- LIVRES MARS 2016 -
 
 


 


Sacré Charlemagne!

Il a été popularisé par une chanson pop bien connue qui l’a montré sous un jour sympathique, tout comme on lui reconnaît la paternité de l’école pour tous. Mais on a vu dernièrement dans le cadre de la série « Secrets d’Histoire » qu’il était aussi un habile pourfendeur des impies, n’hésitant pas à massacrer ses adversaires d’une autre appartenance religieuse. Il a dit triomphateur et plein de lui-même « Dieu a voulu que je sois celui qui décide ». Ça en dit long. Max Gallo qui nous fait aimer le passé comme pas un, lui consacre un titre Moi, Charlemagne empereur chrétien où il raconte ses riches heures, pour beaucoup à galoper. Ce roi des Francs a laissé sa marque partout en Europe et l’historien digne successeur du regretté Alain Decaux, le restitue dans sa gloire, mettant en lumières ses forces et ses faiblesses.

Moi, Charlemagne empereur chrétien. Max Gallo. X0 éditions 186p.    www.xoeditions.com


 


 


Perspectives contemporaines sur l’Histoire et le théâtre

Cet ouvrage pluridisciplinaire, qui rassemble des textes de chercheurs canadiens et internationaux, a pour sujet l’exploration des rapports complexes qu’entretiennent l'histoire, la mémoire et le théâtre. Les collaborateurs tentent de cerner les particularités de la contamination de la fiction par l’histoire dans une perspective philosophique, esthétique ou sociologique. Les propos de ce livre traversent les époques, les lieux et les pratiques, démontrant que, peu importe le contexte de production des œuvres, la fiction et l’histoire sont tout aussi instables que la mémoire. La pratique théâtrale y est dès lors envisagée comme le témoin d'une histoire " qui se fait " ou même comme une " performance " par laquelle peuvent être appréhendés les phénomènes de la remémoration et de l’oubli.

Histoire et Mémoire au Théâtre. Sous la direction de Joël Beddows et Louise Frappier. Presses de l’Université Laval 275p.     www.pulaval.com


 


 


Lui le fou des bibittes

Georges Brossard l’entomologiste vedette qui tel un démiurge occupe tout l’espace lorsqu’on l’invite sur un plateau de télé comme l’autre soir sur celui de Denis Lévesque. Il est inépuisable. Et des années après c’est avec ferveur qu’il nous parle des bestioles qu’il est allé cueillir aux quatre coins du monde. Il persiste et signe en collaboration avec Barbara Khale un autre bouquin où il parle cette fois de l’Afrique du Sud. A lire c’est ligne on croit entendre le Capitaine Bonhomme et ses exploits inimaginables. Autant ce verbomoteur est un incroyable conteur, autant il conserve ses qualités à l’écrit. Si vous vous ennuyez en ce bas monde, dites-vous que ce n’est pas le cas de notre bonhomme qui exhorte ses contemporains à bouger et de ne pas s’affadir. Cette lecture est inspirante comme tout.

Maudite passion. Georges Brossard et Barbara Khale. Druide 189p.    www.editionsdruide.com


 


 


Le ménage officiel à trois, une belle invention italienne

Sigisbée est un mot peu usité dans le langage francophone. Ce mot qui est apparu en Italie en 1710 désigne une sorte de chevalier servant mais avec une particularité qui ferait saliver bien des hommes de notre époque. C’est qu’il avait, avec l’accord du mari, le loisir de s’immiscer dans le couple, et former rien de moins qu’un ménage à trois. Vous nous direz, fort bien mais l’Église dans tout cela, elle la garante de l’ordre social et du mariage ramené qu’aux seuls époux légitimes ? Eh bien elle fermait les yeux et même encourageait de tels arrangements. C’était mieux que l’adultère, car une aventure en somme à ciel ouvert. Le galant se devait, dans la classe supérieure sociale, faire montre d’atouts nombreux, allant de l’art de la conversation aux jeux raffinés du plumard. Le professeur Roberto Bizzocchi qui enseigne à l’Université de Pise, a fait une recherche exhaustive Les sigisbées qui nous montre un univers hélas disparu. Quelle époque exaltante!

Les sigisbées. Roberto Bizzocchi. Alma éditeur 447p.    www.alma-editeur.fr


 


 


Une fille aux tas de petits secrets

La dernière ponte de Guillaume Musso aurait plu à André Malraux qui aurait trouvé là la confirmation de ce qu’il avançait au sujet de l’être humain qu’il qualifiait de tas de petits secrets. La fille de Brooklyn est l’histoire d’un gars qui s’apprête à prendre pour épouse une femme qui lui pose tout un lapin. La question qui tue est la suivante, l’épouserait t’il quoiqu’il advienne ? Et là de lui brandir une photo dont on ne vous dévoile pas le teneur bien évidemment, qui va faire avorter le projet conjugal. Mais se ravisant le monsieur va se mettre à sa recherche. C’est un véritable thriller psychologique que le romancier à succès qualifie de « cold case ». En tout cas, comme toujours avec Musso, sa lecture est jubilatoire. Qui écrit comme un cinéaste met en scène. Ensuite le film est dans notre tête.

La fille de Brooklyn. Guillaume Musso. X0 éditions 464p.   


 


 


Un passager qui bouscule tout

D’abord il y a le contenant. Le muet de l’Anse-aux-Bernaches d’Alexandre Naple bénéficie d’une couverture magnifique et c’est tout le mérite des éditions Marchand de feuilles d’offrir à ses auteurs de superbes écrins qui donnent le goût d’aller plus avant et de les feuilleter. Et ici encore une fois, le lecteur en aura pour sa curiosité. Avec cette histoire d’un cuisinier oriental qui pendant qu’il grille une clope, aperçoit un corps flottant près de la coque de son vraquier. Il s’en empare. Il aura pour prénom Alx, surnommé le « Mulet » de l’Anse. Qu’est-ce que ce personnage ? L’auteur est bien servi par un vocabulaire très riche qui puise d’une part dans les expressions si imagées du monde maritime, mais aussi il ne dévoile la personnalité du protagoniste qu’en distillant au compte-goutte. Il fait durer le plaisir. Le coït est parfait entre l’écrivain et le lecteur.

Le muet de l’Anse-aux-Bernaches. Alexandre Naple. Marchand de feuilles 299p.    www.marchanddefeuilles.com


 


 


Pour mieux saisir les enjeux mondiaux

Notre bonne vieille Terre, déjà malmenée par les dépravations causées par la pollution, est devenue en prime une poudrière en raison des attentats terroristes. Ce qui a eu pour conséquence, qu’alors qu’autrefois les nouvelles internationales, intéressaient peu les québécois, voilà qu’ils s’y intéressent à ce point que les médias leur consacre une bonne part de leurs espaces. Mais pour aller au plus profond des enjeux, il y a un livre fort pertinent signé Philippe Moreau Defarges un ancien diplomate à qui l’on doit « L’Histoire du monde pour les nuls ».  Toujours pour cette même collection, il débarque avec La géopolitique pour les nuls. En sa compagnie on voit les interrelations entre les pays selon les intérêts nationaux et autres, tels les producteurs de pétrole et marchands d’armes. Avec brio il dépêtre toutes les factions qui s’opposent. Ainsi en fin de lecture, voyons nous mieux ce qui agitent les gouvernements. Et  l’actualité mondiale nous apparait après coup sous un jour nouveau.

La géopolitique pour les nuls. Philippe Moreau Defarges. First 356p.    www.editionsfirst.fr


 


 


Un animateur télé à la psyché inquiétante

Imaginez Charles Tisseyre l’animateur de Découvertes, qui du jour au lendemain se met à avoir des comportements inquiétants pour ses collègues. Don les nuits sont hantées par la crainte de périr étouffé. A telle enseigne qu’il veut s’interdire de dormir pour ne pas que son obsession se concrétise. Et en marge de ça, la présence d’un serpent symbolique. James ou Les habits trop amples du boa constrictor de Louis-Philippe Hébert nous rappelle à nous mortels, que notre équilibre mental est précaire. L’écrivain qui est d’une curiosité digne d’un homme de la Renaissance a vu son œuvre déjà reconnue par une pléiade de distinctions dont la moindre est le Prix du Gouverneur général du Conseil des arts pour « Marie réparatrice ». Ceux qui le connaissent seront en terrain connu, les autres ont tout intérêt à faire du rattrape et de ne pas manquer ce talent rare et aussi une interpellation sur la santé mentale.

James ou Les habits trop amples du boa constrictor. Louis-Philippe Hébert. Lévesque éditeur 281p.    www.levesqueediteur.com


 


 


Pour l’emprise sur la Nouvelle-France

Le tandem Patrick Marleau et François Lapierre nous arrive avec un tome II de leur saga fantastique Les guerriers fantômes. Tout tourne autour des divers esprits qui veulent contrôler la Nouvelle-France. A commencer par Anoki, ce vieux bonhomme qui a des desseins pas trop clairs mais dévoré d’ambition, qui vient de mettre le grappin sur l’amulette d’Arno Vaillancoeur. Par ailleurs les militaires français veulent renforcer leur domination sur le territoire. Un petit livre jeunesse bien mené, avec des ingrédients qui font recette, qui fera travailler l’imagination des touts jeunes.

Les guerriers fantômes. Patrick Marleau et François Lapierre. Perro éditeur 203p.    www.perroediteur.com


 


 


Dommage de guerre corollaire

La guerre a ceci d’odieux, que les victimes ne sont pas que sur le front. Il y a les familles des combattants qui sont aussi éprouvés sinon dans leur chair, dans leur âme. C’est en somme le message livré par Pierre-Étienne Musson dans son premier roman qui annonce une carrière dans les lettres, prometteuse, Un si joli mois d’août. C’est une femme, Inès, qui voit partir son homme à la guerre, la Première grande guerre. Qui devait être l’affaire de quelques semaines et qui s’éternisera dans une effroyable boucherie comme on sait. Lui, son homme, Antoine, sera blessé par un éclat d’obus au printemps 1915 et en demeurera traumatisé. Sa femme veut bien lui apporter son réconfort, mais s’épuise. Elle trouvera un dérivatif en la personne d’Isidore Lambiot, plein de couleur qui la plonge dans de terribles interrogations sur son avenir de femme. Une histoire toute simple mais bien traité. Vous adorerez et c’est un euphémisme.

Un si joli mois d’août. Pierre-Étienne Musson. Denoël 439p.   


 


 


Un voyage transformant à Harlem

Roland Brival rend compte comme pas un de ce que peut-être un écrivain noir dans le panorama de la littérature mondiale. Nègre de personne un roman, met en vedette un écrivain noir français qui s’appelle Léon-Gontran Damas. Son premier opus « Pigments » obtiendra la caution de Robert Desnos, qui le préfacera. Donc tout est pour le mieux comme rampe de lancement dans le monde des lettres. Ensuite, avec Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor il fonde le mouvement de la Négritude. Et pour approfondir la culture black, il va entreprendre un voyage vers New York. Et à Harlem il aura une sorte de collision idéologique si on peut se permettre de décrire ainsi la chose. Et même sur un plan personnel, Cupidon va se manifester. Même si c’est un roman, sa valeur consiste en la somme de réflexions qui habite le protagoniste sur le fait d’être noir. Et toute la culture qui s’attache à ce déterminisme social. Un grand roman rien de moins.

Nègre de personne. Roland Brival. Gallimard 297p.  


 


 


Une ferme magique des Andes, La Secrète
 

C’est dingue ce qu’un romancier de talent peut faire à partir d’un matériau choisi. On en a une autre preuve magistrale avec La Secrète. C’est le nom donné à une ferme qui se trouve dans les Andes, en Colombie. Qui appartient à une famille juive, les Angel. Hecor Abad qui a tout imaginé la chose, fait intervenir trois porte-voix, qui chacun à leur façon décrit leur attachement à ce lieu qu’ils considèrent comme chargé de magie. Il y a un violoniste homosexuel, Antonio, qui s’exile à New York pour vivre son orientation plus librement. Ensuite Pilar, la maîtresse des lieux, qui défend bec et ongles ce patrimoine si chère. Enfin, Eva, la légère du clan mais qui est capable de s’opposer aux menaces ambiantes dont les narcotrafiquants, et ce ne sont pas les moindres quand on ajoute les guérilleros et les paramilitaires. C’est une grande fresque qui s’offre à nous avec une richesse à tous les niveaux, de style, d’histoire locale et plus encore. A mettre sur leur compte des grandes pages de la littérature en langue hispanique que le Mercurio de Santiago au Chili range dans la lignée de Garcia Marquez.

La Secrète. Hector Abad. Gallimard 404 pages.


 


 


Un gros secret de famille

Nous sommes au Brésil à la rencontre de Francisco dont le papa, Sergio est un éminent critique littéraire. La vie bat son plein, le jeune homme se tapant les amantes déçues par son frère. Et puis forcément, la maisonnée regorge de livres. Et c’est ouvrant l’un de ceux-ci qu’il va mettre la main sur une lettre qui lui apprend que son géniteur a eu un fils avec une allemande nommée Anna Ernst. La lettre incriminante est datée de 1931. A partir de ce moment sa vie bascule, il veut tout savoir de ce frère dont on lui a caché l’existence et du coup cette Anna. Voici les éléments fabuleux qui composent Le frère allemand de Chico Buarque une variation réussie sur le thème des secrets de famille. Et vous verrez à la fin que son histoire s’inspire de faits réels.

Le frère allemand. Chico Buarque. Gallimard 260p.


 


 


Robert Burns, un rare pur en politique

On écrit rarement sur les politiciens du Québec, mis à part les premiers ministres fatalement car il faut bien rappeler leur présence. C’est qu’avec l’opportunisme qui les caractérisent, et si loin des préoccupations du peuple, ils ont surtout provoqués le cynisme de ce dernier. Mais il arrive que la politique engendre de ces hommes et femmes, rarement faut-il le dire, qui s’engagent dans le service public par conviction. Le regretté Robert Burns fut l’un d’eux. Dans un livre captivant, son adjoint André Larocque nous livre le grand projet de réformes démocratiques qui était l’objectif de René Lévesque et de Burns, dont il ne subsiste qu’une infime partie. Ces deux là voulaient soustraire le pouvoir de l’emprise des lobbys et faire en sorte que le citoyen ait voix au chapitre. L’auteur nous décrit ce qu’a été la fièvre du premier gouvernement Lévesque et avec moult anecdotes, les arcanes du pouvoir. On ne pourra ensuite que pleurer sur ce qu’il advint ensuite.

Robert Burns, le ministre de la démocratie citoyenne. André Larocque. Éditions Trois-Pistoles 227p.      www.editionstrois-pistoles.com


 


 


Comment le terrorisme, nouvelle guerre mondiale, est née

Du terrorisme on en parle maintenant tous les jours dans les médias. Mais comment cette nouvelle mouture de guerre mondiale a-t-elle vue le jour. Il fallait un passionné de la chose internationale pour nous décrire les mécanismes du terrorisme. En effet Pierre H. Richard qui cumule plus d’une trentaine d’années dans les salles de nouvelles de Radio-Canada et de Québecor, est un mordu des enjeux géopolitiques. Il nous arrive avec Terrorisme, quand tout peut devenir une cible. Il fait pour nous la genèse de la nouvelle structure des conflits. Et pour ceux qui suivaient la chose de loin, vous apprendrez que c’est grâce aux…américains, encore eux, que naîtront les groupuscules terroristes qui sèment le malheur en Europe et ailleurs. C’est un ouvrage éclairant exprimé pour la compréhension du plus grand nombre.

Terrorisme, quand tout peut devenir une cible. Pierre H. Richard. Éditions La Semaine 189p.     www.editions-lasemaine.com


 


 


Les autochtones en Amérique du Nord racontée aux enfants

Sous l’ère du gouvernement Justin Trudeau le fait autochtone reprend ses titres de noblesse. C’est pourquoi arrive en librairie un album didactique très bien conçu, qui s’est donné pour objectif de faire découvrir les cultures des Premières Nations en territoire nord américain. Les autochtones d’Amérique du Nord a germé dans la tête de S.N. Paleja. Qui nous apprend mille choses, et même aux adultes sur ce qui fut le logement, les ressources dont ces nations disposaient, les innovations, la chasse et la pêche de même que les arts et la culture. A inscrire même au programme d’étude au primaire.

Les autochtones d’Amérique du Nord. S.N. Paleja. Bayard Canada 48p.    www.bayardlivres.ca


 


 


Maîtres québécois du fantastique

C’était jour de fête au restaurant montréalais le Robin des Bois alors qu’on procédait à double lancement, le tome 2  « Les Guerriers Fantômes » chez l’éditeur Perro (qui fait l’objet d’une recension ailleurs dans ces colonnes et le tome 3 de la saga La bête du lac ayant pour titre « L’Abomination » chez l’éditeur Glénat.  Comme nous le faisons exceptionnellement pour tous les titres touchant au genre fantasy où se mêlent trente-six histoires en même temps, nous reproduisons le résumé en quatrième de couverture. « C'est la catastrophe au Lac-à-l'Ombre : la horde de gobelins hirsutes a détruit la Porte. Le dernier rempart des villageois anéanti, Ovide et les siens n'ont alors d'autre choix que de s'enfoncer dans les entrailles de la falaise afin d'éradiquer une fois pour toutes la Chose tapie dans l'ombre. Pour les aider dans leur quête : un manuscrit millénaire, un guerrier celte plutôt cinglé et ses deux amis issus du monde féérique. Mais ces alliances douteuses seront-elles suffisantes pour vaincre l'Abomination ? »  Maintenant nous comprenons après lecture, pourquoi les européens pourtant maîtres de la BD ont craqué pour ce bijou du tandem François Lapierre et Patrick Boutin-Gagné qui combine une scénarisation dynamique et des dessins et coloris accrocheurs. Surveillez ces deux là, notre petit doigt nous dit qu’ils n’en resteront pas là.


 






 


Le coin santé physique et psychique

Les trois premiers titres qui suivent sont publiés chez AdA. A commencer par deux ouvrages du célébrissime gourou américain Deepak Chopra. Les deux bouquins commencent par le même titre « Demandez à Deepak ». Il y a celui intitulé L’amour et les relations. C’est présenté sous forme questions-réponses qui dans ce cas-ci concerne tout ce qui touche aux relations conjugales. Et l’icône de la croissance personnelle ne ménage aucun sujet, rien n’est tabou. Et c’est cette franchise qui lui assure une telle audience dans le public. Pour l’autre livre La santé et le bien-être ce sont des considérations psychologiques plus générales qui sont en jeu, comme le temps de sommeil, vivre avec une nature colérique et quoi encore. Bref, ce qui compose le registre émotionnel d’une existence.

A l’ère numérique où trop de gens ont le nez rivé sur leur téléphone intelligent sans voir ce qui se passe autour d’eux, le déficit d’altérité est énorme. Et ce ne sera pas sans conséquences pour le futur au chapitre de l’équilibre mental. Car l’homme est fondamentalement grégaire et doté d’un capital d’empathie. Or la guide Cyndi Dale a raison dans son livre Le pouvoir spirituel de l’empathie de relever cette dimension de l’aide aux autres. Et de nous rappeler en quoi consiste cette empathie dont il est question et comment l’intégrer à son quotidien. Et ce que nous donnons nous reviens parfois au centuple, juste retour du balancier.

Dans un autre registre cette fois aux éditions du Cerf, c’est Michel Maffesoli professeur émérite de la Sorbonne et membre de l’Institut de France qui s’interroge sur la valeur du silence quand il est nécessaire pour faire entrer en soi la Parole divine. Il doit certainement en accord avec cette pensée entrevue l’autre jour qui disait à peu près ceci « Si ce que tu a s à dire n’est pas plus important que le silence, alors tais-toi ». Et en même temps il condamne ceux qui sans filtre veulent briser le lien social à force de clamer leurs vérités. La parole du silence est d’une certaine exigence, non pas dans sa lecture, mais parce que chaque phrase est habitée par une pensée très structurée, servie par de jolis mots qui enrichissent le vocabulaire et des citations latines appropriés. Voici un auteur qui respecte énormément son lectorat en lui faisant accéder à des degrés supérieurs d’intelligence.

Perla Serfaty Garzon s’amène pour sa part avec Quand votre maison vous est contée chez Bayard. Que c’est merveilleux d’apprendre en sa compagnie, toutes les significations que peuvent revêtir les pièces d’une maison. Cet essai nous conforte à l’ère du cocooning où nous passons de plus en plus de temps chez soi, y travaillant même car beaucoup, travailleurs autonomes, bossent de chez soi. Elle fait avec nous le tour de différentes habitations au fil du temps et nous montre en quoi les motifs d’habiter ont différé selon les époques. Il y a beaucoup d’éléments de psychanalyse dans son brillant exposé. Rendu à la dernière ligne, vous ne verrez plus l’habitat de la même manière.

La phase critique de l’adolescence est à prendre au sérieux. Car si l’ado, sans filtre, vous balance ses vérités, il n’en demeure pas moins qu’il y a de fortes chances pour que sa confiance en soi confine au zéro. Ils sont trois Germain Duclos, Danielle Laporte et Jacques Ross qui ont rédigé L’estime de soi de nos adolescents publié aux éditions du CHU Sainte-Justine à l’intention des parents qui ne savent plus trop à quel saint se vouer. Vous avez là des assertions et des questionnaires, le tout permettant de procéder à des évaluations de vous et de votre adolescent. Dans le genre on ne fait pas mieux, car les auteurs n’ont négligé aucun aspect de cette phase du développement turbulent de l’homo sapiens.


 


 


Un beau grand-père yiddish

Nous sommes dans les années 50 à Montreuil. Le narrateur est juif. C’est un déraciné de son kibboutz, qui va vivre avec sa smala. Si certains rappellent les horreurs de l’Holocauste, lui comme bien d’autres veut en découdre, car ce lourd héritage lui empoisonne l’existence. Le cosaque de la rue Garibaldi de Claude Gutman est centré sur le grand-père, qui se présente très mal, miteux, à la limite l’archétype des caricatures de juif faites par les nazis. Mais son petit fils l’aime énormément lui qui prétend avoir été cosaque dans une autre vie. Et de nous le raconter avec une infinie tendresse, cet aïeul un peu mis de côté par les siens qui veulent eux se fondre dans la masse.

Le cosaque de la rue Garibaldi. Claude Gutman. Gallimard 221p.  


 


 


Terriens sous observation

Christian Giudicelli est membre du comité de lecture des éditions Gallimard. Lourde responsabilité, car pour devoir juger les autres il faut soi-même donné l’exemple. Il réussit haut l’épreuve encore une fois avec un récit La planète Nemausa ou tel un entomologiste, lui parle d’un astronome, étudie les mœurs des terriens. Du moins ceux qu’il a connu ou qu’il croise. Il est très doué pour portraiturer ses semblables et c’est un bel exercice à lire. Il fait penser aux auteurs d’avant la photographie, détaillaient en mots les choses pour qu’on les voit. Vous avez là une belle galerie de gens hauts en couleurs. Un vrai bonheur de lecteur.

La planète Nemausa. Christian Giudicelli. Gallimard 202p.   


 


 


Le quotidien d’un pilote d’avion

C’est vertigineux de penser qu’un commandant de bord élève dans les cieux à trente mille pieds d’altitude des centaines de passagers qui remettent leurs vies entre ses mains. François Suchel raconte dans 6 minutes 23 séparent l’enfer du paradis ce que représente la vie de pilote de ligne. Et comme c’est un sénior de son domaine il a moult anecdotes à raconter, et il nous a réservé les meilleures. Comme cette fois où un steward est venu à la rescousse prendre la relève d’un pilote indisposé…Et il y en a d’autres aussi savoureuses. En fin de lecture on se prend encore plus d’admiration pour ces pilotes qui n’ont pas froid aux yeux.

6 minutes 23 séparent l’enfer du paradis. François Suchel. Paulsen 219p.   www.editionspaulsen.com


 


 


Un écrivain tel une poupée russe

Quand on lit l’argument d’Éric Fottorino pour son 11ème roman Trois jours avec Norman Jail on ne peut s’empêcher de penser que certains écrivains agissent comme des poupées russes qui lorsqu’on en soulève une, en cache une autre. Car ici, c’est une femme prénommé Clara, qui s’en va à la rencontre de l’auteur connu pour un seul roman, Norman Jail qui donne son nom au titre. Et elle aura tôt fait d’apprendre qu’il a dans ses cartons des manuscrits inédits sous plusieurs pseudonymes. Mais qui peut bien être cet homme révélé pour un seul titre mais qui écrit comme un démiurge ?

Trois jours avec Norman Jail. Éric Fottorino. Gallimard 201p.    


 


 


Une vie domestique musulmane infernale

L’homme paie toujours très cher son plaisir et petite lâcheté n’aidant pas il en entraîne d’autres dans la mouise. C’est un peu la leçon à tirer du dernier roman de Tahar Ben Jelloun. Qui met en scène un commerçant marocain qui pour se procurer du plaisir momentané et légal en territoire musulman, va prendre Nabou, une jeune sénégalaise, comme épouse dans le cadre d’un mariage de plaisir. A l’exception que cette fois, l’homme va en pincer pour sa belle noire qu’il va ramener à la maison où l’attend sa première épouse, blanche. Nabou donnera naissance à des jumeaux, l’un blanc, l’autre noir. Vous voyez ici la somme des difficultés. Sans compter que l’épouse légitime va exercer une tyrannie sans nom sur la jeune maîtresse, la réduisant à l’esclavage domestique. Il faut voir aussi comment les femmes se transmettent entre elles des notions de sexualité. Instructif et à la fois attristant car ici la chair est triste comme disait Mallarmé.

Le mariage de plaisir. Tahar Ben Jelloun. Gallimard 201p.  


 


 


Quand Léon Blum était aux mains des nazis

Il est un fait historique que l’ancien président du Conseil des ministres de France, Léon Blum du fait de sa judaïté, fut fait prisonnier des allemands durant l’Occupation allemande et interné dans une aile réservée au camp d’extermination de Buchenwald. Dans Otage de marque d’Antoine Billot ce dernier revient sur cette page d’histoire. Tout en respectant le cadre historique, il laisse libre cours à sa fantaisie d’écrivain en imaginant des pensées, des réflexions qui auraient pu être siennes. Il y a aussi en arrière-plan dernière flamme Jeanne Reichenbach, qui a voulu partager sa captivité pour ne pas être éloignée de lui. Femme entière comme on le verra, qui dans son grand âge, s’enlèvera la vie après avoir détruit toute sa correspondance avec son célèbre amoureux et toutes les photos la représentant! C’est carrément une vie de roman à laquelle le lecteur est convié. Et en même temps un devoir de mémoire envers celui qui fut le père des congés payés dans l’Hexagone.

Otage de marque. Antoine Billot. Gallimard 240p.. 


 


 


Pour bien saisir l’âme allemande

On édite en français Fantasmâlgories de l’allemand Klaus Theweleit un essai fouillé sur le rapport de la nation allemande au corps et au fascisme. D’entrée de jeu il rappelle combien il en coûtait de se dire allemand juste après la guerre. C’était presque comme une tare. Ensuite c’était un questionnement intérieur perpétuel à savoir quel rôle avait joué tel ou tel parent ou proche durant le règne d’Hitler. Un véritable malaise psychique. Et c’est dans ce tourbillon d’interrogations qu’il s’est demandé comment on devenait fasciste. Et on apprend que le fascisme n’est pas que le fait de l’entre deux-guerres. Que c’est un état permanent de l’humanité qui ne demande qu’à réapparaître. Et ce livre écrit dans les années soixante-dix, fait figure d’oracle car on assiste en ce moment en Allemagne même à une montée de l’extr^me-droite. Et pour appréhender le fascisme au plan historique sur le territoire allemand, il débute son ouvrage d’érudition accessible par un descriptif des rapports homme femme très éclairant.

Fantasmâlgories. Klaus Theweleit. L’Arche 573p.   


 


 


Deux coins fabuleux, le Québec et l’Ouest américain

Dans sa collection « fabuleux » chez Ulysse, la présence de deux titres porteurs qui vous feront découvrir ou redécouvrir c’est selon, deux coins de la planète, nous avons nommé le Québec et l’Ouest américain. Dans les deux cas ce sont rééditions revue et augmentée. Et même pour ce qui concerne la Belle province, c’est une mine de renseignements d’un territoire grand comme quatre fois la France. Les deux titres sont des indicateurs de ce qu’il ne faut surtout pas manquer lors d’itinéraires à réaliser. Cette collection exclut toute information sure les lieux d’hébergement et de restauration. Dans le genre on ne fait pas mieux.


 


 


A la découverte de nos beaux volatiles

Le Québec regorge de beaux oiseaux. Et la belle saison s’amenant, beaucoup auront le goût de prendre le temps de les observer à l’extérieur. Et au passage, sauriez vous reconnaître d’abord une espèce ? Ensuite son sexe, et si l’oiseau est juvénile. C’est tout ça dont il est question avec Les oiseaux familiers du Québec de Suzanne Brûlotte une experte en ornithologie et qui plus est, doublée d’une photographe en renom. Elle nous offre un guide imparable avec des fiches pour chaque volatile. Et qui nous aider à prendre conscience des beautés de la nature.

Les oiseaux familiers du Québec. Suzanne Brûlotte. Broquet 176p.   www.broquet.qc.ca


 


 


France au temps des guerres de religion

Voici un magistrat à la ville, Bernard Bonnelle qui sait écrire, et superbement. Il nous en offre un bel exemple avec Les serviteurs inutiles qui se déroule dans la France de Montaigne, déchirée par les guerres de religion. Le narrateur Ulysse, fils d’un seigneur du Périgord, Gabriel des Feuillades qui est une sorte d’Alexandre le bienheureux à la Philippe Noiret, qui vit dans son domaine, et qui veut se montrer neutre face à l’agitation et aux guerres intestines qui l’entoure. Ce qui à l’heur de mettre son fils en rogne. Ce dernier veut s’engager socialement mais surtout retrouver l’élue de son cœur. C’est un beau tableau d’époque que met en perspective ce romancier historique qui sait mettre en relief l’élévation de la noblesse du cœur.

Les serviteurs intuiles. Bernard Bonnelle. La Table ronde 278p.   www.editionslatableronde.fr


 


 


D’après Robert Ludlum

Robert Ludlum nous a malheureusement quitté en 2001, mais son style a été magnifiquement repris par Eric van Lustbader qui pérennise ainsi le personnage fétiche du célèbre romancier, Jason Bourne. Qui a d’ailleurs fait son apparition rappelons-le en 1980 dans « La mémoire dans la peau ». Il réapparait maintenant dans L’urgence dans la peau où un peu comme dans une sorte de style fantasy, se trouve mêlé à moult affaires en même temps, une agente du Mossad israélien, menacée de mort, le sauvetage d’un amnésique, prénommé Aleph. En parallèle, débarque dans le bureau de l’agence de renseignement Treadstone, un « nerd » de l’informatique amené par le Président. Avec un autre écrivain moins rompu au genre, il y aurait risque que le lecteur ne s’y retrouve plus. Et c’est là que Lustbader perpétue l’habileté de Ludlum en ouvrant des parenthèses qu’il sait refermer.

L’urgence dans la peau. L’impératif de Bourne. Éric van Lustbader d’après Robert Ludlum. Grasset 439p.      www.grasset.fr


 


 


Lez zones interdites dans l’œuvre d’Anne Hébert

Ne vous fiez surtout pas aux documentaires nous montrant une Anne Hébert très sage, presque couventine. En elle se terrait un feu dont elle donnait libre expression dans son œuvre écrite. Elle symbolise même la violence féminine et les fantasmes érotiques qui se dissimulent sous des éducations trop formatées. Mélanie Beauchemin nous propose une belle invitation à découvrir ce qu’il y a dans l’esprit des héroïnes de l’écrivaine. Le désir monstrueux dans les récits d’Anne Hébert explore l’érotisme et la violence contenue dans l’univers féminin. Et l’essayiste possède bien son sujet ayant été membre du comité de direction du Centre Anne Hébert et collaboratrice au projet d’édition critique de l’œuvre de l’écrivaine. Enfin elle est la co-auteure du troisième tome des Œuvres complètes d’Anne Hébert aux Presses de l’Université de Montréal. Après lecture vous ne verrez plus Anne Hébert de la même façon, ni les femmes.

Le désir monstrueux dans les récits d’Anne Hébert. Mélanie Beauchemin. Triptyque 194p.           www.triptyque.qc.ca


 


 


Pour débutantes au tricot

Hildegarde Deuzo a flairé que l’heure était au retour du tricot. Et c’est en ce sens qu’elle a voulu communiquer les rudiments aux débutantes avec un ouvrage didactique de premier plan, 100 modèles de tricot et tricotin. La démarche proposée ne se limite pas à reproduire les enseignements du maître, mais de pousser à la création de réalisations originales, portant une signature exclusive, la vôtre. Et elle ne se contente pas de productions vestimentaires. On trouve des accessoires, des bijoux, etc. Au total 100 propositions diverses. Le reste est affaire de talent personnel.

100 modèles de tricot et tricotin. Hildegarde Deuzo. Fleurus.    www.fleuruseditions.com


 


 


L’Institut et la vraie vie

C’est une fiction qui pourrait faire un bon film que La vraie vie petit livre qui narre le séjour d’un individu à l’Institut, un établissement où l’on dresse les gens avec pour objectif de les ramener dans la vraie vie à exercer divers métier ou vocation, dont la plus noble proposée est celle de devenir prêtre avec un ascendant certain sur ses semblables. Et le narrateur de raconter son quotidien et sa remise en liberté. C’est un bel exercice de style sur la notion d’enfermement et ce que représente aussi la liberté.

La vraie vie. François Gravel, coll. Titan/Québec Amérique 213p.   www.quebec-amerique.com


 


 


En pâture au chômage

C’est une courte pièce de théâtre, en trente morceaux précise t’on qui a pour titre La Demande d’emploi. Son auteur ? Michel Vinaver. Ça décrit le désarroi d’un directeur des ventes dans une entreprise, qui va perdre son emploi. En plus du choc de se retrouver devant rien, il a sa femme et sa fille sur le dos qui sont affolées de la perte de leur statut sécurisant. La pièce a été créée en 1973 et demeure d’une terrible actualité du fait de licenciements à tout va et souvent pour des motifs aussi choquants que la relocalisation dans des pays où les employeurs vont se montrer tels de nouveaux négriers. C’est une belle dramatique sur la notion de valorisation de l’être par le travail et comment celui-ci dégringole quand le boulot vient à manquer.

La Demande d’emploi. Michel Vinaver. L’Arche 92p.   


 


 


Une histoire d’amour qui a inspiré Jane Eyre

Jolien Janzing avait un matériau de choix pour son roman. De puiser tout simplement dans une page de la vie de Charlotte Brontë, celle de son amour pour Constantin Heger qui était l’époux de la directrice du pensionnat où elle séjournait. Ce fut une liaison jalonnée de passion et un tantinet largement scandaleux et c’est ce qui inspirera la romancière pour écrire son œuvre célèbre, Jane Eyre. S’inspirant des faits réels, Janzing se donne la liberté de création pour imaginer des scènes, des dialogues. Plus romantique que ça tu meurs. C’est en avril 2016 que l’on célèbrera le bicentenaire de naissance de Charlotte Brontë.

L’amour caché de Charlotte Brontë. Jolien Janzing. L’Archipel 329p. 


 


 


Un conte philosophique sur le gigantisme

Ça veut dire quoi être normal ? Stefan aus dem Siepen vient nous bousculer avec un conte philosophique, Le géant, qui raconte les mésaventures d’un pauvre adolescent, Tilman Wölzinger, qui à peine âgé de dix-sept ans mesure plus de 2 mètres et qui ne finit plus de grandir. Dans la société des hommes il est devenu comme une bête de foire sous le feu constant des curieux. Lui voudrait se faire tout petit. Il fuit les journaux à sensation qui voudrait bien faire la manchette avec son état. Mais comme les ressources familiales manquent, on le pressera d’apporter sa contribution pécuniaire en acceptant de monnayer des entrevues. Il cédera. Quel cirque. C’est en même temps toute une réflexion qui nous est proposée et qui ne laissera pas le lecteur indifférent.

Le géant. Stefan aus dem Siepen. Écriture 182p.     www.editionsecriture.com


 


 


Le djihad et la Jeanne d’Arc de l’Aurès

Au moment où l’actualité nous ramène les coups sanglants du terrorisme portés par les émissaires de l’État islamique, il fera bon de lire Les cavaliers d’Allah de Geneviève Chauvel auteure connue pour ses best-sellers « Saladin » et « Aïcha ».  A ceux qui croient que ce que nous vivons avec ces actes sanguinaires en France en Belgique et dans tout le Moyen-Orient a un goût de fin du monde, la lecture de ce livre devient presque obligée, car on se rend compte que les invasions des hordes musulmanes ne datent pas d’hier. Et ces cavalier d’Allah qui donnent son titre à l’ouvrage, ont rencontré sur leur passage de vives résistances dont celle que l’on a baptisé la Jeanne d’Arc d’Aurès, la Kahena, reine de la tribu judaïsée des Djeraoua. Vous l’aurez compris, nous sommes en plein Maghreb. Une grande épopée qui hélas se poursuit de nos jours.

Les cavaliers d’Allah. Geneviève Chauvel. L’Archipel 269p.    www.editionsarchipel.com


 


 


De l’anglais bien spécifique pour la rédaction scientifique

Il était une fois une jeune femme, Nadine Forget-Dubois qui parce qu’elle ne parvenait pas à obtenir le troisième tome en édition française de sa trilogie favorite, se mit à potasser l’anglais. Elle maîtrisera assez bien l’anglais standard. Mais pour publier dans des revues scientifiques, c’est une toute autre paire de manches. Au point qu’elle a cette expression savoureuse, on passe de la langue de Shakespeare à celle de Darwin. Il y a donc des règles à suivre, une connaissance grammaticale à posséder bien sûr et aussi qu’en anglais on ne raisonne pas comme en français quand vient le temps de traduire le sens d’un mot ou d’une expression. Écrire un article scientifique en anglais jette des bases de compréhension de ce qu’il faut appréhender quand il faut s’adresser à la multitude anglophone scientifique.

Écrire un article scientifique en anglais. Nadine Forget-Dubois. Presses de l’Université Laval 143p.       www.pulaval.com


 


 


Typologie des tueurs en série

Hélas, les tueurs en série fascinent. L’homo sapiens à peine à imaginer qu’est-ce qui peut se passer dans la tête de ces individus qui prennent un plaisir sadique à torturer puis donner la mort, pas rien qu’une fois. L’ethnologue Mireille Thibault nous éclaire sur leurs comportements. Et de nous apprendre qu’ils ne fonctionnent pas tous de manière homogène, dépendant de divers facteurs qui sont entrés dans leur existence. Ça donne Les tueurs en série. Elle brosse le portrait de ces tristes sires qui est suivi d’une classification. Vous avez là une galerie de détraqués qu’on ne voudra jamais croiser sur sa route. Jamais l’expression, l’homme est un loup pour l’homme n’a trouvé ici autant de sens.

Les tueurs en série. Mireille Thibault. Presses de l’Université Laval 233p.    www.pulaval.com


 


 


Un livre d’interprétation des rêves qui se classe au sommet

Des livres sur la symbolique des rêves, il s’en est édité des tonnes. Et les maisons d’éditions populaires se font fort d’avoir leur spécialiste en la matière. Parfois il est permis de douter des interprétations offertes tant elles paraissent loufoques. Mais avec Le nouveau dictionnaire des rêves de Tristan-Frédéric Moir nous sommes dans le haut de gamme. Pour la raison que l’auteur est psychanalyste jungien. Ila longuement étudié les mythologies, les contes et les légendes qui interviennent durant le sommeil. C’est son troisième ouvrage du genre et on appréciera la rigueur de ses analyses. Au lecteur de trouver les associations qui collent à sa propre existence.

Le nouveau dictionnaire des rêves. Tristan-Frédéric Moir. L’Archpiel 720p. www.editionsarchipel.com


 


 


Un père modèle

Et dire que jadis les papas n’étaient pas à proximité de leurs enfants. Les pères de 2016 ont fait de grandes avancées, souvent divorce aidant, afin d’être au plus près de leurs mômes. En voici un que l’on pourrait ériger comme modèle absolu de père proche de sa progéniture. Il a pour nom Manuel Gasse. Ce madelinot a appris sa vocation de père en autodidacte. Et il s’émerveille au contact des touts petits. Il raconte ce que veut dire être père dans Les p’tites têtes. Il décrit son quotidien fait de mille choses attendrissantes, parfois exaspérantes. Mais l’amour triomphe de tout. Attention, cette lecture est recommandée avec précaution aux femmes qui vont fantasmer sur cet homme qui incarnera désormais le géniteur idéal.

Les p’tites têtes. Manuel Gasse. Québec Amérique 249p.   
www.quebec-amerique.com


 


 


L’économie cours 101 par des as de la vulgarisation

Un peu comme pour le droit dont on dit que nul ne peut ignorer la loi, avec l’importance que prennent l’économie et la finance dans nos vies, il est inconséquent de ne pas avoir des rudiments en la matière. Pas besoin de se les chauffer sur les bancs des HEC. Deux vulgarisateurs viennent à notre rescousse, en la personne du très médiatisé Gérald Fillion chef de la section économie à RDI et le professeur François Delorme de l’Université de Sherbrooke. A eux de décortiquer ce que veulent dire les fluctuations de l’économie et en quoi la chute des prix du pétrole entraîne tout le reste de l’économie dans la débandade. Un très bel exposé en termes clairs et passionnants. Si l’école secondaire avaient de tels enseignants, il n’y aurait plus de décrochage.

L’économie c’est pas compliqué. Gérald Fillion et François Delorme. Les éditions La Presse 254p.     www.editionslapresse.ca


 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

D’ordinaire, le noyau familial devrait être un noyau sécurisant pour l’enfant et son développement harmonieux. Malheureusement, trop de foyers font l’objets de scènes de violences conjugales qui se traduisent par des voies de faits physiques ou des maltraitances psychiques. L’enfant témoin de tout se désordre en sort meurtri dans son être le plus profond. Un collectif de chercheurs intéressés par cette sphère de la psychologie a produit un essai éclairant sur les dommages faits aux petits en lien avec la violence domestique. Il a pour titre Exposés aux violences conjugales, les enfants de l’oubli. C’est chez l’éditeur Érès. En quelques pages ont rapporte les dernières avancées en la matière. Ce livre a la particularité d’avoir en prime un DVD où on peut voir une animation d’après des travaux d’enfants. Cette animation est un ensemble de petites scènes qui aident à trouver des pistes de solution.

Chaque jour au Québec, trois personnes mettent fin à leur jour. C’est une statistique effarante. Comment des proches affectées par de telles disparitions tragiques peuvent-elles s’en sortir ? Andrée Quiviger psycho éducatrice, et bénévole à l’organisme Suicide Action Montréal écrit Des pas l’un après l’autre chez Bayard. Elle consigne des cas vécus et comment on démarche pour reprendre ses esprits après un tel choc. Un livre salutaire alors que le suicide fait presque figure de fléau dans la Belle Province.

Ailleurs aux éditions du Cerf, c’est Anne Lécu qui nous arrive avec Tu as couvert ma honte. La signataire est dans la vie religieuse dominicaine et médecin. Et elle a un apostolat professionnel assez particulier puisqu’elle soigne dans les prisons. Elle a le privilège de mettre à contribution la notion de Miséricorde auprès de prisonniers qui sont souvent les auteurs de crimes répugnants. Dans cette veine, ce bouquin reprend justement cette Miséricorde qui est le credo du pape François et qui marquera son pontificat. Dans ces pages il y a constamment des métaphores avec le vêtement qui recouvre, comme on se plait souvent à se couvrir de honte devant Dieu.

La population du Québec se faisant vieillissante, on aura tout intérêt à se procurer les deux ouvrages qui suivent et qui traitent chacun à leur façon du grand âge. D’abord le Pr. Françoise Forette et Laurence Dorlhac débarquent avec J’ai choisi de bien vieillir ou comment vivre plus longtemps et mieux aux éditions l’Archipel. On fait le tour de tous les thèmes qui se rattachent au fait de prendre de l’âge, comme le tabou de la sexualité des aînés, une tendance à replier sur soi qui fait que d’actif on devient soudainement sédentaire, etc. En somme, un cours de gériatrie 101. Avec l’idée sous-jacente de moins craindre le vieillissement.

Oui les p’tits vieux sont beaux, tel est le message lancé par Patrice Mayolle dans La vie en vieux aux Presses du Châtelet. Cet homme a été le fondateur de plusieurs résidences pour retraités. Il les aime ses vieux. L’auteur s’en prend à cette obsession du jeunisme qui obsède la société toute entière et donne l’impression que la vieillesse est un naufrage comme le disait Victor Hugo er repris ensuite par De Gaulle. Plaidant pour sa chapelle, il valorise les résidences gens âgés, qui loin d’être des mouroirs sont au contraire des lieux de vie.


 




 


Le coin physique et psychique (2)

Méditer pour énergisé son corps. Voilà la proposition que fait Ged Sumner dans Méditation du corps conscient aux éditions Sully. C’est une autre voie de la méditation qui fait intervenir deux approches dont il est passé maître, la thérapie cranio-sacrée et le qi gong. Ces techniques éprouvées mettent à contribution toutes les parties du corps humain, allant des systèmes nerveux et pulmonaire au diaphragme et à la circulation, pour ne nommer que celles-là. Conscient de la présence du corps on lui insuffle du coup une énergie nouvelle.

Il y a quelque temps, une émission sur Télé-Québec dans sa série des grands documentaires, nous apprenait que l’intestin était rien de moins que le deuxième cerveau du corps humain. Et témoignait alors le théoricien à la base de cette révélation de nous-mêmes. D’ailleurs on sait instinctivement en quoi les émotions jouent sur notre ventre. L’intestin au secours du cerveau du Dr. David Perlmutter chez Marabout. Cet imposant et docte ouvrage met en relief notre système intestinal si injustement apprécié. Et on apprend sa réserve sur les doses d’antibiotiques dispensées trop généreusement et qui affectent peut-être le microbiome, cette réserve locale qui comprend tenez-vous bien, cent mille milliards de bactéries utiles. Ensuite comment le sucre et le gluten peuvent influent notre cerveau.

Chez ce même éditeur et qui complète très bien l’ouvrage précédent, ce sont les Dr. Sue Sheperd et Peter Gibson cosignent Le programme Fodmaps  En résumé, ce programme alimentaire est conçu sur mesure pour les personnes atteinte du syndrome du colon irritable et d’autres maladies intestinales. Vous avez là six semaines de menus (80 recettes au total). Et ce ne sont pas recettes austères loin de là. Qu’on en juge, comme ces crêpes à al feta, aux épinards et aux pignons, ou bien ce soufflé au fromage de chèvre et à la ciboulette. A l’heure où les intolérances alimentaires gagnent du terrain, voici un guide précieux.

Le mal de dos pourrait presque être considéré comme le mal du siècle, tant il y a de gens qui en sont atteints. Mais tout bobo se soigne et c’est pourquoi on peut faire de la prévention ou atténuer la douleur grâce aux enseignements contenus dans Prévenir et soigner le mal de dos aux éditions Broquet. On y trouve un ensemble d’exercices, les postures appropriées et des solutions anti douleur.  


 


 


Radiographie de l’œuvre de Philip Roth

Quand on survole l’œuvre de Philip Roth on se plait à penser qu’il est à la littérature américaine ce qu’est Woody Allen pour le cinéma, tant des thèmes récurrents traversent leur production, avec un zeste d’un peu plus de violence chez le premier. Ils ont tous deux leur atavisme juif dans le collimateur, leurs rapports aux femmes, etc. Si vous connaissez mieux le second que le premier, il n’est pas trop tard pour vous rattraper en lisant le bel essai sur l’écrivain signé Claudia Roth Pierpont qui entre parenthèses n’a aucun lien de parenté avec son sujet. Journaliste au New Yorker, elle a eu le loisir de rencontrer l’homme de lettres voici quelques années. Roth délivré  est une analyse brillante de son parcours littéraire. C’est le meilleur moyen d’en savoir plus sur lui et de vouloir lire ses titres majeurs.

Roth délivré. Claudia Roth Pierpont. Gallimard 506p.    


 


 


Tout ce qui n’a pas été dit sur Aurore l’enfant martyre

Dans le panthéon de la culture québécoise, il faut inscrire Aurore cette Aurore Gagnon, enfant martyre livrée aux mains d’une marâtre et qui a donné lieu à deux films qui ont suscité un grand intérêt dans le public, le premier ayant même valeur de film culte dans la dramaturgie de chez nous. Mais ces productions ne valent jamais la connaissance du procès tel que l’a passé au crible Éric Veillette. C’est lors de son passage sur le plateau de Denis Lévesque que nous eûmes connaissance de son livre L’affaire Aurore Gagnon qui est en fait le procès de Marie-Anne Houde. Ce passionné des affaires criminelles a pris le temps de relire les notes sténographiques des comparutions. Vous avez là la triste réalité sans fard. Dire que c’est passionnant est en dessous de la vérité. Et l’homme se fait brillant conteur, de sorte que nous suivons pas à pas les événements et leur dénouement.

L’affaire Aurore Gagnon. Éric Veillette. Éditions de l’Apothéose 436p.    www.leseditionsdelapotheose.com


 


 


Voyage initiatique

Avouons-le, Nora Roberts est un phénomène de la littérature populaire. Elle cumule à ce jour pas moins de cent cinquante titres, vous avez bien lu, et elle est une familière des best-sellers. Et le succès qui lui colle à la peau n’est pas près de prendre fin. Surtout pas avec sa dernière ponte Sasha qui semble être une saga en devenir puisque qu’on a affaire au tome un intitulé « Les étoiles de la fortune ». La Sasha dont il est question, est une artiste peintre. Et ce qui vient guider son talent, ce sont des songes. Comme c’est une démarche artistique assez singulière et que ça la taraude, elle décide de se rendre à Corfou où elle croit que tout a commencé. Et sur place elle croisera une ribambelle de gens qui à leur façon sont dans une démarche de quête mystique. Ils cherchent un astre qui serait caché depuis des temps immémoriaux. Et Sasha se fera fort de les accompagner dans cette aventure car elle a une piste. C’est un roman où le mystérieux fleure chaque page et qui se lit avec bonheur car tous les ingrédients susceptibles de capter le lecteur s’y trouvent.

Sasha. Tome 1 Les étoiles de la fortune. Flammarion Québec 411p.   www.flammarion.qc.ca


 


 


La résurgence d’une dangereuse psychopathe

Les fans de Patricia Cornwell attendent chaque nouvelle aventure de son personnage fétiche nous avons nommé le Dr. Kay Scarpetta comme d’autres attendent le beaujolais nouveau. Et leur attente est récompensée car c’est du pur Cornwell qui leur est servi sur un plateau d’argent. Tout commence par un appel des plus bizarres, alors que sur son téléphone intelligent apparait une vidéo remontant à deux décennies sur la quelle elle reconnaît sa nièce Lucy tandis qu’elle fréquentait l’académie du FBI. Mais qui peut bien lui faire parvenir ce document visuel, et ce en même temps qu’elle enquête sur un meurtre étrange et de surcroit le FBI qui fait irruption au domicile de la nièce adorée. Et voilà que tout se tient lorsqu’elle imagine un autre plan diabolique de Carrie Grethen, une psychopathe parmi les plus dangereuses qui soit. De quoi vous faire une histoire du tonnerre. Inhumaine est un chef-d’œuvre.

Inhumaine. Patricia Cornwell. Flammarion Québec 495p.    www.flammarion.qc.ca


 


 


Les jeunes, loin d’être apathiques face à la politique

Un mythe social veut que les jeunes soient cyniques vis-à-vis de la classe politique et s’en désintéresse. Un essai vient nous éclairer sur ce qui en est réellement. Les jeunes et l’action politique un collectif sous la direction de Nicole Gallant et de Stéphanie Garneau nous montre au contraire que loin d’être indifférents, les jeunes ont des attentes qui divergent de ce que l’on leur propose. Ils se montrent exigeants et ont des revendications légitimes. Bref, cette tranche sociale que représente la jeunesse, est tout sauf monolithique dans son comportement citoyen.

Les jeunes et l’action politique. Participation, contestation, résistance. Presses de l’Université Laval 262p.      www.pulaval.com


 


 


L’Histoire et ses énigmes

Comme la culture générale fait cruellement défaut dans l’enseignement, on saluera la venue de ce nouveau titre dans la célébrissime collection de « Pour les nuls »  aux éditions First Les grandes énigmes de l’Histoire du à Hugo Coniez,  agrégé d’histoire à Sciences Po. Il a arbitrairement colligé les grandes mythologies qui ont façonné la culture mondiale. Et il n’en manque pas, allant de la civilisation toujours intrigante de l’Atlantide, à Mata Hari la célèbre espionne, Nostradamus évidemment et ses célèbres quatrains, des affaires politiques et criminelles qui ont défrayé la manchette. Cet ouvrage s’inscrit dans la foulée des ouvrages de même nature signés du même auteur. A mettre entre les mains de toutes les jeunes têtes pour qu’elles cessent de se tourner les pouces sur leur clavier de texto et de se tourner plutôt les méninges.

Les grandes énigmes de l’Histoire pour les nuls. Hugo Coniez. First 426p.   www.pourlesnuls.fr


 


 


Des chroniques haut de gamme

Tout aspirant journaliste ou même écrivain se doit de faire une lecture obligée, mais oh combien plaisante de Il est avantageux d’avoir où aller d’Emmanuel Carrère. Qui a puisé son titre dans un enseignement du sage traité de sagesse chinoise du Yi-King. C’est un ensemble de chroniques qui a des allures de séries de reportages sur des sujets divers. On a retenu deux d’entre eux qui sont des bijoux du genre, un, le ratage de son interview avec Catherine Deneuve et où il fait la démonstration comment cette actrice n’a au fond rien à dire de significatif. Et un portrait d’Alan Turing, celui qui a décrypté la fameuse machine secrète de codes allemands. Il dit de lui, et c’est une des fulgurances du livre, qu’il a gagné la guerre mais perdu la paix. Car effectivement son homosexualité dans la vie civile, aura causé sa perte. C’est écrit avec une limpidité où sujet, verbe et complément trouvent leur place.

Il est avantageux d’avoir où aller. Emmanuel Carrère. P.O.L.   550p.   www.pol-editeur.com


 


 


Traumatisé(e)s de la Première Grande guerre mondiale

C’est une arrivée en tambours et trompettes dans le monde des lettres pour Anna Hope  qui signe un premier roman fracassant Le chagrin des vivants. Qui situe son décor dans l’Angleterre de 1920. Plus précisément en novembre de cette année-là, où on rapatrie le corps de celui qui deviendra le Soldat inconnu. Pour montrer les séquelles laissées par la Première guerre mondiale, véritable boucherie au demeurant, elle nous montre tour à tour des soldats de retour du front en proie au syndrome du choc post-traumatique mieux connu de nos jours. Ce qu’ont pu vivre les femmes, ou proches de ces soldats, morts ou vivants. C’est vraiment une ode à la paix, tant elle met en relief les dommages collatéraux que provoquent les conflits armés, même quand la paix est revenue.

Le chagrin des vivants. Anna Hope. Gallimard 384p.


 


 


Hommage à Falardeau, inoubliable

C’est un beau devoir de mémoire que ce titre consacré à Pierre Falardeau pour empêcher qu’il tombe dans l’oubli. Car cet épris de liberté, de justice et d’indépendance du Québec ses fers de lance, mérite que sa pensée se perpétue. Pour le moment c’est un ami Pierre-Luc Bégin et la compagne du regretté cinéaste Manon Leriche qui ont colligé des témoignages de toutes sortes, chacun privilégiant un angle du personnage qui les a séduit. Chapeau à l’éditeur qui s’est donné pour mission de maintenir la flamme nationaliste qui vacille passablement. Falardeau appartient de cœur au Panthéon des grands québécois, un grand humaniste.

Falardeau, lève la tête mon frère!. Collectif sous la direction de Pierre-Luc Bégin et Manon Leriche. Les éditions du québécois 200p.     www.lequebecois.org


 


 


Sur l’action des Patriotes en Mauricie et au Centre-du-Québec

Si chaque année on commémore l’action des Patriotes de 1837-38 dans la région du Richelieu et à Saint-Eustache, on sait moins ce qui en fut ailleurs au Québec, notamment en Mauricie et au Centre-du-Québec. Déjà que l’Histoire du Québec est mal enseignée dans la Belle Province, il fallait un passionné comme Jean-François Veilleux pour donner un éclairage à ce qu’a été l’action de nos valeureux patriotes dans cette partie géographique du Québec. L’auteur des Patriotes de 1837-38 en Mauricie et au Centre-du-Québec réside depuis quelques années à Trois-Rivières. Ardent nationaliste il prépare à la fois un baccalauréat en histoire et une maîtrise en philosophie à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Pour appuyer son travail il a puisé dans les travaux de Gilles Laporte. Son ouvrage offre de courtes monographies des têtes d’affiches dans la région. Ainsi il offre un éclairage sur une portion méconnue de la lutte des nôtres contre l’envahisseur anglo-saxon.

Les Patriotes de 1837-38 en Mauricie et au Centre-du-Québec. Jean-François Veilleux. Les éditions du québécois 290p.     www.lequebecois.org


 


 


Poèmes épineux

Andrée Christensen se présente comme une jardinière de mots et d’images. Jolie métaphore. Il n’en reste pas moins qu’elle fait fleurir les mots telle une magicienne. Épines d’encore son dernier recueil de poésie, se présente comme des variations sur le thème de la rose et autres sujets accessoires. Il y a là une finesse que l’on voit rarement ailleurs. On voit bien qu’elle est ici au zénith de son talent. Extrait « Immobile, la rose de l’abîme danse sa solitude, chante l’explosion de sa floraison ».

Épines d’encre. Andrée Christensen. Éditions David 160p.     www.editionsdavid.com


 


 


L’enrobée géniale

Ce qu’il y a de formidable avec la comédienne et auteure Macha Méril c’est qu’elle a vraiment gagnée ses galons de femme de lettres, et qu’elle parvient toujours à nous surprendre. On dirait que le bonheur lui va comme un gant. On sait qu’à la ville elle est devenue l’épouse du compositeur Michel Legrand, et en plus elle a la belle liberté de ne pas écrire sous la contrainte. Elle débarque donc avec un titre accrocheur Arithmétique de la chair. Nous faisons connaissance avec Bettina qui appartient à la catégorie des femmes enrobées avec ses 192 lbs. Bien portant. Et elle ne souffre nullement de sa corpulence. Le hasard la fera participer à un concours télévisé axé sur le calcul mental. Elle va non seulement poser sa candidature sous le pseudonyme de Sœur Isolde (sic) mais remporter la palme. Et comble de joie, le producteur et journaliste de cette émission va en pincer pour elle. Vous croyez que les astres se sont conjugués pour lui apporter la félicité durable ? Attendez de voir du jour où elle se mettra à maigrir sans cesse. Ce roman totalement déjanté amusera énormément les personnes aux prises avec des problèmes de surpoids. On sourit beaucoup à sa lecture et en ce sens, tous ceux et celles qui comme Macha nous arrache un sourire, peuvent être dès lors considérés comme des bienfaiteurs de l’humanité.

Arithmétique de la chair. Macha Méril. Flammarion 182p.   


 


 


Un tendre roman sur la sensibilité faite ballerine

Mireille Véronneau fait ses premiers pas en littérature avec un roman portant sur univers qu’elle connaît bien, celui de la danse classique. Cette professeure de littérature et de français au cégep André-Laurendeau, suit encore des cours à l’École supérieure de ballet du Québec. Chaque heure de danse met de l’avant une jeune fille de vingt ans qui vient de quitter le foyer maternel et qui se confronte à la rude discipline du ballet. Quel parcours volontaire pour cet être qui aura eu la douleur de perdre son père alors à peine âgée de cinq ans. Ce qui provoquera chez elle une sorte d’enfermement. Ce petit bouquin est riche en densité émotionnelle. Elle rend bien ce que la danse peut apporter de délivrance à des sensibilités à fleur de peau. C’est la note parfaite pour cette première incursion littéraire.

Chaque heure de danse. Mireille Véronneau. Québec Amérique 144p.   www.quebec-amerique.com


 


 


Christine Orban psychanalyste de Marie-Antoinette

Dans le communiqué accompagnant la sortie de Charmer, s’égarer et mourir de Christine Orban qui est une étude de caractère de Marie-Antoinette on peut lire ce commentaire tout à fait judicieux « qui n’a pas su vivre mai saura mourir ». Et c’est vrai que celle qui a été accablée de toutes sortes d’ignominies, se montrera une grande femme devant le couperet de la guillotine et surtout dans la transformation qui s’opérera en elle durant les mois qui précéderont. La souveraine un tantinet superficielle de jadis fera place à un être de grande profondeur. La romancière se fait ici psychanalyste en tentant de nous montrer le cheminement de cette personnalité hors-norme en fait. Avec dans les premières pages, le pourquoi de sa démarche, en quoi le sujet l’attire, sa vie au quotidien à la Cour de Versailles et l’heure de vérité. Le livre est décrit comme un roman, mais c’est plutôt une radiographie réussie d’une âme, de l’ascension à la chute. A la fin, pour ceux qui voudraient poursuivre leur connaissance de ce que fut Marie-Antoinette, vous avez une bibliographie significative.

Charmer, s’égarer et mourir. Christine Orban. Albin Michel 289p.   


 


 


Une île et un squelette dans le placard

Le désir de retrouver l’île où vécut un arrière-grand-père. Ce sera L’île au Canot de Claude-Emmanuelle Yance qui nous a donné il y a trois ans chez Lévesque éditeur « La mort est un coucher de soleil ».  Cette île ceinturée par le majestueux Saint-Laurent, fait rêver le protagoniste. Mais en même temps on réveille des secrets de famille. Pourquoi ce Jérémie est-il si acariâtre, avec ce désir de fuit constamment aux États-Unis qui semble l’Eldorado. Qui finira par reconnaître un inavouable péché dans le secret du confessionnal. Suivie d’une naissance qui adoucira les mœurs du bonhomme. Il y a dans ces quelques chapitres comme une épopée de vie. Le vrai courage serait-il de cheminer coûte que coûte en dépit de ses faiblesses ?

L’île au Canot. Claude-Emmanuelle Yance. Lévesque éditeur 187p.    www.levesqueediteur.com


 


 


Les enjeux des sociétés plurielles

Avec les migrations de populations, le paysage socio-économique des pays change radicalement heurtant les peuples fondateurs dits de souche. Nous sommes confrontés même à des métissages qui bouleversent les anciens codes de vie. Voici un essai qui devrait plaire au maire de Montréal, Denis Coderre, partisan du vivre ensemble. Les conditions du dialogue au Québec est un collectif sous la direction d’Alain G. Gagnon professeur titulaire au département de science politique à l’Université du Québec à Montréal et Jean-Charles St-Louis doctorant en science politique au même établissement. Le premier très actif dans des groupes de recherches sur le sujet est coordonnateur du Groupe de recherche sur les sociétés pluri nationales (GRSP). Ils font intervenir dans leur ouvrage diverses contributions puisées à même la philosophie, l’histoire, la science des religions, des études littéraires et le droit. Cette lecture contribuera grandement à l’approfondissement des questions qui occupent l’espace public à l’heure de la diversité sociale et des accommodements raisonnables.

Les conditions du dialogue au Québec. Collectif. Québec-Amérique 290p.    www.quebec-amerique.com


 


 


Manger frais c’est possible

Avec la montée effarante de la facture d’épicerie, beaucoup seront tentés de faire pousser eux-mêmes leurs légumes du jardin maison. Si vous en avez la ressource, voici un livre de recettes complémentaires qui vous permettra d’apprécier grandement le fruit de votre récolte. Du jardin à la table est écrit conjointement par Sylvie Rivard et Manon R. Guérin. Au total 75 recettes qui, si l’on regarde les belles photos qui l’orne, donnent envie de s’y mettre. Et vous avez des tuyaux innovants pour ceux qui sont en panne de nouveautés, tels les fleurs de courge et haricots en pâte tempura, influencés directement d’Orient. Ou bien des poivrons farcis à l’agneau, à la sauge et au romarin. Et le volet des desserts pour ceux qui feront pousser des fruits vaut le détour.

Du jardin à la table. Sylvie Rivard et Manon R. Guérin. Broquet 157p.   www.broquet.qc.ca


 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

C’est un petit livre format de poche aux éditions Lanore mais ce que contient L’envol de l’âme vers la lumière de Louis Wan Der Heyoten est un enseignement d’une grande densité puisqu’il est question de réincarnation et de réappropriation de l’âme. Le théoricien qui est naturopathe et expert en arts martiaux livre une bonne nouvelle pour ceux qui désespèrent du monde actuel. Nous serions en route, si on le veut, vers de grandes aspirations.
Les deux titres qui suivent sont publiés chez Almora. Jean Bouchart d’Orval nous communique Le secret le mieux gardé. D’entrée de jeu, il nous fait prendre conscience d’une dichotomie entre le fait que nous soyons inondé d’information et en même temps si peu capable de distinguer l’utile du superficiel dans la démarche humaine. Il nous propose un temps d’arrêt pour faire le tour de ce qui doit composer les valeurs essentielles et comment parvenir à trouver sa véritable nourriture spirituelle. A priori il faut se mettre un peu en retrait du monde afin de voir la forêt dans son entier et ne pas avoir le nez seulement collé sur l’arbre.

Jean Papin n’y va pas par quatre chemins. Il faut faire table rase de tout formalisme si on veut trouver sa voie. Miscellanées tantriques est un ensemble d’entretiens-causeries qui fait penser au savoir qui était dispensé par les antiques dans les agoras, avec es disciples sagement assis écoutant les enseignements du maître. L’auteur en est un justement. Qui a des certitudes à partager. Ce qui fait différend des traités de sagesse habituels c’est que ce spécialiste de l’Inde n’utilise jamais la langue de bois et qu’en spécialiste de l’Inde il fait montre de critique envers la civilisation de ce pays continent, prenant ce qui est nécessaire et rejetant le superflu. C’est la parole d’un homme libre.

Et deux titres chez Québec-Livres. Daniel Robin C’est qu’en cette ère de désespérance où nous avons l’impression d’arriver dans un cul de sac, cet ufologue explore des alternatives afin que notre humanité s’en sorte. Civilisation planétaire est une réflexion personnelle profonde qui rejoint la nôtre. Et au final la tonalité est tout de même optimiste. Et en ufologue qu’il est, il ne manque pas de rappeler que l’homme n’est pas seul dans le cosmos, que d’autres formes de vies habitent l’infini.

Consulter un psychologue ? Et si le psy venait à votre rencontre ? C’est un peu ce qui se produit avec le psychologue Yves Dalpé qui y va de ses Conseils psychologiques qui n’ont d’autres objectifs que de faire du bien à l’âme. Ce sont des textes qui ont été publiés dans le quotidien Le Soleil. Le spécialiste s’exprime sur toutes sortes de sujets. Un chapitre est consacré à ceux qui se disent psychothérapeutes en tout genre ou qui disent exceller en relation d’aide. Qui peuvent faire plus de tort que de bien. Dans sa pratique, il avoue cueillir de belles réflexions venant de ses patients qu’il met en opposition à ses idées. Et du choc de celles-ci jaillit une lumière dont il en fait profiter à d’autres.  


 




 


Le coin santé physique et psychique (2)

Le décrochage scolaire et les problèmes familiaux sont défis qui préoccupent le milieu de l’éducation, notamment en milieu défavorisé. Le sociologue Jacques Tondreau est rompu à ces problématiques et un de ceux qui s’alarme devant l’énormité de la tâche à accomplir pour sauver des générations de jeunes. Il publie même un essai qui fait le point sur les enjeux, L’école en milieu défavorisé. A parcourir ces pages on prend conscience qu’enseigner dans les conditions actuelles relève de l’apostolat. Et il faudra que le gouvernement du Québec installe d’urgence des ressources au lieu de penser à couper à la tronçonneuse. C’est aux Presses de l’Université Laval.

Malheureusement pour l’homo sapiens, il développa dès les premiers temps de l’histoire du monde un goût préférentiel pour le sucre. Et avec les siècles et l’industrialisation, l’ingrédient chouchou est omniprésent dans presque tous les aliments que nous ingurgitons. Avec comme un effet coup de poing pour notre système. Il faut voir le documentaire de Cash investigation, cette émission d’enquête française animée par Élise Lucet qui était entièrement consacré à l’industrie sucrière. C’est hallucinant. Plus près de nous chez Édito, Catherine Lefebvre lance à son tour un cri d’alarme sur notre consommation abusive de glucides. Sucre, vérités et conséquences rend public des données qu’on tenait autrefois cachées. Et à son tour elle fait la démonstration de sa nocivité.

Aux éditions du Dauphin Blanc, Samantha Lanrivin artiste peintre et psychothérapeute, use de la forme du roman Au cœur des anges pour en faire un ouvrage initiatique. En gros son propos est que lorsque tout semble perdu, c’est la seule introspection personnelle qui peut nous aider à nous sortir de notre condition.

Et enfin, la psychologue clinicienne Geneviève Pelletier nous invite de son côté à Développer l’estime de soi et l’intelligence émotionnelle de votre enfant. C’est d’une éternelle vérité qu’une grande majorité des gens sont paralysés pour cause de manque de confiance en eux. Il leur a manqué le facteur déterminant de tout le reste. Car quiconque part dans la vie avec assurance, sera comme d’autres confrontés à l’adversité, mais son bagage de force émotionnelle sera tel que la personne pourra triompher assez bien des embûches qui parsèmeront son chemin. C’est à cela que s’emploie l’auteur qui explicite la méthodologie pour implanter cette confiance à son enfant. C’est le seul héritage valable à transmettre. Que vous pouvez lire aux éditions Broquet.


 


 


L’Islande trop méconnue

Nous connaissons bien Valérie Harvey qui nous as conquis .avec « Passion Japon » n’a pas perdue une once de son côté globe-trotter. De sorte qu’elle nous revient avec Passion Islande. Reconnaissons-le, ce pays nous est quasi totalement inconnu, si ce n’est que l’on sait qu’ils s’y trouvent des geysers d’eau chaude, des volcans, et un soleil qui ne quitte jamais le ciel, vingt-quatre heures de suite durant le solstice d’été. Notre aventurière qui ne fait surtout pas dans le tourisme guidée, va sonder les âmes des gens et restitue à merveille la culture d’un pays. Par exemple que les islandais sont hyper pointilleux en ce qui a trait à l’hygiène intime, surtout quand il est question de partager des eaux communes. C’est une mine de renseignements divers qui enrichissent la préparation d’un voyage.

Passion Islande. Valérie Harvey. Hamac 189p.    www.hamac.qc.ca


 


 


Des guides bien de chez nous

Aux éditions Ulysse on se fait fort comme toujours de nous faire découvrir non seulement des contrées lointaines, mais notre propre province qui recèle de joyeux trésors. Comme on peut le vérifier encore une fois avec la sortie de trois titres. D’abord pour ceux qui s’ennuient et qui cherchent des activités à faire sans trop devoir se taper du kilométrage, On va où aujourd’hui ? Question que posent généralement les enfants. C’est un recueil de 160 sorties à Montréal même et les environs. Alain Demers et Annie Leclerc qui en sont les auteurs ne sont pas en reste pour ce qui est de nous faire bouger. Du Musée Grévin au Parc national d’Oka, il y a là un florilège d’itinéraires pour satisfaire même les plus blasés. Et pour chaque proposition, de bons motifs pour inscrire le lieu dans son agenda.

Les cyclistes sont gâtés de la sorte avec Le Québec cyclable avec ses mises à jour. Un composé de 177 cartes de pistes à travers toutes les régions de la Belle Province. Cette douzième édition fait honneur aux précédentes avec ce soin jaloux qu’on a mis à reproduire ces cartes détaillées. L’occasion est toute trouvée de se le procurer pour faire le planning des circuits envisagés durant la belle saison. Et en complément ce Fabuleux Québec. C’est comme un survol rapide de ce qu’il faut voir de principal pour chaque coin du Québec. Il va convenir aux gens pressés qui n’ont pas le temps de se taper de gros bouquins avec des centaines d’adresses. Il n’y a pas ici de recommandations de lieux de restauration ni d’hébergement comme on en trouve dans d’autres guides publiés chez ce même éditeur. On s’en tient au côté purement touristique, en sélectionnant eux ou trois endroits qu’il ne faut pas rater.


 


 


De quoi les partis politiques et les électeurs se nourrissent

Vincent Lemieux est rompu à la chose politique pour avoir enseigné très longtemps les sciences politiques. Il synthétise son savoir dans Essais sur le pouvoir des partis et autres participants aux choix collectifs. Un titre un peu longuet qui pourrait annoncer un traité hermétique. Loin de là. La grande qualité du pédagogue est de brosser les composantes qui animent la vie politique. Autrement dit on fait la radiographie de l’électeur jusqu’aux politiques publiques et comment tout est conçu en vue de séduire un électorat potentiel.

Essais sur le pouvoir des partis et autres participants aux choix collectifs. Vincent Lemieux. Presses de l’Université Laval 139p.     www.pulaval.com


 


 


Confrontée à la disparition tragique de son enfant

La scénariste allemande Annette Wieners fait son entrée dans le monde du polar avec Cœur de lapin. Comme elle est formée à la discipline du timing pour des séries télévisées, elle sait de même qu’il faut garder le lecteur continuellement sur la touche. Au départ c’est Gesine qui est « réduite » à travailler dans un cimetière comme personnel de soutien. Et dire qu’auparavant elle était une étoile de la brigade criminelle. Et là, disposant des fleurs, elle se rend compte qu’elles sont destinées à la dépouille de sa sœur dont elle a toujours supposée qu’elle était partie prenante à la mort tragique de son petit bonhomme, Philipp. L’affaire avait été classée comme un suicide. Mais la mère éplorée ne veut pas en rester là, et le limier en elle va ressurgir. Bonjour l’enquête. Comme démarrage en littérature ça promet.

Cœur de lapin. Annette Wieners. Coll. La bête noire, Robert Laffont 348p.    www.laffont.fr


 


 


Deux sœurs au service d’un despote

Jeannette Walls a été dans une autre vie, chroniqueuse mondaine à New York. Elle a marqué sa naissance comme écrivaine en renom avec « Le Château de verre » qui était une autobiographie enlevante. Faut dire que la dame a pas mal de vécu. Elle brille toute autant dans la fiction avec L’étoile d’argent qui narre les tribulations de deux sœurs adolescentes. Elles ont pour mère une personnalité déjantée qui a l’habitude de se perdre dans la nature, mais qui finit toujours pas retrouver le cocon familial. Mais cette fois, le temps s’écoule et pas de maman à l’horizon. L’argent venant à manquer, elles décidèrent d’aller trouver refuge chez un oncle disposant d’un manoir colonial du type du Sud des États-Unis. Mais l’oncle ne peut pas tout dispenser financièrement. C’est pourquoi, Jean et Liz vont se mettre au service de Jerry Maddox qui est un véritable despote local. La romancière rend bien cette atmosphère des années 70 dans cette Amérique un peu beaucoup malade. C’est une portraitiste aguerrie qui vampirise très bien l’âme de ses personnages.

L’étoile d’argent. Jeannette Walls. Robert Laffont 350p.     www.laffont.fr


 


 


Quand les objecteurs de conscience se retrouvent en exil

Tous les gouvernements ou personnes en autorité se braquent sur la pensée unique. Mais pour leur malheur se trouvent des trouble-fête qui vont déroger de ce qui doit être dit, lu ou entendu. Et le prix à payer pour ceux qui n’ont pas de filtre, est soit l’exil volontaire ou forcé. Un essai merveilleux raconte ces destins L’exil et l’errance sous la direction de François Charbonneau professeur de science politique à l’Université d’Ottawa. Il a réuni diverses contributions qui elles-mêmes puisent à travers des textes, des expériences. Le sous-titre de l’ouvrage donne le ton « Le travail de la pensée entre enracinement et cosmopolitisme.

L’exil et l’errance. Collectif.. Liber 304p.   


 


 


L’enseignante qui se voulait parfaite

180 jours et des poussières de Julie Marcotte va enchanter littéralement toutes les femmes qui essaient de concilier travail et famille. Et pour illustrer le dilemme de ces femmes confrontés à trop de missions à la fois et qui se veulent parfaites en toutes choses, l’auteure a choisi d’illustrer la situation par le biais d’une enseignante, Olivia. Peut-on avoir vocation plus astreignante que l’enseignement. Et attendez de voir les tâches qui l’attendent au foyer. La romancière sait de quoi elle parle car elle est elle-même enseignante depuis une décennie. Nous assistons à tout un cercle infernal. On ne vous dit pas comment le tout se termine pour ne pas bouder votre plaisir. Jamais on a si bien rendu ce qu’est le quotidien des femmes au travail.

180 jours et des poussières. Julie Marcotte. Éditions de Mortagne 363p.   www.editionsdemortagne.com


 


 


Les rapports houleux entre le Vatican et la République française

Les amateurs de livres sur l’Histoire et qui sont revenus de tout, vont se réjouir d’apprendre qu’à la suite de l’ouverture de dossiers secrets du Vatican, le professeur Roberto de Mattei de l’université européenne de Rome a pu donner un tout nouvel éclairage sur les rapports entre le Vatican sous la gouverne des Léon XIII et Pie X et le gouvernement de la République française. C’est que sous le vocable de ralliement, Léon XIII encourageait les élites et le peuple à entreprendre des relations cordiales avec la France républicaine. Des opposants au pape y voyaient une menace à sa légitimité papale. Tandis que le Souverain Pontife y voyait lui, l’assurance du maintien de sa souveraineté. Quand Pie X montera à sa suite sur le trône de Saint-Pierre ce sera le retour de frictions avec les autorités françaises qui conduiront à la séparation en France entre l’Église et l’État. Ça se lit presque comme un thriller.

Le ralliement de Léon XIII. Roberto de Mattei. Cerf 481p.    www.editionsducerf.fr


 


 


Comment on parvient à se radicaliser

Karim Baouz a eu une opportunité inouï, à savoir d’avoir pu rencontrer successivement en 2005 et 2008 les frères Saïd et Chérif Kouiachi, ces deux là même qui ont perpétré le massacre dans les locaux de Charlie Hebdo. Journaliste, il préparait alors un documentaire « Pièce à conviction » pour France 3. Il était lopin de se douter que les frérots deviendront ensuite tristement célèbres. Vous pouvez imaginer son étonnement quand il a su qui étaient les auteurs de ce crime terroriste odieux qui choqua le monde entier. D’où ce désir d’en connaître sur la façon dont on peut se muer en dangereux terroristes. Ce livre a valeur de documentaire et on ne peut plus pertinent à l’heure où des jeunes en manque d’encadrement sont séduits par des appels à l’extrémisme pour donner un sens à leur vie.

Plongée au cœur de la fabrique djihadiste. Enquête sur les filières du terrorisme français. First 236p.    www.editionsfirst.fr


 


 


Le dilemme des universités québécoises

La dérégulation universitaire est un essai choc qui ne peut mieux tomber au moment où les budgets de fonctionnement de nos universités fondent comme peau de chagrin, et où à l’heure des compressions budgétaires, on remet l’avenir de nos grands établissements de savoir aux lois du marché néolibérales. Sous la direction des Christophe Charle et Charles Soulié on a rassemblé des collaborateurs qui chacun présente un tableau de ce que sont nos universités ici et ailleurs. On a vraiment la radiographie des enjeux actuels auxquels sont confrontés ces institutions dont on dit que de la manière dont on les considère elles deviennent du coup le reflet de l’état de nos sociétés.

La dérégulation universitaire. Collectif. M éditeur en coédition avec les éditions Syllepse 347p.    www.editionsm.info


 


 

Deux nouveaux opus « Pour les nuls »

La célèbre collection « Pour les nuls » des éditions First s’enrichit de deux nouveaux titres. Mais avant d’aller plus loin, saluons cette collection qui aujourd’hui bénéficie de la notoriété qu’avaient jadis les collections « Que sais-je ? » et « Marabout université » en ce qui a trait au développement des connaissances générales. Donc deux nouveaux ouvrages, Windows 10 & Internet coécrit par Andy Rathbone, John R. Levine, Margaret Levine Young et Carol Baroudi. En cette ère numérique où il ne faut pas rater une innovation au risque de passer pour un demeuré, chapeau à ce beau travail qui met au jour les dernières avancées de Windows qui n’a pas démérité d’une miette face à son géant de compétiteur, nous avons nommé Apple. Encore là, graphiques didactiques à l’appui, on vous montre comment faire dérouler les fenêtres qui ont sensiblement changés. Du travail de vulgarisation réussi.

Dans un tout autre registre c’est La Russie par Eugène Berg un ancien diplomate qui reprend à son compte l’histoire de la Sainte Russie, au Soviets et celle des oligarques et de Poutine. Ce livre de géographie sociale, historique et politique tombe à point nommé alors que la Russie veut faire sa marque et rétablir une certaine hégémonie, on l’a vu dans le dossier ukrainien. Le pays a des relents nostalgiques de l’empire soviétique. Et Poutine veut marquer le coup entre les États-Unis et la Chine. En même temps vous avez un cours magistral sur la vie et la culture russe, allant de considérations sur l’humour en place, la situation de l’esturgeon dans la mer Caspienne et quoi encore. Au sortir de la lecture vous deviendrez un incollable sur ce pays fascinant à maints égards.


 


 


Une bimbo et un milliardaire

Il y a d’abord le titre qui attire fatalement l’attention, Blonde à forte poitrine. De quoi attirer les vicelards. Mais au contraire il s’agit d’une tragédie écrite par Camille de Peretti venue défendre son roman sur le plateau de la Grande librairie. Elle s’est inspirée du triste cas de la jeune Anna Nicole Smith morte par overdose en Floride. Elle avait seulement 39 ans. La pin-up avait fait la manchette en épousant un milliardaire du pétrole J. Howard Marshall qui avait 63 ans de plus qu’elle. Dans cette transposition c’est une fille de 17 ans, Vickie, qui pour son malheur tombe enceinte. Dans son petit bled texan cette fille-mère sera vite rejetée par sa famille immédiate. Elle atterrira dans un bar de danseuse où ses formes lui permettront de survivre. Et elle rencontrera un milliardaire. Et ça finira par un procès, parce que la progéniture de ce dernier redoute que la belle mette le grappin sur le patrimoine financier du bonhomme. Et comme pour toutes ces Marilyn, ça finira sur une note en ré majeur. Fichtrement bien écrit, l’écrivaine illustre bien ce que sont les mirages de l’argent et de la beauté factice.

Blonde à forte poitrine. Camille de Peretti. Kero 232p.    www.editionskero.com


 


 


Une gynécologue déracinée

La question des migrants occupe une place centrale dans l’actualité au quotidien. Si vous ne parvenez pas à vous mettre dans la peau de ces expatriés, nous vous invitons à vous procurer sans délai Dispersés de Inaam Kachachi. Cette écrivaine est originaire d’Irak, née en 1962 à Bagdad. Elle vit depuis à Paris. Elle sait très bien ce qu’il en coûte affectivement de quitter son pays. C’est pourquoi elle excelle à raconter les tribulations d’une gynécologue irakienne octogénaire qui va fuir l’Irak pour aller vivre en France. Si le corps s’est déplacé, une partie de son esprit est encore demeurée dans son pays natal.  L’auteure décrit ce qu’a d’abord été le travail de cette femme médecin dans un contexte où la religion fait foi de tout. Imaginez ce que peut être comme cas de conscience quand une mère amène sa jeune fille avec le ventre ballonné comme ça, demandant à la doctoresse de la soulager de son trop plein d’eau, alors qu’en réalité elle est enceinte hors mariage. Quel déshonneur. Et voyez comment la gynécologue parvient à calmer le jeu et faire que l’honneur soit sauf. C’est un passage éblouissant du roman et il y en a pleins d’autres comme ça.

Dispersés. Inaam Kachachi. Gallimard 265p.  


 


 


American apocalypse

Nous avons un de nos collaborateurs à la rédaction, qui voyant le chaos du monde actuel à l’ère numérique, à l’habitude de dire que nous sommes assis à quelques millimètres du bord du baril et que nous plongerons tous dedans. Il est heureux comme tout que ses prédictions trouvent un écho dans American pandemonium de Benjamin Hoffman qui est une fiction géopolitique de grande facture. Nous sommes à New York qui vient d’être frappé par un bombardement. Un frère cherche son frangin parmi les décombres en compagnie d’un ami. Pendant ce temps l’Iran et Israël se tirent mutuellement dessus. Revenons aux États-Unis où c’est l’affolement sur fond de fin du monde. Les amis vont se rendre dans un premier temps à Boston et ensuite vers la ville sinistrée de Détroit où se trouve le Béhémoth, un engin de destruction colossal aux mains d’une troupe de mal intentionnés qui vont les tenir captifs. Vous avez des visions pessimistes du futur de l’univers ? Vous serez ici en pays de connaissance.

American pandemonium. Benjamin Hoffmann. L’arpenteur 376p. 


 


 


Amour filial

Avec Abraham et fils l’écrivain accompli Martin Winckler s’empare du thème de la relation père fils. Vous avez deux vedettes dans ce livre, Abraham Farkas un médecin originaire d’Algérie et son fils Franz âgé de neuf ans, qui souffre d’amnésie à la suite de ce qu’on a appelé un « incident ». Les deux personnages vont aller s’installer dans un petit bourg de la Beauce. Précisons que nous sommes dans la France du Général de Gaulle. L’homme de lettres s’attache à tout ce qui touche à l’adaptation. Car c’est toute une adaptation que de partir du Maghreb pour s’expatrier dans l’Hexagone. Si le père veut se consacrer sans tarder à soigner les humains d’o qu’ils soient, le fils le regarde éperdu, passionné qu’il est par les livres. C’est très touchant.

Abraham et fils. Martin Winckler. P.O.L. 576p.    www.pol-editeur.com


 


 


Sur les traces de la fille de la conjointe de son grand-père

Une vie comme roman fait cliché en diable, mais c’est tout ce qu’il y a de plus strictement vrai dans le cas de Michel Normandeau ce membre fondateur du groupe Harmonium qui après divers détours artistiques a présenté une pièce musicale « Mademoiselle de Paris ». Et c’est à l’issue d’une représentation qu’il va recevoir une étrange messagère, prénommée Germaine. Qui a reçu pour mission de lui transmettre une missive d’une dénommée Lily-Marlène…vivant à Mayence en Allemagne. Et qui est-elle cette femme ? Rien de moins que la fille de Victorine qui fut la conjointe du grand-père de Michel. Et un jour quitta pour de bon avec l’intention de ne jamais revenir au Québec. Et pourquoi se donne telle alors la peine d’écrire ce message, avouons-le perturbant ? C’est que le destinataire de son mot traite justement dans son « musical » de son grand-père et qu’elle en eu vent. Dès lors, et bien qu’elle le lui a interdit, il se met en quête de la retrouver. Normandeau qualifie son ouvrage de roman personnel, mais c’est que nous sommes bien en face d’un récit. C’est quasiment rythmé comme un polar. Aimé vous dites ? Nous avons adoré.

Dis-moi Lily-Marlène. Michel Normandeau. Éditions David 407p   www.editionsdavid.com


 




 


 Le coin Miam miam

Nous devons à une naturopathe Colombe Plante de nous procurer de nouvelles saveurs santé en bouche avec Le Quinoa et le sarrasin pour votre santé. Ces deux plantes et leurs déclinaisons sur nos tables sont ici dévoilés à travers de nouvelles recettes où on ne trouve aucun gluten, aucune lactose et sans œufs. Ça donne entre autres des crêpes aux flocons de quinoa et de sarrasin, un smoothie aux noix, à l’avocat et à la spiruline ou bien une salade de chou kale de quinoa et de noix. Beaucoup d’inventivité comme on peut le constater. C’est chez AdA.

Maintenant chez Broquet, de Manon R. Guérin et de Sylvie Rivard « Zen sans gluten ni produits laitiers. Qui est un peu dans la continuité de l’ouvrage précédent. Au total 90 recettes bourrées de bonnes calories revitalisantes allant du déjeuner au dessert. En quatrième de couverture elles nous rappellent que l’éradication du gluten et des produits laitiers a été pour notre historique de consommation un tournant décisif, véritable virage à 189 degrés. Toute résistance est vaine devant leur cretons au poulet ou encore ces affriolants bâtons de poulet panés. Il y a aussi des recettes de dépannage pour ceux et celles qui sont pressés, comme cette paëlla aux fruits de mer. Divin.

On ne sait pas ce qui se passe, est-ce une possible menace d’envahissement des produits de l’érable de la Nouvelle-Angleterre sur les marchés mondiaux ? Toujour4s est-il que nos producteurs québécois passent à l’offensive en multipliant les actions de promotion. Appuyés par des chefs talentueux comme Andrea Jourdan qui nous arrive avec un bel album chez Édito, Irrésistible érable. C’est un assemblage de 100 recettes qui toutes rendent un bel hommage à notre or blond. Elle a eu ce talent génial d’incorporer l’érable, là où on s’y attend le moins. Exemple cet orzo aux légumes printaniers, et vinaigrette à l’érable, des goujonettes de poulet à l’érable, des crevettes, moules et palourdes et whisky dans lesquelles vous avez un zeste du délicieux nectar. Chapeau pour l’imagination. Et les fins palais vont vous remercier à genoux.


 







 


Le coin santé physique et psychique (1)

Peut-on arrimer la spiritualité à la vie de famille ? Il semble que oui lorsqu’on lit le petit opuscule sympathique que nous présente Valérie Roberge-Dion dans Entre ciel et mère. C’est du genre récit où elle nous parle de sa petite smala et dans laquelle elle nous dit comment les valeurs chrétiennes s’imbriquent dans le train-train du quotidien. Surtout lorsque les mômes posent de très grandes questions existentielles. C’est édité chez Novalis.

Chez l’éditeur de Boeck faisons connaissance avec le savoir de Delphine de Hemptime  qui porte une double casquette en orthophonie et en sciences de l’éducation. Elle lance Aider l’enfant à lire et à écrire ou comment s’amuser avec les sons et la métaphonologie. C’est d’abord un livre d’exercices divers que complètent 222 cartes en couleurs qui permettent de travailler la rythmique langagière, autant du côté des syllabes que des rimes. On se rend compte comment une approche ludique de ce genre permet de faire des progrès rapides et considérables.

Tenez-vous bien les sceptiques, la meilleure diète au monde existe et elle se nomme D.A.S.H. Pour savoir de quoi ça retourne, allez lire le titre publié à son sujet par les Anne Dufour, Carole Garnier et Raphaël Gruman. Qui a décrété que c’était le meilleur régime qui soit ? Tout simplement un groupe de scientifiques, et ce pour une sixième année d’affilée. Cette méthodologie convient tout particulièrement à ceux qui souffrent d’hypertension, de maladie cardiovasculaire ou de diabète de type 2. Et on rassure ceux qui ont de la difficulté avec la discipline, elle n’est pas contraignante. Ça se présente comme un livre de recettes équilibrées et faut-il le préciser, très santé, comme ce spaghetti bolognaise végétarien. Il n’est jamais question ici de privation. La satiété est au rendez-vous.

Le psychothérapeute Serge Hefez qui est aussi psychiatre et psychanalyste, responsable de l’unité de thérapie familiale à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière. Dans La Fabrique de la famille chez l’éditeur Kero, il se veut rassurant face à ceux qui ont des inquiétudes concernant l’avenir de la famille à l’ère numérique. Hélas on a encore trop souvent en tête les relents de ce qu’étaient les familles d’autrefois, pour lesquelles certains entretiennent de la nostalgie. Mais que voulez-vous, après la famille nucléaire éclatée, les familles recomposées, nous sommes dans une nouvelle avenue familiale. Fort de son expérience en cabinet, le médecin des âmes met en contexte ce qui attend ceux qui aspirent à fonder une famille ou qui désespèrent de leur famille actuelle. Décidément c’est dans une toute autre vision qu’il faut faire route. Il nous dit comment et pourquoi.

Nathalie Collard a vu juste. La journaliste de La Presse qui sort Qui s’occupe du souper ?, aux éditions La Presse, pressentait un courant en force de femmes qui bien qu’étant diplômées, avec souvent des postes enviables, décrochaient soudainement pour retourner à la maison pour s’occuper de leur enfant, ce qu’on nomme l’opting-out. On veut bien se voiler les yeux mais une bonne proportion de femmes accrochent leur tailler et reviennent au foyer. Car trop stressées, épuisées à vouloir tout faire de parfait. C’est une des solutions au problème de la conciliation travail famille, souvent impossible. Par ailleurs, dans le cas des deux conjoints qui travaillent, elle en appelle à ce que l’homme prenne plus de place dans le partage des travaux domestiques.

Les trois titres sont aux éditions des Presses Universitaires de Grenoble, reconnues notamment pour leur catalogue consacré aux ouvrages portant sur la communication. De Pascal Moliner « Psychologie sociale de l’image ». S’il faut en croire ce professeur de psychologie à l’Université Paul Valéry de Montpellier, il y aurait une corrélation assurée entre nos croyances et la représentation sociale de l’iconographie. Ainsi tel individu, de par son surmoi culturel n’interprétera pas nécessairement la vue d’un objet de la même façon qu’un autre. La vue d’une femme sensuelle pour faire exemple, ne sera pas perçue de même par un afghan et un irlandais. L’essayiste consigne les dernières avancées de la recherche psycho sociale.

Alain Blanchet tente de répondre à cette question qui suscite un éternel débat, Les psychothérapies sont-elles rationnelles ? Ce professeur de psychologie clinique et pathologique à l’Université Paris-8. Il se fait explicite sur le pouvoir des mots dans le processus de guérison. Traité fouillé qui force l’admiration, il étudie dans ces pages la dynamique du rapport oral entre deux personnes, le soignant et le soigné. L’optique qu’il ne faut pas perdre de vue en thérapie, est de dire, faire dire et guérir. Tout est contenu dans ces trois volets thérapeutiques.

A l’heure actuelle, la psychiatrie est un peu démuni en terme de traitements efficaces contre la dépression unipolaire, la bipolarité et les troubles obsessionnels compulsifs communément appelés les TOC. Sous la direction de Martine Bouvard des chercheurs de divers horizons font état des dernières avancées des soins en la matière. Sous le titre Les troubles psychiatriques résistants on voit que la médecine psychiatrique s’est engagé dans des voies alternatives. Pour le seul continent européen, la bipolarité affecte 0,9% de la population, ce qui est quand même non négligeable. Et avec les avatars derrière lesquels se drapent les internautes qui vivent une double vie, dans la vie et sur le web, la pathologie est condamnée à fleurir de façon exponentielle.

L’entraîneur chevronné Jean-Yves Cloutier qui fut lauréat en 2013 à titre d’entraîneur de l’année au Québec en athlétisme dans la catégorie entraîneur international, est rompu pour tout ce qui touche la course à pied, et on lui doit déjà des ouvrages portant sur cette discipline sportive. Cette fois il a décidé de tout dire de ce qu’il sait à ce sujet. Ça donne Le coach répond à vos questions et elles sont multiples allant de, est-ce mieux de courir seul ou en groupe,. à quel moment ? Bref, l’essentiel s’y trouve, rappelant au passage les vertus de cet exercice curatif en plein air. Dans le genre, ce livre fait déjà référence. C’est aux éditions La Presse.

L’acte d’écouter de la musique est loin d’être banal. On connaît bien entre autre cet adage connu qui veuille que la musique adoucisse les mœurs. Un qui peut en parler abondamment est Daniel Levitin. Ce neuroscientifique qui enseigne à l’Université McGill la psychologie et les neurosciences, a travaillé notamment avec Stevie Wonder et Eric Clapton. Il nous offre un essai éclairant les liens étroits entre musique et humanité Le monde en six chansons. Il a mis en place une structure identitaire ou une sorte de typologie en six chansons qui évoque l’amitié, la joie, le réconfort, la connaissance, la religion et l’amour. On apprend qu’un bébé de sept est capable de reconnaître un air de Mozart déjà entendu d’un nouveau. Et que dire de l’interrelation de la mère à l’enfant dans le domaine du chant. C’est aux éditions Héloïse d’Ormesson.

Anne Richard ne contestera pas le surnom donné au chien considéré comme « le meilleur ami de l’homme ». Et pour l’illustrer elle signe les textes et les photos d’Amours de chiens. Le concept est simple. Elle est allé voir des célébrités du petit écran québécois, on en voit d’ailleurs quatre sur la couverture : Sophie Thibault, Jean-François Mercier, Marc Hervieux et Mirreille Deyglun et d’autres personnes d’influence dont la philanthrope Phyllis Lambert. A tous elle leur a demandé de détailler leur rapport à l’animal. Ça fourmille d’anecdotes croustillantes. Et que dire des photos craquantes. C’est aux éditions La Semaine.


 




 


Le coin santé physique et psychique (2)

Les éditions de l’Homme poursuivent leur mission de publier des titres qui permettent l’accroissement du développement personnel tant au plan physique que psychique. Voici quatre nouveaux opus à cet effet. Jean-François Vézina nous parle du concept de synchronicité dans les rapports humains dans Les hasards nécessaires. Non seulement la théorie est explicitée en long et en large dans le bouquin, mais vous avez en prime un CD reprenant les exposés. Ce psychologue de l’école jungienne nous dit en quoi il y a hasard ou non dans les rencontres que l’on fera au cours de son existence. Nous ne dévoilerons pas les conclusions qu’il en tire, de crainte de gâcher votre plaisir.

Si vous êtes de ceux qui croyez avec fatalité que la guerre est dans l’ADN de l’homme et qu’il n’y a rien à faire, ont tout intérêt à lire J’ai failli y laisser mon âme du Dr. Daniel Dufour qui a pratiqué la médecine de guerre en Asie du sud-est, en Afrique, au Proche-Orient et à la frontière pakistano-afghane. Ce qu’il a vu lui a glacé suffisamment le sang qu’il a hérité de retour au pays, du syndrome du choc post-traumatique. Il a vu en Rhodésie Zimbabwe des fillettes qui après qu’on les ait violées, leur introduire des tisons rougis dans le vagin. Ailleurs, de décider de retourner à la maison un enfant dénutri au grand découragement de sa propre femme qui ne pouvait admettre qu’on ne puisse plus rien faire. Tout comme, faut d’appareil de radiologie, d’opérer des fractures au pif, façon de parler. Que d’horreurs ici-bas. C’est un vibrant plaidoyer pour la paix.

Il y avait cette fable de on ne sait qui, où chacun des organes humaines s’étaient réunis pour déterminer lequel était le plus important. Finalement c’était l’anus qui avait remporté. Car l’intestin qui le précède joue un rôle prépondérant au regard du métabolisme. C’est ce que souligne le Dr. Robynne Chutkan avec L’intestin au cœur de votre santé. Vous allez tout savoir sur une pathologie nommée le microbiote qui est en fait un disfonctionnement de la flore intestinale. Avec pour conséquence des affections abdominales inflammatoires, la maldie de Crohn que l’on connaît mieux, le colon irritable et tout un éventail de maux dont on se passerait bien. Elle brosse le tableau des infections microbiennes qui viennent jouer aux perturbateurs qui éradiquent des bactéries, elles essentielles à notre équilibre. Et vous savez quoi ? La fatigue chronique peut y prendre sa source. C’est pourquoi elle dresse un questionnaire à poser au médecin lors d’une prochaine visite.

Un jeûne de sucre. Voici la proposition faite par les Dr. Kurt Mosetter et Wolfgang Simon de même que le chef de cuisine Thorsten Probost et la journaliste Anna Cavelius. On l’a dit et redit, les sucres raffinés sont quasiment mortels, tellement ils sont des facteurs de maladies sans nombre. Le quatuor y va d’une belle alternative avec des recettes qui font appel à des édulcorants qui font faire illusion au goût, sans perdre une once de plaisir chez ceux qui ont la dent sucrée. La méthode sans sucre est échelonnée sur douze semaines. Mais outre les recettes bienfaisantes, vous avez au préalable tout un traité vulgarisé sur ce que sont les sucres en général et comment ceux-ci influent sur le corps et la psyché.


 




 


Le coin santé physique et psychique (3)

Voici une exploration psychologique méconnue auprès du grand public. Qu’est-ce qui arrive lorsqu’un jumeau meurt au niveau fœtal pour le jumeau survivant ? C’est à quoi répondent Alfred et Bettina Austermann deux psychothérapeutes allemands dans Le syndrome du jumeau perdu aux éditions du Souffle d’or. C’est d’ailleurs la réédition de ce livre qui fait date et dont on le réactualise à la lumière des dernières avancées de la science en la matière. On fait intervenir les données concernant à la fois l’obstétrique et la psychologie. Un jumeau qui parvient à sortir de la matrice maternelle sain et sauf, théoriquement ne se souviendra pas de la présence de son jumeau mort. Mais on est moins sûr pour ce qui est du subconscient. Car des exemples de cas vécu, portent les chercheurs à penser que la mort d’un jumeau, inévitablement laisse des traces, même bien enfouies.

Les quatre autres titres sont aux éditions du Dauphin Blanc. Jeffrey A. Marks est un medium en renom, qui a la faculté de pouvoir converser avec l’esprit des défunts. On ne peut pas susciter plus d’intérêt à ce chapitre, alors que les questions touchant la vie après la vie, taraudent le commun des mortels. L’Après-vie dévoilée est un recueil d’entretiens avec des gens décédés. Passionnant est ici un euphémisme.

Parcours d’une « calineuse ». Amélie Grenier est à la ville comédienne et calineuse professi,onnelle. C’est-à-dire qu’elle apporte le toucher affectueux à des gens qui ignorent le toucher au quotidien et qui en ont grand besoin. Mais comment arrive-t-on à exercer cette occupation, avouons-le, bien singulière ? Elle le raconte dans Câlin cœur à cœur. C’est un tout petit livre à saveur biographique. En même temps elle fait le constat qu’il y a trop de gens qui ne se touchent jamais et carencés comme jamais au niveau de l’affect. Ses touchers apportent beaucoup de réconfort aux âmes en peine.

Pierre-Luc est issu du monde de la banque et a choisi de délaisser les colonnes de chiffres pour se muer en formateur. C’est un coach aguerri dont les conférences sont recherchées. Il y a bien des moyens pour faire passer des messages. Cette fois avec Marie Inc. il choisit le biais du roman. Qui met en scène le personnage de Marie, assez désorientée dans sa vie autant professionnelle que sentimentale. Et il y a son fils loin d’elle au Népal. Elle finira par rencontrer un homme d’influence qui deviendra son mentor de vie et c’est ce qui assurera sa résurrection psychique.

Un autre coach, Richard Roy sonne l’alarme que nous sommes bien les artisans de nos malheurs avec mille excuses à la clé pour justifier nos manques. Tellement qu’il les répertorie dans Les excuses qui tuent. Et à la lecture vous verrez les défaites que l’on se donne pour ne pas bouger. Il n’y a rien de pire que de faire du sur-place. Il nous exhorte à sortir de notre emprisonnement psychologique et à oser. De ne surtout pas avoir peur.


 




 


Le coin santé physique et psychique (4)

Les quatre titres qui suivent son édités chez Québec-Livres. Expert dans le domaine psycho-social, Michel-Louis Pelletier apporte sa vision de ce que doit être le rapport parent-enfant en ce deuxième millénaire. Car si hier on dressait les enfants, il faut dire qu’on a un peu penché vers l’excès contraire, faisant de la progéniture des enfants roi avec les dérives que l’on connaît. Il aide le lecteur parent à trouver la juste voie entre établir son autorité et marquer son affection. Ça s’intitule Comment maintenir le dialogue parents-enfants.

Quelqu’un de la rédaction faisait remarquer il y a quelque temps à quel point on semble moins rire qu’avant. Ou si on rit, c’est par procuration en demandant à un humoriste de nous faire rire. Or sait-on à quel point la fabrication de son propre rire est salutaire. La formatrice Line Bolduc écrit justement Le mieux-être par le rire. C’est une version enrichie de son titre précédent « Réveiller son médecin intérieur ». On disait jadis que quiconque mangeait une pomme chaque jour voyait moins le médecin. On pourrait presque dire la même chose de la thérapie par le rire.

Il y a des parents novices qui un peu paniqués, s’inquiètent de ce que leur jeune bébé n’émette pas encore de premiers mots. Tout est dans l’approche orale si on en croit Sylviane Joubert qui a la double qualité d’être orthophoniste et psychothérapeute. Elle signe Pour aider votre enfant à parler. Elle dispense une méthode éprouvée à l’endroit des parents qui ont des enfants entre 0 à 5 ans.

Selon toute logique le personnel soignant est là pour sauver des vies. Mais c’est sans compter la nature humaine qui a son lot de déviants. C’est ainsi que l’ethnologue Mireille Thibault consigne dans son ouvrage Les anges de la mort qu’il s’est trouvé ou qu’il se trouve, des médecins et des infirmières qui ont assouvi leurs pulsions morbides en assassinant de leurs patients. Cette lecture glace le sang, tellement on peine à imaginer qu’il puisse exister des être aussi diaboliques.

Rien de ce qui peuple nos nuits demeure tout à fait innocent. C’est la réflexion qui nous vient à parcourir le Dictionnaire des rêves et de leurs symboles de Livia Caron. Des visions aussi banales que de voir dans ses rêves une personne maquillée ou l’acte de fermer une porte trouvent ici des significations probables. C’est bien de pouvoir confronter les analyses de cette spécialiste des rêves et notre propre vécu. En réalité ce bouquin doit beaucoup à la psychanalyse.


 


 


Un adoucissement face à la  langue anglaise

Le journaliste de La Presse Marc Cassivi pour avoir vécu dans le West-Island, a baigné dans les deux cultures et s’exprime parfaitement dans les deux langues officielles. Il publie ce manifeste Mauvaise langue dans la quelle il remet les pendules à l’heure quand à l’enfermement des nôtres dans la détestation de tout ce qui vient de l’anglais. Contentieux éternel envers le Conquérant de jadis. Défenseur de la loi 101 il est capable de vivre avec le franglais tout en reconnaissant que cet idiome ne doit pas devenir la langue commune des québécois. Et il exhorte ses compatriotes à faire la paix avec la langue anglaise.

Mauvaise langue. Marc Cassivi. Somme toute 99p.  


 


 


De jolies errances

Monique Brillon porte la double casquette de psychologue et psychothérapeute. Elle a l’habitude de sonder les âmes. Pour savoir ce qu’il y a en elle, nous recommandons la lecture de son Carnet d’une méduse qui fait partie de la collection « Carnets d’écrivains » chez Lévesque éditeur et que patronne le bien connu et estimé Robert Lalonde. Dans ces pages elle couche tout ce qui lui passe par la tête, nous fait partager ses riches heures, ses promenades en vélo dans le Bas-du-fleuve, l’attente de la première ligne à venir qui doit procéder selon André Breton qu’elle cite, d’une mise en contexte. Bref de tout et de rien mais raconté avec de belles fulgurances. C’est une classe de maître dans notre langue belle. Cette méduse là n’est pas dangereuse, elle apporte des bienfaits.

Carnet d’une méduse. Monique Brillon. Collection Carnets d’écrivain. Lévesque éditeur 124p.   www.levesqueediteur.com


 


 


Poème en 4D

Des poèmes en carré ça vous dit quelque chose ? Pour en savoir davantage, allez parcourir les pages de Carmen quadratum de Daniel Guénette. Ce recueil de poésie dont on recommande la lecture « par les quatre côtés de l’ouvrage ».  Si la poétesse est atteinte de lucidité elle n’en laisse pas moins place à des zones de lumière qui donnent tout leur éclat à certains passages. Extrait «  Un regard dans le temps où s’enfuit la mémoire, décèle des strates, des couches d’idées. Les dieux naissaient : des chauves-souris prenaient leur essor, sortaient par milliers d’une bouche d’ombre ».

Carmen quadratum. Daniel Guénette. Triptyque 77p.    www.triptyque.qc.ca


 


 


Une enfant survivante sur un îlot

Le mythe de Robinson Crusoé en qui a inspiré tant de créateurs, au cinéma comme en littérature, continue de faire des petits. A preuve ce Rouge la chair de Dynah Psyché une habituée de la littérature jeunesse. Elle met en scène une jeune fille, Fiona de son prénom, qui à la suite d’un raz de marée va se retrouver un certain temps dans une complète solitude. Pour un écrivain, ce genre de situation est un terreau fertile à d’intenses réflexions pour la protagoniste et d’interpellations pour le lecteur qui transpose à son tour ce qu’il ferait en pareille circonstance. D’autres enfants viendront par la suite peupler son quotidien. Mis la donne change et elle s’apercevra avec effroi que des rapports s’installeront marqués au coin de la sauvagerie. Sartre n’a-t-il pas écrit que l’enfer c’est les autres ? Une façon de vérifier encore qu’il avait raison. Par ailleurs, vu sous un autre angle, il est bon que nous soyons en face d’une lecture « féministe » du célèbre personnage de Daniel Defoe. Car la protagoniste est très inspirante, allumée, humaniste. Un beau modèle pour un lectorat féminin. Encore un beau titre qui vient compléter admirablement la belle collection « Romanichels » dont nous cessons de vanter les choix éclairés.

Rouge la chair. Dynah Psyché. Coll. Romanichels. XYZ éditeur 290p.    www.editionsxyz.com


 


 


Un enfermement bien spécial

Tout ce qui touche à l’Italie est magique. Même lorsqu’on est enfermé accidentellement dans une cellule de musée. Comme c’est le cas ici dans Le cas Annunziato de Yan Gauchard. Voyez vous-même. C’est un traducteur, Fabrizio Annunziato qui donne son titre au livre, traducteur de son état, qui par un drôle de hasard, va se trouver enfermé dans le musée national San Marco à Florence. Loin d’être un malheur, il en profitera pour poursuivre son travail. Et en cours de chemin, il découvrira de quoi ébranler la botte italienne. Ce pourrait faire un très beau film. Cinéastes de tous les pays, tenez-vous le pour dit.

Le cas Annunziato. Yan Gauchard. Les éditions de Minuit 125p.   


 


 


Sur la censure post stalinienne

Paul Greveillac entre dans la littérature avec tambours et trompettes. Car Les âmes rouges son premier opus à vie campe dans l’Union soviétique des années qui suivirent la mort de Staline. On retrouve deux jeunes gens dans la vingtaine, un russe Vladimir Katouchkov et un ukrainien, Pavel Golchenko. Ils ont des emplois dans des domaines similaires, à savoir la censure, un dans le domaine de la littérature, l’autre le cinéma. Car même si le tyran moustachu est bien mort, la répression des libres-penseurs se poursuit. Il ne faut surtout pas malmener le régime qui se montre d’une répression à toute épreuve lorsqu’il y a dissidence. Or le jeune russe, contre vents et marées en a jusque là du système en place et ne se gêne pas pour le dire haut et fort. Vous verrez ce qu’il en coûtait alors de faire bande à part. Ce magnifique roman, et ici l’emploi de l’adjectif est un euphémisme, est en même temps une ode à l’amitié masculine. De grands moments d’émotion attendent le lecteur. Autant vous prévenir.

Les âmes rouges. Paul Greveillac. Gallimard 451p.    


 


 


La guerre à l’ère numérique

On l’a vu, pour limiter les pertes de vies humaines lors des conflits, et éviter les engagements terrestres, on a de plus en plus recours à des drones qui ciblent leurs objectifs avec une exactitude confondante et téléguidés à des milliers de kilomètres, comme on le ferait avec un jeu interactif. Mais est-ce à dire que la manière de faire la guerre change du tout au tout ? Pour connaître les enjeux actuels en matière de stratégies militaires à l’ère numérique, voici un essai qui fait le point Penser la guerre au futur un ouvrage sous la direction de Richard Garon. Tout comme des nouveaux engins de mort ont fait leur apparition au cours de la Première guerre mondiale, nos temps modernes voient la naissance de nouvelles technologies qui raffinent les manières de tuer son semblable.


 


 


 Le coin pouce vert

Encore quelques semaines et les virtuoses du pouce vert vont pouvoir s’adonner aux préparatifs du jardinage. Voici trois titres publiés chez Rustica qui donnent le goût de s’y mettre. Jean-Yves Prat et Denis Retournard se mettent à deux pour nous prodiguer pleins de judicieux conseils dans Taillez tous les arbres & arbustes d’ornement espèce par espèce. Et ils n’ont pas lésiné sur le choix des tailles car on répertorie 125 catégories d’arbres et arbustes au sein de cet ouvrage solide et abondamment illustré va sans dire. Ça fonctionne un peu sur le mode des fiches signalétiques avec tout ce qu’il faut connaître dans l’identification de chacun des exemples et des trucs du métier.

Et deux petits livres jumeaux de par leur format, tous deux dans la collection estimée La petite encyclo Rustica. Vous avez Des fruits et légumes rares et curieux et Du jardin. Le premier plaira particulièrement à ceux qui aiment faire la popote et épater leurs proches avec des découvertes culinaires. C’est d’ailleurs la même philosophie qui préside aux menus des grandes tables étoilés, où le client va payer cher mais il désirera en retour vivre une expérience.  On trouvera entre autres la châtaigne de terre, le chervis, le mioga, l’arroche. De quoi éveiller bien des curiosités. On doit ce beau travail à Jean-Luc Muselle. Pour le second tome c’est l’agronome Valérie Garnaud qui prend le relais avec 80 fiches classées comme un abécédaire et qui facilite la recherche. On la connaît bien puisqu’elle a signé nombre de titres chez ce même éditeur. C’est toute son expertise qui est mise généreusement à la contribution des lecteurs.


 


 


Comment traverser les mers sans encombre

Il y a en a que la vue des catamarans franchissant les vagues des mers houleuses remplie de rêves. Mais il faut savoir que pour affronter les marées rugissantes, il faut des préparatifs qui nécessitent de grandes connaissances, sans quoi c’est le naufrage assuré. Marcel Oliver est coach de skippers et bardé de distinctions dans ce domaine. Il est incollable quand vient le temps de s’exprimer sur la navigation orthodromique et tout le vocabulaire associé à la navigation en haute mer. Il a consigné les règles essentielles dans La traversée transocéanique qui s’attache à la planification en matière d’océanographie. C’est très technique bien entendu, mais une foison de connaissances utiles pour qui veut se lancer à l’aventure.

La traversée transocéanique. Marcel Oliver. Vagnon 156p.    www.vagnon.fr


 


 


Le français quand il n’est pas universel

Adaptation dans les espaces francophones tel est le titre d’un essai en collectif sous la direction éclairée d’Aline Francoeur. Voici l’intention exprimée en quatrième de couverture : De région en région, la langue que partagent les francophones d'Amérique du Nord se teinte d'accents et d'intonations, s'enrichit de mots porteurs de réalités sociales et culturelles, témoigne de traditions et d'héritages pluriels. Comment ces variantes - sonores, lexicales, culturelles - cohabitent-elles dans la vaste francophonie?  Ce bel accent qui caractérise l'expression du conteur québécois, du chanteur acadien ou du comédien franco-ontarien risque-t-il de brouiller le message que l'artiste souhaite livrer? Les publics d'espaces francophones différents peuvent-ils s'y acclimater? Quelle est la place des acadianismes, canadianismes, québécismes et autres mots propres à une variété de français nord-américaine dans les dictionnaires élaborés en France?? Comment les lexicographes français choisissent-ils ces mots? Quelles sont les stratégies employées par les concepteurs de logiciels pour " localiser " leurs produits de langue française? Autant de questions sur lesquelles se sont penchés des artistes, créateurs et universitaires et qui vous livrent certaines pistes de réflexion.  

Adaptation dans les espaces francophones. Collectif. Presses de l’Université Laval 192p.    www.pulaval.com


 


 


Tout un drame en vue de la Saint-Valentin

Fafounet est ce gentil bovidé qui est confronté à un énorme problème, la conception d’une carte de la Saint-Valentin. Chez lui ça prend des proportions hallucinantes. Surtout quand vient le temps de saupoudrer le nectar d’amour. Il sera aidé par son ami Fafouni. Cette tendre historiette est le fruit de l’imagination de Louise D’Aoust sur des illustrations d’Emanuel Audet. Un gentil conte à réciter aux jeunes têtes avant le dodo.

Fafounet et la Saint-Valentin. Louise D’Aoust et Emanuel Audet. Éditions les malins


 


 


Pour devenir un dessinateur portraitiste aguerri

Travailler d’après modèle dans le domaine du dessin ou de la peinture, requiert des techniques de base, incontournables. Pour en connaître l’ABC référez-vous à cet album très bien conçu Dessin d’après modèles, Le portrait qui fait suite à celui de même facture consacré au nu. Vous partez d’une photo, après quoi avec le fusain ou le lavis, vous tracez les contours. Jamais il n’a semblé aussi facile de reproduire, tant est que l’on suive les enseignements à la lettre.

Dessin d’après modèles, Le portrait. Parramon 96p.   


 


 


Pour éveiller les jeunes curieux à la science

De nos jours le monde de l’édition a suivi l’évolution du numérique avec ce qu’on appelle la réalité augmentée où grâce à votre téléphone intelligent vous pouvez interagir avec le livre. C’est le cas récent avec la sortie d’I Science qui est un album ludique pour éveiller les jeunes au monde scientifique. Ce sont des effets virtuels possibles qui donnent vie à des théories en apparence complexes. C’est vraiment une réussite à tout point de vie. Et chapeau à l’éditeur pour le soin mis à la présentation graphique.

I Science.. Broquet


 


 


Tout ce qu’il faut savoir sur les fées

Ce sont des créatures magiques les fées, sur lesquelles on a fondé bien des fantasmes. Et elles ne sont pas homogènes ces fées, comme on le voit bien en parcourant le grand album Le monde des fées de Stella A. Caldwell. Selon leurs provenances elles diffèrent, et aussi d’aspect. Oubliez les clichés à la Walt Disney. Il y a toute une belle mythologie qui les entourent et qu’on prendra plaisir à connaître. C’est le premier ouvrage du genre à s’intéresser à ce phénomène culturel de façon aussi détaillé.

Le monde des fées. Stella A. Caldwell. Broquet.


 


 


Un tournant de vie pour un animateur radio

Michel est journaliste et animateur à la radio de Radio-Canada. Il accepte mal le tournant que prend l’information à la Société d’État et ailleurs. Dans la cinquantaine, il est à un tournant de vie, D’autant que sa femme l’a laissé. Il s’octroiera une année sabbatique. Durant cette période, en compagnie de sa fille, il prendra la direction de l’Italie. La caverne de Gilbert Turp, oui le comédien que l’on connaît, est un portrait d’un homme de son temps confronté à un univers qui s’écroule. Le romancier vampirise très bien les états d’âme de son protagoniste.

La caverne. Gilbert Turp. Québec Amérique 264p.  


 


 


Profil des baby-boomers au Québec

Jean-Marc Piotte est professeur émérite du Département des sciences politiques de l’UQAM. S’il a quitté le sérail de l’enseignement, il n’a pas négligé pour autant la recherche intellectuelle. C’est pourquoi il nous gratifie d’une petite plaquette, La révolution des mœurs ou comment les baby-boomers ont changé le Québec. Et d’entrée de jeu il met un distinguo entre la révolution des mœurs très universelle de la Révolution tranquille, elle typiquement québécoise. Il y a bien des façons d’aborder la contribution des enfants de l’après-guerre. L’essayiste a choisi le prisme de l’analyse de trois publications, Parti pris, Mainmise et La Vie en rose. Car il considère que l’apport des femmes a été déterminant dans nos changements sociaux.

La révoltion des mœurs. Jean-Marc Piotte. Québec Amérique 116p.   www.quebec-amerique.com


 


 


Trois bijoux aux éditions Verdier

Cette maison d’édition ne cesse de nous emballer par le choix très sûr des titres qui composent son catalogue. Et nous en avons trois beaux exemples avec les derniers opus produits. A commencer par David Bosc et son Mourir et puis sauter sur son cheval. Ce natif de Carcassonne raconte dans son roman l’histoire de Sonia A. artiste de son état, fille de diplomate, qui va se défenestrer nue. Cette mort nullement annoncée décontenance. Le romancier décrit d’abord les circonstances de ce suicide. Et dans un deuxième temps, prends la peau de la regrettée défunte à travers le journal de cette dernière. Et là on en sait plus sur ses états d’âme. C’est un bel exercice sur le vécu d’une femme qui libre sera confrontée aux diktats d’une société conformiste. Le choc était inévitable.

De son côté Olivier Rolin nous offre Veracruz. C’est un homme qui va entretenir dans un premier temps, une liaison assez brève avec une jeune femme prénommé Dariana, d’un abord agréable, toute en légèreté. Et soudainement voilà qu’elle disparaît sans laisser de trace. Jusque ce que parvienne au narrateur un pli contenant quatre lettres de sa mai, d’une très sombre tonalité. Si sinistre qu’il doute que ces écrits soient de sa main. Et vous verrez la suite. On ne veut pas bouder votre plaisir en vous dévoilant la conclusion. C’est écrit avec une maestria qui nous laisse pantois. Et aussi une belle virilité dans l’emploi de certains mots.

Enfin, Quarante roses de Thomas Hürlimann. Il était une fois Marie Minet, descendante de couturiers juifs d’Europe centrale, qui mettra sa carrière de pianiste concertiste au rancart pour se consacrer toute entière à la carrière politique de son suisse de mari. Ça représentera un grand sacrifice pour elle, qui ne manque de rien au plan matériel, mais qui est dubitative sur le voie qu’a pris son existence. Et il y a un rituel qui la consterne. C’est que chaque année qui vient, il y a une grande fête dans un hôtel pour célébrer l’anniversaire de madame. Et pour marquer le coup, son époux lui remet exactement quarante roses, comme si elle avait cet âge à chaque fois. Ça pouvait fonctionner au début. Mais maintenant. On est dans le grotesque et elle le prend de plus en plus mal. Mais quelle est donc cette vie ? A quoi a-t-elle servie ? Un très beau roman à contenu métaphysique dont on dit que le romancier a puisé l’inspiration dans sa propre famille. Beaucoup de femmes dans l’ombre de la réussite en carrière de leurs maris se reconnaîtront. 


 


 


Ah cette sacrée orthorexie!

D’abord vous dire que la personne atteinte d’orthorexie fait une phobie sur les aliments et ce désordre psychique fait en sorte que la personne atteinte exerce une obsession sur tout ce qu’elle ingère et exerce du coup une tyrannie sur l’entourage. Or c’est une exaltée de ce type, prénommée Priscille qui débarque dans la vie de Line, récemment veuve, qui l’a admise dans sa maison d’Angers en compagnie de Claudette, illustratrice et aussi de Sushima réflexologue. Ce pourrait être un beau quatuor de colocataires, mais le prêchi-prêcha de Priscille va contaminer l’atmosphère et rendre le quotidien invivable. Alors Line n’a qu’une idée fixe en tête, s’en débarrasser. Mais comment ?  Voulez-vous partager une maison?, de Janine Boissard est un e comédie dramatique bien ficelée. On se prend d’empathie pour la pauvre Line aux prises avec une telle harpie.

Voulez-vous partager ma maison ? Janine Boissard. Fayard 299p.  


 




 


 Le coin Miam miam

Question de santé, ils sont de plus en plus nombreux à bannir le sucre raffiné de leur menu. La coefficient de difficulté vient, comme l’a déjà mentionné une émission de Cash investigation en France, que le sucre industrialisé est partout dans les aliments. Et quoi faire, quand en même temps on a le bec sucré ? Allez lire Mes bons desserts sans sucre d’Emilie Holm. Vous avez là un florilège d’affriolants desserts sans aucun de ce sucre honni. Et comme elle dit, ne vous privez pas de dessert. Et à voir ce qui est proposé, ce n’est pas triste. Et l’illusion de sucre est parfaite. C’est chez Rustica.

Ailleurs c’est Anick Dumontet qui rejoint la parade des animateurs télé qui s’adonnent au plaisir de cuisiner et qui veulent faire partager leurs bons coups. L’auteure que l’on connaît comme celle qui dispense le bonheur à la Roude de fortune, se débrouille plus que bien en cuisine. Recettes réconfortantes de maman qu’elle publie aux éditions La Semaine  Elle rassemble ici non seulement ses trouvailles, mais celles transmises par sa propre mère, des proches aussi. On trouve des classiques comme le bœuf braisé à l’oignon, mais aussi des plats réinventés tel le vol-au-vent mais au homard! Que des délices bien sûr.


 


 


Le coin santé physique et psychique

Dans les dossiers d’agressions sexuelles revient souvent la question du consentement. Beaucoup ne savent pas interpréter que Non c’est non le titre de ce livre dossier de Dïana Bélice aux éditions de Mortagne. C’est d’abord un volet cas vécu qui met bien en situation ce qui peut se produire pour ce type de crime qui demeure le moins dénoncé pour cause de honte des victimes. En fin d’ouvrage des références et des conseils pour se guider si jamais vous faites partie de la triste liste des agressé(e)s.

Comment se relève-t-on d’un drame qui va générer dans votre vie un choc post-traumatique ? Jean-Guy Bruneau a la réponse. C’est qu’il est passé par là alors que se trouvant en mission au Congo comme enseignant, c’était en 1964, il a été pris en sandwich au cœur d’un conflit politique et on a voulu attenter à sa vie. S’il s’en sort, c’est quand même gravement blessé et il aura l douleur de voir deux de ses collègues abattus sous ses yeux. On deviendrait cinglés pour moins que ça. C’est beaucoup plus tard, vivant une situation tendue, qu’il aura l’occasion de vérifier que la résilience n’était pas au rendez-vous et qu’il souffrait bien d’un choc post-traumatique. Il rend compte de ce qu’il a vécu et comment il s’en est sorti grâce à une thérapie novatrice qui est basée sur une nouvelle conception du monde. La vie après une attaque armée donnera de l’espoir à ceux qui s’en sortent difficilement. Aux éditions JCL.

L’ABC de la santé des enfants du Dr. Gaëlle Vekemans pédiatre, a été un tel succès qu’on le réédite aux éditions La Presse dans une nouvelle édition revue et augmentée. Parfait au moment où semble se poindre au Québec une sorte de nouveau baby boom. C’est présenté comme abécédaire répertoriant tous les petits bobos qui affligent les tout-petits et comment les traiter. On comprend en le feuilletant pourquoi il connaît un tel succès. C’est que la description des symptômes est clairement établie. Sa lecture est simple, et le grand mérite de la doctoresse, est de transmettre son savoir dans des notions de vulgarisation accessibles au plus grand nombre.



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