- LIVRES MAI 2017 -
 
 


 

Un maniaque dans la ville rose

Estelle Surbranche est entrain de se tailler une plac enviable dans l’univers des écrivains de polars. Il y a deux ans on se souviendra de la sortie remarquée de « Ainsi vint la nuit ». Elle a mis de l’avant son enquêteur fétiche, une femme, Gaby Levasseur. Qui vit de façon trépidante. Ses patrons à la criminelle lui font la vie dur, sa vie sentimentale pique du nez. Et dans ses dossiers, que dire, Il y a l’accumulation de femmes « suicidées » à Toulouse. Un peu trop même, ce qui rend la chose suspecte. On apprendra vite la présence dans la ville rose d’un tueur qui a subi l’ablation du cœur. Et comme si ce n’est pas assez Emmène-moi au paradis fait surgir Nathalie, une tueuse redoutable de la mafia serbe qui veut se venger sur elle. Ouf! On fait un succès avec moins d’ingrédients. Imaginez ce qui vous attend, lecteurs! Du bonbon.

Emmène-moi au paradis. Estelle Surbranche. La Tengo 316p.   


 


 

Un thriller rural

François Lévesque nous est connu pour ses chroniques de cinéma dans le quotidien Le Devoir. Sans doute parce qu’il aime écrire des romans qui font image, il nous gave d’ambiances dans son neuvième opus En ces bois profonds où nous partons en zone rurale, suivant une mère et sa fille qui vont évoluer dans une secte. Comme référence, pensez à celle qui sévit jadis au Québec sous l’emprise de Moïse Thériault. La folie rôde autour à l’intérieur des êtres. L’auteur réussit à vampiriser l’âme de l’adolescente et les névroses qui l’envahissent. Un exercice pas si simple que d’habiter les tourments en mode féminin. Ce pourrait faire un excellent film, surtout où nous sommes coutumiers du déséquilibre des êtres même en zone urbaine. A lire sous peine de passer à côté de quelque chose.

En ces bois profonds. François Lévesque. Tête première 186p.    www.tetepremiere.com


 


 

Ce Vatican qui fait tant fantasmer

Il y deux catégories d’ouvrages qui cartonnent en librairie, ceux qui touchent à la personne d’Adolf Hitler et ceux tournant autour du Vatican. C’est la raison pour laquelle d’office Vaticanum de JR. Dos Santos est d’office assuré d’un succès en librairie. Jugez vous-même. C’est le pape qui fait demander dans ses appartements un historien qui fait des recherches sur les ossements de Saint-Pierre dans la crypte qui se trouve sous l’autel de la Basilique Saint-Pierre. Tout à son étonnement, le gars se voit confier une mission par le Souverain Pontife, qui s’inquiète de la disparition de documents très compromettants pour l’Église. Cela fait penser à ce qui s’est déroulé sous le pontificat de Benoît XVI dans ce qu’on a appelé le « Vatikileaks » alors que le propre majordome du pape avait dérobé et fait couler des dossiers explosifs sur l’administration vaticane. Nous somme dans le même registre mais avec un degré plus élevé de dangerosité pour Rome. Ce gros pavé vous gardera captif jusqu’au dernier chapitre, car ici la fiction n’est pas très loin de la réalité. D’ailleurs l’auteur dans un épilogue, essaie de départager le vrai du faux. Mais ici, ce qui est terrifiant c’est que c’est le vrai qui l’emporte.

Vaticanum. JR. Dos Santos. HC éditions p. 632p.   


 


 

Les émois de la sœur de Louis XVI

Alexandra de Broca possède sa révolution française sur le bout des doigts, ayant décroché une maîtrise en histoire sur ce thème. Elle nous offre un roman historique chargé de passion mettant en scène, Madame Élisabeth, princesse de sang et sœur de Louis XVI et aux antipodes côté tempérament de celui de son illustrissime belle-sœur Marie-Antoinette. Car Élisabeth est une âme pure, altruiste et attentive aux autres. Douce comme ce portrait d’elle réalisée par Élisabeth Vigée Le Brun qui orne la couverture de La sœur du roi  Malheureusement le destin la voit recluse en ce palais de Versailles. Un jour, le hasard lui fera rencontrer dans la forêt de Fontainebleau, François Dassy qui est alsacien d’origine et botaniste dont le patron est le propre médecin du roi. Cupidon sera au rendez-vous pour décocher les flèches, mais ce ne sera pas une union facile alors que gronde au loin la révolte populaire qui amènera la révolution française. Un roman époque avec tout ce qu’il faut de grandeur de sentiments. Il n’est pas mauvais de prendre une bonne dose de romantisme qui fait si défaut à notre temps.

La sœur du Roi. Alexandra de Broca. Albin Michel 408p.


 


 

Un loup suédois de la finance animé d’intentions troubles

D’avoir exercé durant quinze ans la profession de psychologue ne nuit pas quand vient le temps de se mettre au roman. Les travers de la nature humaine aide à bâtir des personnages qui nous surprennent au fil des pages. Comme ce jeune loup suédois de la finance, le « héros » du roman de Simona Ahrnstedt « Une nuit rien qu’une seule ». Ce Rastignac à la sauce scandinave, nommé David Hammar, a dans le collimateur Natalia De la Grip elle-même dans la finance, et surtout fille d’un magnat, dirigeant d’Investum. Or, David va vouloir entourlouper la belle, pour se hisser près du paternel et le mettre en délicatesse, question de se venger. Réussira t-il à concrétiser son plan machiavélique ? Mystère. Dont vous découvrirez  l’issue avec délectation.

Une nuit rien qu’une seule. Simona Ahrenstedt. Nil 564p.    www.laffont.ca


 


 

Une morte qui donne de ses nouvelles

Notre époque de l’ère numérique, avec ses débordements, est entrain d’engendrer une littérature qui lui est propre, dont s’est emparé en premier lieu le monde du polar. Le dernier exemple en est La maison de poupée de M.J. Arlidge avec au premier plan, un pervers d’un rare sadisme. Il a déjà tué une fille dans des conditions sordides. Et pour rassurer les parents de la malheureuse défunte, il va adresser à sa famille, par le biais des réseaux sociaux,  des missives rassurantes, se faisant passer pour celle qu’il a assassiné. Et ce qui ajoute à l’horreur, c’est qu’une autre jeune femme est captive dans sa cave, se demandant comment elle a pu atterrir là. Le compte à rebours est commencé pour l’enquêteuse chargée de la retrouver. C’est haletant au possible.

La maison de poupée. M.J. Arlidge. Les Escales 392p.    www.lesescales.fr


 


 

Les petits séismes de Tristan Malavoy

Tristan Malavoy a été durant une décennie au journal Voir dont trois à la barre de l’hebdomadaire. Il y a tenu des billets où il a commenté les faits et gestes de notre quotidien. Il s’occupe aussi depuis plusieurs années de la chose culturelle pour le magazine l’Actualité. Dans Feux de position il a rassemblé 50 de ces chroniques qui traitent d’absolument tout. Une d’elle « Savoir et être » traite de l’inculture présente dans nos sociétés rappelant que dans notre monde pressé, le savoir, lui, demande du temps. D’une rare pertinence. On pourra ne pas être en accord avec ce qu’il commente, mais au moins il n’a pas de filtre, ce qui est une grande qualité, alors qu’au Québec l’uniformité est un fantasme collectif. Bravo de jeter ainsi de l’huile sur le feu qui s’éteint.

Feux de position. Tristan Malavoy. Somme toute 226p.   www.editionssommetoute.com


 


 

Le chassé croisé d’une lesbienne et d’un rocker

Andrea de Carlo n’est peut-être pas encore suffisamment connu de ce côté-ci de l’Atlantique, mais sachez que cet écrivain italien fécond a eu comme mentor Italo Calvino et a travaillé dans le cinéma aux côtés de Fellini et Antonioni, rien de moins. Il a l’art de ficeler de bonnes histoires et en voici une La merveille imparfaite. On se transporte en Provence. Dans le petit bled de Fayence, vont se croiser deux êtres que tout oppose, une femme, Milena, qui s’est fait une niche en créant des glaces qui enchantent les gourmets en choses glacées. Elle est en ménage avec une autre femme et depuis un bon bout de temps. Ailleurs c’est Nick, un chanteur d’un groupe pop en renom. Elle, désire de tout son être un enfant qu’elle veut élever avec sa douce. La procréation et les unions durables seront à l’honneur des discussions entre les deux protagonistes. Qu’arrivera t-il à la toute fin ? A vous de le découvrir dans ce roman qui nous rappelle Malraux quand il disait de l’être humain qu’il est un tas de petits secrets.

La merveille imparfaite. Andrea de Carlo. HC éditions 348p.  


 


 

Les réflexions d’un fœtus sur ce qui l’attend

Il faut un esprit britannique comme Ian McEwan pour accoucher, excusez le jeu de mot facile dans le contexte que vous verrez, tandis qu’il donne la parole à un…fœtus! En effet, c’est bien un fœtus qui perçoit tout ce qui est extérieur au monde sa maman. Il sait exactement ce qui l’attend. Et le futur ne sera pas fait de lendemains qui chantent avec des perspectives d’éliminations d’êtres humains. Et malgré ces sombres perspectives, le petit a hâte d’en faire partie. Comme quoi une candeur est toujours bienvenue. C’est original en diable et la plume de l’écrivain est trempée dans l’encre de la lucidité chronique.

Dans une coque de noix. Ian McEwan. Gallimard 212p.  


 


 

Histoires de famille à Long Island

Il était une fois à Long Island un gars Ray et une fille Sacha. Ils ont été élevés ensemble. Ils partagent tout, sauf l’échange charnel, car on s’est arrangé pour que les deux ne se retrouvent jamais en même temps dans la maison familiale, ca rle père de la jeune fille a été le conjoint de la mère du jeune homme. Une union qui n’a pas résisté à l’épreuve du temps. Malgré tout, les liens demeurent entre les amis qui transcendent les vicissitudes de l’existence. Ces liens qui nous séparent d’Ann Brashares puise dans un terreau de sujets sans limite, la famille. Beaucoup se sentiront interpelés, qui vivent des situations semblables au sein de familles recomposées.

Ces liens qui nous séparent. Ann Brashares. Gallimard 328p.   


 


 

Le noyau dur qui orchestre la mondialisation

Vous dévorez les thrillers ? Celui que l’on vous propose n’a rien du style auquel on s’attend quand on identifie le genre. C’est que c’est un thriller vrai. Daniel Estulin lève le voile sur une organisation des plus secrètes, Le club Bilderberg qui tire son patronyme du nom de la ville néerlandaise où cette organisation a tenu ses premières assises en 1954. Une fois par année, des gens de touts horizons se rencontrent un peu partout dans le monde. Des individus issus de la politique, de la finance, des affaires, services de renseignements. Et ce sont eux qui décident de l’orientation du monde à venir. C’est vraiment la première fois que les ressorts de ce club ultra secret sont exposés, avec reproductions de documents confidentiels. Et en feuilletant les photos, sur qui on tombe qui fut présente, Heather Munroe-Blum l’ex rectrice de l’Université McGill…Sautez là-dessus c’est explosif.

Le club Bilderberg. Daniel Estulin. Macro 414p.    www.macrolivres.com


 


 

Trois guides merveilleux sur le patrimoine parisien

Chez l’éditeur Massin, les amoureux de Paris ont de quoi qui vont les intéresser au plus haut point dans la collection « guide découverte du patrimoine ». Trois tomes et trois thèmes : Notre-Dame de Paris, île de la Cité et île Saint-Louis de Francis Lecompte; Églises de Paris du quatuor formé d’Aline Dumoulin, Alexandra Ardisson, Jérôme Maingard et Murielle Antonello; Montmartre, Pigalle et la Nouvelle-Athènes de Pierre Faveton. On se rend compte encore une fois ce qui fait la force de la Ville Lumière qui incluant l’Hexagone tout entier, attire le plus de touristes dans le monde. Les trois ouvrages sont aussi superbement illustrés. Les auteurs se sont concentrés sur des incontournables en terme de richesses patrimoniales. Nous avons craqué pour le guide des églises de Paris où vous allez faire des découvertes innombrables. Ces titres réussissent une chose, nous donner le goût de prendre le premier avions à destination de Paris.


 


 

Des enfants carte de mode

Aux éditions marie claire de concert avec l’entreprise Phildar, un album pour confectionner des vêtements de tous les styles et conçus pour les enfants. Les essentiels enfants Ce sont 14 modèles à tricoter pour la tranche d’âge allant de 2 à 10 ans. Il faut voir la binette des craquants petits mannequins très fiers de présenter leurs magnifiques hardes. Dans l’ensemble ce sont des vêtements confortables. Et si vous n’avez pas des doigts de fée pour les réaliser, rien n’empêche d’en confier l’exécution à des proches afin que vos petits puissent porter de si jolies exclusivités.

Les essentiels enfants. Marie claire et Phildar. 127p.   www.editionsmarieclaire.com


 


 

Réalité et fiction à l’œuvre dans un roman

Voici une plaquette au contenu déroutant. C’est un roman L’invasion tranquille de Michel Marc Fleury qui narre l’association de Victor Laframboise avec un écrivain qui a lancé un appel à tous pour l’aider à accoucher d’un roman qui donne son nom au titre du livre. Ça tombe bien pour le premier qui a toujours voulu se colleter à l’écriture mais qui n’a jamais pu aller au bout de son rêve. Mais cette rencontre va donner des fruits inattendus. L’insolite sera au rendez-vous. On n’en dit pas plus pour ne pas gâcher votre plaisir, mais l’auteur qui s’exprime à la première personne en arrive presque à nous faire croire que tout ce qu’on lit est authentique ou presque.

L’invasion tranquille. Michel Marc Fleury. Les éditions Sémaphore 107p.   www.editionssemaphore.qc.ca


 


 

Le seul roman écrit par un torero célèbre

Federico Garcia Lorca écrivit sans doute un des ces plus beaux poèmes avec « A cinq heures de l’après-midi » en hommage au torero Ignacio Sanchez Mejias mort encorné le 11 août 1934 dans les arènes de Manzanares. Eh bien ce matador était davantage qu’une célébrité de la tauromachie, il était un homme multiple, dramaturge, comédien, pilote d’avion, mondain et quoi encore. Andres Amoros un critique littéraire, a déniché dans des archives non classées un roman inédit du torero « L’amertume du triomphe » où l’auteur de ce texte inachevé comme sa vie, montre toute la palette des sentiments qui peuvent habiter un être de sa trempe. C’est un petit livre mais dense en émotions.

L’amertume du triomphe. Ignacio Sanchez Mejtas. Verdier 92p.    www.editions-verdier.fr


 


 

Interaction aventure et Minecraft

Qui eu crû que le livre aurait pu un jour être « connecté » avec le web. Eh bien c’est la réalité de Minecraft cette application qui plaît tant aux jeunes. Irving Le Hen offre une expérience intitulée « Prisonnier de l’overworld » où le lecteur doit à la fois résoudre des énigmes, souvent des textes avec un français approximatif qu’il faut corriger, ou bien de relever divers défis. Les méninges, autant vous le dire, sont vite mises à contribution.

Prisonnier de l’overworld. Irving Le Hen. Coll. Escape book éd. 4D4  238p.  


 


 

L’univers d’Harry Potter en projection sur votre mur

Qu’est-ce que la littérature évolue, du moins ses manifestations. Dernière innovation en date ces Séances magiques « Les créatures » tirées de l’œuvre d’Harry Potter de J.K. Rowling. Grâce à un système de projection d'images, l'album à spirales permet de revivre les principales scènes des films Harry Potter et Les animaux fantastiques. En utilisant leur lampe de poche ou la lumière de leur portable, les jeunes lecteurs peuvent projeter les illustrations sur un mur puis lire à voix haute les dialogues.

Séances magiques. « Les créatures ». Harry Potter. Gallimard


 


 

Des questions et des réponses pour les petits

Chez l’éditeur Nathan, deux ouvrages qui ont pour mission de susciter un intérêt pour la culture générale. Et ça se présente sous la forme de questions et de réponses. Le premier Mes premières questions réponses, le train de Camille Moreau sur des illustrations amusantes de Benjamin Bécue nous plonge dans le rituel du voyage en train, de l’achat du billet au mode de fonctionnement. Et dans cette même collection, sur un texte de Sylvie Baussier, illustrations de Magali Clavelet c’est La France où on commence par la capitale avec pleins de renseignements utiles. Ainsi on apprend que jusqu’en 1930 la tour Eiffel demeurait la plus haute structure du monde. Puis on informe sur les institutions et lois qui régissent le pays.


 


 

Comment reproduire des félins

Qu’ils sont beaux ces félins. Et à qui viendrait l’idée de les dessiner, voire les peindre, voici un album qui vous trace le mode d’emploi et qui fera de vous un naturaliste de première Vic Bearcroft fort d’une longue expérience en pédagogie des arts visuels nous apprend à exercer dans un premier temps notre sens de l’observation. Ensuite de quels outils on a besoin. Et par félin on entend aussi votre propre chat domestique qui se verra honoré d’être immortalisé sur une toile avec la signature de son maître.

Dessiner et peindre les félins. Vic Bearcroft. Vigot 143p.   www.vigot.fr


 


 

BD-Les nombrils revisités

Oyé, oyé, les fans finis de la saga en bande dessinée des nombrils seront heureux d’apprendre que le célèbre tandem de bédéistes Delaf & Dubuc revient sur les pas des premiers albums en rajoutant des planches et des gags inédits. Les vacvheries des nombrils nous rappelle encore une fois à quel point l’adolescence est un passage ingrat et qu’ils sont surtout sans filtres. Pour un ado tel qu’on en retrouve dans ces planches, surtout toute vérité est bonne à dire, même si elle parvient au destinataire comme un coup de poignard.

Les vacheries des nombrils. Delaf & Dubuc. Dupuis 47p.   www.dupuis.com


 






 

Le coin santé physique et psychique (1)

Julia de Funès est une recruteuse de talents pour des entreprises. C’est un sacré métier en soi, d’évaluer selon certains critères qui sera le candidat ou la candidate parfaite pour le poste à pourvoir. Socrate au pays des process décrit par le menu comment dans un premier temps elle s’est sentie dépassée à devoir juger du bon prospect, quand elle devait évaluer des professionnels d’un domaine dont elle ignorait tout. C’est alors qu’elle a fait intervenir la philosophie qui donne du recul aux choses. Et à partir de sa nouvelle grille philosophique, elle s’est sentie mieux armée pour remplir sa mission. Ce petit livre qui sort chez Flammarion, est une mine de réflexions sur les valeurs d’aujourd’hui à l’ère numérique.

Quel doit être en aikido la relation du maître à l’élève ? Là est la question posée par Thierry Pardo qui est professeur de cet art marital au sein de l’International School of Traditional Aikido. Mais surtout, il est notre compatriote à titre de chercheur associé à l’Université du Québec à Montréal. Il lance chez l’éditeur Budo, Aikido le chemin commun du maître et de l’élève. L’élève doit-il comme le disait un jour le comédien Marcel Sabourin, rejeter tout ce que professe l’enseignant pour ne faire qu’à sa tête ? On pourra comparer les angles de vue de maître Pardo. C’est un thème sur le sujet de l’art marital rarement abordé en littérature du domaine.

Une psychanalyste et docteur en psychopathologie Saverio Tomasella se penche sur un domaine peu exploré de la psyché humaine, l’hypersensibilité. On juge hélas trop souvent cette disposition chez les êtres qui en sont atteints comme une faille. L’auteur de Hypersensibles qualifie cet état de fait comme plutôt un don et qu’il faut savoir en tirer au contraire les richesses. C’est une preuve tangible d’humanité. Le livre est fait de nombreuses études de cas qui vont éclairer le lecteur. Oui, l’hypersensible a droit lui aussi à sa part de bonheur. C’est aux éditions Eyrolles.

Philippe Nicolas est un enseignant français. Il se rend régulièrement dans la nature. C’est là qu’il recompose avec lui-même. En même temps il se faisait la réflexion suivante, à quel point les jeunes élèves sont complètement déconnectés du monde du vivant, entendons par là, la vie dans la nature, qu’il y voit un grand danger pour notre humanité. A partir de ce constat et de ces fréquentes randonnées champêtres, il a tenu une sorte de journal dans lequel il consigne ce que l’environnement à l’état pur lui enseigne qu’il a intitulé Enseignant trappeur et pourquoi pas!, aux éditions du Souffle d’Or. Et il exhorte les professeurs à multiplier les sorties d’élèves en forêt pour leur apprendre simplement à vivre et ressentir. 

Et chez le même éditeur Les cartes du coprs un coffret présenté par Nicolas et Anna Bernard dans lequel on retrouve un petit livre-guide et un jeu de 49 cartes qui permettent de dialoguer avec sa nature profonde pour éclairer sa vie, du mois est-ce l’intention manifeste des coauteurs. Sous forme de jeu, de quiz, on fait le tour des grands thèmes qui interpellent l’humain dans sa recherche intérieure. Une façon de mesurer aussi son échelle des valeurs.


 




 

Le coin santé physique et psychique (2)

Que devient la relation entre le psychanalyste et son patient lorsque ce dernier se met à entreprendre une correspondance avec le premier ? Louise Grenier est allé à la rencontre d’analystes qui sont passé par là et qui nous disent si ça change la donne après coup au cours des consultations. Lettres du divan apporte un éclairage intéressant dans ce secteur de la santé mentale. La séance sur le fameux divan en bénéficie t’elle ? C’est chez Liber.

Maintenant, que devient l’homme québécois ? Pour le savoir une vaste étude sort aux éditions des Presses de l’Université Laval, sous la direction de Jacques Roy et Gilles Tremblay et qui porte simplement le titre Les hommes au Québec. Une foule de statistiques allant des revenus du mâle jusqu’à son orientation sexuelle. Pour en arriver là, on a réalisé pas une, ni deux, mais bien 170 recherches.

 

Toujours du même éditeur La sagesse des 9-12 ans de Raymond Laprée. Avec en sous-titre « 30 vies chez monsieur Lazhar ».  La vérité dit-on sort de la bouche des enfants. Le chercheur a interrogé trente enfants pour connaître leur imaginaire et ensuite livre ses appréciations. Ce que nous apprends cette lecture c’est que nous aurions beaucoup intérêt à écouter ce que disent les jeunes enfants. Captivant est un euphémisme.

En terminant, Ella Mills en est à son troisième tome de recettes. Un parcours vraiment atypique pour cette très belle femme qui a été dans une autre vie top model. Elle vit à Londres. Si elle est devenue végétarienne, ce n’est pas en regard d’un quelconque fanatisme anti-carnivore, mais parce qu’elle a été atteinte d’une maladie rare qui l’a forcée à modifier radicalement son alimentation. Et elle s’est intéressée dès lors à la cuisine végétale. Deliciously Ella qui porte le titre de son blogue rassemble cent recettes toutes aussi succulentes les une que les autres. On ne boudera certainement pas sa ratatouille facile, ses choux de Bruxelles rôtis au sirop d’érable (oui, oui) ou encore côté dessert sa mousse framboise coco. Idéal lorsqu’on a une famille importante à nourrir, car sa cuisine a ceci qu’elle peut être réalisée en grande quantité à l’avance. C’est aux éditions Marabout.


 


 

Secrets de famille en Cormouailles

Les Cornouailles, cette région sauvage du nord de l’Angleterre et duché du Prince Charles, abrite des secrets de famille. Du moins dans la tête de la romancière Sarah Vaughan dans La ferme au bout du monde. Qui se déroule en deux volets. Un premier en 1939, ou un couple formé de Will et Alice va se rendre dans une ferme, auprès de Maggie, fille du proprio des lieux. Il va se passer quelque chose d’intime qui aura un retentissement soixante-dix ans plus tard. On découvrira le pot-aux-roses au moment où la petite-fille de Maggie se rend chez cette dernière. Mais en n’a-t-on jamais terminé avec son passé ? Si la nature est rude, la vie des êtres l’est aussi. Et c’est tout le mérite de l’écrivaine de montrer à sa façon que le mensonge est hélas le ciment de la vie sociale.

La ferme du bout du monde. Sarah Vaughan. Préludes 445p.   
www.preludes-editions.com


 


 

La figure du hobo dans la littérature

Quel hasard. Il n’y a pas si longtemps, deux membres de notre rédaction, apercevant un convoi de train, se faisaient la remarque, à savoir qu’on  ne voyait plus ce phénomène d’hommes sautant sur les toits des wagons de chemins de fer, ceux qu’on désignait comme des hobos. Un phénomène qu’on voyait à l’époque du Far West, des exils durant le krach économique de 1929 aux États-Unis ou encore la fuite de criminels. Et voici que nous arrive Été 1965 de Simon Harel professeur titulaire au département de littérature de langues du monde de l’Université de Montréal. Qui explore à travers le cas d’espèce de quatre écrivains, la figure du hobo en littérature. L’essayiste qui se fait un peu sociologue, y voit un rite de passage pour les jeunes hommes. En tout cas, il fait vraiment le tour des interprétations qu’on peut en faire, apportant une contribution à un thème à peu près jamais exploré.

Été 1965. Simon Harel. Nota bene 295p.      www.groupenotabene.com


 


 

Sur le désordre mondial

Quand Le choc des barbaries de Gilbert Achcar sortit en librairie, Le Monde diplomatique écrivit «A lire absolument, car il s’agit du texte le plus percutant et le plus rigoureux qu’on puisse lire sur cette guerre ». On faisait bien sûr référence à l’offensive terroriste menée par l’état islamique. Cet essai fait encore tellement autorité qu’elle connaît une troisième édition revue et augmentée d’un nouveau chapitre et de deux préfaces. Car ce que l’auteur met en relief, en plus des djihadistes c’est la fracture économique entre les possédants du néo-libéralisme qui ont subi l’ablation du cœur et la classe moyenne qui, si la tendance se maintient, est appelée à disparaître, mais qui génère des tensions sociales extrêmes. A lire sans faute pour comprendre ce désordre récurrent dans les affaires du monde.

Le choc des barbaries. Gilbert Achcar. M éditeur 189p.   www.editionsm/info


 




 

Au Cerf, deux titres incontournables sur la Syrie

Ceux que la question syrienne intéresse, doivent impérativement parcourir ces deux ouvrages, tous deux lancés aux éditions du Cerf et qui donnent deux éclairages à ce drame de guerre dont les premières et injustes victimes sont les civils. D’abord Frédéric Pichon chercheur et enseignant en géopolitique signe Syrie une guerre pour rien. En soi, le titre annonce le contenu. Il rappelle d’entrée de jeu, cette statistique effrayante, à savoir que depuis six ans, ce conflit a fait trois cent mille morts. L’essayiste ne s’arrête pas qu’aux dernières années. Il remonte un siècle à l’arrière pour tenter d’expliquer quel a été le rôle des différents acteurs locaux et internationaux dans cette débâcle qui s’éternise et qui voit encore le clan Assad au pouvoir. Cette révision des enjeux a la qualité de la clarté et permettra au lecteur peu connaissance des forces en présence de se faire une idée.

De son côté, vous avez un témoignage bouleversant, celui du curé d’Alep, Ibrahim Alsabagh, qui rassemble dans Juste avant l’aube des lettres écrites de là bas. Il faut se souvenir que cette ville, un joyau patrimonial du Moyen-Orient a été à toute fin pratique rasée, un peu comme le furent les villes de Varsovie, Berlin et tant d’autres au cours de la Seconde guerre mondiale. Il y aurait lieu de désespérer. Mais non. Cet homme de foi, voit plus loin que l’immédiat et s’autorise l’espérance. Ce franciscain a vu le pire comme le meilleur de l’homme. Et la lecture de ses textes nous conforte dans l’idée que la guerre est la négation de toute humanité et qu’il faut lutter pour préserver d’autres avenues de résolutions de conflits.


 


 

Jean Lesage le tribun

Celui que l’on a surnommé le père de la révolution tranquille du Québec, l’ex-premier ministre Jean Lesage, on l’oublie trop souvent, était un remarquable tribun. Fort bien de sa personne, tout d’une pièce, il avait le verbe facile et des intonations bien à lui. Les archives visuelles conservent pour la postérité ces moments d’éloquence. Si on a été ébloui par le contenant, qu’en a-t-il été du contenu ? Colligés par Denis Monière et Jean-François Simard vous avez de grands discours qu’il a prononcés, au cours de sa carrière publique. Le propos était d’aussi grande valeur que dans sa livraison. On a en même temps une radiographie de l’état des finances publiques d’alors et des revendications que Lesage avait envers le fédéral dans le cadre de son fameux « Maîtres chez nous ».

Jean Lesage vous parle. Les grands discours de la révolution tranquille. Presses de l’Université Laval 384p.    www.pulaval.com


 


 

Alex qui en pince pour Léa Olivier

Catherine Girard-Audet a fait un carton en narrant les tribulations de son « héroïne » Léa Olivier et sa vie compliquée. Une saga qui a vite trouvée son lectorat auprès des jeunes filles. Les gars ne sont pas en reste puisque cette fois, la romancière à succès jette son dévolu sur celui qui en pince pour Léa, Alex, ça donne Quand même un peu la vie compliquée d’Alex Gravel-Côté qui épouse la forme des missives que les jeunes s’envoient, télescopées. Lui c’est un gars, avec des goûts de gars et très gauche quand vient le temps d’exprimer ses sentiments. Beaucoup se reconnaîtront en lui qui au demeurant est attachant en raison de ses maladresses.

Quand même un peu la vie compliquée d’Alex Gravel Côté. Catherine Girard-Audet. Les Malins 439p.    


 


 

La Gavalda de retour avec sept nouvelles déroutantes

Un grand écrivain n’a pas à faire de grandes démonstrations littéraires pour éblouir. Ce talent se manifeste souvent dans de petits formats, comme la nouvelle. Anna Gavalda en est la plus parfaite illustration, elle qui tutoie l’excellence dans son recueil Fendre l’armure. C’est un ensemble de nouvelles dont chacune possède son ambiance à elle. Prenez l’exemple de celle intitulée « Happy meal ». On croit être sur une piste et à la fin, pan, c’est un final renversant auquel on ne s’attendait pas. Du grand art.

Fendre l’armure. Anna Gavalda. Le dilettante 283p.  


 


 

L’araignée qui fait des ravages

Fred Vargas frappe dans le mille avec ce roman policier Quand sort la recluse qui met à l’avant-scène trois meurtres et un personnage inattendu, une araignée connue sous son nom scientifique de Loxosceles rufescens communément araignée recluse et qu’on n’aime pas trop voir près de soi, disons. Serait-elle-même la cause de la mort des trois hommes ? On ne vous en dit pas plus. Mais dieu que c’est menée à la hussarde cette histoire avec juste ce qu’il faut de rebondissements pour nous garder captif. L’enquêteur a beaucoup de pain sur la planche.

Quand sort la recluse. Fred Vargas. Flammarion 478p.  


 


 

Un roi de la patate de Québec racontée

A Québec et dans la région Chez Ashton est une chaîne où on vient manger de la « comfort food » et quand on dit surtout, au diable le régime. Une bonne poutine vaut bien des antidépresseurs. Le fondateur Ashton Leblond est le roi de la patate dans son domaine et porte bien sa couronne. Mais il ne l’a pas eu facile. Sonia Reid raconte le parcours de cet entrepreneur qui est considéré comme un patron qui valorise son personnel, ce qui est rarissime. Il sait que c’est sur lui que repose l’édifice de son succès et est un modèle de management en ressources humaines. C’est comme on dit communément un maudit bon gars à connaître et dont la lecture de sa vie donnera de la vaillance à ceux qui se découragent souvent au moindre petit revers.

Ashton Leblond, juste du vrai. Sonia Reid. Le Dauphin Blanc 142p.    www.dauphinblanc.com


 


 

Des pompons complètement cradingues

Les pompons ornent à peu près tout et se déclinent de bien des façons. Les éditions marie claire conjointement avec la maison Phildar et sous la signature de Christine Leech « Pompomania ». Là on est en face de compositions originales, qui s’apparentent parfois à des macarons. Et que dire des couleurs pastel. C’est tout sauf triste. Et comme pour tous les ouvrages du genre, le mode d’emploi pour que vous ne ratiez pas vos créations.

Pompomania. Christine Leech. Marie claire et Phildar 97p.   www.editionsmarieclaire.com


 


 

Des maquillages pour faire la fête

Des fêtes d’enfants, ça s’agrémentent de bien des façons. Et une des manières de faire une réussite de toute surboum enfantine, est de convier les invités à se maquiller. Et si on est en panne de ressources, on peut se référer à Maquillages pour enfants. Les vingt modèles présentés sont de Meyline. Et la procédure pour certaines réalisations élaborées, demande de l’attention. Mais les leçons de maquillage artistique sont à la portée de tous. Et bienvenue aux petits pirates et fantômes…

Maquillage pour enfants. Meyline. Marie claire 95p.   www.editionsmarieclaire.com


 




 

Le coin Miam miam

Dans sa collection « Les inventives » les éditions marie claire présentent Mon programme minceur où comment réduire sa charge pondérale tout en ayant le sentiment de satiété. Flavie Gusman la signataire, offre un florilège de menus très goûteux assortis de conseils de saine nutrition, avec des effets multiplicateurs qui font en sorte qu’on puisse se nourrir sans tracas tout au long de l’année. Et que de belles recettes comme ce poulet grillé à l’estragon ou ce tartare au saumon mangue, avocat et coriandre. Le mot privation ne fait pas partie du vocabulaire.

Et chez Broquet Will Fleischman nous tente à plein avec Viandes & poissons fumés C’est un ensemble de 50 recettes au barbecue et au fumoir. Et qui va en dépanner un bon nombre qui ont l’impression de tourner toujours en rond au-dessus du grill et qui voudraient offrir de la variété. C’est davantage qu’un simple livre de recettes. Vous avez un véritable petit cours 101 sur les découpes, les techniques diverses, de salage entre autres. Et l’auteur y va aussi de judicieux conseils pour le moment de l’achat et comment faire sa sélection. 


 


 

Dans la tête d’un peintre

Devant une toile, surtout si elle est abstraite, on se pose inévitablement la question « qu’est-ce que le peintre a-t-il voulu signifier ? «  Et chacun d’y aller de ses hypothèses. Jean-Pierre Allix nous met sur une ou plutôt des pistes de compréhension de l’acte de peindre dans un essai éclairant L’homme qui croyait peindre des paysages. Lui-même géographe et artiste peintre, il s’est d’abord auto analysé sur le processus de la création en art pictural. Et ce qu’il nous transmet va permettre au lecteur d’aborder la toile autrement, avec un regard neuf, et plus d’une perspective.

L’homme qui croyait peindre des paysages. Jean-Pierre Allix. Albin Michel 155p.


 


 

Tel un conte oriental du XVIIIème siècle

Titulaire du Goncourt pour son roman « Rouge Brésil », Jean-Christophe Rufin nous emmène encore une fois dans un monde chargé d’exotisme, l’île de Madagascar, où il raconte l’histoire vraie du baron Benjowski, qui fut mandaté par le roi de France pour ouvrir un comptoir commercial. Ce moitié hongrois, moitié polonais, fantasque, de par ses alliances avec les peuples autochtones en place, réussit à se faire proclamer roi de Madagascar. Il y vécut de 1772 à 1776. C’est ce bau fou qui alimente l’imaginaire du romancier qui a transposé cette histoire authentique en un roman. Dépaysement garanti et un délice pour les amants de la littérature.

Le tour du monde du roi Zibeline. Jean-Christophe Rufin. Gallimard 366p.


 


 

Une femme que la lecture attendrie

Christine Féret-Fleury aime raconter de belles histoires comme elle fit jadis avec cet autre roman « La chanteuse de Vivaldi ». Les arts occupent beaucoup de place dans l’ordre de ses affections. La fille qui lisait dans le métro décrit une jeune femme qui de façon un peu rigide, prend toujours la même ligne de métro, à la même heure, etc. Et cette lectrice s’attendrit de voir des passagers lire. Et puis un jour, au lieu de descendre à la sempiternelle même station de métro, elle va s’arrêtera deux stations avant. Et c’est en prenant un chemin de traverse inhabituel pour alelr au boulot qu’il va se passer quelque chose qui devait être inscrit dans les astres et qui va chambouler sa vie. Curieux ? Allez voir par vous-même. Et en lisant ces pages agréables comme tout vous allez faire tellement plaisir à la romancière qui tout comme son héroïne, aime tellement ceux qui lisent, et de surcroît qui la lisent.

La fille qui lisait dans le métro. Christine Féret-Fleury. Denoël 173p. 


 


 

Un ministre des finances en poste seulement…six jours

Quentin Lafay qui avec La place forte fait son entrée en littérature par le canal du roman, nous met en garde qu’il ne faut pas voir dans sa démarche où il portraiture l’univers de la politique française un roman à clef. Il connaît pourtant bien ce monde pour avoir été dans les arcanes des cabinets ministériels. Les premières pages s’ouvrent sur l’annonce faite par le secrétaire général de l’Élysée, de la nomination de Béranger Thérice au poste de ministre des finances. Six jours plus tard, sans crier gare, ce dernier, sans prévenir personne, s’enfuira sans demander son reste au grand dam de l’équipe de sa sécurité rapprochée qui l’a cherché avec inquiétude. Mais pourquoi ce renoncement si imprévu ? Que s’est-il passé ?  C’est ce que vous découvrirez à sa lecture qui captive, car bien que ce ne soit pas un roman à clef comme mentionné, il n’en demeure pas moins que le pouvoir tel qu’il se vit est bien rendu. Du bonbon pour ceux qui aiment la chose politique.

La place forte. Quentin Lafay. Gallimard 238p.   


 


 

Le rapprochement entre chrétiens et juifs

David Neuhaus a eu un parcours de vie assez singulier. D’abord c’est un jésuite d’origine…juive et originaire en plus d’Afrique du Sud. Il s’est converti au catholicisme alors qu’il avait 15 ans. Présentement il est vicaire du Patriarcat de Jérusalem pour la communauté hébraïque francophone et pour les migrants. Inutile de dire qu’il est partisan du rapprochement interreligieux  Je vous écris de la Terre Sainte est un message merveilleux où il tend la main à la communauté juive, admettant les torts que l’Église catholique a eu à leur endroit. En effet, on se souviendra que le contentieux catholique vient du fait qu’on a fait porté aux juifs le fardeau de la mort du Christ. Et que d’exactions ont été commises dans cette chasse aux juifs qui demeure une ombre dans l’Histoire de la catholicité. Mais l’essayiste ne veut pas traîner le passé comme un boulet et il veut donner une chance à la paix, qui est l’unique motif recherché, dans le respect des uns et des autres. C’est en même temps un cours d’histoire de ce que furent les relations entre juifs et catholiques. On sort de cette lecture un peu grandi dans cette espérance vers une meilleure humanité.

Je vous écris de la Terre Sainte. David Neuhaus. Bayard 496p.   www.bayard-editions.com


 


 

Un collier maléfique

Si vous avez porté aur les autels Le crime de l’Orient-Express d’Agatha Christie, vous ferez de même avec le dernier opus de Mary Higgins Clark « Noir comme la mer » qui, l’histoire au lieu de se dérouler dans un convoi ultra chic de chemin de fer, se transpose dans un transatlantique le Queen Charlotte. Parmi les passagers nantis, se trouve une octogénaire, Lady Em, est propriétaire d’un collier d’émeraudes,  dont la légende veut qu’il a été en possession de Cléopâtre. Et sur lequel s’attache une malédiction, à savoir qu’il jette un mauvais sort à qui l’emporte en mer. Eh bien, il arrivera que la riche madame sera assassinée trois jours après le départ et le collier disparu. Une experte en pierre précieuses qui se trouve également à bord va tenter d’élucider ce crime odieux. Et en plus, le meurtrier par la force des choses fait partie, où du personnel où des touristes. Encore une fois l’écrivaine a mis dans la balance tous les ingrédients à succès.

Noir comme la mer. Mary Higgins Clark. Albin Michel 355p.


 


 

Un conte charmant sur les ennuis d’une maman

Aux éditions Druide il y a une collection spéciale destinée aux petits et nommée « Motifs » où avec une délicatesse infinie un auteur va aborder en douce un sujet très sérieux. Le cinquième titre paraît Je suis là, je suis là de Marie-France Hébert sur des illustrations touchantes de Mathilde Cinq-Mars. Il est question d’une maman confrontée à une mise à pied et qui est remuée. Qui sera consolée par sa propre mère. L’enfant qui est témoin de ce qui se passe et qui ne saisit pas tous les enjeux, est narrateur à la première personne. Cet album chargé de sensibilité nous rappelle l’importance du conte dans le développement du tout petit et comment on peut faire passer de grands messages par la bande. Mamans modernes, lâchez vos Iphone et prenez le temps de lire cette belle histoire pour préparer votre jeune à une réalité de la vie. C’est le meilleur héritage que l’on peut transmettre, la confiance en soi.

Je suis là, je suis là. Marie-France Hébert et Mathilde Cinq-Mars. Druide www.editionsdruide.com


 




 

Le coin santé physique et psychique (1)

Si on croit que toute littérature a été faite en psychologie, on se rend compte qu’un aspect de la psyché des individus a été grandement négligé, c’est celui concernant Les arrogants éditions Dunod). Ces êtres infâmes et qui veulent assujettir leur entourage, comme si tout leur était dû. A ne pas confondre avec les manipulateurs qui eux, peuvent se montrer gentils pour obtenir ce qu’il faut. Tandis que les arrogants sont en permanence détestables avec comme credo, je veux et j’exige. Eh bien Sophie de Mijolla-Mellor leur consacre un essai. Cette psychanalyste puise évidemment dans l’enfance. Et on apprendra qu’il faut peu de choses pour que le charmant poupon se transforme en monstre d’égoïsme. Comme lorsque des parents s’avisent de corriger le petit avec une tape. Il va s’opérer alors chez ce dernier un esprit de vengeance. Avec des conséquences infinies qui va se perpétuer souvent la vie durant. Cette étude comble un fossé. Surtout que l’époque de la génération des enfants du divorce est fertile pour l’éclosion de ejunes qui n’ont que le « je » à la bouche.

Par ailleurs, aux éditions du Cerf, la docteure en philosophie et mère de cinq enfants, Inès Pélissié du Rousos publie Les parents, l’école et la sexualité qui tombe à point nommé où des grands pans de la société, pressent le ministre québécois de l’éducation d’inscrire à large échelle un cours d’éducation sexuelle en classe, pour lequel il ne dit pas non, mais qu’il remet sans cesse aux calendes grecques. Même le pape François se montre favorable dans la mesure que le langage utilisé soit nouveau et approprié. L’auteure met de l’avant toute la mystique du corps, la magie des relations hommes-femmes  Par contre une absence étonnante, la réalité de la diversité sexuelle et l’homosexualité, totalement absente du propos.

L’acteur que nous aimons tant Michael Lonsdale est un contemplatif, qui ne regarde pas ce qui l’entoure de la même manière que nous. Comme lorsque son attention se pose sur une fleur, il voit la chose, mais aussi elle lui communique des impressions. Petite spiritualité des fleurs aux éditions Novalis, est une promenade dans la nature, où l’artiste nous fait partager ce que chaque fleur lui inspire, une personne, une situation, une élévation. Après lecture, vous ne verrez sans doute plus les fleurs de la même façon. Elles ont une fonction qui va bien au-delà de la simple décoration.

Les trois prochains titres paraissent aux éditions du Dauphin Blanc. Isabelle Tremblay nous livre Médium malgré moi. De façon récurrente, l’auteure percevait d’étranges sensations. En analysant la chose de plus près, elle s’est aperçue qu’elle était devenue comme le titre de son ouvrage l’indique, une médium sans le savoir. Et dans son livre, elle nous dit que ce n’est pas un phénomène isolé, mais que plusieurs d’entre nous, peuvent être confrontés à cette disposition. Elle nous dit comment reconnaître ces signes spéciaux.
Michèle Morgan (pas l’actrice) aborde l’éveil d’une âme tourmentée dans La Belle de l’Au-delà. Elle raconte le moment où une petite voix intérieure lui commande de prendre fait et acte des messages d’une âme décédée voici quelques années. Et à partir de ce moment là, elle va coucher sur papier, les missives dictées. Jusqu’à connaître à la fin l’identité de cette personne. Troublant.

Un peu dans la même tonalité de la vie après la vie, Les appels de l’âme de JoAnne St-Martin décrit le cas d’une irlandaise qui sait qu’elle va mourir et qui choisit d’aller terminer ses jours en Inde. L’auteure nous fait l’accompagner dans sa trajectoire de l’Au-delà. Et l’âme de la défunte reviendra ensuite sur Terre en phase de réincarnation.


 






 

Le coin santé physique et psychique (2)

Don Miguel Ruiz Jr. Est un maître toltèque de la transformation. Ce sage débarque avec La maîtrise de soi selon la voie toltèque. Son propos est de se défaire des influences extérieures et d’aller plutôt à la rencontre de ses aspirations intérieures. Que l’ion peut conférer à sa vie quelque chose d’artistique en somme. Mais pour cela, outre s’aimer soi-même, il pose un sacré défi, à savoir d’aimer les autres inconditionnellement. Il y a des passages où il interpelle le lecteur de façon interactif en lui posant un examen de conscience. C’est aux éditions Guy Trédaniel. Et chez le même éditeur, cette fois de Michael J. Losier « La loi de l’attraction en pratique ».  Cette théorie qui en clair est l’adage qui veut qu’on attire ce qui nous ressemble. Et qu’en conséquence, on obtient ce que l’on désire de toutes ses forces. Et dans ce sens, il guide les pas de ceux qui veulent dans un premier temps identifier leurs objectifs et les atteindre. Il a établi une liste des besoins fondamentaux que l’on retrouve normalement chez l’ensemble des humains et demande d’en identifier quatre à placer au sommet de notre liste personnelle. Et il ne prend pas de gants blancs. Par exemple, que si on ne se sent pas bien en présence d’une personne, de s’en éloigner tout bonnement, car elle ne répond pas à nos besoins.
Chez l’éditeur Béliveau, deux titres. A commencer par un premier qui est dans la mouvance de ce qui intéresse une bonne part des travailleurs, la maîtrise des moyens de communication à notre époque des médias sociaux. Il s’agit de Julie Blais Comeau qui nous montre comment Communiquer correctement en affaires à l’ère numérique. L’ouvrage est préfacé par la femme d’affaires Danièle Henkel. On avait ce genre d’ouvrage jadis, au temps des correspondances papier. Avec l’ordinateur la donne chance, et on échange différemment. L’auteure aborde aussi, non seulement le genre épistolier à notre époque 2.0 mais aussi comment entretenir de bonnes relations au travail.

Dans le créneau des ouvrages de croissance personnelle, Bill Marchesin est une star, multipliant les conférences comme coach de vie à l’étendue du pays. Il nous présente sa dernière ponte La vérité derrière le succès! Il s’adresse aux gens qui veulent donner un véritable sens à leur existence et en adéquation avec leur vie intérieure. Ça tient à l’écoute de soi, de la méditation qui est basée sur l’observation de ce qui se passe aux alentours.
Bernard Baudouin se passionne pour l’histoire des religions et plus largement de la spiritualité. Comment l’esprit régénère le corps, tel est le thème central de La méditation ses effets sur le cerveau et la santé chez Québec Livres. Chantre de la méditation, il nous apprend une statistique effrayante, que dans une proportion de 46,9% du temps notre pensée voyage et nous fait oublier ce qu’on est entrain de faire de concret. Autrement dit, on ne prend pas le temps de vivre pleinement le temps présent avec des conséquences très négatives pour notre quiétude.

Chez Québec Livres toujours, l’ethnologue Mireille Thibault dans Ils ont tué leur famille elle collige des histoires d’individus qui ont décimé leurs familles. Un sujet qui n’a pas beaucoup fait l’objet d’ouvrages. Il faut quand même dire que ce n’est pas, heureusement d’ailleurs, un acte si fréquent. Mais ceux qui les commettent, qui sont-ils ? Comment en sont-ils venus à ces dernières extrémités ? On remarquera tout de même que les auteurs de crimes si odieux ont en dénominateur commun d’être des égoïstes de première. Un monde effrayant et captivant tout à la fois

Il est dit que dans l’échelle de la douleur humaine, la perte d’un enfant est quelque chose d’incommensurable. Magda Vandendorpe qui est thérapeute en relation d’aide en sait quelques chose puisque elle-même en 1973, elle a eu le grand chagrin de perdre un bébé à peine âgé de trois mois. Elle a eu par la suite cinq autres enfants, et offrant à tous la vision de la femme en parfaite maîtrise d’elle-même. Eh bien, non. Même trente-cinq ans après ce décès sans nom, son bel édifice psychique s’est fissuré. Forte de son expérience, elle écrit Vivre un deuil périnatal pour apporter sa contribution aux parents qui sont confrontés à cette épreuve. C’est aux éditions du Cram..   


 


 

Lady Cartier entre dans la collection Nomades

La collection de poche Nomades compte un opus de plus à son catalogue avec l’arrivée de Lady Cartier de Micheline Lachance qui avait été publié originellement en 2004 chez Québec Amérique. Qui narre les tribulations amoureuses du patriote Georges-Étienne Cartier pris entre son épouse légitime, Hortense Fabre, la mère de ses deux enfants et Luce Cuvillier, sa maîtresse cachée et au caractère singulier. Las liaison clandestine sera découverte et en plus madame Cartier a un autre grief à savoir qu’elle ne partage pas une possible confédération des provinces comme se fait son chantre de mari. Tensions en perspective. Dans la catégorie du roman historique, la romancière a gagné tous ses galons.

Lady Cartier. Micheline Lachance. Nomades 754p. 
www.quebec-amerique.com


 


 

Ce qu’il faut savoir sur l’Élysée

Avec l’élection toute récente, d’Emmanuel Macron,  plus jeune président de la cinquième république française, on voudra sans doute en savoir un peu plus sur le nouveau décor qui sera le sien au quotidien, L’Élysée. Et ça tombe bien car sous les signatures de Bernard Brigouleix et Michèle Gayral on refait la petite histoire de ce palais si riche d’histoire qui fut d’abord une demeure privée sous les Bourbons. Et au XXème siècle, ce n’était pas encore un lieu idéal pour élever une petite famille. Quand on sait que c’est au cours de la première moitié de ce même siècle qu’il fallu attendre la première salle de bain et le chauffage central. Amateurs d’anecdotes historiques vous serez servi à souhait. Et il n’y a pas à dire, en fin de lecture on se rend bien compte que la vie présidentielle française est à sa façon un style qui s’apparente à celui d’un monarque.

L’Élysée vérités et légendes. Bernard Brigouleix et Michèle Gayral. Perrin 238p.      www.editions-perrin.fr


 


 

Les flèches acidulées de BB

Brigitte Bardot a beau être un mythe vivant, n’empêche que c’est une personnalité incarnée qui est réputée pour ne pas avoir la langue dans sa poche. Avec elle aucun filtre, et au cours de sa carrière on ne compte plus les réparties bien senties qu’elle a décoché à la ronde. François Bagnaud s’est amusé à colligé les plus fameuses d’entre elles qui ont permis de constituer sa renommée sulfureuse. Un exemple entre mille, « Je ne souffle jamais de bougies, j’ai horreur de ça. On postillonne sur le gâteau et c’est dégoûtant ». Ambiance. Parfait qui veut prendre un cours de confiance en soi.

Brigitte Bardot. Répliques & piques. Rassemblées par François Bagnaud. L’Archipel 251p.      www.editionsarchipel.com


 


 

Comment protéger les sociétés à l’ère du terrorisme

La vague d’attentats terroristes dans le monde a généré son lot d’essais sur l’état islamique et djihadisme, mais curieusement un vide en librairie touchant à l’aspect de la sécurité à l’ère de ces nouvelles réalités violentes. Éric Delbecque comble ce vide dans Le bluff sécuritaire. Il montre comment et béatement les gouvernements des pays visés tentent de se faire rassurants, qu’ils prennent les choses en main. Mais on voit bien que les forces obscures, les loups solitaires ont des stratégies qui ne peuvent être anticipées. Encore que l’essayiste voit dans la force du renseignement, le moyen de déjouer l’adversaire. Mais c’est encore plus complexe que ça et c’est tout le mérite d’avoir fouillé son sujet à fond pour en montrer les tenants et aboutissants. L’auteur est directeur du département stratégique de SIFARIS. On lui doit d’avoir travaillé au cabinet du premier ministre et d’être signataire d’autres ouvrages portant sur des thèmes semblables. En fin d’ouvrage, pour qui veut aller plus loin dans la recherche, vous avez une bibliographie exhaustive.

Le bluff sécuritaire. Éric Delbecque. Cerf 337p.    www.editionsducerf.fr


 


 

Des fleurs riches…en vitamines

Pour montrer à quel degré d’ignorance nous sommes en matière d’alimentation, quand avez-vous entendu parler de la richesse en vitamines des fleurs comestibles ? Et pourtant elles ont de ces vertus spécifiques à notre métabolisme. Pour combler cette ignorance, allez parcourir Des fleurs dans votre assiette d’Alice Caron Lambert. C’est une experte, tenez-vous bien, en gastronomie florale. Ça se présente comme un livre de recettes, et non pas juste un assortiment de salades, que non! Exemple, ce jus d‘ananas et citron et au jasmin, ou ce foie gras mi-cuit sur un fond d’artichaut aux épices florales et fleur de pensée.

Des fleurs dans votre assiette. Alice Caron Lambert. Lanore 165p.   www.fernand-lanore.com


 


 

L’histoire fabuleuse de la symphonie féminine de Montréal

En prenant connaissance du sujet de la professeure, musicienne et musicologue Maria Noriega Rachwal portant sur l’histoire incroyable et totalement méconnue de la Symphonie féminine de Montréal, on se dit deux choses. D’abord que nous sommes des nais devant la connaissance, et ensuite qu’on va réellement finir apr admettre qu’on a vraiment relégué dans l’ombre l’apport du féminin à nos sociétés. Et même dans le secteur culturel où pourtant on devrait théoriquement faire preuve de plus d’ouverture. Cette formation musicale a été créé dans le lobby du Ritz-Carlton par deux femmes, Madge Bowen et Ethel Stark, la seconde violoniste qui deviendra chef d’orchestre de la phalange. Et qui pour la petite histoire, deviendra la première canadienne à entrer à l’Institut Curtis. Le premier orchestre du genre au pays entièrement composé de musiciennes. Et on se fera entendre de 1940 à 1965. Et haut fait d’arme, la Symphonie des femmes aura l’insigne honneur de se produire à Carnegie Hall. Chapeau à l’historienne de rendre justice à ces pionnières du monde de la musique, injustement reléguées aux oubliettes. Et aussi à la maison d’édition qui accompli un formidable travail éditorial avec un catalogue qui vaut le détour.

Partition pour femmes et orchestre. Maria Noriega Rachwal. Les éditions du remue-ménage 207p.    www.editions-rm.ca


 


 

Une étude approfondie de l’œuvre de Nelly Arcan

Quand on examine la bibliographie qui apparait à la toute fin de l’essai Nelly Arcan, trajectoires fulgurantes on est ébahi par la floraison d’études dont l’écrivaine tragiquement disparue a fait l’objet. Conférant à celle-ci un statut équivalent à une icone. Pour bien juger de la valeur de sa contribution, ce collectif sous la direction d’Isabelle Boisclair, Christina Chung, Joëlle Papillon et Karine Rosso décortique le contenu de ses romans, décryptant tous les messages directs ou sous-entendus qu’ils ont trouvé. L’ouvrage, Putain, fait l’objet d’attentions particulières car c’est tout le rapport homme femme qui est en cause et on mesure aussi la dualité effrayante de cette Nelly Arcan partagée entre ce désir de plaire et de livrer telle une bimbo dans sa cloison de chair, et de s’affirmer comme une femme de lettres crédible. Cette recherche étoffée soulève bien des interrogations sur qui était au fond la vraie femme.

Nelly Arcan, trajectoires fulgurantes. Collectif. Les éditions du remue-ménage 309p.    www.editions-rm.ca


 


 

Les apparitions de Fatima vues à distance

La chose passera sans doute inaperçue chez les laïcs, mais 1917 marque le centième anniversaire des apparitions de la Vierge à trois petits paysans, un garçon et deux filles. Et à la clé, la divulgation par la mère de Jésus de trois secrets (le dernier ne sera dévoilé que par Jean-Paul II). Mais entretemps, que de spéculations, de légendes, d’affabulations de toutes sortes. Il a été même question d’un quatrième secret. Pour tirer tout cela au clair, Yves Chiron qui a publié maints ouvrages sur le phénomène des apparitions mariales, reprend tout le dossier. Et au sujet de ce quatrième secret, il a même écrit au pape émérite Benoit XVI qui lui a répondu de façon inédite. Nous vous laissons la surprise du contenu du message.

Fatima. Yves Chiron. Novalis 240p.    www.novalis.ca


 


 

Récupérer les millions d’euros du veuf

Attends-moi au ciel  de Carlos Salem est un thriller pimenté qui ne vous laissera pas beaucoup de répit. Un peu comme pour la cigarette, le danger s’accroît avec l’usage. Qu’on en juge. C’est une femme qui a la douleur de perdre son mari fortuné au cours d’un accident de voiture. Mais le disparu a emmené dans la mort de lourds secrets. Et question de squelettes dans le placard vous allez être servi. Madame veuve finira par apprendre que son défunt avait détourné des sommes faramineuses et concoctait le projet de prendre le large avec sa maîtresse. Au fait de ces informations qui vont faire l’effet d’un coup de tonnerre, madame va se mettre en quête de récupérer ce qui lui revient de par son statut de légitime, dut-elle trucider. Surtout que dans les faits, de son côté, elle porte le poids de dettes qui ne devraient pas être au vu de la fortune évanouie dans la terre. Ça presse. Et ah, oui, un détail, l’accident automobile qui a entraîné la mort du mari n’était pas accidentel…

Attends-moi au ciel. Carlos Salem. Actes Sud 325p.    www.actes-sud.fr


 


 

Un appétit de lecture

Rencontrez Tannie Maria: une femme qui aime beaucoup cuisiner et écrire de temps à autre. C’est qu’elle compose des recettes pour une colonne dans son journal local, la Gazette Klein Karoo. Un dimanche matin, alors que Maria apprécie la brise à travers la fenêtre de la cuisine tout en faisant de la confiture d'abricots, elle entend l'arrivée de son bon ami et rédacteur Harriet. Ce que Maria ne réalise pas, c'est que Harriet est sur le point de livrer le premier ingrédient dans deux nouvelles recettes (recettes pour l'amour et le meurtre) et toute une série de défis. Un mélange délicieux d'intrigue, de tarte au lait et d'amitié, rejoignez Tannie Maria dans sa première enquête. C’est un premier roman qui a cartonné car déjà traduit dans douze langues.

Recettes d’amour et de meurtre. Sally Andrew. Flammarion 485p.  


 


 

Trois beaux portraits de femme

Elles sont trois, se prénomment Alice, Viviane et Luce. La vie les aura tenues à distance très longtemps. Il y aura retrouvailles. Avec son lot de surprises. La quête de la fille disparue du tandem Pauline Michel et Mario Pelletier est surtout un beau portraits de femmes, si différentes les unes des autres. Et en même temps une saga qui part de l’ère du Troisième Reich à l’Ordre du Temple solaire. Mme Michel a été en 2004 nommée Poète officiel du Parlement tandis qu’on se souviendra que son partenaire d’écriture a été critique littéraire au Devoir. L’union faisant la force comme dit l’adage, ce roman à quatre mains est garni de références culturelles et historiques qui rendent le lecteur plus intelligent à la sortie que lorsqu’il y est entré. En plus des réflexions métaphysiques d’importance en toile de fond. Membres de jury de prix littéraires, regardez de ce côté-ci pour décerner vos récompenses.

La quête de la fille disparue. Pauline Michel et Mario Pelletier. Fides 342p.    www.groupefides.com


 


 

Un intérêt pour la vie des saints

D’ordinaire, lorsqu’il s’agissait de la vie des saints, c’était assez ennuyeux, car on nous assénait un véritable catalogue de martyrologues. Tandis qu’ici dans Saints de Xavier Lecoeur n’est pas de nous rappeler quel saint figure, tel ou tel jour au calendrier et pourquoi il s’y trouve. Ce sont 333 monographies de gens très intéressants et non seulement pour leurs seuls accomplissements mais aussi le contexte socio historique dans lequel ils ont vécu. Ce qui nous remet en mémoire l’importance de ne pas balayer aux oubliettes tout notre riche passé patrimonial de culture chrétienne, qui, qu’on le veuille ou pas, nous a façonné. Et félicitons au passage l’auteur qui a fait un travail de recherche énorme. Et permettez ce jeu de mots facile instructif…en diable.

Saints. Xavier Lecoeur. Novalis 727p.   www.novalis.ca


 


 

De la décoration intérieure dans toutes ses déclinaisons

Le goût pour la décoration connaît une effervescence sans pareil. Les grands quincailliers et les maisons d’accessoires pour la maison, se disputent une clientèle avide de vivre le cocooning à plein. Après tout, la décoration chez soi n’est-elle pas une forme de voyage intérieur. Aux accros du genre, voici Leçons de style coécrit par Nathalie Soubiran et Karine Villame. Si l’intention est de donner comme le titre l’indique, plusieurs leçon de décoration, on peut dire qu’il y a un intérêt dominant pour les styles rustiques, parfois provençaux. A la fin de l’ouvrage il y a un chapitre consacré au style scandinave. Mais ne serait-ce que pour le volet rustique, que de trouvailles, avec des intérieurs si chaleureux, faits de nobles matériaux du terroir, ou le bois et la pierre prennent le dessus.

Leçons de style. Nathalie Soubiran et Karine Villame. Massin 182p.  www.massin.fr


 




 

Carnets du Vieux-Montréal et du Mont-Royal

Aux éditions les heures bleues, nous avons le loisir d’apprécier nos différentes architectures montréalaises sous forme de carnets de dessins. Deux en fait. Le premier Carnets du mont-Royal porte les signatures de Jean-Claude Marsan et Tex Dawson et l’autre Carnets du Vieux-Montréal de MM. Yvan Massé et Raynald Murphy. Ça ne peut mieux tomber. Le second qui vient juste de paraître est le cousin du premier paru en 2011. Le concept est le même, des croquis de différents coins de la ville, agrémenté de notices historiques. En même temps l’œil est flatté et notre niveau de connaissances s’accroît. On ne peut avoir une plus belle contribution au moment où Montréal célèbre son 375ème anniversaire de fondation. Et l’éditeur a mis un soin jaloux au graphisme,  honorant de la sorte le travail accompli par les concepteurs.


 








 

Le coin Miam miam

Quatre nouveaux titres destinés à la bibliothèque de la cuisine. Le premier Les croquins aux éditions Cardinal par Élisabeth Brisset des Nos sur des illustrations de Paule Trudel-Bellemarre ne devrait pas se trouver dans cette rubrique qui est consacré aux livres de recettes, mais comme son objectif est de faire découvrir « la personnalité » de chaque aliment auprès des jeunes têtes, nous nous sommes dits que ça valait le coup qu’il accompagne les autres titres destinés à l’alimentation. Mais en parcourant ces pages, on s’aperçoit que l’adulte a aussi tout apprendre sur l’historique attachée à certains produits que nous gobons machinalement sans savoir leur origine. Et les dessins sont craquants comme tout.

Parlant de connaissances didactiques, nous arrive un lourd pavé préfacé par Ricardo, nous avons nommé L’encyclopédie visuelle des aliments   chez Québec Amérique, rédigée en collaboration avec l’Académie culinaire et l’INAF de l’Université Laval. Ceux qui s’intéressent mais de manière approfondie à la cuisine ou à la simple alimentation, auront tout intérêt à se procurer ce livre qui détaille tout ce que nous consommons, avec des fiches détaillées pour chaque produit. En plus des conseils sur l’achat, la préparation, la cuisson et la conservation. Ensuite, pour les nutritionnistes en herbe, les valeurs nutritives de ces aliments. Le tout servi par une riche iconographie, d’où son titre. Qui permettra de vous y retrouver visuellement entre un poisson et un autre lorsque vous vous rendrez chez le poissonnier. Un ouvrage fondamental qui doit trôner dans votre cuisine, à consulter à l’infini.

Histoires de bouffe aux éditions AdA porte bien son nom, car Stéphane Gadbois qui est directeur d’usine à la ville, se transforme le soir venu et les week-end en un marmiton de classe supérieure. Dans le milieu gastronomique on pourrait continuer de la classer comme une sorte d’amateur éclairé, mais quand vous avez la caution admirative des Giovanni Apollo, Jonathan Garnier et Stéphane Modat qui ont apposé leurs salutations en quatrième de couverture, c’est que le mec a gagné ses galons. C’est un livre de recettes un peu singulier au sens où le créateur nous raconte une histoire entourant chaque plat. Un ravioli au homard, ça vous dirait ?

Le monde est pressé, continuellement scotché aux nouvelles applications des réseaux sociaux. Qui n’a plus de temps pour rien. Pourtant il faut bien se nourrir.  Comment concilier vie folle et un besoin aussi fondamental que de manger pour soi-même et pour nos proches ? La solution est toute trouvée dans 30 minutes chrono chez Hachette cuisine. C’est un collectif qui a élaboré ce gros volume si riche en diversité. Des recettes goûteuses comme c’est pas permis, tel ce filet de dorade braisé et sa sauce Saint-Malo, en passant par ce tian de figues, pancetta et fourme au romarin, ou bien le curry de thon grillé. Les photos si elles valent mille mots, nous abîment dans des désirs de commettre avec allégresse le péché de gourmandise. Et encore une fois, soulignons-le, dans un laps de temps aussi court qu’une demi-heure. Les concepteurs de ce livre méritent le titre de bienfaiteurs de l’humanité.


 


 

A la pêche au requin en pneumatique avec une ligne et un hameçon

Le livre de la mer du norvégien Morten A. Stroksnes est sans doute le bouquin le plus divertissant qu’il nous ait été donné de lire de puis un bon bout de temps. Divertir au sens non comique, mais de son acception au sens de diversion de la réalité. Imaginez, deux gars qui décident d’aller à la pêche au requin, de type géant, huit mètres de long. Et pour tout équipement, un canot pneumatique, une ligne et un hameçon. Autant dire jouer avec sa vie. Les deux aventuriers savent bien à quoi ils s’exposent dans cet affrontement avec ce monstre marin. Outre la folie du thème, ce livre contient moult renseignements sur la vie en mer, ce type de pêche, sur les requins, les vents nordiques et quoi encore. Un véritable cours tout en se distrayant. L’humour nous attend parfois au détour. A mettre sur le dessus de votre liste d’achat de livres.

Le livre de la mer. Morten A. Stroksnes. Gallimard 306p.   


 


 

Une famille londonienne tricotée serrée

Les tenants de la famille comme noyau social, en vante les vertus, mais encore faut-il que les ingrédients soient réunis pour que l’amour et l’harmonie règne. Mais hélas c’est plutôt l’image du contraire qui vient à nous. Mais à ceux qui tiennent mordicus à la formule, il y a Imagine que je sois parti qui fait la démonstration qu’il n’y a rien de tel qu’une famille unie. Nous sommes à Londres dans les années soixante. Le père est dépressif et se fait soigner. Pendant ce temps, sa douce, de fiancée qu’elle était, décide d’unir maritalement sa destinée et de le soutenir dans son épreuve. Ils ont trois enfants, dont un, Michael pour qui vivre ne va pas de soi. Mais il n’est pas seul. Tant pour le père que ce fiston en manque de vitamine mentale, on peut compter sur mère, frère et sœur. Il y a d’ailleurs une scène d’anniversaire attendrissante au restaurant. Et tout dans les échanges baignent dans la plus grande affection. Adam Haslett signe certainement un roman, tant cette famille nous apparait comme un idéal inatteignable. Mais ce peut-être aussi un modèle à atteindre.

Imagine que je sois parti. Adam Haslett. Gallimard 440p. 


 


 

Mélange de l’espace temps

Si pensez que la littérature de fiction tourne en rond, c’est que vous n’avez pas encore lu La mort du temps d’Aurélie Wellenstein. A la suite d’un séisme, la Terre s’en trouvera ravagée. Et faisant en sorte que tout ce qui se trouve à grouiller et grenouiller ici bas va se trouver en fusion, avec des êtres d’autres époques en circulation. Un véritable melting-pot. La protagoniste du roman, Callista, sera confrontée de surcroît, elle, déjà en état de choc, avec des créatures bizarres. Elle est dès lors en mode survie. Comment va-t-elle faire dans cet environnement désormais si hostile ? C’est que vous saurez au fil des chapitres. Dans le genre, l’écrivaine tutoie l’excellence.

La mort du temps. Aurélie Wellenstein. Scrineo 285p.    www.scrineo.fr


 


 

Mort de deux mélomanes

Un amour de Mille-ans d’Akira Mizubayashi met en scène un ancien professeur de français à Tokyo, Sen-nen et une femme, son épouse, Mathilde. Ils ont en commun d’être mélomanes. Ils vivent à Paris. Elle est alitée, aux prises avec une grave maladie dont elle mourra quelques chapitres plus loin. Entretemps, le monsieur ira retrouver une soprano qu’il a connu il y a quelques années, Clémence, qu’il va réentendre dans les Noces de Figaro de Mozart. L’occasion d’une communion spirituelle et musicale. L’épouse comme ci-devant mentionné quittera ce monde et le mari ne lui survivra pas bien longtemps, un peu égaré dans ce monde, sans compagne avec qui il fusionnait. C’est un roman tout simple mais qui exalte la beauté des sentiments nobles.

Un amour de mille-ans. Akira Mizubayashi. Gallimard 263p.


 




 

Le coin santé physique et psychique (1)

Les deux premiers titres qui suivent sont publiés chez AdA. Nathalie W. Hermman est maître Reiki et massothérapeute. Elle nous invite è L’art de suivre de bonnes habitudes afin de magnifier nos qualités et trouver l’apaisement. Son plan est fondé sur quatre grands axes : l’honnêteté, la volonté, la conscience et la reconnaissance. A l’impossible nul n’est tenu, et si quelque chose ne fait pas notre affaire, de voir à en changer. Et dans un registre un peu similaire Steve Dupuis lance L’éveil de l’esprit dans sa création. Il part du principe que c’est l’ignorance qui génère de la souffrance et de l’inaction, alors que la connaissance prépare le terrain au bonheur et au contrôle de notre environnement.

Il y a quelques années, Paul Wilson avait mis sur le marché un titre qui devait correspondre à un besoin « Petit livre du calme » qui s’est venu à dix millions d’exemplaires. Il persiste et signe avec Calme quoi qu’il arrive aux Presses du Châtelet. Car il est bine évident, vous n’avez qu’à observer autour de vous, que le monde est plus énervé que jamais. Tout le monde court, pressé, et on entend, c’est récurrent, qu’on n’a pas le temps pour rien. Il capitalise énormément sur la méditation afin de retrouver la sérénité perdue. A partir de ce constat, il a structuré sa méthode, toute simple de méditation, en mode graduel.

Chez le même éditeur, le prêtre orthodoxe Jean-Yves Leloup qui est également philosophe et théologien, poursuit son étude des grands livres de la Bible et s’attache au Cantique des cantiques. De façon un peu sommaire, le néophyte voit dans ce livre, un volet quasi érotique, avec ces passages de grande sensualité et ses symboliques sexuelles. Mais le bibliste voit surtout un grand message d’amour, qu’il décortique à l’infini, avec le grand talent de vulgarisateur que l’on connaît. Et comme l’humanité est en grand déficit d’amour, cet essai tombe à point nommé.


 






 

Le coin santé physique et psychique (2)

Notre époque chargée de turbulences ne favorise pas le bon sommeil. Et pour une part importante de la population, le déficit de récupération est considérable. Pour ce qui est des enfants, une éducation est à faire et voici que nous parvient un livre d’une grande utilité de la neuropédiatre Évelyne Pannetier « J’apprends à dormir » qui se veut un guide pour apprendre à votre enfant de 0 à 18 ans à bien faire ses nuits. Comme médecin, elle voit bien d’autres alternatives avant d’en arriver à la médication.
Chez Fides, faisons connaissance avec Jacques Lalanne qui est médiateur accrédité par l’Institut de médiation et d’arbitrage du Québec. Il a été au cœur de centaines de conflits de couples, pour lesquels il a été le sage que l’on consulte pour limiter les dégâts ou redonner une chance à la conciliation. Quand on sait que les mariages durent peu, on aura tout à cœur de lire Médiation mode d’emploi qui est la synthèse de son expérience en la matière. Il est de l’école qu’il faut tout tenter pour donner une chance à l’union maritale. Sachez que 85% des conflits se règlent en médiation depuis que ce service a été mis sur pied il y a une trentaine d’années.

Pourquoi le yoga serait-il uniquement destiné aux adultes, quand on sait que les jeunes sont aussi sujets au stress, notamment en raison d’un usage immodéré des réseaux sociaux ? C’est pourquoi Le yoga c’est pour moi de Rebecca Rissman chez Bayard jeunesse est tout indiqué. Les objectifs ? La détente, l’assouplissement et finalement mieux se connaître. L’album est agrémenté des dessins pour reproduire les postures. Il n’y a pas de mal à se faire du bien, peu importe le niveau d’âge.

On connaît l’adage dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es. Par analogie on peut tout aussi bien dire, fais-moi voir ton appartement et je te dirai qui tu es également, car l’ordre ou son contraire, le désordre, son des indicateurs de bien des aspects de notre personnalité. Un foutoir symbolise tellement un état légèrement dépressif. En tout cas une qui s’y connaît en la matière est Virginie Templeman. Sur des dessins désopilants d’Isabelle Stell elle nous fait partager ses méthodes de rangement dans Ranger, je range donc je suis chez l’éditeur Massin. Ça fourmille de petits tuyaux ou comment structurer la notion d’ordre dans sa vie et que ça ne devienne pas une contrainte, mais tout simplement un réflexe. Et on se sent si bien chez soi quand tout est ordonné. Rappelez-vous les religieuses d’autrefois qui assénaient cette règle, une place pour chaque chose et chaque chose à sa place. C’est d’une éternelle vérité.


 




 

Deux romans accrocheurs chez Héliotrope

Héliotrope, cette petite maison d’édition qui apporte un vent de fraîcheur à notre littérature, nous convie à deux univers diamétralement opposé, mais qui ont en commun de nous tenir captifs de la première à la dernière ligne. Dans un premier temps c’est Kevin Lambert qui a trouvé un titre accrocheur Tu aimeras ce que tu as tué. Natif de Chicoutimi, c’est dans cette ville du Saguenay qu’il situe son histoire abracadabrante où les personnages sont loin de mener des vies normales. Et à la clé, les touts jeunes ne sont pas protégés, victimes qu’ils sont de toutes sortes de phénomènes et d’actes violents menant parfois à la mort. Mais à quoi rime tout ce cirque étourdissant ? Il y a un fil conducteur en filigrane. Nous avons aimé ce texte qui sème l’étrangeté. Le romancier, ce n’est pas la moindre de ses qualités, est un créateur de climats. Le lecteur n’est jamais au repos. Tant mieux.

Et de Chicoutimi on va beaucoup plus loin, à Amqui qui donne son nom à cet autre roman, celui là signé Éric Forbes. Son protagoniste est né dans cette municipalité et il est libraire à la ville. Au début de l’histoire, il va recouvrer la liberté après avoir fait quatre ans de tôle pour un meurtre. Et si c’est étonnant de retrouver le large après si peu de temps de détention, c’est qu’il s’est passé des tractations particulières. Mais le nouvel homme libre, n’est pas en mesure d’apprécier pleinement sa liberté retrouvée. Il est rageur, vengeur plutôt. Et il aura sur ses pas, ceux d’un enquêteur du SPVM. Et ce dernier est très leste pour ce qui est du code procédural d’enquête. C’est fabuleux. Quand on pense que le cinéma est parfois en panne de suet. Scénaristes qui nous lisez, procurez-vous ce livre pour trouver l’inspiration. Et aux lecteurs de faire eux-mêmes leur cinéma.


 


 

Pour plus de vie participative dans les syndicats

On se demande où Christian Nadeau a pu prendre le temps de pondre sa plaquette intitulée Agir ensemble qui est une réflexion sur ce que doit être le syndicalisme à l’ère numérique. Car suivez-le, il est professeur d’histoire des idées politiques et de philosophie morale et politique au département de philosophie de l’Université de Montréal. Il est président de la Ligue des droits de l’homme, directeur de la revue Philosophiques et comme si ce n’était pas assez, il est chroniqueur à l’émission « Plus on est de fous, plus on lit » à la première chaîne radio de Radio-Canada. Il faudrait ajouter son billet cinéma au magazine Ciné-Bulles, des conférences, des ouvrages à rédiger etc. Ouf!  Mais pour l’heur il constate l’accusation faite aux dirigeants syndicaux de s’embourgeoiser et de se comporter à leur tour presque comme des patrons. Que dans les syndicats, la démocratie est mise à mal, etc. Alors que faire ? Sinon mousser activement la participation des travailleurs au processus de décision. C’est un essai éclairant qui peut aider ceux qui s’intéressent à la chose syndicale et qui n’aiment pas trop ce qu’ils voient.

Agir ensemble. Penser à la démocratie syndicale. Christian Nadeau. Somme toute 86p.      www.editionssommetoute.com


 


 

Un corbeau dérangeant 

Un corbeau, le mot n’a plus trop de résonnance aujourd’hui, est dans une formule argotique un message anonyme, du genre assez dérangeant merci. C’est rarement du positif. Alors imaginez la tête que fait Eleanor-Rigby qui a enterré sa mère dans la capitale anglaise il y a quelques mois et qui reçoit une missive non signée, un corbeau effectivement, qui lui dévoile que sa maman chérie a été l’auteure d’un crime commis il y a trois décennies. Et pour ajouter au mystérieux de cette lettre, le signataire, si elle veut en savoir plus, la convie à un rendez-vous dans un port de pêcheur à Baltimore. Mettez-vous à sa place. Qu’auriez-vous fait ? Comme thriller psychologique c’est du bonbon, à la sauce Levy. On ne vous dira pas quelle suite elle donnera à cette invitation, pour ne pas gâcher votre bonheur. Mais jetez-vous sur ce roman. Ça vous changera de la grisaille du temps.

La dernière des Stanfield. Marc Levy. Robert Laffont 463p.    www.laffont.ca


 


 

Une légende de la natation québécoise se raconte

Pour les jeunes de cette génération, à moins de s’intéresser de façon sportive à la natation, le nom de Régent Lscoursière ne dit plus grand-chose. Peut-être, les un peu moins jeunes, ont souvenance de son école de natation pour les débutants où il a fait figurer de pionnier. On ne compte plus ses exploits en compétition. Heureusement pour préserver et transmettre son héritage, il a eu l’appui de l’éditeur Marcel Broquet qui lui a permis de se raconter dans L’homme de l’eau qu’il cosigne avec son épouse Mary. C’est toute une épopée. Il ne l’a pas eu facile, notamment dans le domaine des affaires où il voulait se recycler et où il a perdu plus que sa chemise, tous les maillots qu’il avait en stock en raison de la mauvaise conjoncture économique qui a ruiné ses clients. Lui-même a failli déclarer faillite. Mais ingénieusement il s’est redressé. Ensuite, lors d’une épreuve, une vague l’a envoyé heurter un rocher où il a perdu deux incisives et des entailles sérieuses au corps. Mais c’est un battant digne d’admiration qu’il faut lire. Une lecture qui donne du courage.

L’homme de l’eau. Régent et Mary Lacoursière. Marcel Broquet 214p.    www.marcelbroquet.com


 


 

Le marxisme-léninisme à la sauce québécoise

Gilles Morand dans ce petit livre L’époque était rouge nous fait revivre avec beaucoup de lucidité et d’amusement son engagement dans le mouvement marxiste-léniniste. Nous sommes dans les années soixante-dix, et il commence sa vie travailleur à l’entrepôt des magasins Pascal dans le West-Island. Et il nous dira comment les idées de l’Union soviétique sur l’égalité fraternelle et universelle, surtout l’abolition des classes sociales, lui sont parvenues et comment il se laissera embrigader. Aujourd’hui psychothérapeute, il porte un regard en toute objectivité sur les excès du mouvement qui s’est éteint dans les années quatre-vingt sous les pressions des changements politiques internationaux. Il est un excellent conteur et sa grande qualité, c’est qu’il ne nous ennuie en aucune façon. On apprend énormément sur les lubies d’alors. Un beau témoignage pour les générations futures.

L’époque était rouge. Gilles Morand. M éditeur 149p.     www.editionsm/info


 


 

Propos d’un sage

En quatrième de couverture on ne donne pas l’âge de Jacques Fournier. Mais ce que l’on sait de lui, c’est que le signataire de S’engager : pourquoi, comment ?, est un retraité de l’action communautaire. De plus il a été plongé dans l’aide humanitaire en Afrique. La vie lui a appris quelques leçons fondamentales qu’il tient à partager. Ce qui donne un petit essai existentialiste en quelques chapitres où il épilogue sur à peu près tout. Il ne porte pas de lunettes roses, et il nous montre la vie telle qu’elle se présente, sans fard. On apprécie quand même qu’en dépit de sa lucidité, il ne perd pas espoir.

S’engager : pourquoi, comment ? Jacques Fournier. M éditeur 158p.    www.editionsm.info


 


 

L’identitaire chez les enseignants en art

Cet ouvrage a pour objectif de présenter différentes dimensions du processus de construction identitaire d'étudiants et de praticiens spécialisés en enseignement de l'une ou l'autre des disciplines artistiques enseignées à l'école. Quatre chercheuses de trois universités, formatrices d'enseignants d'art dramatique, d'arts plastiques, de danse et de musique, se penchent sur plusieurs parcours de développement professionnel. En mettant en valeur la parole d'enseignants et d'étudiants, elles investiguent le concept d'identité, sous l'angle de sa construction dans le but de mieux la comprendre et d'en exposer ses fondements. Elles présentent des résultats de leurs recherches respectives et souhaitent interpeller le lecteur sur : son propre parcours ; ses questionnements ; ses projections ; ses inquiétudes et ses motivations en abordant la construction identitaire qui est exposée en quatre phases déterminantes : s'orienter, se construire, s'engager, concilier.

L'ouvrage s'adresse aux futurs enseignants des arts, aux enseignants en exercice, aux enseignants-associés, aux chercheurs en éducation artistique, aux conseillers pédagogiques, aux formateurs universitaires ainsi qu'à toutes autres personnes intéressées par la question identitaire.

Identité(s) d’enseignants des arts : arts plastiques, danse, musique, art dramatique. Collectif. Presses de l’Université Laval 255p.   www.pulaval.com


 


 

D’étrange suicidées du web

Avec Val McDermid le maître du polar, aux onze millions d’exemplaires vendus, une sortie en librairie c’est un petit tsunami. Et il frappe fort encore une fois, avec Les suicidées qui vont très bien à notre époque où les médias sociaux occupent tout l’espace. Les criminels ont su s’adapter, les tueurs aussi. C’est le cas de ce tueur en série qui a une marotte particulière. On sait que cette catégorie de meurtriers ont des manies dont celle de signer leurs forfaits. Celui-là va trucider des féministes qui s’expriment sur le web. Et il dépose auprès de chaque dépouille un livre de Sylvia Plath, un autre de Virginia Woolf. L’enquêteur Tony Hill va se mettre en équipe avec notamment une hackeuse pour mettre le grappin. Car il faut préciser, et ce qui donne son nom au titre, que ces morts présentent toutes l’apparence de suicides. Du bonbon pour les adeptes du genre.

Les suicidées. Val McDermid. Flammarion 414p.   


 


 

26 semaines pour communiquer dans la langue de Shakespeare
Jean-Paul Nerrière est pour la petite histoire, « l’inventeur » du globish contraction de global english qui permet, avec un vocabulaire de 1500 mots, de se tirer d’affaires un peu partout sur le globe. Le mec a été vice-président d’IBM USA responsable du marketing international. Il s’est mis dans la peau de ceux qui peinent dans la langue anglaise. Sa méthode est simple, en vingt-six semaines, qui commence par une immersion faite d’écoute de films, musique, émissions de télé, afin de se faire l’oreille. Ensuite viennent les leçons graduées, qui sont complétées par un site web tout exprès, dont on donne le lien, qui permet d’approfondir.

Le globish. Jean-Paul Nerrière. Eyrolles 249p.   www.editions-eyrolles.com


 


 

Projecteur sur une juge ripux

Les sonneurs d’alertes permettent maintenant à ce qu’une certaine justice se fasse. C’est la teneur de L’informateur de Josh Grisham alors qu’un avocat jadis radié du barreau va informer une enquêteuse du service d’inspection judiciaire, qu’une magistrate américaine est de mèche avec la mafia dans une histoire de construction de casino. Elle mènerait grand train, en échange de cécité volontaire. Mise au fait, l’inspectrice est confrontée à un dilemme. En mettant au jour ce dossier qui fait ombrage à la justice, elle sait que même sa vie est en jeu. Ce roman contient tous les ingrédients pour obtenir un plat exquis qui est servi au lecteur sur un plateau d’argent.

L’informateur. John Grisham. JC Lattès 429p.    www.editions-jclattes.fr


 


 

Ce qu’il y a à manger dans la nature québécoise

Une personne avertie pourrait se perdre en forêt et survivre, seulement en étant au fait du garde-manger qui se trouve à portée de main dans la nature. D’où l’intérêt de lire Fines herbes et fleurs comestibles du Québec. D’ailleurs en cuisine, les chefs de la nouvelle mouvance aiment bien mettre à profit des herbes moins connues et qui relèvent les repas. Hélène Baril est une diplômée de l’École d’horticulture du Jardin botanique de Montréal. Que de choses à connaître, comme les particularités de la pimprenelle, du bégonia ailles de dragon, la capucine etc. Vous avez des conseils pour la cuisine, comment les faire pousser etc.

Fines herbes et fleurs comestibles du Québec. Hélène Baril. Broquet 192p.    www.broquet.qc.ca


 


 

Un guide sur Montréal un peu particulier

Claire Bouchard originaire de la Côte-Nord a eu un béguin pour Montréal et est venu s’y installer. Elle a quadrillé la métropole dans tous les sens pour trouver de bonnes petites adresses ou encore rappeler en quoi Montréal a quelque chose d’unique. Des guides sur Montréal il y en a des tonnes, surtout des trucs basiques pour que les touristes s’y retrouvent ou les essentiels. Ici la démarche est faite de coups de cœur, avec une multitude de courts textes qui insistent pour la valeur de ce qui est décrit. En marge des fêtes du 375ème anniversaire de fondation de Montréal elle a demandé à quelques notoriétés locales de nous faire partager leurs petits amours. C’est en même temps un beau cadeau à offrir à un ami de l’étrange et de passage, tout comme à un montréalais de souche, désabusé, qui croit tout connaître.

300 raisons d’aimer Montréal. Claire Bouchard . Éditions de L’Homme 285p.  


 


 

La Ronde racontée par un adulescent

Tristan Demers a acquis ses lettres de noblesse avec ses bandes dessin/es. Il n’a pas perdu une once d’émerveillement. Et c’est ce qu’il fallait pour se faire historien du parc d’attraction de La Ronde. Emmène-nous à la Ronde c’est un demi-siècle en un survol brillant. Notre auteur s’est farci 4000 pages de documents. Il est allé partout, tant aux archives de la Ville de Montréal qu’à celles d’Échos-Vedettes, car la Ronde ne se limite pas qu’aux manèges. C’est un site de diffusion culturelle de grande importance. Le biographe revient bien en arrière pour raconter la tradition américaine des fêtes foraines et des parcs d’attractions, et les premières manifestations du genre à Montréal dont le parc Dominion et le célèbre Parc Belmont. Dans sa nomenclature des événements phares du passé à la Ronde, il y a 1983 alors que Céline Dion va donner, à peine âgée de 15 ans, un grand spectacle qui marquera un tournant dans sa carrière. C’est un document précieux que nous avons entre les mains qui  évoquera, des souvenirs chargés de nostalgie. Et des anecdotes à la pelle. Chapeau à cet adulescent qui nous donne envie de nous rendre sur place à l’ouverture des portes de la prochaine saison.

Emmène-nous à la Ronde. Tristan Demers. Éditions de L’Homme 174p.  


 




 

Le coin couture

Anne Weil est une sommité du tricot dans le monde et est une blogueuse de renom, créatrice du site Flax & Twine. Elle collabore au sein de l’équipe de création de Martha Stewart. Elle nous arrive avec un album bien garni qui est une initiation au tricot mais sans le recours des aiguilles. Vous n’avez besoin que de l’habileté manuelle. Tricoter sans aiguilles qui est devenu vite une référence dès sa publication, enseigne tout ce qu’il fat savoir des rudiments de cette discipline. Et il y a une panoplie de réalisations à faire, allant de l’écharpe au pouf géant et même de charmantes couronnes de princesse pour les petites filles. Et comme le cocooning prend de l’ampleur, c’est une activité distrayante. Sans compter les cadeaux originaux faits main que l’ont peut offrir à ses proches. C’est aux éditions Eyrolles.

Chez l’éditeur marie claire de concert avec le fabricant de machine à coudre Singer c’est un grand cours qu’il nous est donné d’assimiler Apprendre à coudre à la main & à la machine. Élaboré à partir de 38 modèles en démonstration, ce guide prend le néophyte par les deux mains, afin de s’en servir habilement pour maîtriser la machine à coudre et produire des coutures parfaites. L’ouvrage débute sur l’inventaire du matériel à posséder. Ensuite côté tissu de prévoir la découpe, les marges de bordure, etc. Et beaucoup d’illustrations pour appuyer les leçons de maître.


 


 

Pour saisir la démarche de Claude Vivier

Claude Vivier compositeur phare de la musique contemporaine québécoise est entré dans la postérité hélas par sa mort violente. En effet en 1983, il fut transpercé d’une quarantaine de coups de couteau à son domicile parisien, par un jeune prostitué de 19 ans. Son œuvre n’est pas considéré comme facile. Que doit-on décoder dans sa démarche ? La musique qui doit venir du cœur vers les cœurs comme le disait Beethoven, cet énoncé s’applique t’il à la musique contemporaine, et particulièrement celle de Vivier. Pour en comprendre les tenants et aboutissants il a cet essai qui sort de Robert Richard à qui on doit une démarche semblable avec cet autre grand compositeur d’ici, Gilles Tremblay. Claude Vivier ou la machine désirante fait un tour d’horizon de ce corpus singulier. De connaître les intentions a ceci de bien, que ça permet de mieux écouter l’œuvre et d’en saisir les finesses.

Claude Vivier ou la machine désirante. Claude Vivier. Varia 197p.   www.groupenotabene.com


 


 

Un amour de jeunesse qui ressurgit  

L’année dernière Delphine Bertholon avait remué bien des lecteurs avec « Les corps inutiles ». Cette femme de lettres bâtit son monde émotionnel à partir de simples histoires qui sont souvent celles de bien des gens. Comme cette Lyla, trentenaire et traductrice, désabusé au plan affectif. A dix-sept ans elle était tombée enceinte et l’enfant confié à l’adoption. Elle avait écrit un poème intitulé Cœur-naufrage qui donne son titre au livre, destiné à son amour de jeunesse, Joris. Dix-sept ans plus tard, ce dernier, maintenant marié, tombe sur ce texte qu’il ne s’était pas donné la peine de prendre connaissance. Et il lui vient alors l’idée de contacter Lyla. Comment accueille- t’on un tel fantôme qui se rapporte à vous, tandis que les années ont passé. Voyez, c’est une histoire toute simple. Ce qui change la donne, c’est l’intensité des sentiments qui vous anime dans ces moments là. Encore une fois la romancière marque des points.

Cœur-naufrage. Delphine Bertholon. JC Lattès 408p.  


 


 

Craquants mas provençaux

Alors que le Québec comme bien des endroits dans le monde est aux prises avec des trombes de pluie, qu’est-ce que c’es rafraîchissant de parcourir les pages de Maisons en Provence. Des intérieurs rustiques de mas et de bastides qui font rêver. Avec des matériaux chauds, tuiles et céramiques, enduits colorés sur de la chaux et patinés. Il y a des salles à manger tout près de gros manteaux de cheminée où on doit se sentir bien par temps frisquet. C’est tout l’habitat des films de Pagnol qui nous est présenté dans sa diversité. Et pour les férus de décoration, quelles merveilleuses suggestions pour des intérieurs qui ont de l’âme.

Maisons en Provence. Massin coll. Art & Décoration 188p.   www.massin.fr


 


 

Jardiner en tout respect de l’écosystème

Conscientisation aidant, nous sommes tous unanimes à condamner les pesticides qui sont autant de ravages sur la santé des hommes que sur l’écosystème. Et un lobbying de la grosse industrie tente de nous convaincre de son côté, que les pesticides sont incontournables. Eh bien si. Et Sandra Lefrançois en fait l’éclatante démonstration dans Jardiner sans engrais ni pesticides chimiques dans la collection 1000 idées chez l’éditeur Massin. Les alternatives sont là, encore faut-il savoir les doser. Comme exemple, le savon noir qui nuit aux pucerons destructeurs, mais aussi aux abeilles. Il faut donc savoir répandre le produit en temps opportun, pour que les insectes utiles soient épargnés.

Jardiner sans engrais ni pesticides chimiques. Sandra Lefrançois. Massin 79p.   www.massi.fr


 


 

Un petit bonhomme qui vit difficilement avec sa sœur

Vous êtes un petit bonhomme et vous avez maille à partir avec votre sœur ? Consolez-vous en feuilletant Opération garde-robe un album illustré pour enfants du duo Julie Dugal et Suharu Ogawa. C’est un garçonnet qui en arrache dans ses relations avec sa sœur Aurélie. Qui l’irrite sur bien des points, mais force lui est d’admettre qu’elle le gâte aussi. Une charmante petite histoire qui interpellera bien des garçons irrités par le comportement des chères sœurs.

Opération garde-robe. Julie Dugal et Suharu Ogawa. Marchand de feuilles


 


 

A la rencontre de Mallarmé

De belles nouvelles du côté des éditions du Noroît avec en tête Images à Mallarmé de Jacques Brault sorte de monographie de ce grand poète. Une démarche intéressante et singulière car on reproche souvent à nos intellectuels un repli sur la québécitude en ignorant ce qui vient d’ailleurs. Mallarmé qui passa entre autres à la postérité en déclarant que la chair est triste et qu’il avait lu tous les livres,  a eu une existence et une œuvre trop méconnu pour notre génération de l’ère numérique. C’est un beau tribut de la part de cet écrivain admiratif. Il saura vous faire partager sa passion et réussira sans doute à vous mettre en selle pour découvrir la somme poétique mallarméenne.

Comme on tue un chien annonce les couleurs d’une certain niveau de violence. Sous des dehors policés comme sur la photo de la quatrième couverture de son recueil de poésie, Geneviève Boudreau a des accents d’une Anne Hébert. Qu’on en juge avec cet extrait qui donne la tonalité du propos « L’enfance laissée derrière comme on tue son chien la gorge froide un trou dans la voix ». La vie c’est aussi ça, quoi qu’en pense les indécrottables optimistes.

Puis Louis-Jean Thibault présente Le cœur prend lentement mesure du soleil. Il s’attache à partir de composantes d’une maison, à trouver des métaphores qui renvoient à sa propre existence. Prenons l’exemple du foyer. Voyez ce qu’il y trouve comme symbolique « Trouve d’abord le foyer de cette maison, l’ultime point de convergence du désir et de la chaleur. Brûles-y tes larmes, tes rames, ton lourd bagage, tout en laissant la vigueur et le sang ». Grisant ces associations qui nous émerveillent.


 






 

Le coin santé physique et psychique (1)

Même les pessimistes reconnaissent que dans le bilan de l’humanité, pas toujours reluisant, il y à mettre dans la colonne des actifs, la création artistique. Et s’il y en a une qui adhère à ce credo c’est Brigitte Seneca une artiste visuelle, gagnée par la spiritualité soufiste et consacre beaucoup de temps à l’art-thérapie. Elle nous dit tout le bien qu’elle pense de l’influence positive de l’art sur l’homme dans La création met l’homme debout. Pour elle, c’est comme faire un voyage intérieur. Et on choisit aussi son camp, on peut être ou bien spectateurs que créateurs et ce peut-être aussi valorisant l’un que l’autre. A lire aux éditions du Souffle d’or.

Aux éditions Sully, le psychologue clinicien danois Uffe Damborg est un spécialiste en thérapie comportementale. Il a séjourné très souvent dans des monastères asiatiques bouddhistes et en a rapporté une vision qui s’applique à ce qu’on peut appeler la pleine conscience, qui trouve un sens dans notre façon de se nourrir, sainement ou de manière compulsive. En psychologue qu’il est, il est bien au fait du lien unissant les émotions à l’alimentation. Maigrir avec sagesse. Il y a deux passages particulièrement intéressants, l’impatience et l’avidité.

Disciple de Sri Aurobindo, Natarajan s’intéresse au métissage des confluents spirituels, et tout comme son maître à penser, il pense que la spiritualité du présent comme de l’avenir, doit être une sorte de fondue où on n’aurait retenu que l’essentiel de chacun des courants. Politique du Dao  aux éditions Accarias, développe sur ce tracé. Il met en garde ceux à qui on fait miroiter des promesses d’avenir. Adepte des préceptes de sagesse orientaux, il nous invite à vivre intensément le moment présent. Il développe aussi tout un argumentaire entre le sensible et l’intelligible.

Dans le processus évolutif de l’être humain, le rapport à la mère est fondamental et sera un déterminisme de tout le reste. Louise Grenier qui porte la double casquette de psychologue et de psychanalyste a étudié le sujet à fond, analysant ce que la littérature à offert sur ce thème, ainsi que des biographies. L’absence de la mère permettra au lecteur de vérifier ce qu’a été ce lien, positif ou négatif. Publié chez Québec-Livres cet ouvrage sera d’un grand secours aux futures mamans qui pourront ainsi prendre conscience de tout l’engagement que suppose la maternité.

Et chez Broquet, une analyse par le bais de planches anatomiques des incidences des exercice sur la structure musculaire. Katerina Spilio et Erica Gordon-Mallin font coup double. En même temps qu’elle échafaude un programme de mise en forme, elles nous donnent un fabuleux cours de connaissance sur le mouvement. On saluera dans cette collection, le soin graphique apporter par l’éditeur. Ici plus qu’ailleurs une image vaut mille mots.


 






 

Le coin santé physique et psychique (2)

Tout n’est pas à jeter dans le modèle québécois. Nicolas Zorn se fait fort de rappeler que dans notre organisation d’État providence unique, on tend à réduire les écarts entre les citoyens. Enfant de la balle, il se qualifie de quelqu’un ayant eu une vie de poquée. Et pourtant, il s’en est sorti et ne s’attribue pas le crédit à lui seul, reconnaissant que des gens au sein d’institutions lui ont prêté main forte. Aujourd’hui, bien marié, il entreprend un doctorat en science politique. J’ai profité du système (à lire dans son acception positive) il rétablit les pendules. Et rend hommage à la DPJ tout en pourfendant le sensationnalisme d’un Paul Arcand avec son documentaire à sensation « Voleurs d’enfance » où il n’a pas reconnu les centres jeunesse tel que l’animateur vedette de la radio les décrit. Aux éditions Somme toute.

Dans le film de « The Queen » dans lequel l’extraordinaire actrice Helen Mirren incarnait la reine Elizabeth, on se souviendra de la séquence finale, où elle invite son premier ministre Tony Blair, à faire une marche sur les pelouses de Buckingham, lui confiant que c’est en marchant qu’elle parvient à trouver la sérénité nécessaire à ses prises de décision. Oui la marche au même titre que la natation, est un exercice complet. Marc Lestal le sait qui consacre un Éloge de la marche tranquille aux éditions Lanore. La beauté de la chose, tient en deux éléments, la lenteur du pas et le recueillement.

Ils se sont mis à deux, Réjean Déziel et Suzanne Fiset cosignant aux éditions du Dauphin Blanc, Les clés de l’harmonie. Les deux reprennent ces fameuses clés héritées de la sagesse de la regrettée Adéla Tremblay-Sergerie. Il y en a 13 en tout et ce sont dans l’ensemble des enseignements de vie, très simples, mais qui ne sont pas si faciles à mettre en pratique, songeons seulement à cette clé « je suis positif à 100% ». On y arrive par contre au moyen d’une méthode détaillée par ces transmetteurs de sagesse.

Chez l’éditeur Marcel Broquet, deux titres. D’abord de France Morneau « L’Âme rebelle ». C’est une métaphysicienne qui a élaboré ce guide pour les défis terrestres et où son motu proprio est que nous devons puiser dans notre intériorité. Et que tout drame de vie, un karma, trouve son sens si on prend de la hauteur par rapport au drame. Et elle donne l’exemple de parents qui assistent à la disparition de leur enfant au cours d’une fusillade où le petit a été atteint mortellement. Quelle est l’élément positif que l’on peut trouver dans cette pure horreur ? Elle nous explique que pour les parents éplorés, ce sera peut-être le signe d’un engagement social contre le port des armes à feu, contre la violence etc.   

Et un peu dans le même registre puisqu’on vient d »évoque la question des épreuves de la vie, vous êtes invités à lire Le typhon de Guy Côté. Maître en Reiki Usui, il a été très impliqué au niveau du sport. C’est une petit plaquette mais au contenu d’une grande densité. Il trace la voie à suivre à ceux qui ont vécu des épreuves. Et ce qui donne de la valeur ajoutée à ses écrits, c’est qu’il n’hésite pas à puiser dans ses propres expériences.

Le shugendo est une des plus anciennes traditions spirituelles du Japon. Un courant qui est une fusion du chamanisme, du taoïsme et du bouddhisme. Sylvain Küban Guintard a été longtemps moine bouddhiste, maintenant il est prêtre yamabushi. Le shugendo se pratique originellement en montagne, considéré comme un must de la nature. Et l’isolement est propice à la méditation. Ce guide de grande portée, riche de la grande sagesse nippone, il le compare justement à des leçons en gradation qui nous mène au sommet de notre vie. Jolie métaphore. C’est un bel album à l’iconographie soignée qui vous ouvre les portes de tout un pan de connaissance qui échappe aux occidentaux. Fascinant est ici un qualificatif qui ne rend pas tout à fait justice à ce qu’on y trouve.



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