- LIVRES NOVEMBRE 2015 -
 
 




 


Cinq bijoux chez Gallimard


Oh que la littérature est bien servie avec ces cinq arrivages venant de chez Gallimard. A commencer par Dépressions du prix Nobel de littérature 2009, Herta Müller. C’est un collage de dix-neuf récits où une enfant voit ce qui se déroule dans la région germanophone de Roumanie du Banat, plus précisément autour d’une ville que nous connaissons mieux, Timisoara. C’est vraiment en mode mineur pour reprendre une tonalité musicale, avec ce côté sombre du quotidien des gens en milieu rural. Comme dit le poète, c’est ainsi que les gens vivent. Difficile de faire plus réaliste. La beauté de cet exercice de nihilisme, c’est que vous sortez de cette lecture en vous consolant.

Suit une autre pointure, le britannique Jonathan Coe dont on se souviendra d’une belle rencontre et un portrait à la Grande librairie, l’émission de télé française sur l’actualité littéraire. Il nous arrive avec Notes marginales et bénéfices du doute. Ce n’est pas un roman, mais des divagations intelligentes sur tout et sur rien. Si vous voulez connaître enfin la pâte du bonhomme, vous avez tout trouvé. On voit qu’il est un passionné de cinéma. Il consacre un joli passage sur le sadisme d’Alfred Hitchcock envers les femmes. Plus loin dans une entrevue accordée à un journaliste, il raconte que son premier texte long, s’inspirait carrément de Ian Fleming, le père de James Bond.

Ian McEwan vampirise les états d’âme de la magistrate qu’il a créée dans L’intérêt de l’enfant. Cette dernière est confrontée à tout un dilemme. A savoir quoi faire dans ce cas conflictuel qui lui est proposé, celui d’un adolescent de dix-sept ans qui pour sa survie doit recevoir des transfusions sanguines. Le problème, c’est que les transfusions sont proscrites dans la religion de ses parents. Et les géniteurs font pression sur les médecins pour empêcher la procédure. Comment la juge va-t-elle s’en tirer, dans l’intérêt de l’enfant ou des parents. Voici un beau thème dans la foulée des accommodements raisonnables.

Dans sa série noire, figure en majesté le Jo Nesbo nouveau, Le fils. Nous sommes à Oslo, à la rencontre d’un prisonnier héroïnomane, prénommé Sonny. Il a de qui tenir. Son père, un policier corrompu, se serait donné la mort. En tôle le fiston se comporte de manière irréprochable. Au point que son empathie lui vaut des confidences de codétenus. Et un jour la vérité finira par éclater. On lui apprendra que son père ne s’est pas suicidé. A la suite de ces révélations, dont on vous garde le détail, Sonny va faire cavale, avec une seule idée en tête, venger son papa. Et c’est de voir la ténacité du fils d’en découdre. Le maître du polar est ici au zénith de son talent.

Et dernier gros nom de l’illustre maison d’édition, nous avons nommé Christian Bobin. Il nous sert sur un plateau d’argent Noireclaire. Un texte de poésie en prose. Des strophes épurées qui sont autant de célébrations à vivre malgré parfois les horreurs ici bas. Et il se met en mode léger pour savoir apprécier les éléments de la nature qui le mettent joie.


 






 


Tandis qu’aux éditions La Presse

La douce France se raconte de bien des façons. Le journaliste émérite de La Presse, Pierre Foglia a choisi de nous dire sa France sous l’angle de vue du Tour de France. Ce sont donc ces chroniques françaises que le scribe a sélectionné et réunies dans Le tour de Foglia. Comme il le mentionne en quatrième de couverture, il devait écrire en pensant au néophyte du cyclisme tout en gâtant l’amateur qui souhaite des détails techniques. Mais quand on feuillette ce petit livre dense, on voit bien que Foglia a réussi la parité. Et il nous fait encore davantage aimer l’Hexagone.
Danièle Henkel nous est devenue familière avec sa participation aux Dragons. La femme d’affaires aime bien tirer des enseignements de son parcours de vie. C’est ainsi qu’elle se fait coach de vie dans Au cœur de mes valeurs où elle aborde une variété de thèmes qui font notre quotidien comme notre rapport à l’argent, les deuils, etc. Grosso modo, rien à redire, ses propos tombant la plupart du temps sous le sens. Le passage sur la valeur de l’argent dans le couple est si réaliste. Elle souffre encore de ne pas pouvoir participer aux gâteries du restaurant en payant sa part ou en offrant celle de l’autre, de crainte de frustrer l’homme de compagnie. Il y a encore beaucoup de chemin à faire même en cette ère numérique.

L’Infoman est tout un photographe. C’est ce qui nous vient à l’esprit en parcourant On est tous quelque part. En effet, Jean-René Dufort se double d’un globe-trotter qui aime bien se servir de sa caméra pour capter des instantanés de vie. Il a fait une sélection de ses meilleures qu’il a colligées dans un el album. On est tous quelque part. Si les photos sont superbes, que dire alors des vignettes désopilantes, où il sympathise avec un ouvrier de la construction, juché très haut sur une poutre et dont il a le souci pour ses testicules…

Ils étaient attendus, ils sont là, les Serge Chapleau pour La Presse et André-Philippe Côté pour le Soleil. A leur façon, ils sont au dessein ce que le Bye bye est à la télé, une revue de presse des moments les sujets à être tournés en dérision. Et nos deux pros du croquis, savent aussi croquer à pleines dents. On dirait que pour cette cuvée 2015 ils s’en sont donné davantage à cœur joie, cynisme grandissant. Toutes nos sympathies pour ceux qui sont épinglés dans ces pages. C’est la rançon de la gloire.

Philippe Cantin le journaliste sportif du quotidien La Presse ne se voit que dans son domaine. Il a bien été cadre supérieur de la salle des nouvelles durant quelques années, mais il a tout laissé tomber pour retourner à la base et faire ce qu’il aime le mieux, traiter du sport et plus particulièrement le hockey. Véritable mémoire de notre sport national, il gâte les fans avec 50 matchs de hockey qui ont marqué le Québec. On l’oublie mais c’est aussi un conteur remarquable qui nous fait revivre de façon captivante chacun des matchs sélectionnés. Et les textes sont appuyés par des photos remarquables qui sont autant de souvenirs gravés dans la mémoire.


 


 


James Bond ne meurt jamais


Anthony Horowitz qui a été décoré l’an dernier de l’Ordre de l’Empire britannique pour sa contribution à la littérature est du genre chanceux. On sait qu’il a été contacté par la succession de Ian Fleming le regretté père de James Bond, pour la continuation de l’œuvre du célèbre écrivain. Et Horowitz a eu le privilège d’avoir accès à des ébauches inédites de Fleming pour une série télévisée qui n’a jamais eu lieu, en raison du succès immédiat du premier film consacré à l’espion le plus renommé de la planète. Et c’est ainsi que parmi les cinq brouillons, il a puisé de quoi nous donner Déclic mortel où tous les ingrédients qui ont fait la recette de la série des James Bond s’y trouvent : esprits malveillants, belles filles et humour sarcastique très british. Vous aimerez ce retour du héros qui s’en tire toujours mais non sans difficulté.

Déclic mortel. Anthony Horowitz. Calmann-Lévy 331p.  

www.calmann-levy.fr


 


 


Une icône des boîtes à chansons se raconte

Nous avons tous été surpris par cette invitation au lancement de l’autobiographie de Pierre Calvé. On le croyait hors circuit depuis longtemps, lui si étroitement associé à l’époque des boîtes à chansons. Eh bien non, il est pimpant à 76 ans, fait du sport, ce qui explique son excellente forme. Et il se produit à l’occasion. C’est un être doux et il le demeure contre vents et marées. L’auteur-compositeur-interprète de « Quand les bateaux s’en vont » son succès fétiche, a cru bon de faire acte de devoir de mémoire en racontant son parcours. Il ouvre pour nous son album de vie artistique, commençant par nous parler de ses ancêtres bretons, ses premiers boulots dans la marine marchande et ensuite son engagement artistique. On apprend qu’il a toujours géré sa carrière lui-même et qu’il a dû se produire dans des endroits qui ne rendaient pas toujours justice à son art. On aime ici sa belle franchise. Vous avez aussi pleins d’anecdotes dont la fois où son cachet a été payé en partie avec une carabine offerte!  Un très beau livre qui permettra à la jeune génération de découvrir un Québec artistique disparu…hélas.

Tout est vrai. Pierre Calvé. Éditions du Cram 347p.    www.editionscram.com


 


 


Histoire de la nouvelle chez nos voisins du Sud

Il est modeste Renald Bérubé en intitulant son historique de la nouvelle américaine Brève histoire de la nouvelle (short story) aux États-Unis. Elle est peut-être courte au sens de la durée dans le temps, vu la jeune nation que représente les États-Unis au plan littéraire. Mais pour ce qui est de la naissance et l’évolution du style de la nouvelle propre aux amerloques, eh bien chapeau, nous sommes en face d’un travail d’érudition à la hauteur d’un travail universitaire accompli. D’ailleurs l’essayiste est un connaisseur de la culture chez nos voisins. Et on apprend que la nouvelle là bas est un genre prisé qui bénéficie de plusieurs tremplins et des prix prestigieux. Que de nombreuses revues littéraires lui font une large place.

Brève histoire de la nouvelle (short story) aux États-Unis. Lévesque éditeur 231p.      www.levesquediteur.com


 


 


Un thriller environnemental

Andrée Décarie comptable agréée et informaticienne, est une écrivaine à l’écoute de son temps. Pour Apocalypse, une société secrète elle a puisé son inspiration dans l’univers de l’environnemental, qui est un domaine tendance dans l’actualité. D’abord il y a l’Ordre de la Vraie Croix, constituée de fanatiques qui ont à cœur, et par tous les moyens, de vouloir faire respecter la qualité de l’environnement. Et par de curieux détours de moyens ils font subir au monde des fléaux annonciateurs. Paradoxalement ils veulent le bien de la planète en même temps qu’ils sèment la désolation. Pour contrer leurs agissements maléfiques, l’enfer comme on sait étant pavé de bonnes intentions, un groupe, l’équipe Zen, met en action des opérations salvatrices. Nous sommes en présence d’un vrai thriller avec des recettes qui font le succès du genre.

Apocalypse, une société secrète. Andrée Décarie. Les éditions Révolte 375p.    www.andreedecarie.com


 


 


Un bled marqué au sceau de l’enfermement

Un sujet qui fait le bonheur des romanciers, ce sont des endroits retirés du monde, ou des lieux d’enfermements, comme le fameux Dôme de Stephen King, dont on ne peut sortir. Ici Blake Crouch a campé une sorte de petite bourgade, ceinturée d’une clôture électrifiée avec des surveillants en armes, dont on ne peut sortir, sous peine de perdre la vie, elle a pour nom Wayward Pines. Qui est à l’origine de « Twin Peaks » la télésérie de David Lynch, et l’autre qui porte le nom du roman, en fait une trilogie dont parait le tome 2. Il y a quelqu’un dans ce volet, qui aura l’opportunité d’en être sorti et qui revient à titre de sheriff. Et ce qu’il dit du monde extérieur n’a rien de réjouissant. Tout comme pour le premier tome, on peut se rendre compte de ce qui a conquis les lecteurs et cinéphiles, de beaux traits de psychologie chez ces captifs.

Wayward Pines. Livre 2. Blake Crouch. Flammarion 327p.   www.flammarion.qc.ca


 


 


Un dossier de déontologie ressort trente ans plus tard

Ian Rankin nous ramène son limier fétiche l’inspecteur Rebus qui va réintégrer la criminelle mais à un rang subalterne. Il va s’en accommoder. Mais il arrivera que le ministère public va déterrer une affaire vielle de…trente ans qui mettrait en cause l’intégrité de notre héros. En effet, il serait accusé de falsification de preuves. Le responsable de la déontologie chargé de son cas, va peser lourd dans la décision qu’il prendra. Comment notre cher limier va-t-il tirer son épingle du jeu ? Allez-y voir, ça vaut la peine. On ne réveille pas un chien endormi est un titre accrocheur, l’histoire aussi. Rebus fera tout pour restaurer son honneur, vraiment tout.

On ne réveille pas un chien endormi. Ian Rankin. Éditions du Masque 429p.    www.lemasque.com


 


 


De la violence paternelle et sa réaction

Frédéric Vion est la belle surprise littéraire de cet automne. On ne l’a pas vu venir. Il débarque avec un premier roman coup de poing Comment j’ai tué mon père où le narrateur a eu à subir un père despote, violent au possible. Au lieu de ruminer son frein et trainer son boulet toute sa vie, il décidera d’en découdre avec l’auteur de ses jours. C’est une histoire comme il s’en passe hélas dans trop de foyers. Au Québec on n’a qu’à voir l’explosion des signalements au département de protection de la jeunesse. L’écrivain trouve les mots justes pour brosser le portrait de ce que peut-être l’enfer au foyer. Retenez ce nom, on n’a pas fini d’en entendre parler.

Comment j’ai tué mon père. Frédéric Vion. Flammarion 184p.    


 


 


La riposte du photographe volé

Ce fait divers a fait la manchette à l’été 2015 tant l’affaire est odieuse. Une journée de juillet, un cambrioleur va s’introduire dans l’appartement du photographe du Devoir, Jacques Nadeau. Il va cibler une seule chose, les disques durs rassemblant les archives photographiques en carrière de ce dernier. Vous pouvez imaginer le choc ressenti. Heureusement pour lui, il a choisi d’exprimer à voix haute son indignation, suppliant qu’on lui retourne ces témoignages de l’œuvre d’une vie. En vain. Qu’à cela ne tienne, la riposte ne s’est pas fait attendre. Il a effectué un travail de recherche considérable pour rassembler ce qu’il a pu trouver. Et il en a fait un album merveilleux, Photo trouvées qui comprend des clichés récents comme lors des funérailles de Jacques Parizeau. L’as photographe accorde de belles pages à René Lévesque qu’il a suivi très longtemps, photo de l’ex cher indépendantiste à qui il voue une admiration manifeste. Il faut lire aussi ce qu’il dit du fait d’être volé. C’eswt comme un viol de son intimité. Félicitations à Médiaspaul pour son remarquable travail d’édition qui rend justice aux photos.

Photos trouvées. Jacques Nadeau. Médiaspaul 246p.   www.mediaspaul.ca


 


 


Un bel hommage à Claude Jasmin en BD

Ils se sont mis à deux Julie Rocheleau et Normand Grégoire pour transposer en bade dessinée, le fameux roman qui consacra en quelque sorte l’écrivain Claude Jasmin « La petite patrie » qui a donné au quartier Rosemont ses lettres de noblesse, un peu comme l’a fait Michel Tremblay pour le Plateau Mont-Royal.  La première demeure justement dans l’arrondissement Rosemont-La-Petite-Patrie. On voit vivre le vrai monde si cher à Janette Bertrand. Tout y est, jusqu’aux ruelles avec ses « sheds ». Les dessins en quadrichromie sont très évocateurs. Nostalgie quand tu nous tiens.

La petite patrie. BD d’après l’œuvre de Claude Jasmin. Julie Rocheleau et Normand Grégoire. La Pastèque 86p.    www.lapasteque.com


 







 


Le coin santé physique et psychique

Il a été beaucoup question ces dernières années du concept de visualisation, cette théorie où on se projette dans ce qu’on a envie de faire et pour laquelle on fera tout en notre pouvoir pour donner forme à un désir. Mais pour certains ce peut paraître obscur. C’est pourquoi Richard Webster aux éditions Éveil, se charge de vulgariser ce qu’il en est. La visualisation dont il est question ne concerne pas uniquement les souhaits de carrière, mais aussi les bénéfices curatifs pour l’âme.

C’est une belle profession de foi en la musique que lance Dom Jean-Pierre Longeat qui fut un long moment le Père Abbé de l’Abbaye bénédictine de Saint-Martin de Ligugé. Il est actuellement le président de la Conférence des religieux et religieuses de France. Si dans un autre ouvrage « Paroles d’un moine » chez Albin Michel il a abondamment parlé de sa vocation religieuse, de sa Foi, c’est d’un autre engagement dont il est ici question dans La musique j’y crois chez Bayard, celui de la musique. Au départ il était promis à une carrière d’hautboïste, l’instrument mélancolique par excellence. Et pour ce faire il a suivi tout le cursus de la formation. Mais c’est l’appel du Verbe qui va changer radicalement son orientation de vie. C’est un tout petit livre mais qui dit tant de belles choses sur l’utilité de la musique et du chant pour l’humanité. N’a-t-on pas dit que la musique calmait les mœurs ?

Les trois prochains titres sont de l’éditeur Ada. Sylvie Goudreau signe Le bonheur de la légèreté qui épouse cette belle vision de la vie, à savoir de voyager léger en ce bas monde et de ne s’encombrer inutilement. Ce qui est bien, c’est que cette coach se met de l’avant, à la première personne, puisant dans son réservoir d’expériences pour vous faire partager comment elle fait face au quotidien. Judy Hall pour sa part nous enseigne dans Cristaux comment utiliser les cristaux et leur énergie pour améliorer notre vie. A la lecture on s’aperçoit que les cristaux ont moult propriétés curatives. David Michie auteur du chat du dalaï-lama, persiste et signe avec L’art de ronronner. Ce sont des métaphores entre les ronronnements d’un félin et certaines leçons de vie dont la plus importante est la maîtrise de soi.

Enfin, la traversée de l’aventure humaine est exposée avec éclat dans ce grand livre Une belle histoire de l’Homme sous la direction d’Évelyne Heyer avec une préface du grand paléontologue Yves Coppens qui donne son aval à cette démarche qui vise à faire connaître aux lecteurs d’où nous venons, qui furent les premiers de notre espèce ? Les chapitres répondent tous à des interrogations de premier plan. L’instigatrice du projet est une pointure, en sa qualité de généticienne, professeure au Muséum d’histoire naturelle et commissaire générale à la rénovation du Musée de l’Homme. C’est chez Flammarion qui a mis le paquet du côté de l’iconographie pour rendre ce bouquin attrayant au possible.


 


 


Ce qu’on dit moins sur Internet

Aujourd’hui c’est tellement moderne le web que personne n’ose le remettre en question. Coline Tison est allé au-delà de l’engouement systématique pour internet. Cette journaliste audiovisuelle se consacré aux transformations qu’opèrent les nouvelles technologies dans nos existences. C’est effarant. Elle se fend d’une petite plaquette édifiante Internet : ce qui nous échappe dans laquelle elle parle de la notion du temps, de l’énergie consommé par les réseaux et la gestion de nos données. Elle confirme ce qu’on commence à vérifier, à savoir que les geeks manquent énormément de concentration et que c’est au repos que le cerveau crée le mieux. Que les fournisseurs internet savent tout de nous. Ainsi Amazon à travers sa tablette de lecture Kidle, connaît exactement ce qui nous intéresse dans un livre, à quel moment on saute des chapitres etc. Et combien d’autres contrôles insidieux de Big brother. Sans compter l’apport négatif à la biosphère. Brrr!!!

Internet : ce qui nous échappe. Colette Tison. Yves Michel 105p.   www.yvesmichel.org


 


 


Ils osèrent se dresser contre Hitler

Tous les allemands au temps d’Hitler n’étaient pas des nazis et un nombre appréciable n’étaient pas même membre du parti national-socialiste. Et on pourra le vérifier nettement après l’Opération Walkyrie, ce complot qui le 20 juillet 44 devait aboutir à une explosion magistrale au quartier-général de campagne d’Hitler. Hélas pour les comploteurs le dictateur en réchappa et la répression sanglante. Mais malgré tout, cet événement sonna le début d’une révolte parmi des militaires et des civils qui ne se gênèrent plus de démontrer leur opposition au régime. Randall Hansen qui nous a donné « Foudre » sur les bombardements alliés sur l’Allemagne nous offre cette fois Refus d’obéissance 1945. Et pour étayer son propos à partir d’archives inédites, il nous présente trois cas, le refus du général commandant de Paris Von Choltitz, de détruire la capitale parisienne tel qu’exigé par le Führer. Également le refus d’Albert Speer ministre de l’Armement qui s’opposa à l’ordre d’Hitler de pratiquer sur le territoire allemand la politique de terre brûlée qui épargna bien des villes. Enfin des citoyens qui ne s’opposèrent pas aux attaques des forces libératrices, préservant aussi des territoires de la destruction.

Refus d’obéissance 1945. Randall Hensen. Presses de l’Université Laval 429p.   www.pulaval.com


 


 


Deux jeunes hommes s’aimant d’amour tendre

La production de littérature célébrant les amours homosexuels est encore timide, ce qui fait qu’il nous faut souligner un titre du genre lorsqu’il parait. De surcroît si le romancier se surpasse comme c’est le cas avec Samuel Larochelle qui nous gâte avec ce titre merveilleux Parce que tout me ramène à toi. On retrouve un photographe maintenant seul, Émile Leclair, souffreteux en Asie. Et dire que quelques mois auparavant il était encore soudé à Davide, peintre Italo-iranien. Ceux qui ne sont pas familiers avec l’intensité de ce qui peut se vivre entre deux personnes de même sexe, ont tout intérêt à rafraîchir leurs données en se jetant sur ce livre tout en intensité. Et pour se rendre compte qu’hormis que ce soit deux jeunes hommes, ils sont assujettis aux mêmes aléas de la vie de couple avec des hauts et des bas. La durée est aussi aléatoire. On se jurait pourtant éternité…

Parce que tout me ramène à toi. Samuel Larochelle. Druide 369p.    www.editionsdruide.com


 


 


Des ruptures amoureuses et des douleurs

Il est dit que la mort physique est pour les autres, une douleur sans pareille. Sans doute vient ensuite la mort d’un amour qui fait toujours des victimes qui souvent s’en remettent difficilement. Catherine Lafrance s’épanche sur le thème de la rupture amoureuse dans Jusqu’à la chute. L’écrivaine s’est fait un nom à la télévision en écrivant les textes du téléroman Vertige qui remporta en en 2012 rien de moins que huit prix Gémeaux dont celui du meilleur texte. Elle nous donne trois cas d’espèce qui chacun a souffert cruellement de la disparition de l’être aimé. Les trois verront leurs chemins se croiser. Est-ce que la communion dans la souffrance atténue le mal de vivre ? Vous le verrez vous-même. Nous retiendrons la finesse de l’étude psychologique qui en résulte. Tous ceux qui sont passés par là reconnaîtront à la romancière de grands mérites.

Jusqu’à la chute. Catherine Lafrance. Druide 323p.      www.editionsdruide.com


 


 


La première reine Elizabeth

Si vous avez eu la chance de voir l’émission « Secret d’Histoire » consacré à la reine Elizabeth 1ère d’Angleterre avez pu apprécier le destin grandiose de cette monarque à nulle autre pareille qui a marqué son temps à telle enseigne qu’on l’a nommé époque élisabéthaine. Et dire que tout a commencé sous de très mauvaises auspices pour elle, avec d’abord le reniement de son père Henry VIII, et une mère décapitée, Anne Boleyn. Mais les astres et sa volonté d’acier lui ont permis de reprendre ses droits. Quand on parle que sous son règne, ont vécu Francis Drake le colonisateur et William Shakespeare. Nous devons à Joanny Moulin auteure de biographies de la reine Victoria et de la reine Élizabeth II et professeur de littérature anglaise à l’Université d’Aix- Marseille, une biographie étoffée de celle qu’elle baptise de reine de fer. A peine sortie des presses, elle fait figure déjà d’ouvrage de référence.

Élisabeth la reine de fer. Joanny Moulin. Éditions du Cerf 553p.   www.editionsducerf.fr


 


 


Se muscler sans aller au gymnase et sans appareils

Ce n’est pas tout un chacun qui a les moyens de se payer un abonnement ay gymnase branchée qui vous fait rêver avec tous les appareils de musculation à la mode. Il n’est pas nécessaire de recourir à des appareillages pour obtenir de jolis bras torsadés ou des pectoraux saillants. Bret Contreras en fait l’éloquente démonstration avec son guide Musculation sans matériel aux éditions Vigot. C’est abondamment illustré avec des positions qui à elles seules vont vous permettre d’atteindre vos objectifs. On appréciera cette absence de contraintes sinon qu’il faut tout de même suer un peu, sans matériel certes, mais sans efforts, tout de même pas.

Musculation sans matériel. Bret Contreras. Vigot 215p.    www.vigot.fr


 


 


Le sauvage au secours de l’écologie

Que n’a-t-on pas dit jadis sur nos autochtones, les traitants de sauvages. C’était hier. Aujourd’hui, désastre écologique aidant, le « sauvage » est de retour en grâce et appelé de tous nos vœux. Car lui, savait respecter la nature. Ça donné l’écologisme aux dires de Jérôme Blanchet-Gravel docteur en en sciences des religions qui observe que dans ce courant on s’en prend à la modernité. Une dérive donc qu’il détaille dans ce pamphlet étoffé, Le retour du bon sauvage qui ne manque pas d’ironie. Au final il prône de s’en tenir aux rigueurs de la science, seules capable d’établir les distinctions qui s’imposent.

Le retour du bon sauvage. Jérôme Blanchet-Gravel. Boréal 254p.   www.editionsboreal.qc.ca


 


 


Dans les coulisses d’une pièce sur Anne Frank

Au départ il y avait Éric-Emmanuel Schmidt qui a écrit « Le journal d’Anne Frank » dans une adaptation pour le théâtre. Qui fut mis à l’affiche du Théâtre du Nouveau Monde dans une mise en scène de Lorraine Pintal. En marge de cette production sort dans la collection « Autour de l’art » aux éditions du passage Coulisses Anne, Frank entre ombre et lumières, dont les auteurs sont outre la metteur en scène, la chroniqueuse de littérature Danielle Laurin et la participation du photographe Didier Bonanventure. Ce trio accouche donc d’un petit opuscule qui comme son titre l’indique, se rend en coulisses de la pièce. On situe le contexte de la présentation de l’œuvre, on interview les comédiens. Et ces derniers ont des témoignages qui illustrent la hauteur, la noblesse de leur démarche artistique.

Coulisses, Anne Frank, entre ombre et lumière. Lorraine Pintal, Danielle Laurin et Didier Bonaventure.  Les éditions du passage 87p.


 


 


Une globe-trotter en apprentissage

Autrefois les reporters qui allaient à la rencontre de peuples exotiques s’y rendaient un peu en esprit colonisateur, pour voir de près des sauvages ou presque. Heureusement, autre temps autres mœurs. Nous avons une Albert Londres new style ne la personne de Julie Huard qui s’est promenée avec son carnet de notes et son appareil photo, pour apprendre en quelque sorte. Car que ce soit à Lomé, Punta Cana ou le Tibet, ces habitant ont plus à nous apprendre, surtout en matière de qualité de vie et d’écologie. Vous lirez avec plaisir le compte-rendu de ses observations. Un moment privilégié qu’elle décrit avec émotion, c’est sa rencontre avec ces deux géants de l’alpinisme et ensemble, Sir Edmund Hillary vainqueur de l’Everest et Maurice Herzog, de l’Annapurna. Plus exotique que ça tu meurs

Paysâmes et miroirs du monde. Julie Huard. Éditions David 203p.   www.editionsdavid.com


 


 


L’âme du cardinal de Richelieu

Max Gallo est passé maître en biographe capable d’investir l’âme de ses sujets. Et on le voit encore une fois avec la vie du cardinal de Richelieu. Parti de son Poitou natal, celui qui au grand jamais n’aurait envisagé une carrière ecclésiastique, se retrouvera coiffé de la calotte rouge et l’homme le plus puissant de France après Louis XIII. Un Richelieu qui devra composer avec le caractère girouette du monarque. Gallo écrit avec une telle connaissance du prélat et homme politique que l’on a l’impression qu’il a été un témoin oculaire de son règne. L’académicien est au zénith de son art de biographe.

Richelieu. Mx Gallo. XO éditions 360p.      www.xoeditions.com


 


 


Designer des poupées de votre fille

Clémentine Lubin invite les mamans qui ont des filles à réaliser de formidables vêtements pour leurs poupées. Constituez-leur une garde-robe dépareillée. Je couds pour ma fille et sa poupée propose un vaste éventail de créations avec des patrons assortis à des poupées de 36cm de haut. A vous de choisir les tissus et les coloris et de devenir une Karl Lagerfeld en jupons.

Je couds pour ma fille et sa poupée. Clémentine Lubin. Éditions marie claire  95p.       www.editionsmarieclaire.com


 


 


Anthropologie de l’élève et des toilettes   

Dans la catégorie BD vous avez le duo André Marois et Pierre Ratt qui se fendent d’une étude de mœurs bien particulière, à savoir le rapport de l’élève en classe et des toilettes. Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à vouloir se soustraire à l’enseignement du professeur pour se rendre à ces fichus de toilettes qui présentent tant d’attraits. Une forme d’école buissonnière qui n’ose dire son nom. Le ton est très amusant et nous rappellera peut-être des souvenirs personnels.

Aux toilettes. André Marois et Pierre Pratt. Druide


 


 


La nostalgie de Régis Debray

Régis Debray produit un manifeste en quelque sorte, Madame H qui en résumé viendrait à dire que le monde actuel est abject. Que tout fout le camp. On appréciera diversement ses arguments. L’académicien Goncourt s’appuie sur de multiples constats pour étoffer son propos. Est-ce à dire que c’était meilleur avant ? Là est la question que se posera le lecteur qui n’échappera pas au jeun de la comparaison. C’est un brûlot bien dans le style de l’auteur qui n’est pas à une polémique près. Et la madame H dont il question c’est l’Histoire tout simplement, le rendez-vous d’antan et d’aujourd’hui. Les pessimistes applaudiront à tout rompre cet exercice de style.

Madame H. Régis Debray. Gallimard 158p.   


 


 


Une ironie sur les illusions de la retraite

C’est un premier roman pour Ted Thompson avec Une étonnante retraite. Le protagoniste est dans l’antichambre de la soixantaine. Et il décide de faire table rase de tout, divorce d’avec sa femme dont il était marié depuis des lustres, bon boulot dont il attendait en vain une reconnaissance ultime. Les premiers mois, il savoure son nouvel état de liberté et à commencer par l’évitement des Fêtes de Noël territoire de son ex et de toutes les conventions qui s’y rattachent. Mais le temps passant, il va s’apercevoir qu’il a balancé trop de choses et de là une autre sérieuse remise en question. Ce roman est brillant car il interroge l’état adulte (ne traîne t’on pas toujours son enfance) et le conditionnement nécessaire à une retraite profitable. Et c’est surtout bardé d’humour. Pour son entrée dans le monde des lettres, l’écrivain marque un grand coup.

Une étonnante retraite. Ted Thompson. Gallimard 329p.  


 


 


Un don pour savoir ce qu’on pense de soi

Iain Levison écrivain américain d’origine écossaise, s’est signalé aux lecteurs par deux ouvrages sur le monde du travail vu sous l’angle de la réalité. Et deux de ses livres ont été porté au grand écran. Avec Ils savent tout de vous il y a de quoi alimenter la ferveur d’un scénariste car le thème est original. C’est un policier du Michigan qui a la faculté exceptionnelle de savoir ce que les autres ont dans la tête. Et en même temps un prisonnier dispose du même don. Maintenant est-ce à dire que ce pensent les autres est du domaine de la vérité. Et vous verrez qu’à interpréter les pensées d’autrui on peut faire fausse route. Vous dire que nous avons aimé ce titre est un euphémisme.

Ils savent tout de vous. Iain Levison. Liana Levi 232p.     www.lianalevi.fr


 




 


Le coin Miam miam

Kay Plunkett-Hogge ne participe pas à la morosité ambiante. Cette blogueuse aime faire la fête. Et c’est une bolée pour ce qui est de la préparation des cocktails. On aimerait tous avoir pour amie une hôtesse comme elle. Carnet de cocktails aux éditions Prisma, réunit 130 cocktails et canapés, de quoi égayer de joyeux 5 à 7. Ce sont les recettes de cocktails qui dominent. Quelques pages seulement en fin d’ouvrage côté amuse-gueule, comme des arancini ou du pâté de foie de volaille aux pommes et calvados. Pour ce qui est des breuvages alcoolisés, outre les classiques vous avez les trucs de madame, comme le rhum ranch d’inspiration californienne avec sa belle couleur ensoleillée. Juste de voir la photo qui agrémente, donne le goût de l’essayer.

Et aux éditions La Presse, le « magnat » québécois de la cuisine, nous avons nommé Ricardo nous fait cadeau de, non pas un titre mais deux. Un consacré à la mijoteuse, en fait le deuxième tome qu’il consacre à bel indispensable en cuisine et Mon premier livre de recettes. Si à son tour il achève de nous convaincre que la mijoteuse peut tout, il se surpasse du côté pédagogique avec ce second ouvrage qui est spécifiquement destiné à ceux qui ne sont même pas capables de faire cuire un œuf. Et ce n’est pas un cliché. Aux nuls du tablier, il décrit la constitution d’un œuf. Un ABC nécessaire, qui en aidera plusieurs qui veulent s’y mettre et qui sont gênés de poser des questions.


 




 


Le coin santé physique et psychique

Deux écoles de pensée s’affrontent lorsqu’il est question des activités à organiser pour les petits qui fréquentent des centres de la petite enfance. Doit-on leur bâtir un horaire de minute en minute qui tte à les épuiser ou bien de les laisser librement donner cours à une socialisation mutuelle. L’ergothérapeute Francine Ferland est en mesure de vous donner les bonnes réponses à partir de ce qu’on sait de la psychologie de L’univers de l’enfant d’âge préscolaire. Et vous craquerez pour les candides réflexions de la petite Mathilde qui illustre le bouquin. Elle se pose de grandes questions métaphysiques du genre pourquoi à Pâques les lapins apportent des œufs en chocolat ? Pondent-ils comme les poules ? Publié par les éditions du CHU Sainte-Justine.

Avec beaucoup de drôlerie Delphine Apiou aborde un sujet très sérieux, la double mastectomie dans Avant j’avais deux seins chez Robert Laffont. Elle est passée par l’expérience du cancer et a maintenant deux beaux seins refaits. Cette journaliste raconte son parcours et toutes les étapes psychiques qui jalonnent la vie du patient à commencer par l’importance que vous prenez soudainement aux yeux de votre médecin. L’être humain est fragile, vulnérable. Et pour le vérifier si on en doute encore, il faut lire ce qu’en dit la philosophe Gaëlle Fiasse dans un petit essai très fouillé, Amour et fragilité aux Presses de l’Université Laval. Autrement dit elle sonde les cœurs et livre des pistes de compréhension sur la dynamique affective de l’homo sapins.

Aux éditions du Souffle d’Or ils sont deux, Béatrice L’hériteau et François Merinis qui traite de notre source sacrée intérieure dans Le Cercle de l’Alliance. Ça se présente sous la forme d’un petit coffret comprenant 23 cartes qui sont autant d’invitations à la contemplation er au miroir de l’âme. Que complète un livret explicatif de ces cartes énergie. Défaisant toutes nos constructions de défense souvent malsaines, la démarche proposée est d’être à l’écoute de la petite voix intérieure, souvent d’une grande pureté.  

Sur l’attachement en mode positif et en mode négatif, voici les deux versants d’un besoin viscéral et terriblement humain que décortique le psychologue Marc Pistorio chez Édito. D’après les dernières données des recherches en psychologie, il appert que notre façon de s’attacher aux autres, relation inter personnelle ou de couple, est façonnée dès notre tendre enfance. Et c’est sur cette ligne de départ, bonne ou mauvaise, que va s’édifier les besoins d’attachement de l’individu. Et qui détermineront le succès ou l’échec de la vie à deux. L’auteur nous montre clairement en quoi une attitude prédéterminée peut-être toxique ou pas.

Ah ces rêves qui viennent peupler nos nuits. Sont-ils fondés sur du sérieux ou c’est un fatras de toutes sortes d’événements qui s’entremêlent. Pour savoir de quoi il en retourne et les symboles rattachées, il y a cet intéressant Dictionnaire des rêves d’Anne Monteschi chez De Vecchi. On trouve en tout et pour tout 1500 mots. Et on apprend une foule de choses. Ainsi, si dans notre sommeil on se voit enlaidir, c’est qu’il y a un événement qui a été mal géré et on se culpabilise. L’apparition d’un crocodile signifie de son côté une situation financière désastreuse.


 


 


Regarder froidement le monde


Le monde est devenu complexe, car on l’a laissé faire. A croire Sophie Mazet on essaie de touts bords et touts côtés de nous en passer de bien bonnes. D’où un esprit sceptique pour ne pas gober tout ce qu’on tente de nous faire avaler. Elle nous donne des repères de réflexion dans son Manuel d’autodéfense intellectuelle. C’est une lecture qui se présente comme une bouffée d’oxygène pour notre cerveau. Elle nous présente en neuf chapitres les tentatives de manipulations qui nous sont faites, dans la consommation et notamment dans les médias. Ce lui qui sait possède un réel contrôle sur sa vie.

Manuel d’autodéfense intellectuelle. Sophie Mazet. Robert Laffont 259p.   www.laffont.fr


 


 


Décoder les messages du cinéma japonais


Claude R. Blouin est notre spécialiste québécois du cinéma japonais. Pays où il a séjourné il y a bien longtemps. La curiosité pour ce cinéma national lui est venue dans les années cinquante. Il écrit Le cinéma japonais et la condition humaine. Il décode pour nous, tout ce qui concerne la transmission des valeurs de cette société largement édifié en codes de toutes sortes qui ne cesse de le fasciner. Et aussi des mutations qui touchent aux valeurs patrimoniales. En même temps c’est un guide pour qui ne connaît pas bien le cinéma japonais, avec des références de films incontournables.

Le cinéma japonais et la condition humaine. Presses de l’Université Laval 150p.     www.pulaval.com


 


 


Fiction autour d’un gouvernement radical et totalitaire

Au moment où l’État islamique est en croisade pour imposer sa vérité qui devient LA vérité, ainsi que ses dérives, voici un roman d’anticipation qui met en place tout ce qui peut arriver en cas de victoire. Il s’agit de 2084 la fin du monde (clin d’œil à George Orwell) de Boualem Sansal. Son imaginaire lui à fait créer un état nouveau, L’Abistan, mené d’une main de fer avec une religion unique. Et gare à celui ou celle qui enfreint les règles imposées. Sauf qu’il se trouve un dénommé Ati, qui ne fait pas sienne tout ce qu’on veut lui imposer. C’est un ouvrage qui ne peut mieux tomber, alors que nous craignons ces islamistes radicaux qui sont partis à la conquête du monde, embrigadant nos jeunes en quête d’absolu. Ce scénario fiction à des accents de réalisme qui donne froid dans le dos.

2084 la fin du monde. Boualem Sansal. Gallimard 274p.   


 


 


Le gâchis français en Ukraine

Xavier Moreau qui est à la fois homme d’affaires et analyste politico-stratégique, vit à Moscou depuis quinze ans. Ses avis sont pris en très grande considération. Choqué par le comportement du gouvernement dans la gestion de la crise en Ukraine, il se fend d’un brûlot Ukraine, pourquoi la France s’est trompée dans lequel il tombe à bras raccourci sur les interventions françaises là bas. Il n’aime pas que la France vienne se mêler d’un contexte qu’elle ne connaît pas et qui ne l’habilite pas à se poser en redresseur de torts, notamment face à l’URSS. Il aurait préféré qu’elle joue plutôt un rôle de médiateur en l’Ukraine et la Russie et aider ainsi à dénouer l’impasse. Au contraire, elle jette de l’huile sur le feu. Cinglant pour le Quai d’Orsay.

Ukraine, pourquoi la France s’est trompée. Xavier Moreau. Éditions du Rocher 185p.     www.editionsdurocher.fr


 


 


Mission impossible pour un avocat

Vous voulez un thriller musclé pour agrémenter vos soirées ? Alors allez lire sans faute La défense de Steve Cavanagh. C’est l’histoire d’un méchant filou qui devient avocat. Cette reconversion ne sera fait chose aisée, car imaginez qu’il doit défendre le chef de la mafia russe. Mais ce dernier tient mordicus à sauver sa tête et pour mettre plus de pression sur son défenseur il a pris sa fille en otage et comme si ce n’était pas assez, force le disciple de Thémis à porter au tribunal une ceinture bourrée d’explosifs. Vous pensez que l’avocat est terrorisé ? Au contraire ça augmente joyeusement son taux d’adrénaline. Vous voyez à quelle bande de fous on a affaire. Juste au niveau du contenu il y a de quoi alimenter trois tomes. Lui seul vaut le détour.

La défense. Steve Cavanagh. Bragelonne 377p.   
www.bragelonne.fr


 


 


Regarder froidement le monde


Le monde est devenu complexe, car on l’a laissé faire. A croire Sophie Mazet on essaie de touts bords et touts côtés de nous en passer de bien bonnes. D’où un esprit sceptique pour ne pas gober tout ce qu’on tente de nous faire avaler. Elle nous donne des repères de réflexion dans son Manuel d’autodéfense intellectuelle. C’est une lecture qui se présente comme une bouffée d’oxygène pour notre cerveau. Elle nous présente en neuf chapitres les tentatives de manipulations qui nous sont faites, dans la consommation et notamment dans les médias. Ce lui qui sait possède un réel contrôle sur sa vie.

Manuel d’autodéfense intellectuelle. Sophie Mazet. Robert Laffont 259p.   www.laffont.fr


 


 


Pierre Huet ouvre sa malle à souvenirs

Il est une figure iconique de l’humour au Québec, nous avons nommé, Pierre Huet. Un fou des livres, parolier génial comme on sait, mais qui ne s’était jamais commis dans le monde du livre. Et voilà c’est chose faite avec En 67 tout était beau. C’est vrai que nous étions insouciants à cette époque à Montréal, comme sécurisé. L’homme de Beau Dommage, du magazine Croc, se fait nostalgique avec mille anecdotes. Il a vécu trois fois en une. Et que ce soit la Plaza Saint-Hubert ou Claudia Schiffer piégée par Marcel Béliveau, il trouve le ton pour nous émouvoir. Et la jeune génération scotché à leurs téléphones intelligents s’apercevra qu’il fut un temps où on s’amusait en diable dans la métropole. L’auteur a parsemé en prime son livre des textes de ses grandes chansons.

En 67 tout était beau. Pierre Huet. Québec Amérique 300p.  
 www.quebec-amerique.com


 


 


Portrait décapant du mathématicien Jacques Morgenstern

C’est un livre d’une tendresse infinie, celui de Susie Morgenstern qui évoque la figure de l’illustre mathématicien Jacques Morgenstern. Ça donne Jacques a dit. Car à sa façon c’était un être contrôlant avec pleins d’a priori comme pour toute personnalité assez forte. Mais qui était contrebalancé par une grande humanité, voire de petites excentricités. Voilà vingt ans qu’il est mort. L’occasion pour la défunte de raviver son souvenir en décrivant toutes les facettes du personnage. On rit énormément à travers ces pages car cet intellectuel était bourré de manies qui nous le rendent attachant.

Jacques a dit. Susie Morgenstern. Bayard 223p.   www.edions-bayard.com


 


 


Merveilleuses familles…

Pascale Gautier qui nous a donné jadis « Les vieilles » poursuit ses observations de nos meurs d’homo sapiens, surtout sous l’angle des rapports entre les parents et les enfants, terreau inépuisable. La clef sous la porte est un regard terriblement lucide sur nos comportements entre gens du même sang. C’est souvent le seul lien qui nous unit réellement. Pour le reste…A travers les personnages qu’elle a choisi, elle devient comme une entomologiste qui étudierait les us et coutumes des fourmis. Vive ensemble est un défi, surtout quand les ados, dénués de filtre ne se gênent pas pour vous balancer leurs quatre vérités quand ce n’est pas davantage. Si votre clan familial est loin d’être harmonieux, vous trouverez une consolation dans ces pages écrites avec un humour très particulier.

La clef sous la porte. Pascale Gautier. Éditions Joelle Losfeld 190p.   www.joellelosfeld.com


 


 


Un beau tribut aux femmes humoristes du Québec

Anne-Marie Dupras en collaboration avec Annie Deschamps nous avaient donné « Ma vie amoureuse de marde » qui n’était pas passé inaperçu, qui nous rappelait ce que des filles peuvent avoir d’étonnant à dire quand elles n’épousent pas la langue de bois. Le tandem d’humoristes rendent hommages à leurs collègues femmes qui font le métier de faire rire, celles actuelles, de même que les pionnières. Une fois c’tune fille est un assemblage de confidences de toutes sortes. Amateurs d’anecdotes drolatiques vous êtes servis. Car c’est pas toujours drôle de faire rire. En même temps, les comparses ont voulu faire une fine fleur à leurs prédécesseurs, telles les Denyse Émond (Ti-Mousse), la Poune etc. Elles ont mis un temps fou à colliger des témoignages qui auraient pu produire au final un bouquin de 500 pages. Elles ont opté pour de courts paragraphes qui vont à l’essentiel. Si le but était de faire aimer davantage ces artistes, mission accomplie. Toute personne qui fait rire ses semblables est une bienfaitrice de l’humanité.

Une fois c’tune fille. Confidences des femmes drôles du Québec. Annie Deschamps et Anne-Marie Dupras. Les éditions de l’Homme 229p.  


 


 


Madeleine Proust raconte sa guerre

Au Québec on ne connaît pas encore le personnage de Madeleine Proust créé par Lola Sémonin qui l’incarne sur scène. En France ce personnage déjanté cartonne, tant sur les planches qu’à l’écrit. Voici que la fameuse Madeleine dans ce tome 2, décrit ce que fut sa Seconde guerre mondiale à elle. Elle a alors 14 ans, dans le Haut-Doubs, près de la frontière suisse. Elle est issue d’une famille paysanne qui trime dur. Madeleine nous dit en début de page, sa peine de ne pas avoir pu poursuivre ses études et un milieu livresque qu’elle aimait tant. N’empêche, elle a du cœur au ventre notre héroïne et elle est une très grande observatrice de ce qui se passe autour d’elle. C’était ce qu’on  a appelé la drôle de guerre. Il y a énormément d’humanité au fil des chapitres qui se lisent avec un bonheur, comme si on découvrait un grenier chargé de souvenirs. L’auteure a un grand talent de mettre en mots les sentiments humains. C’était avant l’ère numérique, nostalgie quand tu nous tiens.

La Madeleine Proust, une vie. Tome 2 Ma drôle de guerre. Pygmalion 437p. 
www.madeleineproust.fr


 


 


Des bons qui côtoient des méchants

Histoire sanglante d’Howard Watson est un répertoire des pires salauds de l’histoire de l’humanité. Ça va de Torquemada, le sinistre sbire de l’Inquisition espagnole qui torturait au du Christ, à Gilles de Rais le tueur d’enfants en série, contemporain et même ami de Jeanne d’Arc. Vous découvrirez en sa compagnie des figures qui nous sont moins connues, mais aussi sinistres, comme cet indien de l’Inde, Thug Behram qui a à son répertoire plus de 1000 strangulations  Mais si on s’étonne de voir dans cette liste les Martin Luther King et Ghandi, entre autres, c’est qu’ils ont en commun d’être morts tragiquement. C’est un joli cours d’histoire en synthèse, le triste bilan de la face sombre de l’être humain. Qui nous fait voir la part du Diable qui sommeille en nous.

Histoire sanglante. Howard Watson. Sélection Reader’s Digest.
www.groupemodus.com


 


 


Pour bien dresser pitou

Ce qu’ils sont attendrissants ces canins, petits chiots et grands chiens lorsqu’ils nous dévisagent avec des mimiques craquantes. Une étude britannique tout ce qu’il y a de plus sérieux a confirmé que nos gentils compagnons poilus ont une âme. Ceux qui ont à cœur de leur offrir une bonne « éducation », prendront un grand intérêt à lire Le petit traité rustica de l’éducation du chiot et du chien. Il est signé du Dr. Colelette Arpaillange. En résumé vous avez un avant-traité de la connaissance de son chiot, de l’éducation positive dans le respect de l’animal, une revue de tous les apprentissages et ordres de base, les bonnes manières, et la rééducation au besoin. Car il n’en demeure pas moins que le chien a besoin d’un chef de meute, en l’occurrence son maître à qui il ne demandera pas mieux que d’offrir l’obéissance.

Le petit traité rustica de l’éducation du chiot et du chien. Dr. Colette Arpaillange. Éditions rustica 190p.
www.rustica.fr


 


 


Esquisses de Jean Royer sur la poésie et tutti quanti

Jean Royer rappelons-le, recevait le prix Athanase-David en récompense de l’ensemble de son œuvre. Même à ce panthéon, dont l’académie des lettres du Québec, il ne cesse de fouiller, de s’interroger sur l’art poétique. Ce qui nous vaut sa dernière ponte au titre si charmant La fêlure, la quête qui est dans la foulée de son cycle L’arbre du veilleur paru dont le premier tome est paru en 2013. Ce sont de belles divagations intelligentes allant de Baudelaire à Paul Chamberland, de l’hippocampe qui le fascine à une belle déclaration d’amour aux poètes. On sort de sa lecture plus intelligent encore, le plus beau des compliments qui puissent être fait.

La fêlure, la quête. Jean Royer 122p.    www.lenoroit.com


 


 


Une amoureuse des mots

Claire Gaucher est une fille de Québec qui adore plus que tout, la compagnie des mots. Pour voir de quoi il en retourne, rien de mieux que d’ouvrir la première page de Carnet de l’autre temps. Un recueil de poésie où elle vagabonde d’un thème l’autre. Avec une économie de mots pour que ceux-ci soient mis à l’avant-plan. C’est très inspirant comme en témoigne ce fragment « Je vous souhaite des rêves, mais surtout, le temps de les rêver, le temps de les prendre par la main et de les vivre en chemin ».

Carnet de l’autre temp. Claire Gaucher. Carte Blanche 173p.
www.carteblanche.qc.ca


 


 


Captive de deux clans

Comment définir au mieux Le grand Chaos de Marie Liondor si ce n’est qu’en le qualifiant de fiction sentimentale. Oui, c’est ça, du romanesque dans un monde futuriste. C’est assez rare. Au cœur de cette histoire, c’est une secrétaire d’un institut de recherche, Coralie, un peu trop curieuse, qui s’approche d’un appareil bizarre. La fouineuse sera aussitôt propulsée dans une étrange civilisation « les enfants du Chaos » qui parlent une langue incompréhensible. Faite captive, on l’envoie aux cuisines, ce qui heureusement pour elle fait son bonheur. Reste le cerbère qui la surveille, Joran pour qui la prisonnière voit son cœur battre la chamade. Elle finira par prendre la fuite et tombera du côté des humains, les nôtres, qui à leur tour la feront prisonnière. Elle sera affectée comme aide-ménagère. Le Gouverneur de la ville en pince pour elle. Encore une fois, le désir de s’échapper. Et encore Joran dans la tête. Décidément c’est beaucoup pour une seule personne. Un roman bien rodé avec beaucoup d’imaginaire en guise d’assaisonnement.

Le grand Chaos. Marie Liondor. L’Interligne 357p.   www.interligne.ca


 


 


Tout un thriller médico policier

Où trouve t’elle le temps cette Suzanne Michalk chirurgienne buccale pour accoucher de thrillers aussi maîtrisés que ces deux tomes de la saga Juphilaurium. Voici le tome 2 « Victime », ce que ne veut plus être l’héroïne, le Dr. Elaine Johnson. Mais il y a un esprit malin qui aimerait bien la ravaler à n’être moins que rien, voire l’acculer à la mort. Cet homme est un policier ripux, le sergent-détective David Lemay. Il n’a de cesse de se mettre en travers de son chemin animé des pires intentions. Que fera la doctoresse face à l’adversité ? On ne vous en dit pas plus sinon que le plaisir de lire ici atteint ici des sommets stratosphériques. Et rendu à la dernière ligne, ne vous chagrinez pas trop, le troisième tome est en route.

Juphilaurium. Tome 2 Victime. Suzanne Michalk. Carte Blanche 302p.   www.carteblanche.qc.ca


 


 


Le Débarquement de Normandie vu par un beauceron

Éric Giguère a une passion, tout ce qui concerne la Seconde Guerre mondiale, et plus particulièrement la contribution des nôtres, les canadiens et québécois qui au péril de leur vie, sont partis en France pour que survivent les idéaux de liberté. On sait que le débarquement de Normandie fut une véritable boucherie et que plusieurs soldats à peine sortis des barges furent mitraillés par l’ennemi nazi. On le sait, ça été écrit par moult historiens. Mais quand un gars comme ce romancier, nous fait vivre la guerre de l’intérieur, ce que furent les états d’âmes de nos militaires en ces heures cruciales, c’est toute une autre dimension qui nous est offerte. En fin d’ouvrage on prend davantage conscience de ce qu’a été leur sacrifice. On comprendra mieux la forme que revêt le Jour du Souvenir.

Je ne veux plus revoir la Normandie. Éric Giguère. Carte Blanche 287p.   www.carteblanche.qc.ca


 


 


Qu’est-ce que ça mange un universitaire ?

L’universitaire est une bibitte un peu spéciale qui est dans le monde oui et non. Une étude très fouillée menée auprès de 2000 enseignants de niveau universitaire, a permis de dégager des profils. Cette enquête nous la devons à deux auteurs, Abel François maître de conférences à l’université de Strasbourg et professeur à l’École de Management Strasbourg et Raul Magni-Berton professeur de science politique à Sciences Po Grenoble. Premier trait commun chez les interviewés, une nette défiance aux lois qui régissent le marché. Par contre, à la question du maître intellectuel qui a eu sur eux une influence, les réponses divergent au cas par cas. On répond aussi à la question de savoir si l’athéisme est un statut chez le penseur. Bref, on décortique tableaux à l’appui ce qui chauffe cette caste particulière.

Que pensent les penseurs ? Collectif. Presses Universitaires de Grenoble 218p.     www.pug.fr


 


 


Un jeune entrepreneur québécois, maître mondial de la vodka

Il faut le faire, Nicolas Duvernois l’a fait, à savoir de réussir à détrôner les russes dans la fabrication de la vodka et en créer une parmi les plus médaillées dans le monde. Entrepreneur à l’état PUR est une histoire à succès rare. Elle commence à être connue cette belle histoire où le futur patron, lave encore des planchers dans un hôpital, alors qu’on lui apprend au téléphone que sa vodka venait d’être nommée la meilleure au monde. Et il n’avait aucun sou en poche pour profiter de cette soudaine notoriété. Il y a aussi cette fameuse soirée chez son mentor Philippe de Gaspé Beaubien III qui8 l’invite dans sa somptueuse demeure. Ce que le jeune ne sait pas, c’est qu’on va l’inviter à se raconter à une tablée de richards. Cela aura des conséquences positives. Aussi des malheurs, dont le vol de dix mille bouteilles qui devraient être livrées le lendemain à la SAQ. Mais il a tenu bon et en récolte les fruits. Il trouve étrange qu’aucun gouvernement n’ait créé un ministère de l’entrepreneuriat. Et que si on subventionne des artistes, jamais un jeune qui démarre en affaires. Étrange.

Entrpreneur à l’état PUR. Nicolas Duvernois. Les éditions Transcontinental 216p.  


 


 


Jacques Grand-Maison raisonne notre monde fou

Dans les vieilles civilisations on respecte les aînés qui sont comme autant de bibliothèques vivantes. Alors qu’en Oiccent qu’à t’on à faire avec un vieux. Eh bien il y a des « vieux » qu’on a intérêt à écouter ou comme à lire comme ici avec le chanoine Jacques Grand’Maison qui nous livre une sorte de testament spirituel dans Ces valeurs dont on parle si peu. C’est son essai sur l’état des mœurs au Qubec. Une voix à entendre tout de même car il nous observe depuis 60 ans. Et s’il lit bien des choses sur l’évolution, il s’étonne qu’on fasse peu de cas de celle de nos valeurs. Et nous avons droit à des propos d’une réflexion infinie. Comme toute première valeur sur laquelle il s’étend, est la pudeur suivie de l’âme. Génial de simplicité raisonnée et surtout il prend bien soin de ne pas condamner.

Ces valeurs dont on parle si peu. Jacques Grand’Maison. Carte Blanche 129p.    www.carteblanche.qc.ca


 


 

Que doit-être l’école ?

S’il y a un domaine qui agite les penseurs c’est bien l’éducation. Qui a vu passé bien des théoriciens et des programmes scolaires. Qui ont contribué à plus égarer les enseignants que les éclairer. Et on ne parle pas des échecs retentissants chez les élèves où le décrochage est un fléau. Claude Ruel est un des artisans du système scolaire québécois et collaborateur de l’UNESCO. Il s’interroge sur ce que doit être Une école pour le XXIème siècle. Il prend conscience que l’enseignement doit accompagner les mutations de notre siècle et que nous sommes à des années lumières de l’école à la Jules Ferry, modèle du XIXème qui a cours encore aujourd’hui. Par exemple, la famille qui était tenue à l’écart du processus pédagogique doit être maintenant partie prenante. Car ce ne sont pas aux professeurs à éduquer, eux ils enseignent. Il puise beaucoup dans son expérience personnelle pour tirer les conclusions qui sont les siennes. C’est un message d’espoir qu’il nous tient.

Une école pour le XXIème siècle. Claude Ruel. Fides 200p.    www.groupefides.com


 


 


Un infanticide suivi d’un suicide, les conséquences…

Marité Villeneuve apporte une pierre à l’édifice de la compréhension du suicide qui fait tant de ravages au Québec. Trois suicides chaque jour. Elle connaît. Son frère Rick s’est donné la mort en 1977 en emportant avec lui son enfant qu’il a tué auparavant. On peut imaginer sans peine le désarroi dans le cercle familial rapproché. Toujours l’éternel questionnement du comment on en arrive à de telles extrémités. L’écrivaine a mis trente-cinq à macérer cette tragédie personnelle. C’est étrange, ce récit sort au moment où Marie Laberge aborde le même thème dans son dernier roman. J’écris sur vos cendres passe en revue tout ce que génère un suicide, les effets corollaires, etc. Que vous ayez été touché par le phénomène ou que vous êtes curieux de ce qui se vit en marge du suicide, vous trouverez là une source d’enseignements très riche.

J’écris sur vos cendres. Marité Villeneuve. Fides 209p.   www.groupefides.com


 


 


Jean Casault le métaphysicien

L’ufologue controversé et métaphysicien poursuit sa quête de la connaissance de l’Au-delà. Il persiste et signe avec Les coulisses de l’Univers, un roman un peu dans le style fantasy où les personnages fictifs, nous précise l’auteur sont bien réels. Nous reproduisons pour le reste le résumé de l’histoire qui figure en quatrième de couverture, comme nous le faisons lorsque plusieurs faits s’entremêlent. « Quelque part dans le nord-est du continent nord-américain, dans une petite maison de banlieue sans aucune prétention, Margaret et Albert se préparent avec fébrilité. Ils vont bientôt se rendre à l'hôpital avec leur fils aîné, Michael, et rendre visite à leur fille Judith. Sous peu, elle va donner naissance à son premier enfant. Il naîtra à quelques heures de l'an 1950. À peine ont-ils franchi tous les trois le seuil de sa chambre que Judith les accueille, les yeux embués, avec un grand sourire et lance aussitôt:- Si c'est un garçon, je veux qu'il se nomme Thomas! Thomas n'est pas un enfant comme les autres et son parcours est à la fois troublé et troublant. Nous allons nous glisser dans Les coulisses de l'Univers pour y découvrir Goav, qui n'est autre que l'Esprit incarné de Thomas, et nous y découvrirons leur fabuleux destin commun. Puis, un autre dénouement spectaculaire, encore plus époustouflant surviendra et la destinée d'une planète sera enfin extirpée des griffes du tyran qui en gérait l'existence depuis des éons. Cette histoire pourrait bien être celle de chacun d'entre nous. » Si vous êtes accro aux mages, aux personnages hors-normes, vous êtes ici servi sur un plateau d’argent.

Les coulisses de l’Univers. Jean Casault. Les éditions Québec-Livres 336p.    www.quebec-livres.com


 


 


Josette Stanké se livre

Le patronyme de Josette Stanké nous rappelle son union avec l’éditeur Alain Stanké. Cette française d’origine, a senti le besoin de livrer un peu de son âme, elle qui est passée de l’esthétique, à l’édition et maintenant à la croissance personnelle où elle anime des ateliers. Une vie en mieux se présente selon ses termes comme des fragments autobiographiques. Et sa naissance n’a pas été accueillie par des cris de joie. Au contraire. Son père en la voyant a dit « Mais qu’elle crève ». Ça démarre bien une vie. Si en plus sa mère aurait pu faire contrepoids. Mais non, cette génitrice, c’est tout ce qu’elle aura été en définitive est ailleurs et jamais Josette ne l’appellera maman. Avec un tel bagage de départ comment poursuit-on le reste de sa vie. C’est ce qu’elle nous raconte telle une amie qui nous accorde sa confiance en nous mettant dans ses confidences.

Une vie en mieux. Josette Stanké. Delbusso 222p.   www,delbussoediteur.ca


 


 


Roman vrai sur un naufrage

Michel Carbonneau connaît bien la mer puisque né aux Îles-de-la-Madeleine. Et surtout ce que c’est que la vie des pêcheurs, vie risquée au possible pour gagner ce qui devient maintenant une pitance au vu des féroces lois du marché. Dans Le Nadine, le déut de la fin il revient sur un fait réel, à savoir du nom de ce chalutier qui a sombré en mer le 16 décembre 1990 emportant avec lui dans la mort, huit des dix membres d’équipage. Sur vingt ans, de 1970 à 1990 il trace le quotidien de ce que vivaient ces gens pour qui la mer c’est le gagne-pain. Il n’est pas entré dans les chicanes d’interprétation qui ont suivi cette tragédie. Il s’en tient aux faits officiels en mettant des mots plausibles dans la bouche des personnages. Un très beau roman vrai qui nous rend les flots plus respectables encore.

Le Nadine, le début de la fin. Michel Carbonneau. Carte Blanche 405p.  www.carteblanche.qc.ca


 


 


Ce qui deviendra un film

Nous sommes en présence d’une démarche littéraire assez rare. C’est ainsi que Pierre DesJardins se fend d’un roman historique ayant pour toile de fond la Nouvelle-France. Trois pères pour une vie ce sont trois mâles qui se prennent d’affection pour une jeune amérindienne. Dépendant de l’angle où on se trouve, nous avons trois façons d’apprécier le même objet. Il qualifie son approche de roman cinématographique. Et en effet, ce bouquin sera porté au grand écran dans deux ans. Nous ne sommes pas en présence d’un scénario, quoique certains passages s’en rapprochent avec des introductions et des répliques, mais c’est bien d’un roman dont il s’agit. Une épopée sentimentale et trois manières de vivre l’amour filial.

Trois pères pour une vie. Pierre DesJardins. Carte Blanche 339p.   www.carteblanche.qc.ca


 


 


Sur le fait d’être musulman en occident et une vie de Mahomet

C’est un fait indéniable que la mouvance musulmane essaime en Europe et en Amérique. Avec une présence significative telle, que les pays accueillants, par peur, brandissent des menaces potentielles, des risques de perte d’identité, sans compter la résurgence de débats sur la laïcité. Disons qu’il y a une sorte de Far West interreligieux qui semble inextricable. Dans ce bouillonnement, une voix se fait entendre, celle de Tariq Ramadan. Ce professeur respecté d’études islamiques contemporaines à l’Université d’Oxford, apporte le point de vue de l’analyste qui regarde les choses froidement. Il publie Être occidental et musulman aujourd’hui. Ce livre s’adresse tant aux musulmans qui sont confrontés à des enjeux importants dans leur pays d’adoption, que ceux des occidentaux qui veulent faire le point. C’est aux Presses du Châtelet. Et pour ceux qui veulent remonter aux sources, nous signalons l’arrivée d’une vie de Mahomet L’Envoyé de Dieu de Gilbert Sinoué. Tout part de Médine en 672. Le Prophète est mort voici quarante ans, mais comme on est dans la tradition orale, le seul témoin de ce dernier est un vieillard. Et un jeune scribe va accourir à toute vitesse pour recueillir les enseignements que celui-ci a tenu du maître lui-même. C’est une biographie romancée du fondateur de la religion musulmane, qui permet la connaissance à la portée de tous de la vie et de l’œuvre de celui qui ébranle encore le monde. C’est aux éditions de l’Archipel.


 


 


Un sale héritage

L’inspecteur fétiche du duo Preston & Child le renommé Pendergast du FBI doit se mordre les pouces d’avoir une telle généalogie. Figurez-vous qu’un de ses aïeuls avait commis quelques bêtises qu’on veut faire payer au descendant. Et la menace va le frapper dans sa chair alors qu’on va déposer devant la porte de sa résidence new yorkaise, le cadavre d’un des ses fils jumeaux. Et pour ajouter au sordide de ce Labyrinthe fatal l’autopsie va révéler une surprise. Dans les entrailles de la malheureuse petite victime une turquoise, pierre que l’on trouve dans de rares mines de la Californie. Le père et limier meurtri se rendra donc dans cet état pour tenter de trouver une piste. En réalité c’est un piège qui lui est tendu. Le gars ne sera pas au bout de ses peines dans ce thriller haletant.

Labyrinthe fatal. Preston & Child. L’Archipel 469p.     www.editionsarchipel.com


 


 


Une biographie de Frankenstein

Pourquoi pas un monstre n’aurait-il pas droit à sa biographie ? Surtout s’il a pour nom Frankenstein. C’est chose faite avec Michel Faucheux qui raconte la genèse de ce personnage qui alimente l’imaginaire et qui a fait le bonheur du monde du spectacle. Mary Shelley avait seulement 19 ans quand elle écrivit en 1816 au bord du lac de Genève, cette fiction qui deviendra un succès retentissant. Lors de son séjour, pour la petite histoire, elle se trouvait en compagnie de Lord Byron. Une fille spéciale avec une mère qui écrivit un traité sur les droits de la femme au début du XIXème siècle. Et on croit que Mary a eu une relation coupable avec son père. Elle prit le relais de sa mère et se trouva quelque peu monstrueuse. Bref, vous ne vous ennuierez pas de lire le contexte de la création de Frankenstein si magnifiquement joué au cinéma par Boris Karloff. Et pour ceux qui voudraient poursuivre plus profondément leurs recherches, il y a en complément une bibliographie exhaustive.

Frankenstein, une biographie. L’Archipel 284p.    www.editionsarchipel.com


 


 


Une personnalité Cro-Magnon à découvrir!

Appréciez ici le fruit de la collaboration d’une romancière de talent Henriette Chardak et un paléontologue de renom, le professeur Henry de Lumley. L’écrivaine s’est appuyé sur ce dernier, professeur émérite au Muséum national d’histoire naturelle, directeur de l’Institut de paléontologie humaine et membre de l’Académie des Sciences auteur de « La Grande Histoire des premiers hommes européens, pour donner de la chair à un squelette, celui connu comme la Dame de Cavillon, née il y a 24 mille ans. Qui ici se nomme Baho la chamane. On est parti de ce qu’était le quotidien d’une guérisseuse et voyante à qui il arrivera bien des malheurs dont celui d’être violée. Toute une personnalité de Cro-Magnon à découvrir!

Le songe de Baho la chamane. Henriette Chardak et Henry de Lumley. L’Archipel 285p.     www.editionsarchipel.com


 


 


Un donateur lègue un cheval de course

Avec Tamara McKinley on sait d’avance qu’on ne s’ennuiera pas une seconde. Et on le vérifie encore une fois avec L’île aux mille couleurs. Celle qui nous a donné ce méga best-seller « La dernière valse de Matilda » nous transporte dans l’Angleterre de 1920 où vit, une tasmanienne d’origine, Loulou Pearson. La jeune femme aura toute une surprise en bénéficiant de la part d’un mystérieux donateur, d’un magnifique cheval de course. Le bel animal se trouve dans sa Tasmanie natale. Elle part donc en direction de cette île. Précisons au passage qu’elle a un contentieux durable avec sa mère. Rendu là bas, elle sera confrontée à des secrets familiaux qui ressurgiront. Vous avez là assez de matériaux pour décoller par l’esprit. Et servi par une plume alerte qui traduit bien l’exotisme de cette île aux mille couleurs. Du grand McKinley.

L’île aux mille couleurs. Tamara McKinley. L’Archipel 427p.    www.editionsarchipel.com


 


 


De l’insolite à pleines pages

Yahoo fait quotidiennement son beurre de ces nouvelles insolites qui ont l’air totalement farfelues et qui pourtant sont des étrangetés réelles de la vie humaine. Voici un album très coloré le Ripley’s, l’encyclopédie de l’incroyable 2016. C’est dément. Un fatras de faits abracadabrants qui vous amusera c’est garanti. Parmi les sujets fous qu’on y trouve, une fille qui vit avec un lion, le rasage de globe oculaire, une Barbie sans bras, reine du fitness! Et quoi encore. C’est le genre d’ouvrage que vous laissez traîner sur la table à café et qui fera le bonheur de vos invités avant de passer à table. Le monde est vraiment fou.

Ripley’s l’encyclopédie de l’incroyable 2016.


 


 


Le coin couture et habileté manuelle

L’origami cet art du pliage de papier d’origine japonaise, a essaimé dans le monde de sortes que des techniques différentes ont fait leur apparition. Par exemple ce coffret Origami des grands maîtres américains sous la direction de Marc Kirschenbaum. Sur la  couverture l’emblème national, le condor, en deux couleurs. Il contient un livre explicatif de 160 pages, 20 modèles et mieux encore une vidéo de la réalisation étape par étape de même que 100 feuilles de papier origami grand format. Ne reste plus que votre talent créatif à mettre à contribution. C’est édité chez Nuinui.

Chez Modus Vivendi d’Hanna Charlotte Erhorn, Tricoter avec des grosses aiguilles. Avec le temps froid qui est à notre porte, vous aurez peut-être le goût de créer foulards, tuques, mitaines et quoi encore. A l’aiguille ou au crochet vous avez un fameux guide illustré vous permettant de réaliser en peu de temps des accessoires et motifs tout ce qu’il y a de personnalisé. Dans ce livre vous avez 35 propositions à tricoter avec un fil épais et doux.

Preuve que cet autre ouvrage est devenu une référence, on réédite pour une quatrième fois 46 créations originales en couture pour les enfants et leurs mamans de Laëtitia Gheno édité chez Créa Passions.. A partir de patrons en taille réelle, ce professeur d’arts plastiques fera surgir de vos mains des animaux mignons qui accompagneront vos petits dans leur sommeil. Et l’éditeur a pris un soin jaloux du côté des illustrations pour faciliter la réalisation des étapes.


 


 


Pénétrez dans l’intimité du Père Noël

Ceux qui en doutent encore ont ici un formel démenti, oui le Père Noël existe. Et mieux encore, grâce à Annie Bacon on a la chance de pénétrer dans L :e monde magique du Père Noël. Le célèbre personnage qui s’apprête à travailler encore plus fort au cours des prochains jours, nous a ouvert gentiment les portes de son domaine. Absolument merveilleux. Et que dire des jolies illustrations de Turine Tran. Elle restitue toute l’ambiance qui est celle de ce gros bonhomme si sympathique et généreux. Et que dire de la participations des lutins!

Le monde magique du Père Noël. Annie Bacon et Turine Tran. Caractère www.editionscaractere.com.


 


 


Cinq opus palpitants chez Pages Ouvertes

Plus on fréquente cette petite collection encyclopédique et plus elle nous épate. Car il n’y à pas un secteur de l’activité humaine qui ne fasse l’objet d’un bouquin. Du moins le catalogue est déjà assez vaste. Cinq titres débarquent dans des horizons divers. A commencer par ces Petites histoires du métro parisien. Élise Dumont connaît bien son métro, qu’on nomme souvent à Paris le Métropolitain. Attention, contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce ne sont pas des anecdotes historiques comme telles. Il s’agit des observations, des réflexions qui viennent à l’esprit de l’auteure, selon qu’elle se trouve à telle ou telle station. C’est une légère étude de mœurs en quelque sorte.

Paul Kennedy de son côté s’attache aux Légendes des pirates, bandits des mers. Et Dieu sait que la mer ne manque pas de sujets. Ce qu’on peut apprendre. Par exemple que Christophe Colomb accosta à Cuba, croyant arriver en Chine. Que l’explorateur Francis Drake, pilleur des colonies espagnoles, dut jeter la moitié de sa cargaison pour que son navire se maintienne à flots, il engrangea tout de même plus de 4000% de profits! On a retenu ici seulement deux anecdotes, il y en a à chaque page. Faut croire que le même auteur a des curiosités diverses puisqu’il passe à un autre monde, celui des Complices criminels, duos de tueurs. Il répertorie des cas comme on en voit souvent dans ces séries criminelles qui fait le beurre de la chaîne canal D. Parmi les duos rendus tristement célèbre, celui de Karla Homolka et de Paul Bernardo. En parcourant ces pages on se rend compte que dans le cas des duos homme-femme, cette dernière est souvent affectée d’une dépendance confinant au retard mental.

Dans un tout autre registre, Robert McCoy nous emmène du côté des Pouvoirs occultes, sciences cachées. Là où dit-on se terre l’empreinte du diable. Écrivain anglais, passionné par l’histoire des religions, l’auteur pose ici une question fondamentale, est-ce que les pouvoirs occultes sont l’émergence de la face sombre de l’être humain ? Vous prendrez connaissance d’une fable datée de la Renaissance anglaise où un homme aux mœurs dépravés fini par perdre son membre viril. Consultant une sorcière, elle le guida vers le sommet d’un arbre où se trouvaient plusieurs pénis, l’invitant à faire son choix, sauf le plus gros…réservé au curé de la paroisse!

 John Wright propose Les enquêtes criminelles du FBI, les plus grands dossiers de l’agence américaine. Dans la première partie du livre on a un court résumé de la fondation du FBI et de son patron à vie J. Edgar Hoover. Puis certains grands dossiers dont celui de Bruno Hauptmann, grillé sur la chaise électrique pour l’enlèvement et la mort du bébé de Charles Lindbergh. On apprend que la veuve du condamné, même nonagénaire, s’est battue pour clamer l’innocence de son mari, avec des soi-disant preuves à l’appui, recours toujours refusés.


 


 


Mettre fin à l’emprise des Templiers à Londres

Lorsqu’il est question des Templiers on s’arrête souvent à leurs interventions en France et en Terre Sainte à l’époque médiévale. Mais ils sont sévi bien plus tard. Et ailleurs que sur le continent européen. A preuve, et Oliver Bowden s’en inspire pour son tome 8 de sa saga Assassin’s creed « Underworld »  tiré d’un jeu de Ubisoft, on a la trace de leurs activités dans le Londres de 1862 juste un peu avant la Révolution industrielle proprement dite. C’est qu’en creusant pour installer le métro de la capitale anglaiser on fera la découverte d’un cadavre. Et les premières constatations laissent croire que c’est un autre chapitre du combat que se livrent les Assassins et les Templiers. Il y a un personnage de ce roman, Henry Green, connu comme le Fantôme, qui est du côté des Assassins et qui s’est juré d’en découvre avec le groupe rival. De l’action en voilà revendre.

Assassins’s Creed. Underworld. Oliver Bowden. Milady 405p.    www.milady.fr


 


 


Forge et paysannerie en France à l’aube du XXème siècle

Le chant de la forge dont il est question ici, ne relève pas à proprement parler du monde musical, mais est la métaphore qu’emploie la romancière Micheline Boussuge pour montrer comment son vaillant héros, Guillaume, 16 ans, perçoit les coups de marteau du forgeron sur l’enclume. Le rêve de cet ado sera de devenir forgeron. Originaire de la Lozère, il va devenir apprenti en allant s’installer dans une autre région. Dispensé du service militaire qu’il redoute en raison de la perte d’un doigt, il se mariera trois fois et achètera une forge pour établir son commerce, sa passion. C’est un beau roman pastoral qui nous fait aimer un être de cœur, courageux comme deux et qui sait faire face à l’adversité.

Le chant de la forge. Micheline Boussuge. L’Archipel 263p.
www.editionsarchipel.com


 


 


Des québécois au bord du déséquilibre

Curieux roman que ce Rouge de Denyse Delcourt qui se déroule dans le Québec des années soixante. Il a bien une fille jugée déséquilibrée, surnommée Clotho qui a des visions. Mais ne parlons pas des autres qui passent leur temps à se juger mutuellement. On les croirait toujours au bord du déséquilibre. On aime trop les livres ? Hop surgit un jugement de valeur. Le talent de la romancière c’est qu’en est des chapitres très courts, elle parvient à traduire la fragilité de nos êtres. A croire que pour ce qui est de notre équilibre mental nous vivrions sur du temps emprunté. Inquiétant.

Rouge. Denyse Delcourt. Lévesque éditeur 127p.    www.levesqueediteur.com


 


 


Un roman bourré d’énigmes

Endgame est une saga dont on publie le second tome « La clé du ciel ». Les coauteurs, James Frey et Nils Johnson-Shelton cryptographes, ont imaginé un récit d’anticipation sur le sort du monde, avec des joueurs et des clés à trouver. La première a été découverte. Et on se triture les méninges pour trouver la suivante. A cet effet un lien hashtag figure à l’endos de la couverture qui vous permet d’aller encore plus loin dans ce roman qui a tout d’un jeu avec son lots de symboles. Une belle gymnastique pour les neurones qui inaugure une génération de nouveaux ouvrages qui font appel à l’interactivité du lecteur de préférence tout jeune et un peu geek sur les bords..

Endgame. La clé du ciel. James Frey et Nils Johnson-Shelton. Gallimard 540p.  


 








 


Le coin Miam miam

Un très beau florilège de titres pour compléter votre bibliothèque de cuisine. Nous l’attendions, il est là, le guide des vins de Jean Aubry sa sélection des 100 meilleurs vins à moins de 25$ sans compter qu’ils ne se contentent pas de ce choix, le chroniqueur du Devoir nous livre en plus 300 autres coups de cœur. Et tant qu’à adopté les habitudes numériques de notre temps, pourquoi pas ? Il se démarque en nous donnant les codes à barres des bouteilles présentées pour téléphones intelligents. Un véritable travail de bénédictin que salueront les disciples de Bacchus. Aux éditions Transcontinental.

Les trois autres titres sont chez l’éditeur Phaidon. Ils font partie de la collection « La cuillère d’argent » qui s’est écoulée à plus d’un million d’exemplaires vendus. Les ouvrages en question font partie également de l’école de cuisine italienne. Qui mieux qu’elle peut décliner l’apprêt des pâtes ? On feuillette les pages pour découvrir des splendeurs en bouche comme ces pappardelle au lapin et à la sauce tomate, des lasagnes de la mer qui intègrent les délices marins,. Tout comme on ne dira jamais non aux cannellonis à la béchamel. Comme de raison ce sont des recettes déconcertantes de simplicité et qui rassurent toujours les ventres affamés. Autre fleuron de la péninsule italienne, les Pizzas. Ici on en regroupe des dizaines, complétées par des focaccias et des calzones. De quoi échapper à la routine.  Comme chaque région italienne, esprit de clocher aidant croit avoir « LA » recette de pizza, vous pouvez concevoir le luxe d’imagination pour se distinguer des voisins. Ainsi vous avez la délectable pizza génoise qui fait compétition avec celle farcie à la morue. Puis comme il faut se sucrer le bec, vous allez voir que les sucreries italiennes ne se limitent pas au tiramisu et au panetone. Il y a par une foule de biscotti, des couronnes, des tartes à l’orange et plus encore.

Deux titres chez Rustica : Foie gras & confits de Bruno Ballureau et Bonnes recettes du terroir coécrit par Solzic chomel de Varagnes et Lorène de Turckheim. Pour le premier ça tombe bien, on en consomme beaucoup durant le temps des Fêtes. Et quoi de plus chic que le foie gras pour magnifier une table ? Les petits budgets se contenteront de simili foie gras commercialisés. Ceux que les auteurs présentent forment le sommet du genre. Avec par exemple du foie gras poché au gewurtraminer. Faire du foie gras requiert d’être proche de la matière première, mais à partir de lui on peut l’apprêter. D’où des recettes inventives. Dans le second ouvrage c’est un tour d’horizon de l’Hexagone avec des plats typiques régionaux, comme le lapin à la moutarde, le hachis parmentier, des classiques en leur genre. Mais aussi le baeckeoffe alsacien,  qui mêle du bœuf, du porc et de l’agneau. Et que dire de la tartiflette de Haute-Savoie avec son reblochon, le fromage du coin. Un chapitre majeur est consacré aux sauces.

Josée Robitaille se fait plaisir et nous gâte de même avec C’est l’hiver son livre de recettes constituées de plats nourrissants pour affronter les rigueurs du climat. Elle a une feuille de route comme chef longue comme ça. Sans compter sa participation à d’innombrables émissions de télévision. Et généreuse. Fallait voir la réception de lancement pour son bouquin au Marché Jean-Talon. Une hôtesse comme ça on en redemande. Donc paraît ce premier titre aux éditions de la carotte blanche. Ce qui se trouve dans ces pages, elle l’a servi d’abord aux membres de sa propre famille. Petite anecdote, les photos qu’on y trouve, ère numérique oblige, on été réalisées avec un téléphone intelligent. Sa soupe à la courge et à la noix de coco intrigue. On trouve une fricassée à l’agneau braisé, un rôti de morue en feuilles de vignes, et des magrets de canards rôtis pour énumérer que ces merveilles. Vous avez aussi des desserts affriolants. Bref, c’est la belle surprise dans l’édition culinaire québécoise de 2015.

Vous êtes nombreux à écouter L’épicerie chaque semaine sur les ondes de Radio-Canada. C’est une mine de renseignements  touchant à tous les aspects du monde agro-alimentaire. On se prend à regretter de ne pas avoir en main un crayon pour tout noter ces précieuses informations. Ne vous chagriner pas trop car Sylvie Dô vient à votre rescousse. Elle présente un album portant le titre de l’émission aux éditions Caractère. L’édition est graphiquement très soignée avec pleins d’encadrés répondant à toutes les questions sur l’élevage bio, les parties intéressantes des viandes et la confusion qui s’y rattache parfois, les sucres ajoutés, et comment manger végétarien sans risque de carences. 

Et un gros pavé chez Mango, Une année de recettes. Comme son titre l’indique, ça regroupe une année de recette chaque jour. Terminé le casse-tête de savoir quoi manger durant la journée. Par exemple le 30 janvier on vous suggère des escalopes à la crème et pommes de terres sautées, tandis que le 25 juin ce seront des rougets grillés avec semoule épicée. Le 4 août, une blanquette de lotte aux lardons, et ainsi de suite. Nous recommandons fortement ce précieux bouquin aux restaurateurs qui nous lisent et qui peinent pour trouver ce qui deviendra le plat du jour. Et l’équipe a prévu les proportions en conséquence. 


 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

Jacqueline Chambron fut une amie de Lilian Silburn dont elle écrit la vie de cette dernière. Cette femme était une disciple et propagandiste en France de la mystique indienne. Elle a eu pour mentor Radha Mohan Lal Adhauliya maître soufi qu’elle rejoindra souvent pour poursuivre sa connaissance de la vie intérieure. La biographe nous fait connaître une femme pacifiste jusqu’au bout des ongles. On pourra lire de ses écrits inédits à ce jour. En plus Lilian Silburn manifestait un grand intérêt pour les sciences. C’est aux éditions Almora. Chantale Proulx s’interroge à voix haute sur le genre d’éducation que nous dispensons à nos enfants. Son Plaidoyer pour une enfance heureuse aux éditions du Cram, Professeure au département de psychologie de l’Université de Sherbrooke, l’essayiste s’inquiète de ce qu’on ait perdu la maîtrise des petits, livrés aux spécialistes et à la médication. Elle lance des pistes pour que renoue le lien parent enfant sous de meilleures auspices.

Ce sont de grandes et éternelles questions métaphysiques qui composent l’essentiel de L’évolution de Samuel Samson aux éditions de L’Apothéose. Ce jeune homme, beau garçon et surtout tête bien remplie, nous expose ce qu’il croit savoir sur la présence de Dieu, d’une vie ailleurs et quoi encore. Pour appuyer ses dires, il mixe différentes théories à caractère interreligieux. Un fondu qui se veut une synthèse de l’humanité. Il n’est pas dupe qu’on se méprendra sur ses intentions, le traitant peut-être de fou. Mais il a au moins le mérite à un jeune âge de partager ses croyances que nous sommes libres d’endosser ou non. Soulignons entre parenthèses que c’est un ardent défenseur de la langue française.

Daniel Robin est membre de l’Académie d’ufologie. Et à ce titre s’intéresse à tout ce qui touche ce domaine mais également la parapsychologie et les phénomènes de mort imminente. Il présente Le point Oméga à travers le cas de Renan qui a la douleur de perdre son fils et qui ne trouve d’intérêt à rien ici-bas. Mais il aura la révélation que des entités prennent en main notre passage dans l’autre vie. Voici un titre qui plaira à tous ceux qui s’interrogent sur la vie après la mort. Aux éditions Québec-Livres.

Aux éditions du CHU Sainte-Justine, un ouvrage qui est au cœur de l’actualité alors que l’on s’interroge sur ce que doit être l’administration de la santé au Québec. C’est un essai en collectif sous la direction de Fabrice Brunet qui à pour titre L’innovation en santé, réfléchir et agir. Le maître d’œuvre sait de quoi il parle, car le Dr. Brunet est le président-directeur-général du regroupement CHUM-CHU Sainte-Justine. Autrement dit le grand manitou de ces établissements majeurs en santé. Son ouvrage pourra intéresser le néophyte qui est curieux de voir quels sont les problématiques et les pistes de solutions que doit envisager un directeur d’un centre hospitalier.

Sur une note plus folichonne, c’est Shirley McLaine qui signe Et si aux éditions AdA. La vibrante octogénaire ne fait pas mystère de son amour de la solitude. Pour elle c’est plus bénéfique que de perdre son temps dans des réceptions mondaines. Aux soirées tapis rouge, elle préfère méditer, et lire. Ou s’occuper de ses animaux domestiques. Car il ne faut pas en douter, selon ses dires les animaux ont une âme et elle privilégie plus leur compagnie à celle des hommes. On appréciera diversement ses propos, mais au moins on ne pourra pas lui reprocher d’être transparente.


 







 


Le coin santé physique et psychique (2)

Jean Didier est très connu en Europe, où à titre de médium il est fréquemment invité sur les plateaux télévisés. J’ai décidé de changer de vie est sa proposition à ceux qui sont mal dans leur peau et qui veulent en changer. Il prône une méthode en trois fois trente jours qui est une interpellation avec périodiquement des tableaux d »auto-évaluation, question de voir où on est rendu. C’est publié chez Lanore.

Aux éditions Almora, David Dubois décortique la pensée d’un maître du Tantra, ce mouvement influent au Cachemire au Xème siècle, il a pour nom Abhinavagupta. La caractéristique de ce sage et de la philosophie tantriste, est de concilier spiritualité avec sensualité. C’est un ouvrage de vulgarisation assez rigoureux, voire d’une lecture quand même exigeante, mais qui détaille les paliers de cette connaissance. Le but ultime ? La liberté de la conscience.

Chez l’Archipel, un cas vécu. Celui d’Hélène Montel qui pour son malheur a épousé un pervers narcissique. Son conjoint Dominique, raconte t’elle, n’aura de cesse de la rabaisser. Et ça atteindra des proportions épouvantables. Et même si elle se séparera de lui, il lui faudra du temps pour échapper à son emprise psychique. Détruite brosse le tableau du mode d’opération de ce type de manipulateur extrême, qui prend plaisir à humilier. En même temps c’est un signal envoyé aux femmes aux prises avec une telle problématique.

Aux Presses du Châtelet, Marie Borrel va rendre service à tous ceux et celles qui veulent se soigner comme nos aïeux. 1000 remèdes à l’ancienne 100% naturels est un répertoire de 27 fruits et légumes curatifs, 14 plantes, 24 épices et aliments, complétés par 150 affections et leurs traitements. Nos ancêtres savaient comment utiliser au mieux la pharmacie naturelle à leur portée. Maintenant nous sommes livrés aux entreprises pharmaceutiques qui inventent même des maladies pour écouler leur camelote. Ce livre salutaire est le juste retour des choses.

Dans un même registre c’est La santé par les plantes chez Alpen avec la collaboration des Dr. Daniel Scimeca et Max Tétau. On passe en revue pas moins de 120 plantes médicinales et 80 affections. Une bible en phytothérapie. Avec mille conseils. Par exemple, si les ophtalmologues ne sont pas parvenus à freiner les inconforts de l’éblouissement à la lumière, pour cause entre autres de trop de présence devant les écrans d’ordinateurs, on recommande des traitements préventifs à la carotte et aux myrtilles. De même la vergerette du Canada, une plante méconnue, aide aux articulations endoloris ou aux rhumatismaux. La rhodiola elle, va calmer les grands nerveux, donnant aussi de l’énergie.

Guilhaine Bessou est kinésithérapeute mézièriste et praticienne en gymnastiques douces. Sa Gym conscience chez l’éditeur Sully ce sont 140 exercices à mettre en pratique mais à la différence de bien connaître ce pourquoi nous faisons tel ou tel mouvement, et non pas machinalement. Connaissant mieux la nature du mouvement, on saura l’apprécier à son mérite et faire attention à bien l’exercer. La spécialiste souhaite que ce soit aussi des actes amusants, elle privilégie une certaine vision du jeu. C’est ainsi moins contraignant au plan psychologique.

Aux éditions AdA, la coach Louise Leroux lance Bonheur et leadership un guide d’autocoaching. Dans l’optique que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Dans sa méthode il est beaucoup fait référence à nos propres questionnements. C’est pourquoi on trouvera un large espace à des questions et des réponses à compléter, toujours pour s’évaluera avec le plus d’authenticité.

Maigrir sans régime ? Un fantasme ? Non, une réalité avec les conseils éclairés de la nutritionniste Hélène Baribeau consignés dans son livre Halte aux kilos! Ça commence par un regard sur soi. Pourquoi on est gros ou grosse ? Savoir identifier les fausses faims. Éviter de jouer au yoyo. Elle identifie les problèmes certes, mais apporte des solutions, comme de savoir structurer ses collations. Comment en découdre avec le grignotage. Les téléspectateurs connaissent bien la spécialiste car elle fait partie de l’équipe de « Qu’est-ce qui mijote ? » à l’antenne de TVA. On trouvera quelques recettes et des suggestions de menus accessibles. Maigrir tout en ayant la sensation de satiété, maintenant à la portée de tous. Aux éditions La Semaine.


 


 


Deux romans remarquables chez Fides


Le premier des nouveaux opus, Le village entré dans le silence de Ronald Lavallée,  avis aux scénaristes de cinéma, ferait un excellent film. Et pour cause, qu’on en juge. C’est un théologien à la mode, avec un charisme marquant, comme si toutes les fées se seraient penchées sur son berceau. Pour reprendre un cliché convenu, il a tout pour lui. Sauf que sa fille âgée de 22 ans disparaît sans laisser de traces. On saura par la suite qu’elle a abouti dans une communauté de vie ultra-catholique. Mais ce n’est pas tout, on lui prêtera ensuite des dons de thaumaturge. Le père se met alors de la retrouver. Ce roman tombe à point nommé au moment où bien des gens sont en quête d’Absolu, de quête de sens de la vie, et sont prêts à se livrer au premier gourou venu.

Changement de tonalité avec Le secret de Marie Julia François de Lucien Morin. Cet ex professeur de philosophie de l’Université Laval, nous a concocté un suspense historique, puisque c’est à une remontée dans le temps qu’il nous conduit, soit dans le Paris de 1942. Nous retrouvons Marie Julia François qui entreprend une liaison avec un allemand sauveur de juifs. Déjà c’est assez singulier. L’année suivante à Québec, elle laisse un journal à son enfant des indications sur deux documents de sa main. La même journée où elle rédige sa missive, elle est assassinée. Il faudra attendre 2002 pour que les écrits de la dame soient retrouvés insérés dans un mur de pierre. Et du coup on résoudra l’histoire de deux meurtres. Avec moins d’ingrédients on accouche souvent d’un roman de première. Alors voyez la matière foisonnante qui captive ici le lecteur. L’écrivain n’ayons pas peur de l’écrire tutoie l’excellence.


 


 


Une réflexion sage sur le divorce

Christiane Collange vaut toujours le détour car lorsqu’elle s’exprime, on voit qu’elle a mûri son sujet. On n’oubliera pas de sitôt son bouquin de 2009 « Pitié pour vos rides » sur le vieillissement et la chirurgie plastique qui a marqué pas mal de lecteurs. Cette fois elle se penche sur le divorce dans Quand nos enfants divorcent. Elle se prononce en connaissance de cause car elle en a fait l’expérience trois fois. Comme on dit communément, elle a donné. Que lui inspire la longévité du couple à l’ère numérique, qu’elle considère d’entrée de jeu comme une menace. Trop d’attention au web, pas suffisamment pour l’être dit aimé(e). Et elle distingue intelligemment l’infidélité affective de celle purement sexuelle, quoique elle reconnaît que la frontière est mince entre les deux. Mais surtout, les effets collatéraux d’un divorce sur les enfants autant que les petits-enfants. L’humour précise t’elle est un merveilleux antidote aux douleurs de la séparation.

Quand nos enfants divorcent. Christiane Collange. Robert Laffont 209p.     www.laffont.fr


 


 


Girouette Lucien Bouchard ?

Que n’a-t-on pas dit de Lucien Bouchard la plus grand accusation étant celle d’être une girouette politique, incarnation du pur opportuniste. C’est vrai que ses allégeances politiques successives ont de quoi dérouter, admirateur du Franch power sous Pierre-Elliot Trudeau, conservateur, fondateur du Bloc québécois et maintenant à l’aise avec le beau risque. Le politologue et philosophe politique Jean-François Caron, loin de le considérer comme un Rastignac, voit très bien dans sa démarche une cohérence gaullienne des intérêts supérieurs du Québec. Il détaille son analyse dans une petite plaquette éclairante qui aide à saisir la portée de sa démarche.

Lucien Bouchard, le pragmatisme politique. Jean-François Caron. Presses de l’Université Laval 126p.    www.pulaval.com


 


 


Le journal de bord de Michel Drucker

Cinquante ans de télévision c’es proprement phénoménal. C’est pourtant le record de Michel Drucker dont cinq mille heures d’archives sont répertoriées à l’INA. Lui-même n’en revient pas. Il commence à peine à comprendre que cette recette de longévité tient au fait qu’il a besoin profondément du public qui le lui rend bien. Il commence une série de one man shows où il se raconte. Du nouveau dans cette carrière. Et il continue d’écrire. Ce qui nous sonne le journal d’Une année pas comme les autres. Le ton est un peu plus grave. Il se libère davantage pour prouver qu’il n’est pas uniquement le gentil garçon du petit écran. On aimera ses affections et ses détestations.

Une année pas comme les autres. Michel Drucker. Robert Laffont 308p.   www.laffont.ca


 


 


Depuis quand on assure les personnes ?

C’est un fait qu’ou oublie trop rarement, que le monde des assurances occupe une dimension importante de l’activité économique du Québec. Aujourd’hui, les placements effectués par les firmes d’assurances assurent une grande parie de la dynamique financière. Nous n’avions pas de livre d’histoire nous racontant l’aventure de l’assurance au Québec. C’est maintenant chose faite avec l’Histoire de l’assurance de personnes, des sociétés de secours mutules aux grandes institutions d’assurance. C’est oublié sous la direction de Jacques Saint-Pierre, Martin Petitclerc et Diane Saint-Pierre. L’ouvrage commence par la mainmise des cabinets d’assurances étrangers suivi de notre prise en charge dans la foulée du Québec Inc. C’est passionnant au point que même des gens, étrangers à cet univers, prendront plaisir à le lire.

Histoire de l’assurance de personnes. Collectif. Presses de l’Université Laval 439p.      www.pulaval.com


 


 


Toute une reconversion de vie

L’auteur entre pour la première fois dans la vie des lettres, et par la grande porte. Il se nomme Arjun Basu. Et pour marquer son territoire, il se fend d’un roman sur fond philosophique, initiatique pourrait-on dire avec Attends-moi. Au commencement est un rédacteur publicitaire à New York, Joe Fields. Il réussit bien dans son domaine. Mais sa vie bascule par la présence d’un homme qui va l’obséder et devenir au fil du temps son nouveau mentor, qui lui commande de tout lâcher de sa vie présente pour faire un road trip qui le mènera comme…cuisinier au Montana. Des néons de Madison street, il contemple désormais les étoiles enfin visibles. Est-il heureux pour autant ? Regrette t-il d’avoir suivi les instructions de L’Homme ? Comme premier pas en littérature c’est une réussite totale. Et qui nous interpelle drôlement sur ce que signifie la notion de faire sa vie.

Attends-moi. Arjun Basu. Marchand de feuilles 431p.    www.marchanddefeuilles.com


 


 


Simple et complexe comme du Mozart

En lisant Les corps extraterrestres de Pierre-Luc Landry nous vient à l’esprit qu’il faut se méfier de la simplicité apparente de l’écriture. C’est comme les variations de Mozart, mélodies simples mais qui peuvent être aussi des pièges pour qui exécutent ces partitions avec trop de désinvolture. Nous avons ici deux hommes, Xavier et Hollywood qui sont en déplacement constant en quête de sens. C’est un roman sur la lucidité. Qu’est-ce qui peut apaiser des êtres qui ont comme un sixième sens. En même temps c’est une apologie des beaux sentiments qui peuvent habiter deux hommes.

Les corps extraterrestres. Pierre-Luc Landry. Druide 255p.    www.editionsdruide.com


 


 


A l’ère de la radicalisation islamique

Il ne fallait pas attendre trop longtemps pour voir un roman surgir inspiré de ces jeunes qui se radicalisent au profit de l’état islamique. Les fauves d’Ingrid Desjours colle à cette nouvelle réalité inquiétante. Au départ nous faisons connaissance avec Haiko qui préside une ONG qui s’est donnée pour mission de sauver des jeunes embrigadés dans la mouvance islamique. Évidemment un tel mandat n’est pas sans risques. Une fatwa a même été ordonnée sur son compte. Pour se protéger, elle fait appel à un garde du corps, Lars, un militaire qui a combattu en Afghanistan et qui a subi la médecine des talibans. Mais ce sont deux caractères bien trempés. Ce sont eux les fauves qui donnent leur qualificatif au titre. Nous sommes face à un sujet et une écriture puissante, en même temps une belle sensibilisation aux périls qui guettent ces jeunes en quête d’absolu.

Les fauves. Ingrid Desjours. Robert Laffont 436p.     www.laffont.ca


 


 


Ce qui ne tue pas rend plus fort

Cet adage on le sent bien à parcourir Sans elle d’Andrée Laurier. En gros, une actrice en renom établie à Vancouver. Elle voit sa fille, Livia, âgée de cinq ans, kidnappée. A ce moment là, la mère se trouve à Tokyo dans le cadre de ses activités humanitaires. Elle rentre donc en trombe en Colombie-Britannique. Elle, son conjoint et des amis se mettront en quête de la retrouver. On ne vous dévoilera pas évidemment l’issue. Mais ce qu’il faut retenir c’est que ce malheur qui les frappe, va développer chez les concernés une entraide qui ne se serait pas faite autrement. C’est dans l’épreuve qu’on connait souvent la véritable nature des gens. L’histoire en trame de fond est classique, c’est le message qui sous-tend qui prend toute son importance.

Sans elle. Andrée Laurier. Lévesque éditeur 215p.    www.levesqueediteur.com


 


 


Le suicide vu par Marie Laberge

Marie Laberge nous arrive en force avec non pas un, mais deux titres, Ceux qui restent un roman, et Treize verbes pour vivre un livre de réflexions diverses (que nous recensons ci-dessous dans la section « Le coin santé physique et psychique »). Le roman donc. Elle l’a dite et répétée en entrevues, le sort de ceux qui ont décidé d’en finir avec la vie, ne mérite pas qu’on s’y attarde, c’est fait, final bâton comme on dit communément. Elle ce qui la chauffe, c’est ce qui advient aux proches de ces disparus tragiques, les survivants. Son opus nous livre des états d’âme de gens qui ont gravité autour de Sylvain qui s’est donné la mort. Autant de personnes, autant d’attitudes. Il n’en reste pas moins qu’il y a un dénominateur commun, on ne peut demeurer indifférent à ce qui arrive. Tous sont touchés. Le poète François de Malherbe disait que la mort est une douleur à nulle autre pareille, celle d’un enfant ou d’un suicidé demeurent des coups de poing que la romancière avec le talent qu’on lui connaît rend très bien. Avec trois québécois qui se suicident chaque jour dont des jeunes en majorité, le thème de ce livre est d’une terrible actualité.

Ceux qui restent. Québec Amérique 502p.     www.quebec-amerique.com


 


 

John Parisella se raconte

Les habitués des émissions d’affaires publiques le connaissent bien, car John Parisella fin connaisseur de la politique américaine (qui a été notre Délégué général à New York) est fréquemment invité sur les plateaux pour commenter l’actualité de la politique chez nos voisins, tout comme celle domestique. Il a senti le besoin de raconter comment se passe le pouvoir en coulisses car il a été aux premières loges comme chef de cabinet de Robert Bourassa. Ne comptez pas sur lui pour nous livrer des potins sur ce dernier au plan intime. Il se contente de détailler ce en quoi consistait son travail. Ardent fédéraliste il n’en demeure pas moins respectueux de l’intégrité d’un René Lévesque dont il va même s’occuper de la création d’un musée à son nom à New Carlisle, ville de naissance de l’ancien premier ministre. L’angle intéressant c’est de voir comment on peut passer d’un job à un autre, au hasard des rencontres.

La politique dans la peau. John Parisella. Les éditions La Presse 389p.    www.editionslapresse.ca


 


 


Les petits dessous d’un humoriste

Cette année P.A Méthot était nominé au titre de l’Olivier du spectacle le plus populaire. Ce qui à sa façon est une consécration. Aujourd’hui, ce gars parti de rien, roule avec 150 shows par année. Gabrielle Dubé qui est rompue à l’écriture, sentait qu’il y avait suffisamment de bons matériaux dans cette carrière pour accoucher d’un volume qui nous montre ce qui se passe en coulisse dans l’industrie de l’humour. Il est dit pertinemment en quatrième de couverture, que ce monde drôle fonctionne de manière très sérieuse. Ce livre plaira à ceux quoi admire l’homme, les humoristes en général, ou bien qui aspirent à monter sur scène dans ce créneau bien particulier du monde du spectacle.

Faire l’humour, P.A Méthot. Gabrielle Dubé. Sylvain Harvey éditeur 221p.     www.editionssylvainharvey.com


 


 


Une jeune fille et ses fréquentations hassidiques

Voici une BD charmante cosigné Valérie Amiraux et Francis Desharnais qui a pour titre Salomé et les hommes en noir. Ces hommes en noir dont il question ici ce sont les représentants de la communauté hassidique d’Outremont auxquels sera confronté une toute jeune fille qui vient d’emménager dans cet arrondissement avec sa famille. Il y a bien sûr le choc culturel de croiser ces personnes étrangement vêtus. Le but de l’exercice est d’expliquer les fondements de la démarche spirituelle, de sorte qu’avec une meilleure connaissance on a moins peur de l’étrange. Saluons l’approche humaniste des auteurs.

Salomé et les homme en noir. Valérie Amiraux et Francis Desharnais. Bayard  www.bayardlivres.ca


 


 


Denise Bombardier, la joueuse mesurée

Le grand coming-out des derniers jours, assez étonnant même, c’est la révélation au grand public par l’intéressée elle-même que Denise Bombardier est une joueuse dans l’âme qui ne trouve pas meilleur dérivatif à ses préoccupations intellectuelles que d’aller se retrouver devant des machines à sous. Pour la petite histoire soulignons que le plus gros montant qu’elle a remporté de la sorte est cinq mille dollars. Si elle a cette passion, elle sait la contenir et ne dépense jamais un certain montant limite, et si elle fait un gain, quitte aussitôt le casino. Elle lève le voile sur la psychologie du joueur à partir de ses propres observations. Jackpot est un petit livre charmant qui nous dit tout de ce qui passe par la tête des participants à ces jeux de hasard.

Jackpot. Plaisirs et misères du jeu. Denise Bombardier. Les éditions de l’Homme 135p.  


 


 


Enquête policière er romance à Cuba

Benoît Bouthillette était déjà promis pour être un des auteurs à marquer la saison d’automne au Québec avec son polar L’heure sans ombre qui a pour toile de fond Cuba. Ce livre inaugure un diptyque qui a pour titre « La somme du cheval ». Au départ c’est une enquête confiée à l’inspecteur Benjamin Sioui dont le patronyme dit bien qu’il est d’origine amérindienne. Il va devoir se rendre dans l’île de Cuba, car de nombreuses disparitions d’enfants inquiètent les autorités. La mission pourrait être assez lourde, mais elle est allégée du fait qu’on lui adjoint, la sergente Maeva Corrales qui honore bien la beauté des cubaines. Cupidon n’est pas trop loin qui décochera une flèche au cœur de l’homme. Nous avons dans ces pages écrites de main de maître, un deux pour un, un thriller policier et une histoire d’amour. On ne s’ennuie pas une seconde.

L’heure sans ombre. Benoît Bouthillette. Druide 542p.    www.editionsdruide.com


 


 


Le coin  spiritualité

Les défis de la vie en communauté à l’ère numérique. C’est ce dont nous informe le dominicain Daniel Cadrin qui directeur de l’Institut de pastorale des Dominicains à Montréal. Il signe chez Novalis un livre fort intéressant, Dieu appelle toujours qui est une mine d’informations sur les défis que rencontrent les communautés religieuses de notre temps. Comment les questions matérielles peuvent être harassantes avec des demandes de dons qui peuvent atteindre…un millier chaque mois. Ensuite un sentiment de défaitisme chez des religieux aux communautés toutes vieillissantes, ce sentiment de se voir disparaître. Mais en même temps ça pose les bases d’un renouveau à penser pour assurer la pérennité. Cette lecture risque positivement de générer des vocations nouvelles.

Ailleurs chez Liber, L’Hypothèse de Dieu, débat avec les croyants cosignés par Jocelyn Giroux qui est avocat criminologue et Yves St-Arnaud, psychologue. Cet essai est suivi d’une réplique de Jacques Dufresne. Partisans de l’immanence ils rejettent toute idée de transcendance divine. Nous avons cette croyance en nous. Un essai simple, qui ne donne pas la réponse définitive au questionnement de l’existence de Dieu, mais qui peut apporter une sérénité au lecteur qui serait taraudé par cette interrogation. On remarquera la somme de références des deux écoles de pensée mises ici en opposition. L’ouvrage offre des balises de réflexions très intéressantes pour celui cherche.


 




 


Le coin habiletés manuelles, design et arts plastiques

Cinq beaux livres, transmetteurs de belles connaissances. D’abord aux éditions Parramon, Juan Varela Simo lance Dessiner les oiseaux. Attention dessinateurs en herbe, reproduire un joli volatile ce n’est pas qu’une histoire de becs, de pattes et de coloris de plumes. L’apparente simplicité cache des petits défis comme le sens des proportions, de personnaliser l’attitude de l’oiseau. Tout est bien expliqué dans cet album aux multiples dessins qui vont des esquisses de base à l’application des couleurs.

Chez Fleurus, Mon année créative est un condensé de techniques, allant du tricot au point de croix, en passant par la couture classique et le crochet. Avec 110 modèles de bijoux et accessoires. Ça tombe bien, si vous optez d’offrir des cadeaux signés mains à vos proches à l’occasion du temps des Fêtes. Il y a beaucoup de techniques à posséder bien entendu, mais les auteurs sont des accompagnateurs remarquables pour vous éviter de faire des faux pas. Changement de registre chez Mango avec Une année d’activités détente avec mes enfants. Encore une fois, le momentum de la sortie du bouquin arrive à point nommé alors que des grèves rotatives dans l’éducation, vous ramènent les jeunes à la maison. D’où la grande préoccupation de savoir comment les occuper. Vous avez un florilège d’activités qui vont du yoga au dessin. Il y a de quoi remplir une année entière de divertissements qui aideront les touts petits à développer leurs facultés cognitives.

Du même éditeur Mango, au tour de Françoise Luthier Dieuzaide qui débarque avec ces Abécédaires. Les brodeuses connaissent bien cette spécialité qu’elles affectionnent tout particulièrement. Celles que l’on vous propose de créer sont faites de perles et de point de croix. Pour les non initiés, un abécédaire en couture, c’est tout simplement la reproduction en broderie de lettres de l’alphabet. Dans ces pages on trouve vingt modèles de base.

Allons dans le monde de la mode avec Anna Kiper avec Stylisme créer son portfolio chez Vigot. Le portfolio c’est au même titre que pour les photographes, une carte de visite. L’auteure qui est professeure à la Fashion Institute of Technology à la Parson School of Design, a beaucoup bossé pour de grandes marques de mode. On lui doit chez le même éditeur un ouvrage de référence, jamais déclassé « Le dessin de mode ». C’est une dingue de l’illustration, car ici plus que jamais, l’image vaut mille mots. Avant de confier en atelier la confection, il appert de séduire au plus près de la réalité avec des dessins qui reproduisent le plus fidèlement ce qu’on entend faire.    


 


 


Chez Triptyque, bipolarité, migration italienne et double deuil

Saluons la sortie chez Triptyque de trois beaux titres dans trois sphères différentes, le récit, le journal et la poésie. Commençons par Là-bas en Italie, conversations avec ma mère de Mary Melfi. A remarquer la jolie couverture avec ce visage de femme énigmatique d’une femme du Sud de l’Italie. L’auteure converse avec sa mère. C’est riche d’enseignements sur la migration des italiens au Canada au lendemain de la Seconde guerre mondiale, des siciliens et des calabrais pauvres qui rêvaient de jours meilleurs et que faisait rêver l’Amérique terre promise. Il y a des pages fantastiques pour qui connaître la situation que connurent les italiens qui débarquèrent à Montréal. Particulièrement quelles étaient les rapports des mâles italiens face à nos montréalaises. C’est la mère qui pour sa fille, ouvre son album de souvenirs. C’est très tendre.

Le lecteur est prévenu en quatrième de couverture de Carpe et chienne de Janis Locas (appréciez au passage le jeu de mots dans le titre), cette plaquette est inclassable mêlant carnet, poésie, récit. L’héroïne (est-ce une transposition de l’auteure) passe par des errances mentales déroutantes, surtout pour elle-même. Les textes expriment remarquablement la variété des états d’âme d’une personne qui est dépossédée d’elle-même. Ce qu’il y a d’absolument sidérant dans ces lignes, c’est que beaucoup de passages ne contiennent pas de filtre et sont l’expression de la réalité qu’on drape souvent dans le mensonge. Qui a dit que toute vérité était bonne à dire ?

Et la maison d’édition a le flair depuis toujours de rassembler des poètes significatifs, telle Diane-Ischa Ross précédée par une feuille de route impressionnante. Elle nous arrive avec Les jours tigrés où on exploite le thème du deuil. Extrait « Le corps reconnaît pour un nom le fer et le bois au cœur dur qui blessent la chair tendre la pressent mauve couleur boueuse sur les hémérocalles ».


 


 


Écologie et humanisme

Aux éditions du Cerf, François Laruelle écrit En dernière humanité. L’auteur est professeur émérite de philosophie contemporaine à l’Université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense.  Cette réflexion philosophique sur l'écologie redéfinit la place de l'homme dans la nature. L'auteur se fonde sur la physique quantique pour penser une nouvelle science de l'écologie et poser les bases d'une éthique pour tous les vivants. Comme l’ouvrage est un tantinet hermétique, question de ne pas trahir la pensée exacte de l’essayiste, nous nous permettrons, ce qui est rare chez nous, de reproduire une partie de la quatrième de couverture. « Il repose autrement quelques grandes distinctions fondatrices, de l’homme, de l’animal et du végétal qu’il est aussi mais dont son être « en-dernière-humanité » le sépare définitivement, des sujets et des clones, du masculin et du féminin, du modèle et de la copie, assignant à chacun des opposés une place distincte mais intriquée avec celle des autres. Il décrit les grands objets ou lieux de l’écologie, sa topique transcendantale, la triade formée de la Terre comme l’effondrement originaire qui la réduit au sol et la rend habitable, le Monde dont elle abaisse la transcendance jusqu’à l’horizon qui le finit et le rend haïssable, l’Univers enfin qu’elle surbaisse et rend inhabitable mais désirable en le destinant aux seuls clones. »

En dernière humanité. François Laruelle. Les éditions du Cerf 222p.   www.editionsducerf.fr


 


 


Le coin Miam miam

Trois titres viennent agrémenter votre bibliothèque culinaire. Un titre attendu pour les disciples de Bacchus, Le Lapeyrie 2016.aux éditions de l’Homme. Philiippe Lapeyrie est devenu au fil des ans une pointure dans le monde des vins au pays. Il est notamment Chef sommelier des Sélections mondiales des vins Canada. Être généreux, il partage son savoir comme professeur à l’École hôtelière de la Capitale. Vous le voyez régulièrement sur les ondes des médias, prodiguant ses conseils. Pour son guide annuel, il a répertorié 125 vins, dont les prix sont convenables pour l’ensemble des budgets. La nouveauté avec cette édition-ci, c’est son classement des Top 10. Et attention, dans sa classification, être au top ne signifie devoir débourser des sommes folles. C’est bien tout le contraire. Exemple, dans les rouges nous avons suivi sa recommandation pour le Château du Grand Caumont, un Corbières divin pour…13,85$.

Fervents de la cuisine italienne, qui ne l’est pas ? C’est au tour de Maria Di Domenico qui nous fait saliver aux éditions Glénat avec sa Fine cuisine italienne des Abruzzes. Géographiquement, les Abruzzes sont au cœur de la péninsule, donc au concluent des traditions du nord et du sud. L’auteure, ressortissante de la région, a débarqué chez nous dans les années soixante. En 2005, elle va ouvrir sa propre école de cuisine italienne dans sa maison centenaire qui fait face à la rivière Richelieu et au Mont Saint-Hilaire à Beloeil. Nous nous sommes attelés à un de ses plats qui tiquait notre curiosité,  l’agnello cacio e uovo, autrement dit l’agneau braisé au fromage. Ça demande vingt minutes de préparation, une heure de cuisson. Le résultat, saisissant de saveur. Et ce n’est qu’une des merveilles qui attendent vos papilles gustatives.

Et chez Mango, Sea surf & food cosigné par Mark Labrooy et Darren Robertson. Ce sont deux australiens, des potes dans la vie, fous de surf et de cuisine, qui ont ouvert leur resto, « The three Blue Ducks » à Sydney dans un coin de la ville en bordure de plage prisée des amateurs de planche. Ils sont les tenants d’une cuisine dite durable, faite à partir de ce qu’on trouve dans le potager ou facilement au marché. Ils élèvent eux-mêmes leurs propres poules. C’est devenu un lieu branché culinaire en Australie. C’est vrai que les mecs sont tellement relaxes. Et laissez-nous vous dire que l’émerveillement est au rendez-vous dans ce livre de recettes, tel le magret de canard en saumure rôti au miel, le parfait de foies de volailles ou des variations sur la préparation des huîtres. Vous avez aussi des recettes pour faire du pain, des soupes et quoi encore.


 





 


Le coin santé physique et psychique (1)

Une grande cuvée chez l’éditeur Béliveau avec dix titres qui couvrent tout un ensemble de secteurs de la psyché humaine, ces livres qui nous font du bien comme on dit communément. Ça commence par la naturopathe Danielle L’Heureux qui livre ses 7 principes pour vivre mieux. L’idée maîtresse de l’ouvrage est d’en arriver à un niveau de zen, sans pression additionnelle. Et les techniques enseignées pour y parvenir sont très simples, comme de se bercer. C’est donc comme on le voit, à la portée de tous. De la même auteure, La gratitude. En somme c’est de savoir apprécier les choses qui nous entourent. Puisant dans ses propres exemples de vie, elle nous dit à quel point elle savoure un bon melon juteux, notamment ceux du Costa Rica, l’écoute d’une belle lecture qui nous est faite pour goûter la musique des mots, des syllabes. Sous-entendant que le bonheur se trouve souvent à travers de petites choses qui nous entourent.

On connaît l’interaction entre les émotions et l’alimentation. La psychologue américaine Susan Albers s’est faite une spécialité des troubles du comportement alimentaire. Elle se fend d’un essai éclairant à ce chapitre avec Manger mieux…en pleine conscience. Elle nous dévoile quatre principes fondamentaux d’une saine alimentation basés sur l’esprit, le corps, les sentiments et les pensées. Quatre chantiers à travailler. Pour chacun de ces principes, elle y va d’exercices simples à mettre en pratique. Et vous verrez que jamais il est question de privations.

Dans un tout autre registre, avec la question de la Charte des droits et libertés, les individus ont plus retenus les droits que les devoirs, au point que l’autre n’existe tout simplement plus. Nous assistons à un énorme déficit d’altérité. Or, vivre en société comporte des règles minimales de savoir-vivre. Julie Blais Comeau qui possède le protocole sur le bout des doigts nous enseigne les bases des rapports sociaux dans son guide Projetez confiance et crédibilité. Ses principes s’appliquent tout autant à la vie privée que professionnelle. Soulignons un chapitre opportun sur le mauvais usage que font les personnes de leur téléphone mobile en présence d’interlocuteurs, dans le plus total irrespect. On doit être le boss de son téléphone, dit-elle et non le contraire. Elle persiste et signe avec un autre titre Quoi dire, comment faire et quand ? C’est un ensemble de délicatesses à assimiler pour faire passer son message sans heurter son entourage. Une situation de cas, comment réagir quand un patron vous vole vos idées ? La réponse s’y trouve.

En parcourant les pages d’Une vie fabuleuse de Maryse Poudrier on ne peut s’empêcher de penser à Françoise Giroud. La journaliste française, rendue octogénaire, avait laissée comme témoignage ultime, qu’il ne fallait jamais subir la vie et en être le maître. C’est un peu ce que nous dit à sa façon l’auteure, qui nous propose de rendre ce qui est considéré ordinaire, comme extraordinaire. Et pour cela elle passe trente thèmes en revue. Pour elle il existe toujours une source de joie.

Et à propos de ne jamais subir l’existence, nous demeurons dans le même créneau avec Annabelle Boyer qui publie Relations sous emprise. Nous en connaissons tous de ces gens qui empoisonnent notre existence, tant au bureau que dans son couple. Ce que nous appelons plus familièrement des relations toxiques. Dans son livre, elle nous nous enseigne comment se dégager de ces emprises malsaines, pour demeurer toujours le maître de jeu de sa vie. Nous recommandons sa lecture car au travail où la détresse est en augmentation, il ne peut que venir en aide à ceux qui ne voient pas la lumière au bout du tunnel.

Utilisons ici une métaphore où un individu déraille car il n’est plus sur la bonne voie. C’est souvent le cas de gens qui sont déconnectés avec leurs besoins fondamentaux. L’ergothérapeute de formation Alberte Dugas qui est aussi d’une maîtrise en santé communautaire, nous propose Se reconnecter à sa vie. Les énoncés que l’on trouve de page en page, sont juste un rappel de ne jamais faire trop de compris au point d’aliéner notre personnalité. Il y a une démarche intellectuelle à faire qui nous distingue justement du règne animal.

Christine Dubois nous entretient sur Le bonheur tout simplement ce qu’elle baptise comme des trésors de vie. Au quotidien, elle a rencontré des gens qui ne l’ont pas eu facile et comment ils ont traversé les épreuves. Au final on se dit que l’adage qui veuille que ce qui ne tue pas nous rend plus fort est une réalité. Ce sont des pages d’espoir qui nous invite à ne pas céder au découragement. Alain Samson de son côté, l’as du coaching et du management nous réitère à sa façon que La vie est trop courte, soulignant à l’envie que nous sommes les saboteurs de nos propres vie par manque de confiance. Ils exposent les maux qui nous accablent oui, mais y va de vint-cinq trucs pour s’en sortir et apprécier le passage terrestre. Il émaille son propos de cas vécus.


 







 


Le coin santé physique et psychique (2)

Marie Laberge a beaucoup de choses à exprimer en cette saison automnale. Outre son roman Ceux qui restent chez Québec Amérique que l’on recense plus haut, elle lance aussi chez le même éditeur Treize verbes pour vivre. Comme si après avoir parlé des fins dernières sur un mode abrupt, elle livrerait l’antidote au mal de vivre. Pour chaque verbe choisi elle écrit tout ce que ce mot lui inspire. Il y a de belles fulgurances ça et là, comme pour le verbe respecter qui aurait à ses yeux une connotation un peu désuète, comme des décorations de Noël.

Chez Ellipses, une petite plaquette qui rendra service à bien des gens. En effet, en 100 questions et réponses, Marc-Antoine Rousseau, Philippe Dupont et Éric Gilbert les signataires répondent à tout ce qui concerne Le mal de dos. A notre époque où le travail symbolise à nouveau l’esclavage au nom de la productivité, les tensions dans le couple etc. il va de soi que le dos écope, quand ce n’est pas pour cause de mauvaise posture. Une question entres autres, très pertinente, pourquoi les médicaments ne peuvent venir à bout de ces douleurs ? 

Aux éditions Dunod François Hébert docteur en linguistique, se fait fort d’être à l’affût des pédagogies nouvelles. Rencontrer l’autiste et le psychotique. Partant du principe qu’ils sont étrangers à notre monde, il n’en demeure pas moins que ces deux catégories d’êtres nous lancent des signaux à décoder si on veut que la communication se fasse. Il rappelle que la relation directe peu leur être pénible. Il faut donc emprunter des chemins de traverse. Dans cet ouvrage on trouvera des outils qui permettent de percer la muraille en place.

Les deux titres qui suivent sont édités chez Québec-Livres. D’abord un cas vécu, celui de Manon Pagé qui nous arrive avec Une belle histoire tragique. On connaît l’adage, « un malheur ne vient jamais seul ». S’il y en une qui l’a éprouvé, c’est bien elle qui a connu le suicide de son mari, les états de drogue et la mort de son fils, sans compter la perte de celui qu’elle aimait à l’adolescence, toutes de situations tragiques. Pour moins que ça toute autre se serait effondrée. Ella a encaissé durement mais s’est relevée. Et c’est le témoignage d’une femme bardée de courage qu’il nous est donné de lire. Et qui en aidera à surmonter des épreuves. De nos jours les satellites explorent les confins d’autres galaxies, et la connaissance de notre univers s’accroît en conséquence. Mais même en ce deuxième millénaire, persiste la guerre des sexes. A croire qu’on n’est pas encore parvenu à une compréhension d’un sexe et l’autre. Le psychologue Yvon Dallaire nous dit lui, que Vivre heureux à deux, c’est possible! Qu’au lieu de renforcer les antagonismes, il faut s’en servir comme atouts pour se forger du bonheur.

Il y a longtemps que  Marc Boilard ne nous avait donné de ses nouvelles. Le voici que ce provocateur, fidèle à lui-même, nous écrit. L’important c’est ce que les autres pensent titre de son  dernier opus aux éditions de l’Homme, est à rebours de ce qu’on recommande d’habitude, à savoir de faire fi des autres et de s’affirmer contre vents et marées. Lui, soutient au contraire que le regard des autres à son importance et qu’on ne peut pas bonifier sa vie en ignorant continuellement tout le monde. Et que souvent le succès va s’appuyer sur une personne qui va enfin croire en nous. Donc tout un revirement d’attitude qu’il détaille avec une belle intelligence, puisant à même ses expériences personnelles. On appréciera au passage sa grande capacité d’autocritique.

Toujours aux éditions de l’Homme, deux signatures, celle d’Isabel Briggs Myers et Peter B. Myers pour Comprendre les types de personnalité selon une topologie élaborée par le duo qui porte leur nom. C’est un classique qui cartonne depuis plus de trente ans et qui classifie la nature en humaine en quatre grands types de personnalité. En cours d’explication, on oppose les différences pour que les lecteurs puissent bien faire les distinctions nécessaires. Outre l’étude des autres, ce livre nous aide surtout à nous mieux nous connaître nous même.

Aux éditions ATMA, trois titres. La simplicité au quotidien de Carol Boucher. Tous les sages vous le diront, on a intérêt à voyager léger dans la vie. De même notre cerveau ne doit pas trop s’embarrasser de concepts. Il dit qu’en définitive, le secret de la réussite c’est nul autre que soi! Jacques Martel de son côté, s’attarde à La technique d’intégration par le cœur. Avec pour destination nous dit-il en sous-titre, la liberté! C’est au début des années quatre-vingt dix, qu’il se rend compte à quel point le cœur au sens de la transmutation joue un rôle primordial dans le processus de guérison. Que l’amour est un réel pouvoir. Le pouvoir alchimique du cœur s’étend bien au-delà de ce qu’ont peut penser. Toujours de Jacques Martel un autre fruit de ses recherches, La technique des petits bonshommes allumettes. C’est une autre de ses découvertes, celle-là remontant à 1993, où le cœur intervient aussi, mais appliqué surtout à se défaire de ses dépendances et à envisager le succès. Cette technique a été appréciée par des centaines de milliers de personnes dans le monde, notamment sur le web.

Chez Alpen, Anthony Biégent et Anthony Faure se font les ardents défenseurs de l’utilisation de notre potentiel pour réussir dans la vie. Les deux auteurs sont naturopathes. Ils s’inquiètent avec raison de la vie trépidante que les gens mènent et qui les dépossèdent de l’essentiel. C’est une proposition à s’écouter davantage. Le titre de leur ouvrage est évocateur à ce propos, Vous tout-puissant.

Aux éditions du Dauphin Blanc, deux opus. Devenir soi de Joël Monzée docteur en neurosciences et psychothérapeute. Il nous présente des actions concrètes pour intégrer nos cheminements personnels. Il consacre des passages signifiants sur la santé.des femmes. Et dans cette même collection du même auteur, Dire oui à la vie!  Car dans la vie, il y a différentes occasions qui nous sont offertes de répondre par l’affirmative à des choix qui nous sont proposés, tant sur le plan personnel que professionnel. Avons-nous la capacité d’entendre ces appels ?

On en voit dans les gymnases qui s’échinent à lever des poids et haltères. Oui ils connaissent les résultats auxquels ils aspirent en suivant les indications de l’entraîneur. Mais connaissent-ils dans l’instant, les réactions occasionnées par tel effort sur la musculature ? Un album abondamment illustré, Anatomie & musculation chez Parramon montre par l’exemple comment un mouvement donné influe sur telle ou telle partie de l’anatomie. Avec des planches anatomiques très bien reproduites.

Enfin chez Rustica c’est un étrange livre, le Grimoire des recettes de l’apothicaire. Laurent Terrasson est un véritable érudit capable de vous décliner les mérites des groseilles, de la gelée de grenade, de l’azerole, et du sirop de réglisse pour ne nommer que ces éléments. Le livre est graphiquement soigné avec des gravures anciennes qui soulignent l’usage que faisaient nos aïeux de tout ce qui était à leur portée dans la nature. A garder chez soi précieusement pour y revenir, quand un malaise nous afflige. Rien de tel que les remèdes de grands-mères.



ARTICLES ANTÉRIEURES


2015 : janvier février : mars : avril : mai : juin, juillet & août : septembre : octobre
2014 :
janvier : février : mars : avril : mai : juin : juillet & août : septembre : octobre : novembre