- LIVRES OCTOBRE 2014 -
 
 






 


Deux livres issus nés de blogues


Les internautes, surtout féminines, connaissent sans doute de réputation le blogue d’Anne-Marie Dupras « Ma vie amoureuse de marde » qui cartonne sur les réseaux sociaux. Pour la raison que les thèmes qu’elle aborde rejoignent une clientèle d’esseulées qui souhaitent rencontrer l’âme sœur. Mais c’est aussi difficile à trouver maintenant que de gravir l’Everest. Nous avons donc ici une déclinaison sous forme de livre revue et augmenté de son fameux blogue. Un concentré d’humour et de jolies métaphores comme son cœur aux soins intensifs. Pour cet exercice de haute volée humoristique, elle s’est adjointe Annie Deschamps avec qui elle forme le duo fantaisiste « Les Zélées ». Si vous avez envie de rire un bon coup, et même vous messieurs, c’est une bonne référence. De toute façon on ne rit jamais assez ici bas. C’est aux éditions de l’Homme.

Au cinéma on connaissait « La guerre des boutons » ce film culte, est-on cette fois en face d’un futur livre culte avec La guerre des tétons issu également d’un blogue « Tchao Jünther » de Lili Sohn. Ce sont majoritairement des dessins hautement fantaisistes avec mille réflexions sur l’existence. L’auteure est très physique avec une fixation sur ses protubérances mammaires. C’est qu’à 29 ans, Lili reçoit une terrible nouvelle, elle atteinte d’un cancer du sein. Au lieu de se replier sur soi, elle décide de faire un blogue BD où elle partage tout ce qu’elle ressent. En même temps c’est un bel exercice de thérapie publique. Nous avons ici le tome un Invasion le second « Extermination » est prévu pour l’an prochain. On vous dit ça au cas où vous seriez triste d’arriver à la dernière ligne du premier. Comme quoi on peut rire de tout, même du pire. Aux éditions Parfum d’encre.

 

 






 


Une démarche littéraire et humanitaire

Ce qu’elle peut-être émouvante Frédérique St-amant qui tout juste âgée de seize ans, débarque avec son quatrième roman après sa trilogie « La voix des morts ». C’est qu’il y a une double démarche dans cette nouvelle entreprise littéraire. Touchée par le cas de ceux qui souffrent de la leucémie, non seulement va tête être de la partie pour être une tête rasée en juillet 2015, mais les profits de son dernier opus La survivante seront également versés pour la recherche. C’est assez impressionnant cet altruisme. Vous aimerez ce petit bijou qui se passe au lendemain de l’apocalypse de décembre 2012. On n’est plus ici dans l’anticipation mais dans la rétroaction. Il y aura des survivants mais ils auront de grands défis. Un beau talent à suivre à la trace qui, nous faisons le pari, ira très loin.

Survivante. Frédérique St-Amant. Les éditions Messager des Étoiles 310p.   

 

 






 


Deux titres « hots » chez de Mortagne

 Il faut donner le crédit aux éditions de Mortagne de se créer un catalogue qui beaucoup est fait de titres susceptibles de rencontrer les préoccupations de nos adolescents. Deux titres nous parviennent. D’abord un livre choc de Dïana Bélice sur un sujet brûlant d’actualité, la cyberprédation sur le web. Il s’intitule Détruiredesvies.com A lui seul le titre en dit long sur ce qui se passe si d’office une fille se déshabille sur la Toile pour se rendre aux désirs d’un gars qu’elle veut s’approprier. Gare aux conséquences. La problématique est brillamment exposée par le biais des dialogues que l’on peut trouver sur les réseaux sociaux.
Et vous avez Cobayes. Une lecture à faire en marge de l’Halloween, question de se faire peur un peu, signé Marilou Addison. S’est-on déjà demandé s’il y a des risques à se porter volontaire comme cobaye pour des industries pharmaceutiques qui veulent expérimenter sur des humains des médicaments aux fins d’homologation ? Eh bien voyez ce qui de nobles intentions va virer au cauchemar. Vous ne verrez plus ces offres de participations à des études de la même façon.

 

 






 


Dialogue économique entre Papy Jacques et Petit-Louis

Quelle belle initiative de Gérard Maarek d’avoir trouvé moyen de vulgariser les notions d’économie et de finance à travers le dialogue entre un grand-père et son petit-fils. Le patriarche veut aider sa descendance à mieux appréhender les enjeux économiques qui mènent la conduite du monde. Et le garçonnet est doté d’une curiosité intellectuelle et d’une vivacité sans pareille. Il pose les questions que nous-mêmes on ferait en présence d’un aîné qui sait beaucoup de choses. Ce livre devrait impérativement être au programme de niveau secondaire.

La crise racontée à nos petits-enfants. Gérard Maarek. Économica 96p.   www.economica.fr

 

 








 


Cinq titres qui méritent qu’on s’arrêtent chez M éditeur

Nous n’avions pas eu à présent le loisir de citer des ouvrages remarquables que produit une vénérable petite maison d’édition québécoise, M éditeur qui se spécialise surtout dans des essais éclairants. Et voici que beauté de la chose, nous parvient quatre essais et une biographie qui valent le détour. D’abord un collectif de quatre auteurs Pierre Beaulne, Serge Denis, Louis Gill et Sylvie Morel qui signe Le capitalisme au Canada et la « révolution » Harper. C’est un brûlot, une petite plaquette qui s’ajoute à la liste d’horreur de ce gouvernement canadien et qui se résume à mettre en évidence que depuis 2008, dernière crise financière mondiale, le Canada a orchestré un démantèlement es programmes sociaux pour affaiblir la  classe ouvrière. En même temps que d’accentuer le virage à droite du néo-libéralisme. Nous avons ici la parfaite illustration que le gouvernement Harper fait profiter la manne à un groupe restreint qui s’enrichit honteusement aux dépens de la masse laborieuse. C’est une lecture choquante qui vous guidera assurément sur votre prochain choix politique lors du scrutin de l’automne 2015.
Ailleurs c’est l’historien Benoit Marsan qui lance « Battez-vous, ne vous laissez pas affamer! ». C’est une analyse pointue qui a pour théâtre la Grande Dépression de 1929. Le chômage frappe durement les travailleurs au pays. L’essayiste se penche tout particulièrement sur le rôle joué par le Parti communiste du Canada qui a voulu joué un rôle fédérateur afin que les victimes de la crise économique ne demeurent pas immobiles, comme le souhaitait tant l’Église catholique. Et on verra que les actions du parti honni de l’establishment ont donné de l’espoir ainsi qu’une conscience sociale à des gens anéantis devant la catastrophe.
Deux sociologues norvégiennes, une historienne et l’autre sociologue Trine Rogg Korsvik et Ane Sto se concentrent sur les revendications des abolitionnistes du sexe tarifés, des féministes radicales qui dans les pays nordiques ont lutté avec succès contre la population au sens, que tout comme le Canada récemment, elles ont réussi à faire ne sorte de criminaliser le client. L’essai Elles ont fait reculer l’industrie du sexe tombe à point nommé au moment où cette récente loi pénale canadienne sera sans doute contestée en Cour Suprême du Canada puisque la prostitution elle, paradoxalement, est légale.
Tisser le fil rouge est un travail collectif de 42 témoins et analystes sous la supervision des Francine Sinclair, Stéphanie Demers et Guy Bellemarre qui décrit comment a été vécu le printemps érable dans l’Outaouais, qui s’est démarqué par une solidarité entre le corps professoral et la classe étudiante. Les deux groupes ayant pour credo une plus grande facilité aux études supérieure. Ce esprit volontaire a eu un prix qui s’est soldé par plus de trois cent arrestations. C’est un travail rigoureux de mémoire.
Enfin, une biographie de référence Malcolm X de Manning Marable maintenant disponible en français. Le biographe est lauréat du prix Pulitzer. Cela donne la mesure de l’individu. L’ironie de la chose c’est qu’il n’aura pas vu le fruit de son travail édité car le professeur de l’Université Columbia est mort quelques jours avant sa sortie en librairie. Il y a eu bien sûr l’autobiographie du leader charismatique, mort assassiné qu’il avait écrit en collaboration avec Alex Haley. Mais il avait volontairement occulté des passages de sa vie, sans doute moins reluisants afin de se donner le beau rôle. Tel un chat il a eu plusieurs vies, de revendeur de drogue à chef de mouvement radical de la lutte contre la ségrégation raciale. Après sa mort ils ont été plusieurs à récupérer sa personne et se réclamer de lui. Marable a mené un travail d’enquête exhaustif en ayant accès à des archives du FBI, des interviews avec la famille, des proches témoins. Au final un pavé qui demeure ce qui se fait de mieux pour découvrir ce leader black qui est allé au bout de ses convictions, et au prix de sa vie.

 

 






 


Fin de la trilogie Rédemption

Ceux qui ont lu les deux premiers tomes de la trilogie Rédemption d’Édith Kabuya prendront note de l’arrivée du dernier tome « Les maudits » qui marque la fin de cette trilogie enlevante. Le narrateur voit sa ville prise d’assaut par les Maudits aussi vampiriques qui soient. Qui a triomphé de l’adversité mais qui au final se sentira avoir tout perdu au change. Le style est toujours au rendez-vous. C’est un bijou de littérature fantastique. Vite chère écrivaine redonnez-nous d’autres joies.

Rédemption. Tome 3 Les maudits. Éditions de Mortagne 515p.    www.editionsdemortagne.com

 

 






 


Une jeune italienne en quête de son père

C’est un petit roman mais où il se dit de grandes choses. Son nom 6 Trois millions de pas de Martine Noël-Maw. Qui nous ramène en Italie au début du dix-neuvième siècle. C’est un père de famille qui déserte le foyer familial. Sa mère ne voit plus dès lors la nécessité que sa fille puisse demeurer à l’école. La fillette neuf ans. La maman la retire de l’institution pour qu’elle puisse faire sa part à l’entretien domestique. Mais le père est à Compostelle. Elle brûle de le retrouver. A 15 ans, elle empruntera le célèbre chemin qui passe près de la maisonnée. On ne vous dira pas le dénouement pour ne pas hypothéquer votre plaisir. Mais c’est une belle célébration de l’amour d’une fille pour son paternel. Des mots simples bien mis en place pour dire de grandes choses.

Trois millions de pas. Martine Noël-Maw. Hurtubise 204p.   www.editionshurtubise.com

 

 






 


Un cœur empêché d’aimer

C’est comme un conte oriental. Il était une fois un prince d’un royaume éloigné qui portait en lui un véritable malheur, à savoir un cœur gainé de cristal qui de fait, l’empêchait de vibrer, et pire encore même d’aimer. Et de là il sillonnera le monde à sa portée pour trouver enfin celle dont la flamme incandescente fera fondre son Cœur de cristal. C’est un roman métaphysique de Frédéric Lenoir qui nous accroche dès le premier paragraphe. Un roman qui est grand public, que jeunes et moins jeunes apprécieront.

Cœur de cristal. Frédéric Lenoir. Robert Laffont 204p.   www.laffont.ca

 

 






 


Décrypter la civilisation indienne et découvrir Panama

Cette petite plaquette pourrait s’intituler en paraphrasant Woody Allen, tout ce que vous avez voulu savoir sur l’Inde et que vous n’avez jamais osé demander. Comprendre l’Inde chez Ulysse, c’est cette collection de petits livres minces mais qui résume l’essentiel d’une civilisation. Ce peut aller de la complexité du système scolaire indien à l’utilisation des taxis. Pour aider le visiteur a ne pas commettre de gaffes et d’enrichir son voyage. Par ailleurs sort en même temps chez le même éditeur Panama. Découvrez le quatrième pays d’Amérique centrale par sa superficie, véritable pont entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud. Les traces de la colonisation espagnole sont forts intéressantes pour le touriste en mal d’exotisme. C’est le pays rêvé pour les ornithologues puisque c’est le coin de la planète où on recense la plus de variétés d’oiseaux, 900 au total. Que de belles photographies en perspective. C’est tout ça et plus que découvrirez dans ce guide.

 

 






 


En marge du décès de Madame de Pompadour

Vous ne le saviez sans doute pas, mais on célèbre le 250ème anniversaire de la Marquise de Pompadour la favorite de Louis XV. Cette femme d’une influence rare en politique au Siècle des Lumières fait l’objet d’un roman historique brillant Liées par le sang de Marie-Josée Poisson. A gauche vous avez un historien qui trouve dans les voûtes de l’Élysée qui fut la résidence de la Pompadour ses armoiries. Mais si ce n’était que ça, cet artefact serait du bonheur. Mais il y a aussi un élément sanguinaire. A droite vous avez Lou Ashby une femme à pseudonyme qui transforme en or tout ce qu’elle touche, mais dont le passé elle aussi viendra la hanter. Elle fera la connaissance du chercheur précité et tous deux déboulonneront une vérité historique. C’est du bonbon pour ceux qui savourent les romans d’époque. L’auteure a bien maîtrisé ses connaissances des mœurs d’antan et transcrit ensuite avec brio.

Liées par le sang. Marie-Josée Poisson. Éditions La Semaine 354p.   

 

 






 


16ème livre de Kathy Reichs

La sortie de Terrible trafic de Kathy Reichs démontre bien que la romancière policière est loin d’être confrontée au drame de la page blanche. Qu’on en juge. Son héroïne Tempe est toujours sur deux, sinon trois choses à faire en même temps. D’abord elle doit identifiée une jeune fille mortellement écrasée sur la route. Ensuite elle a dans le collimateur un mystérieux importateur de chiens momifiés. Mais là où l’auteure colle plus encore à l’actualité contemporaine c’est qu’elle accepte de se rendre en Afghanistan pour appuyer la défense d’un militaire américain accusé du meurtre de deux civils afghans. Voyage pas tout à fait inutile car sa propre fille se trouve dans le même pays, cette dernière inconsolable de la mort de son compagnon au combat. Mais l’Afghanistan étant réputé le carrefour de tous les dangers, vous verrez que Tempe ne va pas la trouver facile. Pour s’imprégner de la vie au quotidien, la romancière n’a pas hésité à se rendre dans le pays.

Terrible trafic. Kathy Reichs. Robert Laffont 395p.    www.laffont.ca

 

 






 


Drôle de compagnonnage, une jeune fille et un griffon mutilé

C’est une trilogie qui démarre en trombe chez Bragelonne, La guerre du lotus de Jay Kristoff. En voici un résumé : Yukiko et son père ont reçu l'ordre de capturer pour le cruel shogun des îles de Shima, un griffon, une de ces créatures mythiques menées par les danseurs d'orage. Ils y parviennent, mais Yukiko se retrouve perdue dans une forêt sauvage, avec pour seule compagnie un griffon mutilé qu'elle nomme Buruu. La jeune fille et l'animal vont s'entraider. Outre cette alliance amicale inusitée, l’intérêt de cette saga en marche provient du fait qu’on met de l’avant les vertus de chevalerie dont la non moindre est l’empathie. La détermination de Yukiko attire sur elle l’attention de ceux qui voient en elle le devenir d’un peuple.

La guerre du lotus. Tome 1 Stormdancer. Jay Kristoff. Bragelonne 402p.    www.bregelonne.fr

 

 






 


Une enquête solide sur la tête de décapité d’Henri IV

Pour l’Histoire, ses galipettes lui ont accolé le sobriquet affectueux de Vert-Galant. On sait que ce monarque plein d’affabilités périt sous la dague de Ravaillac. C’était le 14 mai 1610 à Paris. Comme bon nombre des rois de France, sa sépulture fut inhumée dans la nécropole royale de Saint-Denis. Le corps oui, mais pas la tête. Mais alors, comment se fait-il qu’on ait séparé la tête du tronc ? Et deuzio, vous verrez comment cette tête royale a accompli au fil du temps un périple la menant de Montmartre à l’Allemagne en passant par la Toscane. Ils se sont mis à deux pour ce Henri IV, l’énigme du roi sans tête, le journaliste d’investigation Stéphane Gabet et Philippe Charlier médecin légiste qui a permis d’authentifier l’auguste tête au moyen des dernières techniques scientifiques. C’est presque un polar.

Henri IV, l’énigme du roi sans tête. Stéphane Gabet et Philippe Charlier. La librairie Vuibert 155p.    www.vuibert.fr

 

 






 


Un trio amoureux de choc

Vous n’aurez rarement vu de roman comme celui-ci, où la fille qui tient le rôle principal, Marianne, est une année lumière en avant de son temps. Car c’est elle qui choisit sa sexualité et n’est à la remorque de personne. Et son plumard elle le gère très bien avec qui elle veut. Elle ne fait aucunement mystère de son goût pour la chose, à trois s’il le faut. Et il arrivera qu’elle va se retrouver avec deux amours et elle n’aura pas envie de faire de choix. Mais la question se pose ici dans Trois enfants du siècle de Cyril Massarotto comment parvient-on à mener sa barque dans cette galère sans que la jalousie de n’installe. Jubilatoire.

Trois enfants du siècle. Cyril Massarotto. Éditions X0  187p.    www.xoeditions.com

 

 






 


Secrets de famille

Patricia Bittar brosse le portrait d’un père qui va se répandre en confidences auprès de ses cinq filles par un après-midi sur une terrasse de Grenoble. Ces dernières sont particulièrement captivées, d’autant que le géniteur ne passe pas pour quelqu’un de loquace. Elles vont boire ses paroles comme du petit lait. La fin des mangues a pour thématique les liens du sang et les squelettes dans le placard au sein des familles. Les interlocutrices vont voir leur vie changée après cette rencontre déterminante. Soulignons ici le grand talent de l’auteure qui sait jouer des tonalités selon les personnages, les harmonisant tous comme dans une partition harmonieuse.

La fin des mangues. Patricia Bittar. Éditions Pierre Tisseyre 224p.    www.tisseyre.ca

 

 






 


Un autre opus du romancier des civilisations

Paul Ohl est un québécois remarquable qui est la vivante illustration d’un esprit sain dans un corps sain et qui nous livre année après année des ouvrages qui montrent que cet homme frise presque l’érudition, capable de passer de Louis Cyr à ce dernier titre Les fantômes de la Sierra Maestra qui se situe dans les années préfigurant la révolution cubaine. C’était la terre d’élection de la mafia américaine qui avait fait de ce pays gouverné par Batista un lieu de corruption absolue, trop d’ailleurs qui mènera à l’arrivée de Fidel Castro. Notre auteur se permet de mettre dans la bouche des Hemingway, Sartre, Che Guevara et Castro bien sûr des dialogues probables. Ce qu’il faut retenir, c’est que Ohl a recrée l’ambiance qui prévalait à Cuba. Exercice réussi.

Les fantômes de la Sierra Maestra. Libre Expression 754.  
www.editions-libreexpression.com

 

 






 


Sonia Benezra plus transparente que jamais

Vous pensez que la Benezra a tout dit de son fond (expression qu’elle n’a jamais dite en passant) ? Eh bien non. Sous la plume de Lise Ravary du Journal de Montréal, Sonia Benezra dit qu’elle ne regrette presque rien. Elle parle de sa judaïté, la gloire et les passages à vide. Contrairement à l’image un peu fofolle que les gens se font d’elle, elle prépare au contraire minutieusement ses entrevues. Durant sa longue carrière qui n’est pas près de s’éteindre, elle a eu le loisir d’interviewer toutes les grandes stars de la planète, servie par sa maîtrise du français, de l’anglais et de l’espagnol. On fait revivre ses débuts à Musique Plus où on l’a jeté devant les caméras et où elle fut obligée de se débrouiller avec le direct. En son genre elle a fait école. 

Sonia Benezra. Je ne regrette rien. Publistar 190p.     www.edpublistar.com

 

 






 


La vengeance féminine est un plat qui se mange froid

On a paraphrasé le vieil adage pour donner le ton d’Hommes à parier qui est une trilogie dont paraît le tome 2 « La vengance » écrit par deux filles originaires de Thetford Mines, Marie-Claude Martel et Anik Lessard. C’est un livre qui entre dans la catégorie « chick list » un peu à l’américaine. Ici ce sont deux femmes qui s’aperçoivent qu’elles ont été séduites par le même homme, qui aime bien ratisser large. Mais comme on sait que les femmes sont exclusives en amour, elles sentent qu’elles ont été flouées. Attendez de voir la revanche qui se prépare. On ne joue pas impunément avec les cœurs féminins. C’est très rigolo et permet d’oublier la grisaille du quotidien.

Hommes à parier. Tome 2 La vengeance. Marie-Claude Martel et Anik Lessard. Libre Expression 248p.     www.edlibreexpression.com

 

 






 


Il faut croire aux fées

Sans doute il faut croire qu’Isabelle Roy a conservé une part d’émerveillement en elle. Suffisamment en tout cas pour nous bâtir une histoire enchantée sur les fées. C’est le troisième tome de la trilogie Les Fées-du-Phénix qui rappelons-le est un clan fondé par des amis Tolyco, Satria, Léo et Marcus. Le quatuor de passage au manoir de Bellator avait jeté les bases de cet organisation à la recherche de la gemme de Pandore. Et pour ce faire on a besoin d’un sorcier introuvable. Livre jeunesse destinée à un lectorat féminin, nous nageons ici en plein fantastique avec des passages oniriques. Elle a beaucoup de talent la romancière qui crée des univers magiques.

Les Fées-du-Phénix. Isabelle Roy. Hurtubise 344p.    www.editionshurtubise.com

 

 






 


Pour une idée de la grande noirceur

Le Québec sous l’obscurantisme des idées imposées par l’Église catholique, a vécu sa grande noirceur. Et pour nous donner la tonalité de ce qui était étouffant alors dans la Belle Province, Philippe Girard use de la BD pour nous faire un cours de sociologie de l’époque. Nous sommes en 1939 à Québec. Une femme d’origine italienne, a risqué d’être happée par une voiture. Elle doit la vie au fait qu’un passant devant le véhicule la repoussant. Il a écopé des blessures qui le confinent chez lui. La dame, pétrie de reconnaissance, va se rendre à son domicile, question de lui faire lecture de passages de la Bible. Mais comme ça s’avère un exercice d’un ennui mortel, elle va réorienter totalement ses lectures vers des ouvrages souvent mis à l’Indes. Quel beau film cela pourrait faire. C’est une tendre histoire qui illustre mieux que quoi que ce soit, que la libre circulation des idées est cent fois préférable aux diktats des religions.

La grande noirceur. Philippe Girard. Mécanique générale 85p.   

 

 






 


Aux amateurs de lieux surnaturels

Le cinéma, la littérature, ces véhicules ont puisé abondamment dans les lieux fantastiques ou surnaturels pour alimenter l’imaginaire du public. Voici que nous arrive le Guide des lieux surnaturels. Sarah Bartlett a colligé 250 sites qui ont une histoire paranormale, que ce soient des maisons hantées, des sites historiques, ou encore des endroits qui ont vu le passage d’ovnis. C’est passionnant. Comme la place de Grève à Paris où l’empoisonneuse La Voisin en compagnie de ses complices furent brûlées sous Louis XIV. Et la légende veut que par la conjugaison de dame nature on peut encore sentir la chair brûlée. Si vous aimez les belles histoires, en voici à foison qui vont distraire de jolies soirées.

Guide des lieux surnaturels. Sarah Bartlett. Broquet 256p.    www.broqutet.ca

 

 






 


Arts martiaux et paroles du samouraï

Le hasard a voulu que trois ouvrages nous parviennent sur les arts martiaux et un sur l’esprit samouraï. Les quatre sont aux éditions Budo. Commençons par ce dernier Hagakure, le livre du samouraï de Yamamoto Tsunetomo. C’était un livre particulièrement apprécié de Mishima. La version originale comporte treize cent entrées ou paragraphes remplis de sagesse. Le traducteur William Scott Wilson en a retenu trois cent. Tsunemoto est un moine bouddhiste qui vécut au début du dix-huitième siècle. En compagnie d’un disciple il entreprit sept années de conversations qui furent retranscrites. Et nous avons ici la quintessence de cette belle harmonie de la pensée. Puis Kuban Sylvain Guintard nous décrit ces Rencontres extraordinaires où il est allé au Japon à la rencontre des grands maîtres d’arts martiaux. L’auteur est un expert en arts martiaux qui est devenu moine. C’est toute une culture d’initiation dans l’autodéfense. Il vous prend par la main pour vous mener dans toutes les déclinaisons de cet art ancestral japonais
Le regretté Bruce Lee a eu un véritable dauphin en la personne de Taky Kimura qui a ouvert une école de Kung-fu Jun Fan à Seattle. Sa consécration lui et venu quand le maître a décrété qu’il avait été son plus grand disciple. Et Kimura a conservé après la mot de Bruce Lee énormément d’archives de premier plan qui nous font découvrir ce magicien des arts martiaux qui allait plus vite que l’éclair et qui a enchanté des millions de cinéphiles. On voit mieux quelle était la sensibilité de Lee. Enfin, l’art martial a essaimé dans le monde et au Brésil où le Jiu-Jitsu a sa propre déclinaison. C’est ce que nous apprend le duo formé par Gracie & Renzo Royler. C’est une technique vieille de quatre-vingt ans qui s’est internationalisé. On vous en explique par le menu la théorie et les techniques.

 

 






 

De quoi mesurer votre culture générale

Si par temps de grisaille vous voulez égayer la journée entre amis, munissez-vous de ce petit livre qui contient 199 articulets qui viennent déboulonner des idées reçues. Il vous permettra de faire en groupe un quiz. C’est vrai ou c’est faux? Est une mine de renseignements. Exemple, est-ce vrai que réveiller quelqu’un qui est somnambule peut-être dangereux. Ou bien est-ce Albinoni qui est le véritable créateur du célèbre Adagio qui porte son nom ? Les réponses vont souvent vous surprendre.

C’est vrai ou c’est faux ? 199 mythes fracassés. Guy Saint-Jean 230p.    www.saint-jeanediteur.com

 

 






 


Chez Archipel deux bios, Brigitte Bardot
et Céline Dion

Brigitte Bardot est maintenant une octogénaire qui n’a plus rien à voir avec la mythique reine des sixties dans le monde. A l’occasion de cet anniversaire renversant Jeffrey Robinson se fend d’une biographie, Bardot deux vies. Ce qu’elle en a émoustillé des hommes celle-là. Le biographe américain reprend le parcours de cette actrice qui est aussi l’incarnation de la France que De Gaule et la Tour Eiffel. Il nous fait défiler les grands pans de sa vie, ses trois mariages, la détestation de sa première vie et son engagement bien connu pour la cause animale. C’est aux éditions Archipel. Et chez archi poche, Céline Dion, la femme aux deux visages de la française Élisabeth Reynaud. C’est une synthèse des grands faits d’armes qui ont jalonné cette carrière en chanson qui n’a jamais eu d’égal dans le monde. Cette biographie courte mais bien faite est antérieure aux malheurs récents de son mari René Angélil et la décision de la chanteuse de mettre un terme momentané à sa carrière pour veiller auprès de son compagnon de vie et gérant à qui elle doit tout.  

 

 






 

Quand Montréal était un autre monde

Les décennies des années cinquante et soixante vont peser beaucoup sur l’accélération de Montréal vers la modernité de son tissu urbain. Mais ceux qui veulent connaître ce qu’était la ville dans ces années là vont prendre un immense plaisir comme ce fut notre cas à feuilleter Quartiers disparus sous la direction de Catherine Charlebois et Paul-André Linteau. Quel retour en arrière, qui se concentre sur trois quartiers, le Red light, le Faubourd à m’lasse et Goose village. Ce bel album a été conçu avec la collaboration du Centre d’histoire de Montréal, le laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal de l’UQAM et les archives de la Ville de Montréal. Vous verrez entre autres les taudis qui peuplaient le Faubourg à m’lasse, entièrement détruit pour faire place à Radio-Canada, sa tour et les vastes stationnements de chaque côté. C’est triste d’avoir rasé un quartier qui avait certes besoin d’éradiquer ces immeubles délabrés, mais qui était si vivant pour se retrouver avec tant d’espace perdu. Et vous avez des témoignages de gens qui ont vécu dans ces quartiers. C’est pittoresque. Nostalgie quand tu nous tiens.

Quartiers disparus. Collectif. Éditions Cardinal 311p.   
www.editions-cardinal.ca

 

 






 


L’Afrique vu par Sophie Langlois et Normand Blouin

La première, est la correspondante en Afrique pour le service d’information de Radio-Canada, c’est Sophie Langlois. Lui c’est Normand Blouin un photographe en renom qui a travaillé en agence. A eux deux il nous présente leur vision du continent africain fort de 54 pays et un milliard d’habitants. Les photos dominent, magnifiques. Jamais l’adage « une image vaut mille mots » n’a été aussi vrai qu’ici. Dans des villages ont vit comme dans un millénaire passé en plein XXIème siècle.

Lumières d’Afrique. Sophie Langlois et Normand Blouin. Cardinal 239p. 
www.editions-cardinal.ca

 

 






 


Monographie de Claude Vivier

Ah! ce Claude Vivier mort poignardé de 45 coups de couteau à Paris par un jeune homme gai à la veille de ses 35 ans. Qui a laissé une quarantaine d’opus. Élève de Gilles Tremblay et de Stockhausen ce compositeur de musique sérielle avait un attachement pour la culture allemande et quelques unes de ses œuvres portent des titres allemands dont la dernière annonciatrice de sa fin tragique. Louise Baril lui consacre une petite monographie qui vous permettra de saisir l’âme et la portée de ce compositeur brillant mort trop jeune.

Arias pour Claude Vivier. Louise Baril. Fides 115p.    www.groupefides.com

 

 






 

Une petite main maléfique

La main de la nuit de Susan Hill est un roman fantastique tirant vers le conte d’horreur. Un marchand de livres anciens sillonne la campagne anglaise et il aperçoit un manoir abandonné. Il s’apprête à se diriger vers la porte d’entrée, quand tout à coup une petite main va se glisser dans la sienne. Ça semble sympathique, mais vous verrez que la petite main en question s’avérera rempli de mauvaises intentions. Brrr..L’auteure réputée spécialiste du roman gothique britannique est connue pour son précéent « La dame en noir » porté à l’écran avec en vedette Daniel Radcliffe.

La main de la nuit. Susan Hill. L’Archipel 185p.    www.editionsarchipel.com

 

 






 


Apprendre l’anglais tout en s’amusant

La maison d’édition Assimil met sur le marché un superbe boitier My tailor is rich qui permet d’apprendre la langue de Shakespeare tout en s’amusant. Il comprend 1 dé, 8 pions, 1 plateau, 1 crayon, 1 carnet à dessin, 800 questions jeunesse et 800 questions adultes. Avec des interrogations du genre, quel est l’équivalent en anglaise de l’expression « faire d’une pierre deux coups ? » Vous voyez le genre ? C’est réellement distrayant comme méthode pour parfaire la langue.

 

 






 


Tensions dans les Carpathes

Karpathia de Mathias Menegos est un roman puissant qui a pour toile de fond la Transylvanie de 1833. Mais avant d’arriver là, nous faisons connaissance avec capitaine de l’armée hongroise, Alexander Korvanyi, qui à la suite d’un duel va devoir quitter l’armée. Il prend pour épouse une jeune autrichienne de sang noble et les deux vont s’exiler en Transylvanie, véritable poudrière avec toutes ces ethnies qui se croisent et où règne des pratiques féodales. Il y aura la gestion difficile d’un domaine et le contexte psycho-social. C’est un portrait fabuleux d’une époque. Que nous recommandons fortement à ceux qui passéistes, prétendent que c’était mieux avant.

Karpathia. Mathias Menegos. P.O.L. 696p.    

 

 






 


Une autobiographie saisissante dans le monde de l’addiction

L’auteure Lidia Yuknavitch est une femme que vous allez admirer d’emblée. Qui est issue d’un milieu familial troublé, père alcoolique et mère dépressive. Elle-même a connu la dépendance aux drogues et à l’alcool. D’espoir en nation pour les jeux olympiques elle enseigne aujourd’hui à l’Université de l’Orégon. Elle publie son autobiographie La mécanique des fluides qui est un symbole de la lutte contre l’adversité. C’est écrit avec des mots simples mais qui vont droit au cœur. Aucune recherche d’effet de style sinon ce désir de transmettre sa connaissance de la vie qui a emprunté des chemins douloureux.

La mécanique des fluides. Lidia Yuknavitch. Denoël 334p.  

 

 






 


Dans les coulisses de la rencontre Mohamed Ali et George Foreman

Le titre J’irai danser sur la tombe de Senghor n’a pas grand-chose à voir avec le thème de ce roman, puisqu’il tourne autour de la rencontre de boxe célébrissime entre Mohamed Ali et George Foreman. Ça se passait au Zaïre en 1974. Si vous ne connaissez pas l’issue de l’affrontement faute de connaissances en la matière, ça ne fera qu’augmenter votre plaisir, car l’auteur traite la chose comme un suspense. Blaise Ndala est d’origine congolaise et vit à Ottawa. En sa compagnie on explore les coulisses de la rencontre des deux titans de la boxe américaine. Jouissif. C’est son premier roman et déjà si fort, c’est prometteur.

J’irai danser sur la tombe de Senghor. L’Interligne 452p.    www.interligne.ca

 

 






 


Une aristocrate parvenue et son projet bien personnel

Ils se sont mis à deux Christine Tremblay et Robert Deschamps pour écrire sous le nom Deschamps-Tremblay « Le manoir des invaincus ». Qui narre les tribulations d’une québécoise, Marie Surprenant, qui revient d’Europe après avoir contracté un beau mariage. Maintenant elle est riche et porte un nom d’aristocrate Victoire de Bonnefoy. Qui va aller s’établir dans les Cantons-de-l’Est, où elle établira une commune bien particulière dans un manoir, entouré d’hommes et de femmes sublimes où elle joue le rôle d’une sorte de muse qui veut défier les conventions sociales. Mais attention, tout ne baigne pas dans un nuage rose. Son édification sociale particulière sera menacée par des êtres malveillants. C’est une jolie fiction qui met à l’avant-plan une femme très d’avant-garde débarrassé des diktats de l’éducation imposée aux femmes.

Le manoir des invaincus. Deschamps-Tremblay, Québec-Livre 267p.    www.quebec-livres.com

 

 






 


Un thriller scientifique et policier

A Fayetteville dans l’Arkansas, un laboratoire planche sur des façons de contrer le recours aux pesticides. Un jour près de l’établissement, des enfants vont découvrir un corps. Qu’est-ce qui s’est passé au juste ? Deux limiers qui ne sont pas faits d’emblée pour s’entendre vont devoir s’associer pour élucider le crime. Assassine de Caroline Barré une crac de Stephen King, a de qui tenir. C’est écrit avec une belle maîtrise de la langue et de la façon de créer un suspense.

Assassine. Caroline Barré. Québec-Livres 361p.    www.quebec-livres.com

 

 






 


Tome 4 des Terre des ténèbres

Avis à ceux qui sont familiers de la saga de Réjean Auger « La terre des ténèbres » le tome 4, vient de paraître sous le titre Les prairies de l’enfer. On rappellera que ce sont à l’origine des gens qui ont quitté le Vieux continent pour s’amener en terre promise pensant y trouver l’Eldorado. Les prairies comme le titre l’indique deviendront leur enfer. Il est dans la veine des trous autres titres précédents où le romancier sait y faire pour décrire des situations hostiles.

Terre des ténèbres. Tome 4 Les prairies de l’enfer. Québec-Livres 305p..
www.quebec-livres.com

 

 






 


Une autre enquête de l’inspecteur Dubuc

Claude Forand persiste et signe avec une autre enquête de son personnage fétiche le sergent-détective Roméo Dubuc. Cette fois c’est un député qui le jour même de la fondation de son parti sera retrouvé décapité. Notre fin limier assisté de son complice Lucien Langlois et de la journaliste Manon Pouliot, devra se creuser les méninges pour élucider cette macabre affaire. Qui, le député, dérangeait-il à ce point ? C’est une autre enquête bien ficelée qui nous tient en haleine selon le cliché bien connu, du début à la fin. On attend vivement le suivant.

Le député décapité. Claude Forand. Éditions David 224p.   www.editionsdavid.com

 

 






 


L’impact de Sylvia Kristel

Bien des québécois ne l’avoueront jamais, mais ils ont fait pour beaucoup leur éducation sexuelle en regardant la célèbre émission mythique de TQS « Bleu nuit ». Écrit sous la direction de Simon Falardeau et Simon Laperrière cet essai c’est l’histoire d’une cinéphilie nocturne comme ils se plaisent à décrire leur ouvrage. Bleu nuit a occupé l’antenne de 1986 à 2007 à l’instigation du premier patron de cette station de télé nouvelle, Guy Fournier, qui cherchait à innover. Cette émission qui a eu des cotes d’écoute appréciables était tabou jusqu’à un certain point, puisqu’on ne la commentait pas en famille encore moins au bureau. Les films diffusés étaient en quelque sorte tabou. Et c’est l’actrice Sylvia Kristel qui avec ses Emmanuelle qui aura marqué l’imaginaire de bien des nôtres. On a interviewé des voyeurs assidus, des spécialistes du petit écran dont l’ancienne chroniqueuse de télévision de La Presse, Louise Cousineau. A lire sans faute.

Bleu nuit. Collectif. Somme toute éditeur 341p.   www.editionssommetoute.com

 

 






 


Il était Yoram qui fit un grand voyage

Nastassia Charest fait une belle entrée dans le monde des lettres avec Ophir une véritable épopée sur les mers mettant en lumière Yoram, quelqu’un qui va connaître la vie en flottant sur les flots. On verra que ce jeune homme valeureux va vaincre des obstacles qui sont autant d’initiation à la vie. Pour un premier roman c’est très prometteur et il faudra surveiller cette jeune écrivaine qui annonce un futur intéressant. Son banc d’essai est une réussite à tout point de vue.

Ophir. Nastassia Charest. Québec-Livres 200p.    www.quebec-livres.com

 

 






 

Le coin des jeunes

Trois titres sortent en librairie destinés aux jeunes têtes avides d’imaginaire. D’abord deux contes merveilleux La petite Princesse par Mario Sévigny chez l’éditeur Messagers des Étoiles. L’auteur marqué par le Petit Prince de Saint-Exupéry a voulu rendre la gratitude que lui a procuré sa lecture en écrivant à son tour une histoire initiatique où la princesse débarque en posant pleins de questions innocentes. Le cancer est en toile de fond comme une sourde menace. Il est d’ailleurs destiné entre autres à ceux qui ont été confrontés à cette maladie sournoise.
Puis aux éditions Les 400 coups c’est Nicolas Debon qui présente Un brave soldat. C’est loin d’être un conte de fée, car l’auteur décrit la vie d’un soldat canadien de la guerre de 14-18, cette effroyable boucherie. Ce qui est formidable dans cette démarche, c’est de pouvoir montrer aux enfants à quel point la paix est préférable à la guerre et à quels excès le patriotisme exacerbé peut mener. Et sur une note autrement plus drolatique aux éditions Presses aventure le dernier opus du réput bédéiste québécois Tristan Demers qui nous emmène au royaume étonnant des poubelles avec Brises d’ordures. C’est complètement déjanté. Heureusement que sa lecture n’est pas en odorama. Vous ne verrez plus vos déchets de la même façon. Et attention le lange est cru comme ce n’est pas possible. Pouvions-nous s’attendre d’ailleurs à ce que des immondices parlent proprement ? 

 

 








 


Le coin Miam miam

Des bijoux pour la bibliothèque culinaire. Un beau trésor du genre est celui d’un chef vedette à la télé, en l’occurrence Louis-François Marcotte qui célèbre à sa façon la vie carnivore avec La boucherie chez Flammarion Québec. Sur des photos magnifiques et appétissantes de Christian Tremblay il nous livre des basiques du genre qui ont le mérite d’être goûteuses et pas trop compliqués à réaliser tel ce jambon laqué miel et romarin ou un tentant steak d’agneau avec sa sauce au thé. Son credo c’est que chaque viande a sa cuisson particulière. Et mieux que ça, en scannant des codes QR dans le livre, on vous renvie à des capsules vidéos. Génial. Rien de tel que des exemples concrets sous les yeux. Aux éditions Rue de Sèvres vous avez la rencontre singulière d’un grand chef français Yves Camdeborde qui est passé successivement du Ritz, à la Marée, la Tour d’Argent et le Crillon et qui trône dans la cuisine de son propre restaurant le Comptoir du Relais Saint-Germain avec le bédéiste Jacques Ferrandez. Ça donne au final Frères de terroirs une bande dessinée qui raconte la richesse des terroirs de la France et comment la cuisine a évolué  dans les moindres détails. Instructif est un euphémisme. Vous découvrirez les origines des vignobles, la cuisine au beurre, le nettoiement des ustensiles. Et parsemé de recettes de haute volée qui érigent ces merveilles du terroir en divins péchés.  

Aux éditions de l’Homme, un autre chef vedette du Québec, Jean-François Plante à la tête des restaurants l’Aromate du centre-ville de Montréal et à Laval. Il lance Métro boulot bistro. Lui il part du principe que nous sommes des gens pressés qui avons peu de temps à consacrer aux fourneaux. Il y va donc de recettes qui ne demandent pas trop de préparation, dans le style de celles que l’on voit au tableau noir des bons bistros. Nous avons succombé à ses pennes aux crevettes et à la tombée de poireaux à l’orange, marmelade piquante. Plus exotique encore la brandade de confit de canard au mascarpone, sauce aux figues. Aux éditions La Presse Christelle Tanelian propose Ensemble. C’est elle qui signe l’Atelier de cuisine à La Presse et sa version web et qui a son propre blogue en langue anglaise qui cartonne. Le mot ensemble est ici à prendre dans son acception de convivialité. Elle a sélectionné 90 recettes qui font tout un repas de l’entrée au dessert. Il y là de belles nouveautés à se farcir telles les paillardes de volaille poêlées au parmesan et aux artichauts marinés et la souris d’agneau braisée, glacée au coulis de tomate épicé et  à la menthe fraîche.
La question peut-être posée, que peut-on manger à bord d’un voilier, d’un yacht ? Nous sommes ici en face d’un livre de recettes très particulier réalisée par Michèle Meffre qui a bourlinguée plusieurs fois à travers le monde sur un voilier. Et il fallait bien se nourrir. Celle qui s’est établie en Tasmanie, sa terre d’adoption, nous a concoctée Le guide de la cuisine à bord où comme de raison les produits de la mer sont à l’honneur. C’est aux éditions Vagnon. Que dites-vous d’une salade de pommes de terre aux moules ou bien une terrine de langouste ? Des recettes fatalement simples car dans un petit navire il n’est pas question de s’embarrasser d’accessoires de cuisine. Et pour conclure, le petit guide qu’on attendait Restos Montréal 2015 de la critique gastronomique d La Presse, Marie-Claude Lortie. Qui en est mine de rien à sa huitième édition, signe indéniable que ses avis sont suivis. Pour cette cuvée, il y a une nouveauté, l’avis de six personnalités dont Kim Thuy, bonnes fourchettes, qui partagent avec nous leurs tables préférées. 

 

 






 


L’année 2014 vue par les caricaturistes de La Presse et du Soleil

C’est un rituel en ce temps-ci du calendrier, à savoir la revue de l’année vue par André-Philippe Côté du quotidien Le Soleil et Serge Chapleau à La Presse. Chacun à son style. Côté graphique c’est nettement plus sophistiqué du côté de Chapleau. Mais qualité du dessin ou pas, c’est au niveau des idées qu’on se rend compte que les deux apportent à leur manière une contribution. On rit d’égale façon. Il faut dire que La Province est un lieu merveilleux d’accumulations de bêtises. De quoi nourrir nos caricaturistes. Les deux sont publiés aux éditions La Presse.

 

 






 


L’habit fait la femme

S’il y en a un qui sait à quel point les textiles forgent votre personnalité c’est bien Jean Airoldi. Il nous le démontre avec sa Leçon de style. Le but de sa démarche est de permettre aux femmes physiquement désavantagées de se mettre en valeur, par le seul fait de choisir un drapé, un tissu, une forme plus convenable. Et à la théorie s’ajoute moult exemples comme on peut le constater avec photos et graphismes à l’appui. Les rondes pourront particulièrement apprécier ses conseils.

Leçon de style. Jean Airoldi. Flammarion Québec 189p.   www.flammarion.qc.ca

 

 






 


Tout savoir sur la mythique Harley-Davidson

Nous sommes médusés par ce somptueux album à la hauteur de son mythique sujet, la Harley-Davidson. Ils se sont mis à deux Albert Saladini et Pascal Szymezak pour raconter la grande histoire de la plus belle cylindrée de tous les temps, et fatalement, la plus coûteuse. D’abord saluons la qualité de l’iconographie qui magnifie ces jolies rutilantes. Il y a une foule d’anecdotes qui se rattachent à la belle aventure de la marque légendaire. Et les auteurs se font forts de nous en raconter le plus possible. Et comment cette motocyclette a été récupérée dans la culture américaine.

Harley-Davidson. Un mode de vie. Albert Saladini et Pascal Szymezak. Sélection Reader’s Digest 367p.       www.groupemodus.com

 

 






 


Ça dépasse l’imagination humaine

Parmi les grands livres qui reviennent sur nos tablettes de façon quasi rituelle, il y a Le grand livre de l’incroyable. L’édition de 2015 nous permet d’explorer pleins de domaines où nos connaissances basculent. Exemple, on apprend que la morsure du panda géant est plus terrible que celle d’un ours polaire. Que les fourmis s’attachent entre elles pour former un pont pour leurs congénères entre deux feuilles. Que le personnage de Shrek a été inspiré par un catcheur français Maurice Tillet, dont la ressemblance est troublante. Des heures d’étonnement.

Le big livre de l’incroyable. L’Archipel 255p.    www.editionsarchipel.com

 

 








 


Le coin santé physique et psychique (1)

Tiens, pourquoi ne pas rire un peu pour débuter ? Aux éditions Guy Saint-Jean on lance du Dr. Michel Guilbert des perles que reçoivent les médecins en consultation. Ça donne, C’est grave docteur ?  En voici une qui donne le ton que vous retrouvez tout au long des pages « Mon fils est trop paresseux, je vais lui faire travailler ses méningites ». Aux éditions La Presse, Geneviève Pettersen sous son pseudonyme de Madame Chose reprend avec des textes décapants les préoccupations de tous les jours. Et dans Vie et mort du couple elle regarde au microscope la vie à deux. Et ça donne des réflexions très lucides sur la sexualité après les naissances, le divorce. Bref, c’est sont d’extraordinaires pensées sur notre comportement d’homo sapiens. A ne pas manquer sous aucun prétexte. Ceux qui sont confrontés à la maladie de Parkinson prendront grand intérêt à ce petit bouquin, Maladie de Parkinson…un bouquet d’espoir de Diane Patenaude chez Marcel Broquet. Elle sait de quoi elle parle, A 44 ans on lui annonçait qu’ele était atteinte de la maladie. Et ça fait vingt ans qu’elle lutte contre. Et elle s’est impliquée bénévolement dans le domaine. Son ouvrage fait le point sur les récentes recherches qui donnent espoir. Ici on s’adresse à ceux qui ont de l’ambition mais qui ne trouvent pas la recette gagnante. Jeunes et riches est coécrits par Pierre Richard et Guylda Lavoie aux éditions La Semaine. En résumé c’est une question d’attitude et de visualisation. On dit que les gens authentiques vont être de plus en demande. Il y a une recommandation merveilleuse. Alors que les écoles ont abandonné les notifications pour faire passer tout le monde en classe supérieure, dans la vraie vie ça n’existe pas où règne encore la loi du plus fort. On réédite un classique de la sagesse, Le livre de l’âme  de Placide Gaboury chez Québec-Livres. C’est son traité de la réincarnation. Que l’âme se juge elle-même sans l’aide d’un Dieu. L’auteur apaise ceux qui ont des doutes quand à une possible vie après la vie. Ce n’est pas rien que son livre est réédité depuis longtemps après sa mort.

Les deux titres qui suivent sont chez Edito. L’histoire vraie du garçon que l,on transforma en fille. C’est l’histoire d’un bébé garçon qu’une erreur chirurgicale prive de son pénis. Un psychiatre en renom suggère alors d’élever cet enfant en fille. Mais à l’adolescence, la vraie nature reprend ses droits et Bruce qui était devenue Brenda se met à aimer les filles. Vous pouvez imaginer l’incroyable imbroglio. Puis le concerné décida qu’on lui redonne son sexe d’origine. C’est tout ça qui est raconté qui dépasse l’imagination humaine ence qui concerne l’identité sexuelle. On savait un peu que les couleurs ont une influence, notamment en mode, mais ce que nous apprend Jean-Gabriel Causse dans L’étonnant pouvoir des couleurs c’est que la couleur oriente le comportement dans plusieurs sphères. Et il nous donne moult exemples fascinants. Comment on l’utilise dans le revêtement des murs d’un supermarché pour accroître les ventes. La ménopause est une étape déterminante dans la vie d’une femme. Elle marque la fin d’une ère l’horloge biologique. Christiane Northrup publie à son sujet un pavé de 820 pages aux éditions Guy Trédaniel sous le titre de La sagesse de la ménopause. C’est une frontière psychique et physique qui demande de la préparation mentale et corporelle. Loin d’être une phase déprimante, ce peut-être un moment de grand épanouissement. De l’alimentation aux exercices physiques appropriés, tout est dit dans ce livre qui fait autorité. Du même éditeur Activez votre bonté de Shari Arison. En somme, l’auteur reprend à sa façon le vieil adage qui dit qu’il nous arrive ce qui nous ressemble. Que si on met en pratique des principes de bonté, il doit nous arriver en retour une manne de bonnes choses. Et qu’à défaut de changer le monde, on peut modifier son univers. Puis chez Dervy on nous livre un ensemble de 28 cartes dont se servait un mage de l’époque élisabéthaine, John Dee qui était un véritable oracle. Avec ce jeu de cartes vous pouvez à votre tour nous dit-on entrevoir ce que sera le futur. Troublant de même que ludique.

 

 










 


Le coin santé physique et psychique (2)

Les orientaux ont toujours considéré que le ventre est le centre névralgique de l’équilibre, d’où la symbolique du samouraï qui se trucide en y plantant son épée. Le Dr. Michel Lenois chez l’éditeur Grancher écrit Votre intestin secret de votre santé. C’est fascinant d’apprendre que dans notre intestin des milliards de bactéries se nourrissent de nos résidus alimentaires. Il nous dit qu’on est entrain de comprendre que le microbiote intestinal est à l’origine de beaucoup de nos problèmes de santé. Les statistiques donnent le vertige quand à l’état de détresse en milieu de travail. Est-ce à dire que nous somme éternellement hypothéqués par la sentence divine qui voulait que l’on peine au boulot à la sueur de notre front. Le travail, peut-il être supportable ? Là est la question que pose MM. Yves Clot et Michel Gollac chez Armand Colin. Respectivement psychologue en milieu de travail et sociologue il décrypte l’univers du travail et voir s’il y a des chantiers nouveaux à explorer pour que productivité ne soit pas synonyme d’abattage. La confiance en soi si absente chez tant de gens est au cœur des sept historiettes rassemblées par le coach de vie Antoni Girodg dans Petites histoires de la confiance en soi chez InterEditions. Autant de gens, autant de professions, mais qui ont en commun de manquer de confiance en eux. Est-ce que le fameux Wayne W. Dwyer a besoin de présentation. Dans La vraie magie aux éditions du Dauphin Blanc, ce gourou américain nous révèle sept croyances essentielles afin que nous puissions opérer des miracles dans nos vies. Les sept préceptes sont forgés autour d’une forte spiritualité.
L’arthrose, les maladies rhumatismales et l’arthrite touchent une infinie tranche de la population. Surtout au Québec où le niveau d’humidité climatique est une torture pour les articulations. Voici un ouvrage qui permet d’appréhender ces maladies avec plus de confort. Soigner l’arthrose, les rhumatismes et l’arthrite des Dr. Max Tétau et Charlotte Tourmente nous livre de nouvelles solutions naturelles qui peuvent changer la vie des gens atteints. C’est un régime alimentaire entre autre conçu pour préserver les articulations ainsi qu’une série de simples exercices. Chez Dunod maintenant une belle analyse du rapport de la jeune génération avec le luxe. La génération Y et le luxe de Grégory Casper et Darkplanneur alias Éric Briones à la ville nous livre un regard sur comment la jeunesse se positionne face aux articles griffés. C’est un essai exigeant de niveau universitaire, avec des schémas, des courbes graphiques. Une radioscopie des goûts de la jeunesse.
Nous avons mis La femme parfaite est une connasse dans cette rubrique, bien que ce soit un petit livre satyrique, pour la raison qu’il évoque tous les lieux communs qui nous mettent en rapport les uns avec les autres. C’est écrit sans doute avec jubilation par Anne-Sophie Girard et Marie-Aldine Girard. On sourit beaucoup, parfois on rit avec éclat. De quoi mesurer notre degré de conventionnalisme. Les trois prochains titres sont chez AdA. S’il se publie une pléthore de titres sur la maternité, rare on aborde ce thème sous l’angle de la spiritualité. C’est pourtant ce qu’ont fait les Dr. Kathryn M. Landherr et Shawn A. Tassone. C’est assez étonnant que des médecins y aillent de conseils spirituels, démarche dévolue habituellement à des pasteurs. Mais ils sont tenants d’un nouveau courant de médecine dite intégrative, qui va chercher des ressources alternatives. Un maître moderne Katsuki Sekida présente le Manuel du zen. Un de ses disciples a retenu les meilleurs passages de son enseignement et a compilé des textes fameux que la critique a qualifiés de simples et élégants. Demeurons dans la sagesse venue d’ailleurs avec S’éveiller à la surconscience de Swami Kriyananda. La surconscience dont il est question est ce mécanisme qui permet de transcender toutes choses et de se concentrer. Le maître explique ce qu’on ressent selon les niveaux de méditation.  
Chez Trécarré le physiothérapeute Denis Fortier y va de ses Conseils d’un physio qui se veut un guide pour adopter une meilleure posture et des articulations en santé. Clinicien au CHU de Sainte-Justine, le spécialiste cumule plus de 20 ans d’expérience. Il traite de huit thèmes dans cet album dont il faut souligner au passage le bel investissement graphique, papier glacé et aussi des illustrations très précises sur les postures à adopter. Il y a une belle métaphore qui sous-tend cet enseignement qui vaut bien des consultations, c’est que des articulations en santé permettent de mieux bouger et bouger c’est la liberté. Et pour terminer aux éditions La Presse une vedette commentateur sportif, nous avons nommé Dany Dubé avec son livre Dans l’œil d’un coach. Lui-même entraîneur au hockey avant d’avoir bifurqué vers l’analyse sportive à Radio-Canada et à la radio de 98,5 il a mis ensemble des histoires de sport qui sont en même temps des leçons de vie. Les vertus de courage, d’abnégation, de don de soi, peuvent être appliquées aussi à la vie quotidienne. Même si les sports nous indiffèrent, la lecture de ce recueil peut se montrer fort instructive.    

 

 






 


Les joyaux de Gallimard débarquent

On peut dire que la rentrée littéraire chez Gallimard a véritablement pris son envol avec les cinq titres qui suivent qui sont autant de petits joyeux littéraires. Qu’on en juge. Avec pour commencer Chant furieux de Philippe Bordas qui outre le fait qu’il est un écrivain si talentueux, porte la double casquette de photographe. Et c’est justement un photographe qu’il met à l’avant-plan de son roman, Mémos, qui reçoit un jour la commande de suivre pas à pas et durant trois mois le célèbre Zinedine Zidane, la star du foot. Il va y avoir entre eux chimie remarquable, d’autant que les deux hommes sont issus de quartiers sensibles. En même temps c’est un tribut magnifique rendu au sportif et aussi en magnifiant les valeurs de la zone dure. Hedwige Jeanmart est d’origine belge et vit à Barcelone depuis un bon bout de temps. Blanès est son premier roman, qui est le nom d’une localité située à une heure de route de la capitale catalane. La rencontre d’une femme et d’un homme, La première propose au second de se rendre dans cette ville. C’est tout simple. Le reste est affaire de sensations sensuelles, un toucher, une odeur, l’homme et la femme à leur plus simple expression. C’est touchant et comme entrée en littérature c’est prometteur. Surveillez ce nom.

Fabienne Jacob lance Mon âge. Il y a quatre ans elle nous avait donné « Corps ». Elle semble attirée par les manifestations du vieillissement. A l’ère du jeunisme elle fait une réflexion à travers le personnage d’une femme, le temps qui passe. Mais elle ne se contente pas de l’enveloppe charnelle, elle fouille l’intérieur de l’être. A recommander à tous ceux et celles qui ont la vieillesse en sainte horreur. Vous allez être interpellé. Leïla Slimani nous donne un grand bonheur avec Dans le jardin de l’ogre. Si vous pensez qu’une femme n’a pas d’émois sexuels, détrompez-vous. Ce livre va vous prendre par la main pour nous faire découvrir les fantasmes d’Adèle qui souhaite être prise brutalement par un homme. Ça frise l’obsession. Ce qui est bien dans cet exercice de style où l’homme est l’ogre attendu, c’est de voir comment s’interprète la sexualité en mode femme. Ces messieurs apprécieront beaucoup de cette belle leçon de choses.

Et on vous garde le dessert pour la fin avec de l’académicien Jean-Marie Rouart, Ne pas avant moi. On le désigne comme une contradiction de roman autobiographique. En tout cas, l’écrivain parle de lui à la première personne. Qui ne semble pas être revenu d’être parti d’un simple milieu pour arriver à la brillance des salons parisiens. Auteur refusé qui deviendra membre de l’illustre Académie française. C’est aussi et surtout le triomphe de la volonté. Sur un autre plan, ce bouquin est une classe de maître où il n’y a pas d’effets de style. Les choses dites simplement, avec un sujet, un verbe et un complément aux bonnes places.

 

 




 


Les joyaux de Gallimard débarquent

On peut dire que la rentrée littéraire chez Gallimard a véritablement pris son envol avec les cinq titres qui suivent qui sont autant de petits joyeux littéraires. Qu’on en juge. Avec pour commencer Chant furieux de Philippe Bordas qui outre le fait qu’il est un écrivain si talentueux, porte la double casquette de photographe. Et c’est justement un photographe qu’il met à l’avant-plan de son roman, Mémos, qui reçoit un jour la commande de suivre pas à pas et durant trois mois le célèbre Zinedine Zidane, la star du foot. Il va y avoir entre eux chimie remarquable, d’autant que les deux hommes sont issus de quartiers sensibles. En même temps c’est un tribut magnifique rendu au sportif et aussi en magnifiant les valeurs de la zone dure. Hedwige Jeanmart est d’origine belge et vit à Barcelone depuis un bon bout de temps. Blanès est son premier roman, qui est le nom d’une localité située à une heure de route de la capitale catalane. La rencontre d’une femme et d’un homme, La première propose au second de se rendre dans cette ville. C’est tout simple. Le reste est affaire de sensations sensuelles, un toucher, une odeur, l’homme et la femme à leur plus simple expression. C’est touchant et comme entrée en littérature c’est prometteur. Surveillez ce nom.
Fabienne Jacob lance Mon âge. Il y a quatre ans elle nous avait donné « Corps ». Elle semble attirée par les manifestations du vieillissement. A l’ère du jeunisme elle fait une réflexion à travers le personnage d’une femme, le temps qui passe. Mais elle ne se contente pas de l’enveloppe charnelle, elle fouille l’intérieur de l’être. A recommander à tous ceux et celles qui ont la vieillesse en sainte horreur. Vous allez être interpellé. Leïla Slimani nous donne un grand bonheur avec Dans le jardin de l’ogre. Si vous pensez qu’une femme n’a pas d’émois sexuels, détrompez-vous. Ce livre va vous prendre par la main pour nous faire découvrir les fantasmes d’Adèle qui souhaite être prise brutalement par un homme. Ça frise l’obsession. Ce qui est bien dans cet exercice de style où l’homme est l’ogre attendu, c’est de voir comment s’interprète la sexualité en mode femme. Ces messieurs apprécieront beaucoup de cette belle leçon de choses.
Et on vous garde le dessert pour la fin avec de l’académicien Jean-Marie Rouart, Ne pas avant moi. On le désigne comme une contradiction de roman autobiographique. En tout cas, l’écrivain parle de lui à la première personne. Qui ne semble pas être revenu d’être parti d’un simple milieu pour arriver à la brillance des salons parisiens. Auteur refusé qui deviendra membre de l’illustre Académie française. C’est aussi et surtout le triomphe de la volonté. Sur un autre plan, ce bouquin est une classe de maître où il n’y a pas d’effets de style. Les choses dites simplement, avec un sujet, un verbe et un complément aux bonnes places.

 

 




 


Denoël n’est pas en reste

Chez Denoël, la rentrée se passe toute aussi de façon éclatante. A preuve ces deux titres. Dont un, est du domaine de l’intenable. Le titre ? Le clan suspendu d’Étienne Guéreau. Le mot y est, clan, et c’en est un juché dans un bled perdu un peu en hauteur. Ils sont là pour répéter la pièce Antigone avec obligation de la savoir par cœur, comme autrefois les questions du petit catéchisme. C’est un climat très rigide on en doute bien. Il y en a bien qui voudrait fuir ce climat étouffant mais gare aux désobéissants, une créature les attends plus bas, au risque qu’elle les massacre. Le romancier créé ici un thriller psychologique à la limite de l’insoutenable.
Olivier Maulin de son côté y va de sa Gueule de bois. On nous prévient que ce sera drôle. Ça l’est et comment donc. Au premier chef vous avez un journaliste attaché au magazine Santé pour tous qui se fend d’une cuite mémorable qui va l’entraîner au cours de sa nuitée avec une bande de potes déjantés. L’écrivain devient ici le Saint-Simon des nuits parisiennes de notre temps. Toute une satire du beau monde qui en prend pour son rhume. Nous avons adoré ce ton totalement irrévérencieux et surtout tonique. L’avenir sera décidément à l’authenticité qui manque tant.


 




 


Une fresque monumentale sur la guerre froide

Ken Follett a mis le paquet pour son dernier opus Aux portes de l’éternité qui fait, tenez-vous bien, plus de 1200 pages. Tout un pavé qui débute avec l’érection du Mur de Berlin symbole par excellence de la guerre froide. Cette saga dont on a si on veut le tome 3 a pris naissance avec « La Chute des géants » où le romancier entrecroisait, au temps de la Première guerre mondiale et la Révolution russe, le destin de cinq familles, américaine, russe, allemande, anglaise et galloise son coin de pays. Qui se prolongeait avec « L’hiver du monde », touchant à la Seconde guerre mondiale. La chroniqueuse Stéphanie Leclair De Marco a raison, lorsqu’elle a écrit dans Valeurs actuelles que Follett fait penser à un Tolstoï, celui de Guerre et Paix. Oui, et mieux, au sens que l’écrivain russe avait une connaissance de son temps de ce qu’est un être humain. Tandis que Follett serait comme du haut d’une fenêtre panoramique avec toute l’histoire du XXème siècle à ses pieds qu’il observe à la fois comme un historien mais aussi comme un entomologiste étudierait les fourmis. On se rend compte que notre équilibre politico-social ne tient qu’à un fil.

Aux portes de l’éternité. Ken Follett. Robert Laffont 1213p.   www.laffont.ca

 

 




 


Une radiographie du Québec

L’ancien président et éditeur du Soleil de Québec et ancien éditorialiste en chef de La Presse, Alain Dubuc brosse le portrait du Québec contemporain en s’attaquant à 14 mythes entretenus à son endroit. Appuyé par des statistiques les plus récentes, il déboulonne bien des idées reçues. Ce qui frappe c’est le problème grave de lecture dans la Belle Province. On peine à ouvrir un livre, contrairement à nos voisins provinciaux anglo-saxons. Ici point de lunettes roses, vous allez vous voir touts nus. En conclusion pour maintenir notre train de vie en mode État Providence avec une productivité à la baisse, oubliez la question de se détacher du Canada, c’est courir irrémédiablement à sa perte.

Portrait de famille. Alain Dubuc. Les éditions La Presse 255p.    www.editionslapresse.ca

 

 




 


Meilleur qu’un roman policier

Prenez deux journalistes d’enquêtes chevronnés, tels Fabrice de Pierrebourg et Vincent Larouche du quotidien La Presse. Offrez leur, mieux qu’un simple article où il y a toujours des limites d’espace, la possibilité de raconter le crime organisé sous forme de livre et vous allez les transformer en de formidables conteurs. Ça donne dans leur cas, Taupes ces êtres redoutés, sans foi ni loi que redoutent à la fois les corps policiers et le milieu criminel. Car ces gens-là ont des codes bien à eux qui ont un fil conducteur, la trahison. Ils ont sélectionné des cas graves dont la dernière taupe Benoit Roberge, enquêteur star des motards au SPVM qui vendra de l’information de première main à la pire crapule qui soit. Dans le genre c’est du bonbon à lire. Vite messieurs un deuxième tome.

Taupes. Fabrice de Pierrebourg et Vincent Larouche. Les éditions La Presse 279p.      www.editionslapresse.ca

 

 




 


Les joyaux de Gallimard débarquent

On peut dire que la rentrée littéraire chez Gallimard a véritablement pris son envol avec les cinq titres qui suivent qui sont autant de petits joyeux littéraires. Qu’on en juge. Avec pour commencer Chant furieux de Philippe Bordas qui outre le fait qu’il est un écrivain si talentueux, porte la double casquette de photographe. Et c’est justement un photographe qu’il met à l’avant-plan de son roman, Mémos, qui reçoit un jour la commande de suivre pas à pas et durant trois mois le célèbre Zinedine Zidane, la star du foot. Il va y avoir entre eux chimie remarquable, d’autant que les deux hommes sont issus de quartiers sensibles. En même temps c’est un tribut magnifique rendu au sportif et aussi en magnifiant les valeurs de la zone dure. Hedwige Jeanmart est d’origine belge et vit à Barcelone depuis un bon bout de temps. Blanès est son premier roman, qui est le nom d’une localité située à une heure de route de la capitale catalane. La rencontre d’une femme et d’un homme, La première propose au second de se rendre dans cette ville. C’est tout simple. Le reste est affaire de sensations sensuelles, un toucher, une odeur, l’homme et la femme à leur plus simple expression. C’est touchant et comme entrée en littérature c’est prometteur. Surveillez ce nom.
Fabienne Jacob lance Mon âge. Il y a quatre ans elle nous avait donné « Corps ». Elle semble attirée par les manifestations du vieillissement. A l’ère du jeunisme elle fait une réflexion à travers le personnage d’une femme, le temps qui passe. Mais elle ne se contente pas de l’enveloppe charnelle, elle fouille l’intérieur de l’être. A recommander à tous ceux et celles qui ont la vieillesse en sainte horreur. Vous allez être interpellé. Leïla Slimani nous donne un grand bonheur avec Dans le jardin de l’ogre. Si vous pensez qu’une femme n’a pas d’émois sexuels, détrompez-vous. Ce livre va vous prendre par la main pour nous faire découvrir les fantasmes d’Adèle qui souhaite être prise brutalement par un homme. Ça frise l’obsession. Ce qui est bien dans cet exercice de style où l’homme est l’ogre attendu, c’est de voir comment s’interprète la sexualité en mode femme. Ces messieurs apprécieront beaucoup de cette belle leçon de choses.
Et on vous garde le dessert pour la fin avec de l’académicien Jean-Marie Rouart, Ne pas avant moi. On le désigne comme une contradiction de roman autobiographique. En tout cas, l’écrivain parle de lui à la première personne. Qui ne semble pas être revenu d’être parti d’un simple milieu pour arriver à la brillance des salons parisiens. Auteur refusé qui deviendra membre de l’illustre Académie française. C’est aussi et surtout le triomphe de la volonté. Sur un autre plan, ce bouquin est une classe de maître où il n’y a pas d’effets de style. Les choses dites simplement, avec un sujet, un verbe et un complément aux bonnes places.

 

 




 


Une épopée sur Montréal

Les éditions Hamac rééditent « Et vogue la galère »  de Josée Mongeau qui avait été publié d’abord aux éditions du Septentrion. C’était en fait le premier tome des « Chroniques de Ville-Marie » qui s’étendent de 1659 et 1663. En même temps qu’Hamac récupère ce bijou sur les premiers pas de ce qui allait devenir Montréal voici que paraît le tome 2 « A la guerre comme à la guerre » qui couvre de 1665-à 1667. Et dans ce deuxième ouvrage qui est aussi vibrant que le premier. On voit débarquer un triste sire digne du sinistre intendant Bigot. Il est major dans l’armée française et il a pour patronyme de La Freydière. Donc du sang bleu dans les veines. Pour le reste c’est une crapule autoritaire. Et sous son joug, la bourgade de Ville-Marie connaîtra son lot de crimes odieux, allant de viols à la torture. Encore une fois l’auteure réussit très bien à nous plonger dans cette atmosphère à la dure. Qui nous rappelle que Montréal a connu une riche épopée.

 

 




 


Les tribulations d’un gardien de phare

Parmi les romans historiques publiés au Québec, il y en a qui ont une touche humaine qui les distinguent. C’est à ça auquel on pensait avec la sortie du tome trois « Au fil des jours » de la saga Les gardiens de la lumière de Michel Langlois qui narre le quotidien d’un gardien de phare, M. Cormier, à l’île d’Anticosti. Dans cet épisode qui coïncide avec la Première Grande Guerre, on voit tous les changements sociaux qui affectent la région avec des exils vers la terre ferme. Mais ce n’est pas ce qui préoccupe notre protagoniste, car son boulot est essentiel. Mais c’est au plan domestique que ça brasse car la famille s’agrandit, la sienne en plus d’héberger la fratrie. On retiendra encore une fois l’angle de la grande humanité qui est privilégié et qui fait le sel de ce livre qui nous émeut grandement par moments.

Les gardiens de la LUMIÈRE. Au fil des jours. Michel Langlois. Hurtubise 433p.    www.editionshurtubise.com

 

 




 


Le coin de la poésie

Narrer par le menu la contribution de Normand de Bellefeuille au monde des lettres québécoises serait fastidieux, tant lui-même a la plume polyvalente allant des essais, aux romans en passant par la poésie. Mais en même temps son implication comme directeur littéraire a permis l’éclosion de tant de talents. Et en plus ce qu’il est drôle et si lucide. Comme cet extrait de son dernier recueil de poésie Le poème est une maison de long séjour aux éditions du Noroît « Une jeune femme attend un cœur le mien n’est pas disponible je me dois de le lui avouer elle me dit « l’instant d’une danse seulement l’instant d’un poème » j’ai accepté je n’aurais jamais dû ».

Et chez l’Interligne Gilles Latour et Mon univers est un lapsus. C’est la démonstration de la vie dans toutes ses déclinaisons. Extrait « Les seins pyromanes aboient dans la chambre forte à bout de bras, à bout portant, éperdument en chœur, jusqu’au sang qui nous crache de simples truchements d’aimer ».

 

 




 


Le si authentique André Montmorency

Nous regrettons qu’il y ait trop peu d’André Montmorency ici bas sur terre. Car si elle étouffe, pas seulement au niveau pollution, mais au niveau de l’oxygénation des cerveaux, c’est que le mode de vie conditionnel ne trouve rien de mieux à proposer que le modèle familial avec papa, maman, un garçon et une fille autant que possible. Et la vie c’est tout sauf ça, c’est aussi la vie homosexuelle vécue et assumée pleinement comme le fait notre cher comédien dans Gloire soit aux pères et qui raconte ce qu’il a vécu « aux mains » des bons pères, ces religieux à qui on impose contre-nature le vœu de chasteté. C’est écrit dans un langage cru qu’il faut justement mettre en toutes les mains, même les très jeunes pour leur montrer que c’est ça aussi l’existence quand on refoule ses pulsions. C’est magnifique de luminosité. On respire d’aise.

Gloire soit aux pères. André Montmorency. Michel Brûlé 172p.   www.michelbrule.com

 

 




 


Du vent et de la vie

Christine Montalbetti est attiré par l’Amérique comme un insecte vers la lumière. On dirait qu’elle essaie de pénétrer l’âme profonde des amerloques. Plus rien que les vagues et le vent qui est son premier suspense psychologique, nous transporte sur la Côte Ouest américaine. Il y a un bar le Moses. L’endroit par excellence avec le barbier où on peut trouvé à se confesser. Et les personnages qu’on y trouve vont alors déballer ce qu’ils ont de plus intimes en eux. Et laissez-nous vous dire que jamais traîne son paquet de petits secrets. Avec des colères intérieures qui ne le disputent qu’au fracas des vagues non loin et dus souffle violent du vent. C’est une belle analyse de cas sur la difficulté de vivre qui confine au chef-d’œuvre.

Plus rien que les vagues et le vent. Christine Montalbetti. P.O.L. 284p.   www.pol-editeur.com

 

 




 


Le Dico des filles nouveau

Ce qu’elle est mignonne l’adolescente au regard évanescent qui tient affectueusement dans ses mains un joli minet qui doit ronronner de bonheur. C’est la couverture de l’édition 2015 du Dico des filles de Dominique Alice Rouyer. Pour faire image c’est rien de moins qu’un almanach avec des sujets variés qui peuvent intéresser au premier chef un lectorat de jeunes filles avides de connaissances. Ici on traite les thèmes par chapitre qui vont des engueulades au rapport avec les grands-parents. Il y a d’abord une mise en situation qui est le corps principal du texte accompagné de petits encadrés de conseils pratiques. Parents, c’est un très beau cadeau à offrir à vos filles pour qu’elles aient des têtes non seulement bien remplies, mais bien faites. La connaissance aide à mieux vivre et à vaincre les peurs.

Dico des filles. Dominique Alice Rouyer.  Fleurus  350p.   www.fleuruseditions.com

 

 




 


Un premier roman, un premier prix

Elle a 20 ans, un très beau nom Alexiane de Lys. Elle vit en Dordogne paisiblement auprès des siens et des animaux qu’elle aime bien. Pour son baptême en littérature elle a remporté tenez-vous bien, le Prix de l’imaginaire, un prix réputé pour la catégorie de livres de fiction. Ce premier titre qui attire déjà l’attention et comment donc ce sont Les ailes d’émeraude. C’est une jeune fille qui vient d’atteindre à la majorité et qui vivait jusqu’ici dans un orphelinat de Philadelphie. Et comme dans toutes les institutions de ce genre, dès la majorité obtenue on vous montre la porte. Et aussitôt dehors la voici agressée sauvagement par deux individus. Mais fort heureusement tel un ange, débarque Gabriel qui viendra la sauver et qui n’est pas là pour rien. Il va lui révéler qu’elle est de la race des Myrmes, un peuple doté d’ailes qui se distingue par le fait qu’ils ont des pouvoirs sensoriels. Commence à ce moment-là une quête identitaire. Vous devenez alors plus forte que vous ne pensiez. C’est un bijou dans le genre. Chapeau à cette auteure qui va se faire un nom en littérature vous allez voir.

Les ailes d’émeraude. Alexiane de Lys. Éditions Noyelles 698p.   www.nouvllesplumes.com

 

 




 


Deux jeunes filles paumées vues de plus près

On en voit souvent de ces jeunes filles qui arpentent les rues sans but, souvent encapuchonnées avec une cagoule style kangourou. S’est-on demandé ce qu’il y a derrière ces errances. Des vies pas très jojo. Et pour mieux saisir la portée de l’ordinaire du quotidien de ces personnes Charlotte Gingras  nous en présente deux dans No man’s land. La première, Éden se trouve dans une famille si désoeuvrée qu’elle en est réduite à mendier dans le métro. L’autre Jeanne, a quitté le cocon familial et est inquiète face à ce qui peut lui arriver. Le hasard va les faire rencontrer. Et ces deux là, isolées dans leur malheur, vont apprendre le partage. Il va leur en arriver des choses. C’est une belle célébration de l’amitié et qui nous rappelle que l’humain a un fond grégaire.

No man’s land. Charlotte Gingras. Druide 149p.    www.editionsdruide.com

 

 




 


L’Au-delà plus vite que prévu

La comédienne Claudine Cabay Chatel qu’on admirait tant jadis au petit écran dans les Berger ou le Clan Beaulieu, prête sa voix française à des pointures internationales au cinéma comme artiste de doublage et même chef de plateau. C’est la voix entre autres de Barbra Streisand, Kathy Bates et Susan Sarandon et Shirley MacLain pour ne nommer que celles-là. Cette fois elle se mue en romancière de grand talent en laissant la voix à ses personnages au nombre de quatre dans L’éternité c’est pour quand ? Deux hommes et deux femmes à qui un inconnu fait savoir qu’il ne reste à chacun que soixante jours à vivre. C’est comme un coup de tonnerre qui vous tombe dessus. Et ces quatre là vont finir par partager leur funeste présage. Mais vous allez voir que ce n’est pas tout à fait comme ça. On ne vous dévoilera pas ce qui arrivera à l’un et à l’autre, ce serait vous enlever tout votre plaisir, mais ce qu’on retient c’est l’interpellation du sujet qui vient nous chercher. Car tout au long de cette lecture on se met un peu dans la peau d’un ou de l’autre. Que ferait-on en pareille situation ? Nous avons adoré ce roman pour son caractère métaphysique qui nous interroge sur la finalité de l’existence. Mme Chatel, vite au prochain!

L’éternité…c’est pour quand ? Claudine Cabay Chatel. Les éditions La Semaine 318p. 

 

 




 


Notre diable au Québec

Le diable est une composante forte de notre anthropologie québécoise car les curés jadis passaient leur temps à nous faire peur avec les feux de l’enfer et nous décrivant des diables fourchus qui nous attendaient pour nous tourmenter. Ils ont assez bien réussi au point d’en faire un peuple qui a peur de tout. Mais ça c’est une autre histoire. Et parlant d’histoire, Bryan Perro est allé fouiller dans les grimoires des fonds d’archives de l’Université Laval. Il a sorti tout ce qu’il a pu trouver concernant nos histoires folkloriques à nous entourant le diable. Et au final cela donne Le diable au Québec partie intégrante de sa collection « Créatures fantastiques ». Sur des dessins d’Étienne Milette. Vous allez voir que le diable peut prendre bien des atours pour nous entraîner dans notre chute. Et en fin d’ouvrage pour ceux que ça intéresse, sa bibliographie exhaustive.

Le diable au Québec. Bryan Perro et Étienne Milette. Perro éditeur

 

 




 


Deux agendas chez Rustica

Chez Rustica sort un agenda de toute beauté sur le thème des oiseaux. Intitulé 52 semaines pour me donner des ailes. Vous avez donc tous les jours de l’année à gauche, tandis qu’à droite, une page illustrant un volatile en activité, que vous pouvez colorier au dessin. Vous n’avez que le tracé qui demande que vous appliquiez les coloris de votre fantaisie.
Ailleurs et toujours chez le même éditeur c’est l’Agenda Rustica du jardin 2015. Il est fort instructif cet agenda pour tous ceux et celles qui ont le pouce vert. En même temps que vous avez le rappel des jours comme se doit de faire tout bon agenda, vous avez pour chaque page un conseil adapté au temps de l’année. C’est formidable dans le sens que de cette façon vous ne pouvez pas oublier à quel moment de l’année il faut ensemencer, faire ses boutures etc.

 

 




 


Le coin habileté manuelle avec l’élastique

C’est le bel étonnement dans le domaine des arts plastiques, réaliser des bijoux et des accessoires avec des élastiques. Deux bouquins sortent en même temps chez l’éditeur Broquet. D’abord de Kat Roberts et Tessa Sillard-Powell, 60 bijoux et accessoires en élastiques! Et de Colleen Dorsey, Projets élastiques. Et ce que nous ne savions pas, c’est qu’il existe pour ce faire des petits métiers sur lesquels on enroule la matière première, l’élastique, pour lui donner la forme souhaité. Autant vous prévenir tout de suite, vu le caoutchouc toujours un peu rebelle, on ne réussit pas toujours du premier coup, mais habileté aidant il est aisé de triompher de ce petit défi.

 

 






 


Le coin santé physique et psychique (1)

C’est un curieux petit ouvrage Homme/femme mode d’emploi du chinois Yang Liu chez Taschen. C’est qu’au lieu de se lancer dans de grandes dissertations sur ce qui différencie les hommes des femmes, il a choisi des dessins, qui ont peu l’air comme des symboles routiers et qui en images disent plus qu’en mots. Ces deux sexes sont vraiment comme deux planètes. Chez Accaria, Stephen Jourdain y va d’un Voyage au centre de soi. A seize ans il a eu comme sa révélation qui procédait d’aucun embrigadement religieux. Il a su ce à quoi il aspirait. Et quand on lui demande sa règle de conduite, c’est la négation. Dire non à tout pour n’être que soi-même. Pas si facile. Et c’est une bonne attitude. Car il n’arrive pas avec des formules toutes faites. Un ouvrage essentiel pour qui est en recherche intérieure. Sous la direction de Jocelyne Chabot, Daniel Hickey et Martin Pâquet on lance aux Presses de l’Université Laval, Autour de la médicalisation. C’est un résumé de l’histoire des soins depuis le Moyen-Âge jusqu’à notre époque contemporaine, en passant par la révolution scientifique au XVIIIème siècle et la structure des soins au XIXème siècle. Et le rapport de la médecine avec la société qui est fait l’objet présentement de sérieuses remises en question.

Trois titres aux éditions La Semaine. A commencer par Louise Mercier qui a une formation en psychologie, elle s’attache à clouer au pilori le concept qui veut que le bonheur ne puisse se faire qu’à deux. Car beaucoup croient que le couple est une rédemption. C’est plutôt un lot de dépendances et de problèmes à l’infini. Le bonheur, la dépendance à soi-même est une invitation à un retour de soi. Qu,on puisse atteindre à la plénitude sans avoir besoin d’un autre. En somme c’est le vieil adage de comment pouvoir aimer les autres si on ne s’aime pas d’abord soi-même.  Et dans la foulée des horoscopes qui débarquent à ce temps-ci de la saison pour nous prévenir de ce qui nous attend en 2015, vous avez celui de Ginette Blais qui est maintenant disponible. Par exemple le 20 mars 2015 on prédit une éclipse solaire totale, très rare qui aura des incidences sur beaucoup de choses, tandis que le lendemain il y aura une marée du siècle. Elle revient aussi sur des faits de 2014 pour montrer en quoi certaines prédictions se sont réalisées.

Et Marylène Coulombe va en surprendre plus d’un avec Nos morts ont besoin de nous pour avancer dans la lumière. L’auteure est médium et elle est fréquemment invitée sur les plateaux de télé. Elle décrypte ce qui arrive à l’âme dans son cheminement de l’Au-delà. C’est assez troublant pour ceux qui se font déjà une idée de la vie après la vie. On entend souvent dans l’actualité le nom de l’Institut Philippe-Pinel qui s’est fait une réputation, particulièrement dans le traitement des délinquants sexuels. Qui a maintenant 50 ans d’âge. Une belle histoire racontée par Danielle Pouliot et le Dr. Frédéric Millaud. Comment l’aile psychiatrique de la prison de Bordeaux a conduit à la création de cette institution dont un phare a été le regretté Dr. Lionel Béliveau. On suit l’évolution et le raffinement des traitements, dont la création de l’aile des adolescents. C’est un établissement réputé dans le monde et à sa lecture on voit en quoi il a été pionnier. C’est aux éditions Art Global.     

 

 






 


Le coin santé physique et psychique (2)

La très intéressante collection « Remèdes » aux éditions Alpen compte maintenant trois nouveaux arrivages au catalogue. Maria Bardoulat nous présente Thermes marins et bienfaits de la mer. Au XIXème siècle les grands bourgeois désabusés allaient aux eaux pour se refaire. Et en France, les bienfaits de la thalassothérapie en bordure de mer ne sont plus à démontrer. Tellement que les français bénéficient de séjours remboursés par l’administration gouvernementale. Elle détaille le pouvoir des oméga-3 les algues et leurs oligoéléments. La mer est curative à un niveau qu’on ne saurait imaginer et dont vous allez à la lecture, découvrir toutes les vertus. Et la même auteure signe les deux qui suivent, Secrets d’olive et diète méditerranéenne et Les vertus de cacao. Si on dit qui mange une pomme ne voit pas le médecin, il est encore plus vrai que l’absorption d’une cuillérée quotidienne d’huile d’olive première pression va vous conduire presque à un âge canonique. Tandis que le chocolat permet de garder le moral tant c’est une mine d’antioxydants.

L’école est au cœur des deux titres qui sortent aux éditions du CHU Sainte-Justine. Avec un sujet de l’heure grâce aux efforts du comédien Jasmin Roy, à savoir l’intimidation. Frédérique Saint-Pierre a pondu Intimidation, harcèlement. Cette psychologue à partir des dernières études nous apprend comment identifier et circonscrire ce mal qui est un fléau au Québec qui touche, voire plutôt hypothèque un étudiant sur trois. Tandis qu’on réédite pour la troisième fois Au retour de l’école de Marie-Claude Béliveau. Ce livre qui aborde la question de l’épanouissement scolaire est agrémenté d’un tout nouveau chapitre sur l’intégration des nouvelles technologies, tablettes et téléphones intelligents. L’essayiste est orthopédagogue et psychoéducatrice au CHU Sainte-Justine.

Et pour clore ce deuxième volet de santé physique et psychique, quatre titres aux éditions Béliveau. La coach Ariane Laberge débarque avec Quand je serai libre. C’est une réponse à ceux qui considèrent que la vie est un carcan dont ils ne parviennent pas à se libérer. L’auteure nous dit comment il faut prendre du temps pour soi afin d’aspirer à la liberté souhaitée. Comprendre ses blessures intérieures et savoir comment forer pour les retracer, leur origine à tout le moins, c’est l’objectif que s’est fixé par la psychologue clinicienne Claire Poulin dans Qu’est-ce que je fuis ? qui est rien de moins qu’une méthode simple d’introspection. Maintenant que les voyages médicaux sont devenus populaires tant à Cuba et en Tunisie pour ne nommer que ces deux pays, beaucoup d’hommes et de femmes songent à se débarrasser du trop plein de gras qui ceinture leur taille. D’où un attrait grandissant pour la liposuccion. Mais qu’en est-il ? Marthe Saint-Laurent y répond en quelques questions et réponses. 50 questions sur la liposuccion est tout ce que vous avez voulu savoir et que vous n’avez jamais osé demander pour paraphraser Woody allen. C’est écrit avec la collaboration des Dr. William Papanastasiou et Jean-Pierre Daigle. Et la naturopathe Danielle L’Heureux présente 7 principes pour vivre mieux. La méditation est au cœur de cet essai, mais vous serez surpris de sa recommandation de vous bercer qui a un effet thérapeutique certain quand on est agité.

    

 

 

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