- LIVRES JUIN 2016 -
 
 


 


L’homme pour qui la planète retient son souffle

On l’a pris pour un bouffon et on n’en a eu cure. Mais il s’est avéré que non seulement Donald Trump a remporté les primaires républicaines, contre toute attente, mais il se pourrait bien qu’il soit le prochain occupant du Bureau ovale à la Maison-Blanche. Le monde retient maintenant son souffle. Pas une semaine sans que cet énergumène, qui n’a jamais fait carrière comme politicien, ne lance une vanne pour ébranler  la sphère médiatique. François Durpaire et Kévin Picciau le premier, historien, est l’auteur d’une biographie d’Obama, tandis que le second est journaliste indépendant, spécialiste de l’Amérique latine. Ces deux là ont rassemblé les meilleurs aphorismes du personnage. Et quand on parcourt ces déclarations à l’emporte-pièce, on se demande dans quel monde vit-on et que sont en réalité une bonne moitié des américains pour porter sur les autels un tel rustre.

Les trumperies. Le meilleur du pire de Donald Trump François Du8rpaire et Kévin Picciau. Édito 135p.   www.editionsedito.com


 


 


Une pensionnaire irradiée par l’aura d’une collégienne

Il y a quelque chose de surannée et d’absolument charmant dans L’année pensionnaire d’Isabelle Lortholay. Qui fait presque penser aux Amitiés particulières du regretté Roger Peyrefitte. Sauf qu’ici on est dans un pensionnat pour jeunes filles bien près des Pyrénées. Une femme revoit cette période de sa jeunesse. Surtout de sa fascination pour Attali, une nouvelle arrivée, qui se distingue en tout point des autres. Qui possède un magnétisme rare. C’est donc le tourment qui va habiter la narratrice, nourrie de sentiments confus. N’oublions pas qu’elles vivent en vase clos, loin de la gent masculine. Tout ici se conjugue au féminin, même les sentiments les plus inavouables. C’est rempli de tendresse et d’un climat baignant dans la nostalgie.

L’année pensionnaire. Isabelle Lortholary. Gallimard 139p.


 


 


Michael Crichton d’avant Jurassic Park

Peu de gens savent que le richissime écrivain à succès Michael Crichton écrivait déjà, et ce bien avant de livrer son célèbre Jurassic Park, véritable machine à sous. C’est que du temps où il étudiait à Harvard, il écrivait sous un pseudonyme, celui de John Lange. Et c’est ainsi que parait pour la première fois dans la langue de Molière, La dernière tombe. Nous sommes en Égypte, où nous retrouvons un égyptologue qui vient de découvrir, grâce à sa connaissance des hiéroglyphes, la possible existence d’une dernière de pharaon, recelant des trésors inouïs dont il veut s’emparer bien sûr et le mettre à l’abri du besoin la vie durant. Pour mener à bien sa folle entreprise, il va s’adjoindre un journaliste aussi mal intentionné, un archéologue, un milliardaire et un voleur patenté. Mais on connaît le sort qui plane sur ceux qui ont violé les chambres funéraires d’autres pharaons. Leur arrivera t-il d’infinis malheurs, ou au contraire la félicité ? Vous avez là réuni de quoi nourrir un suspens. Ce livre annonçait déjà les couleurs de ce qu’allait devenir l’écrivain.

La dernière tombe. Michael Crichton alias John Lange. Robert Laffont 333p.  www.laffont.fr


 


 


Tour connaître de Windows 10

Ce qu’il y a d’épouvantable avec l’informatique, c’est qu’elle fait de vous des étudiants à perpète. Car tel logiciel, tel système, telle application vu hier comme l’innovation, est totalement obsolète six mois plus tard. Bref, du côté des PC, nous en sommes à la génération de Windows 10. Heureusement que la section des ouvrages sur le domaine dans la collection « Pour les nuls » nous tient constamment informé de l’évolution en cours. Et on peut faire ainsi de la formation continue sans se ruiner. Woody Leonhard nous présente donc sous forme d’un petit pavé bien solide son Windows 10 pour les nuls. Il est volumineux pour la raison, qu’en fait c’est la réunion de huit minis livres. L’auteur est amusant en diable. Avec lui, apprendre est facile. Ainsi saura t’on que 25 pour cent des utilisateurs de Windows le sont encore avec la génération XP. Il nous dit que Windows 10 est dans la continuation de Windows 7, et qui si les XP viennent qu’à flancher en cours de route, il recommande aux veufs et veuves de XP de passer carrément à Mac plutôt que de se farcir le saut vers Windows 10 qui utilise une toute nouvelle configuration. Pleins de judicieux conseils de la sorte à chaque page, l’humour en prime.

Windows 10 pour les nuls. Woody Leonhard. First 766p.   www.editionsfirst.fr


 


 


Magnificence de l’art nouveau

La photo de couverture de l’album L’art nouveau de Klaus-Jürgen Sembach est l’archétype de ce que symbolise l’art nouveau, avec le recours aux motifs de plantes et de fleurs appliqués, à l’architecture, au design et à la décoration intérieure. L’auteur qui a été longtemps commissaire d’exposition à Munich, dit d’entrée de jeu que la fin du XIXème siècle a été marquée par deux choses, l’avènement du cinéma et de l’art nouveau qui se posait comme une réaction au classicisme imitatif. Alors qu’on connaît bien les manifestations de cet art un peu pompier en France, ici on nous promène de Darmstadt en Allemagne à l’univers fou de Gaudi à Barcelone, de Guimard à Bruxelles et ailleurs en Europe. Il y a là comme un art généreux avec toutes ces arabesques qui grimpent, tortillent toutes en métal, richement ornées. Quoi ajouter d’autre, sinon que c’est magnifique.

L’art nouveau. Klaus-Jürgen Sembach. Taschen 240p.   www.taschen.fr


 


 


La France rurale des années 70

C’est une série toute nouvelle chez l’éditeur Rustica « Chère campagne de mon enfance » qui nous situe pour chaque album dans une décennie précise. Cette fois c’est Denise Crolle-Terzaghi qui ouvre l’album des années 70, l’époque des crayons Bic, d’un certain retour à la vie rurale, en même temps que l’agriculture passe aux mains d’une certaine industrialisation. C’est surtout un ensemble de photos qu’il fait bon regarder. C’était presque il y a cinquante ans et on dirait que les modes de vie que l’on voit nous ramène à Mathusalem. Façon aussi de voir à quel point la vie a changé rapidement.

Chère campagne de mon enfance. Denise Crolle-Terzaghi. Rustica 55p.  www.rustica.fr


 


 


Le coin Miam miam

Il y avait un certain temps que nous ne vous avions pas donné de nouvelles des livres de recettes qui paraissent. En voici trois qui raviront les gourmets. Le premier, très de circonstance, vu la saison estivale est Barbecue à l’américaine de Mary Nichols. Aux éditions First. Si malheureusement la hausse du prix du bœuf au pays, a freiné radicalement les ardeurs carnivores de plusieurs, il n’en reste pas moins que certains voudront quand même goûter aux joies de la cuisson sur le grill, et pas seulement en recourant au bœuf. Car il existe des alternatives, comme le steak de jambon, les ailes de poulet grillées, et même le gratin de pâtes. L’auteure est une grande tentatrice car elle a mis elle-même en scène les plats à titre de styliste, pour nous donner faim. Toute résistance est vaine, face à ces affriolantes propositions qui égaieront l’été.

Dans un même esprit de repas convivial, mais cette fois en mode européenne, c’est Plancha du monde de Loïc Hanno chez l’éditeur Mango. On sait que dans les restos branchés qui plaisent énormément à une clientèle de jeunes bobos, on a délaissé les assiettes pour se nourrir directement à même la planche, souvent de larges planches même, où chacun tout autour vient y piger ce qui lui tente. Dans un esprit international, comme son titre l’indique, vous avez moult suggestions des quatre coins de la planète. Avec passablement de curiosités, comme les calamars sautés au saké, la dorade à la chermoula, des crevettes au tamarin ou des langoustines à la gremolata. Dans beaucoup de ces plats, on s’amuse à marier les épices, qui redonnent un souffle de renouveau à des classiques.

Si vous aspirez à mener une vie la plus zen possible, vous voudrez que votre alimentation soit en harmonie avec le reste. Voici tout trouvé pour vous Ayurwéda food coécrit chez Mango par Sandra Salmandjee et Éloïse Figgé. De la première, chez le même éditeur, nous avions louangé dans ces colonnes « L’inde en 4 ingrédients ». C’est un peu dans la même foulée quoique, contrairement à ce que l’on pourrait penser, pour soigner certaines pathologies, on admet ici l’incorporation de viandes à certaines préparations. Donc ce n’est pas strictement végétarien. Un livre de recettes avec des mets qui remontent dans la nuit des temps. Toujours sans perdre de vue que le bien-être est le reflet de notre alimentation.


 


 


Petits séismes à la clinique Valrose

Pour preuve que la saga Clinique Valrose de Francine Allard a su trouver des fidèles, c’est que nous en sommes déjà au tome 4 intitulé, « Le désespoir de Mathieu ». C’est loin d’être au beau fixe dans cet établissement de santé. D’abord sur un plan personne, le divorce du docteur Mathieu Crevier, est déchirant au possible et c’est une spirale qui tire vers le fond. Ensuite, à la clinique même les médecins sont remis en question par des patients qui s’informent de plus en plus et contestent les diagnostics rendus. Bref, c’est pas la joie. La force de l’écrivaine est de rendre au possible le vécu du corps médical. Si vous avez aimé les titres précédents, vous serez en terrain conquis.

Clinique Valrose. Francine Allard. Éditions La Semaine 266p.   


 


 


Des tattoos temporaires

Le tatouage connaît en ce moment une vogue exponentielle. Dans la jeunesse c’est même la norme. Mais il y a encore des poches de résistance, au fait que si jamais on ne veut plus de ce tatouage qui nous plut naguère, on est en face d’un sérieux problème. C’est alors que s’offre la belle alternative de tatouages temporaires. Aux éditions Rustica on a eu cette chouette idée d’offrir un petit album Mes tattoos fleurs qui comprend un livret expliquant les origines de ces marquages, puis 40 tattoos noirs et 60 lettres dorés pour composer votre tattoo d’un soir.

Mes 100 tattoos fleurs. Illustrations de Marica Zottino.   www.rustica.fr


 


 


Le coin talent manuel

Les habiles des deux mains ont de quoi s’occuper avec ces deux titres dans des sphères bien différentes. Aux éditions marie claire de concert avec Bergère de France, ce sont Mes sacs à tricoter. Ceux que l’on adore car ce sont ceux dans lequel on peut fourrer pleins de choses dans ses déplacements. Vous avez 22 modèles de deux types, couture ou libre. A leur façons ils font partie des basiques d’une garde-robe. Vous avez bien sûr les bases avec lesquelles vous pouvez faire entrer des lainages colorés fantaisistes.

De son côté Béatrice d’Asciano fait preuve de brio en transformant des palettes qui servent aux cageots de livraison de produits, comme s’en servent notamment les maraîchers pour en faire mille objets de toutes sortes. On connaît la créativité sans limite de celle qui est titulaire du Blog de Béa. Dans Palettes récup’ elle vous offre 22 réalisations à faire qui n’ont pas de coefficient de difficulté à rencontrer. Et puis ses instructions sont suffisamment claires et précises pour qu’une fois le mode d’emploi suivi à la lettre, vous arriviez au terme sans encombre.


 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

Bergson a eu son traité du rire, Richard Webster lui, a celui de La magie des couleurs. C’est chez l’éditeur Éveil. Nous savons depuis des lustres à quel point les couleurs influencent, le rouge symbolisant l’agressivité, le jaune l’énergie, etc. Ici outre les bienfaits de la chromothérapie, il nous parle des mandalas et leurs ressources bienfaisantes. Les amalgames à faire dans les coloris. Bref, dans ce petit livre format poche, vous avez l’essentiel des théories se rattachant aux couleurs.

Dans un format poche, mais cette fois aux éditions Almora, c’est une exhortation de Lionel Cruzille à Changer! Le titre de ce cheminement proposé pour une transformation de soi. C’est un disciple d’Arnaud Desjardins. Il y a un passage révélateur qui résume bien son propos, quand il tente d’expliquer la fameuse notion que le royaume des cieux est en nous. C’est qu’on a beau parler du passé ou de l’avenir, seul le présent compte. Et pour bien le vivre intensément il faut lâcher prise. Après quoi on s’engage sur une autre voie apaisée et apaisante.

Chez le même éditeur ce sont au tour des Dialogues avec Mooji et un nouveau titre Le souffle de l’Absolu. Celui qui est connu maintenant sous son surnom de Mooji est en réalité un jamaïcain d’origine de son vrai nom Anthony Paul Moo-Young. Il a vécu ensuite à Londres, ererânt plusieurs petits métiers. Puis ce sera ce voyage initiatique en Inde où il rencontrera son maître, Sri H.W.L. Poonja. C’est après le décès de ce der nier, que riche de son enseignement il ira répandre les théories de son mentor sur le mieux-être. En termes simples, il explique comment se débarrasser des carcans qui nous emprisonnent pour libérer notre moi intérieur. Et de surtout laissez venir les choses. C’est son premier ouvrage édité en français.

Les deux titres qui suivent sont édités chez AdA. D’abord de Brendon Burchard un « must » en soi Le petit manifeste de la motivation qui a plus infiniment à Paulo Coelho, l’auteur de l’Alchimiste qui a donné le meilleur qualificatif qui soit à cet exposé « Je raffole de ce livre ». C’est peu dire. En somme, la teneur de ce qu’on y trouve n’est pas éloigné du livre recensé précédemment de Mooji, en ce sens que lui aussi dit que ce qui compte ce n’est que le présent. Mais les termes employés ici sont plus coulantes jusqu’à un certain point et moins empreints d’orientalisme.

Enfin de Melissa Harris, 99 clés pour une vie créative. Son livre comprend trois sections : prise de conscience, intuition et connexion à l’esprit. Avec 33 clés pour faire en sorte de s’épanouir grâce à la créativité. A lire ces lignes, il y aurait presque un artiste qui sommeille en chacun de nous. Du moins à défaut de créer des œuvres artistiques, de créer sa vie.


 


 


Le coin santé physique et psychique (2)

Le karma, il en est régulièrement question dans la spiritualité orientale, mais qu’est-ce au juste ? Généralement on le voit comme une fatalité, inscrite différemment pour chacun. Mais est-ce le cas ? Pas vraiment, car si on en croit Philippe Coupey disciple du grand bouddhiste Taisen Deshimaru nous pouvons changer ce karma. Tout est dit dans Zen et karman publié par le premier et qui ne fait que transmettre les enseignements de son maître. Aux éditions Éveil.

Féconder est ce qu’il y a de plus simplet, par contre on ne naît pas parent on le devient. Et ceux des couples qui ont à cœur de se perpétuer, une grande recommandation, de lire Être parent autrement coécrit par le Dr. Christine Coquart, Catherine Piraud-Rouet et Anne-Marie Siles successivement médecin homéopathe, journaliste spécialisé dans la parentalité et la dernière psychologue. Elles se sont adjointes également Nathalie Andry et Nathalie Jallot. Elles nous disent en chœur deux choses fondamentales, d’inculquer le carburant de base pour un enfant, la confiance en soi, qui le fera triompher de tous les périls et aussi comment aménager son temps quand on en manque pour être au plus près de sa progéniture. C’est aux éditions Nathan. Une lecture aussi indispensable que peut l’être un cours de préparation au mariage.

Il est attristant de se rendre compte à quel point de grandes blessures affligent l’humanité. Chacun porte en soi une petite croix. John Gray à qui l’on doit ce best-seller « Guérir de ses blessures affectives pour aimer et être aimé » persiste et signe aux éditions Éveil avec Un cerveau sain dans un monde toxique. Qui tombe à point nommé alors qu’est décédé il y a quelques jours le futurologue Alvin Toffler auteur du « Choc du futur » qui prédisait que nous allions vivre en notre temps des pressions énormes,  vivre à une vitesse hallucinante et que seuls les plus forts survivront. Est-ce à dire qu’il n’y a pas de place pour la sérénité, le temps pour soi ? Lisez donc Gray qui tient un discours contraire. Il dresse la lite de tout nos disfonctionnements contemporains. Lui-même a été atteint par la maladie de Parkinson et s’est…auto-guérit! La plus grande part du bouquin est consacrée au TDAH.


 


 


La dérive autoritaire en Turquie

Kadri Gürsel établit la radiographie politique inquiétante de la Turquie actuelle, à l’ère Erdogan. Cette plaquette intitulée Turquie année zéro nous confirme ce que l’on pressentait déjà, à savoir que le pouvoir verrouille tout. Le journaliste et auteur a goûté à la médecine totalitaire en étant viré du journal qui l’employait depuis vingt ans, parce qu’il avait osé critiquer le gouvernement sur les réseaux sociaux. Son constat est rien de moins que perturbant..


 


 


Une fresque du monde du travail dans les années trente

Le dernier paradis qui sert de titre au roman d’Antonio Garrido fait référence à ce que la propagande communiste soviétique faisait miroiter dans le monde, laissant croire que c’était le royaume de l’égalitarisme et l’abolition des classes sociales. Un américain, Jack, de confession juive va goûter à la dure réalité qui se cachait derrière les beaux slogans staliniens. Travaillant pour Ford à Détroit, où Henry Ford n’avait jamais caché d’ailleurs son antisémitisme et son admiration pour Hitler, Jack sera viré en raison de sa race. Il s’en ira chez son paternel à New York. Il est complètement dévasté. D’autant que la précarité dans laquelle il se trouve, sans boulot durant la Grande Dépression, et la pression du proprio qui veut voir payer son loyer, va finir par le terrasser. Or le propriétaire de son immeuble sera retrouvé mort. Craignant que les soupçons se portent de lui, il va migrer en URSS. Et c’est là qu’il connaîtra la déconvenue. Ces pages nous font penser aux Raisins de la colère de John Steinbeck, fresque miséreuse du prolétariat durant et après le Krach de 1929. On se prend à trouver notre XXIème siècle moins pire que l’on croyait.

Le dernier paradis. Antonio Garrido. Grasset 540p.  


 


 


Un enfant habité…

Les tenants de la réincarnation vont prendre un réel plaisir à lire Le cas Noah Zimmerman de Sharon Guskin. Il était une fois un enfant, Noah, né du fruit des amours d’été entre Janie et un inconnu, une passade quoi. Le géniteur disparaîtra aussi vite qu’il est venu, au propre comme au figuré. Et la maman, toute attentionnée à son poupon, est confrontée à un étrange phénomène. C’est que son fils est en proie à des cauchemars récurrents. La mère a beau tenter de le rassurer, rien ne fait. Pire, il réclame sa vraie maman! Allez voir. En plus, un médecin appelé à diagnostiquer la chose, évoque un possible cas de réincarnation. Mais comme le docteur Anderson n’est pas d’une crédibilité à toute épreuve, on pense qu’il veuille se faire du capital pour faire de l’épate auprès de la communauté scientifique. Mais qu’à donc cet enfant ? Nous sommes en face d’un thriller rondement mené.

Le cas Noah Zimmerman. Sharon Guskin. Calmann-Lévy 377p.    www.calmann-levy.fr


 


 


Quand les femmes se servaient de l’oreiller comme pouvoir

Successivement on leur a alloué toutes sortes d’étiquettes, hétaïres, cocottes, gourgandines, horizontales, amazones, courtisanes. Leur âge d’or a été le XIXème siècle. Un peu comme Jean Chalon l’a fait jadis, spécialiste du domaine, Catherine Authier les fait revivre, ces petites femmes d’extractions toutes simples et qui usant de leurs seuls atout physiques, ont mis les hommes à leurs pieds. Beaucoup de ces derniers se sont ruinés pour elles, déboursant des sommes colossales ne serait-ce que pour les voir nues quelques minutes. Et on ne parle pas de baise. Beaucoup des hôtels particuliers majestueux qui bordent la célèbre avenue Foch ont été construits pour les loger. Quelques unes de ces illustres femmes, étourdies, ont tout perdu et se sont retrouvées à la case départ ou…religieuse comme Liane de Pougy, bisexuelle réputée et ex croqueuse de diamants. Femmes d’exception, femmes d’influence. Et après on viendra dire que le monde a toujours appartenu aux hommes.

Femmes d’exception, femmes d’influence. Catherine Authier. Armand Colin 367p.   


 


 


Une new yorkaise jeune et ambitieuse rattrapée par ses démons

C’est avec American Girl que Jessica Knoll a fait son entrée en littérature. Et avec quel fracas : 450 mille exemplaires vendus. De quoi faire baver d’envie bien des écrivains confirmés mais qui n’ont que des succès d’estime. Mais il faut voir que ce roman a de quoi tenir. Il faut savoir que la romancière est rédactrice en chef de Cosmopolitan. A-t-elle trouvée son inspiration au sein de son personnel ? Toujours est-il qu’elle raconte l’ascension d’une jeune journaliste, Ani, qui va épouser un homme en vue qui est l’archétype des fantasmes féminins. Elle est bien de son temps avec ce souci exacerbé de son image. Mais il y a un hic, son passé douloureux la rattrape qui remonte à l’époque des études secondaires. Un volet de sa vie qui vient saper le rêve vivant qu’elle s’apprête à vivre. On ne vous dira pas de quoi ça retourne pour que vous puissiez découvrir vous-même ce qu’il en est. Nous avons un portrait de femme de l’ère numérique, toute en angoisse. Pas reposante la protagoniste.

American Girl. Jessica Knoll. Actes Sud 360p.    www.actes-sud.fr


 


 


L’extinction de l’Église catholique en marche

L’Église catholique a beau se croire éternelle, s’il faut en croire Giacometti Ravenne dans L’empire du Graal le sablier est en marche qui verra sa disparition.Du moins c’est cette prédiction qu’il fait mettre dans la bouche de Titanium un crac des algorithmes qui a produit un rapport remis à cinq cardinaux de la Curie. Cette révélation faite sur les lieux de la résidence d’été papale de Castel Gandolfo, a de quoi semer l’émoi. En marge de ce fait, on se transporte ensuite à la célèbre salle des ventes Drout où un sarcophage du Moyen-Âge est offert à celui qui saura le mieux délier les cordons de la bourse. Le trésor recèlerait les restes d’un vampire. Le commissaire-priseur, observateur de tout le manège, va mener sa propre quête du Graal, la relique la plus recherchée au monde. C’est un gros pavé qui tient des Illuminati et d’Au nom de la Rose, quelque part entre les deux.

L’empire du Graal. Giacometti Ravenne. JC Lattès 584p.    www.editions.jclattes.fr


 


 


Un thriller sur fond de santé mentale

Jean-Pierre Drouin a toujours adoré jouer avec les mots. Il s’est donné l’opportunité de se livrer tout entier à sa passion, lui qui a fait l’essentiel de sa carrière en éducation spécialisée. Pour payer ses études il a été précédemment préposé aux bénéficiaires en milieu psychiatrique. Il débarque avec Abel et Caïn qui raconte qu’un jour Abel, psychologue de son état, a basculé un jour, pour se retrouver dans un hôpital psychiatrique. La seule chose dont il a connaissance, c’est de l’appel de sa sœur Anne, l’informant que leur frère Caïn schizophrène et sociopathe envisage pour elle de sombre desseins. Abel par un funeste retournement des choses, sera sous la loupe des enquêteurs. Voilà pour l’essentiel. La lecture de ce livre est jubilatoire, car il fait la démonstration noir sur blanc de notre fragilité psychique. Nul n’est à l’abri d’un déséquilibre.

Abel et Caïn. Une tête et deux assassins. Éditions Veritas 263p.   


 


 


Des recettes fraîches et vivement santé pour l’été

Rebecca Leffler vit à New York et c’est une francophile achevée. Cette journaliste et consultante en bien-être ne veut que répandre la bonne santé pour ce faire. Son bouquin Green glam & happy tombe à point nommé maintenant que nous arrivons à la saison estivale. Car la dominante de ces 180 nouvelles recettes qu’elle nomme « bonheur » sont destinées à être consommées pour ce temps de l’année où on veut des choses rafraîchissantes dans l’assiette, pas trop lourdes. A remarquer, les recettes ne font pas appel au gluten, sans lactose ni protéines animales. Il y a par moments des inspirations très granola pour le petit déjeuner notamment. Mais sans conteste l’apport bio des ingrédients, ne peut que régénérer n’importe quel métabolisme comme avec cette salade dite « crème solaire » ou bien le bol de sirène. Des étiquettes accrocheuses, qui attisent la curiosité.

Green glam & happy. Rebecca Leffler. Marabout 238p.    www.marabout.com


 


 


La vengeance au-delà de la mort

A Genève en 1849 dans le bureau d’un notaire, le jeune toscan Atanasio est convoqué pour l’ouverture du testament de Don Carlo, qu’il vénérait tel un mentor. Ce qu’il va apprendre c’est qu’il était en réalité son fils. Le juriste lui remet une enveloppe contenant cinq portraits. Le défunt assorti les clichés d’un message, à savoir de trucider ces personnes qui ont gâché son existence. Tout un mandat. C’est la vengeance post-mortem. En même temps dans Le miroir des illusions de Vincent Engel on fait un grand bon en arrière pour faire la connaissance d’Alba qui épousera un prince, le fameux Don Carlo dont il a été question plus haut. Et va se faufiler entre eux d’eux un allemand qui va en pincer pour la nouvelle princesse et vice versa. On verra quel sombre dessein ils ont en tête. C’est baroque, excessif, de quoi plaire en somme.

Le miroir des illusions. Vincent Engel. Les Escales 505p.   www.lesescales.fr


 


 


Un demi-siècle d’industrie porcine au Québec

L’industrie porcine pour ceux qui sont étrangers au domaine, est la seconde en importance après l’industrie laitière. Ce sont des millions de cochons qui année après année vont à l’abattoir. Un secteur de l’agro-alimentaire assez malmené ces dernières années. Et au cours de ces 50 ans d’évolution, il y a eu d’importantes concentrations, comme la création d’Olymel qui accapare 70% du marché. Pour savoir de quoi ça retourne et les défis auxquels sont confrontés ces éleveurs, on aura intérêt à lire L’industrie porcine au Québec, 50 ans d’évolution sous la direction de Michel Morisset. Des témoins de la première heure racontent les transformations qui se sont faites au cours des ans.

L’industrie porcine au Québec, 50 ans d’évolution. Collectif. Presses de l’Université Laval 201p.      www.pulaval.com


 


 


Le coin travail manuel

Avis aux doigts de fée, femmes et hommes confondus, vous avez trois albums qui sauront exploiter vos talents créateurs. Les deux premiers sont publiés chez Marie-Claire. Coralie Bijasson dans la collection Singer, du nom de la célèbre marque de machine à coudre, nous livre Machine à coudre enfants. C’est une initiation à la couture destinée aux enfants à partir de l’âge de sept ans. Ça répond d’ailleurs à une question rarement posée, à savoir à quand un enfant peut-il s’y mettre ? Évidemment ce sont de petits choses à réaliser, comme des boîtes murales, des porte-monnaie, des sacs divers et des premiers vêtements, dont vous avez à la fin des patrons. De quoi lancer de futurs Karl Lagerfeld. Puis au tour d’Isabelle Leloup avec Vêtements enfants à coudre un ensemble de 20 modèles pour des jeunes de 2 à 8 ans. Quelles sont ravissantes ces robes, pour la plupart toutes simples. Avec quelque chose d’une légèreté. Sans doute pas étranger que ce guide se trouve dans la collection Frou-Frou. Là également, vous avez en fin d’ouvrage les patrons nécessaires.

Et chez l’éditeur Massin, un ouvrage qui plaira grandement aux écologistes, Récup’ & petits bricolages d’Anne Loiseau. Un millier d’idées pour, à partir d’un objet jugé désormais inutile, de lui redonner une autre vie, sous une autre forme. Et c’est hallucinant, comme des grands chandails de laine qui se métamorphosent en coussins moelleux, d’anciennes caisses de vins réincarnées en boitiers de rangement amovibles, étagés. C’est l’imagination au pouvoir.


 


 


Khalo par elle-même

Nombreux sont les admirateurs de la peintre Frida Khalo. Au Québec en tout cas elle en compte beaucoup. On se souviendra du succès remporté par la comédienne Sophie Faucher qui incarna par deux fois cette grande artiste phare du Mexique, et qui remporta un vif succès. Les éditions Taschen vont faire des heureux avec ce coffret renfermant seize posters de 10 pouces par 13 pouces reproduisant des œuvres significatives, dont celle bouleversante, où elle se montre enfermé dans ce carcan médical, elle qui fut cloué au lit durant la fin de son existence. Des affiches que l’on pourra encadrer au besoin.

Kahlo. Taschen.   


 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

Un dominicain, Adriano Oliva estime qu’il est l’heure pour l’Église catholique de tendre les bras aux homosexuels et aux divorcés remariés afin d’être dans l’esprit de Thomas d’Aquin qui reconnaissait déjà l’inclinaison des premiers. Ce trublion va agiter sans doute des vagues, car l’Église est loin d’avoir franchi le pas, car les actes qu’elles posent ne suivent pas les paroles de bienfaisance. Mais ici, le religieux donne des alibis pour que la Sainte église romaine puisse avancer sans donner l’air de reculer et garder la tête haute. Amours c’est le titre, est publié aux éditions du Cerf. Comme les quatre autres titres qui suivent.

Un autre dominicain, Benoît Vandeputte est journaliste, enseignant et aumônier général des Scouts et Guide de France. Il fait une profession de foi envers l’organisme dont il assure la direction spirituelle dans Mon ABC du scoutisme. Il utilise la forme de l’abécédaire pour dire en quoi le scoutisme demeure une référence dans la formation des jeunes. En tout cas, il donnera aux parents la curiosité nécessaire pour peut-être y diriger leurs enfants. Ses arguments sont à toute épreuve.

Un troisième dominicain œuvre dans une sphère toute différente. Il a pour nom Henri Burin des Roziers. Il a vécu trente décennies en Amazonie et à sa façon a mis en pratique la théologie de la libération. En compagnie de Sabine Rousseau il revient sous forme d’entrevue à ce qu’a été sa mission. On verra que porter l’Évangile dans ces contrés sous exploitation du capitalisme éhonté est périlleux. Il a risqué sa vie à maintes reprises. Comme une rage de justice est un compte-rendu de l’exploitation des hommes en Amérique du Sud.

Enfin, c’est Mathieu Bock-Côté celui qu’une grande partie du Québec peut lire chaque semaine dans le Journal de Montréal, et intellectuel prisé des tribunes télé, se fend d’un essai Le multiculturalisme comme religion politique. Il passe en revue un demi-siècle d’idéologies diverses, souvent post soixante-huitarde, avec plus récemment les diverses égalités des droits. Mais c’est un sonneur d’alerte, car il voit se profiler un autoritarisme qui se faufile et qui n’a pas encore de nom. Des dictatures sont toujours possibles. A sa façon il nous dit que quiconque ignore l’Histoire est condamné à la revivre.

Ailleurs c’est un véritable pavé dans la mare que nous livre Eugénie Bastié rédactrice en chef politique de la revue d’écologie intégrale Limite qui a pour titre Adieu mademoiselle qui va relancer la guerre hommes femmes, puisque l’on assisterait encore une fois à la défaite des femmes. La couverture du livre porte une illustration assez significative, avec cette main d’homme d’affaire qui s’apprête à lancer dans le vide une femme sans défense. En plus des menaces qui selon elle, pèsent sur le corps féminin, on assisterait rien de moins qu’à la disparition d’une humanité partagée. Évidemment c’est un brûlot écrit sous l’emprise de la passion. Il aura le mérite de relancer le débat sur l’égalité et de ne rien prendre pour acquis ce que certains esprits bien pensants considèrent comme des avancées sociales.


 





 


Le coin santé physique et psychique (2)

Comme la question identitaire est fortement partie prenante du développement de l’individu, c’est pourquoi nous soulignons dans cette section la sortie de l’essai Valoriser la culture francophone un essai en collectif qui sort aux Presses de l’Université Laval sous la direction de Martine Roberge qui décrit les initiatives prises en région à travers l’Amérique du Nord pour préserver la culture dans la langue de Molière. On donne moult exemples et de quelles ressources on dispose alors pour répandre et pérenniser la langue belle.

Les deux titres qui suivent sont aux éditions du Souffle d’or. Vous avez Hélène Alice qui a voulu témoigner du fascinant processus de la procréation chez les humains. Ça donne Et puis te voilà. Elle, la photographe, est allée à la rencontre de 470 familles et à retenu pour les fins de son livres, 31 couples avec leur nouveau-né. Photo d’abord prise à chaque fois de la maman avec son ventre bien rond et ensuite, le fruit des amours avec les sourires de circonstances. Les intéressés témoignent aussi de ce qu’a été de vivre une naissance.

Voici une exploration psychologique méconnue auprès du grand public. Qu’est-ce qui arrive lorsqu’un jumeau meurt au niveau fœtal pour le jumeau survivant ? C’est à quoi répondent Alfred et Bettina Austermann deux psychothérapeutes allemands dans Le syndrome du jumeau perdu aux éditions du Souffle d’or. C’est d’ailleurs la réédition de ce livre qui fait date et dont on le réactualise à la lumière des dernières avancées de la science en la matière. On fait intervenir les données concernant à la fois l’obstétrique et la psychologie. Un jumeau qui parvient à sortir de la matrice maternelle sain et sauf, théoriquement ne se souviendra pas de la présence de son jumeau mort. Mais on est moins sûr pour ce qui est du subconscient. Car des exemples de cas vécu, portent les chercheurs à penser que la mort d’un jumeau, inévitablement laisse des traces, même bien enfouies.

Les deux titres qui suivent sont édités chez Dunod. Les deux coauteurs de Vivre après un cancer le Dr. Jean-Christophe Mino et la maître de conférences en philosophie de la médecine à l’Université Paris Diderot, Céline Lefève sont unanimes, même lorsqu’on est rescapé d’un cancer, il en reste toujours quelque chose au plan des fondements de la vie, peur de la récidive, réévaluation du sens de l’existence, sa terminaison, etc. C’est pourquoi ils préconisent d’attacher une grande importance à prendre soin de soi et de s’attacher les bonnes personnes pour se faire. Pour appui à leur théorie, ils ont fait appel  aux témoignages de vingt-trois femmes qui ont été éprouvées par un cancer du sein. L’après cancer fait aussi partie du traitement.

L’autisme. C’est un syndrome dont on parle de plus en plus et la littérature à ce propos est abondante. Dernier opus en date dans le domaine, Imiter pour grandir de Jacqueline Nadel ou le développement du bébé et de l’enfant avec autisme. Ce sont les résultats des recherches qui se font présentement pour voir si ce n’est pas avec le moyen de l’imitation que l’on peut circonscrire l’autisme. Car on sait que les bébés « normaux » sont comme de véritables petits singes qui imitent tout ce qu’ils voient autour d’eux. Partant de ce principe, pouvons-nous contrôler un enfant autiste en le soumettant à un processus imitatif ?

Demeurons sur le même thème de l’autisme avec Purifiez un être!, coécrit par Kaherdin et Nathalie Saindon présenté comme un recueil de sagesse d’un jeune autiste aux éditions Véritas Québec. C’est une histoire absolument fascinante que celle de Kaherdin, un beau jeune homme, autiste lourd, non verbal qui va devoir s’astreindre à des exercices contraignants pour simplement pouvoir écrire son nom. Sa mère, Nathalie va entreprendre des études concertées pour pouvoir comprendre son fils et l’aider dans son développement. Et on apprendra que loin d’être un attardé, il est un surdoué capable de communiquer avec des entités. Quel film à faire. D’ici là, lisez ce parcours du combattant qui a porté fruit.

Et pour conclure, le tome 1 de L’enseignement du yoga de Mark Stephens chez Macro éditions. Ce sont des techniques de base sous un mode didactique éclairé. C’est un livre étonnant car en le feuilletant, vous ne verrez pas tellement de photos de postures. En réalité il se compose de trois parties, la première porte sur les sortes de yoga et leur signification, une petite partie d’exercice illustrés et la troisième s’attache à expliquer les bienfaits des mouvements enseignés, comme par exemple les effets de certaines positions sur les cycles menstruels. C’est une lecture assez approfondie, un tantinet exigeante. Mais au sortir, l’adepte saura vraiment dans quoi il s’engage et la portée de sa gestuelle.


 


 


Un malheur ne vient jamais seul

Une ville en mai de Patrick Raynal est un thriller qui incorpore énormément de faits qui vont gaver le lecteur amateur du gente. D’entée de jeu vous avez un homme, Frédéric Corniglion qui vient de rentrer à Nice après avoir passé dix années sur le continent africain. Nous sommes en mai 1968 et la France toute entière est agitée. Il apprend de la bouche son ex que leur fille Sophie n’a pas donné de nouvelles. Aussitôt le paternel se met à sa recherche pour apprendre que sa fille est dans la mouvance marxiste-léniniste. En même temps un néo-nazi est retrouvé sans vie, pendant que sa la fille de Frédéric pourrait faire l’objet de menaces. Avez-vous assez d’éléments ? Voici de quoi tenir en haleine de la première à la dernière ligne.

Une ville en mai. Patrick Raynal. L’Archipel 260p.    www.editionsarchipel.com


 


 


Une petite couturière à l’ascension grâce au Titanic

Elle s’appelle Tess Collins. C’est une petite coutière de son état, qui est le souffre-douleur d’une famille de bourgeois de Cherbourg qui la traite comme une quasi esclave. Elle veut s’évader et à cet effet va prendre un billet sur le Titanic pour aller vivre le rêve américain. Par chance elle fera à bord la rencontre de Lady Lucy Duff qui est une styliste anglaise en renom qui va à New York pour présenter sa collection. Comme la femme de chambre de cette dernière s’est désistée, c’est la petite Tess qui va devenir la seconde de madame. Arrivée à New York, un scandale s’établit car on apprend que Lady Duff aurait laissé se noyer des passagers plutôt que de les prendre dans son embarcation. Cette sale histoire va mettre la maison de couture en péril. Que va faire Tesse dans ces circonstances ? C’est toute la trame de La petite couturière du Titanic de Kate Alcott. Qui en même temps est une remarquable étude des classes sociales à l’époque.

La petite couturière du Titanic. Kate Alcott. L’Archipel 402p.    www.editionsarchipel.com


 


 


Du racisme ordinaire

Un jour l’euro députée Nadine Morano, toujours très controversée, est allée définir la France comme un pays de race blanche qui accueille des personnes étrangères. C’en était trop pour une foule de protestataires et d’organismes qui ont vu dans cette déclaration la manifestation d’un racisme ordinaire. Gaston Kelman ajoute sa voix à celles des indignés en écrivant La France, pays de race blanche, vraiment ? C’est sa lettre ouverte en somme à la députée suprématiste. Il en veut à ce cloisonnement « coloriel ». Doté d’une maîtrise en littérature, il trouve les sujets, verbes et leurs compléments pour braquer le miroir des comportements des français face aux autres qui ont le malheur de ne pas avoir la même couleur de peau.

La France, pays de race blanche, vraiment ? Gaston Kelman. L’Archipel 190p.     www.editionsarchipel.com


 


 


L’escroquerie le 8ème art ?

L’escroquerie serait-elle devenue le 8ème art. A croire que oui selon Christophe Rocancourt lui-même bien placé pour en parler, escroc célèbre devant l’Éternel et qui a emprunté moult identité pour commettre ses forfaits. Un invité de l’émission On n’est pas couché, animé par Laurent Ruquier, victime de ce dernier, le qualifiait presque de génie du mal. Et ce que ne démentira pas l’intéressé qui indique qu’il faut effectivement un talent rare pour faire ses semblables. Dans L’escroquerie le 8ème art il dresse une galerie de malfrats renommés et comment ils opéraient. L’ascension et leur chute, car ils ont tous connus des fins peu glorieuses. A parcourir ces pages on se montrera infiniment plus prudent à l’avenir avec quiconque nous fait miroiter mers et monde.

L’escroquerie le 8ème art. Christophe Rocancourt. 189p.   www.editionsarchipel.com


 


 


L’économie partagée qui ébranle tout

Nouveau phénomène qu’on ne voyait pas venir, la prise en charge d’une économie parallèle par des citoyens, ce qu’on nomme désormais du vocable « économie partagée » souvent orchestré par derrière par de grosses multinationales qui tirent les ficelles. Exemple dérangeant les taxis Über qui viennent bousculer le transport en taxi traditionnel. Ou des individus qui font de la location de leurs appartements, causant des nuisances à l’hôtellerie institutionnalisée. Et d’autres courants menaceraient 50% des entreprises. C’est ce dont nous informent Denis Marquet et Édouard Rencker dans Entreprise, muter ou périr. On ne pourra pas dire après coup qu’on n’aura pas été prévenu.

Entreprise, muter ou périr. Denis Marquet et Édouard Rencker. L’Archipel 179p.     www.editionsarchipel.com


 


 


Ce que l’AFP n’écrit pas au sujet de l’Élysée

Est-ce que le correspondant de l’Agence France Presse à l’Élysée, Hervé Asquin sera-t-il encore bienvenue au Palais, après la publication de L’Élysée selon Hollande. D’ordinaire on écrit ce genre de choses à la retraite de la profession car en poste on est tenu toujours au secret pour ce qui est du « off the record » ce sacro saint principe en journalisme. Il n’y a pas à proprement parler de révélations scandaleuses. Là où le livre est intéressant, ce sont les infinis nuances qui sont le propos du Président de la République et qui teintent la vérité de sa pensée sur les événements auxquels il fait face et même sur des sujets d’ordre intime, comme les femmes de sa vie. De toute façon, tout ce qui touche aux coulisses de quelconque pouvoir fascine.

L’Élysée selon Hollande. Hervé Asquin. L’Archipel 239p.    www.editionsarchipel.com


 


 


Le livre qui a inspiré le film Messe noire

Les cinéphiles n’ont certainement pas manqué ce film mémorable « Messe noire » dont le « héros » James Whitey Bulger était incarné par Johnny Depp qui encore une fois est passé maître dans la personnification, méconnaissable dans la peau du personnage. Car pour personnage c’en était tout un, lui et son comparse Steve Femmi qui tous deux avaient été recrutés par le FBI pour infiltrer le milieu mafieux de Boston. Non seulement réussirent-ils leur mission de mettre sous les verrous les parrains locaux…mais ils prirent leur place! Ce que raconte avec brio Vincenzo Galante un spécialiste des mafias dans Criminal gangster, James Whitey Bulger. Qui, et le sous-titre donne le ton du caractère du bandit, « Le plus impitoyable gangster de Boston ».

Criminal gangster, James Whitey Bulger. Pages ouvertes 173p.  


 


 


Un roman sur le thème des réfugiés

S’il y en a un qui s’est senti plus concerné qu’un autre par la situation des réfugiés d’Europe c’est bien le bosniaque Velibor Colic qui s’est exilé en France. C’était en 1992. Il s’est fixé en Bretagne. Prenant acte de ce qui se passe dans les centres pour réfugiés, il a choisi de narrer les tribulations d’un déserteur de l’armée bosniaque qui débarque dans un centre pour réfugiés à Rennes. Il ne parle aucunement la langue de Molière. Il décrit le quotidien dans ces lieux transitoires. En même temps, bien que c’est étiqueté roman, le tout prend une allure de documentaire. Il arrive à bien nous faire comprendre ce qui peut passer par la tête d’un exilé forcé par des situations extérieures à sa volonté. Il permet d’ajouter en empathie pour ces gens qui auraient bien aimé demeurer dans leur pays, mais ce n’était plus possible.

Manuel d’exil. Velibor Colic. Gallimard 200p.  


 


 


Un tribut aux pionniers qui ont façonné les Etats-Unis

Nous voilà devant une grande fresque, celle de l’Amérique des pionniers, qui au pic et à la pelle vont construire les États-Unis.  C’est ce que nous raconte Tracy Chevalier dans A l’orée du verger. Grâce à elle on voit vivre une famille sur une terre du fin fond de l’Ohio. Ces fermiers ont choisi d’exploiter des vergers de pommes. Ils seront confrontés aux caprices du climat et aux rigueurs d’une grosse famille quand on a peu de ressources. Un des fils ira s’établir pour voir à la production de pousses de sequoia qu’il fait parvenir à un correspondant de la vieille Europe qui voudrait voir ériger ces grands arbres outre atlantique. Ligne après ligne on se prend à penser que si nous avons une vie agréable maintenant c’est grâce à la combativité et l’acharnement de ces gens comme ceux qu’ils nous aient donné de connaître en 1848.

A l’orée du verger. Tracy Chevalier. Quai Voltaire 324p.   www.editionslatableronde.fr


 


 


Regard français sur l’intériorité nippone

C’est un beau roman, c’est une belle histoire pour reprendre les premiers mots d’une chanson populaire. Le titre ? L’apaisement de Lilyane Beauquel qui nous emmène dans le Japon de 2011 au moment tsunami dévastateur. S’y trouve un français qui a la douleur d’avoir vu sa compagne disparaître sans laisser de trace. La retrouvera t’on ? Lui reste un petit enfant, le leur qui va être pris aussi en charge par la sœur de l’infortunée. Il sera par après, mis au contact de carnets écrits par Itoé la victime. Comme pour toutes les japonaises, elle s’y dévoile par petites touches ou métaphores. Ce qu’il faut retenir de cette démarche d’écrivaine, c’est que dame Beauquel a su restituer l’âme japonaise dans toute sa délicatesse. On comprend mieux dès lors la riche intériorité de ces gens si loin de nous, mais proches par les sentiments.

L’apaisement. Lilyane Beauquel. Gallimard 215p.   


 


 


 Une secte suprématiste blanche en Norvège

Les compliments ont fusé de toutes parts pour saluer l’arrivée dans le monde des lettres du norvégien Ingar Johnsrud qui démarre avec une trilogie dont le premier tome paraît sous le nom Les adeptes. Tout de suite on a dit de lui qu’il était le nouveau Jo Nesbo, l’autre Millenium. Bref, les attentes sont énormes. Bien, pour une première incursion c’est prometteur, avec cette histoire de la disparition d’une femme et de son petit garçon qui avaient en commun d’être membres de la secte « La lumière de Dieu » dont l’idéologie ne fait pas mystère de voir en l’homme blanc, la race supérieure. Et à cet effet, des expérimentations pour parvenir à créer des entités aryennes qui ne sont pas sans rappeler les fantasmes nazis. D’ailleurs on verra en cours de récit des accointances entre des collaborateurs norvégiens et hitlériens. Il y a au-dessus de la mêlée un inspecteur chargé de trouver les disparus. C’est le commissaire Fredrik Beier. Qui risque d’être un nouveau limier fétiche de la littérature.

Les adeptes. Ingar Johnsrud. Robert Laffont 552p.     www.laffont.ca


 


 


Polar gérontologique

Ah cette chère Chrystine Brouillet qui sait saisir l’air du temps. Il est beaucoup question du vieillissement en cette ère numérique et de jeunisme. Or, elle a choisi de camper son nouveau drame policier Vrai ou faux dans le décor d’une résidence pour gens âgés, tandis que l’on retrouve sans vie, victime d’un meurtre, la secrétaire de l’établissement. Cela arrive au moment où l’enquêteuse fétiche de la romancière Maud Graham se taraude au sujet du vieillissement de ses propres parents. Commence son enquête. Encore une fois, que ce soit dans une telle résidence, un verger, dans la campagne ou quoi encore, la Brouillet trouve le moyen de se renouveler même s’il s’agit toujours d’un crime à élucider. Nous lui accordons à nouveau la note d’excellence. De toute façon toute résistance est vaine, elle a la recette gagnante.

Vrai ou faux. Une enquête de Maud Graham. Druide 337p.     www.editionsdruide.com


 


 


Pour le duo Preston & Child il s’en passe près de Salem

Si le dicton dit bien que deux têtes valent mieux qu’une, on comprend pourquoi le tandem Preston & Child cartonne à tout coup. La nouvelle enquête de leur détective fétiche l’inspecteur Pendergast, nous transporte dans un petit bourg non loin de la célèbre ville de Salem, au nord en fait. Il s’y trouve pour enquêter sur le vol de beaux millésimes dans la cave d’un collectionneur. Ils vont faire toute une découverte. En effet, à l’arrière des rayonnages on a dissimulé un squelette. Et comme un malheur ne vient jamais seul, c’est un historien au corps mutilé que l’on découvre tandis qu’il effectuait des recherches au sujet d’un naufrage survenu à la fin du XIXème siècle. Non seulement a-t-on profané sa dépouille mais on a marqué le corps de symboles sataniques…Brrr!!! Que ce soit à Salem ou dans les environs, il n’y a rien de jamais banal. Vous adorerez, point à la ligne.

Mortel sabbat. Preston & Child. L’Archipel 366p.     www.editionsarchipel.com


 


 


Une jeune fille confrontée à la leucémie

La leucémie. Quand on vous annonce le verdict, à plus forte raison quand vous êtes dans votre prime jeunesse, c’est toute une hypothèque qui vous tombe dessus. C’est ce qui arrive à Mia, qui au lieu de profiter des joies de l’été, devra combattre contre son mal intérieur et subir des chimiothérapies accablantes. Mais pour elle, il y a la manière d’annoncer la chose à ses amis, filles et garçons. C’est tout l’enjeu d’Il suffirait d’un signe de Tiffany Schmidt tout en délicatesse. Et qui en même temps, apprends aux jeunes atteints par la maladie de prendre sur eux et de dire non à la fatalité. Mia, est ici le symbole du courage.

Il suffirait d’un signe. Tiffany Schmidt. Bayard 502p.   


 


 


L’amoureuse du mauvais garçon

Les filles aiment les vilains garçons c’est bien connu. C’est ce qui survient avec Greta lorsqu’elle rencontrera Elec, le fils de son beau-père. Hélas pour elle, le jeune homme est un malabar un peu mal dégrossi qui va se montrer épouvantable vis-à-vis d’elle. Et au lieu d’être un repoussoir, il va quand même laisser en elle des germes d’amour. Le rustre va disparaître finalement aussi vite qu’il était apparu. Au bout de quelques années le revoici, cette fois dans la peau d’un homme très séduisant. Step brother de Penelope Ward est une romance qui plaira à un lectorat féminin. Comme l’auteure a écrit pour la télévision, on sent qu’elle sait monter la dramatisation à son paroxysme. Dans le genre on ne fait pas mieux.

Step brother. Penelope Ward. Hugo roman 313p.     www.hugoetcie.fr


 


 


Une fuite en avant

En parcourant S’enfuir de Melanie Finn quelqu’un de la rédaction nous faisait remarquer une amie très proche qui chaque année se sent obligée d’entreprendre au moins deux sinon trois voyages. Son but dit-elle est de voir tous les pays du monde avant de mourir. Oui mais pourquoi ? Et quelqu’un qui la connaît, de nous faire remarquer que c’est tout simplement une fuite en avant, car elle cache un lourd secret. C’est le cas de Pilgrim Jones vivant en Suisse, laissée pour compte par son mari qui a un secret inavouable. Et pour se donner comme une rédemption, elle prendra le premier billet d’avion disponible. Elle choisira l’Afrique comme ancrage. Mais réglera-t-elle son problème pour autant. Si le passé est un roc, le présent une certitude, le lendemain peut-être du sable mouvant. L’intérêt du bouquin c’est la confrontation de la protagoniste face à l’univers qu’elle découvre, avec sa galerie de personnages déjantés. Un diversion à sa douleur.

S’enfuir. Melanie Finn. Les escales 343p.      www.lesescales.fr


 


 


Des amazones cuirassées

Serez-vous surpris d’apprendre que le Pentagone a trouvé le temps de demander à un auteur Brad Thor de concevoir des scénarios mettant en scène des actes terroristes contre les États-Unis. Curieuse commande. Eh bien voici de quoi ça retourne avec Projet Athéna tandis que Brad Thor a imaginé une troupe de choc baptisé « Projet Athéna » qui donne son titre au livre. Qui a cette singularité de n’être formé que de femmes. Et attendez de lire. Ce sont de super femmes hyper entraînées, qui n’ont pas froid aux yeux et que l’on envoient sur des missions périlleuses comme celle qui leur est dévolue, à savoir de traquer en République tchèque, un télé-porteur qui avait été inventé par les nazis et dont des terroristes de notre temps, veulent se servir pour commettre des attentats dans de grandes villes américaines. De l’action en voulez-vous en voilà. On ne s’ennuie pas une miette. Et ces soldates de l’ère numérique, quelle bonnes femmes!

Projet Athéna. Brad Thor. Bragelonne 372p.     www.bragelonne.fr


 


 


Une double injustice qui dépasse l’entendement

Les fidèles de la série documentaire « Making a murder »  n’ont certes pas oublié cette histoire qui dépasse l’imagination en raison de non pas une injustice judiciaire, mais de deux. Celle de Steven Avery accusé d’un premier meurtre pour lequel il sera jeté à l’ombre des barreaux pour dix-huit ans de sa vie. Qui sera innocenté ensuite grâce aux avancées de l’ADN. Il est à l’heure des réparations et libéré bien sûr, quand soudain on trouvera devant sa porte la dépouille calcinée d’une femme, crime dont on l’accuse, pour au final s’avérer que l’inculpé était aussi innocent. Et pour narrer cette histoire rocambolesque, un témoin aux premières loges, le procureur qui a investigué pour prouver l’innocence de ce pauvre homme, Michael Griesbach. Quand on pense à toutes ces années ratées de sa vie en tôle. Et quand on songe que les prisons sont loin des clubs Med des nôtres. Ça glace le sang.

Le tueur innocent. Steven Avery. Bragelonne 319p.   www.bragelonne.fr


 


 


Des résidences contemporaines à se jeter par terre

D’office si votre faible c’est l’architecture contemporaine, jetez-vous sans tarder sur le premier exemplaire à votre portée de 100 contemporary houses de Philip Jodidio chez Taschen. Ce petit pavé, volumineux en main, rassemble le top des créateurs de résidences domiciliaires dont les audaces sont à couper le souffle, comme celle dissimulée dans un promontoire verdoyant et dont l’entrée se trouve à flanc de colline. Ou cette autre en plein cœur de forêt, cube illuminée le soir sur pilotis tout construit de bois vernis. Wow! A défaut de se payer de telles folies, il est permis de rêver, ça ne coûte rien. Si, le prix du livre, toujours à  un coût démocratique.

100 contemporary houses. Philip Jodidio. Taschen 686p. 


 




 


La finance d’entreprise et les 24 heures du Mans chez les nuls

Deux derniers opus dans des domaines vraiment éloignés l’un de l’autre dans la collection « Pour les nuls »  D’abord La finance d’entreprise pour les nuls coécrit par Jean-Yves Eglem, Bernard Févryt avec la collaboration de Patrick Sénicourt. Les trois signataires sont des pros de la comptabilité, du management et de la finance. Bien que ce gros guide touffu est inspiré par le management à la française, les fondements toutefois demeurent universels, comme la question cruciale du plan d’affaires, point Alpha de tout démarrage d’entreprise, le fonds de roulement, les charges de base etc. C’est une lecture parfois exigeante, autant vous prévenir, mais qui a le mérite de ne rien négliger de ce qu’il faut savoir avant de s’aventurer dans le merveilleux monde des affaires. On connaît le dicton, une personne prévenue en vaut deux.

Par ailleurs, L’histoire des 24 heures du Mans pour les nuls est l’œuvre d’un gars qui s’y connaît puisque Gérard de Cortanze est rien de moins que le petit-neveu d’une pointure de cette piste célèbre, nous avons nommé Charles de Cortanze qui a triomphé là bas en 1938. Ce n’est pas la première fois que le descendant se commet sur ce sujet car on lui doit chez Albin Michel en  « La légende des 24 heures du Mans pour lequel il a reçu il y a quatre ans le Prix convoité de l’Association des écrivains sportifs. Dans la philosophie de la collection qui nous occupe cette fois, il a pris le ton un peu ludique qui est la marque de commerce de l’édition. Nous nous trouvons avec à sa façon devant un titre d’érudition, bourré de statistiques qui passionneront les accros de la course automobile. Et rien n’est négligé comme le déclin de certaines carrières d’illustrateurs qui dessinaient les voitures en course pour des publications, pour cause de l’arrivée de la photographie.


 


 


Pour raviver le souvenir d’un écrivain résistant

Ils ont été qualifiés d’ennemis de l’ombre, ces résistants français qui au péril de leur vie, ont défié l’occupant nazi. Jérôme Garcin trouvait sans doute injuste que l’un d’entre eux, Jacques Lusseyran aveugle depuis l’âge de huit ans, et actif contributeur de la Résistance soit tombé dans l’oubli. L’ironie de la chose, c’est que cet homme qui a bravé la torture rue des Saussaies et envoyé à Buchenwald, est mort tragiquement dans un accident de voiture en 1971. Il aura été auparavant professeur de littérature aux États-Unis. Un tout petit livre, Le voyant mais chaque ligne comporte de grands enseignements et redonne confiance en une partie de l’humanité.

Le voyant. Jérôme Garcin. Gallimard 202p.  


 


 


Sur le Parti québécois, refonte ou effondrement

A l’évidence le Parti québécois est devenu un vieux parti, et le credo de sa raison d’être, l’indépendance du Québec voit les tenants de cette cause se réduire dangereusement. Pierre Céré qui a été candidat à la chefferie n’y va pas par quatre chemins, cette formation politique n’a pas d’autre alternative que de se refondre sinon elle est menacée d’effondrement. Son pamphlet Coup de barre est le fruit de réflexions venant d’un homme libre qui n’a pas les mains liés par l’appareil du parti. Il pose en clair les problèmes actuels mais a le mérite d’apporter des solutions de rechange. Une voix qui demande à être entendue, surtout qui tombe à point nommé, le parti indépendantiste étant en quête pour une énième fois d’un nouveau leader.

Coup de barre. Pierre Céré. Éditions Somme toute 154p.   


 


 


La vengeance d’une geôlière

Dans le créneau de la fantasy, voici un opus à ne pas négliger sous aucun prétexte, Illidan de William King.Vous avez au point de départ tout un guerrier, le Illidan en question qui donne son titre au livre, qui a été emprisonné…dix mille ans. Il finit par sortir de tôle, mais sa geôlière, une dénommée Maiev Chantelombre s’en veut à mort de le voir triompher dans cette liberté retrouvée. Car le héros avait été accusé de trahison au moment où il infiltrait la Légion ardente, qu’il combat désormais. C’est une lutte épique. Qui triomphera entre l’ex taulard et sa matrone ? Lisez et prenez votre pied.

Illidan. William King. Milday 381p.    www.milady.fr


 


 


Un Édimbourg violent au milieu du XIXème siècle

Que d’ambiances dans La peau du mal de Corinne De Vailly qui nous transporte dans le Édimbourg de 1838 tandis que des jeunes vont découvrir dans les collines non loin de la capitale écossaise, une quantité de mini cercueils. Brrr!!! Ce qui laisse croire à des meurtres en séries survenus une décennie plus tôt. En même temps, la violence se perpétue avec les Grim Reapers à dos d’engins à vapeur qui sèment la peur dans la population. C’est dans ce climat agité qu’un limier avec des proches, va se mettre en quête pour en découdre avec le mal qui rôde. Il y a une belle tension continue qui pourrait faire l’objet d’un beau sujet au grand écran. Avis encore une fois aux scénaristes atteint du syndrome de la page blanche. A défaut on peut toujours se faire son cinéma dans la tête.

La peau du mal. Corinne De Vailly. Recto Verso 283p.    


 


 


Une jolie initiation au cheval pour tout petit

Il faut prendre le temps de souligner la belle mission que s’est donnée la maison d’édition Fleurus avec son catalogue spécialement adaptée aux jeunes têtes, afin de leur inculquer des bases de culture générale, tout en s’amusant. Le dernier exemple est ce livre coffret Chevaux qui se veut une initiation à la plus belle conquête de l’homme. Les concepteurs ont synthétisé ce qu’il est essentiel de connaître de ce bel animal, qui a fait sa marque dans l’évolution de l’humanité. Vous avez en complément un jeu de 20 cartes explicatives. C’est destiné à une tranche d’âge gravitant autour de 8 ans.

Chevaux. Fleurus.   www.fleuruseditions.com


 


 


Une biographie de référence sur Bob Dylan

Surprenant qu’une pointure de la musique comme Bob Dylan n’ait pas eu à ce jour une biographie substantielle. Eh bien elle est arrivée sous la plume de Jean-Dominique Brierre. Habituellement les français n’excellent pas dans ce genre d’exercice, les anglo-saxons triomphants dans le domaine avec leur tradition d’enquête dans le cas de biographies non autorisées. Brierre fait exception avec ce compte-rendu fouillé de cette vie artistique exceptionnelle. Il y a de beaux passages où son sujet est mal à l’aise à partir du moment, où notoriété aidant il commence à faire de l’argent. Il se culpabilise et distribue à tout vent sans penser à lui, malgré les recommandations de son entourage. Même si sa musique vous indiffère, l’homme lui vaut le coup, de par ses rencontres, ses états d’âme, son évolution. Cette bio fait figure de référence.

Bob Dylan, poète de sa vie. Jean-Dominique Brierre. L’Archipel 364p.    www.editionsarchipel.com


 


 


Des mandalas peu ordinaires

Les mandalas sont une expression de la spiritualité de la tribu des huichols qui vit dans la Sierra Madre au nord-ouest du Mexique. Des dessins en somme très colorés va sans dire comme tout ce qui touche à la culture de là-bas. Ces dernières années il s’est publié beaucoup d’ouvrages sur des esquisses de mandalas que les lecteurs étaient appelés eux-mêmes à colorier. Nous en avons beaucoup fait état dans ces colonnes. Cette fois c’est un peu spécial car on invite à tisser des mandalas. C’est ce que propose Laetitia Cucurni. Il y a en a 56 en tout plus fantaisistes les uns que les autres. Et la pratique du mandala, colorié ou tissé, est une invitation à la détente, au recueillement.

Mandalas à tisser. Laetitia Cucurni. Éditions marie claire 127p.   www.editionsmarieclaire.com


 


 


Jésus pour un jeune auditoire

La culture générale prenant l’eau dans nos programmes éducatifs, nos origines chrétiennes ont pris de même le chemin des oubliettes. C’est pourquoi saluant des initiatives comme la maison Bayard de faire découvrir aux jeunes les sources de notre spiritualité. Ainsi cette vie de Jésus cosignée par Sophie de Brisoult et Marie Flusin. C’est un travail remarquable d’impression, avec une iconographie attrayante, de petites pochettes surprises. Tout un défi. On n’a pas eu peur du coefficient de difficultés à rencontrer pour offrir un produit ludique pour nous faire connaître ce prophète, Fils de Dieu, plus grand que nature.

La vie de Jésus. Sophie de Brisoult et Marie Flusin. Bayard jeunesse.


 


 


A la gloire du peintre Raphaël

Le peintre Raphaël est une figure emblématique de l’art italien à la Renaissance. Sa production artistique s’étalera à peine sur vingt ans, mais l’impact qu’elle a eu se répercute encore de nos jours. Il est surtout connu pour ses Madones. On sait que tout comme pour Michel-Ange, le pape caractériel Jules II lui passera d’importantes commandes que les touristes peuvent contempler dans les vastes salles du Vatican. Un des spécialistes de cette époque, professeur émérite, Christof Thoenes nous donne un très grand aperçu de l’homme et de l’œuvre dans cet album à prix économique chez Taschen, fidèle à sa mission d’éditeur du patrimoine artistique mondial. De très belles reproductions assorties de textes fouillés achèvent de nous donner une idée de ce que fut le climat dans lequel ce géant eu à se dépêtrer.

Raphaël. Christof Thoenes. Taschen 94p.  


 






 


Le coin santé physique et psychique (1)

Aux éditions du Souffle d’or Ariane Roques offre à notre curiosité un ensemble de cartes, quarante en fait, avec en complément un livret intitulé Se nourrir en conscience. Tel que le décrit au mieux l’éditeur «  c’est un jeu de quarante cartes sur le thème de l'alimentation et du bien-être qui propose des recettes, des activités physiques ainsi que des exercices de relaxation et de méditation. Elles sont déclinées en sept thématiques : manger, ressentir, aimer, pratiquer, méditer, bouger, vivre. Chacun est libre de choisir son rythme pour les utiliser et d'y jouer seul ou en groupe. » A la rédaction c’est le cas de le dire, on a joué le jeu, et c’est très distrayant. Puis, peu importe le moyen employé, la finalité est de se faire du bien tout en s’amusant. Personne n’est contre la vertu.

Dans un tout autre registre c’est au tour d’Yvan Bordeleau ancien directeur du département de psychologie et puis député à l’Assemblée nationale du Québec de nous donner des éclairages divers sur la prise de parole dans les débats publics. Car souvent ce à quoi on assiste tourne au monologue à deux ou à un dialogue de sourds. Pour intervenir nous dit-il en somme, il faut être documenté et être capable de faire preuve d’humilité et de reconnaître ses erreurs, surtout si on cherche à atteindre à la vérité des choses. Son essai, Le citoyen éclairé chez Liber, suggère des avenues pour nourrir au mieux sa réflexion avant de la confronter à d’autres. Ainsi fera t’on avancer le débat dans la province de Québec.

Saviez-vous que le trouble anxieux généralisé, mieux connu sous son abréviation de TAG est le symptôme de santé mentale parmi les plus répandus chez les adolescents. Et surtout avec l’ère numérique ou chacun se compare et se valorise au nombre de « J’aime » recueillis sur leur compte Facebook, le phénomène ne va pas en diminuant, bien au contraire. Une qui raconte ce qui se passe dans la tête d’une personne atteinte de cette maladie mentale est Emmanuel Lauzon dans Taguée aux éditions de Mortagne. La narratrice décrit par le menu l’évolution du problème en termes simples. Beaucoup se reconnaîtront.

Les deux ouvrages qui suivent sont aux Presses du Châtelet. Il y a Mohand Sidi Saïd qui sera au service de la pharmaceutique Pfizer dont il deviendra en bout de piste le vice-président à New York. Son discours est assez étonnant dans son livre Notre santé est malade d’autant qu’il est issu d’un univers qui fait l’objet de tant de reproches et que l’on accuse, pire, de créer des pathologies pour vendre encore davantage de camelote. Il est le premier à admettre que la pharmaceutique est obnubilée par la notion de profit au détriment du patient. Il examine et passe en revue les systèmes de santé dans le monde et y va de ses solutions pour l’accès universel aux soins.

Le Dr. Gérard Guasch est médecin psychosomaticien et maître en Tao. Il écrit Le Tao du bonheur. Au passage le mot Tao veut dire « voie ». Toutes les spiritualités ont justement leur tao. La question du bonheur est perpétuelle chez les humains. Comment y parvenir, bien que l’on sache que ce n’est pas un sentiment durable. Ce qu’il y a de remarquable dans son essai, c’est qu’il ne s’en tient pas uniquement à la tradition taoïste chinoise, mais fait intervenir tous les grands courants de pensée touchant à cette thématique du bonheur. C’est très éclairant.

Et enfin, deux titres dont une réédition, tous deux aux éditions du Cram. Dans l’optique où on parle plus que jamais du vieillissement à l’ère du jeunisme à tout prix, il fait bon de lire L’ego au cours des âges de la vie de Valois Robichaud professeur à l’Université de Moncton. On lui doit précédemment des ouvrages sur l’éducation et la gériatrie. Et dans ses pages il nous appelle à une spiritualité du cœur, de faire preuve davantage d’altérité. Et nous recommandons impérativement son livre à tous ceux qui ont une sainte frayeur de vieillir. Il dédramatise cette étape incontournable de nos vies, en dépit des crèmes rajeunissantes. On peut demeurer jeune de cœur, malgré rides et ridules. De belles pages chargées d’espérance.

Et un peu en complément, cette réédition de l’excellent bouquin de Louise Racine « Le deuil une blessure relationnelle ». La mort, personne n’y est préparé, surtout qu’on l’évacue continuellement du discours, comme si on se voyait immortel. Mais hélas, comme le disait le poète « Même les gardes aux barrières du Louvres n’en protègent point nos rois ». Tôt ou tard nous seront confrontés  l’irrémédiable. Comment admettre l’inéluctable ? Voici des pages qui détaillent le processus psychologique qui se déploie en cours de route. Afin de pouvoir accepter le grand départ de l’autre et de faire sa résilience.


 




 


Le coin santé physique et psychique (2)

Deux titres sortent qui ont le même sujet, savoir prendre la parole en public. Le premier est célébrissime, c’est le classique Comment parler en public du regretté Dale Carnegie (1888-1955) à qui on doit L’art de se faire des amis. Que Québec-Livres sort pour une quatrième réédition. Qui a une pérennité pour les raisons que les recettes du bonhomme ont fait mouche. Qui reprend à sa façon cette vieille sentence de Boileau que ce qui se connaît bien s’énonce clairement et les mots pour dire viennent aisément. A sa façon et plus près de nous Hélène Meloche avec la collaboration d’Anne-Marie Des Roches lance chez Béliveau éditeur 285 secrets pour une présentation qui a de l’impact. Elle dit que s’exprimer devant un auditoire est une charge d’adrénaline dont elle ne sait se passer. Une passion qu’elle veut partager.

Êtes-vous nerveux, vous demande le médecin ? A peine avez-vous répondu par l’affirmative qu’il a déjà le style posé sur le bloc à prescriptions, pour vous administrer, qui un calmant ou un antidépresseur. Il ne viendrait pas à l’idée de vous suggérer de faire du yoga. Et pourtant, quels bienfaits si on en juge Yoga Nidra de Julie Lusk chez Béliveau éditeur. Une fois ces routines mises en pratique, le résultat sera à l’avenant.

Chez Béliveau toujours, Vous êtes ce que vous dites de Barbara Ann Kipfer qui à sa façon nous dit que la qualité de notre relation aux autres dépend énormément de l’emploi du verbe. Car souvent à l’oral nous sommes nuls, soit parce qu’on n’écoute pas les autres, attendant de reprendre notre discours fleuve ou bien d’essayer d’emblée de signifier à l’autre comment les choses devraient être faites. Dans cet ouvrage vous avez 1501 enseignements de parole juste pour une communication en pleine conscience.

Chez le même éditeur Entre la tête et le cœur de Pascale Dufresne ce voyage intérieur pour se découvrir et s’accepter. Après vingt ans de vie corporative, l’auteure s’est posée les mêmes questions existentielles qui vous taraude, depuis toujours, à savoir son utilité ici-bas, si nous faisons ce pourquoi nous sommes nés, etc. Un classique de l’introspection pour qui veut faire son gros ménage en dedans.

Les deux derniers titres sont chez Québec-Livres. Avec pour commencer un auteur que les fidèles de cette rubrique connaissent bien, Louis-Georges Désaulniers qui est devenu renommé grâce à ces fameux tests d’auto-analyse. Ce qui est bien avec sa méthodologie, c’est qu’il nous demande de faire preuve d’honnêteté envers nous-mêmes avant de s’engager dans son long questionnaire. En même temps, en conclusion il dresse les tableaux de nos comportements classiques, tels autant de miroirs de ce que nous sommes.

Comme le travail occupe huit heures de nos journée, tout ce qui s’y rattache au plan psychologique a une grande importance dans nos vies. Et à l’ère post baby boomers, tout change, même le management en entreprise. Le coach Stéphane Deslauriers nous dit à quels enjeux sont confrontés patrons et cadres. Fini le style directif, genre je veux et j’exige. Il faut au contraire être inspirant et savoir motiver ses troupes. Il nous pourquoi et comment dans Mobiliser les cerveaux.


 


 


Les régions de France pour les nuls

La réputée collection « Pour les nuls » chez First voit son catalogue se bonifier avec une série consacrée aux régions de France. Nous avons reçu un des tomes, L’Alsace pour les nuls de Pierre Kretz et Astrid Ruff. Cette Alsace avec ces différents patois alémaniques, passé tantôt à l’Allemagne et restitué à la France. Comment les envahisseurs Prussiens en 1870 et en nazis en 1940 ont voulu éradiquer toute présence de la langue française, Hitler ordonnant même de faire un autodafé de tous les ouvrages en langue française se trouvant dans les bibliothèques et librairies alsaciennes. En même temps, ce merveilleux guide nous entretient de l’histoire, des caractéristiques socio-économiques, du patrimoine si singulier, du caractère bien trempé de ses habitants. Une mine de renseignements à connaître avant d’y effectuer un périple. C’est ce qui s’est fait de mieux dans le domaine pour saisir l’âme de ce coin de France qui a tenu bon à l’envahisseur teuton et qui a adhéré aux visions françaises de De Gaulle.

L’Alsace pour les nuls. Pierre Kretz et Astrid Ruff. First 400p.   www.pourlesnuls.fr


 


 


Un roman d’il y a soixante ans, de Nelson Algren

Si le nom de Nelson Algren vous dit quelque chose, c’est qu’il a été entre autres celui qui bouleversa Simone de Beauvoir au point que celle-ci envisageant par passion pour lui, de vivre aux États-Unis, de mettre de côté ses revendications féministes, au point de prendre plaisir à laver ses bobettes. Cet assujettissement au mâle qu’il incarnait fut heureusement une passade et elle retrouva vite Paris et Sartre, son milieu autrement plus conforme à sa vie et sa pensée. Mais Algren demeure un écrivain de grand talent. Et Gallimard dans sa collection « L’imaginaire » nous ressort La rue chaude datant de 1956 qui, à travers les yeux d’un jeune homme, Dove, nous fait voir ce qu’était la Nouvelle-Orléans dans les années trente, avec une situation sociale miséreuse et des gens sans lendemains. A lire si vous désespérez de l’époque actuelle, vous redeviendrez optimiste.

La rue chaude. Nelson Algren. Gallimard 421p.   


 


 


Un suicide programmé et froidement

Le titre à de quoi étonner Joyeux suicide et bonne année!, de Sophie de Villenoisy. C’est une femme qui est revenue de tout, dans la mi-quarantaine, qui n’attend plus rien de ce monde ici bas. Qui a décidé de programmer son suicide pour dans deux mois. Mais on a beau dire, on a beau faire, parfois il suffit d’un événement pour modifier le cours des choses. Au final, il s’avérera qu’elle ne mettra pas son plan à exécution et vous verrez pourquoi. Loin d’être un livre noir, ce titre regorge de fraîcheur et même d’espoir.

Joyeux suicide et bonne année! Sophie de Villenoisy. Denoël 170p.   www.denoel.fr


 


 


Radiographie implacable de la vie conjugale

Quand on feuillette Scènes de Pierre Glendinning qui nous fait pénétrer dans le quotidien d’un couple, on a l’impression de revivre les épisodes de « Scènes de la vie conjugale » d’Ingmar Bergman. L’auteur a voulu répondre à la question à savoir qui vampirise l’un l’autre dans la vie à deux. Et dès les premières pages, la compagne accable son conjoint de ne pas avoir fait le choix d’un entrepreneur pour la maison. Nous sommes devant un couple dont le journalier est un procès perpétuel. C’est d’une lucidité à toute épreuve. Savez-vous quoi ? En arrivant à la dernière ligne on se prend à rêver que chacun des deux sexes vivent chacun chez soi. Ils peuvent être toxiques si on les rapproche d’où le pluriel du titre. Une scène conjugale, pas rien qu’une fois.

Scènes. Pierre Glendinning. P.O.L. 394p.    www.pol-editeur.com


 


 


Généalogie de l’inceste

Sophie Chauveau a cru bon de dévoiler l’inceste dont elle a été victime dans un récit poignant qui en même temps est une étude de mœurs sur ce crime qui vole l’enfance des êtres. La fabrique des pervers décortique la mécanique familiale par laquelle on se dédouane des pires déviations au nom de l’image familiale à préserver coûte que coûte. Elle décrit ce qu’elle a vécu mais rapporte que le mal est étendu non seulement chez les filles mais les garçons. On est parfois dans l’analyse clinique de la problématique, mais surtout elle fait la démonstration en quoi les séquelles sont durables. En fin de chapitre elle lègue quand même un message teinté d’espérance, en recommandant aux êtres affectés de faire leur résilience et de s’accorder de beaux jours.

La fabrique des pervers. Sophie Chauveau. Gallimard 273p.  

 


 


 


Quand on soulève les jupes de l’Histoire

Lisant Pierre Lunel on prend la mesure à quel point les secrets d’alcôves ont eu des résonnances sur la marche de l’Histoire. La petite histoire faisant la grande. C’est que nous permet de découvrir Polissonnes cette vaste galerie de femmes qui, hétaïres, cocottes, maîtresses, libertines, gourgandines, amazones, appelons-les comme on veut on mis des hommes à leur pied, et pourtant dans un contexte machiste. Comme quoi, à travers les siècles, l’homme a toujours un problème avec la bagatelle. Mais il ne s’en tient pas aux femmes qui monnayaient leurs charmes. Il s’attache aussi à des femmes de caractère qui n’avaient pas froid aux yeux quand venait le temps d’aller au lit, comme Marlène Dietrich ou Simone de Beauvoir. Bref, c’est un florilège de rebelles à découvrir, narrées par un conteur merveilleux.

Polissonnes. Pierre Lunel. Éditions du Rocher 296p.   www.editionsdurocher.fr


 


 


La Gaspésie dans tous ses états

Pour preuve que Josée Kaltenbach a bien fait son travail, on réédite Les plages et les grèves de la Gaspésie accompagné d’une nouvelle mise à jour. C’est 600 kilomètres qu’elle détaille avec toutes ces anses, ces baies, ces grèves et plages. En plus on passe en revue la faune et flore si diversifiée. La Gaspésie est comme un pays en soi avec sa rude géographie et ses plages de galets, ses promontoires escarpés. Deux photographes ont été mis à contribution pour rendre justice à ces paysages qu’on ne se lasse pas de regarder, Robert Baronet et Claude Bouchard. Des as de la lentille qui restituent la beauté dans toute sa majesté. Quand on a terminé la dernière ligne, il n’y a qu’une chose à laquelle on rêve, s’y rendre. De grâce lâchez votre fixation sur les États-Unis, et voyez les splendeurs chez nous même, en dollars canadien de surcroît.

Les plages et les grèves de la Gaspésie. Josée Kaltenbach. Photos, Robert Baronet et Claude Bouchard. Fides 290p.    www.groupefides.com


 


 


Grace Jones dit tout que ça plaise ou non

Une bibitte comme Grace Jones on en compte sur Terre à peine moins que les cinq doigts de la main. Elle a réussi à harmoniser sa vie personnelle et celle de célébrité de la jet-set sans perdre la tête comme tant d’autres dans le show-business. Qui eu crû que l’extravagance faite femme est née en Jamaïque de parents pentecôtistes et que dans sa famille extrêmement religieuse tout était matière à péché, qui se réglait à coups de fouet. On laissait aux enfants le choix de l’instrument de torture. Or cette femme réussira grâce notamment à sa mère, à s’affranchir et à s’envoler comme une grande vers le monde païen. Au passage elle a un frère homosexuel dont elle dit qu’il est sa sœur et elle comme son frère ou vice versa. Elle n’avait pas particulièrement le goût de se raconter, mais comme elle a fini par prendre l’engagement, elle a prévenu sa famille, dont ses parents toujours vivant, dont son père évêque de sa congrégation, et qu’elle allait tout déballer. Et étrangement elle a eu le feu vert. Et elle ne se prive pas tout au long de ses pages, de raconter ce qui se passe dans les coulisses du monde pailleté. Comment la drogue a fait des ravages, comment les dépisteurs des agences de mannequins se muaient en maquereaux, poussant les filles à faire des extras comme escortes. Elle nous dit sans ambages ce qu’est la célébrité, peinte comme une horreur. On admire cette femme qui a tout exploré de la nature humaine. A notre époque en quête d’authenticité, vous avez devant vous magistralement une femme qui a bâti son existence de toute pièce. Et qui exhorte ses lecteurs à vivre leur vie coûte que coûte et à faire fi du quand dira t’on. Contrairement à ce type de livre de souvenirs un peu bébête, la star se livre à une fine analyse de pleins de sujets sociaux et artistiques, sur le genre sexuel, la renommée, la religion, les cultures, le racisme, les cultures. Vous revivrez en sa compagnie son âge d’or artistique, l’ère disco, au Palace et durant les riches heures du Studio 54. Dieu que le monde a l’air ennuyant aujourd’hui quand on regarde à travers le rétroviseur de Miss Jones, une panthère qui ne se laisse pas marcher sur les pieds.

Je n’écrirai jamais mes mémoires. Grace Jones. Propos recueillis par Paul Morley. Séguier 562p.   www.editions-seguier.fr


 


 


L’Eldorado américain

Michel Verrier a une bonne feuille de route comme auteur publié chez De Borée, mais il est édité pour la première fois au Québec chez JCL. Souvent des écrivains se grattent le ciboulot pour trouver un titre accrocheur. Dans le cas de l’opus qu’il nous présente c’est tout trouvé Un rêve américain au goût de miel. L’Histoire d’un français de la Loire, Antoine, qui rêve depuis toujours de conduire de gros camions-remorques à travers les États-Unis. Il va réussir son rêve et se retrouvera sur de longs parcours. Un jour qu’il se trouve dans l’Ouest canadien, il va porter secours à une conductrice d’origine amérindienne, Winona, juriste de profession. Cupidon ne sera pas loin qui unira ces cœurs. Il arrivera que l’avocate mise en cause dans une affaire grave sera dans une situation intenable, elle qui milite pour les droits des travailleurs du pétrole. Bref, ils migreront de l’Alberta vers la France pour trouver enfin la quiétude.

Un rêve américain au goût de miel. Michel Verrier. Les éditions JCL 407p.   www.jcl.qc.ca


 


 


Le cas Eugenie Bouchard

Le journaliste sportif de La Presse, le vétéran Michel Marois a eu tôt fait de repérer le talent précoce d’Eugenie Bouchard. Née à Westmount d’un père oeuvrant dans les affaires et d’une mère comptable, la famille Bouchard vit dans la ouate dans une résidence non loin de celle de l’ancien premier ministre Brian Mulroney. Toute jeune la jolie Eugenie en pince pour le tennis et son idole sera Maria Sharapova. Ses parents consacreront des milliers de dollars à sa formation. On connaît la suite faite d’un départ fulgurant et suivie de déceptions. Mais le journaliste pour y consacrer un ouvrage Eugenie Bouchard le rêve semble nous croire qu’elle n’a pas dit son dernier mot, elle qui était toujours une première de classe. Vous avez donc le parcours de cette fille, ses forces et ses faiblesses.

Eugenie Bouchard, le rêve. Michel Marois. Les éditions La Presse 236p.   www.editionslapresse.ca


 


 


Un sublime tribut à Anne Hébert

Si elle vivait encore, Anne Hébert aurait exactement 100 ans en cette année 2016. Pour commémorer le centenaire de sa naissance, les éditions Fides ont eu l’heureuse initiative de lui consacrer un album photographique puisé à travers divers fonds d’archives qui se trouvent consignés à l’Université de Sherbrooke. Les photos sont présentées dans un ordre chronologique retraçant en survol les grands faits de la vie et de l’œuvre de l’auteure du Torrent et de Kamouraska. Disons le sans ambages, la romancière si discrète sur sa vie privée était d’une beauté saisissante. Il y a une photo entre autres où elle a un petit air d’Audrey Hepburn. Des textes viennent appuyés les illustrations, souvent des extraits de correspondances privées, notamment avec son frère Pierre. La maison d’édition a trouvé ce beau moyen de perpétuer le souvenir de cette écrivaine si douce en extérieur, mais paradoxalement violente dans ses écrits. La démarche issue de Bernard Chassé et Nathalie Watteyne fait penser à Gallimard, qui dans son illustrissime collection de la Pléiade, consacre des albums photos semblables aux auteurs qui ont l’honneur de figurer à ce Panthéon de la littérature. Et on apprend pleins de choses, comme le fait que le grand-père maternel d’Anne Hébert, Eugène Taché, est l’architecte du Parlement de Québec et instigateur de notre devise « Je me souviens ».

Album Anne Hébert. Bernard Chassé et Nathalie Watteyne. Fides 146p.   www.groupefides.com


 


 


Une collection majeure de masques africains réunie dans un album

C’est le Musée des Beaux-arts de Montréal qui est dépositaire des 500 pièces d’art primitif, d’Afrique et d’Océanie collectionnées durant trente ans de 1945 à 1975 par le Jésuite Ernest Gagnon. Jeune, de par sa formation en art visuel, il s’intéressera à l’art contemporain et curieux comme tout s’orientera vers les arts primitifs. Le mot primitif lui faisait un peu horreur car il y voyait une connotation péjorative d’infériorité alors qu’il tenait cet art comme un art premier, de haute volée. Il s’éteindra en 1975 après une longue carrière dans l’enseignement. Pierre Pagé et Renée Legris qui ont collaboré avec le pédagogue et érudit collectionneur, nous offre Masques africains et culture québécoise. Vous avez dans les pages du début, un rappel de la carrière de ce religieux qui a apporté une contribution significative à la connaissance de cet art d’une simplicité apparente, mais chargé d’innombrables significations. Et dire qu’il rappelait en riant que les premières pièces acquises, on les lui donnait car on les trouvait tellement laides. Aujourd’hui elles n’ont plus de prix. Ce bouquin nous permet d’apprécier ces œuvres anonymes et marquantes.

Masques africains et culture québécoise. La collection Ernest Gagnon 1945-1975. Par Pierre Pagé et Renée Legris. Fides 301p.    www.groupefides.com

 


 




 


Le coin santé physique et psychique

S’il faut en croire le Dr. Daniel Minier se laisser aller vers le vieillissement sans penser à le retarder est odieux. Que si nous en avons le ferme propos, il est possible de présenter une belle image de soi tout en prenant de l’âge avec des techniques préventives comme la glycation et l’autophagie.Vous en entendez parler pour la première fois ? C’est qu’il est possible comme dans cette dernière, de nettoyer ses cellules, notamment par de petits jeûnes. Vous en saurez davantage en parcourant Vieillir est inutile et dangereux chez Carte blanche.

Deux titres maintenant aux éditions Accarias. Le premier La conscience et le monde porte la signature de Jean Kleiu. En fait c’est une réédition, car l’auteur qui était médecin et musicologue, né en 1912 est mort en 1998. Dans ce bouquin, il rappelle que nous ne nous connaissons souvent qu’en relation à quelque chose ou à quelqu’un. Mais qu’en est-il de notre « moi » intérieur qui se dissimule sous des tas de conventions ? Dans son parcours, il a été amené à vivre de grandes rencontres spirituelles en Inde, et toute sa vie, cherchera à transmettre divers enseignements. Et il y a un chapitre signifiant où il explique en quoi ça peut être important d’avoir un gourou.

Dans une même optique de recherche du soi, c’est autour d’Antoine Marcel de coucher ses réflexions dans La liberté spirituelle. Qui sont des sentences du sens profond. Et il a le ton tranchant pour balayer les balivernes qui entourent la philosophie zen. Au cours des chapitres qui sont formés de courtes pensées, il va à l’essentiel de ce qu’est le bouddhisme. Les lecteurs qu’il vise sont ceux qui cherchent un sens à leur vie tout en voulant demeurer libres.

On l’a dit et redit, toute notre vie nous portons notre enfance en nous. D’où l’importance de ce qui va se passer durant la grossesse et les premiers mois, premières années du développement de l’individu. Mia Kalef le sait bien, car cette chiropraticienne qui vit à Vancouver, a fondé un Institut de recherche sur la période primale (allant de la conception jusqu’à l’âge d’un an). Elle partage avec nous ses observations dans La vie secrète des bébés chez Sully. Tout est décortiqué sur ces moments précieux qui lient la génitrice au petit être. C’est clinique oui, mais à travers ce protocole de la naissance il y a aussi l’affect, l’impalpable qui fera la différence entre l’être timoré ou celui rempli de confiance en lui.


 


 


A quel point Balzac doit aux femmes

Emmanuelle de Boysson a derrière elle une remarquable contribution écrite du rôle des femmes au plan des lettres et de l’Histoire. Elle poursuit sur sa lancée en nous présentant cette fois son Balzac Amoureux. En rappelant au premier chef à quelle enseigne l’écrivain doit beaucoup à la gent féminine, soit dans le rôle de mécène, collaboratrice et tutti quanti. Dans ce petit opuscule elle passe en revue une remarquable galerie de femmes qui vont tour à tour jouer un rôle significatif auprès de l’homme de lettres. Et ce dernier avait besoin de cet aréopage féminin du fait qu’il avait été privé de la douceur d’une maman. Il cherchait d’instinct des femmes sécurisantes, couveuses, enveloppantes. Un cocon bienfaisant lui permettant de produire. Et l’auteure de souligner que le tiers de l’œuvre balzacienne est consacré aux dames. Ce qui frappe c’est que la majorité de ces femmes influentes du temps sont passé hélas aux oubliettes. Ce travail de Madame de Boysson est un remarquable devoir de réhabilitation.

Balzac amoureux. Emmanuelle de Boysson. Éditions Rabelais 130p.   


 


 


20 ans déjà pour l’État du Québec

C’est hallucinant comme le temps passe vite. On souffle déjà les vingt ans de L’état du Québec publié chez Del Busso, sorte d’almanach de tout ce qui est intéressant sur les dernières données touchant à la Belle Province et qui demeure depuis toujours une référence pour les chercheurs, journalistes, bref tous ceux qui ont besoin de trouver certains sources d’information très rapidement. Tout ceci pour vous dire que l’édition 2016 est maintenant en librairie. Sous la direction de la journaliste indépendante Annick Poitras et de Michel Venne directeur général de l’Institut du Nouveau Monde, une pléiade de collaborateurs, viennent établir la radiographie actuelle du Québec. Mais comme c’est une édition anniversaire, on s’est demandé ce qui s’est passé dans toutes les sphères socio-économiques chez nous depuis vingt ans, progrès ou régression ? C’est passionnant de voir où nous en sommes. Il y en a pour tous, les optimistes comme les négatifs.

L’état du Québec 2016. Édition du 20ème anniversaire. Collectif. Del Busso éditeur 291p.      www.delbussoediteur.ca


 


 


Le charme incomparable dans la société édouardienne

Vous aimez les gros romans qui occupent les deux mains et surtout faire valser l’imaginaire romanesque ? C’est tout trouvé avec Helen Simonson qui bien qu’elle vive maintenant dans la Grosse Pomme, a passé une bonne partie de son enfance dans le Sussex. Dans un petit bled, comme celui de Rye où elle campe son histoire et en 1914 au moment du déclenchement de la Première guerre mondiale. Débarque une prude orpheline, Beatrice Nash, qui est la nouvelle institutrice de latin. Elle est toute imprégnée de la morale post-victorienne et s’est faite le vœu de demeurer célibataire. Mais la nature est forte. Et lorsqu’elle verra le beau Hugh, elle éprouvera un petit vertige. Qui prendra encore plus d’ampleur quand ce dernier partira sur le front. Nous sommes devant une entreprise romantique menée tambour battant. Et la romancière a saupoudré le tout de tout ce qu’il faut de passion en pareil cas. En même temps, elle portraiture très bien le climat trouble qui agitait la Grande-Bretagne en cette période agitée de l’Histoire du monde.

L’été avant la guerre. Helen Simonson. Nil 639p.    www.laffont.ca


 


 


Didier Drogba se raconte

Avouons-le tout de go, avant que Didier Drogba ne débarque à Montréal pour joindre le club de soccer de l’Impact, peu de gens ici, hormis ceux qui suivent ce sport, ne savait qui il était. Puis il fut précédé d’un énorme battage médiatique, le présentant comme un héros. Puis dans la mouvance du journalisme poubelle on a essayé d’assombrir son image en laissant entendre de possibles malversations au sujet de sa fondation. Il alla ensuite au front très rapidement pour défendre vivement son intégrité. Mais au final qui est-il vraiment ? D’où tient-il sa réputation de vedette du terrain ? Mieux vaut le laisser parler de lui-même comme il le fait dans son autobiographie. On lira comment cet ivoirien a quitté le foyer familial pour aller vivre en France chez un oncle et comment il se hissera au sommet de son sport et champion aussi dans la vie caritative, au point que le Time l’a classé parmi les 100 personnes les plus influentes de l’action humanitaire dans le monde.

Autobiographie d’un joueur engagé. Didier Drogba. Marabout 328p. 
www.marabout.com


 


 


Tout savoir sur la plus noble conquête de l’homme

Le cheval à n’en point douter, est un animal fabuleux dont on ne se lasse pas d’admirer la carrure et la robustesse. Et c’est aussi un mammifère doté d’une intelligence bien à lui. Philippe Gérard connaît bien la bête pour lui consacrer un guide Éthologie équine. Car la question qu’on se pose en grimpant, nous néophytes, sur une selle, c’est comment traduire nos commandements ? Ça « marche » comment un cheval ? Voici donc le mode d’emploi en 90 leçons. Ce sont les mœurs de l’animal qui sont décortiquées, pour que l’on comprenne mieux comment il va réagir à tel ou tel geste. Exemple, comment fait-on reculer le cheval ?  Et l’éditeur a apporté un beau soin à la présentation graphique, avec de merveilleuses photos.

Éthologie équine. Philippe Gérard. Vigot 175p.      www.vigot.fr


 


 


Le coin Miam miam

C’est dans la collection « Les irrésistibles » et ça porte bien son nom, nous avons nommé les 40 recettes d’Apéros Tour du monde de Juliette Labaltry. Certains des délices proposés peuvent servir de collation ou en plat plus substantiel, c’est selon. Mais ici ils sont présentés dans leur vocation d’apéros. Comme le titre l’indique, les influences dans ces pages, viennent des quatre coins du monde, des rouleaux de printemps, au panna cotta italien, le foie gras à son meilleur etc. Pour chaque suggestion, le plan de réalisation. Si on suit bien les instructions toutes en facilité, difficile alors de rater son coup. Le coefficient de difficulté est à son minimum. C’est aux éditons marie claire. Dans la même collection et du même éditeur c’est cette fois Audrey Doret qui nous présente Gâteaux sains & gourmands. Là également ce sont 40 recettes diversifiées qui plairont à ceux qui ont la dent sucrée. Que ce soit des petits roulés à la cacahuète, des cakes aux amandes ou bien le classique petit pain d’épice, il y a de quoi satisfaire pas mal de monde. Cet ouvrage complète bien le premier.


 


 


Pour styliste de mode en herbe

L’album plait au coup d’œil avec sa reliure spirale, sa couverture en carton renforcé, et surtout la jolie silhouette qui se profile sous la forme d’un dessin. Voici Carnet de style de Marie Haumont et Nadine Ziadé Postel qui est dans le jargon de la mode un « mood boards sur lequel on fixe ses propres dessins préliminaires ou comme su scrapbook, on colle des pièces de tissus inspirantes. En début de cahier on décrit la vie en atelier avec qui sont les premiers intervenants, à commencer par le designer, le créateur en somme, puis la première d’atelier qui donne vie avec son équipe à l’imaginaire. Destinés aux novices de la mode, cet album consignera vos premières inspirations.

Carnet de style. Marie Haumont et Nadine Ziadé Postel. Fleurus 111p.   www.fleuruseditions.com


 


 


Tendres historiettes

Ce qu’ils sont gâtés les touts petits avec ces deux historiettes animalières publiés aux 400 coups et coréalisées par Anne-Sophie Tilly et Julien Chung. L’édition est robuste avec ces pages cartonnées et un petit crescendo dans le récit de ce qui arrive à nos charmants protagonistes. Ludique et avec mission d’intéresser les jeunes têtes au monde du livre. Mission on ne peut plus louable.


 


 


Au temps des premiers congés payés

2016 rappelle un événement qui bouleversera de façon durable le monde du travail, à savoir l’avènement en France en 1936 des congés payés sous le gouvernement socialiste de Léon Blum. Il aura fallu des grèves impliquant deux millions de travailleurs dans l’Hexagone pour arriver à l’instauration des congés de vacances payés par le patronat. A l’origine ce furent deux semaines garanties. En même temps, ce fut l’éclosion automatique du tourisme de masse intérieur. Les prolos pouvaient enfin s’offrir un « luxe » jusqu’ici réservé aux classes possédantes. Ce fut la ruée vers les stations balnéaires. C’est justement ce climat que restitue avec habileté Nicolas Rey homme également de l’audiovisuel dans Les délices de 36. En même temps que l’on voit ses protagonistes bénéficier de cette nouvelle ère, on rappellera du coup que ce ne fut pas l’abolition des classes sociales pour autant. Un petit livre charmant comme tout.

Les délices de 36. Nicolas Rey. Incipit 117p.  


 


 


Un rien qui bouleverse

Le titre est assez déroutant et ne reflète pas exactement le contenu de ce recueil de nouvelles Aura-t-on assez de temps au paradis pour voir Sinatra ? B.J. Novak son auteur, est associé à une série télévisée américaine à grand succès « The Office ». Tout comme les personnages du petit écran sont mis en scène, dans les nouvelles très courtes qui composent son ouvrage, il tente de démontrer qu’il est injuste et prématuré de parler de nos vies ordinaires, quand un rien peut les bouleverser, comme ce petit bonhomme qui découvre un billet gagnant d’une somme appréciable dans une boîte de céréales, et comment ce fait anecdotique va engager de nouveaux rapports avec l’entourage. L’écrivain au fond est atteint de lucidité chronique et connaît bien les mœurs de l’homo sapiens. Certaines de ces nouvelles sont le véritable miroir de ce qu’est notre fonds de commerce, pour le meilleur et le pire aussi.

Aura-t-on assez de temps au paradis pour voir Sinatra ? B.J. Novak. Équateurs 185p.         www.editionsequateurs.fr


 


 


Une pièce de théâtre chargée de déballages intimes

L’être humain vit dans le mensonge et c’est même le ciment social qui permet de vivre les uns avec les autres, car toute vérité n’est jamais bonne à dire. Mais vient des moments où le refoulement ne se peut plus, et c’est l’occasion de déballages où on « découvre » vraiment qui nous sommes. C’est la toile de fond de la pièce de théâtre American Dream.ca de Claude Guilmain cofondateur du Théâtre Tangente à Toronto. Il prend prétexte de l’anniversaire d’un personnage, quinquagénaire, qui réunit autour de lui la famille Cardinal. Sur fond de réalités historiques, on voit que le rêve américain s’effondre, qu’on se la joue constamment. Et que les désillusions sont plus présentes que le bonheur. Une pièce tout, sauf rose. Mais qui démonte très bien les mécanismes de l’hypocrisie et des conventions, c’est-à-dire la même chose. Il y a là dedans une tonalité qui rappelle « Mort d’un commis voyageur » d’Arthur Miller.

American Dream.ca. Claude Guilmain. L’Interligne 269p.    www.interligne.ca


 


 


Une psychothérapeute dans la mouise

Nous arrive un thriller qu’il faut inscrire au sommet de vos priorités de lecture, si vous aimez les intrigues criminelles bien ficelées. La fin approche est bien dans la veine du tandem formé par Nicci Gerrard et Sean French qui signent sous le pseudo de Nicci French. D’entrée de jeu on retire des eaux de la Tamise le corps d’un homme qui porte à son poignet sur lequel on peut lire l’inscription du nom Dr. Frieda Klein. Elle est psychothérapeute. Les policiers la rencontreront. Effectivement le macchabée fut un ancien ami de cœur. L’enquête révèlera que tout n’était pas au beau fixe dans cette relation, assombrie par des orages, dont une altercation mémorable. Ce qui a pour malheur de faire de cette soignante des âmes,  le suspect numéro un. En désarroi elle va prendre la poudre d’escampette avec le ferme désir d’élucider ce crime, car elle est innocente et entend bien le prouver. On verra l’acharnement qu’elle mettra à en découdre afin que la justice reprenne ses droits. Les auteurs tutoient l’excellence.

La fin approche. Nicci French. Fleuve noir 413p.    www.fleuve-editions.fr


 


 


Secrets napolitain sur fond de kidnapping

Maurizio de Giovanni est si fier d’être napolitain qu’il a fait de sa ville, le théâtre de tous ses romans. Et l’obscurité fuit ne fait pas exception à la règle. Le petit-fils d’un prospère entrepreneur napolitain est enlevé. Ce qu’on redoute se confirme, un kidnapping avec rançon à la clé. Et là les soupçons se portent sur bien des gens qui auraient des motifs inavouables de commettre pareil forfait. Les enquêteurs du commissariat de Pizzofalcone ont du pain sur la planche, bossant sur deux affaires en même temps, dont un vol dont on n’imagine pas qu’il a un rapport avec le rapt. Sous des dehors d’une affaire criminelle, c’est tout un panorama psychologique qui défile sous nos yeux. On ne vous dira pas comment se solde le kidnapping pour ne pas brûler le punch, mais bien que ce soit une variation sur un crime classique, ce sont les êtres qui sont décrits avec maestria.

Et l’obscurité fut. Maurizio de Giovanni. Fleuve noir 343p.   
www.fleuve-editions.fr


 


 


Les régions de France pour les nuls

La réputée collection « Pour les nuls » chez First voit son catalogue se bonifier avec une série consacrée aux régions de France. Nous avons reçu un des tomes, L’Alsace pour les nuls de Pierre Kretz et Astrid Ruff. Cette Alsace avec ces différents patois alémaniques, passé tantôt à l’Allemagne et restitué à la France. Comment les envahisseurs Prussiens en 1870 et en nazis en 1940 ont voulu éradiquer toute présence de la langue française, Hitler ordonnant même de faire un autodafé de tous les ouvrages en langue française se trouvant dans les bibliothèques et librairies alsaciennes. En même temps, ce merveilleux guide nous entretient de l’histoire, des caractéristiques socio-économiques, du patrimoine si singulier, du caractère bien trempé de ses habitants. Une mine de renseignements à connaître avant d’y effectuer un périple. C’est ce qui s’est fait de mieux dans le domaine pour saisir l’âme de ce coin de France qui a tenu bon à l’envahisseur teuton et qui a adhéré aux visions françaises de De Gaulle.

L’Alsace pour les nuls. Pierre Kretz et Astrid Ruff. First 400p.   www.pourlesnuls.fr


 


 


Un roman d’il y a soixante ans, de Nelson Algren

Si le nom de Nelson Algren vous dit quelque chose, c’est qu’il a été entre autres celui qui bouleversa Simone de Beauvoir au point que celle-ci envisageant par passion pour lui, de vivre aux États-Unis, de mettre de côté ses revendications féministes, au point de prendre plaisir à laver ses bobettes. Cet assujettissement au mâle qu’il incarnait fut heureusement une passade et elle retrouva vite Paris et Sartre, son milieu autrement plus conforme à sa vie et sa pensée. Mais Algren demeure un écrivain de grand talent. Et Gallimard dans sa collection « L’imaginaire » nous ressort La rue chaude datant de 1956 qui, à travers les yeux d’un jeune homme, Dove, nous fait voir ce qu’était la Nouvelle-Orléans dans les années trente, avec une situation sociale miséreuse et des gens sans lendemains. A lire si vous désespérez de l’époque actuelle, vous redeviendrez optimiste.

La rue chaude. Nelson Algren. Gallimard 421p.   


 


 


Un suicide programmé et froidement

Le titre à de quoi étonner Joyeux suicide et bonne année!, de Sophie de Villenoisy. C’est une femme qui est revenue de tout, dans la mi-quarantaine, qui n’attend plus rien de ce monde ici bas. Qui a décidé de programmer son suicide pour dans deux mois. Mais on a beau dire, on a beau faire, parfois il suffit d’un événement pour modifier le cours des choses. Au final, il s’avérera qu’elle ne mettra pas son plan à exécution et vous verrez pourquoi. Loin d’être un livre noir, ce titre regorge de fraîcheur et même d’espoir.

Joyeux suicide et bonne année! Sophie de Villenoisy. Denoël 170p.   www.denoel.fr


 


 


Radiographie implacable de la vie conjugale

Quand on feuillette Scènes de Pierre Glendinning qui nous fait pénétrer dans le quotidien d’un couple, on a l’impression de revivre les épisodes de « Scènes de la vie conjugale » d’Ingmar Bergman. L’auteur a voulu répondre à la question à savoir qui vampirise l’un l’autre dans la vie à deux. Et dès les premières pages, la compagne accable son conjoint de ne pas avoir fait le choix d’un entrepreneur pour la maison. Nous sommes devant un couple dont le journalier est un procès perpétuel. C’est d’une lucidité à toute épreuve. Savez-vous quoi ? En arrivant à la dernière ligne on se prend à rêver que chacun des deux sexes vivent chacun chez soi. Ils peuvent être toxiques si on les rapproche d’où le pluriel du titre. Une scène conjugale, pas rien qu’une fois.

Scènes. Pierre Glendinning. P.O.L. 394p.    www.pol-editeur.com


 


 


Généalogie de l’inceste

Sophie Chauveau a cru bon de dévoiler l’inceste dont elle a été victime dans un récit poignant qui en même temps est une étude de mœurs sur ce crime qui vole l’enfance des êtres. La fabrique des pervers décortique la mécanique familiale par laquelle on se dédouane des pires déviations au nom de l’image familiale à préserver coûte que coûte. Elle décrit ce qu’elle a vécu mais rapporte que le mal est étendu non seulement chez les filles mais les garçons. On est parfois dans l’analyse clinique de la problématique, mais surtout elle fait la démonstration en quoi les séquelles sont durables. En fin de chapitre elle lègue quand même un message teinté d’espérance, en recommandant aux êtres affectés de faire leur résilience et de s’accorder de beaux jours.

La fabrique des pervers. Sophie Chauveau. Gallimard 273p.  

 


 


 


Quand on soulève les jupes de l’Histoire

Lisant Pierre Lunel on prend la mesure à quel point les secrets d’alcôves ont eu des résonnances sur la marche de l’Histoire. La petite histoire faisant la grande. C’est que nous permet de découvrir Polissonnes cette vaste galerie de femmes qui, hétaïres, cocottes, maîtresses, libertines, gourgandines, amazones, appelons-les comme on veut on mis des hommes à leur pied, et pourtant dans un contexte machiste. Comme quoi, à travers les siècles, l’homme a toujours un problème avec la bagatelle. Mais il ne s’en tient pas aux femmes qui monnayaient leurs charmes. Il s’attache aussi à des femmes de caractère qui n’avaient pas froid aux yeux quand venait le temps d’aller au lit, comme Marlène Dietrich ou Simone de Beauvoir. Bref, c’est un florilège de rebelles à découvrir, narrées par un conteur merveilleux.

Polissonnes. Pierre Lunel. Éditions du Rocher 296p.   www.editionsdurocher.fr


 


 


La Gaspésie dans tous ses états

Pour preuve que Josée Kaltenbach a bien fait son travail, on réédite Les plages et les grèves de la Gaspésie accompagné d’une nouvelle mise à jour. C’est 600 kilomètres qu’elle détaille avec toutes ces anses, ces baies, ces grèves et plages. En plus on passe en revue la faune et flore si diversifiée. La Gaspésie est comme un pays en soi avec sa rude géographie et ses plages de galets, ses promontoires escarpés. Deux photographes ont été mis à contribution pour rendre justice à ces paysages qu’on ne se lasse pas de regarder, Robert Baronet et Claude Bouchard. Des as de la lentille qui restituent la beauté dans toute sa majesté. Quand on a terminé la dernière ligne, il n’y a qu’une chose à laquelle on rêve, s’y rendre. De grâce lâchez votre fixation sur les États-Unis, et voyez les splendeurs chez nous même, en dollars canadien de surcroît.

Les plages et les grèves de la Gaspésie. Josée Kaltenbach. Photos, Robert Baronet et Claude Bouchard. Fides 290p.    www.groupefides.com


 


 


Grace Jones dit tout que ça plaise ou non

Une bibitte comme Grace Jones on en compte sur Terre à peine moins que les cinq doigts de la main. Elle a réussi à harmoniser sa vie personnelle et celle de célébrité de la jet-set sans perdre la tête comme tant d’autres dans le show-business. Qui eu crû que l’extravagance faite femme est née en Jamaïque de parents pentecôtistes et que dans sa famille extrêmement religieuse tout était matière à péché, qui se réglait à coups de fouet. On laissait aux enfants le choix de l’instrument de torture. Or cette femme réussira grâce notamment à sa mère, à s’affranchir et à s’envoler comme une grande vers le monde païen. Au passage elle a un frère homosexuel dont elle dit qu’il est sa sœur et elle comme son frère ou vice versa. Elle n’avait pas particulièrement le goût de se raconter, mais comme elle a fini par prendre l’engagement, elle a prévenu sa famille, dont ses parents toujours vivant, dont son père évêque de sa congrégation, et qu’elle allait tout déballer. Et étrangement elle a eu le feu vert. Et elle ne se prive pas tout au long de ses pages, de raconter ce qui se passe dans les coulisses du monde pailleté. Comment la drogue a fait des ravages, comment les dépisteurs des agences de mannequins se muaient en maquereaux, poussant les filles à faire des extras comme escortes. Elle nous dit sans ambages ce qu’est la célébrité, peinte comme une horreur. On admire cette femme qui a tout exploré de la nature humaine. A notre époque en quête d’authenticité, vous avez devant vous magistralement une femme qui a bâti son existence de toute pièce. Et qui exhorte ses lecteurs à vivre leur vie coûte que coûte et à faire fi du quand dira t’on. Contrairement à ce type de livre de souvenirs un peu bébête, la star se livre à une fine analyse de pleins de sujets sociaux et artistiques, sur le genre sexuel, la renommée, la religion, les cultures, le racisme, les cultures. Vous revivrez en sa compagnie son âge d’or artistique, l’ère disco, au Palace et durant les riches heures du Studio 54. Dieu que le monde a l’air ennuyant aujourd’hui quand on regarde à travers le rétroviseur de Miss Jones, une panthère qui ne se laisse pas marcher sur les pieds.

Je n’écrirai jamais mes mémoires. Grace Jones. Propos recueillis par Paul Morley. Séguier 562p.   www.editions-seguier.fr


 


 


L’Eldorado américain

Michel Verrier a une bonne feuille de route comme auteur publié chez De Borée, mais il est édité pour la première fois au Québec chez JCL. Souvent des écrivains se grattent le ciboulot pour trouver un titre accrocheur. Dans le cas de l’opus qu’il nous présente c’est tout trouvé Un rêve américain au goût de miel. L’Histoire d’un français de la Loire, Antoine, qui rêve depuis toujours de conduire de gros camions-remorques à travers les États-Unis. Il va réussir son rêve et se retrouvera sur de longs parcours. Un jour qu’il se trouve dans l’Ouest canadien, il va porter secours à une conductrice d’origine amérindienne, Winona, juriste de profession. Cupidon ne sera pas loin qui unira ces cœurs. Il arrivera que l’avocate mise en cause dans une affaire grave sera dans une situation intenable, elle qui milite pour les droits des travailleurs du pétrole. Bref, ils migreront de l’Alberta vers la France pour trouver enfin la quiétude.

Un rêve américain au goût de miel. Michel Verrier. Les éditions JCL 407p.   www.jcl.qc.ca


 


 


Le cas Eugenie Bouchard

Le journaliste sportif de La Presse, le vétéran Michel Marois a eu tôt fait de repérer le talent précoce d’Eugenie Bouchard. Née à Westmount d’un père oeuvrant dans les affaires et d’une mère comptable, la famille Bouchard vit dans la ouate dans une résidence non loin de celle de l’ancien premier ministre Brian Mulroney. Toute jeune la jolie Eugenie en pince pour le tennis et son idole sera Maria Sharapova. Ses parents consacreront des milliers de dollars à sa formation. On connaît la suite faite d’un départ fulgurant et suivie de déceptions. Mais le journaliste pour y consacrer un ouvrage Eugenie Bouchard le rêve semble nous croire qu’elle n’a pas dit son dernier mot, elle qui était toujours une première de classe. Vous avez donc le parcours de cette fille, ses forces et ses faiblesses.

Eugenie Bouchard, le rêve. Michel Marois. Les éditions La Presse 236p.   www.editionslapresse.ca


 


 


Un sublime tribut à Anne Hébert

Si elle vivait encore, Anne Hébert aurait exactement 100 ans en cette année 2016. Pour commémorer le centenaire de sa naissance, les éditions Fides ont eu l’heureuse initiative de lui consacrer un album photographique puisé à travers divers fonds d’archives qui se trouvent consignés à l’Université de Sherbrooke. Les photos sont présentées dans un ordre chronologique retraçant en survol les grands faits de la vie et de l’œuvre de l’auteure du Torrent et de Kamouraska. Disons le sans ambages, la romancière si discrète sur sa vie privée était d’une beauté saisissante. Il y a une photo entre autres où elle a un petit air d’Audrey Hepburn. Des textes viennent appuyés les illustrations, souvent des extraits de correspondances privées, notamment avec son frère Pierre. La maison d’édition a trouvé ce beau moyen de perpétuer le souvenir de cette écrivaine si douce en extérieur, mais paradoxalement violente dans ses écrits. La démarche issue de Bernard Chassé et Nathalie Watteyne fait penser à Gallimard, qui dans son illustrissime collection de la Pléiade, consacre des albums photos semblables aux auteurs qui ont l’honneur de figurer à ce Panthéon de la littérature. Et on apprend pleins de choses, comme le fait que le grand-père maternel d’Anne Hébert, Eugène Taché, est l’architecte du Parlement de Québec et instigateur de notre devise « Je me souviens ».

Album Anne Hébert. Bernard Chassé et Nathalie Watteyne. Fides 146p.   www.groupefides.com


 


 


Une collection majeure de masques africains réunie dans un album

C’est le Musée des Beaux-arts de Montréal qui est dépositaire des 500 pièces d’art primitif, d’Afrique et d’Océanie collectionnées durant trente ans de 1945 à 1975 par le Jésuite Ernest Gagnon. Jeune, de par sa formation en art visuel, il s’intéressera à l’art contemporain et curieux comme tout s’orientera vers les arts primitifs. Le mot primitif lui faisait un peu horreur car il y voyait une connotation péjorative d’infériorité alors qu’il tenait cet art comme un art premier, de haute volée. Il s’éteindra en 1975 après une longue carrière dans l’enseignement. Pierre Pagé et Renée Legris qui ont collaboré avec le pédagogue et érudit collectionneur, nous offre Masques africains et culture québécoise. Vous avez dans les pages du début, un rappel de la carrière de ce religieux qui a apporté une contribution significative à la connaissance de cet art d’une simplicité apparente, mais chargé d’innombrables significations. Et dire qu’il rappelait en riant que les premières pièces acquises, on les lui donnait car on les trouvait tellement laides. Aujourd’hui elles n’ont plus de prix. Ce bouquin nous permet d’apprécier ces œuvres anonymes et marquantes.

Masques africains et culture québécoise. La collection Ernest Gagnon 1945-1975. Par Pierre Pagé et Renée Legris. Fides 301p.    www.groupefides.com

 


 




 


Le coin santé physique et psychique

S’il faut en croire le Dr. Daniel Minier se laisser aller vers le vieillissement sans penser à le retarder est odieux. Que si nous en avons le ferme propos, il est possible de présenter une belle image de soi tout en prenant de l’âge avec des techniques préventives comme la glycation et l’autophagie.Vous en entendez parler pour la première fois ? C’est qu’il est possible comme dans cette dernière, de nettoyer ses cellules, notamment par de petits jeûnes. Vous en saurez davantage en parcourant Vieillir est inutile et dangereux chez Carte blanche.

Deux titres maintenant aux éditions Accarias. Le premier La conscience et le monde porte la signature de Jean Kleiu. En fait c’est une réédition, car l’auteur qui était médecin et musicologue, né en 1912 est mort en 1998. Dans ce bouquin, il rappelle que nous ne nous connaissons souvent qu’en relation à quelque chose ou à quelqu’un. Mais qu’en est-il de notre « moi » intérieur qui se dissimule sous des tas de conventions ? Dans son parcours, il a été amené à vivre de grandes rencontres spirituelles en Inde, et toute sa vie, cherchera à transmettre divers enseignements. Et il y a un chapitre signifiant où il explique en quoi ça peut être important d’avoir un gourou.

Dans une même optique de recherche du soi, c’est autour d’Antoine Marcel de coucher ses réflexions dans La liberté spirituelle. Qui sont des sentences du sens profond. Et il a le ton tranchant pour balayer les balivernes qui entourent la philosophie zen. Au cours des chapitres qui sont formés de courtes pensées, il va à l’essentiel de ce qu’est le bouddhisme. Les lecteurs qu’il vise sont ceux qui cherchent un sens à leur vie tout en voulant demeurer libres.

On l’a dit et redit, toute notre vie nous portons notre enfance en nous. D’où l’importance de ce qui va se passer durant la grossesse et les premiers mois, premières années du développement de l’individu. Mia Kalef le sait bien, car cette chiropraticienne qui vit à Vancouver, a fondé un Institut de recherche sur la période primale (allant de la conception jusqu’à l’âge d’un an). Elle partage avec nous ses observations dans La vie secrète des bébés chez Sully. Tout est décortiqué sur ces moments précieux qui lient la génitrice au petit être. C’est clinique oui, mais à travers ce protocole de la naissance il y a aussi l’affect, l’impalpable qui fera la différence entre l’être timoré ou celui rempli de confiance en lui.



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