- LIVRES AVRIL 2015 -
 
 


 


Le Cinquième volet roman qui a inspiré Dreamworks

Si vous avez aimé « Numéro quatre » qui était le précédent tome de la saga de Pittacus Lore vous serez heureux d’apprendre que le tome cinq est sur nos rayons La revanche de Sept. Le numéro sept, c’est le nom de code de Marina, qui ne prend pas du tout l’élimination des numéros un, deux et trois, et la trahison de cinq dans le groupe. Et l’heure est à la vengeance. On en connaît qui ne vibrent que pour les femmes fortes dans les romans ou les téléséries et films. Vous serez conquis avec la manière dont s’y prend sept pour venger la mémoire de ses partenaires. Au cinéma on vous dirait de regarder le tout avec un gros sac de popcorn en main. Ici tenez bien l’ouvrage à deux mains car ça débarque.

La revanche de Sept. Pittcus Lore. Flammarion Québec 351p.   www.flammarion.qc.ca



 


 


Tout savoir où presque sur la Géorgie

Attention, attention, tous les amants des voyages se doivent de lire le compte-rendu que fait Marie-Ève Martel de son voyage en Géorgie qui a pour titre Gaumarjos! Si vous voulez juger du ton, rendez-vous d’abord en quatrième de couverture au moment où elle contacte l’agence de voyage pour connaître comment se rendre dans le pays. Et de voir que son interlocutrice qui confond d’abord avec l’état américain, ne connaît rien de ce pays…Et le livre s’ouvre ainsi. Il y a d’abord à se rendre, périple épuisant de Montréal à Toronto et de Toronto à Varsovie et ensuite la Géorgie avec toutes ces escales interminables. Cette fille a un talent fou pour rapporter mille et une anecdotes qui mieux que tout restitue l’ambiance locale. C’est déjà une grande voyageuse devant l’Éternel et elle fait tout sauf de se déplacer sous un mode touristique. Elle va à la rencontre des gens. Même si ce pays ne vous dit rien qui vaille, la manière qu’elle a de le décrire en fait un récit merveilleux.

Gaumarjos! Marie-Ève Martel. Fides 383p.    www.groupefides.com



 


 


A la découverte d’une tribu tanzanienne

Demeurons dans l’univers du voyage avec cette fois un périple en terre Hadza, peuplade d’un millier d’individus, en Tanzanie, surnommés les hommes fossiles. On ne peut pas vivre plus simplement qu’eux. Les hommes vont à la chasse à l’arc et récoltent le miel. Et les femmes font la cueillette de baies et de racines. C’est Alexandre Kauffmann qui va à leur rencontre et nous en fait le compte-rendu dans Black Museum. Il nous fait penser à Leni Riefensthal allant à la découverte des Massaï et des Nuba. Ici aussi nous sommes chez des primitifs, aux antipodes de notre civilisation numérique. Il faut lire le long passage sur le débat de la thèse sur le chaînon manquant entre le singe et l’homme. C’est passionnant de lire les vues condescendantes des occidentaux, même de nos jours.

Black Museum. Alexandre Kauffman. Flammarion 238p.    



 


 


La vie hors de l’ordinaire du chef Guy Savoie

Nous venons de tourner la dernière page de ce livre merveilleux où le réputé chef trois étoilés Guy Savoie se raconte dans Savourer la vie. C’est toute une épopée que le parcours de cet orfèvre de la bonne chair qui a démarré dans la carrière avec un cap, ce qui serait chez nous l’équivalent d’un tout petit diplôme professionnel. Il a connu bien sûr le restaurant de sa maman. Il est allé ensuite chercher son savoir avec des maîtres à qui il rend hommage, Louis Mxarchand et les frères Troisgros. On est captivé par ce passage où il trouve son restaurant trop petit et qui trouvera, imaginez, l’appui d’un banquier, alors qu’au Québec aucune banque ne prête à un restaurateur. Il fera donc plus grand, plus beau. Et pan, sept ans plu tard, le restaurant passe au feu. Tout est à recommencer. Il y a cet autre épisode, où les inspecteurs du fisc débarquent, en même temps qu’un appel téléphonique lui apprend qu’il vient de décrocher le pactole, le fameux trois étoiles. Il croit à un canular. Quelques heures plus tard, il sera envahi de demandes d’entrevues. C’était donc vrai. Un vrai roman d’aventures dans le monde de la gastronomie.

Sauver la vie. Guy Savoie. Flammarion 269p.  



 


 


Même les musées doivent d’adapter

Notre univers qui est passé de la civilisation gréco-romaine ou judéo chrétienne pour l’occident ou même celui oriental, a basculé mondialement dans l’ère du numérique et de nouvelles pratiques. Rien n’est épargné. Et les musées doivent repenser leur façon de faire pour mettre en valeur leurs collections. Voilà la réflexion qui est livrée à ce propos dans un essai Musées et muséologies : au-delà des frontières sous la direction d’Yves Bergeron, Daniel Arsenault et Laurence Provencher St-Pierre. Une équipe de chercheurs passe en revue les nouveaux défis auxquels les conservateurs sont confrontés.

Musées et muséologies : au-delà des frontières. Collectif. Presses de l’Université Laval 383p.        www.pulaval.com



 


 


Une émancipée au siècle des Lumières

La Lysette Rousseau du roman Si vous me provoquez de Sylvia Day a tout pour plaire et irriter à la foi. Nous sommes ici à la fin du siècle des Lumières le XVIIIème. C’est une personnalité contrastée qui oscille entre une émancipation d’une rare émancipation pour l’époque en même temps elle aura les excès de ses qualités. C’est un beau personnage. Sur sa route elle va croiser un espion britannique, Simon Quinn, avec lequel elle va entretenir, on le voit bien tout au cours de l’histoire, une relation psychologique qui relèvera par moment du combat de cap et d’épée. Disons que ce n’est pas une liaison tranquille. Et lui l’adore de façon aveugle. Ce titre s’inscrit dans la saga « Georgian ». 



 


 


La dynastie des Romanov déroule sous nos yeux

Les lecteurs férus de monarchies et qui lisent régulièrement les magazines « Royals » et « Point de Vue » connaissent la signature de Bertrand Deckers. Ce journaliste n’a pas son pareil pour raconter une histoire. Et avec Les Romanov il a un matériau de choix. C’est toute une épopée qu’il fait dérouler sous nos yeux, depuis ces rustres boyards du XIVème siècle qui ont peuplé l’immensité des steppes, donnant naissance à l’empire russe. Viennent ensuite des tsars et tsarines plus grands que nature, songeons à Pierre Le Grand et Catherine II dont l’obsession était que ce qui est actuellement le Musée de l’Ermitage dépasse en splendeurs le château de Versailles, pari réussi. Et nous connaissons mieux le dernier tsar Nicolas II et sa fin tragique, lui et sa famille, abattu froidement par des révolutionnaires bolchéviques. Il y a eu pleins d’ouvrages narrant les péripéties des Romanov. Mais celui-là a le mérite d’une part d’être bien conté et ensuite de synthétiser à l’essentiel, ce qui en fait dans son genre un ouvrage de référence.

Les Romanov. Bertrand Deckers. Pygmalion 414p.   



 


 


Quand Michael Crichton s’appelait John Lange

La sortie d’Agent trouble nous rappelle que Michael Crichton célébrissime pour son « Jurassic Park » avait débuté dans le monde des lettres sous le surnom de John Lange. Chez Robert Laffont on le publie pour la première fois en français, cinquante ans après sa sortie en langue anglaise. Dans une traduction réussie de Christine Bouchareine, nous sommes ramenés dans les années soixante. Des intérêts arabes passent commande à un groupe de terroristes à leur solde, d’empêcher la livraison d’armes à Israël, armes financées par les américains. Le commando va tuer tous les trafiquants désignés. A Washington on rage et les services secrets vont mandater un tueur à gages pour trucider les auteurs des meurtres. Mais il va échouer. Par ailleurs va s’amener pour une toute autre affaire un avocat qui ressemble énormément au tueur à gages. Ce qui va le placer dans une situation absolument épouvantable où c’est sa peau qui est en jeu. Ce Crichton première mouture annonçait bien ses couleurs. Le ferment de talent était bien en place. C’est palpitant de bout en bout.

Agent trouble. Michael Crichton. Robert Laffont 301p.    www.laffont.ca



 


 


Le récit d’une fille de bonne famille qui bascule

C’est un cas vécu. Celui de Geneviève Fortin aux cheveux rougeoyants, qui ne passe pas inaperçu. Elle aura perdue quinze années de sa vie accrochée qu’elle était aux drogues dures, héroïne et crack. Qui l’a conduiront en prison. Et pourtant ce n’est pas qu’elle était issue d’une famille dysfonctionnelle. Son père était monteur de ligne à Hydro-Québec et sa mère infirmière. Un couple aimant, longuement marié. La famille stable par excellence. Et pourtant il aura fallu de mauvaises rencontres et d’un désir de rébellion dans la jeune adolescence pour que tout éclate. Assisté de Martin Forgues elle nous fait partager ce parcours. C’est par sa seule volonté de s’en sortir qu’elle a tourné le dos à cette vie de dérive. Elle a fondé par la suite un organisme Art Entr’Elles qui aide des femmes en réinsertion sociale. C’est un récit touchant d’une fille qui ne masque rien de ce qu’elle a enduré et des sentiments qui l’habitait à divers moments de son existence.

De deux côtés de la prison. Geneviève Fortin et Martin Forgues Parfum d’encre 245p.   



 


 


Félix-Gabriel Marchand et l’échec de l’Instruction publique

Nous le savons, le ministère de l’éducation a vu le jour en 1964. Mais à la fin du XIXème siècle, le premier ministre libéral du temps, Félix-Gabriel Marchand avait souhaité la création d’un ministère de l’Instruction publique. Mais se dressa devant lui l’opposition conservatrice, mais surtout la Sainte Église catholique du Québec qui avait peur que le contrôle de l’éducation lui échappe. Finalement la fronde aura raison et le projet de loi ne reçut pas la sanction du Conseil législatif à dominante conservatrice. L’ancien recteur de l’UQÀM, Claude Corbo revient sur cette saga. Et en prime, a conçu une pièce de théâtre mettant en scène les principaux acteurs. C’est un chapitre méconnu de la population à qui malheureusement on n’enseigne plus grand-chose dans cette Province où pourtant la devise est « Je me souviens ».

L’échec de Félix-Gabriel Marchand. Claude Corbo. Del Busso 220p.  



 


 


Des nouvelles tendres

C’est assez rare que l’on sorte de la lecture d’un livre comme apaisé. C’est que la bonne âme d’Adrienne Tremblay ressort à chaque ligne de son recueil de nouvelles, Léa la bulliste. L’auteure  longtemps vécu en milieu rural. Ce qui lui a donné une faculté particulière d’observer ce qui se passe autour d’elle. Ça vaut autant pour ce qui habite la nature que pour les êtres humains. Et pour son livre elle a puisé son inspiration à partir de gens en mode réel. Le reste elle le pimente avec sa belle imagination. Ce sont des nouvelles tendres qui nous font du bien.

Léa la bulliste. Adrienne Tremblay. Carte blanche 152p.     www.carteblanche,qc.ca



 


 


Un touchant tribut d’un fils à ses parents

Alain Labonté a fondé son propre cabinet de relations publiques. Il écrit des chansons c’est à lui que l’on doit l’organisme les Impatients qui a pour mission d’accompagner les personnes atteintes dans leur santé mentale. C’est en somme une bonne âme. Qu’on en juge d’ailleurs par ce livre élégant, d’une grande élévation d’esprit Une âme et sa quincaillerie. Le titre peut sembler étrange. La quincaillerie dont il est question ici ce sont les outils psychiques dont il dispose pour se façonner. Il parle de sa mère dépressive dépendante de son mari mort de leucémie. Et à son sujet il y a un passage saisissant de réalisme après la mise en terre « Difficile d’imaginer qu’on laissera mon père seul ici, qu’on s’éloignera d’à peine quelques kilomètres pour poursuivre une vie sans lui pour toujours ». Mais il se rendra vite compte après coup d’un phénomène, que la mort est une présence plus grande encore.  C’est un bijou de littéature humaniste.

Une âme et sa quincaillerie. Alain Labonté. Del Busso éditeur 118p.  



 


 


Il n’y a pas de famille ordinaire

Patricia MacDonald est une reine incontestée du thriller psychologique. S’inspirant d’un fait divers qui l’a passionné, elle décrit une famille tout e qu’il y a de plus ordinaire. Sans passé, d’autant que le couple Hanah et Adam de même que leur fille Cindy ont changé de nom pour tourner une page dramatique de leur vie. Mais il arrivera que le passé vous rattrape. Et on se rendra compte en même temps que les parents, que leur adorable enfant est en réalité un monstre. Les familiers du style de la romancière ne seront pas dépaysés, en face de cette portraitiste des petits tiroirs secrets qui nous habitent. Personne ne le croira est la manifestation d’une écrivaine au zénith de son talent. En même temps c’est un réquisitoire sur la justice devenue une parodie.

Personne ne le croira. Patricia MacDonald. Albin Michel 344p. 



 


 


Deux titres cartonnent qui souhaitent augmenter vos ventes

Oyé! Oyé! à tous les vendeurs qui désespèrent de ne pas vendre suffisamment. Deux titres paraissent en librairie, tous deux aux éditions Performance qui sont comme de sérieux motivateurs. Car si le découragement est une composante inhérente au métier de représentant commercial, il y a aussi des zones de soutien. Hélène Douville pour commencer avec Doublez vos ventes. Elle a établi une échelle de 26 clés de succès, avec expérience aidant tout ce qu’il faut faire et surtout ne pas faire. Une suggestion qu’elle recommande entre autres est d’être debout lorsqu’on laisse un message dans une boîte vocale, car la voix aura alors plus d’impact. C’est complété par 11 étapes stratégiques. 

Dans un même esprit, Gary Coxe signe Plan de match. Il exploite de son côté quatre thématiques qui sont, l’état d’esprit, les stratégies, l’action et la persévérance. Il fonde ses théories à partir de ses propres expériences d’entrepreneur. Sa renommée est telle, qu’il a été invité sur différents plateaux de télévision américains dont l’incontournable Oprah.



 


 


Un lifting réussi pour l’état du Québec 2015

Si vous voulez savoir si le gouvernement Couillard tient ses promesses, n’attendez pas les analyses ponctuelles des médias électroniques. Suffit d’aller consulter l’édition annuelle de L’état du Québec 2015. Vous avez là une somme de données socio-économiques qui n’a pas son pareil et sur lesquelles vous pouvez fonder votre argumentation. Et qui mieux est, l’édition 2015 sous la gouverne de la journaliste indépendante Annick Poitras, a fait l’objet d’une refonte réussie, véritable lifting qui comprend vingt clés de compréhension de phénomènes sociaux, tels l’austérité, le pétrole, la laïcité. Bref tous les thèmes récurrents qui font l’actualité. C’est vraiment l’almanach du paysage québécois dans toute sa diversité.

L’état du Québec 2015. Collectif. Del Busso éditeur et l’Institut du Nouveau monde  297p.     www.delbussoediteur.ca



 


 


Un médecin rencontre son ange chauffeur de taxi

Alors vous ne serez plus jamais triste donne l’impression d’être en face d’un énième ouvrage sur la croissance personnelle. Mais non, c’est plutôt une désopilante aventure basée sur la rencontre d’un médecin suicidaire et une femme chauffeur de taxi. Au départ, le doc veut mettre fin à ses jours car depuis le décès de sa douce moitié, il croit avoir perdu toutes ses aptitudes à soigner. C’est clair, la vie n’a dès lors plus d’intérêt. Il prend un taxi. Et qui est la conductrice, une vieille dame complètement hors norme qui a un don de lire dans le regard des autres et de savoir leur heure de mourir. D’office, elle va conclure avec lui un pacte, du genre donnez-moi sept jours et soumettez-vous à mes fantaisies. L’échéance arrive. La question qui tue, qui du désespoir ou de l’espérance l’emportera. Baptiste Beaulieu nous amène dans un monde à la Tim Burton, totalement déjanté. Et l’éditeur est de la partie qui a fait sa pagination dans l’ordre inverse, de sorte que l’histoire se termine à la page 1. On vous a prévenu. Nous ne répondons pas à la question de tantôt pour ne pas vous enlever la surprise de la fin. Et si la vieille était un ange ?

Alors vous ne serez plus jamais triste. Baptiste Beaulieu. Fayard 271p.  



 


 


Séduction pour un fasciste génevois

Georges Oltramare qui est la figure centrale du roman Plaine des héros d’Yves Laplace est un fasciste pur jus, antisémite, né à Genève en 1896 et mort naturellement à Paris en 1960. Il préférait le salut hitlérien plutôt que de lever son chapeau en guise de salutation. Le romancier est séduit par ce personnage excessif. Non pas qu’il approuve bien au contraire, mais s’interroge du pourquoi de la déviance d’un être pourtant promis à un plus bel avenir. Oltramare était rédacteur d’un journal satyrique en Suisse, le Pilori. Il fera de la prison pour mœurs contraires à la neutralité suisse. Mais c’était un indécrottable facho. Et la plaine dont il est question ici fait référence à cette place connue comme la Plac le Plain palais à Genève, tristement célèbre parce que des recrues de l’armée suisse avait tiré sur des ouvriers en 1932. C’est tout un univers malsain que décrypte Laplace avec brio.

Plaine des héros. Yves Laplace. Fayard 337p.   



 


 


Mortel ou immortel ?

Native de Sainte-Brigide-d’Iberville Maryse Charbonneau aimait s’activer avec des amies à jouer des jeux de rôles où elles se prenaient pour immortelles. Cette question de l’immortalité ne l’a jamais tout à fait abandonnée, car elle est au centre de la saga Spisak dont paraît le premier tome « Un cadeau ne se refuse pas ». Nous sommes en 1566 en Hongrie, pays que va fuir un homme et sa famille pour aspirer à un univers plus reluisant. Et chemin faisant il va croiser des êtres spéciaux dont il apprendra qu’ils sont en réalité des immortels. Et une proposition déchirante se pose alors,  demeurer mortel ou joindre le groupe ? S’il opte pour la seconde possibilité, il doit abandonner les siens. Comme entrée en matière c’est captivant. D’autant que son gros roman se fonde sur une recherche exhaustive des conditions de vie à l’époque. Vivement le tome deux. Et pour le premier en paraphrasant le titre, c’est un roman qui ne se refuse pas.

Spisak. Tome 1 Un cadeau ne se refuse pas. Maryse Charbonneau. Carte blanche 512p.     www.carteblanche.qc.ca



 


 


Les agressions sexuelles dans la communauté de Sainte-Croix

Sébastien Richard est probablement la victime la plus connue des agressions sexuelles commises par des religieux de la Congrégation de Sainte-Croix. Il est le porte-parole des victimes et président de CRIPHASE, un centre de ressources et d’intervention pour hommes abusés sexuellement dans leur enfance. Il détaille ce qui est arrivé à plus de 200 enfants livrés aux mains de ces pères et frères qui leur ont volé leur enfance. C’est toute une saga à commencer par les révélations des faits, le déni évident de la direction de la communauté, le passage en Cour de Justice et les indemnisations. Une autre cause est pendante devant les tribunaux pour les victimes du Collège de Saint-Césaire. C’est une page sombre de l’Histoire de l’Église du Québec qui ne tenait nullement à ce que ces agressions sexuelles soient portées à la connaissance de l’opinion publique.

Religieux et pédophiles. Sébastien Richard. Édition Performance 243p.    www.performance-edition.com



 


 


Deux essais chez Fides,  lois et éducation spécialisée, et pauvreté

Nul ne peut ignorer la loi, on connaît cette sentence fondamentale en justice. Eh bien pour les éducateurs spécialisés s’attache une kyrielle de lois spécifiques qui les concernent et qu’ils ne peuvent ignorer, sinon de devoir faire face au bras de la justice, dont on sait qu’il est long. Surtout quand ça vise la protection de la jeunesse, dont les lois en propre en sont d’exception. Isabelle Dostie enseigne à son alma mater le collège Merici au Département des techniques d’éducation spécialisée. Elle a senti le besoin de rassembler l’essentiel de ce que doit connaître un éducateur en la matière.

Et dans un autre registre, ce sont Jocelyn Vinet et Danielle Filion avec la collaboration de Lucie Dumais et Louis Gaudreau qui nous présentent Pauvreté et problèmes sociaux. En dix chapitres on tente de circonscrire ce qu’est la pauvreté et ses répercussions du côté du travail, de l’éducation spécialisée, des conséquences sociologiques et criminelles et autres domaines. C’est vraiment la radiographie des gens dénués de l’essentiel au plan matériel. Ce panorama est complété par des compléments d’information. L’ouvrage didactique répond à toutes les interrogations sur qui s’interroge sur la signification de la pauvreté dans notre société.



 




 


Quatre romans de grand intérêt chez Québec-Livres

Pour preuve du niveau romanesque au Québec, la maison d’édition Québec-Livres n’est pas en reste qui entre dans la danse avec des romans très diversifiés et de grand intérêt. Qu’on en juge. A commencer avec Danie Blais qui nous transporte au siècle de la dynastie des Bourbons avec Car tel est notre plaisir formule employée par les monarques qui parlait d’eux à la troisième personne. Elle ne manque pas d’imagination la petite qui nous présente One Link une entreprise dominante de communications planétaires qui organise des voyages dans l’Histoire. Or des petits malins érudits programmeurs du siècle de Louis XIV déjouent l’organisation. Cette dernière mandate deux enquêteurs pour se rendre à cette époque et en découdre de ces malfaiteurs informatiques.

A bout de souffle est le titre d’un film phare de la Nouvelle vague français. Mais c’est aussi le titre d’une histoire de charme d’Ève Roberts.  C’est une première pour elle qui fait ses débuts dans la nouvelle érotique. Nous en avons trois, Florence, La nuit rêvée et l’Île. Nous avons savouré la deuxième car l’auteure parvient comme rarement à décrypter ce qui se passe dans la tête d’une esclave sexuelle soumise qui prend son pied. Et on dira ensuite que les femmes n’aiment pas le sexe! La romancière coquine oppose un sérieux démenti. Linda Lavoie pour sa part semble s’engager sur une saga puisque son titre en majeur Entre l’art et l’amour est suivi d’un sous-titre « Le rêve d’Éléonore ».  Le personnage principal, Éléonore, conservatrice adjointe au Musée des Beaux-Arts, a beau avoir une belle situation, elle doute de tout. Du genre à déclarer une journée qu’il fait beau que par contre demain il fera mauvais. Pourtant elle avait été bien formée par son oncle qui ne cessait de lui répéter de se faire confiance. Sa santé fait défaut ce qui n’aide pas la cause. Et même un beau joaillier italien ne parvient pas à lui faire quitter na nature pessimiste. Mais dans tout ça il va y avoir la présence d’un anneau magique. On ne vous en dit pas plus, mais qui va jouer un rôle déterminant sur la suite des choses.

Une journaliste contre des vampires. Avouez que ce n’est pas coutumier. Et c’est pourtant le défi que va rencontrer Olivia Saint-Pierre dans la saga de Daisy Constantineau « Les légendes de Faöws » avec ce tome « La maîtresse de Feu ». Nous sommes ici dans la fiction pure. En effet, notre protagoniste est affligé d’une grave maladie. Au moment où on la transporte en ambulance vers l’hôpital, elle sera aspirée hors de ce monde et aboutira à la terre de Faöws. De quoi devenir folle. Ce sont les habitants en proie à des vampires qui lui font savoir qu’elle dispose de dons qui pourrait les sauver de ces méchants prédateurs à crocs. C’est un style fantasy qui est absolument bien maîtrisée et la romancière peut faire la leçon aux britanniques maître du genre.   



 


 


Le dernier combat

Ce qu’il y a de bien dans le style fantasy mené par Rick Riordan c’est qu’il concilie les mythologies antiques au XXIème siècle. Cette mixture est du plus bel effet au service d’une grande épopée, le dernier combat qui oppose Octave et les légions et Percy Jackson et ses amis. C’est que la menace pèse sur Athènes qui se prépare pour les célébrations de la fête de Spes. Nous sommes ici dans une fresque grandiose avec comme pour tout conflit des grandeurs et des petitesses de la nature humaine. Puis il y a ces dialogues dynamiques qui pimentent l’histoire à chaque page.

Héros de l’Olympe. Le sang de l’Olympe. Rick Riordan. Albin Michel 493p.   



 


 


Le coin Miam miam

Avec la belle saison qui finira par s’installer et la moiteur, nous aurons bien besoin de nous désaltérer. C’est pourquoi 1000 jus, boissons vertes et smoothies ne pouvait arriver au meilleur moment. Magnifiquement illustré Deborah Grey outre ces recettes originales, nous donne en complément des informations sur l’aromatisation, la nutrition et comment suppléer aux produits laitiers pour ceux qui ont de l’intolérance à la lactose. Et que de breuvages rares, telle le smoothie à la mangue et au germe de blé qui incorpore de la mélasse noire!  De quoi surprendre vos invités lors de vos réceptions champêtres. C’est aux éditions Broquet.

Ceux et celles qui adorent faire la popote mais qui souhaiteraient avoir une plus grande connaissance technique de la cuisine ont maintenant sous la main le guide qui fera parfaitement l’affaire. D’autant qu’il a été conçu par Steven Raichlen un spécialiste de la cuisine…médiévale et qui a parfait sa formation à ces deux écoles de cuisine renommées, le Cordon Bleu et La Varenne à Paris. C’est un touche-à-tout génial qui s’est même intéressé à la cuisine du BBQ pour lesquels il a consacré des ouvrages qui ont cartonné. Les habitués du canal de cuisine Zeste savent qu’il est à la barre de « Le maître du Grill ». il nous arrive donc avec ce Guide de survie en cuisine. En sous-titre c’est étrange, on peut lire « Tout ce qu’un homme doit savoir pour apprivoiser les fourneaux ». En réalité et sachant que les femmes de notre époque ne reçoivent aucune instruction en « art ménager » comme du temps des bonnes sœurs, ce gros bouquin rempli de trucs géniaux conviendra aux deux sexes. Vous avez 200 recettes qu’on peut suivre étape par étape, mais combien de petits tuyaux qui nous évitent de perdre du temps. C’est aux éditions de l’Homme.



 


 


Un trésor du patrimoine animalier du Québec

C’est à Louis XIV, tel était son désir, que nous devons d’avoir obtenu un contingent de chevaux qui allait se multiplier en Nouvelle-France et donner naissance au cheval Canadien, robuste, sociable et très personnalisé. Claude Richer connaît bien ce digne représentant de la plus belle conquête de l’homme puisque cet agronome de profession élève ce type de cheval et est membre de l’Association québécoise du cheval Canadien. Pour sa part Pearl Duval qui cosigne Le cheval canadien histoire et espoir est bachelière en histoire de l’art et journaliste équestre. Les deux ont reçu également la collaboration de Carolane Grenier. Dans la veine des éditions Septentrion qui le publie, nous avons droit à un superbe cours d’histoire sur le sujet avec une abondante et intéressante iconographie. On demeure ébahi devant la somme d’informations qui confine presque à l’érudition, mais raconté pour plaire à un vaste lectorat. Quelle belle bête que ce cheval.

Le cheval canadien. Histoire et espoir. Claude Richer et Peal Duval. Collaboration de Carolane Grenier. Septentrion 183p.    www.septentrion.qc.ca



 


 


Un enquêteur du SPVM déballe la marchandise

En fin de son livre souvenir Coupable d’être policier l’ex enquêteur au Service de Police de la Ville de Montréal dit qu’au final ce sont les criminels qui ont gagné. Tout un aveu. C’est qu’on a manigancé en haut lieu pour faire en sorte de faire peser sur lui des allégations sans fondement mais avec lesquels il a dû se débattre. Écoeuré et confiné à des tâches administratives, il a plutôt choisi de battre en retraite, au propre comme au figuré puisqu’il avait droit de prendre une retraite bien avant. Mais ça s’est fait à son corps défendant car il aimait la police. Bien qu’il confirme qu’il y a des ripoux à la police de Montréal, il ne remet pas en cause l’intégrité du corps policier. Au contraire, il le voit comme une grande organisation avec des gens fidèles à leur serment de servir la justice. Ses mémoires c’est comme un gros sac de bonbons. Vous avez des anecdotes à profusion qui vous montre comment ça se passe dans la police. Vous connaissez le dicton « Où il y a de l’homme il y a de l’hommerie ». Le service de police n’y échappe pas. On lui doit entre autre d’avoir été le premier policier à se rendre sur les lieux du carnage de Polytechnique malgré l’ordre donné par ses supérieurs de ne pas pénétrer dans le bâtiment. Il faut lire ces pages où il découvre tout autour de lui les corps des jeunes filles abattues dont une dont il tiendra la main ensanglantée, morte aussi. C’est Raymond Paul un parent et homme de lettre qui mettra de l’ordre dans ses mémoires et qui contribuera à la rédaction. A lire pour comprendre aussi à quel point la drogue a infesté la société montréalaise.

Coupable d’être policier. Philippe Paul. Druide 282p.    www.editionsdruide.com



 


 


La thérapie du rangement domestique

Une des disciplines inscrites au quotidien du célèbre centre de désintoxication du Betty Ford Center est d’obligé les résidents à faire le ménage coûte que coûte même si ça ne leur tente pas du tout. Des gens aussi célèbres qu’Elizabeth Taylor ont dû se soumettre à ce régime draconien où la procrastination n’est pas admise. La raison de cette introduction c’est pour montrer en quoi avoir de l’ordre fait du bien et nous permet de cumuler de la bonne énergie. Demandez à Marie Kondo qui en sait quelque chose au point d’écrire Le pouvoir étonnant du rangement. Et elle n’est pas dénuée d’humour quand elle fait la liste de tous les prétextes que l’on se donne pour garder chez soi pleins de choses inutiles au cas où…Son credo est qu’il faut vivre chez soi « light » et ne pas s’encombrer sans raison. On respire ainsi beaucoup mieux. Et elle y va de conseils judicieux en ce sens.

Le pouvoir étonnant du rangement. Marie Kondo. Les éditions de l’Homme 226p.    



 


 


Œuvre de chair au masculin

Les hétéros qui ne sont pas familiers avec l’érotisme homosexuel et qui voudraient connaître le climat qui prévaut quand deux hommes sont au plumard, seront servis sur un plateau d’argent s’ils se donnent la peine de se procurer Ici la chair est partout. L’auteur en est William Lessard Morin qui parle à l’évidence de ce qu’il connaît. Pour donner la tonalité de cette petite plaquette en prose où se dégage énormément de poésie, référons en quatrième de couverture où il livre cet extrait qui effectivement illustre bien ce à quoi on sera confronté. Extrait « Dans ma chambre, un garçon à souiller. J’ai maintenu sa joue au sol, déchiré le tissu, posé la blessure. Je marquais ma présence à l’encore indélébile. Tachais ces surfaces. Je suis un grand explorateur ». Comme vous le voyez c’est tout un programme qui vous attend. Et rudement bien écrit comme vous pouvez le constater.

Ici la chair est partout. William Lessard Morin. La mèche 82p.



 


 


Marx, le capital et le prolétariat des sociétés non occidentales

Voici maintenant traduit en français grâce aux soins de Marc Chemali et Véronique Rauline l’essai majeur de Kevin B. Anderson « Marx aux antipodes » qui restitue une vérité, à savoir que l’auteur du « Capital » ne s’intéressait pas qu’au capitalisme et au prolétariat occidental ou européen. Homme à la curiosité universelle, on voit qu’il s’est penché autant sur l’esclavage aux États-Unis, l’Inde, la Chine, l’Indonésie et l’Algérie. Il décrit partout les mécanismes d’asservissements de la classe laborieuse. Et son credo est que les mouvements d’émancipations nationales qui ne combattent pas le racisme scient en sorte la branche sur laquelle ils sont assis, mettant fin à leur propre essor. Ce regard neuf sur Marx venant de celui qui est professeur de sciences politiques et d’études féministes à l’Université de Californie, enchantera les lecteurs qui s’intéressent à condition ouvrière dans le monde de cette époque. Car qui ignore l’Histoire, on le sait bien, est condamné à la revivre. Brrr!!!

Marx aux antipodes. Kevin B. Anderson. M éditeur 391p.    www.editionsm.info



 


 


Le coin habiletés manuelles

C’est la pâte polymère qui est à l’honneur avec sa ribambelle de possibilités créatrices. Et pour le vérifier, deux livres lui sont consacré tous deux aux éditions CréaPassions qui est entrain de se constituer un des plus riches catalogue en artisanat. Le premier Bijoux ethniques en pâte polymère est celle qui se fait connaître sous le pseudonyme d’Akak et qui à la ville s’appelle Karine Barrera. Elle a choisi une thème intéressant, car dieu sait si chez les ethnies ont sait mettre les babioles en valeur qui font la joie des belles autant en Afrique qu’en Asie ou au Moyen-Orient. Ici c’est l’Afrique de l’Ouest qui est plus mis en évidence côté inspiration, tel le Mali. C’est tout un savoir-faire qui est détaillé avec mille possibilités. Par ailleurs Magali Chauveau nous offre Grisgris créatifs en pâte polymère. La pâte polymère que l’on connaît chez les artisans sous la contraction de Fimo, est ici déclinée dans la création d’étuis à portables tout comme des porte-clefs. L’auteure nous invite à explorer plus loin que le modèle proposé. Il y a tant de choses à réaliser.



 


 


Roman sur la gémellité

On compte sur les doigts les romans qui exploitent le thème des jumeaux. En voici un et dans une classe à part, Le soleil est pour toi de Jandy Nelson. Ses personnages Noah et Jude sont des jumeaux fusionnels. Qui ont tout fait ensemble, du genre à faire du piano à quatre mains. Mais sur un plan affectif, il faut bien que chacun vive sa vie comme il l’entend. Le garçon va en aimer un autre garçon du voisinage tandis que sa sœur s’éprend d’un beau mec torturé ainsi que son mentor. Mais même si la vie les a séparés pour ces raisons, un possède la moitié d’une vérité que détient l’autre. Jumeaux un jour, jumeaux toujours. On n’échappe pas aussi facilement à sa gémellité. C’est fichtrement bien mené et l’auteur a réussi à vampiriser avec talent ce qui se déroule dans la psyché de ces êtres.

Le soleil est pour toi. Jandy Nelson. Scripto 471p.   
www.gallimard-jeunesse.fr



 


 


Le monde déjanté des Denis Drolet

En quatrième de couverture on est prévenu, le texte intégral du spectacle du tandem les Denis Drolet comporte des illustrations perçues comme de la violence gratuite et « bien d’autres niaiseries ».  Mais à quoi peut-on s’attendre d’autre de ce duo dépareillé qui essaie de s’intégrer dans une petite vie que le monde s’attend à voir formaté. Mais ils sont trop fous pour se mouler à quoi que ce soit. Et si vous êtes un fan achevé de ces humoristes et que vous avez oublié des répliques, eh bien ce livre vous les offre. Pour preuve que nous sommes en plein surréalisme, avez-vous entendu parler du cancer de la merde ? Un, en a déjà été atteint. Vous ne serez pas au bout de vos surprises à la lecture de cet échange désopilant. Sa lecture est tonifiante.

Comme du monde. Les Denis Drolet. Éditions de l’Homme 236p. 



 


 


La sage d’une mère au prise avec un intégriste

Il était une fois une jeune allemande, Tina, qui reçut une flèche de Cupidon en apercevant Farid un bel étudiant en médecine et tunisien. Ils vont se marier assez rapidement. De cette union naquit la petite Emira. Mais loin de vivre une idylle de rêve, leur quotidien va virer au cauchemar, car le mari est du genre dominateur qui humilie constamment sa femme. L’épouse a beau tenir le coup, croyant à un dénouement heureux, rien n’y fait. Elle demandera le divorce. Mais le hic c’est que la loi en place ne lui permet pas d’avoir la garde de la petite. Et ça se complique du fait qu’il est presque impossible de fuir le pays, avec les policiers de postes frontaliers. Elle va donc monter à bord d’un bateau avec sa fille et prendre le large vers Lampedusa puis gagner l’Allemagne. C’est toute cette équipée qui est détaillée par le menu par Tina Rothkamm dans Mon combat pour libérer ma fille. Ça ressemble beaucoup à cet autre best-seller « Jamais sans ma fille » de Betty Mahmoody. Un vrai thriller conjugal.

Sauvée. Tina Rothkamm. L’Archipel 303p.   www.editionsarchipel.com



 


 


Et si notre planète était manipulée par une société secrète

Antoine Bello ne s’embarrasse pas de crédibilité ou pas. Avec Les producteurs il donne naissance à une société secrète Le Consortium de Falsification du Réel (CFR) qui dispense aux gens des mythes forgés de toutes pièces pour dont on croit qu’elle a besoin. C’est ainsi que naissent des mystifications comme Al Qaida, la pandémie du H1N1 autres sornettes propres à agiter l’opinion publique. Cette organisation terrible manipule à plein l’humanité. Mais on ne peut distiller impunément de telles fadaises. Surtout que des documents sortent qui ébranlent cette belle mécanique de désinformation. Alors la tête pensante du CFR, Sliv Dartunghuver va pousser à fond ses machinations. C’est une fiction de toute grandeur que ce roman qui par moment réussit à nous faire quasiment prendre la fiction pour du réel.

Les producteurs. Antoine Bello. Gallimard 521p.



 


 


Un amour de jeunesse slovaque renversant

Henry Cuny connu aussi sur cet autre nom de plume d’Henry Chennevières a fait ses marques en littérature, ce qui lui a valu de mériter en 2004 le Grand Prix de la francophonie de l’Académie française, rien de moins, pour l’ensemble de son œuvre. C’est vrai qu’il écrit bien le mec. Qui a fait toute sa carrière au Quai d’Orsay, notamment à titre d’ambassadeur de France en Arménie puis en Slovaquie. Et c’est dans ce dernier pays qu’il situe son action dans ce roman au si beau titre L’hiver nous demandera ce qu’on a fait l’été. L’histoire d’un homme qui revient quarante ans plus tard en Slovaquie, qui était encore partie intégrante de la Tchécoslovaquie. Il était alors stagiaire d’ambassade. C’était au temps du Printemps de Prague. Il est donc de retour et par curiosité, va compulser les archives du StB l’équivalent tchèque du KGB. Et il découvrira qui était en réalité son amour de jeunesse slovaque. Une relation qui même des décennies plus tard va le remuer. L’homme est un tas de petits secrets a dit Malraux.

L’hiver nous demandera ce qu’on a fait l’été. Henry Cuny. Éditions du Rocher 441p.    www.editionsdurocher.fr



 


 


Suite au « Scandale des eaux folles »

Si vous avez goûté le « Scandale des eaux folles » de Marie-Bernadette Dupuy, sachez que la suite est arrivée sur nos rayons Les sortilèges du lac. Qui, précisons-le, survient au lendemain des inondations légendaires causées par lac Saint-Jean en mai 1928. Jacinthe l’infirmière, demeure perpétuellement tourmentée en dépit du soutien de ses proches. Le couple qu’elle forme avec Pierre va retrouver cette adolescente de quinze ans qu’a eu Emma et dont on ignore toujours qui est le père. Il y a à travers ces pages un aura de mystère qui est basé sur des squelettes dans le placard comme toujours dès qu’il est question de famille. Les lecteurs retrouveront avec bonheur cette maestria de l’écrivaine à brosser des portraits psychologiques complexes.

Les sortilèges du lac. Marie-Bernadette Dupuy. Les éditions JCL 535p.     www.jcl.qc.ca



 


 


Le génocide arménien, le premier du vingtième siècle

En cette année 2015 on commémore le centième anniversaire du génocide arménien alors que le la Turquie ordonna le massacre d’environ un million trois cent mille morts de sa communauté arménienne. Le tout se déroulant d’avril 195 à juillet 1916. Le maître d’œuvre étant le ministre intérieur tuc Talaat Pacha. Gérard Chaliand, qui est conseiller au Centre d’analyse et de prévision au Quai d’Orsay, rappelle le contexte qui conduisit à ce premier génocide du XXème siècle. Il fait appel à diverses contributions qui apportent chacune un éclairage sur les monstruosités qui furent commises. Rappelons que ces arméniens déportés furent soumis non seulement à la mort mais furent l’objet au préalable d’actes de sadisme. Les mères qui accouchaient furent obligées de poursuivre de longues marches aussitôt leur bébé sortit du ventre. D’autres affamés firent cuire leur enfant pour les dévorer. Des arméniens horrifiés par ce qui les attendaient se jetaient vivants dans les fosses avec les morts pour être épargnés des supplices.  Le crime de silence  fait office ici de devoir de mémoire.

Le crime de silence. Gérard Chaliand. L’Archipel 341p.   www.editionsarchipel.com



 


 


Cours 101 Jimi Hendrix

Pour qui veut comprendre la mentalité qui prévalait chez les artistes au temps du Flower power, autant en référer à ceux qui se sont exprimés sur leurs valeurs. Et ça tombe bien. Peter Riggs a rassemblé des déclarations faites par sans doute une des plus célèbres icônes de cette période, nous avons nommé Jimi Hendrix qui mourut comme on sait d’overdose. Le musicien s’exprime sur tout, la vie, l’amour, la mort, les filles. Il ne pratiquait pas la langue de bois. C’est une belle initiation à un certain état d’esprit.

Jimi Hendrix. Lyrics & paroles. Peter Riggs. Éditions Pages ouvertes 168p.   



 


 


La tragédie qui inspira Moby Dick

C’est à la suite d’une rencontre en 1841 avec Owen Chase qu’Herman Melville eu l’idée de son célèbre roman « Moby Dick ». C’est que le premier lui avait fait prendre connaissance du naufrage du baleinier l’Essex le 20 novembre 1820 causée par l’attaque d’un grand cachalot. L’équipage dériva durant dix-huit semaines dans le Pacifique. Pour survivre on eu recours même au cannibalisme. Chase racontera lui-même les faits dans Tragédie au cœur de l’océan que nous avons en traduction française. C’est un des grands drames de la mer narré avec brio et qui nous fait revivre dans les moindres de détails ce que les membres d’équipage durent vivre dans leurs trois petites embarcations.

Tragédie au cœur de l’océan. Owen Chase. Éditions Pages ouvertes 175p.



 


 


Contes célèbres et leurs originaux

Les éditions Pages ouvertes publient Cendrillon et les contes qui nous fait prendre conscience que les contes sont souvent adaptés. Tel Cendrillon justement, à l’origine écrit par Charles Perrault et repris ensuite par les frères Grimm. Mais c’est sans compter que cette histoire avait déjà était utilisée antérieurement par d’autres conteurs. Vous avez ici outre Cendrillon, les célébrissimes contes de la Belle au bois dormant, du Chat botté, Barbe bleue, le Petit Chaperon rouge, le Petit Poucet et celui un peu moins connu, Les Fées. Autant d’historiettes à reprendre pour vos enfants et qui enrichiront leur imaginaire. Vous avez aussi une version anglaise inédite.

Cendrillon et les contes. Perrault et Grimm. Éditions Pages ouvertes 159p.



 


 


Une Marie-Antoinette révolutionnaire

La Marie-Antoinette du roman de François Cérésa « Le lys blanc » n’a rien à voir avec la reine de France. C’est plutôt le contraire, une fille de basse extraction, servante même, engrossée par un noble et qui se vengera en montant à Paris pour pendre cause avec les révolutionnaires. Celui qui l’a violé et rendue enceinte, le comte de la Rose-Pitray. Qui sera condamné à mort. Le jour de l’exécution tente de le faire délivrer. En s’enfuyant il prend en otage le fils de Marie-Antoinette. Ce qu’il ne sait pas c’est que le jeune kidnappé est tout comme lui le fils du comte. Le romancier brille de tous ses feux avec ce roman historique parfaitement maîtrisé.

Le lys blanc. François Cérésa. L’Archipel 301p.    www.editionsarchipel.com



 


 


Trois opus aux éditions Trois-Pistoles

Sur la couverture du livre qui lui est consacré, on peut voir Maria Labrecque Duchesneau une pionnière de ce qu’on pourrait appeler le nouveau réveil rural. Ce corps rond, tout en générosité reflète bien son âme. Il est rare sur les photos de ne pas la voir sourire. Elle est la fondatrice et directrice de l’organisme « Au cœur des familles agricoles » . On lui doit le programme de Travailleurs de rang et la création d’une maison de répit pour agriculteurs et agricultrices. Celui qui nous raconte le parcours de cette légende vivante du monde agricole québécois, Luc Quintal est un passionné de l’activité agricole et a nourri son intérêt par des lectures du bulletin des agriculteurs et en écoutant La semaine verte à Radio-Canada. L’ouvrage est d’ailleurs préfacé par un ex animateur de cette dernière, Errol Duchaine. Vous irez à la découverte d’une femme d’une ouverture d’esprit si exceptionnel qu’elle participa au défilé de la Fierté gaie à Montréal!

Dans un tout autre univers, Parlez fort! De Jean-Paul de Lagrave est une petite plaquette qui est un vibrant plaidoyer pour la sauvegarde de notre langue française dans la Belle Province. L’auteur est professeur chercheur de l’Université du Québec. On lui doit une trilogie aux éditions Trois-Pistoles : « Les trois batailles de Québec », « Les Robinson Crusoé de l’histoire » et « Les Filles de Montcalm ».  En petites phrases bien ciselées, il nous montre noir sur blanc le danger qui nous guette dans cet océan anglophone. L’ancien secrétaire général des Nations-Unies, Boutros-Boutros Ghali n’hésitait pas à dire que l’hégémonie d’une langue unique sur toute la planète, s’apparenterait à un régime totalitaire. Les anglais parlent fort, que l’on fasse comme eux.

Et en terminant, un beau tribut d’un écrivain à sa mère, Jean-Marc La Frenière qui demeure dans la région des Bois-Francs, plus précisément à Saint-Ferdinand. Homme singulier, on peut le voir déambulant dans les sentiers longeant les forêts avec…son loup. Il écrit Il faut vivre disait-elle et chaque chapitre débute avec cette exhortation « Il faut vivre, disait-elle ». Il faut croire qu’elle lui a laissé tout un héritage de vie, car le credo maternel s’étend sur près de deux cent pages. L’intérêt de cette lecture c’est tout de même une invitation à ne jamais lâcher prise quoiqu’il advienne. Nous recommandons particulièrement cet ouvrage à tous les nihilistes convaincus d’être revenus de tout. Même quand l’auteur connaîtra des défaillances de santé, il aura toujours en tête le mot d’ordre maternel.



 


 


Une signature macabre

L’inciseur est un suspense médico-légal. En effet un médecin légiste berlinois, pratiquant une autopsie, va découvrir dans le crâne d’une jeune morte une capsule métallique. Dans lequel il y a un petit message enroulé. C’est un cri d’alerte de la victime qui laisse son prénom suivi d’un numéro de téléphone. Numéro que le docteur va composer pour entendre le message d’accueil de la défunte! On voit tout de suite que c’est à sa façon la signature d’un psychopathe. L’affaire prend ensuite une tournure effrayante quand on apprendra qu’il a enlevé sa propre fille âgée de dix-sept ans. Le compte à rebours est commencé. Nous devons cette histoire palpitante à l’écrivain allemand Sebastian Fitzek qui a dû s’inspirer d’une quelconque histoire vraie, puisqu’il a des contacts à la morgue et au médecin légiste Michael Tsokos qui dirige l’Institut médico-légal de la Charité à Berlin. Et dans l’horreur, faites confiance aux écrivains allemands.

L’inciseur. Fitzek Tsokos. L’Archipel 345p.   www.editionsarchipel.com



 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

Le débat sur la laïcité fait toujours rage au Québec et c’est même un cheval de bataille du Parti Québécois au Québec. Pour ajouter une pierre aux échanges vifs sur le sujet voici que paraît aux Presses de l’Université Laval sous la direction de Denis Jeffrey professeur d’éthique à la Faculté des sciences de l’éducation de cette même maison de haut savoir Laïcité et signes religieux à l’école. Si on a fini par accepter que l’instruction religieuse n’as plus sa place dans les institutions d’enseignements, considérant que c’est une affaire personnelle, il n’en va pas de même pour les signes ostentatoires. Doit-on obliger une enseignante voilée à ne plus se présenter comme telle en classe ? Diverses contributions viennent apporter des éclairages sur la question.

Le système de santé au Québec est malade. L’ancien président du Collège des médecins, le Dr. Yves Lamontagne dit avoir des solutions à proposer et les a regroupées dans un opuscule chez Carte blanche « L’enfer du système de santé ». Il est ici beaucoup question de la responsabilité sociale du médecin. Qu’est-ce qui agite un serial killer ? Pour le savoir il faut parcourir Dans la tête d’un serial killer de Brad James aux éditions Pages ouvertes. Disons le d’emblée, nous sommes en face d’une nouvelle approche psychologique. Un meurtrier en série d’origine écossaise, Ian Brady, avait ouvert un chemin sur la connaissance de ces êtres maléfiques dans son propre livre « Les portes de Janus : les meurtres en série et leur analyse », mais c’est trop peu. L’essayiste fait intervenir les dernières données des avancées de la psychologie. Fascinant de savoir qu’est-ce qui pousse à vouloir répéter des meurtres ?

La grande prêtresse québécoise de la croissance personnelle, mais surtout de la notion de résilience, Colette Portelance nous arrive avec son dernier ouvrage aux éditions du Cram «De quel système êtes-vous prisonnier? » Fondamentalement c’est toute la question identitaire qui entre en ligne de compte et surtout l’amour de soi. Elle écrit même que c’est un besoin si fondamental que c’est ce qui explique que des jeunes se joignent à des groupes terroristes pour se sentir valorisés. La question affective domine sur toutes les autres, aimer et être aimé, voilà la question.

Le Dr. Sarah Brewer porte plusieurs casquettes. D’abord elle est médecin, ensuite nutritionniste. Et en plus on lui doit une cinquantaine d’ouvrages sur le développement personnel. Vous en conviendrez, des ouvrages liant l’alimentation à la santé il en pleut, mais celui-ci a le mérite de faire la somme des dernières connaissances en la matière. Ensuite elle répertorie cinquante affections fréquentes et ce qu’il faut ingurgiter pour prévenir ou guérir. Et que dire des nombreux renseignements médicaux qu’il contient. Ainsi apprend-on que les femmes ont quatre fois de calculs biliaires que les hommes. Que le syndrome prémenstruel touche une femme sur deux. Pour chaque symptôme, une fiche signalétique qui nous dit ce qui est bon et de l’autre ce qui ne l’est pas du tout. On remarquera au passage le soin qu’ont mis les éditions de l’Homme dans la présentation graphique, qui facilite grandement la consultation.

Le Dr. Frédéric Saldmann déboulonne une idée reçue. Alors que dans les années quatre-vingt, les médecins attribuaient la grande majorité des maladies à des facteurs génétiques, il nous dit que ce facteur n’entre en réalité que pour un pourcentage de 15%. C’est une des nombreuses conclusions qu’il nous fait partager généreusement dans Prenez votre santé en main! Aux éditions Albin Michel. C’est une des nombreuses choses que vous allez découvrir au fil des pages. Avec des tuyaux pratiques. Exemple. Si vous avez une crise panique, de se couvrir le nez et la bouche avec les deux mains. Et de respirer. Le retour du gaz carbonique vers soi va stopper immédiatement le malaise. Ça s’inscrit en droite ligne de son précédent ouvrage à succès Le meilleur médicament c’est vous! Qui s’est écoulé à plus d’un million d’exemplaires.

Qu’est-ce qui fait que l’on souffre physiquement ? S’entend lorsque l’identification n’est pas évidente au plan physique. L’ostéopathe Bruno Conjeaud nous propose aux éditions Sully un Voyage ostéopathique au cœur des émotions. Car il faut savoir que cette médecine alternative voit le rapport des émotions avec les maladies. Et par des manipulations musculaires, squelettiques et faciales on parvient à des guérisons. Mais il le mentionne, l’ostéopathie est aussi freinée parfois. On lit avec grand intérêt toutes les pages qu’il consacre aux maladies psychosomatiques. Enfin il nous dit ce que notre époque propose dans l’état de la connaissance pour tenter d’endiguer la souffrance humaine à ce chapitre des maladies physiquement indétectables mais qui causent des malaises bien réels. Et une autre ostéopathe, Louise Tremblay consacre son livre Le temps d’intégration somatosensorielle chez le même éditeur aux temps de pause nécessaires entre deux traitements. Qui permet une meilleure intégration de ceux-ci   entre deux stimulations consécutives. Il conviendra aux praticiens du domaine ou à ceux qui envisagent de recourir un à l’ostéopathie.  



 




 


Le coin santé physique et psychique (2)

Nous sommes redevables à Jasmin Roy d’avoir ouvert toute une boîte de Pandore en alertant la société du fléau que représente l’intimidation sur des jeunes au niveau scolaire. Un élève sur trois en est victime, ce qui donne la mesure. Et depuis, de plus en plus de voix s’élèvent pour raconter leur calvaire. Le dernier en date aux éditions La Semaine c’est Nicolas Vandal qui écrit Le cauchemar de l’intimidation. Il a vécu ce calvaire dès l’école primaire. Et le summum c’est lorsqu’un soir de Noël sa sœur le rejeta. Il se précipita pour avaler une bouteille ce comprimés et en finir. Il n’avait plus aucune estime de soi. C’est courageusement qu’il s’est repris en main pour affronter l’adversité. Il nous fait part de ce qu’il a vécu. On ose à peine imaginer ce qui se passe dans nos écoles souvent dans l’indifférence du corps enseignant et des directions.

Les trois prochains titres sont aux éditions Le Dauphin blanc. A commencer par l’éditeur lui-même Alain Williamson qui nous instruit sur les quatre grandes lois spirituelles révélées qui sont contenues dans la spiritualité hawaïenne, mieux connue sous le nom d’Ho’oponopono. Un nom difficilement prononçable. Mais l’essentiel est de savoir que ce courant s’appuie sur le « Je t’aime », « Je suis désolé », « Pardonne-moi » et « Merci ». Donc toujours en interaction avec l’autre dans une idée d’altruisme. Et c’est cette belle énergie qui se veut guérisseuse de bien des blessures à l’âme.

Johanne Therrien est détentrice d’une maîtrise en soins infirmiers. Mais sa curiosité débordait le cadre de la médecine traditionnelle. Elle a suivi différents enseignements sur des médecines alternatives dont la médecine énergétique. Elle a fondé l’École de Tianshi qui est une synthèse de ses 30 années de pratique en soins énergétiques et des communications reçues des Anges. Elle nous en dit plus long dans l’ouvrage qu’elle consacre à cette méthode Tianshi, la voie des Anges. Qui comme elle le dit, est à la fois une approche, un soin et un mode de vie.

Les Aventures de l’âme de James Van Praagh sont rien de moins que des voyages dans les dimensions physiques et spirituelles. C’est un médium américain qui communique depuis trente ans avec les esprits. Il répond à nos interrogations métaphysiques sur ce qu’est l’âme, qu’arrive t-’il après notre mort, la réincarnation, etc. Mais pas seulement la vie après la vie, mais d’où nous venons car on ne se pose jamais la question de l’avant, qui a pourtant existé.

Les quatre prochains titres les sont aux éditions Québec-Livres. Comme l’enseignement de la sexualité demeure inexistant on n’est guère mieux renseigné réellement que nos aïeux, la différence résidant surtout maintenant dans le fait que la sexualité se fait hors mariage. Mais côté connaissance du potentiel érogène, c’est autant le désert. Ainsi on sait que les femmes peuvent étirer leur plaisir à l’infini, mais en réalité elles s’ignorent. D’où l’intérêt mesdames de vous procurer Atteindre l’orgasme cosigné par Julia Heim et Leslie Jo Piccolo. On fait le tour de tous les trucs pratiques pour décoller au septième ciel, par soi-même dans l’auto-gratification, les jouets sexuels et quoi encore.

Un petit cours d’aromathérapie nous est généreusement donné par Danielle Huard avec Les huiles essentielles. Elle est la fondatrice de l’Association de l’aromathérapie du Québec. Et si on reconnaît d’emblée les vertus curatives de ces huiles, leurs applications peuvent prendre des chemins insoupçonnés, comme dans le traitement des puces du chien! Vous avez dans ce bouquin un tableau complet des huiles et en quoi elles apportent un bienfait. Dans la foulée de l’affaire Ian Gomeshi, un mouvement s’est levé chez les femmes qui nous a appris à quel point une grande proportion d’entre elles ont été victimes d’agressions sexuelles. Et les hommes ne sont pas épargnés non plus. Le coach Louis-Georges Désaulniers fait le tour de la problématique dans Les agressions et le harcèlement. Ce qu’il faut connaître, comment comprendre et agir. A la clé des tests et des solutions.
A Montréal 65% des appels de police le sont pour des cas de violence conjugale. C’est révélateur de l’étendue du problème. Mais souvent les victimes, en majorité des femmes, ne savent plus trop faire la part des choses entre le sentiment amoureux qui les habite encore et l’aspect toxique de la relation. Alain Samson que l’on connaît davantage comme gourou du management signe Amoureux ou dangereux ? Il met en garde de considérer certaines violences comme normales et dresse le tableau des manifestations de ce qui devrait faire l’objet du facteur tolérance zéro.



 


 


Un appel à la fraternité

C’est tout à l’honneur de Marek Halter et encore davantage à l’éditeur Robert Laffont, de nous gratifier de cette petite plaquette de rien du tout qui manifestement ne vise pas à l’appât du gain. Réconciliez-vous vendu au prix de six dollars est une invitation à ce que les juifs, chrétiens et musulmans, amis et voisins se regardent fraternellement. Évidemment c’est une pure utopie, la violence étant intrinsèquement une composante de l’homme. Mais il n’est pas interdit de fantasmer.

Réconciliez-vous. Marek Halter. Robert Laffont 63p.    www.laffont.fr



 


 


Un écrivain sexuellement dominateur

C’était évident que dans la foulée du best-seller très profitable des 50 nuances de Grey, d’autres auteurs allaient emprunter ce sentier. Voici Sara Agnès L..Au fait, pourquoi ce patronyme masqué, qui signe Les leçons d’Annabelle. Dont voici le premier tome « Obéissance ».  Qui semble étonnamment correspondre à un fantasme enfoui de soumission chez les femmes. La protagoniste, Annabelle, est à la ville éditrice de romans pour la jeunesse. La direction de sa maison d’édition va lui demander de quitter son monde de sujets candides pour accompagner cette fois un auteur qui se spécialise dans les romances érotiques à saveur sado-maso. Sauf que lui ce n’est pas de la fiction. Il puise ses thèmes dans sa propre vie. John Lenoir c’est son nom, entraînera Annabelle dans ses sombres desseins. Et cette dernière sera troublée du fait qu’elle y prend plaisir même s’il y a un zeste de culpabilité.

Les leçons d’Annabelle. Sara Agnès L. Tome 1 Obéissance. Milady 602p.    www.milady.fr



 


 


Séparer l’humain de son fardeau

Voici un essai qui devrait plaire au comédien Fabrice Lucchini qui a donné des lectures publiques de Philippe Muray un de ses penseurs préférés. François-Emmanuel Boucher professeur au Département d’études françaises du Collège militaire royal du Canada se fend d’une lecture de son œuvre qui a pour titre La conjuration du Tertiaire. Ce qu’il nomme le Tertiaire c’est cette tranche des quarante dernières années où l’homme veut s’affranchir du fardeau « de sa nature encombrante ». Et pour preuve tout ce qu’il met en œuvre pour conjurer la fatalité de l’existence, dont le jeunisme. Au fond, ce qu’il observe c’est une tentative fantasque d’éradiquer le malheur, pourtant inhérent à la démarche humaine. C’est ce qu’apprécie l’essayiste chez Muray qui rend compte de ces dysfonctionnements.

La conjuration du Tertiaire. Une lecture de Philippe Muray. François-Emmanuel Boucher. Presses de l’Université Laval 308p.    www.pulaval.com



 


 


Nouvelles questions éthiques sur la guerre

Siècles passées ou pas il n’y a jamais eu de guerre propre. Et dans la foulée du 11 septembre 2001 et la lutte à finir au terrorisme, bien des valeurs ont été transgressées au profit de cette guerre particulière, dont le recours à la torture au nom de la sécurité nationale. Jean-François Caron qui est détenteur d’un doctorat en philosophie politique nous livre un essai de grand intérêt sur l’éthique actuelle de la guerre. La guerre juste fait le tour des prétextes avancés pour que persiste l’adage qui veuille que l’homme est un loup pour l’homme.

La guerre juste. Jean-François Caron. Presses de l’Université Laval 149p.   www.pulaval.com



 


 


Des histoires d’enfants et de belles-mères

L’omniprésente Varda Étienne trouve le temps à travers un horaire sans doute démentiel de pondre des bouquins. Celui qu’elle nous présente, sa dernière ponte, Ma belle-mère chérie est un peu dans la tradition « chick lit » à l’américaine. Sauf que ça ce passe chez nous au Québec et met de l’avant trois copines quadragénaires, avec conjoint, enfant(s) et surtout belle-mère. Car même si le sujet semble galvaudé, la présence de cette dernière dans le paysage familial est une terrible réalité. Donc c’est tout le rapport des femmes en question avec cet archétype et aussi toute la question de la maternité. Là-dessus l’auteure rend bien les enjeux auxquels sont confrontés les femmes de maintenant et la fameuse conciliation travail famille. Heureusement, le récit est pimenté de beaucoup d’humour sauce Varda.

Ma belle-mère chérie. Varda Étienne. Éditions La Semaine 260p.  



 


 


Le coin pouce vert

Larry Hodgson est un phénomène. Cet horticulteur qui se déploie partout dans les médias nord-américains, trouve le temps de pondre coup sur coup des ouvrages de référence. Les coups de cœur du jardinier paresseux sont vraiment les titres qui l’ont fait connaître au monde entier. Nous avons droit à deux tomes d’environ 500 pages chacun, le premier consacré aux plantes de plate-bande et le second aux plantes paysagères. Dans le premier bouquin rien ne manque sur les vivaces, aux annuelles, aux bulbes, fougères et graminées avec pour chacune des plantes une fiche signalétique détaillée et que dire des photos! Ce sont vraiment les reines du jardin qui font la différence entre un jardin et un superbe jardin. Dans le second ouvrage c’est rien de moins que 500 plantes paysagères qu’il prend le temps de décrire amoureusement. Dans ce groupe on entend, les arbres, arbustes, les grimpantes et les couvre-sols. On s’incline devant tant d’érudition. C’est édité chez Broquet.



 


 


Un humble organiste au service de son art

Le nom de Bernard Piché s’est perdu dans la nuit des temps. Et quel dommage dans cette province de Québec où notre devise est « Je me souviens ». Car il faut se souvenir de qui il fut, ce grand maître de l’orgue, organiste de la cathédrale de Trois-Rivières et premier professeur de son instrument au Conservatoire de la capitale de la Mauricie. C’est grâce à Michelle Quintal assistée de Roger Barrette que nous devons ce beau tribut. Sans aller ici dans les détails que vous pouvez lire comme un suspense, il fut victime d’une fraude lors du concours du Prix d’Europe de 1932. Une affaire qui s’est rendue jusqu’en Cour suprême en 1936.  Rétabli dans ses droits il alla se perfectionner en Europe. Ce qui est noble dans cette démarche c’est de restituer le souvenir de ce musicien qui n’a jamais été sous les projecteurs, mise à part cette saga judiciaire évoquée. Mais ce qu’il a apporté ici à la vie musicale méritait d’être consigné. Il avait l’estime des grands compositeurs et organistes de son temps dont Marcel Dupré. En fin d’ouvrage vous avez des témoignages de ses contemporains.

Bernard Piché, grand maître de l’orgue. Michelle Quintal en collaboration de Roger Barrette. Les éditions GID 176p.    www.leseditionsgid.com



 


 


De matelot à officier de la Garde côtière canadienne

En parcourant le bel album que Barbara Pouliot consacre à son père John Pouliot on mesure que bien des vies dites « ordinaire » le sont parce qu’elles n’ont pas été racontées. Ce John Pouliot descend d’une famille de marins depuis 300 ans et il commença comme simple matelot pour en arriver à devenir officier de la Garde côtière canadienne. Mais entre ces deux postes, il en aura vu des mers et des rivages. Sa fille et auteure fait parler son père à la première personne mais elle-même a travaillé pour la Garde côtière canadienne et a sillonné la Basse-Côte-Nord et les mers arctiques. Elle vibre donc en connaissance de cause. Au-delà de l’aspect biographique, ce livre est un témoignage éloquent de ce que vivent au quotidien les équipages d’un navire. Par moments c’est à la dure et les mers ne font pas de quartier. 

Lever l’ancre. John Pouliot, naviguer sur les eaux du monde. Les éditions GID 327p.      www.leseditionsgid.com



 


 


Un conte charmant sur les Amourois

On dit volontiers que le journalisme mène à tout. On pourrait en dire presque autant des artistes en art visuel, telle France Fauteux qui est rompu au noble art de la céramique et qui s’est mise à donner naissance à des personnages fantaisistes, les Amourois, dont elle les voyait vivre dans une île, l’île d’Amour où il n’y avait que de bons sentiments des dix-sept insulaires les uns pour les autres. Cela a donné naissance à un premier contre « Les Amourois ». Sans doute encouragée par la réaction elle enchaîne avec Le prodigieux défi de Maître Thot. Un monde enchanté où les habitants de cette île enchanteresse iront à la découverte d’un autre peuple. Vous avez un bel album gratifié des œuvres de l’artiste romancière. A lire aux tout-petits. Et ne le dites à personne, même les grands prennent plaisir à le lire en cachette.

Le prodigieux défi de Maître Thot. France Fauteux. Les éditions GID 102p.    www.leseditionsgid.com



 


 


Une calligraphe et enlumineur nous parle de son art

En quatrième de couverture de l’album L’art de la calligraphie et de l’enluminure, on peut voir une photo de l’auteure, Myriam Chesseboeuf qui est penchée sur son papier, crayon en main, toute attentionnée à ce qu’elle va appliquer. Cette photo vaut mille mots de l’attention exigée par cette discipline qui n’autorise pas les erreurs. Ressortissante française, établie au Québec depuis 2004, elle a obtenue en 2012 son brevet de technicienne Enlumineur de France. Ces dernières années, elle n’a de cesse de faire partager ses connaissances et ce livre en témoigne. C’est pour beaucoup un livre de souvenirs personnel qu’un ouvrage didactique. Elle nous rappelle comment à l’école de Jules Ferry on se faisait insistant sur la présentation graphique à la petite école, avec des notes contenues dans des cahiers soignées. Ce pourrait être un monde perdu, mais l’engouement au Québec pour les métiers d’art, autorise tous les espoirs. A chaque page on est admiratif sur la belle présentation des textes et des enluminures richement ornées.

L’art de la calligraphie et de l’enluminure. Le passé en héritage. Myriam Chesseboeuf. Les éditions GID 291p.     www.leseditionsgid.com



 


 


Il était une fois Charlevoix

Rosaire Tremblay a la région de Charlevoix tatouée sur le cœur. Ce géographe, journaliste et historiographe à écrit également sur la région de la Baie Saint-Paul. Mais pour celle de Charlevoix on se souviendra qu’aux éditions GID il nous avait donné en 2010 « Charlevoix, des secrets bien gardés ». Semble t’il qu’il n’avait pas dévoilé tous ses secrets car il récidive pour notre plus grand bonheur avec cette même thématique et le même éditeur dans la collection bien connue « 100 ans noir sur blanc ».  Encore une fois qu’est-ce qu’on prend plaisir avec un pincement au cœur aussi, à feuilleter ce bel ouvrage, Charlevoix une roue qui tourne, qui nous ramène souvent au début du XXème siècle. Que ce soit la maison de la romancière Laure Conan, la villa du richissime Rodolphe Forget, où l’imposant hôpital des Petites Franciscaines de Marie condamné récemment à la démolition pour cause de sol meuble. Il y a de quoi être fier de nos ancêtres qui suaient sang et eau avec l’espérance du paradis à la fin de leurs jours.

Charlevoix une tourne. Rosaire Tremblay. Les éditions GID 207p.    www.leseditionsgid.com



 


 


Des voix d’anges à Québec

Au début du vingtième siècle et sous l’inspiration du pape Pie X qui affirmait que chanter c’était prier deux fois, le cardinal Louis-Nazaire Bégin, archevêque de Québec donna son aval pour la création de La Maîtrise des petits chanteurs de Québec avec mission de chanter un office dominical par mois afin de relever la célébration liturgique. Geneviève Ribordy nous raconte cette belle aventure de la manécanterie de la cathédrale de Québec qui s’étire sur cent ans. Cette historienne spécialiste de la Nouvelle-France et médiéviste a choisi un sujet qu’elle connaît bien pour une autre raison, trois de ses enfants sont des chanteurs anciens ou actuels de la Maîtrise.

La Maîtrise des petits chanteurs de Québec. Geneviève Ribordy. Les éditions GID 147p.     www.leseditionsgid.com



 


 

Portraits d’un saint homme

L’abbé Jean Lafrance a été reçu prêtre dans l’archidiocèse de Québec en 1977. Et très tôt il a senti que sa pastorale avait une utilité auprès des jeunes en difficulté. Il va donc ouvrir dans un ancien presbytère au pied de la Pente-Douce si cher à Roger Lemelin un foyer ouvert en permanence sous le vocable des Œuvres Jean Lafrance. Les jeunes qui sont confrontés à des problèmes trouvent là un havre de quiétude. Et pour eux il organise des voyages dont en Italie. Pour rendre compte de cette mission urbaine de grande humanité le photographe Éric Côté a croqué des instants du quotidien de cette maison pas comme les autres. Ce dernier a ses titres de noblesse. On ne compte plus le nombre de ses expositions, dont une remarquée au Musée de la civilisation à Québec. Il est très touché par les œuvres charitables. On lui doit aux éditions GID un ouvrage consacré à Gilles Kègle surnommé l’infirmier de la rue. Pour ceux qui désespèrent de la nature humaine, ce beau livre aux photos convaincantes redonne confiance. Il y a encore des gens qui ont du cœur au ventre et qui n’en font pas tout un tapage.

Les Œuvres Jean Lafrance. Photographies d’Éric Côté. Les éditions GID



 


 


Jeune homme cherche maman biologique

C’est Éric-Emmanuel Schmitt qui disait trouver dans les histoires de cas vécus la matière à ses romans. David Goudreault pour son premier roman La bête à sa mère a puisé son thème dans celui de la quête des parents biologiques pour celui ou celle qui a passé sa vie dans des familles ou centre d’accueil. Sans doute son métier de travailleur social lui donne l’occasion de puiser à l’infini des inspirations. Ici c’est un jeune homme ballotté de la sorte qui s’est mis en tête de trouver sa maman. Et il y a un dénouement inattendu dont on vous fait grâce pour ne pas gâcher votre plaisir. On retiendra que ce novice dans le monde du roman a une feuille de route assez garnie merci, dont celle d’avoir obtenue la médaille de l’Assemblée Nationale du Québec pour ses implications, et le premier québécois à avoir remporté  la Coupe du monde de la poésie à Paris. Ceci pour vous dire qu’il met son art des mots au bénéfice de son nouvel opus.

La bête à sa mère. David Goudreault. Stanké 230p.    www.edstanke.com



 


 


Inoculation d’une bête intérieure…brrrr

S’il y a un qualificatif c’est bien celui de déroutant pour décrire l’univers que transpose Aurélie Wellenstein dans Le Roi des Fauves qui confine entre le fantastique et l’horreur. Voyez vous-même. Ce sont trois potes, Kaya, Ivar et Oswald qui ont faim. Qui sont prêts à tout pour se sustenter. Ils vont donc aller braconner dans le domaine du seigneur qui est le leur. Mais mal leur en prend, ils vont être surpris dans leur entreprise par le fiston du maître. Une lutte va s’engager qui va laisser le jeune noble pour presque mort. Les délinquants vont être repris et jugés. Mais attendez de voir la sentence. On va leur inoculer un germe qui au bout de sept jours va transformer ces hommes en « berserkirs ». Qu’est-ce que ça mange en hiver ? Un berserkirs c’est un homme-bête habité par une rage sans fin. Qui tue ou est tué, pas d’autre alternative. Et durant le sept jours de métamorphose, ils sont reclus sur une île isolée. Vous pouvez imaginer le sentiment intérieur qui les habite. Dans le genre cette histoire mérite tous les superlatifs. Scénariste de cinéma, lisez et vous trouverez matière à un sacré bon film.

Le Roi des Fauves. Aurélie Wellenstein. Scrineo 284p.   www.scrineo.fr


 


 


Le Chirac d’aujourd’hui

Si vous aimez les potins concernant les dirigeants politiques de ce monde, alors là vous allez être gâtés au maximum avec Chirac la vie d’après de Bruno Dive. Éditorialiste au journal Sud-Ouest il nous dit tout de l’ancien président et le vie qu’il mène depuis sa retraite de la vie politique. Chaque page est délicieuse qui rend compte d’un hédoniste beaucoup plus porté maintenant sur une vie simple. Diminué physiquement il vit bien son quotidien. Mais il y a un hic, sa femme Bernadette qui ne cesse de se répandre en ville sur son compte. Et là il y a des pages pitoyables sur leur relation de couple. A se demander qu’est-ce qui peut bien les maintenir ensemble. On a des indices. Du temps où il trônait à l’Élysée, Chirac ne cessait de quémander des vis à la Première dame. Maintenant qu’il pantoufle, elle se déploie en mondanités, prétextant sa renommée au fait de sa seule personnalité, opposant un démenti à ceux qui prétendent que si elle est dans la mire publique c’est bien parce qu’elle a été l’épouse du président. De quoi la mettre hors d’elle. Et elle ne se gêne pas pour rabrouer son mari. C’est d’une tristesse.

Chirac, la vie d’après. Bruno Dive. Mareuil Éditions 192p.  


 






 


De la belle littérature aux éditions GID

Au passage saluons les éditions GID de faire la part belle à des écrivains en marge de sa mission de diffuser la connaissance. Nous avons trois beaux exemples. Il y a Cendrine Audet et Les tableaux vivants. A la ville est réviseure linguistique et son rêve de toujours était d’en arriver à produire un premier ouvrage. C’est donc chose faite et le passage à l’acte est réussi avec ce roman policier ou un enquêteur et un journaliste vont élucider pleins de mystère autour d’Armand, le tenancier d’un petit café du village de Neuville en banlieue de Québec. Il y a des choses étranges qui gravitent autour de lui. Experte de la qualité de la langue, la cordonnière est ici bien chaussée et s’est fait plaisir et pour notre bonheur de même. On appréciera aussi ses qualités de dialoguiste qui rythme bien la progression de son histoire.

Dans un tout autre registre, c’est à une remontée dans le temps que nous invite Normand Grondin passionnée d’histoire de la Nouvelle-France. Qui nous gratifie de Neuve-France le vieux fermier. Il y a bien des façons de présenter le vécu au quotidien de nos ancêtres. Grondin a choisi de raconter son ancêtre Pierre Grondin. Il s’en sert comme épicentre d’une galerie de personnages pittoresques. Et on apprend une foule de choses, à savoir des méthodes abortives concoctées par les amérindiennes. Qu’on n’était pas étranger à l’amour entre femmes. C’est éclairant sur notre passé et l’auteur se double d’un conteur merveilleux. Amateurs d’Histoire et d’histoires c’est ici du bonbon.

Enfin, Cœur de lion de Manon Labrie qui est un recueil de nouvelles. C’est souvent par cet exercice de style qu’on vérifie les qualités d’observation d’un écrivain. On est ici servi sur un plateau d’argent. Il faut la voir décrire ses personnages qui ont tous en commun une quête de sens. Onze nouvelles qui célèbrent la lutte pour l’existence avec ses moments de grâce et ceux plus nuageux. Nous avons aimé tout particulièrement « Salon de coiffure ». Une perle dans le genre.



 


 


Elle se jette devant le métro, survit, et trouve enfin le bonheur

Au bas de la couverture de son livre-témoignage « Tout pour être heureuse », Priscille Deborah écrit ceci « Je ne me suis jamais sentie aussi entière que depuis que je vis avec un corps incomplet ».  C’est que son mal de vivre, hérité par le fait qu’elle ne s’était jamais remise de la mort de son frère, décédé d’une mort incurable l’a conduite à se jeter sous les rames du métro parisien. Mais avant d’en arriver à cette dernière extrémité, il faut voir cette espèce d’agonie distillée à petite goutte qui l’empêchait totalement de trouver son bonheur ici bas. Et même en dépit du fait qu’elle avait une charmante fillette de deux ans. Elle va donc vouloir finir ses jours broyée par le métro. Elle survivra mais avec un bras et deux jambes en moins. Mais là, le mal de vivre empire. Elle ne peut admettre d’être encore en vie. Un soignant va finalement lui brasser la cage et aussi la vue d’handicapés en rééducation qui lui ont causé un choc tel qu’elle a décidé enfin de s’accrocher. Maintenant c’est une femme qui a un goût infini de mordre à la vie et que vous avez sans doute vue lors de son passage sur le plateau de Denis Lévesque. C’est impératif à lire, surtout pour ceux et celles qui peinent ici bas et qui ne trouvent pas de ressources en eux pour vivre pleinement leur vie. Des livres sur des cas vécus de résilience, il en pleut. Mais celui-là est de l’ordre de l’exceptionnel.

Tout pour être heureuse. Priscille Deborah. Guy Saint-Jean 272p.   www.saint-jeanediteur.com



 


 


Roman métaphysique croate

Qu’il est dense ce roman du croate d’origine bosniaque Miljenko Jergovic qui a pour titre Volga,Volga. Centré sur un personnage Dzelal Pljevljak, qui bosse comme chauffeur civil pour l’armée. Ce musulman compte trente-cinq années d’ancienneté et pourrait être du coup éligible depuis longtemps à la retraite. Mais il hésite, un peu paumé. Au grand dam de son supérieur qui lui accorde une rallonge d’un an, en le priant d’organiser sa vie d’ici là. Il va par contre se raconter, lui qui chaque vendredi venu se rend à la mosquée. Et durant le trajet, lui vient des réflexions qu’il nous fait partager. Ce qui frappe dans cette histoire sur fond de pays politiquement tourmenté, ce sont les grandes questions existentielles. Mais qu’est-ce qu’ils s’interrogent les autre dans ce roman, souvent sur fond d’alcool et de désespoir. L’un d’eux clame même après son litre et demi de vodka, c’est que s’il boit tant, c’est que Dieu le fait souffrir. Et de s’interroger sur cette idée de mettre au monde des êtres. C’est assez noir par moments. Mais si dur soit-il, ce récit a le mérite de ne rien masquer du sentiment qui habite bien des gens quand au parcours terrestre. Il nous oblige à ne pas jouer les autruches.

Volga, Volga. Miljenko Jergovic. Actes Sud 251p.    www.actessud.fr



 


 


Le coin habileté manuelle

Aux éditions marie claire ce sont deux livres qui font appel à vos talent de couturières dans deux applications bien différentes, les sacs et les poupées. Nicole Mallalieu avec patron à taille réelle à l’appui consigne son savoir dans Sacs faciles à coudre. A partir d’un seul patron qui se trouve en fin d’ouvrage, vous pouvez concevoir un vaste assortiment de sacs, allant du cabas, sacs à dos, sacs tendances. On trouve dix projets, mais c’est un tremplin pour votre imagination. Et à mondialisation oblige, elle est allée chercher ses inspirations dans différentes villes du monde. Et Clémentine Collinet se charge de nous apprendre de son côté à confectionner d’attendrissantes poupées qui feront la joie des fillettes. Auteure de « Doudous à coudre » elle suggère 30 modèles de poupées plus colorées les unes que les autres. Et puis quel gentil cadeau personnalisé à offrir, tout comme pour les sacs d’ailleurs.


 


 


Tout n’est qu’illusions d’optique!

Attention à ce que notre cerveau perçoit. On en a plus d’une preuve avec le cahier d’activités Illusions d’optique. Nous sommes ébahis par les jeux visuels qui sont exposés, allant des objets impossibles, aux images en mouvement et les pièges visuels. Plus ludique que ça tu meurs. Et c’est de voir les détournements de perception que ça occasionne.

Illusions d’optique. Broquet 128p.    www.broquet.qc.ca



 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

Sophie Lacoste est une journaliste très en vue en France qui se spécialise dans le domaine de la santé. C’est une disciple du Docteur Valnet duquel elle a puisé des prescriptions. Dans ce petit bouquin Stress et sommeil chez Mosaïque-santé elle rassemble des méthodes toujours naturelles, souvent des tisanes pour que l’individu retrouve l’équilibre et aspire à une bonne nuitée réparatrice. D’autant que chaque année, des statistiques effarantes qui montrent à quel point peu de gens parviennent à bien dormir. Chez Novalis cette fois on publie ce qui est considéré comme le livre religieux de l’année, celui qui emballe le plus le pape François quia donné son aval pour qu’il soit diffusé sur les cinq continents. Il le fait même distribué place Saint-Pierre. Qu’est-ce ? Aimer c’est tout donner un livre qui fait l’apologie des vies consacrées. Divers religieux et religieuses, de même que des prêtres racontent ce qui les ont amené à donner leur vie pour Dieu. Autant de témoignages autant de parcours divers. Et même si on n’est pas croyant, on sera quand même heureux de lire ces chapitres, ne serait-ce que pour prendre conscience qu’il y a des gens pour qui l’altruisme est une raison d’exister.

Michael Pantalon est psychologue et chercheur à la Faculté de médecine de Yale. Bien qu’il se défende de toute forme de manipulation, ce coach de vie a échafaudé une méthode bien à lui pour obtenir des autres ce qu’il veut en 7 minutes bien compté! C’est ce qu’il a baptisé La méthode de l’influence immédiate. C’est chez Guy Trédaniel éditeur. En réalité sa méthode est surtout basé sur des recommandations à procéder différemment face aux autres, surtout dans l’emploi du langage. On braque souvent plus les autres par nos propos. Et il nous donne une foule d’exemples à faire et ne pas faire.  Et pour demeurer dans le même registre la psychologue praticienne du Gestalt, Angèle Lacoste signe Le jeu de l’emprise et de la manipulation ou comment sortir de la violence morale, édité chez Josette Lyon. C’est son tour d’horizon des indicateurs de la violence conjugale qui à Montréal par exemple, occupe pour 65% des appels logés au service de la police. C’est presque de l’ordre du fléau. Elle donne les repères pour identifie rles glissements dangereux et comment s’en sortir le cas échéant. Vous avez beaucoup de témoignages dans lesquels beaucoup se reconnaîtront. 

A l’endos de Voyage au cœur de soi publié chez Accarias l’originel on peut voir une très jolie photo de l’auteure Claudette Vidal. Son guide spirituel est axé sur une approche unifiant le divin et l’humain. Elle fait la somme du meilleur de tous les grands courants religieux, les malaxent pour nous livrer l’essentiel de ce qui est nécessaire pour parvenir à la sérénité. Pour les familiers du vocabulaire de la croissance personnelle, elle traite de la Non-dualité. A la différence que contrairement aux autres livres qui abordent cet aspect, elle n’écarte pas la dimension humaine.



 






 


Le coin santé physique et psychique (2)

Voici un livre qui devrait figurer au programme des études de niveau secondaire pour enseigner aux jeunes tout ce que le phénomène de la reproduction humaine entraîne. Et que pour les filles, avoir un bébé n’est pas de jouer à la Barbie. Cosigné par les Dr. Luis Alvarez et Véronique Cayol respectivement pédopsychiatre à l’Institut de puériculture de Paris, Psychologie et psychiatrie de la grossesse passe en revue toutes les étapes psychiques qui entourent la fécondité. Et qui ne néglige pas l’aspect transformation physique qui influe sur la psyché de la femme. Fait à noter, pour une fois un ouvrage s’attarde longuement au rôle du père qui ailleurs devait se contenter d’assister en spectateur. Ici il est partie prenante, et les auteurs disent bien en quoi sa présence est primordiale. C’est édité chez Odile Jacob.

Des réformes qui rendraient les sociétés moins injustes. Voici le pari que s’est donné Jean-Pierre Derriennic professeur de science politique à l’Université Laval avec son Essai sur les injustices. Il passe en revue l’équation entre les lois, politiques et l’espace de liberté des individus. Il fait même le tour des derniers penseurs en la matière. Enfin, il y va de ses recommandations, telles un mode de scrutin vraiment égalitaire, et de nouvelles façons d’organiser la solidarité internationale. C’est aux Presses de l’Université Laval. C’est bien Lui qui a dit que le Royaume des cieux était en nous. Francine Tremblay ne dit pas mieux quand elle rappelle à sa façon que notre autonomie, notre bien-être, c’est d’abord à l’intérieur de soi qu’on va le chercher. Le travail sur soi est une  énumération des préceptes essentiels à l’élévation de soi-même. C’est un tout petit ouvrage mais dont chaque page est d’une incontournable vérité de vie. Aux éditions Québec-Livres.

Le sens de la vie, c’est l’interrogation que nous nous posons tous à un moment donné ou l’autre. Ils sont trois, André Ducharme, Jean-Yves Ducharme et Michelle labrèche-Larouche qui ont eu cette démarche fort intéressante d’aller à la rencontre de vingt personnes pour leur demander ce qu’elles pensaient A propos de la vie aux éditions La Presse. Et l’échantillonnage est étonnant pour cette quête de sens, allant au bientôt centenaire Père Benoît Lacroix, la célébrissime Drag Mado Lamotte à Andrée Lachapelle et Marc Labrèche pour ne citer que ceux-là. Autant d’individus, autant de réponses. En définitive chacun est appelé à des conclusions en fonction de son vécu. C’est vraiment passionnant.

Le coach de vie Didier Reinach créateur d’une méthode nommée « Symbiocratie » qui assure des bénéfices réciproques et durables, déplore que notre monde manque cruellement de leadership et qu’il est laissé aux mains de gens qui ont un manque total d’espoir, de vision, de créativité et de ses des valeurs. Au lieu de gémir, il est d’avis comme Margaret Mead que l’avancement du monde a toujours été le lot d’une poignée d’individus. Fort de cette constatation il écrit Être leader dans un monde nouveau aux éditions La Semaine. Comment créer du bonheur et de la richesse. Ce qui est bien, c’est qu’il ne joue pas au gourou et est bien conscient du monde qui l’entoure. Le fait qu’il ne porte pas de lunettes roses et qu’il fasse dans l’autodérision donne beaucoup de crédibilité à sa démarche.



 


 


L’ombre de l’oncle

Un peu comme en chanson où les interprètes redonnent vie et perpétuent des chansons créées par des auteurs-compositeurs, autant il y a des écrivains qui font devoir de mémoire en rappelant le souvenir de telle ou telle personne. C’est le cas de Thomas Stern qui ravive les faits d’armes de son oncle Thomas Elek communiste et résistant sous l’Occupation et fusillé en 1944. Ce juif hongrois appartenait au célèbre groupe Manouchian. Dans la famille de l’écrivain on ne cessait d’en parler et il faisait figure d’un culte. A sa façon il fait revivre ce courageux jeune homme mort à dix-neuf pour ses convictions. C’est un livre qui impose le respect et qui nous montre qu’en dépit de la désespérance de l’humanité il est à mettre au compte du bilan positif des belles actions de certains hommes de conviction. Au passage il égratigne Ernst Jünger l’écrivain et militaire tout prussien qu’il était qui a passablement embelli son image. A la fin une petite note de l’auteur précise qu’il a pris quelques arrangements avec l’Histoire et nous dit à quels endroits.

Thomas et son ombre. Thomas Stern. Grasset 216p.      www.grasset.fr



 


 


Des jumeaux dans la Lune qui ne sont qu’un

Un critique de la quatrième chaîne de la BBC a qualifié de prouesse l’exercice de style commis par Stewart Foster avec Une carte postale de la lune. Au départ ce sont deux jumeaux, Tom et Jack qui sont orphelins d’un père cosmonaute qui n’est jamais revenu d’une envolée spatiale secrète à bord d’une capsule Soyouz. Mieux, le duo des frangins qui vit tricoté serré reçoivent des cartes postales du paternel…envoyées du fin de l’espace. Invraisemblable ? Sans aucun doute. Surtout qu’en cours de récit on apprend que tout ça est de la pure imagination, non pas de jumeaux mais d’une seule personne, narratrice de ce roman absolument fantastique. Ce dernier est-il fou ? Jugez-en vous-même. Mais il n’en reste pas moins que côté imagination ça cartonne, servie par une maîtrise formidable du sujet, du verbe et de son complément. Ici on tutoie l’excellence.

Une carte postale de la lune. Stewart Foster. Grasset 349p.    www.grasset.fr



 


 


La mondialisation de l’homosexualité en art

Dominique Fernandez mérite bien son titre d’académicien. Non pas parce qu’il est un exemple du bel usage de la langue française, c’est qu’il besogne! Et il nous en jette plein la vue avec cette somme qui force l’admiration Amants d’apollon qui est un survol dans l’Histoire de l’art de l’amour qui n’oe pas dire son nom et ce, à travers également les civilisations. Ce pavé d’une rare érudition se divise en trois parties. D’abord l’incontournable Antiquité et sa galerie de mythes où défilent gitons et ganymèdes. Ensuite, ça devient novateur car il dévoile des intentions cachées chez des artistes dont on ne soupçonnerait même pas qu’ils eurent été tentés par le thème des amours masculins. Vous verrez entre autres ce que cache un Rembrandt. Dans les années vingt en littérature, le monde des lettres français s’alarmait que l’homosexualité soit à la mode chez des écrivains. Et il termine par un troisième volet avec une nomenclature d’artistes à qui le milieu gai doit une reconnaissance pour avoir été des chantres de ces amours interdits. Vous sortez de ce livre plus intelligent que lorsque vous êtes entré.

Amants d’Apollon. Dominique Fernandez. Grasset 654p.    www.grasset.fr



 


 


La triste fin d’une esclave noire en Nouvelle-France

Marie-Josèphe-Angélique est restée dans l’histoire de la Nouvelle-France pour être cette femme injustement condamnée, pour avoir été désignée comme la coupable d’un incendie ayant dévasté une quarantaine de maisons sur la rue Saint-Paul dans ce qui est aujourd’hui le Vieux-Montréal. Et pour l’accuser, un seul témoignage…celui d’un enfant de cinq ans. Elle sera torturée pour passer aux aveux, ensuite pendue et brûlée. Carlos Taveira qui apporte sa pierre à la connaissance de la présence lusophone, raconte bien cette triste vie. Car cette infortunée était d’origine portugaise. C’est le tome 2 de Mots et marées.

Mots et marées. Tome 2 Les maux de Marie-Josèphe-Angélique. Carlos Taveira.  L’Interligne 198p.     www.interligne.ca



 


 


Dur, dur de toucher sa retraite gouvernementale

Au Canada pour une nouvelle catégorie de travailleurs il faut désormais se rendre jusqu’à 67 ans avant de pouvoir toucher son fonds de pension du fédéral. Imaginez quand vous considérez que votre travail est pénible et que vous aspiriez tant à en être délivré. Sous de fallacieux prétextes dont l’assainissement des dépenses publiques et la démographie, on fait en sorte de retarder le paiement de votre dû. Déjà qu’on savait que l’interdiction totale de la cigarette ne se faisait pas, les gouvernements, de mèche avec les compagnies de tabac capitalisant que les fumeurs allaient crever sans pouvoir toucher de retraite ou si peu, une sacrée belle économie d’échelle. Alors ne nous étonnons pas que les pouvoirs publics font L’assaut contre les retraites titre d’un essai merveilleux écrit en collectif sous la direction de Normand Baillargeon. On dénonce d’une part, mais on propose aussi des alternatives intéressantes pour assurer des lendemains qui chantent.

L’assaut contre les retraites. Discours catastrophiques, réformes réactionnaires et droit à une retraite décente. Collectif sous la direction de Normand Baillargeon. M éditeur 167p.      www.editionsm.info



 


 


Un bled mexicain dont la seule entreprise est un bordel

Vous souhaitez lire un roman tout de furie passionnelle ? Vous serez servi à souhait avec La tour du docteur Brinkley de Robert Hough qui ne cesse de récolter des récompenses littéraires dont nous vous faisons grâce, faute d’espace. Nous sommes dans le Mexique des années 30. La couverture nous montre une belle peinte par Diego Rivera l’amant de Frida Khalo. L’atmosphère est campée. On se retrouve dans un bled perdu du Mexique, nommé Corazon de la Fuente. Et imaginez que la seule entreprise qui vaille est un bordel! Et autre trait d’originalité, toutes les filles qui bossent au plumard portent comme prénom celui de Maria. Débarque dans ce foutu coin un docteur excentrique, Romulus Brinkley qui clame avoir concocté un élixir qui redonne la virilité aux mâles. Sa découverte consiste en une greffe de glandes de bouc. Pour répercuter sa découverte il fait construire une grande tour de radio. Et ça marche, on accoure de partout pour retrouver la jouissance d’une solide érection. Une belle de la place, la plus belle en fait, Violetta Cruz s’amourache du fabuleux thaumaturge de la chose. Mais on connaît les latinos, les amours ne sont jamais paisibles et un amant éconduit par l’amante du doc va vouloir prendre sa revanche. Olé! On rit, c’est distrayant et chargé de tempérament.

La tour du docteur Brinkley. Robert Hough. Éditons marchand de feuilles 450p.      www.marcanddefeuilles.com



 


 


Un essai fait le point sur le débat autour de la laïcité québécoise

Il y eu d’abord la commission Bouchard-Taylor  en 2006 qui a voulu sonder les esprits sur comment se comportait la société québécoise face à l’arrivée des immigrants et l’importation du coup de leurs mœurs et traditions, surtout religieuses. Auparavant passablement de heurts avaient forcé à une réflexion en profondeur. Les audiences de la commission qui a parcouru le Québec a donné lieu à des débats cinglants où on a pu voir des divergences profondes dans la société québécoise. Des enjeux si forts qu’ils ont provoqué des dissensions dommageables au sein du Parti québécois. Guillaume Lamy en bon journaliste qu’il est a voulu départager les factions. Et il a découvert trois grandes familles de pensées idéologiques. Laïcité et valeurs québécoises le titre de son essai est une radiographie du paysage actuel en matière d’accommodements raisonnables. Sans parti pris, il identifie les acteurs qui s’opposent et pour quelles raisons. Éclairant.

Laïcité et valeurs québécoises. Guillaume Lamy. Québec Amérique 213p.    www.quebec-amerique.com



 


 


Deux romans prenants aux éditions La Semaine

Saluons les éditions La Semaine, qui courageusement donnent à de jeunes romanciers la chance de se faire valoir. D’autant que les médias, dès qu’il ne s’agit pas d’une vedette, boudent les passages sur les ondes électroniques et dans la presse papier et web. C’est pourquoi accueillons Jocelyne Bisaillon qui se fait intrigante avec L’homme à l’imper bleu. Sa protagoniste Michelle croise quotidiennement un homme assez spécial, d’une part parce qu’il porte sur lui un imperméable de couleur bleu, mais aussi parce qu’il ne semble pas exprimer beaucoup de sentiment. Elle pourrait bien passer outre, mais cette figure vient la chercher. Mais au-delà de ce suspense psychologique (l’auteure se fait ici plaisir car elle est psychologue de formation) c’est que c’est tout un portrait du Québec de la Révolution tranquille. Qu’est-ce que ce devait être exaltant pour une jeune femme de 22 ans de vivre la frénésie de l’Expo 67, de prendre des amants à tout va. On parlait d’amour libre. Renée Claude on se souviendra chantait « C’est le début d’un temps nouveau ». Belle réussite que ce retour en arrière.
Ensuite vient Andréanne Dubois et Brisée un livre très dur puisqu’il concerne une jeune femme qui se voit agressée par les potes de son copain. En effet, Julie a tout ce qu’il faut autour d’elle pour faire son bonheur, une bonne famille et surtout un amoureux attentionné prénommé Marc. Mais il arrivera que les amis de ce dernier, on l’œil mauvais et s’en promettent avec sa blonde. Déjà que l’agression en soi est dégradante, la douleur sera double du fait que Marc met en doute ce que lui dit Julie. Pire, il avance que c’est elle qui est la cause de son malheur! Pauvre elle. Fort heureusement, elle ira chercher du soutien auprès de sa famille. C’est tout un milieu qui va prendre acte de ce crime et qui va se l’approprier de diverses manières. L’auteure rend bien les sentiments confus de Julie qui doit porter sur ses épaules un drame dont elle se serait bien passée.



 


 


Les cachotteries des publicitaires

Jacques Bouchard le regretté père fondateur de la publicité québécoise avait tracé le portrait des québécois. C’était au début des années 70. Mais comment se comporte le Québec d’aujourd’hui en face de la publicité ? Pour en avoir le cœur net référez-vous à Tout ce que les publicitaires ne vous disent pas écrit par deux cracs de la publicité et du marketing chez nous, Arnaud Granata grand manitou du magazine Infopresse l’organe d’information qui donne l’heure juste dans le domaine et Stéphane Mailhiot qui est planificateur stratégique à l’agence de publicité lg2. Ils nous parlent de campagnes publicitaires de produits qui ont complètement raté leur coup comme la bière Kronenbourg qui a lancé une bière destinée aux femmes, plus light, la K. Un véritable four. Ou bien les petits pots pour bébé bien connus de marque Gerber dont l’entreprise qui les fabrique avait élaboré des petits produits pour célibataires bouffant sur le coin du sofa et de marque « Single », un autre fiasco. Les essayistes nous rappellent que c’est la première fois qu’on ne peut plus promettre à la jeune génération qu’elle connaîtra un sort plus enviable que la génération précédente. Instructif au max sur les tendances de l’heure. Si vous ne lisez pas ça vous êtes « out ».

Tout ce que les publicitaires ne vous disent pas. Arnaud Granata et Stéphane Mailhot. Les éditions La Presse 255p.     www.editionslapresse.ca



 


 


Le frisson qui s’empare d’un meurtrier

Hélas pour les verdunois qui ont une rue Wellington, ici il s’agit de la rue qui traverse le centre-ville de Sherbrooke la capitale de l’Estrie. Rue Wellington est le premier roman en carrière de Louis Gosselin qui a pourtant écrit plus d’une dizaine de livres mais qui s’essaie cette fois au roman et en plus au genre policier. C’est d’ailleurs au passage une tendance chez les auteurs québécois de consacrer de plus en plus de thème au polar ou au thriller psychologique. Ici c’est un meurtrier qui va commettre un premier crime au seul motif de voir ce qu’on éprouve quand on donne la mort. Ça été hélas au-delà de ses espérances. De quoi frissonner d’horreur. Un enquêteur presque retraité de la Sûreté du Québec veut en découdre avec ce mec tordu. Pour écrire son petit bijou, notre Simenon en herbe a puisé dans l’actualité policière pour composer les traits psychologiques des personnages en cause. Bref, pour une première incursion au roman policier c’est assurément une réussite.

Rue Wellington. Louis Gosselin. Les éditions Québec-Livres 299p.     www.quebec-livres.com



 


 


Une biographie réussie du « Prince » François Mitterand

Michel Winnock nous a donné par le passé des biographies marquantes de Clémenceau. Madame de Staël (qui lui a valu le Goncourt de la biographie en 2010) et Celle de Gustave Flaubert. Là il s’attaque avec une pièce de choix en la personne de François Mitterand le maître de l’ambigu. Il faut se rappeler qu’il a été successivement vichyste et résistant, de droite puis de gauche, anti-communiste et faisant ensuite alliance avec eux dans la conquête du pouvoir. C’était une grosse commande pour le biographe qui passe l’épreuve haut la main. Nous livrant même ce parcours de vie exceptionnel à la manière des bonnes biographies anglo-saxonnes, le modèle du genre. Il est certain qu’on ne peut parler ici de travail définitif car étant donné que l’ancien président de la République, étant un tas de petits tiroirs secrets ambulant il y aura encore certainement des affaires à découvrir sur son compte. Mais retenons qu’au-delà du potin, l’essentiel s’y trouve qui nous le montre tel un Macchiavel de la politique française.

François Mitterand. Michel Winock. Gallimard 423p.       



 


 


L’abécédaire de Poivre d’Arvor

C’est très tendance maintenant de publier des ouvrages sous la forme d’abécédaire, un procédé qui facilite à son auteur la présentation des thèmes qu’il chérit. Patrick Poivre d’Arvor l’ancien présentateur vedette des nouvelles de la télévision en France, se fait plaisir et nostalgique en se remémorant des événements de sa vie. Que ce soit la lecture des chroniques Art de vivre de Bernard Frank qui célébrait la gastronomie où les émois provoqués par Brigitte Bardot pour le volet de la sexualité ou Michèle Mercier, la belle Marquise des Anges. Ce qui est sain dans cet exercice de style c’est que par rapport à notre monde de fou en quête de sens, la vie semblait en avoir davantage avant. C’est en même temps pour la jeune génération un beau cours de civilisation. Merci l’auteur!

Nostalgie des choses perdues. Dictionnaire intime. Patrick Poivre d’Arvor. L’Archipel 204p.     www.editionsarchipel.com



 


 


Daniel Lavoie se fait physicien de l’âme

Il n’y a pas de doute, l’auteur-compositeur-interprète Daniel Lavoie si estimé a une passion pour l’infini cosmique. De même qu’il y a des particules élémentaires dans l’organisation des galaxies et des structures vivantes, par métaphore l’humain se drapant dans un tas de conventions, cache ce qu’il est réellement. Particulités est un recueil assez indéfinissable. Chargé de références à la physique quantique, nous sommes aussi en face de poèmes écrits de la plus belle façon qui soit. Extrait « La complexité est telle que même la lumière est une fréquence, à la fois onde, à la fois particule. Elle te mitraille. Tout le temps. De partout. »

Particulités. Daniel Lavoie. Édition des Plaines 99p.   www.plaines.ca



 


 


Une analyse fondamentale de l’aide internationale en santé

On dit parfois que tout a été dit ou écrit. C’est aller un peu vite en affaire. Il y a encore des domaines qui ont été peu explorés. A preuve cette étude éclairée sur le développement de l’aide internationale en santé de 1960 à nos jours coécrit par Mamadou Barry qui effectue présentement un séjour de recherche postdoctoral à la Faculté des sciences de la santé de l’Université d’Ottawa et d’Hachimi Sanni Yaya professeur agrégé d’économie et de santé internationale à l’Université d’Ottawa. Les deux nous disent en quoi le développement de cette aide répond à des impératifs souvent purement économiques. Financement de la santé et efficacité de l’aide internationale rend compte d’un progrès évident. C’est une merveilleuse initiation pour qui ignorent les enjeux qui y sont rattachés.

Financement de la santé et efficacité de l’aide internationale. Mamadou Barry et Hachimi Sanni Yaya. Les Presses de l’Université d’Ottawa 216p.    www.presses.uOttawa.ca



 


 


Un otage des djihadistes détaille son calvaire

Si vous êtes un habitué des nouvelles de la  télé sur TV5 Monde vous avez sans doute entendu parler des onze mois de captivité de Francis Collomp aux mains des djihadistes au Nigéria. Il nous raconte son enfer aux mains de ses salauds dans L’évasion. Car il va jouer le tout pour le tout pour faire la cavale. Mais avant d’en arriver là, il passera par toutes les affres de la détention dans des conditions inhumaines, rats compris. Il est un excellent conteur de ce qui lui est arrivé, avec des moments de suspense comme la fois où la clé qui lui permet d’ouvrir la porte de sa geôle ne tourne pas dans le barillet rouillé, ou quand attient de crise d’angine il va se frapper, se masser avec une auto-technique qui lui sauvera la vie, et à l’insu de ses kidnappeurs. Quelle vie! Captivant est ici un euphémisme.

L’évasion. Francis Collomp. X0 293p.    



 


 


Les Saintonge et le Québec mis au monde

Quand on s’inquiète du peu de productivité des québécois, il faut dire que c’est un phénomène récent dans notre Histoire, car c’était loin d’être le cas avec nos valeureux ancêtres qui suaient sang et eau pour bâtir non seulement le Québec mais aussi coloniser plusieurs endroit aux États-Unis. C’est le message qu’envoie Louis Caron avec son roman Le temps des bâtisseurs qui semble être une saga car on voit ce qui semble être le titre d’un tome premier « Le visionnaire ». Nous sommes en 1860 dans ce qui était le Bas-Canada. Nous voyons vivre la famille Saintonge. De braves gens qui n’ont pas peur du travail. Le visionnaire du récit c’est le père, Frédéric qui va prendre la route du Mid-West américain. Son fils qui porte le même prénom est un « bolé » qui va participer directement à la construction de plusieurs immeubles, temples religieux et résidences cossues. Et son fils Jean-Charles qui, est un peu le mouton noir du clan. Il porte bien son surnom de « l’Affranchi ». On connaît bien le romancier qui n’a plus besoin de présentation. Il est au zénith de son talent et il nous fait bien partager son intérêt pour le patrimoine. C’est du bonheur à chaque page et qui nous redonne une fierté.

Le temps des bâtisseurs. Le visionnaire. Louis Caron. L’Archipel 331p.    www.editionsarchipel.com



 


 


Il n’y a pas que le vendredi 13…

Les superstitieux devront se méfier d’autre chose que le vendredi 13. Le chiffre 15 apprendront-ils, est associé dans l’Histoire à des faits éléments négatifs. C’est que nous rappellent avec brio Bernard Lecherbonnier ancien prof universitaire et ex éditeur et Serge Cosseron éditeur et traducteur. Pour preuve et jugez vous-même 1915 et l’Europe en guerre, le plus affreux des conflits dans l’Histoire de l’humanité, et si nous revenons en arrière, 1715 la mort de Louis XV et 1615 qui voit avec l’avènement de Louis XIII le commencement du principe de monarchie absolue. A faire un peu frissonner d’inquiétude. D’autant que nous sommes en 2015. Hasard de l’Histoire ?  Ça demeure un beau cours sur des événements ciblés ces années là.

La fatalité de l’an XV. Bernard Lecherbonnier et Serge Cosseron. L’Archipel 306p.       www.editionsarchipel.com



 


 


Le continent Africain loin de se développer fait du sur-place

Bernard Lugan  est notamment professeur à l’École de Guerre à Paris et expert près le Tribunal Pénal International pour le Rwanda-ONU et éditeur de la revue sur le web, l’Afrique Réelle. Ce qu’il livre de la situation socio-économique du continent africain est calamiteux. Il dénonce le fait qu’on tente de faire croire que l’Afrique s’émancipe socialement et économiquement. Un peu plus et on assisterait à l’émergence d’une classe moyenne. Or c’est tout le contraire. Le climat s’enlise toujours et dans un contexte de nouveau colonialisme. Seulement les acteurs ont changé. La misère sévit tout autant et une poignée de capitalistes s’enrichissent sur la misère des autres. Osons dire la vérité à l’Afrique est une belle entreprise de rétablissement de vérités qui sont toutes bonnes à dire et qu’on préféreraient taire.

Osons dire la vérité à l’Afrique. Bernard Lugan. Éditions du Rocher 223p.    www.editionsdurocher.fr



 


 


Un noyé fait son bilan de vie

Atteint de lucidité chronique ? Vous reconnaîtrez un frère dans la personne du romancier Bertand Belin qui nous fait cadeau de Requin. C’est un roman tragi-comique où le personnage principal se noie dans un lac artificiel près de Dijon. On dit qu’avant de boire la tasse fatale ils ont le temps de voir défiler leur vie. C’est ce qu’il fait, s’exprimant à la première personne sur plus de cent quatre-vingt pages. Il a un humour noir c’est le cas de le dire. Le chapitre qui s’ouvre sur son arrivée ici bas dans le monde vaut le détour. C’est du haut numéro de voltige réaliste. Nous avons adoré au superlatif.

Requin. Bertrand Belin. P.O.L.  183p.     www.pol-rditeur.com



 


 


Des faits troubles entourant la mort de Daniel Balavoine

C’est un livre sans doute embarrassant car même un journaliste chevronné de la presse parisienne n’a pas voulu reprendre à son compte les éléments troublants rapporté par Jean Perrin et entourant la mort du chanteur Daniel Balavoine mort dans un écrasement d’hélicoptère dans le cadre du Paris-Dakar le 14 janvier 1986 date officielle de la tragédie, premier mensonge, alors que le crash s’est déroulé la veille. Et il y en a d’autres à frémir de grossièreté.  Qu’à cela ne tienne, on n’est jamais mieux servi que par soi-même et c’est ainsi que Perrin nous livre les résultats complets de son enquête. Un meurtre déguisé ? Et encore plus étrange des voix de l’Au-delà viennent troubler le jeu. C’est un tout petit livre mais très dérangeant.

Daniel Balavoine, meurtre déguisé ? Jean Perrin. Louise Courteau éditrice 158p.   www.louisecourteau.com



 


 


Enfant esclave de guerre pour l’armement nazi

S’il a été évoqué en long et en large les atrocités commises dans les camps d’extermination, on s’est moins penché sur les prisonniers qui étaient condamnés au travail forcé au profit de l’armée allemande, comme la fabrication d’armes ou de fusées, les fameuses V-1 et V-2.  De l’esclavage au-delà de toute expression, où les forçats se nourrissaient d’un peu de soupe et d’un quignon de pain, debout de longues heures, presque pas de pause, dans des conditions sanitaires menaçant leur santé. Sans compter les coups et les brimades des aboyeurs nazis. C’est de tout ça dont il est question dans Faire des bombes pour Hitler où deux petites sœurs sont séparées, la plus grande Lida dirigée manu militari au travail pénible. Pour écrire son histoire Marsha Forchuk Skrypuch s’est sans doute bien documentée. Elle rend à merveille comme une historienne le ferait les horreurs qui s’y déroulaient. On connaissait déjà son talent, c’est à elle que nous devons « Enfant volée » qui a connu un immense succès. Il faut lire ce titre comme un devoir de mémoire pour que ces victimes afin que ce qu’ils ont vécu ne l’ait pas été en vain.

Faire des bombes pour Hitler. Marsha Forchuk Skrypuch. Scholastic 216p.    www.scholastic.ca/editions



 


 


Les tribulations d’un photographe en Angola

Les éditions du Sémaphore lancent un beau bijou de roman avec ces Reportages sous influence d’Éric de Belleval. D’abord un mot sur son français pas comme les autres qui a choisi d’émigrer au Québec. Une sacrée pointure ce mec qui a fondé la pétrolière ELF puis qui s’est impliqué dans la recherche médicale avant de se tourner vers la littérature. Pour son bouquin il fait vivre un photographe habitué aux soirées type tapis rouge et qui va se rendre en Angola. Ce qu’il avait vu de la misère africaine jusque là, c’est ce que nous voyons nous aussi à la télé, des individus faméliques nimbés de mouches. Là sa sensibilité sera ébranlée, ce sera à la vue de corps empilés d’enfants morts. Le photographe sera ensuite kidnappé par des rebelles. Pour de Belleval, c’est l’occasion de nous montrer les sombres collusions qui se déroulent sur le vieux continent et les enjeux financiers. C’est romancé certes mais ça tient presque du reportage. On dirait presque un roman à clé. Le style en plus.

Reportages sous influence. Éric de Belleval. Les éditions Sémaphore 259p.    www.editionssemaphore.qc.ca



 


 


Le meilleur guide sur le Québec

Il allait de soi que de tous les guides que publient la maison Ulysse, elle devait mettre en lumière celui qu’elle consacre à la province de Québec.  C’est un petit pavé de près de 650 pages qui fourmille de mille et un tuyaux, permettant non seulement au touriste, mais aux gens d’ici de bien préparer leur séjour de villégiature. De tout ce qui se publie sur la Belle Province, il est imbattable tant par la richesse des indications que par leur justesse aussi.

Le Québec, le plaisir de mieux voyager. Ulysse 640p.   www.guidesulysse.com



 


 


Une énorme erreur judiciaire américaine

Il faut le lire malgré la rage de prendre connaissance d’une telle erreur judiciaire. Peut-être avez-vous eu connaissance de ce triple meurtre commis en 1993 dans la petite ville de West Memphis. L’affaire a fait l’objet d’un film mettant en vedette Colin Firth et Reese Witherspoon signé de notre compatriote Tom Agoyan. En résumé ce sont trois enfants de huit ans qui ont été portés disparus le 5 mai de cette année là et dont on retrouvera les corps de lendemain. Immédiatement la police de cette ville de l’Arkansas procède à l’arrestation de trois adolescents. Un procès expédié à la vitesse de l’éclair et qui se conclura par la prison à perpétuité pour deux d’entre eux et la peine de mort pour le troisième. L’acteur Johnny Depp montera au front et se scandalisera de l’attitude de la Justice dans cette cause qu’il comparera à une chasse aux sorcières. Les 3 crimes de West Memphis sont raconté par le menu tel un récit enlevant par Mara Leveritt. C’est une affaire criminelle qui passionna en son temps l’Amérique toute entière.

Les 3 crimes de West Memphis. Mara Leveritt. L’Archipel 394p.   www.editionsarchipel.com



 


 


Une biographie d’Abraham Lincoln

Cette année 2015 commémore le 150ème anniversaire de la mort tragique du président Abraham Lincoln abattu froidement par un exalté alors qu’il se trouvait dans une loge de théâtre. L’historien et professeur émérite de l’Université d’Orléans Bernard Vincent ravive la mémoire de celui qui comme le mentionne avec justesse le communiqué de presse annonçant la réédition de cette biographie, incarne le rêve américain, puisqu’il faut se souvenir qu’il est né dans une cabane de rondins et qu’il s’est rendu jusqu’à la Maison-Blanche. Tout comme Washington il incarne à son tour la mythologie présidentielle. On lui doit surtout l’abolition de l’esclavage. Un excellent travail qui ne s’attache pas seulement à ce qui se passait en Amérique, mais comment se vivait le monde au temps de Lincoln.

Lincoln. L’homme qui sauva les États-Unis. Bernard Vincent. Archi poche 521p.    www.archipoche.com



 


 


Le coin de la poésie

Deux recueils nous arrivent. Marie-Belle Ouellet et Le son friable de l’étreinte aux éditions David. C’est une chute, mais belle comme une chute de reins, avec de merveilleuses éclaboussures. Extrait : « Qu’attends-tu de nous dans les replis de la chute ? Ce qui élance me distrait comme une clameur délicate. Je sens les restes de nos corps, sur le sol entrelacés. Tu bois ce rouge en moi. Ce torrent flou contre la braise. »  Puis aux éditions du Noroît c’est L’observatoire de Rosalie Lessard. C’est une étude en vers sur la construction de l’imaginaire. Extrait « Tandis que derrière ses yeux fond lentement le regard qu’elle n’en finit pas d’avoir été. »



 


 


 Le coin jeunesse

C’est un joli conte de Michael Arvaarluk Kusugak un inuit sur de tendres illustrations de Vladyana Krykorva qui s’intitule Les aurores boréales joueurs de soccer.  Si vous pensez que les enfants s’ennuient dans le Grand Nord, détrompez-vous. Ils ont toutes sortes de choses à faire dont le soccer. Faut voir comment est fait le ballon. Et puis il y a les magnifiques aurores boréales, un spectacle éblouissant dont on ne se lasse pas de regarder. C’est aux éditions des Plaines. Puis deux titres aux éditions C.A.R.D.  D’abord le tome 4 de Les missions de Julia Léveillée « Un monde insoupçonné! C’est Julia qui s’envole pour la Floride avec Adam un garçon aux comportements sidérants. C’est le thème de l’autisme qui est ici abordé. Le but avoué de la romancière est que les jeunes lecteurs trouvent à la fois leur potentiel et leur intériorité. Et ici quelle bonne idée dans Mathéo et le massage caméléon de Manon Jean sur des illustrations de Daphné Robin à savoir d’inculquer aux enfants les notions rudimentaires du massage et plus encore de l’automassage. C’est une noble intention d’apprendre en bas âge à se calmer, se faire du bien.



 


 


Trois titres à lire aux Presses de l’Université Laval

Qu’est-ce qui du monde extérieur conditionne ou influence la réussite scolaire des cégépiens ? Intéressant cet angle de vue sociologique pour comprendre la psychologie des étudiants au collégial. Par exemple quand un jeune travaille en même temps, comment ça détermine son rendement en salle de classe, sa vision des valeurs. Nous devons à Jacques Roy professeur associé à l’Université du Québec à Rimouski cet essai Les cégépiens et la réussite scolaire. C’est dans la collection « Regard sur… ». Et comment ne pas vous recommander Et les chiens bouffent les cadavres du journaliste Graeme Smith. Il a été un de ceux qui a séjourné le plus longtemps en Afghanistan soit de 2005 à 2011. Il est un observateur des bavures des occidentaux et de la montée des talibans. Et le gars n’use surtout pas de la langue de bois pour décrire ce qu’il a vu.  Et un essai en collectif sous la direction d’Antoine Coppolani, Charles-Philippe David et Jean-François Thomas « La fabrique de la paix ». Il y a des privilégiés dans cette étude. Y a-t-il un modèle dans la façon de parvenir à la paix ? Et a contrario, une typologie des échecs des processus de paix.



 


 


Le coin santé physique et psychique (1)

Cinq titres éclairants chez Alpen, que voici. La biologiste Hélène Petit ouvre le bal avec Le mal de dos c’est fini. A parcourir ce bouquin on se rend compte que tout ici est une question de posture. Son expérience l’autorise à nous faire connaître non seulement les méthodes traditionnelles pour contrer la douleur, mais aussi les thérapies alternatives. Un mal de dos, elle le sait bien, peut vous gâcher l’existence. Il est possible grâce à des méthodes préventives de circonscrire le tour de rein, les lombalgies, le sciatique. Peut-on pratiquer un sport lorsqu’on est affligé d’un mal de dos chronique ? si vous lequel. Autant de réponses à des questions. Le Dr. Michèle Serrand est médecin homéopathe. Elle a fondé Homéopathes sans frontières. Son ouvrage La nouvelle ménopause, s’attache à nous parler des hormones naturelles. Également des bienfaits du soja et de certaines plantes. Elle lève le voile sur le traitement hormonal de la ménopause. Ce n’est pas une homéopathe radicale au sens où elle ne diabolise pas le traitement hormonal de la ménopause (THM). Simplement elle met dans la balance, les avantages et les inconvénients.

Le Dr. Max Rombi a un parcours atypique. Il a d’abord été vétérinaire et a fait sa marque dans cette médecine, avant de se tourner vers la biochimie et la pharmacologie. En 1980 il fonde les laboratoires Arkopharma qui très rapidement deviendront un leader mondial de la phytothérapie. Pour lui, la santé des gens passe par une prise en main personnelle qui débute par une éducation. Il nous présente Contrôlez votre acidité. Et pour ce faire c’est avant tout une correction de notre alimentation pour en arriver à purifier notre organisme. Il ne prend pas de gant pour alerter du fait que l’acidification de l’organisme nuit gravement à la santé. Le Dr. Patrick Sinibaldi, un généraliste s’est donné pour mandat de Vaincre les problèmes respiratoires. Et dans ce livre, il fait largement la part belle à l’asthme, la pollution qui n’aide pas et les maladies du tabac. Nous avons droit à un cours 101 des mécanismes de la respiration et les complications qui surviennent dans l’organisme quand la mécanique connaît des défaillances. Il expose ensuite les traitements possibles.

Le diabète, ce mal sournois qui dans sa phase ultime engendre des problèmes d’une rare gravité pouvant mener à la cécité et à l’amputation. Mais avant d’aller à de telles extrémités, ce pourrait être intéressant de jeter un coup d’œil à ce qu’en dit le Dr. Éric Ménat dans La diététique du diabète. Il nous évite en somme les erreurs alimentaires trop souvent commises. Et nous livre des compositions de repas sains et savoureux. Ce titre a le mérite de mettre à jour toutes les dernières connaissances en la matière. Et n’ayez crainte, on ne fait pas ici référence à des régimes draconiens. La nutritionniste Nathalie Breuleux-Jacquesson qui est présentement chercheure dans le domaine cardiovasculaire écrit Dites non au cholestérol. Enfin en voici une qui ne jure pas que par les statines comme le fameux Lipitor. Elle nous démontre que l’on peut préserver sa santé cardiovasculaire sans le recours aux médicaments. Que c’est possible. Comment élever le taux de bon cholestérol et réduire le mauvais. En prime une liste des aliments qui protègent le cœur et les artères.



 




 


Le coin santé physique et psychique (2)

Le docteur personne est une sorte de journal posthume du regretté Dr. Bertrand Savoie décédé il y a deux ans. Ce sont des chroniques qu’il écrivit pour décrire ses impressions de sa pratique, du temps d’avant le régime d’assurance-maladie, pendant et à la fin de sa pratique qui s’étendit de 1955 à 1007. Il a vu toutes les transformations de notre système de santé, du médecin proche de ses patients à celui qui est devenu un travailleur de la santé. Ça nous en dit long sur la dégringolade de la médecine de proximité. C’est aux Presses de l’Université Laval tout comme celui écrit en collectif Le don de sang, un geste social et culturel. D’abord une statistique effrayante, toutes les quatre-vingt secondes, une personne a besoin de sang au Québec. Notre province dispose d’une des meilleures réserves de sang en Amérique du Nord. Depuis 2008, la Chaire de recherche sur les aspects sociaux du don de sang, formée d’anthropologues, de sociologues et de géographes, étudie notre comportement en matière de don de sang. Tout y passe, de l’attitude des communautés culturelles et aussi les jeunes. 

Les trois prochains titres sont aux éditions du Dauphin Blanc. Mathieu Fortin qui a fondé « Propulser son Avenir » un cabinet de consultant pour épauler les gens qui souhaitent vivre leur rêve. Il consigne ses théories dans Jeune et prospère, pourquoi pas ? Il fait le tableau de nos habitudes en matière d’ambition et ce qui fait obstacle. C’est un convaincu de la visualisation. Il dit que toute vision négative a un mauvais effet boomerang. En clair, on attire ce qui nous ressemble. Puis Ariane Renée Lemay évoque Le pouvoir sacré des dauphins. Cette thérapeute de l’âme est aussi médium et chamane. Fascinée par les dauphins elle a développé une communication avec eux et elle nous dévoile leur côté guérisseurs. Stupéfiant ? Vous n’êtes pas pas au bout de vos surprises. Myriam Perez n’a qu’un objectif de son côté, notre éveil à la puissance intérieure. Au point d’écrire Accueillir sa vulnérabilité. Cette coach en entreprise a accumulé un bagage d’expériences suffisant pour faire partager ses conclusions aux autres. On sait que notre pire obstacle c’est nous-mêmes. A sa façon elle concrétise la réalité du message divin qui nous nous a appris que le Royaume des cieux est en nous.

Quatre titres aux éditions Béliveau. Le gourou du management Alain Samson va dans le même sens que la précédente avec Devenez un super-héros. Il exhorte les gens à vaincre leurs peurs, de développer notre confiance et plus, nos superpouvoirs. Il va même plus loin en affirmant que le monde a besoin de nous. Mathieu Grondin étale de son côté les 10 commandements du bonheur dans Soyez heureux! Par métaphore, cet ingénieur et marathonien compare la montée sur le podium et ce qu’il faut faire pour, avec ce que nous devons investir pour parvenir à des résultats pour en arriver au bonheur. Le duo Jack Canfiled et Pamela Bruner s’attache à cette thématique Le tapping vers le succès ultime. Canfield est célébrissime pour sa fameuse collection « Bouillon de poulet pour l’âme » qui s’est écoulé à plus d’un demi milliard de copies! Sa complice, théoricienne du tapping a réalisé un million de profit en deux ans! Le tapping au passage est une vision de soi qui veut faire exploser rapidement tout ce qui fait obstacle à notre développement. C’est une guerre à finir contre nos ennemis intérieurs. Et il y a des conseils marquants comme de saupoudrer sa vie d’humour et de ne pas avoir peur d’exagérer. Et Hélène Turmel se fait l’apôtre du temps à préserver pour sa personne dans L’urgence de prendre son temps. Le titre est paradoxal à première vue, mais dans ce monde où tout n’est que productivité, vitesse et performance, si le succès n’était pas au final de vivre au rythme d’un beau tempo. Contrairement aux idées imposées, elle nous ramène des principes simples qui conduisent à l’abondance. 



 




 


Le coin santé physique et psychique (3)

Le Kâmasûtra que n’a t’l pas inspiré dans l’imaginaire de ses lecteurs. Si nous rangeons cet ouvrage qui est l’icône de la littérature érotique antique, c’est que nous croyons que bien assimilé dans notre quotidien, il contribue à une sexualité épanouie, donc un mieux-être. Il nous arrive dans une nouvelle traduction du sanscrit original grâce à Frédéric Boyer. C’est aux éditions P.O.L. Et puis ça se présente comme guide de petits trucs banals en apparence mais qui provoquent le plaisir.

Deux titres chez Trédaniel, La carte du Paradis du Dr. Eben Alexander celui à qui on doit ce best-seller « La preuve du Paradis ».  Ce neurochirurgien a vécu l’expérience de ce qu’on appelle la mort imminente. Et il confirme l’existence d’un Au-delà merveilleux. Venant de lui qui est spécialiste depuis vingt-cinq dans sa profession dont quinze à la faculté de médecine de Harvard, ça donne un peu plus de crédibilité à la chose. Et que ce soit n’importe quelle culture où époque, les témoignages concordent. Un autre docteur, Luc Bodin, celui-là cancérologue, nous explique un système d’auto-guérison du corps qui a pour nom Aora et qui donne son titre au livre qu’il a écrit et qui comporte en bonus un CD-Rom qui vous aide à mettre en pratique les théories enseignées. Car selon ce qu’il avance la maladie n’est qu’une partie du problème, sa solution venant du messager, du porteur lui-même. Et la beauté de l’affaire c’est qu’une fois ces connaissances assimilées, les effets curatifs sont immédiats.   
Et deux opus chez l’Archipel. A commencer par Jean-Claude Liaudet qui porte la double casquette de psychanalyste et psychothérapeute. Il signe Quand l’amour manque comment se reconstruire ? A l’occasion d’un événement douloureux, perte d’un travail, d’un deuil, rupture amoureuse, la personne atteinte va souvent se mettre en mode dévalorisation. Cette façon d’agir prend évidemment sa source dans l’enfance. Il faut alors faire l’inventaire de notre parcours et voir de quelle manière on a manqué d’amour, pourquoi ce déficit à l’âge adulte ? Et Gérald Messadié celui qui durant un quart de siècle a dirigé le magazine Science et vie a souvent étudié les grands mythes de l’humanité. Il a connu un succès immense avec « L’homme qui devint dieu » écoulé à plus de trois millions d’exemplaires. Nous avons droit à un autre beau travail sur la connaissance avec Réalités et mystifications du paranormal. Il passe en revue des phénomènes tels la télépathie, le voyage astral, celui hors du corps, la bilocation et un tas d’autres réalités qui échappent au commun des mortels et qui fascinent. Quand on sait que l’homme n’exploite que dix pour-cent de ses capacités cervicales, il faut s’attendre que nous ne nous connaissons finalement que très peu par rapport à nos possibilités.



 


 


Le coin santé physique et psychique (4)

55 exercices à faire au quotidien. C’est le programme que recommande mesdames Nathalie Peretti et Myriam Gineste dans Optimisez vos ressources intérieures que publie Le Souffle d’Or. La première est sophrologue tandis que la seconde est praticienne PNL. La majorité des exercices proposés concernent le mental. Car si notre ordinateur cervical est bien rodé, tout le reste va suivre. En leur compagnie c’est tout un « tune-up » comme qui dirait de notre intériorité.  Toujours au Souffle d’Or La philosophie du Tao en pratique de  Maud Ernoult. Cette thérapeute en médecine chinoise et formatrice met donc en pratique les grands enseignements philosophiques qui passent par l’automassage, la qualité de l’épiderme, les cures alimentaires. L’auteure est une pointure à qui l’on doit le Manuel complet de médecine chinoise et de shiatsu.

Aux éditions La Semaine, deux livres dans deux registres très différents. Fils de bourreau c’est un livre d’une rare dureté. On sort de sa lecture ébranlé. Car c’est le récit de Patrick Gosselin le fils aîné de celui qu’on a surnommé le bourreau de Beaumont et qui a subi le martyre aux mains de ce dernier. Le père, Paul qui pourrait être le frère psychologique de la marâtre dans Aurore l’enfant martyre, faisait manger ses excréments au petit, lui plongeait les mains dans l’eau bouillante. Le jeune était privé d’eau et de nourriture. Et pour se déshydrater n’avait d’autre choix que de boire l’eau des toilettes. Et on en passe. Comment croire que de telles choses puissent survenir. Et ne parlons pas de la DPJ qui s’est traîné les pieds comme toujours. Puis sur un mode nettement plus joyeux Non coupable du nutritionniste Hubert Cormier. C’est toute une vision de notre rapport à ce qu’on ingurgite qu’il nous suggère de revisiter. Le spécialiste ne vise rien d’autre qu’à une déculpabilisation face aux aliments.  



 


 


La québécoise au plus grand carnet d’adresses

L’ancienne présidente du Conseil du Trésor sous le régime Charest, Monique Jérôme-Forget est la femme qui a sans doute le réseau de contacts le plus étoffé au Québec. Il fallait voir le beau monde qui a accouru lors du lancement de la biographie que lui consacre Brigitte Pilote. Écrite par une autre, car l’intéressée ne l’était justement pas. Au fil des pages ont fait le survol de la vie éblouissante au plan professionnel de cette femme au caractère volontaire, qui n’a jamais eu peur des défis. Et quand elle réussira son rêve de devenir ministre, on ne lui offrira rien de moins que le deuxième poste en importance après celui de premier ministre. Elle dévoile l’agression sexuelle dont elle fit l’objet dans son bureau alors qu’elle était la présidente de la CSST. De même que le suicide d’un de ses gardes du corps. Un chapitre est consacré à la fameuse débâcle de 42 milliards de dollars à la Caisse de Dépôt et de Placement du Québec qui allait lui faire de l’ombre. Elle s’en explique. C’est un ouvrage que toute jeune femme ambitieuse devrait lire car on y prodigue plein de conseils, dont le premier étant de ne jamais douté de ses capacités. En plus elle se révèle une personne généreuse, attentive aux autres, véritable mentor pour plusieurs.

Monique Jérôme-Forget. Brigitte Pilot. Libre Expression 212p.   www.edlibreexpression.com



 


 


Un voyage en train assez spécial

Les créateurs de polars savent tout le potentiel qu’on peut trouver dans le décor d’un train. Agatha Christie ne s’en est pas privée avec l’Orient-Express. Le canadien Kenneth Oppel a compris la formule qui situe son action dans un convoi de cirque comme il s’en faisait jadis, avec tout plein de personnages à bord. Son « héros » sera le témoin d’un meurtre à bord d’un des wagons. Mal lui en prend car sa tête sera mise à prix malgré des aides. En plus, il s’est trouvé détenteur d’une clé donnant accès à un autre wagon celui-là rempli de trésors. C’est un voyage épique auquel vous êtes convié et où il n’y a pas une minute de répit.

Le prodigieux. Kenneth Oppel. Québec Amérique 371p.   
www.quebec-amerique.com



 


 


De la nuit à l’aube

Alessandro Baricco n’est plus à présenter, lui, une des pointures de la littérature italienne contemporaine. Et qui peaufine son style avec le temps. Par exemple, c’est avec maestria qu’il débarque avec Trois fois dès l’aube. Il y a trois histoires qui débutent la nuit tombée et qui se termine à l’aube. La première c’est Malcolm qui discute avec une femme dans le hall d’un hôtel quand tout à coup, cette dernière est prise d’un malaise. Bon samaritain, il l’a fait conduire à sa chambre pour qu’elle reprenne ses esprits. Il va lui faire des confidences. Il n’aurait pas fallu et on vous dit pourquoi. Il reviendra en fin d’ouvrage avec un retour à l’enfance au cours d’un incident tragique, la mort de ses parents lors d’un incendie. Une inspectrice de police émeut par sa détresse va le conduire chez un de ses amis. Ce ne sera pas sans conséquences. Et au milieu, un portier d’hôtel se fait complice d’une cliente et l’aide à quitter l’établissement pour fuir son compagnon violent et dont on apprendra qu’il a fait du temps en taule pour meurtre. C’est entre la nouvelle et le roman. Trois climats très évocateurs où domine un talent indéniable de portraitiste de la nature humaine.

Trois fois dès l’aube. Alessandro Baricco. Gallimard 121p.



 


 


Deux fillettes en lutte contre un elfe dévoyé

Muriel Barbery, nous avait conquis avec son deuxième roman « L’élégance du hérisson ».  Elle enchaîne avec un monde enchanté avec La vie des elfes ces fameux personnages mythologiques qui dispensent de la bonté. Mais avant on fait connaissance avec Maria, une fillette qui vit dans un village de Bourgogne et Clara une douée pour la musique qui a grandi dans les Abruzzes et qui sera envoyée à Rome pour parfaire ses dons. Ces deux filles ont en commun de pouvoir entrer en contact avec les elfes. Et elles auront à se retrouver car parmi les elfes s’en trouvent un, aux desseins maléfiques qui risque de menacer le genre humain. Clara et Maria mettront leurs énergies en commun pour contrer cet elfe pervers.

La vie des elfes. Muriel Barbey. Gallimard 294p.   



 


 


Fille cherche désespérément son père

Si vous aviez des doutes sur l’attachement que peut avoir une fille pour son père, suffit d’aller lire L’amour inconditionnel de Denise Riendeau qui est dans la continuité de son autre roman « L’abandon ». On voit les démarches de Marie-Denise en quête effrénée pour retracer son père. Et dans son obsession elle le voit partout. C’est tout le talent de la romancière d’être capable de se mettre dans la peau de son personnage qui vit le sentiment d’abandon. De par sa thématique il est assuré qu’elle va trouver des échos chez un vaste lectorat confronté au même drame. Surtout à l’ère ménages éclatés. Et pour servir le message l’emploi d’une langue maîtrisée où le sujet, le verbe et son complément sont toujours à la bonne place.

L’amour inconditionnel. Denise Riendeau. Hamac 239p.   www.hamac.qc.ca



 


 


Des zombies à Sainte-Adèle

C’est bien amusant de voir que Philippe Alexandre a planté la petite municipalité de Sainte-Adèle dans les Laurentides comme décor de son récit fantastique, la saga intitulée Nécropaulo dont le deuxième tome paraît « Le p’tit train du mort. » Il s’en passe des choses dans ce petit bouquin comme il n’y en a jamais eu dans l’histoire de cette ville, sauf peut-être du temps du curé Labelle. Imaginez que des zombies ont envahi le coin. Et que l’Apocalypse rien de moins se dessine à l’horizon. Si vous êtes partant pour croire à ces élucubrations, il est garanti que vous allez passer de délicieux moments. Et on verra comment les potes Félix et Paul-Émile tireront leur épingle du jeu.

Nécropaulo. Tome 2 Le p’tit train du mort. Philippe Alexandre. Les malins 221p.     www.lesmalins.ca



 


 


Les côtés sombres de la nature humaine

C’est tout un programme à quoi nous invite Nadia Coste dans Le premier. Premier de quoi ? Le premier Immortel depuis la fin du néolithique jusqu’au début de Rome. Nous sommes à cheval entre l’Histoire et le fantastique. Nous découvrons avec elle Vaïn le personnage central victime de fratricide. Son frère l’a tué et pourtant il ne meurt pas. Et comme on le sait, la vengeance étant un plat qui se mange froid, le frérot assassiné et comme ressuscité n’aura de cesse de vouloir rattraper le frère maudit et lui faire la peau. Et si vous pensez que sa mission va se s’étendre sur un court laps de temps, détrompez-vous. Ça durera au contraire, des siècles. Quel panorama qui a le mérite d’être captivant et qui fait preuve d’une imagination sans bornes.

Le premier. Nadia Coste. Scrineo 312p.      www.scrineo.fr



 


 


Kay Scarpetta menacée

L’enquêteuse fétiche de Patricia Cornwell ne parvient jamais à trouver le repos. Il lui arrive toujours quelque chose comme dans ce qui est raconté dans Monnaie de sang. Kay Scarpetta qui vit au New Jersey avait prévu de se rendre à Miami avec son conjoint question de fêter dignement son anniversaire.  C’eu été trop beau que tout se passe normalement. Que ne voit-elle pas alignées sur le mur derrière leur résidence ? Sept pièces de monnaie. Comme une sorte de message. Elle aura vite un avant-goût de ce qui se trame car au même moment un détective l’appelle pour lui apprendre qu’un professeur de musique a été froidement assassiné non loin de chez elle. Et un sombre dessein du meurtrier va atteindre le premier cercle de Kay. Vous avez là un mélange explosif pour produire un roman coup de poing. Du Cornwell pur jus qui ne vous laissera aucun répit.

Monnaie de sang. Patricia Cornwell. Flammarion Québec 455p.    www.flammarion.qc.ca



 


 


Une France du futur pas si éloignée…

Élie Maucourant a eu un parcours assez singulier merci. D’abord étudiant à l’University College de Dublin, il deviendra policier pour ensuite se tourner vers l’enseignement du français, en même temps qu’il entreprend des recherches sur le style littéraire de la fantasy. Il aime le fantastique et il nous le montre bien de façon éclatante dans le Lyon qu’il a imaginé, capitale des Gaules dans une France dirigée par un gouvernement ultralibéral et nationaliste. Google et Apple étendent leurs tentacules de Big brother alors qu’une milice secrète agit dans la violence. Tout un tableau. Marcheurs tient de l’intrigue policière et de l’anticipation. Le romancier connaît bien les rouages du genre qu’il maîtrise en tutoyant l’excellence.

Marcheurs. Élie Maucourant. Québec-Livres 365p.   www.quebec-livres.com



 


 


Tout un bled au Texas

Parlez-nous d’un bled perdu comme celui de Midnight au Texas. Vous avez un seul feu rouge dans ce village, un « pawnshop », une station service et un resto. A peine quelques habitants courageux. L’endroit est tout sauf invitant. C’est le décor qu’a choisi Charlaine Harris célébrissime auteure de la série « Sookie Stackhouse » pour installer son personnage central, Manfred Bernardo, qui est un médium qui offre des consultations sur le web. Sa voisine affable pratique la sorcellerie tandis que son voisin ne sort que la nuit. Ce ne serait pas la romancière qu’elle est s’il n’y avait un cadavre au menu. Eh oui, il y en a un que l’on retrouve dans une rivière. L’exilé qu’est Bernardo, prend conscience que les gens du coin sont assez spéciaux. Midnight Texas dont paraît le premier tome, ce qui annonce une autre série enlevante démarre très bien. On imagine quel bon film ce pourrait faire. L’auteure rend bien le climat d’étrangeté.

Midnight Texas. Tome 1. Charlaine Harris. Flammarion Québec 316p.   www.flammarion.qc.ca



 


 


L’homme techno

Si vous êtes du genre à vous inquiéter du destin de l’humanité, vous apprécierez La société de l’amélioration de Nicolas Le Dévédec. Ce docteur en sociologie et science politique qui dispense son savoir à l’Université de Montréal, nous alerte sur les dérives de cette course effrénée à l’homme amélioré qui fait en sorte qu’on a recours à des psychotropes et autres technologies pour doper ses performances. Et comme le fait remarquer l’essayiste on est aux antipodes de l’idéal de perfectibilité entrevu au siècle des Lumières. Le danger avec la croissance tel que vu présentement c’est qu’elle engendre un désinvestissement politique. On survole l’évolution de l’Homme des Lumières donc au transhumanisme inquiétant. On appréciera en toute fin d’ouvrage une bibliographie exhaustive à ce sujet pour qui veut approfondir sa recherche.

La société de l’amélioration. Nicolas Le Dévedec. Liber 263p.  



 


 


Carnage automobile

Qu’est-ce qui se passe pour certains romanciers ? Il semble que ce qui est tendance en ce moment dans le genre policier ce sont des crimes perpétrés à l’aide d’une voiture. On a eu l’exemple dernièrement d’un Stephen King qui a momentanément quitté ses vampires pour traiter d’un dément tueur de masse qui aime foncer dans des foules avec sa Mercedes. Cette fois près de nous c’est François Désalliers qui débarque avec Asphalte City qui nous fait découvrir une compétition sordide où on paie des gens pour tuer ou blesser des gens au moyen de son auto. La fille du personnage principal se trouve happé sérieusement par un automobiliste et se trouve dans un profond coma. Et ce qui ajoute au dramatique de la chose c’est que le paternel se voyait alors la garde de l’enfant. C’est une histoire abominable menée de main de fer par le romancier.  De quoi donner la frousse de l’auto.

Asphalte City. François Désalliers. Druide 284p.    www.editionsdruide.com



 


 


Un criminaliste d’exception

Me Jean-Pierre Rancourt est ce qu’on appelle un ténor du bureau. Comédien dans son genre et il ne s’en cache pas, il est passé maître dans sa façon de regarder des jurés dans les yeux. Et c’est un brillant qui fait l’admiration de pas mal de gens, surtout de ceux qu’il a réussi à soustraire des griffes de la justice. Et dire qu’il a coulé une première fois l’examen du Barreau. C’est cette vie d’exception que nous raconte Bernard Tétrault l’ancien rédacteur en chef d’Allo Police et écrivain fantôme de Claude Poirier. En sa compagnie nous voyons comment un criminaliste opère. Comment traquer la faille chez la partie adverse. Passionnant est un euphémisme.

Me Jean-Pierre Rancourt, Les confessions d’un criminaliste. Bernard Tétrault. Stanké 201p.      www.edstanke.com



 


 


Quand une fille devient Éloi

Deux arrivages cette semaine aux éditions de Mortagne. A commencer par un roman d’une grande délicatesse de Samuel Champagne « Éloi », qui narre le vécu d’un adolescent de 17 ans, connu sous le prénom d’Éloi mais qui est en réalité une fille. Mais il n’aime pas ce corps féminin et veut devenir un garçon. Et il entreprend ses premières démarches hormonales en ce sens. Il est aimé d’un camarade de cégep qui croit qu’il est gai. Mais en réalité tout est chamboulé. Comment faire la part des choses ? C’est tout la question des transgenres qui est abordé ici et qui détaille bien la problématique sociale que ça engendre alors qu’on aime tant tout étiqueter.  Puis c’est Alex Gutteridge qui signe Le fantôme de mon père. C’est une fille qui doit aller vivre avec sa mère chez sa grand-mère en milieu rural. Vous dire qu’elle est déracinée est en deça de la vérité. Elle voudrait bien se consoler dans les bras de son paternel mais celui-ci est mort lorsqu’elle avait tout juste quatre ans lors d’un accident de voiture. La nuit elle accueille en songe l’âme de son père qui peine à demeurer dans l’Au-delà et qui n’a jamais accepté sa mort. De là un questionnement sur le contexte de sa disparition. Et maman se fait muette là-dessus. Encore une histoire de squelettes dans le placard. Une variation réussie sur ce thème.



 


 


Récolte de haïkus Québec

Cette pratique traditionnelle poétique japonaise le kukaï qui consiste à rassembler des poètes qui viennent partager leurs inspirations, leurs haïkus. On a refait le même exercice ici au Québec avec trente et un auteurs du groupe Haïku Québec. Ce sont pour tous de très courtes strophes, mais très évocatrices malgré le minimum de mots, des mots images en sommes. Extrait « verres et cernes d’eau sur la table de marbre silence prolongé » de Vincent Ross.

Kukaü une aventure poétique. Sous la direction d’André Vézina. David  101p.   www.editionsdavid.com



 


 


Un jeune philosophe relance un célèbre physicien

Jérôme Ferrari a privilégié un sujet fort intéressant pour Le principe. C’est un aspirant philosophe est subjugué par le physicien Werner Heisenberg (1901-1976) à qui l,on doit d’avoir jeté les bases de la physique quantique pour lequel il arracha le prix Nobel. C’était en 1932. Le philosophe tout au long du livre l’interpelle pour lui rappeler ce qu’il a vécu sous le nazisme et les rapports entre science et valeurs morales. C’est un court texte mais d’une rare densité de réflexions.

Le principe. Jérôme Ferrari. Actes Sud 161p.    www.actessud.fr



 


 


Et maman ?

Les secrets de famille ont alimenté beaucoup de productions littéraires et cinématographiques, car ils sont tant auréolés de mystère. C’est à quoi on songe en prenant connaissance du premier roman de Morgan Le Thiec une ressortissante française établi maintenant à Montréal. On fait connaissance avec Billy qui rentre au foyer familial, après un exil à l’étranger, pour prendre charge de son père al en point. C’est au fiston qu’incombe de se départir du patrimoine familial, à commencer par le commerce. Et tandis que nous en sommes à l’heure des bilans, la question de sa mère disparue alors qu’il avait dix ans à peine refait surface. Un tiers se fera fort de le mettre sur une piste. Pour une première incursion dans le genre romanesque après avoir fait ses premiers pas par la nouvelle, c’est une belle réussite. La romancière semble bien connaître la nature humaine et surtout cette sentence de Malraux qui disait que l’homme est un ensemble de petits secrets. Continuez Madame, c’est bien parti.

Les questions orphelines. Morgan Le Thiec. Pleine lune 194p.     



 


 


Dix classiques de la poésie québécoise commentés

Claude Paradis a sélectionné ce qu’il considère comme dix poésies fondatrices de la poésie québécoise du XXème siècle. Parmi celles-là on trouve « Regards et jeux dans l’espace » d’Hector de Saint-Denys Garneau; « Les îles de la nuit » d’Alain Grandbois : « Le tombeau des rois » d’Anne Hébert » et .L’homme rapaillé » de Gaston Miron pour ne retenir que ceux-là. Et pour chaque poème une analyse détaillée et éclairante. Comme lorsqu’il trouve des échos de Saint-Denys Garneau dans ce qu’écrit Anne Hébert. Une excellente façon aussi de s’initier à notre poésie. Nous avons là un guide de première grandeur.

Ouvrir une porte. Sur dix grandes œuvres de la poésie québécoise du XXème siècle. Claude Paradis.  Le Noroît 234p.   www.lenoroit.com



 


 


Six ex-prostituées décrivent leur enfer

Pour l’amour de mon pimp est un livre du rare dureté qui montre bien les affreux pièges qui attendent des filles en manquent total de confiance en elles et qui sont prêtes à se livrer corps et âme au premier homme venu qui les embobinera pour les livrer ensuite au monde de la prostitution. Vous avez ici les témoignages de six filles, réunis par Guillaume Corbeil en collaboration avec les policières du SPVM Josée Mensalès et Diane Veillette qui ont créées en 2010 le programme « Survivantes » pour venir en aide à ces filles paumées et leur donner une chance de sortir de leurs tourments. Le schéma de vie de chaque fille est le même pour toutes, foyer éclaté, rapports conflictuels soit avec la mère le père ou le beau-père c’est selon, fuite au dehors, rencontre au hasard avec un soi-disant bon samaritain et vous voilà plongé dans le plus vieux métier du monde. Filles battues et violées et complètement désorientées. Lecture difficile certes, mais on ne doit pas faire l’autruche devant cette triste réalité.

Pour l’amour de mon pimp. Guillaume Corbeil avec la collaboration de Josée Mensalès et Diane Veillette. Publistar 163p.    www.edpublistar.com



 


 


Tout savoir sur le boy’s band des 5 seconds of summer

Chers parents, si vous n’êtes pas encore au courant, il y a de fortes chances que votre ado de fille est en pamoison avec ce groupe de boy’s band de l’heure les 5 seconds of summer connu aussi comme les 5SOS. Les quatre garçons qui le composent font dans la musique pop punk. Ils ont ceci de mieux que les autres groupes musicaux du genre, c’est qu’eux créent leur musique et jouent de leurs instruments. Malcolm Croft les a suivi et nous dit tout de ce qu’ils sont sur scène et à la ville. Pour groupies seulement.

5 seconds of summer. Malcolm Croft. Broquet 48p.    www.broquet.qc.ca



 





 


Le coin santé physique et psychique

Sur la couverture de son essai C’est la vie de  Jean-Louis Servan-Schreiber chez Albin Michel, on voit deux manchots. L’un demande à l’autre « Bonjour je cherche le sens de la vie » Et l’autre de répondre « Vous y êtes ». Ce petit dessin résume tout de l’intention de l’auteur de nous faire partager les réponses qu’il a obtenu à ses questions existentielles. C’est un grand humaniste que cet homme issu d’une grande lignée de gens de presse et du monde politique. Et dans une page il reprend les éléments clés qui résument ce que serait un passage terrestre accompli. Il dit notamment que chacune de nos expériences nous concerne en propre et ne saurait servir de leçons aux autres. C’est pourquoi on est si souvent déçu quand on voit des gens qui ignorent nos avis et en font à leur tête. C’est à lire sans faute pour qui aspire de tout son être à faire une bonne vie et qui cherche la clé du bonheur intérieur. Les deux prochains titres sont publiés chez Edito. Vous avez Stéphane Paradis qui présente, préfacé par la comédienne Marina Orsini « Devenons des as pour nos enfants ».  Un mot sur l’auteur. Il a fondé « Gustave & compagnie,  qui est un service d’animation apprenant aux jeunes d’âge scolaire, les fondements de l’estime de soi. Son ouvrage est émaillé de plus d’une vingtaine de témoignages ainsi qu’un aperçu de sa perception du système éducatif tel qu’il le voit au fil des jours. Il demande aux parents et éducateurs de viser à l’authenticité et de ne pas avoir peur de ses failles. Personne n’est infaillible. Puis ce sont deux germanophones, Mikael Krogerus et Roman Tschäppeler qui nous invite à un questionnaire ludique Testez-vous qui comporte 62 tests psychotechniques pour identifier et développer nos talents. Et ces questionnaires vont dans tous les recoins de notre personnalité, que ce soit la vision qu’on a de notre talent d’écrire ou de prendre des décisions. Puis aux éditions La Presse, Mylène Moisan nous donne à lire Maman est une étoile. C’est une histoire vécue à vous arracher les larmes qu’elle nous détaille, celle de Jolyane une infirmière morte à 31 ans d’un cancer du sein, laissant deux enfants et un conjoint aimé. Et elle fait démarrer son récit, non pas au moment de l’annonce de sa maladie, mais lorsqu’elle rencontrera celui qui va l’accompagner dans la vie pour le meilleur et pour le pire. Et Dieu que c’est bien écrit. De l’émotion rarement lue à chaque ligne. C’est aux éditions La Presse.
Les trois titre qui suivent son édités chez Québec-Livres. Line Asselin nous offre des témoignages de fin de vie dans La sagesse au fil d’arrivée. L’auteure est détentrice d’une maîtrise en sciences infirmières et d’une deuxième en « Contemplative end of life care de l’Université de Naropa aux États-Unis. Durant sa pratique elle a eu à accompagner des dizaines de patients au terme de leur existence. Elle a sélectionné des exemples probants qui vont éclairer bien des lecteurs sur ce que sont les fins dernières. On connaît bien l’adage qui veut que la vérité sorte de la bouche des enfants. Et si elle sortait aussi par le dessin ? Joe-Ann Benoît et Graziella Pettinati nous offre Dessine-moi un mouton la fameuse phrase du Petit Prince de Saint-Exupéry. C’est qu’inconsciemment, le petit être va souvent pouvoir exprimer par le dessin ce qu’il ne parviendra pas à dire en mots. On décode ici toute la symbolique des créations des  jeunes esprits. Et pour conclure Détresse psychologique en situation de crise de mesdames Suzanne Larose et Marie Fondaire avec la collaboration de Mario Poirier, Yvon Lefebvre, Danielle Lafortune et Gilles Marsolais. Pour les intervenants du domaine on a recours dans des cas de crise psychologique au modèle dit de Caplan qui a été élaboré en 1964. Mais on se rend bien compte qu’il n’est plus adapté à la complexité actuelle des cas qui se présentent. On prône même une part de créativité du personnel soignant. On offre ici des paramètres pour l’élaboration d’une nouvelle réforme de la pratique.



 


 


Un nouvel hommage à Québec

Même s’il s’est exilé à Vancouver en raison de sa charge d’enseignement à l’Université de la Colombie-Britannique, André Lamontagne natif de Québec, n’a pas perdu une once de sentimentalisme dès qu’il est question de la Vielle-Capitale. A preuve, après nous avoir fait découvrir l’existence d’une communauté chinoise dans cette ville il poursuit dans sa saga intitulée « Dans la mémoire de Québec » avec un autre tome Les escaliers qui sont si évocateurs. Nous voyons Olivier le journaliste d’enquête qui planche sur l’histoire du syndicalisme à Québec. Il se rendra compte que dans sa lignée génétique, il a des parents des deux côtés de l’idéologie, la pensée ouvrière d’une part et l’aspect patronal. Qui admirer le plus ? Ceux qui ont lu le premier tome seront en terrain de connaissance avec cette belle faculté narrative. Les autres voudront certainement sauter ensuite sur le premier. Un incontournable pour qui veut saisir l’âme de Québec.

Dans la mémoire de Québec. André Lamontagne. David 204p.    www.editionsdavid.com



 


 


Cinq nouvelles « monstrueuses »

D’abord il y a le titre qui est intriguant Les ponts de glace sont toujours fragiles. Ce sont cinq histoires complètes de Louis-Philippe Hébert qui jeune, se nourrissait d’Edgar Allan Poe. Et sa production actuelle s’en ressent. Excusez-nous cette rare paresse, mais pour vous décrire le contenu de chacune des nouvelles, permettez-nous de reproduire la quatrième de couverture, bien descriptive « Cinq histoires d’amour. Cinq histoires d’horreur ? Plutôt cinq révélations où le personnage principal découvre ce que l’on pourrait appeler une nouvelle forme de vie. À Simon Réhel, des « Ponts de glace », elle apparaîtra lors de ses quatre-vingt-dix ans et lui permettra de passer un autre pont, peut-être le dernier. Dans « Une histoire de café », le neveu bien involontairement lié à sa tante découvrira un filon qui lui permettra de faire fortune, mais pas avec le café. Le domestique « Firmin » apprendra à son maître les délices de l’art et le supplice d’en être privé. Hélas ! non, « Le Diable ne brûle pas », le jeune collégien n’aura pas la possibilité de choisir entre son ami de collège et une étrange femme omniprésente et dévorante qui le poursuivra toute sa vie durant. À la fin de ses vacances, un voyageur fera l’étrange découverte de la bête dans « Les latrines de l’aéroport de Miami ».  Que dire sinon que chacune de ces histoires est un univers captivant en soi. On voit que le disciple a bien appris de son maître. Posologie : à lire le soir pour peupler vos rêves.



 


 


Cours 101 sur le conflit israélo-arabe

Il n’y a pas une journée qui se passe sans que l’actualité ne vienne nous asséner une information sur les tensions qui se vivent au Moyen-Orient. Tellement qu’on finit par admettre que ça ne se terminera quand il ne restera plus un juif ou un palestinien encore debout. Mais comment est né cette rivalité entre deux peuples pourtant sémites, qui auraient pu être frères ? Esther Benfredj d’origine parisienne, diplômée en droit international et en sciences politique, a atterri à la Faculté de droit de l’Université de Montréal à titre d’assistante de recherche. Maintenant elle est entrée dans la grande famille du journalisme avec cet essai de vulgarisation du conflit Ismaël contre Israël. C’est tout à son honneur d’en être arrivée à nous faire le tableau historique de la situation depuis un siècle. On voit le rôle déterminant des britanniques et le jeu des organisations internationales. Puis vous verrez que pour les pays limitrophes, il y a différentes grilles de lecture de ce qui se passe exactement. C’est est une triste histoire qui défile sous nos yeux, où l’aveuglement l’emporte hélas largement sur la raison. Juste un bémol, l’encre est pâlotte qui rend ne rend pas sa lecture aisée.

Ismaël contre Israël. Le conflit israélo-arabe depuis ses origines. Québec-Amérique. Esther Benfredj. Québec-Amérique 250p.    
www.quebec-amerique.com



 


 


Collusions des entreprises pharmaceutiques

Les éditions des Presses de l’Université Laval nous ont donné à lire précédemment des ouvrages de Peter C. Gotzsche ce médecin qui a travaillé longtemps à faire des recherches cliniques au sein de l’industrie pharmaceutique. Il a même créé un organisme de veille de ce qui se trame dans ces entreprises qui provoquent souvent la mort sans impunité. Son dernier titre Remèdes mortels et crime organisé est un autre brûlot qui fait la démonstration noir sur blanc à quel point les pharmaceutiques ont corrompu les services de santé gouvernementaux. L’ouvrage a été traduit par le Dr. Fernand Turcotte en collaboration avec Pierre Biron. Ça dépasse l’entendement.

Remèdes mortels et crime organisé. Peter C. Gotzsche. Presses de l’Université Laval 430p.    www.pulaval.com



 


 


Une saga passionnante sur une promesse à tenir

Sans doute les éditions Guy Saint-Jean ont flairé que les québécois adorent les grandes sagas historiques qui les concernent, toujours est-il qu’une nouvelle épopée nous arrive qui sera publiée en quatre tomes dont nous arrive le premier La promesse des Gélinas de France Lorrain. Intitulé « Adèle » nous sommes conviés à une remontée dans le temps, à savoir les Hautes-Laurentides en 1922. Une mère monoparentale se meurt. Et avant de quitter pour l’autre monde, elle demande à ses quatre enfants de tenir une promesse, de ne jamais se marier, ni d’avoir d’enfants! Trois des quatre enfants feront fructifier la ferme familiale, sauf Adèle qui opte pour le journalisme, vocation assez inusitée pour une femme à l’époque des années folles. Elle sera pigiste pour un journal de Saint-Jovite. Tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes pour elle qui vit son rêve, sauf que Cupidon va se montrer sous la forme de Jérôme Sénéchal qui va remettre en question l’engagement tenu envers la défunte maman. Et ce ne sera pas sans effets corollaires sur l’entourage. Pour un premier épisode c’est bien parti et ça annonce un futur prometteur. En même temps on assiste au tiraillement d’une femme d’avant-garde en opposition aux mœurs du temps.  

La promesse des Gélinas. Tome 1 Adèle. France Lorrain. Guy Saint-Jean 413p.      www.saint-jeanediteur.com



 


 


Chassé croisé homme femme

Yves Cabana marque son entrée dans le monde romanesque avec 99 nuits inspiré d’une légende chinoise sur l’attente de l’être aimé. Ici vous avez Corso et Judith. Elle l’aime jusqu’au harcèlement alors que lui prendrait ses jambes à son cou. Mais on dirait que son orgueil de mâle prend quand même du plaisir à constater une telle dépendance. C’est un chassé-croisé très irritant très réaliste pourtant et que l’auteur décrit très bien. On quitte se livre en se demandant sérieusement si les deux sexes ne sont pas finalement véritablement opposés. Vraiment ce sont deux planètes difficilement conciliables.

99 nuits. Yves Cabana. Gallimard 214p.



 


 


Vivre ou gagner

Jason Starr s’est vu accolé le titre de maître du polar ce qui lui a valu la reconnaissance de ses pairs dont le non moindre Bret Easton Ellis. Il nous présente Petit joueur l’histoire d’un jeune rital new-yorkais de Brooklyn. Nous sommes au milieu des années quatre-vingt. Il trime dur dans une poissonnerie, non seulement pour sa pitance et le soutien de son père Alzheimer mais aussi en vue d’économiser pour ses études. Il aspire un jour à une belle envolée de vie. Pour arrondir ses fins de mois il va faire la collection des paris pour un bookmaker. Mais va se présenter à lui un typer à la mine patibulaire, du genre du Milieu qui va lui demander de parier pour lui. Mais avec cette classe de gens un service en attire toujours un autre, celui-là souvent non souhaité. Notre Mickey Prada vient-il de se faire happer par la machine du crime ? On vous laisse le suspense.

Petit joeur. Jason Starr. Denoël 247p.    www.denoel.fr



 


 


Une suédoise en Iowa

Si vous avez le goût de vous distraire, allez lire sans hésitation La biliothèque des cœurs cabossés un premier roman de la suédoise Katarina Bivald complètement déjanté. Qui met en scène deux correspondantes, une compatriote suédoise de vingt-huit ans, Sara, et une américaine de l’Iowa de soixante-cinq ans, Amy. Leur échange épistolier entre gens épris de littérature et de connaissance se conclut par le voyage de Sara en Iowa, elle qui a bien hâte de rencontrer celle qui jusque là ne lui est connue que par les lettres. Sauf que le destin en décide autrement, Amy est morte. Sara se trouve un peu démuni sur le coup mais son entregent lui permettra de se faire un cercle d’amis et même de monter une librairie. Elle se rendra si attachante que son réseau va monter un stratagème afin qu’elle puise demeurer aux États-Unis bien au-delà de l’expiration de son visa. C’est rigolo à souhait et ça montre qu’à l’heure des réseaux sociaux qui isole, rien de tel que le contact humain en chair et en os.

La bibliothèque des cœurs cabossés. Katarina Bivald. Denoël 482p.      www.denoel.fr



 


 


Un enquêteur hors-pair

Daniel Creusot est passé maître dans l’art du documentaire, et sa feuille de route et longue comme ça. Et surtout le recours à des images qui valent mille mots pour reprendre le cliché. Mais lorsqu’il couche sur papier des histoires comment s’en sort-il ? Avec superbe. Surtout qu’il a un sujet en or, deux grandes enquêtes sur des trafics de drogue à échelle planétaire mené par Mark Bourque de la GRCg. D’abord une filière libanaise qui conduira au démantèlement d’un réseau et l’arrestation du parrain de Houston au Texas, Sam Cammarata. Puis ceux qui ont hérité du surnom des Rothschild de la mafia, les Caruna-Cuntrera. L’auteur « vampirise » si on veut le limier et fait parler celui-ci à la première personne. En même temps con voit comment se comporte ces barons de la drogue lorsqu’ils se retrouvent dans les filets de la Justice servis par des ténors du barreau qui traquent la moindre faille afin de disculper leurs clients. Passionnant est un euphémisme.

A qui profite le crime ? Daniel Creusot. Éditions de l’Homme 307p.   



 


 


Guy Chevrette se dévoile

Guy Chevrette est un vieux routier de la politique, ayant servi sous cinq premiers ministres péquistes de René Lévesque à Bernard Landry sur une période couvrant un quart de siècle. Il en connaît un rayon sur les arcanes du jeu politique. On le savait déjà très franc et tout sauf partisan de la langue de bois. Eh bien on retrouve cette même verve dans cet ouvrage écrit par Shirley Bishop qui fut déjà son attachée de presse et qui deviendra directrice de cabinet de Pauline Marois. Elle fait parler Chevrette à la première personne. Elle a réussi à mettre en mots la couleur propre à son sujet. C’était un mordu de la chose politique et c’est avec ressentiment qu’il quittera ce monde sous le règne de Bernard Landry qui voulait rajeunir le cabinet. Quoi de plus vexant pour ce serviteur de l’État toujours tout feu tout flamme. Et grâce à lui on découvre les coulisses de ce qui a marqué les grands moments des gouvernements du Parti québécois.

Guy Chevrette, Dans l’enceinte du pouvoir. Shirley Bishop. Les éditions de l’Homme 264p.     



 


 


Les Hells, vérités et légendes

Rarement un livre sur le monde criminel nous auras passionné autant que L’empire des Hells d’Alex Caine qui est l’expert du domaine car il a infiltré les motards pour le compte de plusieurs policiers. Ici c’est un peu la biographie du célèbre groupe qu’il nous fait découvrir. Il faut savoir que parmi les premiers adhérents se trouvaient des soldats de l’après seconde guerre mondiale qui vivant un choc post-traumatique qu’on n’avait pas encore identifié à cette époque, ne demandaient pas mieux que de revivre la franche camaraderie sur des cylindrés en consommant des drogues pour alléger leurs souffrances. Il y a eu beaucoup de folklore les entourant. Aujourd’hui ils ne traversent plus les continents sur des Harley-Davidson. Ils se les font livrer par avion et les reprennent à l’aéroport. Ce sont des gens d’affaires qui règnent toujours par l’intimidation. On apprendra que la drogue le « meth » qu’ils fabriquent vous vieillit de vingt ans en à peine deux ans. Et on frissonne en pensant que dans la foulée de la libéralisation de la marijuana, cette horreur de la « meth » pourrait gagner en mode demande. Vous saurez que les Hells de Vancouver sont les plus riches de l’organisation car habiles dans le blanchiment. De la première à la dernière ligne c’est un univers fascinant et terrifiant à la fois qui est décrypté et où tout code d’honneur est une farce.

L’empire des Hells. Alex Caine. Les éditions de l’Homme 278p.



 


 


Les Obama et les Clinton

Pour reprendre l’expression bien connue, il y a des gens à ne pas inviter à la même table. C’est la réflexion qui nous vient une fois terminée la dernière page de Obama Vs Clinton la guerre des clans que nous propose Edward Klein un journaliste de renom aux États-Unis qui a déjà fait partie de l’équipe du New York Times. Pourquoi y a-t-il rivalité entre Bill Clinton et Barack Obama ? C’est qu’il avait été convenu que l’ancien président devait aider Obama à se faire élire en échange de quoi ce dernier rendait la monnaie en aidant Hillary Clinton dans sa marche vers la Maison-Blanche en vue de l’élection de l’élection présidentielle de 2016. Au lieu de quoi, le premier président noir a multiplié les crocs-en-jambes pour mettre des bâtons dans les roues de la Secrétaire d’État. Disons que leurs rapports sont bien laids. Ce qu’il y a d’amusant dans ce portrait en double c’est celui qu’il fait du caractère de Bill Clinton qui a transformé le penthouse de sa bibliothèque présidentielle à Litlle Rock dans l’Arkansas en penthouse digne d’une Playboy Mansion et où il emmène ses conquêtes féminines. Hillary fait semblant de ne rien savoir et envoie souvent leur fille Chelsea pour chaperonner papa. Ensuite on est étonné de voir comment les Obama se montrent distants même avec Oprah Winfrey  qui avait pourtant soutenue sa candidature comme Président. Bref, si vous êtes dans l’idée que la politique c’est sale, lisez ça c’est en dessous de la vérité.

Obama vs Clinton. La guerre des clans. Edward Klein. Les éditions de l’Homme 230p.   



 


 


Refaire sa vie, oui mais…

K.A. Tucker a choisi de forger son histoire autour du thème de la résilience. Il suffit de dix respirations titre de son roman, nous présente Kacey Cleary qui a eu la douleur de perdre d’un coup lors d’un accident, son amoureux, ses parents et sa meilleure amie. Peut-on connaître un sort plus atroce ? N’en pouvant plus de demeurer dans l’état du Michigan qui lui rappelle trop de souvenirs brisés, elle décide de s’exiler à Miami. Elle est donc en phase résilience. Mais sa tranquillité d’esprit toute fragile est remuée par la présence d’un méchant beau gosse issu d’une famille aisée, qui en pince pour elle. On apprendra en cours de récit qu’un lourd secret pèse sur leur union possible. C’est un terrible enjeu auxquels ils font face. On peut parler ici de thriller psychologique. La romancière sait mettre en place les éléments et construit son histoire avec toutes les nuances possibles. Et c’est seulement le tome 1. On a déjà hâte au deuxième.

Il suffit de dix respirations. K.A. Tucker. Les éditions de l’Homme 347p.    



 


 


Une accro des réseaux sociaux passe au roman

Pouvez-vous imaginer qu’Anna Todd écrit de façon si talentueuse sur le réseau social « Wattpad » qu’elle a obtenu jusqu’à présent, tenez-vous bien, un milliard de clics. Eh bien, encouragée par une telle adhésion populaire, voici qu’elle se lance tête baissée dans le roman avec After la rencontre qui narre les tribulations d’une jeune universitaire, Tessa, qui semble bien planifier sa vie. Elle a même un prospect de choix côté cœur, en la personne de Hardin, sorte de voyou chic du campus. Ses mauvaises manières lui plaisent et elle n’hésite pas à la prendre d’assaut. Dans un premier temps il se laisse conquérir puis la repoussera. Tout le roman est un aller-retour de la sorte. Et elle va même jouée le rôle de l’indépendante. L’écrivaine pose la question, à savoir si ce ne sont pas finalement les manifestations de l’amour ? Ici Cupidon opère un peu plus difficilement.

After la rencontre. Anna Todd. Les éditions de l’Homme 570p.  



 


 


Fille courage

Si vous êtes du genre à faire toute une histoire de vos petits malaises, allez lire Pas d’obstacles assez grands de Valérie Gosselin. C’est véritablement une survivante. Le temps joue contre elle car elle est atteinte de fibrose kystique et on ne lui donne que quelques années à vivre. A moins que les avancées de la science parviennent à trouver la médication appropriée. Mais déjà on a réussi à allonger le temps de vie. Elle a eu une greffe du foie et une rate hypertrophiée. Elle considère qu’elle doit avoir une génétique qui la fait candidate au bonheur puisque malgré tout ce temps passé dans des hôpitaux, elle a réussi à décrocher une maîtrise en neuropsychologie et à fonder la clinique Amis-Maux un centre multidisciplinaire qui offre des soins intégrant la zoothérapie.  Sa volonté force l’admiration. C’est pourquoi elle nous offre son plus beau sourire sur la couverture.

Pas d’obstacles assez grands. Valérie Gosselin. Les éditions de l’Homme 244p.



 




 


Le coin Miam miam

Six beaux albums viennent enrichir la bibliothèque culinaire. Écoutez ça ne s’invente pas, quel est le nom de l’auteure de Tutti Frutti aux éditions de l’Homme, livre consacré à des recettes sucrées et salées de fruits cuisinés ? Barbara Gateau. Elle était donc prédestinée à faire le bonheur de nos palais. Ce sont donc 90 recettes qu’on y trouve, et des plus originales. A preuve cette recette de cuisse de poulet aux clémentines ou bien plus étonnant, ce saumon en papillote à la vanille et à la grenade. Pour ceux qui croyaient avoir fait le tour de la cuisine, il vous reste sans jeu de mots, des croûtes à manger. Chez l’éditeur Rustica, deux titres. Pour commencer, Mes bonnes recettes sans gluten de Maya Nuq. Elle a concocté 100 recettes allant du salé au sucré pour tous ceux qui sont intolérants à la chose. Beaucoup d’originalité dans les préparations, telle cette salade de quinoa aux noix et à la fourme d’Ambert, ou très alléchant comme ce clafoutis au saumon et aux poireaux à l’anis. On frise presque la gastronomie et il n’y a de surcroît aucune privation. 

Dunja Gulin est une adepte convaincue de la cuisine vegan. C’est donc dire que dans Mes bonnes recettes Vegan on ne trouvera que des recettes végétaliennes. Dans l’introduction de son ouvrage, elle a l’honnêteté de préciser que le régime végétalien n’est pas un tout en soi et que les nutriments ingurgités doivent répondre à des mises en contexte pour jouer pleinement leur rôle. Mais si on en juge seulement par sa tarte flambée à la polenta ou ces canapés aux courgettes et aux noix, on peut séduire tous les affamés.

Les trois derniers titres qui clôturent cette rubrique sont publiés chez Mango. Valéry Drouet et Pierre-Louis Viel rendent hommage à Parmentier avec Patates! Un très bel ouvrage entièrement dédié à la pomme de terre. Et dans toutes les déclinaisons, classique, en chips, tajine, tourte, gratins ou croquettes. Nous avons eu un faible pour cet écrasé de pommes de terre à la tomate séchée et au parmesan. Divin! Le péché existe. Saviez-vous que la cuisine indienne est une des plus variée au monde et ne se cantonne pas qu’au cari. Sandra Salmandjee nous le démontre de façon éclatante dans Inde, toutes les bases de la cuisine indienne. Après lecture vous deviendrez imbattable dans la préparation du thali, du samossa, du papadum, du raita. Époustouflant. Avec une économie de moyens, elle réalise des mets goûteux au possible. Au Vietnam, les gens mangent à toute heure et chaque fois sous forme de petites portions, à des comptoirs de rue ce que nous nommons nous « street food ». Nathalie Nguyen nous fait découvrir une cinquantaine de ces petits plats, qui rivalisent de saveurs, comme les banh mi que nous connaissons bien et commercialisés à Montréal avec de belles découvertes à faire comme la soupe épicée à la lotte ou les arancini à la coriandre.



 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

Éveiller son sixième sens, voilà la proposition qui nous est faite par Melita Denning et Osborne Phillips dans Le guide pratique des pouvoirs psychiques. Partant du fait qu’on n’exploite qu’à peine dix pour cent de nos capacités cervicales, ces auteurs nous apprennent comment développer nos dons pour la perception extrasensorielle, la voyance, la télékinésie, la prophétie, la divination, la psychométrie, la radiesthésie, la vision astrale et ce n’est pas tout. C’est aux éditions Ada comme les quatre autres titres qui suivent. Dévotion à la terre vivante de Clea Danaan c’est une sorte de bréviaire à cheval sur la spiritualité et l’écologie. Le bréviaire, rappelons-le, est ce livre auquel des religieux recouraient quotidiennement pour y puiser des enseignements. Il y en avait un pour chaque journée au calendrier. C’est le même principe ici. Ce sont autant d’activités vertes qui sont suggérées. Pour nous faire aimer davantage la nature et la préserver. 

Karen Rauch Carter s’est faite une notoriété comme maître du coaching avec son best-seller « Transformez votre espace, changez votre vie ». Elle persiste et signe dans cette voie avec cette fois Prenez le virage du changement. C’est un ensemble de solutions pour passer comme elle le dit de « l’incolore au multicolore ». Et vous allez voir que ce qu’elle recommande, basé sur plus de vingt ans d’observations, occupe souvent des champs inattendus comme la surcharge de champs magnétiques dans une maison. Michelle Arbeau qui habite à Calgary est une numérologue de réputation. Dans L’énergie des mots elle nous montre la façon d’utiliser la vibration des mots par la numérologie pour concrétiser la vie que vous désirez.  Et comment présenter le Dr. Wayne W. Dyer le plus célèbre gourou américain dont les investigations psychiques sont sans limites. A preuve, Changez vos pensées, changez votre vie, la sagesse du Tao. Il a passé une année complète à s’imprégner des pensées de Lao-Tseu. Non seulement les a-t-il lus, mais il les a mis en pratique dans sa vie, pour vérifier leurs effets. A sa façon il vulgarise une philosophie millénaire qui n’a pas pris une ride et qui vise à l’harmonie intérieure.



 





 


Le coin santé physique et psychique (2)

C’est un opuscule d’à peine quelques pages chez Folio signé Chimananda Ngozi Adichie « Nous sommes tous des féministes » dans lequel elle en appelle à une vision humanisme au-delà des sexes. Que, surtout on doit élever les filles autrement et aussi les fils.  Dans un tout autre registre, si vous êtes hypocondriaques, évitez chez Broquet Pandémies du Dr. Peter Moore qui fait la nomenclature des pires épidémies et maladies infectieuses dans le monde.  Et on aborde même le cas des maladies transmises sexuellement. Chaque pathologie a sa fiche complète. C’est une véritable mine de renseignements. Christel Petitcollin nous avait déjà donné « Je pense trop ». Sans doute avait-elle besoin de préciser davantage sa pensée. Toujours est-il qu’elle rebondit avec Je pense mieux. En somme c’est destiné à ceux dont le cerveau ne trouve jamais de repos. Qui ont les méninges surchauffées. Publié chez Guy Trédaniel, ce bouquin écrit par une spécialiste de la manipulation mentale, se veut rassurant, au sens qu’il est possible d’être en activité cérébrale bouillonnante tout en étant heureux, qu’il n’y a rien d’incompatible.

Si vous ne le connaissez pas encore, sachez que Joe Navarro est un ancien profileur pour le compte du FBI. Son boulot l’amenait à mettre ses connaissances en psychologie à contribution. Le voici avec un ouvrage passionnant Personnalités dangereuses. Où il nous apprend à identifier ces esprits retors et comment s’en protéger. Et on ne parle pas ici des grands criminels, mais des abuseurs psychiques, une dynamique qu’on observe dans les cas de violence conjugale. Ce qui est remarquable, c’est qu’il a démonté les mécanismes qui font en sorte de donner naissance à des êtres instables. C’est aux éditions de l’Homme. Et chez le même éditeur, de Dina Rose sociologue et experte en comportement alimentaire  Mettez fin à la querelle des brocolis. On le sait maintenant à quel point tout ce qui se rapporte à ce qu’on ingurgite est en lien direct avec le monde des émotions. Selon ce qu’elle enseigne, on doit retenir trois préceptes pour qu’un enfant adopte un bon comportement alimentaire équilibré : proportions, modération et variété. Ainsi on viendra à bout des attitudes rebelles des touts petits face à tel ou tel aliment.   




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