra surtout se souvenir du contenu de 24 h avec une naturopathe qu’elle définit comme un ensemble de bons gestes au quotidien pour améliorer le capital-santé. Il y a beaucoup de volets exploités dans ces chapitres qui vont de l’alimentation, l’hygiène, le sport, la gestion du stress et l’aromathérapie. Dans sa pratique elle s’était rendue compte que seulement quelques petits conseils permettaient une grande amélioration du bilan bien-être des gens. Elle a donc rassemblé l’ensemble de ses connaissances. Rien de trop dogmatique, seulement de petites choses à mettre en pratique et qui vont faire la différence.

 

 




 


Le coin santé physique et psychique (2)

Souvent devant des malaises psychologiques on songe au recours de produits curatifs ou bien d’analyses auprès d’un personnel. Mais il y a une alternative à laquelle on ne pense pas et c’est la philosophie. Rappelons-nous Descartes quand il disait « Je pense donc je suis ». Julie Tremblay détentrice d’une maîtrise en philosophie est d’avis est que dans cette science humaine on peut puiser de quoi résoudre bien des maux. Voilà qu’elle fait paraître à cette effet dans la collection de poche « A propos » des Presses de l’Université Laval La philosophie comme solution au ma de vivre. Un chantier à explorer hors de tout doute.

Un livre que nous recommandons tout spécialement est une science humaine négligée un peu par les temps qui courent, c’est la sophrologie qui est une technique de détente du corps afin que l’esprit puisse trouver un habitable serein pour s’épanouir. Marc Marciszewer a formé beaucoup de sophrologue et nous en parle avec enthousiasme dans Le corps est conscience, aux sources de la sophrologie non duelle chez l’éditeur Accarias. Un passage intéressant c’est la notion du vide de l’esprit. Il établit les distinctions qui s’imposent à cet effet. Bref, ce bouquin reprend à sa façon l’adage d’un esprit sain dans un corps sain si cher aux antiques.

Pour preuve que l’adoption n’est pas un phénomène banal au Québec, sachez que seulement entre 1940 et 1970 il y a eu 300 mille adoptions. C’est hallucinant. Et qui ne se souvient pas de la fameuse émission basée sur les retrouvailles animée par Claire Lamarche dont l’atmosphère en émotions était à couper au couteau sur le plateau. La psychologue Lucie Bourdeau qui pratique en Outaouais en sait quelque chose qui s’est faite une spécialité du domaine. Et elle parle en connaissance de cause car elle a été elle-même une enfant adoptée et a entrepris une démarche de retrouvailles. Et étonnamment, alors que ça touche plein de gens comme on le voit, rares sont les livres qui traite de cet aspect en psychologie, soit la quête de soi à travers la recherche des parents biologique. C’est chose faite avec Les retrouvailles en adoption aux éditions Card. Tout ce qui concerne les retrouvailles sont commenté dans ces chapitres éclairants.

Thérapeute en médecine chinoise et formatrice, il n’y a plus de secret concernant le Yi King pour Maud Ernoult qui nous ouvre les connaissances de ce jeu d’interprétation psychique au moyen de huit cartes. Ludique et pas banal comme on le constate à la lecture de son livre Améliorez votre vie grâce au Yi King. Tout tourne autour de la constitution d’hexagrammes. Et il y a des combinaisons que l’on peut faire selon la carte que le participant va tirer au gré du hasard. C’est aux éditions du Souffle d’or.

 

 


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