- LIVRES NOVEMBRE 2016 -
 
 


 


Un pacte faustien

Federico Axat est d’origine argentine. Il se hisse dans le top des nouveaux maîtres du thriller. Certains délirant allant le comparer à Stephen King. On n’en est pas encore là. Sauf qu’effectivement, le type sait bâtir de sacrés histoires. Comme ce quatrième roman L’opossum rose. Imaginez l’affaire. Le protagoniste s’appelle Ted. Plus rien ne le retient en ce bas monde et il a déjà fait l’option de se donner le coup de pouce fatal. Et à quelques minutes de s’exécuter il prend conscience d’une note manuscrite de sa main, sur lequel on peut lire « Ouvre, c’est ta dernière chance ».  Moment d’amnésie, il ne se souvient pas d’avoir écrit ces lignes. A peine a-t-il terminé sa lecture que, l’on sonne à la porte. Et un parfait inconnu lui propose un pacte faustien, de mettre effectivement fin à ses jours ou de transformer ce suicide en meurtre. Quelle affaire. Mais que vient faire cet homme qui fait irruption dans son existence ? Et quel est son agenda caché ? Toute une histoire, qui pour reprendre le cliché convenu, vous tiendra en haleine. L’écrivain mérite bien ses galons.

L’opossum rose. Federico Axat. Calmann-Levy 424p.    www.calmann-levy.fr


 


 


Tocqueville, l’oracle de notre destinée

L’ex-recteur de l’UQAM Claude Corbo occupe laborieusement sa retraite en nous gavant de livres intelligents sur des personnages glorieux de notre histoire. On a eu droit l’an passé à trois ouvrages dont un sur l’infortuné ancien premier ministre du Québec, Félix-Gabriel Marchand, une sélection de discours d’Honoré Mercier de même qu’une fiction historique sur ce dernier. Il persiste et signe avec Tocqueville chez les perdants. On se souviendra qu’Alexis de Tocqueville a sillonné le continent nord-américain en 1831-1832 faisant un crochet par Montréal, Québec et des régions rurales entre le 23 août et le 2 septembre 1831. Vous vous inquiétez du fait français au Québec ? Il vous a devancé bien avant, y allant d’une sinistre prédiction nous concernant, ceux que l’on désignait alors comme les canadiens-français vivant dans la Belle Province « ce ne sera jamais un peuple nombreux. Tout deviendra anglais autour de lui ». Ajoutant qu’il ne voyait pas un grand effort en son temps, à la défense du fait français. On comprendra alors l’intérêt de cette lecture.

Tocqueville chez les perdants. Claude Corbo. Del Busso 205p.    www.delbussoediteur.ca


 


 

Deux portraits comparés de femmes hors norme

Si les femmes d’aujourd’hui perpétuent l’idée qu’il est difficile de tracer son chemin lorsqu’on est femme, imaginez ce qu’il en a fallu du cran pour s’affirmer dans sa féminitude au XIXème siècle. Renée Joyal juriste et professeur de droit accomplie, nous sert sur un plateau d’argent deux femmes remarquables, Germaine de Staël (1766-1817) et George Sand (1804-1876) qui ne sont pas de la même extraction et qui ne s’adressent pas aux mêmes auditoires, mais qui ont en commun d’avoir un sens inné de l’indépendance de leur personne. La biographe fait ressortir les points forts de ces femmes hors norme dont la lecture de leur vie est hautement recommandé pour certaines jeunes filles de maintenant qui auraient tendance à confondre 39-45 avec des pointures de souliers à talons hauts. Il y a des modèles hautement plus édifiants que Kim Kardashian.

Germaine de Staël et George Sand. Les parcours singuliers de deux femmes d’exception. Renée Joyal. Del Busso 216p.     www.delbussoediteur.ca


 


 


Une vraie somme de culture générale

Ce qu’il en a fallu des heures de recherches à Florence Braunstein docteur ès lettres et Jean-François Pépin professeur agrégé d’histoire et égyptologue pour accoucher de cet énorme bouquin Le pavé de Culture pour les nuls. Le défi étant de consigner dans ces pages un survol le plus complet possible de ce qui est essentiel de retenir comme notions historiques, biographiques, scientifiques, culturelles, bref ce que l’on coiffe du vocable « culture générale ». Un défi certes, mais mission réussie car on passe en revue un tas de domaines. Avec le résultat que si un lecteur parvient à retenir tout ce qui se trouve dans ces pages, il passera aux yeux de ses contemporains pour un érudit. Chapeau pour ce travail de bénédictin et si riche d’enseignement.

Le pavé de Culture pour les nuls. Florence Braunstein et Jean-François Pépin. First 694p.    www.pourlesnuls.fr


 


 


Pour les nostalgiques des Canadiens et de leur Coupe Stanley

En voyant sur notre bureau ce bel album Les canadiens et la Coupe Stanley un de nos coéquipiers à la rédaction nous faisait la remarque que c’était le genre de livre tellement utile à servir comme cadeau à Noël à son paternel quand on ne savait pas quoi lui offrir. A l’époque le guide de l’auto de Jacques Duval était ce genre de dépanneur. Mais les temps ont changé et les femmes sont venu grossir les rangs des amateurs de hockey, certaines aussi fanatiques que leur congénères masculins. Ensuite, le thème retenu par les deux auteurs Léandre Normand et Pierre Bruneau est judicieux alors que les partisans des Glorieux rêvent depuis longtemps de voir revenir la Coupe Stanley à Montréal. Les deux comparses sont des accros achevés de la Sainte Flanelle. Le premier journaliste abitibien est incollable sur le sujet tout comme le second qui est maître en statistique. Et à travers les pages vous avez justement les données de chaque match avec les pointeurs et tutti quanti.  Sa réalisation a demandé sans doute beaucoup de patience. Vous avez non seulement ces pages héroïques de notre équipe, mais des passages où on situe aussi l’époque au plan historique. Un cadeau maintenant pour tous.

Les canadiens et la Coupe Stanley. 24 conquêtes qui font l’histoire. Léandre Normand et Pierre Bruneau. Les éditions de l’Homme 335p.   

 


 


 


Des martyrs…à colorier!

Quand on chronique sur le livre, on en voit passer de toutes les sortes. Mais celui-ci défie l’imagination. Il a pour titre Cesse de faire le martyr, colores-en un!. Une idée saugrenue du duo formé par Hallie Fryd et Julia Gfrörer. Qui consiste en des dessins et des textes racontant les vies illustres de quelques martyrs. Mais les dessins sont ici faits pour être coloriés. Et cynisme à l’appui, les auteurs se font forts de recommander de ne pas lésiner sur la couleur rouge. Les monographies qu’on y trouvent ont nourri les riches heures de l’histoire de l’Église catholique, où le réalisme le mêle à la fabulation. Vous constaterez en quoi on dit que l’homme est un loup pour l’homme. Pour faire souffrir son semblable, il n’a pas son pareil. Et on sera édifié par les moyens mis en œuvre pour asseoir sa domination.

Cesse de faire le martyr, colores-en un! Hallie Fryd et Julia Gfrörer. Les malins 108p.      www.lesmalins.ca


 


 


Variations sur la couleur orange

Bel exercice de style que celui de Carol Shields qui débarque avec un recueil de nouvelles, centré sur la couleur orange qui donne son titre Le poisson orange. Cette écrivaine canadienne absolument méconnue au Québec a pourtant remporté le prix Pulitzer en 1995 pour son roman « The Stone Diaries ». Des nouvelles courtes mais percutantes à l’aune du réalisme saisissant comme lorsque dans un passage de sa nouvelle titrée « Blocage » elle nous invite à reconnaître qu’en dépit de notre volonté, on ne peut pas grand-chose pour les autres. Vous prendrez beaucoup de plaisir à lire ces pages où il y a quand même de l’humour. Elle en a même pas mal. C’est peut-être ce côté sarcastique qui lui permet de transcender les vicissitudes de la vie quotidienne.

Le poisson orange. Carole Shields. Les Presses de l’Université d’Ottawa 185p.  www.presses.uOttawa.ca


 


 


Folie suédoise

Les corbeaux est le premier roman du suédois Tomas Bannerhed. Un texte si fort pour une entrée en littérature qu’il sera bientôt porté au grand écran. Et pour cause. L’histoire se transporte dans le sud de la Suède, où vit un adolescent tourmenté comme on l’est à cet âge. Mais jamais moins comme son père rempli d’obsessions et dont on verra au fil des pages que son équilibre psychique ne sera que ruine. Puis il semble y avoir une parenthèse heureuse quand arrive dans ce bled perdu une jeune fille. Le jeune protagoniste en pince pour elle, mais manque de chance, l’élue de son cœur est à sa façon une déséquilibrée. Oui c’est un roman noir. Mais doit-on se voiler la face devant de si terribles réalités. Le novice du monde des lettres s’avère puissant à descendre dans le tréfonds des êtres. Un nom à suivre.

Les corbeaux. Tomans Bannerhed. Gallimard 483p.   


 


 


Un roman sur la frontière américano-mexicaine

Lors de la campagne des primaires américaines, le candidat républicain, devenu président élu des États-Unis, Donald Trump, a fait énormément référence à son projet de dresser un immense mur pour marquer la frontière qui sépare son pays du Mexique. Étrangement nous arrive au même moment dans une traduction de Laura Alcora un roman puissant dont le théâtre est justement ce territoire traversé par le Rio Grande qui s’intitule Le royaume, le soleil et la mort du mexicain Yuri Herrera, en réalité une trilogie contenue dans un même bouquin. On voit vivre des personnages tantôt liés au monde des narcotrafiquants, ou vivant dans la précarité de la vie clandestine au pays de l’Oncle Sam. Ce serait le pendant local des raisins de la colère de John Steinbeck. 

Le royaume, le soleil et la mort. Yuri Herrera. Gallimard 285p.  


 


 


Le scientifique et ancien cambrioleur devant toute une mission

Le duo d’enfer Preston & Child était attendu avec une nouvelle aventure de leur personnage fétiche Gideon Crew scientifique de formation et ancien cambrioleur, mêlé à toutes sortes d’histoires rocambolesques. Comme ce mandat qui lui est confié par un homme qui avait raté la récupération d’un météorite il y a quelques années. Avec pour conséquence que cette matière spatiale s’est transformée en une créature abominable qui menace l’humanité. Qui mieux que Crew peut relever le défi d’éradique le monstre ? A comme apocalypse est rempli de pages haletantes où encore une fois, le temps joue un rôle primordial.

A comme apocalypse. Preston & Child. L’Archipel 372p.     www.editionsarchipel.com


 


 


Une introspection de la vie sentimentale gaie

Pas si gay que ça la vie homosexuelle à l’ère numérique où la communauté LGBT baigne dans un climat de tolérance et non d’acceptation. Où les bien-pensants confondent liberté sexuelle avec déviance. Le journaliste Denis-Martin Chabot tout récemment retraité de la salle des nouvelles de Radio-Canada en connaît un rayon sur le milieu, étant lui-même gay. Et il a le grand mérite de nous offrir des romans qui permettent à l’étranger de cette vie singulière de connaître en profondeur ce qui cogite dans la tête de ceux qui souvent n’ose pas proclamer leur amour. Il y a longtemps que je t’aime je ne t’oublierai jamais est un peu la suite de son précédent roman « Rue Sainte-Catherine Est, métro Beaudry ».  On voit défiler toute une galerie de gens qui vivent en marge de la société et qui n’aspirent qu’à vivre au grand jour leur amour. Une radiographie implacable d’un univers qui n’est pas homo…gène.

Il y a longtemps que je t’aime, je ne t’oublierai jamais. Denis-Martin Chabot. Éditions La Semaine 398p.    www.editions-lasemaine.com


 


 


Un observateur aux aguets nous écoute parler

Benoît Melançon autant vous le dire tout de suite, à l’oreille très fine. Si fine d’ailleurs qu’il détecte tous les modernismes que l’on fait entrer dans notre langage, les incongruités qui sortent de notre bouche, même celle du très visible maire de Montréal Denis Coderre. Sans être sentencieux il s’en amuse. Mais que de dérives. C’est un bouquin qui amuse énormément et qui nous fait dire en bout de piste que si les jeunes sont séduits par l’anglais, c’est que c’est tellement une langue moins élitiste, sans toutes ses exceptions et ses pièges. L’oreille tendue est une fine récréation pour l’esprit.

L’oreille tendue. Benoît Melançon. Del Busso éditeur 411p.    www.oreilletendue.com


 


 


L’État du Québec 2017 est sur les rayons

Oyé! Oyé!, sachez que l’édition 2017 de L’état du Québec est arrivé sur les rayonnages des librairies. Avec des dizaines de statistiques utiles qui cartographient la Belle Province. Nous avons particulièrement apprécié un texte de Chantal Francoeur professeur à l’École des médias de l’UQAM qui rend compte du cancer que représente pour les journalistes la présence des relationnistes dans le quotidien de leur travail. Et gare à ceux qui s’écartent des diktats de ces derniers. Des articles de fond complètent qui nous donnent une bonne idée de ce qui se passe chez nous et qui fait de ce livre un outil de référence dont nous ne pouvons plus nous passer.

L’état du Québec 2017. Institut du Nouveau Monde et Del Busso 331p.    www.delbussoediteur.ca


 


 


Les traits d’esprit les plus fameux

A Versailles du temps des rois Bourbons, on appréciait plus que tout, les traits d’esprits. Vincent Rousselet-Blanc est de ceux parmi les français qui les aiment. Tellement qu’il a colligé les réflexions les plus fameuses recueillis un peu partout. Ça donne Les grands esprits. On trouve des perles d’un humour raffiné au possible comme cette fois où l’écrivain britannique Lytton Strachey fut convoqué à un tribunal militaire car il ne voulait pas aller se battre dans les tranchées. On lui rétorqua, oui mais si un soldat allemand voulait violer votre sœur que feriez-vous ? Et lui de répondre, je me mettrais entre les deux.

Les grands esprits. Vincent Rousselet-Blanc. Mango 127p   www.mangoeditions.com


 





 


Trois arrivées dans la collection Bibliotheca Universalis

La collection du savoir « Bibliotheca Universalis » chez Taschen s’enrichit de trois autres titres qui apportent chacun une pierre à la connaissance générale. D’abord cette revue italienne Domus dont on vous a parlé il y a quelques temps, avec un numéro célébrant le design des sixties. Voici cette fois, colligés, des textes sur une autre période antérieure de l’histoire du design architectural et mobilier, celle des années 1940 à 1949. Et ce qu’on découvre avec stupeur c’est qu’il y avait déjà de l’avant-gardisme que ne démériterait aucun musée d’art contemporain. On admire la vision de créateurs de génie qui jouaient habilement avec les formes, à rebours du style en vogue à leur époque. Ce petit pavé plaira énormément aux amants de la décoration.

Nous évoquons ci-haut le stylisme contemporain. Eh bien voilà que la collection y consacre tout un bouquin L’architecture moderne de A à Z. Et c’est très complet allant de Gaudi à des constructions audacieuses s’harmonisant à des espaces restreints comme à Hong Kong. Les sujets sont présentés sous forme d’abécédaire ce qui facilite la consultation après-coup.

Et dans un tout autre univers, celui du septième art, avec un géant, nous avons nommé Stanley Kubrick. Alison Castle nous dit tout ce qu’il faut savoir sur ce cinéaste de génie, hélas parti trop tôt. Dans Les archives Stanley Kubrick ne s’est pas contenté d’une simple recension de ces films. Vous avez pleins d’entrevues sélectionnées qu’il a accordé durant sa carrière et qui éclairent son œuvre. C’est fabuleux de pouvoir comprendre de cette façon les motivations qui ont précédé la mise en œuvre.


 


 


Dessiner des animaux stylisés

Andrew Fox avait un patronyme tout désigné pour celui qui aime les gentils mammifères et autres bestioles de ce monde dans son petit guide Calligraphie apprendre à dessiner les animaux chez Mango. Attention! Dans ce petit livre relié spirale qui regorge de conseils on n’enseigne pas la reproduction à l’identique. Ce sont des stylisations, presque en forme de logos d’animaux bien connus. Et en complément, afin que vous puissiez passer tout de suite aux travaux pratiques, l’éditeur a prévu de vous fournir un crayon feutre biseauté.

Calligraphie apprendre à dessiner les animaux. Andrew Fox. Mango 70p. www.mangoeditions.com


 


 


Aux fashion’s victim obsédées par l’exclusivité

En mode, rien de pire à la ville pour une femme de voir une autre porter la même robe qu’elle lors d’un cocktail. Pour parer à ces désagréments il vous faudra un peu de doigté, car Charlotte Auzou a pour vous une solution toute trouvée, celle de créer Ma garde-robe à coudre pour toute l’année. Et en feuilletant les pages de cet album on voit l’originalité au pouvoir, allant de la robe de plage à la blouse romantique. De plus, si votre altruisme est à la hauteur, vous pouvez offrir le fruit de votre travail en cadeau. Rien de plus personnel.

Ma garde-robe à coudre pour toute l’année. Charlotte Auzou. Mango


 


 


De l’utilisation de plantes aux noms exotiques

Erika Laïs a trouvé le moyen de nous intéresser au répertoire fascinant des plantes en créant ce Grimoire des plantes de sorcière ou si vous aimez mieux, ces plantes magiques pour jardin de sorcière. Rassurez-vous, il n’y a ici de sorcellerie que le nom pour accrocher votre regard. C’est au contraire un ensemble de plantes qui portent effectivement des noms exotiques comme cette herbe-à la-fièvre. Ici on fait la démonstration des multiples usages que l’on peut en faire, en cuisine tout comme au plan curatif. Et l’éditeur a mis beaucoup de soin dans la présentation graphique soignée au bout des ongles, avec des encartés, des encadrés.

Grimoire des plantes de sorcière. Erika Laïs. Rustica 206p.   www.rustica.fr


 


 


Des regards d’enfants

Le titre de l’album de photos réalisées par Samian « Enfant de la terre » est trompeur, car on croirait que ce sont exclusivement des photos de touts petits. Non pas tout à fait, car il y a aussi des visages d’adultes. A moins que l’artiste de la lentille n’ait voulu nous faire prendre conscience de l’enfant qui sommeille en nous tous. Foin de cette psychanalyse des profondeurs, contentons nous d’admirer ces clichés pétris d’humanité. Et parlant de cliché, cette expression qui en est une « une image vaut mille mots » s’applique ici totalement.

Enfant de la terre. Samian. Carte blanche


 


 


Il y a hôtel et hôtel…

Sur la couverture de Désirs d’hôtels on aperçoit une femme alanguie au bord d’une piscine, quasi dans un état extatique. Sans doute qu’elle séjourne dans un de ces 120 hôtels d’exception répertoriés par Roland Escaig. Il a du goût notre guide qui détaille chaque lieu choisi avec un petit texte sur l’ambiance, les services offerts, parfois un peu d’histoire. Mais surtout les noms de personnes contacts et leurs coordonnées. Ainsi peut-on planifier un itinéraire à partir de chez soi.

Désirs d’hôtels. De la maison d’hôtes au palace. Roland Escaig. L’Archipel 253p.       www.editionsarchipel.com


 


 


Confidences de Gisèle Villeneuve

Gisèle Villeneuve est présente à l’invitation qui est faite par Robert Lalonde qui dirige  « Carnets d’écrivains » chez Lévesque éditeur dont l’élément directeur qui donne son titre à cette collection où des gens de lettres viennent se confier. Tout démarre dans le cas de celle-ci par une lettre envoyée il y a des lustres au poète Alfred DesRochers. Et des décennies plus tard elle trouve enfin le moyen de retourner son compliment auquel elle n’avait pas crue à l’époque. Mais en même temps ce sont des divagations sur mille thèmes dont beaucoup se rapportent aux arts. Cet exercice de style est toujours intéressant dans la mesure où l’écrivain ne nous rapporte pas des banalités de son quotidien comme on le voit trop souvent dans la formule des journaux intimes. Dans le cas qui nous occupe, l’auteure a un immense respect pour son lecteur avec lequel elle partage des pensées d’une grande élévation. Seuls bémols et mis volontairement au pluriel, le recours inlassable à des mots, des phrases ou des paragraphes entiers dans la langue de Shakespeare témoignant d’une réelle fascination pour cette langue seconde. Véritablement agaçant. Faisons brûler des lampions pour que cette âme ne bascule pas bientôt uniquement dans la langue anglaise. La littérature francophone perdrait ainsi beaucoup au change.

Nue et crue lettre au poète disparu. Gisèle Villeneuve. Lévesque éditeur 223p.      www.levesqueediteur.com


 


 


Un poète à découvrir

Ce recueil nous est tombé sous la main entre des dizaines de livres. Notre attention a été happée par deux choses en couverture. D’abord deux corps nus qui déambulent sur ce qui semble une plage. Ensuite le titre Les volcans sentent la coconut. On est tout de suite pressé d’aller au contenu pour voir de quoi il en retourne avec ce poète nommé Jean-Christophe Réhel qui mérite d’être davantage connu. Car il a un sens de l’image prononcé. Extrait « Une école meurt une rose pousse l’éducation physique renifle le lilas et hurle en courant elle va se transformer en building de chauves-souris ».

Les volcans sentent la coconut. Jean-Christophe Réhel. Del Busso 94p.   www.delbussoediteur.ca


 


 


Pour mieux saisir la poésie de Leonard Cohen

Quelle idée merveilleuse de sortir cet essai de Malcolm Reid sur la poésie de Leonard Cohen ce géant qui vient de nous quitter à jamais. Deep café privilégie le volet de l’activité poétique du créateur en cernant le contexte de germination de ces strophes. En même temps c’est un cours merveilleux, simplement raconté, rien de pontifiant, pour nous rappeler en quoi son sujet avait quelque chose de singulier qui a été salué sur la planète entière au moment de l’annonce de son décès.

Deep café. Malcolm Reid. Presses de l’Université Laval 158p.    www.pulaval.com


 


 


De toutes petites nouvelles qui menacent de vous faire rire

La vie est plate vous dites ? C’est que vous ne connaissez pas celle de Pierre Revelin scénariste de son état qui a collaboré à trois reprises entre autres avec le cinéaste Yves Simoneau dont ce film à succès « Dans le ventre du dragon »  Le gars autant vous prévenir, est atteint de lucidité chronique. Donc, pour lui chaque petite chose du quotidien prend avec lui pas mal de proportions. Il a un humour dévastateur. Lisez par exemples ces pages sur des appels téléphoniques qu’il reçoit. La réalité dépasse la fiction. Sa lecture est tonifiante. Pour en arriver à un tel résultat d’observation on imagine aisément que contrairement à ses contemporains scotchés à leur téléphone intelligent, lui voit le monde vivre autour de lui. D’ailleurs il vous en donne des nouvelles.

Chroniques du septième ciel. Pierre Revelin. Carte blanche 154p.    www.carteblanche.qc.ca


 


 


En panne de thème de tatouage ?

Le tatouage ne cesse de gagner en popularité. De discrets petits motifs des débuts, genre mini papillon, vous avez des artistes influent comme Justin Bieber qui ont de grandes parties du corps marquées de façon indélébile par des tatouages. Emmanuel Mattazzi et Sylvain Repos viennent au secours de ceux et celles qui en pannent d’imagination, ne savent pas se faire graver dans la peau. Tatouage 50 histoires dans la peau propose de quoi rapporter à votre tatoueur. L’imagination fera ensuite le reste.

Tatouage 50 histoires dans la peau. Emmanuel Mattazzi et Sylvain Repos. Mango.   www.mangoeditions.com


 


 


Tuer le temps avec un million d’idées créatives

Les parents et éducateurs qui doivent divertir les petits âgés entre 5 et 8 ans, peuvent remercier les éditions Fleurus, qui mettent à leur disposition une véritable bible sur la manière de tuer le temps de façon ludique. Le collectif d’auteurs qui s’est attelé à la tâche, a colligé tout ce qu’il est possible de faire côté créativité. 1 million de journées créatives pour les 5-8 ans est un outil indispensable. Et que dire de la prouesse au niveau de l’édition avec ces petites sections de pages qui se tournent pour en faire apparaître d’autres avec encore plus de conseils. Et avec le temps des Fêtes à venir, voici de quoi occuper ses journées où on a plus de temps à consacrer à sa marmaille.

1 million de journées créatives pour les 5-8 ans. Fleurus.   www.fleuruseditions.com


 


 


Gaston Lagaffe nous pose des défis

L’illustrissime personnage de la BD créé par André Franquin père également du Marsupilami a droit à un coffret de jeux qui permettra aux participants de se lancer plus de 300 défis fous dont beaucoup impliquent de petites contraintes physiques. Ce coffret, Les défis de Gaston chez Dargaud-Lombard, qui animera pleinement les soirées entre amis est un cadeau merveilleux à ceux qui sont des accros du personnage. On ne s’amuse jamais assez ici bas.


 


 


Hommage à la Grosse Pomme

Un autre tribut est rendu à la ville de New York avec la réédition de New York par Reinhart Wolf qui a rassemblé photos de buildings iconiques accompagnées de textes et de citations de résidents dela métropole américaine. Vous avez entre autres un entretien qui avait été réalisé avec Andy Warhol figure emblématique de la ville s’il en est. C’est un grand album tout en hauteur, comme les magnifiques édifices qui peuplent Manhattan. Si le but était d’intéresser à la ville, mieux que ça, ça donne le goût de s’y rendre sur-le-champ. C’est la ville de tous les excès.

New York. Reinhart Wolf. Taschen


 








 


Le coin Miam miam

Des livres sur les vins il en pleut, mais celui que vous propose Paolo Basso est d’une approche différente. C’est que le meilleur sommelier du monde a choisi de s’entretenir librement de sa passion du divin nectar avec Pierre-Emmanuel Buss. Le vin selon le meilleur sommelier du monde est vraiment un cours 101 pour qui veut comprendre ce qui rend le vin si attrayant. Il n’hésite pas à prendre position sur des controversés, notamment sur le guide de l’américain Robert Parker. C’est publié aux éditions Favre. On ne peut avoir meilleur initiateur.

Il y a une publicité qui passe sur le petit écran, où une femme passe en revue tout ce qu’il y a à faire à l’agenda durant le temps des Fêtes. Et tout à coup elle sursaute avec une certaine frayeur en se souvenant soudainement qu’il y a aussi à faire les repas. D’après le ton employé la chose apparaît comme une corvée. C’est qu’elle ne connaît pas Recettes de fêtes inratables de Vincent Amiel publié chez Larousse. C’est vraiment bien fait. Côté présentation, à gauche des photos des ingrédients à incorporer et leur quantité selon les portions à servir, et à droite, la photo du plat une fois terminé. Mais c’est de voir la simplicité d’exécution. De quoi donner même le goût de s’essayer à quelqu’un qui n’aime pas nécessairement mitonner.

Saluons au passage la contribution substantielle des maisons d’édition qui se donnent le mot pour répandre ce patrimoine immatériel qu’est la cuisine, petite ou grande. Prenez l’éditeur Mango qui arrive avec Toute la cuisine en vidéo. L’approche prônée par les coauteurs Isabel Lepage, Camille Sourbier et AnneCé Bretin vaut le détour. Vous avez là plus de 100 recettes de tous les horizons, avec des découvertes è faire comme ce yakitoris de bœuf au gouda. Mais la beauté de l’affaire c’est qu’on ne se contente pas de vous livrer les ingrédients et le mode d’emploi…on vous le montre. En effet, pour chaque recette vous avez un symbole hashtag sur lequel vous cliquer pour arriver à une vidé qui vous fait voir la recette dans ses étapes de préparation. N’est-ce pas magique à l’ère numérique ?
Chez le même éditeur 1 million de nouveaux menus qui viendra seconder ceux et celles qui doivent préparer des repas pour des visiteurs ou pour eux-mêmes et qui peinent à se fixer. Ce grand bouquin tout en hauteur est une mine d’or culinaire avec ses petites sections encartées qui se consultent indépendamment des autres sections de la même page et oh!, bonheur, avec une reliure en spirale pour faciliter la consultation pendant les préparatifs. Que ce soit du gâteau de rhubarbe au fromage blanc à la lasagne au saumon fumé en passant par la salade Saint-Jacques poêlés, c’est l’étourdissement devant un tel choix.

Chez Modus Vivendi, Christine McFadden nous introduit dans le monde des Desserts aux légumes. L’auteure prend bien soin de nous préciser que lorsqu’on entend parler de desserts aux légumes, il ne s’agit pas strictement de gâteaux aux carottes. Par exemple elle tient à ce que l’on savoure une tarte renversée aux poivrons et au caramel poivré ou bien d’un gâteau aux épinards et aux pommes. Le clafoutis au fenouil par exemple est quelque chose d’assez rare sur nos tables. Vous allez prendre un vif plaisir à voir comment on incorpore nos si nutritifs légumes à l’univers des gâteries.


 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

Que peut bien pouvoir signifier d’être gentleman de nos jours ? A lire Le manuel du parfait gentleman de Martin Colvert chez Mango on se rend compte du climat de barbarie dans lequel la société est plongée, où les règles de bienséance ont foutu le camp. Inspiré par le duo bien connu de la BD Blake et Mortimer on essaie de rappeler qu’une qualité des rapports sociaux passe par une série de codes à connaître pour réaliser pleinement le bien vivre ensemble. Les hommes s’amuseront à sa lecture. Un conseil parmi d’autres, celui de ne jamais outrepasser de trois couleurs ceux de sa cravate au risque de paraître comme un cacatoès.

Chez Édito la parole est donnée à Sébastien Martinez sacré champion français 2015 de la mémoire. C’est sans doute un don, voire au mieux une disposition. Mais la mnémotechnie est une série de techniques justement pour tonifier le cerveau et le rendre plus performant. Et surtout à l’ère numérique où les valeurs cognitives sont hyper sollicitées au point de générer de graves déficits d’attention, de développer sa mémoire est un atout maître pour réussir au plan professionnel. Une super mémoire, répertorie des méthodes qui ont fait leur preuve.

 Luc Ferry qui parle du bonheur. Veut-il à son tour devenir un gourou de la pensée positive ? Pas du tout. 7 façons d’être heureux ou les paradoxes du bonheur est au contraire une déconstruction des illusions en cours. Puis après que les dites illusions sont dissipées, comment parvenir à s’accorder des plages de joie que l’on peut ultimement qualifier de moments de bonheur. Lui, évoque plutôt des instants de sérénité nécessaire. Il souligne l’importance de vivre le moment présent et cesser de se projeter dans le futur. Sans doute a-t-il en tête que nous vivons sur du temps emprunté. C’est chez l’éditeur XO.


 




 


Le coin santé physique et psychique (2)

Alain Samson le gourou québécois de la théorie du management et dont l’activité d’écrivain dépasse l’imagination, se fend d’un autre titre Dindes, goélands, grenouilles, abeilles et manchots empereurs qui est une offre de passer de figurant dans la vie à acteur principal. Édité chez Béliveau, c’est un ensemble de dix conseils éprouvés qui forcent à cultiver sa différence. Comment en sorte devenir un leader de sa vie.

Chez le même éditeur Annabelle Boyer reprend à sa façon les mêmes thèmes que le prédécesseur sauf que son programme est élaboré en huit étapes. Celle qui se fit connaître par un best-seller « Je lis en vous, savez-vous lire en moi ? ». Elle a une phrase merveilleuse « Il est donc temps de renaître de vos cendres et de devenir enfin la personne que vous avez choisi ».

Et applaudissons la réédition des tomes 1 et 2 du Pharmachien qui a conféré du coup une notoriété sans pareille au pharmacien Olivier Bernard qui n’a pas son pareil pour remettre les pendules à l’heure. On aura retenu son passage remarqué sur le plateau de Tout le monde en parle. Le gars n’a pas du tout la langue de bois et dénonce les supercheries et les exploitations gravitant autour du monde de la santé. Et le grand mérite de sa démarche de nous instruire est qu’au final, nous n’ayons plus peur des bobos et comment les affronter et avec quoi et comment ? Aux éditions les Malins.


 


 


Petit carnet métaphysique de Jean D’Ormesson

Le vénérable nonagénaire qu’est Jean D’Ormesson ne cesse de nous surprendre. En ce moment il est en gestation d’un pavé de six cent pages, mais entretemps il nous arrive avec un petit carnet intitulé Guide des égarés. C’est une somme de petites réflexions sur le thème du passage terrestre. D’où nous venons et vers quoi allons-nous. Comme il est plus près du terminus que de la ligne de départ, il est légitime qu’il se soit fait des idées un peu arrêtées sur le sens de l’existence.  C’est l’héritage métaphysique qu’il nous lègue. Chaque chapitre est un thème comme l’amour, la liberté. Étonnamment, rien sur l’ennui dont pourtant il a une conscience aigüe.

Guide des égarés. Jean D’Ormesson. Gallimard 119p. 


 


 


Paulo Coelho dans la peau de Mata-Hari

Cette femme, cette espionne française au service des allemands a couru toute sa vie en quête d’argent et de pouvoir. Elle finira fusillée en 1917. Une vie hors norme qui a été raconté dans combien de livres et portée au cinéma maintes fois. Paulo Coelho le célébrissime auteur de L’Alchimiste s’est pris d’intérêt pour cette femme qui entre autres dansera tant à la Scala de Milan que dans des cabarets miteux, dévoilant ses charmes à des yeux masculins chargés de lubricité. Il a écrit son histoire en se glissant dans sa peau et en écrivant à la première personne. Les faits sont là, avec une transposition de ce qui aurait pu être dit. C’est la liberté que s’autorise le romancier. Un livre fascinant du fait de son sujet.

L’espionne. Paulo Coelho. Flammarion 185p.   


 


 


Tout savoir sur Frédéric Beigbeder

Si vous êtes un abonné des magazines « pipoles » de France, il y a rarement un numéro où vous ne verrez pas une photo de Frédéric Beigbeder dans une soirée parisienne, généralement entouré de beau monde, surtout de belles. Car ce publicitaire à ses débuts, est vite devenu un touche-à-tout mondain, aujourd’hui à la barre du magazine érotique Lui à qui il a insufflé une deuxième vie. Car il est obsédé par la beauté féminine. On l’a vu encore une fois avec son film L’Idéal qui est un prétexte à nous foutre de belles nanas plein la gueule. A l’école déjà il avait eu la remontrance des curés pour avoir dessiné des filles nues suspendues prêtes à être fouettées, inspiré qu’il avait été par une photo à la Une de L’Express faisant voir Corinne Cléry dans cette position, cliché extrait du film sulfureux Histoire d’O. Arnaud Le Guern qui nous a donné un beau portrait de Roger Vadim, a ici une bête de choix avec ce Beigbeder qui trouve toujours le moyen de faire parler de lui. Et on apprendra que ce gars est un déprimé chronique. Ah bon ?

Biegbeder l’incorrigible. Arnaud Le Guern. Prisma 296p.   


 


 


Portrait d’un défenseur de l’identité franco-ontarienne

Il n’y a pas que le Québec francophone qui est aux prises avec la question identitaire, la communauté franco-ontarienne de même. Et qui cherche à prendre sa place dans la mouvance de la mondialisation. Il y aurait bien des avenues pour parler des enjeux auxquels est confronté le fait français en Ontario. L’historien François-Olivier Dorais a privilégié la vie et l’œuvre de Gaétan Gervais une figure marquante du combat pour la défense de la francophonie dans la province voisine. Il n’est pas connu comme il se doit au Québec. Un historien dans la cité rend justice à cet homme de droiture animé d’une ferveur sans pareille pour que le fait français demeure bien vivant chez lui.

Un historien dans la cité. Gaétan Gervais et l’Ontario français. Les Presses de l’Université d’Ottawa 264p.      www.presses.uOttawa.ca


 


 


Les nouvelles valeurs morales passeraient-elles par le cinéma ?

Qui dans notre monde laïcisé a l’autorité pour nous indiquer la voie de ce qui est bien et ce qui ne l’est pas ? Le professeur de philosophie Yves Vaillancourt pense que le cinéma apporte une contribution non négligeable pour la nouvelle morale. Et il nous en donne des preuves à travers le cinéma de Kieslowski dont son incontournable Décalogue. Pour le seconder dans cette tâche, le théoricien du mimétisme, René Girard. Et même ceux qui ne sont pas entichés de morale, prendront plaisir, surtout les admirateurs du cinéaste, à trouver des messages qui leurs ont sans doute échappés.

Jeux interdits. Du Décalogue à la Trilogie de Kieslowski. Yves Vaillancourt 160p.    www.pulaval.com


 


 


Comment représenter la Shoah au septième art

D’abord suffit de rappeler que pour le bénéfice de l’Histoire, les films d’archives tournés dans les camps de la mort nazis ont permis de jeter bas toutes les prétentions des révisionnistes pour qui l’Holocauste n’était que fabulation. Maintenant le septième art s’est emparé quelquefois du thème de la Shoah. Alain Fleischer nous montre avec quel doigté il faut aborder ce sujet si sensible. Retour au noir fait le tour des représentations sur grand écran de cet épisode horrible de l’histoire de l’humanité. Pour lui, le Fils de Saul est le bijou du genre et il nous dit pourquoi.

Retour au noir. Le cinéma et la shoah : quand ça tourne autour. Éditions Léo Scheer 84p.     www.leoscheer.com


 


 


Nos collectivités humaines pour changer le monde

Si vous désespérez su monde et que pour vous le mieux qui peut arriver c’est le pire, nous vous recommandons hautement la lecture de ce petit livre aux grandes idées Rééquilibrer la société de Henry Mintzberg qui est titulaire de la Chaire de gestion John Cleghorn de l’Université McGill. Selon ce qu’il échafaude, nous ne verrons le bout du tunnel qu’à une seule condition, que le gouvernement, le secteur privé et les citoyens forment trois piliers distincts mais indissociables les uns des autres. Car pour le moment, les entreprises exploitent les ressources humaines et créent ce déséquilibre socio-économique, les gouvernements sont encore trop à la merci des intérêts du privé et nous, le vulgum pecus qui est laissé en plan. Une juste répartition des fonctions pour une unité dynamique. C’est éclairant en diable et loin d’être une utopie, on peut mettre la théorie en chantier dàs aujourd’hui.

Rééquilibrer la société. Henry Mintzberg. Somme toute 164p.    www.editionssommetoute.com


 


 


Une crapule du marché noir sous l’Occupation allemande

Alors que durant l’Occupation allemande en France, les français avaient peine à trouver une orange ou un petit bout de chocolat, des malfrats se partageaient de mèche avec les boches un juteux marché noir. Henry Sergg qui s’est fait une spécialité de cette portion peu édifiante de l’histoire de France et qui nous a donné des ouvrages sur le docteur Petiot et la Gestapo à Paris, nous présente cette fois Joseph Joinovici qui est devenu non pas multimillionnaire, mais milliardaire comme chiffonnier. Et ironie de l’histoire, ce collabo était un juif qui après avoir pactisé avec le diable va s’arranger pour se faire décorer comme grand résistant. Mais pour le bonheur des justes, il ne l’emportera pas en paradis. Et vous verrez comment il y aura un sacré retour du balancier. Cette vie digne d’un roman, pour reprendre le cliché connu, dépasse l’imagination. Surtout pour les fortunes monumentales qu’un type comme lui a pu amasser en dénonçant de pauvres français dépouillés ensuite.

Joinovici, l’empire souterrain du chiffonnier milliardaire. Henry Sergg. Éditions French Pulp 299p.     www.frenchpulpeditions.fr


 


 


Le terrible pouvoir des banques

La seule chose dont Hitler avait peur, c’était les banques. Son terrible pouvoir s’arrêtait là. Et quand on lit Kleptocratie française d’Eloïse Benhammou si on savait à quel point les institutions financières mènent le monde, on ne connaissait que la pointe de l’iceberg. L’essayiste qui est journaliste économique, a passé en revue des bilans de la Société Générale, où officiait Jérôme Kerviel, le trader maudit. Et son attention a été attiré par des irrégularités qui de fil en aiguille lui ont permis de tisser un peu la toile des transactions occultes qui font des pauvres travailleurs des cobayes à la merci du dieu dollar. C’est un réquisitoire implacable qui fait la démonstration noir sur blanc, de la direction que prennent nos argents. Notre endettement fait de nous des esclaves à perpète d’un système qui a reçu l’ablation du cœur.

Kleptocratie française. Eloïse Benhamou. Le jardin des Livres 268p.    www.lejardindeslivres.fr


 


 


Une canadienne entrepreneure à Madagascar

Il y a des gens dont l’action est passée sous silence et c’est dommage. Quel film par exemple il y aurait à faire au sujet de la trajectoire de Denise Cléroux une enseignante au départ qui prendra un mandat d’enseignement de deux ans à Madagascar au nom de l’ACDI et qui reviendra par après comme entrepreneure, et très remarquée, donnant du travail à des milliers de personnes, prenant époux là bas avec un citoyen de souche. Qui deviendra aussi consul canadien là bas. C’est un prof des HEC qui soufflera à Jacqueline Cardinal l’existence de cette femme au destin hors du commun. A défaut d’un film on peut se contenter largement de sa biographie. L’auteure parsème son récit de petits encadrés qui situe la femme et son époque. On sort admiratif de cette lecture en espérant que la renommée gagne cette femme qui mérite d’être largement connue, femme de tête qui peut-être inspirante pour d’autres femmes en quête d’indépendance.

Denise Cléroux la canadienne de Madagascar. Jacqueline Cardinal. Presses de l’Université du Québec 310p.      www.puq.ca


 


 


Un Jonathan Coe surréaliste

Numéro 11 la dernière mouture de Jonathan Coe nous amène là où on s’y attendait le moins. Il a voulu dans ce roman, montrer le niveau actuel de névrose de la société britannique par une sorte de métaphore où une famille très riche, décide de se faire construire un ajout de onze étages vers…le sous-sol. En même temps, le doué romancier juxtapose des symboliques au chiffre qui donne son titre au livre. Une jeune femme, est témoin de cette folie architecturale et décrit tout ce qu’elle voit autour d’elle. Sans compter que la mère de sa meilleure amie à des velléités dans la chanson, elle une artiste ratée qui imagine vivre enfin son rêve lorsqu’on la convoquera pour une téléréalité. Si au Québec vous désespérez de l’état du monde, vous serez consolés par ces pages. La folie a vraiment gagné la planète.

Numéro 11. Jonathan Coe. Gallimard 444p.    


 


 


Ne pas faire de la politique comme un mouton
Philippe Eon est un citoyen engagé, notamment pour les questions d’énergie. En même temps, dans son domaine de prédilection, il ne peut être indifférent à la politique qui conditionne la réglementation. Il observe que nous avons une attitude passive en politique. Nous sommes des râleurs patentés, jamais contents des partis politiques et des chefs. Et pourtant nous les laissons prendre la parole pour la multitude alors que nous devrions prendre une part active aux décisions. Contribuer à la politique est un petit pamphlet pour nous fouetter à nous impliquer davantage.

Contribuer à la politique. Philippe Eon. Presses de l’Université Laval 68p.    www.pulaval.com


 


 


Une chute déterminante

Il était une fois un gars pris de boisson, qui fera une chute d’un toit, à hauteur de huit mètres. Il aura pas mal de choses de cassés, dont la gueule. Et question de prendre un bol d’air et de se retrouver sérieusement en soi, il entreprendra une sorte de Chemin de Compostelle personnel, mais en direction du Massif central de la France qu’il va parcourir à pied. Ça donne un e sorte de journal Sur les chemins noirs du très apprécié Sylvain Tesson. Une description de ce qu’il voit autour de lui dans cet Hexagone des profondeurs. C’est un goût de France qu’il nous fait partager ainsi que ses sentiments.

Sur les chemins noirs. Sylvain Tesson. Gallimard 142p.   


 


 


Une chef de cuisine bien-aimée

Marie Ndiaye double lauréate des prix Fémina en 2001 et Goncourt en 2009 ne décevra pas son lectorat avec ce roman La cheffe, roman d’une cuisinière qui est un tribut à l’acte de faire les repas associé à l’amour des siens. Sauf qu’ici il se passe quelque chose de spécial. C’est que son assistant qui parle ici à la première personne, nous rapporte que sa patronne commence à trouver que les compliments dithyrambiques sur ses créations commencent à lui peser. Sorte d’étrange malaise. La cheffe est une femme engagée comme d’autres en religion. Et notre témoin succombe à son charisme au point d’en être amoureux, mais ce sera toujours à sens unique, car la cuisinière en renom est toute entière à sa dévotion culinaire. Un beau portrait de l’art de la cuisine et ses artisans.

La cheffe, roman d’une cuisinière. Marie Ndiaye. Gallimard 276p.  


 


 


Le Philippe Sollers nouveau est arrivé

A-t-il peur que cette génération et celles qui vont suivre s’enfoncent dans l’inculture ? Toujours est-il que depuis quelque temps, Philippe Sollers se cantonne dans un genre, le commentateur es lettres en culture générale. Il persiste et signe avec Complots qui est un assemblage de chapitre où il divague brillamment sur Shakespeare, Proust, Colette, la Chine, Casanova et quoi encore. Qui lui permet de faire étalage, non au sens péjoratif du mot, de sa grande culture qu’il met généreusement à la disposition de ses lecteurs. Et nous de voir notre quotient s’accroître rendu à la dernière page.

Complots. Philippe Sollers. Gallimard 230p.


 


 


Tuer le messager

Scandale à l’Opéra Garnier. Après le « la » de l’orchestre, le chef de la formation bombe alors le torse et clame à voix forte « Heil Hitler ». Comme l’écrit le narrateur, il croyait à jamais enfoui dans les livres d’histoires ce symbole si oppressant. Et là, un altiste, Sébastien Armant va réagir, tandis que la salle est stupéfaite, tournant le dos au public et par ricochet au maestro. Cet acte de révolte pourrait être salué pour son courage, mais non. On voudra s’en prendre au messager. On croit alors revivre les sombres fantômes du temps de l’Occupation allemande. Qui a dit que quiconque ignore l’Histoire est condamné à la revivre ? On accusera même le musicien contestataire d’être juif alors qu’il ne l’est pas. L’effroi de François Garde nous invite à être vigilants.

L’effroi. François Garde. Gallimard 299p.    


 


 


Un thriller axé sur les peurs d’une population

Dans la foulée des attentats terroristes en France, voici que Francis Ryck l’homme des polars singuliers, a axé Paris va mourir sur la peur intrinsèque qui va habiter la population de la Ville Lumière. Il a imaginé quelques attentats qui vont pétrifier les gens qui n’osent plus transformer cette capitale de la vie nocturne en une ville morte. Qui a intérêt à ce qu’il n’y ait plus de vie parisienne et semer la terreur ? Et comment va-t-on élucider ces sombres affaires ?

Paris va mourir. Francis Ryck. French pulp 191p.   www.frenchpulpeditions.fr


 




 


Le coin du voyageur

Deux titres nous arrivent cette semaine qui, étrangement, sont consacrés à deux destinations privilégiées des québécois, La Floride et Cuba. Le premier Escale à la Havane figure dans cette collection chez Ulysse que nous aimons bien, avec une foule de bonnes adresses pour agrémenter votre séjour court ou long. Et l’équipe de rédaction a dégoté des petits trésors à ne pas manquer sous aucun prétexte. Et aux éditions du Journal Marie Poupart fait de même avec Floride qui non seulement a répertorié 700 adresses qui lui sont chères ce qui est déjà considérable en soi, mais elle est allée demander à des artistes et des personnalités d’ici quels sont leurs coups de cœur. Et quel carnet de rencontres, avec entre autres les témoignages de Sophie Desmarais de la célèbre famille propriétaire de Power Corporation, Lise Watier,  Ricardo, Dominique Michel et tant d’autres qui ont manifestement une relation d’amour avec cet état américain ensoleillé qui de l’avis de tous, a gagné en raffinement et diversité des services. L’auteure a même sa page Facebook spécialisée « Sur les routes de la Floride avec Marie » qui cartonne.


 


 


Une vie romancée de Johnny Hallyday et Sylvie Vartan

C’est une démarche intéressante que celle de Marie Desjardins qui s’est imaginée dans la vie sentimentale de Sylvie Vartan et Johnny Hallyday et ce dès leur début, elle la petite bulgare mignonne et déterminée et lui déjà vedette, qui va l’amener dans son univers déjanté. Elle s’est mise dans la peau de chacun des partenaires de ce duo qui a alimenté la presse people des sixties. Un bel exercice de style.

Sylvie Johnny love story. Marie Desjardins Éditions Porte=-Bonheur/ Du Cram 174p.   


 


 


Le coin Miam miam

Ah! ces fameuses épices qui relèvent tellement le goût de plats, et qui dans l’Histoire du monde pesaient jadis son pesant d’or. Gill Davies et la consultante en nutrition Dalia Maori leur consacre tout un bouquin qui va devenir une référence en bibliothèque culinaire Le pouvoir des épices. Pour chacune des épices répertoriées vous avez une fiche signalétique détaillée qui suggère la meilleure utilisation qu’on peut en faire. Et que dire des maginfiques photos qui ornent ces pages.

Le pouvoir des épices. Gill Davies et Dalia Maori. Broquet 190p.   www.broquet.qc.ca


 






 


Le coin santé physique et psychique (1)

Le Dr Pierre-Jean Thomas-Lamotte est un habitué des médias en France que l’on sollicite pour ses commentaires avisés sur des sujets d’actualités médicaux. En 2008 il atteignait à la notoriété avec un best-seller « Et si la maladie n’était pas un hasard ». Il poursuit sa quête de rendre les gens en santé avec cette fois L’interprétation des maladies édité par le jardin des Livres. Il nous ramène une expression un peu oubliée qui en dit long « à s’en rendre malade ». Qui est peu le credo du docteur pour qui nous avons une grande part de responsabilité dans ce qui nous arrive côté pathologies physique ou psychique. Il détaille sur les phénomènes extérieurs qui agissent négativement sur nous et comment contrer leur influence.

Changement de registre avec un roman initiatique Les 22 marches de Jean Bouchat aux éditions Marcel Broquet. Un peu comme Paul Ceolho l’a fait avec l’Alchimiste. D’abord il faut dire que l’auteur est un sybarite qui s’autorise le meilleur des plaisirs terrestres. C’est une bonne pâte comme on dit et qui ne demande qu’à distiller des leçons de bonheur. Et il le fait par le biais de l’ésotérisme et notamment du Tarot. Ainsi a-t-il construit son sujet à partir d’un quadragénaire qui abandonne compagne et boulot pour écouter cette fois sa voix intérieure. Un artisan va lui faire don d’une canne bien spéciale. Et le voilà en route. Trouverez-vous l’illumination à cette lecture ?

 Phytothérapeute et spécialiste en réflexologie, Chantale Belzile a un message tout particulier qu’elle adresse aux femmes. Libérez la déesse en vous!, est une exhortation à ce que celles-ci cessent de perpétuer les « pattern » transmis de génération en générations. Publiée chez Atma, elle fait preuve d’une grande honnêteté, avouant qu’elle est une experte en colère. Oui, les femmes sont souvent fâchées de constater qu’elles épousent des comportements de leurs mères, souvent elles-mêmes malheureuses. Son mâitre mot, s’écouter davantage.

Aux éditions La Semaine, le naturopathe Martin Allard veut apporter son support aux parents qui sont confrontés au dilemme de la préparation des repas pour les enfants. Souvent les premiers oublient les grands principes fondateurs de l’alimentation. Par exemple il y a une interrelation connue entre ce que l’on absorbe et le TDA/H. Outre des principes à connaître, il fournit en fin d’ouvrage 30 recettes d’une facilité déconcertante pour dépanner les parents aux abois.


 




 


Le coin santé physique psychique (2)

Deux titres chez Érès. Comment l’esprit vient aux vieux de Marie-Françoise Fuchs. Dans ces pages ce sont les « vieux » qui font entendre leurs voix. L’auteure est membre d’une association d’aînés baptisée « Old’up » et de l’École des grands-parents européens. Si dans les pays africains par exemple, les gens âgés jouissent d’une grande respectabilité, considérés comme des bibliothèques vivantes, en occident ils gênent, jugés improductifs et parqués dans des résidences où ils attendent les fins dernières. Dame Fuchs ne mange pas de ce pain là et nous fait penser que l’expérience est une valeur. Bien des thèmes sont abordés qui donnent le tempo des valeurs des gens du troisième et quatrième âge.

Un autre titre est d’une terrible actualité, l’attrait des sirènes du djihadisme auprès des adolescents vulnérables. Danièle Epstein en fait le sujet central de son essai Dérives adolescentes : de la délinquance au djihadisme. Au lieu de judiciariser ces jeunes égarés, elle propose une démarche d’encadrement pour permettre à cette tranche d’âge trouble de se valoriser et de retrouver le droit chemin. Les éducateurs et parents doivent se faire un devoir de parcourir ces pages. Car une génération de jeunes est sacrifiée car on ne s’occupe pas d’eux.

Les quatre prochains titres sont édités au Dauphin Blanc. Un titre à considérer pour ceux qui songent à une réorientation de carrière mais qui ont peur de faire le saut. C’est Entrées de zone de Daniel Blouin. Ce gars là un parcours assez singulier, producteur de disques chez Donald K. Donald puis cofondateur de l’agence Mercure Communication et de bien d’autres organisations sportives et du spectacle. Il a tout balancé pour devenir coach de vie. Car après avoir obtenu ses objectifs de vie matérielle, il a senti que le temps était venu d’aider ses semblables à mieux vivre en conformité avec leurs aspirations. Au fil des pages il a de belles formules pour nous faire passer ses messages. Loin de se vouloir gourou il a les deux pieds bien campés sur le sol. Il nous dit en clair de ne pas se laisser dominer par la peur de l’inconnu. Car la vie en elle-même est chargée d’incertitudes.

Une discipline d’intériorisation, voilà le but que s’est donnée Sylvie Ouellet avec ce recueil de petits textes divers rassemblés dans ces Rendez-vous au cœur de l’être. On trouve de petites perles. Il y en a à chaque page. Ces petites pensées qui font du bien.

Nous voici cette fois devant un beau livre solidement relié Miracles le mot mis au pluriel. C’est que la connaissance ayant fait de grandes avancées au plan humain, technologies et scientifiques, le mot miracle qui avait encore hier une aura de mystère, devient maintenant quelque chose de plus tangible. Et nous pouvons être ces acteurs de miracles, grands et petits. Ils se sont mis à deux, Anick Lapratte et Alain Williamson pour explorer comment nous pouvons être des agents de changements. Et s’ils auraient pu se contentés de leurs propres visions,  ils sont allés à la rencontre de diverses personnes qui ont aussi leur mot à dire à partir de leur expérience de vie.

 Et pour conclure une démarche étonnante. Celle d’Alain Samson le gourou québécois de la littérature sur le management, se métamorphose en spécialiste des fées. Et il semble en connaître un rayon, car il les décrits très bien dans Fées, Talents et Enchantements sur des dessins de Sybiline. C’est distrayant et nous amène dans un univers onirique qui nous fait oublier les contingences quotidiennes. Le maître es fées sous-tend aussi une démarche, à savoir que les lecteurs trouvent en eux la confiance en soi qui leur est nécessaire pour réaliser leurs accomplissements.


 


 


Un tribut à la première femme de l’humanité

La légende veut que ce soit d’une côte d’Adam que l’on a créé Ève qui hérite d’être la première femme humanoïde de l’histoire du monde. Peu d’ouvrages lui ont été consacrés. Il fallait bien que ça se fasse un jour où l’autre. Grâce à Marek Halter elle se est maintenant réhabilitée…de manière romancée va sans dire. Cette démarche de l’écrivain s’inspire de son exploration des grandes figures féminines des trois religions monothéistes. Une belle histoire qui ravive le mythe l’entourant.

Ève. Marek Halter. Robert Laffont 343p.   www.laffont.ca


 


 


Des écologistes qui polluent le fleuve

Tiens, qui aurait dit que le thème de l’environnement pouvait servir de brillant thriller ? Il faut le talent d’un Daniel Lessard journaliste et présentateur retraité de Radio-Canada, pour nous servir toute une sauce qui fait l’actualité au quotidien. L’ex complice de Bernard Derome a suffisamment de connaissance des coulisses de la politique pour savoir comment mener son histoire qui débute par la découverte que fera une biologiste exerçant dans le Bas-du-Fleuve. Et ce qu’elle apprendra la laissera sans voix. Péril sur le fleuve pourrait même faire un excellent scénario de film. Avis aux intéressés. D’autant que selon de nombreux sondages, la question de l’environnement est au cœur des priorités des québécois. Donc de nombreux lecteurs potentiels.

Péril sur le fleuve. Daniel Lessard. Éditions Pierre Tisseyre 217p.   


 


 


Amours d’une nuit

Voilà une idée de roman qui ne manque pas de piquant. Il s’agit d’Une nuit Markovitch de Ayelet Gundar-Goshen. La romancière a imaginé deux juifs vivant en Palestine, qui en 1939 partent vers l’Allemagne. Une mission délicate comme vous verrez, puisqu’il s’agit d’aller épouser deux jeunes juives pour les arracher à l’Holocauste en marche. Sauf que s’il est convenu que ce seront des mariages en blanc qui s’arrêtent aux épousailles formatées, les jeunes hommes s’éprendront de leurs dulcinées. Quel dilemme quand le cœur domine la raison. Que vont faire les femmes devant de tels empressements affectifs. Nous vous en laissons la surprise. Et c’est raconté tambour battant. Du bonbon.

Une nuit, Markovitch. Ayelet Gundar-Goshen. Les Presses de la Cité 476p.    www.pressesdelacite.com


 


 


Quand des clans islamistes s’entretuent

Ceux qui pensent que les djihadistes forment un bloc monolithique se trompent. Dominique Thomas dans un essai bien senti Générations djihadistes nous montre noir sur blanc la division qui règne entre les partisans d’Al-Qaïda et l’État islamique. Chacun voulant assurer sa suprématie au nom de Mahomet. L’auteur est chercheur et expert du domaine. On lui doit de précédents ouvrages sur notamment « Les hommes d’Al-Qaïda ». C’est une mosaïque politique qui s’entre-déchire, chaque clan croyant être détenteur de la vérité.

Générations djihadistes. Al-Qaïda-état islamique, histoire d’une lutte fratricide. Dominique Thomas. Michalon 222p.     www.michalon.fr


 


 


On savait pour le Bataclan et on ne faisait rien

Toute vérité est bonne à dire et plus que jamais, tandis que le mensonge est plus que jamais le ciment social. Et on en a une preuve de plus et accablante de surcroit, quand Philippe Cohen-Grillet dans Nos années de plomb nous rappelle que le Canard enchaîné révélait que dès 2009, les autorités savaient que quelque chose se préparait contre la salle de spectacle et qu’on n’a rien fait. Son essai recense une litanie d’incompétences du pouvoir judiciaire en France. Dans ces conditions, les français ont raison de penser qu’ils ne sont pas protégés dans le cadre de cette nouvelle guerre qui n’ose dire son nom.

Nos années de plomb. Philippe Cohen-Grillet. Plein Jour 236p.   www.editionspleinjour.fr


 


 


Alors qu’on croyait tout savoir sur Édouard VIII

Décidément que de squelettes dans le placard au sujet du roi éphémère Édouard VIII. Lui l’homosexuel refoulé, espion au service de l’Allemagne qui épousa une arriviste Wallis Simpson. Ça on nous l’a dévoilé assez tardivement dans l’Histoire. Mais voici que sort une autre affaire troublante, la découverte d’un petit-fils au roi célèbre pour son abdication. En effet, François Graftieaux prétend que sa grand-mère, Marie-Léonie Graftieaux, aurait accouché en 1916 des œuvres de celui qui était encore prince de Galles. Et pour qu’elle puisse demeurer muette ad aeternam, on lui offrit une bonne somme. Celui qui est maintenant petit-fils et qui normalement aurait dû se retrouver sur le trône d’Angleterre, veut obtenir la vérité définitive par le biais d’un test ADN qu’il réclame de la Cour britannique. Notons au passage que la grand-mère qui pu jouir des assauts royaux, devint ensuite une styliste renommée de l’entre-deux-guerres sous le nom de Marcelle Dormoy. Tout une aventure que nous raconte l’intéressé avec le concours de Jean Siccardi et Hélène Grosso.

L’homme qui aurait dû être roi. François Graftieaux, Hélène Grosso et Jean Siccardi. Cherche midi 197p.      www.cherche-midi.com


 




 


L’art oriental et les sixties du magazine Domus à la Bibliotheca universalis

La collection Bibliotheca universalis de l’éditeur Taschen a notre faveur depuis longtemps, avec la mission qu’elle s’est donnée dès le départ de consigner les connaissances de l’humanité. Un ambitieux projet certes mais qui se matérialise. Deux nouveaux opus enrichissent le catalogue. Le premier d’Émile Prisse d’Avennes (1807-1879) est tout entier consacré à l’Art oriental.  L’auteur était en son temps un égyptologue en renom qui à l’âge aussi précoce de 19 ans, sillonna le Moyen-Orient. Il était fasciné, et le mot est faible par l’architecture et le design arabe. Il en rapporta des dessins de son crû (brillant illustrateur de surcroît) dont certains furent publiés dans des illustrés de son époque. Ils sont repris dans ce petit pavé. On comprend très vite pourquoi il ouvrir de grands yeux devant cet étalage de merveilles. 

Fondé en 1928 par un grand architecte milanais Gio Ponti le magazine Domus sera très rapidement un magazine de référence reproduire en photos les tendances du moment. La publication a les honneurs de la collection chez Taschen avec un répertoire couvrant de 1960 à 1969. Les fameuses swinging sixties. Avec des audaces et des couleurs pastels à en jter plein la vue. Qui vit aussi le recours glorieux aux matières plastiques et au chrome. On observera tout de suite une espèce d’hymne à la joie de vivre. On ne se lasse pas de feuilleter ces pages qui en prime peuvent nous donner de sacrées belles idées de décoration.


 


 


Des grands et petits mystères de l’humanité

Qu’o ne s’y trompe pas. Malgré l’apparence de la couverture, et de surcroît édité chez Geo, Reportages impossibles, les mystères du monde donnerait à croire que ce sont des explorations de contrées inconnues. En fait il s’agit de sujets aussi diversifiée que le mystère de la bien-aimée de Beethoven, la grande bibliothèque d’Alexandrie, le trésor de Louis XVI ou l’affaire Watergate. C’est distrayant à lire car peu importe le thème retenu, ce fut un fait significatif de l’Histoire et résumé habilement. Bref, un beau tour d’horizon pour enrichir sa culture générale.

Reportages impossibles, les mystères du monde. Geo 138p.     www.editions-prisma.com


 


 


Le gris a maintenant droit de cité et surtout en décoration

S’il y en a qui honnisse le gris capillaire trop étroitement associé à la vieillesse, quoique dans ce domaine cette couleur est étrangement devenue tendance, même chez des jeunes dans la vingtaine. En décoration, cette couleur qui a été souvent marginalisée en décoration prend une importance graduelle. Et à preuve, on lui consacrée un livre Le gris en déco de Kate Watson-Smyth. Et que dire des infinies nuances en la matière. En raison de son objectif, ce sont les photos qui font foi de tout. Et on se rend compte que le gris habille une pièce de moult façon.

Le gris en déco. Kate Watson-Smyth. Massin 175p.     www.massin.fr


 


 


Pour donner de la valeur ajoutée à vos fêtes maison

Quelquefois, au-delà des gourmandises d’une fête anniversaire, on souhaiterait faire une petite décoration appropriée, question de donner de la valeur ajoutée à la réception. Décor de fêtes vient à votre secours. C’est une ribambelle d’idées décoratives, tout en simplicité, comme la simple ornementation d’un agitateur de boisson. Vous verrez qu’il y a cent fois mieux que les sempiternels ballons. Les deux auteures Holly Becker et Leslie Shewring en connaissent un rayon si on en juge part les douces folies proposées.

Décors de fêtes. Holly Becker et Leslie Shewring. Marie claire 158p.      www.editionsmarieclaire.com


 


 


Tout connaître sur les déesses

Patrick Snyder professeur d’histoire à l’Université de Sherbrooke s’intéresse à la symbolique féminine. Ainsi nous a-t-il donné « La femme selon Jean-Paul II » et « Représentations de la femme et chasse aux sorcières XIII-XVème siècles ». Il débarque avec une formidable épopée, les déesses. Une brève histoire des déesses aussi brève qu’il veuille bien nous le faire croire, est quand même un bouquin très détaillé, à la limite de l’érudition, où il nous dit tout des déesses, qui sont des femmes magistrales dans le cours de l’Histoire. Quelles merveilleuses légendes! On ne le lit pas, on le dévore. Comme pour la cigarette, le danger s’accroît avec l’usage.

Une brève histoire des déesses. Patrick Snyder. Fides 356p.     www.groupefides.com


 


 


Les objets patrimoniaux au vu de l’amour qu’on leur porte

Un ouvrage de Dominique Poulot professeure à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et spécialiste des patrimoines, se penche sur la relation que l’on peut avoir avec les objets patrimoniaux. Cela donne un essai d’une grande profondeur L’art d’aimer les objets dont voici l’énoncé d’intention « Les exemples choisis vont de la Révolution à nos jours et envisagent aussi bien les chefs-d’œuvre de l’art au musée que l’inscription de la société dans les dispositifs patrimoniaux contemporains. On constate chaque fois que l’attachement pour des choses jugées précieuses accroît leur profondeur et leur densité, engage des identifications de leurs " amis " et travaille enfin à différentes représentations collectives. La cristallisation patrimoniale autorise ainsi, sinon une unité imaginée des héritages, au moins l’ambition de leur construction commune. »

L’art d’aimer les objets. Dominique Poulot. Presses de l’Université Laval 164p.       www.pulaval.com


 


 


Défaillance de mémoire

C’est tout un psychodrame quand un homme à l’intellect fort, sort d’un coma pour se rendre compte que sa mémoire connaît des ratés. Voilà le propos de Normand Cazelais dans Adieu Alice. L’Alice dont il est question ici est la compagne du protagoniste. Tout au long du roman, il y aura des échanges profonds entre le principal concerné et ses proches. L’homme de lettres et épicurien a ce grand talent de ne jamais nous ennuyer. Il fait en sorte que son lecteur sorte grandi rendu à la dernière ligne. En même temps c’est une réminiscence de notre fragilité ici bas.

Adieu Alice. Normand Cazelais. Fides 135p.     www.groupefides.com


 


 


État du capitalisme nouveau et des relations de travail

Tout bouge, tout change, et le capitalisme n’a pas été en reste de ce côté-là. Et avec le néo-libéralisme, les relations de travail ont été assez éprouvantes. Qu’en est-il actuellement de la situation syndicale dans le monde ? Pour avoir la radiographie la plus fidèle possible, nous vous recommandons cet essai sous la direction de Paul-André Lapointe « Dialogue social, relations du travail et syndicalisme ». En même temps que l’on se penche sur l’actualité des enjeux présents on fait un retour en arrière sur l’origine du droit des travailleurs à revendiquer de meilleures conditions de travail. Nous avons donc un deux dans un, cours d’histoire syndical et sociologie des rapports de force.

Dialogue social, relations du travail et syndicalisme. Sous la direction de Paul-André Lapointe. Presses de l’Université Laval 317p.    www.pulaval.com


 


 


Un trésor caché de Jean Basile

Parfois la vie littéraire vous apporte de ces surprises. Et Jean Basile nous en a réservé toute une post-mortem, lui disparu en 1992. L’ancien chroniqueur du Devoir et fondateur de la revue phare de la contreculture Mainmise avait entrepris un énorme pavé demeuré inachevé Me déshabiller n’a jamais été une tâche facile qui met en scène quatre homosexuels de divers milieux, que l’on voit vivre de la fin des années cinquante jusqu’aux années soixante. C’est grâce à son exécuteur littéraire Christian Allègre que nous devons l’exhumation de ce manuscrit que ce dernier a revu et mis en ordre. Basile voyait déjà la récupération que l’on allait faire plus tard du phénomène gay pour le « normaliser » alors qu’il était théoricien de l’anormalité des mœurs homosexuelles qui en fait son charme. Il détestait en passant le mot même d’homosexuel, sans doute trop clinique. L’auteur en même temps se livre à une sorte de biographie de sa vie affective en ces temps où c’était tolérance zéro. Et on se demande si aujourd’hui on n’est tout simplement que passer à l’étape de la tolérance et non de l’acceptation. Nous avons là une sorte de documentaire sur comment ce que François Poché identifiait comme l’amour qui n’ose dire son nom. Fides vient d’ajouter un bijou à son catalogue.

En même temps, la maison d’édition publie, toujours de Jean Basile, en format poche La jument des mongols datant de 1964 début d’une trilogie. Les mongols dont il est question ici ce sont des montréalais déjantés, dans un univers cette fois hétérosexuel. L’occasion de nous rappeler qu’il était temps de redonner ses lettres de noblesse à un écrivain surdoué qui aimait bien pimenter ses récits de belles notions culturelles.


 


 


Justice pénale et choc des cultures

Avec la mondialisation aidant, ou n’aidant pas, c’est selon, comment le droit peut-il s’adapter à des réalités juridiques différentes selon les migrations ? Si des juristes locaux n’ont pas pris la pleine mesure des dilemmes, ce n’est pas le cas d’Ottfried Höffe professeur   émérite d’éthique et de philosophie du droit de l’Université de Tübingen. Cette autorité en la matière expose la problématique tout en avançant des pistes de solutions. Car on n’oubliera pas le principe sous-jacent qui demeure, à savoir que nul n’est censé ignorer la loi, encore moins celle de votre pays d’adoption.

Penser un droit pénal interculturel. Ottfried Höffe. Presses de l’Université Laval 177p.     www.pulaval.com


 


 


L’homme qui savait tout de l’histoire de l’humanité

Voici un gros ouvrage qui attire notre curiosité, Longtinonda l’intégrale un livre d’histoire fiction de Nathalie Parent avec au cœur du récit Hadrien DeVeyre un homme chargé d’un don, celui de tout connaître de la culture générale de l’histoire de l’humanité et qui dispense tel un mentor, son généreux savoir. Mais comme tout être marginalisé par ses connaissances, il lui arrivera bien des soubresauts. En même temps qu’il y a un volet d’anticipation, a permet à l’auteure de parsemé ses pages de notions d’histoire qui nous échappe, faute qu’elle soit enseignée dans nos écoles.

Longtinonda L’intégrale. Nathalie Parent. Éditions Ad vitam


 


 


L’état du Québec à l’ère numérique et de la mondialisation

A-t-on pris la peine de s’asseoir sérieusement pour savoir comment le Québec s’est comporté depuis l’élection du tout premier gouvernement péquiste en 1976 ? Oui l’exercice a été fait et ça donne Le cœur des québécois coécrit par Marie Grégoire l’ex députée de Berthier à l’Assemblée nationale et la communicatrice que lon sait, Éric Montigny professeur de science politique à l’Université Laval et Youri Rivest observateur attentionné de l’opinion publique. On s’interroge sur l’avenir des régions et si leur éloignement peut-être solutionné par la technologie, l’intégration des peuples autochtones etc. Ponctué de nombreux graphismes qui donnent la mesure des tendances sociales.

Le cœur des québécois. L’évolution du Québec de 1976 à aujourd’hui. Collectif. Presses de l’Université Laval 231p.    www.pulaval.com


 


 


Enriqueta dessine le processus créatif

En Argentine, Liniers est auréolé comme bédéiste, lui qui s’est fait beaucoup connaître par ses dessins déjantés dans le quotidien La Nacion. Et puis il ne se contente pas de pondre comme un ermite sur sa planche à dessin. En compagnie du musicien Kevin Johansen il donne des animations où pendant que son comparse joue, lui crée devant l’auditoire qui en redemande. Une façon de donner un autre souffle à l’art visuel. Il nous revient avec sa star Enrequita, jeune fille au tempérament ancré qui dans Écrit et dessiné par Enriqueta décortique la façon dont on accouche sur papier un dessin issue de l’imaginaire. L’idée étant de générer des talents d’artistes chez les jeunes têtes. Enrequita est tellement attachante.

Écrit et dessiné par Enriqueta. Liniers. La Pastèque 72p.   


 


 


Témoignages sur la ruée vers l’or au Klondike

Historienne et biographe, la canadienne Charlotte Gray s’est emballée pour les mythologies entourant la fameuse ruée vers l’or au Klondike situé au Yukon, région subarctique et inhospitalière, royaume des ours. Elle s’y est même rendue durant trois mois pour s’imprégner de ce qu’ont dû vivre ces hommes et ces femmes à la recherche de cet Eldorado leur permettant de s’arracher à leur condition de survie terrestre. Pour rendre au mieux l’esprit du temps, elle a consigné dans Orpailleurs, faire fortune au Klondike des témoignages en provenance de diverses sources. On voit revivre devant nous un monde à la dure avec un clergé qui allait même là bas pour évangéliser. Les soutanes étaient vraiment partout. Où les clercs côtoyaient des danseuses de saloon. Quel monde. Une sorte d’Atlantide à sa façon. Et que de désillusions!

Orpailleurs, faire fortune au Klondike. Charlotte Gray. Presses de l’Université Laval 440p.     www.pulaval.com


 


 


La parole est donnée aux Premières Nations québécoises

Voilà un album magnifique qui fera plaisir à notre premier ministre canadien, Justin Trudeau dont on connaît les efforts qu’il instaure pour réhabiliter l’apport des Premières Nations pour la construction ce pays. En novembre 2013, le Musée de la civilisation à Québec, inaugurait une exposition de grande envergure « C’est notre histoire. Premières nations et Inuit du XXIème siècle ». C’était le fruit d’un travail de longue haleine entrepris par une équipe solidement constituée, qui est allée à la rencontre de représentants onze Premières Nations du Québec. On leur a demandé de livrer librement leur ressenti. Vous voulez avoir l’autre version d’une histoire longtemps cachée, la voici. La beauté de cette démarche unique était de faire entendre la sensibilité de ces peuples de très haute spiritualité. Vous connaîtrez enfin de près ce que pensent ces hommes et ces femmes qui ont tellement soufferts aux mains de l’homme blanc dominateur qui les avaient baptisés, les sauvages. Félicitons ici les Presses de l’Université Laval qui se sont grandement investies dans la réalisation de ce bel album en textes et photos.

Voix visages paysages. Sous la direction d’Élisabeth Kaine avec la collaboration de Jacques Kurtness et Jean Tanguay. Presses de l’Université Laval 232p.     www.pulaval.com


 


 


12 ans, et déjà des idées politiques pour le Québec

Vous êtes de ceux à déplorer un manque de leadership au pays. Ne perdez pas espoir trop vite. Car il y a un nom à surveiller. Pour le moment il a douze ans et se nomme Raphaël Émond. Depuis l’âge de huit ans, ce surdoué saguenéen s’intéresse à la politique et son destin est tout trouvé, il veut devenir un prochain premier ministre du Canada. Car il est fédéraliste. Il considère que le Québec, seul comme pays, errerait dans le concert des nations, en proie à une dette dévastatrice. Et ne lui parlez pas de Justin Trudeau qu’il considère vide de son sens, et qu’on découvrira réellement lorsqu’il aura à régler de vrais problèmes. Il prédit même le retour de la corruption chez les libéraux fédéraux. Vous pourrez prendre connaissance de ses idées dans son livre La politique vue du haut de mes 12 ans. C’est l’éditeur Jean-Claude Larouche de la maison d’édition JCL qui le connaît bien et qui fasciné par cette vive intelligence en a fait le plus jeune auteur de l’histoire de sa maison d’édition. Et attendez de voir avec quelle intelligence il déballe ses commentaires. Ça annonce des lendemains qui chantent.

La politique vue du haut de mes 12 ans. Raphaël Émond. Les éditions JCL 220p.     www.jcl.qc.ca


 


 


La riche héritière et l’employé

Il était une fois, une jeune femme au lourd passé, violée par un proche de la famille qui se retrouve héritière d’une solide fortune. Mais cela ne fait pas son bonheur, au vu du lourd passé qui est le sien. Elle a à sa disposition un chauffeur qui éprouve beaucoup d’empathie pour elle, en dépit de son attitude distante. Graduellement il parviendra à faire fondre cette armure et la toucher par ses sentiments. De son côté, sa félicité ne sera totale que dans la mesure où elle devra en découdre avec celui qui lui a ravi son enfance. Une histoire romanesque, genre conte de fée moderne, mais à la sauce réaliste. L’héritière de la honte est le septième roman de Chantale Côté qui persiste et signe dans son domaine de prédilection, le monde des sentiments.

L’héritière de la honte. Chantale Côté. Les éditions JCL 279p.    www.jcl.qc.ca


 


 


Le coin Miam miam

S’il y a une maison d’édition dont on ne s’attendrait nullement à lui voir publier un livre de recettes c’est bien chez Almora qui est bien connue pour ses ouvrages de haute tenue sur la spiritualité. Mais ici c’est un peu spécial, considérant que si on respecte son corps au plan alimentaire, ça favorise évidemment la clarté de l’esprit. D’où la sortie du livre d’Ariane Cohen « Les saveurs de l’ayurvéda. Des plats comme de raison végétariens. Et excusez ce jeu de mots faciles compte tenu ici du registre spirituel, des plats bons…en diable. Sur les 80 recettes qu’on y trouve, 27 sont de sa composition. Les légumes et salades sont à l’honneur, dans une explosion de saveurs.

Aux éditions marie claire, le genre de livre de recettes dépannage qui nous vient tellement en aide. Il s’agit de la Cuisine du quotidien. Un ensemble de 40 recettes des œufs cocottes à l’oseille et aux épinards au gratin de cabillaud aux brocolis et l’intrigante pizza blanche. Que du bon, facile à exécuter et ne demandant pas des ingrédients impossibles à trouver.

Puis chez Mango, Laure Kié nous offre ses recettes et conseils de nutrition pour moins stresser et mieux dormir. Il s’agit de Zen food qui apportera une belle contribution en ce sens, car l’actualité médicale nous offre de façon récurrente des nouvelles alarmantes sur le temps de sommeil de qualité qui rétrécit comme peau de chagrin, notamment en raison de l’abus des écrans bleus de ordis et des tablettes électroniques qui excitent le cerveau et l’empêche de se détendre. Sans compter la course à la performance qui abat les frontières entre le temps de travail et la quiétude de la vie au foyer. Que ce soit des jus vitaminés et ce qu’elle nomme le bol soleil, autant de suggestions pour se régénérer à plein.


 


 


La dernière folie, faire ses propres cosmétiques

Les cosmétiques des grandes marques sont trop chères pour vos revenus ? Pourquoi ne pas les concevoir vous-même ? Un livre vient de paraître Cosmétiques maison je me lance élaboré conjointement avec Aroma Zone. Vous avez dans ces pages une mines de renseignements qui permet de réaliser des baumes, huiles sèches, crèmes hydratantes. Et vous allez voir qu’on ne s’embarrasse pas de chimie, puisque tout st à base d’ingrédients naturels. Avec un ensemble de 32 recettes. Et quel beau cadeau original à offrir, fait main.

Cosmétiques maison. Aroma Zone. Éditions marie claire 127p.    www.editionsmarieclaire.com


 


 


Pour saisir les enjeux de l’écosystème

Comme il semble que les préoccupations écologiques font partie des priorités dans les valeurs des individus,  La Terre et moi de James Loverlock est promis à coup sûr à un grand succès en librairie. Pour la raison que dans ce bouquin, on consigne toutes les données qu’il faut savoir sur les changements climatiques, les positions cosmiques et leur influence, les conséquences qui nous attendent si nous ne portons pas attention à protéger notre bonne vieille planète. Car on le dit en fin d’ouvrage, au contraire des animaux qui composent avec la nature, nous homo sapiens avons lun pouvoir sur les forces naturelles. Et ça peut jouer dans les deux sens. Et en ce moment ça ne penche pas du bon côté. C’est un ouvrage fouillé au possible qui vise à nous conscientiser sur nos responsabilités.

La Terre et moi. James Lovelock. Taschen 163p.  


 




 


Origami consacré aux poissons et dessins de base pour manga

Tiens, quel joli présent à offrir à quelqu’un qui est habile de ses mains. En effet sous la direction de Nick Robinson vous avez un coffret Poissons en origami dans lequel on trouve un livret explicatif de 120 pages, 20 modèles à réaliser avec non seulement du texte explicatif mais aussi par téléchargement en code QR le mode d’emploi, visuellement parlant. Et qui dit origami dit papier. Vous avez donc 100 feuilles grand format pour donner naissance à de jolis poissons. C’est édité chez Nuini. Demeurons dans la culture nippone avec cette fois un cours de dessin de base pour créer des manga, ces BD dont les japonais sont complètement dingues, car les personnages sont mignons qui est un must dans la jeunesse. Anatomie pour le dessin de Manga de Christopher Hart, nous montre tout ce qu’il y a à savoir pour coucher sur papier vos stylisations. Le genre manga répond à des codes graphiques très précis. Aux éditions Vigot.


 




 


Le coin de la BD

Cinq titres sollicitent votre curiosité. Chez l’éditeur Indies, Copperhead du trio Jay Faerber, Scott Godlewski et Ron Riley on est plongé en pleine science-fiction. Qui nous transporte sur une planète qui donne son nom au titre et où a été affectée une mère monoparentale avec statut de shérif. Et en plus que le bled est triste à mourir, loin de tout, elle doit composer avec un environnement humain très déplaisant. En plus, comme si ce n’était pas assez, elle doit élucider un meurtre.

Dans un même registre de fiction, c’est un agent de la sécurité impériale, Michel Maistre, qui s’en va sur la planète Émeraude pour tenter d’éclaircir une série de disparitions, dont celui d’une poétesse dont il en pinçait. Silence radio chez cette denrière, ce qui l’inquiète grandement. Ce qui nous donne Odyssée sous contrôle du duo Dobbs et Stéphane Berger chez Ankama.  

Chez Urban, de Peter J. Tomasi et Viktor Bogdanovic « Batman » Arkham knight le tome 1 intitulé « les origines ».  Le sous-titre de cette BD est le nom donné à un quartier malfamé de Gotham City, sur lequel devait s’édifier, selon les visées du maire, un secteur où on regrouperait des fous furieux. Batman qui lutte toujours contre le Joker, s’oppose au funeste dessein du premier magistrat de la ville. L’action ne manque pas pour le mythique justicier masqué.

Du coté de chez Dupuis, Karma City signé et illustré par Pierre-Yves Gabrion. Ce touche à tout de génie qui scénarise, dessine et colorise tout à la fois, a imaginé une ville où se côtoie une fange sociale peur fréquentable. Avec moult intrigues dont la convoitise autour d’une mandala gravée, qui fait saliver des trafiquants d’antiquités peu scrupuleux. Mais si on dit communément que d’un dépotoir peut surgir une rose, vous avez là matière à espérer tout de même.

Aux éditions les 400 coups, Anna Llenas lance Le vide. Son héroïne, une toute jeune fille est appelée à se confronter avec les réalités de l’existence. C’est à notre connaissance la première BD québécoise à caractère métaphysique. Si les contes ont ceci de bon qu’ils mettent en opposition les forces du bien et du mal, cet album pour la réflexion plus loin, avec des concepts très de notre temps, comme la résilience. Avec pour objectif avoué que le lecteur comme la protagoniste, gagne en confiance.


 


 


Des trésors religieux dans Lotbinière

La situation des objets religieux fait penser aux objets laïcs, tels les rouets, qui n’intéressaient plus personne et qu’on remisait dans des greniers ou des granges. Jusqu’à ce que, des décennies plus tard, on s’aperçoive de leur grande valeur patrimoniale. A l’ère numérique, il n’y a pas grand monde qui s’extasie sur un calice ou une chasuble. Heureusement, des citoyens soucieux de leur valeur prennent les choses en mains et assurent leur protection. C’est ainsi que la société d’histoire régionale Patrimoine et histoire des seigneuries de Lotbinière qui célèbre son dixième anniversaire, s’est offert un cadeau de choix en publiant, fruit de deux années de recherches, un magnifique album Patrimoine religieux en Lotbinière réalisé par Sylvie Bernard, Claude Crégheur, Christiane Rousseau et Mélanie St-Jean. Temples, presbytères, accessoires du culte, fresques, statues et quoi encore trouvent une place de choix dans ces pages accompagnées de textes forts instructifs. Et on saluera la maison d’édition GID qui a pris un soin jaloux à faire un travail soigné au plan graphique.

Patrimoine religieux en Lotbinière. Collectif. GID 298p.   www.editionsgid.com


 


 


La galerie du photographe au 300 prix

Bernard Brault est un as de la lentille depuis 32 ans à La Presse et le mot retraite ne semble pas faire partie de son vocabulaire. Sa carrière est bardée de plus de 300 prix qui couronnent ce photographe qui a le flair de capter LE moment qui va faire une différence entre sa production et celle d’un autre confrère. Il lance 40 ans de hockey dans l’œil de Bernard Brault avec des textes de François Gagnon. Si l’on dit volontiers qu’une photo vaut mille mots, imaginez le nombre de caractères visuels que contient ce magnifique album. Lors du cocktail de lancement qui se tenait chez Lozeau on lui a demandé si dans la mouvance des entreprises de presse qui pour réduire les coûts demandent aux journalistes de faire eux-mêmes leurs photos, ça ne menaçait pas sa profession. Et lui de répondre avec aplomb qu’on ne supplantera jamais l’impact que peut causer un photographe professionnel. De quoi rassurer. C’est vrai qu’on a tellement mis d’empressement qu’il n’y avait personne d’irremplaçable. Brault oppose un sérieux démenti. On ne se lasse pas de voir et revoir les photos qu’il a sélectionnées, autour de 250, ce qui a dû être un sacré casse-tête compte tenu des dizaines de milliers qu’il a réalisé jusqu’à présent. Et son comparse nous éclaire avec des anecdotes à profusion, dont un texte remarquable sur la vie d’aujourd’hui dans les vestiaires. Là aussi les temps ont bien changé. Un superbe cadeau à offrir à tout amateur de notre sport national.

40 ans de hockey dans l’œil de Bernard Brault. Photos Bernard Brault, textes François Gagnon. Les éditions La Presse    www.editionslapresse.ca


 


 


Pomerleau célèbre son 50ème anniversaire, hommage au fondateur

Habituellement, les livres de type corporatif peuvent être ennuyeux car ce sont des hagiographies dictées par l’entreprise qui ne présentent d’intérêt que pour cette dernière et leur personnel. On s’étonnera de voir dans le catalogue de ma maison GID Hervé Pomerleau bâtisseur du Québec moderne par Pierre C. Poulin. C’est que d’une part le patronyme bien connu est immédiatement associé à l’univers de la construction, mais c’est aussi une vaste page d’histoire de notre développement, car le fondateur que l’on honore ici est parti de sa Beauce avec presque rien, un premier contrat pour la construction d’une petite école et il finira avec un barrage à la Baie-James, le 1000 De La Gauchetière et une foule d’édifices prestigieux partout en province, à Montréal et aux USA. Cet homme est un géant. Et la particularité de sa manière de procéder, a toujours de recourir à l’appui et les avis indéfectibles de son épouse Laurette. Et on ne fait pas mystère de certaines difficultés que le bâtisseur a rencontré sur sa route. Mais c’était sans compter la détermination légendaire des beaucerons dont il est l’illustre fleuron.

Hervé Pomerleau. Pierre C. Poulin. Les éditions GID 416p.   www.leseditionsgid.com


 




 


Le coin santé physique et psychique

Selon Scott Kiloby écrivain et grand théoricien de la liberté sonne l’alarme, à savoir qu’en matière de développement, les faits de notre vie, bons ou mauvais ne forment pas notre identité. Que pour Vivre l’éveil auquel nous aspirons tous, il faut être connecté sur l’ailleurs, ce qui nous entoure. Il a certainement visé juste car beaucoup se plaisent à dire, que parmi tout ce qui s’écrit sur le développement intérieur, ce livre est d’une remarquable simplicité dans son approche et trouve à nous interpeler. C’est aux éditions Accaria. Chez le même éditeur d’Adeu Rinpoche « Le pourfendeur de l’illusion ».  Ce maître tibétain a connu les geôles chinoises pour cause de répression. Cette expérience douloureuse l’a fait mûrir. Il divise le présent titre en deux parties, des notions de spiritualité et comment vivre la relation avec un mentor spirituel et ensuite c’est le récit de ce qu’il a vécu.

Les deux ouvrages qui suivent sont chez Lanore. Paul Degryse qui signe Chamanisme Toltèque le réalisme spirituel qui se veut une renaissance individuelle et collective dans une conscience élargie. Vaste programme qui s’assimile en parcourant page après page. D’entrée de jeu, l’auteur met en évidence que l’humanité est en proie à l’anxiété et que les religions bien que reconnaissant le phénomène, ne trouvent rien de concret pour soulager les êtres et les amener plutôt à se dévoiler dans ce qu’ils sont au plus profond d’eux-mêmes. Et le matérialisme est venu ajouter à la désillusion, car il n’a pas tenu ses promesses d’aspiration vers le bonheur. Il y a une alternative qui se présente alors détaillée dans ces pages pour favoriser l’émergence de l’authenticité.

Entretiens célestes est pour le moins vivant. Pour seule signature Paqui. Cette Paqui est une jeune fille morte en 1925 d’une gravie sinusite frontale. Et dans le paradis où elle se trouve, elle adressera des communications que va recevoir un ami habitant d’Arcachon. Par après, une dame, Yvonne de Godefroy qui pourtant n’était pas une abonnée aux mystères ésotériques, reçut à son tour des missives intérieures qu’elle transcrivit. Plus de 6000 pages! On en a ici une sélection. Lire ce qu’un défunt a à nous dire, est toujours perturbant.

L’intestin est considéré par le corps médical et chez les orientaux, comme un deuxième cerveau pour la bonne marche de notre système  corporel. A ceux qui, réducteurs, voient les intestins que comme de vulgaires organes servant à éliminer, se trompent royalement. Chouchoutez votre intestin du naturopathe Christian Brun chez Rustica, vous apprendra à quel enseigne loge nos tripes. Il est la base du capital de la santé et de notre équilibre, rien de moins. Une petite plaquette mais qui éclaire sur ce qu’on ignorait.

En terminant, deux ouvrages aux éditions marie claire Daytox de
Kyra de Vreeze
et Je me ressource de Willemien van Egmond. Le premier est un joyeux fourre-tout qui mélange recettes santé, pratique du yoga, conseils de détente avec pour mission de se désintoxiquer chez soi sans être obligé de se rendre dans un centre de thalassothérapie ou de jeûner des jours durant. On nous offre un programme modèle étalé sur sept jours. Dans le second, on répond à une problématique qui survient lorsqu’après une saine évasion un week-end ou lors de vacances, on se voit de retour chez soi à la merci du stress. Y a-t-il moyen de décompresser à la maison ? La réponse est oui et on nous dispense une foule de petits tuyaux qui nous aide dans le quotidien sans devoir toujours s’exiler pour décrocher.


 


 


Petit carnet métaphysique de Jean D’Ormesson

Le vénérable nonagénaire qu’est Jean D’Ormesson ne cesse de nous surprendre. En ce moment il est en gestation d’un pavé de six cent pages, mais entretemps il nous arrive avec un petit carnet intitulé Guide des égarés. C’est une somme de petites réflexions sur le thème du passage terrestre. D’où nous venons et vers quoi allons-nous. Comme il est plus près du terminus que de la ligne de départ, il est légitime qu’il se soit fait des idées un peu arrêtées sur le sens de l’existence.  C’est l’héritage métaphysique qu’il nous lègue. Chaque chapitre est un thème comme l’amour, la liberté. Étonnamment, rien sur l’ennui dont pourtant il a une conscience aigüe.

Guide des égarés. Jean D’Ormesson. Gallimard 119p. 


 


 


Petit carnet métaphysique de Jean D’Ormesson

Le vénérable nonagénaire qu’est Jean D’Ormesson ne cesse de nous surprendre. En ce moment il est en gestation d’un pavé de six cent pages, mais entretemps il nous arrive avec un petit carnet intitulé Guide des égarés. C’est une somme de petites réflexions sur le thème du passage terrestre. D’où nous venons et vers quoi allons-nous. Comme il est plus près du terminus que de la ligne de départ, il est légitime qu’il se soit fait des idées un peu arrêtées sur le sens de l’existence.  C’est l’héritage métaphysique qu’il nous lègue. Chaque chapitre est un thème comme l’amour, la liberté. Étonnamment, rien sur l’ennui dont pourtant il a une conscience aigüe.

Guide des égarés. Jean D’Ormesson. Gallimard 119p. 


 


 


Petit carnet métaphysique de Jean D’Ormesson

Le vénérable nonagénaire qu’est Jean D’Ormesson ne cesse de nous surprendre. En ce moment il est en gestation d’un pavé de six cent pages, mais entretemps il nous arrive avec un petit carnet intitulé Guide des égarés. C’est une somme de petites réflexions sur le thème du passage terrestre. D’où nous venons et vers quoi allons-nous. Comme il est plus près du terminus que de la ligne de départ, il est légitime qu’il se soit fait des idées un peu arrêtées sur le sens de l’existence.  C’est l’héritage métaphysique qu’il nous lègue. Chaque chapitre est un thème comme l’amour, la liberté. Étonnamment, rien sur l’ennui dont pourtant il a une conscience aigüe.

Guide des égarés. Jean D’Ormesson. Gallimard 119p. 


 


 


Petit carnet métaphysique de Jean D’Ormesson

Le vénérable nonagénaire qu’est Jean D’Ormesson ne cesse de nous surprendre. En ce moment il est en gestation d’un pavé de six cent pages, mais entretemps il nous arrive avec un petit carnet intitulé Guide des égarés. C’est une somme de petites réflexions sur le thème du passage terrestre. D’où nous venons et vers quoi allons-nous. Comme il est plus près du terminus que de la ligne de départ, il est légitime qu’il se soit fait des idées un peu arrêtées sur le sens de l’existence.  C’est l’héritage métaphysique qu’il nous lègue. Chaque chapitre est un thème comme l’amour, la liberté. Étonnamment, rien sur l’ennui dont pourtant il a une conscience aigüe.

Guide des égarés. Jean D’Ormesson. Gallimard 119p. 


 


 


Petit carnet métaphysique de Jean D’Ormesson

Le vénérable nonagénaire qu’est Jean D’Ormesson ne cesse de nous surprendre. En ce moment il est en gestation d’un pavé de six cent pages, mais entretemps il nous arrive avec un petit carnet intitulé Guide des égarés. C’est une somme de petites réflexions sur le thème du passage terrestre. D’où nous venons et vers quoi allons-nous. Comme il est plus près du terminus que de la ligne de départ, il est légitime qu’il se soit fait des idées un peu arrêtées sur le sens de l’existence.  C’est l’héritage métaphysique qu’il nous lègue. Chaque chapitre est un thème comme l’amour, la liberté. Étonnamment, rien sur l’ennui dont pourtant il a une conscience aigüe.

Guide des égarés. Jean D’Ormesson. Gallimard 119p. 


 


 


Petit carnet métaphysique de Jean D’Ormesson

Le vénérable nonagénaire qu’est Jean D’Ormesson ne cesse de nous surprendre. En ce moment il est en gestation d’un pavé de six cent pages, mais entretemps il nous arrive avec un petit carnet intitulé Guide des égarés. C’est une somme de petites réflexions sur le thème du passage terrestre. D’où nous venons et vers quoi allons-nous. Comme il est plus près du terminus que de la ligne de départ, il est légitime qu’il se soit fait des idées un peu arrêtées sur le sens de l’existence.  C’est l’héritage métaphysique qu’il nous lègue. Chaque chapitre est un thème comme l’amour, la liberté. Étonnamment, rien sur l’ennui dont pourtant il a une conscience aigüe.

Guide des égarés. Jean D’Ormesson. Gallimard 119p. 


 


 


Un Québec qui aspire à sa disparition

A voir Christian Saint-Germain l’auteur du trop lucide essai Le mal du Québec on croirait à peine que c’est la même personne qui affiche une mine débonnaire et qui en même temps trace un portrait désespérant du Québec à l’ère numérique. Professeur à l’Université du Québec à Montréal, on imagine sans peine qu’il doit être populaire auprès de ses étudiants. Car il a une sacrée bonne dose d’humour. Ce qui le désole et qu’il exprime à pleines pages, c’est de voir que les québécois sont comme dans une sorte de soins palliatifs collectif, avec pour seule aspiration de disparaître. « Nos deux héritages de la Révolution tranquille sont le ministère de l’éducation et celui de la santé, nos deux plus gros échecs. »  Il n’en revient pas de voir que le thème le plus récurrent dans les discussions entre les nôtres, est celui de la maladie. A qui aurait le plus grand nombre de bobos. Comme de se faire un point d’honneur d’atteindre le pic d’être malade.

Et ce qu’il en connaît un rien sur ce que nous étions et sur ce que nous sommes. Il est quasi incollable sur la culture populaire et vous citera derechef le nom de l’animateur de « Soirée canadienne » une émission culte du petit écran qui tiendra l’antenne durant vingt-trois ans. Il voit avec tristesse une inculture abyssale. Et que dire d’un peuple qui ne sait rien, en proie à la peur ? Et on prendra plaisir à lire une certaine imposture des têtes d’affiche du PQ qui si on le comprend bien, font carrière avant toute chose sur fond du mythe d’un pays à venir. Et des délices, comme le portrait qu’il fait de Bernard Drainville. Plus opportuniste que lui tu meurs. Ce que vous ressentez du malaise de vivre terre québécoise, l’essayiste le met en mots et traduit vraiment bien ce qui ne va plus dans la Belle Province. Merci docteur Saint-Germain pour votre diagnostic.  

Le mal du Québec. Christian Saint-Germain. Éditions Liber


 


 


L’ABC pour réussir en affaires

Nous avons lu quelque part que la moitié des travailleurs au Québec, ont le statut de travailleur autonome. Et c’est normal, on aspire tellement à se soustraire au patronat dont le fantasme permanent serait de vous voir travailleur bénévolement…Pierre-André Julien est une pointure dans la compréhension des structures des PME car outre qu’il est professeur émérite à l’Institut de recherche sur les PME de l’Université du Québec à Trois-Rivières, il a été de longues années expert en PME auprès de l’OCDE à Paris. Il nous livre le fruit de son savoir en la matière, du moins un bon résumé dans un opuscule qui a pour titre Dix clés pour réussir votre entreprise. On retiendra des passages qui mettent en lumière le fait qu’un atout majeur de la réussite d’une entreprise, est sa ressource humaine. Un ouvrage fort utile pour qui fait du bye bye boss son objectif ultime.

Dix clés pour réussir votre entreprise. Pierre-André Julien. Presses de l’Université du Québec 186p.        www.puq.ca


 


 


L’ultime folie numérique

L’ère numérique apporte son lot de livres qui décrivent les dérives que connaissent nos civilisations dans l’univers des médias sociaux. Loïc Le Borgne nous propose un roman d’anticipation audacieux Sim survivor dont on se demande si ce qu’il écrit ne va-t-il pas se réaliser un jour. Brrr!!! C’est un jeune richard en peine de savoir comment tuer le temps qui va participer à l’instigation d’une amie, à un jeu de simulation qui donne son titre au livre et dans lequel il doit affronter des épreuves effrayantes dont on ne sait plus à un moment donné si elles sont virtuelles ou…réelles. Le gagnant, ça donne froid dans le dos, c’est l’unique survivant. Une histoire menée rondement qui donne à réfléchir profondément sur cet engouement dramatique de la jeunesse pour le monde virtuel.

Sim survivor. Loïc Le Borgne. Scrineo 351p.     www.scrineo.fr


 


 


Le vide intérieur d’une jeunesse

Ce pourrait être un roman déprimant, mais en même temps on se dit qu’il faut cesser de porter des lunettes roses. Actuellement, sans grand projet collectif, la jeunesse québécoise s’ennuie à mourir. Le deuil tarif des camélias de Daniel Leblanc-Poirier décrit mieux que tout le grand vide intérieur de ces jeunes qui errent sans foyer fixe, une fois qu’ils ont quitté le cocon familial. Le romancier qui est en même temps un formidable mémorialiste de notre temps, rend bien le degré de nullité de certains rapports humains qui pourraient se résumer par « Et toi » et l’autre de répondre « Rien de spécial ». Tout un programme. C’est curatif de constater où nous en sommes rendus socialement. La drogue comme fuite en avant a encore de belles années devant elle.

Le deuil tardif des camélias. Daniel Leblanc-Poirier. L’Interligne123p.   www.interligne.ca


 


 


Pas jojo les ados amerloques

Émilie Lemoine s’est faite une spécialité de la représentation de l’adolescence à travers les séries télévisées américaines. Cette docteure en études anglophones, persiste et signe une radiographie éclairante de la jeunesse américaine L’adolescence made in USA. En sous-titre, sexe, genre et conservatisme dans les séries pour ados. Et à propos de conservatisme, il faut lire ces observations sur l’imagerie homosexuelle dans leurs téléséries, où c’est essentiellement l’homosexualité masculine qui domine quand elle est présente, et pas sous son meilleur jour. Le monde homosexuel est intrinsèquement associé à un univers de souffrance. Non il ne fait pas bon d’être jeune chez nos voisins du Sud. Des ados bien mal dans leur peau. Triste constat.

L’adolescence made in USA. Émilie Lemoine. Presses de l’Université Laval 192p.     www.pulaval.com


 


 


Des québécois de renom à découvrir

Ils se sont mis à deux André Pratte et Jonathan Kay pour passer commande à des personnes, souvent largement connues du grand public, pour faire des monographies d’hommes et de femmes de chez nous au Québec qui ont pavé la voie dans bien des domaines. Le sous-titre fait sursauter un peu « Des canadiens français qui ont fait l’histoire » alors qu’on n’emploie plus cette dénomination de canadiens-français, la distinction de québécois s’étant établie depuis des lustres. Mis à part cet irritant le livre vaut le coup pour la connaissance de gens dont on oublierait même jusqu’au souvenir, telle Jehane Benoit racontée par Chrystine Brouillet. La première, célèbre pour son encyclopédie de la cuisine a été une pionnière pour le rayonnement au pays de la connaissance sur les aliments. C’était une savante du domaine. On nous apprend qu’en dépit de sa renommée, il n’y a presque rien côté documentation la concernant. Et dame Brouilllette de nous ressortir le cliché suivant à savoir qu’il en aurait été sans doute autrement si Madame Benoit aurait été un homme. Quand va-t-on enfin nous épargner ce préjugé grossier qui contribue à alimenter perpétuellement la guerre des sexes ? Parmi les personnalités qui ont droit à ce panthéon, notons le gardien de but Jacques Plante présenté par Ken Dryden, Henri Bourassa par Lucien Bouchard et George-Étienne Cartier par…Jean Charest. Ce sont bien entendu des hagiographies qui ont au moins le mérite d’être un devoir de mémoire.

Bâtisseurs d’Amérique. Sous la direction d’André Pratte et Jonathan Kay. Les éditions La Presse 407p.       www.editionslapresse.ca


 


 


Le cours 101 pour qui veut être publié dans une revue savante

Pierre Cossette est professeur associé à l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal après y avoir enseigné pendant vingt-cinq ans. C’est un familier de l’érudition et des publications savantes pour y avoir été publié lui-même à de nombreuses reprises. Il en connaît les exigences. Et elles sont nombreuses. C’est pourquoi il a cru bon de partager l’essentiel de ce qu’il faut connaître pour qui veut gravir ces échelons de la reconnaissance. Publier dans une revue savante qui en est à sa réédition comprend les dix règles que doit assimiler tout chercheur à quoi il a rajouté une règle d’or. En fin d’ouvrage il consacre de nombreuses pages au problème du plagiat et combien c’est une honte intellectuelle.

Publier dans une revue savante. Pierre Cossette. Presses de l’Université du Québec 156p.     www.puq.ca


 


 


Immigration et commissions scolaires, les cas de Montréal et Toronto

Jean-Philippe Croteau dans son essai Les commissions scolaires montréalaises et torontoises et les immigrants 1875-1960 d’entrée de jeu remercie ses parents pour lui avoir inculqué la notion de ténacité. Et cela à dû lui en prendre pour rédiger ce livre fouillé avec soin sur l’attitude des deux commissions scolaires face aux vagues d’immigration couverte par la période désigné. On sait qu’au Québec, et particulièrement à Montréal, la CECM fermée à toute intégration, fait rare sur le continent nord-américain, a laissé s’échapper l’immigration italienne de l’après seconde guerre mondiale au profit des écoles protestantes. Avec pour conséquence, que le choix des italiens, pour cause de force majeure, a été d’épouser la culture anglophone. On en paie encore le prix.

Les commissions scolaires montréalaises et torontoises et les immigrants 1875-1960. Jean-Philippe Croteau. Les Presses de l’Université Laval 282p.    www.pulaval.com


 


 


Lino Zambito, l’homme le plus courageux du Québec

Quand on connaît la peur congénitale des québécois, rappelée encore une fois récemment dans la publication du Code Québec publié aux éditions de l’Homme, on ne peut qu’être subjugué par la démarche de Lino Zambito le témoin vedette de la Commission Charbonneau sans qui, cette dernière n’aurait jamais pu prendre son envol comme on l’a connu et permis de voir éclater au grand jour l’écheveau de la corruption et de la collusion à l’échelle de la province et impliquant divers paliers politiques, provincial et municipaux. L’homme se vide le cœur dans Le témoin. On imagine sans peine le contentieux de la maison d’édition qui a sans doute passé au peigne fin chacune de ses accusations, et elles sont nombreuses, à commencer par le grand argentier du parti libéral du Québec sous Jean Charest, nous avons nommé Marc Bibeau. Quel courage il fallu à Zambito pour d’une part avouer sa participation au système mis en place et ensuite de cracher le morceau comme il le fait. Vous découvrirez à sa lecture un monde corrompu comme même vous ne pouviez l’imaginer et comment se sont envoler nos taxes. Ce livre est assuré d’être un best-seller et doit faire des jaloux dans le monde de l’édition. Chapeau aux éditions de l’Homme pour ce coup de chapeau.

Le témoin. Zino Lambito. Les éditions de l’Homme 245p.    
www.editions-homme.com


 


 


Le guide attendu du vin

On sait que depuis quelques années la sommelière Nadia Fournier a repris le flambeau de Michel Phaneuf créateur de son célèbre guide, pionnier en la matière au Québec et largement imité depuis. Au début avant de la laisser seule à la barre, ils ont coécrit en tandem. Maintenant, la jeune femme a établi son autorité elle seule, et est une fière héritière de son mentor. Elle nous arrive donc avec l’édition 2017. Contrairement à d’autres qui ont complété leurs guides avec une floraison d’accords mets et vins, ou un répertoire de vins à petits prix, elle se distingue en se limitant à sélectionner des vins dignes d’intérêt à diverses échelles de prix. Mais toujours sous l’angle du petit quelque chose d’exceptionnel. Et encore une fois, cette édition n’a pas déméritée des éditions antérieures, toujours réalisée avec une grande rigueur. Difficile à battre.

Le guide du Phaneuf du vin. Nadia Fournier. Les éditions de l’Homme 430p.   www.editions-homme.com


 


 


Les amours d’Oskar et de l’insaisissable Roses

Alexandre Jardin est une sorte de farfadet de la littérature. Primesautier, il ne cesse de nous surprendre. Et il ne démérite pas avec sa nouvelle ponte Les nouveaux amants centré sur les amours d’Oskar et d’une femme à l’équilibre psychique précaire, Roses. En introduction, il cite notre compatriote Jack Kerouac qui semblait accorder de l’importance à l’amour sous l’emprise de la démence. Jardin nous prend par la main pour nous amener dans l’intimité de ce couple dépareillé, qui ne l’a pas facile, vu l’état instable de la femme convoitée, en raison, entre autres de sa totale désinvolture en matière de sexualité. C’est une déclinaison singulière du mot amour qui nous est présenté.

Les nouveaux amants. Alexandre Jardin. Grasset 336p.   


 


 


Quand Simone de Beauvoir fit sa midinette

C’est un épisode de la vie de Simone de Beauvoir disparue voici trente ans, sur lequel on est pasé un peu vite, qui montre noir sur blanc, qu’avant d’être la féministe que l’on saint, l’auteure célébrissime du Deuxième sexe, demeurait avant tout une femme avec tout ce que cela suppose et donc susceptible d’être foudroyé par l’amour. Ce qui arriva avec l’écrivain américain Nelson Algren qui avait l’estime d’un Hemingway, rien de moins, qui voyait en lui un émule de Faulkner. Bref, les deux vont faire connaissance en 1947 et furent amants la nuit même de leur première rencontre. Et l’égérie du féminisme va se montrer alors sous un jour de midinette, prenant plaisir à faire la literie de son homme. A croire qu’elle s’était totalement dénaturée. C’est lui qui mettra fin à leur relation et la Beauvoir se s’en retourner Rive-gauche près de son Sartre fétiche. Cette idylle est brillamment racontée par Jean-Pierre Saccani qui y met toute la flamme qui entoura ces deux êtres que tout séparait au départ, lui le yankee et elle l’archétype de l’intellectuelle parisienne.

Nelson et Simone. Jean-Pierre Saccani. Écriture 206p.    www.editionsecriture.com


 


 


Un journal intime très mignon

Chez Broquet l’éditeur on s’est surpassé pour créer Mon journal intime destiné aux jeunes filles en fleurs qui veulent consigner par écrit les hauts faites de leur journée. Et pour que ce soit à l’abri des indiscrets, les parents pour ne pas les nommer, le journal est muni d’un fermoir avec cadenas dont vous seule posséder la clé. A l’intérieur un graphisme attrayant et des espaces prévus pour coller vos photos favorites. Dans le genre c’est une belle réussite.

Mon journal intime. Broquet.


 


 


 Survol de 375 ans de l’histoire de Montréal

En marge des commémorations du 375ème anniversaire de la fondation de Montréal, il se publiera sans doute plusieurs ouvrages à ce sujet. Un premier paraît chez Bayard Montréal 375 ans d’histoire de Pierre-Alexandre Bonin et Gilbert Desmarais. Abondamment illustré on a réussi le tour de force de dégager l’essentiel de ce qu’il faut savoir de ce qu’a été l’historique de la métropole. Et on a mis parfois l’emphase sur des montréalais illustres tels Dany Laferrière et déjà le regretté Leonard Cohen.

Montréal 375 ans d’histoire. Pierre-Alexandre Bonin et Gilbert Desmarais. Broquet 96p.        www.broquet.qc.ca


 


 


La chef d’antenne photographe professionnelle

Qui n’a pas vu le passage de Sophie Thibault sur le plateau de Denis Lévesque a raté quelque chose. La chef d’antenne de TVA, habituellement sur sa réserve, brillait de tous ses feux, comme une midinette enjouée à l’idée de parler de sa passion la photographie. Et dans son cas, c’est quasi un statut de dépendance. Et de la voir s’animer en nous montrant le fruit de son travail que l’on peut admirer sous la forme d’un bel album Dans ma nature. Elle est modeste, c’est une grande photographe, de même calibre que Yousuf Karsh. Sauf qu’à la différence du célèbre photographe canadien, elle ne s’est pas attaquée au portrait. Ce qui l’allume ce sont la nature dans tous ses états. Les clichés sont fabuleux et c’est un euphémisme. Si d’aventure elle prend un jour sa retraite, sa nouvelle vocation est déjà toute trouvée. Et on appréciera tout particulièrement ses photos réalisées sur le continent africain. Ce qu’il lui a fallu de patience et d’habileté pour croquer dans l’instant ces moments d’intimité des bêtes. Seul bémol dans toute cette splendeur, car rien n’est parfait, cet en-tête d’un chapitre intitulé «Mise au pont : le meilleur ami…de la femme » et où on voit son chien! Ça laisse dubitatif quand on a un tant soit peu une vision humaniste des rapports homme femme.

Dans ma nature. Sophie Thibault. Les éditions de l’Homme


 


 


Biographie du fondateur de Couche-Tard

Alain Bouchard le fondateur du holding Couche-Tard, qui s’apprête à devenir le géant mondial des dépanneurs, a droit à sa biographie. Et pour raconter cette montée en affaires de celui qui figure dans le cercle fermé des milliardaires canadiens, il a eu droit à une plume aiguisé, celle de Guy Gendron reporter émérite de Radio-Canada et actuel ombudsman de la Société d’État. Qui fort heureusement, bien que ce soit une biographie autorisée, ne s’est pas fait complaisant. Au contraire tout est dit, et un long passage est consacré à la réputation anti-syndicaliste du personnage. Et à ce propos, en voyant les passages d’Alain Bouchard sur les plateaux de télé, on sentait ce dernier soulagé d’avoir à se présenter enfin sous un jour plus humaniste. Et on comprend la volonté de cet entrepreneur de voir en grand quand on sait que c’est un natif du Lac Saint-Jean, des gens orgueilleux au possible, très fiers. Ce livre vaut pour une chose, c’est qu’il décrypte par quoi il faut passer si on a une très grande ambition. Et l’homme d’affaires en a bavé. Ça été loin d’être un succès sur un claquement de doigt. La persévérance est le leitmotiv de toute sa vie. Là se résume la clé de son succès.

Couche-Tard ou l’audace de réussir. Guy Gendron. Les éditions de l’Homme 323p.   


 


 


Richard Abel lève enfin le voile

Le pianiste Richard Abel n’était nullement intéressé à ce que le public sache quoi que ce soit de son homosexualité. Peur de décevoir une clientèle conservatrice et catholique, mais effrayé surtout de la réaction de son père. Avec lequel, et c’est ce que nous apprend sa biographie, il a vécu son karma terrestre. Un paternel qui, lorsqu’il mêlait alcool et drogue se muait en un fauve déchaîné battant sa mère et maudissant à la ronde. Ce sont des pages pénibles que l’artiste évoque encore avec les larmes aux yeux. Une misère matérielle durant l’enfance qui dépasse l’entendement, comme de vivre dans une roulotte à patate frites avec la présence de rats. On croirait lire un roman feuilleton d’Eugène Sue au dix-neuvième siècle. Émotif en diable, c’est la musique qui lui apportera un baume qui lui permettra de cicatriser ses blessures à l’âme. Il parle des vedettes qu’il a accompagnées avec des portraits décapants d’Alys Robi et de Guilda. Il détaille sur son gain à la Loto qui a fondu comme neige et vous verrez pourquoi, et aussi comment cela a généré soudainement un lot de solliciteurs dont il ne parvenait qu’à se débarrasser difficilement. C’est le journaliste retraité de Radio-Canada, Denis-Martin Chabot qui a mis en mots cette vie en noir et blanc comme dit le titre. Il a réussi à traduire parfaitement cette vie artistique et personnelle en dents de scie.

Mon histoire en noir et blanc, le clavier de ma vie. Richard Abel avec la collaboration de Denis-Martin Chabot. Les éditions La Semaine 234p.    


 


 


Les douces folies d’une illustratrice

N’essayez pas de donner du sens à la démarche de l’illustratrice Ana Roy avec son opuscule Les petites choses. Qui sont si plus ni moins que des divagations graphiques amusantes comme tout. C’est une observatrice de notre quotidien qui teinte ses créations d’un peu de surréalisme. On sourit et ne serait-ce que pour cette raison on peut ranger l’auteure comme une bienfaitrice de l’humanité.

Les petites choses. Ana Roy. Mécanique générale. 


 


 


L’imagerie hitlérienne décryptée

Alain Jaubert comme beaucoup de gens dans le monde, demeure fasciné par l’attrait qu’a pu exercer un être comme Adolf Hitler sur ses compatriotes. Il a donc tenté de voir par quels moyens s’est imposé le charisme de ce type qui en faisait rire plusieurs avec sa petite moustache en brosse comme aujourd’hui on se moque de Donald Trump avec sa houppette capillaire orangé. Il n’en reste pas moins que le dictateur allemand, au-delà de la caricature, aura provoqué la mort de 50 millions d’individus de par le monde. La moustache d’Adolf Hitler est un incontournable à lire qui puise à diverses sources de la connaissance. Car rappelons que quiconque ignore l’Histoire, risque de la revivre.

La moustache d’Adolf Hitler. Alain Jaubert. Gallimard 166p.   


 




 


Deux romans qui tutoient l’excellence

La maison d’édition Verdier a certainement un comité de lecture hors-pair car chaque sortie de titre chez eux nous amène à découvrir des auteurs puissants qui nous captivent. Et les deux derniers opus s’inscrivent dans ce courant qui tutoie l’excellence. Nous avons nommé Les incendiés d’Antonio Moresco et Histoire de Knut de Yoko Tawada. Le premier met en scène un individu en rupture de tout son environnement et qui va se mettre à rouler en voiture sans but. Il va se trouver une niche dans un petit hôtel en bordure de mer où il se terrera à l’abri du monde. Mais viendra un grand incendie à la ronde qui menace même son havre de paix. Et pendant qu’il contemple cette dévastation foudroyante, une femme étrange aux dents en or surgit derrière lui, lui proposant un pacte diabolique, qui est de brûler ensemble. Nous vous laissons la surprise du reste qui fait de ce texte quelque chose d’onirique axé sur les thèmes de l’amour et de la dureté de notre époque. Captivant est un euphémisme.

Le second titre fait référence à ce célèbre petit ourson polaire baptisé Knut, vedette du zoo de Berlin et qui n’aura vécu que quatre ans. A partir de ce fait réel, l’écrivaine a bâti une allégorie où telle une Ésope moderne elle donne la parole aux oursons la triste histoire de leur congénère. Et on se demandera après coup, si derrière leurs barreaux ce ne sont pas eux qui nous observent au final. C’est un exercice de style réussi en tout point qui nous interpelle dans nos réflexions.


 


 


La grande histoire de l’architecture de Montréal

Est-ce que l’ouvrage était prévu en fonction de la commémoration en 2017 du 375ème anniversaire de fondation de Montréal, toujours est-il que l’architecte et professeur Jean-Claude Marsan nous laisse un legs impressionnant, la grande histoire de l’architecture de Montréal depuis les débuts de la colonie jusqu’à nos jours. Montréal en évolution est un pavé qui peut faire peur au premier abord. On croirait être en présence d’un ouvrage hermétique destiné aux seuls connaisseurs du domaine. Mais non, ça se lit merveilleusement bien et la maison d’édition a eu l’heureuse idée de faire voisiner l’abondante iconographie en fonction du texte de sorte que l’on peut voir tout de suite de quoi ça retourne. On salue ici la somme de travail titanesque qu’il a fallu à l’auteur pour en arriver à un tel résultat. Ce qui ne peut que renforcer notre admiration pour ce cofondateur d’Héritage Montréal et fondateur du premier programme d »études supérieures en conservation de l’environnement bâti au Canada. Après lecture, vous ne verrez plus la ville de la même façon. Mieux, elle stimulera votre sentiment d’appartenance.

Montréal en évolution. Jean-Claude Marsan. Presses de l’Université du Québec 729p.   www.puq.ca


 


 


Maisons chaudes

Ne nous méprenons pas, il ne s’agit pas de maisons aux mœurs douteuses, elles sont ici chaudes au plan de l’aménagement à l’ancienne qui confère beaucoup de chaleur. Le photographe Perry Matrovito précédé de moult distinctions qui couronnent son œuvre, s’intéresse passionnément aux maisons rustiques, notamment celles en bois ronde. De celles qui font fantasmer nos cousins français. Il s’est baladé à travers le Québec pour recenser ces belles demeures toutes de bois. En feuilletant ces pages on est ravi par ces intérieurs douillets souvent agrémentés de feux de foyers. On imagine sans peine de belles soirées d’hiver au retour d’activités extérieures. Et est-il utile de préciser la qualité des photos ? Ici plus que jamais, l’image vaut mille mots. On voudrait tous posséder de pareilles demeures, secondaires ou non.

Maisons en bois rond et pièce sur pièce au Québec. Perry Mastrovito. Broquet 167p.    www.broquet.qc.ca


 


 


En marge du 20ème anniversaire du décès de Gilles Hénault

Les éditions Sémaphore, la petite maison d’édition québécoise pas comme les autres, a voulu souligner à sa façon le vingtième anniversaire de la disparition de Gilles Héneault en lui consacrant un ouvrage rassemblant des critiques qu’il a faite sur l’art contemporain des années quarante à quatre-vingt dix. Si vous ne connaissez pas l’homme, sachez que cinq ans après sa mort, il fut consacré Artisan de la révolution tranquille par le gouvernement du Québec. Il fuit tour à tour directeur de la section des arts au Devoir, directeur du Musée d’art contemporain de Montréal, directeur du département des arts plastiques de l’UQAM et président du comité permanent du ministère des affaires culturelles du Québec pour l’intégration des arts à l’architecture. En 1993 il était lauréat du prix Athanase-David. Autant vous dire que toute la vie d’Hénault a été entièrement dévoué à son amour de l’art moderne. Et grâce à Rose-Marie Arbour et Claude Gosselin on a la chance de revenir sur les textes qu’il a écrit à ce propos, critiques, interviews, etc. On se rend compte en terminant Regards sur l’art d’avant-garde de sa contribution extraordinaire pour l’avancement de la connaissance en la matière.

Regards sur l’art d’avant-garde. Gilles Hénault. Les éditions Sémaphore 564p.  
www.editionsemaphore.qc.ca


 


 


Histoire des sciences et territorialités de l’État québécois 1867-1939

Comme la question de l’exploitation de nos ressources naturelles est récurrente dans l’actualité il est intéressant de savoir comment est né l’intérêt pour la connaissance de nos ressources dans la Belle Province. Grâce à Stéphane Castonguay professeur titulaire en histoire à l’Université du Québec à Trois-Rivières on voit vivre sous nos yeux l’intégration du monde scientifique à la fonction publique de 1867 à 1939. Nos institutions de haut savoir commençant à fournir des diplômés en ressources naturelles, ceux-ci vo0nt mettre leurs connaissances à la disposition de l’État québécois qui va s’en servir pour répertorier notre potentiel à l’étendue du territoire de la province. C’était la grande époque où il fallait dresser l’inventaire, une période de pionniers. Ce travail érudit est à saluer.

Le gouvernement des ressources naturelles. Stéphane Castonguay. Presses de l’Université Laval 201p.      www.pulaval.com


 


 


L’histoire des chemins de fer en Amérique du nord enseignée aux petits

Quand on pense que Pascal Blanchet est un illustrateur autodidacte, ça ne fait que renforcer notre admiration à la vue des dessins qui étoffent son album En voiture!, qui est en résumé l’histoire de la traversée du continent américain par les trains. En même temps il a potassé suffisamment son sujet pour l’agrémenter de notes instructives. Bien qu’il soit destiné à la jeunesse, ce livre éducatif en apprendra énormément aux adultes. Quelles étaient belles les locomotives à certaines époques, et la classe des wagons. Nostalgie quand tu nous tiens. Et ça promet, car cet album ouvre la porte à une série d’autres ouvrages de type documentaire. C’est bien parti en tout cas avec celui-ci.

En voiture! Pascal Blanchet. La Pastèque    www.lapasteque.com


 


 


Il était une fois un garçon coincé

L’écrivaine Fanny Britt et l’illustratrice Isabelle Arsenault fortes de leur précédent succès « Jane, le renard et moi » conjuguent à nouveau leur talent pour une autre histoire, celle de Louis, garçonnet de onze ans, qui est habité continuellement par la peur de pas mal de choses. Alors imaginez quand vient le temps d’être remué par Cupidon. Lui, sans force intérieure, est incapable d’exprimer ses sentiments à Billie sa compagne de classe adulée. Heureusement il est bien entouré et petit à petit il travaillera la notion de courage. C’est en même temps, Louis parmi les spectres est une leçon magistrale sur le triomphe de la volonté.

Louis parmi les spectres. Fanny Britt et Isabelle Arsenault. La Pastèque 153p.   www.lapasteque.com


 


 


Tout ce qu’il faut savoir sur les princesses

Les éditions Caractère se sont surpassée pour offrir un album superbement illustré touchant à l’univers onirique des princesses. Le monde magique des princesses sur des textes de Dominique de Loppinot et des illustrations d’Angela Oliynik fait le tour de tout ce qu’il faut savoir les concernant. Et au plan de l’édition une véritable prouesse avec des pochettes, des languettes à tirer et quoi encore qui nous font aller de découvertes en découvertes.

Le monde magique des princesses. Dominique de Loppinot et Angela Olinyk. Éditions Caractère.  www.editionscaractere.com


 




 


 Le coin santé physique et psychique

Autrefois, les abbés se faisaient un devoir de parcourir rituellement au quotidien leur bréviaire où ils puisaient de saintes pensées. Mais ils n’ont pas le monopole du genre, puisque les laïcs font aussi bien en dispensant de sages conseils, tel Jean-Guy Arpin qui publie Philosophie Zen qu’il identifie comme des pensées permettant de se rapprocher du bonheur. L’une d’elles est inspirante, et qui donne le ton « Témoigner sa vérité en la vivant n’est-il pas plus juste que de l’imposer aux autres ? » C’est aux éditions du Cram.

Et dans un autre registre c’est le prix Nobel de la paix 2003, l’iranienne Shirin Ebadi première femme présidente du tribunal de grande instance à Téhéran. Mais lorsque les ayatollahs prendront le pouvoir, elle sera menacée de mort et ses proches. Elle choisira l’exil non sans en payer le prix au plan de la santé. Mais c’est une battante, et elle mettra toutes ses forces à décrier ce régime qui relègue les femmes dans l’ombre des hommes. C’est pourquoi on lira avec bonheur Pour être enfin libre, son autobiographie aux éditions l’Archipel.

Lorsque l’enfant mange ses premiers morceaux solides. Toute une étape dans le vécu nutritionnel. Les nutritionnistes Annie Talbot, Evelyne Bergevin et Marie-Ève Bouchard toutes trois de l’équipe Nutri-Énergie se penchent sur cette étape où le petit être passe du mou au solide. On donne des conseils pour lui éviter l’étouffement, la salubrité des aliments et pleins de trucs judicieux pour que cette transition se déroule harmonieusement. Aux éditions La Semaine.  


 


 


Autour des Tannants

A prime abord, les esprits bien pensants gloussent certainement à l’idée qu’un livre sur l’histoire de l’émission « Les Tannants » puisse s’être retrouvé dans le monde noble des lettres. N’appuyez pas trop vite sur la gâchette, car contrairement à ce que vous pensez c’est un livre passionnant au possible et rien à voir avec le niveau d’émission que ça représentait. Car l’auteure de Les Tannants racontés par Shirley, Pierre et Joël, nous avons nommé Johanne Mercier n’est pas n’importe qui. Grande artisane de la télévision et entre autres choses une des grandes recherchistes que nous avons eu, elle a été à la barre notamment de « Parler pour parler » avec Janette Bertrand sur les ondes de Télé-Québec. Elle connaît notre petit écran, et s’est servi un peu des Tannants comme prétexte pour raconter la vie du temps du canal 10 comme ça s’appelait avant d’être baptisé Groupe TVA. Ça fourmille d’anecdotes. Nous sommes allés au « junket » dans un hôtel du centre-ville de Montréal, en présence des trois piliers des Tannants. Qui a propos de leur émission, n’avaient aucune autre prétention que celle de divertir, et de faire oublier le dur quotidien au petit peuple. La signataire de l’album riche de plus de 200 photos, a procédé a une recherche exhaustive. En parcourant ces pages, on se rend compte que c’est tout un monde disparu qu’elle fait ressurgir. De nos jours dans les studios de télé c’est glacial au possible avec au départ l’agent de sécurité qui vous prie de signer le registre même quand vous êtes une star du petit écran.
 
A l’époque c’était carrément le « free for all » et Pierre Marcotte de raconter qu’il y avait un bar où on ne faisait pas que boire du bout des lèvres. Et ça se voyait à la livraison en ondes. Les vedettes touchaient des pitances, 125$ par émission en 1973. Une misère. Mais vous étiez au pinacle social et vous aviez l’opportunité de vous reprendre ailleurs comme Joël Denis qui gagnait pas mal rien qu’en faisant des publicités. L’album pour lequel la maison d’édition a mis beaucoup de soin, ne se limite pas qu’à l’émission proprement dite. C’aurait pu s’intituler « Les Tannants en leur temps ». Nous vous recommandons fortement sa lecture car c’est un pan de notre patrimoine culturel qui apparaît et beaucoup plus riche qu’il n’en a l’air. Autrefois Télé-Métropole n’investissait pas beaucoup dans la création et c’était l’esprit du cabaret qui se reflétait en ondes. Mais les participants s’amusaient follement et le public aussi. Aujourd’hui les émissions ont certes gagnés en qualité, mais on n’a jamais vu une population aussi triste.

Les Tannants racontés par Shirley, Pierre et Joël. Les éditions de l’Homme 208p.


 


 


Pour prendre conscience de notre petit quotidien

Il y en a, et ils sont nombreux, qui maudissent la routine du quotidien. La répétition à perpète de petits gestes. Christine Montalbetti a dû longuement réfléchir sur ce thème car elle se fend d’un tribut à ce qu’on ne remarque même plus et qui a pour titre La vie est faite de ces toutes petites choses. Et pour rendre justice à l’ordinaire, elle prend comme métaphore, le voyage de quatre astronautes américain dans le cadre du programme Atlantis et qui vont se rendre rejoindre la Station spatiale internationale. L’occasion de passer en revue les heurs et les jours de ces voyageurs de l’espace. Car on a beau aller presque au ciel, on revient toujours ici bas.

La vie est faite de ces toutes petites choses. Christine Montalbetti. P.O.L. 333p.     www.pol-editeur.com


 


 


Merveilleuse ruche carrée

Les apiculteurs apprécient depuis des lustres ce qu’on nomme la ruche Warré, baptisée ainsi du nom d’un clerc qui a eu l’idée de ce type d’habitat qui a pour but de favoriser au maximum la production de nos chères abeilles. Et en même temps, c’est un système qui a pour mérite la simplicité et qui requiert de fait peu de matériel. Pour voir de quoi il en retourne allez lire Élever des abeilles en ruche Warré de Olivier Duprez. Et dans la foulée de cette tendance à l’agriculture urbaine où des citadins installent des ruches sur leur toit, ce peut-être un guide drôlement utile.

Élever des abeilles en ruche Warré. Olivier Duprez. Rustica editions 79p.   www.rustica.fr


 


 


Par quels canaux et comment les témoins de génocides s’expriment

C’est un essai en collectif sous la direction de Catalina Sagarra Martin « Génocides, le tiers témoignaire » dans lequel on passe en revue, part que joue les témoins de ces actes affreux. Bien que l’idée de départ n’est pas de s’attacher à un seul exemple de génocide, on remarquera tout de même une large place faite à celui perpétré au Rwanda. Divers chercheurs apportent une contribution sur ce qu’ont vécu les témoins de ces horreurs, ce qu’ils ont fait par la suite pour que l’humanité n’oublie jamais.

Génocides, le tiers témoignaire. Catalina Sagarra Martin. Presses de l’Université Laval 173p.     www.pulaval.com


 


 


Réédition enrichie de Québec à l’âge de la voile

Nous vous signalons, amateurs de notre histoire maritime que sort en librairie Québec mer et monde de Paul Terrien qui est en fait une réédition augmentée et enrichie de son ouvrage de 1984 « Québec à l’âge de la voile ». Qui fait un retour en arrière sur l’âge d’or de la construction navale à Québec. On se souviendra que le port de Québec a été au XIXème siècle, un des cinq premiers grands ports au monde. L’historien qui a potassé son sujet, redonne ses lettres de noblesse à la construction des navires. Nostalgie quand tu nous tiens.

Québec mer et monde. Paul Terrien. Presses de l’Université Laval 211p.  www.pulaval.com


 




 


Le coin couture

Deux ouvrages chez Mango destinés aux adeptes de la couture. D’abord  l’ouvrage Adorable layette et cosigné Charlov et Hello Birdie. Qu’est-ce qu’ils vont êtres gâtés les poupons sr les couturières suivent sans déroger, les merveilleux exemples parmi 32 modèles proposés, allant du petit pull à la coiffe. C’est conçu pour les bébés allant jusqu’à l’âge d’un an. L’autre, de Charlov seul 20 pulls tout doux l’occasion toute trouvée d’offrir un cadeau personnalisé comme cadeau de Noël à venir.


 


 


Tout sur la culture des plantes d’intérieur

Les pouces verts savent qu’on peut très bien se passer du sol pour récolter ses légumes. Michel Beauvais se fait fort de nous expliquer comment grâce à La culture indoor qui fait appel à l’hydroponie, l’éclairage, la ventilation et les engrais nécessaires. C’est surtout un cours axé sur les techniques avec le matériel à mettre en place. Ce sont des installations a priori d’une certaine sophistication mais qui auront pour résultat de vous autoriser des cultures hors sol dans le confort de votre foyer.

La culture indoor. Michel Beauvais. Rustica éditions 127p.    www.rustica.fr


 




 


Pour apprendre à dessiner

On peut dessiner pour toutes sortes de raisons, en professionnel, comme aussi dans une optique de thérapie ou de simple loisir. Mais peu importe les motivations, il faut connaître les rudiments et en ce sens voici deux livres qui vont vous aider à mettre le pied à étrier. Le premier à considérer est L’art du dessin par E.G. Lutz chez Mango.. Ce qu’il a de particulier c’est que c’est une méthode en progression, partant d’une forme et aboutissant à un produit fini. Et on s’aperçoit qu’à partir de presque rien on arrive à des résultats étonnants. Ensuite, sous un angle un peu plus avancé Lise Herzog nous propose chez le même éditeur Perspective et composition faciles. C’est comme si on s’élevait au rang d’une école de Beaux-Arts avec une prof qui nous enseigne la première règle de toutes en dessin, trouver la perspective. Vous avez là l’essentiel à maîtriser pour pouvoir aller plus loin.


 




 


Le coin Miam miam

Le traité Rustica des savoir-faire cuisine maison donne l’impression d’être un livre de recettes. Oui et non. Pour simplifier, c’est davantage un livre sur les techniques en cuisine, fumer la viande, faire le pain, cailler du lait ou affiner un fromage. Tous les aspects culinaires sont explorés, les charcuteries, les produits fumés, les pians, les confitures, les boissons, les fromages et yaourts, les pâtisseries et les conserves. Avec des découvertes comme le Plisson du Poitou, une crème sucrée de la région qui se prend telle quelle comme dessert. On détaille comme le préparer. Quand on sait que la gastronomie française est inscrite au patrimoine immatériel de l’humanité, cet ouvrage nous enseigne les rudiments de la cuisine du terroir qui mène à la grande.

Ensuite chez Mango, de Valéry Drouet et Pierre-Louis Viel « Cochon & cochonnailles ». Tout ce que vous avez voulu savoir sur le porcidé qui honore nos tables et que vous n’avez jamais osé demander. D’abord des recettes exotiques pour nous telle l’estouffade aux carottes ou le rôti cuit en bocal au miel ou simplement, des variations sur la pizza avec du porc. Vous avez des entrevues, comme le dernier producteur de jambon de Paris à l’ancienne. On ne peut trouver ouvrage plus complet sur le domaine. Et leçon no. 1 le vocabulaire de la connaissance des parties du cochon, graphisme à l’appui. C’est aux éditions Mango dans la collection « Gueuletons ».


 




 


La revue de l’année 2016 par nos caricaturistes

C’est un rituel attendu, comment nos caricaturistes ont-ils vu l’année qui se termine ? Aux éditions La Presse débarque les deux chevronnés de la profession Chapleau pour La Presse « Teflon man, Chapleau 2016 »  et André-Philippe Côté pour le Soleil « De tous les Côté 2016 ». Ils n’ont pas perdu une once de mordant et le maire Coderre a bien sûr les honneurs, cible de choix vu sa physionomie tellement tentante pour des crayons affutés. On se rend compte que dans un Québec dominé par la peur et où les citoyens n’osent jamais protester à haute voix, se drapant anonymement derrière les réseaux sociaux, vous avez ici deux mecs bien droits dans leurs bottes qui vont à fond de charge. Ils se défoulent pour nous par procuration. Heureusement qu’ils sont là. Et comme pour toute personne qui fait rire, ce sont des bienfaiteurs de l’humanité.


 


 


Jean Lemire, scientifique, cinéaste et…poète

Autrefois on disait de ce genre d’ouvrages que c’était des livres pour table à café. Heureusement qu’avec le temps ce snobisme s’est évanoui dans la nature. D’autant que L’odyssée des illusions de Jean Lemire est un hymne à la beauté du monde. Vous avez dans ces pages le meilleur en textes et photos de ces pérégrinations depuis 25 ans à bord de son voilier. Et le pari était de décrire les merveilles de la nature sans que ça devienne redondant ou écolo gnangnan. Et que dire des photos retenues parmi des dizaines de milliers. Le choix devait être difficile. Mais ce qu’il nous livre est le summum qui entérine bien l’adage qu’une image vaut mille mots. Saluons les éditions La Presse pour ce remarquable travail d’édition graphique.

L’odyssée des illusions. Jean Lemire. Éditions La Presse 213p.    www.editionslapresse.ca


 


 


Toronto et les Rocheuses canadiennes

Deux petits opuscules qui donnent le goût de se déplacer dans le reste du Canada. Les deux sont édités chez Ulysse. Le premier est publié dans la sympathique collection « Escale à » consacré à Toronto, la Ville-Reine. Qui est en fait la métropole du Canada. Autrefois ville triste consacrée strictement au monde du business, mais qui s’est littéralement métamorphosée, avec une dynamique culturelle qui fait progressivement concurrence à Montréal. Conçu pour de courts séjours, vous avez là une sélection des meilleures adresses où se sustenter, se divertir, etc. L’autre est dédié aux Rocheuses canadiennes. Vous êtes au pays des ours, avec moult invitations à explorer la nature dans toute sa diversité, des pics montagneux aux lacs éblouissants. Au passage, les photos sont superbes et donnent le goût de s’y rendre par le premier train.


 


 


Marie-Joëlle Parent et son San Francisco

Tous les crooners à commencer par Tony Bennett ont entonné « I left my heart in San Francisco »  le plus bel hommage que l’on puisse rendre à cette ville phare de la Côte Ouest américaine. Marie-Joëlle Parent qui était encore hier correspondante aux États-Unis pour le groupe Québecor et maintenant journaliste indépendante, a eu le coup de foudre elle aussi qui consigne dans 300 raisons d’aimer San Francisco sa vision personnelle de cette agglomération urbaine qui avec New York est tout sauf du genre yankee. Ville hautement culturelle ceinturant la belle baie qu’enjambe le majestueux Golden Gate. Oubliez les guides convenus, ici c’est l’originalité qui est mise à l’honneur. Car Cisco est un lieu culte de la contre-culture et un lieu d’animation pour la communauté LGBT, où on tente toutes sortes d’expériences, culturelles, gustatives et autres. On voit que l’auteure est une amoureuse sans limite de son sujet. Elle a fouiné partout et nous fait partager généreusement son carnet des meilleures trouvailles.

300 raions d’aimer San Francisco. Marie-Joëlle Parent. Les éditions de l’Homme 285p.    


 


 


Un premier roman prometteur

La littérature compte un nouveau membre qui si on en juge par ce premier opus, mérite d’être suivi à la trace. Son nom Gilles Grenier qui débarque en douce avec Le gardien du phare et la sirène. L’histoire d’un mec, un ex-militaire qui lors du décès de sa mère, apprendra que sa mère avait probablement une liaison à tout le moins virtuelle avec un amateur de bridge comme elle et gardien de phare de son état à Fort Amherst à Terre-Neuve. Il commence alors sa petite enquête qui va le mener auprès de la petite-fille de l’amant présumé. Elle s’appelle Béatrice ou son diminutif Béa. Cette rencontre va être déterminante pour la cuite des choses avec des épisodes de violence. Ce roman est axé sur un thème récurrent en littérature, les secrets de famille dissimulés dans le placard. Une variation ici très réussie. Notre flair nous dit que le romancier est promis à un bel avenir dans les lettres.

Le gardien du phare et la sirène. Gilles Grenier. L’Interligne 235p.    www.interligne.ca


 


 


Derniers jours des nazis dans les Balkans

Avec La maison pâle, Luke McCallin en est au deuxième volet de sa trilogie qui met en vedette un policier militaire allemand Gregor Reinhardt. Cette fois le décor est planté à Sarajevo en hiver 1944. Une géographie que le romancier connaît bien puisqu’il y a été délégué en mission par les Nations-Unies. Ce sont les derniers mois du dernier conflit mondial. Et comme lez nazis devront battre en retraite, ils doublent de férocité. Quoi que en termes d’horreurs la gestapo était carrément horrifiée par les exactions commises par la milice croate des Oustachis. Notre « héros » est témoin de toute cette humanité qui bascule vers les instincts primaires. Sur sa route il va croiser une femme énigmatique, Suzanna Vukic au bilan un peu trouble, mais qui lui sera d’une aide précieuse. Sans compter que lui-même est menacé. De l’action en voici en voilà, tout ça sur fond de vérités historiques. C’était mieux avant dites-vous ?

La maison pâle. Luke McCallin. Toucan noir 490p.    www.editionsdutoucan.fr


 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

La collection « Autrement dit » aux éditions du Dauphin Blanc, n’a jamais autant bien porté son nom qu’avec ce titre qui sort Manuel de survie à l’ère des médias sociaux par Pierre-Luc Poulin. C’est qu’on nous serine à longueur de journée qu’il faut être de son temps et que d’être à la mode, est d’être rivé à son téléphone intelligent à cœur de jour. L’auteur veut mettre des balises, notamment en ce qui a trait à ces médias sociaux qui passent leur temps à vouloir nous vendre quelque chose. La modération a bien meilleur goût pourrait être le slogan approprié pour définir l’objet du propos.

Les trois autres titres qui suivent sont du même éditeur. Joe Vitale connu mondialement pour son best-seller « Zéro limite » signe Zéro limite l’ultime secret qui est un enseignement puisé dans le Ho’oponopono qui est comme on le sait la spiritualité des hawaïens. Et ce n’est pas un exercice insurmontable car il se résume à quatre pensées récurrentes dans cette région du monde « Je t’aime, je suis désolé, pardonne-moi et je te remercie ».  

Hélène Giroux nous prend par la main comme sur la photo illustrant son ouvrage Accompagner…guide essentiel pour une présence en fin de vie. Elle fait de l’accompagnement des mourants depuis neuf ans, eux qui lui ont apporté de grandes leçons de vie qu’elle nous a partagé dans un autre livre. Quand survient un décès toute rationalité est noyée par un flot d’émotions. Comment maîtriser sa douleur et envisager de faire son deuil.

Et cette fois tout un pavé Un cours d’amour l’édition complète de Mari Perron qui se présente comme premier receveur. Comme décrit en quatrième de couverture, le premier livre établit l’intégrité de l’être, soit l’intégration de l’esprit et du cœur. Le second et le troisième livre présentent des révélations pertinentes et procurent un accompagnement sur la quête intérieure héroïque sans distance entre vous et votre Soi.

Chez Ada, Tiffany Johnson nous donne Pour un bonheur sans fin. Ce sont les conseils d’une médium sur l’amour et les relations. Il y a un chapitre très intéressant sur l’espace privé dans nos vies personnelles en opposition à la dissimulation.


 





 


Le coin santé physique et psychique (2)

Quelqu’un a déjà écrit que le pardon est la meilleure voie à suivre pour quiconque a eu un passé lourd de malheurs, et si il ou elle, veut continuer à vivre sans transporter continuellement son boulet. Le docteur en sciences religions et thérapeute Bernard Anton est le meilleur partisan du pardon comme forme de régénération psychologique. D’où cet essai Osez le biopardon pour votre mieux-être. Une réflexion sur le pardon et sa place dans le contexte historique des hommes. C’est un baume sans pareil. C’est publié chez Marcel Broquet.

Deux livres chez Mango qui nous conduisent dans un monde ésotérique L’oracle des ruines de L. Eversden et Le pouvoir des cristaux de T. Lister le premier revenant sur les pouvoirs divinatoires d’un alphabet ancestral tandis que le second passe en revue les forces et pouvoirs d’une énergie millénaire. Les deux ouvrages se présentent dans un emballage semblable qui comprend un livre et un jeu de cartes. On a ici privilégié l’aspect ludique pour faire passer des messages connus des anciens.

Et deux autres titres toujours chez Mango, mais cette fois dans la collection « Aider à grandir » et s’adressant à l’éducation des enfants. Gilles Diederichs se fait maître de musique dans Accompagner l’éveil musical chez l’enfant avec 60 exercices de musicothérapie complétés avec un CD, sonorité oblige. Personne n’a contesté que la musique adoucie les mœurs. Et sans nécessairement jouer d’un instrument, la musique accompagnera l’individu durant toute son existence, dans les moments de joie ou de peine. Rares sont les petits qui sont indifférents aux notes de musique. Et c’est spontanément qu’ils vont répondre en imitant les sons ou en dansant.

Et pour les parents qui ne parviennent que difficilement à gérer l’autorité parentale et qui vivent du stress, voici que la sophrologie peut-être d’un secours. Cette méthode qui psychocorporelle qui allie des savoirs ancestraux comme par exemple le yoga ou la méditation. Christelle Thirion est sophrologue et a structuré dans Sophrologie et activités ludiques 30 exercices de relaxation destiné à la tranche des 3 à 12 ans.

Les québécois sont friands de cyclisme et les manifestations sont nombreuses dont le non moindre, le défi Pierre Lavoie, où les nôtres enfourchent leurs bécanes pour rouler sur le bitume. Mais on ne grimpe pas sur un vélo sans une préparation physique, sans quoi bonjours les douleurs articulaires. On aura tout intérêt à lire Anatomie & 100 étirements essentiels pour le cyclisme aux éditions Parramon qui passe en détail tous les mouvements entourant la pratique de la bicyclette. Vous avez une photo d’une posture et à côté la reproduction vue de l’intérieur, comme si on examinait une radiographie. Il nous est dit en quoi tel geste a des conséquences sur le reste du corps.



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