- LIVRES SEPTEMBRE 2015 -
 
 


 


Changer d’air avec les belles suggestions des guides Ulysse


Trois titres chargés de tentantes propositions de voyages nous arrive en provenance des guides Ulysse. Pour ce qui est des guides classiques proprement dit, un titre Hawaï. Sous la coordination d’Annie Gilbert c’est une invitation à faire connaissance avec un véritable paradis terrestre, tel le voyait les explorateurs au Siècle des Lumières. Oubliez que c’est un état américain, le plus proche continent est à 4000 kilomètres. On baigne dans le merveilleux avec cet archipel d’îles et les volcans qui sont en activité. Il y a tellement de coups de cœur. Ce qui explique que le bouquin compte plus de 400 pages de suggestions. Il n’y a pas que le Hawaï d’Elvis Presley ou de la série culte Hawaï 5-0, vous avez là un patrimoine naturel à couper le souffle.

Puis deux grands albums, Croisières de rêve et Amérique du Nord, 50 itinéraires de rêve. Le premier tombe à point nommé au moment où les croisières en bateau connaissent un engouement qui ne se dément pas, et avec des prix plus que démocratiques. On a fait un choix arbitraire, mais judicieux de destinations aussi exaltantes que le Pacifique Sud, la Méditerranée ou les Caraïbes. Et nous vous mettons au défi de feuilleter ces pages superbement illustrées avec indifférence. Vous allez tout de suite vouloir concrétiser une croisière. Si vous ne voulez pas trop vous éloigner, le second bouquin offre des dizaines de randonnées tant aux États-Unis que le Canada, ces deux voisins qui partagent le fait d’avoir des paysages diversifiés. Ça va des Îles-de-la-Madeleine à Las Vegas, rien de moins.

 

 


 


Polar métaphysique


L’inconstance des démons débute par un neurologue sur lequel va s’abatte la malédiction. A commencer par un fils unique adolescent qui disparaît à jamais. Puis il ya sa femme qui mourra pétri de chagrin à la suite de cet événement familial tragique. Dans un désir de paix intérieure bien compréhensible, il va se retrancher dans sa passion de l’amour des livres. Mais dans sa retraite du monde, il sera rejoint par une femme qui demande de venir l’aider à soigner son fils qui donne des signes de possession diabolique. Il va donc se mettre à la tâche car il répond à une assistance de personne en danger à laquelle il ne peut se soustraire. Voyez dans quels transports mentaux il va s’engager. Eugène Green rend un hymne magistral au pouvoir de la connaissance. Car qui sait, n’a plus peur.

L’inconstance des démons. Eugène Green. Robert Laffont 227p.    www.laffont.fr

 

 


 


Les Apôtres passent à la caisse


Dans les Évangiles, la figure de Marie rappelle un critique, n’a droit qu’à quelques lignes. Colm Toibin n’a pas besoin davantage pour imaginer une autre version de l’histoire du passage du Christ, où les Apôtres auraient manipulés la destinée du Fils de Dieu, désinformer sa mission et s’approprier sa figure à des fins peu avouables. Et le romancer de donner la parole à Marie qui n’est pas dupe de la manœuvre. Saluons l’exercice de style qui nous interloque, nous faisant demander si l’auteur n’évoquerait pas une hypothèse plausible d’une manipulation des disciples de Jésus.

Le Testament de Marie Colm Toibin. Robert Laffont 121p.   www.laffont.fr

 

 


 


Éric Bédard raconte son référendum de 1995

Les habitués de la chaîne Matv savent le grand talent d’intervieweur d’Éric Bédard qui a élevé son show de chaises en tutoyant l’excellence. Cet historien a longuement milité pour la cause souverainiste. En effet de 17 à 25 ans il a milité au sein de l’aile jeunesse du Parti québécois. Quand arrivera le référendum de 1995 il se trouvera à la présidence du Comité national des jeunes de cette formation. Il sera donc placé à une tribune privilégiée pour observer de près la lutte intestine entre Jacques Parizeau et Lucien Bouchard, deux gros ego. Il a fallu deux décennies, recul aidant pour apprécier distinctement les événements auxquels il a été confronté. Au final ça donne un cours d’histoire fabuleux, il ne saurait en être autrement avec lui, qui jette un éclairage sur ce qui se tramait en coulisse. Les amateurs de vie politique vont dévorer ces pages comme un enfant devant une bonbonnière.

Années de ferveur 1987-1995. Éric Bédard. Boréal 224p.   www.editionsboreal.qc.ca

 

 


 


Une romancière dans les confins du Grand Nord


Ça ne s’invente pas, celle qui va nous décrire le grand nord canadien comme pas une a pour nom de famille Winter. Prédestinée, celle qui témoigne dans Nord infini de ces vastes étendues enneigées ou glacées. Kathleen Winter est cette romancière qui en compagnie d’un équipage hétéroclite de chercheurs nordiques, va s’embarquer à bord d’un navire russe qui sillonnera le passage du Nord-Ouest, ce lieu qui fait l’objet de toutes les convoitises car on parle de pétrole dans son sous-sol et le Canada revendique plus que jamais sa souveraineté. Que ressent-on devant l’immensité. Beaucoup ont écrit sur le mode contemplatif, mais notre auteure ajoute une dimension critique. Poète de la beauté à sa façon, elle demeure lucide. C’est une mine de renseignements sur ce qui attend le visiteur qui se hasarde dans ces contrées hostiles.

Nord infini. Kathleen Winter. Boréal 319p.   www.editionsboreal.qc.ca

 

 


 


Le côté noir d’Hollywood


Si vous adorez les potins sur Hollywood, vous allez jubiler en feuilletant La face cachée d’Hollywood de Kieron Connolly car après « Hollywood Babylon » livre culte sur les débauches de la capitale américaine du cinéma, on ne fait pas mieux. Et attention, on dit potins, mais c’est qu’ici c’est la stricte vérité historique avec un Alfred Hitchcock qui harcelait sexuellement ses actrices, Louise Brooks qui s’essaya au lesbianisme dans les années 30 mais qui fut déçue, Frank Sinatra et ses liens avec la mafia qui sont décrits ici par le menu. A croire que les parents disaient vrais à leurs enfants qui voulaient embrasser la carrière artistique, que c’était le milieu de toutes les perditions. Les textes sont fouillés d’anecdotes historiques appuyés par une iconographie remarquable. Un super cadeau à offrir à quiconque se passionne pour la vie hollywoodienne.

La face cachée d’Hollywood. Kieron Connolly. Sélection du Reader’s Digest 221p.    www.groupemodus.com

 

 


 


Le coin de l’art visuel


Ce sont deux ouvrages qui seront en sorte comme votre baptême de l’air en peinture, car ils ont en commun de jeter les bases de ce qu’il faut assimiler avant de pouvoir prétendre maîtriser cet art de peindre. Les deux sont édités chez Parramon. Le premier Peindre comme les grands maîtres est remarquable car il peut être destiné soit aux peintres en devenir comme à tous ceux qui voudraient s’initier à la technique dans un but de comprendre les œuvres. Rien de tel que les travaux concrets. C’est ainsi qu’on a sélectionné des tableaux renommés qu’on vous détaille. C’est didactique et fascinant. Exemple les célèbres pointillés de Seurat. On vous explique comment il s’y prenait. Puis vous avez des exercices concrets et surtout des liens menant à des vidéos explicatives.

Mais quel que soit le peintre qu’on observe, ils se sont distingués par L’art de mélanger les couleurs. C’est le titre de ce petit bouquin qui fera de vous un virtuose de la palette. Comment associer des couleurs en apparence disparates pour en faire surgir une troisième qui jettera de l’éclat à votre toile. L’acrylique, les couleurs terreuses, tout y est.

 

 


 


Carnet littéraire


C’est un style qu’on  ne voit presque plus. D’où l’intérêt de Malgré les exils multipliés de Marc-Antoine Cyr. Auteur dont toute la vie tourne autour du théâtre. Il se trouve entre autres à Beyrouth où son esprit est interpelé par tout ce qui l’entoure. On est presque devant de la poésie en prose. Comme lorsque les écrivains d’avant l’ère de la photographie trouvaient les mots pour rendre l’environnement. Les phrases sont là, toutes simples, sans effet apparent. Mais c’est tout son talent de faire surgir les sentiments avec un sujet, un verbe et son complément à leur meilleur.

Malgré les exils multipliés. Marc-Antoine Cyr. Lévesque éditeur 118p.   www.levesqueediteur.com

 

 


 


De l’origine des conflits internationaux


Josepha Laroche est professeure à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne au département de science politique. Elle livre le fruit de ses recherches sur les guerres d’où ces Théories des conflits internationaux dont elle a identifié quatre axes dont le premier portant sur le réalisme, fait l’objet du premier tome. Elle fait un grand bond en arrière en allant puiser les théories des antiques jusqu’aux penseurs contemporains. ¨Ça va donc de Thucydide à Henry Kissinger. Puis elle isole et détaille les mécanismes que sont l’intérêt, la dialectique paix et guerre, la puissance, le chaos et les alliances. Aussi comment le vainqueur impose sa loi en vertu de la morale du moment.
Théories des conflits internationaux. Tome 1 Les réalistes. Josepha Bouchard. Liber 227p.    

 

 


 


Ce viol qui changera tout


C’était il y a trente-six ans. Linda Goyette jeune mariée, à peine âgée de dix-huit, va connaître la nuit de tous les cauchemars Un individu va s’introduire dans la maison familiale, la forcer à le suivre, nue, à l’extérieur. Elle sera conduite dans ce qui deviendra le lieu de son supplice où elle devra se soumettre, au péril de sa vie, à toutes les bassesses sexuelles. Fort heureusement sa disparition aura été signalée et le bourreau sera repéré à l’occasion d’un barrage policier. Toutes ces années plus tard, elle rappelle qu’il n’y a pas de prescription à l’odieux d’être violée et a donc couchée par écrit son expérience. Cette mère de cinq enfants n’a rien oubliée. C’est du rentre dedans à chaque page.

La nuit de toutes mes peurs. Linda Goyette. Les éditions JCL 471p.    www.jcl.qc.ca

 

 


 


La légende acadienne de Jérôme


En Acadie, la légende de Jérôme figure parmi les grandes histoires du patrimoine comme celle d’Évangéline. Jérôme est un sourd muet amputé des deux jambes qu’on a trouvé abandonné sur la plage de Sandy Cove en Nouvelle-Écosse. Toutes les spéculations sont allées bon train pour connaître qui était finalement cet homme devenu mystérieux par la force des choses. Cette histoire a fasciné Sylvie Ouellette au point qu’elle a consacré de nombreuses recherches à son sujet. Et ça nous donne en bout de ligne L’inconnu de Sandy Cove. A-t-elle résolu l’énigme de cet individu trouvé seul sur la berge ? Nous ne gâcherons pas votre plaisir. C’est à travers le personnage d’Élise Robichaud, ex épouse d’un attaché d’ambassade qu’elle suivra en Europe durant deux décennies qu’on en apprendra plus.

L’inconnu de Sandy Cove. Sylvie Ouellette. Druide 338p.    www.editionsdruide.com

 

 


 


Un antiquaire ex-officier de renseignement en mode enquête


Si vous avez raté son roman intitulé « De pierres et de sang » d’André Jacques   vous êtes passé à côté de quelqu’un qui est en passe de devenir une sommité du polar. Il a lui aussi son enquêteur fétiche, Alexandre Jobin, qui est maintenant un antiquaire, mais qui dans une autre vie était officier de renseignement au sein de l’armée canadienne. Au début de ce nouveau roman q1ui signe une nouvelle enquête La bataille de Pavie son moral est au plus bas suite à l’annonce d’un verdict médical peu réjouissant qui peut le mener aux portes de la mort. Mais comme diversion à ses malheurs, il acceptera un contrat d’expertise d’esquisses anciennes en Italie. Comme on dit, changer le mal de place. Mais ce périple va prendre une tournure inattendue avec l’appel  d’une ancienne maîtresse fraudeuse, qui lui demande de l’aider à retrouver sa fille Pavie, dont elle sait qu’elle se trouve à Palerme. Cette dernière n’est pas une figure d’ange. Au contraire, c’est une tueuse à gages de métier. L’antiquaire se muera en limier pour tenter de retrouver la jeune femme. Rebondissements ? A la pelle, avec une maestria d’écriture qui force l’admiration.

La bataille de Pavie. André Jacques. Druide 436p.     www.editionsdruide.com

 

 


 


Le rapport flou des québécois avec leurs origines

Les québécois de souche francophone fascinés, voire obnubilés par l’attrait de la culture anglophone, défendent mal leurs valeurs. Comme s’ils consentaient de plein gré à se noyer dans la mer anglo-saxonne qui les entourent. Pour comprendre le rapport ambigu qu’ils entretiennent avec leurs racines il faut absolument lire Nous, c’est qui ? de Monique Fournier qui est une histoire des hommes et des femmes du Québec. C’est un cours d’histoire du Québec, pimenté de souvenirs personnels comme lorsqu’elle redoutait plus que tout le chapelet en famille du cardinal Paul-Émile Léger qu’on écoutait forcé à genoux endoloris. Les dernières pages sont particulièrement intéressantes où elle analyse le positionnement du mâle québécois à la fois houspillé pour son excès de testostérone en même temps et paradoxalement jugé comme mou, insignifiant même. Cette lecture est un devoir de mémoire dans une province qui a tout de même comme devise « Je me souviens » et où on ne retient rien.

Nous, c’est qui ? Monique Fournier. Édito 512p.   www.editionsedito.com

 

 


 


L’album de famille de Clodine Desrochers


L’animatrice bien connue Clodine Desrochers nous surprend avec un livre très personnel puisqu’il est question de sa famille élargie, remontant très loin en arrière. Ça s’intitule Au nom de l’amour, à ces femmes avant moi. Un peu comme si elle faisait de la généalogie, elle se montre une superbe conteuse. Avec un accent mis sur les personnages forts de femmes. En même temps, pour une jeune génération de lecteurs qui ignorent tout de leur passé, c’est comme un cours de sociologie du temps. L’époque de ce qu’on a nommé fort justement la grande noirceur où l’Église dictait les codes de conduite pour tout. L’auteure se montre une très bonne observatrice. Chapeau à l’exercice de style.

Au nom de l’amour, à ces femmes avant moi. Clodine Desrochers. Éditions La Semaine 222p.   

 

 




 


Le coin de la BD


Quatre titres honorent cette section cette semaine à commencer par un coffret trois dans un Le chat fait des petits de l’inénarrable Philippe Geluck. C’est que vous trouvez à l’intérieur trois mini albums « Les desseins du chat »  « Le scrabble du dimanche » et  « Prêchi-Prĉchat » , seul le deuxième titre ne met pas en vedette le célèbre matou du bédéiste belge. C’est un gentil cadeau à ceux qui sont des fans achevés du gros félin ou bien de le faire découvrir. C’est chez Casterman. Aux éditions Le Lombard dans un univers tout autre, fantasy même, c’est le tome 3 « Le sang des Scythes » de la saga Reconquêtes de Miville-Deschênes et Runberg. Des guerres tribales, notamment avec les Hittites avec à sa tête un jeune roi plein de lui-même qui veut tout écraser sur son passage. Et aussi une horde de guerrières, poitrines dénudées. Notez que François Miville-Deschênes qui dessine et qui scénarise aussi avec son comparse est un compatriote québécois bien en selle dans le monde de la BD.

A la rédaction de Culturehebdo on a ployé de rire en parcourant le tome 7 de The lapins crétins qui a pour titre Crétin style du tandem Thitaume-Pujol. C’est aux éditions Les deux Royaumes. Plus débile que ça tu meurs…de rire. Car il y a d’abord ces dessins volontairement moches pour lesquels on craque instantanément. Puis il y a quelques leçons d’interactivité qui provoquent assurément des rires. Foldingue le truc. Et l’événement de la rentrée est la parution du dernier tome de la série Les nombrils « Un bonheur presque parfait du duo québécois Dubuc et Delaf. Nous retrouvons ces filles branchées tellement vaches qu’arriver à ce niveau de détestation pour leur valeur si superficielles qu’ont fini par les trouver attachantes. Les « héroïnes » sont engagées dans de nouvelles aventures dont Karine dont le groupe musical a signé avec un important producteur. Que de chemin parcouru depuis les premières BD des nombrils dans le magazine Safarir et qui sont éditées maintenant chez Dupuis.    

 

 


 


Dessine-moi un fauteuil


Avec  le développement fulgurant des édifices à condos luxuriants, ceux qui en ont les moyens voudront meubler leur intérieur avec des chaises, divans, sofas qui porteront une empreinte originale. Ricard Ferrer produit un bel album Le design de mobilier qui se concentre sur les chaises et les fauteuils. A peu près tous les styles sont représentés, du classique au contemporain. Généreusement il prodigue des conseils sur les étapes de la conception. Pour en arriver à un dessin qui soit le reflet le plus juste du produit fini. Va sans dire que l’iconographie abondante, vaut bien mille mots.

Le design de mobilier. Ricard Ferrer. Parramon 189p.   www.parramon.fr

 

 


 


La beauté de pensée librement


Il a l’air goguenard sur la jaquette de couverture ce faux docteur qui a pour nom Pierre Landry dont on regroupe les meilleurs billets parus entre 1999-2015 dans le journal indépendant Le Mouton Noir. S’il se compare à un médecin, c’est qu’il est d’avis que de prévenir ses contemporains des maux qui empoisonnent la société équivaut à faire acte de prévention. Chroniques d’un faux docteur de campagne est un recueil d’opinions qui font du bien à lire. On n’est pas obligé de partager ses vues, mais saluons l’exercice salutaire de la libre opinion. Les lignes qu’il consacre à nos politiciens, dont Jean Charest, sont des petites pièces d’anthologie.

Chroniques d’un faux docteur de campagne. Pierre Landry. Éditions Trois-Pistoles 288p.   

 

 


 


Hommage à nos soldats partis combattre en Europe


Fallait y penser. De s’inspirer des exploits de nos valeureux soldats durant la Seconde guerre mondiale et d’en faire un triptyque en format de poche. Ça donne Combattre dans l’ombre dont parait le deuxième tome « Les volontaires ». Nicolas Paquin rend ainsi hommage à Jacques Nadeau, vétéran des Fusiliers Mont-Royal. Pour réaliser cette saga, il a notamment rencontré l’aviateur Gilbert Boulanger qui lui a servi de conseiller. Le pupille a bien retenu les leçons de son mentor, car il restitue bien les sentiments qui ont habité ces combattants qui ont fait la traversée outre-mer au service de la liberté.

Combattre dans l’ombre. Tome 2 Les volontaires. Nicolas Paquin. Phoenix 310p.    www.editionsduphoenix.com

 

 


 


Se mettre dans la peau d’enfants meutriers


Personne ne peut oublier cette histoire atroce survenue à Liverpool le 12 février 1993. Deux garçonnets âgés d’aussi peu de dix ans, Robert Thompson et Jon Venables, kidnappaient en plein centre commercial un bambin de deux ans, James Bulger qu’ils massacreront peu après. Une affaire à glacer le sang. D’autant que les nouvelles télévisées nous montraient une scène captée par une caméra où on voyait le petit bonhomme suivre gentiment ses bourreaux. Le critique de poésie du Devoir, Hugues Corriveau n’a pas oublié. Et il a essayé de comprendre comment à cet âge dit d’innocence on peu en arriver à de tels actes qui défie la notion d’humanité. Le mal à l’état pur existe-t-il ? Les enfants de Liverpool porte le titre de roman, mais c’est une libre interprétation de cet événement. Un exercice de style relevé avec brio. Des conclusions à faire peur sur la notion d’innocence.

Les enfants de Liverpool. Hugues Corriveau. Druide 248p.  www.editionsdruide.com

 

 


 


Poésie mobile


Il semble beaucoup se déplacer notre poète saguenéen, Pierre Demers qui nous gratifie d’un recueil de poésie Le bruit du moteur. Poèmes qui ont l’air d’un journal de route où le poète décrit ce qui lui passe par la tête, tandis qu’il est en mouvement sur la route, sa détestation des lumières des voitures qui l’aveugle, sa préférence des motels plutôt que des hôtels. Il ne s’embarrasse pas des strophes notre passionné de cinéma qui sait faire image avec les mots.

Le bruit du moteur. Pierre Demers. Éditions Trois-Pistoles 77p.   

 

 


 


Une starlette devenue reine du rire dans le Londres des sixties


Le roman Funny Girl du londonien Nick Hornby n’a rien à voir avec le film du même nom de William Wyler qui a valu l’Oscar de la meilleure actrice à Barbra Streisand. La production cinématographique était une libre interprétation de la vie de cette star de Broadway, Fanny Brice. Tandis qu’ici nous sommes en Angleterre en 1964. Au point de départ c’est une jeune femme, Barbara Parker qui hérite du titre de Miss Blackpool. Finalement elle refusera ce couronnement car ce qui la chauffe c’est de faire rire à tout prix les gens. Elle va se rendre à Londres et se fera remarquer à ce point qu’elle va décrocher le rôle titre dans une série télé de la BBC qui va cartonner. Elle sera désormais connue sous le nom de Sophie Straw. Les auteurs de la série en question se sont connu en taule pour atteinte aux bonnes mœurs dans les toilettes. Vous voyez le genre. Un monde fou, pleins de paillettes. A la fin on baignera dans la nostalgie de cette époque des Swinging sixties à la sauce londonienne. Un roman qui brille de mille feux par celui que l’on surnomme le Frédéric Beigbeder anglais.

Funny Girl. Nick Hornby. Stock 418p.     www.editions-stock.fr

 

 


 


Mahomet en son temps


Qu’on le veuille ou non, les guerres de religions sont bien de retour, et les nouvelles Croisades aussi mettant en opposition chrétiens et musulmans. Une majorité sont d’avis que les tenants de l’État islamiste se sont appropriés les propos du prophète et se permettent n’importe quoi, et en plus contraire au Coran. Pour en découdre et bien connaître le message originel de Mahomet, mieux vaut lire Le miséricordieux de Reza Aslan qui s’est signalé pour avoir été le premier à enseigner l’Islam dans une université américaine.  Ce diplômé de Harvard nous invite à une remontée dans le temps, expliquant comment est née la religion musulmane, ses racines historiques et comment s’est perpétué ensuite son enseignement. Pour un ouvrage venu de la main d’un universitaire, il a le grand mérite d’expliquer simplement cette grande fresque historique. Au final, le lecteur saura mieux partager ce qu’est l’islam modéré des fantatiques qui s’en réclament.

Le miséricordieux. La véritable histoire de Mahomet et de l’Islam. Les Arènes 487p.     www.arenes.fr

 

 


 


Qui a tué ces enfants, un loup, un homme ?


Voici un polar de village pourrait-on dire, savamment bien construit par Zhanie Roy qui débarque avec Trois fois la bête. C’est l’été, nous sommes en 1935. Il fait une chaleur accablante. Ce pourrait être un lieu paisible, mais il arrivera que le malheur va s’abattre dans la contrée avec la mort d’enfants. Ces dépouilles on ne sait plus où les enterrer, le cimetière est plein d’occupants. Le curé veut en ériger un autre en terre inondable, ce qui donne lieu à des débats épiques digne de Clochemerle. Mais qui a bien pu commettre ces crimes odieux, un loup ? Un homme ? On se regarde les uns, les autres avec suspicion. On ne vous en dira pas davantage de peur de vendre la mèche. Mais lisez, ça vaut le coup.

Trois fois la bête. Zhanie Roy. Noir 216p.   

 

 


 


Le coin Miam miam


Si vous êtes un amateur de houblon, peut-être vous est-il venu à l’esprit de concevoir vos propres bières domestiques ? Si oui, à quel guide recourir ? En voici un de John Parkes, un maître brasseur qui généreusement nous communique son savoir. Non seulement nous apprend-il l’ABC de ce qu’il faut connaître au début, mais complète par un exposé sur les différents types de bières que l’on retrouve. Mes bières maison est publié aux éditions Rustica.

Aux éditions Broquet on a répond à ce besoin qu’éprouve certaines personnes qui estiment qu’elles mangent trop et qui se contentent le midi d’une barre tendre. C’est une vue de l’esprit. Si vous persistez dans cette voie, procurez-vous Collations santé d’Anick Fontaine qui a répertorié 50 recettes de barres et boules d’énergie remplies de protéines. Les figues, pistaches, cannelle et tutti quanti sont à l’honneur pour revigorer votre métabolisme sans prendre une once.

Et les bébés gourmets ne sont pas en reste. Ils ont trouvé en la nutritionniste Julie Desgroseilliers une alliée qui va les faire sortir de l’ennuyeux « pablum ». Elle a mijoté 85 recettes et conseils sur l’alimentation à destination des enfants de 4 mois à 2 ans. Ces petites bouches fines apprécieront le mijoté de lentilles, carottes et panais de même que tenez-vous bien, l’étagé de viande chevaline et patates douces à la marocaine. Ça confine presque à la gastronomie. Aux éditions La Presse.

 

 


 


Le coin santé physique et psychique


Aux éditions Parramon on lance un album complet consacré à l’Anatomie & 100 étirements essentiels. Vous avez là une somme de techniques assorties de précautions à prendre. Si vous vous interrogez sur le bien-fondé des mouvements à faire, on a pris les devants en vous montrant des coupes graphiques anatomiques qui démontrent en quoi de bouger de telle façon influe sur la musculature ou l’ossature.

Anatomie & 100 étirements essentiels. Parramon 168p.  

 

 


 


L’écologie de la connaissance

Peut-on imaginer un moment que le déficit de la connaissance peut avoir une incidence directe sur l’économie et l’environnement social, notamment la survie de la démocratie? On sait depuis toujours que les pouvoirs ne sont jamais entichés par une population trop au fait des enjeux sociaux et qui se montre revancharde. Grâce à Daniel Innerarity et Serge Champeau leur essai Démocratie et société de la connaissance brosse les dangers qui peuvent survenir, si la connaissance n’est pas au rendez-vous comme chien de garde. Et le pouvoir ne se gênera pas pour contrarier ou désinformer la connaissance pour arriver à ses fins. Ce livre est un plaidoyer éloquent que le savoir contribue à une vie meilleure.

Démocratie et société de la connaissance. Daniel Innerarity et Serge Champeau. Presses universitaires de Grenoble 276p.     www.pug.fr

 

 


 


Détournement de majeur

C’est presque une provocation de Nathalie Rheims à l’heure où le sujet de la pédophilie est dans l’air du temps. En effet, Place Colette son dernier roman, met en scène une jeune fille de treize ans, qui a eu le corps plâtré pendant d’interminables mois, aspirante comédienne, qui veut libérer son enveloppe charnelle. Elle est tombée raide dingue d’un comédien quadragénaire à qui elle va s’offrir lorsqu’elle aura treize ans. Évidemment, cela ne va pas se dérouler sans un quelconque trouble intérieur. Il y a des choses qui ne se font pas socialement. La romancière bouscule les idées reçues sur la notion de détournement de mineur. Y aurait-il parfois des détournements de majeurs ? Comme toujours avec l’écrivaine, elle décrit superbement les émois intérieurs. Un roman oui, mais qui interpelle drôlement sur les amours interdites.

Place Colette. Nathalie Rheims. Éditions Léo Scheer 311p.   www.leoschher.com

 

 


 


Le chemin de Damas spirituel d’Éric-Emmanuel Schmitt

Éric-Emmanuel Schmitt tout comme un Jacques Attali nous stupéfie. Comment parvient-il à trouver le temps nécessaire pour être à la fois dramaturge, romancier, nouvelliste, essayiste, cinéaste ? Et il oppose un sérieux démenti au dicton qui veut que, qui trop embrasse mal étreint. Au contraire, tout ce qu’il touche est marqué au coin de la plus grande qualité. Voyez La nuit de feu qui est le récit d’un périple pédestre dans le désert du Hoggar. Il a vingt-huit ans. Une nuit, en plein désert, contemplant le spectacle hallucinant des étoiles, il trouve la Foi qui lui a toujours fait défaut. Qui corrobore ce que quelqu’un a dit un jour qu’on demeure athée jusqu’au moment où on regarde le Ciel….

La nuit de feu. Éric-Emmanuel Schmitt. Albin Michel 183p.   

 

 


 


Le grand voyage d’une vie

Une vingtaine de livres plus tard et des centaines d’articles à la clé on aura retenu de Normand Cazelais qu’il est un amoureux fou des voyages. Ce géographe de formation est devenu aussi un maître de la communication. Après avoir écrit sur ce qu’il a vu, il nous invite à découvrir ce qu’a été jusqu’ici son passage terrestre. Chronique d’une vie sur deux millénaires nous montre que son existence a chevauché sur « l’ancien monde classique » et qu’il a très bien réalisé la transition avec notre ère numérique. C’est un être qui dévore la vie comme pas un avec sa nouvelle compagne et ses quatre enfants. Il adresse des tributs à ses maîtres et ceux qu’il a admiré. Ce fils unique s’est forgé seul une conscience du monde bien personnelle. Lire ce vacciné au bonheur est une grâce.

Chronique d’une vie sur deux millénaires. Normand Cazelais. Fides 292p.   www.groupefides.com

 

 


 


Aussi fragile que de la céramique

Pour illustrer le roman A parts égales  de Joanna Trollope on peut voir sur la couverture, une tasse  dont l’assiette est fracturée en parts égales comme le titre de l’ouvrage. C’est une métaphore pour montrer que dans les familles, l’équilibre est fragile. Comme dans cette entreprise familiale de céramique que dirige avec aplomb Susie Moran. Elle supervise ses trois filles et un gendre. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, jusqu’au jour où surgit le père de l’entrepreneure. Ce retour agira comme une implosion, chacun se mettant en mode réclamation. Il faudra donc un repartage des responsabilités, pour avantager tout ce beau monde. Finie l’autocratie maternelle. Ce roman toute en finesse anglaise comme de la porcelaine. Et chapeau au traducteur Johan-Frédérik Hel Guedj qui a su préserver la saveur de la version originale. So british!

A parts égales. Joanna Trollope. Fides 345p.    www.groupefides.com

 

 


 


Derrière une pianiste

Souvent en regardant une pianiste concertiste s’appliquant à bien maîtriser de redoutables partitions, on se prend à les imaginer comme des religieuses toutes à leur vocation. Mais au-delà des mécaniques pianistiques parfaites ce sont des âmes au bout des doigts. Et Annie Loiselle en fait l’éclatante démonstration dans Concerto pour une petite noyée son cinquième roman. Nous voyons évoluer les sentiments de Valentine, une grande musicienne, sur scène et dans son intimité. Le livre est une petite plaquette mais dense émotionnellement. Il ne lui en faut pas plus pour peindre ce qui agite intérieurement l’artiste. Ensuite on appréciera au final l’élégance du style. Ici on tutoie l’excellence.

Concerto pour une petite noyée. Annie Loiselle

 

 


 


Recommandé aux fans de Downton Abbey

Dernièrement, dans sa série de grands documentaires, Télé Québec diffusait un bijou du genre nous montrant de quoi retournait exactement la vie de château chez les aristocrates anglais des XIXème et XXème siècles. Et comment il leur a fallu des alliances pour maintenir leur train de vie. Barbara Taylor Bradford qui produit des best-seller comme d’autres respirent, nous arrive avec Les femmes de Cavendon où un comte, Charles Ingham, se remarie avec une dame de la lignée des Swann. C’est vraiment dans l’esprit de cette télésérie que tout le monde adore, Downton Abbey. Ici ce sont les femmes, avec du caractère à l’anglaise, qui vont jouer un rôle déterminant. A l’eau de rose ? Bien oui et on en redemande. C’est un baume de légèreté dans un monde si rude.

Les femmes de Cavendon. Barbara Taylor Bradford. Presses de la Cité 378p.    www.pressesdelacite.com

 

 


 


Le Djihad pour les nuls

Les djihadistes reviennent sans cesse dans l’actualité. Si les québécois a-t-on appris récemment, dans une proportion d’un sur cinq,  on peut imaginer sans peine que doit être leur ignorance vis-à-vis de l’État islamique et la radicalisation. D’où la nécessité d’aller s’informer au bon endroit, notamment auprès de deux journalistes d’enquête aguerris du quotidien La Presse, Fabrice de Pierrebourg et Vincent Larouche. Qui nous disent tout au sujet du Djihad et en quoi ça fascine tant notamment auprès de la jeunesse de chez nous. Leur récit se lit comme un pur roman d’aventure. Et qui nous donne en définitive une radiographie exacte du terrorisme.

Djihad.ca. Fabrice de Pierrebourg et Vincent Larouche. La Presse 299p.   www.editionslapresse.ca


 


 


Un incendie dérangeant

Chantal Beauregard qui a fait la joie de tout un lectorat avec « Laissée pour morte » avec sa vedette le sergent-détective Jean-Paul Dumoulin, nous revient avec une autre enquête de son limier fétiche. Cette fois, alors qu’il comptait profiter du long congé de la Fête nationale du Québec, le voilà appelé à élucider un incendie suspect qui s’est déroulé dans une clinique. Sélection fatale le titre de son opus, nous amène des rebondissements inattendus qui pimentent l’histoire. Dans le créneau du roman policier, l’écrivaine tire superbement son épingle du jeu. Vous adorerez.

Sélection fatale. Chantal Beauregard. Éditions La Semaine 230p.  


 


 


Autobiographie de Thomas Mulcair

A quelques semaines de l’élection fédérale du 19 0ctobre prochain, il est d’intérêt de lire l’autobiographie de Thomas Mulcair « Le courage de mes convictions ». L’intéressé avoue qu’il avait un peu peur que ça sente la récupération. Mais en même temps il savait que des gens, encore trop nombreux, ignorent quoi il est vraiment. D’où l’exercice auquel il s’est livré, de coucher sur papier ce qu’a été sa vie jusqu’à présent. A travers un horaire démentiel, il envoyait des bribes de textes qui ont fini par nous donner ce livre très intéressant. Celui dont on dit que grandes sont ses chances qu’il prenne les rênes du pays, se dévoile avec ses forces et ses doutes. Il ne cache rien de son tempérament trempé d’irlandais. Et comment ce libéral en est arrivé à choisir l’idéologie du NPD. Arrivé à la dernière ligne on a la nette impression qu’après avoir vécu les affres du régime de Stephen Harper, sa victoire ne pourrait être ce qu’il pourrait arriver de mieux au pays.

Le courage de ses convictions. Thomas Mulcair. Michelle Tisseyre 238p.    www.michelletisseyre.ca

 

 


 


Onze nouvelles, onze climats

Jean-Paul Didierlaurent a trouvé preneur au Québec avec les quatre mille exemplaires vendus de « Le liseur du 6h.27 ». Ce qui est énorme proportionnellement parlant, par rapport à ce qui s’écoule en librairie chez nous. Il persiste et signe avec onze nouvelles regroupées sous le titre de Cabine numéro 12. On trouve tout, allant d’un prêtre au goût singulier à un ex prisonnier de guerre qui revient sur les lieux d’une attaque sauvage qui l’aura marqué dans sa chair. L’essentiel à retenir c’est que nous nous trouvons comme devant autant de courts-métrages. Il a un sens descriptif inégalé qui fait image dans nos têtes. Comme savait le faire les écrivains d’avant la photographie et qui devaient nous montrer.

Cabine numéro 12. Jean-Paul Didierlaurent. Édito 159p.   www.ediitionsedito.com

 

 


 


Un agent des services secrets en milieu hostile

Si vous êtes un téléphage vous avez sans doute eu connaissance, ou visionné l’adaptation pour la chaîne Fox du roman de Blake Crouch « Wayward Pines » portant le même titre et mettant en vedette Matt Dillon et Juliette Lewis. L’histoire d’un agent des services secrets américains dépêché dans le petit bled perdu de Wayward Pines en Idaho afin de retracer deux de ses collègues disparus dans laisser de trace. Mais il ne sera pas à l’abri de mésaventures dont un accident d’auto. Immédiatement il verra dans son entourage des comportements inquiétants. C’est vraiment un thriller fantastique écrit dans les règles de l’art. Et ne vous inquiétez pas de vous rendre à la dernière ligne, car on nous annonce déjà un tome deux. Du bonbon dans le genre.

Wayward Pines. Blake Crouch. Flammarion Québec 286p.   www.flammarion.qc.ca

 

 


 


Œuvre de chair dans le presbytère

Il était une fois en Charente un nouveau curé de fort belle allure, qui ne se faisait pas trop de scrupules avec la notion de vœu de chasteté. Du moins en avait-il une définition élastique. Et il ne se faisait pas prier pour honorer les créatures du Seigneur. Et tomba un jour dans sa couche, la femme du docteur, esseulée dans son besoin d’amour physique. Tout aurait été pour le mieux dans le meilleur des mondes, si ce n’est que la bonne du pasteur se rendit compte du manège et voulut faire chanter les tourtereaux. Qui pour préserver leur union, ont tué cette femme trop bavarde. Une enquête est ouverte. Sa conclusion ? On vous la laisse deviner. Les amants du presbytère de Marie-Bernadette Dupuy est inspirée d’une histoire authentique.

Les amants du presbytère. Marie-Bernadette Dupuy. Les éditions JCL 310p.    www.jcl.qc.ca

 

 


 


Le grand Moyen-Orient décrypté

Il aura fallu tout le talent d’un ex ambassadeur, Michel Raimbaud, pour saisir pleinement les enjeux de ce qu’il nomme le grand Moyen-Orient, territoire extensible qui s’étend sur plus de 50 degrés de latitude. Et qui est un terrain de jeu prisé des américains qui magouillent de toutes les façons pour imposer leurs lois de libre-marché. Tempête sur le grand Moyen-Orient est un instantané de ce qui se passe présentement sur tous ces territoires où fleurit le radicalisme. La géopolitique là bas, a pris un tour inquiétant. Se basant sur des documents révélés par l’affaire Wikileaks, l’essayiste fait le tour des forces en présence. Le signataire de ce bouquin éclairant parle d’un jeu de poker à grande échelle qui a toutes les allures d’un nouveau Yalta.

Tempête sur le grand Moyen-Orient. Michel Raimbaud. Ellipses 569p.  www.editions-ellipses.fr

 

 


 


Humeurs d’époque

Ce n’est pas un recueil de nouvelles quoique ça s’en rapproche, Méchantes menteries et vérités vraies (quel beau titre), est plutôt une succession de chapitres sur des mœurs du centre du Québec à une époque que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Où l’auteur nous raconte comment ça se passait, des bordels de Saint-Paul-de-Chester aux femmes mortes en couche pour faute de médecin à proximité. C’est la campagne avec ses beautés et il faut le dire, ses horreurs. Ça se lit comme un charme. Seul dommage, que ce soit trop court.

Méchantes menteries et vérités vraies. Jean-Pierre April. Hamac 155p.    www.hamac.qc.ca

 

 


 


Contes dirigés

Elles se sont mises à deux, Manuelle Denisse et Aliette Lauginie pour produire Il était une fois des contes un ouvrage didactique merveilleux pour savoir comment aborder des contes. Elles ont sélectionnées dix-sept histoires en provenance des quatre coins du globe, dont le Québec. Avec une introduction pour situer le contexte. Et en complément vous avez un CD-MP3 pour profiter au mieux de l’écoute de ces belles pages. Cet ouvrage arrive à point nommé, car il est de notoriété que de faire partager des contes aux petits, c’est une manière de leur faire découvrir le monde avec ce qu’il contient de bon et de mauvais. En même temps que de leur inculquer des valeurs morales.

Il était une fois des contes. Histoires à lire, à écouter, à raconter. Manuelle Denisse et Aliette Lauginie. Presses universitaires de Grenoble 285p.   www.pug.fr

 

 


 


Le nouveau rapport à la lecture en mode numérique

Avec l’usage immodéré des ordinateurs, tablettes et téléphone intelligent on s’est rendu compte d’un énorme déficit d’attention. Est-ce à dire que la compréhension s’en trouve affectée ? En tout cas, la problématique est largement expliqué dans ce qui est devenu un classique du rapport cognitif, car réédité, il s’agit de La lecture numérique de Thierry Baccino et Véronique Drai-Zerbib, qui passe en revue et de façon érudite notre rapport au numérique et jusqu’à la posture ergonomique, l’usage de certaines typographies, etc. Sa lecture est exigeante, mais éclairante sur ce qui devient une problématique.

La lecture en numérique. Thierry Baccino et Véronique Drai-Zerbib. Presses universitaires de Grenoble 274p.     www.pug.fr

 

 


 


Se familiariser avec les concepts de la mode

Laura Volpintesta est une pédagogue de la mode de très haut niveau. Sa formation a commencé avec un diplôme de l’illustre Parsons School of Design de Nre York. Elle est allée ensuite se parfaire à Paris pour revenir dans la métropole américaine où elle dispense généreusement son savoir. Les férus de la mode qui n’ont pas la chance de se rendre dans la Grosse Pomme peuvent se consoler. Elle a consigné dans un magnifique album 26 concepts dominants en mode, tout comme elle nous fait découvrir le parcourir d’un même nombre de designers dont Sonya Rykiel à Agatha Ruiz de la Prada. Évidemment que pour un tel bouquin didactique, l’image vaut mille mots. C’est pourquoi l’iconographie est ici très riche et explicite des vignettes qui l’accompagnent.

Les fondamentaux du design de mode. Laura Volpintesta. Dunod 215p.   www.dunod.com

 

 


 


Comment la région Rhône-Alpes planche sur l’énergie renouvelable


A quelques semaines de la grande rencontre mondiale sur le climat à Paris, c’est intéressant de regarder ce qui se fait un peu partout dans le monde pour contrer les effets du réchauffement planétaire et la question des énergies durables. Et la région Rhône-Alpes n’est pas en reste avec, tenez vous bien, 2500 chercheurs répartis à travers 60 laboratoires de recherche. Regroupé sous la nomination ARC 4 pour Communauté académique de recherche énergies Rhône-Alpes. Ils ont identifié quatre axes de recherches qui sont : la maîtrise de l’énergie et des matières premières; les énergies renouvelables; les réseaux énergétiques et enfin les matériaux pour l’énergie. Pour juger du chemin parcouru un album paraît Demain l’énergie qui est en sommes les paroles des chercheurs. Ça donne le portrait des défis qui nous attendent, rédigé dans un esprit de vulgarisation. Nous devons ce travail de synthèse à Béatrice Méténier. L’alarme est sonnée, c’est notre survie qui en dépend.

Demain l’énergie. Paroles de chercheurs. ARC énergies. Presses universitaires de Grenoble 190p.    www.pug.fr

 

 




 


Quatre opus jeunesse chez Mortagne

La rentrée automnale s’annonce haute en couleurs et sous le signe de la diversité, du moins aux éditions de Mortagne qui nous gratifie de quatre titres pour la jeunesse. D’abord Kim Messier lance Je t’ai dans la peau. C’est une Valérie, divorcée, qui fait son time out des hommes, surtout qu’elle se sent coupable d’avoir fragilisée sa fille avec son échec conjugal. Il y a bien un prétendant, mais elle n’est pas à l’heure de s’engager. Puis son horloge biologique, du moins sexuel lui joue des tours. Surtout quand se pointe Karl, au corps d’enfer, qui s’en sert comme outil de travail car il est danseur nu. Oh, là, là! Que va-t-elle faire ?

Puis Émilie Turgeon débarque avec Le poids du mensonge. Au départ c’est un pacte de suicide impliquant trois amis, Lili, Frank et Liz. Une sombre histoire. Le tout devait s’accomplir à l’occasion d’un accident de voiture. Six mois vont passer et Lili se refait en harmonie avec ses proches. Mais ce drame va rebondir mettant en gert et un plus jeune auditoire, cause la responsabilité des protagonistes. Ensuite sur un mode infiniment plus léger, Les pires meilleures amies de Sophie Laroche L’héroïne apprend que l’appartement au-dessus de chez elle se libère. Et ce sera l’occasion pour elle de se faire une nouvelle copine. Qui ne fait pas pourtant l’unanimité auprès des siennes. Ah, la belle affaire. Comment concilier tout le monde ?

100% rose voici le titre du roman d’Elizabeth Colette Labbé.. Qui met à l’avant-plan une jeune fille adorable, Rose, qui se trouve dans un nouvel environnement scolaire, la cinquième de secondaire, avec de nouveaux amis. Et là comme on fait à un âge pareil, on évalue le degré d’amitié, parfois avec partialité, sévérité ou sous l’influence des autres. Ce qu’elle cherche avant tout, c’est de demeurer elle-même.

 

 


 


Le plaisir écrit de façon de maître

Ce n’est pas la première fois que nous louangeons Martin Laliberté qui oppose un sérieux démenti à ceux qui prétendent qu’en matière de littérature érotique tout a été dit. Peut-être sur la nature des actes certes, on ne peut pas en inventer d’autres, mais sur la manière de les décrire, le filon est inépuisable, comme ce maître es lettres en érotomanie nous en fait la démonstration éclatante avec ces Bouchées de plaisir. Voyez ce que d’emblée le narrateur va faire avec Maggie. Jouissif est en deçà de la vérité.

Bouchées de plaisir. Martin Laliberté. Québec-Livres 222p.   
www.quebec-livres.com

 

 


 


Le Village gai vu de l’intérieur

Si vous êtes hétéro et peu familier avec la vie homosexuelle, vous serez amené à croire que tous les gais se trouvent dans le Village. Hélas non, au même titre que tous les chinois de Montréal ne vivent pas dans le quartier chinois. Toutes les communautés citoyennes comptent environ 10% de leur population issu de la communauté LGBT. Mais pour ce qui est du Village, c’est tout un folklore que nous décrit avec brio Denis-Martin Chabot que l’on connaît bien à titre de reporter au service de l’information de Radio-Canada. Ouvertement gai, il est aussi un écrivain qui a récolté déjà son lot de récompenses littéraires. Il nous arrive avec Sainte-Catherine Est métro Beaudry, l’épicentre du Village dont il décrit les mœurs d’avant et pendant le SIDA. A l’époque de l’insouciance on baisait comme des lapins sans imaginer que la mort pouvait attendre au tournant. Les gais ont toujours eu une vie sexuelle active que leur jalouse les hétéros qui se vengent souvent par des manifestations d’homophobie. Le romancier excelle à traduire ce qui se passait alors dans la tête des gars lorsqu’ils partouzaient sans vergogne. La facture de tant de plaisirs a été très lourde.

Sainte-Catherine Est métro Beaudry. Denis-Martin Chabot. Éditions La Semaine 346p.    

 

 




 


2016 la chicane entre Jupiter et Neptune

Ginette Blais publie son Horoscope 2016. Elle nous dit d’entrée de jeu que Jupiter sera en opposition avec Neptune. Qu’est-ce que ça va changer dans votre quotidien ? Comme toujours elle y va de prédictions annuelles comme pour chaque mois. On ne vous en dévoile pas plus pour ne pas gâcher votre curiosité. Elle revient en arrière pour répertorier les prédictions de l’année en cours qui se sont produites. En même temps qu’elle se projette dans le futur pour ce qui sera de la marche du monde. C’est le fruit d’un travail laborieux qui fait que parmi les horoscopes qui pullulent en librairie, celle-ci fait autorité depuis longtemps, crédibilité oblige.
Par ailleurs, c’est le tandem Jacqueline et Alexandre Aubry qui, fidèles à leur lecteurs, se pointent avec leurs prévisions. Dans leur cas, ce qui est bien, contrairement à cette année 2015 à oublier très vite, c’est qu’ils entrevoient un 2016 avec des lendemains qui chantent. Où l’économie enfin va retrouver un second souffle après les turbulences que l’on connaît. La corruption sera mieux circonscrite. Disons que ça fait plaisir à entendre. Et cette embellie rejaillira comme de raison sur les particuliers.

Horoscope 2016. Ginette Blais. Éditions La Semaine 469p.   
Horoscope 2016 Jacqueline et Alexandre Aubry. Québec-Livres 392p.

 

 


 


Une variation sur la difficulté de la monogamie

Au moment éclate le scandale des adultères révélés du site Ashley Madison qui révèle que pour la seule ville de Toronto, un citoyen sur dix a sauté la clôture pour aller voir ailleurs, paraît un petit opuscule Éloi et la mer qui met à l’avant-plan un homme, Éloi, et sa dame qui vient d’accoucher d’un garçon. Mais si la progéniture enchante au superlatif le géniteur, sa compagne devient du coup une sorte d’hyper mère que le mari va négliger au plan sentimental. Quand le fiston volera de ses propres ailes, la femme confrontée désormais à elle-même s’ennuiera à mourir. D’où la tentation du grand frisson qu’elle éprouvera auprès d’Antoine. Dur, dur la monogamie. Karine Geoffrion qui signe ce petit bijou, son premier roman en fait, a tout mis là dedans en quelques lignes. Du condensé, pur jus qui décrit bien la difficulté d’être. Distributeurs de prix littéraires vous êtes priés de regarder de ce côté ci.

Éloi et la mer. Karine Geoffrion. Les éditions Sémaphore 103p.   www.editionssemaphore.qc.ca

 

 


 


L’Entretemps nous arrive avec trois scénogrammes

Directeurs artistiques de salles de théâtre en panne de programmation originale, vous avez tout intérêt à feuillet les trois « scénogrammes » lancés aux éditions de l’Entretemps. Trois petites plaquettes qui ont en commun d’être très déjantées. Signé Tartar(e), Antoinette et le poilu pourrait être un monologue puisqu’il met en scène, excusez le jeu de mots facile, le personnage de Tartare, initié au pilotage par un mentor qui a fait…la guerre de 14. Et ce texte soliloque sur l’aviation, chargé de métaphores, est bourré d’humour. L’autre, Retour de Cyril Lévi-Provençal et Sylvie Clidière est inspiré par l’Odyssée d’Homère. Imaginez si Ulysse revenait parmi nous piloter par Athéna métamorphosée en vacancière très relaxe merci. Ulysse déclame à qui veut l’entendre. Surréaliste comme tout. Enfin, Blockhaus d’Alexandre Koutchevsky est un devoir de mémoire pour rappeler ce qu’on été ces structures de défense en béton, prises d’assaut comme on sait par les forces Alliées lors du Débarquement de Normandie où les nôtres, les canadiens, se sont particulièrement distingués. Dans cette pièce de théâtre on use de variations symboliques sur ces blockhaus qui, apprend-on se désagrège au fil du temps et où les témoins de leur érection disparaissent eux aussi. D’où la nécessité de raviver le souvenir.

 

 






 


Le coin Miam miam

De beaux titres viennent garnir la bibliothèque culinaire. Les mamans débordées qui ne savent plus quoi servir à leurs bouts d’choux le midi, vont trouver en Émilie Bilodeau une sorte de bienfaitrice de l’humanité. En effet, elle a pondu Midi saveurs lunchs et petits plats aux éditions La Presse. D’infinies trouvailles pour sortir de la routine et inciter les jeunes têtes à prendre de bonnes habitudes alimentaires. Ainsi on trouvera une succulente salade d’herbes aux graines de pavot, aussi des roues de tracteur aux légumes qui amusera aussi par sa présentation ludique. Fini les midis tristes.

Même si la belle saison, pas si belle que ça au fond, tire à sa fin, il restera encore suffisamment de belles journées pour s’octroyer quelques fantaisies glacées. On peut les acheter comme les fabriquer soi-même si on se fie aux guides en la matière Cesar et Nadia Roden avec Friandises glacées chez Broquet. Oubliez le « popsicle » classique. Imagination aidant vous concevrez, tenez-vous bien, une sucette aux pêches et à l’estragon. C’est quasi de la gastronomie dans son genre. Ceux qui aiment un peu plus de piquant en bouche, ne dédaigneront pas cette autre sucette à la noix de coco et lime. Et ce ne sont pas les plus sophistiquées. Du même éditeur, nous nous trouvons devant une véritable encyclopédie de la salade, grâce au savoir-faire d’Elena Balashova. Rien que de regarder la belle salade qui orne la couverture de Salades donne l’eau à la bouche. Ça va d’une recette aussi simple que des betteraves rôties avec vinaigre balsamique à la salade de pâtes, légumes marinés et roquette. En tout 140 recettes toutes plus bonnes les unes que les autres.

 Chez Edito, un rappel que c’est La saison des conserves qui est à nos portes. Un album coécrit par la chanteuse Claudette Dion issue d’un clan qui a toujours aimé la boustifaille et où il fallait économiser pour nourrir toute cette marmaille des Dion et Andrea Jourdan qu’on a connu aux éditions de l’Homme avec sa collection « Complètement ». C’est un répertoire de 100 recettes faites avec les produits du marché. Le feuilleter c’est être saisi par le ventre avec de la confiture de poires au romarin, des pêches au miel et porto blanc, ou dans un autre registre des betteraves et petits oignons à l’aneth. Que de bonnes choses qui aident au budget.
Les trois titres qui suivent sont édités chez Mango. A commencer par Yakitori, teppanyaki de Laure Kié le livre de référence pour ce qui touche aux grillades et plancha japonaises. Si on les savoure au restaurant avec souvent une ardoise salée, pourquoi ne pas les faire soi-même et gâter vos convives qui vous remercieront les yeux englués de gratitude. Qui reculera devant un poulet au sésame noir, une mini brochette d’asperge et lard ou bien cet assortiment de petits poissons laqués ? De l’originalité en veux-tu en voilà. Et simple à réaliser dans l’intimité de sa cuisine. Pour leur part, Valéry Drouet et Pierre-Louis Viel débarquent avec Boulettes (et brochettes à partager). Ce sont autant de variations sur le thème de la boulette nourrissante telle celle suggérée à l’agneau au curry rouge, coriandre et coco, belle harmonie des cuisines occidentale et indienne. Une belle curiosité ici avec ces boulettes de brandade au coulis de tomates pimentés.. Et vous ne serez pas au bout de vos surprises. Il sera désormais interdit de dire « je ne savais pas quoi faire pour vous recevoir ».  Attention, le titre est trompeur. Le tour du monde des apéros peut donner à entendre qu’il s’agit d’un ouvrage sur les boissons favorites des 5 à 7 ou précédant les repas. Non, Camille Sourbier fait référence à tout ce qui fait a trait aux grignotines, en-cas ou entrées Et elle en a ressassé des dizaines qui vont de la salade de poulpe, aux pastillas d’Essaouira, en passant par les gyozas qui sont l’équivalent des raviolis aux Japon. En parcourant ces pages on se rend compte qu’on est allé fouiner vraiment un peu partout sur la planète pour colliger ce qui se fait de plus alléchant. Belle réussite qui devrait inspirer des restaurateurs de chez nous.

Aux éditions La Semaine, c’est le bonheur avec le tome 2 de Famille futée aux éditions La Semaine en compagnie de nos deux animatrices télé la nutritionniste Geneviève O’Gleman et Alexandra Diaz. Si on vient à poursuivre l’aventure à l’édition c’est que le premier tome a cartonné chez les libraires avec 100 mille exemplaires qui se sont envolés. Dans le monde de l’édition c’est énorme. D’abord on a pensé à ceux qui ont des ressources financières précaires. De sorte que les portions ne dépassent pas cinq dollars. Vous avez des classiques comme les cigares au chou et des lasagnes, tout comme on côtoie des plats au coin de la fantaisie tel le bœuf effiloché à la Guinness qui ne déparerait pas les tables branchées du quartier Griffintown. Tous les basiques de la cuisine familiale s’y trouvent. C’est un album à conserver précieusement en cuisine qui vous dépannera au superlatif. Ce sont toutes les recettes des saisons 2 et 3.

Chez Québec-Livres Recettes de gourmets pour maigrir du renommé Dr. Jean-Marie Marineau qui a des cliniques d’amaigrissements bien connues. Ce n’est pas un régime de style calendrier qui est ici proposé plutôt qu’un assemblage de plats santé qui vont de l’aubergine à la méridionale à la goulash à la russe, en passant par le bœuf à la ficelle et les haricots verts persillés. Comme quoi nous ne sommes pas ici en mode privation. Maigrir pour ce médecin ne signifie pas de souffrir.

 

 


 


L’ABC du dessin et de la peinture

Deux albums paraissent chez Parramon qui se veulent didactiques pour qui désire s’initier tantôt au dessin, tantôt à la peinture. Le premier Dessin d’après modèles Le nu. On part d’une photo d’un modèle photographié en tenue d’Adam ou d’Ève, c’est selon. Et à partir du cliché, comment on parvient à traduire le tout sous forme de dessin. Ce sont de belles études de perspectives. Et cet ouvrage a le grand mérite de vous épargner le coût d’une séance d’un modèle en studio. L’autre c’est le Guide complet de l’Artiste qui s’il aborde à son tour le dessin, se consacre plutôt aux mélanges et à l’application des couleurs, avec toutes les techniques qui s’y rattachent. C’est vraiment d’une simplicité confondante. Futurs Gauguin à vos pinceaux.

 

 


 


Le coin de la couture et du design

Quand on feuillette Je crée ma robe de mariée ou de cérémonie qui est édité chez Créa Passions on est frappé à quel point les mariées se contentent de robes tellement traditionnelles. Grâce à Virginie Jossome on entre dans une nouvelle phase de réinterprétation de la robe nuptiale. Et que d’imagination chez cette styliste qui a fait ses classes à l’institut Esmod à Paris. Depuis 2003 elle s’est spécialisée dans la robe de mariée. Elle a rassemblé ici 20 modèles avec patrons très grand format en taille réelle. Ce sont des bases sur lesquelles vous pouvez ajouter votre grain de fantaisie. Ce n’est pas interdit.

Chez Fleurus, Emilie Ramon nous ouvre les portes du monde du tissage de perles. 500 tissages de perles vous montre tout un panorama de perles servies dans toutes les déclinaisons possibles. Elle se sert ici de perles Miyuki que nous avons tous connu un jour ou l’autre, surtout pour ceux et celles qui ont déjà eu à créer des colliers ou bracelets en toute simplicité. Ça éclate de couleurs et vous pouvez les assortir à toutes sortes d’occasions.

Virginie Desmnoulins est sûre de son fait. En effet elle nous dit que tous ceux qui se donneront la peine de suivre ses instructions dans 20 sacs & pochettes fantaisie réussiront à tout coup. Elles sont rigolotes ses créations. Des étuis qui peuvent servir à mille usages. Que l’on pense entre autres à l’étui pour téléphone cellulaire. Ce peut-être des fourre-tout pour vos enfants et quoi encore. C’est aux éditions Mango. Un beau cadeau à offrir à une personne en mal de créativité.  

 

 


 


Craquante Julie


En littérature jeunesse, Québec Amérique fait un véritable cadeau aux jeunes têtes avec Julie et les légendes de Martine Latulippe sur des illustrations de Jean-Luc Trudel. Qui rassemble en fait les dix tomes de la série des Julie. L’auteure se réapproprie les contes et légendes d’ici, comme l’affreux Bonhomme Sept Heures en y ajoutant une touche bien personnelle. Et heureuse idée de l’éditeur, d’avoir choisi une typographie avec de gros caractères qui facilite la lecture, tant chez les enfants que les grands-parents à qui leur viendrait l’idée de lire quelques pages à leurs petits-enfants au moment du dodo. Et ne vous inquiétez pas pour l’air apeurée de Julie sur la couverture, elle s’en sort très bien.

Julie et les légendes. Martine Latulippe, illustrations Jean-Luc Trudel. Québec-Amérique 380p.   quebec-amerique.com

 

 


 


A lire absolument


De mémoire, il est très rare qu’on ait coiffé ainsi la recension d’un livre. Mais le « A lire absolument »  est le mieux qui puisse convenir pour décrire l’emballement qui est le nôtre après avoir parcouru les pages de Maxime Olivier Moutier. L’éditeur élève lui-même l’auteur à un tel rang, qu’en jaquette de couverture du Journal d’un étudiant en histoire de l’art il se contente d’inscrire Moutier tout court. Comme si son patronyme faisait presque figure de marque déposée. En tout cas il fait ici sa marque ce lucide incroyable dont le cerveau ne cesse de se confronter à d’interminables joutes intérieures de questionnements métaphysiques. Voici un extrait qui donne le ton de cette clairvoyance hors norme «  Je pense au culte du progrès et au fait que le monde entier s’en accommode et que personne ne lui résiste. Je pense au fait qu’il fait l’affaire de tous. Même si tout cela nous rend malades. ». C’est un adulte qui a toujours été attiré par l’histoire de l’art et qui va s’inscrire à l’université dans le domaine. Que de belles réflexions. Souvent on pose le livre, et on s’arrête pour méditer sur ce qu’il nous balance. Génial.

Journal d’un étudiant en histoire de l’art. Maxime Olivier Moutier. Marchand de feuilles 458p.    www.marchanddefeuilles.com

 

 


 


De l’importance de l’abeille

Pas d’abeilles et une grande partie de notre écosystème alimentaire vient de foutre le camp mettant en péril la survie de l’humanité. D’où le rôle crucial de cet insecte pollinisateur. Pour achever de s’en convaincre, lisez L’Homme et l’abeille de Benoît Laflèche qui est un précis d’apiculture. En introduction, l’auteur raconte comment l’abeille en a ras le pompon des interventions de l’homme, comme lorsque pour la pollinisation d’amandiers en Californie, on a effectué une transhumance de dizaines de milliers de ruches. Avec pour résultat que, n’appréciant pas le procédé, la reine en cours de route, à sacrer le camp avec toute sa colonie. Plus une abeille à l’horizon. C’est une des choses que vous apprendrez sur ces indispensables créatures.

L’homme et l’abeille. Benoît Laflèche. Yves Michel 156p.   www.yvesmichel.org

 

 


 


Tout connaître ou presque sur Omar Sy
dans son rôle de serviteur dans la désopilante comédie Intouchables où il se transforme en coach positif de son maître paraplégique. Il figure au haut de la liste des acteurs qui ont la cote d’amour auprès des français. Depuis ce méga succès au box-office, sa carrière n’a jamais ralentie. Mais qui est-il ? D’où vient-il ? Pour le savoir, sort une monographie de Marie-France Bourgeois. A côté du volet biographique, vous avez des extraits d’entrevues qu’il a faites un peu partout. On retiendra qu’il ne veut à tout prix être le noir de service. Un bon gars dans tous les sens de l’expression.

Omar Sy. Les secrets de l’acteur préféré des français. Collection Privée 199p.    

 

 


 


Pas de chimique dans les cheveux

Beaucoup de gens disent non aux colorants capillaires car ils endommagent les cheveux et il y a toujours ces sacrés repousses. Bénédicte Boisdron et Véronique Montel proposent une heureuse alternative qui est La coloration végétale. C’est un guide qui permet de teindre ses cheveux au naturel. On peut dire que l’ouvrage se divise en deux parties, comment colorer le cheveu et ensuite de quelle façon choisir sa couleur. C’est expliqué de façon claire. Et ainsi vous contribuez à préserver la planète du recours à des produits polluants

La coloration végétale. Bénédicte Boisdron et Véronique Montel. Vigot 123p.   www.vigot.fr

 

 


 


Un business de monuments aux morts

Quelle bonne idée des éditions de la rue de Sèvres, d’adapter sous la forme d’une BD le roman, Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre qui a remporté le Goncourt alors publié chez Albin Michel. C’est le romancier qui fait la scénarisation, on n’est jamais mieux servi que par soi-même, tandis que Christian de Metter met le tout en dessin. Une histoire déjantée de deux rescapés de la Grande Guerre qui ont eu l’idée financièrement juteuse, de créer des monuments aux morts dans les communes de France. C’était une tendance à partir de 1920. On peut imaginer à quelles histoires rocambolesques les deux potes ont été confrontés dans leur entreprise singulière. Au final une BD de grande classe.

Au revoir là-haut. Pierre Lemaitre, dessins Christian de Mettre. Rude de Sèvres 168p.      www.editions-reudesevres.fr


 


 


Médias, le divertissement l’emporte sur la culture

Les nouvelles « pipoles » intéressent infiniment plus les directeurs des sections spectacles des médias que les arts nobles. Quoi de plus intéressant à offrir aux regards que la croupe dénudée de Kim Kardashian plutôt qu’une rencontre avec un peintre détaillant sa démarche. Cette aliénation, c’est un prix Nobel qui la dénonce avec les mots justes, Mario Vargas Llosa dans La civilisation du spectacle qui est un sacré réquisitoire contre la superficialité de notre époque.  Il voit les paillettes comme une nouvelle servitude au lieu de nous rendre libres par la pensée.

La civilisation du spectacle. Mario Vargas Llosa. Gallimard 227p.

 

 


 


Millénium et l’intelligence artificielle

David Lagercrantz a très bien repris le flambeau de Stieg Larsson dans la poursuite de la saga Millénium rendu au tome 4. « Ce qui ne me tue pas » nous replonge au sein de la revue Millenium. L’auteur actuel conserve les mêmes personnages qui ont fait la fortune de cette série de best-sellers suédois, dont Mikael Blomkvist, ce journaliste accusé faussement d’être devenu dépassé. Et voilà que lui arrive un scoop a point nommé, impliquant les services secrets américain. Dans cette histoire chargé de rebondissements il fera la rencontre d’une hackeuse d’importance. C’est ici toute la question de l’intelligence artificielle qui est en cause. Ce travail romanesque sur le numérique et ses usages a dû le passionner, car on annonce déjà que pour 2016 Lagercrantz publiera une enquête romancée sur les circonstances exactes de la mort d’Alkan Turing, officiellement suicidé, celui-là même qui découvrit les codes Enigman des allemands durant la Seconde guerre mondiale, réputés inviolables et qui devint le père des ordinateurs. Son homosexualité devait causer sa perte. En attendant on a ce fichu de bon roman qui se dévore.

Millénium 4 David Lagercrants. Ce qui ne me tue pas. Actes Sud 482p.   www.actes-sud.fr

 

 


 


Une musicienne de rue et son mal à l’âme

Ne vous étonnez pas de voir une tête d’homme comme auteur en quatrième de couverture de Carapace de Marie Auger c’est le pseudonyme que s’est donné Mario Girard pour identification en littérature. Cette fois, il portraiture Alice, une musicienne de rue qui vit d’expédients, avec pour fidèle compagnon chat Maurice. Du genre comme on en voit de plus en plus dans nos rues de Montréal, faisant la manche et grattant d’un instrument. Ici c’est une guitare trouvée dans une poubelle. Toujours sur cette quatrième de couverture, une phrase qui situe bien le comportement de la protagoniste « Alice se replie sur elle-même, loin à l’intérieur parce qu’il fait trop mauvais dehors ». Vous dire que ce roman est excellent est un euphémisme. C’est aussi une radiographie de notre époque.

Carapace. Marie Auger. Lévesque éditeur 115p.    www.levesqueediteur.com

 

 


 


Deux essais signifiants au Presses de l’université d’Ottawa

La rentrée s’annonce plutôt bien aux Presses de l’université d’Ottawa avec deux essais, Jouer la traduction de Nicole Nolette et Des outils pour le changement en collectif sous la direction de Henry Veitmayer et la participation de Nasser Ary Tanimoune. Le premier ouvrage de cette chercheuse postdoctorale associée à l’Université Harvard, qui fait le constat de la traduction offerte dans le cadre du théâtre francophone hors Québec, ce qu’elle nomme « l’hétérolinguisme ». Et pour appuyer son propos, elle offre moult exemples. Un travail d’une grande rigueur intellectuelle qui explore un champ méconnu de la traduction.
Le second ouvrage n’aure pas des lendemains qui chantent en ce qui concerne le développement des peuples. La crise mondiale que nous vivons présentement fait figure d’apogée en regard des politiques de développement antérieures qui ont causé plus de problèmes que de véritables appuis. Lors de sa sortie dans l’édition originale en langue anglaise, le livre a reçu des salutations unanimes. La conclusion est sans appel, c’est le temps de passer à des actions réellement véritables et durables.

 

 


 


Biographie de référence de Jacques Parizeau en format de poche


Nonobstant toutes considérations politiques, il est un fait certain que Jacques Parizeau a été un bâtisseur du Québec. Et le mot n’est pas galvaudé, quand on pense qu’il est le créateur de la Caisse de Dépôt et Placement du Québec, un système alors unique au monde qui allait assurer une rente à tous les travailleurs du Québec, et la privatisation d’Hydro-Québec. Il a été un indépendantiste pur et dur, qui ne voulait aucun compromis du style du beau risque de René Lévesque avec le fédéral. C’est d’ailleurs la raison de son départ du Parti Québécois. Et il a très mal encaissé la défaite au référendum de 1995 par si peu de voix et comment fut si mal accueillie sa phrase sur l’argent et les votes ethniques pour expliquer la déconfiture lors de ce scrutin. La collection Nomades des éditions Québec-Amérique a eu l’idée opportune de rééditer cette fois en format de poche, la biographie de référence de Pierre Duchesne, ancien journaliste de Radio-Canada, ancien ministre du gouvernement du Parti Québécois sous Pauline Marois, et maintenant chef de cabinet du chef de l’Opposition officielle à l’Assemblée Nationale du Québec, Pierre-Karl Péladeau. En trois tomes, il raconte avec maestria et la collaboration de son sujet qui lui a laissé le champ libre, un parcours de vie hors du commun. Un grand bourgeois, surnommé Monsieur, qui rêvait de voir un Québec libre de ses moyens.

 

 


 


Quand Cupidon frappe à l’école secondaire


Dans la catégorie littérature jeunesse, un sujet majeur pour toute jeune adolescente, l’amour pour un garçon. Cupidon décoche des flèches mais ce n’est pas toujours dans la bonne direction. Comme lorsque Mia est atteinte alors que débarque un beau jeune homme prénommé Maxime. Son cercle d’amis ne partage pas cet engouement, mais rien n’y fait elle l’aime. Et pourtant, le jouvenceau cache un lourd secret. On ne vous en dit pas plus.

Les aveux. Martine Latulippe. Québec Amérique coll. Titan 138p.   www.quebec-amerique.com


 


 


Le coin de la poésie


Au Noroît, deux opus, l’un en vers, l’autre en prose nous arrivent. Le premier, d’une pointure de notre littérature Nicole Brossard avec son recueil Temps qui installe les miroirs. Il est dit dans son cas, que chaque mot est un centre de tension. Il est fait effectivement ici une économie de mots, mais des mots employés qui pèsent. Extrait « Une seule phrase et nous pouvions tomber plusieurs fois en-dessous des mots ». Et de Pierre Nepveu prosateur avec La dureté des matières et de l’eau. Auteur d’une anthologie de la poése québécoise et biographe de Gaston Miron,. Son credo, donner un sens à ce qui fuit. En effet, beau programme existentiel. Extrait « Je sui revenu ici tant de fois, parce que le monde avait failli, ou c’était ma présence qui vacillait et qui pour une journée entière, empilée sur la haute colonne de la vie, ne suffirait pas à établir ce qui est. »


 


 


La mère d’une fillette assassinée témoigne

Il est dit que la mort d’un enfant compte parmi les douleurs les plus effroyables. Imaginez lorsque votre enfant est assassinée ? Donna Sénécal nous raconte tout ce qui peut se passer dans le cœur d’une mère quand on vous apprend que votre fille a été sauvagement tuée. Elle est la mère de la petite Joleil qui a trouvé une mort ignoble, âgée d’aussi peu que neuf ans, aux mains d’Éric Daudelin. C’était en juin 1995. On mettra le grappin sur l’affreux criminel seize ans plus tard. Ce fut un deuil particulièrement difficile pour la maman. Et même durant l’enquête elle n’a pas été épargnée car elle a dû se soumettre…au détecteur de mensonge! En effet, la police avait vu un lien entre elle et la mort de sa fille. Comment se sort-on de pareille épreuve ? C’est toute la valeur de ce témoignage bouleversant entre tous.

Joleil. 9 ans pour toujours. Donna Sénécal. Éditions La Semaine 286p.   www.editions-lasemaine.com

 

 


 


Le roman puissant de Banane rebelle

Si on évoque devant des jeunes le nom de Gabriel Marcoux Chabot ça ne leur dira peut-être pas grand-chose. Mais si on vous dit Banane rebelle, c’est toute une autre affaire. Lors du fameux printemps érable il s’était déguisé en banane, défiant la police et luttant contre la hausse des frais de scolarité. Il était pour Québec, ce qu’a été l’Anarchopanda à Montréal. Étudiant au doctorat en études littéraires, c’est à un écrivain sérieux que nous avons affaire, doté d’une solide culture, surtout de celles de nos bâtisseurs. Et c’est dans notre patrimoine qu’il a puisé la ressource nécessaire à la rédaction de Tas-d’roches. Nous sommes dans la contrée de Bellechasse. Comment décrire ce personnage plus grand que nature qui donne son nom au roman. Ce n’est pas tant les exploits du bonhomme qui frappe que les outils narratifs du romancier qui frappent. Le recours à l’ancien français, le joual, l’innu et le chiac, on a utilisé une typographie originale pour chaque parler. C’est une grande fresque rurale qui serait intéressante au cinéma. Vous pénétrez ici dans un univers littéraire rarement vu. Rabelaisien comme c’est pas permis.

Tas-d’roches. Gabriel Marcoux Chabot. Druide 510p.   www.druide.com

 

 


 


Le fils de Bossuet traqué

André Carrier ne pouvait avoir thème de roman plus original avec son Xavier-Nicolas, le protagoniste du roman Honore.com qui de procureur va muer en écrivain…d’éloges funèbres. Tel un Bossuet mettant sa plume au service des familles endeuillées. C’est la police qui pour sa protection l’a obligé à changer même d’identité, lui qui s’appelle désormais Honoré. Et comme mentionné, une nouvelle occupation professionnelle. Les policiers cherchent toujours à élucider le crime lié aux sombres pratiques de l’industrie pharmaceutique, à l’origine des transformations du personnage central. Les phrases sont bien ciselées avec un sujet, un verbe et son complément à la bonne place. Le problème c’est que c’est trop court. On ne peut trouve plus beau compliment.

Honore.com André Carrier. Lévesque éditeur 139p.    www.levesqueediteur.com


 


 


Sur la fondation de l’Association internationale des travailleurs

En réaction aux pouvoirs monarchiques et dans le but de redonner la dignité au travailleur on vit la création en 1864 de l’Association internationale des travailleurs (AIT) qui fit des petits dans le monde entier. Un colloque sur la fondation de cette institution forte de 150 ans d’existence, a rendu compte des premiers balbutiements et le développement qui s’ensuivit. Sous la direction de Thierry Drapeau et Pierre Beaudet on rassemble les actes du colloque. Et on verra que les préoccupations du XIXème sont d’une terrible et triste actualité alors que la mondialisation voit régner en maître le capitalisme sauvage qui ne carbure qu’à la rentabilité à tout prix au mépris des ressources humaines.

L’Internationale sera le genre humain! Collectif. M éditeur 262p.   www.editionsm.info

 

 





 


Le coin santé physique et psychique (1)

Les neuf ouvrages qui suivent sont édités chez Québec-Livres qui nous arrivent avec une grande cuvée de la rentrée sous le signe de la diversité. Rosemary Gray par exemple, nous dit du Ginkgo biloba cette plante qui comme l’aloès ont des propriétés curatives reconnues par nombre de civilisations depuis la nuit des temps. Non seulement répertorie t’on ses vastes propriétés, mais on vous dit comment préparer son propre ginkgo biloba maison. Et pour la personnes qui redoutent le vieillissement, cette plante merveilleuse agit à titre préventif sur nombre de maladies potentielles. L’adolescence, on ne le dira jamais assez, est un passage chargé de turbulences, qui provoque nombre de conflits avec l’autorité parentale. Et on ne parle pas seulement des transformations physiques et hormonales. Et ce n’est pas à prendre à la légère. Aux parents dépassés, Louis Gosselin a écrit Aider votre adolescent à grandir. Quelques pages à parcourir qui situent la problématique et des pistes de solution.

Comment développer le pouvoir caché qui sommeille en vous, tel est le propos de Thomas Vézina dans Convaincre et communiquer grâce à l’hypnose. Oubliez les numéros du grand Messmer, ici on ne fait pas que s’attarder sur l’aspect sensationnel de ceux qui sont sous la coupe de l’hypnotiseur. On sait que maintenant, même des dentistes procèdent sous ce mode pour des clients qui peinent à se calmer dans leur fauteuil. Mais comme nous l’apprend l’auteur, l’hypnose permet de faire remonter à la surface des ambitions ou des talents enfouis. A l’ère des médias sociaux qui valorisent le « je » à outrance avec un déficit der l’altérité tel que l’autre n’existe même pas, les notions élémentaires de civisme ont presque complètement disparus des rapports humains. L’incivilité est la norme. Sylvie-Anne Châtelet nous rappelle que l’homme n’est pas une île et que nous vivons encore en société. Elle nous invite à revoir les principes qui doivent guider notre rapport aux autres avec Le guide des bonnes manières. C’est en somme un véritable code d’éthique pour tous.

La gestion du temps est en panne sèche dans bien des entreprises au point où il n’est pas rare d’entendre sur une boîte vocale d’un(e) employé(e) un message nous prévenant que la personne sera de retour de vacances à telle date alors qu’elle est de retour dix jours plus tard. Et comme excuse on prétextera de trop de choses à faire avec le mot sésame « désolé » qui est en passe de devenir la nouvelle devise au Québec. C’est pourquoi le réputé coach Louis-Georges Désaulniers a rédigé des tests d’évaluation sous le titre Gérer son temps pour gérer sa vie. Vous verrez où vous en êtes à ce chapitre.

Le naturopathe Mario Chaput a signé déjà des livres remarqués sur le sommeil et les céphalées. Le voici cette fois avec Les solutions naturelles à la fibromyalgie et au syndrome de fatigue chronique. La fibromyalgie qui a mis tant de temps à se faire reconnaître comme pathologie par le corps médical. Dans chaque chapitre il nous dit en quoi notre système corporel influe au point de conduire à des dérèglements. Ne serait-ce que la rate qui joue un grand rôle dans le système immunitaire et dont le rôle est bien détaillé dans un chapitre éclairant. Jean Casault veut apporte une contribution négligeable au questionnement de l’être humain sur le sens de son passage terrestre et ce qui advient dans l’Au-delà, ufologue et métaphysicien il signe L’ère nouvelle qui est un véritable traité sur tout ce qui nous taraude. Et sa réflexion consignée dans ces pages est le fruit d’un long labeur intellectuel. Détient-il la vérité ? Difficile à dire, mais il faut convenir que bien des passages nous interpellent.

Du côté des cas vécus qui plaisent à un large lectorat, vous avez les tribulations d’un roumain Virgil Serban qui va fuir les mirages du communisme pour venir s’installer à Montréal. Un migrant tiens, au moment où la migration des populations fait problème en Europe, le plus grand déplacement de gens depuis la Seconde guerre mondiale. L’auteur décrit sa Roumanie natale en déconfiture et l’adaptation qu’il a dû faire dans sa terre d’adoption. En même temps c’est sa profession de Foi en Dieu qui l’a sauvé de bien des désarrois.

Le courage d’aimer et d’abord de s’aimer soi-même. C’est le projet conjoint de Bernard Montaud et Christophe Roux-Dufort qui cosignent La première paix mondiale. Le premier a été remué par une rencontre qui déterminera le reste de sa conscientisation. Le second enseigne la gestion de crise à l’Université Laval. Ils ont beaucoup dialogué sur le sort du monde et en sont venus à la conclusion qu’il faut se programmer en mode d’amour pour les autres. Caresser au lieu d’égratigner. C’est rien de moins qu’un défi connaissant la nature humaine, mais le seul moyen de ne pas courir encore une fois vers la destruction.


 




 


Le coin santé physique et psychique (2)


Les quatre livres qui suivent sont publiés chez AdA. On savait que les cristaux influent sur la psyché et du coup on sait que notre corps est sillonné de chakras, ces zones énergétiques. Grâce à Margaret Ann Lembo on connaît mieux les interactions entre les cristaux et les chakras. Le seul regard d’un cristal peut faire rayonner notre intérieur. C’est toute la question curative qui est en cause. Fascinant. Et qui relève aussi de l’ordre de la chromothérapie. Ailleurs c’est Steve Dupuis à qui l’on doit « La Bible des rêves » qui fait autorité qui poursuit avec L’expérience de vie d’un enfant indigo ou comment vivre avec ses facultés psychiques. L’auteur veut nous faire découvrir les personnes du genre hypersensibles qui présentent des dons exceptionnels pour percevoir les autres. Et qui de par leur nature se trouvent isolés et qui en souffrent parfois. Il part de ses souvenirs d’enfance pour en arriver à décrire les caractéristiques de ces personnes d’une classe à part.

Chad Mercree nous invite à connecter notre cœur pour être en meilleure communication avec les autres. Ici la médiumnité dont on parle n’est pas limité au contact avec les esprits de l’Au-delà, mais bien une proposition d’ouverture vers les autres. D’autre part, il est question aussi des rêves, de la relation avec les guides spirituels et comment intégrer l’intuition à ce que nous faisons. L’ouvrage a pou titre Au cœur du médium. Il est dit que l’humain ne fait appel qu’à 10% de ses propriétés psychiques. C’est pourquoi, ceux qui « entretiennent » leur cerveau sont souvent les dépositaires de dons comme les prémonitions. Dont nous parle Jeanne Van Broinkhorst. Prémonitions au quotidien est divisé en trois parties. Une prémonition peut-être quelque chose de troublant. Mis au fait de la situation, comment doit-on réagir ? L’essayiste nous apprend à les intégrer à notre quotidien.

 

 





 


Le coin santé physique et psychique (3)


Nous en connaissons un  de notre équipe de rédaction qui fait une fixation sur la reconnaissance, de savoir dire merci quand on offre un service. Eh bien il est comblé d’aise avec la parution de Pratique de la gratitude de Jean-François Thiriet qui considère que la gratitude est une étape dans l’art d’être déjà heureux. Réaliste tout de même il sait que bien des gens hésitent à remercier de peur de se sentir redevables. On voit que l’auteur a vraiment explorer tous les contours de cet aspect du rapport aux autres. Et ce fameux merci il nous dit de nous l’appliquer à nous-mêmes. Aux éditions du Souffle d’Or.

Aux Presses universitaires de Grenoble un essai en collectif Le deuil de ceux qui restent. Car la mort outre qu’elle est un tabou, demeure une source de traumatisme et les réponses ne sont pas faciles à trouver pour qui veut consoler. Le poète n’a-t-il pas dit que la mort à des douleurs à nulle autre pareille ? Les chercheurs ont planché sur tous les contours de cette épineuse problématique de comment survivre à la disparition des êtres chers. Les pistes de réflexion sont à l’aune des dernières données de la recherche en psychologie du deuil. A offrir sans réserve à quelqu’un qui traverse en ce moment une épreuve du genre. Pour cette rentrée des classes, une lecture opportune pour qui veut donner le goût d’apprendre à ses enfants. Le titre du livre Apprendre autrement avec la pédagogie positive chez Édito, coécrit par Audrey Akoun et Isabele Pailleau avec une préface de Florence Servan-Schreiber. Et la chose est cruciale à l’ère du numérique qui cause de graves problèmes de concentration. Signé par de spécialistes de la pédagogie, c’est d’en arriver à inculquer le goût de la connaissance de façon ludique. Et le savoir n’est pas qu’une affaire de salle de classe, c’est aussi à la maison que doivent se faire des apprentissages. Car la connaissance est le plus bel héritage à laisser à ses enfants. Car qui sait, n’a plus peur.

Deux titres chez Accarias, dans la collection l’Originel. De Marc-Alain Descamps « Yoga-nidra et rêve éveillé ».  Les mots Yoga-nidra signifient « sommeil yogi ». En clair c’est une méthode de méditation qui fait ressurgir des images de l’inconscient pour les amener au stade de l’Éveil. L’auteur regrette qu’on dénature cet enseignement qui tend à se scléroser. Il réitère que la pensée est un instrument puissant qui ne demande qu’à être développé. Quand un occidental rencontre un oriental et qu’ils échangent, le fruit des discussions peut mener à de belles réflexions. C’est ce qu’on trouve dans Plénitude de l’être de MM. Gnanananda et Henri Le Saux qui planchent sur la vie et l’enseignement du premier. Au passage M. Le Saux est bénédictin. Le maître indien a voulu que son enseignement transcende les religions. Comme d’autres sages du genre, il a certitude que c’est en nous-mêmes que se trouve notre rédemption.

Lorsque l’on est travailleur social et appelé à faire des interventions en milieu conflictuel, n’est pas sans danger pour soi-même. D’où que plusieurs d’entre eux souffrent de problèmes post-traumatiques. Danielle Maltais nous expose à quoi sont exposé les aidants dans son essai Situation de crise, de tragédie ou de sinistre aux Presses de l’Université Laval. Car la compassion poussée à sa limite peut causer des torts à son détenteur. Venir au secours des démunis oui, mais savoir aussi se protéger.


 




 


Le coin santé physique psychique (4)


Aux éditions Mosaïque-santé, le Dr. Jean Dupire veut que nous en finissions avec les angoisses, le stress, les attaques de panique, le malaise vagal et les crises de tétanie. Son livre Spasmophiles ? Libérez vos émotions! Car tous ces malaises décrits ci-avant ne sont en somme qu’un trop-plein de ce qui ne parvient pas à se traduire extérieurement, comme une sorte d’implosion de soi. Pour explique ces malaises, il use d’une jolie métaphore, c’est comme les vapeurs qui s’échappent de la cocotte-minute pour l’empêcher d’exploser. Aux éditions du Souffle d’Or Au cœur du chant de Fleur-Lise Monastesse. Auteure-compositrice-interprète, elle sait de par les ateliers qu’elle donne, que le chant est salutaire pour quiconque refoule des émotions. Ici on ne parle pas du chant dans l’optique de faire carrière, mais bien de faire remonter à la surface des sentiments qui n’ont pas trouvé à se faire entendre autrement. Et à la lecture des témoignages qui parsèment le livre on verra des exemples édifiants de transformation.

Dans un autre registre, un quatuor d’infirmières réunit leur expertise du poupon dans Examen clinique du nouveau-né aux éditions du CHU Sainte-Justine. Précisons tout de suite que c’est un gros bouquin touffu de précisions anatomiques sur le nouveau-né qui relèvent presque du cours de médecine. Sa lecture est exigeante. Mais c’est tout le mérite des auteures d’aller au cœur de la connaissance que nous avons de ces petits êtres qui viennent au monde. Et notons le soin qu’a mis l’éditeur pour ce qui est des illustrations didactiques. Dans son genre on peut vraiment avancer que c’est un livre qui fera référence.

 

 


 


Le coin santé physique et psychique (5)


Les deux titres qui suivent sont aux éditions du Dauphin Blanc. A commencer par Secrets d’éveil et de bonheur du médium Carolle Crispo qui dans son domaine s’est attirée une notoriété grandissante. Dans cet ouvrage elle a couché la transcription des messages que lui ont livrés les Archanges et les Maîtres Ascensionnés. Qui disent quoi au juste ? Qui recommandent surtout de cesser de se draper dans des mensonges et de livrer au grand jour ses aspirations, ce que nous sommes réellement et notre besoin d’amour. Lè se trouve la voie du bien-être intérieur. Dans un même esprit John P. Srelecky à qui on doit ce méga best-seller « Le Why Café » s’amène avec Les 5 grands rêves de Vie la suite. Tout commence par le décès de Thomas Derale mentor de Joe. Ce dernier se rend donc à Montréal en compagnie de la veuve du défunt, à la rencontre d’un homme d’affaires qui a pour nom Jacques Guénette, qui est un disciple des enseignements de John P. Strelecky. Et de cette rencontre en sol québécois jaillira des commentaires riches de sens sur la destinée humaine.

Et aux éditions La Semaine, la nutritionniste diététiste Judith Blucheau a écrit Alimentation, nutrition et grossesse qui ne peut mieux tomber au moment où on assiste à une sorte de baby-boom. Tout y est sur le sujet, de la préconception à l’allaitement. On apprend notamment que les femmes végétariennes lorsqu’elles sont enceintes, preuves que nous sommes foncièrement carnivores, présentement des déficiences de la vitamine B12.  


 


 


Le coin  santé physique et psychique (6)

Les trois titres qui suivent sont aux éditions Trédaniel. La mémétique ? Qu’est-ce ? C’est le mot qui désigne l’étude des aspects autoreproducteurs de la culture. Richard Brodie qui est un expert en la matière, n’est pas n’importe qui. Il est le créateur de Microsoft Word et assistant technique personnel de Bill Gates fondateur de Microsoft et l’homme le plus riche du monde. Étrange dans la bouche de cet homme, qui reconnaît que les populations sont manipulées au niveau de l’information par des forces connues ou obscures qui ont souvent des desseins inavouables. Conséquence ? L’homme a tout faux et se perpétue dans une pensée formatée par le plus grand nombre. C’est ce qu’il nomme Les virus de l’esprit. En somme, il nous exhorte à devenir nous-mêmes. Et comment faire pour s’y retrouver à travers la masse d’information pour nous guider.

De son côté le Dr. Jean-Jacques Charbonnier se fait le chantre des 3 clés pour vaincre le cancer. Cet anesthésiste se fait l’apôtre du bonheur. Il s’appuie sur des années d’expertise auprès des mourants que des personnes qui fait l’expérience de la mort provisoire. Dans son bouquin, il fait le tour de nos comportements. Il nous dit que s’il fallait toujours dire la vérité dans ce monde, le quotidien serait invivable. D’où des lignes intéressantes sur le mensonge qui est un peu le ciment social. Puis Clayton M. Christensen pose pour sa part une question en apparence simple Comment trouvez-vous votre vie ? Le gars est une pointure, professeur à la célèbre Harvard Business School. Il a réchappé à un cancer qui a emporté son paternel. Il sait désormais en quoi la vie est précaire. Il a voulu faire partager ses convictions concernant ce qui favorise l’épanouissement, tant au plan personnel que professionnel. Un chapitre important est celui qu’il consacre à l’éducation à donner aux enfants avec les lignes de démarcation entre ce qu’un enfant peut faire et ne pas faire. Pour son livre il s’est entouré des collaborations de James Allworth et Karen Dillon.

 

 


 


Grande fresque sentimentale autour de sœurs jumelles


Le talent de Colleen McCullough n’est plus à démontrer en matière de sentimentalité. L’auteure qui est décédée cette année nous laisse une œuvre abondante, dont Les quatre filles du révérend Latimer. Australie, 1925 au temps des années folles. Il y a le révérend Latimer qui a pris épouse deux fois, et de ces deux unions a eu à chaque fois des jumelles. Quatre filles en tout. Qui vont être soudées comme pas une, toutes embrassant la profession d’infirmières en allant se former à l’hôpital de leur ville natale en Nouvelle-Galles du Sud. L’actualité mondiale malmènera quel que peu leurs aspirations. C’est une belle épopée qui est un hymne à la solidarité féminine.

Les quatre filles du révérend Latimer. Colleen McCullough. L’Archipel 453p.    www.editionsarchipel.com

 

 


 


Tension nerveuse à Cuba

Cecilia Samartin est vraiment imprégnée par le sujet de son roman Nora ou le paradis perdu car comme ses personnages elle est née à Cuba et ses parents se sont exilés aux États-Unis. Elle n’a pas vraiment eu connaissance de tout ce ramdam car elle était alors bébé. Mais elle a très bien compris tout le désarroi que cela a occasionné pour ses parents. C’est pourquoi elle restitue très bien l’histoire de deux cousines l’une demeurée à Cuba, Alicia, et Nora qui est avec ses parents en Amérique. Elles correspondent. Et Nora va même retourner à la Havane pour tenter de sauver la première qui est en danger. C’est une page de l’histoire trouble de la Révolution que décrit très bien la romancière reconnue pour son autre roman « Le don d’Anna ».

Nora ou le paradis perdu. Cecilia Martin. L’Archipel 453p
www.editionsarchipel.com

 

 


 


Le romancier aux 350 millions de titres vendus

Nul doute, avec un tel palmarès de vente, James Patterson doit sans doute voir dérouler sous lui le tapis rouge quand il va à la rencontre de son éditeur. C’est que le gars n’a pas perdu une once d’imagination. A preuve sa dernière ponte Un si beau soleil pour mourir. C’est dans un décor paradisiaque des Caraïbes, qu’un jeune couple Ethan et Abby, venu en lune de miel, va connaître une fin atroce. Le père d’Ethan chargera un ex agent du FBI, John O’Hara d’élucider cette affaire sordide. En même temps, un agent spécial, Sarah Brubaker, est en selle pour mettre la main au collet d’un tueur en série. Avec cette particularité que toutes ses victimes, et quelle signature pour le meurtrier, portent le même nom…John O’Hara. Que va donc éprouver l’enquêteuse face à ce John O’Hara qui se tient devant elle ? On ira de surprise en surprises, foi de Patterson.

Un si beau soleil pour mourir. James Patterson. l’Archipel 361p.    www.editionsarchipel.com

 

 


 


Une superbe histoire des Templiers

Des livres sur l’Ordre des Templiers il en pleut. D’autant plus qu’il flotte au-dessus de cette organisation qui dura de1120 à 1320 un aura de mystifications. Mais celui que lui consacre l’historien Gilles Van Grasdorff « Secrets & mystères des Templiers » fait la somme de tout ce qu’il faut savoir de vérifiable. Quel esprit animait ces adhérents qui se voulaient les défenseurs de la chrétienté et qui sont même allés jusqu’à Jérusalem pour répandre la Foi. L’auteur est un conteur fabuleux qui écrit dans une langue simple comme s’il s’adressait à nous personnellement. Le mythe est-il déboulonné ? Allez lire.

Secrets & mystères des Templiers. Gilles Van Grasdorff. Presses du Châtelet 299p.     www.pressesduchatelet.com

 

 


 


Bras de fer diplomatique autour de Louis-Ferdinand Céline

Tous ceux que Céline captive vont se jeter sur ce petit livre qui vient ajouter une pierre nouvelle à la compréhension de ce qui s’est passé avec l’écrivain maudit au moment de son exil au Danemark de 1945 à 1951. Il va se jouer un bras de fer diplomatique entre l’ambassadeur de France à Copenhague et le gouvernement de ce pays. La France réclame son extradition pour que l’auteur de Voyage au bout de la nuit comparaisse devant la Justice où il risque d’être fusillé pour fait de collaboration avec les allemands. Mais les danois vont trouver toutes sortes de subterfuges pour esquiver la question. David Alliot ouvre un chapitre resté inédit puisqu’il a eu accès aux archives de l’ambassade de France à Copenhague. L’affaire Louis-Ferdinand Céline prend un tour nouveau.

L’affaire Louis-Ferdinand Céline. David Alliot. Horay 181p.   www.horay-editeur.fr

 

 


 


Deux bios de bibittes chez l’Archipel

Nous arrive deux biographies en même temps chez l’Archipel avec des personnages tellement opposés, Conchita Wurst et Billy Idol. Le seul dénominateur commun c’est que ce sont leurs autobiographies. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Il y a d’abord cet extra-terrestre, cette femme à barbe autrichienne qui va remporter l’Eurovision, médusant le monde entier à commencer par les membres du jury. Car cette étrange personne chante divinement bien avec des octaves qui n’ont rien à envier aux plus grandes chanteuses à voix. Vilipendé dans son bled pour son orientation sexuelle, il va se tourner vers la création de mode. Le destin en aura fait autre chose qu’un styliste, quoique son goût pour les fringues  le sert bien dans son métier. A sa façon c’est un modèle qui transgresse toute la question du genre identitaire. Le titre ? Tout simplement Moi, Conchita. Et les fans trouveront plusieurs photos inédites de leur idole.

Si on vous parle de William Michael Albert Broad, ce nom ne vous dira rien. Vous le  connaissez mieux sous nom d’icône rock star, Billy Idol. Le chanteur peroxydé qui reconnaît l’influence des Rolling Stones et des Sex Pistols est revenu en force l’an dernier. Il a trouvé le temps de nous décrire son existence jusqu’ici dans Billy Idol drugs, sex & rock n’roll dont il est la parfaite incarnation. C’est l’antithèse de la langue de bois. Il parle franchement de ses excès avec l’héroïne, ses défonces etc. Maintenant que la sagesse l’a gagné, il est bon de lire le regard qu’il porte sur ses années folles. Même ceux que le rock indiffère prendront plaisir à parcourir cette vie déjantée.

 

 


 


Une grand-mère automatiste et vraiment hors-norme

Elle avait pour nom de fille Suzanne Meloche. Quittant son trou d’Ottawa, elle viendra à Montréal cette femme que rien ne mettait en cage. Elle épousera le peintre Marcel Barbeau, qu’elle abandonnera avec ses deux enfants pour poursuivre sa vie folle, totalement déstructurée. C’est sa petite-fille qui ne l’a pas connue,  la réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette qui a fait enquête sur sa grand-mère. Ce qu’elle en a appris des choses sur cette femme qui a semé beaucoup de malheurs et qui finira seule. Ça donne une libre interprétation de vie dans La femme qui fuit qui restitue l’ambiance d’une époque et surtout une artiste dans l’âme révoltée, jamais apaisée.

La femme qui fuit. Anaïs Barbeau-Lavalette. Éditions marchand de feuilles 371p.      www.marchanddefeuilles.com

 

 


 


Écrivaine en mode survie

Sophie Divry nous sort un roman au sujet exploité, à savoir le vécu d’un écrivain désargenté. Mais attention Quand le diable sortir de la salle de bain est d’une classe à part, pour la seule façon dont la narratrice se met en scène pour les lecteurs. Et puis la grande différence, c’est qu’en cette ère numérique où est l’altruisme quand on est dans la mouise ? Elle nous livre un éclairage sidérant sur notre époque. Et en même temps, peu importe les époques, il n’en demeure pas moins que c’est le système D qui prévaut. Nous avons adoré et c’est un euphémisme.

Quand le diable sortit de la salle de bain. Sophie Divry. Les éditions Noir sur Blanc 297p.   


 


 


Une pièce de théâtre métaphysique

Mettez en place un ours et une princesse et mettez leur en bouche des dialogues assez fouillés qui chevauchent l’onirique et la réalité. Tel est la toile de fond de la pièce de théâtre très joué en Russie Un miracle ordinaire d’Evgueni Schwartz (1896-1958). Avis à nos metteurs en scène de chez nous qui sont en panne de sujets originaux. C’est dans la même famille fantastique que la Belle et la bête ce qui n’est pas peu dire. En complément vous avez une analyse critique de l’œuvre qui met en relief tous les thèmes sous-jacents.

Un miracle ordinaire. Evgueny Schwartz. Presses de l’Université Laval 224p.    www.pulaval.com

 

 


 


L’art d’être grand-père de David Suzuki

L’icône de la défense de l’environnement au Canada, David Suzuki est à l’heure de faire des bilans puisqu’il est grand-père de cinq petits-enfants. Son vécu exceptionnel l’a mené à avoir quelques certitudes qu’il partage avec sa descendance. Lettres à mes petits-enfants est aussi pour beaucoup un retour dans le passé. Sans être une autobiographie, on en sait plus sur son parcours. Un peu comme pour dire, voici mes petits-enfants ce qu’a été votre grand-père. Et il s’adresse à eux avec une rare intelligence, on ne s’attendait pas à moins d’ailleurs. Comme lorsqu’il écrit que la croissance de l’économie n’est pas une fin en soi mais un moyen.

Lettres à mes petits-enfants. David Suzuki. Boréal 267p.   

 

 


 


Des petites esquisses de bonheur

Ce que la vie peut-être déprimante parfois, non très souvent. Surtout à voir l’actualité pénible des migrants aux bulletins télé. Et alors que l’on s’enfonce un peu dans la déprime, voici que nous arrive sans tambours ni trompettes Les eaux troubles du mojito de Philippe Delerm. Un tout petit livre qui fera grand bien, puisque son propos est de nous faire redécouvrir le bonheur d’exister à travers d’insignifiantes petites choses, comme de s’habiller lentement, négocier avec des brocanteurs, traverser la ville de Bruges et quoi encore. En somme c’est un cours de simplicité volontaire, loin des prétentions des gourous qui ont découvert la formule du grand bonheur. Cet ouvrage est salutaire est possible.

Les eaux troubles du mojito. Philippe Delerm. Seuil 110p.   www.seuil.com

 

 


 


Un party branché qui se termine par un suicide

Il faut bien une Mary Jane Clark, ex belle-fille de Mary Higgins Clark pour concocter une histoire aussi rocambolesque que celle de Vengeance par procuration. D’entrée de jeun vous avez un couple qui donne une réception huppée dans le district de Manhattan,  à Tuxedo Park pour être très précis. Pour pimenter le cocktail on a invité la présentatrice star de la chaîne Key News. Tout pourrait se dérouler dans le meilleur des mondes, si ce n’est que l’hôte de la soirée se suicide la même soirée. Et ce suicide n’est pas fortuit. Il est l’écran de choses troubles du passé qui vont surgir. L’auteure qui est productrice pour la chaîne CBS news exploite au mieux la connaissance de son milieu de prédilection. Encore une variation réussie sur des squelettes dans le placard.

Vengeance par procuration. Mary Jane Clark. L’Archipel 320p.    www.editionsarchipel.com

 

 


 


Cinq titres de valeurs chez Pages Ouvertes

Si on savait ce que l’on mange réellement. Les grands scandales alimentaires de Douglas Levy est une lecture qui donne froid dans le dos. Il révèle à quel point les géants de l’agro-alimentaire essaie de nous en faire passer, allant de la fausse viande hallal en passant comme pour McDo en Chine en mélangeant viande impropre à viande consommable. Le business alimentaire est obnubilé par le profit en oubliant les élémentaires principes de santé publique. Autre titre chez Pages Ouvertes, Ces espions qui ont fait l’Histoire de John Knight. Il a rassemblé dans ces pages les figures marquantes de l’espionnage, avec un accent tout particulier au trafic de renseignements durant la guerre froide, particulièrement quand les soviétiques ont infiltré les hautes sphères de l’establishment britannique. Ça se lit vraiment comme un roman d’espionnage, sauf qu’ici c’est la réalité vraie.

Mafia. Ce mot évoque tout un monde occulte qui étend ses tentacules, que ce soit les triades chinoises, les yakuza japonais, la mafia italienne, calabraise ou sicilienne, les mafias juive et russe. Vincenzo Galente les connaît bien qui a choisi ici d’illustrer ce qu’ont été Les grands parrains de la mafia. Et plus encore que leurs grandes combines, c’est que les mafias prennent souvent le contrôle des États. Et pire encore, les parrains ont réussi à métamorphoser des sociétés entières. Pensons seulement à tous ces citoyens qui fument du cannabis, des légions, qui enrichissent les coffres de la pieuvre qui à son tour blanchit ses profits colossaux dans des entreprises légales.

Le pouvoir s’exprime de diverses façons. Il y aussi celui des sociétés secrètes qui pullulent avec chacune ses rites propres. Pour en saisir la portée nous recommandons fortement Symboles et sociétés secrètes de Nigel Bishop qui passe en revue les organisations les plus mystérieuses et qui fascinent tant, que ce soit les francs-maçons, les Cathares, les Templiers etc. Un passage intéressant est celui sur la Kabbale dont adhère la chanteuse Madonna. L’essayiste est britannique et historien des religions. Son ouvrage fait figure de référence en la matière. Et pour conclure chez cet éditeur, un petit livre format de poche signé Jessica Stone sur les Phénomènes inexpliqués. En quatrième de couverture, les fameuses statues de l’Île de Pâques dont on se demande qui a pu bien les installer là. On trouve des chapitres sur de grands

 

 


 


Deux livres crus aux éditions Trois-Pistoles

Les deux livres que fait paraître les éditions Trois-Pistoles sont un peu à l’image de l’éditeur Victor-Levy Beaulieu qui n’est pas du genre à recourir à la langue de bois pour s’exprimer. Ce sont deux romans, qui ont en commun d’être écrits par des jeunes femmes qui chacune n’hésitent pas à employer des mots crus pour se faire comprendre. Les têtes brisées d’Anick Fortin mettent en tête une femme qui bosse dans un centre d’animation pour personnes touchées d’une déficience intellectuelle. Parmi ses protégés Raymond qui a un toc, il déchiquète du papier à longueur de journée et il a l’ambitieux projet de faire de même avec la mort. A un moment donné de l’histoire, la protagoniste reçoit un appel de l’hôpital. On l’informe que sa mère s’est tiré une balle au cerveau, mais comme le cœur est intact on veut le prélever pour un don d’organe. Comment à la fois accueillir une nouvelle, si terrible, et devenir soudainement pragmatique pour ce qui est du cœur de maman. Le ton est donné.
 Ailleurs c’est Lison Beaulieu et un titre coup de poing pour son livre Papier cul. Son héroïne se nomme Rose. C’est une samaritaine dans l’âme qui ne refuse rien aux autres dès lors qu’il est question de leur faire plaisir. Ainsi se retrouve-t-elle dans le lit d’un nonagénaire…pour son plaisir. La mère de Rose ne passe pas par quatre chemins pour asséner ses vérités. Un jour, voyant les louvoiements de sa fille elle lui balance « Arrête de tourner autour du pot pis chie dedans ».  Toute une mère. On s’attache à Rose qui n’a même pas l’ombre d’une malice. L’éditeur a eu beaucoup de flair de repérer ces deux perles qui disent tout haut ce qu’on n’ose même dire à voix basse. Deux romans sur le thème de la sincérité.

 

 


 


Un chantre du quartier Côte-des-Neiges


Question à mille dollars ? Nommez un auteur québécois dont un roman s’est inspiré du printemps érable ? Plus que trente secondes. Eh bien la réponse est François Racine avec Truculence. Il nous arrive avec un second roman, Tabagie dont il a planté le décor dans le quartier le plus multiethnique de Montréal, nous avons nommé Côte-des-Neiges. Avec une faune bigarrée. Parmi laquelle trône son personnage central Léo Rivière, un fan achevé de l’auteur français maudit, Céline, célèbre pour son Voyage au bout de la nuit. C’est un gars très lucide comme revenu de tout. Seule une flamme amoureuse vacille encore qui a pour prénom Nat. Son monde est à la fois onirique et fou. On appréciera au passage son grand talent de dialoguiste car il met dans la bouche de ses habitants des répliques chocs. Atmosphère, atmosphère…

Tabagie. François Racine. Québec Amérique 364p.   
www.quebec-amerique.com

 

 


 


Deux livres jeunesse aux éditions de Mortagne


Aux parents qui veulent inculquer un solide héritage, procurez-leur des livres, car le goût de la lecture est un « plus »  qui leur servira toute leur vie. Deux belles suggestions en ce sens qui nous viennent des éditions de Mortagne. A commencer, le tome 3 de la saga Seconde terre de Priska Poirier qui a pour titre « Compte à rebours ».  Toute l’intrigue tourne autour de l’équipée spatiale à bord du vaisseau qui doit mener Benjamin (nom d’emprunt et on verra pourquoi) vers Iskay. Qui comprend un point de départ à de la Lune rien de moins, franchir le trou de ver et tutti quanti. Déjà que le trajet en soi est toute une épopée, des esprits mal intentionnés viennent s’interposer pour faire rater la manœuvre. Du suspense la romancière sait le manier à la perfection. Et imaginez qu’elle est encore toute jeune. Surveillez attentivement cette Priska.

Et sur un tout autre registre, Camille Beaumier et Sylviane Beauregard nous amusent follement avec un autre titre de la saga, Ouate de phoque!  Intitulé Léa +Phil= !?! Un sommet dans le créneau de la littérature adolescente strictement pour filles ou garçons très mais très, très distingués. Ce qui est amusant c’est que Sylviane la co-auteure, est la mère de Camille. Ce beau tandem déroule devant nous une centaine de préoccupations très futiles mais qui ici, prennent des proportions rocambolesques. On s’amuse beaucoup de ces psychodrames sans réelles conséquences. Du bonbon dans le genre.

 

 


 


Regards sur le jeu et la corruption chez Liber


A travers les fadaises qui se publient pour faire du chiffre, qu’il fait bon de savoir que tels des gaulois, de petits éditeurs donnent toute leur noblesse au livre. C’est le cas de chez Liber qui appelle à l’intelligence de ses lecteurs. On l’illustre encore une fois de belle façon avec deux essais, véritable gymnastique pour les esprits. Vous avez Maude Bonenfant qui est professeur au département de communication sociale et publique de l’Université du Québec à Montréal et directrice du groupe de recherche Homo ludens sur les pratiques du jeu et de la communication dans les mondes numériques. A propos du rapport au jeu qui est affaire très personnel et loin d’être une fainéantise, l’essayiste écrit « Ce que nous faisons du jeu est un apprentissage de ce que nous pouvons faire de notre vie ».  Elle publie donc Le libre jeu, réflexion sur l’appropriation de l’activité ludique. Vous condamnerez peut-être moins celui qui s’adonne à ces moments de distraction, en considérant qu’il modifie peut-être son rapport au monde.

Par ailleurs, un collectif de penseurs de tous les horizons sous la direction éclairée de MM. André Lacroix et Yves Boisvert nous donne à lire Marchés publics à vendre, éthique et corruption. Qui arrive à point nommé au moment de l’après Commission Charbonneau qui nous a montré éloquemment à quel point la société québécoise était gangrené par le virus de la collusion et de la corruption. Il est tout autant question de l’aveuglement volontaire, de la moralité élastique qu’on s’accorde pour piger dans le buffet de l’État etc. Les signataires ont tout à fait raison de souligner que la corruption est une réalité qui mine le le vivre ensemble. Jamais n’est-on allé si loin dans la réflexion sur ce que représente la corruption dans tous ses états.


 


 


Initiation à l’astronomie


Voici un album qui entre dans la catégorie des beaux livres qui éduquent la jeunesse et qui devrait se trouver dans toutes les bibliothèques scolaires dignes de ce nom. On lance chez Fleurus L’astronomie conçu expressément pour les jeunes de moins de dix ans. Tout ce qu’il faut savoir à cet âge du cosmos et comment, les astrophysiciens captent les mouvements des astres et des galaxies. Ici plus que jamais, les images valent mille mots. Peu de pages mais des illustrations qui en disent long. Dieu est un formidable joaillier comme l’a écrit dernièrement dans son dernier roman Éric-Emmanuel Schmitt, le ciel est chargé de diamants.

L’astronomie. Sabine Boccador. Coll. La grande imagerie Fleurus.   www.fleuruseditions.com

 

 


 


Esquisses sur la lenteur

Difficile de trouver la bonne définition qui convienne pour situer Cent mètres de Pierre Gagnon. Disons pour résumer que c’est un hymne à la lenteur de vivre dans un monde de fou. Il y a là deux personnages qui reviennent dans la vie du narrateur, Henri qui vient d’une famille cossue et qui est propriétaire d’une maison de chambres dans Hochelaga-Maisonneuve et qui n’a pas du tout les caractéristiques du proprio habituel. Au contraire, c’est la bonne âme qui vient en aide à ses locataires. Puis vous avez Axelle, une jeune trapéziste au chômage et qui pour gagner son croûton va devenir lutin de Noël. Des pages attendrissantes où celui qui écrit à la première personne prends le temps de porter attention aux autres et surtout à lui-même.

Cent mètres. Pierre Gagnon. Druide 143p.   www.editionsdruide.com

 

 


 


Tortillon le cochonnet s’interroge sur la dimension du cœur


Côté littérature jeunesse, un charmant petit album qui met en vedette un cochonnet craquant répondant au nom de Tortillon. Il a une marotte le gentil porcidé, c’est de demander à tout son entourage de quoi peut bien avoir la dimension de leur cœur. Il est taraudé par cette question. Obtiendra t-il des réponses satisfaisantes ? C’est ce que nous raconte avec brio et une âme d’enfant Mélanie Giguère-Gilbert.

Petit cœur de cochon. Mélanie Giguère-Gilbert. Québec Amérique 30p.   www.quebec-amerique.com

 

 


 


Le plateau de Paul à Québec en BD

En ce moment sur nos écrans sort le film qui semble promis au succès « Paul à Québec de François Bouvier et mettant en vedette Julie LeBreton et Gilbert Sicotte. C’est l’adaptation au grand écran de la bande dessinée de Michel Rabagliati. Voici l’argument du film tel que présenté par le site Cinoche  « En 1999, Paul et sa conjointe Julie vivent de beaux moments avec leur jeune fille. Ils se cherchent une maison à Montréal et voient fréquemment leur famille, notamment les parents de Julie qui habitent St-Nicolas, en banlieue de Québec. Mais la maladie a frappé durement Roland, le fier et généreux patriarche de la famille, qui tente tant bien que mal de cacher l'ultimatum qu'il subit à ses enfants. Mais la vie étant ce quelle est, Roland devra être admis dans un centre de soins palliatifs alors que ses proches, dont Paul, devront apprivoiser l'idée de sa mort. Dans le processus, Paul se mettra au dessin. »  Les éditions La Pastèque nous présente dans la foulée de cette production, 31 jours de tournage une BD de Cyril Doisneau qui nous emmène dans les coulisses du tournage. Comme a dit Julie LeBreton en entrevue, on y raconte moult anecdotes et en même temps c’est didactique, car ça nous montre ce que font concrètement tous les corps de métier sur un tournage.

31 jours de tournage. Cyril Doisneau. La Pastèque.  www.lapasteque.com

 

 


 


Bouquin, un livre qui attend d’être lu


Qui a déjà dit cette phrase, on ne s’en souvient plus « Objet inanimé avez-vous une âme ? »  En tout cas Kirsten Hall donne vie à un livre qui a une personnalité car il s’appelle Bouquin. Il est un peu tristounet, car il se sent ignoré sur la tablette de la bibliothèque où il se trouve et où il attend qu’il soit lu. Et hourra, un jour une fillette s’en saisira pour l’amener chez elle et où se développera une relation. C’est un conte qui va droit au cœur sur des dessins mignons de Dasha Tolstikova.

La jaquette. Texte Kirsten Hall, dessins Dasha Tolstikova. La Pastèque.  www.lapasteque.com

 

 


 


Le coin Miam miam


Les collectionneurs de livres de recettes ne perdent rien pour attendre. Voici deux titres qui garniront bien vos rayons. Chez Édito elle se sont mises à deux Claudette Dion et Andrea Jourdan pour rappeler tout ce qu’on peut cuisiner à la mijoteuse. Sortez vos mijoteuses ce sont plus de 100 recettes qui ont le grand mérite de ne pas être compliquées et goûteuses comme ce n’est pas permis. Qui repoussera cer émincé de porc au cari rouge ou, belle découverte, un caciucco qui est le pendant italien de la bouillabaisse. Une large place est faite aux cuisines du monde, pleines d’exotisme et d’explosions de saveurs en bouche. Et chez AdA Jackie Alpers nous présente Desserts multicolores. Sa spécialité, l’ornementation de sucreries diverses, avec des glaçages et de petites perles. Ce livre donnera des idées aux mamans qui organisent des fêtes d’enfants et qui veulent colorer la présentation.

 

 


 


Redonner une apparence au bois

Dans notre société de consommation on commence, crise économique aidant, à cesser de jeter inutilement. C’est le cas de vieux meubles en bois qui accusent de l’âge et qui ont juste besoin de mains expertes pour leur redonner leur éclat d’antan. Si vous aimez travailler le bois vous aimerez Décorer le bois d’Eva Pascual qui détaille toutes les techniques en cours allant du placage au revêtement en marqueterie. Un chapitre est consacré à la technique du trompe-l’œil où vous pouvez donner à vos boiseries l’apparence du marbre. Et comme c’est un ouvrage didactique, de très nombreuses photos expliquent chaque étape de traitement.

Décorer le bois. Eva Pascual. Parramon 160p.    www.parramon.fr

 

 


 


Les meurtrissures d’un beau-frère


L’univers familial est un terreau fertile pour tout romancier à la recherche de thèmes forts. Car tout est tellement en porte-à-faux dans les relations entre parents au nom de la cellule familiale qu’il faut préserver coûte que coûte. Emmanuel Bouchard dans La même blessure rend compte de l’intense douleur qui habite Antoine Beaupré amoureux fou de Rose sa belle-sœur. Il aurait pu nous dit le romancier, faire avorter le mariage d’avec son frère, mais ce ne fut pas le cas. Le romancier se fait musicien de toute la gamme des sentiments dévastateurs qui habitent l’intéressé. Va-t-il se rendre à l’évidence et faire sa résilience ? On ne vous en dit mot pour ne pas gâcher votre plaisir doublement servi ici par une langue française belle comme tout.

La même blessure. Emmanuel Bouchard. Hamac 217p.   www.hamac.qc.ca

 

 


 


Un roman déroutant

Carl Bessette qui signe Les anecdotiers serait en réalité non pas l’écrivain fantôme, mais celui qui rapporte ce que lui a confié un ministre nommé François Falaise qui écrit tout de même la préface datée de 2020! Assez déroutant merci. Retenons qu’on est pris à témoins des relations entre François et Corinne pionniers d’un mouvement créée autour de l’anecdote et dont les membres sont connus comme « Les anecdotiers » qui donne son titre au roman. Une célébration des valeurs fraternelles. En lisant ces pages on ne peut s’empêcher de penser à Brassens avec sa chanson « Les copains d’abord ». Ces personnages là nous font du bien.

Les anecdotiers. Carl Bessette. La mèche 368p.    www.lameche.ca

 

 


 


Une analyse des chroniques de Foglia


Pierre Foglia a pris sa retraite en février dernier du quotidien La Presse, quatre mille billets et un peu plus sur près de trente-cinq ans. Il a voyagé partout sur la planète, en service commandé pour faire des papiers d’impression. Il a fait sa marque pour avoir été le premier a se mettre en scène en puisant dans sa vie personnelle et en usant d’autre chose que la langue de bois. Immédiatement il s’est fait des fidèles qui n’ont juré que par lui. Marc-François Bernier a parcouru son héritage journalistique. Il nous dit avec raison que ce qu’a connu ce scribe, plus aucun journaliste ne le vivra. Ses patrons successifs l’ont soutenu quand il causait des vagues énormes. Foglia l’insolent est un bel hommage rendu à une profession qui n’est plus la même maintenant.

Foglia l’insolent. Marc-François Bernier. Édito 383p.    www.editionsedito.com

 

 


 


Un prof d’université désabusé


Sans doute est-il un disciple de Cioran ce professeur d’université quadragénaire qui enseigne la philo. C’est le protagoniste d’Au pays du p’tit de Nicolas Fargues. Qui s’exprime à la première personne dans ces pages. C’est un Casanova qui enfile au propre comme au figuré les femmes, plus comme prédateur a-t-il au moins la sincérité de le reconnaître. Et puis il voyage surtout pour fuir la France. Cela en vaut-il la peine. Ce désabusé fait merveille quand il a la dent dure. Voyez ce qu’il écrit sur Alain Delon et Jean Gabin. Oh, le méchant homme. Mais on en redemande. Il excele dans l’art de manger une tranche de son prochain.

Au pays du p’tit. Nicolas Fargues. P.O.L.   233p.    www.pol-editeur.com

 

 


 


Une école, royaume de l’intimidation


Le fléau de l’intimidation étant dans l’air du temps, c’est une chance que nous arrive Brutes d’Anthony Breznican qui a reçu une caution extraordinaire en la personne de Stephen King, qui écrit à propos « Ce roman est un coup de maître : La fureur de vivre deu XXIème siècle ».  Nous nous trouvons dans les années 90 au lycée catholique Saint-Mike à Pittsburgh. C’est la loi du plus fort qui prévaut parmi les élèves. On se hisse parmi les autres en intimidant sans vergogne. De toute façon la direction a baissé les bras et se fait indifférente. Le romancier concentre son attention sur trois élèves, deux gars et une fille, belle comme il se doit. Et comment la loi de la jungle est valorisée qui tient de morale de survie. Dur, dur.

Brutes. Anthony Breznican. Denoël  549p.    www.denoel.fr

 

 


 


Parfums d’Égypte


En gros on peut dire que Ce pays qui te ressemble de Tobie Nathan est un survol du tempo de la vie sociale en Égypte du roi Farouk au président Nasser. Et ce à travers la lorgnette de Zohar né dans le ghetto juif du Caire, juifs d’ailleurs qui seront, rappelons-le, expulsés du pays par Nasser. Notre ami à une sœur déjantée, Masreya qui va l’amener vers d’autres sphères, hors de sa condition sociale. C’est toute une saga bien rendue par le romancier qui restitue mille parfums à ce pays à la civilisation millénaire. Pour celui qui veut connaître l’Égypte de l’intérieur, son âme, on ne peut trouver mieux. On peut quitter l’Égypte comme le fait le narrateur mais l’Égypte, elle ne vous quitte jamais.

Ce pays qui te ressemble. Tobie Nathan. Stock 536p.   www.editions-stock.fr

 

 


 


Québec, quand l’art visuel a voulu se conjuguer avec la vie


L’historienne de l’art Anithe de Carvalho remémore un chapitre oublié, celui des artistes québécois en art visuel, d’avant-garde et politisés, qui au cours des années 60 et 70 ont voulu rendre moins élitiste leur art et le rapprocher du grand public. C’est là qu’on a commencé à s’épanouir au sein des espaces publics. Mais cet affranchissement a été une parenthèse dans notre histoire de l’art, car l’institutionnalisation a repris ses droits. L’essayiste dans Art rebelle et contre-culture explique comment la rébellion n’a pas perdurée et pourquoi l’art officiel a repris ses droits dans le monde muséal et des galeristes.

Art rebelle et contre-culture. Anithe de Carvalho. M éditeur 229p.    www.editionsm.info

 

 


 


Deux opus de marque chez Triptyque


Chez Triptyque qui n’est jamais en reste, on marque le coup avec deux romans Pas d’autres dieux de François Lepage et Hangar no. 7 de Paul Mainville Le premier fait vraiment preuve d’originalité avec le cas de deux frères jumeaux. Le premier, Lucas est un économiste accompli qui a établi sa notoriété en Bourse. Son frère, Antoine est un autiste surdoué tant en informatique complexe que par d’autres dispositions. Cependant, il a décidé de tout abandonner pour se réfugier dans une abbaye. Ce qui n’est pas à l’heur de plaire à l’autre frérot qui se dit qu’avec de tels dons, Antoine pourrait faire mieux en s’associant à lui pour faire fructifier son cabinet du côté des prédictions boursières. C’est Dieu ou le veau d’or ? Telle est la question. On ne vous dit pas ce qu’il advint de la proposition intéressé de Lucas. Ne gâchons pas votre plaisir.

Dans le communiqué qui accompagne la sortie du deuxième titre, on précise que c’est un roman sur l’art comme outil de lutte contre l’intolérance, la violence et la privation de liberté. En effet Paul Mainville plante son décor dans un camp concentrationnaire en Europe de l’Est. Nous sommes en 1980. Se trouve dans ce lieu d’enfermement et de mépris des droits de l’Homme, des membres de la troupe du Cirque des montagnes Bleues. Ils seront forcés de distraire les prisonniers. En même temps ça assure leur survie. On nous dit que l’auteur se passionne pour l’univers concentrationnaire, lieu de toutes les exactions mais aussi de moments de grande humanité. L’homme se révèle à son meilleur comme au pire. En même temps il redonne à l’art ses lettres de noblesse et son utilité sociale ici-bas.

 

 






 


Le coin santé physique et psychique (1)

Fondateur du Magazine de la conscience intime Keith Sherwwood sait tout des karmas, des ramifications karmiques et des chakras. Il écrit La guérison par les chakras et la conscience karmique. C’est que le corps est traversé de milliers de réseaux énergiques, parfois bloqués. Suffit de les libérer par des méthodes assez simples au demeurant. C’est publié chez AdA. Ici aux éditions M un essai de Gaétan Bélanger « Les boomers sont-ils coupables » car on les accable souvent de tous les maux, notamment de s’être appropriés tous les avantages que pouvait leur procurer une position donnée en ne laissant que des miettes aux générations futures. Lui voit dans cette campagne de dénigrement, une sourde stratégie voulant que ce soit le prétexte de coupes financières qui permettent d’enrichir l’État et les entreprises de s’enrichir, laissant le citoyen dans un état de précarité.

Paul Barrette d’homme d’affaires qu’il était est passé du côté de l’humanisme et de la spiritualité en travaillant pour la communauté de l’Arche fondé par Jean Vanier. Il lance Une terre assoiffée de sens. Car si la pratique religieuse est en déclin irréversible il n’en demeure pas moins que l’être humain ne s’est jamais autant questionné sur sa destinée. Émaillant son propos de citations spirituelles, l’homme est un ouvreur de cœurs. Il dit des choses fort rassurantes notamment au sujet de la mort. A lire sans faute pour tous ceux qui se cherchent sur Terre, les réponses sont toutes là. C’est édité chez Marcel Broquet.

Aux éditions Lanore, La généalogie à travers les nombre  de Françoise Wargnier-Kahn qui considère que la généalogie est un fameux outil d’investigation, science humaine de surcroît à caractère symbolique. En retournant dans le passé on peut voir la répétition de schémas souvent négatifs qui expliquent bien des choses. Qui eu crû que la généalogie pouvait-être thérapeutique ?  Dans le créneau des cas vécu, un témoignage à cœur ouvert, celui de la chanteuse Jano Bergeron disparu des radars depuis quinze ans et qui nous revient avec Autopsie de plusieurs vies aux éditions La Semaine. On comprend mieux pourquoi cette si longue absence alors qu’elle ait passé par les affres de la violence conjugale auprès d’un dément, puis la maladie qui s’est acharnée sur elle la laissant dans un état catastrophée. Au final une fille les nerfs à vif, hypothéquée. Et qui a toutefois le ferme propos de s’en sortir. Des cachets d’artiste elle est passée par l’aide sociale. Toute une chute. En ce moment elle vit dans un petit réduit où elle peint et se sent plus sereine.

Chez Accarias, cédons la parole à un sage Ramana Maharshi qui présente La voie directe dans une présentation, traduction et notes de Patrick Mandala. Son premier constat est que tous les humains aspirent au bonheur. Dans ce sens, il se veut un guide pour accompagner cette démarche. Et pour ce faire il ne se lance pas dans de grandes théories. Au contraire, il use de phrases courtes mais significatives. Ces enseignements dont nous avons la chance de prendre connaissance ont été annotés par un de ces disciples. C’était en 1945. Ce n’est qu’en 1964 que nous avons eu droit à une première traduction anglaise. Dès lors ça été un best-seller.

Enfin chez Guy Trédaniel, Comment trouvez-vous votre vie ? La question nous est posée par Clayton M. Christensen, James Allsworth et Karen Dillon. D’abord un mot sur M. Christensen. Ce n’est pas n’importe qui. Il enseigne à la prestigieuse Harvard Business School. Il a surmonté un cancer, le même qui a frappé mortellement son père. Ici il ne pose pas en donneur de leçons. Il  propose rien de moins que des clés afin de se découvrir. Car on serait étonné de voir à quel point, surtout pour cause de manque de confiance en soi, les gens ne se connaissent pas. Et il ne porte pas de lunettes roses. Pour cesser de devenir son pire ennemi, des efforts sont à faire. En somme il se veut un libérateur de notre prison psychologique, tout simplement en rappelant certaines vérités qu’on a oubliées en cours de chemin.  

 

 






 


Le coin santé physique et psychique (2)

Diana Cooper est férue d’ésotérisme et d’anges. Cette fois, elle vampirise l’esprit d’un chiot nommé Vénus et son rapport à son entourage. Elle donne une âme à son petit canin adorable comme tout. Est-ce à dire qu’un tel animal pense, le pas est vite franchi pour ceux qui aime à humaniser nos compagnons domestiques. Mais c’est rempli de bonnes intentions. C’est chez l’éditeur AdA. Et du même éditeur Nancy Levin écrit Se lancer pour vivre sa vie. Un guide pour nous aider à franchir pas à pas l’existence. Son grand message et c’est là-dessus qu’elle se fait insistante, est de vaincre ses peurs.

Deux ouvrages paraissent en librairie en même temps sur le phénomène nommé TDAH pour identifier ces enfants qui font dans l’hyperactivité. Aujourd’hui l’industrie pharmaceutique se frotte les mains qui a vu dans ce qu’elle a décrété comme une maladie un sacré pactole comme pour le cholestérol. Et pourtant comment expliqué que tout d’un coup tant d’enfants soient « atteints » de cette pathologie ? Si vous avez regardé l’émission de Denis Lévesque. Est passé sur son plateau J.Claude St-Onge professeur de philosophie retraité et docteur en socio-économie. Depuis des années il mène une lutte acharnée contre les pharmaceutiques qui inventent des maladies expressément pour vendre leur camelote. Il a écrit trois livres sur le sujet. Il persiste et signe chez Écosociété TDAH ? Pour en finir avec le dopage des enfants. Le prof dénonce la collusion des pharmaceutiques et la facilité avec laquelle on colle aux enfants le diagnostic d’hyperactivité. Avec des dérives incroyables. C’est une charge à fond de train. Et on voit comment le gouvernement du Québec entre dans la ronde, faisant le jeu des docs corrompus. Effrayant.

Et sur le même sujet, et loin de la pharmacopée, la psychologue Ariane Hébert y va de TDAH la boîte à outils aux éditions de Mortagne. Au contraire des prescriptions à tout venant, elle prône des alternatives en douceur toutes axées sur une refondation du mode de vie.

C’est une évidence, c’est le manque de confiance en soi qui est la pire hypothèque de vie et que l’on traîne comme un boulet toute sa vie. Tout se joue entre 0 et 3 ans. Une équipe d’éducatrice sous la direction de Denise Bertrand et de Germaine Duclos qui appose sa signature, a concocté un cahier d’exercices rempli de trouvailles en termes de jeux ludiques pour hausser l’estime de soi des jeunes. C’est un guide théorique accompagné de toutes sortes d’exercices.  C’est aux éditions du CHU Sainte-Justine.

Souvenez-vous quand nous étions petits. Il y avait cette vogue des cahiers à colorier. On garnissait des dessins avec des couleurs provenant de crayons Prismacolor ou de crayons de cire. Sans le savoir, il y avait un élément thérapeutique au sens où ça calmait les pratiquants. Si vous êtes nostalgique et que vous êtes en recherche d’un état zen, rabattez-vous sur le tome 2 de Coloriage détente concoctés par Lacy Mucklow et Angela Porter aux éditions Broquet. Les dessins ici sont assez sophistiqués.

Aux éditions AdA, Hazel Raven nous offre un beau livre Votre guérison par les cristaux. Rappelons que ces derniers, et c’est avéré, sont de puissantes sources d’énergie. Ils permettent, tenez-vous bien, de soulager 80 maux courants. L’auteur nous les présente avec les techniques qui nous font bénéficier de leur efficacité.

Et deux gros bouquins aux éditions Horay, J’attends un enfant et J’élève mon enfant tous deux écrits par Laurence Pernoud. Deux livres essentiels, voire obligatoires pour toute future maman. Auparavant on lisait le pavé du Dr. Spock. Mais maintenant, connaissance aidant, l’approche du bébé et son développement se déroulent sous d’autres auspices. C’est la raison pour laquelle la signataire s’est adjoint les compétences d’Agnès Grison qui à son tour a sollicité les avis d’une équipe pluridisciplinaire. Au final, tout ce que vous devez savoir avant que le bébé naisse et une fois qu’il est au monde. Par exemple savez-vous ce qu’est la cholestase gravidique ? Une des raisons pour laquelle ces deux livres doivent trôner dans votre bibliothèque.

 

 


 


Le bel hommage rendu Pauline Lapointe par sa sœur


Vous pouvez imaginer un seul instant le nombre de livres qui nous passe entre les mains. Mais l’émotion est toujours au rendez-vous. C’est ainsi qu’un lecteur de notre équipe a souvent été étranglé de sanglots à la lecture de Pauline et moi écrit par la comédienne Louise Portal qui brosse un portrait de sa sœur, Pauline Lapointe elle aussi comédienne et morte du cancer. Ça n’a pas été une relation facile entre les deux sœurs. Même que durant les cinq dernières précédent sa mort, Louise Portal avait rompu les ponts avec sa jumelle. Ce n’est que sur le lit de mort de Pauline que Louise a pu enfin l’approcher, mais cette dernière était inconsciente. Oh la vie de famille! Il faut dire que Pauline Lapointe qu’on a pu apprécier entre autres dans le film La Florida, était une excessive, portée sur l’autodestruction. Sans doute trop de sensibilité à fleur de peau. Des pages bouleversantes. On ne sort pas de cette lecture indemne.

Pauline et moi. Louise Portal. Druide 259p.    www.editionsdruide.com

 

 


 


Un garçon comme port d’attache

Très rarement on a recours à la reproduction de la quatrième de couverture, mais l’histoire de Pour l’amour de Dimitri de Didier Leclair est tellement enchevêtré que nous lui laissons le soin de décrire le fatras familial qui est celui du protagoniste Adrian «  Ayant touché le fond du baril, Adrian s’est longtemps battu pour remonter à la surface. Rodney, qui n’adresse plus la parole à son père, lui en veut pour le décès de sa mère, même si Adrian jure qu’il n’y est pour rien. Heureusement qu’Adrian a Max, son ami revenu du bout du monde, Henry, son patron grincheux, Lucy, l’amoureuse qu’il n’attendait plus, et Dimitri, son petit-fils adoré. Malheureusement, Rodney, séparé de la mère de Dimitri, Sarah, ne veut plus que son père voit son fils, en raison de l’influence qu’il exerce sur lui ».  Qu’est-ce qu’il écrit bien ce torontois qui sait rendre les tourments de l’âme. C’est une des belles surprises de la rentrée. Et aussi quelle belle variation sur le thème des familles recomposées et les enjeux qu’elles subissent.

Pour l’amour de Dimitri. Didier Leclair. Indociles 218p.    www.editionsdavid.com

 

 


 


Les tourments du mentor jardinier


Michèle Matteau débarque avec Le long hiver du jardinier qui est en fait le tome 3 de deux précédents romans, « Du chaos pour une étoile » et « Avant que ne tombe la nuit ». C’est le printemps. Florence demande à Léandre de lui enseigner les premiers rudiments du jardinage. Si les enseignements du mentor se limitaient à ça. Avec la saison d’hiver Léandre se trouve seul avec ses pensées. Surtout qu’il a eu connaissance du journal de sa protégée qui relate les impressions de son apprentissage. Elle le hante totalement. Bref, il n’a pas l’esprit au repos. C’est tout le talent de l’écrivaine qui se double d’être poète et qui parvient à se mettre dans la peau de cet homme sensibilisé par les événements. C’est fichtrement bien écrit. Ah quel bonheur que la langue belle ainsi maîtrisée.

Le long hiver du jardinier. Michèle Matteau. Les éditions L’Interligne 259p.    www.interligne.ca

 

 


 


Yasmina Khadra investi le colonel Kadhafi

C’est un bel exercice de style qu’a réussi Yasmina Khadra en se glissant dans la peau du colonel Kadhafi dans ses derniers instants. Comment en arrive à penser un tyran de son espèce. Grande gloire de la Lybie, il aura fini caché dans une canalisation tel un rat pris au piège. La dernière du Raïs est une belle introspection de la mentalité d’un dictateur. Ça se dévore en un rien de temps. On voit très bien la grossièreté qui peut habiter un tel personnage qui gonfle ses ergots à ce point au mépris de tout le reste. Après le dernier chapitre, on ferme le livre en ne regrettant pas un seul instant la disparition de ce despote.

La dernière nuit du Raïs. Yasmina Khadra Julliard 207p.    www.laffont.ca

 

 


 


L’Union fait la force

Nathalie Courville a une longue feuille de route dans le monde de l’organisation des affaires. Elle est professeure associée à la Chaire de gestion des arts Carmelle et Rémi-Marcoux des HEC de Montréal. Elle partage le fruit de ce qu’est l’alliance avec des partenaires dans un but commun. Cela donne Créer des partenariats gagnants. Tout y passe, de la commandite aux rapprochements stratégiques. Cet ouvrage a le mérite de vulgariser des notions simples à saisir. Cette connaissance des faits évitera à plusieurs gestionnaires des faux pas.

Créer des partenariats gagnants. Nathalie Courville. Les éditions Transcontinental 214p.     www.tcmedialivres.com

 

 


 


Une amie trouble et envahissante


Pour preuve que D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan est un roman très fort, il est en lice de la première sélection pour le Goncourt. Comme le titre l’indique, ce pourrait être inspirée par un événement autobiographique, au conditionnel car la romancière laisse planer un doute. Ici elle se met en scène dans sa rencontre avec une femme surnommée « L » qui est « nègre » dans le monde de l’édition. Qui au départ est sympathique comme tout, au point où une amitié naîtra. Puis tout à coup changement de ton, cette nouvelle venue va se trouver à empoisonner la vie de l’écrivaine. C’est un thriller dans le droit fil d’un Stephen King que l’écrivaine considère au plus haut point. Ici on tutoie l’excellence.

D’après une histoire vraie. Delphine de Vigan. JC Lattès 479p.    www.editions-jclattes.fr

 

 


 


Une grande enquête d’Armand Gamache

Louise Penny seule auteure à avoir décroché cinq fois le prix convoité Agatha, a fait également l’éloge du New York Times à propos de son dernier opus Un long retour où on peut lire ceci « Un regard grave sur la fragile bonté de la nature humaine et la ténacité du mal ». Ici, le personnage d’enquêteur fétiche de la romancière, Armand Gamache, croit pouvoir couler des jours heureux depuis qu’il a pris congé de la direction de la section des homicides de la Sûreté du Québec. Mais son repos sera de courte durée puisqu’une amie, Clara, s’inquiète d’être sans nouvelles de son mari. Cette dernière avait convenue de se séparer de son époux pour un an, mais le délai passé, nenni, plus rien. Et il serait dans la magnifique région de Charlevoix. Une petite équipée dans ce coin du Québec, permettra au limier d’en connaître davantage sur la nature humaine. S’il croyait en connaître un rayon à ce chapitre, il découvrira qu’il n’en était qu’à la maternelle,. Là il fera son doctorat sur la notion de bien et de mal. Captivant, est le mot approprié.

Un long retour. Louise Penny. Flammarion Québec 442p.    www.flammarion.qc.ca

 

 


 


Une maison jaune et son fantôme

Une jolie historiette pour les jeunes têtes, celle de Magalie et son fantôme de Carole Dion. Il y a eu un décès dans la maison jaune. Ce qui intrigue beaucoup notre héroïne car on parle de l’existence du fantôme du défunt. Les interrogations de la petite, sont diversement appréciées par ses amis. En plus, un nouvel arrivant du Congo intègre le cercle des potes. Que de choses à orchestrer pour Magalie qui s’en sort toujours bien, comme de raison.

Magalie et son fantôme. Carole Dion. Les éditions L’Interligne 115p.   www.interligne.ca

 

 


 


Le bel hommage rendu Pauline Lapointe par sa sœur


Vous pouvez imaginer un seul instant le nombre de livres qui nous passe entre les mains. Mais l’émotion est toujours au rendez-vous. C’est ainsi qu’un lecteur de notre équipe a souvent été étranglé de sanglots à la lecture de Pauline et moi écrit par la comédienne Louise Portal qui brosse un portrait de sa sœur, Pauline Lapointe elle aussi comédienne et morte du cancer. Ça n’a pas été une relation facile entre les deux sœurs. Même que durant les cinq dernières précédent sa mort, Louise Portal avait rompu les ponts avec sa jumelle. Ce n’est que sur le lit de mort de Pauline que Louise a pu enfin l’approcher, mais cette dernière était inconsciente. Oh la vie de famille! Il faut dire que Pauline Lapointe qu’on a pu apprécier entre autres dans le film La Florida, était une excessive, portée sur l’autodestruction. Sans doute trop de sensibilité à fleur de peau. Des pages bouleversantes. On ne sort pas de cette lecture indemne.

Pauline et moi. Louise Portal. Druide 259p.    www.editionsdruide.com

 

 


 


Toute une petite brique

Le format à commencer est intriguant. C’est un gros livre de poche de plus de 800 pages touffues. Son titre La fiancée américaine. C’est assez spécial, au point que Pierre Foglia a craqué en disant que c’était pour lui un grand bonheur de lecture. Il n’est pas le seul. Il est doublement lauréat du Prix des libraires et celui des collégiens. Ça raconte le vécu d’un gars qui a une mère éblouissante qui va accoucher de lui…durant la messe de minuit alors qu’elle était figurante dans la crèche vivante. Le père lui se trouvait à être le plus beau mâle de Rivière-du-Loup et amoureux fou de sa femme. Madame passera à l’histoire pour son gâteau renversé à l’ananas. Le décor est planté. Et ajoutez la plume et l’imagination furibonde du romancier, vous avez là un matériau de choix. On comprend après lecture, pourquoi ce concert d’éloges.

La fiancée américaine. Éric Dupont 877p.   Éditions marchand de feuilles 877p.     www.marchanddefeuilles.com

 

 


 


Gay…té parisienne

Le soulèvement de la droite contre le mariage pour tous en France a marqué durablement Charles Dantzig qui dans son Histoire de l’amour et de la haine fait de l’homosexualité le corpus central de son histoire, avec des hommes qui s’aiment, d’autres qui les détestent au nom du concept de normalité. L’écrivain est un peu dévasté par cette France et surtout sa capitale dont il craint qu’elle est perdue son esprit, sa légèreté qui lui conférait sa singularité. Il n’a pas son pareil pour rendre les émotions d’un homme qui éprouve l’amour qui n’ose dire son nom comme disait jadis l’écrivain François Porché. Oui, le monde a vraiment changé.

Histoire de l’amour et de la haine. Charles Dantzig. Grasset 475p.  

 

 


 


Un homme métamorphosé

Que dites-vous d’un soldat désabusé qui tel un suicide qui n’oser dire son nom, se rend en territoire ennemi, avec l’espoir peut-être abattu et que s’arrête ainsi le cirque de son existence ? C’est le point de départ d’une vie rocambolesque, dans Réparer le monde de A.B. Winter. Le militaire sera fait prisonnier. Et un jour que voit-il dans le coin de sa cellule assis en position du lotus ? Nul autre que le fils du dictateur en personne qui vient le convertir en lui faisant des lectures de ce livre de sagesse « Un cours en miracles ». Qui finira par opérer sur le prisonnier une métamorphose insoupçonnée. Tout une fable en somme. Le lecteur sera interpelé sur les échelles de valeur actuelles.

Réparer le monde. A.B. Winter. Flammarion Québec 289p.    www.flammarion.qc.ca

 

 


 


Machine a adoptions en République dominicaine

La très respectée Isabelle Hachey journaliste à la Presse, deux fois lauréate du prix Judith-Jasmin et du prix Jules-Fournier pour sa contribution à la qualité de la langue française, se fend ‘une enquête sur un système d’adoptions dans les années 80 en République dominicaine, précisément à Hato Mayor. Des couples infertiles québécois adoptaient de concert avec une organisation bien rodée, des enfants de ce pays des Caraïbes. Déracinés montre une facette moins mis de l’avant, à savoir ce qu’il en était de ces jeunes arrachés à leur pays, leur culture. On ne les entend jamais. La journaliste donne une voix à ces 200 enfants à travers quelques témoignages qui nous font sortir des clichés habituels.

Déracinés. Isabelle Hachey. La Presse 225p.    www.editionslapresse.ca

 

 


 


Comprendre la démarche de Paul-Émile Borduas

L’année 2015 est marquée par deux anniversaires, le 20ème anniversaire du Musées des Beaux-Arts de Mont-Saint-Hilaire et le 110 ème anniversaire de la naissance de Paul-Émile Borduas. L’Historien Pierre Lambert nous offre cette fois une monographie du disciple d’Ozias. Borduas le rebelle de Saint-Hilaire est une exploration en résumé de la vie et de l’œuvre de ce peintre singulier. On assiste à l’enseignement reçu et par la suite comment du figuratif il en arrivera à s’exprimer par le biais de l’automatisme. Comment à sa façon il sera un contestataire à sa façon de l’ordre établi par l’ancien premier ministre Maurice Duplessis. On appréciera le soin mis par l’éditeur pour l’iconographie intéressante et commentée. Du beau travail.

Borduas le rebelle de Saint-Hilaire. Pierre Lambert. Marcel Broquet éditeur 104p.   www.marcelbroquet.com

 

 


 


Une terrible lucidité politique

S’il y a un essai que au-dessus de tout, c’est bien ce cri de colère de Christian Saint-Germain professeur de philosophie à l’UQAM intitulé L’avenir du bluff québécois. Son thème, l’illusion nationaliste. L’auteur en a jusque là des bouffons et des être vénaux qui ont pour nom politiciens qui pigent allègrement dans le buffet des finances publiques, certains entretenant avec cynisme le goût du pays. Gloire à celui qui en ces quelques lignes remet les pendules à l’heure. Répandez la nouvelle, cette plaquette va au moins vous assurer un défoulement total. Toute vérité est bonne à dire.

L’avenir du bluff québécois. La chute d’un peuple hors de l’Histoire. Christian Saint-Germain. Liber 86p.   

 

 


 


Bataille de clans nippon

Si la culture des samouraïs vous passionne, voici un roman rudement bien ficelé de Geneviève Blouin « Hanaken » une série d’ouvrages en fait dont voici le tome qui a pour nom « Le sang des samouraïs ». Ce sont deux clans qui s’affrontent, les bons et les méchants pourrait-on simplifier ainsi. Comme la romancière est férue d’arts martiaux, elle s’en donne à cœur joie avec ces batailles épiques au temps des Shogun.

Hanaken. Le sang des samouraïs. Geneviève Blouin. Phoenix 221p.   www.editionsduphoenix.com

 

 


 


Souvenirs d’une morte vivante


Voici un étrange roman La Terre qui penche de Carole Martinez lauréate du Goncourt des lycéens pour son roman Du domaine des Murmures. C’était en 2011. Depuis elle ne cesse de prendre sa place, méritée, dans le monde des lettres. Surtout qu’elle semble aimer surprendre avec des exercices de style pas très faciles comme dans ce dernier arrivage où elle met en scène une fillette de douze ans, Blanche, morte à douze ans en 1361. Et ici son âme passe de l’état  où il se trouvait au moment de son décès à celui d’une vielle âme. Une seule narratrice se raconte dans cette époque d’exaltation des sentiments. L’écrivaine possède très bien la culture médiévale. Ce pourrait faire un film fantastique assez fabuleux. Que les scénaristes confrontés au drame de la page blanche aillent voir de ce côté-ci.

La Terre qui penche. Carole Martinez. Gallimard 366p.

 

 


 


Un père et sa fille attirés par l’horreur et le mal

Sans être une boule de cristal, on ne risque rien à parier qu’Intérieur nuit de Marisha Pessl risque d’être LE roman de cette rentrée. Tout simplement parce que la trame de fond consiste dans la présentation d’un père réalisateur de films d’horreurs, Stanislav Cordova, et sa fille, Ashley, qu’on a retrouvée morte, et dont on a conclu que c’est un suicide. Ils avaient en commun d’être attirés par l’horreur et le mal. Il y a entre eux, un journaliste d’enquête, Scott McGrath qui s’était déjà essayé à enquêter sur la personnalité trouble du paternel et qui l’a payé fort cher tant dans sa vie professionnel qu’intime. Mais ces défaites ne l’arrêtent en rien qui recommence à vouloir en connaître sur ces deux êtres maléfiques et surtout ce qu’il en est réellement du décès de la femme. Et comme pour donner plus de poids à l’affaire, le livre est parsemé de références à l’actualité. Ce sont des pages qui explorent la part sombre de l’humain.

Intérieur nuit. Marisha Pessl. Gallimard 714p. 

 

 


 


Le coin Miam miam

Un court mot pour vous signaler l’arrivée en librairie du guide Restos Montréal 2016 de Marie-Claude Lortie. L’avantage avec cette publication, c’est que si on a raté une critique de resto dans l’édition du samedi de La Presse, on a des chances de la retrouver ici dans ces pages. Mais à la différence que sont regroupés que les coups de cœur positifs de la dauphine de Françoise Kayler. Aux éditions La Presse. Cette fois aux éditions Caractère, c’est Florence-Léa Siry qui présente L’art de cuisiner sans gaspiller ni se ruiner. Elle a fait sienne cet adage du monde de la restauration au sujet du gaspillage qui veuille que les profits se retrouvent souvent dans les poubelles. C’est tout un ensemble de conseils judicieux sur la manière de ne rien perdre. Ainsi comment traiter l’aubergine ou de faire soi-même ses boissons gazeuses. Elle a même une expression savoureuse, à savoir réaliser un sandwich Touski (abréviation de tout ce qui reste). Vous trouvez là 250 canevas de recettes et 90 aliments passés en revue. On vous le dit tout de go, n’éloignez jamais très loin ce grand bouquin si commode qui vous aidera à améliorer votre coup de la vie.

 

 


 


Le coin santé physique et psychique

C’est Patrick Cady qui le dit. Ce psychanalyste nous apprend dans Comment aider votre psy à réussir votre psychothérapie que pour qu’une thérapie réussisse, c’est un exercice mental qui se joue à deux. Et il décortique toute la dynamique entre le soignant et la personne qui s’allonge sur le divan. C’est riche d’enseignements et ça aide à se préparer en vue de ces rencontres cruciales. Le grand mérite de cette petite plaquette, c’est que ce professionnel ne part pas dans de grandes théories à l’emporte-pièce et qu’il s’adresse à ses lecteurs en termes simples. C’est publié chez Liber.

Dans un tout autre registre, avons-nous pu imaginer un seul instant que des enfants puissent s’adonner au yoga ? C’est possible et souhaitable en suivant les instructions de cette initiation dû au tandem formé par Sophie Martel et Geneviève Raymond dans Yogamusant sur des illustrations amusantes d’Amandine Gardie. Chaque posture est bien expliquée avec l’utilité du geste. C’est aux éditions Caractère.

 

 


 


Quels sont les classiques de notre littérature ?


C’est une question un peu piégeant mais à laquelle ont fait face Sylvain Campeau et Patrick Moreau qui ont fini par fixer leur choix sur Quinze classiques de la littérature québécoise. Des choix évidemment arbitraires, mais ils ont soumis leur choix final à leurs pairs du corps professoral en littérature qui ont approuvé et qui commentent la sélection. Qui va des poésies de Nelligan, au libraire de Gérard Bessette et Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy. Chacun des contributeurs fait ressortir ce qui doit attirer l’attention dans cette lecture. Ainsi on apprend que lors de sa sortie, Bonheur d’occasion fut accueilli par la presse anglophone comme un des grands textes semblable à la littérature du XIXème siècle. C’est un cours de littérature comme on ne vous en offrira jamais un à l’école secondaire.

Quinze classiques de la littérature québécoise. Sylvain Campeau et Patrick Moreau. Fides 265p.     www.groupefides.com

 

 


 


Regards sur l’assujettissement des québécois à travers le livre


Il est évident que si la tendance se maintient notre identité culturelle, ç commencer par la langue française sera complètement submergée par la domination anglo-saxonne et le français parlé sera comparable à la situation actuelle en Nouvelle-Angleterre et en Louisiane. Entretemps, on peut prendre la mesure de notre asservissement en lisant cet essai coup de poing Une fabrique de servitude coécrit par MM. Roger et Jean-François Payette. Qui ont choisi un ouvrage, une émission de télé et une pièce de théâtre. Dans l’ordre, Un homme et son péché de Claude-Henri Grignon, La petite Vie de Claude Meunier et les Belles-Sœurs de Michel Tremblay. A partir de constats, ils élargissent la réflexion jusqu’aux politiques fédérales. Un livre exigeant qui est tel un miroir de ce que nous sommes.

Une fabrique de servitude. La condition culturelle des Québécois. Roger Payette et Jean-François Payette. Fides 289p.    www.groupefides.com

 

 


 


Annonceur de radio connu, père méconnu

Un livre étonnant de la rentrée est L’odeur des vieux papiers de François Jobin qui raconte l’histoire d’un fils, qui à la mort de son père annonceur de carrière, va fouiller dans les archives de ce dernier, textes et bandes sonores. Et là il découvre ce paternel. Et ce sera pour lui une véritable secousse psychologique. Ce qu’il y a de remarquable dans cet exercice dont on ne sait pas trop s’il relève du récit, car on ne mentionne pas que c’est un roman, c’est que c’est aussi un véritable album d’une culture radiophonique du passé avec des mises en contexte comme le fameux Café des artistes tout à côté où se trouvaient l’immeuble de Radio-Canada dans l’ancien Hôtel Ford. Nostalgie quand tu nous tiens. Nous recommandons fortement sa lecture, ne serait-ce que pour honorer notre devise, « Je me souviens ».

L’odeur des vieux papiers. Fran^çois Jobin. A l’étage 196p.   

 

 


 


Un adulescent québécois qui se cherche

Nous avons trouvé un jour ce néologisme « adulescent » qui désigne quelqu’un qui a de la difficulté à sortir de l’adolescence et faire son entrée dans le monde adulte. C’est le cas du protagoniste du premier roman de Marie Eve Gosemick « Poutine pour emporter ». Il se nomme Fred Proulx. Diplômé en génie informatique et originaire de Rimouski, il étouffe un peu dans le Bas-du-Fleuve. Il va se rendre en France pour vivre la belle aventure dans l’Hexagone. Mais manque de chance, il est viré. Le retour au point de départ sera douloureux. Qu’à cela ne tienne, il refait ses bagages, cette fois en direction de la Colombie. Un déplacement qui ne sera pas vain si on en juge par les belles rencontres au féminin qui vont peupler son univers. Mais si le gars est sorti de son Québec, il traîne avec lui une mélancolie qui ne le quitte pas. Un québécois errant ? Pour une entrée en littérature, chapeau, ça promet. Surveiller cette romancière qui au noviciat pour l’instant risque de gravir les échelons de la communauté littéraire.

Poutine pour emporter. Marie Eve Gosemick. Stanké 238p.    www.edstanke.com

 

 


 


Dans la peau d’un Croisé

Le très respecté Max Gallo académicien en titre, a vampirisé un Croisé de la première croisade, Guillaume de Thorenc, tentant l’exercice de se mettre dans la peau de ce chevalier qui part défendre la Foi chrétienne chez les musulmans. Nous sommes en l’an 1095 de notre ère. Ce qu’il y a de bien dans cet exercice de style c’est que Dieu le veut nous plonge dans cette exaltation religieuse de ceux qui prétendent détenir la vérité. Et à l’heure où ce sont maintenant les djihadistes qui partent en croisade, c’est intéressant de voir ce qui leur passe par la tête. Ici notre croisé est peuplé de doutes sur sa mission. L’épée pour imposer la Foi n’est pas une sinécure.

Dieu le veut. Chronique de la première croisade. Max Gallo XO éditions 198p.    www.xoeditions.com

 

 


 


L’ombre d’un romancier suicidé


Sur le bandeau qui ceinture Juste avant l’oubli d’Alice Zeniter on peut voir la jolie frimousse de la romancière, grands yeux brillants et lèvres ourleuses peinturlurées d’un rouge signifiant. Qui en dit long sur la vitalité de cette écrivaine qui débarque en cette rentrée avec un roman captivant. Au point de départ c’est un écrivain de polar en renom, Galwin Donnell qui s’est jeté du haut d’une falaise dans une île des Hébrides. Et comme il en va des écrivains à notoriété, une cohorte de spécialistes viennent comme en pèlerinage pour commenter la vie et l’œuvre de l’homme de lettres. Comme Émilie qui pond une thèse sur lui et qui organise des journées d’études à son sujet. Elle a demandé à ce que son âme sœur Frank vienne la retrouver. Tout à son enthousiasme d’amoureux, lui il ambitionne de finir ses jours avec elle. Mais vous verrez que la situation va se présenter autrement. L’ombre du romancier plane. Bon ou mauvais esprit ? A vous de découvrir ce titre captivant.

Juste avant l’oubli. Alice Zeniter. Flammarion 285p.  

 

 


 


Au temps de l’horrible Colborne


Vous ne savez pas qui est John Colborne ? Tout simplement un triste sire, commandant de l’armée anglaise en Amérique, qui dévasta nombre de villages québécois, mettant le feu tant aux maisons qu’aux fermes pour asseoir la domination britannique. Nous sommes alors en 1837. C’est tout le talent d’Anne-Marie Sicotte qui nous arrive avec le tome 2 de la saga des tuques bleues « Le règne de la canaille ». C’est un gros pavé, presque une épopée qui déroule sous nos yeux. Sa formation d’historienne aurait pu la porter vers un livre historique proprement dit, avec faits et dates. Elle a plutôt opté pour la voie romanesque et avec la vision de l’histoire du point de vue du petit peuple. A travers Vitaline et son mari Florentin, c’est un chapitre de notre passé qui s’étale. Qu’ils étaient vaillants nos aïeux!

Les tuques bleues. Tome 2 Le règne de la canaille. Fides. Anne-Marie Sicotte 685p.     www.groupefides.com

 

 


 


Deux romans prenants chez Québec-Livres


Québec-Livres qui se spécialise surtout dans les ouvrages de croissance personnelle et de spiritualité, s’ouvre de plus en plus aux romans. Et c’est tant mieux pour nos auteurs. Surtout lorsqu’ils sont talentueux comme ces deux titres qui nous parviennent. D’abord Un passé gênant d’Isabelle Larocque. C’est un suspense enlevant C’est une psychologue qui est demandé au bureau du directeur de l’école où elle est de service. Sauf que ce n’est pas le directeur qui l’accueille…mais sa dépouille. D’autres meurtres suivront. Et là, la romancière habile nous apprend que la psy cache un passé, même assez lourd. Évidemment on ne vous en dévoile pas la teneur pour ne pas vendre la mèche et gâcher votre plaisir.

Puis autre climat avec Justice informelle fruit de l’imagination de Jo Lamberto. Et ça démarre bien pour lui qui fait ainsi son entrée dans le monde des lettres. Un baptême réussi. Parce que l’histoire est forte. Alors qu’il était enfant, Robert, voit son père condamné injustement car il était une couverture pour des notables sans scrupules. Le paternel choisira alors de se donner la mort. Quel choc pour le garçonnet qui en grandissant prend sur lui de le venger. La vengeance est un plat qui se mange froid dit-on. On en a ici la plus parfaite illustration. Et en marge de ce projet, des crimes sont commis. Un enquêteur, et vous verrez lequel, se charge d’élucider cette saga funeste avec au-dessus de lui des autorités qui veulent en découdre trop rapidement.

 

 


 


Une double vie

La dernière nuit de Jeanne est un roman au thème assez spécial. Une femme vit ses dernières heures sur son lit d’hôpital. Ses quatre enfants accourent pour partager ces derniers instants. Et comme ça se passe souvent, émotion aidant ou pas c’est selon, on en profite pour déballer ce qu’on a dans le nez. Mais la mourante n’est déjà plus là, son corps astral si on veut s’exprimer ainsi, est déjà occupé ailleurs en compagnie d’un beau jeune homme. Intriguant ? Et comment donc. Ça prend bien un homme issu du monde du théâtre Gilles Vilmont pour nous entraîner dans ce sillage magique. Ceux qui ont une frousse de la mort trouveront dans ces pages de quoi s’apaiser. Les enfants ont beau décharger leur fiel, qu’importe, maman vit un méchant beau « trip ». Difficile de qualifier ce roman sinon de souligner qu’en termes de narration, l’auteur tutoie l’excellence. Vous dire qu’on a aimé est un euphémisme.

La dernière nuit de Jeanne. Gilles Vilmont. Éditions La Semaine 279p.    www.editions-lasemaine.com

 

 


 


Une expropriation sauvage mémorable en Gaspésie

Notre devise au Québec est « Je me souviens » mais on a la fâcheuse habitude d’oublier très rapidement. L’historienne Aryane Babin choquée par cette affaire de L’expropriation du territoire de Forillon a pris sur elle qu’on se souvienne de ce qui fut la sauvagerie orchestrée pour implanter le premier parc national fédéral au Québec en 1970 sur un territoire immense de 244 kilomètres carrés. Pour arriver à leurs fins, les autorités ont exproprié 325 familles, souvent sous la menace. Une sordide histoire qu’il fallait bien raconter par le menu. C’est chose faite. Le plus triste aura été la dépossession de leur lieu de vie à bien des gens qui y étaient enracinés.

L’expropriation du territoire de Forillon. Les décisions politiques au détriment des citoyens. Aryane Babin. Presses de l’Université Laval 158p.    www.pulaval.com


 


 


Le pouvoir imposé par le Canada colonial

La notion de leadership diffère passablement selon que l’on soit blanc canadien et membre des Premières Nations. Et quand le gouvernement canadien délègue des responsabilités comme ce fut le cas avec les Inuits du Nunavik, le mandat est accueilli et interprété différemment de la part de ceux qui se voient investis de responsabilités à la sauce fédérale et de manière colonialiste. C’est tout cet enjeu dont traite l’anthropologue Caroline Hervé dans Le pouvoir vient d’ailleurs qui est un regard sur le leadership et la coopération chez les Inuits du Nunavik. Cette thèse de doctorat a valu à son auteure le Prix du livre politique de l’Assemblée nationale du Québec  Elle est présentement la directrice générale de Saturviit, l’association des femmes inuites du Nunavik.

Le pouvoir vient d’ailleurs. Caroline Hervé. Presses de l’Université Laval 437p.    www.pulaval.com

 

 


 


Jean d’Ormesson, la fine fleur de la pensée


C’est toujours un baume pour l’esprit de lire du Jean d’Ormesson qui est un peu comme le mémorialiste de son temps. Il nous gratifie d’un pavé de près de 700 pages Dieu, les affaires et nous qui rassemble des chroniques écrites au Figaro dont il fut le grand patron. D’abord peu importe la position que l’on prend par rapport au sujet qu’il traite, on est ébloui par le style qui fut le sien dès le départ en carrière. Il a pu se tromper sur des appréciations historiques ou sur des individus, mais on lui accorde toutes les indulgences quand on sait qu’il n’est habité d’aucune prétention à détenir la vérité. Ensuite on appréciera, et on l’oublie, trop obnubilé par son image de mondain de feux-follet des salons, qu’il est un être engagé qui n’a pas peur de prendre position. Il a ses détestations qu’il ne cache pas. Il est tout sauf la langue de bois. Beaucoup de nos journalistes québécois de maintenant devraient se faire un devoir impératif de le lire. C’est une classe de maître à chaque ligne.

Dieu, les affaires et nous. Jean d’Ormesson. Robert Laffont 662p.   www.laffont.fr

 

 


 


Le patrimoine linguistique québécois


Preuve qu’une langue évolue, on réédite Trésor des expressions québécoises de Pierre DesRuisseaux. Revue et augmentée cette parution regorge de trésors linguistiques bien chez nous qui étonnent tellement nos cousins de l’Hexagone. Par exemple l’expression apprendre par oreille ou le mors au dent ou mort de rire, des ensembles de mots qui sont très colorés. L’auteur a fait un travail remarquable pour colliger toutes ces merveilles dont il donne pour chacun une définition et une source littéraire qui l’a utilisé. Instructif.

Trésor des expressions québécoises. Pierre DesRuisseaux. Fides 380p.  

 

 


 


Deux beaux bijoux poétiques aux éditions du passage


Heureusement que les poètes existent pour nous faire décoller de terre et nous emmener dans leurs univers. Deux poètes se signalent en cette rentrée qui publie tous deux de courts recueils aux éditions du passage. Le premier porte la signature de Sara Dignard « Le cours normal des choses » les thèmes de l’espace et du temps qui passe sont récurrents. Extrait « D’un mouvement à peine audible les glaces deviennent berges de mémoire je dénombre chaque heure dans un seau jusqu’à ce que la terre s’immerge ».  Au tour d’Antoine Dumas de nous emballer avec Au monde inventaire. Ce lucide qui ne tombe pas dans le désespoir, trouve au contraire à s’émerveiller de ce qu’il voit. Extrait « Il y a aussi la tendresse des louves et des douves pour se garder de l’impérialisme du disparaître ». 

 

 


 


Découvrir la Martinique et les Caraïbes


Aux grands guides d’origine parus chez Ulysse, on semble privilégier des petits formats de poche qui ont l’avantage de se glisser aisément dans les poches de nos vêtements et dans les bagages. La collection « Explorez » comptent deux titres forts intéressants Les Caraïbes et La Martinique On met de l’avant ce qu’il véritablement essentiel de connaître de ces contrées. Aves des suggestions de toutes sortes d’itinéraires, des adresses à retenir, que ce soit pour le shopping, se loger ou se nourrir. Bref, dans le genre on peut difficilement faire mieux. Avec de pareils guides on peut après coup dire qu’on a vraiment saisi l’âme d’un lieu.

 

 


 


La radicalisation et le terrorisme en sol canadien expliqué


Stéphane Berthomet est connu du grand public qui écoute les nouvelles à Radio-Canada car il est l’expert invité maison dès qu’un événement touchant au monde policier ou au terrorisme fait la manchette. Nous lui devons un précédent ouvrage « Enquête sur la police » publié chez VLB, qui fut remarqué et qui décryptait très bien l’esprit qui règne au sein des corps policiers, et la présence de ripoux. Il persiste et signe avec La fabrique du Djihad dans lequel il décortique la réalité de la radicalisation et du terrorisme au Canada. Souvent à entendre le premier ministre canadien, Stephen Harper, on croirait faire l’objet de menaces constantes. Épouvantail à moineaux ou réalité incontestable ? L’auteur fait la démonstration de l’utilisation qui est faite des réseaux sociaux.

La fabrique du Djihad. Stéphane Berthomet. Édito 209p.    www.editionsedito.com

 

 


 


De savoureuses propositions à la mijoteuse


Il s’est édité un grand nombre de livres de recettes réalisées à partir de la mijoteuse. Mais il est indéniable que ce qui a été et est publié aux éditions Broquet, font véritablement le tour complet des possibilités culinaires de cet accessoire devenu indispensable dans nos cuisines. Gina Steer est une virtuose de la mijoteuse qui nous donne à découvrir Recettes coups de cœur à la mijoteuse. Comme elle le mentionne en quatrième de couverture, le grand mérite de l’outil est qu’il simplifie la vie. Surtout pour nos contemporains qui manquent cruellement de temps et qui ont tout de même ce souci de bien manger. Dans son ouvrage on appréciera son riz aux poivrons et aux haricots rouges, tout comme ce rôti avec une sauce originale aux concombres.

Recettes coups de cœur à la mijoteuse. Gina Steer. Broquet 144p.    www.broquet.ca

 

 


 


Un livre qui garantit l’intelligence du savoir


Un membre de la rédaction en voyant Comment tout a commencé chez Sélection du Reader’s digest comment ce type de livre avait habité son enfance et que grâce à eux il avait appris tant de choses. Puis il le feuilleta devant nous, stupéfait de son niveau d’ignorance. Car qui est en mesure de dire pourquoi l’alphabet compte 26 lettres, pourquoi désigner les Inuits d’exkimos représente une insulte, comment est venue historiquement la fabrication du fromage. C’est vraiment une mine de renseignements. Rarement sort-on d’une lecture semblable avec un tel niveau de connaissances. On voit le soin que l’équipe de rédaction a mis pour captiver le lectorat. C’est un « must » qui devrait se retrouver non seulement dans toutes les bibliothèques scolaires et même plus, au programme officiel du ministère de l’Éducation. Et aux parents, c’est la plus belle transmission à communiquer à un jeune. Un peu d’érudition ne fait jamais de tort.

Comment tout a fonctionné. L’histoire secrète des événements qui ont fait notre monde. Sélection du Reader’s digest 320p.   www.groupemodus.com

 

 


 


Une gastroentérologue crée une petite vache sympathique


C’est absolument ravissant la démarche d’une gastroentérologue, Louise D’Aoust qui entre deux consultations donne naissance à un personnage attendrissant, en l’occurrence une petite vache, baptisée Fafounet à qui arrive toutes sortes d’aventures qui n’ont rien de dramatique, ou du moins en apparence, dont ce dernier album où elle se rend aux pommes, recueille ses provisions qu’on lui vole! Et de là de trouver l’être coupable d’un tel odieux forfait. Les illustrations charmantes comme tout sont d’Emanuel Audet.

Fafounet va aux pommes. Louise D’Aoust et Emanuel Audet. Éditions les malins   www.lesmalins.ca

 

 


 


Fé aime Félixe

Un titre un peu complexe, une histoire singulière Fé M Fé d’Amélie Dumoulin met en présence une fille originalement prénommée Fé qui va croiser sur sa route Félixe, tout ça à cause d’un pigeon sauvé par cette dernière. Et notre Fé qui ne serait jamais vu autrement aimer une fille va en pincer pour cette bonne samaritaine des volatiles. Ce qu’il y a d’attachement c’est que Fé qui parle d’elle à la première personne est très réalise et pas facile à faire coller de terre, tant le mode de vie des autres la heurte. Mais avec Félixe tout est maintenant de l’ordre de la rédemption. Une énième mais très jolie variation sur le thème de l’amour.

Fé M Fé Amélie Dumoulin. Québec-Amérique coll. Titan 224p.   
www.quebec-amerique.com

 

 


 


Une jeune femme qui honnit la vie ordinaire


Le merveilleux dans le monde des lettres c’est que la routine est inexistante et on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Ainsi a été notre surprise de tomber sur Le Grand Galop de Marie-Noëlle Gagnon dont la protagoniste, très entière, refuse la vie telle qu’elle se présente. Et comme elle dit, elle ne sait pas vivre sans laisser son imagination la précéder. Et de l’imagination elle en a à revendre. Son problème c’est que tout ce qui s’élève retombe et des hauteurs de ses rêveries elle est vite ramenée à l’ordinaire des jours. Il y a quelque chose d’émouvant dans cette pathologie du plate quotidien. C’est tout le mérite de l’écrivaine de vampiriser ainsi l’esprit de cette femme qui mature difficilement. Beaucoup de lecteurs se reconnaîtront dans la partie des rêveries. Oh douloureux plancher des vaches!

Le Grand Galop. Marie-Noëlle Gagnon. Québec-Amérique 150p.    www.quebec-amerique.com

 

 


 


Polar intellectuel sur la puissance du langage


Imaginez un instant. Vous auriez entre les mains, la possession d’un document confidentiel qui révélerait la clé de La septième fonction du langage qui permettrait à son détenteur de pouvoir convaincre n’importe qui. Et ce faisant, un tel manuscrit intéresse pas mal de gens. Voilà la trame de ce nouveau roman de Laurent Binet qui a pris racine autour du mythe qui veuille que le philosophe Roland Barthes, mort renversé par une voiture, aurait été en réalité tout bonnement trucidé. L’imagination s’enflammant au sein de l’intelligentsia parisienne, le romancier fait intervenir un enquêteur, Bayard assisté d’un sémiologue, qui vont faire la tournée des sommités pensantes de la capitale. C’est un drôle de bouquin qui en même temps tiendrait presque de l’essai sur la vie intellectuelle en France. C’est écrit avec brio avec des fulgurances qui arrache notre admiration. Rappelons que Binet a remporté pour sa première ponte, le prix Goncourt du premier roman ce qui est toute une consécration.
La septième fonction du langage. Laurent Binet. Grasset 495p.   www.grasset.fr

 

 


 


Les confessions du rédacteur en chef de la revue Liberté


C’est un petit livre dont on regrette qu’il n’ait pas plus de pages tellement on est comme oxygéné de lire un type qui dit les choses comme il les pense. Confessions d’un cassé de Pierre Lefebvre est un récit de son rapport à l’argent. Il est d’une transparence confondante. Comme lorsqu’il avoue à la face du monde avoir volé énormément de ses employeurs, en les nommant d’ailleurs. Quel courage. C’était en général un retour d’ascenseur pour des patrons d’une vulgarité sans nom. Comme celui de l’Entrepôt du livre qui lorsqu’il voit son c.v. lui dit « Aie on n’est pas des intellectuels icitte, on vend des livres » Vous pensez bien que le narrateur s’est constitué d’une solide bibliothèque aux frais de l’établissement. Cette lecture est jouissive. Vite un tome deux de vos mémoires monsieur. C’est salutaire dans un monde où le mensonge est le ciment de la vie sociale.

Confessions d’un cassé. Pierre Lefebvre. Boréal 160p.    www.editionsboreal.qc.ca

 

 


 


Stephen Harper intime, portrait d’un psychorigide


En cette période de campagne électorale, s’il est un ouvrage à lire absolument est ce portrait décapant du premier ministre canadien Stephen Harper réalisé de main de maître par John Ibbitson. Une biographie non autorisée qui lève le voile sur cet homme qui dresse tellement de barrières derrière lui et qui à sa façon a réinventé le mot contrôle. A un point obsessionnel. On découvre ce que l’on appréhendait, à savoir qu’il a peu d’empathie pour les autres au point d’avoir une difficulté à aller au devant des autres. Serez-vous surpris de savoir qu’il dîne seul dans son bureau, avalant des plats qu’il se fait livrer dans des contenants Tupperware! C’est un être humainement inintéressant. L’auteur qui est journaliste au Globe and Mail a obtenu maintes confidences qui nous donnent un éclairage fantastique dont le passage au gouvernement aura contribué comme jamais à ternir l’image du Canada dans le monde. Une fois la dernière page terminée on sait tout de suite pour qui ne pas voter.

Harper. Un portrait. John Ibbitson. Les éditions de l’Homme 603p.  

 

 


 


Médium et fourbe richissime chez Recto Verso


Deux romans et deux ambiances différentes chez l’éditeur Recto Verso. D’une part Marylène Coulombe qui est médium, donne toute la place à Pénélope qui est médium dans Pénélope médium. C’est le troisième tome mettant en vedette ce personnage intitulé « Le médaillon ». Dans ce dernier volet on lui remet une lettre de son grand-père qui lui transmet un secret post-mortem. Qui l’obligera à se rendre à Salem, la ville américaine rendue célèbre par ses célèbres sorcières de jadis. Et sur place elle ne sera pas au bout de ses surprises.

Autre climat avec Le dernier jour de l’Amérique de Jean-François Benoit. C’est la suite pour ceux qui l’aurait lu du « Dernier jour d’Adolf ». Nous voyons l’agent Patrick qui est contraint par un veule richissime, Kurt Goldstein, à dérober des œuvres d’art de grande valeur. Il maudit cet être de toutes ses forces. Mais la vie fait tout de même bien les choses, car il n’est pas le seul à être habité par cette détestation. Il fera la connaissance de trois femmes qui ont été victimes de ce triste sire. Ensemble, ces derniers fomenteront une vengeance à la hauteur de l’individu. Ce pourrait être une formidable histoire pour le cinéma. Avis aux scénaristes en panne de sujet. A défaut, nous avons ce livre et à l’imaginaire à qui il fait place.

 

 


 


Un architecte à la défense de son œuvre


Voici un livre qu’apprécierait Phyllis Lambert la richissime défenderesse du patrimoine montréalais et fondatrice du Centre canadien d’architecture. Car dans La dernière œuvre de l’architecte de Nigel Packer il est question d’un architecte septuagénaire, Otto, qui voit une de ses créations, le Marlowe House, voué au pic des démolisseurs sous le prétexte d’être un édifice démodé. L’architecte ne l’entend pas de la même façon et dès lors entend défendre son immeuble chéri becs et ongles. Entretemps, retour sur son passé il entreprend un voyage qui va passablement le remuer. Ça frise presque le chef-d’œuvre. Car il est touchant cet Otto qui se bat contre le diktat de la modernité à tout prix. Une belle détermination qui en fait un beau personnage.

La dernière œuvre de l’architecte. Nigel Packer. Terra Nova 331p.    www.editions-terranova.com

 

 




 


Le coin santé physique et psychique (1)


Les sept livres qui suivent sont publiés chez AdA. Le meilleur qualificatif que l’on pourrait trouver pour décrire au mieux Rester forte de Demi Lovato ce serait le bréviaire de la force. Car on se rappellera que jadis, les religieux s’astreignaient à une lecture quotidienne du bréviaire, sorte de recueil de pensées spirituelles. C’est le même principe, sauf que les sources sont diverses, Une pensée chaque jour venant autant d’un Walt Whitman, que de Leonard Cohen ou bien Coco Chanel. Des gens qui ont eu du vécu et qui nous le partage.

De leur côté Karl Dawson et Kate Marillat ont écrit à quatre mains Transformez vos croyances et vous transformerez votre vie. Partant du fait que dans la vie on traîne une éducation formatée tout comme un tas de principes qui nous paralysent plus qu’ils nous font évoluer, les auteurs nous disent de faire table rase et de s’écouter davantage. Ils ont développé une méthode dite d’encodage de la matrice pour aider à chasser les phobies qui les habitent. En conclusion on soutient que si on parvient à changer nos pensées nous pouvons alors tout changer.

Le guide des relations de Shakti Gawain et Gina Vucci. Ces deux là animent plusieurs ateliers de croissance personnelle. Et au cours des rencontres ils puisent dans leurs fors intérieurs des individus pour trouver l’essence de leur personnalité. Car leur expertise les ont amené à cette grande constatation que l’humain ne se dévoile jamais totalement.

Encore une fois c’est un autre duo, Leta Herman et Jaye McElroy qui cosignent L’énergie de l’amour où comment appliquer la méthode des cinq éléments pour métamorphoser une attirance en une véritable connexion. En somme c’est le triomphe de la volonté, le fameux qui veut peux. Et qui s’applique ici au champ de l’amour quand on met l’être convoité sur un piédestal, se croyant indigne d’attirer son attention. Il est écrit dans ses pages que nous détenons des forces énergétiques et comment s’en servir.

Duo toujours, et quel tandem, celui formé par le célébrissime Dr. Wayne W. Dyer et Esther Hicks avec La cocréation à son meilleur. Ces deux penseurs se sont assis pour poser vous bien…des questions à Abraham. Et mieux encore ils obtiennent des réponses en regard de toutes les interrogations qui assaillent les terriens. Encore une fois pour puiser en soi des lignes de force. Bridget Benson Si nous auteurs précédents engagent un dialogue avec Abraham, celle-ci communique avec l’Au-delà. Cette médium irlandaise en connaît un rayon sur la mort imminente et met en relation des gens avec leurs défunts. Nous sommes toujours à vos côtés fait la démonstration que d’où ils se trouvent les âmes d’En-Haut nous envoient des messages de réconfort à décoder.

Le leadership si rare de nos jours, où sont nos Winston Churchill et De Gaulle de notre époque ? Louise Leroux coach professionnelle de son état élabore sur la relation entre Bonheur et leadership dans son guide d’auto-coaching. Outre les théories qu’elle nous nous fait partager généreusement, il y a aussi des tests d’évaluation qui sont d’une rare introspection. Ainsi au final, vous avez un portrait fidèle de votre niveau. 

 

 






 


Le coin santé physique et psychique (2)


Il est fascinant de penser que de simples aiguilles qui vous traversent le corps, atteignent des méridiens qui peuvent changer le cours de biens des pathologies et redonner du coup de l’élan à notre métabolisme. C’est toute la science millénaire de L’acupuncture que nous décrit par le menu un praticien, Pierre-Michel Phaneuf. On sera étonné en quoi les aiguilles interviennent sur plusieurs champs comme de traiter les allergies.

Les deux titres qui suivent sont lancés aux éditions La Presse. Démarquez-vous du chasseur de têtes Roger T. Duguay donne le ton pour qui veut se hisser dans l’échelon social. Il a sa façon de juger une rencontre lors d’un entretien d’embauche. Un chapitre intéressant est ce questionnement sur l’authenticité à tout prix. Qui de son point de vue, peut nuire à l’avancement d’une carrière, car l’individu trop transparent peut commettre nombre d’erreurs. Il consacre un autre chapitre à l’identité numérique, rappelant que la présence sur le web est indispensable et que c’est là que les employeurs vont fureter pour mieux connaître un postulant. Autre climat, la vie d’une battante épouse d’un conjoint atteint de la maladie de Lou Gehrig Histoire d’une vie trop courte coécrit par Michèle Ouimet et Marie-Josée Duquette. Cette dernière a dû puiser dans toutes ses forces pour secourir son époux Stephen. Et le plus remarquable c’est que c’est la maladie qui a fait renouer le couple qui s’entredéchirait et qui avait fini par se séparer. Mme Duquette vit à Boston et n’a pas de mots tendres pour le système de santé chez nos voisins du sud. Il y a des passages de ce livre qui dépasse l’imagination humaine.

Le sentiment amoureux est un phénomène assez jeune dans l’Histoire. Laurence Caron-Verschave et Yves Ferroul retrace l’histoire du couple dans cet essai merveilleux Le mariage d’amour n’a que 100 ans. Mis à part les grands bourgeois qui avaient le temps pour eux de nouer des intrigues amoureuses, le petit peuple lui s’unissait par les liens du mariage dans un but procréatif de sorte que l’affectif était totalement évacué de la vie quotidienne. Ce sont les écrivains romanesques du XIXème siècle qui ont donné l’envol aux élans amoureux. Il faut rappeler que pour les femmes, le mariage était une consécration domestique assez épouvantable. C’est publié chez Odile Jacob.

Le duo Pierre Richard et Guylda Lavoie publie une psycho-enquête aux éditions La Semaine qui a pour titre Après la désintox. Si on se gèle pour calmer la douleur émotionnelle, une fois qu’on remonte à la surface sans substance pour faire face à l’adversité, par quels moyens peut-on envisager de vivre sans béquille et prendre à bras-le-corps l’existence à jeûn. L’un est journaliste, l’autre psychologue. Ils font le tour de la question avec une belle humanité, en partant du constat que l’être humain est fragile.

Du yoga partout! Telle est la proposition de Claire Armange et Julie Banville qui est faite dans leur bouquin Yoga sur mesure aux éditions Larousse. Il est donc possible de pratiquer des exercices chez soi comme au travail ou en voyage afin d’évacuer le stress. Ce sont pour l’ensemble des exercices courts. Elles ont en tête les gens qui courent toujours et à qui ne viendraient pas de s’arrêter un instant et souffler un peu. Chaque mouvement est bien décrit tant en textes qu’en images. Vivre le moment présent en pleine conscience est le but à rechercher par la pratique du yoga. Les deux auteures sont des professeurs de yoga depuis des années. On porte un soin aux douleurs héritées des mauvaises postures.   

 


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