- LIVRES MAI 2015 -
 
 


 


Quand on ne vous aime plus

Dur, dur d’être largué par celle qui a partagé votre vie durant sept ans. C’est ce qui arrive à Benjamin Chambertin « remercié » de ses services par Julie. Identique à un K.O. à la boxe.  Surtout que ces deux là c’était béton. Lui, devenant son mentor au lit (elle avait quinze ans, lui vingt-cinq) puis la pilotant dans sa passion pour le cinéma. Elle fera de même avec lui pour ce qui est de l’art contemporain. Julie au loin et c’est le début d’une dérive sans but pour le malheureux. Mais il se fait le pari de trouver une remplaçante sur un site de rencontre. Un peu en jouant comme un coup de dé, question de provoquer le destin. Et c’est ça qui sera en quelque sorte la lumière au bout du tunnel, l’espoir. On a tué tous les Indiens marque l’arrivée dans le monde des lettres de Jules Gassot. Et pour un baptême c’est fichtrement bien réussi. Retenez ce nom. On risque de réentendre parler de lui.

On a toué tous les Indiens. Jules Gassot. Robert Laffont 262p.    www.laffont.fr



 


 


Mérance, seize ans, apprentie apothicaire

La saguenéenne d’adoption Stéphanie Tétreault a un imaginaire débordant. Cette jeune romancière au sourire dévastateur nous transporte dans le Poitou du XVIIème siècle, à la rencontre de Mérance Duvernay. Cette adolescente a hérité de sa mère défunte du don de guérisseuse. Ce qui est loin de plaire à son paternel qui est pasteur de confession protestante. Un homme ferme sur les principes qui a une autre visée pour sa fille. Il veut qu’elle prenne un médecin comme époux. Se sentant comme prise dans un étau, elle va fuir le foyer familial pour aboutir chez un apothicaire. Qui va le prendre sous son aile et lui enseigner l’ABC de son savoir. Tout ceci serait de bon augure, si ce n’est que le brave homme meurt. L’apprentie apothicaire se voit donc dans l’obligation de reprendre ses errances. Mais un ange veille sur elle qui mettra sur sa route de bonnes âmes. La protégée de l’apothicaire est un beau roman historique. On voit que l’auteure s’est bien documentée sur l’époque qu’elle fait revivre avec talent.

La protégée de l’apothicaire. Stéphanie Tétreault. Les éditions JCL 552p.    www.jcl.qc.ca



 


 


Un beau cours sur l’histoire de l’Arménie

Le centième anniversaire du génocide arménien est commémoré de diverses façons avec l’espoir ultime que la Turquie reconnaisse d’avoir orchestré ce grand crime contre l’humanité. Une importante littérature a été publiée en marge de cet événement tragique en guise de devoir de mémoire. Mais nous retenons votre attention parmi cette pléthore de titres sur L’Arménie au cœur de la mémoire d’Hélène Kosséian. Le mérite de cet ouvrage est de faire une synthèse de la grande histoire de ce pays qui au cours de son histoire a défié grecs et arabes. C’est un cours 101 sur ce qu’est la civilisation arménienne avec ces figures illustres tel Calouste Gulbenkian un magnat du pétrole qui va lancer l’exploitation de l’or noir dan tout l’empire Ottoman. On sort de ce livre encore plus intelligent et c’est le plus beau compliment à faire au bouquin, qui après coup nous permet de comprendre en quoi le génocide arménien est à mettre sur le compte des horreurs de l’humanité.

L’Arménie au cœur de la mémoire. Hélène Kosséian. Éditions du Rocher 208p.      www.editionsdurocher.fr



 


 


Une rencontre rédemptrice

Les tours opérateurs vont devoir une fière chandelle à Brigitte Morel qui met sur le compte des forfaits de voyage tout inclus, la possibilité de rencontrer l’amour qui peut tout. C’est que la romancière qui est aussi on le sait une brillante comédienne a situé son histoire L’infini des possibles dans un décor paradisiaque des Caraïbes. Clara, le personnage central, se rend dans une formule justement « tout compris » pour refaire le plein car sa vie, est à ses yeux, désespérante. Et là elle va rencontre l’Être qui va apaiser cette femme tourmentée.  C’est une histoire toute simple qui se veut un roman sur l’espérance. Qu’il ne faut jamais abandonner. Une lecture en somme qui fait du bien.

L’infini des possibles. Brigitte Morel. Le Dauphin Blanc 178p.    www.dauphinblanc.com



 


 


Histoire sociopolitique de l’Acadie du Nouveau-Brunswick

Au contraire du Québec qui a de vives difficultés à s’accommoder de la fédération et dont certains croient que seule la séparation permettra d’affirmer son identité, la communauté acadienne du Nouveau-Brunswick a réussi le pari à proclamer haut et fort son identité et à obtenir beaucoup de choses des autorités dominantes politiques. Michelle Landry professeure de sociologie à l’Université de Moncton, campus de Shippagan nous fait la démonstration de ce qui s’est passé. On doit évidemment au gouvernement libéral de Pierre-Elliot Trudeau d’avoir donné le coup d’envoi à l’affirmation identitaire des minorités linguistiques au pays. Et la culture acadienne en a largement profité.

L’Acadie politique. Michelle Landry. Presses de l’Université Laval 158p.    www.pulaval.com



 




 


Deux opus d’exception chez Gallimard

Une belle cuvée venant de Gallimard cette semaine. D’abord l’académicien Jean-Christophe Rufin signe Check-Point. C’est un roman qui niche dans le créneau de l’aide humanitaire, mettant en vedette une jeune femme de vingt et un an, Maud. La nature l’a bien dotée et sa beauté lui ouvrirait sans doute des portes dans un monde de facilité, une belle union par exemple ? Nenni. Elle va plutôt prendre la route, elle au volant d’un quinze tonnes, dans la Bosnie en guerre. Et en cours de route, les quatre hommes virils à souhait, qui l’accompagne vont sentir lui exprimer à tour de rôle leur ressenti. Et le romancier de poser cette question existentielle, à savoir s’il faut parfois prendre les armes pour que cesse la souffrance infligée aux hommes ? Rufin c’est la maestria incarnée de l’art de raconter. Il est à son zénith.

De son côté Alexandre Postel fait notre bonheur avec un court roman L’ascendant. Qui narre les tribulations d’un vendeur de téléphones mobiles qui d’une part apprend la mort de son père avec lequel il avait des rapports distanciés. C’est à lui qu’incombe la tâche d’exécuteur testamentaire. Il est héritier donc mais avec la maison familiale il va y avoir un boni de taille non prévu au testament. Et c’est cette découverte qu’il décrit à une psychiatre. La beauté de l’exercice c’est qu’on part avec quelque chose de simple, mais qui en cours de route va se compliquer drôlement.



 


 


Deux p’tits nouveaux dans la collection Biblio

Chez Fides, la collection Biblio s’enrichit de deux nouveaux titres. On retrouve de François Barcelo « Vie de Rosa ». Publié en 1996 chez Libre Expression, ça raconte une jeune fille qui vit entre l’Anse-à-Côté et le village de Saints-Anges-des-Monts. C’est une fille de pêcheur qui un matin va choisir le sentier que représente la plage et où elle est assurée que son charme fera merveille. Mais au-delà du charnel ce sont des rencontres et des interrogations métaphysiques. L’auteur a déjà dit que de toute son œuvre il souhaiterait que l’on se souvienne de ce titre. D’autre part La mémoire des mots de Jacques Boulerice est centrée sur le thème de la maladie d’Alzheimer. Une femme en est atteinte et connaît plus que tout autre le poids des mots. Elle partage sa réflexion avec son fils écrivain. Ce roman a vu le jour en 2008 chez Fides.



 


 


Une réflexion sentie sur la beauté

A l’ère du numérique et dans un tout autre univers que la civilisation gréco-latine, que peut prendre le sens du mot beauté dans un univers où la technologie domine ?  Pierre Raphaël Pelletier qui porte la double casquette d’artiste visuel et d’écrivain soliloque dans un petit opuscule riche de sens La beauté exulte d’être si rebelle. Il se fait philosophe. Et saluons l’éditeur d’avoir typographié les textes un peu comme on le fait pour la poésie.

La beauté exulte d’être si rebelle. Pierre Raphaël Pelletier. Éditions David 97p.    www.editionsdavid.com



 


 


Pour découvrir Montréal

Les éditions Ulysse nous donne à découvrir la métropole avec cette édition de Montréal. Qui si elle est destinée aux touristes, autorise aussi les nôtres à la parcourir pour découvrir les richesses qu’elle recèle. Et serait bien avisé celui qui pourrait comme ça nous dire qu’elle est la superficie de l’île de Montréal ? 482 kilomètres carré et la ville elle-même compte maintenant 1,7 million d’habitants. C’est dans les toutes premières lignes de l’ouvrage. Et plus vous avancez et plus vous faites des découvertes. Dans le créneau des guides touristiques c’est une référence inégalée.

Montréal. Ulysse 340p.    www.guideulysse.com



 


 


La vie gay à Montréal d’avant le Village

Jean Chapdelaine Gagnon aurait pu décrire ce qu’était la vie homosexuelle à Montréal entre les années soixante-dix et quatre-vingt, sous la forme d’un livre d’histoire sociale. Il a plutôt choisi le biais de la poésie pour raconter l’âme du vécu gay dans le night life de l’Ouest de la Ville. Ce sont des strophes coups de poing qui ne font pas dans la dentelle, car le milieu en question est très dur. Extrait d’Hallali « Les chacals ne se déplacent pas tous  à trois quatre pattes leur queue molle ou dressée rase la charpie de feuilles compost trempé du lait des petites morts galvaudées ».

Hallali. Jean Chapdelaine Gagnon. Le Noroît 72p.   www.lenoroit.com



 


 


Le sida dans la paradisiaque île Saint-Martin

C’est une véritable anthropologie médicale dans un coin des Antilles que nous présente Catherine Benoît anthropologue et professeur au Connecticut College. C’est une approche polyvalente qui est présentée dans Au cœur des ténèbres de la friendly island. Il est question en l’occurrence de l’île paradisiaque de Saint-Martin, la partie française. L’étude qui s’est étendue de 1994 à 2012 a analysé l’environnement des personnes atteintes du VIH avec pour cadre le Centre hospitalier Louis-Constant-Fleming. Elle observe diférents itinéraires et le sort douloureux réservé aux migrants.

Au cœur des ténèbres de la friendly island. Catherine Benoît. Presses de l’Université Laval 207p.       www.pulaval.com



 


 


Les enjeux de l’interprétation de la pensée

Il n'est pas de pratique scientifique sans prise de risque et l'historien des idées philosophiques a en permanence à tenir et à ajuster ensemble ces deux fils du devenir autonome d'un texte et de son ancrage dans un terreau conceptuel sans lequel il meurt et à partir duquel seul il peut s'hybrider. Ainsi, la robustesse d'une idée ou d'un énoncé se testent aussi bien dans la structure dans laquelle ils prennent sens, que dans les différentes lectures qui les réinvestissent et les déforment, en en réfractant en retour d'autres possibles.
 Tel est le propos de cet essai érudit Les arts de lire des philosophes modernes sous la direction de Delphine Antoine-Mahut, Josiane Boulad-Ayoub et Alexandra Torero-Ibad. Si lire c'est s'engager, c'est-à-dire penser en se réappropriant, alors un des effets inattendus de cette réflexion sur les arts de lire des philosophes modernes pourrait être la mise en question critique, au sens large du terme, de notre propre actualité culturelle, comprise comme stock de méditations et lieu renouvelé de réceptions inaperçues comme telles.

Les arts de lire des philosophes modernes. Collectif. Presses de l’Université Laval 355p.   www.pulaval.com



 




 


Le coin santé physique et psychique

Deux titres sortent aux éditions du Dauphin Blanc. Soyez un ange, dites adieu au fouillis! Désencombrer une maison est une façon de se discipliner aussi l’esprit. Jacky Newcomb nous renvoie le miroir de nos habitudes de consommation qui en bout de piste font que l’on cumule toutes sortes de choses inutiles sous le prétexte qu’un jour cela pourrait servir. D’ailleurs dans les centres de désintoxication comme au Betty Ford Center ou plus près de nous au Portage, la première chose que l’on inculque aux résidents est de faire le ménage au quotidien. Puis Line Chauvin avec 52 textes nous exhorte à Déplacez les montages! Elle endosse le rôle de motivateur pour nous rappeler que la vie est faite de hauts et de bas et de ne pas céder à la tentation du découragement. Ses paragraphes sont entrecoupés de citations diverses qui viennent appuyer ses dires.

Les quatre titres qui suivent sont publiés aux éditions Québec-Livres. David Varner qui a nous a donné ce titre percutant « Communiquer avec les morts » s’intéresse cette fois à la Lune. On sait comment elle agit sur les marées. Mais ça va beaucoup plus loin. C’est toute une éducation à la culture lunaire que cet ouvrage Les effets de la Lune. On parle de cet astre et ses conséquences sur nos insomnies, le calendrier lunaire et les combinaisons astrologiques. Bref tout ce qu’il faut savoir à son propos et que vous n’osiez pas demander.

Dans un autre registre, ce sont deux naturopathes, Céline Adam et Mario Chaput qui signent à quatre mains Traitements naturels par la désintoxication personnalisée. Il est essentiellement question dans ces pages des toxines et de l’inflammation. Il va de soi que la question alimentaire est au cœur du propos et comment une saine gestion à cet effet va contribuer à régénérer l’organisme. Alicia Hart nous initie aux découvertes du docteur anglais Edward Bach qui en homéopathe de pointe avait par ailleurs classifié les essences des fleurs qu’il servait à des fins curatives.  Cela donne Les élixirs du docteur Bach. Le médecin, qui devait acquérir une réputation mondiale en est arrivé à 38 préparations du genre. Et les applications faites sont sous le mode de la diversification, voie buccale, topique, incorporé au bain ou en atomisation sur le corps. Tout un univers à découvrir.

L’importance du père dans la vie des filles n’est plus à démontrer. Et la lecture de Filles sans père de la psychologue et psychanalyste Louise Grenier renforce cette conviction. Pour des motifs très différents, le géniteur peut apparaître comme absent ou l’être réellement. Avec pour conséquence une déstabilisation marquée chez la fille qui sera dès lors en recherche de cette présence masculine manquante. Cet ouvrage qui fait référence passe en revue toutes les situations possibles et ses effets corollaires.



 


 


Les effets désastreux des accords de commerce mondiaux

C’est un petit brûlot qui va ouvrir les yeux à bien des gens, et qui fait le bilan des vingt ans qui ont suivi la création de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Commerce mondial : la démocratie est un collectif placé sous la direction d’Inès Trépant et Paul Lannoye. Il rassemble un aréopage de penseurs venant de tous les horizons. Et qui aboutit au constat que les accords de libre-échange dans le monde se font au détriment des travailleurs. On donne l’exemple de l’Indonésie où travaille 45 millions de gens en forêt, où on a répertorié pas moins de cinq mille conflits locaux au sujet du commerce de l’huile de palme. Et le Nord écrase encore plus le Sud quand il ne s’en prend pas à ses propres populations. Passionnant pour vérifier jusqu’où se rendent les puissances de l’argent.

Commerce mondial : la démocratie. Éditions Yves Michel 173p.    www.yvesmichel.org



 


 


Un chirurgien honni

Depuis sa longue carrière de chef d’antenne au journal télévisé français, Patrick Poivre d’Arvor a très bien réussi sa reconversion dans le monde de la littérature, où chacune de ses sorties littéraires ne passe pas inaperçue. On se souviendra que « L’Irrésolu » lui a valu en l’an 2000 le prix Interallié. Avec Un homme en fuite qui nous arrive tout chaud des presses, nous sommes devant un roman dense, ne serait-ce que par son sujet, un chirurgien insomniaque et ne détestant pas les ivresses de l’alcool qui en pleine opération perd la boule et s’effondre. Ce spécialiste de la malformation cardiaque chez les tout-petits voit du jour au lendemain sa carrière quasi ruinée. Quasi car dans les errances qui vont suivre, sa route va croiser celle d’un jeune autiste qu’il va sauver. Et ce sera la remontée. Nous vous faisons ici un rapide survol, mais avant chaque étape de cette histoire, qu’est-ce qu’il va en baver le doc. Le romancier est à son zénith. Sans doute la très belle surprise de ce printemps.

Un homme en fuite. Patrick Poivre d’Arvor. Robert Laffont 222p.    www.laffont.fr



 


 


Identifier nos oiseaux par la couleur

L’ornithologue amateur est souvent désespéré de ne pas être capable d’identifier du premier coup un de ces merveilleux volatiles qui peuplent le ciel du Québec. Suzanne Brûlotte dont on apprécie son érudition dans le domaine, propose une approche plus simple, à savoir de les reconnaître par leurs couleurs. Seule condition de réussite, ne pas être daltonien bien sûr. Oiseaux du Québec, identification par la couleur recense ici 180 espèces. Et faites confiance à cette femme qui a déjà derrière elle vingt-cinq ouvrages en la matière. Et parlant de couleurs, il est merveilleux de simplement feuilleter ce bouquin ne serait-ce que pour apprécier les coloris de ces oiseaux sur les photos réalisées également par l’auteure. Oui le monde est beau lorsqu’on lève la tête.

Oiseaux du Québec, identification par la couleur. Suzanne Brûlotte. Broquet 296p.      www.broquet.qc.ca



 


 


Un personnage de cirque inquiétant

C’est le troisième tome de la saga de Francine Allard « Les fantômes de Monsieur Jacques » qui a pour titre Le chapiteau du diable. Nous sommes à Baie Saint-Paul. Le cirque Coréo a décidé d’y planter ses chapiteaux. On verra que Monsieur Jacques, homme de savoir et d’entregent, va en pincer pour Marie-Thérèse qui est la maman du jeune Thomas. Il va inviter celle-ci à dispenser ses connaissances auprès de la trouve du cirque en question. Tout serait presque idyllique, si ce n’était de la présence trouble du personnage de Big Tom et de sa femme Magda, non moins inquiétante. Ils n’ont rien de rassurant, surtout pas avec leurs numéro spéciaux si dérangeants. Comment échapper à leur esprit maléfique, là est la question. Un charmant épisode qui est dans la lignée des deux précédents tomes.

Les fantômes de Monsieur Jacques. Tome 3 Le chapiteau du diable. Francine Allard. Éditions La Semaine 199p.   



 


 


Le conservatisme de la grande région de Québec

Au moment où l’actualité nous apprend que l’ancienne première ministre du Québec, Pauline Marois, a commandé une étude puisée sur sa cassette personnelle mise à sa disposition par l’actuel gouvernement, afin de sonder la mentalité des médias de Québec, voici que nous arrive une étude autrement plus pertinente celle-là réalisée par Frédéric Parent professeur au département de sociologie de l’UQAM. Dans Un Québec invisible il s’attache à scruter les mœurs des habitants de la grande région de Québec. Autant dire que nous sommes dans un monde rural où les forces conservatrices s’opposent à trop d’interventionnisme du gouvernement. C’est une étude à caractère ethnographique qui nous montre que les chicanes de clocher existent toujours. Il y a parfois des accents à la Clochemerle qui font rire. Et on verra que la paroisse joue encore son rôle. Nous recommandons sa lecture à qui veut connaître le Québec profond.

Un Québec invisible. Frédéric Parent. Les Presses de l’Université Laval 281p.    www.pulaval.com



 


 


 De grands amours issus de la Seconde guerre mondiale

Gill Paul a eu cette charmante idée de réunir des couples hors de l’ordinaire qui se sont formés en raison de la Seconde guerre mondiale. Ça donne Histoires d’amour, seconde guerre mondiale. Car dans un conflit d’une telle ampleur on assiste au meilleur de l’homme comme du pire. Et dans ces pages on peut lire de magnifiques histoires qui sont toutes, sauf à l’eau de rose. Comme cette Violette Szabo que l’on voit sur la couverture, femme magnifique comme pas une, avec un sacré tempérament d’après les témoignages de ceux qui l’ont connu. Cette franco-anglaise a marié un soldat d’origine hongroise qui est mort à la guerre. Pour le venger elle entrera dans la Résistance. Elle sera prise dans les filets de l’armée allemande et périra d’une balle dans la tête au camp de Ravensbrück. Et il y a les amours de Coco Chanel avec un officier allemand, la liaison entre le général Eisenhower et celle qui lui servait de chauffeur. Le fameux couple des Aubrac, ces grands résistants entre tous. Bref, des épopées grandioses dont la réalité dépasse l’imagination.

Histoires d’amour, seconde guerre mondiale. Gill Paul. Sélection du Reader’s Digest 191p.    www.groupemodus.com



 


 


Peindre des fleurs à la chinoise

Joan Lok se fait rassurante, il n’est pas nécessaire d’être un dessinateur émérite pour reproduire des fleurs. Et elle nous en donne la preuve avec 40 modèles à peindre dans cet album Peinture chinoise, les fleurs. Étape par étape on débute par des esquisses pâlottes puis on applique les couleurs. Et on se retrouve en toute fin avec de jolies réalisations. De quoi occuper les jours où Dame nature n’est pas à son meilleur.

Peinture chinoise. Les fleurs. Joan Lok. Fleurus 128p.     www.fleuruseditions.com



 


 


La belle histoire des Ursulines

Il est beaucoup question des fêtes du 375ème anniversaire de Montréal en 2017, mais on oublie un autre anniversaire de même durée, celui de la communauté religieuse des Ursulines. Quelle histoire que celle des ces femmes héroïques qui ont contribué à bâtir le Québec d’aujourd’hui. Que nous raconte avec brio la directrice et conservatrice du Musée des Ursulines de Québec, Christine Cheyrou qui est aussi historienne de l’art dans un bel album Les Ursulines de Québec avec en sous-titre « Espaces et mémoires ». Écrit en collaboration avec Julien Mercure-Gouin, et la communauté religieuse elle-même. Quand on pense que leur monastère est classée au Patrimoine mondial de l’Unesco c’est peu dire. Ce qui frappe en feuilletant l’ouvrage, c’est la riche iconographie, certaines photos sont saisissantes telle celle nous montrant une religieuse qui se tient tout près du crâne de Montcalm! D’autres, émouvantes, nous montre le quotidien de ces nonnes d’exception.

Les Ursulines de Québec, Espaces et mémoires. Collectif. Fides 211p.    www.groupefides.com



 


 


Un suspense politique sur l’élimination des adversaires

Dans son dernier roman Marc Dugain nous entraîne dans les méandres de la politique française. Ça donne au final une sorte de thriller politique qui a pour titre Quinquennat. Au départ c’est un candidat de choix, Launay, que l’on voit devenant le prochain occupant de l’Élysée. Pour se faire, on scelle bien sûr des alliances. C’est ce qu’il fera avec un adversaire coriace Lubiak. En cours de route il propose un référendum avec pour point central, une nouvelle constitution. Mais précisons que nous sommes avant l’élection, et les belles alliances d’avant soudainement ne tiennent plus. S’engage entre les deux politiciens une lutte à finir où tous les coups bas sont permis au nom de la démocratie. Là où Dugain marque des points c’est qu’il réussit à vampiriser ce qui peut bien trotter dans la tête de ces gens qui n’ont que la conquête du pouvoir en tête. Et il réussit très bien. De quoi ajouter à votre dégoût du monde politique.

Quinquennat. Marc Dugain. Gallimard 302p.   



 


 


Mémoires d’un ex-journaliste devenu un privé

En réalité Les mémoires de Joss. B est un roman de Thomas Morales. Si vous aimez les histoires de commissaire avec trench-coat et fréquentation de milieux souterrains, vous allez être servi. Son personnage qui parle ici à la première personne, est un ancien journaliste qui est allé dans le sens de sa passion, et il a troqué le clavier d’ordinateur pour passer comme privé ou détective si vous voulez. Il a de la difficulté à mener à bien ses mandats, mais son job le passionne. Et de là à nous raconter ce qui peuple son quotidien. Avec des portraits de gens déjantés. Pute, brocanteur, troublante voyante et tutti quanti. On ne s’ennuie pas une seconde à cette lecture édifiante sur la nature humaine. Le romancier est doublé d’un fin psychologue. Le lecteur, lui, en sort ébloui.

Les mémoires de Joss. B Thomas Morales. Éditions du Rocher 250p.   



 


 


Une femme ordinaire exerçant un métier hors de l’ordinaire

C’est comme ça que décrit Chrystine Brouillet à propos de son personnage fétiche de Maud Graham cette enquêteuse qui a conquit déjà plus de 600 mille lecteurs. C’est proprement phénoménal pour le Québec. Elle nous livre une autre enquête Six minutes. Dans ce cas, ça débute avec la découverte d’un cadavre d’homme, celui de quelqu’un dont le nom ne disait rien aux policiers. Un honnête citoyen. Mais en fouillant davantage, notre limier star va lever le voile sur des cas de femmes violentées. Et comme il est bien dit en quatrième de couverture, si la justice va mettre six mois parfois entre la dénonciation d’une femme menacée de mort par son mari et le moment où celui-ci comparaîtra en justice, il en faut pas moins de six minutes pour que le conjoint possédé parvienne à étrangler son épouse, d’où le titre du roman. Et Maud Graham a à cœur la protection des femmes fragilisées. C’est encore une fois une romancière au zénith de son talent qui se déploie et qui accouche d’une histoire structurée qui plaira d’office.

Six minutes. Chrystine Brouillet. Druide 311p.     www.editionsdruide.com



 


 


Un couple passé au scanner

Pour ceux qui ne le connaisse pas encore Arno Geiger est un auteur germanophone les plus en vue de l’heure. Tout sur Sally commence par un cambriolage dans une résidence en banlieue de Vienne. Y vivent, Alfred et Sally. Lui est dévasté par cette intrusion qu’il assimile à un viol, tandis que madame prend ça assez légèrement en somme. En plus cette dernière va se farcir une liaison avec le meilleur ami de son mari. Air connu. Mais le conjoint commence à se poser de sérieuses questions au sujet de celle avec qui il est en couple depuis trois décennies. On connaît quelqu’un demain, a dit le philosophe. C’est vrai. Et se déroule sous les yeux du lecteur une analyse quasi clinique de ce qu’est le rapport homme femme, fait d’un archipel de compromis. Parfois des vies sont policées pour masquer de plus grandes vérités inavouables. Ce roman est une belle surprise printanière.

Tout sur Sally. Arno Geiger. Gallimard 374p.



 


 


Une ode à l’amitié féminine

Un cliché récurrent veuille que les femmes demeurent incapables de la moindre amitié entre elles, en compétition constante entre elles. Voici une lecture qui est un sérieux démenti. Reine de Françoise de Luca. Y a-t-il une part d’autobiographie là dedans puisque la narratrice est partie vivre quelques années en Polynésie tout comme l’auteure ? Bref, celle qui parle à la première personne reçoit avec surprise un appel de Reine une ancienne amie qu’elle avait perdue de vue depuis près de dix ans. Elle est enchantée, se rappelant tout de même que c’était une amitié en dents de scie. D’ailleurs à la fin de leur relation il y avait eu un froid. Mais elle est tout de même ravie de ces retrouvailles qui seront de courte durée car Reine mourra quelques mois plus tard. Les pages qui vont suivre sont un rappel de ce que fut cette relation qui est au fond un hymne à l’amitié féminine. L’écrivaine a une sensibilité exquise pour traiter des choses de l’affect, qui donne du relief à cette littérature haut de gamme.

Reine. Françoise de Luca. Marchand de feuilles 217p.



 


 


Le drame d’un workaholic

Alexandre Lacroix ne pouvait être plus pertinent avec ce roman qui tient presque du documentaire L’homme qui aimait travailler. Car c’est le descriptif de cette sorte d’individu, aliéné au possible, qui ne vit que pour et par l’entreprise qui l’emploie. On en connaît plein de ces gens serviles qui ne font que répondre au credo patronal de la performance. Sommer bosse pour un fabricant de biscuits. Il ne compte plus les heures au travail. Tout son univers tourne autour du boulot. Un gars complètement dingue mais il est le seul à ne pas le savoir. Jusqu’au jour où cette mécanique va connaître un raté dont on vous laisse le soin de le découvrir. C’est au départ une comédie mais qui en réalité est une histoire d’horreur. Une jolie dénonciation de ces forçats volontaires qui empoisonnent notre quotidien.

L’homme qui aimait travailler. Alexandre Lacroix. Flammarion 170p.  



 


 


Paris dans les pas des écrivains

C’est une petite collection absolument délicieuse aux éditions Alexandrines « Le Paris des écrivains ». L’idée est de montrer à quel point ces écrivains choisis ont fait l’esprit de la Ville Lumière. Quatre titres paraissent qui augurent bien pour l’avenir de cette collection. Le Paris de Dumas de Claude Schopp (rappelons qu’Alexandre Dumas avait hérité du surnom de Roi de Paris) Le Paris de Cocteau de Dominique Marny, Le Paris de Prévert de Danièle Gasiglia-Laster et Le Paris de Modiano (prix Nobel de littérature comme on sait) de Béatrice Commengé. Attention, bien qu’en apparence on a l’impression d’avoir affaire à des guides touristiques du Paris intellectuel, ce n’est pas ici une succession d’adresses visitées par ces personnages, mais bien des monographies de carrière qui ont tous pour cadre la capitale française.  Excusez le jeu de mots facile, mais ces biographes ont réussi, le pari, de synthétiser de grandes vies en si peu de pages, un vrai tour de force.



 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

Voici deux titres aux éditions du Souffle d’or.  Le Dr. Constance Yver-Elleaume est une pionnière des soins palliatifs en France. Elle signe Apprivoiser le dernier souffle. Car on le sait, la mort à des douleurs à nulle autre pareille et il n’y a pas de vrai guide pour y faire face, compte tenu de l’élément émotionnel en cause. Elle raconte son parcours de vie et ce qu’elle a vu des derniers instants de vie et ce que le grand départ nous enseigne. Élise Ferran de sn côté fait Peau neuve, je ne cours plus la vie, je la ressens! Ce docteur en anthropologie sociale a connu deux épreuves, un eczéma sévère sur tout son corps et une agression physique en territoire Maya dans le cadre de ses recherches. Cela lui a beaucoup appris sur la notion de résilience.

Les deux titres suivants sont chez Robert Laffont. Sex & Sixty porte la signature de Marie de Hennezel cette célèbre psychothérapeute spécialiste du décès et que François Mitterand appela à son chevet dans ses derniers instants de vie. Elle sort de son champ habituel pour aborder la question de la sexualité chez les sexagénaires. Elle suggère ici une avenue où la sexualité serait plus érotique que pulsionnelle et toute aussi satisfaisante. Un sujet peu exploré car la sexualité des séniors demeure une sorte de tabou. Et elle aborde un chapitre sur le temps à prendre. Ici la lenteur des gestes seraient une source de succès. Ensuite Lolita Sene Débarque avec C. C’est un récit. La lettre C ici fait référence à la cocaïne dont l’auteure a subi l’addiction. Elle le raconte à travers le personnage de Juliette. Cette fille née à Montpellier, qui faisait dans l’événementiel et qui s’est tournée vers des études en commerce, rappelle que dans son milieu amical, la poudre blanche circulait très librement. Et c’est sa curiosité qui l’a entraîné dans ce tourbillon. Juliette est aussi le titre de son blog « Moi Juliette F ».  On appréciera tout au long la grande franchise dont elle fait part.

Ces trois titres sont chez AdA. Mira Kelley nous parle de l’Au-delà des vies antérieures où ce que nous enseignent les réalités parallèles sur les relations, la guérison et la transformation. Elle est spécialiste de la régression mentale et qui donne l’opportunité d’en arriver à trouver son Moi supérieur et de guérir des souffrances qui avec le temps deviennent autant de boulets de vie. Fabienne Fredrickson nous gratifie de Embrassez votre splendeur qui est une exhortation aux gens qui retiennent tout.  C’est en somme un cours d’estime de soi. Avoir le courage de sortir de sa coquille, de vaincre ses peurs. Ainsi se mettre en fonction d’accepter l’abondance qui nous attend tous en autant que l’ouverture est au rendez-vous. Et Diane Brandon nous invite à Développer son intuition qui rejoint un peu le livre précédent dans cet éveil proposé pour faire en sorte que nos aptitudes naturelles soient mises à contribution.  



 





 


Le coin santé physique et psychique (2)

Deux titres chez Vigot pour démarrer. D’abord Fitness cosigné par Jean-Pierre Clémenceau et Frédéric Delavier. C’est un programme étalé sur 45 jours avec le but non pas de faire de vous un monsieur ou madame muscle, mais tout simplement d’affiner sa silhouette. Et ce qu’il y a de bien, c’est qu’on vous prouve, planches anatomiques musculaires à l’appui, en quoi chaque exercice proposé agit directement sur telle ou telle partie du corps. En complément, des exercices de stretching adaptés à chaque partie du corps pour étirer les muscles sollicités après l’effort. Et un peu dans une même veine, ces exercices précités, ne vont pas sans une alimentation adéquate. D’où l’intérêt de lire cette réédition de L’alimentation du sportif en 80 questions. C’est vraiment complet. On y traite du boire chez celui qui fait de la planche à voile, de la personne qui travaille de nuit, des compétitions en altitude. C’est que ce livre édité la première fois en 1998, a le mérite d’explorer de façon plus complète des champs inexploités, alors que d’autres ouvrages se contentent de traiter que de compétitions de haut niveau.

Deux titres cette fois chez Alpen qui traite tous deux de la minceur. Vous avez Suzy et Michel Montignac qui dans le cadre de leur renommée méthode écrivent Comment devenir mince comme un spaghetti. Michel Montignac a été le premier il y a trente ans à induire la notion d’index glycémique dans l’amaigrissement. De là tout ce qu’on connaissait sur les calories, l’obésité et la perte de poids étaient sérieusement remis en question. Il propose des règles strictes qui prennent assises sur des menus équilibrés. Il privilégie ici la cuisine italienne faite pour l’essentiel d’ingrédients naturels. Puis le Dr. Éric Ménat nous parle de Maigrir après 40 ans. Ce spécialiste en homéopathie et phytothérapie s’adresse donc à cette tranche d’âge qui craint de ne plus maigrir aussi facilement qu’à vingt ans. Il dévoile comment parvenir à éliminer les kilos en trop. Non seulement traite t’il des menus en conséquence, mais aussi il prescrit des sports pratiques en conséquence.

Aux éditions Mosaïque-santé Virginie Parée écrit Mais pourquoi personne ne nous le dit qui est un ensemble de conseils nutritionnels et culinaires avec des recettes pratiques pour adolescents. C’est qu’il y avait une demande venant des parents qui souhaitent nourrir convenablement leurs ados mais qui se sentent un peu démunis. Elle fait la démonstration que grâce à une alimentation adéquate quantité de problèmes se trouvent résolus dont…la mauvaise haleine! Et parlant de jeunesse, un essai sur Les violences en milieu scolaire aux Presses de l’Université Laval, un essai sous la direction de Claire Beaumont, Benoît Galand et Sonia Lucia. Comment définir cette violence spécifique, la prévenir et agir. On sait qu’au Québec seulement l’intimidation est un fléau au point qu’un élève sur trois subit cette violence physique quand elle n’est pas psychique.

Et deux ouvrage aux éditions du Dauphin Blanc, La graphologie avec Johanne Daigle ce domaine qui fait en sorte que votre personnalité se dévoile à travers votre écriture. En même temps que l’écriture devient le reflet social de ce que nous sommes, c’est aussi dit-elle, ce qu’elle représente de notre vie au quotidien. Cette graphologue de près de vingt-cinq ans d’expérience nous livre un guide tout simple qui permet de décoder les sinuosités de notre écriture. En bout de piste, des découvertes nous attendent.

Et pour terminer le Guide de soins naturels pour la famille de Céline Arsenault. Cette infirmière de formation devenue naturopathe. De la diarrhée à l’orgelet en passant aux bronchites, elle fait le tour de les maux qui assaillent notre quotidien, en trouvant pour chacun le traitement approprié. C’est si commode qu’on se doit impérativement de conserver ce bouquin jamais très éloigné. Et il a le mérite de vulgariser les différentes pathologies. Un ouvrage précieux qui rendra de grands services à toute la famille.



 


 


Un chien, enjeu d’un divorce

Quand on évoque un divorce on imagine tout de suite, le partage des biens, la pension alimentaire et la garde partagée. Mais qu’arrive t-il quand un chien était l’objet de l’attention mutuelle des ex-conjoints ? Qui va mettre la main sur le clébard ? Pour savoir de quoi ça retourne, la coach de vie Émilie Devienne prend la peau d’un chien qui assiste au divorce de ses maîtres. Le récit est à la première personne du canin. C’est très drôle et en même temps pathétique de voir à quel point un animal domestique prend à ce point de l’importance au plan émotionnel. Mais c’est un bel exercice de style dans lequel beaucoup de proprios de chiens se reconnaîtront et les chiens surdoués qui ont appris à lire…

Truffe et sentiments. Émilie Devienne. Edito 276p.   



 


 


Des personnages animés révélateurs

Quel beau roman célébrant les femmes fortes que ce Miniaturiste de Jessie Burton qui nous ramène des siècles en arrière, dans la Hollande du XVIIème siècle, quelques années après la mort de Rembrandt. Nous sommes tout de même en plein âge d’or de la peinture hollandaise. La romancière nous fait connaître une jeune fille de dix-huit ans, Nella, dont la destinée sera celle de prendre pour époux un homme qui pourrait être son père, comme c’était souvent le cas à l’époque. Lui c’est un grand bourgeois avec une domesticité et la résidence cossue en bordure du canal. Le seigneur des lieux à une sœur aussi froide qu’un glaçon, surtout dans le fait d’accueillir sa belle-sœur perçue comme une intruse. L’ambiance est à couper au couteau. Le mari a offert à sa dulcinée une maison de poupée qui reproduit leur mère. Avec l’aide d’un miniaturiste, la jeune épousée va constituer son petit théâtre de vérités. Et elle arrivera à faire sa marque dans cette maisonnée. C’est un beau portrait de femme qui réussit à s’émanciper dans un contexte peu favorable. Ici l’auteure tutoie l’excellence.

Miniaturiste. Jessie Burton. Gallimard 504p.



 


 


Thaï, prostituée et sidéenne

Fabrice Guénier a une passion qui ne s’éteint pas pour la Thaïlande, là où il avait campé son dernier roman « Les saintes » il y a deux ans. Il persiste et signe avec Ann qui met en scène un homme mûr qui s’éprend follement d’une prostituée thaï âgée de vingt ans, Ann, atteinte du sida, et vouée à une mort prochaine. Évidemment la fin du roman est triste, il ne saurait en être autrement. Mais le narrateur décrit tellement et dans les moindres replis physiques et psychiques ce que représente à ses yeux la jeune fille, qui vont se transformer en des pages éblouissantes. Nous sommes ici dans de la grande littérature. Distributeur de récompenses littéraires, regardez de ce côté.

Ann. Fabrice Guénier. Gallimard 297p.    



 


 


Pas de bas jaunes pour Rosalie!

Rosalie, l’héroïne de Maudits bas jaunes! Sort à peine de sa rupture d’avec son copain que voilà se pointe à l’horizon une autre tuile. C’est que sa jeune sœur va prendre époux. Et comme l’aînée est toujours vieille fille, une coutume veut qu’elle doive porter au jour des noces de soeurette des bas jaunes qu’elle déteste. D’où l’impératif besoin de se trouver un amoureux en quatrième vitesse. C’est la panique! Marie-Millie Dessureault s’est inspirée de sa propre famille pour bâtir son roman, fou dingue. On s’amuse car il y a pire drame en ce bas monde.

Maudits bas jaunes! Marie-Millie Dessureault. Éditions de Mortagne 341p.     www.editionsdemortagne.com



 


 


Cinq archipels, cinq arrêts

Jacques Martineau devait avoir des fées qui se sont penchées sur son berceau car il est à la fois un merveilleux dessinateur tout autant qu’un écrivain doué. Or imaginez ces deux talents réunis au service du descriptif de cinq archipels : les îles du lac Saint-Pierre, l’Île aux Grues, les îles du Pot à l’Eau-de-vie, l’archipel du Bic et les îles de Mingan. Pour chacun des dessins épurés mais aussi précis qu’une photographie et des textes d’accompagnement qui nous donnent le goût d’aller voir au plus près. Pour ceux qui voudraient approfondir leurs connaissances, l’auteur a complété avec une bibliographie de références.

Du lac Saint-Pierre aux îles de Mingan. Septentrion 73p.    www.septentrion.qc.ca



 


 


Tueur à gages dans de sales draps

Jo Nesbo le maître du polar norvégien aux vingt-trois millions de titres venus avec sa dernière ponte Du sang sur la glace rend un tribut à ses maîtres inspirants en la matière, les américains David Goodis et Jim Thompson. C’est un petit livre mais quelle densité. C’est un tueur à gages qui est l’exécuteur des basses œuvres du gangster qui règne en roi et maître à Oslo pour tout ce qui touche à la prostitution et au trafic de drogues. Pour son malheur, le tueur va s’amouracher de l’épouse du truand et ce qui double la difficulté, ce dernier a passé commande pour qu’il exécute sa femme! Il est vraiment dans de sales draps. Voyez comment il va assumer cette double contrainte. Du bonbon.

Du sang sur la glace. Jo Nesbo. Gallimard 154p.    



 


 


Deuxième volet d’une fantasy urbaine prenante

Mario Boivin fort du bel accueil réservé au premier tome de sa saga Traqueurs nous présente « Ténèbres ». Pour ce qui est du contenu, nous allons exceptionnellement nous en remettre à la quatrième de couverture dans les cas de livres de type fantasy où tant de scénarios s’entremêlent « Tueur à gages endurci, Edward Blackburn est entraîné à réagir au quart de tour. Lorsqu’une équipe tactique débarque chez lui en pleine nuit, les événements prennent une tournure inattendue et il se retrouve en cavale avec Ariel, une fillette de sept ans.
Grâce au mystérieux Recueil de Li, Alexandre et Jane ont tôt fait de découvrir qu’Ariel est une douée. Reste à comprendre pourquoi Edward s’est sauvé avec l’enfant et, surtout, à les localiser avant que Jeremiah McVey, à la tête du projet Trou Noir, ne leur mette le grappin dessus.
Contre toute attente, Jane se retrouvera seule aux commandes de cette première mission. Elle comptait sur Alexandre pour la guider dans sa tâche, mais l’esprit de ce dernier est obnubilé par une nouvelle menace : Karl, le prisonnier du niveau quatre, l’incarnation même des ténèbres. L’enjeu de cette lutte entre les deux hommes ? David, le fils d’Alexandre… »  Ce qu’il faut retenir c’est qu’il réussit l’exploit de ne pas mêler le lecteur. Et de surcroît c’est un dialoguiste de grand talent qui devrait se tourner vers le cinéma. D’autant qu’il a un talent fou pour monter des histoires rocambolesques qui captive.

Traqueurs. Tome 2 Ténèbres. Mario Boivin. Éditions de Mortagne 442p.    www.editionsdemortagne.com



 


 


Le coin du pouce vert

Deux premiers titres cette semaine chez Rustica. Robert Elger nous enseigne comment se soustraire à la facture d’épicerie de plus en plus contraignante pour le portefeuille, en produisant nous-mêmes de quoi garnir notre garde-manger. Ça s’intitule Un potager pour nourrir ma famille. Premier constat, ça ne prend pas un espace démesuré pour ce faire, dépendant évidemment de nos ambitions en ce sens. On en connaît qui ont fait pousser des tomates en ville dans la petite cour avant d’un triplex. Et on parle de plus en plus de culture urbaine sur les toits. Que ce soit des asperges ou des aromates, le spécialiste nous fournit pleins de conseils pratiques pour ne surtout pas gaffer et que vous soyez découragé en partant. Et il n’y a rien de plus savoureux dans l’assiette que de manger frais. Ensuite, sur des illustrations de Iwona Seris ils se sont mis à trois Denis Retournard, Robert Elger et Benoît Priel pour accoucher du Petit traité Rustica pour semer, greffer et bouturer. Ce livre fait référence pour les différents semis, drageonnage, marcottage par couchage. Vous avez en complément 240 fiches qui nous présentent le mode de multiplication le plus adapté, la durée de germination et les difficultés qu’on peut rencontrer selon les plantes concernés. De son côté Philippe Bonduel dans la collection 1000 idées chez l’éditeur Massin, se fend de Potagers décoratifs. C’est un ensemble de conseils pour se lancer avec douze propositions de potagers, quarante variétés faciles à cultiver.



 


 


Un circuit touristique médical à Québec

Voici une initiative très intéressante des éditions du Septentrion de publier un petit guide pointu sur un itinéraire précis à faire dans la Vieille Capitale comme celui des Docteurs, guérisseurs et fossoyeurs. C’est en temps réel de voir comment se faisait la médecine à Québec du XVIIème au XIXème siècle. C’est une réalisation en collaboration avec la Société historique des Six associés C’est le troisième volume du genre et il est fascinant car le sujet de la santé a toujours été préoccupant au Québec. Le petit guide concis comprend des textes encadrés et des illustrations qui facilitent la compréhension. Une façon qui permet de ne plus voir certains lieux de la même façon. En fin de volume on trouve une bibliographie exhaustive pour qui veut approfondir le sujet.

Docteurs, guérisseurs et fossoyeurs. Collectif. Les services historiques des Six-associés. Septentrion 124p.     www.septentrion.qc.ca



 


 


La République du Québec ?

Au moment où le Parti Québécois vient de se donner Pierre-Karl Péladeau pour nouveau leader, paraît au même moment un essai L’indépendance par la République de Danic Parenteau qui est professeur de philosophie et de science politique au Collège militaire royal de Saint-Jean. Selon lui la manière dont on a été présenté l’indépendance du Québec comme s’inscrivant dans la foulée de la Révolution tranquille, est dépassée. Il faudrait plutôt associer cette idée à la souveraineté du peuple québécois dans une perspective républicaine et non plus à la souveraineté seule de l’État québécois. La différence c’est que le peuple doit être la constituante du processus et non que le Parti Québécois ne se contente pas de demander seulement un chèque en blanc par voie de référendum. Ce qui n’a pas fonctionné jusqu’ici. La base doit permettre l’accession à l’indépendance.

L’indépendance par la République. Danic Parenteau. Fides 200p.   www.groupefides.com



 


 


D’Istanbul à la France

Nuit blanche à Istanbul de François Lavigne vaut le détour pour la maîtrise parfaite de la langue française qui n’a jamais été ici aussi belle avec un sujet, un verbe et son complément à la bonne place. On voit surtout trois femmes, Emma à Istanbul avec une belle scène au hammam, Marie à Paris avec son psychanalyste argentin le docteur Alvaro et Bella, avec tout un abattage. L’histoire en soi n’a pas d’importance si ce n’est que le romancier est un portraitiste, qui à la manière des écrivains du XIXème siècle, à défaut de photographies courantes se devaient de bien rendre par l’écriture, tout ce qu’il imaginait autour des personnages. Nous sommes ici dans une rare élévation de style et ce livre devrait être au programme des classes de français à titre de référence à étudier.

Nuit blanche à Istanbul. François Lavigne. Du Cram 206p.    www.editionsducram.com



 


 


Une femme à la recherche de son passé

N vous fiez pas au titre Gloire et déchéance des grandes puissances de Toni Rachman n’est pas un essai studieux. C’est au contraire, le deuxième roman de l’auteur après son méga succès « Les Imperfectionnistes » traduit en vingt-cinq langues. Ce journaliste qui a bourlingué pour le compte de l’Associated Press à titre de correspondant. Au départ c’est une jeune libraire galloise qui a eu des mentors dans sa vie mais qui a été vite abandonnée. Et elle se questionne sans cesse sur la contradiction à mettre tant de soin à la former pour ne plus s’occuper d’elle ensuite. Un message concernant son père va immédiatement allumer une quête de vérité et dès lors elle entreprend de tout vouloir savoir à son sujet. C’est une belle illustration par le biais du roman de nous faire voir encore une fois à quelle enseigne se loge l’attachement d’une fille pour son père.

Gloire et déchéance des grandes puissance. Tom Rachman. Québec-Amérique 608p.       www.quebec-amerique.com



 


 


De l’utilité des réseaux sociaux

Si vous êtes accros aux réseaux sociaux, peut-être que la signature de « Mamanbooh » vous dit-il quelque chose ? C’est le pseudonyme choisi par Julie Philippon qui fait une profession de foi envers le monde virtuel dans ce petit livre Les réseaux sociaux m’ont sauvée. Si certains les honnissent ces réseaux sociaux puisqu’ils ne sont qu’un amas d’avatars ou de poubelles à commentaires disgracieux, pas pour elle qui nous apprend au fil des pages à quel point, ils lui sont utiles pour partager avec la communauté tout ce qui la préoccupe. Car cette pédagogue est dans le quotidien une véritable aidante naturelle pour ses proches. La maladie a occupé et occupe son horizon. C’est donc un peu comme pour sa mère pour qui l’écriture fait office de rédemption. Et ce livre s’inscrit dans cette communication aux autres de ses préoccupations dont la conciliation travail famille. Beaucoup des jeunes mères de notre ère numérique vont se reconnaître.

Les réseaux sociaux m’ont sauvée. Julie Philippon. Les éditions Publistar 164p.     www.edpublistar.com



 


 


S’initier à l’acrylique

Patrice Baffou nous propose encore plus merveilleux que de s’envoyer des textos à cœur de journée, de s’initier à la technique picturale de l’acrylique. Ça donne un album pratique intitulé Acrylique une initiation pas à pas. Vous avez là vingt modèles à peindre en une séance chacun. Tous les peintres savent que cette texture permet de travailler des styles variés. On remarque tout de suite l’acrylique par ses couleurs vives. Avec ce maître vous serez ensuite rompu aux techniques du travail au couteau ou à la brosse. On peut ajouter des médiums et du gel pour plus d’effets.

Acrylique une initiation pas à pas. Patrice Baffou. Fleurus 77p.   www.fleuruseditions.com



 


 


Le coin Miam miam

Les marmitons amateurs sont gâtés cette semaine puisque quatre titres viennent garnir la bibliothèque culinaire de la cuisine. Silvia Strozzi chez Macro éditions. La beauté des légumineuses c’est leur apport nutritionnel. Elles sont riches en amidons, en fer, en calcium, Potassium, phosphore et sels minéraux. Et on ne parle pas des protéines. Ce sont en réalité de super aliments pour lesquels l’auteure a concocté des recettes qui mettent en valeur les lentilles, les haricots, pois chiches et quoi encore. Une explosion de saveurs en bouche.

Chez Mango, Jenni Davis nous fait partager Les 250 trucs, astuces pour enfin bien cuisiner. C’est qu’en cuisine, avant même de penser à faire jaillir des plats merveilleux, il faut connaître certaines techniques de base. Ici elle répond à des questions aussi simples que, pourquoi les pâtes italiennes sont si différentes les une des que les autres ? Que pour le risotto, le riz n’est pas forcément roi. C’est vraiment un guide à toujours conserver à portée de la main. On remarquera, fait significatif de cet ouvrage, des associations d’aliments innovantes.

Au Québec notamment, tous les chefs vous diront que, partant que l’on cuisine avec des produits frais, on s’en tient à ce qui est disponible en saison. Dans sa collection « Cuisine et vins » aux éditions marie claire, voici Recettes des 4 saisons où comment cuisiner les produits du marché. C’est un écrit en collectif qui rassemble une foule de recettes novatrices comme les sardines à l’escabèche, de la cocotte lutée de pintade, ou une épaule d’agneau roulée farcie au pesto. Voyez comme c’est original. Juste de voir les photos ouvrent l’appétit.

Et dans la même collection place au poulet, dont on ne cesse de découvrir de nouvelles applications en cuisine. Le poulet en 100 recettes ouvre les portes de découvertes merveilleuses telles la tourte au poulet, fèves et citron confit ou bien le parmentier de poulet au curry. Nous, nous avons craqué. Pour l’avoir essayé, le mijoté de poulet fermier à la crème d’ail. C’est à n’en pas douter l’ouvrage consacré à cette volaille qui est le plus complet à ce jour, et qui va du plat simple à gastronomique. Un incontournable dans toute cuisine qui se respecte. Vos invités vous en rendront grâce avec une infinie reconnaissance dans les yeux.



 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

Les quatre prochains titres sont publiés chez Bayard. La compassion, j’y crois est signé par un Père blanc, Bernard Ugeux qui forme les missionnaires qui est responsable pour l’Afrique de la formation des religieux. Il est présentement cantonné en République démocratique du Congo. Il ne manque pas de boulot car il est au cœur de bien des conflits. Il apporte une réponse réconfortante à toutes ces violences dont il est témoin dont les non moindres, ces viols collectifs de femmes lors de conflits armés. On apprend plein de choses, entre autres qu’en 2015 des fillettes sont encore accusées de sorcellerie! Il y a de quoi désespérer de la nature humaine. Mais ce religieux a le pardon tatoué sur le cœur. Il essaie de comprendre avant de juger. C’est ça sa compassion dont il nous partage les clés de compréhension.

C’est au tour d’une psychiatre, Marie Rose Moro qui cette fois se penche sur Les ados expliqués à leurs parents. Même si certains ont lu Dolto et autres pédiatres de l’enfance, il n’en reste pas moins que l’adolescence est une étape chargée d’une certaine violence car c’est le passage de rébellion des ados envers leurs géniteurs. Et combien de parents sont dépassés et ne trouvent pas d’issue. Et c’est à prendre au sérieux car combien de drames se sont joués alors qui auraient pu être évités. Elle, qui dirige la Maison de Solenn de Cochin les connaît bien et nous livre le cours 101 pour engager le rapport avec eux.  

Le Dr. Christine Angelard est suivi sur son blogue qui porte son nom. C’est à elle que l’on doit ce bouquin très apprécié « La médecine soigne, l’amour guérit ». Sa pratique l’emmène à voir des alternatives possibles au traitement curatif classique, dont des vieux trucs de grands-mères. Et à ce titre elle publie Les essences-ciel pour le corps et pour l’âme. La couverture donne l’impression que nous avons affaire à un traité d’aromathérapie en raison des flacons qu’on aperçoit. Il en est question, surtout les huiles essentielles, mais c’est aussi et surtout des pages bourrées de conseils judicieux qui nous évitent d’aller chez le médecin pour un rien ou d’encombrer les urgences. On retiendra son grand conseil de vie, qui est de prendre celle-ci avec une grande acceptation, même si elle semble remplie de non-sens.

L’un est gestionnaire, l’autre communicateur. Pierre-Marc Tremblay et Marc-André Rivard se sont mis à deux pour écrire Élévation qui est leur profession de foi dans le fait que nous sommes la clé de toutes choses dont notre propre bonheur. Ça rejoint un autre qui vous savez, a dit jadis que le Royaume des cieux est en nous. Et ils décryptent les invraisemblances de notre époque en ramenant la vie à ce qu’elle a d’essentielle, aimer et être aimé. Un ouvrage qui a plus énormément à Robert Dutton l’ancien président de RoNa qui a signé sa marque d’appréciation en quatrième de couverture.

Chez l’éditeur Novalis un bel ouvrage Raconter pour vivre où les significations spirituelles de nos récits de vie de R. Ruard Ganzevoort qui est professeur de théologie pratique à l’Université libre d’Amsterdam. Pour lui, c’est dans le récit de ce que nous vivons que se construit l’identité. Dans ses propos il se promène entre la théorie littéraire, la psychologie, la philosophie et bien sûr son champ de spécialisation la théologie. Car dans les récits de vie il voit aussi des signes de la présence de Dieu dans nos vies.



 




 


Le coin santé physique et psychique (2)

Notre époque est marquée par un tempo complètement dingue où le maître mot est productivité et rendement à tout prix. Qu’on ne s’étonne pas que l’humain ne suive pas la cadence et qu’il donne parfois des signes d’éparpillement et de désordre. C’est dans l’optique de se retrouver que William L. Mikulas qui aime bien marier les philosophies occidentales et orientales a écrit Apprivoisez votre singe intérieur aux éditions AdA. C’est une méthode bien personnelle pour atteindre à la pleine conscience, méditer et augmenter sa concentration. Un tout autre registre ici, car nous découvrons en compagnie de cet autochtone qui écrit sous son pseudonyme amérindien d’Aigle Bleu toute la riche spiritualité des Premières Nations. Le titre ? Le sentier de la beauté. L’auteur écrit fort à propos que lorsqu’une feuille tombe d’un arbre, elle se dépose là où elle doit être  dans une perspective d’harmonie. Vous voyez donc toute la richesse du propos. Et dire que l’homme blanc colonisateur de la Nouvelle-France voulait apprendre à ces « sauvages » les mérites de la chrétienté. Nous devons lire ce bel ouvrage de spiritualité comme un devoir de mémoire. C’est aux éditions du Dauphin Blanc.

Que diriez-vous d’une diète alcaline ? C’est la proposition que nous fait Désiré Mérien aux éditions Lanore avec L’alimentation alcaline de l’enfant à l’adulte. En somme de se nourrir périodiquement que de fruits et de légumes. Lui veut aller au-delà de ce qui semble être une mode passagère. Et il suggère de se faire à ce régime avant la trentaine pour mieux préparer les décennies à venir. L’essayiste est professeur de biologie. On lui doit la fondation de la revue estimée Nature et vie. Il veut favoriser dans l’assiette les aliments alcanisants plutôt qu’acidifiants. Pour le nourrisson c’est une belle préparation à son entrée dans la vie alimentaire.

Ces deux derniers titres sont aux éditions Québec-Livres. La méthode Qualitemps de René-Louis Comtois consultant en question de temps est la somme de ce qu’il a appris et vérifié concernant la qualité de vie à se donner, non seulement au travail mais dans sa vie. Beaucoup de gens s’éparpillent et ne parviennent pas à mettre de l’ordre dans leurs affaires, le fameux qui trop embrasse mal étreint. Il met la procrastination sur le compte des nuisances.
De son côté Claudia Morrison a écrit Amulettes et talismans. Quand on évoque ces derniers on songe à des peuplades anciennes. Mais il suffit de penser à nos scapulaires de l’école primaire catholique ou aux médailles de la Vierge. Ils ont accompagnés toutes les civilisations. En sa compagnie on fait, non seulement le tour des ceux-ci et de leur signification (avec pour chacun une fiche signalétique) mais aussi comment en confectionner. Instructif et ludique à la fois.



 


 


Un papa pathogène

La conception humaine semble toujours n’être que l’affaire des femmes et de la société qui place la maternité au-dessus de tout. Rarement on aborde le rôle des pères dans le processus. Sauf Graeme Simsion qui nous distraie énormément avec son roman Le théorème de la cigogne qui est en quelque sorte la suite de son fameux théorème du homard. Ici c’est un homme qui deviendra père dans un avenir rapproché. Il a bien les craintes classiques de pères dans la même situation, genre est-ce que ma femme continuera d’être une amoureuse ou totalement obnubilée par sa vocation de mère. Sauf que lui croit pouvoir contrôler l’affaire en cartésien qu’il est. Au passage il est atteint du syndrome d’Asperger. C’est désopilant comme tout. A offrir à tout couple dans l’attente d’un heureux événement, pour provoquer des discussions.

Le théorème de la cigogne. Graeme Simsion. Nil 493p.    www.laffont.ca



 


 


L’ancienne Égypte et le sens du sacré

Il y avait dans l’Égypte ancienne plein de choses fascinantes, à commencer par une belle licence de mœurs. Toutefois, c’est autre chose qui pour les observateurs fera le ciment de cette société, c’est qu’elle n’a jamais perdu son sens du sacré. Et pour l’exprimer elle choisissait de rendre visible l’invisible par des symboliques incorporés à l’architecture par exemple, tel la loi des nombres. Jean Bouchart d’Orval cet ex physicien et ingénieur nucléaire n’a cessé d’être fasciné par ce volet de la vie égyptienne dans l’Antiquité ce qui nous donne L’harmonie secrète cœur de l’ancienne Égypte. Il y avait, et c’est un chapitre intéressant, de grands initiés qui avaient la prescience de certaines choses.

L’harmonie secrète cœur de l’ancienne Égypte. Jean Bouchart d’Orval. Éditions Almora 287p.       www.almora.fr



 


 


Commerce de drogue et vie nocturne

C’est un petit roman d’André Cloutier « Café Mississippi » du nom d’une boîte de nuit à Sherbrooke pour laquelle il était copropriétaire. Il a transposé des faits de sa vie pour créer le personnage d’Andy Willis qui va s’adonner au commerce de drogue. Et comme le veut l’adage, le crime ne paie pas, ou un certain temps. C’est une belle étude de mœurs en même temps de comment ça se passe dans la tête des dealers mû par l’appât effréné du gain rapide.

Café Mississippi. André Cloutier. Québec-Livres 122p.   
www.quebec-livres.com



 


 


La fin des temps et la renaissance de la Terre

Il faudrait être un génie pour arriver à décrire au plus près ce qui se trouve à travers les pages de Mes derniers mots de Santiago H. Amigorena. C’est que c’est une fiction qui nous transporte en 2086. Il y a eu ce grand cataclysme qui a fait en sorte que la majorité des humains ont été éliminés de la surface de notre bonne vieille planète. L’humanité n’est plus qu’une étendue de ruines. Et le narrateur, rare, survivant, nous décrit ce qu’il constate de ce qu’il reste et qui est le point de départ d’un nouveau monde. Tantôt ce sont des paragraphes d’une haute spiritualité, d’autres fois des aphorismes. Mais bref, feuilleter le. Et vous savez quoi ? Vous risquez de ne plus pouvoir décrocher.

Mes derniers mots. Santiago H. Amigorena. P.O.L. 195p.    www.pol-editeur.com



 


 


Une mère veut entreprendre son adolescent

Valentina Diana est comédienne et auteur de théâtre. Cette italienne a sans doute voulu rendre service aux mères qui sont aux prises avec des adolescents issus de couples éclatés. Celui de ce premier roman, Dégage! Représente le cas classique de l’ado de notre époque, soucieux surtout de lui-même, inapte aux travaux domestiques. Et qui passe le plus clair de son temps à des activités futiles, dont se gominer les cheveux. Sa mère d’abord excédée comme on le serait en pareille occasion, décide de modifier la relation mère fils et d’aborder son cas maison avec une nouvelle approche. Réussira-t-elle son pari ? Vous verrez en lisant ce livre où l’humour s’invite très souvent.

Dégage!  Valentina Diana. Denoël 276p.     



 


 


Un roman et un blogue de Namasté

Aux éditions La Semaine deux opus de Maxime Roussy l’auteur favori de la jeunesse québécoise, Un roman de Namasté « Cher Slenderman » et Le blogue de Namasté. Dans le premier c’est Coralie, 16 ans, qui gagne son argent de poche comme baby-sitter. Ce pourrait être le début de lendemains qui chantent. Mais on, un drame affreux survient qui chamboule toute sa vie. Et ensuite c’est le vingtième tome du fameux Blogue de Namasté. Avec des textes comme à l’habitude, totalement déjantés qui ont assis la réputation de son créateur et avec lequel une génération s’identifie.



 


 


Créer ses robes et ses jupes

Vous êtes déçues de ce que vous trouvez dans le commerce ? Vous redoutez plus que tout de voir d’autres femmes portez une robe identique à la vôtre ? Le mieux à faire c’est de faire ses propres conceptions. Clémentine Lubin vous guide en ce sens dans J’apprends à coudre des robes et des jupes. Vous avez 15 modèles en tout avec des patrons en taille réelle. Et le reste vous appartient, faites aller toute votre fantaisie ou votre conservatisme, c’est selon. Mais il y a là l’essentiel d’une garde-robe de base au féminin.

J’apprends à coudre des robes et des jupes. Clémentine Lubin. Éditions marie claire 95p.      www.editionsmarieclaire.com



 


 


De chouettes destinations chez Ulysse

Quatre titres aux éditions Ulysse dont trois opus dans la collection bien appréciée « Escale à… » Commençons par ceux-ci. Vous avez Paris qui mérite bien son surnom de Ville Lumière, surtout sur les Champs-Élysées. C’est vraiment bien conçu pour ceux qui ne disposent pas de beaucoup de temps et qui veulent aller à l’essentiel. Un soin a été mis de répertorier les belles églises. Et elles valent en effet le déplacement. Puis c’est la Nouvelle-Orléans qui a les honneurs. Saviez-vous qu’il s’y trouve un musée des cocktails américains ? C’est le genre de petites trouvailles qui donne toute son importance à cette collection devenue indispensable. Enfin, près de nous c’est Ottawa et Gatineau. Vous êtes encore à penser que la capitale fédérale canadienne est ennuyeuse comme la pluie ? Votre jugement va changer du tout au tout après lecture. Et pour couronner Le meilleur du Québec selon Ulysse avec non pas deux mais 400 expériences inoubliables. Qui plaira autant aux touristes qu’aux québécois qui sont avides d’en découvrir sur la Belle Province. Et on a eu l’heureuse idée de consacrer un chapitre aux activités à faire avec les enfants.



 


 

Un bel enseignement de Krishnamurti

En compagnie d’Alain Delaye on revisite la vie et l’œuvre de Krishnamurti le rebelle publiée chez Accarias. Ce grand sage dont la pensée se rend jusqu’à nous grâce à ces gens comme cet auteur, demeure toujours vivante. Surtout dans notre ère numérique où plus que jamais il y a chez les gens une quête de sens. Iconoclaste et d’une simplicité confondante, c’est un philosophe incontournable. On retiendra ce passage qui rappelle que l’un des problèmes que rencontre l’homme à ses yeux, c’est qu’il donne trop d’importance à toutes choses en fonction du prisme de son ego. Il y a cette prétention chez l’homo sapiens qui est en même temps la cause de ses malheurs.

Krishnamurti le rebelle. Alain Delaye. Accarias 224p.



 


 


Le livre que les religions détestent

Ce qu’il y a de bien avec le savoir, au contraire de l’ignorance, c’est qu’il nous fait avancer, élimine les peurs, et permet de confronter la pensée formatée imposée par d’autres, telles les religions. C’est pourquoi La Bible de l’athéisme de Sam Harris qui a trouvé trois cent mille lecteurs dans son édition originale ne langue anglaise, est un ouvrage si détesté des religions. C’est que l’essayiste démolit tous les beaux édifices de la pensée unique érigés par les religions. Et on comprend pourquoi l’église catholique a toujours été en contentieux avec la science. Cet athée déconstruit les idées reçues et renvoie bien des sornettes. Et nous montre la Bible sous un côté effrayant. Ainsi acceptait-on dans le livre Saint la réalité de l’esclavage….

La Bible de l’athéisme. Sam Harris. Cardinal



 


 


Une tentative de savoir d’où nous venons

L’impensable réalité de Jean Bouchart d’Orgeval est autant vous le dire, un livre qui demande une certaine exigence d’attention du lecteur. Car il est impossible de vulgariser jusqu’à un certain point des notions de physique de l’Univers. Mais pour qui se donne le temps, vous pénétrez alors dans un monde inouï de connaissance. C’est une vision non physique et intemporelle du cosmos. Qui rappelle qu’on ne doit pas aborder l’infini avec notre grille d’analyse habituelle. On est dans ce qui ne semble pas avoir de fin, ni de commencement. Fascinant est ici un euphémisme.

L’impensable réalité. Jean Bouchart d’Orgeval. Almora 256p.




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