- LIVRES OCTOBRE 2015 -
 
 


 


Le coin spiritualité


Le Pape François consacre beaucoup de son énergie à plaider sur toutes les tribunes que la famille est l’atome central de toute société et qu’il faut beaucoup s’investir pour sauvegarder ce noyau essentiel. Aux éditions Novalis on nous démontre cette préoccupation pastorale avec la publication des Méditations sur la famille. C’est un assemblage de déclarations qu’il a fait en diverses occasions, et portant sur ce thème.  Et il le dit d’entrée de jeu, c’est sa propre expérience familiale heureuse qui a été une inspiration pour le reste de sa vie. Il réitère les positions de l’Église concernant le couple et les enfants à naître. Répétant à l’envie que la vie est sacrée et inaliénable. Et que de souhaiter des naissances n’a rien d’un réflexe conservateur, mais bien de suivre le mouvement naturel de la vie. On est impressionné par tout le temps qu’il a consacré jusqu’à présent à la famille.

Chez le même éditeur, la pasteure et théologienne protestante, Lytta Basset qui fréquente la Bible comme nulle autre, a choisi pour essai une vision intéressante, à savoir la colère exprimée à travers les trois figures que sont Jacob, Job et Jésus. Loin de condamner les sautes d’humeurs, elle rappelle que la colère est quelque chose de nécessaire dans la vie d’un croyant. On connaît tous cette expression consacrée « la colère du Juste ». Elle développe sur ce qu’est une sainte colère. On n’a qu’à se rappeler lorsque Jésus sortit les vendeurs du Temple. Ce fut avec une certaine violence. Un long passage fort intéressant concerne la notion de puissance chez Jacob.


 


 


Pour bien connaître la France profonde


Nous avons au sein de notre équipe de rédaction, un fada de la France qui est plus français qu’un français, ne ratant jamais les nouvelles télévisées de France sur TV5 Monde avec les Pujadas et Delahousse, écoute son « Vivement dimanche » avec papy Drucker. Plus amoureux de la France que lui, tu meurs. Il a été au bord de l’apoplexie en voyant parmi la réception des titres Mes petites France de Pierre Bonte. Ce journaliste et homme de télé a été appelé en quinze ans seulement à visiter, tenez-vous bien, quatre mille communes de l’Hexagone. C’est vous dire qu’il la connaît sa douce France. Et il a entrepris de la mieux faire découvrir en nous guidant géographiquement aux quatre coins du pays. C’est une mine de renseignements sur ce qui caractérise un berrichon d’un gascon. C’est un incontournable pour quiconque aime ce pays avec des régions si typiques. Un must.
Mes petites France. Pierre Bonte. Fayard 332p.   


 


 


Marica Pilote la bien-aimée de retour


Oyé, Oyé filles et garçons qui chérissez Marcia Pilote qui débarque avec la septième saison de La vie comme je l’aime. Ce qu’il y a de bien avec elle, qui cartonne, les six précédentes parutions se sont envolées à plus de soixante-dix mille exemplaires. Dans le monde local de l’édition c’est colossal. Ce qui explique ce succès faramineux, et on le voit bien encore une fois avec ce nouveau tome, c’est la belle transparence de l’auteure qui dit tout, sans filtre. Avec des accents de sincérité qui vont droit au cœur. Comme lorsqu’elle dit qu’elle a des désirs de solitude au point où elle ne tolère personne à la ronde. Ou bien quand elle ouvre généreusement l’album de son enfance.

La vie comme je l’aime. Marica Pilote. Éditions de Mortagne 266p.   


 


 


Trois essais majeurs aux Presses de l’Université Laval


Voici de quoi fleurir nos intellects avec trois essais qui feront date. A commencer par Arts et territoires à l’ère du développement durable un collectif sous la direction éclairée de Myrille Roy-Valex et Guy Bellavance. Lorsqu’on évoque le développement durable, nous vient d’abord à l’esprit le renouvellement de nos ressources naturelles. Leur préservation. Maintenant on s’est rendu compte que les arts et la culture, forgeurs d’identité ont tout aussi leur place dans ce concept. Créateurs d’emplois, les arts font aussi partie des enjeux économiques. Ensuite, sous la direction des Shenwen Li, Frédéric Laugrand et Nansheng Peng ce sont les Rencontres et médiations entre la Chine, l’Occident et les Amériques et ce par le biais des missionnaires, chamanes et intermédiaires culturels. C’est un livre d’érudition qui détaille sur les chocs culturels, surtout entre la Chine et l’Occident. On apprend une foule de choses, comme le fait que ce sont des missionnaires catholiques qui ont créé en Chine les premières écoles pour filles. C’était au XVIIIème siècle. Le christianisme n’en déplaise aux chinois n’avait pas tout de mauvais. Ouvrage que nous recommandons à tous ceux qui veulent comprendre ce pays continent avant d’y faire des affaires.

Et ce livre coup de poing, ne serait-ce que par le titre Cessons d’être colonisés de J. Maurice Arbour. Qui nous met en garde contre le visage moderne et sournois du colonialisme du Canada à notre égard, nous les québécois. Il y a un chapitre à lire sans faute, c’est l’interprétation qu’on donne à l’expression « québécois de souche ». Qui donne lieu à des débats. Car, l’auteur le dit, c’est presque une appellation contrôlée des québécois francophones. D’autres ne voient pas les choses du même œil. Au final on se rend compte que l’hégémonie canadienne emprunte des parcours subtils pour nous assujettir comme toujours.

  


 


 


Un roman sur l’anorexie


Pour bien des filles, la quête de perfection conduit à vouloir la minceur à tout prix. Et avec au détour le risque de sombrer dans l’anorexie comme ça se produit trop souvent. On nous rappelle déjà qu’une adolescente sur trois au pays souffre d’un trouble alimentaire. Pire, une centaine de morts pour cette raison raison…chaque année. De quoi suffisamment inspirer Carl Rocheleau  avec Parfaite dans l’excellente collection « Tabou » aux éditions de Mortagne. Qui met en scène une adolescente qui veut tutoyer l’excellence en toute chose. Elle aussi combat la nourriture. L’auteure s’est bien imprégné des sentiments qui peuvent habiter ces victimes obsédés par le gramme de trop au péril de leur vie.
Parfaite. Carl Rocheleau. Éditions de Mortagne334p.    www.editionsdemortagne.com


 


 


Deux titres chew Pocket


Voici deux opus nouveaux chez Pocket. D’abord une auteure richissime et pour cause, Danielle Steel avec Jusqu’à la fin des temps. C’est le parcours assez hors norme d’un juriste en renom qui quitte la profession pour devenir pasteur dans un bled reculé du Wyoming. Sa douce moitié qui est une consultante en mode branchée de New York va le suivre. Volet un. Au volet deux, nous retrouvons un éditeur dont les affaires vont mal en point, est en quête du bouquin qui va cartonner et le remettre en selle. Il va faire la rencontre d’une jeune amish qui va changer son destin. Dans les deux cas, il y a un dénominateur commun, la trajectoire de vie. Ici comme dans ses ouvrages précédents, la romancière intègre les ingrédients qui font recette dont le plus important la passion des êtres.


 


 


Les tribulations de Marie-Claude Savard


Vous penserez tout ce que vous voudrez de Marie-Claude Savard en bien ou en mal, mais ce petit bout de femme est la limpidité même, sans filtre. Comme un enfant qui va clamer ses vérités. Dans son deuxième livre qui sort, 180 degrés, virage d’une vie, elle ne nous cache rien de la dureté du milieu discriminant des médias. Qui vous utilise puis vous jette comme un vieux kleenex car vous ne conviendriez plus aux attentes. Heureusement qu’elle a son chum qui connaît le business et qui la soutient. Une autre de ses grandes qualités est la détermination. Et on voit dans ce second titre une maturité forgé sur l’expérience. Elle donne confiance au lecteur avec ce message que le bonheur vient de soi.

180 degrés, virage d’une vie. Marie-Claude Savard. Libre Expression 173p.    www.edlibreexpression.com


 


 


La survivance des traumatismes à travers les générations


Il arrive souvent et c’est presque un acquis, que le médecin vous mentionne que votre maladie est d’origine génétique. Mais il n’y a pas que cela. C’est beaucoup plus profond. Même des traumatismes peuvent se perpétuer d’une génération à l’autre. La psychothérapeute Edmée Gaubert en a fait sa propre expérience en allant fouiller dans la lignée de ses ancêtres. Pour en découvrir sur elle-même. Une démarche inusitée qu’elle explique dans Ancêtre en héritage. Ce qui se transmet malgré nous. On salue au passage le travail de bénédictin qui fut le sien à remonter ainsi dans son passé.

Ancêtre en héritage. Le Souffle d’Or 285p.  www.souffledor.fr


 


 


Fin des amours de jeunesse pour Claude Jasmin


Angela, ma Petite-Italie signe la fin de la trilogie de Claude Jasmin concernant ses amours de jeunesse. Il magnifie ici un quartier comme Michel Tremblay a fait pour le Plateau Mont-Royal. Il s’est laissé désirer l’écrivain, dramaturge et polémiste. Mais on n’a rien perdu au change, car encore une fois il puise dans le terreau de ses souvenirs d’adolescent. D’abord on est frappé par le dessin de couverture, d’inspiration cubiste réalisé par Jasmin lui-même. Qui rappelle qu’il a été des siècles designer à Radio-Canada. Un hommage à l’Angela de son passé. Cette dernière débarque un jour avec sa famille, nouveaux arrivants dans le quartier. Le sensuel qu’il est a tôt fait de la voir dans sa ligne de mire. Du coup Cupidon lui décoche plus qu’une flèche. Mais comme dans toute bonne famille italienne le père chaperonne l’incandescente beauté brune et la propre mère de l’auteur entre dans la danse en discréditant son fils, l’étiquetant comme un queutard! Comment vivre ses amours avec de tels chiens de garde ? C’est un court récit mais qui comme avec chaque fois avec cet écrivain, est vibrant d’ambiance. N’est pas illustrateur pour rien, il sait portraiturer les gens et les âmes comme pas un.

Angela, ma Petite-Italie. Claude Jasmin. XYZ éditeur 156p.   www.editionsxyz.com


 


 


Des nouvelles de Madeleine Ouellete-Michalska


Au propre comme au figuré, voici des nouvelles de Madeleine Ouellete-Michalska. En effet, elle nous fait cadeau d’un recueil de nouvelles qui a pour titre Jeux de hasard et de désir. Est-ce un clin d’œil à Marivaux avec son Jeu de l’amour et du hasard ? Toujours est-il qu’elle présente un kaléidoscope de gens qui cheminent ici-bas avec chacun leur bagage. Il y a une nouvelle qui nous a plu tout particulièrement « L’énigme du sang » où elle réussit à « vampiriser » les sentiments qui peuvent habiter un tout jeune enfant. Tout comme elle est capable d’un changement de registre avec « La loterie du Château Frontenac » qui se termine par des accents de volupté. Ce recueil nous fait penser à une pianiste accomplie, au zénith de son art, qui nous montre toutes les variations dont elle est capable. Chapeau à la virtuose des lettres.

Jeux de hasard et de désir. Madeleine Ouellete-Michalska. XYZ éditeur 218p.    www.editionsxyz.com


 


 


Sortie du tome 3 des Traqueurs


Rarement nous reproduisons la quatrième de couverture d’un livre, mais dans le cas des ouvrages de fantasy tout comme pour les titres universitaires hermétiques, nous préférons nous en remettre à l’énoncé d’intention qui figure et qui départage les histoires. Surtout qu’il y en a beaucoup dans ce tome 3 des Traqueurs « Origines » de Mario Boivin le maître incontesté du genre. « Il y a, dans ce monde, des gens à qui la vie offre des dons extraordinaires. Leurs pouvoirs sont tels qu'ils pourraient changer le cours de l'Histoire. On les appelle les doués. Il y a aussi ceux qui remuent ciel et terre pour les débusquer : les traqueurs. Et puis, dans l'ombre, il y a la Société Zeus et le projet Trou Noir. Desmond Bailey est l'Élu : son don extraordinaire le prouve de manière incontestable. Investi d'une mission, il rallie à sa cause des centaines de fidèles. Ces derniers l'aideront à accomplir la volonté de Dieu : rayer de la carte la civilisation occidentale. Sur le pied de guerre, la CIA fait paraître une annonce dans les principaux journaux du globe. Bien que codé, le message se veut clair : l'agence demande à la Société Zeus de lui prêter main-forte.

Verra-t-on naître une alliance entre la Société et Trou Noir? Dans cette course contre la montre, les effectifs de Zeus sont mis à mal, Jane trônant en tête de liste. Ajoutant au stress de la traqueuse, Caleb - le chasseur de fantômes exaspérants - lui dévoile l'existence d'une secte très ancienne : le Dagon Inferi. Ce groupe de médiums s'intéresse de près au fils d'Alexandre et entretient des liens avec le dangereux prisonnier du niveau quatre. C'est donc dans l'antre du Dagon qu'Alexandre découvrira la nature de la menace qui pèse sur son fils... et qu'il trouvera peut-être le secret de ses origines. Traqueurs, une trilogie où les êtres d'exception devront choisir leur clan. »  

Traqueurs. Tome 3 Mario Boivin. Éditions de Mortagne 527p.    www.editionsdemortagne.com

   


 


 


Le Dico des filles 2016 est arrivé


Ah ce cher Dico des filles qui arrive toujours à ce temps-ci de l’année et qui est attendu par ses lectrices comme les amateurs de vin pour le Beaujolais nouveau. Car il recèle une montagne de renseignement en tout genre qui en fait une sorte d’almanach pour les adolescentes. Il est destiné à un tel public cible certes, mais tout le monde aurait intérêt à fouiner dans ces pages car on passe de l’histoire du tabac à l’existence de Dieu, de la notion de droit, des soldes au premier rapport sexuel. C’est presque une encyclopédie des activités humaines. Éditeur Fleurus, nommé à l’avenir votre merveille Dico tout simplement, vous élargirez votre lectorat qui a tout à gagné à lire ces pages instructives en diable.

Dico des filles 2016. Dominique Alice Rouyer. 413p.  www.fleuruseditions.com


 


 


Voyages initiatiques


Il s’appelle Michaël Ferrier. Il qualifie ses Mémoires d’outre-mer à titre de roman, mais en réalité c’est bien d’un récit dont il s’agit, celui d’un petit-fils, lui-même en l’occurrence, qui part sur les traces de son grand-père qui exerça comme acrobate au sein d’un cirque itinérant. De là un périple qui le mènera de la Chine à Madagascar et autres contrées. En même temps c’est une sorte d’enquête, mais en même temps, pour les lecteurs avides de propos intelligents, un florilège de soliloques merveilleux avec des éclairs de pensées, de réflexions, où la culture est omniprésente. On sort de cette lecture plus intelligent que lorsqu’on y est entré.

Mémoires d’outre-mer. Michaël Ferrier. Gallimard 339p.  


 


 


Fin des tribulation du chevalier Guilhelm d’Ussel


Avec L’évasion de Richard Cœur de Lion notre cher Jean d’Aillon signe la fin de la saga des aventures de son preux chevalier Guilhelm d’Ussel. D’ailleurs il ne se contente pas de la seule épopée du célèbre personnage anglais, il complète par d’autres aventures. Tout comme pour les tomes précédents on trouve le justicier qu’il est. S’il y à la libération de Richard Cœur de Lion prisonnier en Allemagne, c’est suivi d’un détour par l’abbaye de Cluny où imaginez, des fresques saignent! Encore une fois, l’auteur bien campé dans sa connaissance de l’époque médiévale rend bien l’époque avec ces exaltations de sentiments. On est attristé d’arriver à la dernière ligne, mais avec l’assurance qu’il va nous concocter un autre titre ou une saga tout aussi enlevante.

L’évasion de Richard Cœur de Lion. Jean d’Aillon. Flammarion 468p.  


 


 


Le coin Miam miam


Trois titres pour garnir votre bibliothèque culinaire. Jean-Louis Doucet aux éditions La Semaine, est toujours attendu avec la nouvelle édition 2016 de son Guide des meilleurs vins à prix abordables. Il n’est pas le seul sommelier à faire ce type de propositions, mais dans son cas, ses choix visent juste. Pour éblouir les néophytes de Bacchus que nous sommes il pourrait bien choisir des épithètes savantes. Au contraire. C’est en termes simples qu’il détaille sa sélection impressionnante de 350 produits. En complément sa fameuse méthode d’accords mets et vins qui a établi sa réputation. A sa manière il a réparti les vins de petits prix en semaine et à coût un peu plus élevé les week-ends quand on veut faire une petite folie. Mais même là, ce sont des folies bien raisonnables pour le porte-monnaie.

Puis chez Alpen, Philippe Chavanne nous piste vers Les jus magiques dans toute leurs déclinaisons, que ce soient des jus de fruits, de légumes ou en smoothies. Il a un credo, la santé coûte que coûte. Pour faciliter l’absorption du plus de jus possibles, il en a rassemblé une cinquantaine qui nécessite un minimum d’accessoires. Il y a des jus qui valent le détour tel  son jus de fer aux quatre légumes et à la pomme ou cet étrange jus punchy aux carottes et aux deux poivrons. C’est proprement fascinant de voir ses mélanges dont on ne doute pas un instant qu’ils soient savoureux en diable. Chez le même éditeur, et du même auteur Mes soupes préférées. Au point de départ, il s’est donné comme balise que chacune des soupes qu’il présente, ne dépassent pas 200 calories. Et laissez-nous vous dire qu’il fait preuve d’une imagination débordante, comme cette soupe au canard à la pékinoise, légère comme tout et à l’arôme chatoyant. Ou mieux et quasi gastronomique, celle aux courgettes, épinards à la saveur de safran. S’y trouvent les autres soupes classiques.


 


 


Albert et ses mille tours


Ce qu’il en sait le gentil Albert pour mystifier son entourage. Heureusement ce ne sont pas des tours pendables. Grâce au duo Marc Trudel et Sophie-Anne Vachon nous pouvons faire connaissance avec Albert le curieux qui propose pour notre pur divertissement des énigmes de toutes sortes, des tours qui défient l’imagination. Et facile tout de même à réaliser. Comme dirait l’autre, fallait y penser. Lui le fait et superbement. Et généreux puisqu’il nous livre ses secrets.

Albert le curieux. Les énigmes. Marc Trudel et Sophie-Anne Vachon. Z’ailées 75p.   


 


 


Pour un chat robuste et heureux


A Montréal, pour ne nommer que cette ville, on dénombre 400 mille chats en circulation. Ils sont plus populaires que les chiens. D’où l’intérêt que va susciter ce livre Chat en forme : chat heureux d’Arden Moore. C’est que lorsque vous avez un chat vous vivez dans son espace. C’est un dominant. Et s’il vous réveille la nuit à perpète et que pour le calmer vous lui donner des croquettes, vous êtes fait. Il recommencera de plus belle pour avoir sa pitance. L’auteure comme bien nos gentils félins et nous livrent sa connaissance de cet animal de compagnie séducteur comme tout et à la fois si indépendant.

Chat en forme : chat heureux. Arden Moore. Broquet 192p.   www.broquet.qc.ca


 




 


Le coin santé physique et psychique (1)


Comme moine on aura tout vu. Bouddhiste, il est capable d’enfourcher sa motocyclette, d’enseigner à l’université et de prôner une vie faite de joie dans l’instant présent. Et son credo c’est que la spiritualité assumée s’accommode très bien des plaisirs terrestres. Il a consigné ses Recettes du bonheur d’un moine rebelle pour une belle vie qui parait aux éditions de l’Éveil. Il y a un chapitre de grand intérêt, c’est celui où il explique les lois du monde, les karmas. Ça conviendra à tous ceux qui veulent vivre une belle intériorité sans austérité.

Aux éditions du Souffle d’Or dans la collection « Naître & grandir » un petit cours d’endocrinologie 101 avec Ocytocine l’hormone de l’amour du professeur Kerstin Uvnas Moberg Cette dernière est professeure de physiologie et de pharmacologie à Stockholm. Cette hormone que vous découvrirez dans ces pages est sécrétée par l’hypophise. Ça été au centre des recherches de la dame qui a produite des découvertes significatives à son sujet. Et ce qu’on apprend entre autres, c’est que le toucher comme lors des massages, est la voie directrice qui favorise la production de l’ocytocine. Cet essai montre le lien de causalité entre la physiologie et la psychologie.
Les trois titres suivant sont édités au Dauphin Blanc. Le premier porte la signature d’une notoriété, celle de Marie-Paul Ross la religieuse et sexologue. Dans La chaloupe vide elle rappelle à quel point les gens refoulent en eux des souvenirs et pas les meilleurs. Dans sa pratique et son vécu, elle en a entendu de toutes sortes. Sa petite plaquette est faite d’espérance, l’essentiel étant de dire les choses. Dans un chapitre elle ne mâche pas ses mots à l’endroit des politiciens opportunistes.

Les représentants de nos Premières Nations ont une longueur d’avance sur l’interrelation entre la nature et la spiritualité. Aigle Bleu est pseudonyme d’un homme inspirant d’ascendance algonquine, pawnee, abénaquise et française. Il s’est donné pour mission de répandre les connaissances ancestrales des nations fondatrices du pays. Les animaux totems est rien de moins que passionnant, car il trace le portrait de 45 animaux en nous donnant les caractéristiques de chacun. Et de la façon dont chacun vit ou survit on peu en tirer des enseignements. En même temps on peut s’amuser à comparer notre caractère qui correspond le mieux à tel ou tel animal.

Le coming out des hétéros de Danièle Couture est un titre intriguant. On associe surtout les mots coming out aux sorties du placard des gais et lesbiennes. Ici la sortie du placard dont il est question est la révélation que l’amour hétérosexuel n’est pas fondamentalement hétérogène et que la vie de couple épanouie doit correspondre à des aspirations réellement personnelles, sinon c’est l’éclatement. L’auteure qui est sténographe. Elle a consignée des témoignages de gens qui déballent tout de ce qu’ils veulent réellement de la vie conjugale. On sera surpris d’apprendre notamment que le couple formé par l’animateur Denis Lévesque et Pascale Whilelmy fait maison à part, pour ne pas sombrer dans la routine de la vie à deux sous le même toit.

Aux éditions du Cram c’est au tour d’une ostéopathe, Patricia Reid de faire le point sur un domaine assez méconnu, à savoir L’ostéopathie pour votre enfant. Formée au Collège d’études ostéopathiques de Montréal et fondatrice de la Clinique de santé globale, cette mère de deux enfants a eu le loisir de mettre en pratique sur les enfants les grandes théories de cette science. Notons au passage qu’elle a pu bénéficier de la présence en Russie du célèbre docteur Patch Adams. Et à parcourir les pages de ce petit bouquin on s’étonne de la longue liste des bobos que l’on peut guérir chez l’enfant, à commencer par les pleurs injustifiés.


 




 


Le coin santé physique et psychique (2)


Les deux prochains titres sont édités chez Alpen. La coach Valérie Lamour intervient au moment où dans le monde du travail, et ce sur la planète, les cas de détresse au travail sont en augmentation alarmante. Elle se fend d’un guide pour lutter contre l’Épuisement professionnel. A l’heure de la performance et de la rentabilité à tout prix, le travailleur a-t-il son mot à dire pour ne pas être victime de stress, pire de burn-out. De son côté, Isabelle Ranchet de voit pas mille solutions pour Préservez votre capital santé, titre de son bouquin. Pour elle tout réside dans l’alimentation. Elle fait le tour d’horizon des basiques à connaître, comme la notion de poids santé, les combinaisons alimentaires, et en fin d’ouvrage un chapitre important sur la santé des séniors.

Aux éditions Budo, le Dr Masaaki Hatsumi traite de L’essence du Ninjutsu selon les neuf traditions. Le Ninjustsu est un art martial remontant à plus d’un millénaire, en pleine époque féodale japonaise. Et où il fallait se battre constamment pour asseoir son pouvoir, même local. Et son enseignement comportait des secrets qui se transmettaient de maîtres en disciples, jalousement gardé. Né en 1931 le signataire du livre est le plus haut gradé mondialement dans cette discipline. Au contraire de ses prédécesseurs, il partage son savoir dans ce livre qui mêle théorie et partie questions et réponses. Le tout abondamment expliqué en images. C’est la manière des japonais de traduire le fameux esprit sain dans un corps sain.

Demeurons avec le même éditeur et toujours dans les arts martiaux avec Aïkido théorie et pratique de Kisshômaru Ueshiba qui est nul autre que le fils du créateur de l’Aïkido. Il est dit, et c’est amusant, que tous les individus qui s’entredéchirent devraient se mettre à la pratique de cette technique qui est l’harmonie parfaite entre le corps et l’esprit. Ce manuel est comme on l’indique, une initiation. C’est la référence technique par excellence. S’il puise dans les connaissances originelles, le fils apporte une touche de modernité dans les contacts. Ce qui est admirable c’est qu’aucun geste est improvisé. Ils procèdent tous d’une intention de sagesse.

Chez Budo toujours, faisons place à Brad Walker qui nous a donné « Anatomie du stretching ». Il poursuit avec Anatomie des blessures du sportif qui arrive à point nommé au moment où il est tant question dans l’actualité des commotions cérébrales chez les sportifs. Cet athlète de triathlon et entraîneur australien nous offre rien de moins qu’un résumé de cours anatomique en médecine avec des coupes et dessins qui décortiquent toute la morphologie humaine. C’est une lecture à la fois simple et exigeante. On doit reconnaître tout le mérite à ce professionnel de l’enseignement physique, qui possède superbement son métier. Dans le genre, autant vous dire que c’est l’ouvrage de référence, jamais détrôné.

Et pour clore le tout, un livre d’André Gosselin qu’il absolument parcourir, L’insupportable bonheur des autres. Ce sont des observations sur cette quête du bonheur, fusse t’elle illusoire. Il pose d’entrée de jeu la question épineuse de la définition du bonheur. Et qu’en est-il des composantes pour qu’il se manifeste ? C’est en même temps un aperçu des dernières recherches entreprises sur ce thème. On ne tire pas de conclusion hâtive sinon qu’on nous met sure des pistes intéressantes. A ceux que le bonheur intéresse.


 


 


Un roi à la défense des petits


C’est à une véritable entreprise de réhabilitation que se livre Gonzague Saint-Bris à propos du roi Louis XI. Lui qu’on a qualifié d’universelle araignée, ce qui est loin d’être flatteur, était au contraire quelqu’un d’attachant, qui surtout, et c’est son grand mérite comme on le lira, se préoccupa du sort des petites gens dans son royaume. C’est lui qui mit un terme à l’interminable guerre de Cent ans, et s’est fait fort d’être un roi de proximité. Et le biographe est imprégné au plan personnel par son sujet, car il a grandi au château du Clos Lucé à Amboise, offert en 1471 par Louis XI à son favori Étienne Le Loup. Louis XI se démarque de ses prédécesseurs et ceux qui lui succéderont par sa détestation des guerres et un souci de l’assainissement du budget.

Louis XI le méconnu. Gonzague Saint-Bris. Albin Michel 248p. 


 


 


Un afghan au Québec, le choc culturel


Figurez-vous un musulman afghan qui débarque au Québec en plein « féministan » lui qui n’a imaginé que les femmes au foyer! Quelle adaptation. C’est ce que rappelle avec brio Zabi Enâyat-Zâda qui est arrivé chez nous alors qu’il était adolescent, balbutiant deux ou trois mots de français. Il signe Afghan et musulman, le Québec m’a conquis. La plus grande confrontation étant la place des femmes au Québec. Il a dû s’y faire. Mais ouvert d’esprit il s’est très bien intégré. Ce petit livre est un acte d’amour envers la terre québécoise qui l’a si bien accueilli. Un livre aussi qui consacre la notion de liberté. L’ouvrage est préfacé par Djemila Benhabib :

Afghan et musulman, le Québec m’a conquis. Zabi Enâyat-Zâda en collaboration avec Carolyne Jannard.  Éditions Trois-Pistoles 131p.    www.editionstrois-pistoles.com


 


 


Un juriste qui défend un noir devient raciste


De quoi faire baver d’envie n’importe quel écrivain. Va et poste une sentinelle de Harper Lee était à peine en librairie, qu’il s’en est vendu un million de copies en…une semaine. Mais c’est que l’auteur a quelque chose de mythique. Il avait remporté le Pulitzer en 1961 pour son premier et unique roman alors, « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » qui devait être le premier volet d’une trilogie. Encore là béni des dieux, il en vendit, trente millions d’exemplaires. Au lieu d’être stimulé par ce succès, il disparu des radars pendant trente ans. Le voici qui réapparait avec un titre attendu. Son héroïne, Jean Louise Finch revient voir son père, Atticus, à Maycomb en Alabama vingt ans plus tard. Nous sommes dans les années cinquante. Mais l’affaire se corse quand elle se rend compte que son paternel qui avait pourtant défendu jadis un noir accusé du viol d’une fille, épouse maintenant des thèses racistes. Elle déchante bien entendu. Ce roman est une radiographie des tensions raciales qui prévalaient en marge du processus de déségrégation. A la lecture on comprend que la hauteur des sentiments ici exprimés donne toute sa force à ces pages. Ça tombe bien au moment où les États-Unis hélas semblent renouer avec un racisme ouvertement exprimé.

Va et poste une sentinelle. Harper Lee. Grasset 333p.   


 


 


Quand vous êtes l’homonyme de Poutine


Les lettrés n’ignorent pas que Bernard Chambaz a été lauréat du Goncourt du premier roman en 1993. Il est historien, et sa formation le sert très bien pour le sujet qu’il s’est donné pour son roman Vladimir Vladimirovitch. En gros c’est le vécu d’un russe qui a le malheur ou le bonheur, c’est selon, de porter le même nom que le président Vladimir Poutine. Comme il doit composer avec ce hasard, il s’intéressera donc de près à la vie de son célèbre homonyme. En même temps, le romancier se prête à une sorte de psychanalyse du personnage politique. A la fois on lit un très bel exercice littéraire, tout en s’instruisant sur la psychologie qui anime le Poutine du Kremlin. Une façon aussi de saisir l’âme russe.

Vladimir Vladimirovitch. Bernard Chambaz. Flammarion 374p.  


 


 


Jean-Sébastien Bach, l’homme et son temps


Grâce à David Guy Joannis on vérifie pleinement à quel point les compositeurs classique ne sont pas des êtres désincarnés, mais bien au contraire, terriblement vivants, pétris de sentiments qu’ils ont le talent de transposer à travers leurs œuvres. Il a choisi de nous faire découvrir Bach autrement, ce qu’a été le quotidien de cet artiste qui fait figure de divinité musicale, tant il semble avoir été inspiré à chaque instant et fait école pour des générations à venir, en maîtrisant à peu près tous les styles. Vous direz que c’est un compositeur allemand ? Pas tout à fait, car en son temps, l’Allemagne comme telle n’existait pas. Il a fallu Bismarck au XIXème siècle pour que se fasse la réunification. Bach vivait dans un des innombrables duchés comme il y en avait tant dans la géographie politique de l’époque. Le mélomane nous livre une connaissance approfondie de son sujet qu’il nous fait partager avec amour. Au final on n’a qu’une chose en tête, écouter sa musique.

Bach autrement. David Guy Joannis. Presses de l’Université Laval 219p.    www.pulaval.com


 


 


Qu’en est-il du bien-être des travailleurs ?


En France, avec le présent conflit qui secoue Air France, la notion de responsabilité sociale des entreprises, est au cœur de l’actualité. Car lorsque vous parler de meilleur traitement salarial et du bien-être collectif, un employeur se sent toujours dérouté, ou ne veut rien entendre, ce qui importe avant tout étant la rentabilité à tout prix, peu importe le sort des employés. Mustapha Bettache qui est professeur agrégé au Département des relations industrielles de l’Université Laval. Responsabilité sociale des entreprises, mirage ou réalité ? dépasse la seule condition des hommes au travail, il rappelle que la productivité aveugle détruit aussi la planète. C’est une colère salutaire qui vient ajouter sa voix aux autres indignés.

Responsabilité sociale des entreprises, mirage ou réalité ? Mustapha Bettache. Presses de l’Université Laval 84p.    www.pulaval.com

 


 


 


Une réflexion approfondie sur la réalité de la concentration de presse


Au moment où le chef du Parti Québécois Pierre-Karl Péladeau est assailli de toutes parts par le fait qu’il est en politique, aspire à prendre les rênes du Québec tandis qu’il contrôle la moitié des médias du Québec, voici un essai majeur sur la Concentration des médias, changements technologiques et pluralisme de l’information. Sous la direction d’Éric George on explore toutes les facettes de cette problématique, dont un effet pervers est l’absence de diversité au niveau de l’information et surtout le contrôle de celle-ci. Pour montrer le sérieux de la démarche, sachez qu’il a fallu une douzaine d’années de recherches.

Concentration des médias, changements technologiques et pluralisme de l’information. Sous la direction d’Éric George. Presses de l’Université Laval 286p.     www.pulaval.com


 


 


Comme une amie qui se confie


Comment définir Dans un grand champ nu de Monique Miville-Deschênes sinon comme un partage, qui serait celui d’une amie qui a tant à nous dire, sur la croyance, l’amour de la nature, les dirigeants tyranniques et quoi encore. Comme un long soliloque dont elle nous prend à témoin. Et beaucoup de styles se croisent, du genre question réponse, du conte, des poésies. Il y à la un panier chargé de bien belles choses. Ce n’est pas le genre de livre qui se lit d’une traite, car chaque phrase nous interpelle.

Dans un grand champ nu. Monique Miville-Deschênes. Éditions Trois-Pistoles 289p.      www.editionstrois-pistoles.com


 


 


A Paris, entourée de menteurs


Christine, montréalaise, est bibliothécaire de son état. Elle sort à peine d’un divorce qui l’a plombé. Question de se refaire elle choisit de s’accorder une année entière dans la Ville Lumière. Si elle voulait de quoi oublier ses malheurs immédiats, elle sera servie. Notamment par un entourage, à commencer par sa logeuse, dont elle n’est plus trop certaine. Tout le monde semble se jouer d’elle, de fieffés menteurs. Au-delà de son nouvel environnement parisien, elle sera tout de même confrontée à des éléments de son propre passé. Voilà la trame de Tout doucement sans faire de bruit de Monique Lepage, titre inspiré par la chanson « Les feuilles mortes » qui dans le roman est une ritournelle que joue sans cesse un accordéoniste voisin. Un thriller psychologique rondement mené.

Tout doucement sans faire de bruit. Monique Lepage. Éditions La Semaine 250p.    www.editions-lasemaine.com


 


 


Un jeu dangereux


Boîte de messagerie sulfureuse de Dominique Giraud met en scène un couple qui a une tout jeune enfant. Un couple sans histoires pour reprendre l’expression bien connue. Sauf que là. Il va y en avoir des histoires, et des pas tranquilles. D’une part, l’homme flirte avec une stagiaire, pendant que madame, insécurisée, mesure le poids de sa séduction en chatant avec des inconnus, des échanges surtout érotiques dont elle est friande, au point d’être dépendante. Dans ce contexte quel avenir est-il réservé à cette union ? L’argument est d’une simplicité, mais ce qui arrive à bien des couples, peut effectivement faire l’objet d’un roman. Eh bien c’est fait et de belle façon.

Boîte de messagerie sulfureuse. Dominique Giraud. Éditions La Semaine 182p.      www.editions-lasemaine.com


 


 


So british!


Outre leur flegme légendaire, les anglais sont réputés pour leur humour corrosif, pince-sans-rire. De quoi ça retourne ce type d’humour ? Jugez vous-mêmes avec Le grand livre de l’humour british où on a colligé des perles. En voici une de l’acteur John Hurt « Comme le disait Beckett, ce n’est pas assez de mourir, il faut encore que l’on nous oublie ». Vous avez la pensée dans la version originale anglaise, suivie de sa traduction en-dessous. Et c’est édité chez Assimil, la maison d’édition spécialisée dans les livres d’apprentissage des langues. Normal en quelque sorte, car on a chez cet éditeur la connaissance non seulement des langues mais aussi des cultures.

Le grand livre de l’humour british. Assimil


 


 


Racisme anti-arabe, anti juif  


Il y a peu, un collègue de la rédaction recevait la visite d’un estimateur en rénovation. L’homme est d’origine juive séfarade. La conversation aboutit à un moment donné sur le conflit judéo-palestinien. Et l’estimateur de se lancer dans une diatribe contre les musulmans qui considèrent tous les autres comme des mécréants et qui n’ont qu’un agenda en tête, nous dominer. Tout ça dit avec une furie dans la voix, sans nuances aucune. Surtout lorsqu’il lança « Monsieur, je vous le dis, ils sont tous comme ça, méfiez-vous les québécois qui les laissez entrer à pleines portes ». Tout ça en guise d’introduction à un essai merveilleux d’Ilan Halevi qui porte sur l’Islamophobie et judéophobie. Il n’est pas n’importe qui. Ce juif, épousant la cause palestinienne deviendra vice-ministre des Affaires étrangères du gouvernement de Mahmoud Abbas. Il développe sur la genèse de ces délires idéologiques qui semblent ne plus avoir de fin.

Islamophobie et judéophobie, l’effet miroir. Ilan Halevy. M éditeur 183p.
www.editionsm.info


 


 


De la mutation de l’ex union soviétique au capitalisme et à la démocratie


S’il y a eu un événement géopolitique considérable c’est bien de voir ce qui s’est passé avec l’ex union soviétique communiste qui a basculé dans le capitalisme et la démocratie, du moins à la sauce Poutine. Un essai fait le bilan de ce qui a réussi et échoué, un collectif de chercheurs sous la direction de Michel Roche qui s’intitule Capitalisme, néolibéralisme et mouvements sociaux en Russie. Qui tente de répondre aux questions suivantes « Quels sont donc les fondements de la société russe postsoviétique? La croissance et la stabilité reposent-elles sur des bases solides ? La population accepte-t-elle l'ordre établi ? Les organisations citoyennes et ouvrières réussissent-elles à faire l'apprentissage de la lutte dans une société capitaliste ? Quels sont les traits de son régime politique ? Quels rapports sociaux la définissent ? Comment se porte son économie, vingt ans après la thérapie de choc ? »

Capitalisme, néolibéralisme et mouvements sociaux en Russie. Collectif. M éditeur 262p.     www.editionsm.info


 


 


D’étranges bestioles


Au risque de nous tromper, nous croyons que Sous le divan d’Annie Bacon est la première incursion des éditions Druide. Si tel est le cas, ça démarre en trombe puisque l’auteure ne manque pas d’imagination, elle qui donne naissance à des plombivares, des spiratins et quoi encore. Un petit groupe d’amis, tricoté serré, dont un pestiologue vont à la rencontre de ces microscopiques créatures. C’est sympathique comme tout, surtout avec les illustrations de Ghislain Barbe. A lire aux jeunes têtes avant le dodo.

Sous le divan. Annie Bacon. Illustration Ghyslain Barbe. Éditions Druide 183p.      www.editionsdruide.com


 


 


La nouvelle enquête de Temperance Brennan


Il était attendu le nouvel opus de Kathy Reichs et de son enquêteur fétiche Temperance Brennan. Qui a sur le dos une méchante enquête. Surtout qu’elle concerne les déplacements d’une femme perverse, la québécoise Annick Pomerleau, qui a à son triste palmarès d’avoir enlevé, torturé et laisser mourir des fillettes. Et là un élément nouveau intervient grâce à l’analyse de l’ADN, elle n’a pas commis ces crimes abominables en solo. Elle bénéficie de complicité. Et ce dossier se complique par de nombreux déplacements à faire, sans compter que la santé de la propre mère de notre héroïne est au plus mal. Malgré tout, c’est sans compter l’opiniâtreté de cette dernière. Du grand Reichs pourrait-on dire.

Macabre retour. Kathy Reichs. Robert Laffont 387p.    www.laffont.ca


 


 


L’obsession du Père


Sandrone Dazieri nous comble avec un thriller qui comporte tous les ingrédients qui font en sorte que si vous avez le malheur d’être happé par la première ligne du premier chapitre, vous prenez le risque de ne plus être en mesure de vous en détacher. Le titre ? Tu tueras le Père. En Italie, patrie de l’auteur, c’est une pointure car il est considéré parmi la courte liste là bas des meilleurs scénaristes de films policiers. Il est donc rompu à toutes les ficelles qui font la différence entre un livre qui marche ou pas. Ici c’est un homme totalement affolé et pour cause, un fils de huit ans disparu, alors que le corps de sa femme, décapitée (un degré de plus dans l’horreur) a été retrouvé gisant dans une clairière. Et le profileur demandé pour élucider l’affaire est d’autant plus concerné, que lui-même a été séquestré durant des années par une figure tutélaire surnommé Le Père. Et si dans son cas, la figure de ce « Père » remonte à loin dans le passé, on apprendra qu’il est peut-être plus présent que l’on croit et pas étranger aux malheurs qui accablent l’infortuné mari et père.

Tu tueras le père. Sandrone Dazieri. Robert Laffont 668p.    www.laffont.ca


 


 


Réflexions philosophiques des habitudes à table


Le sociologue Jean-Claude Kaufman s’intéresse à toutes nos activités de bipèdes, mais plus particulièrement à notre vie en couple. Cette fois il se penche sur nos habitudes à table, notre rapport aux aliments. Et c’est avec une belle érudition qu’il nous apprend une foule de choses à commencer par le fait que les Gaulois, contrairement aux mythes reçus s’intéressaient en premier aux chiens en broches avant le sanglier. Aussi le temps réduit que les gens passent ensemble à l’heure des repas, où l’individualité l’emporte sur la convivialité, certains se retirant même dans leur chambre avec leur assiette. Instructif en diable.

Casseroles, amour et crises. Jean-Claude Kaufman. Armand Colin 366p.  www.armand-colin.fr


 


 


Le besoin de l’autre en forme poétique


L’humain est fondamentalement grégaire. Le poète Pierre DesRuisseaux vient nous le souligne par le biais de strophes dans Embellie suivi de Sang froid cette quête de l’autre essentielle. Extrait « De temps en temps je cède à la peur de celle dont on qualifie les hommes encore un peu je partirais rêver d’amour ».  Rien ici d’ampoulé pour signifier notre besoin d’autrui.

Embellie suivi de Sang froid. Pierre DesRuisseaux. Éditions du Noroît 99p.  www.lenoroit.com


 


 


Union interraciale et torride


Vous êtes à dire que seuls les hommes pensent à la chose et que les femmes ne s’y intéressent pas ? C’est bien en raison d’une question d’éducation, car si vous lisez Les femmes occidentales n’ont pas d’honneur de la montréalaise d’origine roumaine Laura T. Ilea vous verrez que lorsqu’une femme est dégagée des contraintes culturelles, elle peut se laisser aller à un emportement érotique qui nous émeut. Ici c’est une occidentale entichée d’un kabyle à qui est promis une femme de son clan. L’union encours s’en trouve ébranlée. On ne vous dévoilera pas ici l’issue de ce qui surviendra pour ne pas gâcher votre plaisir de lecteur, mais retenons surtout à quel point la femme peut tellement exprimer au niveau des plaisirs de la chair. Il y a un passage où elle décrit la main de l’homme qui se fraie un passage dans sa vulve, jouissif!

Les femmes occidentales n’ont pas d’honneur. Laura T. Ilea. L’Harmattan 205p.       www.harmattan.fr


 


 


Transmission de l’horreur


La question est posée, les horreurs du passé, les génocides pour ne nommer que ceux-là, servent-ils le futur de l’homme ? Quel rôle joue la transmission ? Catherine Coquio est professeur de littérature comparée à l’Université Denis-Diderot. Mais elle est surtout connue pour avoir fondée en 1997 l’Association Internationale de Recherche sur les Crimes contre l’Humanité et les Génocides. Elle a écrit aussi sur le génocide rwandais. Dans son dernier essai Le mal de vérité le premier chapitre s’ouvre au Cambodge lors du procès de Duch le sinistre directeur de la prison de Tuol Sleng. Une femme vient se rendre compte par elle-même de qui a fait torturer son père, d’autant plus incroyable que la victime avait été l’ancien élève de son bourreau. Nous sommes devant l’inexplicable. Mais la fille ne veut pas tourner la page, d’où son devoir de mémoire pour elle et l’humanité.  

Le mal de vérité ou l’utopie de la mémoire. Catherine Coquio. Armand Colin 317p.     www.armand-colin.com


 


 


Pour bien s’occuper du meilleur ami de l’homme

Comment ne pas craquer devant la binette impayable du jack russell qui figure en couverture de Chien en forme : chien heureux. Arden Moore nous dit tout ce qu’il faut savoir sur le meilleur ami de l’homme, allant de la socialisation du chiot, et des détails auxquels on ne pense pas nécessairement, comme ce qu’il faut faire s’il se fait piquer par une abeille. Donc un ensemble de tuyaux qui permettront d’asseoir l’autorité du maître, ce que le canin réclame car il a essentiellement besoin d’un chef.

Chien en forme : chien heureux. Arden Moore. Broquet 192p.   www.broquet.qc.ca


 


 


Cours 101 de constructions virtuelles

Si vous êtes encore aux constructions en briquettes Lego vous accusez un sérieux retard, car la folie du web a gagné ceux qui ont la fibre architecturale ou en mode construction, avec l’application minecraft qui autorise toutes les édifications virtuelles possibles. Kirsten Kearney nous initie à cette technologie de l’information qui fait merveille au niveau des résultats, visuellement spectaculaires. Crée des mondes fabuleux avec minecraft est un guide qui comprend des didacticiels servant à concevoir toutes sortes de structures, qui vont d’une auto à des gratte-ciel. On       n’a qu’à tourner les pages pour constater tout ce qu’il est possible de faire, encore que ce ne sont que des pistes de départs, le reste est affaire de talent conceptuel.

Crée des mondes fabuleux avec minecraft. Kirsten Kearney. Broquet 256p.    www.broquet.qc.ca


 




 


De très beaux albums

Voici trois beaux livres qui n’ont pas pour vocation de décorer votre table à café mais bien d’apporter un supplément de connaissances, en émerveillant du coup le regard par les belles photos qui les composent. D’abord National Geographic, une fenêtre sur le monde. La direction du magazine présente un florilège de « Une » qui a fait époque. Tout un travail de recherche mené par l’équipe de rédaction sous la direction de Chris Johns qui est son directeur éditorial, après avoir été longtemps rédacteur en chef et antérieurement, photographe. Lui-même a participé à des expéditions remarquables pour le compte de la célèbre publication et également de Mark Collins Jenkins un ancien historien de cette maison d’édition. Il n’y a pas que les photos, les textes étoffés aussi qui mettent en contexte le moment où furent pris ces clichés.

Puis aux éditions Broquet quel beau cadeau à faire aux fans Les Doors ce groupe mythique. C’est toute leur histoire illustrée et présentée par Gillian G. Gaar. On part avec les débuts de la formation en 1965 et la présence inoubliable de Jim Morrison dont la dépouille repose au cimetière du Père-Lachaise à Paris et qui fait toujours l’admiration des inconditionnels. Les anecdotes fusent à chaque page. Morrison était un provocateur dans l’âme. Rappelons pour la petite histoire qu’il a laissé un spectateur lui faire une fellation sur scène! Et à la lecture vous ne serez pas au bout de vos surprises par cette vie déjantée où le sexe et la drogue faisaient bon ménage.

Enfin quel album magnifique, que ce Canadien Pacifique, l’emprise du voyage de Barry Lane aux éditions Sylvain Harvey. C’est toute l’aventure, non seulement du chemin de fer transcanadien, mais aussi de la flotte maritime de ce holding qui a unifié le pays. Ce sont des trésors d’archives qui sont étalés sous nos yeux, des échafaudages périlleux qui ont permis de franchir les Rocheuses en train. Les nantis qui s’octroyaient dans les Années folles des voyages cossus. C’est émouvant au superlatif. Et au-delà des illustrations, vous avez aussi des textes de grand intérêt, surtout l’épopée de la construction des voies de chemins de fer, dans des conditions épouvantables. Des édifications du XIXème siècle, si solides qu’elles servent encore aujourd’hui. C’est un pur bijou d’édition.


 


 


Une belle encyclopédie pour grands et petits

En toute honnêteté pourriez-vous répondre à la question de savoir pourquoi les feuilles tombent ? D’apprendre qu’à l’origine, les premières Bibles éditées l’étaient en latin et à la portée que des seuls érudits. Que la Première guerre mondiale a vu l’apparition des tranchées, une nouvelle stratégie combattive. Toutes ces choses et combien d’autres, vous pouvez les apprendre en parcourant Savoir et découvertes aux éditions Broquet. Il y a dix thématiques et des sous-thèmes. Ce livre robuste tant par son contenant que son contenu devrait impérativement figurer dans toutes les bibliothèques scolaires. Nous-mêmes à la rédaction on s’est amusé à répondre aux questions posées, souvent àè notre grande honte, avec difficulté.

Savoir et découvertes. Collectif. Broquet 320p.   www.broquet.qc.ca


 


 


Le péril qui guette les journalistes

L’avènement de l’information en mode numérique a considérablement changé la donne pour la profession journalistique où on confond aisément journaliste et blogueur. Une crise profonde sévit dans les salles de rédaction. Qu’adviendra t’il de cette vocation à nulle autre pareille de répandre l’information ? La chose est suffisamment sérieuse pour que MM. Robert Maltais et Pierre Cayouette demandent à 19 intervenants du milieu de répondre chacun dans sa sphère de préoccupation. Parmi les participants on trouve Alain Saulnier l’ancien patron de l’information à Radio-Canada, Marc Laurendeau et Florian Sauvageau. Tous sont d’avis que le métier n’est plus le même. Et chacun d’y aller de recommandations éthiques pour préserver l’essence de ce qu’est un réel journaliste et non quelqu’un qui envoie un lien sur You Tube.

Les journalistes. Pour la survie du journalisme. Sous la direction de Robert Maltais et Pierre Cayouette. Québec-Amérique 290p.   


 


 


La vie homoparentale

L’air adulte d’Anne-Marie MacDonald raconte le vécu d’un couple de femmes, Mary Rose et Hillary. La première a deux enfants. Et sans doute que les préoccupations des deux femmes ont trouvé leurs inspirations dans la vie même de la romancière qui vit à Montréal avec sa conjointe et leurs enfants. Ce roman complète la trilogie qui a débuté avec « Un parfum de cèdre » et « Le vol du corbeau ». Et Mary Rose est une femme très moderne avec son lot de travail à effectuer. Parfois elle ne sait plus où donner de la tête. Viendra à la toute fin, la récurrence d’une maladie d’enfance qu’on avait oubliée et qui frappe à sa porte. Ce qui frappera le lecteur peu familier avec la vie de couple homoparentale, c’est que la vie au jour le jour de deux femmes ressemblent à s’y méprendre à celui des couples hétéros. On finit par oublier leur singularité.

L’air adulte. Anne-Marie MacDonald. Flammarion 417p.    www.flammarion.qc.ca


 


 


Une tendre amitié dérangeante dans l’Espagne du XVIème siècle

A l’heure où les guerres de religions ont repris de plus belle entre les tenants de Daech et les mécréants de chrétiens, on se plaît à penser que plus ça change, plus c’est pareil. Tenez, cette belle histoire trouble entre Magdalena et un peintre, Landolsi. Qui va faire son portrait. Et à l’issue de la séance, se nouera une amitié avec cette artiste dont elle découvrira qu’il est en réalité un musulman qui a abjuré sa foi au profit du catholicisme. Elle, femme d’ouverture, ne s’en formalise pas outre-mesure. Mais il n’en sera pas de même dans le voisinage. Les princes andalous d’Élisabeth Gauvreau exprime avec talent les antagonismes entre des esprits étroits et d’autres ouverts. Elle connaît bien cette époque car on sent que la démarche a été précédée d’une recherche sur les mœurs du temps dans cette Espagne de l’âge d’or.

Les princes andalous. Élisabeth Gauvreau. Québec Amérique 599p.  www.quebec-amerique.com


 


 


Un penseur que vous ne verrez que rarement à la télé

L’autre jour nous prenions connaissance d’une réflexion lue, qui disait en résumé que l’intellectuel n’a plus la part belle dans nos télés. Que dans cette société de complaisance québécoise on ne gardait bien de toute vérité. Tout est « funny » et mensonges sur les plateaux de télévision. Un Jean-Pierre Girard qui n’a pas peur de proclamer ses vérités a peu de chance d’être invité au petit écran. Il brasse trop la cage de nos petites certitudes. Ces Chroniques de riens qu’il publie est un ensemble de chapitre où avec beaucoup d’esprit il rend compte de ce qu’il voit. On pourrait presque dire de lui, qu’il est atteint de lucidité chronique. Il peut passer de Blaise Pascal à la minceur du papier-cul dans les établissements publics. N’a-t-on pas dit que l’intelligence puise sa source dans la curiosité ? Monsieur Girard est alors suprêmement intelligent.

Chroniques de riens. Jean-Pierre Girard. Druide 277p.     www.editionsdruide..com


 


 


Adolescence, zone de turbulence

La période de l’adolescence, est à prendre au sérieux. C’est le temps de la rébellion contre l’ordre établi, un débalancement hormonal remuant. Souvent les parents sont désarçonnés et les ados se mettent parfois nettement en marge. Mary Dorsan en sait quelque chose, qui couche sur papier ce qu’est le quotidien d’une intervenante en milieu thérapeutique, rattaché à un hôpital psychiatrique, qui accueille ce que nous désignerons comme des jeunes « poqués » venus de tous les horizons. Les chapitres sont souvent très courts. Une succession de portraits de jeunes en crise. Le présent infini s’arrête est un livre coup de poing relevant du documentaire. Et qui nous fait poser la question, s’occupe t’on vraiment de nos jeunes en ces temps-ci où le déficit d’altérité est énorme ?

Le présent infini s’arrête. Mary Dorsan.  P.O.L. 709p.   www.pol-editeur.com


 


 


Cours 101 de civilisation américaine

 

S’il y a un livre qui présente la radiographie exacte des États-Unis, c’est American civilization made simple de Jean-Éric Branaa. Il a imaginé un livre didactique forgé de 13 unités qui chacune décrivent un aspect du pays, que ce soit au plan géographique, économique, sociologique. Avec des examens à la clé et des corrigés. Attention, un préalable est requis, de bien posséder l’anglais, car tout le bouquin est rédigé dans cette langue. Mais c’est un anglais assez accessible tout de même. C’est vraiment bien fait et vous avez pleins e renvois pour ceux qui voudraient approfondir leurs connaissances en la matière.

American civilization made simple. Jean-Éric Branaa. Ellipses 360p.   www.editions-ellipses.fr


 


 


Le Québec profond

Si un étranger veut savoir de quoi avait l’air le Québec à une certaine époque, disons les seventies, il n’a qu’à parcourir les pages de la BD Paul dans le nord de Michel Rabagliati. Vous avez là tout le décor planté d’un segment de notre histoire, avec les « shaks » de bois en forêt, les téléviseurs avec antenne de lapin, la caisse de bière Laurentide, les filles qui font du pouce. L’histoire de cette épopée nordique est un prétexte à nous montrer tel qu’on a été. Très instructif aussi pour la jeune génération qui ignore tout des précédentes. Et une de nos marques de commerce, c’est le langage cru en toutes choses et le juron facile.

Paul dans le nord. Michel Rabagliati. La Pastèque 179p.    www.lapateque.com


 


 


Tout ce qu’il faut savoir sur la reliure

 La reliure est un art noble, exigeant. Qui demande une dextérité sans pareille. Mais le résultat en vau la peine qui confère à l’ouvrage traité un supplément d’âme. Josep Cambras nous initie au domaine avec les techniques et les procédés qui protègent et embellissent les livres. Rien que la confection des tranchefiles en soie qui bordent le haut des livres est impressionnante, car on entre dans la finesse du traitement. Chaque étape est bien illustrée, car ici plus qu’ailleurs, une image vaut mille mots.

La reliure. Josep Cambras. Parramon 160p.     www.parramon.fr


 


 


Savannah cause des problèmes   

La Savannah dont il est question ici est la fille âgée de 16 ans de Pete et Lola, notre couple célèbre de la série télé Chambres en ville. Sylvie Payette l’auteure, nous les fait retrouver des années plus tard, alors que le couple était séparé. Il arrivera qu’ils seront convoqués en pleine nuit au poste de police. Il est arrivé quelque chose à leur fille. Ce qui va chambouler tout leur projet. Et de se demander pourquoi Lola a souhaité un voyage initiatique en Polynésie française et Pete à Maniwaki. Ce tome s’intitule Pete et Lola – La suite.

Chambres en ville. Pete et Lola La suite. Sylvie Payette. Les éditions La Semaine 248p.


 


 


Des personnalités nous disent leur relation avec leur corps

La psychologue Stéphanie Léonard a entrepris une démarche intéressante, à savoir d’aller demander à trente personnalités bien connues chez nous, de nous parler à cœur ouvert de leur relation à leur corps, de nous définir ce qui pour eux et elles, est la définition de la beauté. L’auteure était bien préparée pour recevoir ces confidences car elle est spécialiste des troubles de l’alimentation. Vous avez Geneviève St-Germain qui nous dit librement qu’elle cède à la tentation des grignotines par ce qu’elle s’ennuie. C’est de voir la transparence dont ont fait preuve les participants, comme s’ils se trouvaient au confessionnal.

Miroir Miroir, vivre avec son corps. Dr. Stéphanie Léonard. Éditions La Semaine 216p.


 




 


Le coin Miam miam

C’est u original ce Manuel Marcuccio qui dans Uno cookbook chez Macro éditeur, propose des recettes végétaliennes qui font appel à des ingrédients parfois saugrenus. Exemple, un burger à l’épeautre, ou un tofu poivré, avec sauce de tofu à la menthe et au citron. C’est original en diable et côté saveur ça nous fait grimper au ciel. En même temps il insiste sur la simplicité des préparations. Gourmets curieux, allez faire un tour de ce côté-là. Nous, nous sommes emballés pour la crème froide d’asperges aux…fraises et fiordaliso. Attendez de voir le résultat en bouche.

Cours de barista 101 avec Passion café d’Anette Moldvaer chez Broquet. Ce sont 100 recettes venant de partout des coins du globe. C’est ce que nous avons vu de plus complet en édition jusqu’ici avec une géographie complète des pays producteurs, des fèves représentatives pour chaque contrée, un peu comme on le fait avec le vin selon les régions. Comment déguster un caf, etc. A vrai dire, c’est une encyclopédie en son genre. Quiconque retiendra la somme des informations qu’il contient pourra passer pour un véritable expert.

En terminant, un bel album, assez étonnant puisque c’est un lieu mythique de Québec qui a été la source d’inspiration pour des chefs et aspirants venus de l’École hôtelière de la Capitale, nous avons nommé le Domaine Cataraqui, qui est un peu une résidence officielle à Sillery où le gouvernement du Québec reçoit des dignitaires de passage. Ce qui nous vaut Saveurs de saison aux éditions Sylvain Harvey. On trouve des recettes inventives comme ce filet de truite mariné , vinaigrette au hareng fumé des Îles-de-la-Madeleine ou plus étonnant, ce lait chaud mousseux au brocoli. En complément, des textes historiques sur le Domaine par Frédéric Smith plus la contribution der trois photographes, des as de la lentille qui magnifient le lieu. Cet album soigné a été rendu possible grâce à la collaboration de la Commission de la capitale nationale du Québec. 

 


 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

La notion de « body language » a souvent été appliquée au monde des affaires, pour jauger un interlocuteur durant une transaction ou lors d’une entrevue d’embauche. Mais rarement on a appliqué ce concept pour ce qui relève de l’intime, du sentimental. Et Dieu sait si c’est important de pouvoir décoder les signes d’un être pour lequel on a une attirance pour ne pas se faire piéger. Annabelle Boyer qui est coach en organisation décrypte pour nous les messages envoyés par les gestes dans L’ABC du non-verbal en amour. C’est aux éditions Béliveau. Avec moult photographies illustrant des comportements.

Chez Ada, deux titres. L’auteur à succès du New York Times, Mike Dooley présente Les dix choses que les personnes décédées aimeraient nous dire. Le titre est étrange. Mais son contenu demeure simple au niveau des messages. Cet ex conseiller fiscal chez Price Waterhouse Coopers devenu fondateur d’un club social philosophique, compare le temps de vie et la mort à un commutateur. La mort étaient la vie en mode « off » et un autre commutateur entre en action en mode « on ». L’important étant que pour ce qui est du passage terrestre, qu’on nse s’inquiète pas trop avec la vie et ce qui vient ensuite. Et ne rien subir de ce qui est terrestre et malsain. De son côté, Sonia Choquette avait vu s’abattre sur elle une succession de malheurs qui ont fini par peser sur elle et dont elle ne parvenait pas à se débarrasser au plan psychologique. Elle a donc entrepris son chemin de Compostelle, franchissant à pied les Pyrénées et le nord de l’Espagne. Un itinéraire tout de même de 865 kilomètres, à la dure au plan physique. Mais qui au final a assuré sa rédemption. Ça été pour elle comme une élévation morale. Elle détaille son périple dans Revenir à soi.

Si jadis on parlait du mystère féminin, il semble que ce soit maintenant les hommes qui sont difficiles ç saisir. Au point où Régine Coicou a senti le besoin d’écrire son Guide der séduction au féminin pour allumer les hommes dans le bon sens et créer un rapprochement sentimental. Elle dit d’entrée de jeu que souvent les femmes commettent les sept mêmes erreurs qui peuvent tout gâcher. Surtout quelle attitude à adopter pour une femme lors d’une première rencontre avec un mâle.

Les trois titres qui suivent sont édités aux Presses universitaires de Grenoble . Dans la collection « Libres cours psychologie » c’est le Manuel de psychopathologie générale de Patrick Juignet. Toute une pointure que cet auteur qui a la triple casquette de psychiatre, psychanalyste et docteur en philosophie. D’emblée il est un farouche opposant au DSM, le manuel officiel américain qui répertorie les maladies mentales. Rappelons au passage que c’est ce même catalogue états-unien qui a attendu la fin des années soixante pour déclassifier l’homosexualité à titre de dérèglement mental! Lui prône une démarche humaniste auprès des patients qui accusent une déficience. Et de là, sa propre proposition d’une classification.

Ailleurs un collectif sous la direction de MM. Christophe Dargère et Stéphane Héas lance La chute des masques. Plus clairement c’est un essai sur l’intimidation, l’exclusion. Comment l’être humain en arrive toujours à discriminer l’autre. Pensons seulement au temps où les droitiers s’en prenaient aux gauchers. Les collaborateurs de cette recherche explorent toutes les facettes du rejet et de l’humiliation. Il y a un chapitre hallucinant sur les camps de la mort nazis où les prisonniers entre eux, même dans leur condition pitoyable, de morts en sursis, en arrivaient à se discriminer entre eux au grand plaisir de leurs bourreaux.

L’humanité écorchée de Jacques-Philippe Leyens demeure dans le même esprit que le titre précédent, à savoir la discrimination à plus grande échelle, c’est-à-dire entre nations. Quand arrive un temps où une nation se sent plus humaine qu’une autre, pour lequel il a donné un nom « l’infrahumanisation » pour qualifier ces attitudes nationales. Et qui autorise souvent toutes les dérives. Et de nous présenter des cas d’espèces comme les entreprises coloniales.


 




 


Le coin santé physique psychique (2)

Les quatre titres qui suivent sont publiés aux éditions du Dauphin Blanc. Les histoires de mort imminente fascinent toujours car elles tentent de répondre à notre questionnement en ce qui à trait aux fins dernières et ce qu’il y a de la vie après la vie. Aller-retour vers l’au-delà d’Isabelle Challut. Tout part d’une expérience personnelle, celle de la mort de sa mère, Germaine, 79 ans, qui reviendra à la vie, et qui racontera ensuite à sa fille, tout ce qu’elle a croisé dans l’autre vie pour le peu de temps que dura son séjour. De quoi renverser sa fille qui infirmière de son état en avait vu d’autres. C’est cette expérience unique qu’elle nous raconte. Dans un même esprit Ce que les mourants m’ont enseigné de Hélène Giroux. L’essayiste accompagne les mourants depuis huit ans. Elle est bien placée pour démystifier la mort et chasser les tabous qui l’entoure. Car si la mort est une douleur à nulle autre pareille pour les proches restants, elle doit être comprise. Et c’est à ça qu’elle s’emploie. On sort de cette lecture un peu plus serein face à ce grand mystère de la fin de vie.

1…2..Go! de Josiane Desroches est l’élaboration de 15 stratégies de conditionnement mental pour dynamiser davantage. L’auteure est une ancienne athlète de haut niveau et kinésiologue de formation. Elle sait de quoi il en retourne pour ce qui est de la préparation psychique avant d’affronter une épreuve. En somme elle transpose l’enseignement reçu dans le sport pour le mettre à notre portée.  Pour sa part, Marie-Claude Nadeau signe Votre mission spirituelle selon votre signe astrologique. C’est une approches des messages distillés par les signes du zodiaque, cette fois à connotation spirituelle. Après lecture, vous risquez de ne plus percevoir votre signe et son décan de la même façon.

Aux Presses de l’Université Laval dans la collection « Bio éthique critique » un autre opus Milieux modernes et reflets Japonais un essai sous la direction de Mmes Marie-Hélène Parizeau et Jacynthe Tremblay. En sous-titre « Chemins philosophiques ».  C’est une étude comparative de comment la société nippone a assimilé les philosophies occidentales, a contrario des philosophies occidentales qui ont carrément marginalisées celles, orientales. A l’heure du souci sur la biodiversité, qui l’emporte des deux. C’est assez simplet comme résumé, mais les contributeurs de cette recherche opposent de façon lumineuse les deux enseignements. Qui nous rappelle que, comme disait Confucius, les tulipes cohabitent avec les roses.

On s’était montré enthousiaste dans nos colonnes à l’occasion de la sortie du Pharmachien d’Olivier Bernard aux éditions Les malins. On en avait dit le plus grand bien. Il faut croire que nous ne devions pas être les seuls, puisque le génial et distrayant auteur, pharmacien de son état, persiste et signe avec un tome deux. Le gars connaît notre anatomie et les symptômes sur le bout des doigts. Il s’amuse ici à jouer au docteur, façon de parler en nous disant ce qu’il faut faire ou ne pas faire en cas lors d’un bobo, un malaise. Il déboulonne pas mal d’idée reçues. Et en même temps il nous offre gracieusement un magnifique cours de pathologie simplifiée. De sorte qu’on a le choix de se soigner soi-même ou bien de voir le vrai doc mais en connaissance de cause. Les deux volumes devraient toujours être à portée de main à la maison, quand notre système connaît des défaillances. Merci cher pharmachien, vous êtes à votre façon un bienfaiteur de l’humanité.

Et restons dans le même domaine de la vulgarisation médicale, avec L’anatomie du corps aux éditions Macro. Ça fait penser aux grands tableaux que l’on trouvait jadis dans nos salles de classes pour nous expliquer le corps humain. Ici, le format est plus petit, relié spirale. Vous saurez tout ce qu’il faut connaître de notre ossature, nos artères, notre musculature et quoi encore. Comme outil pédagogique c’est à la portée de tous.


 


 


Un thriller numérique


Il fallait bien un jour ou l’autre que notre époque numérique inspire le monde des lettres. C’est fait avec Totem premier roman d’un écrivain prometteur Thomas Villate. C’est la convoitise suscitée autour d’un smartphone qui a cette propriété d’être relié directement à la tête d’un utilisateur donné. On est presque à l’homme robot. Et le propriétaire du bidule novateur a pour surnom Le Totem qui donne son titre au bouquin. Et le Totem a un prénom Vladimir. Des esprits aux desseins maléfiques ont pour commande de mettre le grappin sur ce joujou doté de pouvoirs. On ne peut pas dire que cet écrivain entrant ainsi par la grande porte de la littérature manque d’imagination. Au contraire il en déborde. Pour le plus grand plaisir du lecteur, de surcroît s’il est déjà dépendant de cette petite chose.

Totem. Thomas Villatte. Fleurus 331p.    www.fleuruseditions.com


 


 


Une passionnante affaire d’espionnage


L’affaire Abel ne vous dit sans doute pas grand-chose. Mais à la fin des années cinquante elle passionna l’opinion publique, car c’était le cas d’une affaire d’espionnage en pleine guerre froide, mettant en vedette un colonel du renseignement soviétique. Une page de l’Histoire secrète qui a emballé suffisamment Steven Spielberg pour qu’il en fasse un film « Le pont des espions » avec Tom Hanks. Ce dernier va jouer le rôle de Donovan, l’avocat public désigné par le gouvernement américain, afin que l’espion russe bénéficie d’un procès juste et équitable. Et bien que c’est un dossier quasiment perdu d’avance, qui pourrait envoyer l’inculpé sur la chaise électrique, l’avocat James B. Donovan y verra une opportunité de se servir de son client pour une éventuelle monnaie d’échange au cas où un espion américain de haut niveau serait fait captif du gouvernement moscovite. C’est donc le récit palpitant que reprend Donovan dans ces pages digne du meilleur des thrillers.

L’affaire Abel. James B. Donovan. L’Archipel 324p.   www.editionsarchipel.com


 


 


Une étude de cas, le génocide arménien

Du 25 au 28 mars 2015 dernier, se tenait à Paris un colloque international sur « Le génocide des Arméniens de l’empire ottoman dans la Grande Guerre 1915-2015 : cent ans de recherche ». C’était une des manifestations d’ampleur en marge du tristement centième anniversaire du massacre de la communauté arménienne en Turquie. Aux éditions Armand Colin on publie les actes de cette conférence Le génocide des arméniens. De doctes historiens et autres contributeurs ont passé en revue tous les aspects de ce drame, le second génocide du vingtième siècle après celui commis par les allemands en Namibie. On prend en compte les événements bouleversants en eux-mêmes, l’organisation des déportations, les massacres, les recours en justice et ces bourreaux qui vont se muer ironiquement en victimes. Les chapitres sont tantôt en français, tantôt en anglais selon la provenance des participants. Il s’est publié beaucoup d’ouvrages commémoratifs du genre, mais celui-ci est le plus approfondi en ce qui a trait à l’étude complète de l’acte génocidaire.

Le génocide des arméniens. Conseil scientifique international pour l’étude du génocide des Arméniens. Armand Colin 362p.    www.armand-colin.com


 


 


Une histoire éblouissante des grands danseurs

Férus de danse, voici un très beau livre Les danseurs mythiques de Claire Paolacci qui retrace le parcours des grands danseurs, que ce soit en danse classique ou populaire, allant du Siècle des Lumières à Michael Jackson. Ce sont comme des monographies qui vont à l’essentiel de ce en quoi ces danseurs se sont distingués. C’est bourré d’anecdotes. Par exemple on apprend que la grande partenaire de Rudolf Noureev, Margot Fonteyn avec laquelle ils fracasseront un record de tous les temps avec quatre-vingt neuf rappels, a décroché de tout pour vivre en gentleman farmer au Panama, préférant élever des bêtes. Plus avant, le célèbre Nijinski dont on dit qu’il en a eu ras-le-bol de faire le sauteur pour Diaghilev et qui inventera des chorégraphies qui feront scandale, à connotation érotique, comme ce fameux Prélude à l’après-midi d’un faune. On sort de cette lecture la tête remplie de belles histoires qui montre que la passion vient à bout de tout.

Les danseurs mythiques. Claire Paolacci. Ellipses 463p.  
www.editions-ellipses.fr


 


 


L’appel romantique de la Nouvelle-Zélande

Comme romance historique on ne fait pas mieux que cette trilogie initiée il y a deux ans par Sarah Lark dont nous avons la conclusion avec Le cri de la terre. En résumé, des pionniers néo-zélandais décident de faire de Gloria une dame du monde et pour ce faire l’inscrive dans un austère pensionnat à la dure. C’est d’autant plus pénible pour elle, que son cœur s’est enflammé pour le beau Jack. En sol anglais, elle a bien une cousine sympathique, mais ça ne suffit pas à lui faire oublier son amoureux. Elle concocte donc un plan pour se libérer de son joug. On ne vous dit évidemment pas comment. Car tout ce à quoi elle aspire c’est de retourner sur la terre natale. Ce roman est une épopée où on cultivait les grands sentiments. Parfait pour notre époque numérique où les gens rivés à leur téléphone intelligent ne se voient même plus en temps réel.

Le cri de la terre. Sarah Lark. L’Archipel 607p.    www.editionsarchipel.com


 


 


Les deux clans Goldman


Le suisse Joël Dicker puise dans les affaires de famille les matériaux de choix qui composent ses romans. Lauréat du Grand Prix du Roman de l’Académie française pour L’Affaire Harry Quebert, il nous gratifie à présent de Le livre des Baltimore qui met en mode comparaison deux clans d’une même famille, les Goldman. Ceux riches de Baltimore, et les autres du même patronyme mais issus de la classe moyenne à Montclair dans le New Jersey. Marcus, appartenant à cette dernière branche étudie comme le ferait un entomologiste, les mœurs de la famille plus nantie et le Drame avec une majuscule qui fera basculer leur toute puissance. Le romancier fait montre d’une très bonne connaissance du genre humain, ses forces, surtout ses faiblesses. Même s’il est distant du clan de Baltimore, il n’en demeure pas moins fasciné par leurs mœurs. Si vous n’avez jamais lu du Dicker, c’est l’occasion par excellence.

Le livre des Baltimore. Joël Dicker. Éditions de Fallois 476p.  


 


 


Un atlas géopoétique


Les éditions du passage qui font de beaux albums pour la récréation des esprits éclairés, poursuivent sur leur lancée avec la sortie de VVV trois odyssées transfrontières qui conjugue les talents de l’artiste visuel Patrick Beaulieu et Daniel Canty. Difficile à présenter, ce livre entremêl de la poésie en prose, des témoignages ainsi que des récits de voyage. Pour mieux saisir la teneur du contenu nous allons pour une rare fois nous en remettre au communiqué de presse qui détaille très bien la démarche. « Dans Vecteur monarque, Patrick Beaulieu et Daniel Canty pistent les nuées migratoires des papillons monarques à bord de la Monarca Mobile, un camion postal transformé en observatoire et en galerie d'art ambulante du Québec au Mexique. Dans Ventury, Patrick Beaulieu et les « chercheurs de vent » Alexis Pernet, Daniel Canty et Dauphin Vincent se lancent à la poursuite des vents d'Amérique au volant du Blue Rider, un vénérable camion Ford Ranger équipé d'une manche à air et d'une girouette. Enfin, dans Vegas, nos « aventuriers du hasard » suivent le chemin de la fortune en se rendant de Las Vegas (NV) à Luck (WI), à bord de la Magic Dart, un bolide ayant sur son capot une roue de fortune constellée de symboles de l'américanité. » Dont acte.

VVV trois odyssées transfrontières. Patrick Beaulieu et Daniel Canty. Les éditions du passage 222p.   


 


 


Les mathématiques chez les Anciens


C’est au IIIème siècle avant Jésus-Christ, que des mathématiciens grecs de l’école d’Alexandrie, vont structurer les mathématiques à partir des théories éparses à droite et à gauche. Au final on va se retrouver avec treize volumes regroupés sous le nom des Éléments d’Euclide, l’ouvrage fondateur des mathématiques que nous connaissons et qui ont été bonifiées au fil des siècles. Le professeur de mathématiques Bernard Duvillé, avec une érudition qui arrache notre admiration nous transporte dans cet univers élitiste de la connaissance. On apprend comment se faisaient les mathématiques avant cet Euclide en Mésopotamie, Égypte et en Grèce de même que les contrées limitrophes. Et vous avez des graphismes savants pour décoder les équations qui avaient cours à l’époque.

Sur les traces de l’homo mathematicus. Bernard Duvillé. Ellipses 461p.    www.editions-ellipses.fr


 


 


Les pictogrammes de Yang Liu


Yang Liu est une chinoise qui incarne parfaitement la culture de la dualité, bien connue chez nous comme l’équation du ying et du yang. Elle lance deux petits bouquins chez Taschen, faits tous deux de pictogrammes. Un premier Homme/femme mode d’emploi illustre sa curiosité pour les contrastes entre les mœurs des hommes et des femmes. Comme deux hémisphères si dissemblables. L’autre, très utile, nous fait voir les différences culturelles entre les occidentaux et les orientaux. Des dessins en bleu représentent nos agissements et leur contraire en Asie. ¨Ça vous permettra d’éviter de gaffer lorsque vous serez à l’étranger et vice-versa.


 


 


Charles Taylor disserte sur la foi


Ah! mon dieu ce que nous sommes loin ici de l’ère numérique avec son lot d’inculture. Dans Charles Taylor, les avenues de la foi vous avez une conversation d’une élévation intellectuelle inouïe entre le philosophe montréalais de renommée mondiale, celui-là même qui a donné en partie son nom à cette fameuse commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables et Jonathan Guilbault éditeur délégué chez Novalis et critique de cinéma pour Médiafilm. Le second sonde les préoccupations du premier sur son niveau de croyant. Et comme matériau de base pour cette discussion, on s’appuie sur cinq œuvres qui ont fait le bonheur de Taylor dans sa quête de vérité spirituelle. Les auteurs choisis sont Merleau-Ponty, Hölderlin, Baudelaire, Dostoïevski et le frère Émile. Rarement voit-on un intervieweur doté d’une telle culture et un invité qui brille de mille feux au plan de l’intellect.
Charles Taylor, les avenues de la foi. Entretiens avec Jonathan Guilbault. Novalis 181p.     www.novalis.ca


 


 


Dans les coulisses des deux référendums


Cette année marque le vingtième anniversaire du référendum de 1995. Beaucoup de littérature se publie en marge de cette commémoration. Voici que nous arrive un livre passionnant, et c’est un euphémisme, d’autant qu’il porte la signature d’une de nos grandes journalistes au Québec, nous avons nommé Lysiane Gagnon du quotidien La Presse. Chroniques référendaires, les leçons des référendums de 1980 et 1995 décrit comme son sous-titre l’indique, non seulement le dernier référendum, mais le tout premier avec du matériel inédit en ce qui touche à cette période. Il y a des chapitres éblouissants dont celui intitulé « Le supplice de la question » où elle use d’une métaphore amusante sur le hot-dog pour démontrer la complexité de la proposition qui était faite aux québécois avec toutes les circonvolutions, du plus pénible. C’est en même temps une véritable classe de maître politique.

Chroniques référendaires, les leçons des référendums de 1980 et 1995. Lysiane Gagnon. Québec Amérique 228p.    www.quebec-amerique.com


 


 


Dépendance amoureuse et violence conjugale


Il y avait plein de monde au lancement du livre d’Ingrid Falaise « Le monstre » dans lequel la comédienne nous fait partager un chapitre douloureux de sa vie, sa relation avec un africain qui l’a menée sur le chemin de l’enfer. Infernal est un qualificatif souvent galvaudé. Mais ici le mot prend toute sa dimension. C’est que, comme toute gradation dans la violence conjugale, elle est en corrélation avec la dépendance amoureuse de la victime. On accuse volontiers la québécoise d’abus de contrôle, attendez de voir ce qu’il advient quand un homme se mue en monstre d’autoritarisme. Prenant la parole lors du cocktail de lancement, on voyait bien que l’auteure est encore toute remuée rien qu’à se remémorer ce qui lui est arrivée. Elle a dû faire face à l’échec de sa relation et avec courage devoir se protéger de son bourreau. Il y a des passages du livre où la victime rend bien les sentiments qui l’habitait au moment où elle était séquestrée entre quatre murs, devant répondre de tous ses gestes. Les lectrices notamment en tireront bien des leçons de prévention. C’est un livre salutaire.

Le monstre. Ingrid Falaise. Libre Expression 341p.    www.edlibreexpression.com


 


 


Au temps de la dictature du général Videla


Trente mille disparus. C’est le terrible bilan des personnes recensées ainsi sous la dictature du général argentin Videla, dictateur et tortionnaire. Parmi elles, deux anciennes religieuses, Cathy et Léonie. Gaby Etchebarne ravive leur mémoire dans Sur les pas des disparus d’Argentine. Un rappel de ce que  furent ces deux femmes toutes entières au service des pauvres. En Argentine, la moindre critique du régime vous valait l’incarcération, la torture et la mort. Et même l’Église qui aurait pu s’interposer subissait l’oppression de la junte militaire, avec des prêtres assassinés et même des prélats. Personne n’échappait au courroux des bourreaux. Un documentaire sur CD-Rom reprend l’enquête sur les deux religieuses et le climat qui régnait alors.

Sur les pas des disparus d’Argentine.. Gaby Etchebarne. Karthala 179p.    www.khartala.com


 


 


Une arrière-petite-fille raconte son extraordinaire aïeul


Elle s’appelle Charlotte Service-Longépé un sacré beau brin de fille qui vit à Monaco, la chanceuse, où elle bosse dans l’événementiel. Nous avons reçu une première lettre timbrée de la Principauté, où toute à son enthousiasme elle souhaitait que l’on porte attention à la sortie de son livre Robert W. Service, la piste de l’imaginaire dans lequel elle raconte de façon romancée l’extraordinaire vie que fut celle de son arrière-grand-père. Question de faire l’économie de raconter cette vie en long et en large, voici un extrait du communiqué de presse qui résume très bien ce parcours. « Au cours de sa vie, l'écrivain célèbre Robert William Service (1874-1958) a rédigé une imposante oeuvre dont plusieurs millions d'exemplaires ont été vendus. Le contenu de ses nombreux ouvrages est étudié encore aujourd'hui dans tout le monde anglo-saxon. Après une enfance indisciplinée en Écosse, il décide d'accomplir son rêve de découvrir le Nouveau Monde. À vingt-deux ans, suite à un long voyage en bateau, il débarque à Montréal en 1896 avec quelques dollars en poche, puis traverse le Canada d'est en ouest. Service passe plusieurs années sur l'île de Vancouver avant d'entreprendre une longue balade pendant deux ans sur la côte Pacifique. En 1904, il découvre avec émerveillement l'univers sauvage du Grand Nord canadien et s'installe à Dawson, sur les bords de la rivière Yukon. C'est là, dix ans après Jack London, qu'il publie son premier recueil de poèmes, Songs of a Sourdough, qui sera édité au Canada, aux États-Unis et en Angleterre. »  Ce qui est étonnant ici, c’est qu’avant que sa descendante rende justice à ce héros de la vie, que personne chez nous n’ait pensé à raviver sa mémoire. Pour mener à bien son travail, l’écrivaine biographe a pu disposer des archives familiales, un matériau de première main. L’an prochain un deuxième tome est prévu qui couvrira sa vie de 1913 jusqu’à son décès en 1958.

Robert W. Service. Tome 1 la piste de l’imaginaire. Charlotte Service-Longépé. Éditions JCL 572p.   www.jcl.qc.ca


 


 


Comment faire économiser 50% de carburant automobile


Même si le prix du baril de pétrole a chuté, cela ne reflète pas la réalité à la pompe, où le coût du carburant demeure prohibitif. David Couture a réfléchi à cette problématique qui atteint les automobilistes, d’où son Guide de l’éco conduite. C’est un ensemble de mesures qui mis ensemble permet de réduire jusqu’à 50 % en économie de carburant. Mais mieux encore. En plus de donner un répit à votre budget, il bonifie la durabilité des pneus, des freins et du moteur. Donc des gains réels. En cette période où le coût de la vie augmente sans cesse jamais les salaires, ce petit bouquin est le bienvenue pour faire face à la musique et conduire avec le sourire.

Guide de l’éco conduite. David Couture. Broquet 128p.   www.broquet.qc.ca


 


 


Les leçons arboricoles de Boucar Diouf


Comment définir Boucar Diouf autrement qu’en humaniste. Dans ses fonctions d’animateur, il ne rate jamais une minute pour passer un message humanitaire ou écologiste. Il persiste et signe cette fois dans un petit livre, court en pages mais riche en densité Rendez à ces arbres ce qui appartient à ces arbres. Il prend prétexte des arbres qui l’on entouré dans sa vie passée et présente pour tirer des leçons de vie. Avec des réflexions étonnantes. Ainsi il ne comprend pas ces enfouissements d’urnes funéraires qui nuisent au sous-sol, puisque non biodégradable. Et de citer l’Espagne où des entrepreneurs de pompes funèbres proposent des urnes en matériaux qui se désagrègent avec le temps et qui se fondent dans la nature. Vous avez pleins de ces récits de sagesse qui vont vous faire sourire par la justesse du propos.

Rendez à des arbres ce qui appartient à ces arbres. Boucar Diouf. Les éditions La Presse 125p.      www.editionslapresse.ca


 


 


La destinée d’un orphelin


Dany Côté qui a publié de nombreux essais fait une entrée remarquée dans l’univers du roman avec La Thompson. En résumé c’est la trajectoire d’un petit orphelin du Bas-du-Fleuve, Henri Martin, qui une fois adolescent va quitter le foyer adoptif pour se rendre à Québec où il va travailler comme chauffeur pour un fabricant de cigarettes. Et par après, migrant, il va filer vers la Grosse Pomme, où de chauffeur de camion qu’il était, il va se retrouver cette fois chauffeur privé d’un nanti de la capitale américaine. Il s’amourachera de sa fille, au fait des secrets inavouables du paternel. Ce roman est une grande épopée au temps de la Prohibition. On voit que le romancier s’est beaucoup documenté sur l’époque car tout des mœurs du temps s’y trouve. Pour une première incursion dans ce genre littéraire, c’est réussi. Vite au deuxième opus cher écrivain.

La Thompson. Dany Côté. Les éditions GID 662p   www.leseditionsgid.com


 


 


Coucou, une légende ancienne


Gaston Desjardins ex prof d’histoire à l’Université du Québec, se passionne depuis toujours pour les contes et légendes maritimes de chez nous. Et dans ce vaste patrimoine il a puisé un conte merveilleux, celui de Coucou le marin fantôme de l’Île aux Pommes. Cette histoire prend sa source dans un vieux manuscrit trouvé dans une épave de la Basse-Côte-Nord. Ce Coucou avec qui on va faire connaissance, est un homme âgé qui transmet ses souvenirs, seul survivant de sa caste. Il est ici question d’un esprit malicieux qui répand la folie. L’auteur a le mérite d’être à son tour un conteur fabuleux. Dès les premières pages on est emporté dans un autre monde. Un véritable divertissement à nos préoccupations.

Le chemin de la Renifleuse. Gaston Desjardins. Les éditions GID 219p.   www.leseditionsgid.com


 


 


Plus de quarante ans de la vie d’un trois mâts


Dans le port d’un petit port au Nord du Pays-de-Galles, une attraction fascine toujours les visiteurs du coin, à savoir l’épave du City of Ottawa qui repose par le fond dans un fond sablonneux. Et ce depuis cent ans. Les touristes doivent pour beaucoup ignorer ce que ce vaisseau a vécu tout au long des 46 ans de sa vie marchande. Il a été construit tout en bois à Québec, en 1860. Il a beaucoup été utilisé pour le transport du bois. Et ça n’a pas été une vie commerciale et humaine reposante. Une véritable odyssée que décrit avec brio Judith Samuel qui a un long passé dans l’enseignement. Galloise, elle poursuit des recherches sur la contribution des marins gallois au XIXème siècle. Le City of Ottawa est à lire. Il en est à sa deuxième édition en langue anglaise et nous avons la chance de cette première traduction dans la langue de Molière. Intéressant au point que même des gens indifférents aux histoires maritimes prendront du plaisir à connaître les conditions de ceux qui travaillaient à bord. Un véritable travail d’anthropologie.

Le City of Ottawa, l’histoire d’un grand voilier. Judith Samuel. Les éditions GID 241p.     www.leseditionsgid.com


 


 


Regards urbanistiques sur Québec


Rémi Guertin est de formation géographe. Mais en même temps il a des qualités manifestes d’urbaniste comme on peut le constater avec la sortie de son essai Clin d’œil sur cinq quartiers de Québec. Il est déjà l’auteur d’une thèse sur la morphogénèse de Québec qui a pour titre « Québec, la capitale sans ville ». Il voit évidemment le développement historique de la Vieille Capitale d’un autre œil. Ce qui est intéressant tout particulièrement dans ce bouquin, c’est de voir comment les administrations municipales ont fait face au défi du développement urbain. Et il fait la somme des bons coups comme des moins bons. Et il tente de répondre à la fin, à ce qu’on nomme dit-il à tort, le mystère de Québec.

Clin d’œil sur cinq quartiers de Québec. Rémi Guertin. Les éditions GID 215p.     www.leseditionsgid.com


 


 


Un agenda thérapeutique


Octobre voit venir une grande offre d’agendas de toutes sortes qui rivalisent d’imagination et de présentation graphique. Parmi ceux qui retiennent notre attention, se trouve l’Agenda 2016 chez l’éditeur Alpen avec pour sous-titre Les plantes qui soignent. C’est que pour chaque semaine vous avez dans le coin droit un espace consacré à une plante, que ce soit l’ortie, la passiflore et quoi encore, dont on rappelle les vertus thérapeutiques. Des connaissances distillées goutte à goutte en même temps que vous consulter la date du jour et les inscriptions que vous y avez mises.

Agenda 2016. Les plantes qui soignent. Alpen    www.alpen.mc


 


 


Quatre contes mignons aux 400 Coups


C’est plus que 400 coups que cette maison d’édition vient de frapper avec ces quatre contes mignons comme tout qui sortent en librairie. Du duo Jean Leroy et Bérengère Delaporte voici L’agneau qui voulait être un loup. Un désir étrange qui s’explique très bien quand on parcourt cette historiette. Mais on ne change pas de peau d’animal comme ça. Viennent Pierrette Dubé et Aurélie Grand et Le ballon d’Émilio. Objet inanimé avez-vous une âme demandait jadis quelqu’un. C’est le récit d’un ballon ambitieux. Et il arrivera bien des aventures à ce ballon. Le tandem Michaël Escoffier et Maud Legrand se fendent de Pourquoi tu pleures ? Les tortues ont le savait, ont bon cœur. Peut-être un peu trop. Et leur côté de bonnes samaritaines peuvent leur jouer des tours. Enfin, un air de Noël avec Petite maman Noël signé par Lou Beauchesne et ValMO. Vous pensiez que seul le Père Noël était engagé dans sa tournée de distribution de joujoux ? La Mère Noël aussi. Et qui se stresse énormément quand vient ce moment attendu dans l’année. Ces quatre contes sont destinés aux très jolies têtes de la petite enfance.


 


 


Une histoire de Lévis


Que ce soit l’histoire des rituels funéraires ou celle des journaux régionaux, tout ce qui touche à la petite ou la grande histoire du Québec captive Yves Hébert un historien de grande valeur. Qui nous le prouve encore une fois de plus avec son histoire de la ville de Lévis. C’est dans la collection « Une histoire d’appartenance » aux éditions GID. Aujourd’hui Lévis est une grande agglomération. Mais c’était aussi 12 villes dont entre autres Saint-Romuald, Charny et Saint-Nicolas pour ne nommer que celles-là. Et apprécions au passage tout le travail de recherche préalable. Car l’auteur ne se contente pas d’une chronologie historique, mais aussi Lévis en lien avec l’époque et les diverses évolutions sociales et technologiques. Une intéressante iconographie accompagne les textes.

Lévis. Yves Hébert Collection « Une histoire d’appartenance » Éditions GID 216p.     www.leseditionsgid.com 


 


 


L’industrie papetière à l’âge d’or


Nous serions en période d’austérité ? De quoi faire rire nos ancêtres qui travaillaient comme des percherons pour une maigre pitance. Il faut absolument lire L’homme et la forêt de l’historien Louis Lapointe. Il dresse un portrait de l’exploitation des forêts au Québec, en prenant l’exemple de la région de l’Outaouais sa région de prédilection comme chercheur. Photos à l’appui on voit les conditions dans lesquelles vivaient ces tâcherons, la vie des magnats de l’industrie papetière, des anglais bien sûr. Nous avons une radiographie exacte des conditions qui prévalaient à la fin du XIXème siècle et au début du XXème. Et ici plus que jamais, une image vaut mille mots. Il fallait avoir de la couenne pour survivre dans ces conditions et vivre dans ces cambuses de fortune.

L’homme et la forêt. Pierre Louis Lapointe. Les éditions GID 430p.  www.leseditionsgid.com


 


 


La petite histoire des plaques d’immatriculation au Québec


C’est fou ce que les gens peuvent collectionner. A preuve le dada de Guy Thibault, les plaques d’immatriculation. Il ne se contente pas d’accumuler les plaques de tôle, il se documente de même et avec une rigueur qui confine à l’érudition. Voyez-vous-même l’album L’immatriculation au Québec où il dispense généreusement son savoir. On apprend une foule de choses, dont le nom de celui qui obtint la première plaque d’immatriculation au Québec, un dénommé Ucal Dandurand. C’était en 1906 et sa plaque portrait le numéro Q1. La voiture une De Dion Bouton est exposé au Château de Ramezay. Saviez-vous que les premiers automobilistes à recevoir l’autorisation d’une plaque devaient se la confectionner eux-mêmes! Vous ne serez pas au bout de vos surprises. Nostalgie quand tu nous tiens. Et heureux de beaux fous comme M. Thibault de préserver un patrimoine qui autrement, sombrerait dans l’oubli.

L’immatriculation au Québec. Guy Thibault. Les éditions GID 282p.   www.leseditionsgid.com


 


 


 La vie dans la plaine côtière de Bellechasse au XVIIIème siècle

Gaston Cadrin a mis cinq ans à fouiller les registres paroissiaux et actes notariés, qui à défaut de textes en tant que tel, lui ont permis de reconstituer la vie quotidienne durant l’occupation anglaise et l’invasion américaine dans la région de la plaine côtière de Bellechasse. Il prend prétexte de soi-disant excommuniés, au nombre de cinq, qui ne l’ont pas été au sens du droit canon, mais parce qu’ils étaient rebelles au système en place, pour raconter par le menu la condition de nos ancêtres du coin. Un chapitre important est consacrée à la fameuse Corriveau. Il nous apprend que la cage dans laquelle fut enfermée sa dépouille pour être montrée au peuple en guise d’exemple, a été retrouvée assez récemment dans un petit musée américain.

Les excommuniés de Saint-Michel-de-Bellechasse au XVIIIème. Gaston Cadrin. Les éditions GID 405p.    www.leseditionsgid.com


 


 


 Le quotidien des Augustines de l’Hôtel-Dieu de Québec

Il était une fois deux photographes, Pierre Bernier en 1978 et Claire Dufour en 2008 qui eurent la chance de photographier le quotidien des Augustines de l’Hôtel-Dieu de Québec à leur monastère. Dans les deux cas, elles eurent comme accompagnatrice Sœur Marie-Paule Cauchon qui est bien payée de retour si on peut s’exprimer ainsi, puisqu’elle apparaît très souvent dans l’album rassemblant les clichés de ces deux as de la lentille, Mémoires d’un monastère. Il en résulte un bouquin émouvant au possible où quoi qu’on dise du bilan de l’Église au Québec, il y eu tout de même ces femmes vivant dans l’Absolu total, qui comme ces religieuses hospitalières se sont dévouées jusqu’à leur dernier souffle dans une abnégation impensable à notre époque. Et c’est de voir cet immeuble avec tous ces trésors, ces parquets cirés. A croire qu’elles menaient une lutte incessante aux acariens, pas même de la poussière dans les combles. On ne se lasse pas de feuilleter ce trésor d’un monde appelé à disparaître. Heureusement ces photos témoigneront pour des siècles encore d’une époque qui valorisait l’altruisme.

Mémoires d’un monastère. Denis Robitaille, Pierre Bernier et  Claire Dufour. Les éditions GID 171p.      www.leseditionsgid.com


 


 


Charles Quint, l’abdication et l’obsession du temps


Le secret de l’empereur d’Amélie Bourbon Parme est un petit bonheur qui se feuillette. Car il narre le renoncement au trône de l’empereur Charles Quint au profit de son fils Philippe, puis son retrait au monde dans le monastère de Yuste en Estrémadure. La romancière nous dit pourquoi ce conquérant soudainement fait ce choix de vie. Et comment il en vint à se passionner au-delà de toute expression pour l’horlogerie. Même au terme de son existence il avisera son médecin d’ausculter aussi une horloge noire atteinte dit-il d’un mal étrange. Quel beau film cela ferait, avis aux scénaristes en panne de sujet. Et l’auteure a une élégance de style qui tutoie ici l’excellence.

Le secret de l’empereur. Amélie Bourbon-Parme. Gallimard 319p. 


 


 


L’après génocide au Rwanda


Jean Hatzfeld n’est pas atteint du syndrome de la page blanche. Le génocide rwandais est un terreau de sujets inépuisable au point qu’il nous arrive avec un cinquième livre sur ce thème, qui est une sorte de récit des enfants des bourreaux et des victimes. Comme il est mentionné en quatrième de couverture d’Un papa de sang ils partagent le génocide en héritage mais pas du tout la même histoire familiale. Il y aurait presque comme un tabou de revenir dans le passé, mais celui-ci est insidieusement présent qu’on le veuille ou non. Le massacre de Nyamata ne peut pas s’effacer des mémoires sur un claquement de doigt. L’auteur avec une belle sensibilité s’attache aux séquelles.

Un papa de sang. Jean Hatzfeld. Gallimard 256p.   


 


 


Tout un polar sauce écolo!


Il fallait bien la rationalité d’une diplômée en génie mécanique pour ourdir une histoire aussi allumée que celle bâtie par Florence Morin pour Machine et machinations. Au point de départ le meurtre d’une journaliste scientifique qui se montrait un peu trop curieuse au goût de des dirigeants d’une pétrolière. Ils décidèrent donc de mettre un contrat sur elle et d’en finir. C’est le sergent-détective Martin Black qui a pour mission d’élucider cette sale affaire chargée d’ombres. Et plus son enquête progresse et plus il sera confronté à des êtres animés de diverses intentions dont le non moindre, un scientifique qui aurait donné vie au projet de Nikola Tesla, la fameuse machine à énergie libre. Vous mettez tous ces ingrédients dans un malaxeur et ça vous donne au final un thriller palpitant sur fond d’écologie. Nous avons coutume d’écrire devant des romans si puissants, que des scénaristes auraient tout intérêt à venir jeter un coup d’œil pour enrichir le septième art.

Machine et machinations. Florence Morin. Les éditions Sémaphore 246p.   www.editionssemaphore.qc.ca


 


 


Un livre événement


Le passage d’Isabelle Monin sur le plateau d’On n’est pas couché en France n’est passé inaperçu. Par le fait que son roman Les gens dans l’enveloppe procède d’une démarche unique. Jugez-en vous-même. L’auteure, chez un brocanteur, s’est procuré une enveloppe contenant 250 photos d’une famille. Des photos banales en soi, mais qu’elle a trouvé à la fois bouleversantes. Elle a donc inventé des histoires à partir de photos. Ensuite, elle a fait enquête pour savoir qui était effectivement ces personnes apparaissant sur ces clichés. Étaient-ils proches ou loin de l’idée qu’elle s’en faisait ? Outre que ce soit superbement écrit, c’est la source de son inspiration qui est singulière ici. Et ce n’est pas tout! Le compositeur Alex Beaupain a trouvé matière à des chansons que l’on trouve dans le CD qui accompagne le livre.

Les gens dans l’enveloppe. Isabelle Monnin. CD d’Alex Beaupain. JCLattès 374p.    www.editions-jclattes.fr


 


 


Découverte d’une auteure à suivre


Si Anne-Marie Vertefeuille s’est colleté à la nouvelle, avec Rachel au hockey c’est son premier roman. L’histoire de Rachel qui vit dans une famille qui mange du hockey comme ce n’est pas permis. Au point que ça la conduira à une détestation totale de cet environnement où rien d’autre que notre sport national. Il faut la voir décrire l’odeur de l’équipement de ses frères déposé dans sa chambre. A travers ça il y a une erreur de parcours dans sa relation avec Robert. Et pour qu’il comprenne bien ce qui a fait ce qu’elle est, elle se raconte à lui comme on le ferait devant un psychanalyste ou presque. A la fin de l’ouvrage on saura ce qu’elle n’a pas fait de bien. C’est un livre vivant comme tout avec un sens descriptif assez rare. En même temps elle décrypte très bien ce que veut dire le hockey élevé au rang de religion avec tous ses effets pervers.

Rachel au hockey. Anne-Marie Vertefeuille. Québec-Amérique 270p.   www.quebec-amerique.com


 


 


Rallye moto infernal


Il y en a qui seraient prêts à tout pour sortir de leur condition sociale jugée pitoyable. C’est le cas d’Adam Stone, le protagoniste du roman jeunesse Stone rider de David Hofmeyer. Il vit dans un bled désertique, Blackwater, qui n’a d’autre attraction majeure qu’une course à moto diabolique, pour laquelle on a enregistré bien des morts au tableau. Mais Stone s’en fout. S’il gagne, ce sera la chance de conquérir pour de bon Sadie, l’élue de son cœur. Avec Kane, un pilote complètement dingue, notre homme va se mesurer au défi qui l’attend. On ne vous dévoilera pas bien sûr la finale de cette épreuve, mais sachez qu’il y a un rythme trépidant qui plaira d’emblée.

Stone rider. David Hofmayer. Gallimard jeunesse 312p.  
www.gallimard-jeunesse.fr


 


 


L’Arche très spécial des animaux


Reprenant à son compte la célèbre histoire biblique de l’Arche de Noé, Marianne Dubuc s’amuse avec sa ménagerie dans L’Arche des animaux. C’est peut-être le seul endroit où vous verrez un crocodile se brosser les dents, du moins avec une certaine aide. Si des animaux s’ennuient ferme à bord durant la traversée, d’autres comme les éléphants font des pitreries, les trompes servant de balançoires aux éléphanteaux. Charmant comme tout, cette gentille historiette est destinée aux touts jeunes enfants.

L’Arche des animaux. Marianne Dubuc. La courte échelle   www.courteechelle.com


 


 


Le coin Miam miam


Daniel Vézina a plusieurs solutions pour les ménages qui doivent composer avec un régime économique d’austérité. D’autant que l’on sait qu’il se gaspille encore trop de choses en cuisine. Au point qu’il y a un adage chez les restaurateurs qui veut que les profits sont souvent dans les rebuts. Donc, il vient à notre secours dans son tout dernier livre de recettes, 150 en tout, La cuisine réfléchie. Vous ne direz certainement pas non à un ravioli de lapin aux olives et noisettes ou cet affolant carpaccio de bœuf. Ici il porte les restants de table à un niveau supérieur.

La cuisine réfléchie. Daniel Vézina. Les éditions La Presse 274p. 


 


 


Un monde totalement surréaliste


Les éditions du passage se sont donnés pour mission de valoriser les arts visuels et si possible en les associant à la littérature. Le dernier opus de la collection « Autour de l’art » portant le no. 006 conjugue les talents de l’illustrateur Mathieu Mondoux et la bien connue Hélène de Billy qui ensemble nous arrivent avec L’Histoire de Zdov. A parcourir cette fresque de personnages déjantés qui vont de grenouilles à perche, un baudet qui déclame du Rimbaud, on se met à penser qu’un Jean Cocteau ou un Erik Satie auraient follement aimé la démarche totalement surréaliste. Ce pourrait même devenir un petit opéra de poche, avis aux créateurs.

L’histoire de Zdov. Mathieu Mondoux et Hélène de Billy. Les éditions du passage      www.editionsdupassage.com


 


 


Du flou dans les genres littéraires


En 2014 avait lieu la 42ème Rencontre québécoise internationale des écrivains sous l’égide de l’Académie des lettres du Québec qui avait pour thème « Le glissement des genres.. La conférence inaugurale fut faite par Paul Chanel Malenfant professeur de littérature à l’Université du Québec à Rimouski. A son actif une trentaine d’ouvrages touchant autant à la poésie, qu’à la fiction et l’essai. Et c’est justement des genres littéraires dont il fit état et dont la transcription de son exposé est maintenant disponible sous le titre D’un genre, l’autre ? Il fait état des pratiques actuelles des écrivains qui vont souvent d’un style à l’autre.

D’un genre, l’autre ? Paul Chanel Malenfant. Noroît 70p.    www.lenoroit.com


 


 


Les derniers recueils poétiques du Noroît

Une petite cuvée poétique qui nous élève au-dessus du quotidien souvent grisâtre. Trois recueils. Le premier Le fil de Pierre-Philippe Gouin une mini saga de neuf actes sur le thème de l’attachement. Extrait « Au restaurant tu fixais ma bouche et j’avais encore envie de te prendre. J’avais ton odeur partout sur moi, je n’en revenais pas ».  Pour décrire la démarche d’Hector Ruiz dans Désert et renard du désert le communiqué de presse accompagnant la sortie du petit ouvrage indique la quête d’habiter et de dire le monde. Extrait « Les gars de la ville achètent de la terrine de sanglier à la Maison du rôti. Je songe à Obélix et me demande si son appétit de bête a plus d’emprise sur le réel= que la texture de la terrine sur la langue ». Enfin, d’Hugues Corriveau un texte fleuve en prose avec des fulgurances qui nous jettent par terre. Cette merveille a un titre Et là, mon cœur. Les lecteurs du Devoir comme le critique de poésie du quotidien. C’est un virtuose de l’agencement des mots qui font image. Extrait « Marbre si friable des musée, œil aléatoire posé sur la beauté. Mille miels des ruches habitables. Souffre des mines. Volcan crachant le magma originel ».


 


 


Un vibrant plaidoyer contre la routine


Le titre est long Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une mais dit bien ce qu’il veut dire. Dans ce roman Raphaelle Giordano préfacée par l’animatrice Christine Michaud fait le récit des tribulations d’une femme dans l’antichambre de la quarantaine, prénommée Camille. Qui n’a pas de grands malheurs comme telle mais qui s’ennuie à mourir. En vérité elle sombre dans la routine. L’ennui n’est-il pas né un jour d’uniformité ? C’est un bon ami qui va l’amener vers d’autres sentiers qui vont amèneront cette femme sans horizons, à envisager la vie autrement. C’est le roman par excellence sur le thème de l’évolution.

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une. Raphaelle Giordano. Édito 264p.     www.editionsedito.com


 







 


Le coin santé physique et psychique


Sur le coup si on vous nomme Elizabeth Gilbert peut-être que ce nom ne vous dira rien. En revanche si on vous mentionne qu’elle est l’auteur du best-seller « Mange, prie, aime » alors là vous pensez immédiatement au film avec succès tiré de ce livre dans lequel excelle Julia Roberts. Toujours habité par ce désir que les gens se développent au mieux de leur capacité, elle persiste et signe Comme par magie chez Calmann-Lévy où elle exhorte ses lecteurs à pousser du côté de leur créativité. Ça tombe bien au moment où de son côté Grégory Charles tenait le même discours, affirmant que nous devons révéler le petit Mozart en nous. Puisant dans sa propre expérience, elle ne porte pas de lunettes roses et sait que le changement viendra avec la passion à mettre dans le quotidien. Ce que nous apprécions de cette championne de la croissance personnelle c’est sa lucidité. Aucune recette magique sinon de se faire confiance.

Les trois titres qui suivent sont aux éditions GID. Kathy Paradis présente La vie est un chef-d’œuvre inachevé. C’est un roman qui nous fait voir vivre Océane, qui vit sur une île, élevée par sa grand-mère depuis la mort de sa mère. Cette petite plaquette est riche de densité, car en évoluant, la protagoniste prend conscience de la valeur des choses, de l’amour entre autre. Pour résumer c’est un livre doux. De son côté Sylvie Pelletier Castonguay y va De la peur à l’éveil. Cette infirmière qui est successivement passé de l’obstétrique aux soins palliatifs a appris à la dure ce que veut dire de ne plus jouir de sa santé, car on lui a diagnostiqué un cancer. Elle décrit les divers états d’âme qui l’ont habité. Il y a un passage merveilleux des fins dernières d’un ami, Yves qui nous réconcilie avec le grand départ. Puis au tour de Bibiane Béland un ouvrage inspiré par la figure de Rita Cossette Béland sa maman, qu’elle chérissait plus que tout. On trouve des pages écrites de la main même de cette dernière. Aussi c’est une sorte d’album photos où on voit que tout à cette époque n’était pas à rejeter, qu’il existait de belles valeurs familiales complètement oubliées aujourd’hui.

Cours 101 en anatomie humaine, pourrait-on dire de l’ouvrage didactique du professeur Désiré Mérien aux éditions Lanore Le corps humain, constitution et fonctionnement. Brillant vulgarisateur, il parvient clairement à distinguer toutes les composantes de cette machine complexe, ne serait-ce que les cellules qu’on estime à cent milliards de milliards! Absolument colossal. L’ouvrage est bien illustré facilitant la compréhension des données. Dans le genre on ne peut faire mieux. Pour terminer, Vivre sa pleine conscience de  Sai Maa aux éditions La Semaine. C’est une indienne, naturopathe et homéopathe. Dans son pays, sa sagesse lui vaut une grande renommée, au point que pour un seul mois en 2013, tenez-vous bien, neuf millions de personnes sont venues l’entendre à l’occasion des festivités de la Kumbla Mela. A sa façon elle nous dit que la vie est courte et qu’il faut la vivre pleinement. Et que notre époque folle a besoin de se nourrir d’une grande spiritualité qui fait grandement défaut.


 


 


Textes sem. 5 octobre 15

Un prêtre qui n’a pas froid aux yeux
Il s’appelle Don Luigi Ciotti. Ce prêtre catholique doit sa renommée au fait qu’il a entrepris une lutte personnelle contre la Mafia, qui le lui rend bien en ayant placé un contrat sur sa tête. C’est qu’il a frappé droit au cœur de la pieuvre en faisant inscrire dans la Loi la saisir des biens obtenus criminellement. Vous pensez bien que les mafieux ont à cœur de le faire disparaître. Ce pasteur courageux a livré le fond de sa pensée à deux journalistes du journal italien d’inspiration catholique, L’Avvenire. Aucun thème avec lui n’est tabou, même les complicités dites anciennes de l’Église avec la Mafia. Cette lecture redonne espoir à ceux qui désespèrent de l’humanité.

Un prêtre contre la mafia. Don Luigi Ciotti. Entretien avec Nello Scavo et Daniele Zappalà. Bayard 162p.      www.bayard-editions.com


 


 


Regards sur les valeurs républicaines françaises

Gérard Noiriel est un historien qui s’intéresse de près aux valeurs véhiculées par la France au cours des ans dans le cadre de ce concept d’État-nation. A l’heure où le Front National fait des gains en France et où on discute plus que jamais de la laïcité de l’État, il fait bon de lire ce qu’en dit l’essayiste qui replace la trajectoire des idées en France sur ce que doit être une nation. Ce petit livre ajoute une pierre à la réflexion.

Qu’est-ce qu’une nation ? Gérard Noiriel. Bayard 105p.    www.editions-bayard.com


 


 


Les récits insolites de la Bible


La Bible, le livre le plus lu au monde, ne cesse d’exercer une fascination, car c’est come un bazar où on trouve tout. Comme ce finissant au doctorat en théologie à l’université Laval, Sébastien Doane qui se passionne pour les symboles contenus dans le livre sacré. Ainsi démystifie t-il pour nous comme le titre son ouvrage Zombies, licornes, cannibales. C’est un observateur attentif de nombreux passages de la Bible qu’ils situent dans leur contexte sociohistorique.

Zombies, licornes, cannibales. Sébastien Doane. Novalis 189p.    www.novalis.ca


 


 


Fuir le foyer familial


Ce qu’il a de pénétrant le regard d’Yvan Godbout qui signe le cinquième tome de la saga Cobayes « Olivier » aux éditions de Mortagne. Une mise en contexte, l’éditeur a approché sept auteurs avec des paramètres à inclure, un canevas, à travers lequel ils peuvent donner libre cours à leur inspiration. Lui, il a choisi de mettre en scène un jeune homme de dix-huit ans qui en a jusque-là du cadre familial. L’écrivain a ce grand mérite de rappeler que les liens du sang ne sont que ceux de l’hémoglobine car pour le reste…Et il arrivera qu’en dépit des plans qu’il échafaude, la vie va lui envoyer un signe. Tout comme les quatre tomes précédents, on a eu le flair de trouver un auteur de génie, et le qualificatif ici n’est pas galvaudé, qui a réussi à vampiriser les sentiments qui peuvent habiter un gars qui est en situation d’inconfort dans le cocon familial.

Cobayes. Tome 5 Olivier. Éditions de Mortagne 321p.     www.editionsdemortagne.com


 


 


Une entrée remarquée en littérature


Il y a toujours quelque chose de profondément émouvant à découvrir un auteur qui en est à son baptême en littérature. C’est le cas de D. Strévez La Salle qui nous arrive avec Le saint patron des backpackers dans l’excellente collection « Romanichels » chez XYZ. C’est un livre vibrant qui narre les rocambolesques tribulations d’un étudiant, Jérôme, qui s’accorde une sabbatique entre le cegep et l’université. Il a dix-neuf ans, et au passage il est encore puceau. Frustré du reste où il imagine que tout le monde autour de lui collectionne les pénétrations au point pour certains d’en être désabusés. Il décide donc de mettre le cap vers l’Europe de l’Est. Et on sait ce que ces pays qui la compose recèlent de mystérieux. Et effectivement il va rencontrer des êtres bizarres, patibulaires (on se croirait parfois dans une ambiance telle les films « Hostel ». Il y a la figure marquante de Nil qui va l’embarquer très loin. Puis Dania qui bosse au Backpack Guesthouse. Il en pince pour elle, mais elle c’est Nil qu’elle préfère. Ce Nil qui a à son palmarès d’avoir tué un flic, se fend en conseils auprès de Jérôme dont celui d’être un peu dur avec les femmes s’il compte vouloir les séduire. Perdras t’il enfin son pucelage ? On vous garde la finale pour ne pas gâcher votre plaisir. Retenons que pour un premier roman, La Salle tutoie l’excellence. Chaque page est pétri de l’humanité que nous sommes avec pour chaque personnage sa part d’ombre et de lumière. Retenez ce nom.

Le saint patron des backpackers. D. Strvez La Salle. XYZ éditeur 163p.     www.editionsxyz.com


 


 


Les trois québécois décorés de l’Ordre de Victoria


La croix de l’Ordre de Victoria, est la plus haute distinction militaire chez nous et au sein du Commonwealth. Elle reconnaît les mérites exceptionnels de militaires, conséquence d’actes de bravoure reconnus par tous. 94 canadiens ont eu cet honneur ultime. Seul trois québécois parmi ce nombre, Joseph Kaeble, Jean Brillant et Paul Triquet. La jeune génération ignore totalement en quoi ces soldats se sont distingués. Comme devoir de mémoire, Luc Bertrand rappelle leur héroïcité. Ce biographe qui n’a plus besoin que l’on vante ses mérites, décrit le brio de ces valeureux militaires qui au péril de leur vie, ont voulu préserver la liberté dans le monde.

Trois histoires de bravoure. Le canada français et la croix de Victoria. Luc Bertrand. Presses de l’Université Laval 204p.     www.pulaval.com


 


 


Un diptyque affolant


Le monde médiéval est un terreau hallucinant pour forger de belles histoires. Comme celle imaginée par Andreas H. Japp avec Le fléau de Dieu qui ici est symbolisé par la peste qui dévaste Marseille et dont les ravages gagnent la capitale. Nous sommes en 1347. L’année suivante, l’auteure nous fait découvrir Gabrielle d’Aurillay, tout juste âgée de vingt ans. Son mari Henri a gagné au jeu un diptyque avec d’étranges inscriptions en hébreu. C’est un joli tableau certes, mais encombrant, car il va se passer soudainement des faits inexpliqués. Son beau-frère, Geoffroy, chanoine de son état sait la valeur de cette œuvre et dès lors feras tout en son pouvoir pour l’acquérir. Au moment où Gabrielle s’affranchit un peu plus. Ce roman épique ravira les lecteurs avec son lot d’éléments mystérieux.

Le fléau de Dieu. Andreas H. Japp. Flammarion 388p.   


 


 


Tout savoir sur Vito Rizzuto


Il est rare que les parrains de la mafia meurent de façon naturelle. Et pourtant c’est le cas de Vito Rizzuto. Durant des générations et succédant en cela Vincent Cotroni, il aura dirigé avec doigté et fermeté un véritable empire du crime. Tous ceux qui l’ont croisé ont témoigné de son charisme et sa façon d’arbitrer les conflits entre factions rivales. Mais qui était réellement cet homme. On réédite de façon revue et augmentée L’argent ou l’honneur de Peter Edwards et Antonio Nicaso avec le dernier chapitre d’une vie sans pareille. Où on se rend compte que tout le folklore entourant le code d’honneur et l’omerta est chose du passé. Ça joue dur dans le crime organisé, votre ami d’hier sur un retournement inattendu peut se montrer votre pire ennemi. Quand le parrain terminera sa peine de prison en 2012 il n’aura de cesse de venger les meurtres de son père et de son fils. Une saga qui se lit avec délectation.

L’argent ou l’honneur. Peter Edwards et Antonio Nicaso. Les éditions de l’Homme 340p.   


 


 


Les mémoires du génocide


Un génocide est un acte d’extermination, d’une autre race, d’une autre civilisation. Et post-mortem, il y aura des gens pour témoigner, acte nécessaire à titre de devoir de mémoire. Mais selon la place qu’on aura occupé en marge du génocide, on appréciera diversement l’horreur de la chose. Des chercheurs sous la direction de Catalina Sagarra Martin explorent ce qu’il advient de la construction du souvenir génocidaire. Ça donne un essai qui fera date Génocides, une mémoire en partage. On verra que des individus peuvent présenter des versions pas toujours concordantes d’une même situation.

Génocides, une mémoire en partage. Catalina Sagarra Martin. Presses de l’Université Laval 202p.    www.pulaval.com


 


 


A la découverte de l’œuvre de Jean-Paul Lemieux


Admirateur d’Ozias Leduc, le peintre Jean-Paul Lemieux aura vécu 86 ans, laissé une œuvre considérable, de même qu’il s’est hissé au Panthéon des peintres québécois. Il est infiniment reconnaissable avec ces horizons qu’il chérissait tant, une orientation picturale qui lui est venue au retour de France. L’univers de Jean-Paul Lemieux de Gaëtan Brulotte n’est pas une biographie à proprement parler, mais une initiation au style du peintre. On voit que l’essayiste a tout passé en revue de la production de Lemieux pour en dégager les influences et les périodes. On ne trouvera pas mieux pour nous guider à travers ces tableaux émouvants dans leur simplicité.

L’univers de Jean-Paul Lemieux. Gaëtan Brulotte. Presses de l’Université Laval 201p.     www.oulaval.com


 


 


Des crimes ayant pour cadre une bibliothèque


On avait salué dans ces colonnes ces « Crimes à la librairie » qui tenait du pari suivant. Richard Migneault un dingue du polar, avait alors convié des auteurs à imaginer un crime, avec pour seule contrainte qu’il ait un rapport avec une librairie. A partir de quoi, chacun était libre de faire ce qu’il veut. L’exercice avait été à ce point concluant que le chef d’orchestre a demandé cette fois à dix-sept autres auteurs de plancher de la même façon. Mais au lieu d’être une librairie, ce devait être une bibliothèque.  François Barcelo, Roxanne Bouchard, David Bélanger, Laurent Chabin, Sylvie-Catherine De Vailly, Hervé Gagnon, Anna Raymonde Gazaille, Maxime Houde, Michel Jobin, Jacqueline Landry, Jean Lemieux, François Lévesque, André Marois, Maureen Martineau, Maryse Rouy, Francine Ruel, Martin Winckler ont répondu présent. Avec le résultat que chacun nous plonge dans son ambiance propre. Ce sont donc des nouvelles. Il n’y en a pas un meilleur que l’autre. Nous sommes dans l’impossibilité de départager qui l’emporte. C’est tout le talent de Migneault d’avoir rassemblé un aréopage de si haut niveau. Nous vous recommandons fortement cette lecture qui se déguste à petites pages.

Crimes à la bilbiothèque. Collectif sous la direction de Richard Migneault. Druide 375p.      www.editionsdruide.com


 


 


Dans l’intimité d’Éric Lapointe ?


Si vous n’avez jamais manqué un numéro d’Échos-Vedettes, nul doute vous savez que Mélanie Chouinard a été la blonde du rocker Éric Lapointe. Elle l’a aimé à la folie mais n’en pouvait plus de ses débordements, d’autant qu’elle lui avait offert le bonheur d’être père. Maintenant, si vous avez lu les derniers numéros de votre hebdomadaire artistique préféré, vous savez du coup qu’après sa séparation d’avec Lapointe, elle est devenue l’épouse de l’auteur à succès Marc Fisher qui a à son actif quelque chose comme cinq millions de titres vendus. L’actuel époux a sans doute beaucoup questionné sa dulcinée sur sa vie tumultueuse d’avant. Et il a trouvé suffisamment de matériaux pour concocter une histoire qui s’en inspire. Ça donne La femme qui aimait trop. Un roman à clé bien entendu. Et chacun y trouvera sa nourriture. Ce livre vaut la peine d’être lu car il est de tradition de ne jamais entrer dans la réelle intimité de nos artistes. En même temps on a un portrait réaliste du quotidien d’une vedette adulée. Les potineurs vont se délecter d’une part et ceux qui aiment les drames sentimentaux seront comblés au-delà de toute expression.

La femme qui aimait trop. Marc Fisher en collaboration avec Mélanie Chouinard. Les éditeurs réunis 388p.     


 


 


Plus lucide que lui tu meurs


Vous ne connaissez pas Frank Bascombe ? Décidément il vous manque quelque chose. Il a été créé pour la récréation de notre esprit par Richard Ford qui est toute une pointure de la littérature américaine. Ne serait-ce que pour son roman « Independance » en 1996 il a été doublement récompensé par les deux plus prestigieuses récompenses dans son domaine, le Pulitzer et le prix PEN/Faulkner. Et dans des romans antérieurs il nous a été donné de voir évoluer son cher Frank qui a eu une rémission du cancer, ex journaliste, devenu agent immobilier. Ce qui distingue ce personnage entre mille c’est sa franchise déconcertante qui a plu énormément à notre coéditeur Daniel Rolland qui a tenu longtemps un blogue percutant sur le portail de La Métropole intitulé « Toute vérité est bonne à dire ». C’est que ce bonhomme n’a aucun filtre. Il dit tout ce qui lui passe par la tête. Il n’aime pas se faire emmerder et désire être son meilleur ami. Ce qui, paradoxalement ne l’empêche nullement d’avoir de la compassion pour l’homo sapiens. Ainsi il fait la lecture aux aveugles et aide des militaires de retour de mission et vivant des chocs post-traumatiques. En toute franchise c’est un assemblage de quatre nouvelles en somme qui forment un tout. Des gens viennent à lui, qui lui expriment diverses choses qui complètent sa connaissance de l’humain. Mais on répétons-le ici, rarement a-t-on vu un individu se faire autant pourfendeur de l’hypocrisie humaine. Tiens, même si ça fait très cliché, vous avez là un chef-d’œuvre.

En toute franchise. Richard Ford. Éditions de l’Olivier 232p.  


 


 


Raconter les femmes de chez nous


Marie Beaulé qui a passé trente ans au service de la Protection de la jeunesse de même qu’avec des familles d’accueil, est sensibilisée au sort des femmes de chez nous. Dans sa pratique elle en a vu de toutes les couleurs en écoutant pleins de récits de femmes en désarroi. Elle aurait pu rassembler des témoignages dans un livre style cas vécu, mais non. Elle a opté pour la forme du roman en présentant cinq portraits de femmes très réussis. Ce qui nous vaut Cinq femmes au fil du temps. Cet ouvrage est d’utilité publique pour les jeunes filles qui se doivent de découvrir ce qu’ont dû affronter leurs aînées. L’écrivaine rend bien l’âme et l’esprit des femmes.

Cinq femmes au fil du temps. Marie Beaulé. Marcel Broquet, la nouvelle édition 267p.       www.marcelbroquet.com


 


 


Une fantasy dans le monde des pirates


Le ton, l’armature même de la saga Sang d’un pirate d’Elisabeth Tremblay la range dans un style qui s’apparente à la fantasy. Sauf qu’ici nous ne sommes pas dans des conflits médiévaux fantastiques mais en pleine piraterie. Car il faut rappeler au point de départ, que c’est un pirate, Sax, qui a dissimulé tout un trésor en laissant des indices, notamment une cartographie. Mais il en reste que malgré tout ça, le butin n’a pas encore trouvé preneur. Il y a Maksim qui la joue en catimini avec le dessein de mettre le grappin sur le pactole. En parallèle, Tess prisonnière d’Hulmia le demeurera t’elle toujours. Le tome 2 « Tempêtes » multiplie les rebondissements. Amateurs d’aventures sur les mers vous êtes servis sur un plat d’argent.

Sang de pirate. Tome 2 « Tempêtes ». Élisabeth Tremblay. Éditions de Mortagne 486p.    www.editionsdemortagne.com


 


 


Enfin une biographie de Saint-Denys Garneau


C’est quand même incroyable que dans cette province de Québec dont la devise est « Je me souviens » qu’on n’ait pas publié plus avant une biographie de Saint-Denys Garneau. Le poète cousin d’Anne Hébert, arrière-petit-fils de l’historien François-Xavier Garneau, est né à Montréal le 13 juin 1912, a produit un seul recueil de poésie à compte d’auteur « Regards et jeux dans l’espace ». Il meurt à 31 ans sans jamais avoir eu quelque occupation en ce bas monde, foudroyé par un arrêt cardiaque. Certains ont laissé croire à un suicide. Bref, autour de lui flotte un certain mystère. Eh bien cette biographie substantielle existe maintenant et on la doit à Michel Biron professeur de littérature québécoise à l’Université McGill. Le biographe a eu accès à des archives désormais rendues possibles à la consultation. Il a rencontré une foule de gens qui ont témoigné sur lui et l’époque. Biron, est-ce le milieu intellectuel anglophone où il exerce, a planché sur son travail biographique comme le font les meilleurs dans le genre, les anglo-saxons. On voit le travail de recherche préliminaire considérable. Ainsi il a déniché des photos du poète nu que l’on peut voir dans le bouquin et où il y a une hypothèse de relations homo érotiques avec certains hommes de son entourage, quoi que Biron ne pense pas une homosexualité possible du poète. Une lettre troublante adressée à André Laurendeau, jette un doute, car dans cette missive, De Saint-Denys Garneau évoque à son endroit des sentiments proches de l’amour. On sait cependant que cette âme sensible a cédé à la tentation féminine, mais toujours sur fonds de culpabilité catholique. C’est tout un contexte social qui est de l’avant avec son ami Beullac, un riche oisif de Westmount. Une vie à découvrir sans hésitation.

De Saint-Denys Garneau. Michel Biron. Boréal 450p.   www.editionsboreal.qc.ca


 




 


Le coin spiritualité


De mooniste à franciscain. Voilà le parcours d’une belle figure du christianisme le Frère François-Marie raconté par sa sœur Anne Garon aux éditions Novalis. Endoctriné d’abord par le message des moonistes, cet être en quête de sens finira par trouver sa voie dans le message évangélique et joindre l’ordre des franciscains. Pétri du service aux autres, il servira au Cameroun où il sera emporté à 53 ans par un arrêt cardiaque. C’est jeune pour disparaître. Mais son passage ici-bas a laissé des traces, la preuve d’abord par ses funérailles qui ont attiré tout l’épiscopat local, reconnaissance donc de ses mérites. Puis ce livre qui dévoile la pensée et la mission de ce petit frère tout entier au dévouement pour ses frères humains.

 Chez Fides, signé Asmaa Ibnouzahir ce sont les Chroniques d’une musulmane indignée. Il sort à un moment opportun au moment où à l’Assemblée Nationale du Québec, la chef de Québec Solidaire, Françoise David alerte la population sur une dérive islamophobe dans la Belle Province. Dans son livre, cette musulmane d’origine marocaine, arrivée au  Québec en 1994, raconte de l’intérieur ce qu’il en est de la dualité entre le fait d’être musulmane et québécoise. Comme une double vie assez difficile à vivre. Cet exercice est salutaire car qu’il permet au lecteur de prendre la mesure de ce qu’est la religion musulmane dans ses fondements et ce qu’il en est de la radicalisation qu’on agite comme un épouvantail moineau et qui fait le beurre des Conservateurs sur la scène fédérale. A lire absolument pour se forger un jugement éclairé.


 


 


Passion moto


Les amateurs de belles cylindrées ne se comptent plus. Et on sera étonné du nombre de personnalités publiques au Québec qui ne jurent que par leur deux roues comme moyen d’évasion, de la chef d’antenne Sophie Thibault au ministre Robert Poëti. Chacun de raconter à Franco Nuovo, lui-même fan de motos, son lien sentimental ou anecdotique avec ces bolides qui fendent la route. Dominique Poirier qui révèle qu’un accident sérieux l’a privée de son bolide durant presque vingt ans. Elle s’y est remis ensuite. Signalons que Libres, histoires de motos s’appuie sur de belles photos de Laurence Labat.

Libres, histoires de motos. Franco Nuovo, photos Laurence Labat. Éditions La Presse 230p.    www.editionslapresse.ca


 


 


De belles expériences scientifiques pour jeunes et moins jeunes


Voici un livre qui devrait se trouver impérieusement dans les mains de tous les jeunes qui s’ennuient à cœur de journée et qui ne parviennent pas à décrocher de leurs cellulaires. 365 expériences scientifiques rassemblent autant d’activités qui rappellent les lois qui régissent l’univers. Comme cette chute d’eau où au préalable on perce un trou au fond d’un verre rempli d’eau, qu’on laisse tomber. Durant la chute, aucun écoulement ne se fait. Et on explique pourquoi. C’est saisissant et nous familiarise avec les lois de l’univers. Et vous savez quoi ? Même les adultes y trouvent leur compte. Rien de tel pour stimuler les neurones en état de veille.

365 expériences scientifiques. Collectif. Broquet 224p     www.broquet.qc.ca


 


 


Aquarellistes amateurs, à vos marques…


Premier enseignement que nous rappelle l’album Aquarelle l’eau créatrice de Jean-Louis Morelle c’est qu’avant d’être de la peinture, l’aquarelle c’est avant tout de l’eau. Peintre lui-même, l’auteur de ce guide d’initiation, possède son atelier à Montreuil-sous-Bois, commence par nous faire apprivoiser les techniques sur surface humide et sur surface sèche. Comment aussi agencer sa palette pour restituer des couleurs éblouissantes.  Au sortir de cet album où plus que jamais une image vaut mille mots, vous serez incollable sur la touche densifiée et le serti pigmentaire. On voudrait tous avoir un prof d’exception comme lui, capable de dispenser son savoir en des mots simples et qui plus est, magnifie son savoir par l’exemple. Futurs Gauguin à vos marques.

Aquarelle l’eau créatrice. Jean-Louis Morelle. Fleurus 127p.   www.fleuruseditions.com


 


 


Séjour à Disney World et Orlando


Nous en connaissons des adultes qui demeurent des accros des sites de Disney World et qui retombent en enfance. Indéniablement la magie opère toujours. Il faut dire que les entreprises Disney ne se sont jamais assises sur leurs lauriers et recherchent constamment des façons de renouveler leur philosophie du divertissement. Les guides Ulysse font paraître Disney World et Orlando. Ce sont plus des heures, mais des jours entiers d’amusements qui attendent le visiteur. Ce qu’on apprécie du guide, c’est l’étendue des conseils pratiques. Dans le genre on ne fait pas mieux.

Disney World et Orlando. Ulysse 312p.    www.guidesulysse.com


 





 


Le coin Miam miam

L’expression fait un peu cliché mais ils sont combien les chefs en cuisine à rappeler qu’ils travaillent avec des produits frais. Remarquez que dans trop de restaurants on vous sert du sous vide, vous faisant passer les ingrédients pour être frais du marché. Cela étant dit, ceux qui savourent la valeur des récoltes du maraîcher, prendront plaisir avec Un dimanche au marché qui rassemble 100 recettes concoctées par Mélanie Martin. Avec des plats ultra savoureux comme le tian aux courgettes et romarin ou bien les aubergines farcies au veau et à la mozzarella. C’est aux éditions Mango.

Aux éditions Broquet c’est au tour de la blogueuse Marie-France Thivierge de débarquer avec Le régime hypotoxique. Autrement dit, des aliments qui ne contiennent ni gluten ni produits laitiers. L’objectif recherché, en arriver à vaincre les maladies inflammatoires. Au point de départ c’est une histoire merveilleuse que la sienne, clouée dans un fauteuil roulant pour cause d’arthrite rhumatoïde. Luttant contre le sort, elle va entreprendre ce régime et combattre l’inflammation par le ventre. Non seulement sera-t-elle guérie mais elle se rendra compte que des maux qui accablaient sa famille immédiate, asthme, eczéma et migraines, vont disparaître. D’où ce livre fait de recettes délicieuses et surtout pas ennuyeuses. Régime ne veut pas dire se priver et elle nous le démontre de façon éclatante.

Pour leur part, les nutritionnistes-diététistes Élisabeth Cerqueira et Marise Charron y vont des Superaliments bonheur. Les deux sont fondatrices du réseau NutriSimple qui est l’union de 30 cliniques privées de nutrition au Québec. Avec leur album élaboré, elles tiennent à réitérer qu’une bonne alimentation est la solution à bien des problèmes de santé. Et pour preuve, elles partagent 50 recettes très diversifiés allant des cretons végétariens crus à l’omelette au fromage et aux épinards. Et en conclusion, le sourire reviendra, voire le bonheur.

Jean-Michel Dufaux est cet animateur télé très apprécié, qui est à la ville un homme raffiné. Pour preuve le bel album qu’il nous propose qui célèbre aux éditions Cardinal, sa passion du café. Intitulé Cafés c’est sa sélection d’établissements dans le monde qui honorent le précieux nectar. Outre la connaissance de lieux merveilleux, ils sont magnifiés par les excellents clichés de l’auteur qui se double d’être un photographe. A défaut de parcourir le monde comme lui, c’est le monde qui vient à vous dans ce livre très bien relié sur toile.

Ces dernières années, sous la recommandation de sommeliers experts, on porte une grande attention aux accords mets et vins. Comme le fait chez nous un François Chartier, pour ne nommer que cet apôtre du genre. Valéry Drouet et Pierre-Louis Viel nous gâtent avec Je sers quoi aux éditions Mango. Vous avez là un ensemble de 90 recettes et 250 conseils en vins. Par exemple que sauriez-vous servir avec un souris d’agneau au safran ou une terrine de lapin aux figues ? Eh bien tout est décrit dans le moindre détail. De quoi réussir cette belle harmonie à table qui comblera vos invités gourmets.

Notre belle comédienne et animatrice Jacynthe René entre dans la ronde avec ces Délices Détox aux éditions Cardinal. C’est en somme la suite de « Vive la détox gourmande » qui avait connu un succès. Cette fois on trouve 60 recettes simples végétaliennes, sans lactose, sans gluten. Au passage, une image vaut véritablement mille mots car les photographies de Mathieu Lévesque, Guillaume Simoneau et Marï en font presque un album d’art et donnent l’eau à la bouche pour reprendre l’expression consacré. D’entrée de jeu, l’auteure consacre beaucoup de pages aux interactions entre mauvaise alimentation et symptômes de toutes sortes.   


 




 


Le coin santé physique et psychique (1)


Ce que vous allez lire dans Être et ne plus être autiste de Nathalie Champoux chez Fides est renversant. Cette femme, mère de deux enfants recevait pour ces derniers des diagnostics d’autisme. Et elle ne s’est pas laissé submerger par la fatalité au contraire. Sans être spécialiste en nutrition, elle a eu le flair de supprimer les produits laitiers et le gluten des menus offerts. Le miracle suivit, les enfants ont par la suite retrouvé un état normal. Fini les troubles de comportements caractéristiques des autistes. Et la grande paix est revenue au foyer. Elle nous dit en quoi, les aliments proposés sur le marché sont devenus nuisibles, car dénaturés.

Vous avez un enfant qui pose des problèmes d’inadaptation en classe, bienvenue chez les psys et les orthophonistes. Marie Bolda-Font raconte avec énormément d’humour tragi-comique, le marathon accompli pour son fils qui ne parvenait pas à s’adapter au programme de cours. Ça donne Les 12 collèges d’Hercule aux éditions Mareuil. C’est qu’il n’est pas chose aisée de trouver l’établissement qui offrira de quoi répondre aux besoins du jeune. On voudrait tant qu’il soit normal, quitte à le faire redoubler pour qu’il apprenne mieux! Beaucoup de parents qui sont confrontés à ces situations trouveront une consolation en ne se sachant pas seuls à vivre pareille affaire.

Est-il possible que le plus merveilleux des livres de croissance personnelle se trouverait dans la Bible ? Peut-être à lire A la recherche du bonheur du théologien Michel Proulx professeur en études bibliques à l’Institut de pastorale des Dominicains. C’est qu’on y trouve une lecture du livre de Qohélet qui est aussi connu comme le livre de l’Ecclésiaste, rarement utilisé en liturgie. Et pour cause car il est proprement révolutionnaire, partant du principe que tout ici bas est vanité et que le seul repos pour l’esprit est de bien manger et de dormir. On ignore la réelle identité de ces pages provocantes longtemps attribué à Salomon. Le savant bibliste isole les messages utiles qu’il contient, très d’actualité à notre époque où on n’a jamais autant cherché un sens à l’existence. C’est aux éditions Novalis.

Les deux titres qui suivent sont aux Presses de l’Université Laval. D’abord Mira Falardeau docteure en sciences de l’art à la Sorbonne a été longuement impliquée comme commissaire à des expositions et enseignante au cegep et à l’université. Elle décortique le bien fondé de l’humour dans Humour et liberté d’expression. Ça tombe bien au moment où l’humoriste Mike Ward est dans l’eau chaude pour des propos controversés tenus à l’égard d’un jeune homme handicapé dont il a fait son souffre-douleur. A quoi sert socialement l’humour ? Est-il un contre-pouvoir donné par procuration par des citoyens impuissants qui s’en remettent aux humoristes pour se défouler à leur place ?  C’est une très belle exploration de la place que prend l’humour dans nos sociétés, un champ de réflexion insuffisamment étudié.

Qu’est-ce qui se véhicule de préjugés concernant le grand âge avec ces visions de gens confinés à des fauteuils à longueur de journée se regardant les genoux dans des corridors des CHLSD de la province. C’est purement du folklore qui ne correspond nullement à la vérité lorsqu’on lit Représentations et discours sur le vieillissement un essai en collectif sous la gouverne de Martine Lagacé. Que d’images reçues qui stigmatisent le fait de prendre de l’âge et qui terrorisent les plus jeunes obsédés par le jeunisme à tout prix, à coups de botox et de chirurgies plastiques. Cet essai est une lecture impérative pour tous ceux et celles qui ont une peur panique du vieillissement. On a véritablement l’âge de nos artères et il n’y a pas qu’une seule sorte de vieillesse.

Trois livres aux éditions du Dauphin Blcanc. De Davidji  « Les secrets de la méditation ». Ce Davidji, rompu aux préceptes ayurvédiques est disciple de Deeppak Chopra et David Simon et premier formateur à Carlsbad Californie du Chopra Center for Wellbeing. En termes faciles à saisir il explique la méthodologie, les postures et le mental qui doit être siens lors d’une séance de méditation réussie avec des paragraphes fournis sur les chakras.
Souvenez-vous de cette chanson de Jean Gabin où revenant sur son passé, il disait « Oui je sais, je sais » rappelant qu’à un âge plus jeune on se nourrit d’illusions et que la sagesse se fait hélas trop tardivement. Mais il faut pour cela que le cerveau mature. Mais ça ne se fait pas en bas âge. De sorte qu’enfants et adolescents accueillent la vie diversement et pas toujours comme le souhaiteraient les parents. D’où l’intérêt de parcourir les pages du psychothérapeute Joël Monzée dans J’ai juste besoin d’être compris. Il est d’ailleurs le fondateur et directeur de l’Institut de développement de l’enfant et de la famille et professeur associé au département de psychiatrie de l’Université de Sherbrooke. Il offre ders pistes de compréhension pour les parents qui se sentent dépassés par les événements.

Récemment une statistique alarmante pour ce qui était du Québec nous apprenait le nombre sidérant de travailleurs souffrant de détresse au boulot. Le burnout dans notre ère de compétitivité extrême guette plusieurs d’entre nous. Comment y faire face, mieux le prévenir. Karine Drouin présente Un burnout en cadeau avec des clés de survie. Un cordonnier est mal chaussé dit le dicton. Ça été le cas de la signataire du livre, qui pourtant bac en psychologie en poche a été confronté à cette dure réalité et mis en arrêt de travail. Elle, mieux que quiconque comprend ce qu’il advient lorsqu’on est atteint par ce syndrome inquiétant qui nous laisse comme ruiné.


 







 


Le coin santé physique et psychique (2)


Spécialiste en quoi ? Voici qu’on nous en assène dans l’actualité qui commente celle-ci. Sous un angle philosophie c’est à remettre en question si on lit bien l’essai A quoi sert la philosophie ? de Thomas De Koninck. Ce petit livre dense en réflexion est à contre-courant de la vie actuelle qui compartimente tout et qui de fait rend le quotidien difficile car on se sent étouffé par la complexité du monde contemporain. Alors que la philosophie retient-on, a ceci de merveilleux qu’elle perçoit tout dans la globalité. Une lecture édifiante qui a le mérite de remettre les pendules à l’heure. C’est aux Presses de l’Université Laval.

Jocelyne LeBlanc pose cette question Pourquoi les femmes préfèrent les chats aux hommes. Elle, qui vit à Dieppe au Nouveau-Brunswick avec son chat baptisé Mitaines, semble trouver plus de qualité au félin qu’aux mâles. Évidemment, sa liste d’épicerie des qualités du matou est à prendre au second degré. Pour chaque page, elle fait des comparatifs sur le comportement du chat versus celui de l’homme. Au lecteur masculin d’apprécier. C’est aux éditions Broquet. Yuri Elkaim s’inquiète de la fatigue qui accable ses contemporains. C’est pourquoi ce nutritionniste holistique a senti le besoin de venir au secours des éternels en manque d’énergie avec Adieu fatigue aux éditions de l’Homme. C’est un programme qui permet de doubler notre énergie en sept jours. Le gars sait de quoi il retourne en ce qui a trait à la capacité énergétique car il a été durant sept saisons entraîneur de l’équipe masculine de soccer de l’Université de Toronto. Un demi- million de personnes sur la planète ont pu bénéficier de son savoir. Qui repose en une combinaison judicieuse mêlant les habitudes alimentaires à des techniques contre le stress. Chez le même éditeur, changement de registre avec Partir ou rester cosigné par Peg Streep ou Alan Bernstein. C’est qu’à tout moment dans la vie on doit prendre des décisions. Oui mais laquelle. Et quels compromis doit-on faire sans s’aliéner sa personnalité propre ? On surligne ici une donnée essentielle à savoir distinguer la persévérance de l’acharnement. Pour comprendre les enjeux on a réuni ici des résultats de recherches de même que des études de cas. La question de la conciliation travail famille est au cœur du propos et très d’actualité.

Un livre bouleversant rien de mois, et un récit d’horreur. Celui d’Arielle Desabysses quià 14 ans, à la suite d’un conflit familial, va fuir le domicile. Errante, elle sera abordée par différents « samaritains » qui vont la conduire en quelques semaines à peine dans les abîmes de la traite des femmes. Elle sera forcée de se prostituer, consommant des drogues pour supporter un enfer dont on n’imagine même pas que ça puisse se vivre dans la Belle Province. Faisant preuve d’une détermination à toute épreuve elle réussira à fuir ses geôliers où se trouvait même une fillette de onze ans à peine, et elle alertera les autorités. Un récit coup de poing pour prévenir les adolescentes d’y penser à deux fois avant de fuguer. De véritables loups sont aux aguets. 14 ans et portée disparue aux éditions de Mortagne, glace le sang.

Comment devient-on papa ? En se procurant tout simplement Le guide du super futur papa de Benjamin Perrier sur des illustrations craquante de Lavipo aux éditions Mango. C’est un « plus » car si on publie énormément de bouquins destinés aux mamans, il ne se fait rien ou si peu pour les géniteurs, comme s’ils devaient se contenter de fournir la matière première. Ce qui retient l’attention c’est toute l’interrelation avec la parturiente. Car l’homme doit composer avec la grossesse de sa compagne, situation qui amène son lot de changements qui peuvent désarçonner le père en devenir. En même temps que des conseils pratiques, on appréciera l’humour qui éclate à pleines pages.

Des observateurs sont nombreux à signaler la montée en puissance de la bipolarité, notamment en raison de l’utilisation des réseaux sociaux, où des internautes se donnent en avatars, jouant sur deux registres de personnalité. Mais s’il y a un livre à lire pour comprendre les ravages de la bipolarité c’est le témoignage d’une bipolaire, enseignante de son état, Lynn Langlois forcée de se mettre en retrait de sa passion pour cause de cette maladie mentale qui est dans son cas un atavisme familial qui a emporté de ses proches dans le suicide, à commencer par son propre père. Ma vie est une série bip chez Québec-Amérique est superbement écrit. Jamais on n’était assez aussi loin dans l’auto-analyse. L’auteure est bien servie par une maîtrise de la langue française, avec le mot juste pour chaque description. Des pages sont intéressantes qui abordent la réaction et le traitement de par le corps médical et divers intervenants.  



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