- LIVRES AOÛT 2016 -
 
 


 


Là ou Aragon promena ses pas dans Paris                
                                      
Louis Aragon si bien chanté par Ferrat était un écrivain et poète parisien pur jus qui y passa toute sa vie. Il a même consacré un poème portant le nom de la Ville Lumière. C’est dire l’attachement qu’il avait envers la capitale française. Olivier Barbarant reprend pour nous l’itinéraire de vie parisien. Et l’auteur possède bien son sujet au point de nous inviter à pénétrer l’intérieur de quelques uns des lieux de séjour, souvent aménagés par Elsa Triolet. Notons que sieur Barbarant spécialiste d’Aragon, a édité les Œuvres poétiques de ce dernier dans la prestigieuse Pléiade.  Ce titre honore bien cette belle collection « Le Paris des écrivains » aux éditions Alexandrines.  Cette petite collection charmante entre toutes, autorise à faire du tourisme intelligent.

Le Paris d’Aragon. Olivier Barbarant. Éditions Alexandrines  142p.    www.alexandrines.fr


 


 


Des aperçus de Los Angeles et des lieux avoisinants
Chez Taschen, une petite collection supervisée par le New York Times qui donne des repères pour ceux qui veulent préparer un voyage touristique. L’équipe de Barbara Ireland propose Hours Los Angeles & ses environs. Ce sont de courts textes, voire presque des flash pour orienter nos choix. On nous recommande des localités comme Palm Springs qui était dans les années 50, le Malibu d’aujourd’hui et où résida longtemps Frank Sinatra. Ailleurs ce peut-être Long Beach, Pasadena, la Valée de la mort et quoi encore. Après on pourra fouiller davantage à d’autres sources. On pointe juste le doigt sur l’essentiel à voir et à faire.

Hours Los Angeles & ses environs. Collectif. Taschen.  www.taschen.com


 


 


Tout sur Piranèse

Giovanni Battista Piranesi dit le Piranèse (1720-1778) restera à jamais dans l’histoire de l’art comme ce graveur en eau-forte sur cuivre qui voulu consigner dans ses réalisations toute la connaissance de l’époque sur les antiquités romaines. Ses dessins sont d’une précision éblouissante. Pour voir de quoi il en retourne, prenez ce petit pavé qui lui est entièrement dédié dans la collection « Bibliotheca Universalis » chez l’éditeur Taschen. Ce catalogue raisonné de ses eaux-fortes, nous le devons au professeur Luigi Ficacci qui exerce son métier de conservateur de musée en Italie depuis des lustres. Quelle minutie dans l’exécution de ses dessins qui sont d’une fidélité au modèle qui nous laisse pantois. Tout dessinateur en herbe ou en devenir professionnel, doit avoir feuilleter cette anthologie.

Piranesi. Luigi Ficacci. Taschen 854p.    www.taschen.com


 


 


Portrait d’une mère

Peut-être le nom de Colm Toibin ne vous dira peut-être pas grand-chose, mais si on vous dit que l’un de ses romans « Brooklyn » a été porté au grand écran et nominé aux Oscars, là vous êtes en terrain de connaissance. C’est un autre portrait de femme, irlandaise aussi, dont on laisse entendre que c’est peut-être une manière pour le romancier d’aller aux sources de ce que fût sa mère. Bref, écartons-nous pour l’instant de tout freudisme, et revenons à cette histoire d’une veuve, Nora Webster qui donne son titre au roman, et qui a la charge de  quatre enfants. Malgré ce qui pourrait être un fardeau de vie, cette femme singulière, trouve le moment de s’accorder des répits joyeux, le tout dans les radars des commères du coin qui voient d’un mauvais œil cette forme d’émancipation. Si vous avez lu Brooklyn, vous adorerez tout autant ce roman qui en est un à clé en somme. L’écrivain tutoie ici l’excellence.

Nora Webster. Colm Toibin. Robert Laffont 411p.   www.laffont.ca


 




 


Tout connaître des procédés de fabrication d’objets

Les éditions Vial se taillent une place enviable avec des ouvrages fouillés sur des domaines de technologie de pointe. Voici deux titres qui vont certainement en apprendre beaucoup à ceux qui s’interrogent sur les méthodes graphiques appliquées à des objets et aussi sur la structure des matériaux. Les deux sont signés Rob Thompson « Matériaux renouvelables » et « Graphisme et packaging ». Le premier nous informe sur les alliages, le bois d’œuvre, la laine etc. Des matériaux qui nous entourent au quotidien, mais dont au fond on ne saurait rien dire de leur transformation. Le second répond aux aux questions que l’on se pose notamment lorsque l’on se rend dans des expositions. On est toujours interloqué par des kiosques conçus soit de verre, de plastique, aluminium ou autre sur lesquels entrent des éléments graphiques. Comment parvient-on à faire ses gravures ? Ou bien comment arrive-t-on à polir ces surfaces pour les rendre si brillantes. Toutes les réponses sont au rendez-vous et contribuent à démystifier ce volet de l’industrie manufacturière.


 




 


Cinq essais aux Presses de l’Université du Québec.

Le savoir se porte très bien aux Presses de l’Université du Québec avec cinq titres. Dans la collection « nouveaux patrimoines » un nouvel opus signé Édith Prégent « Préservation des objets religieux, la statuaire religieuse en plâtre du Québec ». Le sujet est intéressant. Si vous allez chez des brocanteurs, il n’est pas rare de voir des statues religieuses faites de plâtre, dont se sont sans doute débarrassées des communautés ou des paroisses. On se pose alors cette question, que vaut cet objet de culte au plan patrimonial ? C’est la question qui fait l’objet de cet essai ont la signataire est chercheure à la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain. Oui elles peuvent avoir de la valeur et des classifications, on le verra on été entreprises, selon que ce soit un modèle original ou reproduit en série.

De leur côté Anne Mévellec et Manon Tremblay tracent un portrait des élues et élus du Québec dans Genre et professionnalisation de la politique municipale. Qui rapporte encore la faible représentation des femmes à ce niveau décisionnel de la vie publique. En 2013 on ne comptait que 17% de mairesses de dans la province. A la lecture on s’aperçoit que la valorisation de l’action politique en est une de proximité. Approcher son député par ce que l’urgence de votre hôpital est engorgé ne changera pas grand-chose, cet élu étant confronté à l’appareil gouvernemental, tandis que le conseiller municipal ou le maire peut avoir une incidence sur la vie quotidienne des commettants.

Maintenant un sujet plus pointu La responsabilité sociale dans le secteur minier avec en sous-titre « Réponse ou obstacle aux enjeux de légitimité et de développement en Afrique ? ». Cet essai est sous la direction de Bonnie Campbell et Myriam Laforce. Encore il y a peu, une entreprise minière extractive allait au bout du monde et déplaçait tout sur son passage en oubliant totalement les populations locales. De véritables prédateurs sans vergogne. Mais ça change. L’étude nous montre à quel point une sensibilisation s’est faite, et maintenant des populations exigent des comptes quand à l’implication sociale des minières dans les localités.

L’avenir des marchés touristiques tel est le propos de cet ouvrage cosignés par Bruno Sarrasin, Jean Stafford et Marie-Christine Bruneau. D’entrée de jeu, on nous dit que c’est une industrie certes incontournable et qui génère des milliards de dollars dans le monde, mais en même temps fragile, car soumise à différents aléas comme les situations politiques dans les pays visées, ou le climat. L’économie également va influer sur la vitalité. Le travail présenté, est de mettre à la disposition des professionnels, des grilles d’analyse pour mesurer les enjeux. De même, faire de l’action préventive.

Le prochain et dernier titre peut-être complémentaire au précédent au sens où le loisir et le sport peuvent être des éléments d’attraction pour une destination touristique donnée. Aménager des espaces favorables au loisir, au sport et au tourisme sous la direction de Sylvie Miaux et Romain Brault avec la collaboration de Benoît Tremblay a cette originalité d’être un des seuls en langue française sur le sujet. Sur le fond, l’étude montre la corrélation entre de bonnes installations en sports, loisirs et tourisme, a une incidence directe sur l’amélioration socio-économique du milieu de vie. Ça tombe à point nommé car hélas, le Québec n’a pa su exploiter au mieux ses ressources touristiques par exemple. Beaucoup reste à faire.


 


 


Aux Presses de l’Université Laval

On débute avec un bel essai sur la part du savoir tandis que les médias mettent pratiquement l’accent que sur le divertissement et des contenus légers. Comment la connaissance peut-elle trouver sa place ? Le savoir engagé est une réflexion collective d’un grand intérêt. Il y est cité Noam Chomsky qui disait que l’on pouvait mesurer le degré de civilisation au fait de l’importance qu’elle accordait à ceux qui font de l’esprit une vocation. En ce sens, le Québec médiatique est bien devenu moribond lorsque l’on songe aux émissions de grand intérêt culturel que diffusait à ces débuts la Société Radio-Canada. Une lecture essentielle pour qui veut comprendre la perte du savoir dans l’espace des médias.

D’autre part, Pierre Moor nous emmène dans un tout autre domaine avec les Perméabilités du système juridique qui se veut un essai sur le droit de l’état de droit. La première prémisse est qu’entre une société et le législateur se font des allers-retours constants, ce dernier consignant dans des normes de droit ce que la société considère comme des protections sociales de ses droits. L’auteur est professeur honoraire de l’Université de Lausanne, à qui on doit un traité de droit administratif en trois tomes qui fait référence. Et c’est sans compter ses autres écrits fondamentaux sur le droit.


 


 


Le complexe d’Icare version show-business

S.C. Stephens nous emmène faire une promenade du côté des ego des artistes avec Sauvage fabuleuse radiographie de l’ambition qui fait souvent perdre la tête à des artistes qui ne s’imagine qu’en vedette sous les projecteurs. Ici c’est un bassiste jaloux de la star de son groupe rock. Le gars est très caractériel. Et même si son environnement ferait la joie de bien d’autres, il va rompre avec sa formation pour faire carrière solo. Sauf que là il va la vivre à la dure et les choses ne se passeront pas exactement comme le voulait son plan de carrière. Et viendra la tension qui mettra à mal même son couple. C’est un roman oui, mais en même temps quelle belle réflexion sur les valeurs superficielles du vedettariat.

Sauvage. S.C. Stephens. Hugo 553p.     www.hugoetcie.fr


 


 


Un huis clos grec sur la notion de l’essentiel

L’enfant qui mesurait le monde de Metin Arditi est une des belles surprises de la rentrée. Nous nous trouvons dans une petite île grecque sur fond de crise économique. Trois personnes vivent tricotés serrés, un enfant surdoué, Yannis, celui qui donne son nom au titre, Maraki la maman, pêcheuse de son état et qui assure la pitance puis Eliot, un architecte, qui pour rendre hommage à sa fille disparue trop tôt, va poursuivre sa mission intellectuelle à la recherche des grands mythes. Et dieu sait si le pays n’en manque pas. Cet Eliot qui va enflammer l’imagination du petit bonhomme à grands coups d’histoires de l’Antiquité et qui permettra ainsi que l’esprit de ce dernier vagabonde, le soustrayant à un quotidien qui serait ennuyeux comme tout. Cette lecture nous fait réfléchir à l’importance de raconter des histoires aux enfants, permettant aux touts petits de développer leur imaginaire. Ensuite ça coule de source, le sujet, le verbe et son complément sont mis à la bonne place.

L’enfant qui mesurait le monde. Metin Arditi. Grasset 294p.   www.grasset.fr


 


 


Obsession fraternelle

Ceux qui ont des démêlés avec frère ou sœur, sauront de quoi l’auteure veut dire dans L’ombre de Chacal de Gracia Couturier. Il y a à gauche Bruno, interné en psychiatrie qui a des velléités d’écrivain. A droite, Étienne qui respire mieux depuis que son frère à la psyché perdue est enfermé entre quatre murs. Il voit des lendemains qui chantent. Il ira même en Corse se refaire une nouvelle vie. L’île de Beauté paraît être le décor idéal à une renaissance, loin des ombres du passé. Mais sans compter la ténacité de Bruno dit Chacal qui va ressurgir. Le titre actuel est la suite de « Chacal mon frère » qui s’est mérité le Prix des lecteurs de Radio-Canada et le Prix France-Acadie. A sa lecture on comprend pourquoi le public ne s’est pas trompé.

L’ombre de Chacal. Gracia Couturier. David 384p.    www.editionsdavid.com


 


 

L’ABC de qui veut se partir en affaires

Considérant la détresse professionnelle en entreprise, où seule la performance et la rentabilité comptent et où on paie encore des salaires de famine, beaucoup caressent le désir de devenir leur propre patron. C’est le cas de 50% des travailleurs du Québec qui le sont sous le mode autonome. Mais avant de se lancer dans l’aventure, il y a des règles administratives à posséder sur le bout des doigts. Voilà un ouvrage qu’il faut lire impérativement Créer son entreprise pour les nuls au Québec du duo Margaret Kerr et JoAnn Kurty toutes deux avocates. C’est aux éditions First qui proposent généralement des ouvrages sur le management mais sous l’angle de l’administration française. On réédite ce guide qui colle spécifiquement à nos manières de faire au Québec. Et vous avez aussi des notions de comptabilité de base à ne pas dédaigner. Bref, dans le genre c’est imbattable. On ne pourra plus dire après coup que l’on ne savait pas.

Créer son entreprise pour les nuls au Québec. Margaret Kerr et JoAnn Kurtz. First 477p.     www.pourlesnuls.fr


 




 


Le coin BD

Nous sommes gâtés cette semaine par quatre titres. Le premier n’est pas tout à fait une BD standard, plutôt présenté dans le format d’un conte. A la différence que l’histoire racontée ici Y’a pas de place chez nous d’Andrée Poulin sur des illustrations d’Enzo Lord Mariano aux éditions Québec Amérique, est plutôt tristounette, puisque elle raconte les malheureuses tribulations de deux garçons d’un pays en guerre qui cherchent une terre d’accueil et qui seront en butte à des difficultés innombrables. L’auteure qui est proches des organismes d’aide internationale, veut ainsi sensibiliser la jeunesse au sort des réfugiés, d’une terrible et constante actualité.

Les trois prochains titres sont chez Dargaud. Disons tout de go que pour le premier titre Le contrepied de Foé ça ne raconte pas une histoire très jolie, bien au contraire. Le duo Galandon et Vidal nous présente crûment la réalité de très jeunes africains, la dizaine d’années, qui n’ont qu’un ballon pour se distraire et qui rêve d’intégrer une prestigieuse équipe de foot européen. On apprend qu’il y a des recruteurs sans scrupules qui essaiment villes et villages du continent africain, véritables négriers pour ramener ces rêveurs en Europe, mais dans quelles conditions! De véritables négriers extorqueurs. C’est une docu-fiction basée sur des faits réels. On est loin de la BD divertissantes, mais on n’a pas le droit d’esquiver la réalité, si déprimante soit-elle.

XIII l’héritage de Jason MacLane des L. Jigounov et Y. Sente. C’est en somme l’opération Roots Power qui débute tandis que circulant à bord d’une péniche XIII, le héros, veille sur Annika. Il apprend au petit écran que le traître sénateur américain Alberton (qui les avaient piégés au Banichistan) se trouve aux États-Unis a l’ambition de briguer le Bureau Ovale. Faut voir la tête de XIII qui va en découdre. De l’action en diable, servi comme toujours par des dessins de main de maître qui font passer la gamme des émotions sur les visages.

Le rapport de Brodeck 2 est on sans doute bien, une adaptation du roman à succès de Philippe Claudel paru originellement en 2007 et qui lui valut alors le Prix des lycéens. La transposition en BD est de Manu Larcenet. Qui narre l’insignifiante occupation d’un fonctionnaire d’une petite commune à qui le maire a demandé de consigner les petites choses du quotidien qui jalonnent la vie du village, aussi banales soient-elles. Le mandaté se demande bien à quoi ça peut bien servir ces petits rapports sans envergure. On tente de l’autre côté de le rassurer en lui disant que ça sera consulté en haut lieu. Mais Brodeck ira plus loin que la consigne et découvrira des vérités qu’on préfère souvent cacher.


 


 


Marivaudages amoureux

C’est un homme et une femme, tous deux mariés, lui est architecte et elle, est journaliste. Ils ne l’ont pas cherché, mais Cupidon s’est manifesté. Ah ce diablotin qui vient tout bousculer et mettre à mal les stabilités. Que peut-on faire contre les jeux de l’amour et du hasard. C’est ce que raconte Laurette Laurin dans son troisième roman, Se prendre au jeu. Le lecteur est interpellé en ce sens qu’il est amené à se poser la question, qu’aurais-je fait à leur place ? L’amour amené à un niveau métaphysique. En plus que nous l’avons vu dans ses ouvrages antérieurs, la romancière peaufine sans cesse son style. Et dire que le cinéma manque de bon scénarios. Allez voir de ce côté-ci.

Se prendre au jeu. Laurette Laurin. Québec-Amérique 251p.   
www.quebec-amerique.com


 


 


La fin de la québécitude ?

Le monde entier est en grande transformation. Car avec les migrations pour mille et une raisons, les nationalismes sont mis à mal. D’où à la fois des velléités d’indépendance mais en même temps des crises identitaires. Et le Québec n’échappe pas à la tourmente. Surtout que le projet indépendantiste semble devoir devenir une lubie à l’ère de la mondialisation et de l’attrait hélas des nôtres pour la culture anglophone. Pour diagnostiquer l’état du Québec actuel, rien de tel que de parcourir Le Québec et ses mutations culturelles sous la direction de E.-Martin Meunier. Les divers collaborateurs qui ont souscrit à l’invitation dont non le moindre, Mathieu Bock-Côté, planchent sur ce que nous sommes et les enjeux auxquels nous sommes confrontés. Le constat est assez troublant.

Le Québec et ses mutations culturelles. Collectif. Les Presses de l’Université d’Ottawa en coédition avec le Centre de recherche en civilisation canadienne-française 554p.


 


 


Le dernier mot de Lise Payette

Lise Payette a 85 ans bien sonnés et s’interdit encore de se taire. Elle a encore des choses à dire. A la suite de son éviction du Devoir où elle a été cavalièrement mise à la porte par le nouveau directeur Brian Myles, elle a décidé de répliquer et ça donne Le sens du devoir où elle reprend des chroniques publiées dans le quotidien, sa première et la dernière qui a été refusée sous prétexte de possible accusation de diffamation et où elle s’en prend au ministre de la santé le docteur Barrette. Et à sa lecture on voit qu’il n’y avait pas de quoi fouetter un chat, pas l’ombre de quelque chose de diffamatoire. Une seule chose agace dans ses chroniques c’est sa charge contre les hommes, laissant toujours croire que le monde leur appartient, alors que l’on sait pertinemment qu’il est dominé par les banques, une entité virtuelle dont Hitler lui-même en avait peur. Pour le reste, c’est une femme de conviction qui a été bafouée quand on pense que malgré sa notoriété on lui payait 100$ par billet, une misère. C’est ça qui est surtout choquant. A lire même si on ne partage toujours ses dires.

Le sens du devoir. Lise Payette. Québec-Amérique 326p.   
www.quevec-amerique.com


 


 


Roman en usine à l’ère techno

Nicolas Tremblay nous offre du Zola à la sauce XXIème siècle avec La mémoire du papier alors que Philippe, qui est à la fois contremaître et militant du syndicat de l’usine de pâte et papier situé à Cantonville, entrevoit de sombres lendemains pour l’avenir de son usine qui peine à faire face aux nouvelles technologies qui bousculent tout sur leur passage. D’autant que va se pointer sur son lieu de travail un chargé de cours de l’université régionale, qui propose d’éliminer l’imposante machine à papier par une invention de son crû qui veut dire évidement la suppression de bien des postes. C’est encore la machine déshumanisante, qui fait fi des besoins des hommes à l’heure où seule la rentabilité compte. L’écrivain se fait fort de rendre le dilemme qui déchire son « héros » et qui nous le rend attachant par sa grandeur d’âme et son esprit de solidarité.

La mémoire de papier. Nicolas Tremblay. Lévesque éditeur187p.    www.levesqueediteur.com


 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

Les cinq titres qui suivent sont édités chez AdA. L’auteur à succès du New York Times Brendon Burchard lance une exhortation à se prendre en main avec Le manifeste de la motivation. En fait ce sont neuf déclarations pour s’approprier son pouvoir personnel. Une des merveilleuses pensées est de nous alerter sur le fait que nous perdons un temps considérable à frayer souvent avec des gens qui sont un empêchement à notre développement. Il faut plutôt écouter sa voie intérieure. Un collègue américain Richard Webster à de son côté pondu 365 façons d’attirer la chance. C’est une forme d’abécédaire, mais dans aucun ordre, ou pour chaque jour, il livre un thème, ce peut-être un navire ou le serpent, en rappelant des significations attachées à ces sujets. C’est en même temps, peut-être une façon de conjurer le mauvais sort, mais surtout, tout un cours de superstitions ou de traditions glanées ça et là à travers diverses civilisations.

Si on dit volontiers que le royaume des cieux est en nous, on n’écoute que très peu sa petite lumière intérieure, ce qu’on pourrait appeler autrement, l’intuition. C’est à ce chapitre que s’attache Sherrie Dillard qui est une spécialiste du parapsychique. Elle écrit Découvrez votre groupe psychique qui débute par un questionnaire d’auto-évaluation. Après quoi, dépendant de la réponse obtenue, elle détaille sur ce qu’est votre personnalité réelle au vu de l’intuition.

Nous venons d’évoquer la vie intérieure. Il faut qu’elle soit habitée par la paix. Hélas, dans ce monde où le tempo de la performance conditionne tout, peu d’entre nous savons la vivre et l’entretenir. C’est pourquoi Vivre en toute quiétude de Gina Lake va apporter des outils pour pouvoir enfin s’entendre et se calmer. Un chapitre très important qui ouvre le livre, parle de notre ennemi numéro un, le stress. Ensuite comment le circonscrire avec diverses méthodes dont bien entendu, la méditation, dont celle en pleine conscience.

Christiane Northrup a connu la notoriété grâce à son best-seller « La sagesse de la ménopause ». Elle nous revient avec Éternelles déesses. Cette obstétricienne et gynécologue, s’attriste de voir les humains compter le temps et déplorer de son emprise sur nos capacités présentes ou futures. En somme elle nous dit de lâcher de nous gratter le bobo et de vivre pleinement en s’oubliant. Elle suggère un plan de 14 jours de revitalisation. Que la vieillesse est loin d’être un naufrage comme certains le laissent entendre, et que tout dépend de notre volonté.


 




 


Le coin santé physique et psychique (2)

Les trois prochains titres le sont aux éditions du Dauphin Blanc. Maurice Boulet y va d’un récit initiatique Le lac des songes. C’est un négociant en café, Charles Brunel, qui a une panne de moteur avec son Cessna au-dessus de l’Amazonie, et qui n’a d’autre choix que de sauter en parachute. Arrivé sur terre, il entreprend une marche qui tourne en rond autour du lac des Songes qui donne son nom au titre. Et il va faire la rencontre d’une tribu locale, les Piaroas. Qui vont lui en apprendre beaucoup sur les lois de l’harmonie universelle.

La question de la vie après la vie ne cesse d’en hanter plusieurs. Effectivement c’est un grand mystère. Sylvie Hétu a lu pas mal de livres sur le sujet et résume sa pensée dans On meurt et puis après ? Qui en somme veut nous réconcilier avec l’idée que la fin est inéluctable et qu’il faut l’envisager avec sérénité. En sous-titre elle se fait fataliste « Puisqu’on devra tous mourir un jour ».

Alain Williamson l’éditeur des éditions du Dauphin Blanc joint la sagesse à la pratique en nous offrant son Agenda pour une année 2017 en pleine conscience. C’est un agenda de type semainier avec une pensée profonde pour chaque semaine. Un peu comme le bréviaire des religieux d’autrefois qui y puisaient des bribes de sagesse.

Les quatre prochains titres sont publiés chez Québec-Livre. Avec Gérard Edde et La médecine énergétique nous puisons à même les connaissances ancestrales de la médecine orientale. En Orient un médecin c’est un sage. Qui préfère prévenir que guérir. L’auteur qui est bardé de diplômes dans sa sphère, nous initie aux énergies de l’art de guérir taoïste. Là où la médecine occidentale fait fausse route, voici une alternative qui a fait ses preuves depuis des temps immémoriaux.

Françoise Morency de son côté, a colligé des textes de grande profondeur, puisés à travers diverses sources, que ce soit les Saintes écritures chrétiennes, les Navajos, la pensée chinoise etc. Au final ça donne une belle anthologie de sagesse qui a pour titre Les plus belles prières et les plus beaux textes spirituels du monde entier. Et ça vaut le coup de le feuilleter, vous en sortirez grandis.

La mort d’un être cher, demeure une douleur incomparable et on n’en sort pas serein sur un claquement de doigts. Le deuil est un apprivoisement si on comprend la psychologue Josée Jacques qui écrit Les saisons du deuil. Elle considère la mort comme une tisserande de la vie. Pour arriver à faire sa résilience et se réconcilier avec un grand départ, il y a parfois un parcours sinueux. Ce livre peut être un guide parfait pour bien cheminer.

Le fameux voyage astral. Qu’est-ce au juste ? Anne Givaudan nous dit tout sur cette sortie hors du corps. Y a-t-il un danger ? Quels en sont les bienfaits ? Autant de réponses à des interrogations légitimes. On apprend qu’à sa façon, le simple rêve est un voyage astral. C’est un petit livre mais riche d’enseignements sur ce thème captivant.


 





 


Le coin santé physique et psychique (3)

Pour paraphraser Simone de Beauvoir on peut dire qu’on ne naît pas parent mais qu’on le devient. En tout cas des ouvrages nous aide à devenir encore de meilleurs parents et c’est le cas de l’ouvrage de Francine Ferland « Simplement parent ». Cette ergothérapeute a derrière elle de nombreux ouvrages sur le développement de l’enfant et cet opus synthétise son savoir. Il y a une phrase éclairante en quatrième de couverture « Être parent c’est vivre un quotidien teinté d’amour ». Ça donne le ton.

Les deux ouvrages suivant sont aux éditions du Cerf. A commencer par Christophe Flipo et L’adieu aux frères. Cet ancien franc-maçon devenu catholique nous dit ce qu’il en est de la franc-maçonnerie versus l’Église catholique. Dépendant des obédiences le rapport peut changer. Voilà un témoignage d’une grande importance venant de quelqu’un qui a gravi les plus hauts échelons dans cette fraternité auréolé encore de mystère.

Et puisqu’il est question de transfuge, en voici un autre qui lui est passé de la megachurch évangéliste à l’Église catholique. Son nom Ulf Ekman qui répond aux questions du journaliste Henrik Lindell. Le premier, un scandinave, a fondé la megachurch Livets Ord, une communauté protestante qui compte 250 mille fidèles répartis entre la Scandinavie, la Russie et le Caucase. A l’intervieweur il retrace son étonnant parcours.

Qui n’a pas tenté de trouver un élixir capable de nous maintenir jeune le plus longtemps possible. En réalité c’est plus simple que cela si on prend connaissance du livre du Dr. Éric Simard « Vivre jeune plus longtemps » aux éditions Marcel Broquet. L’ouvrage est préfacé par Lise Watier. Son propos, d’allonger notre vie de 20 ans. Les scientifiques planchent sur la possibilité de nous rendre quasi éternels, se basant sur le fait que dans la nature et c’est ce qu’on apprend, certaines espèces ne vieillissent pas. On peut ralentir le processus et que l’activité physique modérée augmente notre résistance à l’oxydation. Pour son exposé, ce biologiste s’est entouré de quelques scientifiques et fait le point sur les données actuelles dans le domaine.

Boileau disait jadis, que ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément. A sa façon Diane Gousse reprends l’adage mais appuyé sur des techniques éprouvées de communication orale. Elle consigne son expertise dans Communiquer avec style. Le verbe bien maîtrisé est une arme redoutable. Cette linguiste et andragogue nous présente son cahier d’exercices en gradation. Qui sait, grâce à elle peut-être deviendrez-vous un tribun. C’est aux Presses de l’Université du Québec.

Les mandalas, ces fameux dessins si chargés de mystique. On en a souvent vu prêts à colorier. Deborah A. Pacé nous fait partager la technique de réalisation de ceux-ci dans Je crée mes propres mandalas aux éditions Broquet. 40 modèles sont proposés vous amenant étape par étape à y aller de votre imagination.  


 


 


Un collectif s’exprime sur la responsabilité en environnement

Il y a certes raison de se sentir démuni, tant les forces qui saccagent notre planète semblent plus fortes que nous. En plus que la responsabilité personnelle se décharge souvent au profit du collectif. Un collectif de penseurs en environnements et venant de tous horizons,, le Groupe de théologie contextuelle québécoise livre ses conclusions dans un petit essai, teinté de leur engagement en lien avec la tradition biblique et la foi chrétienne. Pour preuve du grand sérieux de la démarche, l’ouvrage est préfacé par Steven Guilbault monsieur environnement lui-même.

Nous sommes le territoire! Collectif. Novalis 151p.   www.novalis.ca


 


 


Un garçon au priapisme généreux

Il est dit volontiers que c’est dans la vingtaine qu’un garçon est dans sa plénitude sexuelle, tel un véritable petit taureau qui a ce goût de semer à tout vent. C’est le gars du protagoniste de L’innocent de Christopher Donner qui a de la vigueur frisant le priapisme. Et il se multiplie tant avec les garçons de son âge que les filles, mais, elles, généralement deux fois plus âgées que lui. En somme de jeunes filles cougars qui ont un peu plus d’expérience va sans dire. Et quel orgueil pour notre jeune mâle en rut d’honorer ces belles. C’est un roman, mais avec une telle intensité qu’on peut imaginer qu’il y a un peu des réminiscences de jeunesse de l’auteur dans ces pages. En librairie le 9 septembre.

L’innocent. Christophe Donner. Grasset 210p.   


 




 


Le livre testament de Muhammad Ali, et un album photo de sa vie

Le 3 juin 2016 Muhammad Ali ce légendaire boxeur, trois fois champions du monde des poids lourds, quittait cette terre à jamais, entouré d’un infini respect. Car c’était un homme de grande droiture. Et c’est comme ça qu’il voulait que l’on se souvienne de lui. C’est la maladie de Parkinson qui l’écarta définitivement du ring. Il a eu le temps de concert avec sa fille Hana Yasmenn Ali de rédiger ce que l’on peut considérer à juste titre son livre testament. Où il revient sur des temps forts de son existence richement remplie. Souvenons-nous qu’il s’était opposé à la guerre au Vietnam, et refusant de s’enrôler. Les autorités américaines, au lieu de l’incarcérer pour insubordination, ont fait pire, en le privant de ce qu’il aimait le plus, avec l’interdiction de boxer durant cinq ans sur le territoire américain. Mais il n’en a eu cure et s’est défendu jusqu’au bout. Ses fans ne l’admireront que davantage une fois la lecture de ce livre terminé.

D’autre part, on édite chez Broquet Mohamed Ali 1942-2016 légende de la boxe. En apparence extérieure, ça donne l’impression d’une bande dessinée, même format. Bien non. Plutôt des photos, un grand texte biographique et des vignettes rappelant les hauts faits d’armes de cet athlète d’exception. Il complète admirablement l’ouvrage précédent qui lui, est totalement dénué de photos. Les blasés disent volontiers que personne n’est irremplaçable. Allons donc, le boxeur est plus grand que nature et ne sera dépassé dans sa sphère de sportif et de militant pour la paix et contre la ségrégation raciale.

L’âme du papillon. Muhammad Ali avec Hana Yasmeen Ali. Presses du Châtelet 234p.     www.pressesduchatelet.com


 


 


Suite de la saga des Duff

Sans doute Micheline Duff est-elle à la fois passionnée d’histoire et de généalogie, puisqu’elle persiste et signe avec le tome 2 de la saga de ses ancêtres dans Le passé simplifié. Qui nous a fait remonter au début du XIXème siècle avec Honoré Dufft, comme on l’orthographiait à l’époque et qui va travailler à la dure comme cultivateur. A sa façon il est un des bâtisseurs du Québec. Et la romancière imagine, documentation à l’appui, imagine pour nous ce que fut le quotidien de ses pionniers sous le régime de la Conquête. Encore une fois, ceux qui sont des familiers de l’écrivaine, retrouveront avec bonheur cette passion pour les grandes épopées toute en passion. Elle est ici au zénith de son talent.

Le passé simplifié. Micheline Duff. Québec Amérique 293p.    www.quebec-amerique.com


 


 


Des crimes sexuels par deux meurtriers ?

Colleen McCullough sera à jamais consacré dans la littérature anglaise, pour ce grand best-sller « Les oiseaux se cachent pour mourir ». Depuis elle ne cesse d’enfiler les méga succès en librairie. C’est qu’elle a compris mieux que toute autre ce qui fait recette. Dans Péché de chair nous nous retrouvons à l’été torride d’août 1969 dans la cié universitaire d’Holloman dans le Connecticut. On vient de dépêcher un énième cadavre. Comme ceux déjà retrouvés, il porte une signature laissant croire à un tueur en série, voire deux. C’est qu’il a été mutilé et on l’a laissé ensuite crever de faim. Beaucoup de pain sur la planche pour les enquêteurs. D’autant que dans ce petit bled, il y a comme un frisson d’horreur qui s’empare des habitants.

Péché de chair. Colleen McCullough. L’Archipel 367p.   www.editionsarchipel.com


 


 


Du James Patterson grand cru aux jeux olympiques de Rio

Disons le tout de go, le maître incontesté du thriller, James Patterrson l’homme au 350 millions d’exemplaires vendus, a fait preuve d’un réel opportunisme en centrant l’action de son présent bouquin en marge des jeux olympiques de Rio. Menace sur Rio coécrit avec Mark Sullivan décrit un scénario apocalyptique qui, heureusement est cantonné à la fiction. Jugez vous-même. Le patron d’une agence sécurité, Jack Morgan, doit désamorcer le projet fou d’un scientifique qui a mis au point un virus dévastateur qu’il entend lâcher dans la multitude des participants et spectateurs des jeux. Ensuite des kidnappings de personnes influentes. Heureusement, il parviendra à éradiquer non pas une, mais ces menaces qui pèsent sur Rio de Janeiro. Les accros de l’écrivain, en terrain de connaissance, vont savourer chaque page.

Menace sur Rio. James Patterson avec Mark Sullivan. l’Archipel 354p.    www.editionsarchipel.com


 


 


Les confitures maisons sont bien meilleures

A condition de connaître le basique de ce qu’il faut faire pour les réussir. Un seul livre de recettes s’impose, qui est réédité d’ailleurs preuve de son succès, ce sont Mes confitures maison signé Minouche Pastier. On trouve 60 recettes au total. Pour certaines, entre la préparation et la cuisson, il y a une période dite de macération. La jaquette de couverture, très vintage des années cinquante, nous rappelle ce bon vieux temps où nos aïeuls se donnaient la peine de créer leurs propres confitures dont on parle des générations plus tard. En fin d’ouvrage on trouvera 62 étiquettes d’identification pour vos pots.

Mes confitures maison. Minouche Pastier. Rustica   www.rustica.fr


 


 


L’herbier d’un des pères de la botanique

Des naturalistes grecs avaient commencé déjà à répertorier les plantes qui composent la nature. Mais il faudra attendre au 16ème siècle avec l’allemand Leonhart Fuchs et son herbier de 1543 pour que l’on assiste à une étude exhaustive en la matière. L’homme était à la fois médecin et botaniste. On pourrait croire que tout médecin s’intéressait d’office aux plantes médicinales. Mais non! On laissait ça aux fantaisistes et aux bonnes femmes! Sauf que Fuchs allait, au contraire, avec ses élèves en médecine pour vagabonder dans les prés et établir des fiches signalétiques. Son herbier compte près de 500 plantes. Quelle somme de travail. L’éditeur qui réédite ce classique à coût moindre que la première édition, a fait un remarquable travail à la hauteur de l’ouvrage.

Le nouvel herbier de 1543. Leonhart Fuchs. Taschen 960p.   www.taschen.com


 


 


La bible de la typographie

Le nom de Giambattista Bodoni (1740-1813) ne vous dit certainement pas grand-chose, même les typographes et graphistes de notre époque ne le connaissent pas davantage. C’est à lui que l’on doit pourtant les caractères typographiques qui ont cours encore de nos jours. C’était l’imprimeur officiel du duc de Parme. Un véritable amoureux de son métier qui concevait qu’un lettrage devait répondre aux critères suivants, l’uniformité du dessin, la précision et la clarté, le bon goût et le charme. Il a commencé son « Manuale tipografico) qui ne sera imprimé que cinq ans après sa mort. On a là, tout l’éventail de ce qui peut se faire en lettrage et même dans les langues étrangères comme l’arabe et le cyrillique.  

ABCD. Le manuel typographique intégral. Giambattista Bodoni. Taschen 750p.     www.taschen.com


 


 


Un milicien et Camus qui veulent chacun tuer

Camus doit mourir est le troisième roman de Jean Charbonneau. Qui a pour toile de fond le fameux mois d’août 44 qui verra la libération de la France. Sur un ton goguenard, l’écrivain imagine un milicien furax complètement accro au collaborateur Louis-Ferdinand Céline, et qui s’est mis en tête de vouloir trucider Camus parce que ce dernier fait de l’ombre à son idole. Des proches de l’auteur de la Peste ont vent de la menace qui pèse sur lui et décident de la mettre à l’abri. Mais dans son refuge, Camus, excusez le jeu de mots facile, peste de sa condition d’enfermement. Il en vient à souhaiter tuer un homme pour enrichir sa vie d’écrivain. Vous voyez d’ici la situation. Il y a tout au long de cette fiction bien sûr, de l’humour à plein mais aussi une très bonne connaissance de l’état d’esprit qui prévalait en ces derniers jours de l’Occupation. Distrayant est ici un euphémisme.

Camus doit mourir. Jean Charbonneau. Québec Amérique 246p.   www.quebec-amerique.com


 


 


La plus belle conquête de l’homme en images

Le cheval, est dit-on, la plus belle conquête de l’homme. Il y a toujours eu une certaine noblesse rattachée à ce beau mammifère au port altier. Le tandem Nicola Jane Swinney et du photographe Bob Langrish nous donne à admirer le cheval sous toutes ces races, car ils proviennent de partout et ont des caractéristiques propres à chacun. Pour chaque cheval un petit descriptif de son gabarit, sa ou ses couleurs, sa provenance et son utilité. Après avoir fermé ce grand album riche de couleurs, vous deviendrez un imbattable pour décrire un alezan, un cheval de Camargue et tutti quanti. Un superbe cadeau en tout cas à offrir à un féru d’équitation ou qui aime tout simplement l’animal.

Les chevaux de rêve. Nicola Jane Swinney et Bob Langrish. Broquet 96p www.broquet.qc.ca


 




 


Deux auteurs autochtones incontournables

Grâce à l’attachement de notre premier ministre canadien Justin Trudeau pour les peuples des premières nations, l’attention publique est renforcée envers des cultures millénaires et dont on ne cesse de découvrir les richesses. C’est le cas de la littérature autochtone qui ne donne pas sa place. Et les éditions Mémoire d’encrier nous offre l’opportunité de faire connaissance avec deux pointures comme écrivain. A commencer par la poétesse Rita Joe (1932-2007) qui a un parcours hors norme. Orpheline, native de la Première Nation We’koqma’q en Nouvelle-Écosse, elle a fait dans l’artisanat. Et malgré huit enfants et deux autres adoptés, elle a trouvé le temps de coucher ses impressions poétiques. Et attention. On est loin de l’écrivaine du dimanche. A preuve, ce recueil « Nous sommes les rêveurs » traduit avec amour et passion par Sophie M. Lavoie qui tenait à ce que cette sensibilité particulière connaisse une bonne diffusion. Quiconque n’est pas familier de l’âme amérindienne, saura tout ce que vit dans son for intérieur quelqu’un qui a été dépossédé de tout par l’homme blanc.

Ailleurs, c’est Thomas King qui voit un de ses titres majeurs traduit par Caroline Lavoie, « La femme tombée du ciel ». Un drame écologique romancé avec maestria par ce lauréat 2014 du prix du Gouverneur général pour « The Back of the Turtle ». Cet ouvrage tombe à point nommé où de gros intérêts financiers font régulièrement l’actualité avec des tracés d’oléoducs qui soulèvent l’ire des communautés citoyennes soucieuses de l’environnement. Dans ces page, un chercheur provoque un déversement catastrophique en Colombie-Britannique, alors que l’on procédait à l’éradication d’un sous-bois. Penaud, l’auteur de ce drame contre nature va trouver refuge dans la réserve où vit sa mère. Et sur place, il rencontrera des victimes de son forfait. De quoi nous faire conscience que l’extraction et la distribution de l’énergie fossile ne va pas sans une part de destruction. De quoi donner des arguments additionnels aux défenseurs de l’environnement.


 


 


L’invincibilité des êtres vrais

D’après une théorie de l’écrivain J.L. Borges nous passons notre temps à n’être que le reflet de nous-mêmes en conformité avec ce qu’on attend de nous. Mais du coup il prédit que ceux qui briseront symboliquement les barrières de verre et de métal qui les retiennent, ne seront pas vaincus. En somme, l’absence de peur du qu’en dira t’on peut mener très loin. Vers l’invincibilité ? En tout cas Christian Cogné s’est inspiré de cette réflexion de l’écrivain latino pour forger L’oracle américain. C’est assez enlevé. Un producteur de jeux télévisés s’en est allé consulter une voyante qui lui prédit qu’au terme d’un long sommeil, une ex-présentatrice du journal télévisé français va croiser sa route et ça sera assez infernal. Au point que l’homme d’affaires concevra un plan diabolique pour venir à bout cette revenante, privé partiellement de mémoire, mais doté d’une énergie maligne peu commune. Avis aux scénaristes en panne d’inspiration, voici de quoi faire un très bon thriller pour le grand écran.

L’oracle américain. Christian Cogné. L’âge d’homme 189p.   www.lagedhomme.com


 


 


Tout ce qu’il faut savoir sur la dette publique

ATTAC Québec est en fait l’Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne, mouvement populaire qui s’est donné pour mission de faire de l’éducation citoyenne sur la mondialisation financière. Et comme outil de vulgarisation, voici que l’organisme fait paraître La dette du Québec : vérités et mensonges. On agite souvent la dette d’une province ou d’un pays comme un épouvantail < moineaux. Peur entretenue qui servirait bien les états qui peuvent ainsi mettre en place des mesures d’austérité. Si en principe un pays ne peut pas faire faillite, la manière de gérer les finances publiques peut par contre enfoncer le surendettement des ménages. Bref, tout est dit sur la dette et que vous n’osiez demander.

La dette du Québec : vérités et mensonges. ATTAC Québec. M éditeur 142p.    www.editionsm.info


 


 


Le pacte d’Hannah et de Garrett

On méconnait la littérature du reste du Canada et c’est sans doute un tort. C’est la réflexion qui nous vient au sortir de The deal, un accord dangereux ? de la torontoise Elle Kennedy. Un roman centré sur deux figures, deux jeunes, Hannah et Garrett. Elle s’en tire très bien côté scolaire et est dotée d’un joli timbre vocal. Mais là où le bat blesse c’est dans ses rapports au sexe opposé. Calamiteux. Garrett, lui fait merveille sur la glace comme joueur de hockey, mais en classe, kaput. Quand ces deux là vont se rencontrer, ils établiront un pacte, l’un aidant l’autre dans leur côté faible. Et ce dernier s’est mis en tête de faire en sorte qu’Hannah finisse par mettre le grappin sur le quart arrière de l’équipe de football, sexy en diable. C’est presque de la comédie sentimentale du genre que l’on regarde au petit écran avec popcorn en main. Mais qui a dit que la littérature se devait d’être sérieuse ? Surtout qu’ici nous avons une belle conclusion de part et d’autre.

The deal. Elle Kennedy. Hugo 434p.     www.hugoetcie.fr


 


 


De belles propositions de voyages chez Ulysse

La beauté avec les éditions Ulysse c’est qu’ils ont des propositions de voyages pour qui, toute résistance est vaine. De parcourir leurs guides si riches en mine de renseignements, nous donne le goût d’aller voir ailleurs. Voici trois propositions emballantes. D’abord dans la collection « Fabuleux », le Costa Rica qui devient de plus en plus à la mode pour ceux qui sont allés des énièmes vois à Cuba, au Mexique et en République dominicaine. On surnomme ce pays la Suisse de l’Amérique centrale, du fait sans doute que le gouvernement y a aboli l’armée. Donc une contrée paisible agrémentée par une riche forêt tropicale où vous risquez de croiser un paresseux faisant sa sieste. Et depuis des années il y a une infrastructure hôtelière satisfaisant aux plus hauts standards.

Si par ailleurs vous ne décrochez pas du continent européen, on vous emmène au Portugal. Que n’a-t-on pas dit sur ce pays à vaste histoire, du temps qu’elle était une nation colonisatrice, (on n’a qu’à penser au Brésil). Pour beaucoup de gens qui sont allés à Lisbonne, où la vie nocturne est vibrante, ils ont l’impression d’être dans un climat de relaxation et de sensualité qui fait penser à San Francisco, du fait de la proximité de la capitale avec la mer. Les amoureux des baignades languissantes auront vite inscrits un petit séjour sur les plages de l’Algarve. Bref, c’est un pays dont on n’a pas fini d’explorer les richesses patrimoniales et qui exige plus d’une viste.

Plus près de nous, et pour les amateurs de longues marches, on suggère cette Randonnée pédestre Nord-Est des États-Unis. Ce petit guide relié spirale qui facilite la consultation en cours de route, comprend 200 itinéraires pour un total de 1500 kilomètres. Vous trouverez aussi pour chaque destination, un coefficient de difficulté. Et contrairement aux titres précédents, on y donne de bonnes adresses pour séjourner et se restaurer.


 




 


Le coin santé physique et psychique

Transmettre l’énergie aux bons endroits du corps, voilà exactement la mission de la réflexologie. Réflexologue depuis une décennie, Louise Keet est à la tête de l’École de réflexologie de Londres. Elle nous gratifie d’un traité complet sur le sujet. Par certains aspects, et les nombreuses photos qui parsèment le livre en témoignent, la réflexologie s’apparente au massage, avec ce quelque chose de plus au niveau des applications du toucher. Réflexologie pratique au quotidien est publiée chez Broquet.

De son côté Tony Parsons apparait comme un chercheur existentiel. Mais non pas comme il le précise, à la recherche coûte que coûte de l’illumination. Il ne porte pas de lunettes roses et sait comment peut-être long le chemin pour atteindre à la félicité terrestre s’il s’en trouve. Il écrit Cette liberté chez Accarias, pour nous faire partager sa quête. L’essentiel du bouquin est constitué d’un mode questions réponses, basé sur les interrogations qui lui sont généralement posées lors de ses conférences. On appréciera la grande lucidité de cette noble démarche.

Notre constitution physique et mentale demande à être entretenue avec de bons carburants. Et du côté alimentaire il n’y a rien de tel que le régime crétois, reconnues depuis des lustres pour ses vertus. Un proche de notre rédaction avait éprouvé un sérieux problème de cholestérol qui se maintenait désespérément à la hausse, l’exposant à un possible AVC ou un infarctus imminent. Ni d’une ni de deux il se mit au régime crétois. Et en trois mois seulement, non seulement son taux de cholestérol est redevenu à un niveau normal, mais il a perdu au total quinze kilos! Qu’en est-il de ce régime si merveilleux ? Pour le savoir, allez consulter Votre santé avec l’authentique régime crétois du docteur Raphaël Perez aux éditions Lanore. Cet expert en rééducation alimentaire a fait sienne cette pensée d’Hippocrate qui il y a 2400 ans a dit ceci « Que ton aliment soit ton premier médicament ».

Et dans la foulée de la parution des divers horoscopes en ce temps-ci de l’année, voici celui de Marie-Christine Dean, Astro-logique ce que vous réserve 2017 chez Béliveau éditeur. Ici ce qu’il y a de particulier, c’est que vous avez un guichet unique avec des volets touchant à l’astrologie classique, l’horoscope chinois, la numérologie, les maisons d’âge et comme elle le dit-elle-même, plus encore. Ça évite de se procurer d’autres livres. Elle demeure à ce jour l’astrologue numéro un des Cantons-de-l’Est.  


 


 


Pour acquérir du vocabulaire en anglais

Outre la grammaire et les accords sur les verbes qui demeurent le basique de l’apprentissage d’une langue, ceux qui la possèderont encore le mieux seront ceux qui ajouteront en connaissance du vocabulaire. Et pour l’anglais il n’y a rien de tel que l’exemple par le visuel. C’est ainsi que nous vous recommandons ce qui a fait la force financière du catalogue des éditions Québec Amérique, leurs dictionnaires visuels. Voici Le dictionnaire français anglais visuel pratique. Nous sommes assurés que veux qui maîtrisent même la langue de Shakespeare trouveront à apprendre avec cette méthode didactique par l’illustration.

Le dictionnaire français anglais visuel pratique. Québec Amérique 368p.   www.qa-international.com


 


 


La  graphiste qui illustre aussi en mots

Quelle trajectoire! Nathalie Lagacé est graphiste de formation, puis par le hasard des choses elle s’est retrouvée quelques années comme chauffeuse d’autobus à la STM. S’il y a un terreau à toutes sortes d’histoires c’est bien à bord des transports en commun. Et comme elle est illustratrice, elle a su par son talent d’observation mettre en mots son quotidien. Et savez-vous quoi ? Ça donne de croustillantes aventures qu’elle transpose dans la peau d’un personnage prénommée Anne. Ça chevauche entre la nouvelle et le récit. On se fout de la catégorie, nous ce qu’on a adoré, c’est que ce premier roman au titre opportun Terminus annonce une vocation à suivre. Désormais, usagers des transports publics, ne regardez plus les chauffeurs d’autobus avec condescendance. Il se cache peut-être un grand artiste comme celle qu’il nous est donné de lire.

Terminus. Nathalie Lagacé. Les éditions Sémaphore 110p.   www.editionssemaphore.qc.ca


 


 


Peter Mayle quitte la Provence pour la Corse

Peter Mayle ce british pur jus et francophile jusqu’au bout des ongles, que l’on a connu dès son premier ouvrage à succès « Une année en Provence » change cette fois de décor et nous emmène sur l’île de Beauté, c’est-à-dire la Corse. Embrouille en Corse c’est le titre, est un peu le prolongement d’Embrouille en Provence, un précédent titre où on retrouve ces deux personnages, un milliardaire français Francis Reboul et son pote Sam Levitt. Le premier possède une résidence hors norme, à la hauteur de ses moyens, qui domine la mer. Et que voit-il amarré non loin, un de ces yachts de titan du genre à appartenir à ces oligarques russes. Eh bien il ne se trompe pas. C’est bien un russe dont il s’agit, Oleg Vronsky aux affaires sulfureuses. Et ce dernier s’est mis en tête d’acquérir la propriété du magnat français. Et pour parvenir à ses fins, il n’hésitera pas, lui sans scrupules, à s’acoquiner avec la mafia corse. Vous avez là de quoi vous garder captif pour bien des minutes avec le style imparable de l’écrivain.

Embrouille en Corse. Peter Mayle. Nil 202p.    www.laffont.ca


 


 


A quoi carburent les sportifs ?

Stéphane Garneau fils du beau Brummell, le regretté Richard Garneau annonceur et commentateur sportif légendaire de l’histoire de Radio-Canada, a eu une année 2016 bien remplie alors qu’il a rendu hommage à son paternel de toutes les manières et sur toutes les plateformes de l’ère numérique. Un devoir de mémoire que l’on salue bien bas. Maintenant, tout comme son géniteur il a dans son ADN une grande admiration pour les sportifs. Et c’est pour mieux connaître leurs motivations qu’il est allé à la rencontre de quelques uns du Québec pour savoir à quoi ils carburent. Et on verra une palette d’infinies nuances par rapport à la notion de dépassement de soi. De très beaux témoignages en perspective et inspirants.

Récits sportifs. Stéphane Garneau. Flammarion Québec 189p.    www.flammarion.qc.ca


 


 


Une psychologue narcoleptique enquête à demeure

Franck Thilliez on le sait, tutoie l’excellence dans le domaine du thriller, bien servi qu’il est par ses talents de scénariste. Il poursuit sur sa lancée avec Rêver qui met à l’avant-plan une psychologue souvent sollicitée pour élucider des affaires criminelles. Elle a pour prénom Abigaël. Elle est bizarre cette soignante des âmes car elle illustre parfaitement le dicton qui veut que les cireurs soient mal chaussés. En effet, notre « héroïne » souffre de narcolepsie, ce syndrome qui tout à coup vous attire dans le sommeil à tout moment. Elle a aussi une vie teintée de tragique puisqu’elle s’est sortie indemne d’un grave accident de voiture qui a emporté vers la mort son père et sa fille. Et cet horrible événement sera le révélateur d’histoires de famille dans le placard. C’est là-dessus qu’elle doit enquêter pour comprendre ce qui guidait son père ici bas.

Rêver. Frank Thilliez. Fleuve noir 596p.    www.fleuve-editions.fr


 


 


Sherlock Holmes s’allie à un médecin, en réalité une femme

Avouez qu’elle ne manque pas d’imagination cette microbiologiste de formation, Annelie Wendeberg qui vit près de Leipzig en Allemagne et romancière habile comme tout. Elle signe Le diable de la Tamise qui nous plonge dans le Londres de 1889. Un médecin, le Dr. Anton Kronberg doit autopsier la dépouille d’une victime du choléra et repêchée dans la Tamise. En procédant à ses vérifications, il y a des signes qui le laissent dubitatif. Scotland Yard veut en découdre et classer le tout, mais non content, le docte médecin va s’allier à Sherlock Holmes qui ne mettra pas de temps à apprendre que son nouveau complice enquêteur est en réalité…une femme. Lisez et vous comprendrez le pourquoi de cette dissimulation. Au final un régal pour les amateurs du genre. Sur fond de brume londonienne, brrr!!!

Le diable de la Tamise. Annelie Wenderberg. Presses de la Cité 251p.    www.pressesdelacie.com


 




 


Deux petits bijoux pour la rentrée chez marchand de feuilles

L’éditeur Marchand de feuilles commence la rentrée en coup de canon avec deux petits bijoux formats de poche, qui chacun ont leur univers bien à eux. Ainsi Anne-Claude Thériault qui a remporté l’an dernier le Prix de la nouvelle Radio-Canada et trois ans plus tôt celui du Prix des lecteurs de la même chaîne de la radio d’État, nous arrive avec un roman Les filles de l’Allemand qui narre les tribulations de deux sœurs allemandes, l’une, Marguerite, vendue par un père infâme, et l’autre, Rose qui va traverser l’Atlantique, et faire sa vie couvée d’amour et en prodiguant à sa marmaille. Vous avez là un éventail de thèmes ramassés brillamment, allant de l’amour filial, l’exil, la notion du bonheur, la destinée, etc. Un condensé de la vie humaine avec ses zones d’ombres et de lumières. Une réussite totale. Puis Maxime Olivier Moutier qui nous parle de Marie-Hélène au mois de mars. L’illustration qui orne la jaquette aurait bien plus à un Jean Cocteau qui a su en son temps, jouer avec les yeux saillants de ses personnages au cinéma, comme dans le Testament d’Orphée. Ça raconte le cas d’un homme à l’amour trahi. Qui va tenter de mettre fin à ses jours. Et c’est cette même femme l’ayant mené au bord du gouffre, qui va paradoxalement lui sauver la vie. Une relation que l’on qualifiera tout de suite de toxique. Interné momentanément en institut psychiatrique, il jettera un œil lucide sur les malheureux patients qui l’entoure, sujet à des réflexions métaphysiques à n’en plus finir. Un autre petit bijou qui honore le catalogue déjà richement garni de l’éditeur.


 


 


Célébration du mannequin caméléon

Chez Taschen un bel album tout en photos signé Mario Testino rend hommage à la beauté intemporelle de Kate Moss le mannequin star qui à sa façon a causé une petite révolution. Les deux ont été des êtres totalement fusionnels. C’est pourquoi elle s’est abandonnée à sa lentille avec une réelle impudeur qui ne lui enlève rien en noblesse. Rappelons que Testino était le photographe adulé par Lady Di. Le maître a suivi Moss depuis ses touts débuts. Et ce qui est fascinant en tournant chaque page, c’est de voir à quel point ce visage qui au demeurant n’a rien de vraiment exceptionnel, se métamorphose en plusieurs personnalités, dont certaines sont d’une très grande sensualité. Soulignons pour l’anecdote, qu’elle a été la compagne de Johnny Depp jadis et naguère, et qu’ensemble ils ont fait vraiment les 400 coups au grand dam de bien des hôteliers.

Kate Moss by Mario Testino. Taschen


 




 


Le coin habileté manuelle

Trois titres viennent agrémenter cette chronique et dans trois univers diamétralement opposés. A commencer par l’éditeur Massin avec, dans la collection « recettes d’atelier » La reliure bases et bons gestes de Lucile Oliver. Étrangement, cet art de bien enrober un livre, est devenu anachronique à l’ère numérique et donne tout son sens ici au mot luxe qui a un caractère d’inutilité, donc rare et cher. Un peu comme pour le monde de l’orgue, il y a ici tout un vocabulaire forgé de mots exotiques. Et en parcourant ces pages on se rend compte de la grande minutie que cela requiert. Il faut une patience de bénédictin, qui en passant étaient historiquement nos premiers relieurs avec des ouvrages richement ornés d’enluminures.

Et demeurons dans le domaine du grand art avec La sculpture sur pierre avec un guide de premier plan en la personne de Cami Santamera. Si vous aspirez à devenir le Rodin de votre quartier, vous avez l’ouvrage d’initiation tout trouvé. Et quand on parle de pierre c’est dans toutes les déclinaisons dont le granit. Comment travailler sur diverses textures dont la pierre dure. Comme tout ouvrage didactique, de nombreuses photos par étapes vous livrent pleins de bons conseils pour ne pas donner le coup de marteau fatal qui ruinera des heures de dur labeur.  C’est aux éditions Vial. Chez le même éditeur, Annick Stein et Gilbert et Gilbert Storti nous disent tout sur les constructions domiciliaires faites de bois. Maisons bois construction et art de vivre nous entraîne dans l’édification, surtout de maisons de villégiatures. Ce qui n’empêche pas,  qu’elles puissent devenir des résidences principales avec tout le confort souhaité. On fait le tour des bois nécessaires, des colombages, des poteaux poutres et des panneaux massifs. Un chapitre intéressant évoque les insectes qui font du bois un véritable buffet sans limite. On apprend entre autres que l’on répertorie jusqu’à 2500 sortes de termites! Heureusement que l’occident est épargné. Aussi comment se débarrasser des champignons qui prolifèrent en milieu humide.


 


 


Le Chasseur contre les Iscariotes

On dit volontiers du journalisme qu’il mène à tout. On pourrait presque en dire autant des études en criminologie si on en juge par Yves Bergeron qui a fait des études dans ce domaine et qui accouche d’un thriller pas piqué des vers, qui nous transporte dans la Rome de la Renaissance, plus précisément à la mort du pape Alexandre VI Borgia, ce grand débauché comme on sait, qui prenait bien du bon temps. Le pontife meurt et voilà que la Curie romaine tente d’étouffer un scandale potentiel en la personne des Iscariotes, une fraternité satanique qui infiltre le Vatican. On adonc institué pour les contrer, l’ordre des Chasseurs. Et l’un d’eux va se transformer en une sorte de tueur en série, partant à la traque des infâmes satanistes. Les émules de Judas qui est la première publication de l’auteur, est du bonbon pour les amateurs du genre.

Les émules de Judas. Yves Bergeron. Les éditions de l’Apothéose 495p.   www.leseditionsdelapotheose.com


 


 


Quand Frédéric Dard écrivait sous le pseudo de Kaput

Nous demeurons sciés devant la production de ce démiurge littéraire qu’était Frédéric Dard (1921-2000) qui a écrit, tenez-vous bien…475 romans! Mais où prenait-il donc le temps, sans compter d’autres collaborations, théâtre, télévision, cinéma. Dans les années cinquante, il écrivit entre autres, une série de romans policiers sous le pseudonyme de Kaput. Les éditions Fleuve noir nous font l’honneur de rééditer ces textes regroupés sous le titre Un tueur. Et c’est écrit avec un argot impayable, le tueur s’exprimant ici à la première personne, qui ne le dispute qu’à un Michel Audiard. Même si des expressions nous échappent à nous lecteurs du Québec, rien que de se les mettre en bouche en les lisant,  nous amuse follement. Quel style. A sa façon ce sont de petits chefs-d’œuvre.

 Un tueur Kaput (Frédéric Dard). Fleuve noir 636p.    www.fleuve-editions.fr


 


 


Pour tout connaître d’Usain Bolt le roi du stade

Il n’est pas trop fort de considérer Usain Bolt comme étant l’athlète olympien qui est pour notre temps, ce que fut à son époque Jessie Owen. Ce jamaïcain, on l’a encore vu à Rio, y va de grandes enjambées dépassant tout le monde en riant même. C’est une véritable fusée qui en fait le roi du 100 mètres, l’épreuve phare de tout jeu olympique. Richard Moore se pique de nous faire connaître cet athlète hors norme avec cette biographie de référence. En même temps que le récit d’une vie, le journaliste britannique y va d’une étude pour comprendre pourquoi son pays d’origine a donné au monde les meilleurs sprinters de l’Histoire. C’est qu’en Jamaïque, la course est le sport révéré comme ici le hockey au Canada. Mais avec une dimension sociale autre, au sens qu’un champion, avec ses seules jambes, peut se sortir de sa condition sociale et recevoir la reconnaissance nationale.

Bolt la suprématie. Richard Moore. Hugo Sport 365p.    www.hugoetcie.fr


 





 


Le coin Miam miam

En voyant ces athlètes aux jeux olympiques de Rio, tout comme la majorité des sportifs, on en vient à se demander si ils ne s’astreignent pas côté alimentaire à une certaine ascèse. Pour en avoir le cœur net, les réponses se trouvent dans Athlète food de Nicolas Aubineau qui est diététicien du sport. Donc très au fait du régime à quoi s’astreignent ceux qui doivent performer. C’est un ensemble qui mixent des recettes et des conseils de nutrition. Et il répond à des questions comme s’il est recommandé de s’entraîner à jeun. Est-il besoin de vous dire que n’entre que du naturel dans la composition des menus. Les recettes peuvent également convenir au grand public tellement c’est santé. C’est aux éditions Mango.

Chez AdA, Karine Malenfant débarque avec Les anges dans ma cuisine. D’emblée elle se définit comme une végétalienne rebelle. Ça donne tout de suite le ton. Pour sûr que de la santé dans l’assiette. Ce sont toutes ces inventions culinaires qu’elle met généreusement à la portée de tous, comme ces bruschetta aux courgettes, radis et fleurs d’ail, sa salade de quinoa et tofu ou bien ces boules d’énergie aux fruits et aux noix.

De végétalienne, passons cette fois aux végétariens avec un titre phare dans la collection « Pour les nuls » chez First. Le titre ? Être végétarien pour les nuls de Suzanne Havala Hobbs diététicienne et Alcyone Wemaëre journaliste. C’est vraiment une réflexion complète sur le sujet. On répond par exemple aux objections courantes de la part des non végétariens, à savoir la carence en protéines. On sera étonné d’apprendre que les végétariens possèdent suffisamment de dosage en protéines et sont loin d’être en manque et on verra pourquoi. En fin d’ouvrage on a sélectionné des ouvrages sous forme de bibliographie pour ceux qui souhaiteraient approfondir le sujet. Bien entendu on n’a pas oublié les mateurs de recettes. Vous en avez une soixantaine qui ont ceci en commun d’être facile à apprêter.

Et le miel. Que n’a-t-on pas dit sur ces vertus. Vous croyez tout savoir à son propos ? C’est que vous n’avez pas encore lu le bel album que lui consacre Isabelle Lambert chez Modus Vivendi. Miel c’est d’abord 100 recettes qui accompagnent l’ordonnance du repas, de l’entrée au dessert. Dès les premières pages nous avons droit à un rappel des fameuses vertus  Puis dans ce mini cours 101 on verra qu’il n’y a pas qu’une seule sorte de miel. Elle les décline tous avec un mot sur chacun. L’hydromel dont le miel entre dans la composition, est considéré comme la boisson alcoolisée la plus ancienne au monde. Puis ces recettes divines qui complètent. Véritablement c’est un joyau à garder précieusement dans sa bibliothèque culinaire. Et sa reliure souple facilite la consultation lors de la préparation des mets.  


 


 


Victime du monstre orangé

Côté fantasy, le Québec produisant peu dans ce secteur de la littérature de fiction, il nous faut donc souligner la parution de Détrousseur de vies temps 3 de Jasmin Girard. Comme ce style particulier entremêle pleins d’histoires en même temps, nous faisons une entorse à notre règle en publiant la quatrième de couverture « La confrontation ultime sur le champ de bataille de France nous a envoyés quatre mille ans dans le passé. Je suis maintenant le frère du roi d'Ur, une des plus anciennes et des plus importantes villes de la Mésopotamie antique. Alors que je retrouve mes amis, je dois me rendre à l'évidence : nous sommes tombés dans un piège. Le monstre orangé nous a attirés dans ce monde et projette de nous éliminer un par un. Mon frère Shu-Sîn est sous son contrôle, en proie à une folie meurtrière. Les Amorites, des barbares sanguinaires, menacent la ville. Encore une fois, je dois faire face à la créature de feu pour protéger ceux que j'ai amenés ici. Sauf que les choses ne se passent pas comme prévu. Mon véritable ennemi n'est pas celui que je crois. » Maintenant, sachez que les lecteurs vont se retrouver avec un petit joyau en son genre.

Détrousseur de vies temps 3. Jasmin Girard. Éditions de Mortagne 281p.   www.editionsdemortagne.com


 


 


L’enquêteur Alex Cross a dix chats à fouetter

Il ne manque pas de boulot l’enquêteur fétiche de James Patterson, Alex Cross dans ce dernier thriller enlevant Cours, Alex Cross un titre qui est bien indiqué compte tenu du contenu. D’abord saluons, et on le fait rarement, la brillante traduction de Béatrice Roudet-Marçu qui rend bien en mots choisis le tempo de la la version originale. D’entrée de jeu, notre fin limier va mettre un stop aux parties fines d’un chirurgien plasticien qui opère de jeunes mannequins qu’il aime bien retrouver dans toute la splendeur de sa création au cours de parties fines. Mais comme si ce n’était pas assez des homicides sont rapportés qui laissent croire à non pas un tueur en série, mais un trio. Et tout ça dans la capitale américaine. Ceux qui sont ders familiers de l’auteur seront en terrain de connaissance. Un peu comme pour la comédie, le thriller policier répond à des règles que ce dernier maîtrise parfaitement et qui en fait un familier des best-sellers, en fait le plus lu sur la planète.

Cours Alex Cross. James Patterson. JC Lattès 377p.    www.editions-jclattes.fr


 


 


Un répertoire folklorique franco-ontarien analysé

Tel un Marius Barbeau cet ethnologue de renom qui écumait les rangs du Québec afin de colliger notre patrimoine folklorique, Jean-Pierre Pichette formé par Luc Lacourcière s’est attaché au même domaine mais à la grandeur du pays. Avec parfois avec une attention soutenue sur un cas, comme celui qui fait l’objet du présent essai, celui de l’agriculteur Donat Paradis (1892-1985) dont il analyse le répertoire de 106 de ses chansons. Intitulé Ah! si l’amour prenait racine complété par un CD-Rom qui témoigne de ce talent, il passe en revue cette production à la fois naïve et touchante. C’est au final un docte ouvrage qui prend très au sérieux cette démarche artistique. Rendons hommage à cette initiative qui est un devoir de mémoire.

Ah! si l’amour prenait racine. Répertoire de Donat Paradis cultivateur recueilli et présenté par Jean-Pierre Pichette. CD-Rom inclus. Presses de l’Université Laval 470p. www.pulaval.com


 


 


Quand un astéroïde changea la géographie de Charlevoix

C’est un livre destiné à la jeunesse, mais nous invitons les gens majeurs et vaccinés à ne pas se priver du plaisir de se faire raconter par Jean des Gagniers cette histoire vraie d’un astéroïde qui frappa la région de Charlevoix il y a 400 millions d’années. Peu s’en souviennent évidemment. Préfacé par l’astrophysicien Hubert Reeves qui a passé sa jeunesse dans ce coin de beauté sans pareil, L’astroproblème de Charlevoix met à la portée de tous, la connaissance de cette histoire géologique.

L’astroproblème de Charlevoix. Jean des Gagniers. Presses de l’Université Laval 46p.    www.pulaval.com


 




 


Que nous réserve 2017 ?

Qu’on s’en défende comme on peut, il n’en reste pas moins que nous entretenons tout de même une petite curiosité quand au futur qui nous attend, d’où le succès des prédicateurs d’avenir, astrologues, voyants, cartomanciennes et tutti quanti. C’est le moment où les éditeurs font paraître ce qui demeurent pour eux des best-sellers, à savoir les horoscopes de l’année à venir. Les éditions Québec-Livres lancent leur grande offensive avec trois titres d’un seul coup. D’abord le duo bien connu Jacqueline et Alexandre Aubry. D’entrée de jeu ils nous prédisent un retour à une certaine discipline dans ce monde chaotique assorti d’un bel élan au point de vue économique.

Et deux titres touchant à l’horoscope chinois. L’année orientale qui débute le 28 janvier 2017 pour se rendre jusqu’au 15 février 2018 et qui est baptisée l’année du Coq de Feu. Vicki Levine Il passe en revue tous les animaux qui nous symbolisent selon notre année de naissance et ce qu’il adviendra à chacun d’entre nous et l’interrelation avec les autres signes. La démarche est similaire du côté d’Alexandra Beaumont à la différence que cette dernière s’attache à une prédiction quotidienne. Elle se fait fort de souligner que le Coq de Feu est caractérisé par un goût inné pour la fête. Et il en influencera un bon nombre dans les mois à venir.


 





 


Le coin santé physique et psychique (1)

De l’hominisation à l’humanisation, voici comment on peut décrire l’évolution de la race humaine comme nous la présente le sociologue Alain Médam dans L’aube des signes chez Liber. Il est beaucoup question de sa migration mû selon ses besoins. Comment il en viendra en phase d’humanisation à se poser des questions métaphysiques. Il pose aussi des questions fondamentales, comme cette réelle recherche de la beauté. En fin de lecture vous saisirez mieux la dimension humaine, faite de forces mais hélas de beaucoup de faiblesses. Chez le même éditeur, un livre au titre presque provocateur tant on continue de nier aux enfants un intérêt pour la sexualité, La vie sexuelle des enfants ?, de Patrick Doucet. Freud avait déjà pavé la voie en nous révélant cet aspect encore méconnu alors du développement de l’enfant. Il fait le tour des connaissances à ce jour et met de l’avant des interrogations légitimes du genre que si des touts jeunes ont déjà des aventures sexuelles, risquent-ils d’être désabusés avant l’heure ? Éclairant à l’heure ou encore règne beaucoup d’obscurantisme.

La magie des bougies de Richard Webster aux éditions Pochette, c’est une entrée en matière pour tout ce qui touche au rituel associé aux bougies. Et la meilleure preuve de cela, c’est le traditionnel vœu que l’on prononce au jour de son anniversaire en soufflant sur les bougies du gâteau. Et il y en a plusieurs autres à découvrir. Il y en a même un pour favoriser les rencontres avec le sexe opposé.

Les deux prochains titres le sont aux éditions AdA. Debra Moffitt nous introduit au Jardin de béatitude ou comment cultiver son paysage intérieur pour découvrir qui l’on est. L’auteure, issue d’un milieu aisé, a réalisé qu’en dépit du fait qu’elle était à l’abri du besoin, se voyant confrontée à un grand vide intérieur. Elle a donc entrepris un cheminement qu’elle raconte à la première personne et qui peut tracer la voie de l’harmonie à bien des lecteurs. Et si nos bougies de tantôt peuvent se montrer révélatrices de pleins de choses, que dire alors des cristaux avec La résonance des cristaux écrit par Kerry Melson Selman qui va au-delà de la simple analyse des bienfaits procurés par ceux-ci mais d’accroître leurs effets en les combinant avec des huiles essentielles et des élixirs floraux.

Et deux titres chez Érès qui explorent chacun à leur façon les débuts dans la vie d’un petit être, de poupon à petit enfant. Il est coutume de croire que le bébé est constamment en besoin de l’Autre, d’abord la génitrice. Mais c’est oublier que le bébé a déjà en lui un commencement de personnalité. La psychologue et psychanalyste Graciela C. Crespin bien connu pour ses ouvrages sur l’autisme, nous amène dans le monde du nouveau-né. C’est une lecture que nous recommandons à toute mère qui ignore tout des premiers instants de vie. On apprend entre autres dans L’épopée symbolique du nouveau-né les niveaux de langage, ces gazouillis entre mère et bébé qui diffèrent selon les cultures et leur interprétation. Tandis que de son côté, Denis Mellier psychologue, qui brosse un tableau de la dynamique qui existe dans les crèches, que chez nous on nomment centres de la petite enfance. Il y a une corrélation entre les parents, les éducateurs, et les premiers bénéficiaires, les enfants qui réagissent selon le milieu ambiant. L’essayiste traite de la notion de contenance. Un mot qu’il définit comme une attention à porter au tout petit pour circonscrire ses craintes, ses angoisses. La crèche est un microcosme social que l’on n’avait jamais aussi bien étudié que maintenant.


 




 


Le coin santé physique et psychique (2)

Le titre ne pouvait pas mieux tomber au moment où une récente étude nous apprenait cette semaine que les adeptes du Pokémon Go se comportaient d’une part comme de véritables zombies, et pire, encore, grevés par un lourd déficit d’attention. La psychologue Emmanuelle Pelletier signe Déficit de l’attention sans hyperactivité. Autrement le banal déficit mais qui peut causer de sérieux problèmes s’il n’est pas circonscrit à temps, donc identifié dès le départ. Compréhension et intervention sont les deux principes moteurs qui ont présidé à la rédaction de l’ouvrage.

A notre époque où un certain consensus se dessine prônant une pensée unique, la psychiatrie, la psychanalyse et la psychothérapie font l’objet d’attaques, comme si on leur reprochait de valoriser l’unicité de l’individu. Transmettre est une réflexion en collectif sous la direction de Patrick Chemla qui a la double casquette de psychiatre et de psychanalyste. Et des praticiens se servent de leurs exemples en cabinet pour étoffer leurs dires. Affirmer son « je » n’a jamais été aussi difficile qu’en ces temps où l’affirmation de soi est condamnées comme un outrage au collectif.

Faire l’inventaire de sa personnalité, c’est à quoi nous invite la psychologue Danie Beaulieu avec la Planification stratégique personnelle qui est un grand questionnaire d’auto-évaluation. Notons au passage que cette spécialiste de l’âme est la cocréatrice de la Thérapie de l’Impact et de la technique d’intégration par les mouvements oculaires. C’est une démarche sérieuse et un tantinet exigeante qui demande du participant de creuser à même l’inavouable.

D’ordinaire, la renommée série « Pour les nuls » est reconnue pour des textes qui fouillent leurs sujets avec de petits encadrés qui viennent ajouter comme complément d’information. Mais pour Devenir papa pour les nuls coréalisé par Mademoiselle Navie et Sophie Ruffieux on a opté pour le mode de la BD. Ah, la force de l’image qui vaut toujours mille mots. C’est une démarche à la fois ludique et didactique. Et quelle mine de renseignements. Ainsi apprend-on que durant la grossesse la femme verra son désir libidineux augmenter sensiblement en raison d’une poussée hormonale. A l’homme de détecter les signes précurseurs.



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