- LIVRES DÉCEMBRE 2015 -
 
 


 


Un facteur important

Voici un roman d’anticipation qui devrait faire la joie du syndicat canadien des postiers, car Le facteur de David Brin valorise la profession comme pas un. Au point de départ, un conflit effroyable a fait en sorte que l’Amérique ne compte plus que quelques survivants. Et parmi eux un comédien vagabond qui va colporter ses histoires pour un quignon de pain. Et un jour il trouvera une veste de facteur qui va changer la donne dans sa vie. Il deviendra une courroie de transmission. Ça changera considérablement la donne de son existence, au point qu’il sera un rempart contre l’adversité malveillante. Quel beau film ça pourrait faire. Avis aux cinéastes en panne sèche.

Le facteur. David Brin. Milady 479p.     www.milady.fr


 


 


Deux abécédaires en un sur les fins dernières

C’est une démarche édifiante qu’a entreprise Claudine Paquet avec deux abécédaires de son cru, l’un L’abécédaire de la dernière semaine et de l’autre côté du livre L’abécédaire de la vie après toi. Dans le premier ce sont toutes les réflexions qui assaillent la narratrice qui accompagne une personne en fin de vie avec la gradation que l’on suppose dans l’émotion au fur à mesure que l’échéance approche. Il y a là des passages poignants. L’autre versant, c’est tout ce qui vient après les adieux définitifs. Vous avez là un ensemble de questionnements et d’états de vie forts intéressants. Nous recommandons vivement ce titre à quiconque se passionne par les fins dernières et la vie après la vie. C’est aux éditions Pierre Tisseyre.


 


 


Une bible de l’histoire du costume

Son nom, Auguste Racinet. Entre 1876 et 1888 il va publier en France Le costume historique qui présente l’histoire du costume depuis l’Antiquité jusqu’à la fin du XIXème siècle. C’était déjà considéré à son époque comme l’ouvrage le plus accompli dans ce domaine. Et il le demeure pour ce grand survol de l’histoire vestimentaire de l’humanité. Les éditions Taschen on eu l’heureuse idée de rééditer ce classique dans sa collection de prestige « Bibliotheca Universalis » dont on prend un soin jaloux au niveau de la présentation graphique. On reproduit exactement les planches de l’édition originale. Quel mine de renseignements pour tous ceux qui s’intéressent au costume, à la mode.

Le costume historique. Auguste Racinet Taschen 752p.    www.taschen.com


 


 


Le dernier amour d’Elvis parle du King

Elvis et Ginger est écrit par Ginger Alden la dernière fiancée d’Elvis. Un exercice d’écriture douloureux pour elle, car lorsque le mythe s’est éteint dans les conditions que l’on sait, sa vie va basculer car elle n’avait aucun statut officiel. Le père du King, Vernon, prit ses distances et n’honora même pas la promesse que son célèbre fils avait fait à la mère de Ginger de régler sa balance hypothécaire. Après la mort du chanteur, Ginger tenta brièvement une carrière de mannequin sur le tard, se maria. Et quand son enfant fréquenta l’université, elle éprouva un vide. Ce qui l’amena à cette idée de raconter ce que fut son quotidien avec ce demi-dieu. Les fans adoreront ces autres anecdotes sur leur idole qui renforce l’idée que l’on se faisait de la générosité d’Elvis.

Elvis et Ginger. Ginger Alden. AdA 461p.     www.ada-inc.com


 


 


Sur la plus belle conquête de l’homme

Ainsi définit-on le cheval. Antoinette Delylle connaît bien cette noble bête au point d’écrire En intelligence avec mon cheval. Ce joli livre est un hommage à la relation entre le cavalier et sa monture. L’auteure qui possède elle-même deux deux juments a déjà publié très souvent sur le cheval dont « L’encyclo de la cavalière » chez Gründ. Dans ce nouvel opus elle explicite tout ce qu’il faut savoir dans l’approche de la bête, comment interpréter le « body language » de cette dernière  Dans quel état d’esprit doit-on envisager les sauts d’obstacles. Et à ce propos, que faire quand le cheval ne veut pas sauter ? Tout plein de trucs.  Elle laisse aussi la parole à d’autres intervenants qui ont une connaissance parfaite de leur sujet. Même ceux qui n’ont pas le projet de grimper sur ce beau quadrupède prendront plaisir à apprendre sur la psychologie du cheval.

En intelligence avec mon cheval. Antoinette Delylle. Vigot 127p.   www.vigot.fr


 




 


Le coin spiritualité

Qautre titres nous amènent cette semaine vers des hauteurs de pensée. Commençons par un exorciste professionnel Ange Rodriguez qui écrit Expert en diablerie, le combat d’un exorciste aux éditions du Cerf. Il a été durant une décennie, l’exorciste du diocèse de Lyon. Il raconte d’une part comment a germé cette vocation bien particulière et ce qu’il a dû affronter à commencer par les démons, il le confirme, existent vraiment. Maintenant il consacre un passage à cet engouement pour le contact avec les anges, dans la tradition new age, dont il dit de se méfier car les démons, très malins, peuvent se présenter à nous comme de bons anges. Le livre est dynamique car c’est un entretien avec le frère Philippe Verdin.

Les deux prochains titres sont chez Bayard. D’abord Pierre-François de Béthune se fait l’apôtre du dialogue interreligieux dans son livre A la rencontre des religions, nouvelles dimensions de la foi. En couverture on le voit justement dialoguer avec le Dalaï-Lama. L’auteur est moine bénédictin attitré à l’Abbaye belge de Clerlande. Parmi son parcours notons qu’il a été consulteur au Vatican pour le Conseil Pontifical interreligieux. Ce moine est très proche spirituellement du bouddhisme et adepte du zen. Cet essai se veut un survol de l’historique des rencontres entre l’Église catholique et les autres religions.

Bruno Cazin a une vie plutôt singulière. Il porte une double casquette, à la fois de médecin et de…prêtre! Il revient sur son cheminement et sa mission dans Dieu m’a donné rendez-vous à l’hôpital. Il pose d’emblée une question dérangeante « Pourquoi chercher Dieu dans les lieux de souffrance ? ». Il fait part de trente années accomplis dans ce double emploi. Maintenant Vicaire général du diocèse de Lille c’est une grande âme qui s’adresse à nous. Il dit entre autres que la précarité de la vie, sa fragilité, nous la rend d’office plus intéressante. Ensuite comment la croyance se positionne lorsque frappe une maladie très grave. A lire sans faute pour se donner à soi des repères. La grande qualité de sa démarche c’est qu’il ne pose pas avec des réponses définitives. Chez lui tout est questionnement, avec quelques certitudes tout de même.

L’Islam occupe une très large place de l’actualité, et pas toujours sous son meilleur jour. On a tendance à faire des amalgames malheureux entre bons musulmans et islamistes radicaux. Pour ceux qui voudraient une clarification toute simple de ce qu’est l’islamisme, voici un court essai superbement bien conçu, L’Islam, regard en coin un essai en collectif sous la direction de Samia Amor, Mohamed Fadil et Patrice Brodeur. On débute par ce que l’Islam pouvait représenter d’exotique au XIXème siècle, jusqu’à l’Islam politique de maintenant. On fait la juste part des choses. Seulement, en toute fin du dernier chapitre, on se doit de reconnaître qu’au passif de la religion musulmane, la femme est victime d’iniquité.


 


 


Tricots spécialement conçus pour les festivités

Les éditions marie claire possèdent un vaste catalogue consacré à la couture et aux tricots. On se surpasse encore une fois avec un guide spécifiquement conçus pour des réjouissances comme le temps des Fêtes, l’Halloween, la Saint-Valentin et quoi encore selon le calendrier propre aux communautés ethniques. Et les propositions sont vastes à titre de cadeaux personnalisés, allant de cupcakes tout en lainage, des débardeurs, des sets de table, coussins. Et ainsi on règle ce grand problème existentiel de quoi offrir à l’être cher.

Tricots de fêtes. Phildar/marie claire  127p.


 


 

Le coin BD

Deux titres cette semaine. De l’illustrissime duo Vrancken et Desberg un autre tome I.R.$. «Options sur la guerre ». C’est la suite de « Plus value sur la mort ». Rappelons pour ceux qui ne sont pas familiers avec cette bande dessinée que son héros est Larry Max l’agent spécial de l’Internal Revenue Service, l’équivalent aux USA de notre fisc. On l’envoie dans toutes sortes de missions. Dans ce seizième album, il va se retrouver au Rwanda avec son assistante, la redoutable Laroya, véritable femme de fer et séduisante au possible. Il doit traquer des trafiquants d’armes qui, excusez le jeu de mots facile, sont armés jusqu’aux dents. Des aventures palpitantes dans la lignée de tous les titres précédents. C’est chez Lombard.

Et chez Dargaud, autre tandem, Philippe Berthet et Zidrou « Le crime qui est le tien ». C’est toute une trame de vie. D’abord le décor est planté, à Dubbo City en Nouvelle-Galles du Sud, continent australien. C’est la ville de Greg, qui voit son retour après vingt-cinq de cavale, recherché qu’il est pour le meurtre vingt ans plus tôt de sa femme, Lee, une blonde sculpturale aux mœurs élastiques. S’il est de retour chez lui, c’est que son frère Ikke, agonisant, lui a avoué être l’auteur du crime. Reste à Greg à faire reconnaître son innocence.


 


 


Un livre que détestera le Vatican

Michel Morin dont il est question ici, n’est pas le journaliste de TVA annonciateur de catastrophe. C’est l’autre, l’humoriste et le scripteur pour la télé, avec sa signature dans « Ici Laflaque », « Les Boys etc ». Il se présente dans un contre-emploi, comme libre-penseur, athée, pourfendeur des idées véhiculées par le catholicisme, dont rien de moins que la virginité de Marie Mère de Jésus. Dans les années cinquante son livre Ne dites pas à ma mère que je suis athée aurait été mis à l’Index, et le type forcé de fuir la Belle Province. Il ravira ceux qui cherchent des arguments dans leur détestation de notre Très Sainte Mère l’Église. C’est une lecture qui ébranle. Quel brûlot, où il replace la vie de Jésus dans son contexte réel. Nous le recommandons fortement aux cathos de droite afin qu’ils puissent confronter les leçons apprises béni oui-oui. Et la qualité de ce pavé dans la mare, c’est que Morin a procédé à une démarche rigoureuse préalable avant de s’en prendre ainsi aux dogmes catholiques et aux Saintes Écritures.

Ne dites pas à ma mère que je suis athée. Michel Morin. Perro éditeur 598p.     www.perroediteur.com


 


 


Le coin santé physique psychique

Est-ce que les rugbymen de l’ex-entraîneur de l’Équipe de France savaient ce qu’ils avaient en face d’eux ? Car le type est un fabuleux connaisseur de la physiologie humaine. Et c’est sans doute ce qui lui a permis de réussir son parcours. Aujourd’hui il est maître de conférences à l’Université Paul-Sabatier de Toulouse. On peut mesurer sa science en lisant sa Physiologie et biologie du sport réédité pour une troisième fois. Première chose à savoir, ce que l’on engage de dépenses énergétiques lors d’un exercice, un mouvement. Ensuite un cours sur la chimie de l’organisme. Vient ensuite un tour d’horizon des systèmes nerveux et hormonaux. Vous avez en complément des questions et des réponses pour vérifier l’assimilation des notions présentées. C’est aux éditions Vigot.

Aux mêmes éditions  Le taping de John Langendoen et Karin Sertel. Il est de plus en plus question de ce traitement de physiothérapie qui a vu le jour il y trente ans au Japon. Il a été institué pour réduire la gêne fonctionnelle et les douleurs articulaires. Dans cet ouvrage on répertorie 160 troubles articulaires et comment ils peuvent être soulagés par cette méthode. Il y a des façons très particulières de poser des bandes de taping qui sont détaillées, photos à l’appui. Assurant ainsi un plus grand confort et la réduction significative des malaises.

Enfin un best-seller universellement reconnu Le miracle du PH alcalin de Robert O. Young et Shelley Redford Young. Publié aux éditions Macro, on traite des effets surprenants qu’il a sur la perte de poids et plus globalement sur la santé en général. Ce classique a été le fruit d’expérimentations élaborées sur des décennies. L’édition nouvelle comprend un chapitre tout neuf sur l’activité physique au vu des derniers développements. Mais l’essentiel de l’ouvrage repose sur les nutriments, l’absorption d’eau alcaline ou ionisée, la désintoxication par l’élimination des impuretés, les compléments alimentaires et les aliments alcalins. Faire en sorte que toutes ces facteurs combinés amènent à l’équilibre du PH naturel.


 


 


Le génocide arménien incarné

Il s’est publié beaucoup d’essais sur le génocide arménien, à l’occasion du 100ème anniversaire de ce premier drame du genre au XXème siècle. Au-delà des ouvrages sociopolitiques, il manquait ce livre qui puisse illustrer ce que cela a pu signifier en clair pour les arméniens. Le voici, L’Arménienne de Gaya Guérian qui retrace ce que ça été pour sa grand-mère et sa mère. On plonge au cœur de l’horreur, comme ce passage à glacer le sang où un turque ordonne à la grand-mère de Gaya,  d’enterrer vivant son nourrisson en lui remplissant au préalable la bouche de terre. Comme elle en a été incapable, elle assistera impuissante à ce qui se déroulera sous ses yeux. Ce devoir de mémoire en dit long sur la nature humaine dépourvue…d’humanité.

L’Arménienne. Gaya Guérian. XO document 267p.   


 


 


Un thriller en Alaska

Alexis Aubenque a déjà une douzaine de romans policiers derrière lui et c’est de plus belle qu’il s’annonce avec un thriller sur fond d’air froid, puisque ça se passe en Alaska. En effet, Tout le monde te haïra nous transporte dans cet état américain nordique où l’on vient de faire la découverte, emprisonné par les glaces. Si on a réussi à récupérer les dépouilles de l’équipage, mystère pourtant du côté de la centaine d’orphelins demeurés introuvables. Il y a aura donc enquête confié à un privé, Nimrod Russell. En parallèle, une lieutenante de police, dans le même bled, doit élucider le cas d’un type pendu par les pieds, retrouvé éventré à l’aide d’un pic à glace typique de ceux dont se servent les inuit. Les deux limiers se croiseront en cours d’enquête. Ils se connaissent déjà car ils ont eu à travailler ensemble au sein du même corps de police. Beaucoup de surprises au menu. Bon ? On est en dessous de la vérité.

Tout le monde te haïra. Alexis Aubenque. Robert Laffont 425p.    www.laffont.ca


 


 


L’art de l’échange avec les chinois

C’est un fait que les occidentaux, particulièrement les québécois, ignorent les subtilités des codes sociaux des chinois. A l’heure où tout le monde se précipite en Chine pour faire des affaires avec ce pays qui est en passe de devenir la première puissance économique mondiale, il y a quelques règles de base à posséder si on ne peut pas faire de gaffes. Nous arrive donc un petit livre utile Comment ne pas faire perdre la face à un chinois d’Anne-Laure Monfret. Cette femme a vécu non seulement huit ans en terre chinoise, mais elle y retourne souvent dans le cadre de ses activités professionnelles. Elle est mieux placée que quiconque pour dispenser de petits tuyaux. Le premier chapitre est le rapport à l’autre ce qu’on appelle « la face ». Par exemple il ne faut pas critiquer ouvertement son interlocuteur ou bien refuser nettement un plat proposé. Tout pour ne pas faire perdre la face de votre vis-à-vis. Utile pour le commerce autant que pour les rapports interpersonnels.

Comment ne pas faire perdre la face à un chinois. Anne-Laure Monfret. Dunod 169p.     www.dunod.com


 


 


Des témoins disent Jésus à la première personne

C’est une démarche intéressante que propose Jacques Gauthier ex professeur à l’Université d’Ottawa avec ce Jésus raconté par ses proches. Il a choisi un angle intéressant, celui de faire parler les témoins de Jésus à la première personne. Cela a l’avantage de dynamiser le texte et rapprochera des lecteurs que rebute la lecture des Évangiles. Cette dimension incarne davantage le Christ dans sa dimension humaine. L’auteur reprend tous les messages christiques bien connus mais dans le contexte du quotidien. Ce livre devrait figurer dans toutes les classes d’enseignements, pour ne pas perdre le fil de notre héritage chrétien.

Jésus raconté par ses proches. Jacques Gauthier. Novalis 227p.


 


 


Un décrypteur d’un code dit inviolable

Il est rare que des éditeurs occidentaux traduisent des romanciers chinois. C’est pourquoi il faut souligner l’arrivée en librairie de L’enfer des codes du chinois Jia Mai qui a travaillé pour les services de renseignement chinois. Il met en scène Rong Jinzhen un génie des mathématiques recruté par une unité secrète du contre-espionnage chinois pour venir à bout du code Purple, menaçant pour les intérêts de la nation. Le gars va demeurer enfermé à plancher pour résoudre l’énigme. Ça fait exactement penser au cas d’Alan Turing, le découvreur du code allemand Enigma, qui changea le cours de la Seconde guerre mondiale. Mais ici, ce qui diffère c’est que le défi sera autre, outre le premier mandat concerné. C’est excellent. Ceux qui adorent les romans d’espionnage sont ici servis sur un plateau d’argent.

L’enfer des codes. Jiai Mai. Robert Laffont 333p.   www.laffont.fr


 


 


La Cour suprême, l’enseignement de l’histoire et la muséologie nouvelle

Trois beaux essais viennent enrichir les connaissances humaines et ces trois titres sortent aux Presses de l’Université Laval. Sous la direction d’Édith Fagnoni et Maria Gravari-Barbas ce sont les Nouveaux musées, nouvelles ères urbaines, nouvelles pratiques touristiques. A l’ère numérique on ne visite plus les musées comme jadis. Maintenant nous sommes dans l’interactivité où on essaie d’interpeler le visiteur. D’où cette interrelation entre la place des musées dans la ville et le tourisme. Cet essai fait le point sur la fréquentation des musées et comment on essaie d’attirer le badaud. Le tout accompagné d’un appareil critique développé. Dans un autre ordre d’idée, de David Sanschagrin étudiant au doctorat en science politique à l’Université du Québec à Montréal, Les juges contre le parlement ? Le non regretté gouvernement Harper on le sait, a défié les principes fondamentaux de justice, s’arrogeant un contre-pouvoir inspiré par une pensée des gens de l’Ouest comme quoi, entre autres, le Québec était de son côté une force antilibérale. On a vu que la Cour suprême du Canada a freiné les prétentions du gouvernement conservateur. Retour en arrière sur une bataille entre le législatif et le juridique.

L’enseignement de l’Histoire du pays à la part du pauvre dans nos programmes d’enseignement, lors même qu’elle est enseignée. Sous la direction de Catinca Adriana Stan nous avons la radiographie de la situation actuelle avec L’histoire nationale telle qu’elle est enseignée dans nos écoles. Elle est par contre maintenant au programme québécois des 3èeme et 4ème du secondaire. L’essai oppose les notions de citoyenneté et de nation. Avec pour conclusion que les deux concepts peuvent être compatibles au vu de l’histoire nationale.


 


 


Des concepts expliqués en un temps record

Dans le créneau des livres de culture générale, en voici un carrément génial. Il s’intitule Histoire mondiale minutes, 200 concepts clés expliqués en un instant de Tat Wood Dorothy Ail. C’est fascinant en ce sens que pour chaque sujet, allant à des sujets aussi divers que l’empereur Maximilien, le régime de la Terreur sous la révolution française ou la vapeur, en passant par l’origine des espèces, on a réussi en une page à dégager l’essentiel de ce qu’il faut savoir. Ça relève presque de l’exploit. Et qu’est-ce qu’on sort de cette lecture plus intelligent.

Histoire mondiale minute. Tat Wood Dorothy Ail. Contre-dires 415p.   


 


 


Des formes marginales de logement

Gaspard Lion s’es intéressé à un domaine pointu, c’est-à-dire, les habitats précaires ou marginaux en région parisienne. Car, on l’apprend dans ces pages, il y a un nombre appréciable de gens qui volontairement ou par des concours de circonstances indépendants de leur volonté, vivent dans les bois ou sous forme de camping prolongé. Il est allé les voir et en tire des leçons de vie et sociologiques. En conclusion il dit que naît des villes invisibles en marge des villes invivables. Ça nous communique aussi beaucoup d’information sur le monde actuel au vu de la précarité des ressources.

Incertaines demeures. Enquête sur l’habitat précaire. Gaspard Lion. Bayard 228p.    www.bayard-editions.com


 




 


Cinq romans qui valent le détour chez Archipel

C’est tout le mérite du catalogue chez Archipel de receler des trésors du côté des romans. Avec son lot de sentiments exaltés, d’aventures qui se succèdent. En voici cinq qui nous arrivent d’un seul coup qui nous embarquent chacun dans leur univers. Le premier titre, L’ombre au tableau est de Susan Hill présentée comme un maître du gothique contemporain. C’est un livre court, mais qui contient de quoi vous donner quelques petits frissons. Un professeur d’un âge vénérable attaché à l’Université de Cambridge, est le détenteur d’un tableau qui possède un côté ensorcelant. Il illustre une scène de carnaval vénitien. A un de ses pupilles, il révèle la somme de ce qui lui est arrivé depuis qu’il en est l’acquéreur. Ensuite le tome 3 des « chroniques d’au-delà du seuil » de Paul Carta ce volume se nommant Les rescapés de la cité maudite. Là on est dans l’aventure pure, avec un jeune garçon qui va errer parmi les ruines de la Cité Maudite qui se trouve sur le continent de Poménia. Ce qu’il ne sait pas, et qu’il découvrira assez rapidement, c’est que se trouve une divinité enfermé dans une statue d’aspect assez grossier. Il va libérer ce dieu en question qui va ensuite le suivre dans un univers qui n’est évidemment plus de son temps. On verra que la divinité qui n’a plus conscience de ses pouvoirs, va causer de petits séismes autour d’elle.

Quel beau titre que le roman de Tamara McKinley « Et le ciel sera bleu » qui est chargé d’espérance. Le décor est implanté en 1939 avec le déclenchement de la guerre en Angleterre. Une mère indigne, Florrie, abandonne sa fille de seize ans, Sally et son jeune frère, Ernie, âgé de six ans, atteint de polio. Quel triste sort. Mais l’adolescente est volontaire et elle prendra soin de son cadet en allant trouver refuge chez un couple au sud du pays. Elle va y gagner sa vie et assurer le quotidien. Ce foyer bien qu’imparfait en raison du caractère ombrageux du maître des lieux, est quand même pas trop mal, et assure une certaine quiétude. Elle trouvera même à s’amouracher d’un beau sapeur pompier. Mais tout cet univers construit de peine et de misère est assombri par l’arrivée de Florrie dans le décor. On vous fait grâce de la suite. Comment Sally réussira t’elle à confronter cette génitrice infâme ?

Douglas Preston que nous adorons avec son personnage d’Aloysius Pendergast agent du FBI, s’écarte de son enquêteur fétiche, le temps de nous transporter dans l’univers de la conquête de l’espace. Le projet K est le titre donné à une mission qui a pour but de sonder la mer de Kraken, une grande étendue d’eau d’une des lunes de Saturne, baptisée Titan. Et comme c’est dans l’infini cosmique, on a créée pour ce faire une sonde artificielle nommée Dorothy. La personne qui a mis au point ce logiciel est Melissa Shepherd. Un peu comme pour Frankenstein, la créature va défier son maître. Et c’est ainsi qu’à la faveur d’un « bug » informatique, Dorothy va se perdre sur la Toile avec le risque de se détourner au profit de plans malveillants. C’est tout un thriller scientifique qui nous est soumis pour la récréation de nos bons esprits.

Il y a par ailleurs de quoi être dérouté à la lecture de l’argument de Mélanie Rose pour son roman Retour sur terre. Imaginez que vous sautiez en parachute à 15h, et qu’une fois rendu au sol il est 21h.30! Et ce n’est pas tout. Vous apprenez du coup que vous êtes réputée portée disparue depuis six ans et activement recherchée. Comment tout ceci a-t-il pu se produire ?  On est dans la science-fiction et la romancière joue habilement de la notion d’espace temps. C’est un tour de force à sa façon. Et on imagine très facilement une adaptation fabuleuse au grand écran.


 


 


Pour bien comprendre Woody Allen

Le saviez-vous, Woody Allen est maintenant entré dans le club des octogénaires. Et il ne cesse de fasciner, ne serait-ce que par sa lucidité désopilante. Il a fait du drame humain le matériau de son humour incomparable. Ava Cohen qui connaît bien l’homme et son œuvre nous le présente dans Profession : cynique. Ce n’est pas une biographie conventionnelle à proprement parler, avec des pans de sa vie bien sûr, mais comment des actes de sa vie expliquer sa démarche artistique. Comme le manque d’affection venant de sa mère,  a contrario du modèle de la mère juive possessive et aimante. C’est un bel éclairage sur ce créateur de génie, adulé comme détesté. Bref, il ne laisse pas indifférent.

Woody Allen, profession cynique. Ava Cohen. L’Archipel 278p.    www.editionsarchipel.com


 


 


Activités paranormale et grandes épidémies

Deux titres sortent chez Pages ouvertes, l’éditeur à vocation encyclopédique. John Norton publie Activités paranormale, histoires vraies. Quand on pense que l’homme utilise à peine les ressources de son cerveau, on ne s’étonnera pas, que d’autres, mieux disposés possèdent des dons particuliers. L’auteur, dans une démarche très sérieuse, expose des faits troublants. Même les esprits peuvent mobiliser nos téléphones intelligents. C’est dire comment l’Au-delà se modernise! Même les incrédules seront remués devant tant de faits intrigants. De son côté, Jessica Stone fait le tableau des Grandes épidémies mortelles. Et Dieu sait que la liste est longue, allant de la légionellose , au virus d’Ebola, en passant par des maladies moins connues comme la leishmaniose. Pour chacune des pathologies, l’auteure décrit d’abord le processus de transmission et son historique.


 


 


De belles propositions de colil oriages

Aux éditions Galapagos, voici de quoi vous occuper côté coloriage. En effet, ce sont quatre petits albums, chacun avec une thématique particulière, « Porcelaines et assiettes »,  « Trophées et animaux » « Bouquets et fleurs » et « Souvenirs de voyages ». Ces carnets déco comportent des pages détachables que l’on colorie à souhait selon son imagination. Ensuite on peut les encadrer et exposer ainsi son talent à la multitude. Le concept l’emprunte beaucoup aux mandalas orientaux qui, on le sait, ont des propriétés curatives au plan psychologique.


 



 


Le coin Miam miam

S’il y a une chose à inscrire au bilan positif de notre Belle Province, c’est bien la vitalité de nos micro-brasseurs. Pour s’en rendre compte, il n’y a qu’à jeter un coup d’œil à la réédition du Guide d’achat des bières au Québec de Philippe Wouters qui est devenu la référence en la matière. Cette année ce ne sont pas moins de 220 bières qui sont passées à la lorgnette de l’expert et réputé éditeur de « Bières et plaisirs » le média en importance pour ce qui touche au monde de la bière dans la francophonie. Nouveauté, l;a classification change. Ce sont désormais des capsules sensations et non par styles. Ici il confère à la bière une noblesse qui la rapproche quasiment du vin. C’est chez l’éditeur Broquet. Ce même éditeur qui lance de Nicolas Moreau dit le cuisinier paresseux, Cuisine pour étudiants. Ils ont pas mal évalué ces derniers qui ne se contentent plus de la légendaire boîte de « Diner Kraft ». Vous avez là un ensemble de suggestions alléchantes convenant évidemment aux petits budgets, des soupes repas simples de préparation, des pâtes et leurs déclinaisons, un bar à smoothies, des garnitures à sandwiches. Quel étudiant boudera un ravioli à l’orange et cheddar fort ?

Chez Mango, deux bouquins consacrés strictement aux gâteaux. Et les deux avec la même auteure, Marie-Laure Tombini. Vous avez Gâteaux décorés et Gâteaux de fête. L’objectif avoué de la titulaire de ces merveilleux ouvrages, est que vous en arriviez à vous élever à des niveaux appréciables de progression. Les deux livres sont indispensables, même si parfois les techniques ou les finitions se recoupent. Quelqu’un qui s’aviserait d’assimiler complètement la somme des conseils qui s’y trouvent, se retrouve automatiquement dans la cour des grands. Un véritable chef pâtissier. Et côté iconographique, on n’a lésiné sur rien pour qu’une image plus qu’ailleurs vaille mille mots.  


 


 


Un petit livre tellement utile

Marie-Françoise Loock ne le sait peut-être pas, mais il faut la ranger au rang des bienfaitrices de l’humanité. Car son Dico trucs qu’elle a pondu recèle pas moins de 3000 astuces (vous avez bien lu) pour venir à bout de pleins de contrariétés domestiques. Exemple, comment se débarrasser de l’humidité et de son odeur qui l’accompagne. Tout simplement en disposant ça et là des petits récipients dans lesquels que l’on remplit de farine de moutarde, qui a la propriété d’absorber l’humidité.

Dico trucs. Marie-Françoise Loock. Archipoche 766p.   www.archipoche.com


 


 


Histoire de meurtre chez les nazis

Un regard furtif de la photo de la couverture de L’homme de Berlin donne à penser a un livre de nature biographique. Il n’en est rien. C’est un roman de grande ampleur de Luke McCallin un britannique qui a travaillé durant plus de deux décennies pour le compte des Nations-Unies, notamment dans les Balkans, où il plante le décor de son ouvrage. Nous sommes en 1943 à Sarajevo. On a découvert les cadavres d’un officier allemand et d’une jeune journaliste bosniaque colletée aux oustachis, ces alliés fidèles aux nazis et qui réussirent même à stupéfier la Gestapo dans le registre de l’horreur. Une enquête est ouverte avec mention prioritaire. Débarque Gregor Reinhardt un membre de l’Abwehr, le service de renseignements de l’armée allemande. C’est un nazi, mais pas plus convaincu qu’il ne faut, même distancié par rapport au gouvernement du Reich. C’est un militaire de carrière. Son enquête l’amènera à des rebondissements surprenants. C’est un roman très solide qui a été finaliste cette année au Prix du Roman historique en Grande-Bretagne.

L’Homme de Berlin. Luke McCallin. Éditions du Toucan 569p.    www.editionsdutoucan.fr


 


 


Des grands classiques superbement reliés aux éditions Caractère

L’autre jour, moment magique à l’émission « La grande librairie » avec un tête-à-tête exclusif avec Gérard Depardieu, qui profita de cette tribune consacré au livre pour clamer son amour de la lecture, de le faire partager. Il raconta comment les grands classiques lui ont en quelque sorte sauvé la vie. C’est si vrai. Si vous avez envie de lâcher l’ordinateur et le téléphone intelligent, renouez avec la grandeur des beaux textes. Deux propositions nous sont offertes avec l’éditeur La bibliothèque des classiques, repris chez nous par les éditions Caractère,  qui lancent l’intégrale illustrée de l’œuvre d’Edgar Allan Poe et de Victor Hugo, ses deux immortelles que sont « Les Misérables » et « Notre-Dame de Paris ».  Ces deux ouvrages sont magnifiquement reliés d’une part, les textes imprimés sur papier bible avec le cordon pour marquer le passage où vous vous êtes arrêté. C’est du bel ouvrage comme on dit communément. Vous êtes alors en communion avec des textes de très haut niveau. Et quels enseignements sur la psychologie humaine. A voir ces beaux volumes on croirait devoir payer un prix de fou. Au contraire, chacun ne dépasse pas trente dollars! Toute une aubaine.


 


 


Une adaptation de la guerre des tuques

Nicholas Aumais aux textes et Fil (Phil Arseneau Bussières) ont conjugué leurs talents pour la réalisation d’un album illustré, La guerre, la guerre c’est pas une raison pour se faire mal adapté du scénario original de La guerre des tuques, le film culte jeunesse produit par Rock Demers. L’histoire est connue et touchante où on s’affronte gentiment au sein d’une bande d’amis. On remarquera en dominante les superbes illustrations. Un beau conte à lire aux jeunes têtes pour les aider au dodo.

La guerre, la guerre c’est pas une raison pour se faire mal! Nicholas Aumais, textes, Fil aux illustrations. Bayard     www.bayard.ca


 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

En ce moment où la radicalisation de certains individus attirés par le djihad fait un peu peur, au point même que la Ville de Montréal a senti le besoin d’ouvrir un bureau de prévention sur le phénomène. Mais que dire à un adolescent qui semble revenu de tout et vulnérable au sujet du terrorisme ? Arrive à point nommé Lettre à un adolescent sur le terrorisme de Daniel Oppenheim chez Bayard, qui porte la double casquette de psychiatre et de psychanalyste. Dans ces pages, il donne un cours de ce que c’est que la radicalisation en soi et quels propos employer envers son jeune. Éclairant au possible et faisant bien voir les dangers.

Aux éditions Béliveau de Marie-Claude Roy, Jamais sans mon chien. C’est un assemblage de 40 récits qui sont autant des leçons de vie sur la part qu’à pris le meilleur ami de l’homme comme on définit le chien, dans la vie des gens. Ça tombe bien, au moment où la législation québécoise a aboli le statut de bien meuble dans le Code civil au sujet des animaux de compagnie. Ceux-ci ont donc une sensibilité reconnue.

Le naturopathe Nelson Labbé publie le tome 2 de sa vaste recherche « Ces émotions qui rendent malades » intitulé « Les yeux, le miroir de l’âme ». Il pourrait ajouter, des maladies aussi, car c’est après en auscultant l’iris attentivement, qu’il est parvenu à diagnostiquer moult pathologies. Car comme il le dit au sujet de sa découverte, les émotions sont enregistrées comme des codes dans le corps qui déboucheront sur des maladies. A ceux qui sont sceptiques, le spécialiste en santé oppose une recherche fouillée, assez impressionnante au demeurant. Aux éditions de l’iris.

Et si l’amour posait problème ? Telle est la question posée par Adrian Ingerson C’est un diplômé de l’Université de Stockholm et qui exerce à Paris. Son ouvrage Docteur Love est une adresse aux femmes qui désespèrent de ne pas trouver l’amour, ne se considérant pas souvent à la hauteur. Il décortique d’abord ce qu’est mécaniquement ce désir d’amour et comment des femmes ratent le coche. C’est rédigé avec énormément d’humour. Aux éditions Robert Laffont.


 





 


Le coin santé physique psychique (2)

C’est un cas vécu que raconte Don Miguel Ruiz, le sien, coécrit avec Barbara Emrys. On connaît assez bien le premier pour son best-seller « Quatre accords toltèques ». En 2002 il sera victime d’un arrêt cardiaque qui va le plonger dans un coma pour neuf longues semaines. Sa mère qui est chamane va accourir à son chevet et avec l’aide d’un groupe réunit autour de son fils, débutera une série d’incantations. C’est à cette occasion que le bénéficiaire de ce traitement spécial, prendra conscience de la vision toltèque de l’existence. Car le rituel organisé avait pour but qu’il reprenne son corps. Cette expérience mystique hors de l’ordinaire a pour titre L’art de vivre et de mourir des toltèques chez l’éditeur Guy Trédaniel.

Et pour demeurer dans la même sphère, le même éditeur lance de Don José Ruiz « Mon ami le serpent à sonnettes coécrit avec Tami Hudman. C’est un approfondissement de la connaissance de la spiritualité toltèque. Le serpent dont il est ici question, est un de ces mythes propre à la civilisation d’Amérique latine, le mythe de Quetzalcoatl, le serpent à sonnettes qui va se métamorphoser en serpent à plumes et monter au ciel. Vous avez ici des récits qui ont tous en commun d’être axé sur la notion de croire en soi. Des lectures qui nous interpellent continuellement.

Trois titres cette fois aux éditions du Dauphin Blanc. A commencer par les deux tomes de Points de bascule d’Annie Laforest. L’auteure se définit commune passionnée de la démarche humaine et est à la tête d’une organisation de conférenciers en croissance personnelle. Et à cet effet, les deux tomes rassemblent les témoignages de 22 personnalités du développement personnel, de la spiritualité et du mieux-être qui viennent nous dire ce qui a constitué le point tournant de leur vie.

On connaît l’adage qui dit qu’on est souvent le pire ennemi de nous-mêmes. C’est à quoi s’attache Mike Robbins dans Transformez-vous et tout changera! C’est un guide, dit-on, pour apprendre l’auto compassion et mettre fin à l’auto sabotage. Il consacre un chapitre important à ce qu’on nomme le syndrome de l’imposteur, où même des gens qui réussissent, ne croient pas mériter ce qu’ils ont, que ce qui leur arrive est une tromperie. Toute l’approche est basée sur la confiance en soi manquante.

Aux éditions contre-dires cette fois, un petit ouvrage touffu, Psychologie minute on si vous voulez, 200 concepts expliqués en en aussi peu qu’une page chacune. Comme vulgarisation c’est difficile à battre. On passe tour à tour de la psychologie sociale aux sept péchés de la mémoire, en allant vers le traitement des informations et les aires cérébrales.


 






 


Sept essais percutants aux Presses de l’Université Laval

Une jolie cuvée atterrit sur les rayonnages des librairies en provenance des Presses de l’Université Laval. Le Quartier des spectacles et le chantier de l’imaginaire montréalais du trio Simon Harel, Laurent Lussier et Joël Thibert. Le trio décrit ce projet comme la montréalité du XXIème siècle. Il a le mérite d’être le premier ouvrage traitant de cette entreprise qui a mobilisé tant le monde des affaires que culturel de la Métropole. Le lecteur prendra connaissance de la genèse de ce projet porteur, ambitieux et qui n’a pas manqué d’embûches. On aura réussi à redonner un second souffle au Red light qui était devenu moribond. La question autochtone redevenue dans l’actualité plus que jamais, nous oblige à un devoir de mémoire. Voici servi sur un plateau d’argent par l’historien James Daschuk de l’Université du Manitoba, La destruction des indiens des plaines. Horrible constat où se succède des méthodes génocidaires comme des famines préméditées dignes de ce que Staline fera plus tard pour exterminer les ukrainiens. De grands chapitres sont consacrés entre autres aux maladies apportées par les blancs dont la variole, si dévastatrice. On comprend mieux au final, les revendications légitimes de ces peuples fondateurs brimés.

Une preuve que l’on peut être intellectuel et pas triste, est de lire Dollars et sexe de l’économiste Marina Adshade qui enseigne à l’Université de la Colombie-Britannique en même temps qu’elle est journaliste spécialisée dans son domaine de par ses collaborations à diverses publications dont le Globe and Mail. Son ouvrage démontre la corrélation ayant lieu de tout temps entre le sexe et l’argent. Et parfois elle se meut en anthropologue, lorsque notamment elle brosse l’historique et la raison d’être du mariage qu’elle étiquette avec sarcasme de « belle institution ». Elle a un blogue qui porte d’ailleurs le même titre que son livre. Elle répond du coup aux interrogations sur les choix sexuels que l’on fait en fonction de son portefeuille. Et comment l’économie bénéficie de l’union de deux personnes.

La somme des nouvelles recherches francophones sur l’Histoire de la santé aux XVIIIème-XXème siècles un titre en collectif sous la direction d’Alexandre Klein et Séverine Parayre. Le thème exploite tout ce qui touche de loin à la santé publique, incluant la salubrité. On peut lire un passage où une enseignante se plaint du froid de son logis, craignant l’apparition de maux. C’est à ce jour, la recherche la plus pointue faite en langue française réalisée avec le soutien du Réseau de recherche en santé des populations du Québec. Neuf mille ans d’histoire de l’alcool, c’est tout un bail que nous raconte avec brio Rod Phillips qui est très impliqué comme chroniqueur vin et professeur d’histoire à l’Université de Carleton sur les aliments et les boissons. On vérifie combien a été conflictuel le rapport des sociétés envers l’alcool, un rapport souvent amour haine. A une époque, consommer de l’alcool était plus sécurisant que de boire de l’eau, ailleurs un apaisant aux tensions sociales, et son contraire, une boisson maudite amenant une dégénérescence. Que d’anecdotes, comme une législation plus ouverte en Angleterre qui permit au milieu du XIXème siècle, de créer en moins de six mois plus d’une vingtaine de milliers de brasserie à travers toute la Grande-Bretagne et le Pays-de-Galles.

Ça ne peut mieux tomber au moment où le Canada s’apprête à accueillir vingt-cinq mille réfugiés syriens, un essai sur L’étranger au prisme des cultures qui est en fait les actes du cinquième colloque international placé sous l’égide du Groupe de recherche interdisciplinaire sur les cultures en contact. Ce travail exhaustif aborde la migration sous plusieurs volets. Nous devons la coordination du travail d’édition à Mourad Ali-Khodja professeur titulaire de sociologie à l’Université de Moncton. Quel beau dilemme pour ceux s’intéressent à la prospérité financière, quand on sait que le vice s’avère pourtant payant comme la prostitution et le jeu. Les pouvoirs publics comme dans le cas du tabac, ont des positions ambigües, condamner ou autoriser ? Dans le cas des loteries, les gouvernements ont carrément remplacé la mafia. Marcel Martel retrace l’histoire de cette zone d’ombre où puritanisme est en conflit avec la finance dans Une brève histoire du vice au Canada. L’auteur est professeur à l’Université York.


 


 


L’éblouissement d’un style

Avant même d’entrer dans le vif du sujet, sachez qu’avec L’angoisse du paradis de Yann Fortier directeur du World Press Photo à Montréal, vous vous trouvez devant un roman accompli mais surtout en face d’un style éblouissant, en ce sens qu’avec une économie de mots, il place ceux-ci à la bonne place avec une maestria qui aboutit à un genre éclatant. C’est un ouvrage qui a tout le parfum de l’Europe de l’Est, de la Roumanie à la Russie. Deux personnages à découvrir, Ivan Zolotov, un historien, né durant la Seconde guerre mondiale et qui pour nous devient le narrateur de sa vie, entre la Russie de l’Union soviétique et sa transformation, et Nicolaï Stinghe, le roumain, descendant d’une vieille famille toute entière consacrée au grand Cirque Volant. Ce dernier aura la douleur de voir son frère fusillé pour trahison. Deux climats, et encore une fois un seul style mais qui fait figure de classe de maître.

L’angoisse du paradis. Yann Fortier. Marchand de feuilles 231p.   www.marchanddefeuilles.com


 


 


Un limier émérite qui reprend du galon

Est-ce une mode ? C’est qu’on ne compte plus le nombre de romans policiers qui mettent en scène un enquêteur à la retraite. Et alors qu’il croit qu’il peut jouir d’un repos bien mérité, voilà qu’il est appelé à reprendre du service pour élucider des crimes, généralement en série, pour lequel on ne vient pas à bout du triste sire auteur de ces meurtres. C’est exactement le scénario de Péchés capitaux de Jim Harrison qui nous présente l’inspecteur Sunderson qui pense qu’il va couler des jours paisibles dans son bungalow du Nord Michigan. Il va arriver que ces voisins sont épouvantables, défiant les lois en place. Et comme un malheur ne vient jamais seul, au moment de la saison de pêche qu’il adore, voici qu’on assiste à des meurtres successifs. Et qui mandate t’on ? Le romancier est un vétéran qui nous conquiert par, non seulement l’histoire policière, mais aussi parce qu’en cours de pages, le protagoniste y va de commentaires sur tout et rien, allant des jeux vidéos qui le dépasse aux mœurs des grands écrivains américains. Un quatre étoiles et demi.

Péchés capitaux. Jim Harrison. Flammarion 350p.   


 


 


Une grande épopée de l’Histoire de France

L’Histoire de France regorge de tellement de hauts faits qu’il est malin celui qui peut dire laquelle période fut la plus faste. Il y a peu de temps, la série Secrets d’histoire animée par Stéphane Berne, consacra une de ses émissions à la figure extraordinaire d’Aliénor d’Aquitaine qui vécut octogénaire, et qui occupa la Couronne de France et celle d’Angleterre. Elle eu pour époux Henri II Plantagenêt, un guerrier inépuisable qui eu pour fils, autre pointure, Richard Cœur de Lion. Les chevaliers de la Table Ronde ça vous rappelle quelque t’il quelque chose ? C’est toute la dynastie des Plantagenêts qui vous est offerte sur un plateau d’argent par l’historien spécialiste de l’histoire médiévale, Dan Jones. C’est du grandiose. Ça vaut une centaine de romans à elle seule cette saga, avec ses grandeurs et hélas beaucoup de bassesses. Que de tueries et de tortures. Et vous verrez qu’en la matière on ne manquait pas d’imagination, comme d’extorquer toutes les molaires à un pauvre bougre pour lui extorquer de l’argent.

Les Plantagenêts. Dan Jones. Flammarion 654p.   


 


 


La difficile cohabitation juive et musulmane

Quel beau roman qu’Avant la haine de Thierry Cohen qui oppose deux personnages, Raphaël le juif et Mounir le musulman, tantôt frères, tantôt ennemis. Chaque chapitre est consacré à l’un et à l’autre. C’est plus qu’une histoire romancée, c’est quasiment un traité sociologique par le biais de la fiction. Cohen nous apprend plus de cette façon que tout ce qu’on peut lire sur le conflit israélo-palestinien. C’est un livre fort avec des passions exacerbées. On ne sort pas de lecture ture indemne. Et qui nous fait mesurer comment les religions divisent plus qu’elles unissent au nom d’Allah et de Yahvé selon le camp qu’on occupe.

Avant la haine. Thierry Cohen. Flammarion 669p.   


 


 


Roger Brulotte l’ami de tous

L’ancien commentateur des matchs des Expos et actuel chroniqueur à TVA Sport et au Journal de Montréal est sans doute un des rares hommes à avoir le carnet d’adresses le mieux garni au Québec. Ce qu’il en a vu et connu des gens, non seulement riches et célèbres, mais des petites gens aussi qui aiment sa personnalité empathique à nulle autre pareille. Rodger Brulotte a senti le besoin de consigner des anecdotes en carrière. C’est chose faite dans Bonsoir. Ce livre n’a d’autre prétention que d’éveiller des souvenirs remarquables. Comme cet ascenseur en panne dans un couvent de Rome qui lui a fait retarder l’audience publique avec le pape Jean-Paul II qui s’était rappelé le stade Olympique et…Céline. Ses rencontres entre autres avec Bill Clinton avec qui il a parlé du sort des Expos, et le prince Albert de Monaco qui s’était souvenu de lui alors qu’il avait séjourné jadis un assez long moment à Montréal. Ami loyal, c’est le « chum » merveilleux qui prend le temps aussi de décrire ses liens indéfectibles avec des gars comme Ménick, le barbier des sportifs. Si ce livre a une autre utilité, c’est comment on se fait des amis et comment les garder.

Bonsoir. Rodger Brulotte. Les éditions de l’Homme 217p.   


 


 


Aux amateurs de généalogie

Presque au même titre que l’horticulture, un nombre impressionnant de québécois sont fanas de généalogie. Rappelons-nous cette époque d’antan où des colporteurs vendaient de portes à portes les bouquins de généalogie de la maison Drouin. Les éditions de l’Homme voyant que l’intérêt demeure, publie du linguiste Roland Jacob et en deux tomes, Votre nom et son histoire. Si ce nom vous rappelle quelque chose, c’est que l’auteur est aussi connu pour cet ouvrage de référence « Ma grammaire » coécrit avec Jacques Laurin. Vous ave des tableaux de descendances et des liens entre des noms de famille. On s’aperçoit que le Québec est tricoté serré. Et nous demeurons pantois devant ce travail d’érudition qui a demandé des heures incalculables de recherches dans les baptistères et grimoires.

Votre nom et son histoire. Les noms de famille au Qébec. Roland Jacob. Les éditions de l’Homme 335p.    


 


 


Le Tricolore, son histoire en majesté

En feuilletant ce gros pavé réédité, La glorieuse histoire des canadiens on pense à ce passage de notre hymne national le Ô Canada dans lequel il est dit « Ton histoire est une épopée »  eh bien c’est ça le club canadien, une épopée. Cosigné par MM  Léandre Normand et Pierre Bruneau vous avez là non pas un survol, mais l’histoire absolument complète de ce club qui a fait du hockey notre sport national, vénéré à un statut comparable à une religion. Il s’est même écrit des thèses théologiques en analogie de ce que signifie pour nous, le Bleu Blanc Rouge et le peuple. C’est beaucoup plus qu’un livre d’histoire du club mythique, c’est aussi un ensemble de statistiques complètes avec notamment les fiches complètes de tout ceux qui ont porté le chandail avec le grand CH. C’est absolument sensationnel et sans doute le plus beau cadeau à offrir aux Fêtes à un mordu du club.  La réédition parait en même temps que la sortie aux éditions La Presse des « 50 matchs de hockey qui ont marqué le Québec » du journaliste du quotidien La Presse, Philippe Cantin. Pour revenir à cette glorieuse histoire des canadiens, applaudissons haut et fort les éditions de l’Homme qui n’ont ménagé aucun effort pour garnir l’ouvrage encyclopédique de riches illustrations, tout comme le soin à la présentation graphique. Décidément c’est LE livre de référence des Canadiens de Montréal.

La glorieuse histoire des canadiens. Léandre Normand et Pierre Bruneau. Nouvelle édition revue et augmentée. Les éditions de l’Homme 935p.


 


 

Une nouvelle traduction de Joshua de Mordecai Richler

Saluons les éditions Boréal qui ont entrepris la réédition de grands titres de Mordecai Richler dans une nouvelle traduction qui se veut plus fidèle à l’esprit de la version originale en langue anglaise. On doit cette réadaptation linguistique à Lori Saint-Martin et Paul Gagné. Pour le plaisir nous avons ressorti une édition antérieure, et effectivement la restauration est réussie. Car l’écueil avec les traductions en français de l’anglais, c’est qu’elles procèdent de tournures de pensées qui ne sont propres qu’à ceux dont le français est la langue maternelle. Et en général la règle veut que l’on confie à des anglophones qui maîtrisent notre langue de faire ces traductions. C’est tout à l’honneur de nos deux traducteurs francophones d’avoir relevé le pari de traduire en collant au plus près du texte premier. Pour ceux qui n’ont jamais lu ce roman, rappelons que c’est l’ascension d’un petit gars de la rue Saint-Urbain qui emballe la fille d’un sénateur. Mais un peu comme pour le complexe d’Icare, la montée se rapproche un peu trop du soleil. Un chef-d’œuvre en son genre que l’on prend toujours plaisir à lire et relire. C’est même un classique de la littérature canadienne anglaise.

Joshua. Mordecai Richler. Boréal 557p.     www.editionsboreal.qc.ca


 


 


D’autres regards sur l’Église catholique

Un journaliste de la revue The Economist mettait en garde les lecteurs dans sa recension de Mission sur Terre de Robert Calderisi en disant que « ses détracteurs seront mal à l’aise avec son énumération élogieuse des bonnes actions de l’Église ».  On n’avait nul besoin finalement de cette précaution, car quand on parcourt l’ouvrage, l’auteur fait constamment les nuances nécessaires. Son essai montre que si en Occident l’Église est mitraillée de toutes parts, dans les pays émergents, au contraire, on apprécie son action au plus près de l’Évangile. Pour établir son constat, cet économiste brillant qui a bossé pour le gouvernement canadien, l’OCDE et la Banque mondiale, il a fouillé dans nombre d’archives et interviewé plusieurs témoins dont des cardinaux.

Mission sur Terre. Robert Calderisi. Fides 318p.    www.groupefides.com


 


 


Le Golem, de Prague à Hollywood

Si le titre Le Golem d’Hollywood  vous intrigue, sachez que le mot Golem désigne cette figurine mythologique de la culture juive praguoise, censée servir de rempart contre les forces malveillantes. C’est à l’occasion d’un séjour dans la capitale tchécoslovaque, que Jonathan Kellerman a trouvé l’inspiration, en transposant cette symbolique dans la capitale du cinéma. Mais il a tenu à s’engager dans cette aventure en s’adjoignant son fils Jesse. Avec au final une rocambolesque aventure policière pleine de rebondissements. C’est si enlevant que le grand Stephen King lui-même a senti le besoin d’applaudir en écrivant ce qui suit « Ce livre ne ressemble à rien de ce que j’ai lu jusqu’ici. Il m’a à vrai dire,  coupé le souffle. »  C’est vrai que le filon est passionnant qui commence par la découverte d’une tête sans tronc et qui aboutit à une vengeance ancestrale qui se perpétue au fil de l’Histoire. Leur écriture tutoie l’excellence.

Le Golem d’Hollywood. Jonathan et Jesse Kellerman. Seuil 558p.    www.seuil.com


 


 


Une figure patrimoniale méconnue de la caricature québécoise

C’est certain qu’avec un nom comme Baptiste Ladébauche, il y a de quoi attirer l’attention sur soi. Surtout su XIXème siècle au Québec qui a vu naître ce personnage issu de l’imagination d’Hector Berthelot et qui sera ensuite repris ensuite par d’autres talents. Et même au phonographe qui a capté pour l’éternité la voix de cette créature très typique de l’habitant d’antan. C’est l’ancêtre de la caricature québécoise qui a surgi à travers les journaux d’opinion, époque bénie où on pouvait encore tout dire sans passer pour un porteur de jugements de valeurs. Quand la caricature sort du journal est un magnifique tribut érudit à cet emblème, dû au travail coordonné par Micheline Cambron et Dominic Hardy. Et avec la collaboration de Nancy Perron. Loin d’être un dévoyé comme son patronyme le laisse entendre, il est au contraire rempli de belles valeurs et un être tendre, surtout envers sa compagne Catherine, loin d’être une Donalda. A découvrir non sans émotion.

Quand la caricature sort du journal. Baptiste Ladébauche 1878-1957. Collectif. Fides 323p.     www.groupefides.com


 


 


Collection « Pied du monde » à découvrir

Nous parvient des éditions du Mérite, deux titres de la collection intitulée « Pied du monde ».  On ne détaille pas sur  l’orientation que se donne l’éditeur avec ces titres, mais il nous semble qu’on privilégie des climats exotiques. Comme le fait Régis Delène Bartholdi (pour la petite histoire arrière-petit-neveu du créateur da la statue de la Liberté) qui dans L’île d’elle nous fait voir un peintre qui emmène sa douce dans une île déserte. Elle est toute fondue à lui. C’est la fusion parfaite. Ceux qui ont de l’acrimonie en regard des relations homme femme, ont tout intérêt à regarder de ce côté où l’homme exprime de grandes tendresses. Les lectrices vont adorer qui vont voir dans ce protagoniste, le mâle idéal, viril et sensible à la fois.
Tandis que de son côté, l’écrivain d’origine camerounaise Michel Tagne Foko raconte cet homme très attaché à sa mère. Nous sommes à Paris. Il sait que sa mère a une admiration sans bornes pour un écrivain américain en renom. A l’occasion des cinquante ans de sa maman, il va lui offrir un rêve éveillé, à savoir de rencontrer à New York son idole en chair et en os. C’est un voyage à saveur initiatique qui va laisser une grande empreinte. De l’autre côté de l’Atlantique a un côté très cinématographique. A vous de coller des images dans vos têtes, le décor est planté, magnifiquement.


 


 


L’épineuse question des criminellement non responsables

Au moment d’écrire ces lignes, nous sommes à quelques jours de la connaissance du nouveau verdict touchant l’ex cardiologue Guy Turcotte accusé d’avoir poignardé à mort ces deux bambins et qui comme on le sait, avait été acquitté lors d’un premier procès à remous, au titre de criminellement responsable. C’est un constat qui revient trop souvent dans les salles de cour où les avocats de la défense, s’en remette à cet alibi pour alléger la sentence. Ginette Pelland aborde ce thème par le biais d’un autre cas illustre au Québec, celui de Marc Lépine, le tueur de Polytechnique dont on a tellement spéculé sur les motivations. Des meurtriers parmi nous est une fabuleuse étude qui fait la démonstration qu’à force de recourir à de tels plaidoyers et verdicts, on déresponsabilise totalement le criminel en titre ou en devenir.

Des meurtriers parmi nous. Réflexions autour de la tuerie de Polytechnique. Ginette Pelland. Liber 200p.  


 


 


Un herbier rien que pour soi

Voici un cadeau qu’aurait fort apprécié en son temps le Frère Marie-Victorin, fondateur du Jardin botanique de Montréal. Mon herbier est un beau coffret, renfermant un guide botanique qui fait la notification des feuilles les plus courantes que l’on puisse trouver sur sa route, et l’herbier proprement dit, qui à la forme d’un agenda, relié spirale ce qui facilite la consultation, et dans lequel on colle ses trouvailles. C’est un beau cadeau pour qui aime la nature et sa préservation.

Mon herbier. Texte Michel Luchesi sur des illustrations de Anna Emilia Laitinen. Rustica.


 


 


Quand ligoter son partenaire de lit procure jouissance

Le bondage est une fantaisie érotique qui réclame deux joueurs, un(e) dominant(e)et un (e)dominé(e) le premier tirant son plaisir de ficeler de mille manières l’autre qui, trouve son orgasme à se soumettre aux volontés du maître. Si ces pratiques vous titillent, voici un bouquin, Le bondage érotique qui vous en fera connaître les tenants et aboutissants, signé Chanta Rose. On sait qu’au Japon, cette particularité sensuelle trouve de nombreux adeptes, qui a traversé les océans pour se rendre à nous. Essentiellement illustré, vous saurez comment ligoter votre vis-à-vis.

Le bondage érotique. Chanta Rose. Tabou 141p.    www.tabou-editions.com


 




 


Le coin de la spiritualité

Un petit trésor accroche notre attention, La grande aventure initiatique de Dominique Schmidt que l’on présente comme une nature rebelle. Après avoir bourlingué un peu partout sur la planète durant plus quatre décennies, il a établi ses pénates dans les Cévennes où il est à tête d’un centre de recherche sur la nouvelle conscience. Ila trouvé le temps d’écrire ce guide qui tente d’exposer comment on peut adapter au monde moderne, et avouons-le, un peu fou, les principes fondateurs illustrés dans le fameux roman Siddhârta d’Herman Hesse. Toujours avec pour objectif ultime de trouver son Soi sans se dénaturer par des joies éphémères telles que nous le propose le matérialisme. C’est aux éditions Accarias.

Aux éditions du Cerf, le breton Erwan Le Morhedec publie Koz toujours ça ira mieux demain. D’abord « Koz toujours » est le titre de son blogue où il fait rayonner ces certitudes de catholique. Le papier est mort au profit du web ? Pas tout à fait, car le temps d’un livre il délaisse le numérique pour faire son constat de la France d’abord et plus largement le monde. Les attentats de Charlie Hebdo l’ont remué énormément, ce qui l’incite à réfléchir à haute voix où nous en sommes avec les valeurs. Et d’exhorter les chrétiens à s’exprimer devant tant de violence. On ne partage pas certes toutes ses opinions, mais à sa façon et dans le prisme de sa Foi, il n’utilise pas la langue de bois.

 

On se souvient de l’ordre de mission de Jésus transmis à Pierre le mandant de bâtir son Église. Mais au fait comment cette religion chrétienne s’est-elle constituée dans l’Antiquité ? Un livre de référence sort aux éditons Bayard, La naissance du christianisme d’Enrico Norelli qui est professeur à l’Université de Genève. Un ouvrage d’érudition mais qui a le mérite d’être accessible aux profanes. Et qui est la réponse aux pourfendeurs de l’Église catholique qu’on a accuse d’avoir récupéré le message Divin au profit d’agendas moins avouables.


 


 


Le coin couture et tricot

Trois propositions forts distrayantes pour passer l’hiver bien au chaud au coin du feu. Chez Mango Fiona Goble débarque avec Bonnets & bérets au tricot. Les grands bonnets sont à la mode, chez les hommes qui enfouissent leurs cheveux long un peu comme le font les blacks rastas. On propose 36 modèles qu’il est facile de concevoir. A vous de rajouter les motifs de votre crû pour personnaliser votre création. Pour l’ouvrage suivant, cœurs sensibles s’abstenir, car vous verrez dans Mes oursons au tricot de Rachel Borello une galerie d’oursons si craquants qui risquent de vous heurter émotionnellement. Surtout si vous avez gardé votre âme d’enfant. Vous avez un ensemble de dix modèles et leurs accessoires. Qu’ils sont mignons. Et quel cadeau fantaisiste à offrir. Nous on n’a pas été capable de résister à Henri le baroudeur.

Et dans un univers créatif tout proche, et chez le même éditeur, Dorothy Wool présente La bible des bijoux noués & tressés. Nous nous trouvons peut-être dans un volet qui autorise le plus de marge de manœuvre côté imaginatif, vu la multitude de matériaux auxquels ont peu recourir. Notre mentor soumet à notre curiosité vingt mini-projets et douze réalisations d’un plus haut niveau de complexité. Et ce qu’on peut faire est sans limite, allant des pendants d’oreilles, au bracelet, à moult colliers, sobres ou éclatants de couleurs.


 




 


Le coin peinture et dessin

Dessiner mode d’emploi la nature chez Vigot, est un cours magistral qui, étape par étape, nous enseigne toutes les techniques à notre portée pour rendre sur papier au plus réel la nature dans ce qu’elle a de plus émerveillée. Avant de se lancer dans de grands projets ambitieux, on commence par nous montrer de quelle façon produire de petits formats avec une simple mine de plomb. Comment reproduire les poils et les plumes. Et plus on avance dans les chapitres, plus le prof nous pose des défis élaborés. Les trois prochains titres sont chez Fleurus : Manuel complet de l’artiste débutant est une véritable bible pour obtenir la somme des connaissances pour maîtriser le dessin, le pastel, l’aquarelle, l’acrylique et la peinture à l’huile. Nous devons cette somme de savoirs réunie à un quatuor d’auteurs versés dans leur domaine respectif. D’abord de livre est du solide, dans sa reliure et aussi par son contenu. Les textes sont espacés, facilitant leur consultation. Et une image valant mille mots comme on sait, que de croquis en démonstration. Après quoi vous deviendrez des dauphins de Rembrandt.

Ah, les chats, bardés de mystères. Les montréalais notamment en sont fous, on en dénombrerait pas moins de quatre cent mille sur l’île de Montréal. De là à les dessiner il n’y a qu’un pas, que l’on peut franchir avec ce guide de comment les coucher sur la toile, Mon chat une œuvre d’art cosigné par Pierre de Michelis et Amandine Labarre. Vous avez en cohabitation des dessins et des photos. Et pour nous tenter on a choisi des modèles de choix. Qu’ils sont sublimes ces félins aux ports de tête majestueux qui vous défient du regard. Et une belle surprise, peu exploitée dans les cours de dessins, le style de la fantasy en littérature et en BD qui nous a donné des dessins de haute voltige avec un florilège de couleurs. Sans doute une première que ce Grand livre du dessin fantasy de Follenn. Dès les premières pages on nous prévient de la première barrière de difficulté à surmonter, l’usage du feutre. Qui a cette particularité qu’il n’autorise pas l’erreur. Aucune possibilité de correction. Une erreur et il faut tout recommencer. Mais si on a la patience requise, vous êtes amenés dans des mondes magiques qui laisseront pantois les contemplateurs de vos œuvres.


 




 


Le coin Miam miam

Que le temps passe vite. Imaginez, le Guide du vin Phaneuf 2016 célèbre son 35ème anniversaire d’existence. Dans la préface, Michel Phaneuf son créateur, rappelle que lorsqu’il a fondé ce guide devenu une véritable bible pour nos amateurs de vins, cela faisait seulement quelques années qu’il avait découvert les plaisirs de Bacchus. Et il est très fier de voir que ce qu’il désigne comme un navire a un capitaine qui a bien repris le flambeau en la personne de Nadia Fournier omniprésente dans les médias, et qui est la meilleure propagandiste qui soit dans le domaine. Si le guide a fait des petits ailleurs, souvent excellent, il n’en reste pas moins qu’il demeure le vaisseau amiral avec ses centaines de primeurs, ses…mille vins commentés parmi 2500 dégustés. On imagine le travail colossal que cela suppose. Aux éditions de l’Homme comme toujours qui fidélise sa relation depuis son avènement. On a fait l’essai de trois bouteilles recommandées, et laissez-nous vous dire que les propositions se sont montrées très judicieuses.

Dans un autre registre c’est Café gourmand aux éditions Marie Claire. Ici on touche à tout ce qui pourrait se nommer les collations d’après-midi, si chères aux anglais, les biscuits, tartelettes, cupcakes et macarons. Et si vous êtes blasés au point de ne plus savoir de quoi vous mettre sous la dent, c’est que vous impérativement besoin de ce livre de recettes, ne serait-ce que pour goûter aux torsades aux amandes, la découverte des sopapillas, ces petits beignets qui nous rendent fous de gourmandise, des religieuses au café, sans compter toutes les variations de barres tendres qui remplacent souvent le repas que l’on saute et qui préservent notre ligne. Chez l’éditeur Mango, Valéry Drouet et Pierre-Louis Viel nous arrivent avec Super couteaux. Le titre est un peu trompeur, car onc croirait que c’est un album qui répertorie les plus beaux couteaux de cuisine. C’est tout simplement qu’ils permettent des super recettes. Dans les textes par contre on détaille sur les techniques de coupe et les gestes appropriés. Car on n’aborde pas les sushis de la même façon que les carpaccios et les sautés de veau.

Du même éditeur, un autre livre magnifique de cuisine, c’est 1 million de menus du monde. Encore là un titre un peu trompeur, car on comprendra qu’il ne contient pas ce nombre de recettes sinon on serait incapable de soulever le livre. Tout simplement une métaphore pour dire qu’il y en a énormément. Et effectivement on n’a pas fait le calcul, mais on assiste ici à une véritable prouesse. Car l’éditeur a réussi à diviser chaque page en trois blocs séparés de recettes, qui chacune se tourne reliée par une spirale. Faut le faire. Et justement, on a enfin compris qu’un livre de recettes, s’il veut être commode en cuisine, doit être relié de cette façon pour faciliter la consultation. Et son titre le dit bien, ce sont des recettes de la mondialisation, que ce soit de la Thaïlande jusqu’à la cuisine juive. Il a gagné une place à part dans l’ordre de nos affections.


 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

A lire et entendre ce qui se dit sur l’éducation, on a l’impression que c’est l’impasse et que programme après programmes scolaires dictés par le ministère québécois de l’éducation on fait constamment face à l’échec. Eh bien voici une lecture rafraîchissante d’une vision pédagogique novatrice, qui fonctionne depuis quelques années et c’est L’école Nouvelle-Querbes sans doute la plus belle alternative au Québec avec l’école Face. Sous la direction des Laurence Houllier, Hélène Bombardier et Thérèse Dangléant on raconte cette belle aventure qui a donné des fruits merveilleux, l’historique d’abord et un tour d’horizon de comment on enseigne et ce qui fait recette. Retenons que dans cette école tout n’est pas centré sur le programme scolaire. C’est chez Fides.

Chez le même éditeur, un ouvrage émouvant Rumeurs à l’aube. L’auteur a 100 ans! C’est le dominicain Benoît Lacroix. Il nous laisse presque un testament de vie. La beauté de cette belle communication à un âge canonique, c’est que rendu à ce terminus de vie, on ne joue plus de rôle. Ce qu’il n’a d’ailleurs jamais fait, même plus jeune. Il a toujours été sans filtre. Ici il témoigne de son émerveillement de choses simples. Il dit que fondamentalement le bonheur en ce bas monde tient à de petites choses. Et vous savez quoi ? Il aime recevoir des lettres et en écrire et demande qu’on lui en envoie. Message entendu.

Les trois prochains titres sont publiés par les éditions de l’Homme. Vivement lundi de Brigitte Durruty coach professionnelle, l’emprunte à cette maxime des anglais qui semblent-ils, besogneux, aiment bien commencer leur semaine de travail, au contraire des francophones, partisans du « Thank’s God it’s Friday ». C’est que les statistiques sont alarmantes quand au taux de détresse au travail, allant à l’ultime jusqu’au suicide. L’auteure fait état ici des dernières données en neurosciences et comment « s’armer » pour faire face à toutes les situations possibles au boulot. En somme elle reprend à son compte la pensée de la défunte journaliste Françoise Giroud qui disait qu’il ne fallait pas subir la vie. Tout comme on ne doit pas subir le travail.

Mine de rien, le trio formé du Dr. Jean Drouin, Denis Pedneault et Roberto Poirier en est au tome 3 de la série d’ouvrage « Les exercices qui vous soignent ». Dans ce présent volet on enseigne comment prévenir et soulager les blessures liées au sport. Avis à Carey Price! Et ce tome est opportun car on assiste de plus en plus à des accidents allant de la commotion cérébrale aux fractures. Ce qui frappe en feuilletant ces pages, c’est qu’on n’a aucunement besoin de tout un appareillage comme on en trouve dans les gymnases branchés. Pour se remettre en forme, un ballon, de petits accessoires à notre portée et le tour est joué. Reste à suivre le mode d’emploi et à être discipliné.

L’espoir dans toutes ses déclinaisons, voilà comment on peut décrire Hople le grand livre de l’espoir. Quelqu’un a déjà dit que s’il n’y avait pas d’espoir à quoi bon alors vouloir continuer à vivre ? C’est un pavé qui réunit des auteurs venus de tous les horizons, et qui chacun apporte soit sa définition du concept d’espérance, ou bien des études de cas dont entre autres, comment les sud-africains black entrevoient-ils leur futur ? Ou comment se présente l’espoir quand on est vieux. Ce n’est pas un ouvrage à lire dans le métro, tant il y a une densité à chaque ligne qu’il faut méditer. Et le merveilleux c’est qu’on ne sombre pas dans l’angélisme, genre porteur de lunettes rose. Surtout savoir composer avec les vicissitudes de l’existence.
On sait ce que veut dire le taux de change, mais votre taux vibratoire, le connaissez-vous ? Anick Lapratte qui est l’auteure du best-seller « Une autre âme dans ma fille » nous revient avec A quelle fréquence vibrez-vous ? On connaît bien le dicton « on attire ce qui nous ressemble » qui est une façon de dire que nous émettons des vibrations. Son livre nous aide à comprendre l’énergie des êtres et son influence dans notre quotidien. Une fois qu’on maîtrise le fameux taux vibratoire on s’aide du coup à améliorer sa vie. Il y a aussi des conseils de vie qui viennent épauler ses théories. C’est aux éditions du Dauphin Blanc. Tout comme les deux autres titres qui suivent.

Ils sont deux, Marilou Brousseau et Michel Laverdière qui signent M pour mission. En gros c’est d’être à l’écoute des signes qui nous indiquent la voie à suivre. D’être attentif. Aussi de ne jamais se laisser surmonter par des ondes négatives. De croire à son objectif et de s’en tenir. Laverdière raconte ainsi que fan fini des Beatles, alors étudiant, il se fit confectionner une fausse carte de presse et réussit avec un front de bœuf à être admis dans la suite qu’occupait John Lennon et Yoko Ono au Reine-Elizabeth. Et cette belle persévérance lui valut de croiser au plan professionnel des sommités de la vie musicale. Quand on veut…on peut.

Marie-Chantal Martineau excusez le jeu de mots faciles, est aux anges. En effet, elle nous présente Inspirations angéliques  qui est à la fois un album réunissant ses dessins illustrant différentes visions venant de sa connaissance des anges. Des dessins d’une grande tendresse. Vous remarquerez au passage que tous ces personnages ont des yeux magnifiques. Les textes qui accompagnent sont des descriptifs des personnalités angéliques et la mission de chacun.


 






 


Le coin santé physique et psychique (2)

Approfondir la notion de féminité tout en s’amusant, voilà le propos de Yaël Catherinet ardente défenderesse de la cause des femmes et promotrice hors pair d’une plus grande féminité. Elle a conçu un jeu de cartes illustrée par sa camarade Céline Cailleux. Chaque carte représente un symbole assorti de conseils, de sous-thèmes. Rien de prétentieux. Se connaître en tant que femme en se distrayant. Ce coffret est publié aux éditions du Souffle d’Or. Chez le même éditeur, c’est un ouvrage à rebours à la marche du monde dont on dit qu’il se féminise. Jacques Lucas, lui, prend la défense du mâle avec Tous les chemins mènent à l’homme. C’est sa vision de la masculinité sans tabou. On leur a tellement demandé aux hommes, d’être à la fois capable de déchirer une robe et de la recoudre! Ils sont déboussolés. Si la femme a un peu plus conscience de sa mission, l’homme lui est traversé de doutes sur ce qu’est la virilité. Un très beau livre qu’hommes et femmes ont intérêt à lire communément.

Deux titres aux éditions du Rocher et de surcroît, du même auteur, le Pr Henri Joyeux dans Vaccins comment s’y retrouver ? et en compagnie de Dominique Vialard dans Tout savoir pour éviter Alzheimer et Parkinson. Son patronyme a de quoi rassurer et en effet il se veut rassurant sur l’utilité des vaccins. Car la polémique entourant les vaccinations massives a entraîné des inquiétudes sinon des doutes dans la population. Le scientifique aide à démêler le vrai du faux et à éclairer au final les gens dans les choix à faire. Pour ce qui est du deuxième sujet, les auteurs disent d’emblée que ces maladies ne sont pas d’origine génétique. Ce qu’on apprend dans ce livre est renversant. Comme la corrélation entre l’hygiène buccale et la démence, le glaucome annonciateur possible de maladies dégénératives..

Catherine Barry est une figure connue des téléspectateurs en France. Elle a animé durant dix ans, les Voix bouddhistes sur France 2. Elle nous gratifie chez Mango d’un grand livre Mon année méditation qui est un programme échelonné sur une année avec pour chaque semaine des pensées. Car ici il n’y a pas de postures comme telle. On prend la position classique comme sur la photo qui orne la couverture et on s’inspire sur chaque pensée proposée. Et il y en a de très belles glanées ici et là par de grands sages qui veulent notre bien.



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