- LIVRES MARS 2017 -
 
 


 


Tribut québécois à Jacques Prévert

Le Québec est souvent accusé de vivre replié sur soi dans une espèce d’autosatisfaction, fermé un peu aux autres. Eh bien voilà que sous la gouverne de Normand Baillargeon un aréopage de signataires de tous les horizons dont entre autres Stéphane Venne et Éric Cornellier ont voulu rendre hommage à une grosse pointure de la poésie française contemporaine, nous avons nommé Jacques Prévert. Ce tribut privilégie différents angles selon la perception des participants. En tout cas, si le but recherché est d’intéresser au poète, c’est réussi. Et salutaire dans la mesure où la culture générale est totalement absente des programmes scolaires.

Pour faire le portrait d’un poète. Collectif. Québec Amérique 172p.    www.quebec-amerique.com


 


 


Le Québec et so histoire du péché de la chair

Nos aïeux l’ont souvent conté à quel point l’œuvre de chair au Québec ne devait se vivre que dans le cadre du mariage, les danses lascives proscrites et celles qui ne l’étaient pas étaient chaperonnées par des vigiles en soutane. Un Québec aux mœurs verrouillé comme il n’y en a eu aucun autre équivalent dans les pays catholiques, Italie et Espagne comprises. Pour juger de la dictature religieuse qui prévalait dans la Belle Province voici un livre tant attendu qui fait la radiographie de cette police des mœurs qui régissait au nom de Dieu, un Créateur qui ne badinait pas avec les écarts de conduite, vite au feu de l’enfer. L’auteur de Plaisir d’amour et crainte de Dieu, Serge Gagnon est professeur aux universités d’Ottawa et du Québec à Trois-Rivières. On comprend mieux maintenant pourquoi il y a eu une telle désertion de la pratique. Pour cause d’abus au-delà de toute expression.

Plaisir d’amour et crainte de Dieu. Sexualité et confession au Bas-Canada. Serge Gagnon 200p.     www.pulaval.com


 


 


En mal d’exotisme

Si le blues de l’hiver qui agonise vous tenaille encore, tenez bon en lisant Vers Saba de Micheline Lévesque qui nous transporte à l’île de Saint-Martin. Le personnage central, Nathalie, a eu la douleur de perdre Emilio et ne voit que dans l’exil vers l’île de Saba, la solution pour trouver la consolation et l’apaisement. Et elle se verrait bien malgré tout en couple là bas avec le beau Christian, marin de son état. Mais pour son malheur, elle n’est pas la seule à avoir eu cette idée et le même objet de désir. Comment cela se terminera t’il ? On ne vous en dévoile pas l’issue pour ne pas gâcher votre plaisir. Mais retenons que pour être une grande voyageuse elle-même et connaissant les habitats qu’elle décrit, l’auteure réussit à nous injecter une belle et bonne dose d’exotisme.

Vers Saba. Micheline Lévesque. Québec Amérique 375p.    
www.quebec-amerique.com


 


 


Plus réaliste que lui ça ne se peut pas

Si vous pensez que vous êtes le seul à avoir perçu les bêtises abyssales du genre humain, vous avez maintenant un compagnon d’armes en la personne de Stéphane Dompierre atteint de lucidité chronique. Plus réaliste que lui, ça ne se peut pas. Non seulement il voit, mais il nous rapporte ce qu’il voit avec la précision de l’entomologiste qui examine de près les fourmis. Les travers de l’homo sapiens il peut vous en parler en long et en large. Du moins se défoule t’il pour nous dans son opuscule Fâché noir qui traite du rituel parfois bêta des salons du livre, du méchant voisin qui se croit musicien et qui ne connaît que deux notes, de l’autre voisine qui tousse et râle qu’il surnomme la bête. Ah ce que c’est tonifiant de ne pas se sentir seul à voir la bêtise. Lisez ça sans faute.

Fâché noir. Stéphane Dompierre. Québec Amérique 165p.  
www.quebec-amerique.com


 


 


Trump raconte comme il a gravi les échelons

En 1987, l’actuel locataire de la Maison-Blanche, Donald Trump, publiait son autobiographie intitulé « Art of the deal », qui connut un retentissant succès de librairie étant donné l’image de réussite qu’il véhiculait. Maintenant qu’il est le 45ème président des États-Unis, et ce véritablement contre toute attente, il sera intéressant de voir comment il a récrit sa vie, car avec cet homme il ne faut surtout pas tout prendre pour du comptant. On sait que son paternel, lui donna le coup de pouce nécessaire pour démarrer dans l’immobilier. Et il a dans ces pages le ton sans filtre qu’on lui connaît quand il dit qu’il préférait traiter avec un requin de la finance, lui au moins passionné, qu’avec un banquier technocrate qui rentre exactement à la maison passé 17h. Chose certaine, cette lecture ne vous ennuiera pas un seul instant.

Trump par Trump. Comment j’ai construit mon succès. L’Archipel 333p.  www.editonsarchipel.com


 


 


Que sera le monde dans huit ans ?

Agrégé de lettres ayant enseigné à la Sorbonne puis éditeur, Bernard Lecherbonnier s’est amusé à imaginer ce que sera le monde dans moins de dix ans. Le monde en 2025 part de l’idée que tout ce que nous avons connu jusqu’à présent dans les us et coutumes des gens, des civilisations, des pratiques sociales et économiques sont chamboulées. On sait que rien ne va plus, mais on va vers quoi. Sans être une boule de cristal, il aménage quand même des pistes d’un futur probable. Certains parlent de crise économique mondiale, de désastre écologique. De façon la plus rationnelle possible, l’essayiste part des données qu’il a sous la main et s’avance à faire de la prospective. Conservez cet ouvrage. Ce sera intéressant de comparer ses prédictions la fameuse année venue.

Le monde en 2025. Bernard Lecherbonnier. L’Archipel 267p.   www.editionsarchipel.com


 


 


Secrets de famille sur une île sauvage

Ça va superbement bien pour le romancier Gilles Paris qui est aussi à la ville un des plus importants et efficace attaché de presse dans le monde de l’édition de la capitale française. Après l’immense succès de l’Autobiographie d’une courgette portée au grand écran, ce qui a valu au film deux Césars et une nomination aux Oscars, le voici qui nous arrive avec un changement de couleur total avec Le vertige des falaises. Le décor est planté dans une île assez inhospitalière, presque désertée, si ce n’est une famille qui a une zone d’ombre avec des squelettes dans le placard. Normal en somme sinon ce ne serait pas une vraie famille, n’est-ce pas ? Vous allez vous attacher à Marnie, l’adolescente du petit clan qui est assez frondeuse au demeurant. Mais sous ses dehors de bravade se cache un cœur en cristal. Ce qu’il y a à retenir de cette lecture, c’est une ambiance. Et Gilles Paris sait faire à ce chapitre. Il le prouve encore une fois avec maestria. Et il a de qui tenir, car s’il a eu l’idée de son sujet c’est à la suite d’une relecture de La maison biscornue d’Agatha Christie.

Le vertige des falaises. Gilles Paris. Plon 245p.    www.plon.fr


 


 


C’était au Havre sous les bombardements ennemis et…alliés

La guerre est un terreau inépuisable pour qui veut mettre en relief les contrastes de la nature humaine, le meilleur comme le pire. On le voit encore une fois avec Par amour de Valérie Tong Cuong qui situe l’action dans la ville du Havre pendant la Seconde guerre mondiale. Une de ces villes qui fut presque rasée complètement par les bombardements autant des allemands que des alliés qui exercèrent une frappe sans pareille contre l’occupant. Comment le petit peuple vivait-il son quotidien ? A défaut de vivre l’Histoire sur les bancs d’école, la romancière documente très bien le contexte de ces deux familles que l’on voit vivre. C’était mieux hier vous disiez ?

Par amour. Valérie Tong Cuong. Jean-Claude Lattès 411p.   
www.editions-jclattes.fr


 


 


Une nonagénaire à nulle autre pareille

Vous l’avez raté chez Ruquier lors de son passage ? Vous avez manqué quelque chose, à moins d’aller sur You tube où le segment de la prestation de la journaliste Claude Sarraute a fait un tabac. Et comment donc! Cette fraîche personne qui a franchi le cap des 90 ans trouve le temps de communiquer sa franchise à ses contemporains dans Encore un instant où elle traite de tout et de rien, mais avec quel aplomb. La marque de commerce de cette femme hors norme est de n’avoir aucun filtre. Elle vous dit tout ce qui lui passe par la tête et au diable les conséquences. Elle a son mot à dire sur l’usage des réseaux sociaux, de l’avarice, de Jean-François Revel qui fut son compagnon, on en redemande. La vieillesse est loin d’être un naufrage dans son cas.

Encore un instant. Claude Sarraute. Flammarion 191p.   


 


 


Radioscopie des accros des réseaux sociaux

Si vous êtes du genre à trouver totalement débile ceux et celles qui sont scotchés à longueur de journée sur leur téléphone intelligent et que vous vous demandez en même temps qu’est ce qui se cache à l’intérieur du ciboulot de ces dépendants du web, allez lire tout de suite le premier roman de Lily Pinsonneault « Sauf que j’ai rien dit ». Pour la bonne raison que ses personnages dont les deux principaux sont tous là-dessus, presque au point où leur vie  en dépend. L’histoire est assez convenue. Mais la grande valeur du livre c’est la radioscopie d’une époque pour les nuls. Et ne serait-ce que pour ça, vaut le détour. Et la romancière novice promet énormément par son grand sens de l’observation et la dynamique de sa narration.

Sauf que j’ai rien dit. Lily Pinsonneault. Québec Amérique 171p.    www.quebec-amerique.com


 




 


Deux très bonnes lectures à faire chez French pulp

Ceux qui sont en quête de bonne lecture en métro ou avant le dodo, voici deux titres qu’il ne faut pas manquer. Et qui tous deux sont lancés chez l’éditeur French pulp. D’abord Laurent Guillaume dans Bronx la petite morgue. Déjà le titre est intrigant en soi. Nous sommes à New York. Un caïd sort de tôle et il a la rage au cœur. D’être écroué n’a en rien faciliter sa libération, bien au contraire! Il a envie de tout faire sauter qui le gêne dans ses funestes projets. Vous adorez cette violence par procuration. Le type est un boxeur, et de première.

Puis Gwendoline Finaz de Villaine qui présente le tome 2 de sa saga romanesque Les brumes de Granville intitulé « Les folies de Paris ». C’est Apollonie son personnage fétiche, qui a des traits ressemblants à l’auteure. La première vit des heures endiablées au temps des Années folles se partageant entre Grandville et la Ville Lumière. Avec presque une obsession en tête, faire en sorte que le bel Hector lui soit attaché à tout jamais. Et quel déploiement de charme et de ruse féminine elle va mettre en œuvre pour conquérir pour de bon son Roméo. Et comme ce que femme veut…


 


 


Une fiction nourrie par Dominique Demers

Un livre de Dominique Demers fait partie des ouvrages attendus dans la Belle Province. Sur la couverture de son dernier opus Mon fol amour on ne décrit pas le genre, récit ?, fiction ?, nouvelles ? En fait c’est presque un genre singulier qu’elle nous amène qui est définit en quatrième de couverture comme une fiction nourrie « à même ses propres péripéties de vie ». A la limite on pourrait parler de roman à clé. Bref, ce n’est pas la forme qui compte, que le fait que c’est un autre texte emballant où la narratrice parle à la première personne, et où il est question de résidence secondaire, de rénovations et de la recherche du compagnon presque parfait. Comme elle a mis énormément de sien dans cette rédaction, on pourra découvrir un peu plus sur la personnalité de l’écrivaine. Son quotidien ressemble beaucoup au nôtre et une femme de lettres, on le verra, ne vit surtout pas dans un monde éthéré.

Mon fol amour. Dominique Demers. Québec Amérique 379p.   
www.quebec-amerique.com


 


 


Le pouce vert cours 101

Il fallait bien une communicatrice hors pair comme Marthe Laverdière pour réussir comme elle le fait, à convertir de nouveaux adeptes au jardinage. Jardiner avec Marthe avec en sous-titre « pas plus compliqué que ça » nous ouvre la porte à un univers qui, outre le plaisir de voir pousser le fruit de son travail, a une valeur thérapeutique dans ce monde de fou, tant cette activité a un aspect calmant. L’horticultrice vedette du web avec ses capsules, nous déroule dans ces pages un long récit de son rapport avec tout ce qui pousse du sol. Et l’humour est au rendez-vous. On lira avec amusement son « amour » de jeunesse des mouches noires au moment de sarcler…A sa façon c’est une bienfaitrice de l’humanité.

Jardiner avec Marthe. Marthe Laverdière. Les éditions de l’Homme 193p.  


 


 


Biographie du phénix de la finance québécoise

Son nom ne fait jamais la manchette mais c’est lui qui pèse le plus lourd au Québec après la Caisse de Dépôt et Placement. Son nom ? Jean-Guy Desjardins fondateur de Fiera Capital qui gère 112 milliards d’actifs. C’est Jacqueline Cardinal qui raconte ce parcours de rare leader qui n’a pas toujours été pavé de roses. Un électrochoc a été lorsque la CIBC partenaire financier de sa première grande firme de gestion de fonds privés, TAL a été dans la mire de la première, quand au cours d’une brillante démonstration des dirigeants de TAL l’institution financière, loin de vouloir poursuivre son association telle quelle a voulu et réussie à gober totalement l’entreprise de Desjardins. On dit que ce dernier serait reparti avec 100 millions de dollars. Pour beaucoup ce serait considéré au vu de cet important pactole, comme une réussite. Mais pas pour lui. Il avait le taquet bas. Et en plus son premier mariage prenait l’eau. Ne se voyant pas si jeune jouer perpétuellement au golf, et voulant prendre sa revanche, il repartira en mode conquête, seulement après quelques mois de farniente. Aujourd’hui Fiera Capital est un acteur incontournable et a dans sa ligne de mire la conquête du marché nord-américain. C’est le triomphe de la volonté d’un homme qui est doublé d’un humaniste.

Jean-Guy Desjardins, le phénix de la finance.  Jacqueline Cardinal. Presses de l’Université du Québec 203p.      www.puq.ca


 




 


Deux nouveaux opus à la Pastèque

Sonnez tambours et musettes, deux nouvelles BD s’amènent de chez La Pastèque, dans deux univers bien différents l’un de l’autre. On commence avec Automne rouge du tandem André-Philippe Côté et Richard Vallerand. C’est une variation sur le thème des caractères des gens que l’on connaît demain, encore mieux après demain, mais surtout le surlendemain. Où comme le disait un André Malraux, l’homme est rempli de tiroirs secrets. Qualité du dessin, rythmique dans le scénario, étude fouillée des tempéraments, tout concoure à rendre sa lecture incontournable. Puis en solo Paul Bordeleau nous présente Le 7ème vert. Oui, c’est bien sur les greens que le décor est planté. Et parlant d’étude de caractère, quelle est la mentalité des amateurs de golf ? Sans répondre de manière définitive, l’auteur nous montre qu’on ne se rend pas sur un terrain vallonné que pour réussir des oiselets, on discute de tout et de rien. Le golf comme lieu thérapeutique ? Sans doute. Les golfeurs seront au premier chef intéressés, voire interpelés.


 










 


Le coin santé physique et psychique

Il y avait bien des lustres, Dale Carnegie nous avait donné sa méthode pour prendre la parole en public. Mais aujourd’hui avec le support des technologies dont Power point, la méthode qui a fait florès durant des décennies, est devenue un peu obsolète. Voici maintenant disponible en traduction française le petit traité en la matière de Chris Anderson, « Ted, parler en public le guide officiel » chez Flammarion. A sa façon il reprend la sentence de Boileau qui disait que ce que se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément. Dans le genre on fait difficilement mieux.

Voici cette fois deux titres aux Presses de l’Université du Québec qui ne peuvent mieux tomber en plein boom de l’ère numérique qui a tant changé les civilisations réalisant ainsi le vœu de Steve Jobs qu’il allait changer le monde. Un collectif publie E-réputation et influenceurs dans les médias sociaux. C’est que les médias sociaux ont considérablement changé la donne quand à la perception de l’image des entreprises ou des commerces dans l’espace public. De mauvais commentaires sur une auberge dans TripAdvisor, peut ruiner la réputation de l’établissement. Dans ces pages on examine à plein les enjeux positifs ou négatifs de la situation.  

On les voit sur la rue le visage scotchés en permanence sur leur téléphone intelligent à texter ou à vérifier leur nombre de « likes » sur Facebook. Et on se demande sur quelle planète on est maintenant tombé. Et la question se pose qui donne son titre à un essai remarquable Sommes-nous trop branchés ? Dont l’objectif est de se pencher sur la cyberdépendance. Sous la direction d’Amnon Jacob Suissa on centre beaucoup la recherche sur l’abus que font les jeunes d’Internet et des préoccupations des parents. Que peuvent faire ces derniers contre le phénomène ? Chapeau à ce petit traité de désintoxication numérique.

Aux éditions du Dauphin Blanc, Ghislaine Florence Labelle singe A la découverte de soi. En résumé elle centre son exposé sur nos attitudes. Comment se débarrasser des carcans qui hypothèquent notre bien-être. Et elle a un mot-clé comme objectif à ne jamais perdre de vue, viser l’amour.

Deux petits opus nous arrivent des éditions de l’Homme. Il y a Jean-François Vézina qui lance Apprivoiser son petit dictateur. Le titre est un peu trompeur car on croirait qu’il s’agit ici d’un guide pour venir en aide aux parents aux prises avec des enfants du genre petit monstre. Rien à voir. Le dictateur dont il est question ici est une métaphore de l’emprise qu’ont certains de nos comportements qui dictent notre vie et qui nous empêchent d’être réellement nous-mêmes. En somme il nous rappelle qu’il n’y a aucun mal à être soi-même et qu’on a tout à gagner de jouer franc-jeu dans la vie. Il consacre d’ailleurs des lignes intéressantes au mensonge qui est hélas souvent le ciment social de nos interrelations. Et la manière dont il dispense ses conseils est fort amusante avec des dessins amusants.

Eux ils se sont mis à deux Mats et Susan Billmark pour livrer Ce livre va changer votre vie. La proposition est, avouons le, assez audacieuse. Il est spécifiquement destiné aux gens qui vivent dans le regard des autres et qui accordent plus d’importance à ce qu’on va dire d’eux que ce qu’ils pensent d’eux, eux-mêmes. D’où souvent des sources inutiles de stress et d’anxiété. Donc d’échapper aux mauvais esprits qui nous habitent pour atteindre à la clarté intérieure. Les auteurs qui vivent en couple depuis 1995 se sont attelés à cet ouvrage, leur premier en fait, qui a connu un succès immédiat, traduit en douze langues.

Au Japon, les haïkus sont de courts poèmes qui permettent à leurs auteurs de livrer au monde leurs états d’âme. On connaissait déjà les vertus thérapeutiques de l’écriture, mais ici sous cette forme, il faut synthétiser au plus près ce que l’on ressent. C’est une technique qui s’apprend et que nous enseigne avec une belle générosité Pascale Senk dans L’effet haïku aux éditions du Jour. C’est elle que l’on peut lire dans sa chronique psycho santé du Figaro. Chez Belfond elle a préfacé entre autres en 2009 l’anthologie  « L’art du haïku ».

En terminant un ouvrager qui a fait ses preuves depuis plus de 15 ans et qui en est à sa réédition Déjouer les allergies alimentaires de Marie-Josée Bettez et Éric Théroux chez Québec Amérique qui est un livre qui comprend 200 recettes et des variantes. Si jadis on ne connaissait que très peu d’intolérance alimentaire, à l’heure actuelle c’est un tout autre portrait, allergies aux noix, à la lactose, au gluten et quoi d’autres. La liste s’allonge sans cesse et qui est devenu le cauchemar des chefs en cuisine, particulièrement lors de réceptions de groupes où on ne peut plus servir uniformément des plats. Il faut donc prendre désormais en compte les exceptions. C’est pourquoi cet ouvrage est devenu une référence. Et encore là, on ne sent pas la privation dans les compositions recettes qui sont toutes savoureuses à souhait.


 


 


Pseudo confidences de Kurt Cobain

Laurent-David Samama a extrapolé sur une réalité touchant l’ex-leader du groupe Nirvana Kurt Cobain à savoir que ce dernier aimait s’épancher devant une caméra, livrant sans filtre ses états d’âme. Le journaliste partant de ce goût de la confidence a imaginé le chanteur à la fin tragique se raconter sur ce que fut sa vie en montagnes russes et sa carrière. C’est la raison pour laquelle in a indiqué le mot travail pour sa démarche. Une liberté d’expression qui n’est toutefois pas éloigné de ce que fut réellement le quotidien de cet artiste culte de la pop rock. Les fans savoureront, les autres pénétreront dans ce milieu musical de tous les excès.

Kurt. Laurent-David Samama. Plon 202p.    www.plon.fr


 


 


Le compte à rebours pour un enfant aux mains d’un satyre

Le tandem suédois Mons Kalentoft et Markus Lutteman est toujours sur sa lancée avec cette série de thrillers mettant en vedette l’inspecteur Zack Herry. Les voilà en librairie avec Leon qui va angoisser un peu leur lectorat car jugez-en vous-même, un cruel individu qui avait par le passé crucifié une précédente victime au-dessus d’une cheminée, s’apprête à faire connaître un sort non moins enviable à un jeune garçon que l’on voit, dans une vidéo envoyée, enfermé dans une cage, tandis que son bourreau a revêtu un costume de lion, et se poste derrière lui près d’une horloge qui marque inexorablement le moment où l’enfant passera de vie à trépas. Est-ce vous dire que le temps joue contre la montre, alors que le limier lutte contre ses propres démons. Cette sombre histoire qui a pour décor la ville de Stockholm, va vous habiter après lecture.

Leon. Mons kalentoft et Markus Lutteman. Gallimard 381p.     


 


 


Les dernières heures tourbillonnantes de la Nouvelle-France

Nous connaissons une proche de la rédaction qui raffole des romans historiques. Qu’est-ce qu’elle sera heureuse de pouvoir parcourir Rue des Remparts de Micheline Lachance. La réputation d’écrivaine de cette dernière n’est plus à faire. Et comme c’est une passionnée d’histoire, ses ouvrages de ce type ont un supplément de saveur car le contexte ambiant est bien reconstitué. Nous sommes dans les dernières heures de la Nouvelle-France. Il y a une narratrice, Catherine de Beaubassin, qui va narrer les riches heures de sa rivale à qui elle réservera hélas une traîtrise, nous avons nommé Geneviève de Lanaudière. Il y a d’abord les moments d’insouciance dans les petits salons ou on danse et ou on chante, sans se soucier du lendemain. Ce futur qui aura pour nom la bataille des Plaines d’Abraham et le début de la colonisation anglaise. Dame Lachance est au zénith de son talent.

Rue des Remparts. Micheline Lachance. Québec Amérique 507p.   www.quebec-amerique.com


 


 


Un premier roman pour Raphaël Haroche

Pour son admission dans le monde des lettres Raphaël Haroche a décidé de choisir le genre de la nouvelle, sans doute moins risqué que de s’attaquer au genre grand roman. Et cette prudence lui sied, car Retourner à la mer nous fait voir une galerie de petits portraits. Des gens qui sont confrontés à des pans de vie pas toujours agréables. Et le narrateur d’être présent et à distance en même temps. Il s’interroge énormément sur la destinée des homos sapiens que nous sommes. Ce sont de petites esquisses réussies qui annoncent un futur prometteur comme écrivain. De compositeur-auteur-interprète de talent qu’il est, il ajoute un beau fleuron avec l’écriture qui confirme une belle sensibilité qui trouvera son lectorat. A quand le prochain opus ?

Retourner à la mer. Raphaël Haroche. Gallimard 166p.


 


 


Une famille dysfonctionnelle chinoise

Yan Ge est une auteure chinoise qui s’est bâti une excellente réputation avec cinq romans à son actif. Et celui que nous avons aujourd’hui, Une famille explosive est le premier à connaître une traduction dans la langue de Molière. Le titre dit bien de ce qu’on trouve comme contenu. Nous voyons vivre une famille de la province du Sichuan, dont le gagne-pain est la fabrication de la fameuse pâte à piment. A la tête de ce petit business une grand-mère, l’autorité faite femme. Et elle contrôle comme ce n’est pas permis, forçant son petit fils à prendre épouse. Or c’est un accro à la chose et ne mettra pas de temps à faire faux bond à ses engagements matrimoniaux, prenant maîtresse qu’il aura même le culot d’installer au-dessus de l’appartement de la vieille patronne. Puis comme ça se passe dans n’importe quelle famille, se tiendra une rencontre de groupe où il y aura lavage de linge sale. Et à cette occasion on apprendra D’une part l’existence de la concubine et pire encore, qui engendrera des œuvres du queutard. Vous voyez le cataclysme à l’horizon ?

Une famille explosive. Yan Ge. Presses de la Cité 319p.     www.pressesdelacie.com


 


 


Pour un regard autre sur le Québec

Comment décrire Les plus du Québec écrit à six mains, Henri Dorion, Anik Dorion-Coupal et Pierre Lahoud. Ce pourrait être une sorte d’almanach répertoriant des adresses incontournables pour qui veut découvrir le Québec autrement et s’extasier devant nos merveilles, car elles ne manquent point. Prenez le tracel de Cap-Rouge, merveille d’architecture bâti sur des enchevêtrements habilement structurés qui grimpe à une hauteur vertigineuse. Vous avez aussi le tunnel sous le Mont-Royal  dont on rappelle sa construction. Il n’y a pas de ligne directrice comme telle. De façon arbitraire, les auteurs ont sélectionné leurs coups de cœur. C’est instructif en diable et devrait figurer dans toutes les bibliothèques scolaires. Avis au ministère de l’éducation. Et la qualité de l’exercice c’est qu’elle rend le lecteur au sortir encore plus intelligent que lorsqu’il a ouvert la première page. C’est le plus beau compliment qui soit et qui nous remet en mémoire que devant la connaissance nous sommes toujours des nains.

Les plus du Québec. Henri Dorion, Anik Dorion-Coupal et Pierre Lahoud. Les éditions de l’Homme 239p.     www.editions-homme.com


 


 


Ce que vous n’avez jamais osé demander au sujet de Mein Kampf

2016 est une année symbolique car Mein Kampf l’ouvrage idéologique d’Adolf Hitler est tombé dans le domaine public. En clair, n’importe qui peut maintenant rééditer ce livre sulfureux qui a enflammé les esprits hitlériens et où le futur dictateur annonçait déjà ses couleurs. Trop peu l’ont lu à l’époque. Et ceux qui le firent, n’y virent que du délire. Claude Quétel nous dit tout sur la genèse de ce manifeste, à commencer au préalable avec une biographie de synthèse sur ce monstre fait homme. Puis comment de livre négligeable il devint en quelque sorte la Bible des nazis avec achat quasi obligatoire, ce qui allait faire la fortune du Führer. Il y a aussi toute la question morale de remettre sur le marché une telle œuvre antisémite, avec le risque de nourrir de mauvais esprits, tandis qu’une autre école de pensée considère qu’il est nécessaire que des lecteurs puissent en prendre connaissance, à condition que la réédition en question soit encadrée par un appareil critique.

Tout sur Mein Kampf. Claude Quétel. Perrin 276p.    www.editions-perrin.fr


 


 


Définitions de nos mots et expressions savoureuses

Hubert Mansion s’est surtout fait connaître en 2005 avec la sortie chez Stanké de « Tout le monde vous dira non » qui s’adressait aux artistes qui éprouvent des difficultés à percer, et par extension un livre de coaching sur la confiance en soi. Il est de ces esprits encyclopédiques dont on dit que l’intelligence se mesure au niveau de la curiosité. Et pour être curieux il l’est énormément. On ne le connaissait pas comme linguiste, mais voici qu’il s’amuse à nous définir des québécismes en somme, comme enfarger ou un archaïsme comme debiscailler qui signifie « accabler d’injures ». On se nourrit de connaissances à chaque page. Et ça nous dit encore une fois que l’identité passe d’abord par la voie de la culture, du langage. Vous allez beaucoup vous amuser à découvrir des mots pittoresques comme tout.

Les trésors cachés du français d’Amérique. Hubert Mansion. Les éditions de l’Homme 174p.  


 


 


Une pièce de théâtre coup de poing sur la maternité

Nino de Rébecca Déraspe finissante en écriture dramatique de l’École Nationale de Théâtre est une pièce de théâtre choc sur le thème des femmes et leur rapport à la maternité. L’idée de cette pièce lui est venue après la naissance de son premier enfant. Elle s’est rendue compte que tout le monde avait son opinion sur la manière d’élever le poupon. Dans cette dramatique des invités viennent à la maison pour célébrer le premier anniversaire de Nino. Et s’ensuit des discussions arrosées sur la procréation. Et plus la soirée avance, plus les filtres s’estompent et on assiste à des pugilats idéologiques où on se rend compte que l’équation naissance et bonheur ne va pas de pair. L’auteure déplore encore la pression qui s’exerce sur les femmes qui n’ont pas encore d’enfants et qui feraient d’elles des personnes incomplètes.

Nino. Rébecca Déraspe. Somme toute 192p.    www.editionssommetoute.com


 


 


Un doigt dans le bénitier, l’autre dans le c…

En parcourant Ma sœur chasseresse de Phillipe Arseneault Prix Robert-Cliche 2013 il nous fait penser à ces italiens comme les définissaient Jean-François Revel « un doigt dans le bénitier, un autre dans le c… ». Car notre « héros » est un écrivain qui a pondu un livre qu’il juge insignifiant mais qui pour son malheur a emballé le milieu médiatique. Et curieux de tout, il s’intéresse autant à Jeanne Mance qu’aux visites dans des salons de massage. Vous dire que dans ces conditions le personnage est singulier comme tout. Et puis l’auteur qui en est à son deuxième roman, fait preuve d’une qualité de français qui le range dans une classe à part avec parfois des mots qui demandent à recourir au dictionnaire, ce qui n’est pas mauvais en soi. Il a des lettres et s’en sert à merveille. En même temps il jette, à travers le protagoniste, un regard assez lucide sur les québécois. A mettre au-dessus de votre liste d’achats de livres.

Ma sœur chasseresse. Philippe Arseneault. Québec Amérique 308p.   www.quebec-amerique.com


 


 


Propos de famille

L’humoriste François Morency va faire plaisir en premier lieu avec  la parution de son livre Discussions avec mes parents. Préfacé par India Desjardins une bonne amie, il met à l’avant-plan des échanges à trois, le père, la mère (omniprésente on s’en doute bien) et l’auteur rapporteur. Ce sont des discussions assez banales en soi comme il s’en passe dans toutes les bonnes familles, la sienne est unie. Parfois en lisant les répliques dont certaines balancent entre drôles et spirituelles, on pense à la pièce de théâtre « Les voisins » de Louis Saia où les personnages ergotent sur des thèmes d’un ordinaire convenu. Mais si certains imaginent les artistes menant des vies extraordinaires, ils vont se rendre compte que l’humoriste est issu somme toute d’un milieu modeste avec des parents dotés de bonne valeur. Il chagrinera ceux qui n’ont pas eu comme lui, la chance d’avoir de tels parents.

Discussions avec mes parents. François Morency. Éditions de l’Homme 191p.     


 


 


Qu’est-ce qui a fait la France ?

C’est un petit livre format poche, mais son contenu est plus lourd que son contenant. Car imaginez le tour de force réalisé par Dominique Borne historien, Olivier Freitag professeur d’histoire économique à l’Université de Rouen, Pascale Getschel maître de conférences à l’Université Paris1-Panthéon Sorbonne et Magali Reghezza-Zitt maître de conférences en géographie à l’École normale supérieure qui, les quatre, ont réussi à faire un survol idéologique et historique de l’Hexagone en un peu plus de deux cent pages. Et ils posent des regards d’experts pour ce faire, dans la foulée de cette collection doc en poche de la documentation française. On voit naître sous nos yeux l’émergence des divers courants de pensée qui ont animé le pays au cours de son histoire. Instructif est un euphémisme. Dans ces quelques pages on voit tout de même la grandeur de la France. Avis aux pessimistes qui désespèrent de l’état des choses dans la douce France, elle en a vu d’autres et de bien pire.

Regards sur la France d’hier à aujourd’hui. Collectif. La documentation française 206p.     www.ladocumentationfrancaise.fr


 


 


Troisième écrivain néo-écossais à découvrir

Il y a, mondialisation aidant, des maisons d’édition qui ont créé des collections consacrées à la littérature étrangère. Dans le cas de Gilbert Caillère éditeur de marchand de feuilles, il n’a pas eu à se tourner bien loin pour trouver des auteurs captivants. D’où sa démarche d’aller puiser dans le terreau des écrivains de la Nouvelle-Écosse. Il nous arrive cette fois avec un troisième auteur de cette province des Maritimes, Alexander Macleod qui signe Le poids de la lumière. Dans ce qui est un recueil de nouvelles, l’auteur nous ramène à l’idée que la vie est faite d’inattendus, de moments charnières. De sorte que les personnages qui peuplent son livre, sont, somme toute, des gens dits ordinaires mais à qui il arrive un moment clé. Ainsi vous trouverez uns scène aussi surréaliste qu’un enfant faisant le bouche-à-bouche à un pédophile! Vous ne serez pas au bout de vos surprises. Et pour étonner, ce bouquin rempli sa mission. Il y a des temps de pur surréalisme comme celui qu’on vient de découvrir.

Le poids de la lumière. Alexander Macleod. Marchand de feuilles 332p.    www.marchanddefeuiilles.com


 


 

Le cri d’un révolté de Côte-des-Neiges

Comment décrire adéquatement L’expérience du torse de Marc Babin originaire d’Annecy et montréalais d’adoption. Si on commence par la quatrième de couverture il est question d’un torse découpé que l’on trouve dans une valise. Lucien le narrateur vit tout près. Mais oubliez cette histoire de dépeçage sordide. Ce qu’on retient à la lecture c’est un être atteint de lucidité chronique et qui est révolté en diable. C’est presque de la poésie en prose car il y a va à fond de train en métaphores sur tout ce qui grouille et grenouille autour de sa personne. Nous recommandons hautement sa lecture ici bas à ceux qui désespèrent de la vie ici bas, comme l’écrivain se défoule à notre place. Et puis ceux qui ont de la difficulté à vivre une libido libre et naturelle vont trouver une consolation. Car Mallarmé nous avait déjà prévenu, la chair est triste.

L’expérience du torse. Marc Babin. Triptyque 185p.    www.groupenotabene.com


 


 


Des regards sur ceux autour de soi

Elle s’appelle Julie Bouchard, et elle écrit bien. Comme constat c’est un bon point de départ. Puis elle a un sens aigu de l’observation, et plus, elle aime deviner ce que pensent intérieurement les gens qu’elle croise, ou leur prête des intentions. Ça donne un recueil de nouvelles, bien que ce soit indiqué roman, portant le titre de Labeur. Elle est maintenant une marginale l’auteure ou le protagoniste, car si elle se donne la peine de regarder son univers comme jamais, il faut bien admettre que scotchés à leur téléphone intelligent, le badaud ne regarde même plus ses semblables. Sera-t-elle, si la tendance se maintient, la dernière à nous examiner le ferait un scientifique avec ses bibittes ? C’est une habile portraitiste et on prendra plaisir à lire sa description des messages qu’elle reçoit à la vue des autres.

Labeur. Julie Bouchard. Pleine lune 144p.   www.pleinelune.qc.ca


 


 


Premier portier noir du Dakota, il raconte la jet-set

C’est un roman Dakota song d’Ariane Bois qui campe son histoire centré sur un personnage fictif bien sûr, Shawn Pepperdine qui aura eu la douleur de voir un grand ami assassiné sous ses yeux dans Harlem. L’action se passe, précisons-le, en 1970. Par après, apeuré, notre gars va d’abord trouver refuge dans le sous-sol du célèbre immeuble le Dakota à Manhattan, château-fort des « pipoles ». Et il finira par hériter du boulot de portier de l’édifice, ce qui en fera le premier black à occuper cette fonction, stratégique au point de vue de l’observation des mœurs de ces occupants. Alors pour la romancière, c’est le prétexte idéal pour décrire cette faune bizarre, à commencer par John Lennon. C’est en microcosme l’étude d’un monde bien spécial. Ça se lit avec un pur ravissement car qui n’aime pas les potins ?  Et pour s’imprégner de son sujet, la romancière s’est invitée au Dakota ou un aimable cicérone lui a fait visiter ce lieu mythique.

Dakota song. Ariane Bois. Belfond 439p.   


 


 


Célébration de l’amour pour une jeune pianiste grecque

Mine de rien, Phillpe Sollers est entré dans le club des écrivains sélect octogénaires. Et il n’a pas perdu un iota de ferveur et du goût pour la culture, le savoir.  A preuve Beauté qu’il nous sort en splendeur où son  narrateur décrit son amour pour une jeune pianiste classique grecque prénommée Lisa. Il sait qu’il choque ses contemporains cet amateur du beau alors que le monde vacille et notamment la Grèce en proie à ces prédateurs que son les banquiers. Il préfère s’en foutre un peu car quoi, il faut bien vivre sa vie. Et il la vit pleinement, stimulé par cette artiste qui lui apporte bien des consolations terrestres. Ici encore une fois, Sollers est magnifique et sa grande qualité c’est qu’il fait partager son sens de l’esthétique à ses lecteurs. On ne peut avoir plus grand sens du respect. Il nous donne le goût de trouver tout de go une artiste capable de nous ébaubir.

Beauté. Philippe Sollers. Gallimard 204p.  


 




 


Le coin du tourisme

La bibliothèque du grand voyageur s’enrichit de quatre titres, tous de chez l’éditeur Ulysse, la grande référence pour celui ou celle qui veut parcourir le monde intelligemment et avec grande préparation. Le premier Comprendre Cuba est d’Hector Lemieux Qui est une mine de renseignements, notamment sur les conditions de vie de cet île magique, qui n’est pas encore un état de droit. Et où le salaire mensuel moyen est de 10$ par…mois. Et là bas, un abonnement à un ordinateur équivaut à une année de salaire. Cette collection et surtout ce titre, restitue l’âme d’un peuple. Vous ne verrez plus Cuba de la même façon, une fois rendue à la dernière ligne. Et il y a cette autre collection intéressante « Escale à… ».  Qui est destinée à ceux qui ne disposent que d’un court laps de temps et qui souhaitent n’aller qu’à l’essentiel. Trois villes font l’objet d’un livre chacune, Barcelone, Rome, Venise. Avec de bonnes adresses où se loger et se restaurer. Dans le genre c’est difficile à battre.


 


 


Une radiographie implacable du monde du travail

Si vous êtes travailleur dans une entreprise et que vous aspirez à la permanence des choses, dites-vous que vous faites fausse route et que vous connaîtrez de grandes désillusions. Car à lire Portraits au travail de Yann Boulanger qui depuis les années 80 a occupé des postes à la direction des ressources humaines chez Matra puis Airbus en France, la seule chose qui est stable dans le monde du travail c’est le changement. Et le mouvement, c’est terrible, s’accentue. C’est une radiographie implacable où gravitent des penseurs du management qui débarquent à chaque jour avec le nouveau concept à la mode. Et en conséquence, de restructurations à la clé. A rendre fou n’importe quel travailleur. Et même les cadres ne sont plus épargnés qui, on l’apprend dans le dernier chapitre consacré aux sherpas, sont devenus les nouveaux prolétaires, accablés eux aussi de travail, corvéables à merci. C’est un livre d’horreurs bien plus terrifiant que Dracula.

Portraits au travail. Yann Boulanger. Les carnets de l’info 189p.    www.scrineo.fr


 


 


Une vietnamienne marginale

L’être humain, d’où qu’il soit, a des besoins fondamentaux,  dont celui, et non le moindre, une soif de liberté. Et même dans une société aux mœurs rigides comme le Vietnam où toute marginalité est proscrite, il y a des être qui font un doigt d’honneur au système et s’en donne à cœur joie, ne perdant pas de vue qu’on n’a qu’une vie à vivre. C’est le cas Xuân, le personnage central du roman de Anna Moï dans Le venin du papillon une adolescente vietnamienne qui a pour père un militaire excentrique. Imaginez, en guise de cadeau de mariage il a offert à sa femme un œil de verre pour remplacer celui crevé lors d’un incident. Sa mère exerce une infinie de petits boulots pour ramener le croûton au foyer. Une vie de misère. L’adolescente perdra son pucelage aux mains d’un officier du renseignement français. En même temps, enivrée de liberté, elle s’adonnera à pas mal d’excès, avec sexe et drogue au menu. Tout ça sur fond de climat de guerre. C’est un grand roman qui nous fait pénétrer au cœur de la sensibilité vietnamienne.

Le venin du papillon. Anna Moï. Gallimard 296p. 


 


 


Un essai percutant sur la notion de marchandise

Ils sont deux sociologues, Luc Boutanski et Arnaud Esquerre qui se sont attelés à une tâche colossale, d’étudier à l’heure de la nouvelle économie et de la mondialisation, le concept de marchandise. L’ère industrielle ayant atteint ses limites et le rendement n’étant plus au rendez-vous, on a revu la manière de faire de l’argent. Et c’est alors qu’au lieu de créer de nouveaux produits, on a imaginé faire de l’argent avec ce qui existe déjà, ou de rendre le luxe un peu plus à la portée de la masse. La France par exemple exploite son bassin de châteaux, transformant plusieurs de ceux-ci en gîtes du passant ou simplement en organisant des circuits culturels payants. Ailleurs ce sont des grandes marques qui ont créé des déclinaisons plus accessibles à l’exemple de l’automobile où vous pouvez vous procurer une Mercedes à un prix plus accessible. A la clé les riches s’enrichissent encore plus. Et côté production industrielle, pour nos nécessités quotidiennes comme nous l’apprend Enrichissement on peut toujours compter sur la délocalisation à rabais. Bref c’est toute une nouvelle vision du « merchandising » que décrivent par le menu les essayistes qui ont accompli un travail de titan et qui fait déjà référence. 

Enrichissement. Luc Boltanski et Arnaud Esquerre. Gallimard NRF essais 663p.   


 


 


C’est dans la poche

Quatre livres sortent cette semaine en format poche. A commencer par le tome 2 de Le nouveau nom d’Elsa Ferrante qui a pour titre « L’amie prodigieuse » On est dans une Italie chaude avec une odeur mafieuse dans l’air. Vous avez Lila, 16 ans à peine, qui va se marier. Et en même temps qu’elle va convoler en justes noces à un âge si tendre, elle apprend que son futur s’acoquine avec des membres de la Camorra. Question de souffler, elle va entreprendre une petite vacance à Ischia avec une bonne amie. C’est chez Folio.

Et chez French pulp, on vous offre un polar, une anticipation et de l’espionnage. Débutons par Le gang des honnêtes gens de Pierre Nemours qui met en scène trois hommes qui, chacun pour des motifs différents se donnent le droit de faire un braquage. Il y en a un des trois qui veut ainsi assurer des soins médicaux à sa fille, et qui ne peut se le permettre. Est-ce que la fin justifie les moyens? De son côté G.M. Dumoulin nous offre Intervention flash avec de l’imagination à revendre. Songez que le clan des Clash, notamment des enfants surdoués, ont été élevés par des machines manipulées par des adultes. Et puis ces mômes vont errer ensuite en banlieue des villes sous le menace du pouvoir en place.  Enfin Francis Ryck nous sort Drôle de pistolet avec au cœur de l’histoire, un dénommé Yako quia tout déballé entre les mains du KGB qui en retour va lui rendre sa liberté. Mais pour combien de temps. Car l’agence de renseignement soviétique fait rarement de cadeau. Vous avez donc trois lectures pour tuer le temps agréablement.


 


 


Sur le roman sociologique made in USA

Il y a quatre ans Pierre Saint-Arnaud professeur au département de sociologie de l’Université Laval, nous quittait pour un monde meilleur. C’était un spécialiste de la culture américaine. Les Presses de l’Université Laval sous la gouverne des André Turmel et Daniel Mercure ont eu la bonne idée de publier son dernier ouvrage Le roman sociologique américain. Ce genre littéraire prend sa source dans les années trente, années de misère noire chez nos voisins du Sud et continuera de s’affirmer jusqu’à la fin de la Seconde guerre mondiale. Et qui trouve son épicentre sous l’influence du département de sociologie de l’Université de Chicago. L’auteur essaie de comparer le genre avec celui réalisé en France avec les Zola et Dickens pour l’Angleterre.

Le roman sociologique américain. Pierre Saint-Arnaud. Presses de l’Université Laval 207p.     www.pulaval.com


 


 


La dynastie des Médicis en BD

LA BD fait œuvre utile lorsqu’elle se met au service de l’Histoire, permettant à celle-ci de rejoindre un auditoire qui autrement lui serait difficile d’accès, d’autant que l’enseignement de l’Histoire fait peine à voir dans les programmes scolaires quand elle se trouve à être enseignée. C’est pourquoi saluons la publication en quatre tomes de la dynastie des Médicis qui allait faire de Florence, un fleuron artistique de la Renaissance. Le scénario est d’Olivier Peru, avec des dialogues soignés, comme on imagine qu’ils l’étaient à cette époque, sur des dessins de Giovanni Lorusso. La touche finale de couleurs a été réalisée par Elodie Jacquemoire. Avec ces trois talents confirmés, le résultat est à la hauteur du mandat qui était de restituer la splendeur de la Toscane. Et on verra que Cosme l’ancien fondateur du clan, était l’illustration que tous les moyens étaient bons pour parvenir à ses fins.

Medicis. Peru-Lorusso. Soleil 52p.    www.soleilprod.com


 






 


Le coin Miam miam

Une tendance fait jour qui est axée sur le manger cru qui s’inscrit dans un mode de vie qui se rapproche au plus près de la vie au naturel. Et pour ce qui est de l’alimentation, on sait que la cuisson règle générale, fait perdre beaucoup de propriétés vitaminiques. Pour nous piloter dans le genre faisons confiance à Stefano Momentè et Sara Cargnello qui lancent Manger cru et sain aux éditions Macro. Parce qu’ils sont souvent cuits, nous disent-ils, ils deviennent même toxiques pour le corps. Alors que telle que la nature nous les offrent, ils apportent vitalité. Passionnant.

Notre monde actuel a vu l’intérêt qu’ont les enfants à vouloir cuisiner. Une télévision de chez nous a même réalisé une sorte de combat des chefs avec de jeunes marmitions qui a cartonné à l’antenne. Dans cette foulée, un collectif d’auteurs a conçu 24 recettes végétariennes intitulé Des couleurs à croquer. Avec l’idée que les jeunes prennent goût à colorer leurs plats. Des recettes évidemment faciles d’exécution. Et pour les parents c’est un bel héritage à transmettre que d’apprendre aux petits à bien manger et à se faire soi-même sa nourriture maison sans recourir aux plats surgelés. C’est chez Édito jeunesse.

Aux éditions La Semaine, la naturopathe Sandra Gamache arrive avec Alimentation végétarienne pour les sportifs qui rassemble 75 recettes sans gluten, sans sucre et sans produits laitiers. Comme les athlètes doivent performer au maximum de leur capacité, il va sans dire qu’au premier chef, c’est l’alimentation qui va devenir leur carburant. Et attention, maîtrise de ce que l’on absorbe ne veut pas dire austérité. Prenez cette petite sucrerie qu’est la banane et petits fruits roulés dans un cuir de bleuets ou bien ou le pâté chinois aux lentilles. Goûteux et nourrissant en diable, n’est-ce pas ce qu’on attend de l’acte de manger ?


 








 


Lecoin santé physique et psychique (1)

Éric Duhaime cet animateur de radio à Québec est bien connu pour faire dans la provocation qu’il a élevé à une sorte de niveau d’art. Ses propos réussissent à faire monter aux barricades ceux à qui ses flèches sont destinées. Ainsi, tout en faisant son coming-out il publie aux éditons de l’Homme un véritable brûlot, La fin de l’homosexualité et le dernier gay. Son postulat est le suivant, à savoir qu’à force de revendications, le milieu gay a atteint son but et que nous aurions atteints à l’acceptation sociale et que toute revendication additionnelle est inutile, mieux encore de sabrer dans les subventions allouées aux organismes de défense de la communauté LGBT. A peine sorti des presses, l’ouvrage a suscité la réprobation unanime de porte-paroles de la communauté gaie et lesbienne dans la province. A-t-il raison ou tort de se prononcer de la sorte ? Le mieux est de se faire sa propre idée en parcourant les pages de ce petit opuscule trublion.

Aux éditions Eyrolle, un thème qui va rendre service à bien des gens qui doivent réussir la conciliation travail et visites à l’hôpital lorsqu’ils sont atteints du cancer. Cancer et travail d’Anne-Sophie Tuszynski. L’auteure est entrepreneure. Quand on vous annonce la terrible nouvelle, c’est en plus de la maladie elle-même, tout un monde que l’on doit organiser. L’ouvrage qui parait chez Eyrolles fait tout le tour de la question, avec des postes d’observations différents. L’employeur a un rôle éminent à jouer dans cette situation.

Aux éditions La Semaine, Tanya Izquierdo Prindle nous parle du mal qui l’afflige dans Asperguide et où elle nous parle du syndrome dont elle est atteinte, elle et son fils. Qui fait partie de la famille des autistes. Et la caractéristique dans l’ensemble, est une surcapacité des sens qui provoque des communications difficiles avec les autres. Comme elle le dit, si tout le monde était pareil, ça ne poserait pas de problème. Et ce n’est pas une tare puisque Albert Einstein en était atteint.

Chez Budo, deux titres la réédition de Ma méthode de combat de Bruce Lee et Face à la violence : se préparer à l’inattendu de Rory Miller. Le premier n’a plus besoin de présentation, la cinématographie ayant porté sur les autels ses prouesses en arts martiaux qui l’ont rendu légendaire. Ici il traite de techniques avancées. L’homme nous a malheureusement quitté il y a quelques années, mais l’essentiel de son savoir en la matière demeure dans les ouvrages didactiques qu’il nous a laissé.

Dans le deuxième ouvrage, l’auteur répond à nos interrogations, dont la première, quoi faire quand on est attaqué par surprise ? D’autant que la violence est en augmentation et les malades mentaux en liberté croissante, ne nous rassurent pas. Étrangement pour un guide de self-défense on ne trouvera que très peu de photos. C’est que l’auteur privilégie l’état mental. Car l’agresseur veut vous tétaniser de peur. Or, si vous êtes en contrôle l’offensive perd de sa puissance et l’agresseur s’en trouvera déstabilisé. La riposte physique doit être de son point de vue, l’ultime recours.

Deux titre chez Broquet dans la collection « Sans médicaments » Vaincre l’anxiété sans médicaments du Dr. Jérôme Palazzolo et Vaincre le diabète du Dr. Michael Mosley. Deux fleurons dans cette série qui convient parfaitement à ceux et celles qui fuient l’abus des médicaments. Et dans le cas du diabète, on a même un programme d’éradication élaboré sur huit semaines. Il remet en cause l’idée que le diabète de type 2 est incurable. Et pour ce qui est de l’anxiété, véritable fléau de notre époque où la performance à tout prix est le maître mot et où la déstabilisation sociale a atteint des sommets, on sera heureux d’apprendre comment juguler les montées de notre système nerveux sans ces affreuses petites pilules qui ne créent que de la dépendance et où la solution devient pire que le problème.

Devenir la meilleure version de soi-même, voici le message lancé par l’entrepreneur et coach Jean-Pierre Beaudoin dans L’homme qui marche sur le feu aux éditions le Dauphin Blanc. Il part de l’idée que nous passons un temps fou à évaluer ce que nous n’avons pas, par rapport à ce que nous avons. Il sait à quel point la vie est précieuse, car il avait une épée de Damoclès sur sa tête. En effet, s’il ne subissait pas une délicate opération cardiaque, on ne lui donnait pas plus que six mois de vie. Ça vous change un gomme sur les besoins fondamentaux. Et ce sont ses réflexions qu’il nous fait partager généreusement.


 






 


Le coin santé physique et psychique (2)

Jean Carette est un professeur retraité de l’UQAM. Il ne demeure pas oisif puisqu’il nous gratifie chez Fides d’un petit livre de pensées A chaque jour suffit sa joie qui paraphrase plus positivement le fameux chaque jour suffit sa peine. Plusieurs thèmes sont abordés et ça se mérite comme jadis les prêtres le bréviaire. Il nous fait souvenir que dans les civilisations africaines et asiatiques, un aîné possède le statut de bibliothèque vivante et à qui ont doit le respect dû à la sagesse qui doit venir avec les ans. D’où l’intérêt de lire ce petit ouvrage plein de bonnes formulations.

Deux livres maintenant chez l’éditeur Lanore et tous deux du même auteur. Jean Prieur nous exhorte à Se rapprocher de la nature par ses symboles. Devenir un peu animiste en somme, comme les premières civilisations. L’essayiste n’est pas n’importe qui. C’est lui qui succéda à Jean-Paul Sartre comme professeur de langue et de civilisation française à l’Institut de Berlin. En sa compagnie nous faisons une promenade d’observation des choses qui nous entourent et qui font tellement souvent partie de notre quotidien qu’on les oublie. Et on se rend compte de la riche composante des symboles. Ne pensons qu’à la simple rose si chargée d’histoire.

Si nous avons apprécié le sens aigu et presque l’érudition de Jean Prieur, on le retrouve cette dans Les témoins de l’invisible. C’est un livre d’apaisement pour ceux qui cherchent à comprendre ce qui se passe dans l’Au-delà. Et les témoins de l’invisible, qui donne son titre au livre, ce sont des penseurs, des prédicateurs et autres qui se sont penchés sur la question et qui ont trouvé, sinon la réponse, des réponses que l’on pourra confronter à l’aune de la Foi. Car le verbe croire revêt ici toute son importance.

Aux Presses Universitaires de Grenoble, Jean Caune professeur émérite d’université fait part de l’expérience esthétique et construction du Vivre ensemble dans un essai significatif, La médiation culturelle.  Il est conteste le spécialiste de ce sujet. En 1999 il nous avait donné à ce propos un livre de référence « Pour une éthique de la médiation ». Si nous avons choisi de ranger cet essai dans cette section, c’est qu’il privilégie un angle nouveau en rapport avec le fameux concept du Vivre ensemble si cher au maire de Montréal d’ailleurs, Denis Coderre. Car la médiation dont il est question est le lien entre les productions culturelles et artistiques avec le public. Et ce, dans une optique de croissance et de connaissance des autres.

Les trois derniers livres qui clôturent cette section viennent des Presses Universitaires de Laval. On commence avec un livre tellement d’actualité Selfies d’ados coécrit par Jocelyn Lachance, Yann Leroux et Sophie Limare. Ces égos portraits comme on les nomme aussi, sont pour certains un révélateur de narcissisme ou pour d’autres d’une utilité dans le cadre d’un travail sur soi. On sait à quel point notre premier ministre canadien en raffole, basant même sa popularité sur ce véhicule. Acte phare de l’ère numérique, le selfie est maintenant sujet d’étude. Qui permettra de connaître les motivations fondamentales d’un tel engouement planétaire.

Si la question de l’éducation et de la transmission du savoir vous passionne, alors on ne peut que vous recommander très fortement ce livre entretien entre Antoine Baby professeur émérite de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval et Denis Simard qui fait partie du corps professoral de la même faculté. On passe en revue tout ce qui touche à l’état de l’éducation dans ses grands principes d’abord et ensuite un constat d’où nous en sommes. Le prof retraité en a gros sur le cœur des improvisations de l’improvisation qui a marqué l’histoire des ministères de l’éducation qui se sont succédé depuis la création de celui-ci sous Jean Lesage. Et il nous rappelle les principes fondamentaux qui président à la bonne façon d’enseigner. Tous les enseignants et les parents qui ont à cœur l’éducation des petits devraient faire de cette lecture une priorité absolue.

Et signalons enfin la sortie du tome 3 de La psychologie au quotidien sous la direction de Simonj Grondin. Ce troisième ouvrage est dans la lignée des trois précédents où on essaie de répondre à des problématiques liées à la psychologie. Et il faut souligner que les redevances de la vente du livre sont versées à l’organisme Centraide. Une belle façon de soutenir les actions sociales menées par cette dernière.


 


 


La boucherie de l’abattoir

C’est un petit livre à vous glacer le sang. Geoffrey Le Guilcher qui fait maintenant du journalisme d’enquête en indépendant, s’est fait embaucher dans un abattoir afin de vivre l’ambiance dans sa chair et son esprit et nous rapporter avec exactitude comment ça se passe. Steak machine nous ramène presque à la condition ouvrière dénoncé par Zola en son temps. On a peine à croire que l’opn fasse vivre çà à des humains. La tonalité du livre fait penser à cet autre brûlot de Jean-Baptiste Malet chez Fayard « En Amazonie infiltré » où il avait partagé le vécu des manuels qui bossent chez Amazon le leader des ventes en ligne et qui décrivait l’esclavage à la sauce XXIème siècle. En abattoir on s’émeut du traitement des bêtes, mais s’ajoute une dimension qu’on avait occulté, les conditions de travail effroyables dans ces manœuvres à la chaîne qui broient les individus. Beaucoup et c’est ce qu’on apprend entre autres, vont même jusqu’à se droguer pour supporter la cadence. Après lecture, vous risquez de devenir végétarien et pas pour les mêmes raisons. En soutien aux humains exploités.

Steak machine. Geoffrey Le Guilcher. Éditions Goutte d’Or p. 169p.   www.editionsgouttedor.com


 


 


Une lignée exceptionnelle, les Amiot-Amyot

Le Québec se passionne beaucoup pour la généalogie. Pour preuve ce petit livre Antaiok de Chantale Tremblay qui retrace la lignée de Amiot-Amyot. Ça démarre avec celui qui hérita ce surnom qui donne son titre au livre Jean Amiot un homme réputé pour sa robustesse et qui entretenait des liens confraternels avec les Hurons et les Iroquois. On le respectait énormément au sein de ces premières nations. Puis grand saut dans le temps avec Jacques Amyot qui a cumulé les exploits à la nage, dont le tour de l’Île d’Orléns et la traversée de la Manche. Une grande épopée qu’il faut connaître au moment où dans cette province dont la devise « Je me souviens » nos universités tendent à vouloir supprimer les sciences humaines dont l’Histoire pour cause de rentabilité…

Antaiok. Chantale Tremblay. Éditions GID 206p.     www.editionsgid.com


 


 


https://leseditionsgid.com/antaiok.html

Un octogénaire raconte son Cap-Chat

Dans les pays africains et asiatiques, on considère les aînés comme des bibliothèques vivantes que l’on consulte et qui pérennise des traditions. J. Gaétan Côté passerait là bas pour être du nombre. Car il est la mémoire vivante de Cap-Chat en Gaspésie. Cet homme de 85 ans nous livre sa terre d’élection avec moult souvenirs puisés dans des histoires qui lui ont été rapportées par voie orale et aussi de la documentation. Dans son livre il nous fait partager des illustrations ancestrales qui nous rendent nostalgiques. Qu’est-ce qu’on travaillait à cette époque. Il écrit comme il parle, avec une belle simplicité, comme un conteur émérite. Quand on aime on trouve facilement les mots. Vous aimerez et ça vous donnera le goût de planifier un voyage dans la région.

Cap-Chat, histoire et souvenirs. J. Gaétan Côté. Les éditions GID 191p.   www.editionsgid.com


 


 


Ce que pourrait être une identité nationale ciment de la France

L’actualité ne cesse de remettre sur le tapis la question épineuse de l’identité nationale. Avec des dérives qui conduisent au populisme et à l’autoritarisme. Fatou Diome se fait sonneuse d’alarme et nous informe que Marianne porte plainte! Elle s’effraie de ces discours sur les français de souche, rappelant que dans la France, comme dans d’autres pays, la République s’est forgée avec l’apport de l’immigration. Et qu’elle se doit d’être une terre d’accueil, d’ouverture, sans distinction de race et de religion pour coller à la Charte des droits de l’Homme égalitaire. Le pamphlet se veut apaisant avec pour but de calmer les esprits. A lire, surtout auprès de ceux qui en France sont séduits par les sirènes du Front National. Il vous reste quelques jours de lecture à peine avant cette présidentielle décisive.

Marianne porte plainte! Fatou Diome. Flammarion 140p.


 


 


Un premier roman sur un enquêteur en infidélités

Bernard Tétrault est connu pour être l’écrivain fantôme du célèbre Claude Poirier. Ensuite il fut durant vingt ans le rédacteur en chef d’Allo Police, le légendaire hebdomadaire de la chronique judiciaire. Et il a publié plein d’autres ouvrages sur différents sujets. Mais il brûlait d’envie d’écrire son propre premier roman. Oy, oyé c’est chose faite. Vous pouvez déguster, et c’est un euphémisme, les tribulations de Johnny Aspiro un détective privé spécialisé dans la traque des conjoints infidèles. Car à une époque c’était le premier motif qu’il fallait invoquer, et de surcroit prouver, pour enclencher une procédure de divorce. Il n’a pas une vie banale le mec. Et comme le romancier novice est dans le quotidien un raconteur d’anecdotes merveilleux, vous pouvez imaginer ce qu’il est à cœur de pages. Pour une entrée dans le roman, c’est mission réussie. On attend le tome deux cher monsieur Tétrault.

Johnny Aspiro. Bernard Tétreault. AdA 239p.    www.ada-inc.com


 


 


Tome deux des souvenirs du critique musical Claude Gingras

Maintenant qu’il est à la retraite de La Presse, les musiciens et chanteurs classiques respirent un peu mieux. C’est qu’on redoutait la présence en salle de Claude Gingras qui ne faisait aucune concession aux écarts à la partition. Et sa force venait de sa connaissance parfaite des feuillets musicaux. Et gare aux chanteurs lyriques prétentieux ou en méforme. La légende veut que des artistes évitaient d’inscrire Montréal sur leur circuit de tournée pour éviter d’être confrontés au monstre. Et en même temps il était estimé, car jamais la méchanceté ne le guidait sinon le seul respect des œuvres. Il avait publié le premier tome de ses souvenirs « Notes ». On en avait recommandé chaudement sa lecture dans nos colonnes appelant de tous nos vœux qu’il récidive. C’est chose faite avec Auditions. Mais à la différence du premier il nous rappelle que dans ses premières années comme chroniqueur musical, on lui demandait d’être polyvalent. Il écrira sur tous les volets du monde des arts et spectacles, à l’exception des arts visuels. Il nous raconte donc ses rencontres avec Jerry Lewis, Michel Tremblay le trublion du théâtre, Juliette Greco. Des anecdotes à profusion, notamment sur Leonard Bernstein qui s’esquiva d’un souper de presse, alors qu’il était à Montréal avec ses enfants, pour faire la rumba des dans boîtes homosexuelles. On voulait vous mettre l’eau à la bouche. Ce qui est formidable avec lui, c’est qu’il n’a jamais pratiqué la langue de bois. A deux ou trois reprises il nous parle aussi de ses misères avec des attaché(e)s de presse qui voulaient lui mettre des bâtons dans les roues. Que dirait-il aujourd’hui ? Nous sommes preneurs pour le tome trois, en imaginant ce qu’il n’a pas osé dire encore.

Auditions. Claude Gingras. Les éditions La Presse 220p.    www.editionslapresse.ca


 


 


Les riches heures du night-life à Montréal

A l’occasion du 375ème anniversaire de Montréal nous arrive ce merveilleux album du Centre d’histoire de Montréal sous la direction de Catherine Charlebois et Mathieu Lapointe ayant pour titre Scandale! Le Montréal illicite 1940-1950. Quel régal. Si vous trouvez maintenant que les gens se couchent tôt à Montréal et que les rues sont désertes, qu’est-ce qu’on swinguait dans ces années-là. Quand on voit les films d’archives de l’époque, la rue Sainte-Catherine vous a des airs de Broadway à la différence de la célèbre artère, c’est que le vice régnait en grand, paris illégaux, prostitution dans le Red Light, alcools débités hors des cadres légaux, drogue et quoi encore. Montréal était presque la capitale du vice. Tout ça nous est raconté en images, vignettes et textes qui montrent que si la vie au quotidien était difficile pour la classe ouvrière, on savait drôlement se défouler. Et saluons le travail d’archivage des collaborateurs, fabuleux. Vous allez même apprendre que les homosexuels n’ont pas attendu après la naissance du Village pour vivre leurs amours. Voyez ce quis e passait dans les années cinquante. Que Montréal est triste en ce moment et tout ça à cause du maire Drapeau qui a fait maison nette. Trop de détergent abîme aussi…

Scandale! Le Montréal illicite 1940-1960. Collectif. Éditions Cardinal 272p.   


 


 


Un jésuite de Nouvelle-France de proximité avec les Abénakis

A l’heure où sonne un éveil de curiosité à l’égard des cultures autochtones au pays, il nous arrive une biographie fantastique relatant les faits et gestes du père Sébastien Racle (1632-1724)un jésuite qui débarqua en Nouvelle-France et qui se prit d’amitié pour les amérindiens, parlant leurs langues et qui devint Abénakis. C’est auprès de cette nation qu’il passera le plus clair de son apostolat à défendre leur territoire convoité par les colonisateurs. C’est d’ailleurs lors d’une bataille entre soldats de la Nouvelle-Angleterre et des Mohawks qu’il perdre la vie. Le géographe et historien Jean-Louis Grosmaire honore sa mémoire dans des pages exaltantes.

L’homme de la Lumière, Sébastien Racle. Jean-Louis Grosmaire. Les éditions GID 238p.     www.leseditionsgid.com


 


 


Le Québec vaniteux et imbécile

Quelle bouffée d’oxygène que ce livre Le Québec n’existe pas que signe Maxime Blanchard qui à la ville est professeur de langue et littérature françaises à la City University of New York. Il est d’allégeance indépendantiste. Et se trouvant dans la Grosse Pomme il a le mérite de ne pas avoir le nez collé sur l’arbre, mais de voir la forêt en son entier. Et il n’y va pas par quatre chemins nous considérant nous les québécois comme un peuple vaniteux et imbécile. D’entrée de jeu il fait sien le constat de Lord Durham que c’est l’immigration galopante qui va nous noyer complètement les francophones de souche qui de toute évidence se donne corps et âme à la culture anglophone. Il a élaboré ses observations par petites touches. Parfois un chapitre ne contient que quelques lignes, mais diantre qu’il nous a bien examiné ce prof qui pose sur nous un regard tel un entomologiste devant des fourmis. Le pamphlétaire est d’une rare culture puisant à mille sources. Dans ce Québec où il ne faut pas faire la moindre vaguelette, son ouvrage apparaît comme un tsunami dévastateur. Cette lucidité chronique est renversante.

Le Québec n’existe pas. Maxime Blanchard. Varia 246p.    www.groupenotabene.com


 


 


Il était une fois une ballerine russe immigrante au Québec

C’est un fils et une petite-fille qui ont conjugué à quatre mains l’histoire de leur parente la ballerine Olga Malherbe-Bogoyava qui fuyant le bolchévisme, qui immigrera en France dans un premier temps, pour ensuite prendre la direction du Québec où elle laissera 40 descendants. Tout un apport à la vitalité québécoise. Henri Dorion son fils et Karen Dorion-Coupal décrivent cet vie de roman. C’est vrai, l’expression fait un peu cliché, mais c’est tout de même celle qui nous vient en premier à l’esprit et qui a même fait de la part de Mme Coupal  l’objet d’une thèse de maîtrise. C’est en même temps un panorama de la sensibilité russe. C’est une lecture d’une grande densité qui nous fait apprécier la contribution de cette femme à la culture de la danse. On la voit d’ailleurs sur la couverture sourire aux lèvres arborant une jolie robe à pois. Ce ne fut pas une vie de tout repos, mais elle au moins pouvait prétendre avoir vécu.

Autour d’Olga. Portraits d’âmes russes et caucasiennes. Henri Dorion et Karen Dorion-Coupal. Les éditions GID 400p.   www.leseditionsgid.com


 


 


Un abécédaire de coureurs des bois

L’expression consacré « travail de bénédictin » ne peut mieux décrire la démarche de Guillaume Marcotte qui se fend de cette somme Les francophones de la traite des fourrures du Grand Témiscamingue, un dictionnaire biographique (1760-1870). Cet ouvrage fera le bonheur notamment des généalogistes, car il nous met sur des pistes des activités de nos ancêtres. C’est présenté comme un abécédaire. On peut imaginer le travail de recherche abattu pour accoucher d’un livre au sujet si pointu, et riche de renseignements. On apprend ainsi qu’un contremaître exploitant de traite des fourrures, un anglophone, obligea de ses hommes à se nourrir de feuillages et des dépouilles de deux chiens, au lieu de leur donner la permission d’aller à la recherche de provisions.

Les francophones de la traite des fourrures du Grand Témiscamingue. Guilluame Marcotte. Les éditions GID 449p.     www.leseditionsgid.com


 


 


Sur la première femme constructrice de navires au Canada

La dynastie des armateurs de la famille Davie est étroitement associée à l’histoire de la ville de Davie où est installé le chantier naval. C’est une histoire méconnue que celle d’Elizabeth Davie qui à la suite de la mort tragique de son mari, reprendra le flambeau de la direction de l’entreprise, faisant d’elle la première femme constructrice de navires au Canada. C’est ce que nous raconte avec brio Eileen Reid Marcil. Elle ne s’attache pas qu’à sa personne, mais à ses descendants dont l’un avait tout l’allure d’un dandy, des photos en témoignent. Saluons cette réhabilitation d’une femme d’exception.

L’héritage d’Elizabeth Davie. Eileen Reid Marcil. GID 122p.  www.leseditionsgid.com


 


 


Vivre le Québec en cent expériences extraordinaires

Qu’est-ce qu’ils ont dû s’amuser ces dix journalistes et blogueuses en voyage que l’on a mandaté afin de repérer des sites à découvrir et à vivre de façon qui échappe aux circuits habituels que font les touristes qui sillonnent la Belle Province. Au final, ce collectif a colligé cent expériences qui vont vous permettre de voir le Québec comme jamais. Vous avez par exemple une indication de visite comme par exemple de vivre une sentence d’emprisonnement d’une nuit à la prison de Trois-Rivières. Et vous allez ainsi revivre ce qu’était le sort des détenus dans ces geôles dont le sinistre cachot destiné aux récalcitrants. C’est fascinant de voir les trouvailles récoltées. Ce bouquin devrait être disséminé aux quatre coins du monde dans diverses éditions en langues étrangères pour attirer sur nous l’intérêt. Car des choses intéressantes à faire dans nos murs, il y en a.

Testé et approuvé. Collectif sous la direction de Marie-Julie Gagnon. Parfum d’encre 262p.   www.parfumdencre.ca


 


 


Baleines et autres cétacées dans nos eaux

Sur la couverture de l’album Les baleines et autres cétacées du Saint-Laurent de Jean-Pierre Sylvestre ont peut voir surgir des eaux de notre fleuve Saint-Laurent, à la verticale, un beau spécimen de cétacé. C’est un spectacle saisissant qui émerveille les touristes qui ne se déplacent souvent que pour être témoin de cette merveille marine. L’auteur a fait des études en ichtyologie à Paris et a passé sa vie a étudié ces mammifères fascinants. Il a voulu nous faire partager sa passion dans ce bouquin qui nous dit tout ce qu’on veut savoir de ces bêtes majestueuses qui fendent les eaux. Un véritable cours complet qui  fera en sorte qu’en fin de lecture vous n’ignorerez plus rien de ce qu’est un narval, un rorqual, un cachalot et quoi encore. Avec de magnifiques photos. Qu’est-ce qu’on apprend. Nous sommes vraiment des nains face à la connaissance, surtout en face d’une baleine.

Les baleines et autres cétacées du Saint-Laurent. Jean-Pierre Sylvestre. Les éditions GID 204p.     www.leseditionsgid.com


 


 


Québec belle de partout, surtout d’en haut

La ville de Québec a bien mérité de figurer au patrimoine mondial de l’humanité. Et en feuilletant Québec vue des airs Edwards et Lahourd 1936-2016 de Pierre Lahoud et Frances Caissie on ne peut que le vérifier. D’abord il y a le studio de photographie W.B. Edwards fondé à Québec en 1917. Et les Edwards s’avèreront des mordus de photographies aériennes. Ils vont faire quelque chose comme 2000 clichés de la Vieille Capitale vue des airs entre 1936 et 1996, des photos qui font le bonheur des chercheurs qui consultent le fonds Edwards aux Archives de la Ville de Québec. Par après Pierre Lahoud refera le même exercice. De sorte que on assiste à une sorte de l’avant et après. On peut comparer l’évolution démographique et urbaine de la ville et de ses environs, tout comme des endroits demeurés inchangés.

Québec vue des airs Edwards et Lahoud 1936-2016. Les éditions GID 165p..  www.leseditionsgid.com


 


 


De délicieuses recettes alsaciennes

L’apport des migrants c’est qu’ils amènent avec eux un héritage qui est un apport à l’édification du Québec. Un bel exemple nous en est donné avec Christiane Butterlin native de Colmar et qui est venu s’établir à Château-Richer en 1994 ouvrant l’auberge Le petit séjour. Toute jeune elle a été marquée positivement par les délicieuses recettes de sa grand-mère Augustine. Pour notre plus grand bonheur elle nous livre ses recettes ancestrales. Mon Alsace au Québec est à plus d’un titre un régal avec sa guiche au thon, la fameuse sauce tomate de maman et ses boulettes.

Mon Alsace au Québec. Christiane Butterlin. Les éditions GID 143p.   www.leseditionsgid.com


 


 


Vues des contrées nordiques

Doma est une plasticienne, curieuse de tout, et notamment des froides contrées. Elle nous livre toute sa passion dans Rencontres polaires qui l’a mené du Groenland à l’Antarctique. Si les photos sont évidemment sublimes, les textes nous enrichissent énormément sur les us et coutumes des habitants de ces lieux hostiles et de la faune. Si le froid nous heurte, on a l’avantage de s’y rendre virtuellement en feuilletant tout simplement ces pages où les photos sont souvent magnifiées de part la beauté de la lumière ambiante.

Rencontres polaires. Du Groenland à l’Antarctique. Doma. Les éditions GID 203p.   www.leseditionsgid.com


 




 


Carleton-sur-Mer et Le Kamouraska à l’honneur

Aux éditions GID deux albums qui honorent deux coins de pays du Québec, Carleton-sur-Mer et Le Kamouraska. Le premier figure dans cette collection que nous aimons tant « 100 ans noir sur blanc » et qui rassemble des photos d’archives à travers un siècle et dont les vignettes nous racontent une page d’histoire. Pascal Alain qui en est l’auteur est bien placé pour en parler car il est natif de cette municipalité. Depuis 2004, il œuvre dans cette ville de la Gaspésie comme directeur de la culture et du tourisme. Et nous au Québec qui venons de vivre une forte tempête, il fau voir des photos des années cinquante avec des amoncellements de neige hauts comme ça. Nos ancêtres n’en faisaient pas un plat, habitués qu’ils étaient à composer avec les caprices de dame nature. Et dans la tradition de cette collection, des photos émouvantes comme tout.

Et c’est dans une toute autre ambiance géographique que nous amène le photographe Nicolas Gagnon. Bien qu’il soit à l’emploi du service d’urbanisme de Rivière-du-Loup, il voue un attachement à la MRC voisine de Kamouraska. Il lui rend tous ses attributs dans un bel ouvrage Le Kamouraska avec des illustrations qui rendent bien compte des riches terres agricoles de son territoire. Et que dire de ces beaux villages, leurs églises paroissiales qui semblent défier les siècles. Nous les urbains stressés par cette vie de fou à l’ère numérique, on se prend à imaginer vivre dans ces recoins où tout respire le calme et la beauté. On a le droit de rêver et le bouquin y contribue largement.


 






 


Le coin santé physique et psychique (1)

Les trois prochains titres sont aux éditions du Cerf. Ils sont deux Charles Coutel professeur émérite des universités en philosophie du droit et Jean-Pierre Dubois est professeur de droit public à l’Université Paris X-Nanterre et président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme. Leur credo dans Vous avez dit laïcité ?, est que comprendre et assimiler la notion de laïcité nous met à l’abri des fanatismes et redonne son sens à l’idéal républicain. Un discours d’apaisement alors que l’on assiste à une dangereuse montée des nationalismes comme celui du Front National en France et où le Québec n’est pas en reste tant on entend ça et là des propos xénophobes hautement exprimés.

La parole est cette fois à un dominicain Emmanuel Durand professeur de théologie au Collège universitaire dominicain d’Ottawa. L’être humain, divin appel le titre de son opus. C’est un docte ouvrage qui respire d’intelligence à chaque page. Sa démarche est de donner un sens au passage terrestre de l’être humain qui se sent si fragile dans cette civilisation sauvage. Il nous rappelle que Dieu s’attache à chacun de nous et comment se manifeste sa présence, son appel. Notamment à travers la recherche du beau, pour lequel référent aux Antiques il explique comment le Divin donne un sens à notre quête esthétique.

Et un peu dans la foulée de l’ouvrage précédent qui fait référence à l’appréciation du beau, Laurent Dandrieu rédacteur en chef à Valeurs actuelles présente Les peintres de l’invisible. Il privilégie un angle d’observation de l’art visuel où il nous invite à percer la recherche de l’Absolu dissimulée à travers les œuvres de grands peintres.  Une autre manière d’appréhender le pictural et ses messages codés.

Cette fois c’est un ouvrage qui paraît chez l’éditeur Triptyque. Et c’est un roman. D’ordinaire un roman ne devrait pas se retrouver dans cette section-ci, mais Infirmes de Yoan Lavoie est tellement chargé d’humanité, dans sa dureté même, qu’il figure à bon droit dans ces lignes. Il met en scène, le narrateur, s’exprimant à la première personne, qui veut comprendre pourquoi il ne parvenait pas en classe à performer, éternel inadapté. Et il veut faire vérifier une intuition, à savoir d’être membre de la confrérie des TDAH. En même temps, il va croiser sur sa route un grand handicapé, Martin, crac de science-fiction, qui roule en véhicule à batterie. Cette rencontre va interpeler continuellement le narrateur. C’est le premier roman du sieur Lavoie qui a cette qualité de pondre sans espèce de filtre. Et vous verrez qu’il ne s’embarrasse pas de mots crus pour vomir sa bile existentielle. Une authenticité qui va toruver assurément son public.
Aux éditions La Presse, un récit, Pierre Jean Jacques et les autres présenté par Marie-Élaine Proulx. Qui exploite un créneau déjà emprunté par d’autres, celui des expériences issues de la fréquentation de sites ou d’agences de rencontre. C’est un filon qui fonctionne à plein régime pour la raison qu’il permet de présenter une galerie de portraits souvent hilarants. Qui nous offre une fresque humaine qu’il fait bon découvrir pour peu que l’auteure ait du talent. Et il s’avère que la signataire en a à revendre. Et on appréciera comme toujours dans ce genre d’exercice, la transparence totale. Autant elle est vive comme vous la connaissez peut-être sur les ondes de Rouge FM le matin, autant elle rend bien sa fougue à trouver l’âme sœur coûte que coûte. Elle a de l’humour à revendre comme sa description du bel Edoardo, cheveux blonds, tête de gigolo, qui a quarante-quatre vit au-dessus de la mère, refuse l’engagement et ne fait pas mystère qu’il collectionne les conquêtes, son unique plaisir terrestre. Est-il utile de conclure que notre infortunée chercheuse n’a pas demandé son reste. On rit et ça fait du bien. On ne vous dit pas la suite afin de ne pas gâcher votre plaisir.

L’avenir de la médecine est dans l’extraordinairement petit, c’est à peu près ce qu’il faut retenir comme message central de La nanosanté de Mathieu Noury publié chez Liber. L’essayiste est professeur associé à l’Université du Québec à Chicoutimi et docteur en sociologie et philosophie. Qu’est-ce au juste que la nanosanté ? C’est, pour faire simple, de ne pas attendre que la pathologie soit bien présente et fasse des ravages, en intervenant avant même qu’elle ne se manifeste. On travaille donc au niveau des molécules, l’infiniment petit. Et c’est en sorte le futur de la médecine. Tous les laboratoires de pointe sont sur l’affaire sous le regard intéressé va sans dire de l’industrie pharmaceutique qui flaire la bonne affaire. On en est aux balbutiements certes, en pleine phase d’expérimentation, mais sans contredit la voie est pavée sur une autre façon d’éradiquer les maladies.
Sur un ton cette fois plus léger, c’est Pam Grout qui débarque avec Remerciez et devenir riche aux éditions le Dauphin Blanc. Elle nous dit en clair que si nous sommes à gémir de nos malheurs et que rien n’arrive comme on souhaiterait, c’est que tout simplement nous ne nous mettons pas sur la bonne fréquence. Que notre attitude négative a en sorte un pernicieux effet boomerang qui ne nous renvoie que du négatif. Changez de poste nous dit-elle.


 






 


Le coin santé physique et psychique (2)

La nutritionniste clinicienne Nathalie Verret a élaboré aux éditions Modus Vivendi une approche faite de 52 règles qui sont rassemblées dans Reprenez le contrôle de votre poids. Elle prend en compte l’être humain dans sa globalité. A chaque chapitre elle répond aux questions que l’on se pose généralement quand on se trouve en surcharge pondérale. Ici on ne vise pas la minceur à tout prix, mais le poids santé. Son ouvrage a le mérite de faire le point sur les plus récentes recherches sur le métabolisme.

Les trois prochains titres sont publiés chez Québec-Livres. Ils sont deux Anna Maria Wauters et Hans Otto König avec leurs Nouvelles découvertes sur l’Au-delà une recherche scientifique sur les contacts avec l’invisible. La première est la collaboratrice depuis huit ans du second qui depuis quarante, chercheur en physique et en psychologie, se spécialise dans la communication avec les défunts. Et il répond avec assurance sur le questionnement de la vie après la vie. Troublant.

Ce livre, Conflits et disputes dans le couple comment les gérer ? d’Yvon Allaire va être d’un grand secours pour ces conjoints qui ne cessent de chamailler. On le sait, la vie matrimoniale est faite d’un archipel de compromis. Peu réussissent le test. Ce psychologue n’écrit pas pour rien. Il jouit d’une expertise de trente-cinq dans les résolutions de ce type de conflit. Deux axiomes, le couple ne rend pas nécessairement heureux et cessons de fuir les accrochages. A partir de ces vérités on peut bâtir.

Et demeurons dans le sujet du conflit, mais cette fois avec les enfants. Les conflits chez les enfants de Chantal Thériault est un programme d’interventions pour favoriser l’acquisition de l’autonomie du petit. La sensibilité de l’enfant par définition diffuse peut prendre toutes sortes d’avenues. Au parent alors à réguler son jeune et lui procurer des outils d’autonomie en cas d’adversité.

Aux éditions Cardinal Carolane et Josiane Stratis arrivent avec Ton petit look. Tome II intitulé « Les filles sont-elles folles ? ».  Les jumelles blogueuses ont connues le succès avec leur première mouture et elles persistent et signent avec cette interrogation à chaque page sur l’équilibre mental et la notion de normalité. Des questionnements qui touchent de plein fouet un lectorat féminin jeune, en quête d’identité et de sérénité dans un monde de zinzin.

Chez Marabout Elisabeth Johansson nous tourmente avec le péché de gourmandise dans Ma cuisine green. Un ensemble de 117 recettes sous le vocable du manger sain. Vous avez là dedans des pages et des pages de recettes fraîcheur, comme cette salade de melon mayonnaise de cajou et sauce à l’orange. Pas triste, hein?, ou un saumon au tamari spaghettis de courgettes, asperges et brocolini. Le tout sur le signe de l’anti-routine. Et on ne vous parle pas des smoothies. Que de merveilles à se mettre en bouche. Et soulignons les photos admirables de Wolfgang Kleinschmidt qui nous font saliver.

Aux éditions La Semaine, une grande enquête de Daniel Daignault le journaliste artistique bien connu qui a interrogé pleins de vedettes pour leur demander ce qu’elles pensent du bonheur. A la recherche du bonheur collige 50 interviews. Autant d’individus et autant de réponses. L’exercice vaut la peine. Car des réflexions vont certainement interpeler le lecteur. Nous ne pouvons énumérer la liste des interviewés, ce serait fastidieux, mais on sera surpris des états d’âme d’une Sophie Thibault ou de Charles Lafortune.


 


 


Elle bouffe pour ne plus se faire toucher

Si vous êtes atteint par la morosité, ne vous jetez pas sur les antidépresseurs, prenez vos sous pour vous procurer Les mille talents d’Euridice Gusmao de la brésilienne Martha Batalha qui nous est livré dans une traduction de Diniz Galhos. C’est la meilleure prescription à vous recommander contre le spleen. Jugez-vous-même le thème de ce premier roman qui a fait un carton au Brésil. C’est une femme, Euridice, qui a assez donné côté maternité et qui en plus veut prendre ses distances d’un conjoint doté d’une nature de lapin. Son moyen de rébellion, s’empiffrer comme une cochonne pour ne plus être objet de désir. Désopilant ? On est en dessous de la vérité. C’est jouissif. Et puis l’écrivaine novice sait rendre la chaleur du tempérament des brésiliens. On a adoré et on va le relire encore une fois.

Les mille talents d’Euridice Gusmao. Martha Batalha. Denoël 252p.  


 


 


Hélène au bord de la folie

Mylène Fortin qui nous avait donné Philippe H. ou la malencontre persiste et signe dans sa description d’une femme obsessionnelle. Nous trouvons dans Philippe H. dans l’angle mort une Hélène absolument timorée et qui a peur de tout. Mais quand on vous dit, c’est à prendre au pied de la lettre. On se prend d’empathie pour cette femme aux prises avec mille démons. Elle-même craint de basculer dans la folie. Pourtant elle a un compagnon de vie que plusieurs envieraient et qu’elle aime passionnément, mais l’attrait de l’abîme est plus fort que tout. Trouvera-t-elle la sérénité  Nous vous laissons le soin de le découvrir dans ce roman qui portraiture à merveille le déséquilibre et la fragilité de l’humain.


 


 


Littérature et renommée, là est la question

C’est une toute petite plaquette, mince pour la forme mais lourde de contenu. Son titre La solitude de l’écrivain de fond. Dans ce récit de Daniel Grenier il nous fait réfléchir à ce que doit être un écrivain à travers l’expérience de sa découverte dans une librairie du Vermont d’un livre de Wright Morris qu’il ne connaissait ni d’Ève ni d’Adam. Et en feuilletant il se rendra compte que l’homme de lettres a plusieurs opus à son actif. Mais diantre se dit-il, comment se fait-il qu’il ne soit pas plus connu ?  D’où tout un questionnement sur la mission d’un écrivain, de ce qui doit le motiver. On se rend compte que là comme ailleurs dans le monde des arts, la reconnaissance ne doit pas être le but recherché.

La solitude de l’écrivain de fond. Note sur Wright Morris et l’art de la fiction. Daniel Grenier. Le Quartanier 88p.    www.lequartanier.com


 


 


Sur un enfant esclave d’Haïti

Il est proprement scandaleux se dit-on au sortir de la lecture de Hubert le restavèk de Gabriel Osson qu’il n’y ait pas plus de dénonciation, notamment par le biais de reportages de type enquête, sur la sinistre condition des restavèk, ces enfants esclaves qui sont des forçats au profit de familles à l’aise en Haïti. Qui se soumettent pour avoir la possibilité de rapporter quelques maigres piécettes au foyer familial. Si vous ne connaissez pas cet odieux phénomène de société haïtien, allez lire cet ouvrage, un roman certes mais qui a valeur de documentaire. Le protagoniste doit pour faire vivre les siens, se mettre au service de nantis qui vont l’avilir comme on n’ose même pas imaginer au XXIème siècle, et ce, même si cette domesticité a été déclarée illégale en 2003. Le jeune va s’extraire de sa condition pour joindre et un gang et tomber amoureux d’une belle du coin. Que d’humanité dans cette histoire. Et on espère que cela déclenchera une prise de conscience chez certains.

Hubert le restavèk. Gabriel Osson. Indociles/ éditions David 280p.    www.editionsdavid.com


 


 


Une histoire magistrale sur la finance américaine

S’il avait fallu qu’un économiste ponde une histoire de la finance américaine depuis le début du siècle dernier, il y aurait eu un risque que sa lecture aurait été rebutante. Tandis que l’Anatomie d’un désastre de Serge Truffaut l’ex journaliste économique au Devoir durant trente ans est une grande épopée de ces traders véreux, politiciens retors, richissimes capitalistes et banquiers made in USA qui se sont appropriés la destinée des États-Unis et décrétés non imputables de quoi que ce soit, fusse t-il de nous conduire au bord du gouffre, car trop puissants. Notre historien nous décrit vu des coulisses le type de mentalité qui préside ces gens qui ont tous pour dénominateurs communs d’avoir eu l’ablation du cœur et un seul intérêt qui les guident, faire encore plus d’argent. Et ça se lit avec un bonheur sans nom. Qu’est-ce qu’on se fait exploiter. Et les banques ..Aussi on comprend ce qui guide actuellement la pensée d’un Donald Trump au cabinet garni de multimillionnaires et de gens issus de Wall Street.

Anatomie d’un désastre. Serge Truffaut. Somme toute 281p.   www.editionssommetoute.com


 


 


Jackie ce fameux 22 novembre 1963

En marge de la sortie du film « Jackie » mettant en vedette Natalie Portman et racontant les sombres heures qui ont suivi l’assassinat de John F. Kennedy, les éditions l’Archipel ont eu l’heureuse idée de publier Jackie les 4 jours qui ont changé sa vie de la journaliste française Maud Guillemin. Cette dernière, à partir d’une solide documentation, a reconstitué les moments qui ont entouré ce crime qui a fait l’Histoire américaine. Et on se rend compte après lecture que ce fut peut-être un tournant plus décisif encore que la fameux 11 septembre 2001 pour ce qui est d’une sorte de déprime nationale qui ne cesse de perdurer. L’auteure se fait fort de rendre compte par le menu ce que fut la réaction de la première Dame des États-Unis tenant dans ses mains la tête de son mari, le crâne ouvert et les yeux grands tournés vers elle. Ça donne le frisson.

Jackie les 4 jours qui ont changé sa vie. Maud Guillemin. L’Archipel 282p.    www.editionsarchipel.com


 


 


L’écrivaine aux 400 millions de lecteurs

Nora Roberts peut s’enorgueillir d’avoir un lectorat qui, si la tendance se maintient, pourra atteindre d’ici quelques années, le demi milliard de lecteurs. De quoi faire saliver tellement d’écrivains et écrivaillons. C’est que la femme de lettres sait y faire quand elle vous monte une saga comme Riley dont paraît le tome 3, « Les étoiles de la fortune ».  Dans cet épisode, on va apprendre que notre archéologue, toujours en quête irlandaise de l’Étoile de Glace et de l’intrigante Île Verte, accorde une place au sentiment amoureux et en pince pour Doyle le guerrier. Celui-ci était bien le dernier à se voir happé par Cupidon. Et dans ce tome comme les précédents, dame Roberts a incorporé tout ce qu’il faut d’ingrédients pour vous empêcher de faire autre chose que de la lire. Nous risquons même une prédiction, tellement c’est bon, vous finirez par en oublier votre téléphone intelligent.

Riley. Tome 3 Les étoiles de la fortune. Nora Roberts. Flammarion Québec 414p.      www.flammarion.qc.ca


 


 


Un trésor pour bibliophile, un manuscrit rarissime de Jules Verne

Parfois il est des moments dans la vie d’un amoureux des lettres, de pouvoir mettre la main sur un trésor littéraire du patrimoine mondial. C’est le cas de cette découverte fortuite du manuscrit de Le tour du monde en 80 jours de Jules Verne. C’est aux éditions des Saints Pères que nous devons de pouvoir lire ce document publié et porté à la connaissance du plus grand nombre. Ou du moins, car il a été tiré à 2000 exemplaires numérotés sur papier avorio fedrigoni. Un véritable travail soigné pour la plus grande récréation de l’esprit. Et présenté dans un beau coffret rigide. La maison d’édition avait déjà fait un travail similaire avec cet autre chef-d’œuvre de Verne, « Vingt mille lieues sous les mers ». C’était il y a trois ans. Et c’est par le plus curieux des hasards que fouillant dans le Fonds Hetzel (maison d »édition qui publia en son temps l’écrivain) que l’on trouva un manuscrit. Et à sa lecture, notamment la mention du personnage de Phileas Fogg, qu’on se rendit compte tout à coup qu’on se trouva bel et bien en face du manuscrit d’origine du Tour du monde en 80 jours.  

L’académicien Jean-Christophe Ruffin qui signe la préface, nous fait prendre compte que ces 280 pages ont été écrites à la plume ou la pointe de métal trempée dans l’encrier. Le stylo n’existait pas, la machine à écrire non plus. Nous sommes en 1872. Il fait aussi remarquer la calligraphie de quelqu’un qui fait des allers retour encrier papier pour compléter son mot. C’est assez émouvant. Puis bien que nous sachions la suite des anticipations de Verne, il faut se reporter à cette époque où ses visions du futur demeuraient dans le monde de l’imaginaire.  Un trésor à faire figurer en bonne place dans la bibliothèque. Et quel cadeau à offrir également..


 


 


Le plus beau tribut qui soit pour le 375ème anniversaire de Montréal

Souvent il arrive que des personnes prennent prétexte d’une commémoration pour faire davantage de recherches sur l’objet de la fête. Eh bien si vous voulez faire votre contribution personnelle à la connaissance de Montréal à l’occasion de son 375ème anniversaire, ne cherchez pas de midi à quatorze heures. Les Presses de l’Université Laval publient un coffret magistral renfermant deux tomes, frisant l’érudition Histoire de Montréal et sa région un travail collectif renversant sous la direction de Dany Fougères. On est à mille lieux de l’histoire ennuyante qu’on nous enseignait à la petite école, véritable pensum pour les élèves qui peinaient à demeurer les yeux ouverts. Ici on assiste à une véritable épopée. Mais quel travail de recherche. Avec des illustrations et des anecdotes croustillantes, comme cet arrêté municipal interdisant aux charretiers de transporter des cadavres dans des charrettes couvertes. On se rend compte que devant la connaissance nous sommes des nains et surtout l’admission de notre ignorance touchant la grande et la petite histoire de la métropole, de la colonie d’origine jusqu’à nos jours.

Histoire de Montréal et de sa région. Coffret 2 tomes. Collectif sous la direction de Dany Fougères. Les Presses de l’Université Laval.  www.pulaval.com


 


 


Un rappel du génocide arménien

Il sera le premier génocide du XXème siècle et marquera les imaginations, ce sera celui des arméniens aux mains des turques. C’était en 1915. Songez qu’on exterminera un million d’arméniens dans des conditions qui dépassent souvent en horreur la terreur nazie. Comme des petits enfants que l’on éventrait devant leurs mères pour les suspendre à des crochets et les livrer agonisants aux vautours. Ou ce couple de boulangers que l’on plaça vivant dans leur fourneau en combustion. Le génocide des arméniens ne s’attarde pas, et heureusement à décrire dans le détail le niveau absolu de cruauté qui fit jour dans ces jours terribles. C’est un travail de perspective historique, écrit en collectif sous la direction de Jocelyne Chabot, Marie-Michèle Doucet, Sylvia Kasparian et Jean-François Thibault. On a axé la présentation autour de trois axes, représentations, traces et mémoires.

Le génocide des arméniens. Collectif. Presses de l’Université Laval 230p.   www.pulaval.com


 


 


 Quand un des nôtres voulu traverser la Manche à la nage

Serge Gaudreau a fait des recherches très pointues que nous saluons bien haut, afin de raconter la sage d’Omer Perreault qui entre 1921 et 1926 va se rendre en Europe se donnant le défi de traverser la Manche à la nage. Même si le monde de la natation ou du sport en général ne vous rejoint pas, il y a une qualité extraordinaire qui se démarque dans cette biographie particulière, c’est l’exaltation de la ténacité. En effet, l’auteur a le grand mérite de nous faire vivre chaque brassée avec une richesse de vocabulaire qui nous tient captif de page en page. Et en même temps, c’est un bel hommage qu’il rend à une figure encore trop méconnue et qui a pavé la voie à d’autres nageurs.

Les aventuriers de la Manche. Serge Gaudreau. Les éditions JCL 332p.   www.jcl.qc.ca


 


 


Pour vêtir Barbie de mille atours

Ah cette chère Barbie qui perdure depuis près de quatre générations. C’est un personnage beaucoup plus complexe qu’il n’en a l’air comme nous l’a montré un excellent documentaire récemment sur les ondes de Télé-Québec touchant le power girl. Car si elle véhicule la personnification de la féminité absolue, elle est en même temps progressiste et autonome. Bref, c’est qu’elle est surtout coquette comme on sait. Et celles qui en possèdent une, seront tentées de lui compléter sa garde-robe. C’est ici qu’intervient Annabel Benilan qui a conçu 24 modèles coutures à fabriquer vous-même, des créations chics bien sûr pour toutes les occasions.

Barbie. Vêtements à coudre. Annabel Benilan. Marie claire éditions 128p.    www.editionsmarieclaire.com


 


 


Poésie immobilière

Le poète se sert de tous les matériaux à sa disposition pour nourrir son imaginaire. C’est le cas de Judy Quinn avec son recueil Pas se tombeau pour les lieux qui revisite un immeuble de son enfance, longeant l’autoroute 20, pris en sandwich avec le fleuve.  Ajoutez une bonne dose de talent et énormément de vision et ça donne un extrait comme  suit « Il faut traverser l’ensemble résidentiel au moins une fois pour sentir ces trous imperceptibles à la vue comme si on n’arrivait pas à remplir l’espace ou qu’il manquait une chose qui était là avant ».

Pas de tombeau pour les lieux. Judy Quinn. Éditions du Noroît 79p.    www.lenoroit.com


 


 


Premier roman remarquée d’une australienne

Jessie Cole est australienne et fait son entrée en littérature avec un roman très de notre temps où la folie hante notre quotidien. Le titre donne le ton Borderline. Il était une fois un homme qui rentrant d’une fête, voit à deux doigts de chez lui, une voiture renversée. Il s’approche pour constater qu’il n’y a aucun occupant. Quand tout à coup non loin, une femme hagarde, tient son bébé mort dans ses bras. Les secours viendront. Mais ça ne s’arrêtera pas là. Quelques jours encore et cette femme se trouvera dans son jardin. Pris d’empathie, il tentera de lui apporter consolation. Pendant ce temps, le père du bébé défunt est sur la trace de son ex. On ne vous dit pas la suite, mais sachez que vous trouverez votre vie beaucoup plus simple que celle du protagoniste dont la vie aura été bouleversée par un fait divers. Pour ses premières armes comme écrivaine elle frappe mort la romancière. Un nom à retenir.

Borderline. Jessie Cole. Actes Sud 283p.      www.actes-sud.fr


 


 


Concernant la future première puissance du monde

Autrefois à la petite école, on achetait la photo d’un petit chinois que l’on payait 25 sous pour lui venir en aide. Eh bien parti comme c’est, quel revirement de situation, car si la tendance se maintient, ce seront les petits chinois qui achèteront nos photos pour nous secourir. En effet, la Chine est en passe de devenir la prochaine première puissance mondiale. Il fallait voir cette semaine dans un reportage, des petits chinois qui viennent en immersion aux États-Unis pour vivre à l’américaine, avec un agenda caché qui est de nous asservir plus tard. En tout cas tout ce préambule pour vous signifier la sortie de La Chine conquérante de Jacques Gravereau. Grand expert de l’Asie contemporaine, Cet essai sous forme d’enquête est indispensable pour qui s’intéresse à cette superpuissance. Il décrypte les codes locaux afin que nous soyons bien imprégnés par cette civilisation qui se perd dans la nuit des temps.

La Chine conquérante. Jacques Gravereau. Eyrolles 281p.   
www.editions-eyrolles.com


 


 


L’histoire parfumée de Guerlain

Elle a un nom à particule Élisabeth de Feydeau et en historienne, vous un culte à la parfumerie. Elle nous a déjà  offerte une biographie du parfumeur de Marie-Antoinette, Jean-Louis Fargeon et d’un magistral livre de référence « Parfums, histoire, anthologie, dictionnaire »  Dans cette lignée de nous faire connaître davantage ce monde magique, c’est cette fois à l’histoire de la famille Guerlain qu’elle nous convie. De Pierre-François Pascal Guerlain (1798-1864) le fondateur et toute sa descendance.  Le père de ce dernier était entre autres vendeur d’épices. Sans doute la raison pour laquelle le fiston a été vite imprégné de la connaissance des odeurs. Nous avons devant nous un merveilleux cours sur la transformation du parfum en mode artisanal en véritable industrie de la parfumerie. Et les Guerlain y sont pour beaucoup. On voit des photos de ces représentants de cette dynastie flamboyante, tels des dandys qui conféreront un certain esprit à la Troisième République et la Belle Époque, du moins une senteur chez les grands bourgeois capables de s’offrir ces trésors olfactifs.

Guerlain. Élisabeth de Feydeau. Flammarion 341p.    


 


 


Retour sur un crime sordide

Elle avait 14 ans, se nommait Sandra Gaudet et un avenir prometteur se profilait à l’horizon. Mais sa destinée s’arrêta tragiquement à cet âge là, alors qu’à Val d’Or, un ou des loups faits hommes vont lui faire subir les pires outrages pour finir leur sinistre besogne en l’étranglant. On découvrira son corps le 12 mars 1990. Il faudra des coupables. Et la vindicte populaire désignera deux coupables, Billy Taillefer et Hughes Duguay. Ce qui fait la mouture de Meurtriers sur mesure, l’énigme de Val d’Or écrit par le réputé criminaliste bien connu Jean-Claude Bernheim c’est que toute l’accusation est cousu de fil blanc et même pire encore d’un grossier déni de justice, reconnu par la Cour suprême du Canada, qui finira par l’acquittement de l’un et la libération de l’autre. L’auteur a en sainte horreur les manipulations en justice et a d’ailleurs déjà écrit sur le sujet des erreurs judiciaires. Il croit à l’innocence complète des deux inculpés qui auront vu leur vie gâcher. Ce livre est le fruit d’années de recherche et il a tout passé au peigne fin. A-t-il une conclusion sur le ou les véritables auteurs du crime ?  On ne vous en dit point mot pour ne pas gâcher votre plaisir. Vous voudrez le lire d’une traite tellement les rebondissements sont nombreux.

Meurtriers sur mesure, l’énigme de Val d’Or. Jean-Claude Bernheim. Préface de Me Jean-Claude Hébert. Presses du Méridien 352p.    www.groupeeditions.com


 




 


Deux BD rue de Sèvres à ne pas ignorer sous aucun prétexte

Ah cet Adolf Hitler qui ne fait pas que faire encore couler de l’encre, il alimente même les bédéistes comme le duo formé par Olivier Vatine et Lewis Trondheim qui signe et illustre le tome 2 de Infinity 8 Retour vers le Führer aux éditions rue de Sèvres. L’aéronef spatial poursuit une autre mission et on va atterrir dans une autre sphère où on va retrouver Hitler qui fantasme à l’idée d’ériger un 4ème Reich. Nous sommes en plein délire de fiction. On s’amuse beaucoup car le leader nazi en prend plein la figure.

Toujours chez le même éditeur un autre épisode d’Infinity 8 intitulé Romance et macchabées. A la différence que si Trondheim est toujours à la scénarisation, nous trouvons cette fois comme illustrateur Dominique Bertail. Le vaisseau spatial va cette fois rencontrer des problèmes de croisière, heurté qu’il est par des amas d’artefacts. On sait que le cosmos est jonché de débris laissés par les précédentes explorations spatiales. Et qui présentent moult dangers, en raison aussi de leur force de frappe. Il va donc falloir aller à la source du problème. Et oh surprise des macchabées surgissent…Étrange ? Vous êtes en dessous de la vérité. Attendez de voir.


 






 


Le coin santé physique et psychique (1)

Les sept titres qui composent ce premier volet du coin santé physique et psychique el sont tous aux éditions Macro. Norman Walker prêcher a posteriori par l’exemple car il est mort à 99 ans. C’était un pionnier de l’alimentation végétarienne. Il nous laisse entre autres comme héritage Les jus de fruits et de légumes frais qui d’abord les répertorie et nous donne pour chacun leur propriété. D’ailleurs en fin d’ouvrage vous avez un tableau détaillé. Dans le genre c’est devenu une référence. Et on verra qu’il y a bien autre chose que les jus d’orange et de tomates.

Se débarrasser des métaux toxiques est un titre intriguant. Écrit par le Dr. Fiamma Ferraro il a été élaboré pour guérir et prévenir les effets nocifs par le biais d’un traitement par chélation. Du chinois ? C’est que pollution n’aidant pas, nous absorbons à notre insu des particules toxiques, carrément des matériaux qui on s’en doute bien,  hypothèque notre métabolisme. Et avec le temps il se forme pourrait-on dire une sédimentation. Il faut donc s’en débarrasser. D’où la méthode thérapeutique prônée dans ces pages.

Dans la collection « Savoirs anciens » un livre incontournable écrit par Lumira originaire du Kazakhstan et vivant en Allemagne et doué du don de guérisseuse chamanique. Elle a développé une méthode avancée d’auto-guérison et de régénération dans Le pouvoir de guérison spirituelle. L’ouvrage explicatif est complété par un CD d’exercices d’une durée de 43 minutes. Il est question de cinquième dimension et de médecine de lumière.

Les menstruations demeurent un sujet tabou. On l’a vu tout récemment alors que l’humoriste québécoise Claudine Mercier en a fait une composante de l’un de ses sketchs qui a mis mal à l’aise son auditoire. Et pourtant il n’en a pas toujours été ainsi. Miranda Gray dans Lune rouge se fait fort de rappeler que dans des temps anciens, le cycle menstruel était considéré comme l’énergie féminine renouvelable et source positive. Elle traite des forces du cycle féminin. Il est entendu qu’elle ouvre les portes d’une connaissance refoulée.

David Icke débarque avec un énorme pavé titré Race humaine lève-toi. Et qui est fondée sur une théorie choc, à savoir que la Lune telle que nous la connaissons, n’est pas un corps céleste. Ce serait un vaisseau spatial gigantesque sur lequel vivent des extraterrestres manipulateurs de l’humanité. A lire ça de cette façon on pourrait croire aux élucubrations d’un illuminé. Au contraire, sur plus de 800 pages il étaie sa démonstration et au final on reste interloqué. S’il disait vrai. Car à le lire il y aurait deux types d’humains, ceux qui se reconstruisent par leur volonté et dépendant de l’énergie lunaire et d’autres du genre « orwellien » et manipulés.

Des exercices oculaires. Voilà ce que propose Wolfgang Hätscher-Rosenbauer dans Une excellente vue constitué de 80 planches colorées pour renforcer l’acuité visuelle et un mode d’emploi. La reliure en spirale facilite la consultation.
Cyndi Dale est une autorité en matière d’anatomie énergétique. Comme il se publie une importante littérature sur le sujet, elle a décidé de créer une grande encyclopédie du domaine et qui a pour nom Le corps subtil. Tout ce que vous voulez savopir le Qigong, le Reiki, la Kabbale, est contenu dans ces pages. En somme c’est la guérison holistique présentée dans toutes ses déclinaisons et dont les thérapies remontent à des temps immémoriaux.


 








 


Le coin santé physique et psychique (2)

Deux livres du plus grand intérêt sortent chez Liber. Le premier La greffe de tête de Philippe St-Germain s’appuie sur l’histoire d’un neurochirurgien italien Sergio Canavero qui il y a deux ans, annonça au monde entier, son projet de la greffe d’une tête. Beaucoup virent en lui une sorte de créateur à la Frankenstein. Ce n’est pas la première fois que l’auteur, qui est professeur de philosophie au collège Ahuntsic s’intéresse au sujet de la greffe. On se souviendra de son livre « L’imaginaire de la greffe. Le même et l’autre dans la peau ». Explorant le projet du chirurgien italien, il tire des réflexions propres à ce que doit être la démarche d’un philosophe, pour en tirer des conclusions qui nous éclairent encore plus sur le rapport que nous entretenons avec le corps.
Puis Bernard Andrieu arrive avec Se fondre dans la nature « Figures de la cosmose. Cosmotique 1 ». La cosmotique contrairement à à la cosmétique qui décore les peaux, est l’analyse de la profondeur du cosmos et du rapport de l’homme avec la nature. Comme on entre ici dans un traité un peu hermétique et comme nous ne voulons pas trahir l’intention et bien la saisir, nous allons citer pour une rare fois la quatrième de couverture. « Faire corps avec la nature, est-ce une disposition ou une sensation ? En se fondant dans l'élément, le retour à la nature paraît s'accomplir : intensité, pureté et authenticité seraient les vertus de la nature. Qui peut pourtant nous absorber jusqu'à nous anéantir : présumant de nos forces vitales, notre corps vivant trouve des limites à son adaptation dans le tsunami, la faim ou la sécheresse. Mais dans la nature notre corps peut aussi éveiller en lui des ressources inédites et des émotions : en nous rendant plus vivants, la cosmose immerge notre corps dans le cosmos et éveille la vie capacitaire. »  Comme l’ouvrage précédent, l’auteur est également philosophe et professeur à l’Université Paris-Descartes.

Les deux titres suivant paraissent aux éditions Érès. Dans son désir de faire comprendre la démarche psychanalytique afin que de la doctrine on n’aboutisse point à une lettre morte, il prolonge son enseignement sur papier. Avec le psychanalyste l’homme se réveille. Décédé en 2013 ce psychanalyste renommé était membre du Cercle freudien. Beaucoup de praticiens peinent à vouloir enseigner ce qu’ils font. Une sorte de crainte de la transparence. Grignon ne s’embarrasse pas de tels freins didactiques. Il dit à l’humain qu’il est bon de consulter pour aller forer là où ça fait mal et ensuite se réveiller.

Aider les enfants à échapper aux séquelles de la précarité économique, voilà le propos de Chantal Zaouche Gaudron professeur de psychologie de l’enfant à l’Université de Toulouse Jean-Jaurès avec la participation d’une de nos compatriotes Annie Devault professeur titulaire au département de travail social de l’Université du Québec en Outaouais et Olivia Troupl maître de conférence en psychologie du développement au même établissement que l’auteure principale de la recherche. Dans un premier temps on présente les dommages directs et collatéraux d’un environnement fait de pauvreté pour l’enfant. Ensuite on présente les leviers qui permettent de recevoir de l’aide.

La mort au même titre que le sexe, demeure un sujet tabou. A preuve, combien n’ont pas encore fait de testament. On préfère passer à un autre sujet. Et pourtant les fins dernières sont inéluctables. Et encore les avenues pour passer de vie à trépas sont maintenant placées sous le signe de la diversité avec le choix de mettre fin à ses jours et l’accompagnement à mourir. Justement tombe à point nommé un petit bouquin fort éclairant sur la question, L’accompagnement à mourir d’Éliette Boisvenue détentrice d’un baccalauréat en psychologie et d’une maîtrise en service social. Elle a répertorié une série de cas vécu où chacun vit la mort. Avec de belles leçons de résilience. Il apaisera ceux qui se tourmentent concernant leur propre fin. C’est publié chez le Groupe éditions.

Du même éditeur et cette fois signé par le neuropsychiatre Willy Fliesen « L’agressivité humaine et les attentats djihadistes ». Encore là, on ne peut être plus d’actualité. Tout dernièrement, au cours d’une interview, un reporter de guerre lança cette terrible conclusion, à savoir que dans son fond de commerce, il y a des hommes qui aiment faire la guerre et en éprouve des jouissances. Ça explique sans doute en partie pourquoi des jeunes occidentaux se radicalisent pour aller tuer au Moyen-Orient où commettre des attentats en sol européen ou américain. Partant du fait qu’il reconnaît en l’homme une part d’agressivité intrinsèque, il se fait fort de condamner la violence qui s’éradique à partir du moment où l’homme se contrôle, ce qui exige une grande force intérieure. Et oubliez la question de l’éducation parentale, des êtres très violents sont nés de milieux dits sains. Il conclut avec optimisme toutefois que le terrorisme ne menant nulle part, il perdra de l’intérêt et qu’il prendra fin.

Aux presses du Méridien, un sonneur d’alarme médical Maurice Nicole en collaboration avec Katherine Dupont cosignent Tuer le cancer, tuer le patient. Le premier est naturopathe et expert en naturopathie, la seconde issue du monde des communications et qui a rendu le contenu plus accessible au commun des mortels. Ce n’est pas un brûlot contre la médecine classique, car le livre reçoit même l’approbation de la docteure Louise Comeau qui a noté que l’objectif de la démarche est de montrer à la personne atteinte, qu’il y a en elle, un potentiel de ressourcement énergétique. Et l’auteur principal de recommander des traitements alternatifs qui viennent non pas supplanter mais compléter les traitements classiques.


 






 


Le coin santé physique et psychique (3)

Deux titres chez Québec-Livres. Madeleen DuBois remporte la palme à titre de première conférencière au Québec. C’est une coach de vie renommée et le démontrer encore une fois avec De la chenille au papillon qui se veut en quelque sorte comme un cours de préparation à l’Au-delà. En même temps qu’une célébration de la vie présente. Elle voit la mort comme une transition que l’on se doit de bien envisager et avec le plus de sérénité possible. Ailleurs ils se sont mis à quatre Danie Beaulieu, Ginette Larose, Chantal Mongeon et Liza Murphy-Lefebvre pour accoucher d’Apprendre par cœur un assemblage de 50 projets pour engager les élèves dans leurs apprentissages. On aura compris que ce traité est destiné aux éducateurs. Et pour preuve de l’avancée de ces méthodes didactiques, ils ont même puiser dans la sagesse orientale.

Parlant de sagesse extra occidentale, voici deux livres qui sortent aux éditions Almora, Shankara et la non dualité de Michel Hulin et  « Avant je suis ». de Mooji. Shankara qui est l’objet du premier bouquin, est rien de moins que le plus grand philosophe de l’Inde, qui vécut au VIIIème, qui engagea une réforme des textes anciens de l’hindouisme qui l’ont précédé et qui à son tour influencera l’hindouisme après lui. Et son biographe se fait fort de souligner qu’on ne peut pas comprendre la pensée orientale sans en référer à son enseignement. Le deuxième penseur Mooji, vit toujours (né en 1954). Sa sagesse est apaisante. On le voit bien à la lecture des dialogues engagés avec des novices et dans lesquels il répond sans filtre à toutes les interrogations qui lui sont posées sur le sens de la vie. On appréciera entre autres sa conception de la souffrance, qui se vit souvent de deux façons.  

Aux éditions du Dauphin Blanc, Mélisa Beaudry qui est styliste et chroniqueuse de mode notamment à V-Télé a compris depuis longtemps que le vêtement est un plus dans la gradation de l’estime de soi. Et que l’acte d’achat de vêtements relève carrément du domaine de l’émotion. La théorie de la garde-robe qu’elle nous livre est un ensemble de situations liant des individus à leur apparence vestimentaire et comment ils veulent bonifier leur personnalité.



ARTICLES ANTÉRIEURES


2017 |
janvier | FÉVRIER

2016 :
janvier |
février | mars | avril | mai | juin | juillet | août | septembre | octobre | novembre | décembre

2015 |
janvier février | mars | avril
| mai | juin, juillet & août | septembre | octobre | novembre | décembre