- LIVRES JANVIER 2016 -
 
 


 


Elle se décide enfin à parler sur Piaf

Ginou Richer aura été avec la pianiste et compositrice Marguerite Monnot la seule véritable amie d’Édith Piaf. Depuis la mort de la Môme en 1963, elle s’était donnée pour règle de ne rien dire de ce fut leur compagnonnage qui dura 15 ans, où elle fut presque quotidiennement au chevet de l’illustrissime interprète de l’Hymne à l’amour. Elle s’est enfin décidée, car elle n’en pouvait plus de lire des âneries sur la chanteuse écrites par des pseudos intimes. Elle était à même de remettre les pendules à l’heure et ne s’en prive pas. En sa compagnie on découvre le vrai visage de la Piaf, joueuse de tours pendables comme pas une. Sa Ginou reconnaît qu’elle a dû s’éloigner d’elle les trois dernières années de la vie de l’artiste, car c’était une descente aux enfers qu’elle était incapable de la supporter. C’est en rencontrant et sortant avec un des Compagnons de la chanson que l’auteure fera partie du premier cercle d’Édith. Des anecdotes il y en a à la pelle. Rappelons que si elle vivrait encore de nos jours, elle aurait 100 ans.

Piaf mon amie. Ginou Richer. Denoël  238p. 


 


 


Le plus dandy des écrivains nonagénaires

Jean D’Ormesson est à proprement parler un phénomène « d’arrogance ». Il nous fait baver d’envie par l’univers dans lequel il s’est hissé, jusqu’à l’Académie française. Et pour l’avoir vu faire la promotion de son dernier ouvrage de souvenirs Je dirai malgré tout que cette vie est belle titre emprunté à Aragon, on est en droit de penser que rarement un être humain, ne connaîtra pareille destinée. C’est un tourbillon de rencontres que nous décrit par l’anecdote, celui qui a a sans doute le carnet d’adresses le plus garni de la capitale parisienne. Et il y a dans ces pages cette facilité de raconter comme quand il le fait de vive voix. Il a choisi un procédé un peu singulier, à savoir qu’il fait au auto procès de lui-même, s’administrant des jugements sévères, ne se ménageant pas. Comme toujours il tire un trait sur tout ce qui touche sa vie privée. Seule chose, lui, l’homme incarnant les institutions, se dit inconfortable avec celle du mariage, trop contraignant, ce qui ne l’empêche pas de rendre hommage aux deux femmes de sa vie, son épouse et sa fille. Cette lecture est d’une légèreté salutaire dans ce monde si lourd où la gaieté est absente.

Je dirai malgré tout que cette vie fut belle. Jean D’Ormesson 485p.  


 


 


Pour vérifier le sentimentalisme des filles de l’ère numérique

Les sociologues ont bien de la difficulté à saisir ce qui anime les jeunes de l’ère numérique. Pas besoin de chercher de midi à quatorze heures. Du moins pour jauger des sentiments qui habitent les cœurs des jeunes filles du deuxième millénaire, ils n’ont qu’à lire les derniers ouvrages de Marie Potvin aux éditions les malins. Zoélie l’allumette tome 1 Le garçon oublié et le tome 4 « sabotage 101 » de la saga Les filles modèles. Pour vérifier que le fonds de commerce des tendrons est exactement le même que celui des générations précédentes, avec une attention particulière aux garçons. Rien de nouveau sous le soleil. Les personnages de l’écrivaines ont des cœurs de porcelaine. Parenthèse, dans Zoélie vous serez frappé par l’énormité des caractères


 




 


Cinq essais aux Presses de l’Université Laval

L’humain est-il foncièrement mauvais. C’est un peu la question qui sous-tend Les causes du crime de Marc Ouimet qui est un examen des théories qui cherchent à expliquer comment on devient un délinquant. Ce gars-là est bardé de certifications dans le domaine de la criminalité. Il est professeur titulaire à l’École de criminologie de l’Université de Montréal d’une part et chercheur au Centre international de criminologie comparée. On ne compte plus les recherches qu’il a faites dans sa sphère de prédilection. Et le premier volet abordé dans cette étude est la déviance considérée comme la première approche en criminologie. Plus loin on jette un regard sur le concept d’intelligence, inhérent à qui veut porter un jugement sur les comportements en marge de ce qu’attend la société. C’est un livre de référence.

La politique de communication de Bernard Dagenais assisté de Thérèse Lafleur explore le pourquoi et le comment d’une communication au sein d’une organisation ou d’une entreprise et la façon dont on s’y prend pour l’échafauder. L’essayiste est professeur au Département d’information et de communication de l’Université Laval. Il a bénéficié auparavant d’un vaste parcours dans le monde des relations publiques. Quand on feuillette les pages, on se trouve en face d’une guide d’une grande utilité pour quiconque veut monter sa communication, tant à l’interne qu’à l’externe. Et l’auteur a eu la générosité de ne pas s’embrigader dans des concepts hermétiques, permettant à un large lectorat de puiser des conseils précieux.

A l’heure où les médias imprimés disparaissent comme peau de chagrin, il sera intéressant comme devoir de mémoire de parcourir ce titre La culture médiatique francophone en Europe et en Amérique du Nord de 1760 à la veille de la Seconde guerre mondiale de Guillaume Pinson. Dès la première ligne de la quatrième de couverture on est en mode connaissance puisque l’on apprend que le premier quotidien francophone au monde a été le Journal de Paris publié en 1777.  Et à ceux qui s’inquiètent de l’individualisme forcené de ceux qui ont le nez rivé à leur téléphone intelligent, rien de nouveau sous le soleil car en 1898, dans le journal Le Temps, Jules Claretie s’inquiétait d’une possible désocialisation dans les espaces publics car tout le monde était plongé  dans leur journal ne se souciant plus de l’autre. Pas sûr qu’avec cette anecdote on puisse dire, autre temps autres mœurs. On saluera ici ce travail de pure érudition qui nous montre les débuts d’une sorte de mondialisation de la diffusion de la nouvelle francophone.

Il fallait y penser, un essai sur le chauffage! Chapeau à Philippe Éon qui sonne l’alerte dans Réguler le chauffage, une philosophie de la précarité énergétique. C’est qu’il estime que nous vivons au-dessus de nos moyens énergétiques et qu’on ne pourra continuer de la sorte. Vivant dans une collectivité territoriale, il est chef de projet dans le domaine de la politique énergie climat. Il pose la question ? « Mais réguler le chauffage n’est-ce pas le moyen de réintroduire de la mesure dans nos vies ? Au même titre que l’argent, l’énergie permet de calculer, Home sweet home n’échappe pas  cette comptabilité. N’est-ce pas là le véritable enjeu ? »  Et à ceux qui sont des indécrottables optimistes, l’homme avisé qu’il est nous dit que l’énergie utilisée dans sa forme fossile coûtera de plus en plus cher car se faisant graduellement de plus en plus rare.

Grâce au Centre Moscou-Québec nous voici gratifié en terminant par un bel album Québec Canada Russie 100 miroirs sous la direction d’Henri Dorion divers contributeurs brossent des tableaux comparatifs entre la Russie éternelle et le Canada. Façon aussi de renforcer des liens d’amitié. Pour qui aiment établir des parallèles entre nos deux pays, là on est servi, car bourré de statistiques touchant à tous les domaines de la vie sociale et économique. Éclairant pour qui veut bien comprendre ce pays chez nous et l’inverse, car les textes sont en français et cyrillique.


 


 


Un roman gore au royaume des médias sociaux

Le cinéaste et romancier David Cronenberg n’est jamais à la traîne lorsqu’il est question de décrypter les méandres cachés de la nature humaine. Dans Consumés il s’éclate totalement avec son couple de protagonistes, tous deux photoreporters et qui sont à la traque de sujets carrément sordides. Tout ce qui est gore les excitent au maximum. Et il arrivera que nos deux amants, vont avoir  sous la main des moineaux rares, avec cannibalisme à la clé. Plus tordu que ça…Stephen King qui a lu le tout avant nous n’en revient pas. Il écrit que le roman est « sinistre et captivant ».  Il est même question d’une bactérie dévastatrice, pour laquelle on vit que l’auteur s’est bien documenté. Un peu comme à la télé on devrait prévenir que certaines scènes risquent de heurter les sensibilités des lecteurs. Et c’est justement pour ça qu’on adore ce Cronenberg pur jus.

Consumés. David Cronenberg. Gallimard 372p.  


 


 


Des trahisons qui s’unissent

Le dicton « unis dans le malheur » n’a jamais trouvé tout son sens que dans La Splendeur ans l’herbe de Patrick Lapeyre. Il était une fois un homme et une femme qui avaient en commun d’éprouver le sentiment d’avoir été trahis abondamment. Et ce thème sera récurrent dans leurs discussions ultérieures. Et à leur insu, Cupidon qui est bien malin va leur décocher une flèche. Et ils en viendront à éprouver un sentiment certes mais qui tarde toujours à se concrétiser. A croire qu’ils se sentent bien à ce seul stade de leur relation et que comme chat échaudé craint l’eau froide, ont-ils peur de se faire du mal, de se trahir l’un l’autre. Une variation éblouissante sur l’amour, rendu avec maestria.

La Splendeur dans l’herbe. Patrick Lapeyre. P.O.L. 378p.  


 


 


Un petit pavé précieux sur l’ornementation

Un autre beau fleuron s’ajoute à la collection Bibliotheca Universalis L’univers de l’ornement. En réalité c’est l’assemblage de deux livres cultes sur le domaine,  L’ornement polychrome  d’Auguste Racinet (1869-1888) et l’Ornement des tissus de Dupont-Auberville. Vous avez là, la réunion de tous les motifs possibles et imaginables s’appliquant aux textiles, vitraux, enluminure, céramique et des courants venus autant de l’Occident que de l’Orient. C’est parfois vertigineux. Quand on songe qu’autrefois les artisans brodaient toutes ces ornementations à la main. On reste pantois devant ce travail de bénédictin.

L’Univers de l’ornement. Taschen 805p.  


 


 


La Bible, le plus intense des polars

Christine Pedotti a eu une idée géniale, à savoir de transposer sous forme de roman vrai, les moments clés qui composent la Bible. On connaît tout le talent de cette femme qui a été entre autres responsable du volet religieux aux éditions Fleurus-Mame. On lui doit en 2013 son « Jésus cet homme nouveau » aux éditions X0. Toujours chez le même éditeur, elle entreprend donc de raconter l’Ancien Testament. Et de se rendre compte que selon ce que beaucoup ont dit, la Bible est sans doute la plus grande épopée recelant son lot de passions meurtrières, de vilenies, de grandes héroïcités. Difficile de faire plus exorbitant. Vous avez là une fresque grandiose du genre humain et du divin. Même les non croyants reconnaissent la valeur de l’ouvrage. On notera que la romancière catholique use d’un beau stylisme qui fait époque, avec tout ce qu’il y a de sensibilité moyen orientale.

La Bible racontée comme un roman. Christine Pedotti. X0 éditions 347p.   www.xoeditions.com


 


 


Un juif prend les habits d’un musulman, après lui le déluge

Les ailes du désespoir signé Roselyne Durand-Ruel serait la métaphore d’un plat épicé, un peu beaucoup. Voyez les ingrédients, un juif David Serfaty, homme de grande ouverture vit un bel amour avec Alia la musulmane. Il aura la douleur de perdre cette dernière victime de l’effondrement des tours du World Trade Center ce fameux 11 septembre 2001. Il apprendra que sa tendre aimée avait donnée naissance à une fillette à la suite d’un viol sordide. Et dès lors ce pacifiste va se muter en agent double, prenant les habits du musulman, se hissant dans le cercle étroit d’un imam qui n’y voit que du feu, d’autant que David a potassé son Coran sur le bout des doigts. En même temps qu’il s’est mis au service de la CIA pour infiltrer les milieux radicaux musulmans. La belle affaire. N’importe qui, pris dan un tel étau, y perdrait son souffle. Lui non, animé d’un sentiment vengeur qui l’a transformé en fauve que rien ne peut arrêter. L’écrivaine nous brosse une belle étude de psychologie sur la métamorphose d’un être aveuglé par la violence.

Les ailes du désespoir. Roselyne Durand-Ruel. Albin Michel 425p.  


 


 


Le livre le plus utile au monde

Il ne le sait peut-être pas, mais le fiscaliste André Boulais est sans doute l’auteur le plus utile au monde. Pour la raison que grâce à son guide annuel Réduisez vos impôts dont l’édition pour l’année fiscale 2015 nous parvient, no0us permet de sauver de l’argent. Évidemment que pour les vulgus pecum (petits gagnants en latin) il n’y a pas de possibilités d’évitement dans les paradis fiscaux qui font si souvent la manchette, mais il reste quelques lieux pour protéger ses avoirs de la voracité du fisc. Ensuite, son ouvrage colle à la réalité des fluctuations de ce qui est admis ou pas par les agences de revenus au pays. Et l’argent que l’on épargne ainsi sert…à acheter des livres.

Réduisez vos impôts 2015. André Boulais. Québec-Livres 458p.    www.quebec-livres.com


 


 


Un beau conte sur le thé

Il y a d’abord ce grand livre tout mince sur papier parchemin qui annonce un certain raffinement. Et c’en est, puisque Héloïse Combes sur des illustrations orientalisantes de Georges lemoine nous sollicite pour connaître La sagesse du thé. Qui met en scène un vieux sage aux yeux bridés, détenteur d’un secret lié à la préparation du thé. C’est court, beau, sublime.


 


 


Cent recettes à base de notre or jaune

En quelque part on peut qualifier notre érable, pur produit québécois, de véritable or jaune. Et ce n’est que tout récemment dans notre histoire, exportation aidant, que l’on s’est mis à raffiner l’utilisation de ce merveilleux nectar sucré autrement que par la célèbre conserve illustrant une cabane à sucre. Katie Webster consacre un album tout entier avec pas moins de 100 recettes pas juste sucrées que vous verrez, mêmes…salées. Avec des trouvailles comme cette salade chou frisée en poêlon avec noix de Grenoble et érable. Des préparations qui ne nécessitent pas de préparations complexes. Il n’y a pas de mal à se sucrer le bec.

Érable. Katie Webster. AdA 167p.


 


 


Fin de la trilogie sur l’Aïkido fondamental

Christian Tissier avec son 7ème dan de l’Aïkikaï émis par le centre modial de l’Aïkido de Tokyo est une pointure dans son domaine. Et on sait que la France est la dauphine des arts martiaux japonais. Il sort le troisième et dernier titre de sa trilogie sur l’Aïkido fondamental. Ce tome aborde des techniques avancées qui permettent même à celui qui en possède tous les rudiments, de faire front à mains nues contre un adversaire muni d’un sabre. Nous atteignons là à des sommets de virtuosité physique. L’album comme les précédents abondent d’illustrations qui détaillent bien la gestuelle requise.

Aïkido fondamental. Tome 3 Techniques avancées. Christian Tissier. Éditions Budo 219p.    www.budo.fr


 





 


Le coin de la BD

Vous nous demandiez des nouvelles du monde de la bande dessinée, nous faisant le gentil reproche de négliger le secteur. Vous ne perdez rien pour attendre. Voici une ribambelle de titres enlevant. A commencer par Le procès Carlton du tandem François Boucq et Pascale Robert-Diard. C’est un autre épisode clé dans la saga des inconduites sexuelles de Dominique Strauss-Kahn l’ex grand patron du Fonds monétaire international. Ce procès reprend pour l’essentiel sous forme de BD, ce procès tenu à Lille, où Khan est mis au banc des accusés pour avoir payé dit-on des filles, fournies par une pointure du Milieu, Dodo la Saumure (ça ne s’invente pas) dans des parties fines à l’hôtel Carlton de cette même ville. L’inculpé fut relaxé au motif qu’il n’a jamais su que c’était des professionnelles de l’amour tarifé et que côté partouze, rien d’illégal là dedans, le mâle pouvant se multiplier à l’infini au gré de ses conquêtes. Publié aux éditions du Lombard vous aurez sous peu le deuxième tome avec la finale qui rendit sa liberté à ce compulsif un peu rude au lit avec les filles a-t-on appris au cours de ce procès qui passionna l’opinion publique en France et ailleurs.

Chez Dargaud du duo Lupano Cauuet « Les vieux fourneaux »  C’est le tome 3 intitulé « Celui qui part ». On devrait dire des deux protagonistes qu’ils sont de vieux grincheux. A les voir aller, ils s’appliquent mutuellement le « qui aime bien châtie bien ». Mais ces inséparables qui vivent dans un bled de la France profonde, alimentent bien leur vie avec le quotidien qui les entoure. Ils sont bourrus mais attendrissants.

Les quatre prochains titres sont lancés chez Dupuis. D’abord le tome 17 du Petit Spirou « Tout le monde te regarde! ». Il est bien malin notre petit héros incapable de renoncer à un tour pendable. Faut le voir faire de la psychanalyse à cinq sous avec sa maman. Impayable. C’est un petit délinquant comme on voudrait en avoir un près de soi pour lui botter le (mettre ici le mot que vous voulez). Vivement le tome 18. Et on célèbre en passant le 25ème anniversaire de ces historiettes.

D’Aymond on entre cette fois dans le grand dessin servi par de grandes aventures. Notamment avec Lady S. C’est le tome 2 que nous avons sous la main « La faille ».  La fabuleuse vedette de la série dont on se perd en conjectures quand à sa nationalité réelle et ses intentions sur sa mission, se trouve plongée dans un maelstrom de péripéties où elle est à deux doigts d’y laisser sa peau. De sombres individus on mis le grappin sur un engin destructeur soviétique remontant aux années 70 qui peut être assembler cette fois en secret et qui risque de perturber l’ordre mondial.

Avec Gaton Lagaffe vous prenez l’assurance de rire un bon coup. Dans Le contrat Lagaffe  L’homme au contrat écoute l’inénarrable Gaston lui élaborer son nouveau gadget, une réplique d’un engin spatial en miniature que l’on peut faire voler. Un autre projet abracadabrant qui leur explosera en pleine figure. Ce dernier mérite bien son patronyme.

Dernier opus du milliardaire et aventurier Largo Winch « 20 secondes » tombe à point nommé car la trame se déroule sur fond d’imams et de terrorisme. Nous sommes vraiment dans la couleur locale. Et comme dans les bons thrillers dignes de ce nom, les personnages centraux composent avec le temps qui file à trop vive allure. Saluons ici la qualité du dessin et surtout la scénarisation qui mène le bal à un train d’enfer.

Et un beau feu d’artifice du trio Serge Scotto, Éric Stoffel et Morgann Tanco le fameux chef-d’œuvre de Marcel Pagnol « La gloire de mon père » aux éditions du Grand angle. Récemment sur le plateau d’On n’est pas couché animé par Laurent Ruquier, se trouvait Daniel Auteuil qui a revu à sa façon les classiques du maître provençal. Et à la question pourquoi retoucher ces classiques ? Et lui de répondre que c’était la liberté du créateur. En tout cas nos bédéistes ont semblé prendre beaucoup de plaisir à nous présenter la narration de ce fils qui évoque son père avec une tendresse infinie. La seule chose que les bulles ne peuvent pas restituer, c’est l’accent si chantant.


 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

Pour ceux qui sont habitués de l’émission Second Regard à l’antenne télé de Radio-Canada, Frédéric Lenoir est une figure familière. On invite assez souvent ce philosophe et sociologue pour commenter des valeurs spirituelles. Il publie chez Fayard, La puissance de la joie qu’il oppose au bonheur si chèrement claironné par les publicitaires. Il y a une phrase d’ailleurs qui résume bien les malheurs de l’homo sapiens « La servitude de l’homme réside dans une mauvaise orientation de ses désirs ». Pour soutenir sa thèse, il puiser des appuis chez de grands sages, autant d’Orient que d’Occident. En somme, il répète à l’infini que la joie se trouve dans de petites choses et surtout pas dans la possession des biens de ce monde. Une lapalissade direz-vous, mais tellement pas ancrée dans les mémoires.

Les cinq prochains titres sont aux éditions de Mortagne. Mais d’abord trois petits formats dont le premier, Un secret à partager de Daniel Sévigny qui est un condensé de son best-seller « Les clés du Secret » qui S’est écoulé à plus de cent mille copies. Son credo est qu’il faire la gestion de nos pensées pour un plus grand pouvoir énergétique. Derrière ce credo il y a bien sûr une technique qu’il a échafaudée et qu’il présente un peu partout en conférence. Il a la générosité de nous la présenter. Il écrit entre autres choses que nous n’avons rien à demander mais de décider. Quelle différence dans l’approche et qui présuppose une loi d’attraction. Le suisse romand Éric Seydoux pour sa part offre Le bonheur ici maintenant. Concédons lui une grande qualité, il nous dit d’emblée qu’il ne possède pas toutes les réponses, mais il a à tout le moins des certitudes. C’est fait sur le mode questions et réponses, ce qui confère une belle dynamique à la lecture.  Sarah Bouchard elle, nous vante Le pouvoir de la méditation qui manque tant dans cette vie trépidante. Elle constate que la majorité des gens ont de la difficulté à vivre le moment présent. Son livre c’est une méthode de réflexion axée sur des thèmes qu’elle propose.

Daniel Sévigny dont on vous parlait plus haut, est infatigable lorsque vient le moment de faire rayonner son enseignement. Il se fend d’un autre titre Il ne faut jamais se fâcher. Si un certain discours prône la colère comme une libération sinon c’est l’implosion et le cancer, lui tient un autre propos. Que la colère est à proscrire car entraîne dans son sillon trop d’énergies négatives et nuisibles. Tout au long de l’ouvrage il met en intertitre comme un mantra le titre de son ouvrage.

Claude-Lucie Gagnon a une jolie métaphore qu’elle puise dans la culture japonaise à savoir que la vie est comme des sentiers qui s’offrent à nous. Le quel choisir ? Il faut aller à tâtons s’il le faut. Pour nous pister, son guider Transformer sa vie un pas à la fois. Et elle crée pour ce faire, des mises en situations. Un chapitre à lire avec attention est celui qu’elle consacre au conformisme social qui fait tant de ravages.

 

France Gauthier est une abonnée du plateau de Denis Lévesque qui sollicite ses avis sur tout et sur rien. Elle a presque toujours réponse à tout. On sera curieux de ce qu’elle pense au sujet du phénomène de mort imminente, ces gens qui ont été officiellement reconnus comme décédés et qui l’instant d’après reviennent à la vie. C’est l’objet de son dernier opus aux éditions La Semaine, La vie, la mort et autres histoires d’éveil. Pour se faire une idée de ces états altérés de conscience, elle a mené des dizaines d’entrevues avec des personnes de tous les horizons dont des scientifiques. Les témoignages dans certains cas sont troublants.


 






 


Le coin santé physique et psychique (2)

Quelqu’un a déjà dit cette pensée lumineuse « Si ce que tu dis n’a pas plus  d’importance que le silence, alors tais-toi ». Thich Nhat Hanh participe de cette idée que le silence a toute son importance dans ce monde qui n’a jamais été aussi bruyant. Et comment justement parvenir à se ressourcer dans un monde assourdissant. Et le silence apprend-on sous sa plus peut être joyeux comme opprimant. Il nous en décrit les subtilités. C’est aux éditions Le jour.

Les trois prochains titres le sont aux éditions du Dauphin Blanc. Elles sont deux, la Princesse Märtha Louise de la famille royale norvégienne et Elisabetb Nording. Les deux croient fermement à la communication avec les anges. La seconde étant médium. Elles cosignent Le mot de passe spirituel ou comment apprendre à libérer son pouvoir spirituel. Qu’il faut se connecter à son cœur énergétique. Caroline Beauchamp nous amène à s’arrêter sur le chemin vers une nouvelle conscience telle qu’elle nous le soumet dans Entre Taka et moi. Cette ex avocate devenue naturopathe accompagne des gens à l’éveil. Cette thérapeute est reconnue pour être parvenue à un rare équilibre entre le mental et le cœur. L’Ho’oponopono nom si imprononçable, est la spiritualité hawaïenne. Que les occidentaux ont découvert relativement assez récemment. Mabel Katz s’exprime à son propos dans Mes réflexions sur Ho’oponopo. Cette femme jouit dans le monde d’une influence comparable à celle d’une Oprah Winfrey. Elle est de surcroît une spécialiste de ce courant spirituel. A travers la grille d’analyse de ce dernier, elle passe en revue la vision de ce que ça donne appliquée à diverses choses de l’existence ici-bas.

Aux éditions Sully Leonard Koren présente Wabi-sabi à l’usage des artistes, designers, poètes & philosophes. Architecte de formation, mais de son aveu ayant peu pratiqué, il est devenu théoricien de l’esthétique. Le Wabi-sabi dont il est question ici est un état d’âme strictement de culture nippone et qui peut être appliqué à diverses sphères d’activités qui se démarquent par leur beauté atypique. Il traduit pour nous occidentaux, ce concept qui trouve déjà sa concrétisation au Japon dans l’art floral, la calligraphie, la poterie et quoi encore. A noter que les objets qualifiés de Wabi-sabi sont indifférents au bon goût traditionnel.

Et chez l’éditeur Macro éditions Cherie Calbom avec la collaboration de John Calbom nous offrent de nouvelles pistes thérapeutiques contenues dans Jus détox jeûne. Avec pour objectif de se purifier par l’élimination des toxines. On trouve dans ces pages 70 recettes de smoothies, jus délicieux et purées de légumes. A cette différence que pour ce qui est des fruits on utilise des jus frais et non des jus de fruits. La différence étant que chez ces derniers on déplore une trop grande richesse en sucres qui gênent le métabolisme.


 


 


Un autre compatriote de St-Élie-de-Caxton

A croire que la contrée de Saint-Élie-de-Caxton dans la région de Maskinongé regorge de talents. On connaît son plus illustre ambassadeur Fred Pellerin. En voici un autre à découvrir, Baptiste Prud’homme qui est auteur-compositeur-interprète. Il nous arrive avec un livre-disque constitué de petites nouvelles de son cru qui s’inspirent de sa Mauricie. De même que pour les chansons qui sont sous cette influence, ou bien d’ailleurs comme pour Félix Leclerc. C’est un merveilleux conteur et un chanteur qui, comme il l’a dit en entrevue, cherche à faire de chaque chanson un univers bien à lui, servi par une voix de proximité, tendre, humaine. Un véritable artiste, artisan de la chanson devrait-on dire au sens le plus noble du mot.

Chansons de papier. Baptiste Prud’homme. Livre disque


 


 


Le quotidien de Kerouac

Voici un beau fleuron que publie Gallimard, à savoir les Journaux de bord de Jack Kerouac l’écrivain culte de la « beat generation ». Ces écrits vont de 1947 à 1954 dans une traduction soignée et fidèle de Pierre Guglielmo. Pour la petite histoire, il faut savoir que ces textes n’ont été portés à la connaissance du public américain seulement en…2004. Pour vous dire à quel point ils ont un petit quelque chose de sulfureux. Est-ceà dire comment on ne veut pas autre chose qu’une langue de bois. Eh bien les libres-penseurs sont servis ici sur un plateau d’argent. Il proclame de faire table rase de tout et de reconstruire par-dessus une civilisation qui n’en vaut pas la peine. Ce qu’il y a de formidable, c’est que le célébrissime signataire du parchemin « On the road » ne se prend jamais au sérieux et s’autocritique allègrement à cœur de pages, se traitant même de paresseux. Un gros pavé bourré d’humanité. On en redemande. A mettre dans toutes les mains, si ça chauffe un peu.

Journaux de bord 1947-1954. Jack Kerouac. Gallimard 572p.   


 


 


Cruciverbistes, un traité pour vous

Les mots-croisés ont des adeptes innombrables. Pour preuve, pas un quotidien qui n’ait sa section de ce type de jeu casse-tête. A ceux qui sont des fanas du genre, nous signalons ce petit opuscule, véritable traité d’érudition pour ce qui touche ce genre de grille, c’est la Théorie des mots croisés de Jacques Drillon. Tout ce qu’il faut connaître des prémisses de cet exercice de culture générale et le mystère qui s’attache aux lettres. Il a vraiment planché comme un malade pour décortiquer tout ce que signifie cet exercice de mettre les bons mots dans les bonnes cases et qui conçoit ces mots-croisés. Instructif et qui plaira même à ceux qui ne sont pas des mordus.

Théorie des mots croisés. Jacques Drillon. Gallimard 186p.  


 


 


L’univers totalement déjanté de Daniel Brouillette

Savez-vous quoi ? Il y a des adultes qui lisent secrètement tous les titres qui paraissent autour des aventures de Bine le personnage complètement maboule créé par Daniel Brouillette. En réalité, cette littérature qui vise un auditoire ado est tellement débilitante (au sens intelligent du mot) que les plus très jeunes ont envahi le secteur pour goûter cet humour corrosif. Car Dans le tome 6 que nous avons tout juste entre les mains « Le bon, la brute et le puant » il arrive que le « héros » est la cible de mauvais plaisants à droite, mais côté gauche ça sent bon l’amour. La particularité de son style, c’est que Brouillette fait pleins d’apartés qui vont de la vitesse des aiguilles d’une horloge, particulièrement la nuit à des expressions fortement imagées comme des « crottes d’œil ». Un peu comme pour la cigarette, le danger de cette lecture s’accroît avec l’usage. Vous risquez de devenir accro. Le seul risque, mourir de rire. Il y a pire.

Bine. Tome 6, le bon, la brute et le puant. Les malins 377p. 


 


 


Une nouvelle saga de Micheline Duff

Sans tapage, Micheline Duff occupe une place importante dans le paysage de la littérature québécoise, familière des best-sellers avec des sagas qui cartonnent à tout coup. Sa recette, une bonne histoire de base, solide, pimentée de passions au pluriel. Elle en est à son vingtième bouquin en carrière avec une autre épopée en deux tomes qui couvre 40 ans de la vie de son ancêtre Johann Adam Thofft médecin britannique d’origine allemande qui viendra s’installer à Québec en 1776.  Comme pour tous ses titres précédents, elle s’est beaucoup documentée, de sorte que non seulement suit-on les péripéties du personnage central, on en connaît mieux sur ce qu’était le Québec d’antan. Si elle se permet des libertés romanesques avec la réalité c’est tout son droit d’écrivaine. Nous on a beaucoup aimés. La femme de lettres tutoie l’excellence.

Le passé recomposé Tome 1. Micheline Duff. Québec Amérique 358p.   www.quebec-amerique.com


 


 

Un déboulonnage en règle de l’hiver québécois

S’il y a un livre qui bouscule toutes les idées reçues sur l’hiver au Québec c’est Maudit hiver d’Alain Dubuc. Non seulement il honnit la saison froide qui s’étire sur cinq longs mois, mais il explique en quoi l’hiver est dommageable à tout point de vue, allons des effets dévastateurs sur nos constructions, le coût du panier d’épicerie, ce qu’il en coûte en chauffage etc. Il a vraiment passé en revue les conséquences directes et indirectes de la froidure. On apprend une foule de choses à chaque page. Notamment que Montréal est la ville la plus froide du monde. Que le Québec n’est pas une contrée nordique puisqu’elle est à la hauteur de Grenoble! Ceux qui détestent l’hiver chez nous ont là tous les arguments réunis pour leur donner raison. Et saluons ce bel exercice de style. Dubuc a vraiment potassé son sujet.

Maudit hiver. Alain Dubuc. Les éditions La Presse 221p.     www.editionslapresse.ca


 


 


La revanche d’une fille

Marc Sévigny un des rares au Québec à exceller dans le genre de la fantasy dans la Belle Province, s’amène avec un nouvel épisode de sa saga La chute des mondes qui a pour titre « La revanche d’Alaïs ». Nous nous interdisons habituellement de reproduire platement la quatrième de couverture d’un ouvrage, sauf dans le cas des livres de fantasy car il y a tellement d’histoires qui s’entremêlent que vaut mieux citer ce qu’en dit l’auteur.  « Cinq ans se sont écoulés depuis la malédiction de l'ogre qui a mené à la chute de la Cité de Cornach et au décès de son président. Sa fille Alaïs revient le venger et venger sa sour jumelle morte aux mains des cruels rejetons du monstre. Tandis que le premier monde se déchire sous la pression du roi Mayor qui tente de reconstruire son royaume de Bercadie, un éclaireur retrouve enfin la trace du mage Arundel et déniche le repaire de la jumelle vengeresse qui se prépare à frapper un grand coup. Encore une fois, tout risque de basculer dans le sang et l'abomination. Les plaques tectoniques des trois mondes se défont et se refont dans une nouvelle guerre. Le retour de la paix sera-t-il un jour possible? »

Retenons que Sévigny demeure égal à lui-même en ouvrant de parenthèses qu’il sait fermer en temps opportun, donnant ainsi la chance que perdure la belle dynamique du récit. On peut dans son cas lui coller sans exagérer le titre de maître.

La chute des mondes. La revanche d’Alaïs. Recto Verso 261p.   


 


 


Réédition du Séraphin illustré

Sans doute pour bénéficier de la curiosité née autour du nouveau Séraphin à Radio-Canada incarné par Vincent Leclerc dans la série « Pays d’en Haut » écrite par Gilles Desjardins et réalisée par Sylvain Archambault, accueillie froidement, les éditions Les 400 coups rééditent l’album Séraphin illustré publié la première fois en 2010. On atteint là au plus près de la mouture originale de l’œuvre célèbre de Claude-Henri Grignon « Un homme et son péché » et sa déclinaison télévisuelle « Les Belles histoires des Pays d’en Haut. C’est que Grignon collabora avec l’illustrateur Albert Chartier, nous sommes en 1947, pour la réalisation d’une bande dessinée sur son illustre avaricieux. L’idée ne verra le jour qu’en 1951 dans le Bulletin des agriculteurs. Vous avez là des dessins savoureux qui reflètent bien avec les textes, le réel esprit du personnage central qui fait tant défaut dans la dernière adaptation télé. On se régale.

Séraphin illustré. Claude-Henri Grignon et Albert Chartier. Les 400 coups 262p.    www.editions400coups.com


 


 


Trois ouvrages sur les arts martiaux

Amateurs ou professionnels des arts martiaux seront réjouis d’apprendre la sortie de trois titres célébrant ces disciplines millénaires. Bruce Lee n’a plus besoin de présentation. Le regretté acteur de cinéma, mais aussi un maître confirmé à la ville, avait généreusement fait partager son art dans Ma méthode de combat, la self défense chez l’éditeur Budo. Sa méthode bien à lui avait un nom, le jeet kune do. C’est en résumé un amalgame de différentes techniques éprouvées. Appuyé par d’abondantes photos, il me son savoir à la portée de tous.

Si le judo est bien oriental, il a essaimé partout sur la planète, et la France n’a pas été en reste. Claude Thibault a écrit Naguère sur les tatamis. L’auteur est u8n historien du judo en France, dont on apprend que ce dernier pays est avec le Japon, l’autre patrie du judo. Et comment ce sport est immensément populaire dans l’Hexagone. Pas une commune qui n’a son dojo. Le signataire revient dans le temps pour nous montrer comment le judo a-t-il  pu si bien envahir le territoire français. Avec des anecdotes à la pelle dont ce cas, en 1954 d’un élève qui à la demande d’un professeur même pas reconnu par la Fédération française de judo, étrangla ce dernier qui ne sut même pas comment de déprendre. Il mourut devant la classe, sous les yeux ébahis des autres élèves! Chez le même éditeur Budo. Chez lequel on trouve cet autre opus, Le dernier Ninja, Fujita Saiko. C’est une biographie du grand-maître ninja soke du ninjutsu koga-ryu, dans des textes réunis, traduits et commentés par Sylvain Kuban Guintard. Tout un personnage que cet honorable monsieur Saiko qui a été à l’origine durant la Seconde guerre mondiale de l’école japonaise d’espionnage gouvernementale. Il a été pionnier de même de la première fédération japonaise karaté. On dit que c’est grâce à lui que nous sont parvenues nos connaissances sur le ninja. On sera étonné dans un de ces textes de lire qu’il a un jour tranché un bout de sa cuisse pour la bouffer…Tout un bonhomme, singulier comme tout.


 


 


Lettres à Sade et Barthes

La petite maison d’édition française Thierry Marchaise a dans son catalogue de petits trésors dont il est bon de raviver la présence. Telle ces Lettres à Sade et Lettres à Roland Barthes. Le premier ouvrage est paru en 2014 à l’occasion du bicentenaire du divin Marquis. On a eu l’originalité de demander à une cohorte de beaux esprits de notre temps de correspondre avec l’illustre pervers. Et laissez-nous vous dire que les invités à cet exercice épistolaire n’ont pas manqué de se faire plaisir, pour la récréation de notre esprit. La plupart donne des nouvelles de notre monde à leur correspondant d’outre-tombe. Ainsi Hadrien Laroche informe t’il Sade des différentes sortes de piercing au clitoris! Faut voir qu’il s’y connaît en la matière notre Hadrien. C’est jouissif!

Dans Lettre à Roland Barthes on use du même procédé, sauf qu’au lieu de faire appel à une groupe de correspondants, on en a sollicité qu’un seul, Jean-Marie Schaeffer très respectueux du disparu, éminente figure du structuralisme. D’entrée de jeu il a eu une petite réticence, vite disparue, à savoir d’écrire à un mort. Mais une fois cet obstacle franchi, il se mesure au maître, passant en revue des fragments de sa pensée et s’y confrontant, faisant intervenir des éléments de sa vie personnelle, comme cette jolie Renée qui semble l’avoir marqué profondément. Cette lecture qui colle àè son destinataire est un peu exigeante, mais ne rebutera pas celui ou celle qui aime la rhétorique complexe d’une idée exprimée.


 


 


Le Kokis nouveau

Pour les amoureux de la grande littérature, l’arrivée d’un nouvel opus de Sergio Kokis s’apparente à l’excitation qui s’empare d’un disciple de Bacchus s’apprêtant à découvrir le Bordeaux nouveau. Et là le romancier se dépasse avec une cuvée rare se comparant à du Petrus. Jugez vous-même. Il part de l’histoire vraie d’un romancier sulfureux du temps de soviets, l’écrivain russe Ievgueni Ivanovitch Zamatine. Si vous allez en France, au cimetière de Thiais vous pourrez voir la tombe de cet exilé qui fuyait la censure du régime communiste. Il a écrit entre autres « Nous autres » en 1921, publié à l’étranger en 1924. Un roman d’anticipation, où il met en scène une société dirigée par l’État Unique. L’occasion pour lui de prendre l’habit de l’hérétique et de charger à fond de train contre les dérives du fascisme. A partir de ce roman réel, Kokis bâtit le siens en nous présentant, des années plus tard, un professeur de littérature russe à Moscou à qui une de ses élèves lui fait cadeau du livre vedette de Zamiatine, qui s’avérera un cadeau encombrant. Et vous verrez au fil des pages pourquoi. Kokis est au zénith de son art d’écrire. En même temps quelle belle leçon il nous donne sur la laideur de la censure.

Un petit livre. Sergio Kokis. Lévesque éditeur 220p.    www.levesqueediteur.com


 


 


Comment la géographie influence la littérature

Élise Lepage est professeure adjointe à l’Université de Waterloo. Elle s’est faite une spécialité de l’imaginaire géographique tant dans la littérature et les arts visuels au Québec. Elle nous en fait l’éclatante démonstration de ses observations en la matière dans un essai rigoureux Géographie des confins qui étudie le rapport de l’espace à l’écriture chez Pierre Morency, Pierre Nepveu et Louis Hamelin. Trois écrivains venant d’horizons divers, Québec, Montréal et le moyen Nord. Comment chacun incorpore t’il son environnement dans ses écrits.

Géographie des confins. Élise Lepage. David 318p.     www.editionsdavid.com


 




 


L’Histoire se porte bien aux éditions GID

Un volet important et qui a fait la marque de commerce des éditions GID, c’est la valorisation de notre patrimoine historique. La rentrée hivernale est consacrée chez eux par l’arrivée de cinq titres. Michèle Gélinas ouvre le bal avec Adèle Berthelot-LaFontaine (1812-1859). Si ce nom ne vous dit rien, vous serez sur une piste en sachant qu’elle fut l’épouse d’une pointure de notre histoire, à savoir le bien nommé Louis-Hippolyte LaFontaine qu’elle prendra comme mari à peine âgée de 18 ans. L’historienne aurait pu opter pour un roman historique, mais elle s’est interdit cette démarche pour ne pas dénaturer le caractère de son personnage. On verra le peu de place accordé aux femmes, même si elle deviendra Lady puisque son illustre mari deviendra le premier canadien-français à porter le titre de Sir. Puis on verra à quel point les demandes incessantes d’argent de la famille immédiate d’Adèle obscurciront les relations avec Louis-Hippolyte.

André Pelchat est un passionné de la chose historique. Il lance Les années dangereuses, le Québec à l’âge des révolutions (1760-1805). Il s’attache à cette portion de notre histoire qui s’étend sur des décennies suivant la Conquête, une époque un peu négligé par les historiens officiels. C’est que loin de maintenir l’ordre les colonisateurs vont devoir subir nombre d’agitations sociales et une menace de révolution à leur porte. Et on assistera alors à ce que l’auteur qualifie de naissance de la pensée politique au Québec dont on en ressent les contrecoups jusqu’à nos jours. Il y a moult faits sociaux amusants qui nous rappellent notre ignorance. Il fut un temps pour faute de saisies aux douanes, on n’obtenait pas de grammaire française. Les Ursulines de Trois-Rivières par exemple, n’en possédaient qu’une copie, attachée à une table pour consultation seulement. Assimilation vous dites ?

L’an dernier, le renommé horticulteur Daniel Fortin faisait connaître le tome 1 de l’Histoire naturelle des Indes occidentales du père Louis Nicolas tout entier consacré à la botanique. Il aurait pu se contenter de ce seul tome dans sa sphère professionnelle. Mais voulant honorer le travail du religieux, il se devait de témoigner de ces recherches demeurées jusqu’ici à l’état de manuscrit. Nous sommes donc gratifier du tome 2 entièrement voué à nos mammifères. Vous croyez tout connaître de nos charmantes bestioles ? Alors veuillez nous dire à quoi ressemble le Grand polatouche. Nous sommes véritablement des nains devant la connaissance. Cette démarche nous le rappelle.

Un bel album sur la petite sœur de l’ile de Montréal, l’île Sainte-Hélène. Deux historiens, Sylvain Daignault et Paul-Yvon Charlebois se sont attachés à l’histoire la concernant jusqu’avant la saga de l’Expo 67. Une période hélas trop méconnue. L’île qui fut attachée à la seigneurie de Longueuil, propriété britannique, puis du gouvernement canadien qui la cédera ensuite à la Ville de Montréal. Ce lopin de terre de trois kilomètres de longueur et 600 mètres de largeur possède une très riche succession de faits passionnants. Sait-on que durant la Seconde guerre mondiale s’y trouvait un camp de prisonniers ? Et il est émouvant de voir illustrations et photos qui jalonnent les pages. L’île Sainte-Hélène avant l’Expo 67 est indéniablement comme on dit du bel ouvrage.

En terminant, François Hébert ouvre un chapitre intéressant de l’imprimé dans la Belle Province avec le tome 2 de sa La littérature populaire en fascicules au Québec. Des années 40 à 70, il a répertorié dans le premier tome 5,500 fascicules publiés par 65 éditeurs. C’est assez saisissant. Dans le second tome il ne s’attache qu’à ceux imprimés sous l’égide de Police Journal qui en compte un nombre équivalent pour cette seule maison d’édition populaire. Un titre va marquer les séries, l’agent IXE-13 signé du nom de Pierre Saurel véritable Simenon québécois, pseudonyme du comédien Pierre Daigneault le fameux père Ovide des Belles Histoires des Pays-d’en-Haut. C’est un album technique réservé aux collectionneurs. C’est distrayant de voir les cotations établies pour certains titres. Pas de quoi faire fortune.


 


 


Un amour dans le Montréal des années 20

Comme dit la chanson de Michel Fugain, c’est un beau roman c’est une belle histoire que ce Serafim et Claire du montréalais Mark Lavorato dans une excellente traduction d’Annie Pronovost. La rencontre d’un immigrant portugais désargenté, photographe de son état et d’une danseuse de cabaret qui fait graduellement sa marque. Nous sommes dans le Montréal des années folles. S’il a été beaucoup question de la même époque à Berlin et Paris, rarement s’est-on attardé au night-life montréalais. Ce manque est maintenant comblé et de quelle façon. L’auteur est aussi photographe et investi très bien l’âme de son Serafim. C’est une bohème émouvante avec des sentiments très forts. On imagine que pour rédiger ce roman il a dû faire une recherche préalable. Montréal regorgeait de néons et n’avait rien à voir avec le Montréal froid de maintenant avec ses immeubles de verres et de granit et où les gens se couchent tôt, faisant de la Métropole un tempo de ville de banlieue. Il faut lire ces pages qui exaltent la grandeur de la passion. Et chapeau à l’illustratrice Janet Hill pour le portrait de Claire en couverture, de toute beauté.

Serafim et Claire. Mark Lavorato. Éditions marchand de feuilles 461p.    www.marchandsdefeuilles.com


 


 


La radio, un média de proximité

Dans sa collection « Les outils du journaliste » aux éditions des Presses Universitaires de Grenoble, Laurent Gauriat et Joël Cuoq nous rappellent à quel point la radio est un média de proximité qui n’a pas démérité une fois entré dans l’ère numérique. Journaliste radio est un opuscule qui ne s’attarde pas qu’au seul volet du journaliste à la radio, mais aux chroniqueurs et beaucoup aux animateurs. La première règle que l’on réitère est que celui qui utilise les ondes doit penser qu’il ne doit pas d’adresser à une masse, mais à un individu. Il est en intimité avec lui. Et parmi les réflexions des pros de la profession, n’est plus désagréable que l’animateur qui tient à surenchérir avec le mot de la fin comme pour écraser son interlocuteur, ou le gueulard d’office qui veut capter l’attention lors de matinales. Tout ce que l’auditeur abhorre en se levant le matin. Un merveilleux guide en somme pour qui veut faire profession dans le domaine.

Journaliste radio. Une voix, un micro, une écriture. Presses Universitaires de Grenoble 176p.    www.pug.fr


 


 


A la découverte du Québec

Deux livres de grand intérêt aux éditions GID qui se font fort de nous faire découvrir des coins du Québec. Ils sont deux Pierre Lahoud et Serge Viau avec On a marché dans la ville, les espaces publics de Québec. Cet album tombe à point nommé peu après le décès de l’ancien maire de la Vieille Capitale, Jean-Paul L’allier qui a justement imprimé sa marque en revoyant l’urbanisation de sa ville de façon significative, précisément en ce qui a trait aux espaces publics. Si les piétons se cantonnent d’ordinaire dans des circuits établis, ils auront tout intérêt à se montrer curieux d’autres belles places. Vous avez ça et là des photos anciennes qui témoignent d’un autre temps. Un chapitre a pour sujet la rue Saint-Joseph, véritable cobaye d’urbanisation, tantôt couverte et piétonnière et depuis quelques années, redevenue à l’air libre à la suite de nombreuses plaintes de citoyens. Vous avez de belles photos en plan aérien qui rendent justice à ce joyau du patrimoine mondial.

Puis c’est Marcel Paquette de nous faire la faveur d’une promenade avec Le Saint-Laurent le long de la rive nord. L’auteur est un habitué de cette maison d’édition avec de nombreuses participations à la collection estimée « 100 ans noir sur blanc ». Ce livre en fait d’ailleurs partie. Tout en magnifiques photos, c’est une très longue randonnée qui part du canal de Soulanges jusqu’à Bonne-Espérance sur la Basse-Côte-Nord. Vous avez de tout dans cet itinéraire, des transatlantiques de la Cunard dans le port de Montréal, la visite d’un nouveau cardinal fraîchement nommé à Québec en 1914, des photos de constructeurs hardis travaillant sous le fleuve dans des caissons au pic et à la pelle. Quelle héroïcité.


 


 


Créons de quoi se chausser

S’il faut en croire la maison d’édition Créa Passions.com on ne demeurerait pas inoccupé bien longtemps. Leur tout dernier opus est consacré aux Petits souliers et grands chaussons et ce pour filles et garçons. C’est quand elle fut enceinte qu’Anne Walthertum commença à tricoter une première paire de chaussons, à la fois pour choyer son enfant et aussi pour passer le temps agréablement. Elle a depuis développé longuement des techniques dans divers matériaux dont le cuir. Vous avez de quoi vous distraire à l’infini et égayer vos créations par la superposition de motifs à votre goût.

Petits souliers et grands chaussons. Anne Walthertum. Créa Passions.com 96p.   www.dreapassions.com


 






 


Le coin de la spiritualité

Que l’on soit bouffeur de curé ou fervent catholique, personne ne trouvera rien à redire du message central du livre entretien basé sur la rencontre entre le vaticaniste Andrea Tornielli et le Pape François qui a pour titre Le nom de Dieu est Miséricorde. En gros, il réitère que Dieu est amour et qu’il est toujours là pour nous soutenir dans l’épreuve, pardonner nos fautes, surtout lorsqu’on en arrive à se dire « Je n’en peux plus ». Pour imager sa pensée le successeur de Pierre va comparer pour certains le confessionnal comme un pressing où l’on se rend pour un nettoyage à sec et hop on recommence. C’est aux éditions Robert Laffont.

Thierry Vincent porte la double casquette de psychiatre et de psychanalyste. Dans un petit essai qui fait énormément réfléchir, il pose LA question, Dieu peut-il être l’affaire de chacun sans être l’affaire de tous ? De quoi nous donner tout de suite le goût d’ouvrir ces pages. A l’heure où on s’entredéchire sur la place publique au sujet de la laïcité des États, il y va d’une proposition d’une relation au Divin personnelle et en dehors de tout cadre institutionnel. Et en ce là il permet une plus saine démocratie. En somme Foi et démocratie ne sont pas des mots incompatibles.

Deux messagers de la spiritualité indienne sont à explorer. D’abor aux éditions Almora, Amour et joie de Swâmî Râmdâs. Il est né en 1884 dans la province de Kerala. Lui-même au cours d’un long périple à travers ce pays continent qu’est l’Inde, rencontre son propre maître, Râmana Mahârshi. Patrick Mandala a colligé des textes qui illustrent l’enseignement de Râmdâs. Le livre se divise en trois sections, les pensées, la vie quotidienne de ce sage et ensuite des entretiens sous forme de questions réponses avec des disciples, pour mieux assimiler la transmission de ce savoir. Ailleurs c’est Alain Delaye qui avec Amour et liberté nous plonge au cœur de la vie et de la grande spiritualité de Vimala Thakar. Cette femme qui a vécu de 1923 à 2009 avait un seul credo qui l’a accompagné toute sa vie, la liberté. Plus on se détache mieux on est. Et il en va du détachement même vis-à-vis des religions. Cette personnalité a un message qui convient à ceux qui désirent une spiritualité affranchie de tout dogmatisme religieux. L’autre énergie qui sera la sienne, est celle de l’amour qui transcende tout. Elle était aussi poétesse, et vous avez quelques exemples entre ces pages lumineuses. C’est publié aux éditions Accarias.

Et chez Bayard, L’évangile c’est pour aujourd’hui est un livre entretien entre Monique Baujard avocate de métier qui s’est tournée vers la théologie, travaillant auprès de la Conférence des évêques de France et Dominique Quinio journaliste et ancienne directrice du quotidien catholique La Croix. C’est la seconde qui pour beaucoup posent les questions sur des sujets d’intérêt général. Un long chapitre concerne la question du mariage pour tous. Et on s’aperçoit que loin d’être d’une hostilité à toute épreuve, l’Église de France a beaucoup planché sur la chose, faisant preuve d’une belle ouverture d’esprit, et Mme Baujard y est pour beaucoup, recommandant que l’Église balaie devant sa porte et accepte la modernité.


 




 


Chez Gid, cinq écrivains, cinq mondes

Jolie cuvée littéraire chez Gid. Voyez de quoi ça retourne, à commencer par Zébrures écarlates de Michel Roberge. On n’est jamais si bien servi que par soi-même. C’est que le romancier est un expert en gestion des archives. Et pour ces fameuses zébrures, il se sert de cet univers qu’il connaît bien pour planter son décor. C’est le détective archiviste Ives d’Arch qui ouvrant ses courriels, aperçoit à sa grande stupéfaction, une missive d’une catalane pour qui il était tombé amoureux raide dingue. Mais pour son malheur elle était promise à un autre homme. Il a bien tenté par après d’établir un contact, mais en vain. Et voilà qu’elle rapplique. Mais en lisant les aventures qui vont suivre, eu t’il été mieux qu’elle se fasse oublier ? On ne vous en dit pas plus. C’est un ouvrage cossu, avec moult rebondissements. Le verbe aimer est ici un euphémisme.

De graphiste à la psychiatrie, il n’y a pas un pas, mais toute une reconversion. Pour cela il faut être toute entière comme Lorraine Paquet qui se fait nouvelliste avec Le nectar et le feu. Ce sont quinze historiettes, de petites esquisses sur tout et sur rien, une chatte, un chevreuil, de l’amour bien sûr. Il y a chez elle une économie de moyens, mais des mots-images dont elle sert habilement. C’est aussi ça être écrivain, cette capacité d’illustrer pour nous, les choses visibles et invisibles. Vous adorerez chez elle cette faculté d’émerveillement par personnages interposés. Allez madame, poursuivez ainsi votre beau chemin.

Après s’être essayée à la nouvelle puis à la poésie, Michelle Fleury fait cette fois ses premiers pas dans le monde du roman avec Triste justice. Vous avez quatre potes indignés par la mauvaise administration de la justice et qui décident d’appliquer à leur façon la loi du Talion, œil pour œil, dent pour dent. Et pourtant l’adage dit bien qu’il ne faut pas se faire justice soi-même. Ils n’en ont cure, d’autant qu’une de leurs proches a été violée. C’en est trop. Ils vont se transformer en d’impitoyables justiciers. Mais peut-on continuer de la sorte à défier les lois existantes ? Ces premiers pas dans le roman sont une vraie réussite. La romancière novice sait vampiriser les sentiments qui habitent les personnages en pareille situation. A suivre.

Mireille Couture-Baumgartner complète sa trilogie avec Désirs d’évasion qu’elle ne considère pas exactement comme une autobiographie. Disons que ça tient plus du journal. Elle nous amène dans ses pas, cette grande voyageuse, notamment en Europe. Si elle se souvient de tant de choses à son âge respectable, c’est qu’elle a eu la bonne idée, adolescente, de consigner dans des carnets ses observations. Elle destine son bouquin à ceux qu’elle aime. Il faudra ajouter une cohorte de lecteurs qui apprécieront cette façon de dire les choses avec les mots justes aux bons endroits. Et en ce sens ça devient une classe de maître littéraire, la beauté dans la simplicité.

Et de la poésie pour compléter avec Pierre de Jocelyne Fortin. Qui traite du grand amour. Le titre nous fait penser à cette belle chanson de Barbara qui porte ce prénom. La poétesse sait exprimer tout son amour et de quelle façon. Extrait « Avant de partir tu scelles toujours mes paupières avec des baisers pour retenir les larmes qui s’accumulent dans mes yeux des larmes grises aussi grises que les taches grises du mur d’en face des taches qui d’ailleurs s’agrandiront  si tu tardes trop à revenir. »


 


 


Un méchant tueur en série

Stéphane Bourgoin s’est fait une place à part dans le monde du journalisme d’enquête en allant à la rencontre des grands tueurs en série. Nous donnant des portraits à glacer le sang et nous apprenant à notre grande surprise, que loin d’avoir de grandes dents et de ressembler à des monstres hideux, ces meurtriers sanguinaires au-delà de toute expression sont en apparence tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Ce pourrait être votre paisible voisin, insoupçonnable. Bourgoin consacre un livre entier, Sexbeast à l’un des pires, Gerard Schaefer avec trente-quatre assassinats présumés à son triste palmarès dont deux officiellement reconnus, mais dont le principal intéressé a admis que ça dépassait en réalité la centaine de victimes. Un véritable fou furieux, qui démembrait ses victimes, obsédé par l’anus et les excréments, et qui ne trouvait pas mieux de plus délectable que de plonger ses mains dans les déjections de ces victimes qui faisaient sous elles en état de peur! Cet être infâme périra comme il a vécu, sous 40 coups de couteau assénés dans le corridor de la mort de la prison où il se trouvait.

Sexbeast. Stéphane Bourgoin. Grasset 245p.    


 


 


Nouvelle traduction du nocturne indien

Bernard Comment s’est attelé à une nouvelle traduction qui colle plus à l’esprit de l’original que la première traduction française du fameux roman Nocturne indien d’Antonio Tabucchi insomniaque avoué, qui remporta avec ce titre le prix Médicis en 1987 et qu’Alain Corneau transposa au grand écran. C’est un voyage en Inde bien personnel qu’accomplit le protagoniste dans cette Inde auréolée de nombreux mystères. Comme ce passage où une femme s’annonce qui avait été la précédente occupante de sa chambre. Qui vient récupérer des effets qu’elle avait oubliés en partant. Et l’homme de se rendre compte qu’il a affaire en face de lui à une voleuse. Décidément il ne fait pas les mêmes voyages que monsieur tout le monde.

Nocturne indien. Antonio Tabucchi. Nouvelle traduction de Bernard Comment. Gallimard 122p.


 


 


Le coin santé physique et psychique (1)

Chez les japonais comme les autres orientaux à moindre degré, tout ce qui est dans la vie à une signification spirituelle. On cherche partout à établir l’harmonie. Il en va de la calligraphie qui ne se limite pas à tracer de beaux pictogrammes à l’encre noire sur du beau papier fin. Lisez ce que dit à son propos H.E. Davey dans Shodo. Le Shodo est un art qui se perd au Japon dans la nuit des temps. L’auteur est le premier non japonais à s’être vu décerner la plus haute distinction en calligraphie, ce qui est peu dire. Il rappelle à quel point les japonais sont obnubilés par la quête du wa, l’harmonie. Et comment ça se traduit au plan graphique. C’est aux éditions Éveil créativité.

Au premier abord, les thèmes exploités sur la « personne », le « vous » , l’être « sous contrôle » qui peuplent l’essai de Lisa Cairns, Pour l’amour de toute chose chez l’éditeur Accarias peuvent porter à confusion. En somme elle se plaît à répéter que tout est ici bas est vanité et qu’il faut apprendre à se détacher et use d’une métaphore du genre « rentrer à la maison », autrement dit retrouver son intérieur et savourer une belle solitude consentie.

Les deux titres qui suivent sont édités chez Lanore. La psycho-praticienne Anne Lamy-Filippelli nous parle d’un Voyage au cœur de la guérison. Ou comment découvrir le lien entre le corps et l’esprit et activer les pouvoirs de guérison. Elle fait la jonction des avancées de la science, fulgurantes, ultra positives, qui ont permis à ce que des malades jugés jusqu’ici incurables, ont pu recouvrer la santé. Et comment la technologie et le savoir autorisent toutes sortes de possibilités fantastiques.

Il n’y a pas longtemps, le duo de vulgarisateurs scientifiques, les frères Bogdanov était invité sur le plateau d’On n’est pas couché animé par Laurent Ruquier. Ils émettaient une théorie intéressante à savoir, qu’après notre mort, nos esprits se métamorphosaient en information dans le cosmos. Personne ne pourra bien sûr les contredire et l’Au-delà demeurera toujours un objet de fascination. Le docteur Philippe Sibille évoque des Récits de mort imminente ces fameuses expériences de lumière qui ont trouvé énormément de corroboration de patients décrétés défunts et qui à moins cinq sont revenus parmi les terrestres. Ils disent tous en commun avoir traversé la même séquence. Mystifiant. Et pour demeurer dans la même optique, si vous voulez savoir de quoi il en retourne exactement, voici le témoignage d’une femme qui, justement, a fait l’expérience de la mort imminente. Au cœur des miracles c’est le titre est le récit de Karen Henson Jones aux éditions AdA.


 





 


Le coin santé physique et psychique (2)

Être handicapé et être le meilleur. C’est la proposition que fait Jean-Baptiste Hibon qui n’accepte pas que la perte de motricité demeure une fatalité devant laquelle on doit se montrer passif. Handicapé lui-même il a poursuivi sur sa lancée en devenant psychosociologue, époux, et père de famille. Il n’a jamais voulu se laisser atterrer par le destin. Il nomme son handicap Une sacrée erreur qui est le titre de son livre chargé d’espoir aux éditions du Cerf.

Le Dr. Véronique Vasseur réputée pour ne pas faire usage de la langue de bois, s’est rendue célèbre du jour au lendemain avec la sortie de son livre « Médecin-chef à la prison de la Santé » véritable pamphlet sur l’insalubrité de cet établissement des prisons en général dans l’Hexagone. Elle n’a pas perdue une once de combativité. La preuve ? Elle cosigne avec la journaliste Clémence Thévenot « Désintoxiquez-vous ».  Car elles relèvent fort pertinemment des paradoxes dans les pratiques de santé. Exemple le jogging. On clame volontiers en chœur d’aller se dégourdir dehors en courant. Mais à quoi bon si l’air est pollué ? De bouffer des fruits et légumes certes, mais bourrés de pesticides ? Ensemble elles nous rééduquent à modifier radicalement nos approches en fonction de l’environnement. C’est aux éditions Flammarion.

Est-ce que ce sont ses études en théâtre qui en sont la cause ? Toujours est-il que Natalie Godin a le tour avec les touts petits. Elle partage son savoir-faire à titre d’enseignante au cegep en techniques d’éducation à l’enfance. Faire des enfants est à la portée de tous, les élever est une paire de manches. Et beaucoup de parents sont plongés en plein désarroi, ne serait-ce qu’au plan de la discipline à gérer. Conseils d’amie pour famille épanouie aux éditions La Semaine fourmille de tuyaux éprouvés pour ne pas sortir trop amochés au contact de sa progéniture.

Le Dr. Alexandra Dalu a travaillé comme urgentiste durant une bonne dizaine d’années à Paris. Elle a pris conscience qu’il se dit de plus en plus d’énormités sur la santé de sorte qu’on se retrouve avec pleins d’idées reçues. Du genre qu’il faut beaucoup dormir et se coucher tôt pour être en forme. Ce qui est faux. A traverser les chapitres on se rend compte du nombre de bêtises que l’on colporte et qui perdurent. Autre sottise, que faire du sport contribue à maigrir, ce qui est tout aussi faux. Qu’elle réponde vrai ou faux, l’auteure nous détaille le pourquoi du comment avec une belle vulgarisation. C’est aux éditions Édito.

Sur une note désopilante, Rebecca Beltran sur des illustrations d’Adria Fruitos nous offre son Cahier d’activités pour se débarrasser définitivement de son ex chez Denoël. C’est un tantinet méchant. Mais qui a dit un jour que c’était vachement bon de manger une tranche de son prochain, à plus forte raison quand l’amour n’est plus et qu’on veuille signifier son congé définitif à l’âme sœur. Ici le titre est plutôt erroné, car ce qu’on trouve dans ces pages ce sont surtout des moyens d’oublier celui ou celle qui était hier l’être aimé une fois qu’il ou elle n’est plus dans le décor.


 




 


Le coin santé physique psychique (3)

Les deux prochains titres sont lancés aux éditions AdA. Vicki Savini est une enseignante qui s’inquiète un peu beaucoup du sort des enfants laissés à eux-mêmes dans un monde trouble qui fonctionne à une vitesse folle. Elle craint plus que tout la perte des valeurs. Donc il est primordial de renforcer les notions d’éducation à l’enfance pour que les jeunes ne perdent pas des repères essentiels à leur développement, leur solidité dans cette existence. D’où ce livre Raviver la lumière qui est basé sur des notions de pleine conscience. Un guide pour aider les parents à mieux piloter leurs enfants.

Linda Backman nous sollicite pour aller faire un tour dans nos vies antérieures afin de guérir spirituellement. L’âme évolutive qui expose les sept archétypes de l’âme. L’auteure puise dans ses réserves de sagesse accumulées pour les faire partager à ses vis-à-vis. Le livre est complété par une section questions et réponses.

Les deux livres suivants sont édités chez Québec-Livres. D’abord Olivier Manitara avec Les sept clés pour le respect. Pour lui le bonheur se trouve ailleurs et surtout pas dans le respect des conventions sociales. Il a observé que le respect est un remède excellent contre l’irritation qu’on peut avoir dans son rapport aux autres. Le respect qu’il évoque signifie la compréhension profonde de ce qui se passe autour de soi et qui aboutit à de l’empathie. Ainsi on s’en fait moins avec l’environnement. C’est une lecture salutaire.

Roberto Zamperini est docteur en statistiques et chercheur en thérapies alternatives. Il sait que l’univers est ceinturé d’énergies, ce sont Les lois occultes de l’énergie subtile et les sept rayons qu’il détaille. Il fait intervenir pour ce faire, la numérologie, la géométrie sacrée, les cristaux, les rapports dorés etc. Il nous amène à pouvoir déceler ces énergies positives. Ainsi on en vient à concevoir ce qu’est réellement l’existence. Comme théoricien il sait éveiller notre curiosité. Comme avec cette question qui ouvre un chapitre « Saviez-vous que pendant le sommeil nous produisons de l’or ? ».


 


 


La force de la prière

Parfois il n’est pas mauvais d’intercéder la haut pour que les bonnes âmes des défunts, les témoins du Christ et ses messagers viennent à notre rescousse. Michel Wackenheim a créé sa propre anthologie de prières regroupée sous le nom d’Abba qui veut dire « Père ». C’est chez l’éditeur Novalis. Vous avez des prières puisées à travers moult auteurs dont le fameux Père Pio lui qui portrait singulièrement les stigmates du Christ. Nonobstant ce qu’on peut penser du message chrétien, les contestataires devant être rares, on n’en demeure pas moins ému par la beauté des textes. Et vous avez en début d’ouvrage les patrons de certains corps de métier. On apprend avec amusement que la patronne…de la télévision est Sainte-Claire, célébrée le 11 août!

Abba. Michel Wackenheim. Novalis 632p.    


 


 


De jolis traits d’esprit

C’est l’opus d’une nouvelle maison d’édition québécoise, Duclos-les-livres, du nom de Marie Duclos sa fondatrice. Toujours émouvant de voir quelqu’un faire son entrée dans le monde périlleux de l’édition. L’éditrice démarre avec un petit opuscule amusant, rempli de traits d’esprit le Dictionnaire saugrenu de l’auteur et géographe bien connu Normand Cazelais sur des dessins du bédéiste Pierre Dupras. C’est bourré de petites perles fines pour la récréation des bons esprits. Ainsi pour définir le verbe aimer « Avoir un toi ». Et il y en a 600 de la sorte. Et les dessins sont très distrayants. Nous recommandons fortement que ce charmant bouquin soit coédité avec une maison d’édition française, car dans la francophonie européenne, surtout la France, ce genre d’humour à la Guitry est particulièrement prisé.

Dictionnaire saugrenu. Normand Cazelais, dessins Pierre Dupras. Duclos-les-livres 130p.     www.duclosleslivres.ca


 


 


Comment les grandes marquent poussent les jeunes à la consommation

S’il y a un essai à lire en mode majeur c’est Marques cultes et culte des marques chez les jeunes un essai des Presses de l’Université Laval sous la direction de Jocelyn Lachance, Louis Méthot et Philippe St-Germain. Ce court ouvrage mais d’une grande densité côté des informations, fait la démonstration comment de cyniques adultes poussent les touts jeunes à se mettre en mode consommation. Toute la stratégie du mécanisme de propagande est démontée. On apprend entre autres choses que pour la célébrissime marque McDo, c’est la France, pourtant contrée de la bonne chère qui est le deuxième pays meilleur vendeur après les…États-Unis. Une statistique troublante de 2010 nous informe à ce propos que dans la tranche des 15-25 ans en France, on mange un burger une fois la semaine! Terrifiant constat.

Marques cultes et culte des marques chez les jeunes. Collectif. Presses de l’Université Laval 178p.    www.pulaval.com


 


 


Découvrir le cœur géographique du Québec

On ne rend pas suffisamment justice à cette charmante collection « Les régions du Québec, histoire en bref » aux Presses de l’Université Laval. Le dernier ouvrage en date, Le Centre-du-Québec est sous la direction des Jocelyn Morneau et Normand Perron. Cette portion de la Belle Province englobe des municipalités comme Warwick, Drummondville, Victoriaville, Nicolet, etc. Dans ces pages on ne se limite pas à de froides statistiques, mais on décrit bien les conditions socio-économiques de l’époque, surtout avec des anecdotes. Ainsi on comptait beaucoup de faillites dans le dernier tiers du XIXème siècle. La richesse était loin d’être au rendez-vous. En même temps on admire l’héroïcité de nos ancêtres.

Le Centre-du-Québec. Jocelyn Morneau et Normand Perron. Presses de l’Université Laval 195p.      www.pulaval.com


 


 


Gengis Khan, le conquérant nomade

L’ancien conservateur du Musée Guimet à Paris, Josée Frèches est un spécialiste de la Chine ancienne. Et en sa compagnie, il nous ouvre les portes de la merveilleuse aventure de Genghis Khan l’empereur mongol, qui au même titre qu’un Alexandre le Grand où Charles-Quint. Or justement, notre empereur mongol, de son vrai nom Temüdjin, avait été mis au parfum des exploits du premier par un vieux sage et ça l’avait littéralement enivré. Quand il succédera à son père, chef du clan de la dynastie des Quiyat il enfourchera sa monture et va parcourir toute sa vie des milliers de kilomètres pour étendre son empire. Comme un Christian Jacq, le biographe a un talent fou de conteur. Quelle brillante épopée ce fut.

Genghis Khan. José Frèches. X0 éditions 343p.        www.xoeditions.com


 


 


Dans les coulisses d’une agence de casting hollywoodienne

Matthew Specktor avait la garantie de ne pas être atteint du syndrome de la page blanche pour s’atteler à la rédaction de Hollywood dream machine car il est le fils d’un agent d’acteurs. Ici il se sert d’un fils d’agent pour être narrateur de l’ascension et du déclin du paternel, ambitieux comme dix. Qui sera atteint du complexe d’Icare. A trop vouloir s’approcher du soleil. Évidemment c’est une fiction magnifique, mais ça tient presque du documentaire, tant ce qu’on y trouve est l’exact reflet de la vie dans la capitale américaine du cinéma.

Hollywood dream machine. Matthew Specktor. L’Archipel 514p.


 


 


Une fille méconnaissable

L’envoûtement existe-t-il ? En tout cas ont se pose de sérieuses questions en parcourant le premier tome nommé « Exorde » d’une saga fantastique d’Ericka Duflo ayant pour titre Métamorphoses. Il était une fois une jeune fille qui après la douloureuse disparition de sa mère ne sera plus la même. Toute sa personnalité va basculer dans une dérive. Jusqu’à ce qu’elle se rende compte que son corps se met à subir des transformations et sa psyché de même. Puis il y aura une rencontre avec un homme charismatique, mais avec qui vaut mieux ne pas se livrer tout entière. C’est fichtrement bien rythmé. On vous laisse la surprise de comment toutes ces modifications auront de répercussions sur Senna, la protagoniste.

Métamorphoses. Tome 1 Exorde. Ericka Duflo. Les Malins 382p.    www.lesmalins.ca


 


 


Le choix d’un habitat fragile

Sociologue, Gaspard Lion a entrepris depuis cinq ans d’étudier les formes marginales du logement. Car c’est une conséquence de la paupérisation de nos sociétés, on assiste à un micro phénomène où des gens, par choix de simplicité volontaire ou acculés à la pauvreté, font le choix de vivre quasi dehors dans des conditions de fortune. L’essayiste a tenté de circonscrire ce phénomène et ça donne Incertaines demeures, enquête sur l’habitat précaire. Et on verra ici quel sens on donne au mot camping. Pas vraiment une partie de plaisir où beaucoup sont en mode survie. L’ouvrage est assorti de cas vécus.

Incertaines demeures. Gaspard Lion. Bayard 227p.   


 


 

Un passé qu’on voulait enfoui et qui refait surface

Voici un psychodrame d’essence bien française avec un politicien au passé trouble dont l’actualité va raviver des affaires sordides. Chabrol aurait aimé. De quoi s’agit-il ? Tout simplement de La renverse d’Olivier Adam. C’est ici la disparition de Jean-François Laborde homme politique cumulard qui va faire remonter à la surface d’affreux souvenirs qu’un libraire, Antoine, aurait préféré que ça demeure enfoui dans les replis de sa mémoire. C’est que la victime avait un lourd passé de viol et abus sexuels dont la mère d’Antoine était partie prenante. Nous voici en face d’une histoire qui donne tout son sens au mot de Malraux qui a dit que l’homme était un tas de petits secrets. Pour ce qui est du style, rien à redire, le sujet, le verbe et son complément sont à la bonne place soutenus par une trame dramatique qui nous laisse sans repos.

La renverse. Olivier Adam. Flammarion 276p.   


 


 


Douce la femme ?

Après lecture de Vengeances de Bernhard Aichner on ne pourra plus continuer à prétendre que les hommes ont le monopole de la violence. Voyez « l’héroïne » de ce thriller où une femme, baptisée Brünhilde Blum, qui déteste souverainement son prénom, décrété un beau matin que ses parents n’avaient plus le droit d’exister. Et elle va les occire avec une satisfaction trouble. Les années vont passer. Elle se mettra en couple avec Mark un policier qui perdra ensuite la vie dans des circonstances suspectes. C’est la veuve qui fera enquête. Et en prime, son défunt mari était sur une affaire concernant un groupe de cinq hommes qui prenaient plaisir à séquestrer, violer et torturer des migrantes moldaves. Comme il y avait longtemps qu’elle n’avait pas assouvi ses instincts meurtriers, c’était tout trouvé. Attendez de voir ce qu’elle leur réserve. Douce la femme ?        

Vengeances. Bernard Aichner. L’Archipel 288p.    www.editionsarchipel.com


 


 


Pour comprendre Hillary Clinton

Ils sont deux de La Presse, l’éditorialiste Alexandre Sirois et le correspondant à New York Richard Hétu qui ont concocté un vade-mecum pour répertorier tout ce qu’il faut savoir sur Hillary Clinton possible future première présidente des États-Unis. En même temps que c’est très informatif la concernant il y a un aspect ludique puisque à certains moments on se fend d’un quiz, demandant au lecteur de répondre à des questions, façon de vérifier nos connaissances. C’est la meilleure manière de bien saisir cette personnalité ambitieuse au-delà de toute expression.

Madame america. Richard Hétu, Alexandre Sirois. Les éditions La Presse 206p.      www.editionslapresse.ca


 


 


Deux infirmiers parlent de missions dans le Grand nord

Deux infirmiers, Étienne Talbot et Bernard Roy racontent dans Le Nord à bras-le-cœur ce qu’il en coûte d’aller en mission dans le Grand Nord du Québec ou sur la Basse-Côte-Nord. Ce n’est pas une pratique aisée comme on le découvrira dès les premières pages. Il est presque question de survie. Ils ont des mandats élargis car le médecin n’est souvent pas disponible. C’est pourquoi on voit une photo d’une infirmière pratiquant des points de suture. Ils sont recueillis des témoignages de confrères et consoeurs qui détaillent sur ce qu’à l’air leur quotidien. De petits héros dont on ne parle pas. Ce livre leur rend hommage.

Le Nord à bras-le-cœur. Sous la direction d’Etienne Talbot et Bernard Roy. Presses de l’Université Laval 187p.     www.pulaval.com


 


 


Les clefs de compréhension des rites

Sous la direction de Denis Jeffrey professeur en sciences de l’éducation à l’Université Laval et Angela Cardita professeur à la même institution, mais en théologie, on a réuni des chercheurs multidisciplinaires avec en commun une recherche sur La fabrication des rites. Et on entend par ce fait, essentiellement les rites religieux. Comment certains de ceux-ci ont été abandonnés pour être en phase avec l’époque ou l’apparition de nouveaux. On apprendra par exemple à quel point il est facile de devenir musulman, sur une simple phrase rituelle en présence d’un imam qui vous émet un sauf-conduit pour pouvoir vous rendre à La Mecque le cas échéant. Et on analyse même le mouvement néo païen au Québec.

La fabrication des rites. Collectif. Presses de l’Université Laval 256p.    www.pulaval.com


 


 


Les rapports entre la Chine et le Vietnam de 1949 à 1079

Sur la couverture de Partenaire et ennemie on aperçoit Mao et Ho Chi Minh en train de trinquer. Ça n’a pas toujours été l’entente cordiale, au contraire. Dominic Roy professeur en relations internationales au collège Jean-de-Brébeuf retrace les rapports en Hanoï et Beijing entre 1949 et 1979. Si la Chine a longtemps entretenu des rapports harmonieux avec sa cousine communiste, on se souviendra que les militaires chinois envahiront en 1979 le territoire vietnamien. Par pu égocentrisme on voulait stopper l’hégémonie du Vietnam qui rêvait d’une fédération indochinoise qui serait passée sous son contrôle. C’est un essai de grande rigueur où l’essayiste se montre en pleine possession de son sujet.

Partenaire et ennemie. Dominic Roy. Presses de l’Université Laval 251p.    www.pulaval.com


 


 


De petits contes merveilleux pour endormir les jeunes têtes

Tous les pédopsychiatres vous le diront, il est hautement recommandé de lire des contes à ses enfants. Combien le font ? C’est devenu un rituel oublié. Essentiel, car dans ces récits qui ne commencent pas tous par « Il était une fois » vous avez là de grandes leçons de vie, qui apprennent déjà aux jeunes enfants les notions du bien et du mal. On s’en rend compte en parcourant ce magnifique album de nouveaux contes, assez courts, 365 historiettes réunis dans Avant d’aller dormir chez Fleurus. De Gaston le Géant à la Fée Libellule, pleins de nouveaux personnages à qui il arrive toutes sortes d’aventures avec à la clé, évidemment, une petite morale à retenir, sinon ce ne seraient pas des contes.

Avant d’aller dormir. Fleurus 267p.    www.fleuruseditions.com


 


 


Le coin Miam miam

S’il y a un univers chargé de rituels c’est bien celui du vin, où des professionnels, œnologues, sommeliers et tutti quanti, ont recours à tout un vocabulaire pour décrire les cépages qui composent le vin que vous allez déguster. C’est étourdissant. Jacques Orhon qui est le fondateur de l’Association canadienne des sommeliers professionnels, ne fait pas mystère qu’il y a énormément de tartufferie chez ces gens-là. Et qu’il faudrait revoir le tout avec plus de modestie, à commencer par le prix des vins qu’il juge prohibitifs. Selon lui on ne devrait jamais dépenser plus de 100$ pour une bouteille. Dans un livre décapant aux éditions de l’Homme, Le vin snob i démystifie le monde de Bacchus en nous dévoilant ce qu’il en coûte réellement pour produire de doux nectars. C’est tonifiant et très instructif pour qui ne connaît pas les arcanes de la production et mise en marché vinicole.

Pankaj Sharma est française d’origine indienne. En 2007 elle va créer un blog sur la cuisine indienne qui va connaître un succès instantané. Car imaginez sa déconvenue en s’apercevant que dans son pays d’adoption, être végétarienne, c’était d’appartenir à une minorité, alors qu’en Inde on est végétarien par essence, dès le berceau. Elle s’est donnée pour mission de raconter la diversité de sa cuisine natale dans Les saveurs de l’Inde sacrée chez l’éditeur Almora. Et quelle profusion de saveurs dans ce pays continent qui possède une des cultures culinaires parmi les plus riches au monde. Vous ferez mille découvertes goûteuses et santé.


 




 


Le coin santé physique et psychique

Récemment on apprenait au Québec le décès tragique du fils d’une personnalité  bien en vue. Tous auront compris que l’adolescent avait choisi de mettre fin à ses jours. Mais le mot suicide n’a jamais été évoqué, car ça demeure grandement tabou et ça draine tellement de malheurs et d’autres victimes corollaires dont au premier chef les parents qui développeront des culpabilités sans fins. D’où l’intérêt de lire Survivre au suicide d’un proche d’Odette Bisson et comment se relever d’une telle épreuve. Et l’auteure est bien placée pour en parler car son propre fils s’est enlevé la vie dans la fleur de l’âge, sans grands signes annonciateurs. Un tout petit livre qui mettra du baume pour qui sont confrontés ou craignent de l’être face à une telle tragédie. Aux éditions La Semaine.

Pour ceux que le bouddhisme séduit, voici de David Brazier aux éditions Almora, Un bouddha au cœur sensible qui est une nouvelle vision des quatre nobles vérités. C’est un livre d’initiation hors pair. Il faut savoir que la pensée bouddhiste avait identifiée bien avant le freudisme à quel point ce qui va se dérouler dans l’enfance aura de répercussions sur le futur. Et à quel point il faut intégrer sa petite histoire personnelle à la grande. Éclairant comme pas un, cet essai utilise des termes simples pour être mis à compréhension du plus grand nombre.

La vraie nature de la vie est d’être libre, sans limites. C’est la conclusion à laquelle est parvenue Joey Lott après être passé par toutes sortes d’expériences dont la drogue, la dépression et moult recherches spirituelles. L’éveil à la simplicité d’être est l’équivalent en psychologie à ce qu’est la simplicité volontaire en économie. A savoir ne pas trop s’en mettre sur le dos et faire preuve d’humilité dans ses besoins fondamentaux. Aux éditions Accaria.

A 50 ans, selon des préceptes éprouvés, c’est le moment de faire l’inventaire de sa vie. On ne sait pas toujours ce qu’on veut faire encore en ce bas monde, surtout au plan professionnel, mais chose certaine on a des certitudes sur ce qu’on ne veut plus faire. La pharmacienne Maria Bardoulat consacre un ouvrage à ce mitan de l’existence dans 50 la cinquantaine aux éditions Alpen. Elle fait le tour de la question au plan de l’esthétique, la bonne forme, le travail, l’évolution psychique et les relations interpersonnelles. C’est un des rares ouvrages à regarder de près la question de cette tranche d’âge.


 


 


Une voix perdue et retrouvée et des séquelles

On ne dira jamais assez à quel point toute agression sexuelle chez un enfant est une cassure. Vous aurez plus tard un joli vase peut-être, mais il demeurera toujours une fissure, dans le cas des humains souvent invisibles. France Martineau réputée linguiste et professeure à l’Université d’Ottawa sort un premier roman qui est décrit comme une autofiction et qui a pour titre Bonsoir la muette. L’histoire d’une fillette agressée sexuellement. Qui perdra la voix pour la retrouver un an plus tard. Mais on a beau recouvrer la parole, nous sommes dans une société où les non-dits dominent et de ce passé là, on a intérêt à le taire. C’est raconté avec une exquise finesse. On sent qu’il y a beaucoup de l’auteure là dedans. Autrefois on disait de quelqu’un qui savait bien écrire qu’il avait une belle plume. Peut-on dire maintenant qu’il a un beau clavier ? Reste que cette démarche à quelque chose du documentaire. Beaucoup qui ont subi pareilles affres se reconnaîtront.

Bonsoir la muette. France Martineau. Les éditions Sémaphore 105p.    www.editionsemaphore.qc.ca


 




 


Deux livres sur le pape François

Les éditeurs semblent faire leur beure avec des titres portant sur le pape François. Pas une semaine sans qu’il nous parvienne un ouvrage le concernant. C’est que ce Souverain Pontife est dans les radars de bien des observateurs qui tentent de départager la part de conservatisme chez lui, et celle de la modernité. Philippe Le Guillou signe Le pape des surprises aux éditions Gallimard. Alors qu’il a signé précédemment deux livres de fiction sur des papes imaginaires, cette fois il vagabonde dans la Rome toute imprégnée de la présence de ce successeur de Pierre ultra médiatisé. Il a un style qui rappelle la légèreté d’un Jean d’Ormesson et qui renforce les impressions qu’il veut nous laisser.

Ils sont deux chez Bayard, Andrea Tomielli et Giacomo Galeazzi deux journalistes, le premier ayant en prime la qualité de vaticaniste. Ils ont privilégié un regard sur le pape, celui du pourfendeur du néolibéralisme. Cela donne Cette économie qui tue. Le pape s’est beaucoup exprimé sur les dérives de l’appât du gain et des victimes qu’ils laissent dans leurs sillages. Il est bien démontré qu’au pays de l’Oncle Sam, les propos de François dérangent énormément. Il revient sans cesse sur les inégalités abyssales entre les riches et les pauvres, proprement scandaleuses et injustifiées. A lire pour saisir cette dimension d’un homme d’influence qui s’en prend au capitalisme de plein fouet.


 


 


La sublime poésie de François Cheng

Quand on jette un regard furtif sur la couverture, on croit que La vraie gloire est ici de François Cheng est un roman. Il n’en est rien. C’est un recueil de poésie. Et peut-être parce qu’il est le premier asiatique à siéger à l’Académie française, cet amoureux de la langue de Molière met encore plus de soins à peaufiner ses strophes. Il n’y a pas de thème général, car son esprit est sollicité par toutes sortes de choses. Ah, si, il y a une constante, la beauté de cet enchaînement de mots choisis. Extrait « Mais nous reverrons bien ceux à qui nous n’avons pas dit à temps et au revoir, ceux qui sont partis sans dire mot dans le long effroi du délaissement. »  C’est comme pour Mozart, toutes les apparences de la simplicité, mais attention aux pièges.

La vraie gloire est ailleurs. François Cheng. Gallimard 160p.


 


 


Dachau, la genèse de l’Holocauste

Est-ce croyable, mais dans les touts débuts de l’organisation concentrationnaire du premier camp de Dachau près de Munich, les SS officiellement ne devaient pas maltraiter les prisonniers (sic). Mais il arrivera que quatre prisonniers seront abattus pour cause d’évasion. Une enquête sera ouverte dans le cadre de ce qui reste encore un résidu d’état de droit. Un procureur courageux Josef Hartinger rédigera un rapport dévastateur sur le comportement des SS. Timothy W. Ryback historien, journaliste et actuellement secrétaire général adjoint de l’Académie diplomatique internationale à Paris, raconte le camp Dachau et ses monstres. Particulièrement le SS Hans Steinbrenner, l’incarnation de ce qu’est le mot sadique. On verra ce qu’il faisait subir aux prisonniers. Des pages insoutenables. Il se suicidera après la guerre. Cette lecture tombe à point nommé au moment où Mein Kampf vient d’entrer dans le domaine public et où les théories d’Hitler seront désormais à la portée du plus grand nombre. Cet ouvrage rappelle en quoi les conceptions du dictateur vont générer. Dachau c’est la genèse de l’Holocauste.

Les premières victimes de Hitler. Timothy W. Ryback. Équateurs 313p.    www.editionsdesequateurs.fr


 


 


La crise financière expliquée par le cinéma…

D’ordinaire ce sont les grands pontifes de l’économie, financiers, professeurs à qui incombent de nous expliquer les soubresauts de l’économie. Et parfois on dérape. Ce qui a fait dire un jour sa propre définition de ce qu’est un économiste à savoir celui qui doit expliquer aujourd’hui pourquoi ce qu’il a dit la veille ne s’est pas produit. Hervé Gouil chargé d’enseignement en France aux HEC prend un moyen amusant comme métaphore des fluctuations de la finance, le cinéma, à partir de trois titres en particulier, Titanic, Avatar et Le Hobbit. Il va puiser là dedans des enseignements qui s’inspirent des contes. Ainsi les grandes théories nous paraissent désormais plus accessibles au commun des mortels. Parfait au moment où de sombres pronostics s’annoncent du côté de l’économie mondiale.

Titanic, Avatar et Le Hobbit. Hervé Gouil. Éditions Yves Michel 146p.    www.yvesmichel.org


 


 


Mille et une choses sur l’alcool et surtout comment l’appréhender

Des amis de la rédaction qui l’ont lu en rient encore. De quoi donc ? De la lecture de Notre verre quotidien du britannique Kingsley Amis décédé en 1995 et qui avait été anobli par Sa Majesté. Ce qu’il est rigolo avec cet humour british si particulier. Quelle ironie aussi, quand il raconte que la meilleure recette contre la gueule de bois…est de moins boire, surtout de ne pas mélanger. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’alcool et que vous n’avez jamais osé demander s’y trouve. Notamment comment concilier perte de poids tout en conservant ce plaisir d’ingurgiter vins et autres spiritueux ? En fin d’ouvrage vous avez un quiz sympa pour éprouver vos connaissances générales en la matière. Ce livre est idéal contre le spleen de notre époque. L’humour est le meilleur tonique.

Notre verre quotidien. Kingsley Amis. Équateurs 315p.    www.editionsequateurs.fr


 


 


Deux livres indispensables sur la mode

Ceux que la mode intéresse ont sous la main deux bijoux de livres. Le premier aux éditions Fleurus, Mode tout simplement, est un ouvrage en collectif qui se veut un guide d’initiation à qui veut tout connaître de cet univers pailleté. Qu’est-ce qu’une modiste, un patron, les tissus et morceaux de vêtements emblématiques. Dans le genre c’est super. Ce livre devrait même figurer au programme scolaire à titre de livre d’orientation. Car l’univers de la confection c’est tout de même mille métiers que cela concerne. Et au plan graphique on a consenti un effort remarquable pour rendre le tout attrayant. Il fera sans doute naître moult vocations. Et en complément chez Taschen dans sa collection Universalis, un gros bouquin trapu Fashion. En fait ce sont les collections du Kyoto costume Institute, une véritable histoire de la mode du XVIIIème au XXème siècle. On dit que l’habit fait le moine, on en a l’illustration ou plusieurs même car c’est une abondance du côté iconographique. On ne doute pas un instant que cet institut recèle l’inventaire du vêtement depuis que l’humain s’habille. 


 


 


Comment des briançonnais ont façonné le savoir au Brésil

C’est vraiment rocambolesque cette histoire de français originaires de Briançon, qui vont d’abord migrer à Lisbonne au Portugal pour ensuite s’exiler au Brésil et devenir des pionniers du commerce du livre à Rio de Janeiro, tout comme ils s’illustreront dans le monde de la presse. Jean-Jacques Bompard est bien placé pour raconter cette page d’histoire hélas trop méconnu de la présence française en terre brésilienne car un de ses ancêtres se trouvait à être du nombre. Pour l’anecdote, les canadiens apprécieront qu’un de ses aventuriers s’appelait Paul Martin, le même nom que l’ancien premier ministre du Canada. C’est presque un travail d’érudition auquel nous sommes confrontés. On imagine sans peine la somme de recherches qu’il a fallu faire au préalable avant de commencer la rédaction de ce livre qui rend justice à ces valeureux personnages qui ont apporté leur pierre à l’édification du Brésil moderne.

Libraires du Nouveau Monde. De Briançon à Rio de Janeiro. Presses Universitaires de Grenoble 220p.     www.pug.fr


 


 


Aux éditions JCL deux romans sous le thème de la passion

2016 commence sous les auspices des grands sentiments aux éditions JCL avec la parution de deux romans très forts. Le premier d’une auteure qui cartonne à l’infini, nous avons nommé Marie-Bernadette Dupuy qui publie La galerie des jalousies. Nous sommes au sortir de la Première grande guerre mondiale si dévastatrice. Nous sommes au village de Faymoreau. Dans la mine qui est un employeur d’importance local c’est le coup de grisou avec ses morts et ses emmurés. S’y trouve Thomas Marot, l’amour impossible d’Isaure Millet. Quand on retirera les morts des décombres on se rend compte qu’un des mineurs a été tiré. Une enquête s’ensuit. Bien que Thomas a une autre femme en vue qu’il a le projet d’épouser, Isaure ne désespère pas de renverser la tendance. L’inspecteur de police en pince pour elle de même que Jérôme le frère de Thomas. Voilà pour l’argument. Ce qu’il y a de merveilleux avec cette romancière familière des scores de vente, c’est qu’elle nous ramène dans la tradition des grands romanciers, Balzac et Dumas, par sa qualité à tout décrire, comme lorsqu’on était avant l’ère de la photographie. .

Une autre écrivaine à suivre de près est Lise Bergeron qui débarque avec Pour l’amour de Marie. On est à Québec dans le quartier populaire de Saint-Sauveur. Un incendie se déclenche dans un immeuble. Les Beaudet passent au feu. L’épouse s’en sort avec son poupon, Marie, à peine âgée de six mois. Mais le mari et un bambin périssent. Le premier réflexe de la femme éplorée est d’aller trouver refuge chez sa belle-mère Alexina qui ne l’a toujours eu en profonde aversion. On connaît le dicton, la vengeance est un plat qui se mange froid. Parce qu’elle lui a ravi son fils, l’affreuse femme lui servira tout un traitement. Elle nous fait penser à l’horrible Folcoche de la Vipère au poing d’Hervé Bazin. Vous la détesterez autant que nous. Quel beau film cela pourrait faire. Avis aux scénaristes en panne d’inspiration.


 


 


La chasse aux sorcière, de la Renaissance aux Lumières

Le saviez-vous ? L’être humain est haineux. On peut analyser le phénomène de bien des façons. Jacob Rogozinski a choisi un angle bien particulier, l’analyse de la chasse aux sorcières depuis la Renaissance jusqu’aux Lumières. Ils m’ont haï sans raison est aussi de se rendre compte que la folie vengeresse peut-être collective. On est effrayé par le fait que la mauvaise foi et l’obscurantisme peuvent mener à des exactions à l’infini. Pour son travail, on se rend compte du travail préliminaire de recherches, d’études de procès, etc. Au final on se retrouve avec un ouvrage de référence qui glace le sang. Et qui nous fait dire, voyant la marche du monde actuel, que ce ne sont hélas pas des mœurs du passé. Ne dit-on pas que qui ignore l’Histoire est condamné à la revivre.

Ils m’ont haï sans raison. Jacob Rogozinski. Éditions du Cerf 431p.   www.editionsducerf.fr


 


 


Un ouvrage érudit sur la cuisine en Nouvelle-France

D’abord au toucher le livre en impose, gros pavé bourré d’une multitude de renseignements. L’Encyclopédie de la cuisine de Nouvelle-France de Jean-Marie Francoeur suscite le respect. Mais diable, où est-il allé chercher toutes ces informations ? Un véritable travail de bénédictin pour reprendre le terme consacré. D’entrée de jeu, l’auteur nous l’apprend, une telle démarche n’avait jamais été entreprise. Il nous avait bien donné en 2011 « Genèse de la cuisine québécoise : à travers ses grandes et petites histoires » mais ce n’est rien à comparer à ce que nous avons dans les mains. Songez que pour les seules recettes on en retrouve 3000! Qui sait ce qu’est la riblette de lard ? Sans doute que beaucoup de restaurateurs y trouveront leur compte et des accros à la cuisine qui vont faire des découvertes. Tout est ici surdimensionné. Les anecdotes fusent, ce que furent les produits les plus utilisés. Chapeau bas monsieur Francoeur. Dommage que nous ne sommes pas en monarchie, vous devriez être anobli pour ce bel hommage au patrimoine culinaire. Et à l’éditeur Fides d’avoir épaulé une telle démarche historique. La messe est dite.

Encyclopédie de la cuisine de Nouvelle-France. Jean-Marie Francoeur. Fides 590p.    www.groupefides.com


 


 


Un conte ludique fort original

De tous les contes pour enfants qui nous est parvenu Le hareng rouge  du duo Gonzalo Moure et Alicia Varela est assez singulier. D’abord si vous tournez vitement les pages cartonnés, vous avez l’impression de revoir les mêmes pages avec ces personnages dans le parc. Mais si vous portez une attention particulière vous verrez qu’il y a un mouvement, des gestes autres. Il faut aller à la pochette rattachée au dos de la quatrième de couverture pour comprendre les messages sous-entendus. Ludique et à teneur spirituelle.

Le hareng rouge. Gonzalo Moure et Alicia Varela. Les 400 coups.   www.editions400coups.com


 





 


Le coin santé physique et psychique

Au sortir des Fêtes où l’on a fait bombance, c’est un cas classique, tout le monde veut se mettre à la diète, mais en même temps personne ne veut jeûner. Voici un petit livre qui devrait vous aider La monodiète variée du pharmacien Raphaël Perez. En somme il ne nous dit pas de nous priver, mais de demeurer dans une certaine filiation alimentaire. Loin de la privation à ce point qu’il va jusqu’à souligner qu’on peut se taper même quatre petites agapes journellement. Aux éditions Lanore. Dans une même ligne de pensée Cherie Calbom surnommée « The juice lady » en collaboration avec John Calbom capitalise tout comme l’auteur prédécesseur sur les fruits. Elle, c’est sous forme de jus. Jus détox jeûne aux éditions Macro est un guide pour se purifier et éliminer lex toxines encombrantes. On retrouve 70 recettes de jus et smoothies archi délicieux.

L’actualité sportive nous ramène régulièrement des cas de dopage qui assombrissent le bel idéal de Pierre de Coubertin. Seule la performance compte.  Sous la direction du trio formé de Dominique Bodin, Sophie Javerlhiac et Jean-François Renaud voici un essai aux Presses Universitaires de Grenoble qui pose une question fondamentale Se doper ou pas ? On connaît le triste cas au Québec de la cycliste Geneviève Jeanson qui a ébranlé le monde du sport tout entier lorsqu’on a appris qu’elle a accompli ses succès sous l’emprise des drogues. Et pire encore à l’olympisme avec le marathonien canadien Ben Johnson qui a jeté un froid sur toute la planète. Rappelons que le centre anti-dopage du Comité international olympique se trouve à Montréal. C’est d’ailleurs une étude d’une durée de trois ans menée conjointement avec cette dernière qui tire les conclusions de l’essai. Il est surtout question de prévention auprès des jeunes sportifs de la relève.

Les deux titres qui suivent sont lancés aux éditions Vigot. Tout comme l’adulte, le poupon et peut-être plus encore lui, doit ressentir les gestes bienveillants et apaisants du massage. Christina Voorman et le Dr. Govin Dandekar consacrent un livre complet sur le sujet, Massages pour bébé. Évidemment, vu la frêle constitution d’un bébé, on oublie quel que peu la vigueur des mouvements. Il faut voir les binettes des bébés qui semblent connaître une joie sans limite. Mignon comme tout. De leur côté Leslie Kamiroff et Amy Matthews se fendent de Yoga, anatomie et mouvements. Aux éditions Broquet il y a une série du genre de ce livre où on voit la résultante des gestes sportifs sur le squelette et la musculature. C’est le même principe ici mais appliquée au yoga. Pour chaque posture on voit ce qu’elle enclenche sur le corps. C’est détaillé au possible. Il n’y a pas ici de gestuelle inutile.

Quel est celui qui continue à proclamer que la vieillesse est un naufrage ? Certainement en voyant la jolie dame qui illustre en couverture Mince et sexy à la ménopause d’Isabelle Ranchet aux éditions Alpen. Elle-même fille d’un endocrinologue, elle s’est rendue compte lors d’un séjour en Asie, comment l’occident à tout faux par rapport aux modifications physiques de l’être. Elle a donc fouillé le sujet pour développer une méthode en trois volets axée sur la nutrition, le physique, mais surtout le mental. Oui reconnaît-elle d’emblée, la ménopause apporte son lot de transformations. Mais ce ne doit pas être une fatalité.

De tous les mammifères, la femme est la seule qui possède un organe uniquement destiné au plaisir, nous avons nommé le clitoris. Mais malheureusement sous-estimé de la part même des femmes qui entretiennent des inhibitions, notamment pour ce qui est des cunnilingus. Clitologie aux éditions Tabou cosignés par Jordan LaRousse et Samantha Sade explorent à fond le sujet ayant sollicité des avis de bien des femmes. Vous avez là toutes les instructions pour faire monter vos compagnes dans des nirvanas érotiques sans limite.



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