- mars- 2024 -
 
     
 


 

Un chantre de la liberté d’expression

Christian Dufour est celui que cherchait dans l’Antiquité le philosophe Diogène en quête d’un homme honnête. Ce chroniqueur que l’on apprécie sur plusieurs plateformes médiatiques, est aussi panéliste à Radio-Canada. Et c’est justement sur ce canal de diffusion qu’il a osé se poser des questions à haute voix sur le bien fondé de la pandémie de la Covid-19 au grand dam de Patrice Roy qui suintait de ne pas le voir se soumettre au discours uniformément médiatique pro-pandémie. Dufour lance un recueil de ses chroniques qui s’arrête en novembre 2020. On n’a pas hélas de son point de vue sur la Covid-19 qui faisait merveille contre les “merdias” comme les avaient surnommés les non moutons québécois. On appréciera tout de même dans ces pages la liberté de ton qui fait plaisir à lire. Un lucide qui fait du bien.
Plus que jamais la liberté Christian Dufour. Les éditeurs réunis 286p.
www.lesediteursreunis.com

 


 

Un thriller sur la corruption dans la construction

C’était étonnant qu’après toutes ces révélations sur les pratiques dans le monde de la construction, notamment la Commission Charbonneau, que la littérature ne se soit pas emparée plus tôt de cette thématique qui garantit à l’auteur de ne pas être confronté au syndrome de la page blanche. Eh bien c’est chose faite par le 25ème ouvrage de Luc Bertrand qui a pour titre Le syndicat qui se passe justement dans le merveilleux monde de la construction. Avec un journaliste qui ayant bénéficié d’une information de source sûre va vouloir infiltrer le milieu. Un terrain miné, quoi. En plus que pour ajouter du piment à son histoire déjà olé, olé l’auteur fait intervenir une femme auréolée de mystère qui va l’interpeler pas juste un peu. Un deux pour un explosif qui fera le bonheur des amateurs de thrillers à fond psychologique.
Le syndicat Luc Bertrand. Éditions Sylvain Harvey 295p.    www.editionssylvainharvey.com

 


 

La vie lyonnaise sur quatre générations

Philippe Manevy montréalais d’adoption et ressortissant lyonnais n’a eu qu’à puiser dans une partie de ses souvenirs maternel patrimoniaux entre autre choses pour structurer son récit La colline qui travaille saga familiale ayant pour décor Lyon, la ville phare des tisserands et de la gastronomie. C’est raconté avec un souci du détail psychologique qui nous confond d’admiration. En plus d’être servi par une langue belle. Il est vrai que tout individu, chez ceux que les médias nomment avec hauteur les anonymes, possède son histoire propre avec du matériau pour aboutir avec un ouvrage comme celui que nous tenons présentement dans nos mains et qui nous ravit. C’est un récit pétri d’humanité. Avant l’ère numérique bien sûr.
La colline qui travaille Philippe Manevy. Leméac 281p.   

 


 

Un homme qui a de quoi à raconter

Parfois c’est un exercice périlleux de réveiller des souvenirs enfouis dans le tréfonds de sa pensée. Les vies invécues de André Hamel met en scène un homme d’un âge respectable qui sent le besoin de se livrer. Comme il n’en a pas tout le talent de coucher ça sur papier, il fait intervenir une oreille attentive qui saura mettre en mots ce qu’il a a dire sur ses certitudes de vie. C’est un texte très riche que nous avons en main, tant par la valeur des histoires rapportées que par l’emploi d’un vocabulaire qui montre que le romancier a des lettres. Ce pourrait faire d’ailleurs un très beau film. Avis aux scénaristes en panne de sujet. Pour le moment, lisez et faites vos images.
Les vies invécues  André Hamel. Leméac 273p.  

 


 

Un premier roman réussi pour une reine de Netflix

Les accros des séries sur Netflix connaissent bien l’actrice Millie Bobby Brown. Non contente d’être devant la lentille de la caméra, cette mannequin, productrice et entrepreneure avec sa ligne de cosmétiques, ajoute un nouveau fleuron, celui d’écrivaine. En effet, elle publie Dix-neuf marches qu’a salué la critique. Décidément les fées se sont penchées sur son berceau, tout ce qu’elle touche lui réussit. Et pourtant avec ce roman elle ne se l’est pas donné facile, suivant son histoire dans le Londres bombardé au cours de la Seconde guerre mondiale. Avec une héroïne, qui dans ces moments tragiques, trouve le moyen de sourire à l’existence. Et pourtant elle sera frappée par un malheur tout proche dont on vous laisse découvrir l’objet. La romancière novice n’a pas choisi la facilité, car il lui aura fallu se documenter au préalable du contexte social de l’époque choisie. Cela annonce des lendemains heureux pour elle dans son nouveau choix de carrière. En tout ca on a hautement apprécié cette première mouture.
Dix-neuf marches Millie Bobby Brown. Robert Laffont 425p. www.laffont.ca

 


 

Une histoire forgée autour de dieux

Godkiller de Hannah Kaner est difficilement classable. C’est d’abord un roman, nourri de mythologie. Au départ une femme eu veux à tous ceux qui vouent un culte à des divinités, car des exaltés du genre ont massacré sa famille. Et on sait aujourd’hui en psychologie, que le prosélytisme religieux est maintenant catalogué parmi les niveaux de violences susceptibles d’engendrer des post-traumatismes à long terme. C’est donc dans cet état d’esprit que, même en dépit de sa hargne contre les sectes, elle va quand même croiser un dieu amnésique qu’elle veut trucider mais cela n’ira pas sans menacer la vie d’une jeune noble. Bref, nous sommes à la fois dans une sorte de fantasy qui n’ose dire son nom qui plaira incontestablement aux amateurs du genre.
Godkiller Hannah Kaner. De Saxus 394p.   

 


 

En détresse psychologique, le désarroi d’une identité du genre

Pour se faciliter la tâche on ne tentera pas d’élucider le genre sexuel du ou de la protagoniste du premier roman de Mélilot de Repentigny Nommer le vivant” qui est tombé dans la poutine de l’écriture inclusive dont nous nous insurgeons ici à la rédaction. Cela dit, au-delà des (e) placés à la fin de chaque identité, il reste que c’est un excellent ouvrage qui décrit la santé mentale dans toutes ses déclinaisons, le parent pauvre en soins de la santé au Québec. Le personnage principal séjournera en institut psychiatrique. C’est là que nous découvrons une galerie d’indiv.idus qui ont tous une histoire à raconter. Beaucoup de drames de vie. Le personnage central trouvera sa rédemption au contact de la nature. Beaucoup vont se reconnaître dans ces portraits. Pour un premier opus dans le monde des lettres, l’auteur tutoie ce qu’on pourrait nommer l’excellence.
Nommer le vivant Mélilot de Repentigny. Leméac 133p.

 


 

A la défense de Robert Musil

Le philosophe Jacques Bouveresse (1940-2021) a tenté de recadrer la démarche de Robert Musil (1880-1942) dans un essai lumineux ayant pour titre La passion de l’exactitude. Il faut savoir que Musil était consterné des limites de l’enseignement de la philosophie telle qu’elle se pratiquait à son époque. Et dans ce sens a refusé de se diriger vers l’enseignement académique du genre, qui aurait été sa destinée logique. Il a choisi plutôt la littérature avec le niveau de précarité qui l’accompagne. Si désespérante parfois qu’il a songé à s’enlever la vie. C’est qu’il était d’une lucidité incroyable concernant l’état du monde et la modernité. Bouveresse revient sur ses pas, nous apprenant à mieux le connaître, et surtout à l’aimer.
La passion de l’exactitude  Jacques Bouveresse. Hors d’atteinte 102p.     www.horsdatteinte.org

 


 

Un conte sage et merveilleux pour adulte

Attention, si on emploie ici le terme de conte pour adulte, ni voyez rien d’érotisant. Au contraire La Princesse sans reflet de Marine Peyrard sur des illustrations de Mirion Malle est de facture tout à fait classique avec princesse et prince au rendez-vous. Mais le niveau de langage, nous donne ici à penser qu’il est destiné à un public adulte, car le niveau de réflexion est assez élevé. En tout cas, sans faire d’introspection à l’infini, on s’est laissé porter par cette gentille historiette où la candeur le dispute à la lucidité.
La Princesse sans reflet Marine Peyrard, illustrations Mirion Malle. Éditions Daronnes 80p.     www.editionsdaronnes.fr

 


 

Découvrez un magnat de l’Ouest canadien, mécène de jeunes femmes

Nous allons être tout de go honnête, nous ne savions rien de Patrick Burns sénateur canadien, magnat de l’Ouest canadien avec un empire agro-alimentaire comportant 3000 kilomètres carrés de terres allant de Calgary à la frontière américaine. Un homme de grande correction qui n’avait aucun vice connu, ne buvant ni ne fumant. Toute sa vie était consacrée aux affaires. Il était d’un commerce agréable. Seule singularité, il sera le mécène de trois jeunes femmes avec qui, il n’avait pas de liaison connue. A la troisième il accorda même une pension à vie. Mais pourquoi ? C’est ce que tente de savoir Nadine Mackensie dans la monographie qu’elle consacre à l’homme d’affaires Patrick Burns, roi du bétail et les trois divas. Preuve étonnante que le Canada est bien frappé par deux solitudes, on ne sait rien de ce qui se passe à l’ouest de l’Outaouais.
Patrick Burns, roi du bétail, et les trois divas Nadine Mackenzie. Plaines 78p.    www.plaines.ca

 


 

Le fils de l’estafette de la famille d’Anne Frank lève des voiles

Décidément le cas d’Anne Frank est un puits sans fond de découvertes. Ce fameux journal de la jeune fille qui nous parviendra. Tout cela grâce à une proche Bep Voskuijl engagée comme secrétaire par les Frank. C’est elle qui sera le relais de tout ce qu’ils auront besoin durant leur cache à l’issue tragique. Le fils de cette dernière, Joop Van Wijk-Voskuijl aidé par le journaliste belge Jeroen de Bruyn a voulu mettre les points sur “i” notamment en réaction aux révisionnistes sensationnalistes. Il lève le voile sur des faits inédits dans ce livre passionnant, c’est un euphémisme, Les derniers secrets d’Anne Frank. Les fanas de l’Histoire et particulièrement ce qui entoure l’Holocauste vont être comblés.
Les derniers secrets d’Anne Frank Joop Van Wijk-Voskuijl et Jeroen de Bruyn. Michel Lafon 301p.     www.michel-lafon.com

 


 

Deux livres à posséder sans faute pour combler l’inculture

L’école, disons le franchement, est une usine à cancres. On n’y apprend rien, et l’université c’est du bourrage de crâne. Avec à la clé des élèves, les pauvres, incultes. Ils connaissent mieux Kim Kardashian que Rimbaud. Et le pouvoir adore car moins on sait et plus on a peur. Alors pour ceux qui souffrent cruellement d’inculture, faute de maîtres, rapportez vous impérativement aux deux tomes de Portraits de femmes et d’hommes remarquables un assemblage de courtes monographies qui donnent le goût d’en connaître davantage. C’est vraiment un travail admirable et saluons l’éditeur Jean-François Déry des éditions JFD qui a initié ce projet qui a nécessité une cohorte de collaborateurs. Un de nos co-éditeurs, autodidacte proclamé, n’en revient pas de ces parutions qui sont des planches salutaires. Vous avez là un mélange de célébrités tant à l’international que chez nous. Le plus beau compliment que l’on peut faire à cette démarche est que l’on sort de ces lectures plus intelligent que lorsque l’on y est entré.
Portraits de femmes et d’hommes remarquables T. 1 et T.2 Collectif éditions JFD

 


 

Le texte d’une pièce de théâtre sur le drame à Polytechnique

Belle initiative des éditions Atelier 10 de publier le texte de Projet Polytechnique une pièce de théâtre dont personne ne se rappelait à la rédaction et qui a été jouée sur la scène du Théâtre du Nouveau Monde du 14 novembre au 13 décembre 2023 et qui est en tournée présentement à travers le Québec. Pièce cosignée par Jean-Marc Dalphond cousin d’une victime de Marc Lépine à Polytechnique et Marie-Joanne Boucher. Cette production dramatique tente de décrypter la misogynie. Comment elle naît, se nourrit et s’exprime. C’est un travail de mémoire qui méritait d’être souligné de cette autre façon, afin de ne jamais oublier.
Projet Polytechnique Marie-Jeanne Boucher et Jean-Marc Dalphond. Atelier 10 194p.   www.atelier10.ca

 


 

Tout savoir sur le haïku

Ils sont mignons ces petits poèmes d’origine japonaise que l’on nomme haïku. Maintenant quelle est leur histoire ? Hélène Leclerc a pris sur elle de tout nous dire à leur sujet avec des exemples à la clé et une petite anthologie. Elle a elle-même écrit dans le genre et donne des ateliers sur eux auprès des jeunes. Le plus petit poème au monde est un travail didactique que nous saluons car il fait l’introspection d’un style littéraire attrayant et chargé de beauté à sa plus simple expression.
Le plus petit poème au monde  Hélène Leclerc.  Éditions David 204p.   www.editionsdavid.com

 


 

Une lesbienne racisée en rupture avec les recettes normées

Sara Ahmed affiche ses couleurs, elle est lesbienne racisée. En rupture avec à peu près tout ce qui est la norme pour soi-disant atteindre au bonheur. Elle a compris que si les livres de croissance personnelle prônent d’affirmer son “je” lorsqu’on le fait, on se fait accuser de ne penser qu’à soi. Eh bien, elle s’en fout et envoie valser toutes les valeurs du monde “normal” hétérosexuel. Vivre en féministe est un brûlot qui fait du bien à lire. Il y a dans ces pages une belle métaphore au sujet de la casse avec son monde. C’est comme un os qui est fracturé et qui, même rétabli, comporte une cicatrice. C’est une lecture oxygénante qui nous est proposée. Et aux hétéros de le lire pour comprendre ce qui ne va pas dans leur parfois à vouloir que tout le monde soit dans le rang. Pour ceux qui voudraient nourrir le sujet, l’auteure nous offre en fin d’ouvrage une bibliographie exhaustive.
Vivre en féministe Sarah Ahmed. Éditions rue Dorion 452p.  www.ruedorion.ca

 


 

Les stars, leur emploi du temps durant la Seconde guerre mondiale

L’historien du cinéma Philippe Durant a choisi un sujet riche en événements, à savoir quelles ont été les activités des vedettes du cinéma durant la Seconde guerre mondiale. En couverture de Stars en guerre 1939-1945 on voit le couple Jean Gabin et Marlène Dietrich. Le premier qui s’est laissé convaincre par l’allemande de venir vivre aux États-Unis, mais qui ne parlant pas anglais et déraciné totalement au plan culturel s’est ennuyé comme la pluie et a éprouvé du remords de ne pas avoir combattu sous les drapeaux. Il retournera en Europe pour servir auprès de alliés, ce qui lui vaudra des cheveux blancs…L’auteur nous présente une galerie allant de Burt Lancaster, à Audrey Hepburn, en passant par Danielle Darrieux et une foule d’autres. De quoi mesurer leur niveau de patriotisme individuel.
Stars en guerre 1939-1945  Philippe Durant. Alisio 366p.    www.alisio.fr

 


 

L’écologie subjective

Au même titre que dans les Écritures on nous dit que poussière on retournera en poussière, eh bien la nature était avant nous et le sera après notre mort. Ce dont on oublie. Car cette Terre souffre beaucoup du traitement qu’on lui inflige. Philosophe et juriste, enseignant la philosophie de l’environnement à l’Université de Lausanne, Gérald Hess nous sert un essai d’écologie subjective pour nous rappeler d’où on vient et vers où nous allons. Conscience cosmique pour une écologie en première personne est une invitation à regarder autrement la nature, la respecter. C’est un livre sur notre responsabilité et notre rôle d’être humain. Nous avons certes des droits mais aussi des devoirs. Notre humanité suppose l’implication.
Conscience cosmique pour une écologie en première personne Gérald Hess. Éditions Dehors 417p. 

 


 

Du Musso pur jus

Guillaume Musso est dans le top trio des meilleurs vendeurs. Un dernier palmarès vient de nous le rappeler. Premier lauréat francophone du prestigieux prix Raymond-Chandler couronnant un maître du suspense, il débarque avec sa dernière mouture Quelqu’un d’autre qui démarre avec le meurtre du riche héritière oisive pour lequel des suspects sont en lice. Et ce qui est amusant et vrai, c’est qu’en quatrième de couverture l’auteur raie le mot page originel pour écrire “qui ne livre sa vérité qu’à la dernière ligne”. Oui car ces rebondissements nous amènent qu’à la toute fin. Il est un digne héritier d’Agatha Christie. Et on remarque qu’en même temps qu’il s’appuie sur une histoire bien ficelée, il peaufine les dialogues pour les rendre plus percutants.
Quelqu’un d’autre  Guillaume Musso. Calmann-Lévy 338p.    www.calmann-levy.fr

 








 

Le coin des petits

Nous avons fait le choix délibéré à Culturehebdo d’éviter les recensions d’ouvrages destinées aux touts petits enfants, ce qui nous prendrait un temps fou pour plancher sur souvent des plaquettes cartonnées de huit pages. Mais il y a des exceptions quand elles font oeuvre d’éducation. C’est le cas de Pourquoi maman va travailler ce soir ? de Annik De Celles et Jean-Sébastien Bédard sur des illustrations de Geneviève Boivin. On veut expliquer aux jeunes têtes pourquoi faut-il que maman doivent aller chercher de quoi acheter les nécessités, par un travail aux horaires atypiques. En cette période de vol économique par l’establishment qui oblige les deux parents à bosser pour survivre, cet ouvrage est d’utilité publique. C’est aux éditions Septembre.

Chez Fides une nouvelle collection voit le jour Civilisations qui s’est donné comme mandat de faire un retour en arrière sur tout ce qui a forgé le corpus de connaissances d’aujourd’hui. Et nous avons un album qui donne le ton consacré aux Histoires de constructions et monuments incroyables fruit du travail de Evelyne Ferron et Jordanne Maynard. On a fait un choix arbitraire de monuments emblématiques comme les mythiques pierres de Stonehenge, le Colisée de Rome ou bien la grande muraille de Chine. Des textes courts qui donnent le goût d’aller plus loin.

Chez l’éditeur Michel Quintin, réédition d’un ouvrage qui fait toujours merveille et qui a été revue et mise à jour Je deviens astronome du réputé Pierre Chastenay. L’auteur nous partage généreusement ses trucs pour observer avec même des appareils faits maison. Il nous apprend même à voir à l’oeil nu des phénomènes célestes. Comme l’école ne nous apprend plus rien, c’est un ouvrage que les parents pourront remettre entre les mains de leur progéniture et ouvrir leur curiosité.

Enfin chez Nuinui dans la collection “Cherche et trouve” c’est la mer qui est proposée en pop-up. Une lecture interactive où à chaque page on a sept éléments à chercher. Un frère et une soeur nous servent de guides. Judy et Jody nous conduisent à des surprises.  Salutation à l’éditeur pour la prouesse d’éditer en pop-up dont on suppose que ce ne doit pas être simplet. Cet album coloré à souhait est destiné aux tout-petits.

 


 

Une frustration droit au coeur

Audrée McNicoll a fait ses marques dans le roman historique, un genre qui a toujours la cote au Québec. Voici le tome de la saga Tennessee qui a pour titre Te détester ou t’aimer. Qui narre les tribulations sentimentales du fils d’une famille de rancher, nous sommes en 1887, qui veut faire carrière dans le rodéo. Mais une blessure va mettre fin à cette ambition. Pendant ce temps, il a eu le temps d’observer qu’une emmerdeuse jeune fille de son enfance, telle une chrysalide transformée en papillon, s’est mû en une très belle jeune femme. Mais hélas pour lui, son meilleur ami a mis le grappin dessus. Que va t-il décidé alors ? C’est tout l’enjeu de cet ouvrage qui va ravir les adeptes des séries. On ne vous dévoilera pas la finale pour ne pas bouder votre plaisir. Mais plaisir il y aura assurément, car la romancière maîtrise bien les recettes.
Tennessee Te détester ou t’aimer. Audrée McNicoll. Éditions de Mortagne 350p.      www.editionsdemortagne.com

 


 

Les apports du féminisme dans l’organisation du travail

Une décennie ça peut être significatif. Et depuis les années 90, on a pu observer des incidences du féminisme dans le monde du travail. Sous la direction de Nancy Aumais et Léa Dorion nous avons maintenant un essai qui fait le bilan sur l’influence de la pensée féministe dans l’organisation du travail. Féminisme et management fait le point sur les travaux en langue française qui ont été réalisés dans le secteur. Un ouvrage fondateur dont la rigueur force le respect.
Féminisme et management  Collectif. Presses de l’Université Laval 443p.      www.pulaval.com

 


 

Comment la domination masculine compose avec le changement

Avec les avancées du féminisme qui capte toutes les attentions, qu’en est-il maintenant de la suprématie masculine ? Eh bien un essai tente une radiographie du masculinisme au XXIème siècle. C’est un essai éclairant Le gouvernement des conduites masculines travail en collectif sous la direction de Delphine Dulong et Anne Catherine Wagner. A la lecture de cette enquête qui est allée chercher des exemples dans bien des milieux souvent opposés les uns des autres, il appert que la domination masculine n’a pas dit son dernier mot et qu’elle surfe même très bien. Ces dames ont encore bien du travail à faire pour changer ces comportements milléniaux. État de la situation qui n’augure rien de très réjouissant. Les mâles tiennent bien à leurs prérogatives.
Le gouvernement des conduites masculines Collectif. Éditions de la Sorbonne 202p.      www.editionsdelasorbonne.fr

 


 

Le pétrole du Nigeria, source d’abominations en tout genre

Marc-Antoine Pérouse de Montclos directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement  est un spécialiste du continent africain avec des ouvrages qui font autorité. Cette fois il s’attache à un pays le Nigeria dont le pétrole est source de toutes les convoitises et où tous les moyens sont bons pour parvenir à ces fins, corruption et contrebandes. Ce pétrole qui alimente un automobiliste sur dix en France, ce qui n’est pas rien. L’auteur qui a mené une enquête très poussée fait un constat de l’état lamentable de la gestion là bas où l’insécurité domine. C’est l’or noir qui est en jeu. La production d’hydrocarbures qui devrait être source de prospérité fait problème.
Nigeria la fabrique de la malédiction du pétrole dans le delta du Niger Marc-Antoine Pérouse de Montclos. Éditions de la Sorbonne 335p.   www.editionsdelasorbonne.fr

 


 

Considérations sur les abeilles et autres bestioles de jardin

A lire Geneviève Boudreau qui a terminé une maîtrise en études littéraires avec son essai Une abeille suffit, on penserait plutôt avoir affaire à une entomologiste plutôt qu'une femme de lettres. Et pourtant elle arrive à combiner les deux dans cet espèce de carnet d'observation, où la dame a une acuité de l'observation très particulière. Elle organise son jardin tout en regardant ce qui bourdonne ou grouille sur le sol. Après lecture, on en sort plus intelligent d'une part, et on ne voit plus tout à fait son jardin de la même manière. C'est une belle ode littéraire à la nature. et comme on est au Noroît on ne peut évidemment pas faire l'économie de quelques vers qui se trouvent en fin d'ouvrage C'est un beau livre, point barre.
Une abeille suffit. Geneviève Boudreau. Noroît 146p.    http://www.lenoroit.com

 


 

Agresseurs et victimes de la radicalisation ensemble pour se rétablir

L'actualité nous amène quotidiennement son lot d'attentats et d'agressions au nom du djihad. Au-delà de ce qui est hélas une routine, ce sont des vies brisées. Tant du côté des victimes que des agresseurs. Bref, tous ceux qui vivent aussi des dommages collatéraux. Une expérience a été menée où chaque camp s'est retrouvé pour témoigner de ce que chacun ressent. Une expérience qui est rapportée et commentée dans Faire société malgré les attentats, fruit du travail de Vincent de Gaulejac et Isabelle Seret, deux sociologues qui nous ont donné par le passé un ouvrage intitulé Mon enfant se radicalise chez l'éditeur Odile Jacob. Ce livre nous apporte des visions autres que ce que véhiculent les préjugés. La nature humaine est toujours à l'avant-plan. Peut-être que la démarche éclaire l'adage qui veut que l'homme soit un loup pour l’homme.
Faire société malgré les attentats Vincent de Gaulejac et Isabelle Seret. Érès 218p.    http://www.editions-eres.com

 


 

Une fiscaliste du top 50 mondial nous offre un thriller fiscal inédit

Brigitte Alepin est une pointure de la fiscalité, figurant dans le top 50 mondial des professionnels du domaine. Elle est appelée comme experte par les gouvernements et son ouvrage phare "Ces riches qui ne paient pas d'impôt" est un best-seller. Elle s'est dit que par le biais du roman on pouvait expliquer les ficelles de la dark finance. Elle imagine un Québec qui est devenu indépendant en 2034. Et qui de surcroît, pour assurer sa prospérité, se classe parmi les paradis fiscaux. A côté de cela pour avez Cécile Larrivée, une spécialiste en politiques fiscales qui déménage ses pénates vers l'Europe où elle tentera sur diverses tribunes d'alerter les menaces qui pèsent sur le Québec et par extension les démocraties. Car l'auteure montre bien que les gouvernements sont devenus fantoches et que ce sont des entités puissantes qui mènent désormais le monde. C'est un ouvrage de politique fiction certes mais qui a des accents de véracité. En tout cas, pour son initiation au genre littéraire Brigitte Alepin tutoie déjà l'excellence.
L'alerte. Brigitte Alepin. Druide 248p.   http://www.editionsdruide.com

 


 

Mère et fille, migrantes climatiques

Étrangement, malgré le phénomène exponentiel des migrations climatiques, il n'y a pas tant que ça de romans qui se soient emparé. du sujet. Judy Quinn comble le vide avec L'étoile de la montagne, un beau roman, qui met en scène une mère et sa fille, tricotées très serrées comme on dit chez nous. Qui ont fui un environnement hostile et qui débarque à l'hôtel de L'Étoile de la montagne, un établissement cinq étoiles. C'est un choc culturel car ici tout annonce des lendemains qui chantent. La romancière, lauréate 2012 du prix Robert-Cliche a eu le talent de vampiriser les états d'âmes de ces deux personnages.
L'Étoile de la montagne. Judy Quinn. Leméac 173p.  

 


 

Paris dans tous ses états

La Ville Lumière ne cesse de féconder des chefs-d'oeuvres voire des oeuvres tout court. Charles Dantzig débarque avec Paris dans tous ses siècles. On pourrait écrire aussi Paris dans tous ses états. Car le romancier qui ne cesse d'étonner, mêle un bestiaire qui parle, des humains en tout genre. Bref une faune parisienne éclatée avec des flash-back sur des pans historiques. C'est toute une salade niçoise que ce bouquin qui l'emporte plutôt sur l'ambiance rapportée que sur l'histoire comme telle, volontairement décousue pour nous perdre et nous reprendre par la main. A peine sorti des presses, le roman a été salué pour son côté vertigineux. Même les mouettes sont mobilisées pour les fins de l'action. En tout cas, l'adjectif qui convient le mieux est  déroutant.
Paris dans tous ses siècles. Charles Dantzig. Grasset 341p.  

 


 

L'humour corrosif de Virginie Fortin couché sur papier

C'est assez rare les textes des humoristes s'adonnant au stand-up comic. Des livres de blagues il en pleut, mais des transcriptions de monologues c'est assez rare. Assez en tout cas pour qu'on vous parle de la sortie du texte du spectacle de Virginie Fortin "Du bruit dans le cosmos". Elle est impertinente celle-là et ça fait du bien ces petites transgressions à la norme. Comme lorsqu'elle suggère à la NASa de présenter aux extra-terrestres des photos de nus d'êtres humains afin qu'ils nous connaissent mieux. Mais elle craint la censure de l'agence spatiale. Ou bien ses considérations sur l'argent qui valent le détour. Chose sûre, toute personne qui fait rire, même ne serait=-ce que sourire dans ce monde tragique, est une bienfaitrice de l'humanité.
Du bruit dans le cosmos Virginie Fortin. Atelier 10  57p.    http://www.atelier10.ca

 


 

Le coin de la poésie

Aux Écrits des Forges nous arrivent deux recueils qui nous font planer. Ce qui n'est pas mauvais en ce temps où la poésie est salvatrice pour échapper à la morosité de notre époque. Vous avez d'abord Carole Massé (photo) qui présente Journal d'un dernier voyage. Remarquez que le thème n'est pas jojo, la disparition de l'être aimé et comment survivre. Eh bien justement ces considérations nous élèvent au-dessus de la mêlée. Car on a évacué la mort dans nos sociétés. Et ce n'est pas le populo scotché aux smartphone qui va arranger la chose. La poétesse nous met en pleine figure la dureté de la disparition. Extrait "A longueur de journées je suis en quête de jambes. Pour tenir debout traîner mes pieds éviter de basculer dans le vide autour de moi".
Tout autre registre avec Jean Perron et Reprendre pied sur l'horizon. Nous faisons face ici à un observateur de ce qui l'entoure. Normalement, cette catégorie d'être n'échappe pas à la lucidité. Mais lui, s'il voit bien les choses en face, ne désespère pas de l'état du monde. Il nous invite à jeter un regard positif. Extrait "Je contemple tisons du soleil le ciel devient le foyer de la terre un feu de camp vers lequel je me tourne pour aller à la rencontre de la nuit".

 


 

Introduction dans le monde du jeu

Lula Carballo a choisi d'exploiter un beau thème et inépuisable, celui des addictions, et notamment celui du jeu. Dans Maquina, son personnage central, Luz, va se faire employer dans un casino afin de mieux observer sa grand-mère, joueuse compulsive. Et sur place, dans cet environnement obsessionnel, elle va croiser celle que la romancière identifie comme Madame B. Qui est une bourgeoise finie et qui vous un culte à Leonard Cohen. Il va s'installer une étrange relation entre ces deux êtres que tout au départ oppose. En plus que lorsque Cohen va mourir, alors là c'est la totale chez Madame B. L'écrivaine déploie ici tout son talent pour décrire les pathologies de celles qu'elle rencontre. Ce sont de beaux portraits. Elle regarde l'univers du casino comme un entomologiste étudie les fourmis. Et dieu sait qu'il y a à voir dans ce genre d'établissement. Le style est très vivant, ce qui ne nuit pas au plaisir de lire. C'est une belle surprise de cette saison littéraire.
Maquina. Lula Carballo. Leméac 185p.  

 


 

Le coin de la BD

A quoi pense un fantôme ? Avouez que l'on s'est tous posé la question un jour ou l'autre. Eh bien si vous n'avez pas de réponse, allez voir Le sad ghost club de Liz Meddings. L'auteure qui a de l'empathie pour la nature humaine, aurais fondé une sorte de club virtuel si on comprend bien, pour tous les petits fantômes qui se sentent seuls, en déficit d'altérité. C'est un peu compliqué à comprendre, mais cet album qui paraît chez Le lotus et l'éléphant est mignon comme tout car le fantôme principal veut connecter avec le monde, même si le rapport à l'autre est souvent compliqué. D'autant qu'il s'était habitué à vivre en mode seul. Ce fantôme on l'adore et on voudrait s'en faire un ami. Allez à sa connaissance. Il est pétri d'humanité dans un monde qui en manque tant.

 


 

Des femmes fatales sous le crayon de Sergio Toppi

Sergio Toppi un artiste visuel italien de renom, a fait l'objet d'une exposition significative à la Galerie Schubert à Milan. C'était en l'an 2000. Si la chose vous a échappé, vous avez une excellente occasion de vous rattraper avec le catalogue qui sort Le donne di Sergio Toppi accompagné de divers commentaires dont celui de l'artiste. Outre les crayons de Toppi qui illustrent en soixante dessins des femmes fatales, d'ailleurs l'exposition portait comme titre Judith & autres femmes fatales. Elles sont chics et fortes les femmes du maître. Et si on les voit d'une certaine façon, les descriptions nous amènent vers d'autres rivages de la pensée. Ce livre est un bel objet. C'est tout dire.
Le donne di Sergio Toppi. Judith & autres femmes fatales. Mosquito

 


 

Désir d'enfant chez un couple de femmes

L'instinct de reproduction n'est plus réservé qu'aux hétérosexuels, l'évolution de la société, du moins en occident, fait en sorte que ce désir de donner la vie est aussi le lot des couples homosexuels et lesbiennes. Et la littérature s'est emparé du sujet bien évidemment et de belle façon comme avec Catherine Laurent qui arrive avec La possibilité d'un enfant. Elle campe deux femmes qui en pincent l'une pour l'autre et dont l'accomplissement sera qu'une porte en son ventre le fruit de leur amour. Et tout ça se passe bien avant la période du mariage pour tous, La romancière qui a travaillé en milieu psychiatrique en connaît un rayon sur les méandres de la sensibilité humaine. C'est pour cela qu'elle nous gratifie d'une belle histoire. Qui intéressera les curieux hétéros qui veulent savoir ce qui se passe dans la tête de ces femmes en amour et leur motivation, car lorsque l'on sait, on a moins peur de l'autre. C'est un beau à la diversité.
La possibilité d'un enfant. Catherine Laurent. Hors d'atteinte 180p.      http://www.horsdatteinte.org

 


 

Variations sur les tricoteuses et dentellières

Le vieil adage "le journalisme mène à tout" pourrait être repris par la littérature qui parfois nous offre de ces belles surprises. Tel cet ouvrage en collectif sur le thème des Tricoteuses er dentellières. On a demandé à un aréopage d'écrivaines de laisser libre cours à leur imagination sur ce sujet. D'abord, et on l'apprend dans le communiqué de presse accompagnant la sortie du livre Tricoteuses et dentellières que ces professionnelles du tricot ont joué un rôle en catimini au cours des grands moments de l'Histoire, comme lors de la Révolution française et l'Occupation. C'est qu'on ne portait pas trop attention à ces femmes paisibles en apparence, toutes concentrées sur leur travail, alors qu'elles étaient d'actives relayeuses de messages. Au risque tout de même de leur vie. Nos auteures de maintenant ont des vues plus diversifiées sur la chose. Et ça donne de l'imagination à pleines pages. Un bel exercice de style. Un beau fleuron en tout cas au catalogue de l'éditeur.
Tricoteuses et dentellières. Collectif. Éditions Marchand de feuilles 204p.    http://www.marchanddefeuilles.com

 


 

Les sommets de Serge Coupé

C'est toujours édifiant de lire ce qu'a à raconter un alpiniste. Car toute leur vie est fait de défis. Et Serge Coupé n'échappe pas à la règle qui a cumulé de beaux palmarès. Il se raconte dans Ma voie avec comme sous-titre "De la Résistance au grand alpinisme". En couverture, une photo d'archives où on le voit porter un regard vers un quelconque sommet. Durant la guerre il va défier son père pour entrer au maquis et faire front à l'occupant allemand. Le père s'opposait fermement, le fiston n'en avait cure et quitta le foyer familial. Après la guerre, ce fut la période de formation à l'escalade. Le talent de Coupé ne se limite pas à l'ascension en hauteur. Il sait être un très bon conteur et nous nourrit en anecdotes. On adore. Cette lecture devait être obligatoire au programme scolaire pour donner des idées à ceux et celles qui ne savent pas quoi faire de leur existence. Le gars est un modèle. Il fait honneur à la France.
Ma voie. Serge Coupé., les Éditions du Mont-Blanc  477p.    http://www.leseditionsdumontblanc.com

 


 

Se débrouiller quand on vient vivre à Montréal

Les guides Ulysse ont pour vocation d'être pratiques. Mais "Vivre et étudier à Montréal" l'est un peu plus. Coécrit par  eJean-François Vinet et Charlie Guisle il est un outil indispensable pour se faciliter l'existence quand on vient poser ses valises dans la métropole. Surtout de déjouer les arnaques qui attendent les arrivants. En couverture, il est mentionné qu'il contient des astuces. Et c'est vrai. Par exemple, des filous vont demander parfois des dépôts pour un appartement purement fictif. Et on nous informe que pour déjouer ces voleurs, c'est de cliquer à droite de la souris sur la photo de l'appartement annoncé, avec la chance de tomber grâce à une similitude sur Google d'une même photo d'un espace ailleurs. C'est autant pratique pour le touriste et l'étudiant qui débarque chez nous, que la personne qui arrive de régions du Québec et qui n'est pas familier avec le rythme montréalais. Pour preuve que ce guide a fait ses preuves, c'est la 3ème réédition de l'ouvrage.
Vivre et étudier à Montréal. Jean-François Vinet et Charlie Guisle. Ulysse 176p.    http://www.guidesulysse.com

 


 

L'Acadie et les Maritimes dans toutes leurs richesses

Sur Tik Tok il y a une acadienne qui nous fait hurler de rire en faisant preuve d'auto-dérision concernant son accent si typique ou bien en chiac ce patois mêlant de l'anglaise au français. Elle a peut-être donné le goût à plusieurs d'aller visiter l'Acadie et par extension l'ensemble des provinces Maritimes. Si c'est le cas pour vous et que ça figure dans vos cartons alors voici le bouquin que leur consacre les guides Ulysse. Son auteur, Benoit Prieur est un incollable dès qu'il est question de ces régions riches en histoire, que l'on pense seulement à la forteresse de Louisbourg qui est mitoyenne de la municipalité du même nom. Il nous livre aussi ses bonnes adresses. Par exemple, à quel endroit déguster une bonne poutine au...homard! Ou encore de bonnes pétoncles grillées. Car la cuisine locale c'est la célébration des produits de la mer. Et tous ceux qui sont allés fouiner là-bas ont tous rapporté unanimement la chaleur des habitants. En plus, la nature a fait sculpter sur le littoral des merveilles, comme en Nouvelle-Écosse où souvent des pierres de grandes proprotions s'élèvent avec une minuscule assise à la base. Il y a de quoi voir...
Acadie et Provinces maritimes. Benoit Prieur. Ulysse 286p.     http://www.guidesulysse.com

 


 

C’était la soeur de Christian Dior

Miss Dior, c’est son titre, nous a intrigués. En effet, si on connaît par le menu la vie du célèbre couturier Christian Dior, on n’avait jamais entendu parler de sa soeur Catherine. Voilà que Justine Picardie la sort de l’ombre avec la biographie de cette soeurette qui a été une grande résistante, capturée par la Gestapo, affreusement torturée et déportée au camp de concentration de Ravensbrück. Son frère a déployé des efforts considérables pour la retrouver. On verra ensuite quel fut le destin de la jeune femme toujours uni à ce frère cosu de dettes. A la mort de ce dernier elle demandera que toutes les fleurs reçues soient déposées au pied de la tombe du soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe. Une très belle lecture pour qui dévore des biographies captivantes, c’en est une.
Miss Dior Justine Picardie. Libres Champs/ Flammarion 406p.   

 


 

Le cours 1001 sur la dandysme

Il y a de ces lectures que l’on pourrait qualifier de rafraîchissantes pour l’intellect. Et c’est le cas de La Grandeur sans convictions de Marie-Christine Natta. Elle s’attache à nous faire connaître ce qu’est le dandysme par toutes ses coutures. Et d’ailleurs l’ouvrage est orné en couverture par la photo du personnage archétype du dandysme, nous avons nommé Oscar Wilde digne héritier de George Brummell le père du genre. Une posture qui est née au XIXème siècle et qui s’est incarnée le siècle suivant avec en France par exemple avec un Serge Gainsbourg. C’est une lecture jouissive qui devait en inspirer à l’ère numérique.
La Grandeur sans convictions  Marie-Christine Natta. Le Félin 150p.  

 


 

La vente d’un château et la perte qui s’ensuit

Xavier de Moulins homme de lettres à la ville possède une particule.Il doit en connaître un rayon sur les us et coutumes de ce qui subsiste de la noblesse. Assez en tout cas pour forger une très bonne histoire en toile de fond de son dernier roman La fin d’un monde. Dans une famille de nobles, désargentée et contrainte de vendre le château si riche en histoires et émotives surtout. Quand on lui apprend la nouvelle, le protagoniste va lâcher un cri et on le comprend. C’est comme un monde qui s’effondre.C’est un livre, on ne s’en étonnera pas, chargé d’émotions. Et ce sont ces mêmes émotions qui font les livres forts. A mettre sur le dessus de la pile de votre prochain achat de livres.
La fin d’un monde Xavier de Moulins. Flammarion 284p.  

 


 

Un autre récit glaçant sur la Shoah

On n’a pas fini d’écrire sur l’Holocauste et c’est tant mieux, comme on écrira avec moindre horreur sur la pandémie de la Covid-19, tentative avortée de contrôler le monde. Car c’est un devoir de mémoire. L’Institut national de l’audiovisuel en France, l’INA, question de devoir de mémoire a consigné en images, les récits des survivants des camps d’extermination. Et parmi eux celui de Marceline Loridan-Ivens qui est devenu un livre On arrive dans la nuit. Cette femme a été dans le même convoi menant à Aushwitz avec Simone Veil. Elle décrit ce qu’était le quotidien des pauvres prisonniers de cet enfer sur Terre. Et encore rappelons cet adage que “Qui ignore l’Histoire est condamné à la revivre”. Et soulignons que lors de la “pandémie” récente on songeait à des camps pour ceux qui ne se conformeraient pas aux mesures sanitaires. A deux doigts de la dictature….
On arrive dans la nuit Marceline Loridan-Ivens. Flammarion 292p.  

 


 

Déchiré entre deux cultures

Mettons nous dans la peau d'un québécois qui est né ici mes avec un ascendant culturel toujours rappelé, cela peut causer quelques perturbations identitaires. C'est en tout ca ce que raconte avec brio Michel Gouveia dans L'héritier qui narre sa petite enfance dans le quartier portugais de Montréal. Qui s'est beaucoup demandé qui il était quand on le bourrait de bons natas, qu'on entendait Amalia Rodrigues à la radio. Disons que Gilles Vigneault ne peuplait pas son univers. De sorte que dans son récit il partage des moments de véritable anxiété, notamment quand venait le temps de postuler pour un emploi. C'est très bien raconté. Et tous ceux qui appartiennent chez nous dans la Belle Province à une minorité culturelle se reconnaîtront. Ça se lit très bien, le gars sachant manier le sujet, le verbe et son complément.
L'héritier. Michel Gouveia. Poètes de brousse 315p.   

 


 

Le rapport complexe des jeunes avec le travail

Les pessimistes disent souvent que rien ne change, que tout est pareil. Pas tout à fait. Certainement pas dans le cas du monde du travail et son rapport aux jeunes. La jeune génération met en priorité la qualité de vie, plutôt que l'appât du gain. On ne veut plus être esclave du boulot comme ça été le cas avec leurs parents. En plus la relation avec toute autorité peut poser problème quand ces enfants de divorcés ont eu tout cuit dans le bec. Si ça ne fait pas l'affaire, hop on quitte. Les jeunes ne supportent plus l'autoritarisme quel qu'il soit. Bref, si vous voulez avoir la radiographie exacte de notre époque, nous signalons cet essai Le travail des jeunes au XXIème siècle sous la direction de Maria Eugenia Longo et Mircea Vultur. On verra que rien n'est simple dans le domaine.
Le travail des jeunes au XXIème siècle. Collectif. Presses de l'Université Laval 238p.    http://www.pulaval.com

 


 

Fred Pellerin décrypté savamment

Elles sont deux, une ethnologue Martine Roberge et une langagière Catherine Lemay qui ont eu l'idée de revisiter le travail de Fred Pellerin qui porte la double casquette de conteur et d'humoriste. Le barde de Saint-Élie-de-Caxton présente beaucoup de messages dans sa livraison que se font fort de débusquer les deux auteures. En leur compagnie on découvrira peut-être des thèmes qui ont échappé au spectateur. Les écrits ont le mérite de pouvoir s'y arrêter. Les admirateurs d'une part et les néophytes de l'artiste de l'autre auront un vif plaisir à pénétrer dans cet univers unique.
Fred Pellerin, un artiste entre conte et humour. Presses de l'Université Laval 236p.     www.pulaval.com

 


 

Un fana de justice se cache dans le plafond du palais de justice

Un roman, c'est affaire d'imagination et Joy Sorman qui n'en manque pas, a imaginé pour Le témoin, un homme qui pour des motifs bien à lui, a réussi à s'introduire dans le plafond de justice de Paris où il passe ses nuits, pour réapparaître en salle d'audience afin de suivre les procès, Et de là des observations à la pelle sur l'administration de cette justice terriblement humaine avec parfois des ratés à la clé et un défilé de la misère des hommes. C'est une démarche originale qui permet à l'écrivaine de déployer tout son talent de portraitiste. C'est une des belles joies de cette saison littéraire.
Le témoin. Joy Sorman. Flammarion 276p.    

 


 

Pour nous donner le goût des sciences

Ce qui manque cruellement à nos écoles, ce sont des profs de la trempe de Normand Brais, ingénieur de formation, docteur en génie nucléaire et qui a été enseignant à Polytechnique. Brillant communicateur, il surgit parfois à l'émission de Boucar Diouf sur les ondes radio de Radio-Canada. Il partage généreusement son savoir en nous donnant le goût de nous initier aux sciences dans Quand la science nous émerveille. Une sorte de fourre-tout dans lequel il aborde la question de la mortalité de l'espèce humaine, des composantes de telle ou telle structure de la nature à commencer par l'ADN. Des textes d'une vulgarisation qui permet à tous de le suivre dans ses explications et qui donne aussi l'opportunité de fouiller plus loin. Il répond d'ailleurs à la question que vous vous posiez tous à savoir de quoi se nourrit un atome en hiver...
Quand la science nous émerveille. Normand Brais. Les éditions La Presse 300p.  http://www.editionslapresse.ca

 








 

Le coin santé physique et psychique

Aux éditions Atlande paraî un ouvrage qui en éclairera beaucoup sur la fin de vie, à domicile ou en établissement, le vieillissement des populations et ce, à partir de l'expérience d'un ex chirurgien de Tokyo, le docteur Oichiro Kobori qui signe La belle mort. Le titre à lui seul donne le ton, c'est-à-dire de pouvoir quitter ce monde dans la dignité. Et dieu sait que, en matière de respect, les japonais sont passés maître. En sous-titre de son bouquin "Vivre sa mort à domicile au Japon". Car l'idéal en somme c'est cela, quitter la vie parmi les siens, entouré de bienveillance et d'amour. C'est toute une pratique qu'il nous communique et aussi comment des patients ont envisagé le départ ultime. Par son sujet même le livre est prenant. Car la mort est ce qu'il y a de plus démocratique, aucun n'y échappera.

On drogue trop nos enfants. C'est un peu le credo de la pédopsychiatre Céline Lamy qui lance une alerte au fait que l'on surdiagnostic les enfants avec en plus la surmédicalisation. Tout ça dans un petit brûlot Le drame des enfants parfaits cahier 26 aux éditions 10. La société a une attitude en somme perverse à l'endroit de la jeunesse qu'elle voudrait formatée de telle façon et performante. Qu'on ne s'étonne pas après coup des déficits d'attention et du TDAH. Ce livre veut nous conscientiser sur ce qu'on est en train de faire avec notre futur. Avec ce pamphlet décoiffant on ne pourra plus dire qu'on n'avait pas été prévenu.

Aux éditions Larousse, un ancien magnétiseur David Fontaine a pris un virage professionnel pour dispenser un savoir qui ferait en sorte que nous développions des capacités de médium enfouies en nous. Découvrez vos pouvoirs de médium puise dans notre fonctionnalité pour atteindre l'invisible. Un peu à l'image des méthodes américaines de développement personnel, l'ouvrage est émaillé de témoignages personnels qui soutiennent les théories de l'auteur. Et un dernier chapitre va même plus loin en définissant le plan astral où niche le défunt sollicité. Avouez que ça soulève à tout le moins la curiosité.

La retraite apparaît comme un eldorado de vie après une existence de dur labeur. Et pourtant, après des mois d'oisiveté bienvenue, voici que l'ennui gagne certains. Avec des résultats catastrophiques de stress qui fait en sorte qu'il n'est pas rare de voir des nouveaux retraités qui ne vivent que deux ans après la fin de leur vie professionnelle. Puis on est aussi confronté quotidiennement avec son conjoint qui amène souvent de douloureuses réalités. C'est pourquoi faut-il préparer ce moment de vie et la psychologue Anne Julien si emploi avec la sortie de La retraite, s'y préparer pour en profiter pleinement aux éditions de Mortagne.

S'il y a une constatation sur notre époque de l'ère numérique, c'est que les gens sont au bord de l'explosion. Et la "pandémie", orchestrée par on ne sait qui, n'a pas arrangé les choses. Jamais les relations n'ont été aussi toxiques. Il y a donc charge mentale et c'est sur ce thème que la chroniqueuse Marthe Saint-Laurent s'attarde dans "Là ça déborde," aux éditions JCL. Juliette Gréco que nous avions rencontré à l'issue d'un spectacle nous disait que ce qu'il faut avoir en tête, c'est tout simplement de faire une bonne vie. Or nous nous en mettons tellement sur le dos. La performance est le maître mot. Et comme le numérique a anéanti la bienveillance envers l'autre, on se sent bien seul en ce monde. Pour l'auteure et conférencière, tout repose sur la saine gestion de son temps et de ses affects. Son bouquin n'est rien de moins qu'un guide d'utilité publique. Vite à lire avant qu'on ne s'entretue. Déjà que l'idée d'une troisième guerre mondiale est dans l'air du temps...Brrr!!!

Si vous êtes un fidèle de France télévision ou de TV5 vous avez sans doute entendu parler du Dr. Frédéric Saldmann, un de ces médecins vedette de plateau et iconoclaste en plus. Les mots crus pour désigner les choses ne lui font pas peur. Il lance Votre avenir sur ordonnance, qui s'inscrirait dans une révolution santé. Publié chez Robert Laffont, ce brillant communicateur à l'humour corrosif nous invite à activer, tenez-vous bien, notre pharmacie intérieure. Pour une fois qu'un doc n'a pas la main sur le bloc d'ordonnance. Il dit que la sexualité est un plus, assorti d'un jeûne adapté et hop on décuple son énergie. Il fait confiance au cerveau, organe dont on oublie souvent la force et dont les tenants de l'intelligence artificielle admettent être incapable de le surpasser.