- LIVRES SEPTEMBRE 2016 -
 
 


 


Roman sur une sauvage expropriation à Mirabel

Au répertoire des tristes pages de l’histoire contemporaine du Québec, il y a l’expropriation massive des terres de Sainte-Scholastique en vue de l’établissement de l’aéroport de Mirabel. Avec le désastre que l’on sait. D’autant plus odieuse, que cette mise à la porte des habitants du coin, privait la province de Québec d’une région reconnue pour ses magnifiques terres cultivables. Jérôme Lafond a vu cette expulsion au sein de sa propre famille. Il s’en est inspiré pour ce qu’il appelle un roman mais qui a une telle part autobiographique, que c’aurait pu s’intituler, récit. En sa compagnie on vit le drame de ses gens. Et en même temps qu’une sorte d’album des mœurs du temps, alors que ce coin de pays prospérait même si c’était à la dure. Qu’est-ce qu’on travaillait dans ce temps-là. Soleil de paille nous parle d’un Québec disparu qui ne reviendra plus. Ce livre est un bel acte de mémoire.

Soleil de paille. Jérôme Lafond. Marchand de feuilles 223p.    


 


 


Contraintes musulmanes

Notre époque où les guerres de religions dominent l’actualité, ces dernières donnent de fruits pour la littérature. Comme Le petit Abram premier roman qui vaut qu’on s’y attarde, de Philippe Simard à la ville professeur au Cégep de l’Outaouais. C’est l’histoire d’un jeune musulman, Abram, qui en pince pour une belle jeune fille prénommée Zelma. Il veut lui décrocher la lune, à tout le moins dans l’immédiat, la possession d’une rutilante voiture rouge. Mais hélas, la pauvreté de sa condition matérielle lui interdit de rêver plus avant. En plus que sa famille le pousse au djihad et à faire le sacrifice de sa vie pour Allah. Abram parle toujours à la première personne et dès les premiers mots, il y a cette candeur de ton qui nous va droit au cœur. Abram c’est un pur, sans une once de méchanceté, tout à son amour pour la donzelle. Mais on veut le transformer en tueurs de mécréants. Quelle époque. Cette entrée dans la littérature vaut son pesant d’or.

Le petit Abram. Philippe Simard. Les éditions L »Interligne160p.    www.interligne.ca


 


 


La jalousie en milieu chic

Il est assez rare qu’on pousse sur un titre plutôt qu’un autre, tant il y a de talent des lettres ici bas. Mais on avoue que devant Pour faire l’amour d’Howard Jacobson on est en première classe, au propre comme au figuré. Car le romancier met en scène un libraire londonien qui se spécialise dans les incunables. Il se nomme Felix Quinn. Il n’a de bonheur que de laisser ses doigts parcourir des pages parcheminées riches de connaissance. Et puis il a cet autre avantage, à savoir la présence dans sa vie de couple, d’une femme qui a de l’abattage, la resplendissante Marisa. Dont les fées se sont penchées sur son berceau tant on ne compte plus ses ressources, dont celui du chant. Elle fait verser des larmes quand elle entonne le troublant « When I am laid » du Didon et Énée de Purcell. Il y a de quoi faire des jaloux. Et dans un registre tordu, pour devancer le destin, il va provoquer ce qui le hante le plus, la voir dans les bras d’un autre. Ainsi il favorisera la liaison entre sa dulcinée et un autre monsieur. Et là, Félix de vivre ce qu’il anticipait avec horreur, la jalousie. Masochiste en diable le libraire. C’est une radiographie clinique d’un aspect de la nature humaine si vilain. Et le romancier nous gâte avec moult citations de sa vaste culture générale. Au sortir de cette lecture on se sen grandi du côté du quotient, et heureux de ne point être jaloux.

Pour faire l’amour. Howard Jacobson. Calmann-Lévy 413p.  
www.calmann-levy.fr


 


 


Le Burundi d’avant et après

Les artistes sont souvent les seuls capables et crédibles pour alerter le monde sur telle ou telle situation. Prenez Gaël Faye auteur-compositeur-interprète qui s’attache dans son premier roman Petit pays à décrire à travers ses protagonistes, ce qu’était le Burundi d’avant et celui de maintenant. Dans ce pays comme ailleurs, on comptait des valeurs, des traditions. La vile politique, des intérêts obscurs sont venus assombrir ce beau patrimoine. Et puis ce pays où on surfait sur les problèmes, eh bien maintenant on les prend en plein ventre en essayant de garder sa contenance. C’est un livre touchant en diable. Nostalgie africaine quand tu nous tiens. Et il commence en grand le novice des lettres puisque cette première ponte lui a valu le Prix du roman 2016 de la FNAC, auréolé par le choix de 800 libraires et adhérents de cette chaîne commerciale.

Petit pays. Gaël Faye. Grasset 216p.     


 


 


L’ignorance planifiée
Vous l’aurez sans doute remarquée, nos diplômés sortent des études supérieures et hormis leur spécialisation, semblent totalement en carence du côté de la culture générale. De quoi inquiéter. Il faut presque y voir une concertation pour ne pas produire des êtres complets. Pour vous faire une idée des manquements graves en éducation et Einstein s’en plaignait déjà en son temps, il faut absolument lire ce brûlot La liquidation programmées de la culture un collectif de chercheurs sous la supervision du rebelle Sébastien Mussi. En clair on remarque que les cégeps et les universités ne préparent les élèves qu’en fonction des besoins du marché du travail. Tandis que c’est l’échec du côté des humanités. L’alerte est donnée, aux pauvres l’entertainment, la culture, elle, réservée aux élites.

La liquidation programmée de la culture. Collectif. Liber 156p.   156p.    www.editionsliber.com


 


 


Vidéaste sur le web, le cours par excellence

S’il y a un titre « condamné » à cartonner c’est bien Réussis toutes vidéos sur You tube de Nick Willoughby car il cible essentiellement ce qui intéresse jeunes et moins jeunes de la génération millenium. D’autant que les « Youtubeurs » font un tabac dans bien des domaines, notamment dans le domaine des cosmétiques, où des sites de jeunes chroniqueuses adolescentes sont visités par des dizaines de milliers d’internautes. Alors comment faire sa niche dans l’espace web ? En suivant les conseils de ce pro qui dit tout de l’usage de la caméra, du matériel nécessaire, du montage et de la mise en ligne. C’est le seul guide du genre que l’on ait vu à ce jour et abondamment illustré pour que l’on retienne bien les leçons.

Réussis toutes tes vidéos sur You tube. Nick Willoughby. First 140p.    www.editionsfirst.fr


 


 


Le Code Québec, la radiographie de ce que sont les québécois

S’il y a une entreprise au Québec qui dispose du réseautage par excellence, c’est bien la firme Léger marketing, qui avait convié tout leurs contacts à la Scena, pour le lancement u livre Le code Québec. Et tous les décideurs de la Belle Province, ceux qui comptent du moins, on répond en grand nombre. Cet exercice de style écrit à trois, Jean-Marc Léger, Jacques Nantel et Pierre Duhamel reprend à sa façon l’exercice de style qu’avait entrepris le père de la pub québécois Jacques Bouchard avec son livre culte « Les 36 cordes sensibles des québécois » publié dans les années soixante-dix. Avec de grands moyens de sondages mis en œuvre, on a voulu vérifier où en était rendu les nôtres dans leur valeur. Le constat est assez triste au sens qu’ils demeurent toujours des peureux, des victimes indécrottables. Les auteurs affirment que la moitié de ces cordes sensibles ont changé au fil des ans. Notamment le rapport à l’argent. De la pauvreté vantée comme une vertu cardinale par l’Église catholique, les québécois ne considèrent plus l’argent comme un tabou et veulent en faire. Les sondeurs nous ont déclaré qu’ils ont des questionnaires pensés de telle manière qu’ils contournent des réponses mensongères. De ce côté-là il y a encore des failles. A preuve, les québécois répondent dans une grande majorité ne pas souffrir d’ennui alors que tous leurs gestes traduisent un très grand ennui avec pour conséquence funeste une dépendance à la consommation et autres dépendances, jeu, drogues et alcool. Qu’ils aiment la fête alors que le night lige à Montréal est au point mort, rien à voir avec le Montréal des années cinquante avec ses 600 cabarets et la rue Sainte-Catherine qui brillait de mille feu avec ses néons qui lui donnait un petit air de Broadway. Mais bon, l’ouvrage donne quand même un reflet de l’état de la nation québécoise. Le constat est quand même inquiétant. Que peut-on faire avec un peuple peureux, créatif certes, mais qui ne sait pas se vendre ? Le code Québec est à parcourir pour que vous compariez vos propres perceptions de ce qui nous chauffent.

Le code Québec. Jean-Marc Léger, Jacques Nantel et Pierre Duhamel. Les éditions de l’Homme 238p.    

 


 


 


L’avenir passe par le métissage

Jean Désy es précédé d’une extraordinaire réputation d’humaniste. Ce médecin, amoureux du Grand Nord québécois n’a cessé de faire connaître aux gens du Sud les beautés patrimoniales des premières nations. Il poursuit et signe un petit opuscule Amériquoisie dans lequel il se fait le chante du métissage des cultures et des êtres. Et il ne fait pas détour que notre avenir en dépend. Encore là, une tonne d’amour est déversée à laquelle nous ne pouvons pas ne pas demeurer insensibles. Désy c’est l’honnête homme qu’à cherché en vain jadis Diogène.

Amériquoisie. Jean Désy. Mémoire d’encrier 87p.   


 


 


Théâtre sur le thème de la résilience et du désir de vivre

Marie-Claire Marcotte née en Saskatchewan, est très active artistiquement, tant comme comédienne que réalisatrice. Elle nous arrive avec une pièce de théâtre intitulée tout simplement Peau. Un homme conduit sa femme à l’hôpital, cette dernière étant sur le point d’accoucher. Sur le siège arrière, leur fille, Catherine. Survient un accident qui va bouleverser ce qui semblait jusqu’ici être des lendemains qui chantent. Et des années après, Catherine sera à son tour dans l’attente d’un heureux événement. Et son retour au foyer familial sera l’occasion de faire l’inventaire de leur vie.

Peau. Marie-Claire Marcotte. Les éditions L’Interligne 115p.    www.interligne.ca


 


 


Connaître Pierre-Auguste Renoir
Un autre beau fleuron au catalogue des monographies de peintres chez Taschen, alors que Peter H. Feist nous emmène dans le monde du peintre Pierre-Auguste Renoir. Loin d’être un artiste maudit, il appartenait à la petite bourgeoisie, ce qui lui permit de se consacrer sans trop de heurts à son art. En quatrième de couverture on aperçoit l’artiste dans son grand âge, photo émouvante s’il en est. Ce maître influent de la peinture impressionniste apportera sa contribution dans la manière d’éclairer davantage ses toiles par des couleurs chatoyantes. Ensuite, ce coquin a le mérite d’avoir célébré les atours au féminin avec beaucoup de nus. On lui doit un millier de toiles. Venez découvrir celui qui fut aussi le père du cinéaste Jean Renoir.

Renoir. Peter H. Feist. Taschen 95p.   


 




 


Deux albums pour jeunes têtes

Nous faisons acte de l’arrivée de deux albums mignons destinés aux touts petits. Le premier chez Bayard jeunesse est de Caroline Merola « Qu’est-ce qui cloche ? »  Il a ceci de particulier qu’il est interactif et fait appel au sens de l’observation du lecteur qui doit repérer dans chaque illustration quelque chose qui cloche. Et il n’y a rien de tel que d’éveiller la curiosité des jeunes qui ne demandent pas mieux que de résoudre des énigmes. Dans un tout autre climat, faites connaissance avec une fillette assez maussade. Ada la grincheuse en tutu est née de l’imagination d’Élise Gravel et est publié à La Pastèque. Sur la couverture elle est en tutu et ne se gêne pas de proclamer haut er fort sa détestation du ballet. Et voyez la transition, du ballet elle va passer au karaté et enfin elle va pouvoir enfin afficher un sourire.


 





 


Le dernier Baronet témoigne

Pierre Labelle et plus récemment René Angélil nous ont quitté. Du défunt trio des Baronets ne reste plus qu’un survivant Jean Beaulne qui témoigne de ce qu’il a vécu comme artiste de variété et aussi comme producteur et réalisateur de documentaires. Le dernier des Baronets nous fait revivre une épopée où le Québec semblait s’amuser beaucoup, davantage qu’aujourd’hui. La vie n’était pas toujours facile et à la fin Beaulne en avait marre des bars miteux où le trio se produisait. C’est un beau devoir de mémoire. Transparent comme pas un, il n’enjolive rien. Il faut le lire dans ses misères avec le compositeur Michel Legrand qui lui a mis des bâtons dans les roues, avec un comportement odieux pour quelqu’un qui n’a cessé de composer sur l’amour…Aujourd’hui septuagénaire, l’étonnant c’est qu’il n’a pas entretenu de rancœur. Eh oui, il évoque la figure de René Angélil dont il dit que c’est le perfectionnisme qui l’a tué. A lire sans faute.

Le dernier des Baronets. Jean Beaulne. Éditons de Mortagne 332p.   www.editionsdemortagne.com


 




 


Deux romans qui valent le détour chez Fides

Le riche catalogue de Fides s’enrichit de deux nouveaux opus du côté du roman. Le premier nous vient d’un auteur Guy Bonneau qui est professeur titulaire à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval. Dans son domaine il a eu tout le loisir de potasser les riches histoires contenues dans les Saintes Écritures. Et ça lui a inspiré de bâtir une histoire autour du couple formé par Judas Iscariote, celui qui demeurera célèbre èà jamais pour son célèbre baiser mortel à Jésus, et sa femme Suzanne. Appuyé par ses connaissances historiques sur la vie en ce temps-là, il va imaginer la relation de madame à son traître d’époux. La femme au parfum est un texte riche des tempéraments de ces deux là.

Changement total de registre avec Éloïse Simoncelli-Bourque qui fait son entrée dans le monde des lettres avec Crachin. Pour décor, les mines aurifères du Guatemala. Y œuvre une femme médecin qui va alerter une journaliste, Élisa Morinelli, sur les conditions de galériens de ceux qui travaillent dans les profondeurs du sol au risque de leur vie. Et mauvais présage, un collaborateur de cette dernière, restée à Montréal sera victime d’un attentat sur sa personne. Est-ce que la journaliste d’enquête dérangerait du monde ? Il y a beaucoup d’ingrédients dans ce roman pour vous garder en haleine de la première ligne à la dernière, ne serait-ce que pour le climat de corruption qui prévaut dans ce pays où règne la loi du plus fort. Demeurez attentifs à cette écrivaine novice, on n’a pas fini d’entendre parler d’elle.


 


 


Des québécois qui n’ont plus le tabou de l’argent

Étrange coïncidence. Le dernier roman d’Yves Beauchemin paraît au moment où sort le Code Québec qui dans la foulée des 36 cordes sensibles des québécois, nous apprend que depuis la fin des années soixante-dix, ce qui a changé entre autres chez les québécois, il n’y a plus comme autrefois de malaise avec l’argent. Aujourd’hui on en veut et beaucoup. Les empocheurs titre de la dernière ponte de Beauchemin, le montre très bien avec le milieu qui entoure un jeune diplômé en lettres, Jérôme Lupien, qui sera amené dans le sérail du pouvoir politique, le monde tordu du lobby. Un peu comme dans les nouvelles télévisées où le présentateur met en garde contre certaines images qui peuvent heurtées, ici on doit prévenir ceux et celles qui ont de grandes valeurs morales, que les gens qu’ils vont découvrir à travers ces pages n’en ont aucune. Ce qui compte c’est le fric. Et au diable les vertueux. Sans doute l’écrivain talentueux comme jamais a-t-il été renversé par les témoignages entendus à la Commission Charbonneau et le cynisme ambiant ? En tout cas c’est le triste portrait où ce qui compte c’est d’empocher avant toute chose.

Les empocheurs. Yves Beauchemin. Québec Amérique 410p.   www.quebec-amerique.com


 




 


Des ouvrages qui raviront les jeunes curieux

Chez Broquet on doit saluer bien bas la sortie de trois livres qui ont en commun, bien que leurs thèmes soient différents, d’éveiller le goût de la connaissance chez nos jeunes. Ça tombe bien au moment où des intellectuels s’inquiètent de plus en plus du nivellement par le bas en éducation qui produit des décrocheurs à la pelle ou, tout le contraire, des sur-spécialisés mais sans connaissances générales, dépourvu d’humanisme. Ces petits bijoux, les parents auront à cœur de les faire connaître à leurs enfants. D’abord, vous avez le tome 3 des Expériences stupéfiantes qui flatteront les scientifiques en herbe. En même temps, de façon ludique, on transmet les principes fondamentaux qui gèrent les éléments dans la nature. Et on verra qu’avec de petits riens on parvient à des résultats renversants.

Ailleurs c’est Paul Harrison qui nous fait faire une balade dans le monde de la vitesse folle avec Super bolides. Un tour d’horizon des engins motorisés qui défient la chrono, que ce soit, voitures, yachts, catamarans et avions. Ce sont les dernières données en date des performances enregistrées aux quatre coins du monde et qui illustrent comment l’être humain veut toujours repousser ses limites. C’est fou, fou, fou.

Barbara Toft semble ne plus avoir de secrets concernant nos mammifères et autres bestioles qui circulent sur la planète. Le guide complet des animaux présenté dans un grand album avec des illustrations somptueuses, nous présente une galerie exhaustive de bêtes fascinantes et menacées en même temps par notre écosystème. On apprendra entre autres l’essentiel concernant les gorilles, les otaries, l’ours polaire. Et même le lecteur adulte sera étonné d’en apprendre de même. 


 


 


Un titre chick-list qui amuse

Dans la foulée de Sex and the city qui aura marqué l’ère du millenium, un foisonnement de livres a paru exploitant les filles bon chic, bon genre, passées à l’histoire par les illustrations de Faizant dans Jour de France. Aujourd’hui, ces filles modernes, comme nos quatre héroïnes qui composent Quand l’imprévu s’en mêle d’Alex Riva ont des préoccupations à peu près identiques à leur aînées, leurs rapports complexes aux hommes. Et elles se remettent toujours en question comme après ce retour de vacances idyllique en Grèce. Mais on a beau tirer des plans sur la comète, il y a toujours des imprévus.

Quand l’imprévu s’en mêle. Alex Riva. Denoël 286p.   


 


 


Un roman sur le fossé entre riches et pauvres

Katrina Kalda a retenu l’attention avec son précédent roman « Arithmétique des dieux » qui lui a valu le prix Richelieu de la francophonie.  Nous la retrouvons avec Le pays où les arbres n’ont pas d’ombre. C’est un constat de l’écart qui existe entre la pauvreté des uns et le confort matériel des autres. Entre une famille composée de trois femmes : la fille, la mère et la grand-mère, qui vivent dans une zone où elles bossent dans une usine de recyclage, avec de petits émoluments faméliques, tandis que dans la ville voisine vivent des nantis à l’abri du besoin. Deux des femmes vont passer dans « l’autre camp » pour retrouver le père de la fille, Marie. C’est presque du Zola de notre temps, où la misère persiste toujours.

Le pays où les arbres n’ont pas d’ombre. Katrina Kalda. Gallimard 352p.  


 







 


Le coin Miam miam
A la ville Alison Velazquez est propriétaire d’un établissement qui a pour nom « Soupology » où elle s’affaire à concocter des soupes délicieuses qui ont fait sa renommée. Si nous n’avons pas le temps ni les moyens de nous déplacer chez elle, c’est elle qui vient à nous en partageant généreusement de ses conseils sur l’art der préparer une bonne soupe, quelle soit chaude ou froide. Soupes santé chez Broquet, rassemble 80 soupes qui font intervenir légumes et fruits. Et le merveilleux, outre la rapidité de préparation, c’est leur valeur calorifique qui fait pencher la balance, excusez le jeu de mots facile, en leur faveur. Prenez la soupe ananas et chou frisé. Peut-on trouver plus exotique pour les palais blasés en quête de trouvailles excitantes ?

Oyé, oyé on réédite, tenez-vous bien, pour la neuvième fois Le vin pour les nuls aux éditions First. On peut parler alors de traité classique. Cosignés par Ed McCarthy et Mary Ewing-Mulligan dans une adaptation d’Éric Beaumard il démystifie ce qui semble un vocabulaire réservé jusqu’ici aux initiés qui nous éblouissent avec les terroirs, les cépages et quoi encore. C’est, on le comprendra, une édition actualisée. Et c’est le genre d’ouvrage qui d’emblée plaira aux amateurs québécois qui ont tellement aimé le vin au cours des dernières années, qu’ils en ont déclassé la bière, une chose à peine inimaginable. En passant, l’adaptateur est sommelier au prestigieux palace le George V à Paris.

Ici c’est un peu spécial car nous ne sommes pas en présence d’un livre de recettes, mais d’un album dessiné désopilant tournant autour du monde de la restauration. Carnets de bouffe de Cyril Dosineau. C’est aux éditions La Pastèque. Ce sont des planches réalisées ailleurs et qui ont été regroupées et qui ont pour décor des lieux du bien manger tant en France qu’au Québec. On sourit énormément et certaines scénettes ont dû vous arriver un jour ou l’autre.

On ne sait pas ce qui se passe soudainement aux éditions La Semaine, mais on voit un investissement majeur dans les livres de recettes, sans doute en marge des émissions de télé qui se multiplient en trait avec la cuisine. Ce n’est pas un ou deux livres mais quatre qui atterrissent en provenance de cet éditeur. Et qui bien que chacun exploite un thème différent, ils ont en commun d’être de superbes présentations graphiques qui donnent fin. A commencer par Clodine express. La jolie animatrice au sommet de sa plénitude répond à l’équation difficile des personnes, hommes et femmes, surtout ces dernières, qui font face au défi de la conciliation travail famille et qui n’ont pas un temps fou à consacrer à la popote Elle a donc conçu des recettes d’une très grande simplicité qui permettent de gagner du temps, comme ces pâtes aux fruits de mer ou ces merguez et légumes grillés. C’est une belle démarche d’utilité publique. Elle a sollicité les conseils du sommelier Jean-Louis Doucet pour réaliser des accords mets et vins en conséquence.

Sur les réseaux sociaux le nutritionniste Hubert Cormier est devenu une véritable vedette et il a à cœur la santé de ses semblables. Et comme il sait que la viande de bœuf coûte une petite fortune, il nous arrive avec la belle alternative d’exploiter au mieux les légumineuses. Vous avez le fruit de son expérimentation avec Légumineuses & cie dans lequel on répertorie 80 recettes placées au coin de l’imagination. Et il a su combattre la routine en les employant à toutes les sauces.

Une autre nutritionniste, Geneviève O’Gleman s’attache à solutionner pour nous le casse-tête de devoir se faire un lunch pour apporter au boulot. Vient un temps où one sait plus quoi emporter. Eh bien fini le tracas avec Boîtes à lunch santé et ses 100 recettes. Que de variété justement, tel cette baguette de poulet au chutney, la salsa de maïs ou la salade d’orzo aux tomates et aux boconcinis. De quoi se réconcilier avec le lunch. Qui a dit qu’il fallait s’ennuyer sur l’heure du dîner ? Et si vous aimez les trouvailles de Mme O’Gleman, la revoici avec Les lunchs de Geneviève réalisés dans un même esprit. C’est un peu plus élaboré et dans une optique de consommation à la maison, comme ce filet de porc à la moutarde, le potage de chou-fleur et de poisson, des collations. En fait, ce sont des mets qui peuvent nous accompagner tout au long de la journée. Dans le genre c’est difficile de faire mieux.


 











 


Le coin santé physique et psychique (1)

Amener avec soi ses enfants en vacances ou pour n’importe quelle randonnée, exige une bonne dose de psychologie. Et étrangement on a peu écrit sur ce rapport de force, car il faut bien l’admettre c’en est un. L’auteure qui est elle-même maman et auteure d’un blog à succès, nous détaille les choses à savoir et à faire lorsqu’on décide d’avoir les marmots à demeure. Comme elle le dit, il n’est pas question de demeurer quatre heures avec eux dans un musée, ils vont devenir fous. Tout est une question de dosage et de sage autorité. Ce guide merveilleux à pour titre En voyage avec les enfants aux éditions du Rocher.

Le mot semble un peu barbare, mais qu’est-ce au juste qu’un microbiote ? C’est l’actif de cent mille milliards de bactéries qui logent dans le tube digestif. S’il y a un pépin de ce côté-là, attendez-vous que tout le reste du corps écope. Car l’intestin est considéré après le cerveau comme la seconde intelligence corporelle. C’est en même temps un sérieux défenseur contre toute une ribambelle de maladies comme le diabète, des allergies aux maladies inflammatoires. Pour en savoir davantage sur ces micro-organismes essentiels au métabolisme, lisez ce qu’en disent Erica et Justin Sonnenburf dans L’étonnant pouvoir du microbiote chez Édito.

Deux titres chez Somme toute. Le premier s’inspire du segment radiophonique « Abécédaire du féminisme » de l’émission « Plus on est de fous, plus on lit » sur les ondes d’Ici Radio-Canada Première où on a fait l’exercice de demander à vingt-cinq femmes et un homme, de bâtir un Abécédaire du féminisme sous un angle québécois ou canadien car les portraits de femmes qu’on y trouve sont de chez nous,  Nelly Arcan et Janette Bertrand figurent dans ce panthéon. Ce genre d’exercice est fatalement arbitraire, mais le résultat en vaut la peine et très instructif. Parmi les collaboratrices notons Julie Miville-Dechêne, Louise Harel et Rima Elkouri le tout d’après une idée de Marie-Louise Arsenault et des textes de Noémie Désilets-Courteau.

L’autre est touchant comme tout Zoothérapie de Catherine Lepage qui met en scène des animaux dans des postures loufoques, avec de petits commentaires. On décrit sa démarche comme une étude sur la psyché humaine. Il se glisse des messages subliminaux pour que l’on modifie son comportement à certaines occasions. Il n’y a pas que les fabulistes qui se servent des petites bêtes pour faire passer leur message, les illustrateurs aussi sont de la partie.

Chez Mango deux premier ouvrages sur l’art d’être de bons parents ou un papa en or. Les deux paraissent dans la collection « famille complice ». Dans l’ordre Le guide des super parents de Julia Girodroux, Benjamin Perrier avec des illustrations de Lavipo et Le guide du super papa solo de Vincent Bekaert et des illustrations de Lynda Corazza. Les deux sont structurés un peu de la même façon avec une foule de thèmes exprimés de façons très courte. Ce sont en somme de petites capsules de psychologie toute empreintes de gros bon sens. Il y a par ci par là des petites phrases magiques comme celle-ci qui dit qu’on croit que c’est facile d’être parents, jusqu’à ce que surviennent les caprices!

Toujours chez Mango un grand album qui va occuper la famille au complet et pour un bon moment, c’est Une année pour apprendre en s’amusant élaborée par Elsa Thiriot. Comment décrire cette pédagogie qui fait appel à tous les sens. D’ailleurs le but avoué est d’éveiller les jeunes par mille et une activités interactives, que ce soit par le biais de petits tests scientifiques, les arts visuels et quoi d’autre. Il y a aussi beaucoup de jeux. Si on dit que l’oisiveté est la mère de tous les vices, ici le vice ne prendra pas racine car il n’y a pas une minute d’inactivité.

Aux éditions Québec-Livres le coach le plus célèbre du Québec, Louis-Georges Désaulniers n’a de cesse de nous interpeller par le biais de questionnaires, afin de jauger de notre équilibre. Il persiste et signe avec Choisissez le bonheur cessez de souffrir. On ne peut que se souhaiter pareille proposition. Toujours comme pour ces testes précédents, des questionnaires assez fouillés pour lesquels on vous demande d’être seulement honnêtes avec vous-mêmes.


 




 


Le coin santé physique et psychique (2)

Une jolie cuvée aux éditions Ada avec six titres. Lâchez vos téléphones intelligents, car le maître de la méditation Tenzin Wangyai Rinpoche nous exhorte à plonger au cœur de nous-mêmes dans un état d’intériorité. La source véritable de la guérison est une sorte de refuge de la chaleur authentique. Exactement dans le même registre Shinzen Young titre Pour un soulagement naturel de la douleur. Il y a un CD-Rom qui accompagne le guide qui a pour but de déconstruire la douleur et de revenir à l’état de bien-être premier.

Dans notre société agitée avec des gens en manque de confiance en eux, il est difficile de répondre spontanément à la question posée par Lodro Rinzler et Meggan Watterman « Comment s’aimer soi-même (et parfois les autres ». Les réponses s’inscrivent dans une démarche spirituelle. De son côté la médium Alexandra Chauran n’est pas avare de son don, elle nous dit même comment le devenir ou à tout le moins comment développer son intuition. Et son manuel a pour titre 365 façons d’améliorer vos aptitudes psychiques avec une pensée déterminante journellement.

Si vous ne le saviez pas encore, les anges ont leur utilité. C’est que nous apprend Kyle Gray dans les pages de Les ailes du pardon. Et une façon de rejoindre leur enseignement est de tout simplement pratiquer le pardon. Et puis  Numérologie de Michelle Buchanan qui permet grâce aux chiffres de donner une orientation face au futur. Tout ça à partir du nom et de la date de naissance.

Et aux éditions La Semaine un livre choc qui arrive à point nommé au moment où nous sommes au cœur de la controverse sur le suicide assistée et l’euthanasie légalisée. C’est une histoire à faire réfléchir et qui montre que tant qu’on n’a pas tout tenté, il y a toujours de l’espoir. Et deux qui le savent bien c’est Catherine et Carole Paiement. Tout commence au moment où l’adolescente est happée de plein fouet par un camion-remorque. Conduite dans un hôpital de Winnipeg, le corps médical de l’endroit la condamne à un état végétatif permanent. De sorte qu’on ne voit d’autre alternative que de la débrancher. C’était sans compter la détermination de la mère qui a répondu par la négative et qui a soutenu sa fille dans sa réhabilitation. Aujourd’hui cette dernière sourit de nouveau à la vie. Un témoignage qui va droit au cœur et qui nous dit qu’il ne faut pas mettre trop d’empressement à mettre un terme à la vie des êtres qui nous sont chers.


 


 


Célébration de Sept-Îles en mode haïku

Il est indéniable que la ville de Sept-Îles et sa région, sont confinées dans un environnement absolument inspirant. Suffisamment en tout cas pour que sept femmes du Groupe Haïku Sept-Îles sentent le besoin de chanter ses louanges sous la forme orientale du haïku. Et ça donne de petites fulgurances, quelques lignes par ci par là qui font immédiatement image. Ce travail poétique de haute volée a été réalisée sous la supervision d’Hélène Bouchard. Ce qu’elles ont réussi à faire c’est de nous donner le goût de nous y rendre.

Sept-Îles, côté mer, côté jardin. Collectif sous la supervision d’Hélène Bouchard. Éditions David 131p.    www.editionsdavid.com


 


 


Le Québec au nord du 49ème parallèle

Le grand nord du Québec subjugue par la force des éléments de la nature qui le compose. On a colonisé ce vaste territoire autour de la Baie-James et ailleurs pour tirer le maximum de ses richesses énergétiques et minières. C’est toute une épopée que racontent avec brio messieurs Réjean Girard et Normand Perron dans Le nord-du-Québec qui fait partie de la collection estimée « Les régions du Québec, histoire en bref » des Presses de l’Université Laval et qui collige des données multiples qui nous permettent d’apprécier la région décrite. Encore une fois, cet ouvrage ne démérite pas la collection, au contraire, il représente un beau fleuron. Il nous permet de reconnaître le mérite des premiers découvreurs et colons qui ont bravé ce milieu hostile pour le domestiquer un peu.

Le Nord-du-Québec. Réjean Girard et Normand Perron. Les Presses de l’Université Laval 180p.    www.pulaval.com


 


 


La relation romancée entre Jim Morrison et Gene Vincent

Vous ne le saviez sans doute pas, nous non plus, que la vedette iconique des Doors, Jim Morrison était pris de passion admirative pour le chanteur Gene Vincent. Et les deux artistes ont partagé plein de choses. A partir de ces faits réels, Michel Embareck recrée pour nous une sorte de fresque du rock pour la période de 1968 à 1971 avec toute une galerie de personnages déjantés. De temps à autre il fait intervenir un animateur radio qui situe l’époque dont il est question. Respectant la stricte histoire, l’écrivain imagine quand même certaines scènes de vie. Mais son Jim Morrison et le diable boiteux est d’une lecture qui ravive ces années glorieuses mais aussi tourmentées avec la drogue omniprésente en toile de fond et qui autorisait tous les excès, parfois jusqu’à ce que mort s’ensuive. Et à propos de l’overdose du soliste des Doors, Embareck s’interroge sur les circonstances réelles de cette mort prématurée.

Jim Morrison et le diable boiteux. Michel Embareck. L’Archipel 214p.   www.editionsarchipel.com


 


 


Amante de Castro, elle a pour mission de le tuer

Il y a une phrase cliché qui veuille que certains on des vies de roman. Eh bien c’est indéniablement le cas de Marita Lorenz qui a eu une trajectoire de vie comme peut peuvent même imaginer. Et pourtant dans son cas c’est l’exacte vérité. Entre autres choses, elle passera, elle l’allemande, une partie de son enfance dans le camp d’extermination de Bergen Belsen. Elle subira les affres du viol à aussi peu que sept ans. Puis des années plus tard, elle a 19 ans, le navire sur laquelle elle se trouve, sera pris à l’abordage par une troupe de Castro avec le leader maximo à leur tête. Il tombera raide dingue de la jeunette. Lui fera un enfant dont il forcera l’avortement. Outrée dans sa chair et son âme, elle se donnera pour mission de trucider le dictateur. Mais quand elle se retrouvera à nouveau devant lui Cupidon se manifestera encore une fois. Et ce n’est pas tout. Sa route croisera Lee Harvey Oswald en route avec elle vers Dallas…Qui mieux qu’elle peut raconter ce destin inimaginable. Elle nous tient en haleine de la première ligne au dernier chapitre. Si on dit qu’il n’y a pas de grand homme pour un valet, que dire alors de la perception d’un homme de légende de la part d’une femme qui a partagé sa couche ?

J’étais l’espionne qui aimait Castro. Marita Lorenz. First 351p.    www.editionsfirst.fr


 


 


Quand on vous dit n’importe quoi!

L’illustratrice Élise Gravel autant vous le dire tout de suite, est parfois atteinte d’accède de délire. Et ça peut la mener très loin. Du moins sur papier, quand, avec crayons ou stylos, gouache ou quoi encore, elle se met à tracer tout ce qui lui vient en tête, même de créer des animaux imaginaires, comme des méduses qui parlent italien! Elle prévient déjà la critique en avouant faire ici N’importe quoi!, qui donne son titre à son album désopilant. Elle a amusé l’équipe de la rédaction et on imagine la tête des enfants quand ils feuilleront ces pages et qu’ils tenteront de confondre ce qu’ils verront avec la réalité. Fou, fou, fou. A sa façon c’est une surréaliste qui s’ignore.

N’importe quoi! Élise Gravel. Éditions Les 400 coups.   www.editions400coups.com


 


 


Djihadisme sous deux aspects

Qu’est-ce qu’ils font parler d’eux ces djihadistes ? Non seulement par les actions terroristes commises, mais aussi par toute l’actualité télévisuelle et écrite. Et voici que la littérature entre dans la ronde avec une floraison de titres pour nous aider à comprendre ce qui anime ces exaltés qui s’agitent au nom d’Allah. Voici deux nouveaux opus en date. Le premier Daech l’équation cachée d’Alexandre Adler est publié aux éditions Archipel. L’auteur est un ancien directeur scientifique de la chaire géopolitique de l’Université Paris-Dauphine. Il a beaucoup écrit sur le sujet. Il pose trois questions cruciales si on veut enfin éradiquer ce carnage permanent. D’abord le jeu que joue l’Arabie saoudite dans cette équation. Ensuite, des signaux qui nous disent que les forces alliées contre Daech semblent favoriser parfois les islamistes. Et enfin le rôle que devront jouer l’Iran et la Turquie sur cet échiquier.

De son côté Jean-Yves Leloup nous arrive avec Le philosophe et le djihadiste aux Presses du Châtelet. C’est un récit basé sur des faits réels. C’est un djihadiste qui a pour sinistre projet de faire sauter la Chapelle Sixtine. Il a pris pour otage Monsieur Leloup. Loin d’être attient du syndrome de Stockholm, ce dernier va engager avec ce terroriste un dialogue où il va tenter de le dissuader de mettre à exécution son projet funeste. Et le signataire de poser la question qui tue « Que faire face à la violence ? ».  Vous avez vos réponses, il a la sienne.  


 


 


Incroyable mais vrai

Ce petit ouvrage d’une centaine de pages est une petite mine de renseignements en matière de culture générale. Le top 100 des choses inexplicables sur la planète d’Anna Claybourne recense des faits qui ne cessent d’alimenter notre curiosité comme le mystère du monstre du Loch Ness ou bien comment se sont érigées les pyramides d’Égypte. Et à propos de celles-ci justement on apprend que durant quatre millénaires, ce furent les plus hautes constructions de notre planète jusqu’à ce qu’on érige les cathédrales au Moyen-Âge. Vous aurez compris qu’au sortir de sa lecture, votre quotient aura gagné quelques grammes.

Le top 100 des choses inexplicables sur la planète. Anna Claybourne. Broquet 112p.   www.broquet.qc.ca


 


 


Après que l’on eu sauté sur une mine

La guerre est un révélateur du meilleur comme du pire, surtout ce dernier. Et nous en avons encore une autre preuve avec cet ouvrage Anatomie d’un soldat d’Harry Parker. On ne sait pas trop si c’est un récit ou un roman, mais son contenu est basé sur des faits réels avec tous ces mutilés de guerre dont les histoires d’horreur ressemblent en tout point à celle du protagoniste dans ces pages, le capitaine des forces de Sa Majesté britannique, Tom Barnes, qui pour son malheur va sauter sur une mine. Sa vie bascule. De jeune homme vif et promis à un brillant avenir, il se trouve maintenant handicapé. C’est tout le talent de l’auteur de nous raconter par le menu détail les affres de la condition de soldat dans ces situations, quand vous êtes soudainement diminué. De quoi vous faire aimer la paix et haïr la guerre à tout jamais.

Anatomie d’un soldat. Harry Parker. Belfond 407p.    www.chritianbourgois-editeur.fr


 


 


Radioscopie d’une famille enfermée dans la douleur

Voici quarante ans, une petite fille âgée d’à peine deux ans, Hanne, qui venait tout juste d’être cajolée par la reine Juliana en visite dans son petit bled hollandais, trouvait la mort au cours d’un stupide accident. Et quarante ans plus tard, la mère était toujours inconsolable. Ce deuil jamais cicatrisée, pèsera de tout son poids sur l’ambiance familiale. Juin de Gerbrand Bakker est une éloquente démonstration que la mort a des douleurs à nul autre pareil comme disait le poète. Et ce grand écrivain néerlandais, trop méconnu sait trouver l’agencement des mots parfaits pour restituer ce grand mal de vivre qui survient parfois à la suite d’un décès, tragique ou pas. Ceux qui vivent une situation semblable apprécieront le regard que porte cet observateur attentif aux malheurs des autres.

Juin. Gerbrand Bakker. Gallimard 322p.   


 


 


Comment on devient écrivain en quelques leçons

Il y en a plusieurs qui éprouvent des frustrations devant l’acte d’écriture, car vue comme une entreprise si noble que ça requiert des prédispositions particulières. Il n’en est rien si on en croit Mylène Fortin qui enseigne la création littéraire à Matane. Cette belle jeune femme qui a une formation théâtrale voit dans le plaisir d’écrire, celui de composer des rôles sur papier, un peu comme le comédien lui, va travailler son personnage. Et elle est de l’école que c’est en forgeant que l’on devient forgeron d’où ces leçons dont elle nous gratifie généreusement. Et en gradation on en arrive à peaufiner son style, trouver son identité. Attention, il faut être bon élève car il y a des exigences à respecter. N’est pas Maupassant qui veut. Noir sur blanc est un ouvrage didactique assez novateur car il interpelle constamment son lecteur. On s’aperçoit que le talent littéraire n’est pas que magique. Il repose sur des données que l’on se doit de posséder.

Noir sur blanc. Mylène Fortin. Québec Amérique 302p.    www.quebec-amerique.com


 


 


Nazis et tueur en série

Nous avions salué déjà dans nos pages le brio d’Andrée Décarie avec « Pétrole last call ». Son mérite vient de ce qu’elle potasse énormément d’informations avant d’écrire la première ligne. Et ça donne en bout de piste des livres fouillés qui flattent l’intelligence du lecteur. Et la preuve nous en est encore donnée avec sa dernière ponte Meurtre au Salon du livre où elle entremêle des faits historiques touchant à la vie sous le régime nazi et comment des criminels de guerre ont bénéficié du soutien de la Sainte église catholique pour se soustraire au bras de la justice. En même temps qu’elle nous fait surgir un tueur en série particulier, qui comme tous ses congénères signe ses crimes par un trait particulier. Dans son cas, il trucide des auteurs de salons du livre. Et vous verrez quels liens elle tisse entre ces deux aspects d’une même histoire. Si vous la connaissez vous allez être en pays de connaissance, sinon c’est l’occasion de la découvrir, elle qui sait pimenter ses histoires comme nulle autre.

Meurtre au Salon du livre. Andrée Décarie. Les éditions Révolte 299p.    www.andreedecarie.com


 




 


Des itinéraires de rêve au Québec, en Amérique latine et Caraïbes

Deux grands albums chez Ulysse nous proposent de beaux voyages dans la collection « 50 itinéraires de rêve ». Le premier est consacré au Québec. En parcourant ces pages et en voyant surtout ces photos, on vérifie à quel point on ne connaît pas suffisamment la géographie de la Belle Province. Sa diversité, son étendue. Un jour à un touriste français qui s’extasiait devant nos grands espaces, on répliqua qu’il avait bien la Camargue, le Gard, l’Hérault, qui ont vallées et gorges à l’infini, celui-ci nous fit remarquer que ces paysages prennent souvent fin en une demi-heure de route, alors qu’ici on roule des heures et c’est encore des kilomètres d’immensité. Il avait raison. Les photos oui, mais du texte instructif. Ainsi apprend-on que le fameux Rocher Percé, perd chaque année 300 tonnes de pierres. A ce rythme il ne sera plus bientôt qu’un souvenir.

Cette collection se distingue par le fait qu’il nous est suggéré des itinéraires au jour le jour. Donc on n’a plus à se demander quoi faire aujourd’hui. Et laissez-nous vous dire que les suggestions sont à la hauteur de vos curiosités. Ainsi dans ce titre consacré à l’Amérique latine et les Caraïbes, on recommande un détour par l’archipel de Solentiname sur le lac Nicaragua, au pays du même nom, un chapelet de 36 îles, dont quatre seulement sont habitées et qui donnent comme un goût de bout du monde. Vous oublierez instantanément les cauchemardesques bouchons de circulations de la vie urbaine. Et la si négligée Puerto Rico et ses plages idylliques comme celle de San German dans la très belle baie de Boqueron.


 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

Les cinq titres qui suivent sont publiés chez AdA. Comment s’aimer soi-même ? Voilà la question. Comment s'aimer soi-même (et parfois les autres) est un guide intelligent et branché, qui s'adresse aux personnes en quête de spiritualité, qui désirent vivre plus d'amour et de stabilité dans toutes les formes de relations. Présenté en adoptant le point de vue unique des auteurs, Meggan Watterson et Lodro Rinzler, ce livre explique comment s'ancrer dans l'amour de soi alors que l'on parcourt le cycle naturel (et parfois tumultueux) d'une relation amoureuse. Leurs perspectives complémentaires, en tant qu'enseignants et spécialistes du mysticisme chrétien et du Bouddhisme, provoquent un dialogue riche et fascinant qui traite de tout, depuis la sexualité, l'estime de soi, l'amitié profonde, la naissance de l'amour et son déclin, jusqu'à la rupture - et comment garder un coeur ouvert à travers tout cela. À la base, ce livre enseigne comment s'aimer soi-même, inconditionnellement. Meggan et Lodro affirment que vous êtes digne d'amour - tant le vôtre que celui d'autrui.

Dans un même ordre d’idée La vie vous aime du tandem Louise Hay et Robert Holden. Vivons-nous dans un univers amical ? Le dessein de la vie est-il empreint de gentillesse ? Y a-t-il un plus grand plan pour votre vie ? La vie vous aime est une introspection qui vous entraîne au coeur de qui vous êtes. Le livre explore votre relation avec le monde et vous pose des questions profondes sur la nature de la réalité. Ces dernières années, la science a appris à voir le monde d'une nouvelle manière. Par exemple, nous savons maintenant que les atomes ne sont pas des petites particules distinctes, mais des expressions de l'énergie universelle. Un univers composé de particules distinctes n'a jamais vraiment existé. Tout est dans tout. Chacun d'entre nous fait partie d'une plus grande Unité. À un niveau plus profond, notre mission de vie est d'être un reflet aimant du monde.

Pour un bonheur sans fin. Une jolie proposition de la médium Tiffany Johnson. La vérité psychique sur les relations et les amours Découvrez des conseils pratiques et des astuces avisées pour trouver l'amour et avoir des relations enrichissantes. Avec humour, chaleur et une honnêteté désarmante, la voyante vous offre la possibilité d'apporter les changements indispensables pour trouver le bonheur infini. Tous les sujets imaginables se rapportant à l'amour sont explorés dans ce guide vivifiant et distrayant, du rôle joué par les âmes soeurs et le karma dans les relations jusqu'à ce que vous devez faire si vous croyez que votre partenaire vous est infidèle. Et ailleurs, deux petits livres d’initiation en format de poche. Chamanisme pour débutants de James Endredy et La chiromancie de Richard Webster.

Aux éditions du Souffle d’Or le coach et formateur Joël Licciardi est un ardent défenseur du principe du triomphe de la volonté. Et il le manifeste par sa thèse Programmez votre réussite échafaudé sur sept points fondamentaux. On apprend qu’il faut 21 jours à un individu pour ancrer un comportement. Et il insiste aussi que pour cette préparation mentale particulière il faut prendre le temps de se reposer et de se démener physiquement par le sport. Dans les relations interpersonnelles il invite à ne pas regarder les autres que par la lorgnette du négativisme car ça finit par toujours nous retomber dessus. C’est un des gages de réussite.

Ah le mal de dos qui affecte tant de gens. Ici même à la rédaction, un de nos membres pour avoir adopté pendant plus de deux décennies une mauvaise posture assise, le dos en arrondi, et la pression sur les reins, se vit une fois complètement barré, le corps en équerre, impossible à redresser. Il a fallu l’aide d’un physiothérapeute, spécialiste en médecine sportive, pour le décoincer. Le Dr. Yang Jwing-Ming est une sommité dans les arts martiaux, notamment le kung-fu. Sa pratique l’a obligé à savoir ménager son anatomie lors de prises de positions pas toujours accommodantes. Il a couché sur papier tout son savoir dans Guérir le mal de dos par le Qigong aux éditions de l’Éveil. Et il compare les traitements des deux médecines en la matière, chinoise et occidentale. C’est un ouvrage de très grande rigueur d’une lecture exigeante.

La Bible demeure le livre le plus lu et traduit depuis que le livre existe. L’autre jour on pouvait voir sur la chaîne Canal Savoir, la chanteuse et comédienne Chloé Sainte-Marie raconter comment son enfance a été imprégné par les récits bibliques, force majeure car c’était le seul bouquin disponible à la maison, son père étant un membre de l’église évangélique de type fanatique. C’est vrai que c’est un ouvrage fondateur où vous avez toutes les situations humaines, amour et violence, le tout dans l’extrême. Pour ceux qui voudraient approcher cette lecture édifiante vous avez un bon guide en la personne de Raymond Edward Brown qui signe 101 questions sur la Bible et leurs réponses aux éditions du Cerf. L’auteur est bien placé pour en parler puisqu’il est membre de la Commission biblique pontificale et professeur réputé d’exégèse. Le ton est donné sous forme questions et réponses et le répondant n’hésite pas à se faire l’avocat du diable pour répliquer aux objections courantes.


 







 


Le coin santé physique et psychique (2)

A l’heure de l’âgisme, et où on n’en a que pour la jeunesse, la perspective de vieillir donne froid dans le dos à plusieurs. Ceux-là auront intérêt à s’emparer de Vieillir la paix au cœur de Joëlle Chabert journaliste qui s’est faite une spécialité du monde des aînés. L’ouvrage qui parait chez Novalis, montre sans détour la condition de ce qu’est le grand âge, avec ses forces et ses faiblesses. C’est une évidence que vient un temps où le corps ne suit plus. L’auteure a recueilli des témoignages de vieux. C’est d’une lecture enrichissante au possible qui va nous réconcilier un peu avec cette phase finale de l’existence.

C’est avec bonheur que nous apprenons la réédition de ce livre marquant du psychanalyste Guy Corneau « Victime des autres, bourreau de soi-même » paru pour la première fois en 2003. Car le thème central du livre est l’illustration par l’exemple de ce vieil adage qui veut que l’on soit le pire ennemi de soi-même. Sur la couverture on a accolé une pastille avec cette vignette amusante « Peut contenir des traces de bonheur ». Au sens qu’à partir du moment où on prend conscience qu’il faut écouter son intérieur et non d’être à la merci des déterminismes des autres, peut commencer l’ascension de sa propre personnalité. Et que d’en connaître les clés, dont l’évacuation de la peur, autorise mille choses, pour notre plus grand bonheur. L’auteur, fort de sa pratique et de ses études, nous rappelle comment nous nous emprisonnons avec nos blocages. Chapeau à la maison d’édition de remettre sur le marché ce bouquin qui a aidé tant de gens à se découvrir et qui peut continuer à jouer ce rôle salvateur.

Les deux prochains titres sont chez Québec-Livres. Jean Casault débarque avec Révélations spectaculaires sur les faits maudits. Nous sommes en présence d’un livre phare concernant le monde ésotérique qui fascine tellement. Il nous dit que 90% de ce qu’on nomme des faits maudits, se déroulent hors de la réalité, et ne peuvent être observés que par un groupuscule disposant de dons. Mais tout s’apprend et notre guide, s’appuyant sur un demi siècle de recherches nous trace des pistes pour accéder à ces mondes parallèles. Quand on lit tout ça, la première pensée qui nous vient à l’esprit c’est que nous sommes des nains face à la connaissance.

Parce qu’elle a connu elle-même dans sa vie, les affres de la rencontre avec un être pervers et narcissique, la thérapeute Geneviève Schmidt parle en connaissance de cause de ces être égocentriques au possible et qui n’éprouvent aucun sentiment d’altérité ou d’empathie pour leurs semblables ou les très proches même de leur famille. C’est pour aider les victimes de ces gens sans foi ni loi qu’elle a écrit Le manipulateur pervers narcissique destiné aux victimes, afin qu’elles puissent les repérer et savoir réagir en conséquence.
Aux éditions des Presses de l’Université Laval, deux professeurs de philosophie Daniel Hébert et Richard Maltais Desjardins ont pris sur eux de nous enseigner comment philosopher et ensuite rendre son propos. Ça donne un bouquin merveilleux Philosopher, de l’opinion à la conviction. Car pour émettre une pensée, en parole comme par écrit, faut-il qu’elle soit précédée par une réflexion, un solide argumentaire. Sans quoi, un interlocuteur opposant, mieux structuré peut facilement mettre en pièce vos prises de position. Et pour parvenir à leur mission pédagogique, on nous sert pleins d’exemples concrets. C’est très amusant. Et au sortir de sa lecture et en possession de ces précieux enseignements, on saura braver tous les auditoires.

Chez Édito on a mis le paquet pour propager le bonheur ressenti par l’animatrice de TVA et conférencière Christine Michaud. C’est un grand livre intitulé Mon projet bonheur. Elle a structuré pour ses lecteurs un programme d’une durée de 12 semaines qui a pour but d’en arriver à trouver sa plénitude par divers moyens. A intervalles pour avez de petits encadrés coiffés du titre de « Confidences ». Dans ces segments elle se livre un peu plus sur ce qu’elle éprouve à telle ou telle étape. Personne n’être contre la vertu et en ce sens, ce livre peut apporter une réelle contribution aux personnes qui veulent donner un sens à leur vie.  


 


 


La déveine d’un chanteur de charme cubain

Yasmina Khadra n’a pas son pareil pour rendre l’âme des gens et des pays. Il le prouve encore une fois souverainement avec Dieu n’habite pas La Havane. D’abord il y a la couverture accrocheuse, d’un sublime graphisme nous montrant un monsieur appuyé,  borsalino sur la tête, sur une vieille bagnole américaine garée dans une rue étroite. Tout est dit. Le décor est en place. Nous voyons le déclin tristounet d’un chanteur de charme « Don Fuego » qui en pince pour une jeune fille à la crinière rousse, flamboyante comme il ne s’en trouve qu’à Cuba. Mais loin d’être une idylle reposante, sa vie va être chamboulée. Le romancier restitue toute la dualité entre la nostalgie romanesque qui entoure la capitale du pays et des petites misères du quotidien. Les amoureux du pays seront gâtés au superlatif.

Dieu n’habite pas La Havane. Yasmina Khadra. Julliard 295p.    www.laffont.ca


 


 


Le blues d’un paumé de Harlem

Le septième roman publié en français de R.J. Ellory « Un cœur sombre » est d’une tonalité très sombre et se déroulant dans le quartier mal famé d’East Harlem. Le « héros » Vincent Madigan, pour son malheur, s’est endetté considérablement auprès du chef mafieux du secteur, Sandià. Comme il ne parvient pas à honorer son engagement, il ne trouve d’autre solution que d’aller braquer dans les locaux du gangster en espérant mettre la main sur un pactole de 400 mille dollars. Mais le scénario échafaudé va virer au cauchemar. Lui qui pensait s’en sortir ainsi ne fera que s’enfoncer. D’autant que la police de New York délègue sur l’affaire un de ses meilleurs limiers, que connaît trop bien le coupable. Et ce dernier va devoir puiser dans son fond d’humanité pour pouvoir se refaire moralement. On ne vous en dit pas plus. Le romancier excelle dans la démonstration que l’on est artisan de son propre malheur.

Un cœur sombre. R.J. Ellory. Sonatine 489p.     www.sonatine-editions.fr


 


 


Une saga héroïque impliquant deux amies écossaises

Emma Fraser qui est d’origine écossaise et de formation en infirmerie a sans doute puisé dans ses souvenirs pour élaborer cette grande saga qui s’étire sur deux sang, et dont on dit qu’elle s’appuie sur des faits réels. Quand soufflera le vent de l’aube nous transporte dans une île écossaise en 1903, l’île de Skye. Deux amies y vivent et son inséparables, l’une fille de métayers, l’autre du médecin du lieu. La première veut devenir infirmière tandis que la seconde veut emprunter le sentier paternel. Mais la vie en décidera autrement avec la Première guerre mondiale qui fera d’elles, des exilées de l’Écosse à la Serbie, en passant par la France. Puis il y a dans tout bon roman, un secret dans le placard qui vient déranger l’ordre des choses. Dire que ce livre est bon est en dessous de la vérité.

Quand soufflera le vent de l’aube. Emma Fraser. Robert Laffont 525p.   www.laffont.fr


 


 


Un livre initiatique autour de la descendance des espèces

Quel livre inclassable que celui de L’héritier de Darwin que nous présente Alain Olivier qui est dans son essence un roman de par la fiction qui est présente. Mais c’est beaucoup plus que ça, car il entre dans la catégorie des livres qui au sortir de leur lecture, nous rendent plus intelligent. Car ici nous sommes en présence d’un chercheur en biologie moléculaire, qui part sur les traces de Darwin, le menant de la Patagonie chilienne à la Terre de Feu. Et quand on dit à la rencontre de Darwin, c’est tant au propre qu’au figuré, car c’est là l’aspect magique, le narrateur va rencontrer Darwin en personne! Quel privilège. Il va de la sorte pouvoir lui poser les questions qui le taraudent sur l’origine des espèces, surtout la nôtre. Quoi de mieux que d’avoir ce grand théoricien sur l’évolution sous la main. Et l’auteur qui est lui-même biologiste ne peut pas s’empêcher de faire preuve de son réflexe didactique en nous abreuvant de connaissances sur notre passé biologique. C’est un livre captivant et c’est un euphémisme.

L’héritier de Darwin. Alain Olivier. Lévesque éditeur 356p.   www.levesqueediteur.com


 


 


Théâtre sur la société américaine

Habituellement nous ne traitons pas des ouvrages sur le théâtre, car les textes ne peuvent s’apprécier que dans la bouche et le jeu des acteurs. Mais voici que parait AmericanDream.ca de Claude Guilmain dont voici l’argument tel que dépeint dans la notice du service de presse  « Avec pour toile de fond des enjeux sociopolitiques des cinquante dernières années, AmericanDream.ca met en lumière les dérives du capitalisme américain et trace un lien entre l'assassinat de John F. Kennedy et les événements du 11 septembre 2001. »  Avis aux intéressés par la dynamique sociale américaine.

AmericanDream.ca. Claude Guilmain. Les éditions L’Interligne 267p.    www.interligne.ca


 


 


Amours au féminin

Claudie Hunzinger parce qu’elle est femme sait sans doute mieux qu’un homme, ce que peut-être les atermoiements d’une femme en amour avec sa semblable. Et elle le démontre magistralement en parlant du climat amoureux entourant les échanges épistoliers entre Emma et Marcelle. Il y a de la grandeur d’âme dans L’incandescente qui atteint des sommets sentimentaux. C’est épuré. Dans un autre genre et à une autre époque, il y avait les Amitiés particulières de Roger Peyrefitte, qui nous conduisait à ces cimes de l’amour avec les correspondances entre deux garçons. C’est un beau fleuron de la littérature homosexuelle que nous offre l’auteure. Dans son genre, ce titre fait figure de classique et de classe de maître pour ceux qui aspirent à prendre le chemin des lettres.

L’incandescente. Claudie Hunzinger. Grasset 301p.   


 


 


Des Bonnie and Clyde d’un genre nouveau

Le Tonino Benacquista cuvée nouvelle prend la forme d’un roman baroque Romanesque aussi fou que Fitzcarraldo l’est pour le cinéma. Un couple, homme femme inscrit sur la liste des personnes recherchées aux États-Unis pour un crime, se réfugie dans un théâtre, le temps de se payer une bonne pièce. A partir de cette toile de fond s’échafaude tout un florilège d’aventures incroyables. On pourrait d’ailleurs en faire un film. A la fin ils se font prendre, on ne vous en dit pas plus. Mais avant d’arriver à cette conclusion qui montre encore une fois que le crime ne paie pas, vous assisterez à un déferlement de connaissances historiques et de rites médiévaux. Qu’est-ce que ça vient faire là dedans ? C’est ce qui donne la tonalité baroque au bouquin.

Romanesque. Tonino Benacquista. Gallimard 231p.   


 


 


Une romance loin d’être de tout repos

On souhaiterait que les amours adultérins de Romain, un militaire meurtri par sa mission en Afghanistan et Marion, une journaliste connaissance L’insouciance qui donne son titre au roman de Karine Tuil. Mais il n’en sera pas ainsi. Car madame est l’épouse en titre d’un homme d’affaires, prénommé François qui met so9n entreprise en péril pour une simple bévue qui aura des retentissements. A l’ère des nouvelles numériques qui se propagent à la vitesse de l’éclair, le type a eu pour son malheur de s’asseoir sur une toile illustrant une femme noire. Aussitôt l’étiquette lui collera à la peau, c’est un raciste. Donc son business en souffre. Jusqu’à ce qu’un ami de ce dernier, un fils d’immigrés ivoiriens, va défendre haut et fort son pote. Pendant ce manège des hauts et des bas de l’entreprise, comment la romance de Romain et Marion va-t-elle se maintenir  contre vents et marées. C’est une fresque sentimentale époque bourrée de passions et de violence. Très fort.

L’insouciance. Karine Tuil. Gallimard 526p.   


 


 


Une accusation de meurtre à la conclusion déroutante

Ferdinand von Schirach nous mène en bateau rien de moins avec cette histoire d’un plasticien qui n’a pas beaucoup de chance. Il a d’abord eu la douleur de voir son père s’enlever la vie. Ensuite, bien qu’ayant atteint à la notoriété en raison des nus de sa maîtresse qui attirèrent l’attention, le voilà accusé d’un meurtre dont son avocat dira pourtant qu’il ne l’a pas commis. Et malgré le fait que le présumé meurtrier s’est incriminé en reconnaissant sa culpabilité. Il y aura donc procès aux assises. Et à la toute fin il y aura un rebondissement qui va en surprendre plus d’un à commencer par le juge. Tabou est une sacrée histoire de justice qui plaira et comment aux accros d’aventures judiciaires.

Tabou. Ferdinand von Schirach. Gallimard 224p.


 


 


Le mystère d’une fin de vie provoquée

Le suicide est un acte qui nous laisse toujours pantois tant personne ne vous y prépare, et souvent les personnes qui décident de mettre fin à leur jour ne laissent jamais de signes avant-coureur. Mais annoncé ou pas, le suicide bouleverse et laisse des traces profondes sur l’entourage, comme sur Catherine Cusset qui s’inspire du suicide de celui qui fut déjà son amant, Thomas, pourtant expansif, vivant quoi. Et pourtant. Et ce titre sans doute puisé dans « Avec le temps » de Léo Ferré  L’autre qu’on adorait. Le Thomas qui s’exilera aux États-Unis et qui permet à l’écrivaine de bien décrire la vie américaine de son œil d’européenne. Son passage à « On n’est pas couché » de Laurent Ruquier fut très remarqué. C’est une des belles perles de la rentrée littéraire.

L’autre qu’on adorait. Catherine Cusset. Gallimard 291p.  


 


 


Une enquête à deux sans policiers

Laurent Corbec est un de ceux qui a quitté l’Hexagone il y a déjà un bon moment pour venir s’établir au Québec. C’est un artiste dans l’âme, qui aime bien pousser la chansonnette. Et écrire aussi. Et il le fait bien comme avec La chronique exotique. C’est un roman policier sans policiers. Explication. C’est un procureur français qui se trouve en vacances au Québec. Son nom, Antoine Eyrolles. Qui va croiser la route d’un journalise Tao Bilodeau qui planche sur un meurtre qui le taraude. La victime est une restauratrice et son meurtrier ne lui a pas fait de quartier. Une sauvagerie innommable. Il va arriver que le premier sera embarqué dans l’affaire et à quatre mains vont tenter d’élucider cet homicide répugnant. Rebondissements assurés et plaisir de lire également.

La chronique exotique. Laurent Corbec. Québec Amérique 320p.   www.quebec-amerique.com


 


 


La vengeance est un plat qui se mange froid

Ce vieil adage peut convenir pour expliquer pourquoi dix ans plus tard la police enquête encore sur des faits s’étant déroulés si longtemps. Tel est l’argument de base de La ruelle un suspense policier habilement tissé par Patrick Hamel. Au départ il y avait un plan mené par des hommes qui voulaient s’en prendre à deux jeunes femmes dans une ruelle d’une ville. Mais leur plan machiavélique a été mis en pièce par l’arrivée inopinée d’une patrouille de police. Coups de feu, deux morts et deux pas loin de l’être. Donc une décennie plus tard débarque l’enquêteur Jerry Simard qui aura pour partenaire Gustave Côté un des deux patrouilleurs de jadis, laissé pour mort. Mais on n’enquête pas que sur le passé, car vous le verrez, le présent est très chargé et le premier limier se pose des questions sur la personnalité de son partenaire. Bref on ne s’ennuie pas une seconde. Retenez ce nom de Patrick Hamel. Notre petit doigt nous dit qu’on n’a pas fini d’entendre parler de lui.

La ruelle. Patrick Hamel. La Plume d’Or 324p.    www.editionslpd.com


 


 


Un chartreux aux prises avec des questions existentielles

La BD joue habituellement un rôle divertissant. Mais il arrive comme avec celle qui nous tombe sous la main de Zep « Un bruit étrange et beau » que nous sommes appelés à découvrir une belle histoire qui va nous interpeler. C’est un membre de la congrégation religieuse des chartreux, en fait un ermite, qui dans le cadre d’une question de succession familiale va se rendre à Paris et découvrir le monde après un quart de siècle. Et dans la catholicité on dit généralement dans les ordres religieux que l’on va se brûler les ailes dans le monde. C’est un peu ce qui arrive à notre bon père qui va croiser la route d’une jeune femme en phase terminale et qui a décidé de profiter de chaque instant de la vie qui lui reste. Cette rencontre sera déterminante pour l’homme de Dieu qui se trouve confronté à mille interrogations.

Un bruit étrange et beau. Zep. Rue de Sèvres 84p.   www.zeporama.com


 


 


Les tribulations d’un copiste dans l’empire ottoman

Si vous êtes en mal d’exotisme, nous avons le roman tout trouvé Nikolaos, le copiste de Louis L’Allier. Ce dernier est bien placé pour nous faire revivre des civilisations anciennes car à la ville il est professeur agrégé du département d’Études anciennes de l’Université Laurentienne à Sudbury. Il raconte la vie mouvementée d’un copiste en 1453 à Constantinople. La ville est prise d’assaut par les vilains ottomans. Ni d’une ni de deux, Nikolaos c’est son nom, décide de fuir en apportant avec lui un précieux manuscrit dont la connaissance peut changer la face du monde. Mais dans au cours de son périple il sera mis sur sa route moult chose, dont le désir charnel. Un ouvrage où l’intellect et le sensuel s’entremêlent. Comme dépaysement on ne trouve pas mieux.

Nikolaos, le copiste. Louis L’Allier. Éditions David 252p.   www.editionsdavid.com


 


 


Un cours de toute beauté sur Mark Twain

Victor-Lévy Beaulieu est un démiurge de l’écriture et on se demande comment il peut sauter de Nietzsche à Mark Twain (1835-1910) à qui il consacre un ouvrage pour nous le faire aimer. Car l’écrivain américain, imprimeur et aussi journaliste, est tout sauf banal. Entre autres, son autobiographie de 5000 pages ne sera portée à la connaissance du public, selon ses vœux, qu’en 2010.  Beaulieu a passé au travers de ce copieux corpus. Pourquoi cet intérêt pour l’auteur des aventures de Tom Sawyer et celles de Huckleberry Finn ? C’est que c’est à lui qu’il doit sa vocation d’homme de lettres et de chroniqueur. A douze pieds de Mark Twain préfacé par Jean-Claude Germain qui fait la démonstration de l’influence de la littérature américaine chez nous, nous avons comme sous-titre « Cabotinerie ». C’est que nous ne sommes pas en face d’une biographie standard. Nous savons tout ou presque sur Twain rendu à la dernière page du livre hommage, mais en même temps, VLB entrecoupe son récit d’anecdotes personnelles savoureuses qui nous font penser qu’il devrait s’atteler à son tour à 5000 pages de sa propre vie, car il raconte tellement bien le Québec profond. Ce qui serait un devoir de mémoire. Mais pour l’instant allez à la découverte de Mark Twain grâce à cet excellent professeur comme il n’en existe même pas en classe.

A douze pieds de Mark Twain. Victor-Lévy Beaulieu. Éditions Trois-Pistoles 388p.   www.editionstrois-pistoles.com


 


 


Souvenirs d’un prof de sciences religieuses à l’UQAM

 Sans doute Guy Ménard a-t-il senti, l’âge aidant ou n’aidant pas, c’est selon, le besoin de raconter son parcours de vie. Il a été durant trente ans professeur au département de science des religions à l’UQAM. C’est un être pétri de connaissances et qui a fait de celles-ci qu’il est un être non pas avec une tête bien remplie, mais surtout une tête ben faite. Car il sait prendre le recul nécessaire pour raconter sa vie, ses joies comme ses déceptions. Homosexuel déclaré il prend le temps de situer les combats qui ont été mené pour en arriver à faire passer la déviance pour une orientation. Il parle de mille sujets avec passion, que ce soit une conférence dans un amphithéâtre universitaire parisien, à l’éducation des jésuites, son coming-out, la sensualité des brésiliens, etc. Il nous fait la faveur de ses confidences. Soyez-en remercié.

Confections.  Une vie sous toutes ses coutures. Guy Ménard. Liber 300p.


 


 


Portrait de Julien Hébert, pionnier du design québécois

Si vous demandez à quelqu’un le nom d’un grand designer d’ici, vous obtiendrez à coup sûr celui de Michel Dallaire, car plus près de nous dans le temps et plus médiatisé. Mais celui-ci avait un mentor aujourd’hui méconnu, Julien Hébert (1917-1994) pionnier sans conteste du design au Québec. Martin Racine rappelle son importante contribution. Un de ses legs est le symbole bien connu du logo de Terre des Hommes de 1967 qu’il remporta quatre ans auparavant. C’était un curieux de tout, de la sculpture au design des buffets d’orgue, comme du plafonnier d’une salle de spectacle comme sa création au Centre National des arts, comme d’une simple chaise longue. Élève de l’École des Beaux-Arts de Montréal, c’est en compagnie d’Ossip Zadkine à Paris qu’il donnera libre-cours à son talent. Car, contrairement à l’éducation académique de son alma mater montréalais, avec son prof parisien, il aura toute liberté de stimuler sa créativité, le prof n’intervenant qu’à la toute fin pour livrer ses observations respectueuses. Saluons encore une fois les éditions du passage à qui nous devons ce beau livre et qui n’agissent ainsi que par pure philanthropie, détaché de toute ambition commerciale. Ainsi le souvenir de cet homme de génie se perpétue.

Julien Hébert. Fondateur du design moderne au Québec. Les éditions du passage 254p.      

 

 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

Lorsque l’on voit ces défilés de mannequins portant des griffes prestigieuses brillantes sous les éclairs de centaines de flash, on peut se mettre à envier ce style de vie glamour. Au-delà des paillettes se cache un véritable drame. Celle de la maltraitance des modèles. Non pas des agressions physiques selon la première acception du terme, mais par le fait que le milieu de la mode impose un diktat effrayant qui confine les filles à atteindre la taille magique souhaitée de 32, sinon vous êtes impitoyablement rejetée. Conséquence, les jeunes femmes sont atteintes d’anorexie et parfois en meurent. Victoire Maçon Dauxerre dit tout haut ce qui ne va pas dans ce monde machiste au possible. Elle le dit sans ambages, ces mannequins ne sont pour le milieu, que des porte-manteaux sans identité. Elle a vite déchanté au point de vouloir s’enlever la vie. Jamais assez maigre, est un livre-choc qui ajoute sa pierre à un éveil, car malgré les alertes on continue toujours de procéder de la même façon avec ces femmes qui ne sont pas mieux que du bétail à l’abattoir. C’est aux éditions de l’Homme.

Et dans une certaine continuité puisque l’on parle d’anorexie chez les mannequins, il y a cet essai merveilleux aux Presses de l’Université du Québec Anorexie, boulimie et société avec en sous-titre « Penser des corps qui dérangent ». L’auteure, Laurence Godin est une chercheuse reconnue sur les liens entre le corps et la santé mentale. Ça ne fait pas si longtemps que la science s’intéresse à l’anorexie et son contraire, la boulimie, à peine les années 70. Il y a là toute une panoplie d’approches pour comprendre les canons édictés de ce que doit être le prototype du corps parfait et en même temps les besoins fondamentaux de l’individu et tout simplement les nécessités métaboliques. C’est un ouvrage de grande rigueur qui fait la synthèse des connaissances acquises sur cette problématique qui atteint principalement les femmes.

Chez le même éditeur un autre essai en collectif sous la direction de Johanne Collin et Pierre-Marie David « Vers une pharmaceuticalisation de la société ? »  Les auteurs le disent d’emblée, le médicament échappe au seul contrôle médical. Sommes-nous entrain de faire de nous une société de drogués, sous l’emprise des compagnies pharmaceutiques ? Et on analyse à fond la pénétration des médicaments dans notre existence. Ce bouquin donne la mesure du « fléau » que représente la prescription de trop de médicaments, et pas toujours pour les bonnes raisons.

Sur un mode ludique pour apprendre aux petits ce qu’il en est du TDAH, la psychiatre Annick Vincent a décidé de passer par le biais du conte avec un personnage principal prénommé Tom qui a tous les symptômes de l’hyperactivité. A la première personne il nous décrit son quotidien, ses forces et ses faiblesses. Mon cerveau a besoin de lunettes est publié chez Québec-Livres. Un excellent outil pédagogique pour préparer nos jeunes susceptibles d’être atteints ou confrontés à cette problématique. Et pour être bien certaine de ne pas tarer le coche, elle a mis à contribution ses quatre garçons dans la préparation de son historiette.


 





 


Le coin santé physique et psychique (2)

Celles qui sont atteintes du syndrome de la femme parfaite et qui souffrent dans leur for intérieur de ne jamais y parvenir, ont une planche de salut toute trouvée avec Assez, c’est assez!, écrit en tandem par mesdames Nancy Coulombe et Nadine Descheneaux et qui contient une mine de conseils pour dédramatiser le vécu au quotidien, que ce soit dans l’éducation des enfants ou dans le simple fait de faire le ménage. C’est une réédition qui nous vient des éditions Druide en format plus compact et à un prix économique. C’est la preuve qu’un tel livre était attendu sur le marché.
Quel hasard. Au moment où le gouvernement du Québec lance une vaste consultation dans le milieu de l’éducation afin d’élaborer son prochain grand plan d’action, voici que parait aux éditions La Presse et sous la signature de Mylène Moisan « Dans une classe à part ». L’auteure qui publie tant au Soleil qu’à La Presse comme journaliste, a été lauréate du convoité prix Judith-Jasmin. C’était en 2013. Dans son échelle d’affection, elle range les enseignants comme des héros méconnus du quotidien. Et dont la tâche est souvent mal appréciée. Pour illustrer son propos, elle a choisi les cas de six professeurs qui ont à cœur de dispenser le savoir aux jeunes têtes et dont leur profession est une véritable vocation. On voudrait tous avoir des profs comme eux.

Les trois prochains titres sont aux éditions Québec-Livres. Yvan Dubuc et Marc Éthier se sont mis à deux pour Fidélisez votre clientèle qui s’adresse aux patrons afin qu’ils s’évitent la pénible situation des portes tournantes, où les employés entrent et sortent à un rythme effarant et si contre-productif. Certains employeurs l’ont compris qui ont décidé de consentir des salaires de base décents ou assortis de bonifications stimulantes. Ce livre a le mérite de rejeter le vieux modèle de dirigisme autocratique issu des siècles passés. Le management doit prendre un virage comme nous le montrent les auteurs.

Le dicton est bien connu, connais-toi toi-même, et par là on fait surtout référence à la connaissance psychique de soi. Mais par extension il faudrait aussi bien se connaître au plan des mécanismes physiques. Voici un ouvrage de premier plan écrit par la fondatrice de la Métamédecine et psychothérapeute Claudia Rainville « Connaître le fonctionnement de mon corps pour guérir ». C’est un véritable cours de médecine en condensé qui permet de voir les interactions entre les différentes parties du corps. Et aussi que nous pouvons pour beaucoup dans l’auto-guérison. D’ailleurs elle souligne que jadis, les médecins étaient bien davantage au courant de cette disposition.

Par ailleurs Marthe Saint-Laurent passe en revue les blocages qui nous empêchent de parvenir à nos aspirations. Mon idéal de vie est une proposition de coller davantage à ce que nous sommes et non en fonction de ce que les autres voudraient que l’on soit. La coach de vie que l’on voit régulièrement sur le plateau de Denis Lévesque à TVA donne des situations types, des cas vécus et surtout s’intéresse aux défaites que l’on se donne pour repousser aux calendes grecques le moment de s’écouter intérieurement.


 


 


Galerie avec le vrai monde

Quelqu’un faisait remarquer un jour que si l’on prenait le temps d’interroger tous ceux qui passent autour de nous, on serait surpris qu’il y aurait là matière à de nombreux romans. C’est à quoi nous pensons au sortir de Chez l’arabe de Mireille Silcoff native de Montréal, collaboratrice du New York Times magazine et au National Ost. C’est une galerie de portraits, tantôt vrais, tantôt imaginés. Son but, de nous faire prendre attention à ce qui parait être en premier lieu la vie ordinaire. On imagine facilement que l’auteure, pour être si observatrice de l’homo sapiens en ce XXIème siècle, ne doit certainement pas être rivée à son portable. Et elle indique la voie à suivre pour s’arracher aux médias sociaux et nous inviter à voir autour de nous. Que ce soit l’aventure de prendre un taxi, voir l’autre manger et quoi encore, il y a là un terreau à mille réflexions métaphysiques. Oui c’est un livre à lire chargé d’humanité.

Chez l’arabe. Mireille Silcoff. Éditions marchand de feuilles 270p.   www.marchanddefeuilles.com


 


 


Une narratrice dans un monde oppressant

Stéphanie Boulay est connue comme la chanteuse du duo des sœurs Boulay. Mais elle écrit aussi. Et fort bien. Qu’on en juge avec la narratrice de A l’abri des hommes et des choses. Celle qu’on va lire, nous ramène à sa vie pas trop jojo. Elle vit seule avec Titi, une femme qui l’héberge, les géniteurs n’étant plus dans le décor. Cette sorte d’orpheline qui n’ose dire son nom avoue que côté équilibre, il ne faut pas la laisser seule avec elle-même et sil faut la croire, il en sera ainsi jusqu’au moment où ses cheveux seront couleur neige. Titi fait son possible pour offrir un environnement à la limite convenable. Mais cette dernière c’est tout un programme à elle seule. Bref, c’est un huis-clos existentiel assez lourd, rendu à merveille par cette artiste chanteuse et écrivaine qui sait si bien décrire le sentiment dans toutes ses déclinaisons.

A l’abri des hommes et des choses. Stéphanie Boulay. Québec Amérique cool. La shop 154p.     www.quebec-amerique.com


 


 


Urbanisation fiction

Le pays où les arbres n’ont pas d’ombre est un roman étrange. D’abord par son titre. Ensuite parce que son auteure Katrina Kalda est capable de créer des monde. Comme cette Plaine et la Ville voisine qui sont de pures créations de son imaginaire. La première est une banlieue de la seconde, pour gens désargentés, qui vivent en mode survie. Pour joindre les deux bouts on va souvent s’offrir comme galériens pour des usines de recyclage. Et par contraste vous avez la seconde où vivent les gens qui ont de l’oseille. Un grand fossé sépare ces deux univers. C’est une étude de classe, comme seuls les hommes sont capables d’en créer quand ils ne se supportent pas les uns, les autres, du moins ceux qui ont du fric par rapport à ceux qui n’en ont pas. C’est un roman de couleur grisâtre. L’écriture est forte et accroît la force descriptive de l’écrivaine qui rappelons-le, a remporté l’an dernier le prix littéraire Richelieu de la francophonie pour son précédent titre « Arithmétique des dieux ».

Le pays où les arbres n’ont pas d’ombre. Katrina Kalda. Gallimard 352p. 


 


 


Saga de la traduction gouvernementale canadienne

S’il y a un sujet bien pointu c’est cette histoire de la traduction à Ottawa, des débuts de la Confédération jusqu’en 1967 intitulé Les douaniers des langues coécrit par Jean Delisle professeur émérite de l’Université d’Ottawa et Alain Otis professeur à l’Université de Moncton. A priori, on pourrait penser que c’est un livre d’histoire un peu sérieux, rien de sexy. Attention! Ce qu’on apprend, c’est que s’ils traduisaient, ce qui devait être parfois un pensum, ces traducteurs furent pour beaucoup des acteurs fortement impliqués dans le vie culturelle. C’est ainsi qu’un Wilfrid Larose fut président de l’École littéraire de Montréal, celle où Nelligan connut la gloire d’un soir avec sa romance du vin, au Château de Ramezay. Nous avons là une galerie de gens extraordinaires, tous tombés dans l’oubli et dont cet ouvrage est un devoir de mémoire accompli. On n’ose pas imaginer la somme de recherches qu’il a fallu pour restituer ce que fut le quotidien de ces hommes en ces années où on voulait affirmer la langue française dans un environnement anglophone.

Les douaniers des langues. Grandeur et misère de la traduction à Ottawa. Jean Delisle et Alain Otis. Les Presses de l’Université Laval 491p.    www.pulaval.com


 


 


La culture et la communauté

Le petit guide de la grande concertation malgré son titre aride est un formidable outil sur la façon dont on peut impliquer un projet culturel en impliquant la communauté locale qui est visée, et non en la mettant devant un fait accompli comme ça se passe souvent ailleurs avec les administrations. On passe ici en revue ce que représente la création et la transmission culturelle par et avec les communautés. On a vu récemment l’ire qu’a soulevé l’implantation d’une statuaire de taille dans le quartier Griffintown à Montréal, là où se trouvait encore hier un tronçon de l’autoroute Bonaventure. Les initiateurs de ce projet auraient eu tout intérêt à prendre connaissance du présent ouvrage qui est basé sur l’expertise par la Boîte Rouge vif qui depuis 191 a développé une expertise en médiation et transmission des cultures. Relié spirale, ce qui facilite sa lecture, on y trouve une foule d’expériences dans le domaine qui peuvent être éclairantes.

Le petit guide de la grande concertation. Sous la direction d’Élizabeth Kaine, Denis Bellemarre, Olivier Bergeron-Martel et Pierre DeConinck. Presses de l’Université Laval 262p.   www.pulaval.com


 


 


Coluche, in Memoriam

Voici 30 ans que Michel Colucci, dit Coluche, disparut tragiquement dans un accident de moto, alors qu’il percuta un poids-lourd. Ce fut une onde de choc considérable et beaucoup encore ne se s’ont pas remis de ce destin funeste. L’idéateur des Restos du cœur, un de ses héritages, avait un cœur gros comme ça. Et surtout il incarnait celui qui n’avait pas la langue de bois. En marge de l’anniversaire de sa disparition, une pléthore d’ouvrages est publiée. Mais un de ceux-ci retient l’attention. Un grand album biographique de Jean-Claude Lamy sur des illustrations touchantes de Philippe Lorin qui a pour titre Chez Coluche. On y va par ordre chronologique. Mais il y a une dynamique qui vient de l’emploi de moult anecdotes qui rendent la lecture vivante comme tout. Quand on a terminé sa lecture on prend la mesure de ce géant de l’humour sarcastique qui n’a d’égal que son idole Georges Brassens.

Chez Coluche. Jean-Claude Lamy et Philippe Lorin. Éditions du Rocher 124p.   www.editionsdurocher.fr


 


 


Le droit au bonheur

Marie-Bernadette Dupuy est une habituée des best-sellers. Et le tome 2 de sa saga La galerie des jalousies va poursuivre en ce sens, tant il y a de passions dans chaque ligne du texte. Isaure, encore dans le deuil de la petite Anne, va suivre à Paris son amoureux en titre, Justin Devers. Elle qui vient du fin fond de la Vendée devrait être au comble du bonheur de se retrouver dans la capitale française et tous ses attraits. Mais non, elle en pince encore pour Thomas Faymoreau. La vie se chargera de la remettre dans la réalité avec un deuil qui la ramènera à la case départ. L’auteure pose la question, est-ce qu’Isaure pourra enfin avoir droit au bonheur ?

La galerie des jalousies. Tome 2. Marie-Bernadette Dupuy. Les éditions JCL 622p.     www.jcl.qc.ca


 


 


Un énorme bouquet de fleurs et de plantes

La reproduction botanique fait partie intégrante de l’art visuel. Et pour preuve, la réactualisation d’un titre déjà paru chez Taschen, revu et augmenté, Un jardin d’Eden qui est une anthologie des illustrateurs qui excusez-le jeu de mots facile, se sont illustrés à rendre sur papier la réalité des fleurs et des plantes. Ces reproductions proviennent des collections la Bibliothèque Nationale de Vienne. Vous avez un texte descriptif de l’artiste et le contexte historique qui vit l’éclosion de son ouvrage. On a enrichi ce titre avec d’autres graphismes d’un peu partout, dont des manuscrits byzantins. C’est dans la collection Bibliotheca Universalis.

Un jardin d’Eden. Taschen 722p.   


 


 


L’art de la critique élevée à un sommet

Quand on termine la lecture de L’analyse des spectacles de Patrice Pavis on en vient presque à mépriser ceux des reporters culturels de chez nous, qui ne font que des publi-reportages déguisés. Il faut quand même souligner qu’ils n’ont pas le choix, sous peine de renvoi dans un univers médiatique de convergence. C’est que cet essai magistral de Pavis élève la critique artistique à un très haut niveau. L’essayiste a été professeur à l’Université de Paris 8 et au Conservatoire national d’art dramatique de l’Université des Arts de Corée. On lui doit un « Dictionnaire du théâtre ». L’homme nous montre de façon savante comment apprécier une production sous tous ses aspects, le jeu des acteurs, leur pose de voix,  la scénographie, la musique utilisée. Nous sommes aux confins de l’érudition. Il donne des pistes intéressantes pour circonscrire une œuvre dans toute sa globalité. C’est d’ailleurs un titre de référence qui fait autorité puisqu’on en est à la troisième réédition.

L’analyse des spectacles. Théâtre, mime, danse, cinéma. Patrice Parvis. Armand Colin 438p.    www.armand-colin.com


 




 


Le coin couture et stylisme

Deux titres chez marie claire au chapitre de la couture et du stylisme. Le diktat de la minceur extrême confinant à l’anorexie à fait son temps. Vive le retour des rondes, des voluptueuses qui ont un droit légitime à porter de belles créations. A ce propos, la styliste Lydie Lardoux leur fait une fine fleur en proposant Couture grande taille un assortiment de 15 vêtements faciles à concevoir. Et les patrons sont à taille réelle. C’est dans la collection Frou-Frou.  Et l’école de stylisme The new school Parsons Paris nous présente Mon cours de style. Ce sont pour la plupart de jeunes designers qui sont fiers de présenter le fruit de leur talent. Vous avez ici douze modèles, très différents les uns des autres, avec là aussi des patrons en taille réelle de pointure 36 à 42.


 


 


Pour connaître Rodin

L’an dernier le Musée des Beaux-Arts de Montréal présentait une exposition consacrée aux moulages de Rodin qui connut un vif succès. Rodin est un mot magique qui attire instantanément. Peut-être ce qu’on apprécie c’est la force virile de ses sculptures. Aux fans du maître voici une monographie que lui consacre François Blanchette sur ce titan qui savait attaquer la matière comme pas un. De belles illustrations qui nous font apprécier d’autres réalisations que celles archi connues tel ce buste héroïque de Victor Hugo qui fait dans l’hyper-réalisme.

Rodin. François Blanchetière. Taschen 96p.  www.taschen.com


 





 


Le coin de la BD

Ah ces merveilleux bédéistes qui nous font sourire quand ce n’est pas rire aux éclats. A leur façon de véritables bienfaiteurs de l’humanité. Comme cet espagnol Quino à qui l’Association Madrilène des Entreprises de Restauration et Brasseries remit une plaque commémorative pour sa contribution au prestige de la connaissance gastronomique. C’était en 1997. Pour les bédéistes patentés, Quino est surtout connu pour être le père de l’incomparable Mafalda. Dans Manger quelle aventure! C’est toute une déclinaison d’observations délirantes sur notre comportement à table et vis-à-vis de la nourriture, qui occupe avouons-le, une partie appréciable de nos journées. On se reconnaîtra aisément dans certaines de nos manies au restaurant ou chez soi. Le rapport aux aliments n’est jamais simple. Aux éditions Glénat.

A la Pastèque sort le volume 8 des aventures de l’agent singulier Red Ketchup qui pour son malheur va se retrouver dans les deux de l’enfer. Le pauvre. Et on verra comment il en est arrivé là. Le tandem Godbout-Fournier déploie tout leur talent avec pour mission de toujours tenir leurs lecteurs en haleine. La sœur de l’infortuné personnage, Sally, va tout entreprendre pour communiquer avec le frère, qui comme de raison n’a jamais dit son dernier mot.

Et une toute autre couleur avec Joann Sfar qui s’était manifesté précédemment avec l’album « Tu n’as rien à craindre de moi ». Il persiste et signe avec Fin de la parenthèse aux éditions Rue de Sèvres. C’est totalement dingue. Jugez vous-même. D’abord il y a la dépouille cryogénisé à Paris de Salvador Dali. Ensuite vous avez le peintre Seabearstein qui est au terme de son exil maudit et qui prétend que la rédemption, la sienne et pour d’autres, viendra de faire émerger l’esprit du maître surréaliste. D’où des incantations auprès du défunt et la collaboration de quatre mannequins avec lesquelles il va recomposer des œuvres du divin Dali. Délirant vous dites ? Vous êtes en dessous de la réalité. Sfar est ici tout aussi surréaliste que le peintre catalan.  


 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

Geneviève Desautels est coach et donne de nombreuses conférences sur la motivation et sur ce qui fait des leaders. En collaboration avec l’entrepreneur et formateur en leadership Stéphane Lafond elle lance Déclic ou comment, en quatre phases on passe de la conscience à l’action. Évidemment comme dans tout type d’ouvrages du genre on travaille sur les blocages qui nous empêchent de progresser. En outre, ce programme a pour objectif que le lecteur augmente sa vitalité. C’est aux éditions Béliveau.

Être en couple, suppose un archipel de compromis. Et si on y ajoutait une bonne dose de spiritualité ? Christophe Itier propose une approche psychologique, énergétique et spirituelle du couple dans Le jeu inconscient des relations amoureuses aux éditions Éveil du couple. Il cartographie tout le processus qui fait que l’on est amoureux. Il dissèque les mécanismes d’attraction. En même temps il met en garde contre la routine qui est la plus grande menace qui pèse sur une union. Comment détecter les signes de répétition. Cet essai nous fait comprendre à quelle enseigne faire entrer quelqu’un dans sa vie est tout un engagement.

La psychologue Ariane Hébert expose avec vulgarisation la problématique de l’anxiété chez les plus jeunes. Qui intéressera aussi les adultes qui en sont atteints. Car le syndrome prend de l’ampleur, surtout dans notre monde en déficit d’altérité et où l’individu de l’ère numérique est sous une pression constante. Elle nous présente des stratégies pour contrer ce malaise, développer son estime, gérer son stress et apprivoiser ses peurs. Le merveilleux de ce petit traité didactique c’est que plus on en sait sur ce qui nous atteint, moins on en a peur. C’est publié aux éditions de Mrtagne.

Les deux titres suivant sont édités chez Macro. D’abord un pavé Mangez sain et naturel de Michele Riefoli se veut un manuel de conscience alimentaire pour tous basé sur la méthode italienne VegAnic qui se veut une alimentation naturelle, complète, consciente et à base végétale. Et vous trouverez de quoi vous sustenter selon que vous soyez végétalien, végétarien ou adepte du régime méditerranéen. Au total, 40 chapitres et 40 recettes. C’est assez fouillé merci avec des exposés sur les composantes chimiques et les diverses interactions. Dans le genre, difficile de faire plus complet au chapitre de l’éducation alimentaire.

Il existe plusieurs manuels touchant au yoga. Celui que nous vous présentons aujourd’hui Yoga pour tous de Meta Chaya Hirschl est très complet tout en explorant de nouvelles pistes thérapeutiques. Le yoga outre qu’il vise à l’intériorité, a un autre mérite qu’on ignore souvent, c’est qu’il facilite la confiance en soi. Car enfin il permet de s’écouter. L’album abondamment illustré est recommandé pour tous les âges. Il se trouve dans ces pages des techniques innovantes.


 








 


Le coin santé physique et psychique (2)

Marlène Tuininga se présente comme une journaliste militante. Et militante de surcroît pour la cause des femmes. Car toute jeune elle se révoltait contre les déterminismes de sa condition de fillette. Elle raconte sa trajectoire et l’éveil de son engagement dans Journal d’une féministe décalée. Elle ne fait pas dans la demi-mesure lorsque vient le temps de dénoncer les iniquités entre hommes et femmes et le ton qu’emploi quelquefois les premiers pour mettre au pas les secondes. C’est aux éditions Khartala.

Quand on y pense, qu’au vu de l’immense sagesse du personnage, qu’il n’y ait pas suffisamment d’ouvrages portant la signature du Mahatma Gandhi. Cet impair est réparé avec Mon chemin de paix. C’est un petit ouvrage formé d’extraits de sa pensée. Il nous éclaire sur ce qu’est Dieu au-delà des appellations que les religions lui donnent. Il dit que l’amour a permis de faire en sorte que l’esprit de guerre n’a jamais totalement triomphé et que l’espoir perdure. D’ailleurs il consacre de longs passages à la valeur du sentiment amoureux. Aux éditions de l’Éveil.

Chez Lanore, le professeur Désiré Marien présente Le jeûne hygiéniste par paliers. On savait d’entrée de jeu qu’il ne faut jamais entreprendre de jeûne radical. Cela demande une supervision de tous les instants. Ce professeur de biologie nous fait prendre conscience de ce qu’est la toxémie qui est le fruit de l’ensemble des disfonctionnements du corps et de l’esprit. Le jeûne qu’il recommande est basé sur l’adéquation entre la ration alimentaire et le poids. La réponse pondérale fixe la marche à suivre.

Le livre qui suit est d’un très grand intérêt. Sous le nom d’Atmananda c’est en fait le parcours initiatique d’une jeune juive viennoise qui connut la famine durant la Première guerre mondiale. Par après, sa quête spirituelle l’amènera à fréquenter Krishnamurti qui la décevra. Il y eu aussi Ramana Maharshi. Mais sa grande révélation sera au contact de Ma Anandamayi qui agira sur elle comme une deuxième mère. Nous sommes au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Voyage vers l’immortalité aux éditions Accarias est une sorte de journal de son évolution avec ses embûches. Comme lorsqu’elle prit conscience qu’elle portait en elle les germes du démon. Ce qui l’effraya quand à certaines possibilités de manifestations. Ce qui est est émouvant dans cette démarche c’est la grande transparence dans ses écrits. Elle ne fait pas mystère ni de ses doutes, ni de ses certitudes. En somme vous découvrirez une femme de haute volée.

Rarement cite t’on une quatrième de couverture, mais elle définit ici si bien l’objectif recherché par l’éducateur spécialisé Philippe Gaberan dans Oser le verbe aimer en éducation spécialisée dont il nous offre le deuxième tome « La relation éducative » aux éditions Érès.  « S’ils veulent sauver leur métier, et de manière plus générale s’ils veulent sauver les métiers de l’humain, les adultes éducateurs n’ont d’autre choix que d’oser le verbe aimer. Aimer veut dire éduquer chaque fois que la rencontre est un dialogue entre l’intimité de deux « je » : celle d’un adulte perçu comme référent et celle d’un gamin aperçu dans ses possibles. Dès lors, parce que fondée sur le consentement et la réciprocité, se trame une relation éducative qui est aussi une relation d’amour. »  C’est presque une révolution d’entendre le mot amour dans le vocabulaire en éducation. On est tellement ancré dans les programmes qu’on en oublie la force motrice pour que le passeur réussisse à atteindre les jeunes têtes. D’où la grande valeur des idées qui essaiment dans ces pages.

Et pour conclure, Danie Beaulieu qui s’amène avec un cahier d’exercices sous le titre 100 trucs pour améliorer vos relations avec les enfants aux éditions Québec-Livres. C’est une mine de renseignements sur la manière d’envisager les rapports avec les touts petits. On ne naît pas mère, on le devient pour paraphraser la fameuse phrase de Simone de Beauvoir. Des conseils judicieux qui portent tant sur les mots, les gestes que le langage du corps.



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