- LIVRES NOVEMBRE 2014 -
 
 

 


Un drame Inuit méconnu

S’il y a un livre à s’emparer c’est Ellesmere du nom de l’île la plus au nord de l’Arctique tristement célèbre, parce qu’en 1956 le gouvernement canadien y déporta seize familles près d’une centaine d’Inuits qu’on abandonna là dans la nuit polaire avec que de rares articles et des tentes, avec pour ordre de se débrouiller. Eux qui venaient de Port Harrison au nord du Québec c’était un tout autre climat avec de la glace quasi impossible à fendre. Et quand on vit un caribou, on le tua bien sûr pour se nourrir, mais la GRC intervint aussitôt pour signifier que c’était interdit car propriété de la Couronne. Une histoire à glacer le sang que raconte Marie Desjardins qui le raconte à travers un narrateur. Une page des plus sombres de l’histoire canadienne.

Ellesmere. Marie Desjardins. Éditions du Cram 140p.    www.editionsducram.com

 

 

 


Chroniques sur le Québec par une scribe qui ne se veut pas arabe

Rima Elkouri c’est bien celle qui chronique deux ou trois fois la semaine au quotidien La Presse. Elle a signé sa première chronique le 10 septembre 2001 qui avait pour titre « Pas envie d’être arabe ». Le lendemain c’était ce fameux 11 septembre. Et du coup on voyait en elle l’arabe de service, ce qu’elle ne voulait surtout pas. Elle accouche d’un bouquin fort intéressant qui est un éventail de billets dans lequel elle s’épivarde sur toutes sortes de sujets allant de la rareté d’eau potable dans une réserve autochtone de la Gatineau, à l’intimidation racontée dans un témoignage choc, la laïcité. C’est fort intéressant de constater qu’elle est une fine observatrice de nos mœurs. Continuez pour un tome deux.

Pas envie d’être arabe. Rima Elkouri. Somme toute 435p.   www.editionssommetoute.com

 

 

 


Illustrations et régionalismes

D’abord il faut savoir que depuis les années quatre vingt-dix est né un courant qui milite pour donner au régionalisme la part qui lui est dû. Plus près de nous, le Centre interuniversitaire de sur la littérature et la culture québécoises a en soin sein un groupe de chercheurs dont les travaux s’inscrivent au volet « Penser l’histoire de la culture québécoise. Et nous avons le fruit de ces recherches dans un essai ayant pour titre A la rencontre des régionalismes artistiques et littéraires « Le contexte québécois 1830-1960) sous la direction de Aurélien Boivin et David Karel avec la collaboration de Brigitte Nadeau. On prendra connaissance avec amusement comment Louis Hémon l’auteur de Maria Chapdelaine a été très mal servi par son premier éditeur très malhabile.

A la rencontre des régionalismes artistiques et littéraires. Collectif. Presses de l’Université Laval 348p.    www.pulaval.com

 

 

 


Conclusion de Malefica

Avec La voie du sang se conclue la sage Malefica d’Hervé Gagnon. Nous sommes maintenant vingt ans plus tard de l’heure où Anne-Line, Jeanne et François découvrirent la clé du secret du dernier roi mérovingien. Tout ceci se passant dans un contexte où se dressaient contre eux, pas des petites pointures, Louis XIII premier roi Bourbon, le cardinal de Richelieu et l’inquisiteur Guy de Maussac. Qu’en est-il maintenant ? On n’est toujours pas en mode détente avec de nouveaux adversaires qui ont pour nom la sinistre Inquisition et le cardinal Mazarin. En même temps que cette fresque vous avez toute la restitution des mœurs qui régnaient en ces temps-là. L’auteur est bien servi par son doctorat en histoire doublé d’une maîtrise en muséologie.

Malefica. Hervé Gagnon. Libre Expression 423p.     www.edlibreexpression.com

 

 

 


Une petite anglaise au Caire

Il était une fois Ruby, adolescente anglaise en rupture avec sa famille, surtout sa mère, et qui va s’exiler au Caire pour trouver refuge auprès de sa grand-mère, Iris Black. Mais là où elle veut trouver un apaisement, la jeune fille éprouve un malaise. Elle est résolument moderne alors que l’aïeule se complait dans le passéisme. Voilà la trame du dernier roman de Rosie Thomas, Les brumes du Caire. C’est un tableau de trois générations, trois comportements féminins en lien avec leur époque. Tout ça assaisonné d’une note d’orientalisme.

Les brumes du Caire. Rosie Thomas. Guy Saint-Jean 567p.   
www.saint-jeanediteur.com

 

 



 


Trois volets d’histoire au Septentrion

Nous nous devons de commencer par un bel album qui raconte le quartier Pointe-Saint-Charles qui fut peuplé à l’origine par l’immigration irlandaise qui fuyait la famine. Puis il y eut des écossais, et des anglais et les nôtres canadiens-français de souche. C’est le gros quartier industriel au pays. Gigantesque avec des ateliers pour les locomotives de la Grand Trunk, la construction du pont Victoria, les grosses usines et manufactures. Pour nous raconter ce coin de Montréal comme pas un, Gilles Lauzon qui est à la fois architecte et historien. Il signe là l’ouvrage de référence pour qui veut tout savoir de la naissance de ce district montréalais. L’iconographie est abondante et nous fait voir comme une sorte d’Atlantide, de civilisation disparue.

Dans un autre univers, les passionnés d’histoire vont être conquis à la lecture de Construire la nation au petit écran d’Olivier Côté. Il s’est spécialisé dans la représentation de l’histoire dans les médias et est un membre fondateur de la revue électronique HistoireEngagee.ca. C’est tout un travail d’enquête à vrai dire sur ces fameuses capsules que les gens ont pu voir au réseau de télé français de Radio-Canada et à la CBC « Le Canada une histoire populaire ». On a mise des moyens considérables dans cette production comme le font les américains quand ils veulent faire dans le patriotisme. Et effectivement cette série se voulait une propagande en faveur du Canada quitte à biaiser des segments de notre histoire comme le traitement réservé à l’interprétation de la Conquête. Saluons ici ce véritable travail de bénédictin.

Comment la présence juive au Canada a-t-elle été ressentie par l’équipe éditoriale du Devoir ? C’est le thème choisi par Pierre Anctil dans ce quatrième tome consacré au quotidien fondé par Henri Bourassa. Il s’est attaché à une portion de textes parus entre 1918 et 1947. Il figure qu’il s’est écrit environ 200 articles sur le thème de la judaïté. Il en a retenu 60. Et où on voit bien un repli des nôtres canadiens-français de souche devant « l’étranger ». Un éditorialiste s’inquiète entre autres de leur présence au Barreau dans une proportion plus élevée qu’au prorata la population canadienne. Ça s’intitule A chacun ses juifs.

 

 

 


Deux amis pour la vie

C’est un conte ne somme basé sur une histoire réelle. Celle d’un orphelin qui trouve refuge chez un oncle au caractère détestable et un jeune amérindien que l’on force à vivre dans un pensionnat pour extirper l’indien en lui. Il adviendra que les deux vont fuir leur milieu si peu hospitalier pour se retrouver dans la forêt où sur leur route ils croiseront un trappeur qui deviendra leur initiateur à plein de choses, Voilà, le décor est planté pour Les orphelins de Jean-Baptiste Renaud qui annonce une saga car nous avons ici le tome 1 qui a pour titre « Rémi et Luc-John ». Une célébration de l’amitié et de la diversité.

Les orphelins. Tome 1 Rémi et Luc-John. Jean-Baptiste Renaud. David 246p.   www.editionsdavid.com

 

 

 


Réflexions sur la musique et la pédagogie générale

Monique Désy Proulx est bardée de diplômes, en sociologie, en musique et en pédagogie musicale aux universités Laval et à l’UQAM. On sait que la musique adoucit les mœurs, c’est connu. Mais ça va beaucoup plus loin comme nous l’a montré la musicothérapie, faisant réagir de grands malades ne s’exprimant plus. Mais chez les jeunes son importance est capitale comme nous le démontre son essai Pourquoi la musique ?, qui est un vibrant plaidoyer pour son enseignement. Qui a malheureusement fait les frais des coupures en éducation. Elle nous livre les dernières recherches en matière d’éducation musicale chez les tout-petits.

Pourquoi la musique ? Son importance dans la vie des enfants. Monique Désy Proulx. CHU Sainte-Justine 268p.   www.editions-chu-sainte-justine.org

 

 

 


Un tueur en série alias Le Graffiteur

Martin Michaud avocat de formation prend un énorme plaisir à pondre des romans policiers, bonheur qu’il partage avec ses lecteurs qui vont en nombre croissant. Et pour cause. Car il a comme nul autre, une façon de bâtir une histoire qui porte une touche particulière. Et le meilleur exemple c’est sa dernière ponte Violence à l’origine. Au départ on trouve la tête d’un haut gradé dans un conteneur à déchets. Et ce qui annonce la possibilité d’un tueur en série c’est que le tueur a laissé des graffitis sur les lieux du crime, preuve habituelle de la signature propre des tueurs du genre. C’est donc un titulaire de l’escouade des crimes majeurs en remplacement de son supérieur qui élucide l’affaire avec ses partenaires. Et on le presse d’aller vite en affaire de peur que la chose ne prenne des proportions. En même temps qu’on lui dit presque de se débrouiller tout seul. C’est du tonnerre rien de moins.

Violence à l’origine. Martin Michaud. Goélette 446p.     www.boutiquegoelette.com

 

 

 


Une institutrice russe témoigne de la seconde guerre mondiale

Son nom, Maria Iakovlevna Germanova. L’ironie avec son patronyme c’est que ce sont les troupes allemandes qui vont envahir son petit bled où elle enseigne. Nous sommes en 1941. Et durant les deux années qui suivirent, elle va tenir son journal. Ce qui nous vaut Le Journal de Maria. A sa façon elle témoigne des horreurs de la guerre, de la peur de la mort, du rationnement, de l’ennui surtout. Sa prétention n’est pas ici de faire une œuvre littéraire, mais de rendre compte. En même temps elle déboulonne les a priori de ce qu’on a pu raconter au sujet de l’occupation allemande en Russie.

Le Journal de Maria. Une institutrice soviétique dans la guerre 1941-1943. Autrement 387p.      www.autrement.com

 

 

 


Quand on bombardait de part et d’autre

C’est un pavé qui nous parvient qui à lui seul est un manifeste éloquent de l’absurdité de la guerre. Richard Overy est professeur à l’université d’Exeter en Grande-Bretagne. Il nous donne le fruit d’un travail minutieux de compilation du bilan du nombre de destructions matérielles et humaines au cours de la Seconde guerre mondiale. Sous les bombes vient nous rappeler que les bombardements au total des deux camps ennemis ont causé la mort de 600 mille civils européens et un million de blessés graves. Et le pire, c’est qu’on apprend que ce largage de bombes sans discernement n’a été en rien pour la résolution du conflit. L’historien nous fait voir comme si on y assistait, l’attaque aux bombes phospore de la ville de Dresde qui en une nuit a tué 25 mille civils et transformé cette ville d’art séculaire en un immense enfer de feu dont personne ne pouvait réchapper.

Sous les bombes. Richard Ovey. Flammarion 1113p.   

 

 

 


Des petits contes mignons de Noël

Parents c’est le moment d’endormir les mômes avec des contes de Noël. Et voici une belle opportunité qui se présente avec 24 belles histoires pour attendre Noël. Ce sont des histoires très courtes qui mettent pour beaucoup en scène l’illustre personnage du Père Noël. Un peu de candeur dans ce monde techno n’est pas de refus. Et les contes, tous les psy vous le diront, favorisent le développement de l’imaginaire chez l’enfant.

24 belles histoires pour attendre Noël. Collectif. Fleurus 78p.   www.fleuruseditions.com

 

 

 


Une gentille fille déracinée en ville

Le monde de la BD s’enrichit de l’arrivée du personnage de Léa, fruit de l’imagination du scripteur Alcante, pseudonyme de Didier Swysen sur des dessins de Ludowick Borecki. C’est l’adaptation de la populaire série en bande dessinée. Qui narre les tribulations d’une jeune fille attachante, Léa Olivier, qui suit des parents dans la grande ville de Montréal. Dur, dur de quitter les siens. Surtout qu’elle va tombée dans un milieu hostile avec une intimidatrice dans les pattes. Mais la brave Léa fera face à l’adversité. Vous l’aimerez comme nous avons pris plaisir à parcourir ces planches.

La vie compliquée de Léa Olivier. Alcante et Borecki. Les malins 48p. 

 

 

 


BD Fin de la saga Magasin général

Sortez vous mouchoirs bédéistes de tout poils le duo d’enfer de la BD les montréalais Régis Loisel et Jean-Louis Tripp clôt par ce neuvième tome « Notre-Dame-des-Lacs » la série Magasin général qui s’est vendu tenez-vous bien, à un million d’exemplaires dont cent mille au Québec. Ne serait-ce que seulement ce score pour le marché domestique québécois, c’est phénoménal. On retrouve dans ce village fictif du Québec tous ces habitants qui ont des sentiments à la puissance dix. On découvrira Marie qui a été engrossé des œuvres dont on ne sait qui! Imaginez dans les années vingt! Et on peine à trouver un curé, avouez qu’à l’époque c’était étrange, tant l’Église était partout. En complément de l’album, on l’a enrichi de 28 pages d’un album « photos » qui en réalité est un supplément tout en dessins mais traité à la manière de…Le tout forme un ensemble très rigolo.

Magasin général. Notre-Dame-des-Lacs. Loisel & Tripp. Casterman

 

 



 


 Le coin santé physique et psychique (1)

Un petit livre mais avec tout un contenu, c’est J’ai choisi de me battre j’ai choisi de guérir coécrit par Claude Pinault et Marie de Hennezel. C’est l’histoire du premier à qui annonce du jour au lendemain qu’il sera tétraplégique en raison d’une forme sévère du syndrome de Guillain-Barré. Lui n’accepte pas et va se dresser contre l’inéluctable. D’autant plus qu’on lui a appris que sa moelle épinière n’est pas touchée. Et il guérira. C’est chez Robert Laffont dans la collection Versillo. Et parlant de guérison, de John O. A. Pagano chez Macro éditions Guérir du psoriasis par l’alternative naturelle. C’est une maladie débilitante qui hypothèque sérieusement ceux qui sont en sont atteints. Et qui prend pour beaucoup sa source dans un déséquilibre du système nerveux. Et c’est à ce chapitre que l’auteur travaille pour éviter la récidive du mal.

Chez Autrement André Aleman professeur de neuropsychiatrie cognitive se veut porteur de bonnes nouvelles à propos de l’âgisme. Le bel âge du cerveau tel est le titre de son essai. Avec son savoir il nous apprend les vertus insoupçonnées de vieillir : plus grande stabilité émotionnelle, gestion efficace des situations de stress et meilleure capacité de faire des choix. Vous ne ferez plus le grand âge de la même façon au sortir de sa lecture.

Les trois prochains titres sont au Dauphin Blanc. A commencer par Jean Rochette avec Faites exploser les couleurs. Non ce n’est pas un traité de psychologie par les couleurs mais dix propositions suggérées par ce détenteur d’une maîtrise en psychologie pour en arriver à la réussite dans trois tâches : s’aimer totalement, Compléter ses deuils et apprivoiser son ombre. En somme des outils psychologiques d’épanouissement. Ailleurs tout un petit bouquin centré sur le thème de la peur coécrit par le comédien Marcel Leboeuf et Marilou Brousseau chercheuse en  pratique psycho-sociales à l’Université du Québec à Rimouski. Trop de gens n’osent avancer par crainte de la peur d’un tas de choses. Les coauteurs se mouillent racontant les leurs, tandis qu’en seconde partie divers noms connus du public viennent témoigner de ce qu’ils ont éprouvé à ce chapitre. Et vous vous reconnaîtrez à travers leurs généreuses contributions. Il était une fois une jeune fille originaire du Nouveau-Brunswick, Janic Losier avec dans son compte en banque un solde étourdissant de 120$. Mais elle a un dada, se rendre en Inde. Eh bien la force de sa volonté fera en sorte que son folio bancaire grossira jusqu’à atteindre 4000$ et ce sera alors bientôt l’heure de se confronter à pays vaste comme un continent. Au final elle raconte dans ce livre L’Inde mon intuition et moi ce à quoi elle a été confrontée. Et vous la voyez sur la jaquette de couverture vêtue d’un sari et sourire aux lèvres. Le voyage initiatique a donc été une réussite totale qui a fait basculer sa vie.

 

 



 


Le coin Miam miam

Caroline Guézille est une habituée de la maison d’édition Rustica pour laquelle elle a écrit « Mes produits fumés » et « Le petit traité Rustica des fromages maison). Elle persiste et signe dans l’optique toujours du faire chez soi avec Le petit traité Rustica de la charcuterie maison. Plus de 100 recettes chers amis de charcuteries bien sûr, mais aussi des rillettes, jambons, boudins, terrines, pâtés, saucisses, andouillettes, abats, etc. Personne ne résiste à sa terrine de lapin. Au moment où on anticipe les bombances des fêtes, ce livre de péchés gustatifs arrive à point nommé. Du même éditeur Mes recettes préférées, classeur chevalet pour les collectionner. Ça se présente comme un chevalet avec des pochettes plastifiées qui permettent d’insérer vos recettes et de les consulter en plaçant votre ouvrage en v inversé. Très pratique. Comme dirait l’autre, fallait y penser. Et en même temps le plastique protège et conserve vos recettes, si jamais une sauce vient à les éclabousser. Et les éditions Goélettes présentent d’Andrea Jourdan, Le garde-manger d’Andrea. On la connaît bien car ses chroniques culinaires paraissent à la fois au Journal de Montréal et de Québec. Elle part du principe qu’on a tendance à jeter beaucoup de choses en cuisine, comme hélas on le fait trop dans les cuisines des restaurants, augmentant les pertes. Ici c’est le contraire du dicton rien ne se perd, rien ne se crée. Elle fait mentir ce dernier car ce qui ne se perd pas, se crée. Et d’une banane, d’un morceau de porc ou d’un ananas elle fait surgir quelque chose. Jugez vous-même de son inventivité avec 45 ingrédients et 125 recettes.

 

 

 


Un mari raconte les derniers moments de sa femme

S’il y a un livre touchant dans cette cuvée automnale littéraire c’est bien Quelque chose est arrivé à Christiane de Pierre Caron. Ce juriste de carrière raconte les derniers mois qui ont précédé le décès de son épouse atteinte du cancer. Et surtout c’était un couple soudé comme on n’en voit plus. On la gorge serrée par moments. Et il y a un moment, dans le descriptif des traitements, dont un virulent, dont on se demande si on n’est pas revenu aux médecins de Molière. A lire sans faute. C’est le plus beau témoignage d’amour posthume que nous avons lu. Surtout la dernière ligne.

Quelque chose est arrivé à Christiane. Pierre Caron. Recto verso 154p.

 

 

 


Les maisons hantées, c’est vrai ?

Canal D en fait son beure et la littérature aussi. L’histoire des maisons hantées fascine toujours. Mireille Thibault qui est anthropologue s’y intéresse depuis trente ans. Lieux hantés, le mystère élucidé apporte la réponse à notre questionnement. On ne vous livrera pas ici sa conclusion, mais elle apporte un éclairage inattendu, excellente contribution à la connaissance des phénomènes paranormaux.

Lieux hantés. Le mystère élucidé. Mireille Thibault. Presses de l’Université Laval 106p.    www.pulaval.com

 

 

 


Un croque-mort se raconte

Pour un ouvrage captivant c’en est tout un. Pierre Naud est thanatologue. Il nous a déjà donné « Les tribulations d’un croque-mort » et il récidive sur sa profession dans Le croque mort s’expose qui fait partie de sa saga Avis de décès. Sachant que la mort demeure un tabou profondément ancré, c’est fascinant de lire à quoi est confronté un embaumeur dans l’exercice de sa profession. Et il ne nous épargne rien des aspects les plus glauques de sa profession particulière. Peur de la mort ? Allez lire et vous nous en donnerez des nouvelles. Nous on a adoré et on en redemande.

Avis de décès. Le croque-mort s’expose. Perro éditeur 277p.    www.perroediteur.com

 

 

 


Quatrième tome de la grande fresque de Jean-Pierre Charland

Jean-Pierre Charland est sans doute le romancier historique le plus prolifique au Québec. C’est qu’il a l’art de situer des époques tel un photographe qui nous montre tout. Mais en plus lui, il sait sonder les sentiments qui habitaient ces gens. Voilà que sort le quatrième tome de la saga Les années de plomb qui a pour titre « Amours de guerre ». Tandis que la guerre bat son plein en Europe, notre charmante Thalie est affectée par l’armée canadienne auprès des blessés de guerre. Ce sera l’occasion pour elle de se créer de nouvelles amitiés, mais surtout Cupidon qui se manifestera sous la forme d’un cousin qu’elle n’a pas vue depuis des lustres, Jacques Létourneau pour qui son cœur va battre la chamade. La guerre nous montre bien l’auteur est l’ultime de tout, de la mort mais aussi de la vie dans toute son exaltation.

Les années de plomb. Tome 4. Amours de guerre. Jean-Pierre Charland. Hurtubise 448p.     www.editionshurtubise.com

 

 

 


Roman à sauce archéologique

Nous en connaissons des passionnées de l’archéologie. Ils sont nombreux. Voici un bouquin qui va les combler d’aise. Faubourg des Récollets 1707 de Hélène Bluteau donne l’impression que c’est un essai historique sur ce lieu et à cette date. Mais non. C’est un fabuleux roman historique mettant en vedettes un homme et une femme, tous deux archéologues et qui tels des limiers iront de découvertes en découvertes. Colette et Simon nos deux enquêteurs du passé ne seront pas au bout de leurs surprises. Archéologue elle-même, elle est toute à sa passion qu’elle nous transmet dans une langue admirable.

Faubourg des Récollets 1707. Gid 539p.    www.leseditionsgid.com

 

 

 


La révolution égyptienne décryptée

Lauren Guirguis porte la double casquette de philosophe et de politologue. Elle nous gratifie d’un essai percutant pour montrer que ceux qui suscitent les révolutions, par un travers qu’elle détaille très bien, s’arroge un pouvoir au détriment du peuple qu’ils se sont censés servir. Ce qui occasionne des contre-révolutions plus violentes encore. Et pour donner du poids à sa théorie elle donne en exemple l’Égypte, révolution et contre-révolution son essai sur le printemps arabe et les enjeux tournant autour des Frères musulmans.

Égypte, révolution et contre-révolution. Laure Guirguis. Presses de l’Université Laval 180p.    www.pulaval.com

 

 

 


L’idéologie libérale de Trudeau à Trudeau…

A première vue, et en raison de la couverture du livre, on serait porté à croire que De Pierre à Justin Trudeau est un essai comparatif des deux personnalités, le père et le fils Trudeau. Un peu sur le plan des idéologies, mais c’est essentiellement un survol de l’idéologie libérale depuis Trudeau père jusqu’à Trudeau fils. On doit à Frédéric Boily qui est entre autres directeur de l’Institut d’études canadiennes de l’Alberta, et spécialiste de l’idéologie conservatrice, une excellente radiographie cette fois de la pensée libérale. Et il nous prédit que la partie n’est pas jouée d’avance pour les libéraux au scrutin de 2015.

De Pierre à Justin Trudeau. Portrait de famille de l’idéologie du Parti libéral du Canada. Presses de l’Université Laval 145p.     www.pulaval.com

 

 

 


Les perles de l’humour juif

La maison Assimil qui est réputée pour ces ouvrages didactiques sur l’apprentissage des langues sort un peu de ses sentiers habituels pour nous offrir un calendrier bien original, avec pour chaque jour un bijou de l’humour juif. Et dieu sait qu’on a de l’esprit dans cette culture. Et quand on s’y arrête, cette édition est un peu complémentaire à un cours d’hébreu par exemple ou de yiddish. Car la culture, c’est une langue bien sûr, mais aussi la civilisation de ce pays dans son ensemble. Et l’humour en fait partie. Préparez-vous à rire par moments à gorge déployée. Et avec son téléphone intelligent on peut saisir des messages sonores tout aussi hilarants. Shalom.

Humour juif. 366 mots d’esprits et pensées paradoxales. Assimil.

 

 

 


Deux nouveaux opus chez Lévesque éditeur

Les ouvrages publiés chez Lévesque éditeur sont toujours des moments de bonheur pour qui est un amant des belles lettres. On l’a souvent écrit dans ces colonnes. L’arrivée des deux derniers opus de cette maison d’édition entérine cette belle perception. Danielle Dussault lance Anderson’ Inn. Nous sommes dans une auberge de la Nouvelle-Angleterre. Son propriétaire actuel, William, qui revient de la guerre au Vietnam (1967) a le mandat de poursuivre la gestion de l’établissement selon les volontés du paternel un être horrible, l’incarnation faite homme du pater familial dominateur, pire écrasant. Un jour le fiston découvre à l’auberge une toile de sa mère peinte par une dénommée Eva. Ce sera le point de départ de la découverte de qui fut cette mère. C’est une merveille de description psychologique. Et aussi la troublante quête des origines qui en taraude plus d’un.
Ailleurs c’est Pierre-Louis Gagnon qui signe Le scandale de la tour byzantine. C’est un jeune gai qui est de retour à Québec en 1937 après avoir servi pour la Croix-Rouge durant la guerre civile espagnole. Il va d’abord entrer comme correspondant parlementaire au Devoir puis reporter au Soleil et à ce titre, témoin de l’obscurantisme sous le régime de fer de Duplessis allié à l’Église catholique ce qu’on a surnommé « La grande noirceur ». Mais dans sa famille va éclater un drame impliquant son père professeur de droit à l’Université Laval et un oncle missionnaire en Angola. Sur fond de services secrets mêlant la Grande-Bretagne et l’Union soviétique. Pour moins de matériaux que ça on serait amplement servis, mais le romancier nous gâte au superlatif avec un véritable thriller à la fois de mœurs et politique.  

 

 

 


Une épopée saisissante, celle des Hurons-Ouendats

Professeure d’histoire adjointe des autochtones au Canada à l’Université de la Saskatchewan, Kathryn Magee Labelle est amplement concernée pour faire ouvre de mémoire car elle est elle-même membre du peuple Wyandot du Kansas. Le merveilleux de sa démarche d’historienne, c’est qu’avec très peu de témoignages écrits, elle a pu reconstituer tel un limier, la destinée du peuple Huron-Ouendat, les ennemis légendaires des féroces iroquois tel qu’on nous l’apprenait encore jadis quand il y avait des cours d’histoire. La beauté de cette nation c’est que pour survivre aux attaques d’autres peuples prédateurs et des colons, elle a choisi de se disperser et de se fondre dans diverses communautés, dont, fait étonnant, celle iroquoise. C’est une mine de renseignements qui nous fait admirer la richesse de cette première nation exemplaire et son sens singulier de la survie.

Une histoire des Ouendats au dix-septième siècle. Kathryn Magee Labelle. Presses de l’Université Laval 289p.     www.pulaval.com

 

 

 


Comment on traduisait au fil du temps

C’est une excellente nouvelle que la réédition, la troisième, de ce livre phare Les traducteurs dans l’histoire.  Cet ouvrage d’érudition sous la direction de Jean Delisle et Judith Woodsworth est la grande fresque de l’histoire de la traduction dans le monde depuis que l’écriture existe et même aussi sur la transcription de la tradition orale. On est émerveillé de tant de connaissances réunies dans ces pages. Et cette nouvelle édition augmentée et enrichie fait la part belle aux avancées historiques en la matière. Et chapeau, puisqu’il est question ici de traduction à celle réalisée en langue française et coordonnée par Benoît Léger.

Les traducteurs dans l’histoire. Collectif. Presses de l’Université Laval 375p.   

 

 

 


Biographie du fondateur des autobus Prévost

Si le grand public parvient bien à identifier les voitures qui circulent dans nos rues, du moins le nom des constructeurs, rares sont ceux qui pourraient nous dire lequel a construit tel modèle d’autobus. Et c’est justement tout l’intérêt de lire cette merveilleuse biographie d’Eugène Prévost qui s’il n’a pas été l’inventeur de l’autobus comme l’a été Bombardier pour la motoneige, n’en a pas été moins un grand industriel. Ce menuisier-ébéniste à l’origine, sera amené à réaliser une commande de construction d’un autobus. Et en 1924 sortira de l’usine le premier autobus portant la raison sociale de son patronyme. C’est son fils René qui a mis quinze années de recherches qui raconte la saga de cet industriel hors du commun. On sait que maintenant, Prévost est une filiale du groupe Volvo. Quelle destinée. Avec des illustrations nostalgiques des différentes sortes d’autobus, dont un visionnaire prévu pour le transport adapté.

Eugène Prévost le constructeur d’autobus. René Prévost. Les éditions GID 825p.   www.leseditionsgid.om

 

 

 


Créer une Vénus de cire

Avec Noces de vie de Rupert Thomson nous sommes en présence d’un roman de chair et de sang dans la Toscane de la Renaissance. Un sculpteur de génie, spécialiste des statues de cire, reçoit par le grand-duc une bien étrange commande, la reproduction d’une statue de cire grandeur nature d’une Vénus. Nous sommes à Florence en 1691 à la Cour des Médicis. L’artiste va donc partir à la recherche du modèle idéal. Le prétexte pour nous plonger dans cette Renaissance italienne où tout est excès. C’est d’une sensualité à couper le souffle.

Noces de cire. Rupert Thompson. Denoël 394p.   

 

 

 


Depardieu tel qu’en lui-même

C’est une petite autobiographie écrite par Gérard Depardieu « Ça s’est fait comme ça ». Une synthèse surtout où il explique comment on devient une nature à la Depardieu. Ce n’est pas une auto-analyse de sa production cinématographique. Plutôt une introspection où il cherche à nous dire, comment il en est arrivé où il est au plan psychologique. Son goût de la liberté est patent. On en apprend de bonnes. Comme lorsqu’il aidait un de ses potes à déterrer des cadavres au cimetière pour piquer des bijoux restants. L’excès en tout, vraiment. Le défaut ? Trop court.

Ça s’est fait comme ça. Gérard Depardieu. XO éditions 171p.   

 

 

 


Ah, cette fameuse Mme Gray

John Banville se fait plaisir et nous de même avec La lumière des étoiles mortes. Une belle étude de cas dans ce roman, celle d’un homme qui se remémore les doux moments qu’il a passé avec Mme Gray, la mère de son meilleur ami. C’était il y a cinquante ans. De même la mort de sa fille survenue dix ans plus tôt vient le hanter encore. Comme quoi en ce bas monde on traîne son bagage. Mais cette madame Gray! Voyez avec quel luxe de détails il l’analyse. C’est un beau portrait de femme.

La lumière des étoiles mortes. John Banville. Robert Laffont 437p.   www.laffont.fr

 

 

 

Trois grandes sorties chez Gallimard

D’abord le nobélisé de l’année Patrick Modiano avec son dernier roman que même la ministre de la Culture de France n’a pas encore lui a-t-on appris. Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier. C’est un homme qui a égaré son carnet d’adresses. Qui recevra un coup de fil d’un individu qui l’a retrouvé et ensemble ils conviennent d’un rendez-vous. L’occasion pour le premier de retrouver des coins de Paris qui se sont métamorphosés depuis. C’est une constante chez Modiano de vouloir s’agripper au passé qui n’est plus. Antonio Tabucchi mort il y a deux ans, avait entrepris une démarche littéraire assez singulière, de se mettre à enquêter sur une prénommée Isabel et pour mieux la connaître, il va successivement rencontrer des gens qui l’ont côtoyé, démarche qu’il comparaît à la création de mandalas où on ajoute des cercles que l’on colorie  qui finissent par former un tout. Pour Isabel le dernier en date est cet autre exercice de style dans lequel le romancier excellait.

Le vrai lieu c’est un petit livre entretien entre Annie Ernaux et Michelle Porte cette dernière auteure de documentaires sur Virginia Woolf et Marguerite Duras. Cette dernière voulait que la romancière explique son amour du livre et sa démarche écrivaine ce à quoi l’interviewée a consenti de bonne grâce. Elle raconte notamment que c’est sa mère, horrible par certains aspects, violente, qui lui a donné ce goût de la lecture. En somme comment devient-on Annie Ernaux.

 

 

 


Fin de la saga « Les héritier s du fleuve »

C’est une triste nouvelle à vous annoncer mais que voulez-vous. Louise Tremblay D’Essiambre conclut sa série des Héritiers du fleuve avec ce quatrième tome qui va de 1931 à 1939. Ici ce qui est la toile de fond c’est le Krach économique de 1929 qui va modifier le paysage socio-économique. Et ici c’est tout le talent de la romancière d’interpréter comment s’est répercuté ce drame économique dans le quotidien des gens. On verra que la crise ne se vit pas de la même façon que l’on soit en ville où à la campagne. Puis ce seront les adieux aux personnages. Mais que l’on se console, la romancière doit certainement plancher sur une autre fresque qu’on attend déjà.

Les héritiers du fleuve. Tome 4 1931-1939. Louise Tremblay d’Essiambre. Guy Saint-Jean éditeur 345p.       

 

 

 


Le Montréal de Réjean Ducharme

Pour les éditions du passage L’hiver de force à pas perdus est un acte de mécénat aux antipodes de toute recherche commerciale. Mais ce livre valait la peine d’être édité car il met en image l’environnement de Réjean Ducharme. Vous avez dans cette toute petite plaquette des extraits de « l’hiver de force » auxquels se superposent des photos des lieux qui ont hanté l’imaginaire de vie du mystérieux romancier. C’est dans la collection « Autour de l’art. Nous devons ce petit trésor à Gilles Lapointe, Sylvie Readman et Élisabeth Nardout-Lafarge. On est frappé par les photos du Montréal des années 70. Ça semble un univers si loin.

L’hiver de force à pas perdus. Collectif.   Éditions du passage 78p.   

 

 

 


Il était une fois deux coins du Québec

La fameuse collection Noir sur blanc des éditions GID nous gâte avec la sortie de deux beaux albums qui raconte chacun un coin de pays. D’abord un voyage à Québec dans le quartier Limoilou, un quartier effervescent de Réjean Lemoine qui est historien et chroniqueur urbain à Québec. Quel sentiment s’empare de nous en parcourant ces pages qui nous montrent  une civilisation disparue. L’époque où les réseaux sociaux étaient du domaine de la science-fiction. On se plait à imaginer toute l’humanité qui se vivait à cette époque dans ce quartier ouvrier de la Vieille capitale avec l’Anglo Pulp Paper comme gros employeur du coin qui pompait dans le fleuve pour ses besoins pas moins de 14 millions de gallons d’eau chaque jour.

De son côté, l’historien Yves Hébert s’attache à nous faire découvrir non pas une ville ou un village, mais toute une région chantée jadis par Julie Arel, nous avons nommé Kamouraska. C’est un vaste tour d’horizon qui nous promène de Saint-Pacôme à La Pocatière et quoi encore. Pour un regard de notre temps c’est une belle exploration à faire pour se rappeler d’où nous venons. Après tout notre devise n’est-elle pas, Je me souviens. Cette collection Noir sur blanc permet de pérenniser notre culture.

 

 

 


Ce que les filles aiment dessiner

C’est un peu réducteur comme titre Le guide de dessin pour filles de Kathryn Clay comme s’il y avait des dessins pour filles et d’autres pour garçons. Retenons que tout le monde peut mettre les mains à la pâte. Il semble l’éditeur se soit renseigné sur les thèmes que les filles aiment dessiner. Un cours qui expose 60 projets qui vont des chevaux aux fleurs, en passant par les visages.

Le guide de dessin pour filles. Kathryn Clay. Broquet 143p.   www.broquet.qc.ca

 

 

 


Un exercice de journalisme politique périlleux

Le journaliste et chroniqueur politique de La Presse, Vincent Marissal s’est attelé à la rédaction d’un carnet d’observation de la faune politique tant au Canada qu’au Québec. Au final ça donne Nos amis les politiciens. Un exercice périlleux car ceux qu’on va portraiturer ce sont des gens que l’on va fatalement croiser dans le cadre de son travail. Le mémorialiste réussi quand même le défi. Il faut lire le tableau qu’il dresse de l’actuel maire de Montréal Denis Coderre. C’est lui tout craché, grognon, un tantinet rancunier. Ou encore il va d’une prédiction, que Mario Dumont reviendra non seulement en politique mais qu’il deviendra premier ministre du Québec. C’est très agréable à lire et vous confronterez vos perceptions aux siennes.

Nos amis les politiciens. Vincent Marissal. Les éditions La Presse 250p.   www.editionslapresse.ca

 

 

 


Si vous ambitionner de devenir styliste

La mode est fascinante et pérenne à la fois car de tout temps et pour toujours, les humains vont vouloir s’habiller. De fonctionnels qu’ils étaient à leurs débuts dans l’Histoire du monde, ils sont devenus des accessoires de séduction ou du moins de représentation. Simon Travers-Spencer et Zarida Zaman nous donne une sacrée leçon de mode dans Stylisme les bases. Un véritable cours de mode. Mais avant de se lancer à la façon d’un Karl Lagerfeld en herbe, il vous faudra avoir les notions des proportions du corps humains pour que le tissu épouse bien les formes, serrées ou amples. Vous avez en complément des croquis toute la représentation des styles contemporains. Vous ne risquez pas ainsi d’être en retard d’une mode.

Stylisme les bases. Simon Travers-Spencer et Zarida Zaman. Vigot 142p.   www.vigot.fr

 

 

 


De préposée aux bénéficiaires à navigatrice solo en haute mer

Mylène Paquette passe à ce jour pour avoir réussi l’exploit d’être le premier être humain à avoir traversé…à la rame l’Atlantique Nord pour se rendre en France. Peut-on imaginer ce qu’il en a coûté d’efforts physiques et psychologiques à cette femme qui a dû affronter la houle et les caprices de dame nature. C’est un exploit hors du commun. Et quelle trajectoire pour celle qui fut au départ une petite préposée aux bénéficiaires du CHU Sainte-Justine et qui va troquer le milieu hospitalier pour la navigation. Elle raconte son équipée dans Dépasser l’horizon. On est médusé de voir la détermination qui s’est emparée d’elle tout au long de son projet, de la préparation jusqu’à sa conclusion.

Dépasser l’horizon. Mylène Paquette. Les éditions La Presse 334p.    www.editionslapresse.ca

 

 

 


Pour des ongles fantaisistes

C’est du dernier cri, se peinturlurer les ongles de façon fantaisiste. Les jeunes adolescentes adorent et font souvent dans la provocation avec des ongles en trois couleurs. Faut que jeunesse se vive. Hannah Lee, une manucure professionnelle, dont l’expertise a été reprise dans de nombreuses publications de mode, parle de Nail art dans son livre qui présente 35 décorations d’ongles en suivant toutes les étapes. Et qui sait ? Pour les parents à la page il n’est pas interdit de piger des idées.

Nail art. Hannah Lee. Broquet 127p.    www.broquet.qc.ca

 

 

 


Ce que vous ne voyez pas de Tout le monde en parle

Autrefois les téléphages Radio-canadiens avaient les Beaux Dimanches avec Henri Bergeron où on vous offrait en trois parties, un variété, un téléthéâtre et un concert. Depuis dix ans c’est Tout le monde en parle qui occupe tout ce créneau horaire. C’est dire l’importance de l’émission qui a connu des cotes d’écoute hallucinantes avant que Le Banquier de Julie Snyder vienne gruger de bonnes parts de marché. Reste néanmoins que cette émission a du poids et que la recherchiste en chef Carole-Andrée Laniel est sans doute la personne la plus sollicitée au Québec afin que des protégés puissent venir prendre place près des animateurs Guy A. Le page et Dany Turcotte. C’est elle d’ailleurs qui raconte Tout le monde en parle l’envers du décor. Elle a de la mémoire, car elle a réussi à sélectionner à foison des anecdotes sur les attitudes des invités. Il y a de beaux moments d’anthologie là dedans.

Tout le monde en parle. L’envers du décor. Carole-Andrée Laniel avec la participation de Guy A. Lepage, Dany Turcotte et André Ducharme. Les éditions La Presse 222p.    www.editionslapresse.ca

 

 

 


Un cours 101 sur la mer et les marins

Voici un très bel album à offrir à un jeune comme cadeau de Noël. Tintin et la mer c’est un prétexte pour saisir des moments de la bande dessinée pour nous faire découvrir le vocabulaire et des hauts faits d’armes de la vie maritime. On apprendra par exemple qu’il ne faut pas prononcer le nom de lapin sur un navire. C’est un tabou, ça porte malheur. C’est une véritable mine de renseignements et même pour un lectorat adulte. Toutes les bibliothèques scolaires devraient l’avoir sur leurs rayonnages.

Tintin et la mer. Les éditions LaPresse/Historia 129p.   www.lapresse.ca

 

 

 


Un album d’art magistral sur le mouvement automatiste à Montréal

C’est un grand moment dans l’histoire de l’édition québécoise, la présentation en langue française dans la traduction de Jean Antonin Billard de ce livre d’art, Égrégore, Une histoire du mouvement automatiste de Montréal de Ray Ellenwood. Il a été publié dans sa version originale en 1992 et vite épuisé. Qui rend compte de ce courant d’art initié par Paul-Émile Borduas. Et qui fera des petits dont tous les signataires du célèbre manifeste du Refus global. Un mouvement artistique originellement décrit dans sa période des années 40 et 50 que le traducteur Jean-Antonin Billard a complété des années 90 à nos jours. Quelle effervescence en rébellion contre la grande noirceur idéologique. Ici c’est toute l’influence de ce courant d’art qui est prise en compte tant en art visuel que dans la danse et la littérature. Chapeau au soin apporté à la qualité de l’iconographie, toute à l’honneur de son sujet.

Égrégore, Une histoire du mouvement automatiste à Montréal. Ray Ellenwood. Traduction Jean-Antonin Billard. Éditions du passage 340p.

 

 



 


Le coin Miam miam

Chère Nadia Fournier qui a si brillamment succédé à Michel Phaneuf pour la poursuite de son Guide du vin Phaneuf qui conserve le patronyme de son fondateur qui a lancé sa première édition en 1981. L’édition 2015 est vraiment celle d’une nouvelle génération de connaisseurs qui veulent en connaître davantage. C’est pourquoi, outre les commentaires de la titulaire vous avez pour chaque vin, vous avez bien lu, chaque vin un code QR qui donne accès à la fiche de la SAQ sans compter des liens vidéos montrant Nadia dans sa cave à vin en plus des accords mets-vins de la sommelière Véronique Rivest. C’est toujours publié aux éditions de l’Homme. Chez Broquet vous avez le tome 2 de La cuisine un véritable laboratoire de Lina Scarpellini. Ce sont 52 expériences à partir des éléments de cuisine. C’est ludique au possible. Il y a une expérience à réaliser donc pour chaque semaine de l’année. L’auteure est détentrice d’une maîtrise en nutrition de l’Université de Montréal. C’est un petit joyau pour les parents qui veulent surprendre leurs tout-petits.

Il y avait du beau monde et enthousiaste au siège social des éditions Hurtubise pour le cocktail de lancement de Bouffe style Blake. D’abord parce que ce chef de cuisine qu’est Blake Mackay est la convivialité même. Il aime le monde. Et comment gâter ses proches sinon par le ventre. Généreux il nous fait partager son savoir.  Il aime les plats élaborés ça s’entend, mais ici il rassemble des petits plats très rapides à préparer avec ce qu’on a sous la main, lorsqu’on reçoit à l’improviste. Ça va de cocktail avec cava, à une crème d’oignons, de la pizza goûteuse. On remarquera la qualité des illustrations qui donnent faim et surtout le goût retrouvé de faire la fête. Et pour terminer un livre qui est une petite encyclopédie sur comment les gens se nourrissaient les nôtres. Son titre Ainsi cuisinaient les belles-sœurs dans l’œuvre de Michel Tremblay d’Anne Fortin bien connue pour être la propriétaire de La Librairie gourmande au marché Jean-Talon. Le titre est trompeur parce qu’on ne se limite pas ici aux années cinquante  et soixante, mais on remonte aux habitudes culinaires jusqu’en 1913. C’est une traversée de notre patrimoine culinaire avec des petits textes qui situent à une époque donnée, ou sur une pratique populaire avec ça et là des recettes traditionnelles. C’est un beau livre à conserver près de soi. Nostalgie quand tu nous tiens. Chez Flammarion Québec de concert avec Leméac.

 

 



 


Le coin santé physique et psychique (1)

Nicolas Bernard a étudié à l’ENS d’Ulm pour comprendre les mécanismes qui régissent la conscience. Et par après, des études chamaniques complétées par d’autres sur le lien de l’esprit et du corps notamment à travers la danse, l’ont amené à structurer une théorie bien personnelle qu’il nomme les neufs souffles. L’essentiel de ce dogme est contenu dans Le corps au cœur de l’homme. C’est aux éditions du Souffle d’Or. Il dit par exemple que si un père repousse sa fille qui tombe par terre en ajoutant qu’on lui foute la paix, il y a des chances pour que l’enfant fasse une très mauvaise association de la proximité physique et de l’expression sentimentale. Bruno Giuliani de son côté se fait le chantre d’une philosophie de la joie. Ça donne L’expérience du bonheur aux éditions Almora. Il est l’inventeur de ce qu’il a baptisé la biosophie qui est sa pédagogie bien personnelle de la sagesse par la culture de la joie. Tout comme on ne naît pas femme on le devient, il en est de la joie qui n’est pas innée et qui s’apprend de sorte d’en arriver à vivre ici bas suffisamment heureux pour s’accomplir.

Chez Accarias, Hélène Naudy s’attache à réfléchir sur un domaine de la psychologie assez négligé qui est la lucidité. Le courage de la lucidité est un rappel que la vision crue des choses de la vie peut-être effectivement source de souffrance, mais que cette souffrance peut-être féconde. De faire de la lucidité non une ennemie mais une amie. Richard Bartlett traite de l’art de la transformation dans sa Matrice énergétique chez Macro éditions. C’est un guide pratique des énergies subtiles, l’art d’induire en soi des changements radicaux. C’est qu’en 1997 ce médecin a réussi l’exploit par un simple effleurement de ses patients à les délivrer de leur mal. En réalité il état l’intercesseur d’une sorte de champs magnétiques qui eurent des effets positifs.

Les trois ouvrages qui suit sont tous aux Presses de l’Université Laval. En voyage chez soi de Catherine Therrien est un essai d’une anthropologue qui se partage entre le Maroc et le Québec. Et son essai est justement une longue observation de la mixité de couples au Maroc. L’union de deux cultures peut être un lot de compromis, lorsque par exemple un mari souhaite que sa femme, francophone porte un nouveau prénom à consonance arabe, telle une Francine qui deviendrait Khadija. C’est écrit en termes faciles à comprendre. Et ceux qui vivent déjà ce type d’union se reconnaîtront dans les choix qui ont dû être faits. Sarah Conly enseigne la philosophie dans un collège du Maine. Elle prône sa méthode forte pour inspirer les bonnes décisions dans Contre l’autonomie. Le titre est en soi un peu provocateur. Elle prétend que de tout vouloir régenter, absolument tout par nous-mêmes, nous expose à des erreurs de jugement. C’est pourquoi le paternalisme par exemple ne doit pas être rejeté d’emblée. Tout comme un gouvernement qui met en garde la population contre les gras trans nous rend service. Des conseils à écouter. Son credo en somme c’est que nous n’avons pas la science infuse.   

Sous la direction d’Olivier Bernard un regard sur les L’arrière-scène des arts martiaux. L’idée est d’expliquer plus clairement quels sont les buts recherchés par la pratique de l’auto-défense. Souvent ceux qui sont des adeptes, peinent à dégager des théories tant ce monde n’est pas hétéroclite. L’objectif ici est clairement identifié, celui de faire aimer les arts martiaux en expliquant les bonnes raisons.

 

 





 


Le coin santé physique et psychique (2)

Un livre sur le deuil dans son acception la plus large, c’est-à-dire ces petites morts que l’on rencontre au cours d’une existence. C’est ce dont nous entretient Valérie Deslandes qui est hypnothérapeute et maître PNL. Sa formation et ses intérêts en ont fait d’elle une référence sur tout ce qui concerne le deuil. Elle décrit les différentes sortes de deuil car il y en a autant qu’il y a d’individus. Aux éditions Performance. Chez Guy Trédaniel c’est L’infinie puissance du cœur de Baptist de Pape. En résumé ce disciple d’Eckhart Tolle croit dur comme fer au vieil adage qu’on attire ce qui nous ressemble et que si on veut que bu bien nous arrive, il faut d’abord ouvrir son cœur. Le cœur ici est le maître mot qui explique tout. Il fait intervenir des personnalités et des sages à l’appui de sa théorie. Ce sont souvent de petites pensées qui émaillent le propos mais qui ont le mérite d’en dire beaucoup.

Chez Liber Benoît Duguay a beaucoup écrit sur la consommation, son domaine de prédilection. Ce professeur titulaire à l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal persiste et signe dans Consommer, consumer. Même si le sous-titre est « Dérives de la consommation » il prend bien soin de préciser qu’il n’y va pas d’une charge à fond de train contre la consommation considérant que d’autres ont abordé cet aspect. De manière plus pondérée il veut sensibiliser au fait que le bonheur en ce monde doit prendre appui sur autre chose que les biens matériels. Et que de toute façon on devra faire cette réflexion car le taux d’endettement est tel que la frénésie de consommation s’en trouvera stoppée d’où des grandes crises économiques à prévoir.
Le Petit traité d’impertinence constructive d’Agnès Muir-Poulle aux éditions des Presses Universitaires de Grenoble devrait être impérativement lu par tous les québécois qui d’office sont des pacifistes congénitaux qui n’osent jamais réclamer quoi que ce soit pour eux ou simplement protester, de peur de faire des vagues. Ils en paient toutefois un prix très lourd au plan de la santé. Car à force de ravaler on implose. Or cette coach est d’avis que l’on peut s’opposer à des mesures contraignantes pour nous, mais que tout est dans la manière. Et elle nous soumet des approches dites constructives. Un livre référence car c’est un thème qui n’a jamais été aussi bien exploité au niveau de la réflexion comme c’est le cas dans ces pages.

Les deux titres qui suivent sont aux éditions AdA. Pour débuter, Susan Shumsky cette théologienne proche de Deepak Chopra et de Maharishi Mahesh Yogi est une référence pour ce qui est de l’intuition au point d’avoir mis au point sa technique novatrice « Divine Revelation ». L’énergie des chakras sa dernière mouture, est un voyage dans la littérature tantrique et védique avec une attention portée aux sept chakras, aux sept subchakras et au système énergétique subtil, une sagesse subtile qui échappe souvent au commun des mortels. Puis c’est Sandra Kynes qui vient avec La magie des huiles essentielles qui passe en revue l’alchimie aromatique et les mélanges personnels. C’est un livre exigeant car souvent technique sur les composantes. Mais si vous donnez du temps au temps vous serez comme ces alchimistes d’autrefois qui donnaient vie à des fragrances et huiles essentielles qui avaient outre leurs facultés olfactives des propriétés curatives.

 

 

 


Une série qui vaut la peine

L’éditeur de VLB a présenté un défi à quatre auteurs. A savoir que chacun bâtisse une histoire en propre à partir de ce seul élément, un avion en partance de Paris Le vol 459 qui donne son titre au nom de la série, qui s’est abîmé en mer. Défi hautement relevé par ces quatre auteurs que voici. D’abord Pierre Szalowski qui a pris le titre d’une chanson d’Alain Barrière Elle était si jolie. Nous sommes un 24 juin, jour de la Saint-Jean. Un homme reçoit une demande d’amitié sur Facebook de la part d’une femme dont il n’était plus sans nouvelles depuis vingt ans, tandis qu’il apprend en cette même fatidique journée qu’on a retrouvé des ossements et une broche d’avion dans les fondations d’un garage de la région parisienne. Quelle journée.

S.A.S.H.A. de Martin Michaud. Ici c’est un petit garçon le Sasha en question qui attend sa maman en compagnie d’Elias. Ils sont à l’aéroport Pierre Elliot-Trudeau en attendant la maman en question. Fait étrange, la maison que l’homme et l’enfant habitait, a été la proie des flammes trois jours plus tôt. Et l’enfant est doté d’un phénomène particulier. On ne vous en dit pas plus, mais le côté fantastique de cette histoire est captivant.

Les îles Canaries de Claudia Larochelle l’animatrice l’émission Lire. Elle centre sa trame sur la vie d’une agente de bord, Louise Vanier de service sur le tragique vol 459. Elle fait parler les proches qui lui ont survécu qui nous en apprennent sur sa personnalité. On ne connaît quelqu’un demain, et encore mieux le surlendemain.

Enfin Aline Apostolska qui vient de signer une intéressante biographie de Jacques Languirand aux éditions de l’Homme, a trouvé le temps. Le protagoniste Mark Nguyen voit sa mère adoptive mourir tandis que sa femme est enceinte. De là une quête de ses origines. Ce fameux 24 juin, il aura toute une surprise. On voit qu’en un court texte, ces quatre auteurs ont vraiment fait preuve d’un beau déploiement d’imagination.

 

 

 


Aux amateurs d’anecdotes historiques

Ce sont deux petits bouquins renfermant une mine d’or de renseignements sur l’Histoire que nous propose l’éditeur Guy Saint-Jean. D’abord Les hémorroïdes de Napoléon de Phil Mason qui a glané ça et là des historiettes dont on dit que la petite histoire fait la grande. Exemple, il évoque une tentative de suicide d’Hitler dont la réussite si tel avait été le cas aurait sans doute changée la face du monde. Qu’Alexander Fleming a découvert la pénicilline au moment où il avait un rhume. Que Van Gogh voulait être prêtre et on peintre. On sort de cette lecture plus intelligent qu’on n’est entré.

Et de son côté Luc Mary nous parle des Décisions les plus absurdes de l’Histoire des petites historiettes du livre précédent, on entre ici par la grande porte de l’Histoire dont certains éléments déclencheurs l’ont été souvent du fait de décisions idiotes au plan militaire par exemple le fiasco des Dardanelles de Winston Churchill qui envoya à la mort des milliers de soldats inutilement. Ce sera le cauchemar de sa vie.
Repères pour illustrations : decisions

 

 

 


Deux petits bijoux chez l’éditeur marchand de feuilles

L’éditeur marchand de feuilles nous gratifie de deux petits textes dans des formats de poche. D’abord la réédition de Dans sa bulle de Suzanne Myre, Dont tout le récit se passe dans un hôpital que la romancière observe à la loupe avec tous ceux qui gravitent dedans, tel un entomologiste le ferait devant des insectes. Elle est une fine observatrice du comportement humain et comment chacun essaie de tirer son épingle du jeu ici bas. Et surtout avec quelle maestria de la langue française. C’est une classe me maître. Puis Valérie Carreau de son côté dans Une mère exceptionnelle qui nous fait voir Catherine, jeune maman appliquée qui va édifier sa vie petit à petit, elle qui ne savait pas cuisiner réussira à nourrir son poupon en bombant le torse. Tout est pour le mieux jusqu’à cette foutue correspondance qui surgira comme une boule dans une allée de quilles bien rangée. L’homme est un tas de petits secrets disait Malraux. Une autre occasion de vérifier cette pensée. 

 

 

 


Observer ses voisines

Les lecteurs de Voir.ca sont peut-être familiers avec les textes de Michel-Oliver Gasse qui est à la ville amoureux de sa blonde et musicien notamment avec Vincent Vallières. Ces textes sont réunis ici avec des inédits sous le titre De Rose à Rosa. Pourquoi deux prénoms ? Ce sont deux voisines que le narrateur se mettra à observer qui suscitent en lui de multiples réflexions. Et pour qui sait regarder de près, la vie offre une multitude d’enseignements. C’est ce qu’il partage avec nous avec le mot à la bonne place. Il n’y a aucune affectation littéraire dans cette démarche sinon celle d’un grand humaniste qui aime le contact avec le petit monde. Vincent Vallières lui a fait le plaisir de préfacer son histoire qui vaut le détour, vraiment.

De Rose à Rosa. Tête première 288p.      www.mogasse.com

 

 

 


Entre le comte et le garçon d’écurie

Sylvia Day poursuit sa série « Georgian » avec un épisode dans la grande tradition romanesque avec au cœur de l’histoire une femme promis à un noble mais dont le cœur ne cesse de battre pour un garçon d’écurie. Avec le temps elle s’est faite une discipline, mais c’est trop fort. D’autant qu’un inconnu qui lui a plaqué un baiser a rallumé une braise ardente. Le garçon d’écurie sur l’entrefaite va revenir dans le décor. C’en est trop. Que va faire Amelia Benbridge. Si vous m’embrassez a tous les ingrédients qui ficellent une bonne romance comme les aiment les amateurs du genre. Et attention ce n’est pas strictement une littérature féminine. Des mâles verseront auront sans doute l’œil humide à sa lecture.

Si vous m’embrassez. Sylvia Day. Flammarion Québec 375p.   www.flammarion.qc.ca

 

 

 


Une « émeute » revue en question

James Jackson philosophe de son état, a été par deux fois à la tête de l’Association irlandaise d’études canadiennes. Il revient sur un pan méconnu de l’histoire montréalaise au temps des Patriotes. C’était le 21 mai de 1832 alors qu’un ressortissant irlandais, Daniel Tracey à la fois médecin et directeur du Vindicator une publication sympathique à la cause des Patriotes, est prédit gagnant à l’élection partielle dans le Quartier-Ouest de Montréal. Comme adversaire il a un loyaliste, Stanley Bagg. Les partisans de ce dernier vont demander l’armée pour soi-disant réprimer une émeute fomentée prétend-on par le favori au scrutin. Les forces de l’ordre vont tirer atteignant mortellement trois personnes. On va faire un procès truqué à Jackson. L’auteur devenu historien pour la cause, revient sur cette parodie de justice. Il remet les pendules à l’heure sur ce qu’il nomme L’émeute inventée. Qui nous fait apprécier davantage l’indépendance de la justice.

L’émeute inventée. James Jackson. VLB éditeur 322p.    www.editionsvlb.com

 

 

 


Le Québec expliqué aux français

L’animatrice et journaliste québécoise Denise Bombardier est atteinte de francophilie aigüe et elle fait bien de défendre le fait français. Et elle a décidé d’expliquer au français ce qu’est le Québec. Et elle a choisi comme véhicule la collection « Dictionnaire amoureux » chez Plon. Elle signe donc Dictionnaire amoureux du Québec. Évidemment, elle l’a dit elle-même lors du lancement, les choix des thèmes abordés sont de l’ordre de l’arbitraire. Ainsi on ne retrouvera pas la mention côté artistique de la chanteuse Diane Dufresne, une icône de la francophonie, ni celui de Raymond Lévesque auteur de la chanson mythique sacrée la plus belle en langue française « Quand les hommes vivront d’amour ». Ni aucune mention d’une particularité du Québec, la vitalité exceptionnelle de la communauté gai. Mais par contre, sur les sujets abordés il y a de belles réflexions, notamment sur la définition des hommes et des femmes, ces dernières ayant succédé à l’Église au point que le Québec est sous le matriarcat total. Un exercice de style intéressant qui vaut le détour et qui donnera le goût aux français de venir au Québec.

Dictionnaire amoureux du Québec. Denise Bombardier. Plon 392p.   www.plon.fr

 

 

 


L’identité francophone poétique sous le Régime français menacé

Il faut saluer le travail d’érudition d’Éric Boulanger doctorant en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal qui a fait une recherche exhaustive pour retracer des textes poétiques qui célébraient la vaillance des combattants franco-canadiens contre l’envahisseur anglo-saxon, depuis la Guerre de Sept ans jusqu’à l’invasion américaine de 1775-1776. Évidemment on sourira rétrospectivement du ton employé, et aussi de l’exaltation patriotique du courage. Mais en même temps, s’il y a des vers de mirliton, on trouvera également de belles perles.

La plume au fourreau. Éric Boulanger. Presses de l’Université Laval 300p.   www.pulaval.com

 

 

 


Les Crakers, ferments de l’homme nouveau

Margaret Atwood fait cette fois dans le fantastique avec une histoire rocambolesque Maddaddam qui est une proposition d’un monde nouveau. Au point de départ, une nouvelle peste qui va décimer une bonne partie des humains vivant sur notre bonne vieille Terre. Il y aura parmi les rares survivants, une mutation communautaire qui donnera les Crakers, de gentils êtres tout attentifs aux récits que leur font les derniers humains. Et les Crakers vont représenter l’homme nouveau, en mieux. La romancière donne ainsi de l’espoir par cette métaphore, à ce que l’homme change de nature pour devenir bon, pacifiste et grégaire. On peut toujours rêver.

Maddaddam. Margaret Atwood. Robert Laffont 428p.    www.laffont.fr

 

 

 


La double dérive d’un chômeur

Écoutez, avis à tous qui nous lisez, précipitez-vous à la librairie la plus proche et prenez auparavant la peine de réserver Il bouge encore de Jennifer Murzeau. Car la romancière ici prend la défense dans son roman d’un homme qui perd son emploi. C’est déjà une sacrée épreuve. Mais il ne sera pas au bout de ses surprises car une deuxième déveine l’attend. Car sa compagne duquel il s’attend à de la compassion, tombe de haut. Car elle avait des ambitions pour deux. Et ne peut pas s’habituer à devoir vivre avec un « looser ». Le couple se désagrège en même temps que naîtra une violence conjugale. Quelle horreur. Chapeau à dame Murzau de décrypter aussi bien les malheurs de la mésaventure financière où l’argent est roi. Un chef-d’œuvre.

Il bouge encore. Jennifer Murzeau. Robert Laffont 255p.    www.laffont.fr

 

 

 


L’ABC de vendre une destination ou un emplacement

Le manuel Marketing du tourisme du duo Isabelle Frochot et Patrick Legohérel est une telle référence qu’il en est à sa troisième réédition. Et pour cause. On trouve ici tous les fondements qui permettent de bien vendre une destination ou un emplacement. On fait ici une large place à l’utilisation maximale des réseaux sociaux. Tout y est jusqu’à la façon de concevoir un budget promotionnel et l’analyse spécifique des marchés. Cet ouvrage n’a pas encore été déclassé. Exigeant certes mais combien utile à ceux qui rêvent de mettre un produit sur la carte des itinéraires à retenir.

Marketing du tourisme. Isabelle Frochot et Patrick Legohérel. Dunod 322p.    www.dunod.com

 

 

 


Paris, l’éternelle captivante

Vous pouvez soit vous rendre sur place dans la Ville Lumière ou la visiter sur Google Maps, mais ce ne sera jamais la belle visite que nous proposent messieurs Francis Lecompte aux textes et Bernard Ladoux par les photographies. Si vous êtes un adepte de Secrets d’histoire sur TV5 en compagnie de Stéphane Berne, vous êtes alors des lecteurs tout désignés pour ces Mystères du vieux Paris. Que de beaux itinéraires où chaque quartier recèle une page glorieuse ou non de l’Histoire de France. On nous promène des guillerettes qui distrayaient les hommes avec les seins bien à découverts jusqu’aux abattoirs de la Villette. On peut vérifier encore une fois le vieil adage « il n’est bon bec que de Paris ». Ça demeure éternellement vrai.

Mystères du vieux Paris. Francis Lecompte et Bernard Ladoux. Massin191p.   www.massin.fr

 

 

 


Déclinaisons sur la chose

Depuis quelques années, des femmes en grande partie, ont commencé à livrer une tradition du livre érotique à la sauce de chez nous. Le sujet ne fait plus peur. Pas en tout cas chez Québec-Amérique qui lance sous la direction de Stéphane Dompierre, Nu. On a demandé à plusieurs écrivains, hommes et femmes d’y aller de leur cru sur la chose. Et ça donne au final une cuvée exceptionnelle. Étonnamment beaucoup de textes sont centrés sur l’autour de la sexualité plutôt que de se fixer sur des détails génitaux ou des performances comme on en rencontre à des niveaux plus bas de gamme. Ici on est en littérature. Comme quoi on n’a pas épuiser ce filon où l’imaginaire a toute sa place. Le qualificatif le plus approprié pour définir cette démarche ? Jouissif.

Nu. Sous la direction de Stéphane Dompierre. Québec Amérique 371p.  www.quebec-amerique.com

 

 

 


Un bel essai sur les débuts de la consommation

Saluons le travail de l’historien Sébastien Couvrette qui a fait un travail de recherche exhaustif sur la publicité des quotidiens montréalais de 1920 à 1970. On croirait à tort que le goût de la consommation est venu avec l’après-guerre et la fameuse explosion de l’électroménager dans les années cinquante. D’emblée il fait remarquer que chaque publicité pour chaque quotidien était ciblée de façon différente. On ne s’adressait pas de la même façon aux lecteurs du Devoir que ceux de La Presse. Et même la réclame dans les médias écrits anglophones n’avait pas la même approche. On verra l’effort consenti pour vanter la cigarette auprès de la clientèle féminine dans les années vingt tel un symbole d’affranchissement. C’est un fabuleux cours de petite histoire qui fait la grande.

Le récit de la classe moyenne. Sébastien Couvrette. Leméac 246p.  

 

 

 


Un autre épisode de William Black

Ceux qui ont suivi la série Agrippa du tandem Jean-Pierre Ste-Marie et Mario Rossignol seront heureux d’apprendre que leur héros William Black revient dans Mercenarius une succession d’événement où notre étudiant en médecine a accepté des missions périlleuses, délaissant ses études pour ce faire. Ici on le retrouvera en pleine Amérique raciste au cœur du Klu Klux Klan où on n’entend pas à rire avec le négro. Encore une fois cette histoire est pimentée à souhait des ingrédients qui font le bon livre d’aventures. C’est le fruit de la passion de deux gars, l’une en mythologie et l’autre en géographie. Malaxez ces deux élans et ça donne ce bijou dans son genre.

Mercenarius. Jean-Pierre Ste-Marie et Mario Rossignol. Éditions Michel Quintin 597p.      www.agrippa.qc.ca

 

 

 


Dernier tome d’une trilogie scientifique enlevante

Le titre a d’abord de quoi intriguer L’homme qui n’avait pas de nombril de Michel Leboeuf. Il appartient à ceux qui n’ont pas d’ombilic (nombril) civilisation qui domine la Terre depuis un temps immémorial. Dans ce troisième récit qui clôt sa trilogie, vous allez voir les ambitions démesurées de la première gouverneure de l’État Unique. Prête à tout pour se maintenir en poste. Vous allez voir qu’elle n’a pas froid aux yeux. On ne vous en dit pas plus pour ne pas brûler la conclusion. C’est écrit de main de maître. Dans son genre, le romancier qui est fana de vulgarisation scientifique, tutoie ici l’excellence.

L’homme qui n’avait pas de nombril. Michel Leboeuf. Éditions Michel Quintin 362p.      www.editionsmichelquintin.ca

 

 

 


Romance sur fond de classe sociale

Denise Monette est décidément une sorte de Balzac qui décrit très bien quand à lui les mœurs de la société québécoise. Et il est au zénith de son talent comme avec sa dernière ponte La veuve du boulanger. C’est un avocat bien établi de Westmount qui tombe éperdument en amour avec la veuve du boulanger, Gervaise. Tellement qu’il veut la prendre pour épouse. Essayez maintenant de faire avaler cette union jugée contre-nature à la haute société du Mont-Royal. Il va l’épouser secrètement. Mais les belles-sœurs de la nouvelle épousée lui feront mille misères. Le couple finira par se désintégrer. On verra comment elle parviendra à retrouver des élans amoureux moins chargés de turbulences.

La veuve du boulanger. Denis Monette. Les éditions Logiques 518p.    www.edlogiques.com

 

 

 


Deux incontournables aux Trois-Pistoles

L’imaginaire et le conte font bon ménage aux éditions Trois-Pistoles alors que paraît coup sur coup Les fées noires d’Isabelle Vinet et Contes, légendes et récits de la Côte-du-Sud une anthologie de Pierre Landry. Commençons par le premier qui est comme une fantasmagorie. Une jeune femme se réveille dans un hangar abandonné depuis des lustres et qui accuse le poids des ans. Mais quel réveil. Elle aperçoit figurez-vous donc, un luxueux wagon et sa maman vêtue en violet. Et à l’extérieur des voies ferrées circulaires. Dans quel monde s’éveille telle ? Selon les intentions de l’auteure c’est une métaphore des relations humaines. Elle doit certainement être une cinéphile car on voit bien qu’elle fait des mots des images cinématographiques. Scénaristes du fantastique allez lire si vous êtes en panne d’imagination, la romancière en a pour dix.
D’autre part tout un pavé dans la collection de renom « Contes, légendes et récits du Québec » signé Pierre Landry « Contes, légendes et récits de la Côte-du-Sud. Ce sont de forts belles histoires patrimoniales glanées sur ce qu’on appelait jadis le Chemin du Roy sur cette partie du moins entre Beaumont et Notre-Dame-du-Portage. L’auteur qui a fait une recherche qui force l’admiration est un féru de notre histoire québécoise puisque entre autres il a été directeur général du Musée du Bas-Saint-Laurent situé à Rivière-du-Loup et ce de 2007 à 2013. Idéalement ces contes doivent être lus dans la quiétude du foyer de préférence près d’une bonne cheminée, le bonheur quoi!

 

 

 


Deuxième recueil de haïkus pour Jimmy Poirier

Jimmy Poirier est addict des haïkus. Il avait publié un peu plus tôt cette année un premier recueil  « Cueillir la pluie » . Il n’a pas attendu puisque le revoici avec son deuxième, Le bruit des couleurs. Extrait « terrasse du café sur ma cuillère une mouche sauvée de la noyade regard inquiet une guêpe survole ma limonade ». Mots flash, mots images. Un univers se crée sous nos yeux.

Le bruit des couleurs. Jimmy Poirier.  David 77p.  www.editionsdavid.com

 

 

 


Un soldat canadien raconte son Afghanistan

Voici un livre étrange. Étrange car il est signé d’un militaire canadien Sony Chris Marchal qui aobtenu sans doute l’autorisation de ses supérieurs pour raconter très ouvertement ses joies et sa détresse dans l’armée canadienne. Ses missions en Afghanistan qu’il n’a pas regretté mais qui ont eu raison de sa vie de couple. Pas une fois le gars n’use de la langue de bois. C’est rare dans l’armée. Il nous dit ce que c’est que la guerre, les efforts que ça suppose. Et il ne joue surtout pas au héros. Cette transparence vaut toutes les médailles militaires.

Peur et dégoût en Afghanistan. Sony Chris Marchal. Québec-Livres 426p.   www.quebec-livres.com

 

 

 


Le capitalisme se meurt

La seule chose qui est stable dit-on en boutade aujourd’hui c’est le changement. Et le capitalisme n’est plus à l’abri de la mouvance des choses. Dans sa structure actuelle il est même désuet. Et ce qui est venu changer la donne, c’est bien sûr Internet, les réseaux sociaux et les imprimantes en 3D pour ne nommer que ces éléments de transformation. C’est que produire va coûter donc moins cher et les marges bénéficiaires s’effondrent du coup ca ron ne peut plus vendre le produit au même prix qu’avant. Jeremy Rifkin qui conseille l’Union européenne et des chefs d’États détaille les nouveaux enjeux dans La nouvelle société du coût marginal zéro. C’est rien de moins que l’éclipse du capitalisme qu’il annonce.

La nouvelle société du coût marginal zéro. Les liesn qui libèrent 508p.  

 

 

 


Tactiques au bridge

Gaëtan Thibault est rompu au bridge avec aussi de facilité que pour un autre de respirer. Au lieu de participer ça et là à des compétitions un peu partout, il a plutôt opté pour l’enseignement avec sa méthode unique en soi. Vulgarisateur de ce jeu qui exige beaucoup du système nerveux, il simplifie les techniques pour que le lecteur les assimile bien.

Le sens du bridge. Gaëtan Thibault. Québec-Livres 217p.   
www.quebec-livres.com

 

 

 


Le coin jeunesse

Voici un joli conte de Janet Hill « Mademoiselle Moon, gouvernante de chiens ». La demoiselle est embauchée dans un domaine sur une île perdue de l’Atlantique pour faire l’éducation des canins. Nous sommes en pleine féérie où les amants des animaux se plairont. Car outre les chiens il y a presque aussi une ménagerie. Aux éditions Bourgeon. Et chez Presses aventure une bande dessinée de Tristan Demers dans le cadre de sa série « The trash pack, les crasseux dans votre poubelle », c’est Brises d’ordures

 

 

 


 Le coin habileté manuelle

Julie Lafaille poursuit chez Broquet son enseignement de l’art singulier de l’effet vitrail avec le tome 2 de Faux-vitrail. On trouvera ici 20 autres projets à réaliser dont des techniques mixtes et des surfaces variées. Ce sont des bases de connaissances incontournables qui débouchent sur votre propre créativité. On soulignera l’abondante iconographie qui appuie l’enseignement. Et deux titres chez Mango. A commencer par Isabelle Lapprand connue pour sa participation au blog français « Merci Giroflée » qui sort Accessoires tendances. C’est un ensemble de 35 créations coutures pour femme et enfant. On remarquera le souci à l’aspect fantaisiste des présentations. Ce petit peu de folie qui manque parfois à un vêtement ou un accessoire et qui marque la distinction. Vous avez un grand patron en complément sur lequel démarrer vos créations. Tandis que de son côté Dominique Manière vous invite à concevoir vingt modèles dans Mes sacs en tissu. On passe en revue toutes les composantes d’un sac en revue, les poches, anses, fermetures, tout ça étape par étape.

 

 





 


Le coin Miam-Miam

Un titre attendu en cette période du calendrier automnal, le Guide restos guide gourmand du Voir  communément appelé Guide Voir. C’est sans doute le guide provincial le plus complet qui répertorie les meilleures tables et les raisons pour lesquelles on devrait s’y rendre. Une attention soignée a été apportée aux illustrations. Jamais plus qu’ailleurs, une image vaut mille mots. C’est chez Québec-Amérique. On dit volontiers en psychologie que l’enfance est déterminante. Même pour les chefs en cuisine qui n’ont pas oublier les bons petits plats préparés à la maison par une maman bienveillante. Eh bien ils ont répond à l’invitation qui leur a été faite par les éditions Transcontinental, en revisitant des classiques. Sous la supervision de Lynne Faubert dix chefs dont Jean-Luc Boulay du Saint-Amour se sont prêtés au jeu de faire un bond en arrière puis un grand bon en avant. Vous serez étonné du résultat.
Et puisqu’il est question de cuisine d’enfance, passons de la cuisine maternelle à celle de grand-maman. Le duo Alessandra Macchi et Claude Chabault a concocté chez Flammarion Québec La bonne cuisine de nos grands-mères. On trouve là 490 recettes d’hier et d’aujourd’hui. Ça va de la raie au beurre noir à la terrine de lapin de garenne au pruneau jusqu’au classique spaghetti carbonara. On salive. Et contrairement à bien d’autres livres de recettes, aucune photo pour faire saliver. Ce sont vos plats qui prendront ce relais. A l’ère des allergies et des intolérances de toutes sortes, ceux et celles qui le sont au gluten, apprécieront Sans gluten de Marie-Claude Morin et Charlotte Larocque-Saey chez Modus Vivendi. Et sans gluten ne signifie pas de se priver. A preuve ces rouleaux de printemps au tofu ou encore le traditionnel pain de viande. Des recettes toutes simples à réaliser mais qui ont le mérite d’être en conformité avec votre métabolisme.
Enfin deux titres chez marie claire. Moins de 30 minutes! Ça c’est quasiment le livre de secourisme en cuisine quand s’apprête à surgir des visiteurs inattendus et qu’on souhaite les atteindre par le ventre. Vous avez là 100 recettes dont certaines peuvent prendre moins de 15 minutes. Quel dépanneur extraordinaire à conserveur toujours sous la main. Ce peut-être un petit vol-au-vent, un dessert à l’ananas ou bien une salade aux herbes et foie de volaille. L’autre bel album, Pâtisserie anglaise et américaine. Encore 100 goûters pour ceux qui ont le bec sucré dans la grande tradition anglo-saxonne. Les cheesecake avec leurs variations infinies, les cupcakes anglais, classique des classiques, et le muffin aux pépites de chocolat. Ici toute résistance est vaine. 

 

 



 


Le coin santé physique et psychique (1)

Une superbe cuvée de beaux titres qui vous permettront de croître en beauté, sagesse et santé. Chez l’éditeur Lanore, La découverte de mes vies passées par l’hypnose de Gil Arcande. En passant l’hypnose est de plus en plus intégrée à la thérapie médicale classique et même en dentisterie. Ici l’auteur utilise un pseudonyme. Il ne l’a pas eu facile ici bas. Un véritable petit karma terrestre. Par contre, il a vécu quelque chose de singulier, sa découverte de 24 vies sur deux millénaires par le biais de l’hypnose. Il décrit son expérience comme une démarche spirituelle qui est un bain de matière. Fascinant. Ensuite une belle biographie, celle de William Garner Sutherland le fondateur de l’ostéopathie dans le champ crânien, Aved des doigts qui pensent écrite par Adah Strand Sutherland. Le découvreur aurait voulu écrire sa propre vie, mais il n’en eu pas le temps. C’est donc sa femme qui a honoré ce désir après sa mort. Un homme qui a eu l’intuition de sa science par le toucher. Chez Sully. Du même éditeur, Apprendre par le mouvement de Paul Dennison. Qui nous appelle à la découverte du « brain gym ». Autrement dit, faire des exercices intelligemment. Sa technique prend appui sur la biomécanique, l’étude du mouvement et les sciences neurologiques. Toutes ces sciences ont bénéficié des fruits de la recherche. Ces mouvements tels qu’il les enseigne vont influer sur nos facultés intellectuelles dont une meilleure concentration et plus de mémoire.
Les trois prochains titres sont chez Ada. Allan G. Hunter nous trace La voie de la synchronicité. Qu’est-ce à dire ? Ce prof de littérature a des études combinant la psychologie, la mythologie et l’écriture. C’est un coach au quotidien. Il veut nous aider à voir clair alors que trop souvent notre ego masque la lumière venant de l’Univers. Jon Mundy est un de ces gourous américain qui cartonne dans le monde. Son traité Vivre un cours en miracles s’est écoulé à plus de deux millions d’exemplaires. C’est un ensemble de réflexions puisées dans divers enseignements et niveaux de spiritualité. Pour qu’on trouve le chemin le plus adapté à nos besoins. Il y a de belles trouvailles, comme cette pensée hassidique, qui dit que si tu te considère comme une chose, comment te revêtir. Vous sortirez de cette lecture assez éclairée. Et tout un pavé que Les cycles de la vie de Christine DeLorey sorte de voyage personnel à travers les émotions conduisant à la liberté et au bonheur. En réalité c’est un traité complet de numérologie. Une sorte d’outil voulu pour qu’on améliore son rapport aux autres et avec soi-même.
Un livre d’Hervé Fischer est toujours une belle rencontre avec cette fine fleur de la pensée humaine. Il nous fait cadeau de La divergence du futur chez VLB.  Son credo dans ce traité c’est que nous avançons dans l’existence par « à coups » qui se traduisent par des divergences. Or il n’y a pas à dire nous en connaissons toute une en ce moment avec l’ère du numérique que nous vivons, où les rapports aux autres sont complètement chambardés, les valeurs aussi et notre comportement de consommateur aussi. Le philosophe des médias apporte sa contribution au débat, nous mettant sue des pistes de compréhension.
En ce moment les gens vivent comme des boules de nerfs vivantes, tellement stressés. Les vents d’antidépresseurs explosent comme jamais. La travailleuse sociale Lise Paquet s’en inquiète et propose aux éditions La Semaine sa Méthode anti stress. Comment développer l’auto-guérison en modifiant ses pensées et ses sentiments. Elle nous sert des expériences de détente comme chez les religieuses qui sont toutes entières dans la méditation du moment, contrairement au commun du mortel qui traîne son boulet de vie et qui ne parvient pas à s’en défaire. Chez le même éditeur, l’animatrice Caroline Proulx avait un besoin pressant de décrocher. Surtout qu’elle avait été remuée par le livre « Aime, prie, mange » de l’auteure Elizabeth Gilbert et a voulu faire pareil. Elle s’est donc accordé un cent jours de grand voyagement pour s’oublier et être à l’écoute de ce qui l’entoure. Ça lui a fait un grand bien qu’elle nous partage.
 Une petite parenthèse ici pour vous signaler qu’aux éditions du CRAM on réédite un classique de la grande prêtresse de la résilience Colette Portelance, « L’acceptation et le lâcher-prise ». Et elle raconte émue comment des gens dans la vie ne demandent qu’à être regardés avec amour et empathie. C’est un livre dont les préceptes sont indémodables et pourquoi la thérapeute s’est acquise une telle renommée. Elle n’est pas une froide clinicienne, mais une humaniste. Et l’animatrice Caroline Proulx avait un besoin pressant de décrocher. Surtout qu’elle avait été remuée par le vécu de Julia Roberts, dans le film « Aime, prie, mange » et a voulu faire pareil. Elle s’est donc accordée un

 

 





 


Le coin santé physique psychique (2)

C’est un petit livre chez Leméac qui explore un champ de la démarche humaine assez peu explorée, celui de la compassion. Figures de compassion sous la direction d’Yon Rivard et Sarah Rocheville est un collectif où divers contributeurs viennent donner leur éclairage personnel pour tenter de comprendre qu’est-ce qui peut bien pousser quelqu’un à donner à un plus pauvre que lui. C’est peut-être une plaquette, mais quelle densité de brillantes pensées. En affaires pour se donner des munitions afin de réussir une transaction, la connaissance des conventions sociales, du civisme, est un bel instrument de séduction comme nous le montre Ginette Salvas dans L’étiquette en affaires. C’est plein de bons conseils qui feront de vous un as en société. Chez Québec-Livres.
L’animatrice et journaliste Jocelyne Cazin qui fut une grande vedette de J.E. au réseau TVA se livre en toute confidence dans J’ose déranger chez Publistar. Elle nous révèle un tas de choses, la relation pénible avec sa mère qui s’est terminée en apaisement, son psoriasis, des suicides dans son entourage. Ceux qui admirent son parcours vont la découvrir davantage. Une femme qui a trimé dur, pionnière dans sa vie professionnelle et qui a le courage de ne jamais lâcher prise. Aux éditions Transcontinental, Réjean Gauthier et Valérie Lesage écrivent à quatre mains Dans la jungle du réseautage. Réseautage, c’est le sésame pour prospérer dans la société. C’est bien beau, mais comment fait-on quand on ne connaît personne ? Vous apprendrez comment faire des « cold call » exploité à bien son entourage. Surtout on trouve des commentaires de gens qui ont réussi en affaires et qui généreusement nous livrent leurs recettes maison.

Aux éditions Les malins, c’est l’ABC des filles. Le compétiteur du célèbre  Dico des filles. L’édition 2015 regorge d’articles d’intérêt général, des conseils en tout genre, Saluons le travail titanesque de Cathrine Girard-Audet qui a créé cet almanach bien spécial en 2008. Elle est habituée à recevoir des demandes de conseils en tout genre tant sur le blogue de VRAK.TV qu’au magazine Cool. Il y a de quoi lire pour une année. Et félicitations à l’éditeur pour le soin de la présentation graphique. Aux éditions Mame, deux titres. D’abord un album mignon Les grandes questions de Prune & Séraphin. C’est une petite série fort charmante mettant en vedettes deux frangins, issu de l’imagination de Karie-Marie Amiot et Florian Thouret. Cette fois papa et maman répond à leurs questions sur Dieu et la vie. Eh, oui, même les enfants ont des questionnements existentiels. Toujours chez Mame un être exceptionnel s’exprime, Jérôme Lejeune un généticien mondialement connu pour avoir décrypté le génome de la trisomie 21, le mongolisme. On publie des conférences inédites qu’il a prononcées entre 1968 et 1992 et où il est évidemment question des manipulations génétiques.

A l’ère du baby boom actuel le livre de l’infirmière Marie Fortier, Mes cours prénataux tombe à pic. C’est que dans le confort du foyer, la future maman va pouvoir sans stress, se préparer au bel événement à venir. L’auteure a 26 ans d’expérience en la matière et les conseils qu’elle dispense ici sont le fruit de la collaboration de toute une équipe dont un gynécologue-obstétricien. Ici ce n’est pas le développement du fœtus qui est observé plutôt que celui de l’évolution e la grossesse. On dit que c’est un des rares ouvrages de ce type adapté à notre réalité québécoise. Aux éditions Transcontinental.

Enfin, réédition d’un grand classique de Louis-Georges Désaulniers « La manipulation » ou qui sont les manipulateurs et comment s’en protéger. Et pas seulement dans les rapports affectifs, mais aussi dans les affaires. Qui parcourt cet ouvrage préventif se trouve même à l’abri des bandits à cravate. Chez Québec-Livres.

 

 

 


Il confesse 33 meurtres mais n’en a commit aucun

Pour une histoire policière déroutante c’en est toute une. Qui se passe en Scandinavie. Un serial killer, Thomas Quick a été arrêté pour 33 meurtres de garçons. Il les violait et dans certains cas les dévorait. Ça c’est passé entre 1964 et 1993. Il a confessé ses crimes. Aussitôt, ce grand dérangé a été confiné en haute sécurité. Un monstre dans toute l’acception du terme. Sauf qu’il va se passer une chose étonnante. Faisons un grand saut dans le temps en 2008. Un journaliste d’enquête, Hannes Rastam va aller à la rencontre du dangereux criminel dans cet hôpital psychiatrique où il est confiné à vie. Il rassemble les documents liés aux procès, des interviews. Pour en arriver à cette conclusion renversante, le gars qui est enfermé est totalement innocent, bien que grandement perturbé. Le véritable criminel court toujours. C’est cette affaire rocambolesque que le journaliste reprend dans L’affaire Thomas Quick. Quel beau film cela ferait. Avis aux scénaristes.

L’affaire Thomas Quick. Hannes Rastam. Denoël 641p.  

 

 

 


La Lune pour sa petite amie

J’irais te décrocher la Lune, est une expression consacrée pour mentionner qu’on ferait tout pour l’autre. Eh bien cette métaphore s’est matérialisée pour Thad Roberts. Une histoire invraisemblable mais vrai que Ben Mezrich rapporte dans Sex on the Moon. Thad est un jeune homme stagiaire à la NASA. Le type est entretemps fou dingue d’une jeune fille et va lui offrir la Lune sous forme de fragments de cette dernière qu’on rapporté les équipages des missions Apollo. Il va donc commettre un vol parmi ces stocks précieux conservés pour étude. Un présent original certes mais qui va lui offrir bien des ennuis à commencer avec le FBI.

Sex on the Moon. Ben Mezrich. Denoël 373p.    

 

 

 


Deux titres dans la collection Charleston avec des gens inoubliables

La collection Charleston chez l’éditeur Guy Saint-Jean rassemble des grands romans qui tournent autour de la romance, plus largement de la passion. Mais certainement remarquable parce qu’elle met de l’avant une galerie de gens inoubliables. Deux nouveaux opus viennent enrichir le catalogue. Moloka’i c’est une île de l’archipel hawaïen où sera mis en quarantaine une toute petite fille, Rachel. Nous sommes en 1892. Pourquoi ce confinement ? C’est qu’elle est atteinte de la lèpre et au XIXème siècle on est démuni devant une telle maladie. Elle restera sur l’île jusqu’à l’âge adulte. Ce pourrait être un sort épouvantable. Mais comme le décrit si bien le romancier Alan Brennert elle est entourée de gens de cœur ce qui allège grandement son fardeau.
Dans un autre registre, Le goût des souvenirs d’Erica Bauermeister c’est la vie de Lillian qui ouvre un restaurant comme vous voudriez en avoir un près de chez vous. Ici le texto ne règne pas. Les gens y sont pour se rencontrer et former une sorte de grande famille. Nous ne pouvons pas être plus dans le sentiment humain qu’à ce lieu de rencontre. Deux romans qui vont aller vous chercher droit au cœur.

 

 

 


Deux premiers romans étonnants chez Triptyque

Le protagoniste du premier roman de Nicolas Coutlée « Les carnets du demi sous-sol ronge son frein existentiel dans un sous-sol infect. Jusqu’à ce qu’il reçoive l’appel d’un éditeur intéressé à prendre son manuscrit. Mais qui devra subir les modifications voulues par ce dernier. L’éditeur, un Faust tentateur, ne fera pas nécessairement le bonheur de l’écrivain. C’est le roman étonnant de la rentrée. Chapeau à l’éditeur Triptyque, qui n’est évidemment pas de la même pâte que celui du livre. Et pour un baptême en littérature, Coutlée fait son coup de tonnerre.
Et si on se croit au bout de nos surprises ce n’est pas fini. Un autre baptême dans le monde des lettres, Marise Belletête et L’Haleine de la Carabosse. Étudiante au doctorat en lettres de l’Université du Québec à Rimouski, la demoiselle s’intéresse à l’univers des contes et leur lien dans la production romanesque contemporaine. Ce goût du conte se retrouve dans cette histoire qui nous montre Ève, issue d’une longue lignée de femmes pour qui le mot équilibre n’existe pas. Elle est donc curieuse de son passé et dispose pour se faire d’un journal qui lui a été légué. Les contes de son enfance viendront interférer sur la compréhension de ses origines. Puis la Carabosse, qui lui fait de l’ombre depuis si longtemps, l’empêchant de s’épanouir à son gré. 
 
www.triptyque.qc.ca

 

 

 


Récit d’un père au foyer

Ce qu’il écrit bien Robert Maltais comédien, chanteur et ex directeur artistique de la Butte Saint-Jacques, aujourd’hui directeur de la Fondation des artistes du Québec. Lola et les sauvages sa dernière création littéraire nous présente Olivier Genest, un quinquagénaire qui a conçu un enfant avec une jolie suissesse dont il ne voyait plus clair. Qui est une cadre supérieure toujours en mouvement. Une vraie carriériste. Évidemment l’amour s’effritera de trop de ces absences. Ils communiqueront à la fin par le biais de Skipe. C’est un petit pavé qui en dit long sur la mutation de l’homme moderne qui ne s’est pas encore trouvé et qui doit faire l’apprentissage d’une nouvelle donne, celle de père au foyer. On se demande sérieusement si la conciliation travail famille n’est pas finalement un leurre.

Lola et les sauvages. Robert Maltais. Druide 531p.   www.editionsdruide.com

 

 

 


Tatoués de diverses façons

Claudine Potvin avec Tatouages signe son troisième recueil de nouvelles. Elle qui est professeure émérite de l’Université de l’Alberta et habituée de conjuguer avec des concepts hermétiques, nous étonne de la clarté avec laquelle coule ses nouvelles. Il est question de tatouages évidemment. Ceux pris au sens premier du mot. Mais il y a les autres marques aussi, car la vie de même nous tatoue. C’est parfois tragi comique, comme cette femme obnubilée de ressembler à la chanteuse Cher et ça se présente au bout du compte comme un ratage de première. On lit chaque nouvelle avec attention, lentement, pour en apprécier le sens des observations, comme on boirait du petit lait.

Tatouages. Claudine Potvin. Lévesque éditeur 125p.   www.levesqueediteur.com

 

 

 


Les belles rutilantes de 2015

Le guide de l’auto 2015 est arrivé. Le classique du genre avec Jacques Duval, Gabriel Gélinas, Denis Duquet et Marc Lachapelle et leur équipe, n’a pas pris une ride depuis 49 ans. C’est tout un travail quand on s’arrête à penser que l’équipe de rédaction a essayé plus de 325 modèles. Sur guideauto.web afin d’être au goût du jour et graĉe aux codes QR qui accompagnent chaque dossier on a accès à des informations supplémentaires. Et en exclusivité ils ont testé ;a Pagani huayra. Quel bolide. Surtout on a énormément mis de voitures en compétition les unes entre les autres. Ça demeure le must du genre.

Le guide de l’auto 2015. Les éditions de l’Homme 666p.  

 

 

 


Le système solaire interactif

Même si la National Geographic Society est une des plus vieilles maisons d’édition au monde, elle sait surfer sur les époques et être au goût du jour. Sa division de livres jeunesse, mets entre les mains de celle-ci un joli album qui demande de recourir à son Iphone, Ipad, IPod ou Androïd, pour compléter ses connaissances. Il s’agit d’isystème solaire. Il y a pleins d’applications gratuites qui nous font aller dans le cosmos à partir de la Lune vers Mars. Qui nous rend compte d’où en est la conquête spatiale.

Isystème solaire. National Geographic kids/ Broquet   32p.
www.broquet.qc.ca

 

 

 


Des maisons contemporaines champêtres

Si vous avez vu le film « Le règne de la beauté » de Denys Arcand, il y a une maison d’architecte située dans la nature qui en a fait rêver beaucoup. Si vous voulez prolonger votre plaisir, courez vous procurer Maisons paysage de l’architecte Pierre Thibault. C’est un florilège de maisons de tous les genres mais qui ont en commun d’être de facture contemporaine. L’album est spréfacé par Denys Arcand.

Maisons paysage. Pierre Thibault. Les éditions La Presse 174p.   www.editionslapresse.ca

 

 

 


Réédition d’un classique sur l’écriture musicale

Les Presses de l’Université Laval réédite pour une troisième fois Éléments d’analyse et d’écriture musicales de Gilles Beaudoin. Cette réimpression a été revue et augmentée en laissant plus de place à la clarté par d’autres exemples simples, mais aussi faisant davantage d’espace à la musique populaire et au jazz. Un manuel pédagogique rigoureux mais incontournable pour qui veut progresser en composition.

Éléments d’analyse et d’écritures musicales. Gilles Beaudoin. Presses de l’Université Laval 296p.   www.pulaval.com

 

 

 


Le coin globe-trotter

Les éditions Ulysse nous gâtent comme ce n’est pas permis avec deux jolis albums et un tout petit guide. D’abord Voir le monde et Amérique du Nord deux beaux albums qui chacun proposent 50 itinéraires. Il y a des propositions en tout genre que ce soit des randonnées, des escapades romantiques, des lieux de culture ou de mémoire. Et pour chaque itinéraire pour le voyageur pressé, l’essentiel de ce qu’il faut appendre. Et dans la collection « Escale à » s’ajoute cette fois la ville de Toronto qui n’est plus la capitale orangiste d’autrefois. La vitalité culturelle, avec un des plus grands festivals de cinéma au monde, sa gastronomie, n’ont plus rien à envier à la latine Montréal.

 

 





 


Le coin santé physique et psychique (1)

Autrefois, les curés et religieux lisaient leur bréviaire au quotidien pour s’abreuver de nourritures spirituelles au quotidien. Aujourd’hui les laïcs ne sont pas en reste puisque Nathalie W. Herrman chez AdA leur donne Lumières spirituelles. Ce sont 365 jours de réflexions spirituelles avec des questionnements qui nous interpellent sur nos priorités en  ce bas monde. Sur un plan plus rigoureux voici un essai d’une brillante fulgurance qui a pour titre L’homme est né libre aux éditions des Presses de l’Université Laval. On a ainsi voulu rendre hommage à Paule-Monique Vernes professeure émérite de l’Université de Provence et qui a fait de Jean-Jacques Rousseau son compagnon de vie. Elle est décédée en janvier 2013. Aussitôt, des proches et admirateurs de sa démarche originale envers Rousseau, on eu l’idée de ce livre. Vous avez ici vingt-deux contributions de chercheurs venant de France, du Canada et de l’Italie. En prime trois textes inédits de la défunte consacrés au cynisme chez Machiavel et la qualité sociale chez Rousseau.
De nos jours, les médecins ne se donnent même plus la peine de se lever de derrière leurs bureaux pour venir ausculter leurs patients. Ils sont devenus hélas des distributeurs de prescriptions à la solde de l’industrie pharmaceutique. Mais il y en a qui ne sont pas de cette pâte, tel le Dr. Serge Daneault qui plaide pour une médecine plus humaine. Un médecin se confie. On a vu ce médecin assez souvent dans le débat public entourant la question de l’euthanasie. Ce sont des lettres qu’il adresse à un jeune médecin, une infirmière et un patient. Pour chacun il confie des préoccupations et ses rêves d’empathie. C’est également aux Presses de l’Université Laval. Chez De Vecchi Laura Tuan et Les rêves. Elle y consacre une interprétation psychologique. Et on apprend d plein de choses. Exemple, si au cours de la nuit vous rêvez que vous recevez une contravention, cela signifie que vous allez faire des gains. Vous ne serez pas au bout de vos surprises.   
Les cinq prochains titres sont publiés chez Québec-Livres. On réédite Les 10 lois cosmiques du regretté Placide Gaboury cet ex-Jésuite devenu philosophe apprécié. Il part du principe que tout est cohérent dans l’Univers et que les principes qui soutiennent le monde sont apparentés aux lois qui définissent l’Homme. Rien ne se crée, tout se transforme. La psychothérapeute Louise Reid veut mettre fin aux longues séances de psychologie. Elle prône une méthode d’auto-guérison Réparer sa route de vie où par le biais d’une imagerie mentale on essaie de se déculpabiliser et de ne pas traîner son fardeau de vie indûment. La neurobiologiste Guillemette Isnard est bien consciente que la mémoire est une faculté qui oublie. C’est pourquoi elle nous donne des outils pour Survolter sa mémoire. Qui sait qui avec ces exercices on ne parvient pas à juguler la terrible maladie d’Alzheimer. Il est connu que dans le système scolaire on redoute comme tout, l’éducation sexuelle. Comme si on craignait d’inculquer aux touts jeunes des notions de plaisir. C’est dire à quel point nous sommes au degré zéro de l’évolution en la matière. Peut-être devrait-on lire Faire l’éducation à la sexualité à l’école primaire coécrits par les sexologues Caroline Bernier-Riopel et Bernard Ouellet. C’est un guide destiné aux enseignants pour échafauder une information essentielle, pour protéger aussi nos jeunes contre les agressions sexuelles. Au catalogue des émotions humaines, l’agressivité est sans contredit une des plus puissantes. Souvent refoulée chez bien des individus. Et quand il n’y a plus de retenue, que de gestes malheureux. Le psychothérapeute Louis-Georges Désaulniers aborde la question pour désamorcer cette bombe en nous et réduire notre niveau d’hostilité. Ça donne L’agressivité une approche thérapeutique que l’on peut faire dans le confort de son foyer pour identifier notre potentiel et éradiquer toute violence en nous.

 

 



 


Le coin santé physique et psychique (2)

Communiquer avec franchise et bienveillance, tel est le credo du maître zen Thich Nhat Hanh dans L’art de communiquer en pleine conscience aux éditions du Jour. C’est un assemblage d’exercices, de mantras et d’exercices pratiques pour arriver à ce niveau de bonne communication avec nos semblables. Les deux prochains titres sont aux éditions des Presses de l’Université Laval : Méditation de Thaïs c’est le titre du célèbre air pour violon de l’opéra Thaïs de Massenet. Mais ici ça n’a rien à voir avec la musique. Jean Marcel est un médiéviste qui vit en Thaïlande et qui travaille sur la conduite intérieure. Sur place il a fait connaissance avec une pratique de méditation deux fois millénaire, la vipassana. Sa petite plaquette n’est pas à proprement parler un ouvrage de méditation, mais un carnet où il jette les principes qui doivent conduire une existence. Un des revers à l’utilisation massive des réseaux sociaux est la sédentarité qui a des effets pervers chez les jeunes qui ne bougent plus et qui sont exposés à l’obésité. Le Dr. Gilles Plourde consacre quelques pages sur Les jeunes et l’obésité avec des diagnostics et des interventions. Le problème est grave. Aux États-Unis, 50% des jeunes sont en surpoids et chez nous au Canada c’est un peu plus de 30%.

Les quatre prochains ouvrages sont aux éditions de l’Homme. Pour commencer deux petits livres qui sont complémentaires, car ils traitent tous deux de créativité et avec le même signataire Austin Kleon. Le premier est Partager comme un artiste et l’autre Voler comme un artiste. Ces deux titres arrivent à point nommé car en même temps qu’ils traitent du développement de la gentillesse, la vie étant trop courte, il voit aussi que c’est dans l’expression de la créativité qu’on développe son plein potentiel. Et comme le web est une plateforme formidable pour ce faire, nous vous recommandons ses conseils éclairés. 2015 côté Horoscope chinois, c’est l’année de la chèvre. Neil Sommerville Selon lui, l’influence de cet animal se répercutera sur le monde sous forme d’un climat de dialogue et de compréhension. C’est aussi le signe le plus doué au plan artistique, donc on s’attend à beaucoup sur le développement de soi. Dans un autre domaine, nous assistons à un véritable baby-boom. Isabelle Roy et Sylvie Thibault du Centre de maternité Mère et monde, veulent aider les femmes à se préparer en conséquence. Nos cours prénataux à la maison c’est une méthodologie en vue de l’accouchement en sept leçons pour le plus grand confort physique et psychique de la future maman.

En terminant un ouvrage d’importance aux éditions Lanore. Le diabète n’est pas une fatalité du Dr. Raphaël Perez. Dieu sait si c’est une maladie sournoise et potentiellement dévastatrice. Ici il est question de prévention et de prise en charge active. Il nous donne plein de conseils sur l’alimentation et des recettes adaptées pour ceux qui sont déjà atteints par la maladie.  

 

 





 


Le coin Miam miam

On attendait vivement la rentrée pour voir ce que nous réservaient les éditeurs côté livres sur la cuisine, l’alimentation et les restaurants. Ça augure bien. A commencer par trois livres chez Broquet. Qui n’a pas goûté un jour ou l’autre dans sa vie à la célèbre mayonnaise Hellmann’s ? Vous allez tomber de votre chaise en parcourant le livre de recettes conçu par la compagnie. Pae exemple, celle aux pitas de thon, pomme et cheddar ou bien le sandwich nourrissant au rôti de bœuf et provolone. On n’est pas évidemment dans la gastronomie va sans dire, mais un sacré « comfort food ». Et un autre label tellement américain, Campbell’s qui nous arrive avec son livre de recettes adapté spécialement pour le Québec. On a privilégié trois éléments, faire délicieux, rapide et en toute simplicité. Ça donne des plats comme le saumon glacé au vinaigre balsamique, l’orzo au poulet et l’effiloché de proc, pour ne citer que ceux-là. Là, on vous garantie c’est du délice à chaque plat. Et l’éditeur a compris à quel point la consultation est aisée quand c’est broché spirale. Et un classique Le grand livre des biscuits. Et pour qui ne veut pas sombrer dans la routine, c’est le bonheur, avec 140 variations sur ce dessert incontournable.

La notoriété de Philippe Mollé n’est plus à faire quand vient le temps d’apprécier un restaurant. L’édition 2015 du Montréal gourmand c’est un répertoire de 140 restos et 180 boutiques gourmandes. En prime il nous fait la générosité de dix recettes, dix vins à déguster et dix huiles pour cuisiner. C’est chez Ulysse. Chez Guy Saint-Jean éditeur Geneviève Taylor y va de ses Légumineuses en folie. Ce sont 100 recettes pour nous aider à bien manger en santé. Comment bouder une salade niçoise aux haricots de Lima ?, ou encore cette casserole de haricots rouges et poulet épicé. De bons plats gourmands. Et vous verrez comment les légumineuses s’immiscent même parmi les desserts. Et chez Modus Vivendi, maison d’édition qui répertorie sans doute le plus d’ouvrages consacrés à la cuisine, qui présente deux ouvrages. Un qui s’adresse à ceux qui déplorent un peu trop de surpoids. C’est Maigrir. Elle sont deux nutritionnistes, Elizabeth Cerqueira et Marise Charron qui ont concocté un programme en 21 jours de menus. Et vous allez voir, vous ne souffrirez pas le martyre. C’est tout à fait jouissif. Qui a dit qu’il fallait vivre de privations ?  Et enfin un bijou dans son genre, Tarte d’Isabelle Lambert. Sur la couverture épurée, vous avez une pointe de tarte, annonciatrice de bonheurs. L’auteure nous offre plus de 100 recettes de tartes salées et sucrées. Le classiques s’y trouvent comme l’incontournable tarte aux pommes. Des recettes d’Europe et d’ici. Et les illustrations qui nous donnent fin. Seul reproche à faire à lui faire à cette dame Lambert, c’est qu’elle une diablesse tentatrice. Trop de bonnes choses.  

 

 

 


Le judo rédempteur

Le livre qui suit n’a rien de banal. Chutes c’est la narration de deux judoka Maxence Jaillet et Mario Des Forges qui enseignent le judo à Yellowknife dans les Territoires du Nord-Ouest. Leur roman pétri d’humanité est recommandé par la Fédération Internationale de judo. C’est la description de deux jeunes vies qui ont en commun la pratique de cet art martial. Nous sommes à Yellowknife, où nous croisons une jeune judoka, Claire, âgée de 13 ans, et un jeune amérindien, Ryan, forte carrure,  à qui ont impose le judo en guise de rédemption pour un acte délinquant. C’est en même temps pour le néophyte de ce sport une belle initiation en même temps qu’une introspection d’un code de valeurs.

Chutes. Maxence Jaillet et Mario Des Forges. Carte Blanche 187p.   www.carteblanche.qc.ca

 

 

 


Le triste destin de la princesse de Lamballe

Son véritable nom est Marie-Thérèse de avoie-Carignan, mais pour l’Histoire elle sera la princesse de Lamballe à qui dit-on, on a prêté des amours saphiques avec Marie-Antoinette. A la Révolution française elle sera incarcérée et par après condamnée à mort à la guillotine et sa tête fut présentée sur un pic à la foule hargneuse. Quelle triste fin. Alexandra de Broca a vampirisé si on peut dire la jeune aristocrate et lui fait tenir une correspondance imaginaire, des lettres adressée à Philippe d’Orléans membre du cercle rapproché de Robespierre. Et dans ses écrits épistoliers, elle l’affuble d’un déférent « Monsieur mon amour » qui donne son titre au livre. C’est une belle étude psychologique par la bande d’une femme d’exception qui, des fastes de la Cour  se retrouve en geôle, privée de liberté et de vie décente.

Monsieur mon amour. Alexandra De Broca. Albin Michel 234p.   

 







 


Le coin littérature jeunesse

Par manque de temps nous négligeons parfois la littérature jeunesse, mais c’est oublier qu’elle recèle des trésors. Et il nous faut vus parler de la saga Les fantômes de Monsieur Jacques de Francine Allard. L’homme dont il est question ici, est un enseignant comme tous les élèves rêveraient d’en avoir un. Avec lui, c’est la meilleure garantie qu’il n’y aura pas de décrochage scolaire. Ils ouvrent ses jeunes pupilles à l’univers sans fin de la connaissance. Cinq de ses élèves vont former la Brigade Hercule Poirot et s’inventeront des histoires criminelles à élucider. Et il va leur arriver moult aventures. Voici les deux premiers tomes « La mort entraîne la mort » et « Sonate pour Charles Dickens ». Et ce qu’il y a de bien avec cette auteure c’est elle prodigue en culture générale. Tout jeune lecteur qui est à son contact en ressort plus brillant qu’avant. C’est pourquoi nous recommandons à tous les parents cette nouvelle collection. Pour la tranche des dix ans, c’est ce qui se fait de mieux. Aux éditions La Semaine.  Et chez le même éditeur paraît et attendu le dernier Blogue de Namasté « Le secret de Tintin » de Maxime Roussy où il épilogue sur tout ce dont il est témoin. Et ça donne des réflexions complètement déjantées qui ont le mérite de ne pas être de la langue de bois. C’est tonique.

Ailleurs c’est aux éditions Mame, un autre tome s’ajoute à la série Les Demoiselles de l’Empire qui a pour titre Léonie et le complot impérial. C’est signé Gwenaële Barussaud. C’est toute une épopée qui défile sous nos yeux, qui nous fait replonger à l’hiver 1813 alors qu’une jeune fille de l’école de la Légion d’honneur est renvoyée pour cause d’insubordination. Ça ne la dérange pas d’un iota car du coup elle goûte à une liberté sans fin. Elle va sillonner l’Europe. Et sur sa route elle croisera la Confrérie du Poignard qui veut installer l’Aiglon sur le trône de France. L’auteure restitue l’ambiance de son alma mater car elle a été elle-même une ancienne élève de la Légion d’honneur. Chez Mame.

Et deux autres nouveautés aux éditions de Mortagne : De la saga Seconde terre sort le tome 2 « Identité cachée ». L’auteure bien connue pour son autre série « Le royaume de Lénacie » vendu à plus de 70 mille exemplaires, persiste et signe avec une autre belle aventure. Benjamin, le protagoniste, s’est inscrit à une épreuve exigeante qui l’oblige à se reconditionner physiquement. Car s’il remporte la compétition, il pourra atteindre une nouvelle planète et pouvoir mettre fin aux maléfices qui pèsent sur la Terre et sa destinée. Du joli fantastique écrit avec une maîtrise parfaite. Ici la romancière tutoie l’excellence.

Et de son côté Jasmin Girard y va de son Détrousseur de vies « temps 2 ». C’est une histoire inspirée par la Première Guerre mondiale qui comme on sait à été une machine à broyer les hommes, véritables boucherie où chaque camp, particulièrement du côté allemand on s’est montré inventif dans la création d’armes de guerre terrifiantes. Ici un soldat s’en veut de voir ses compagnons pris dans la tourmente et l’odeur du sang. C’est un plaidoyer éloquent en faveur de la paix.

 

 


L’histoire des russes blancs de la Ville Lumière

Les Russes blancs, c’est comme ça qu’on a baptisé les russes qui ont fui la Russie pour émigrer en France et plus encore à l’arrivée du gouvernement communiste en 1917. Et parmi ce flot d’immigrants débarqués dans la capitale française, beaucoup de nobles qui durent repartir à zéro. Alexandre Jevakhoff est bien français, mais descendant de quatre Russes blancs nous raconte cette épopée qui a marqué l’histoire de la Ville Lumière. C’est toute une partie de la Belle Époque qui est évoqué. Et comment Paris a été imprégnée de l’âme slave.

Le roman des russes à Paris. Alexandre Jevakhoff. Éditions du Rocher 293p.    www.artege.fr

 

 


Se faire expliquer les chefs-d’œuvre de l’art visuel

Voici un petit album qui devrait se trouve impérativement au programme scolaire de niveau secondaire. Le meilleur de l’art coécrit par Andy Pankhurst et Lucinda Hawksley est une visite guidée de 80 œuvres déterminantes de l’histoire de l’art visuel. Et c’est formidable de se faire prendre par la main pour nous faire remarquer un détail qui peut échapper à l’œil du commun des mortels. Quel bel outil pédagogique pour faire aimer la peinture et la sculpture.

Le meilleur de l’art. Andy Pankhurst et Lucinda Hawksley. Hurtubise 223p.   www.editionshurtubise.com

 

 


Amour filial

Si vous doutez à quel point une fille peut-être attachée à son père, allez lire Ce qui nous lie de Jacinthe Bédard. Elle met en scène une fille qui après la mort de sa mère, se met en quête de découvrir ce père inconnu à qui elle destine des lettres sans réponse. Ce qui donne une petite plaquette qui entremêle le récit et des passages de poésie en prose. Ce qui est touchant dans cet exercice de style c’est l’immense intérêt que porte l’intéressée à découvrir l’absent. Un roman que nous recommandons particulièrement aux pères qui veulent savoir ce qui habite le cœur et l’esprit d’une fille.

Ce qui nous lie. Jacinthe Bédard. Les éditions Sémaphore 99p.   www.editionssemaphore.qc.ca

 

 


Deux morts suspectes

Friands de romans policiers vous serez conquis par le septième roman d’Hélène Potvin « La mort au pluriel ».  qui démarre par la pendaison d’un riche homme d’affaires suivi de la noyade d’une femme. Dans les deux cas ont a attribué le suicide comme conclusion. Mais il va s’avérer que les deux ont été amants. Madeleine Bonneau qui fait enquête ne se contente pas de cette hypothèse et décide de se mettre sur cette piste. Elle découvrira bien davantage. Encore une fois, la romancière est au zénith de son talent et rassemble tout ce qu’il faut d’assaisonnement pour pimenter son histoire.

La mort au pluriel. Hélène Potvin. Les éditions La Semaine 269p.  

 

 


L’histoire de l’industrie québécoise

C’est un petit livre qu’aurait aimé la regretté Léa Roback qui a tant milité pour le droit des travailleuses dan les usines textiles. Quoiqu’ici on s’intéresse plus largement au secteur manufacturier dans son ensemble. Il était une fois des usines de Jacques Houle brosse un survol de la petite histoire du travail industriel. Le rôle qu’a joué les guerres dans leur essor et le déclin qui a suivi par après. Et comment on essaie de relance ce secteur dans la conjoncture de la mondialisation.

Il était une fois des usines. Jacques Houle. Hurtubise 136p.    www.editionshurtubise.com

 

 


Un curieux tueur en série à Berlin

Un roman policier qui frappe d’aplomb c’est L’oiseleur de Max Bentow qui a donné naissance à un inspecteur avec qui vous ferez connaissance pour longtemps car ça annonce une longue série. Cet limier a pour nom Nils Trojan. L’oiseleur marque l’entrée en littérature policière du romancier. Et c’est prometteur. Ici, son héros, l’enquêteur va sans dire, est quelque peu tourmenté et fréquente une psy prénommée Jana. Et précision, nous sommes à Berlin, ou un dément tue des femmes, tueur en série qui signe ses crimes en couvrant ses victimes de plumes et en plaçant dans la plaie mortelle le cadavre d’oiseau. Et c’est pour cette raison qu’il a hérité du surnom de l’oiseleur. Et fait troublant, les victimes ont en commun de ressembler à sa psy. Autant d’éléments qui renforcent l’intérêt du bouquin.

L’oiseleur. Max Bentow. Tome 1 les enquêtes de Nils Trojan. Edito 298p.   

 

 


Méfiez-vous des charmantes maisons à la campagne

Il y a longtemps que nous n’avions pas eu des nouvelles de Diane Giguère toute entière consacrée à la littérature après une brillante carrière comme speakerine à la radio de Radio-Canada. On n’est pas près d’oublier ses narrations de textes spirituels à « Pensée de la nuit ». Elle nous offre Au cœur de la forêt qui présente les démêlés d’un couple qui a décidé de concrétiser leur rêve de posséder enfin leur maison à la campagne. Mal leur en prend. Ils connaîtront une série d’ennuis dont nous gardons le secret pour ne pas enlever toute la substance de ce petit bijou dans son genre.

Au cœur de la forêt. Diane Giguère. Marcel Broquet 207p.    www.marcelbroquet.com

 

 


 


Une fantasy de haute volée

A ceux qui auraient lu le tome premier de la saga fantasy Amblystome nous vous prévenons que le tome 2 Au-delà des murs est maintenant sur les rayonnages des libraires. Il y a cent ans nous rappelle l’auteur M.V. Fontaine il y a eu une sorte d’apocalypse baptisé l’Événement, qui a tout détruit de la civilisation. Avec le temps on s’est mis graduellement à reconstruire. Il y a une cité qui domine Uthmer qui est le nom de son fondateur. A l’intérieur et au tour de cette cité aux allures de forteresse il se passe plein de choses qui s’entrecroisent comme dans toute bonne fantasy digne de ce nom.

Amblystome. Tome 2 Au-delà des murs. M.V. Fontaine. Québec Amérique 318p.      www.quebec-amerique.com

 

 


Stéphane a grandi et trouble madame…

Le tome 3 des Voyageurs de passages de Pierrette Beauchamp qui s’intitule Le passé recomposé décrit avec une rare finesse psychologique, le rapport trouble qui lie Janine Provencher à Stéphane Gadbois. Elle a l’âge d’être sa mère et lui se trouve le meilleur ami de son fils. La dernière fois qu’elle l’avait entrevu il avait onze ans. Mais maintenant il en a dix-huit. Le rapport va singulièrement changer. C’est tout le talent de la romancière de sonder les âmes. Pas étonnant que cette écrivaine s’est gagnée un public fidèle. Soulignons si vous avez manqué les deux premiers tomes, que Janine va se retrouver dès 1959 dans Rosemont après avoir réalisé un grand saut dans le temps. En l’an 2000 où se termine ce troisième volet, c’est Janine qui manque à un rendez-vous avec Stéphane qui s’inquiète. Que va-t-il arriver ? Nous donnons notre langue au chat.

Voyageurs de passages. Tome 3 Le passé recomposé. Pierrette Beauchamp. Hurtubise 406p.      www.editionshurtubise.com

 

 


Tribulations d’une écrivaine dans la vieille France

Michèle Bourgon est romancière et caressait un grand rêve, devenir écrivaine en résidence en France. Et il arrivera que ce vœu va enfin être exaucé deux fois plutôt qu’une, en Bourgogne et en Provence. Et elle en a profité à plein. Ce qui nous vaut u compte-rendu chargé d’humour Y’a pas de souci!. C’est le maître mot qu’elle entendra partout sur sa route, alors que des embûches elle connaîtra. Et on se rend compte que seule la langue nous unit car pour ce qui est mœurs, la France c’est une autre planète, qu’on prend à aimer car les gens là bas ont du caractère.

Y’a pas de souci! Michèle Bourgon. Vermillon 192p.   

 

 


Tout savoir pour entretenir sa maison

Avis à tous les propriétaires de résidence, il faut impérativement se procurer Ma maison mode d’emploi. Un guide essentiel rédigé par Annie St-Amour qui a fait des études poussées en inspection du bâtiment et qui collabore à des magazines en rénovation et décoration. C’est parfait pour ceux qui parviennent tout juste à identifier correctement à quoi sert un marteau. Et qui lorsque survient un problème, sont pris au dépourvu. Tous les recoins d’une maison sont passés au crible avec une foule de conseils pour vous éviter des frais trop lourds.

Ma maison mode d’emploi. Annie St-Amour. Caractère 263p.    www.editionscaractere.com

 

 


Les talibans afghans vus de l’intérieur

Kaboul était un vaste jardin de Qais Akbar Omar est un récit authentique d’un jeune pachtoun afghan qui nous raconte ce qu’a été son calvaire sous les talibans. Entre autres choses, il a été sévèrement battu et fouetté par ces intégristes, avec deux semaines de geôle, simplement parce qu’il avait les cheveux juste un peu plus long que la norme. Aujourd’hui il s’est libéré en quelque sorte et dirige sa petite entreprise de tapis. C’est là qu’on voit toute la folie de s’empare de ceux qui croient agir au nom d’Allah en toute impunité.

Kaboul était un vaste jardin. Qais Akbar Omar. Robert Laffont 425p.    www.laffont.fr

 

 


Le coin art visuel et habiletés manuelles

Jacky Bahbout et Momoko Kudo chez Mango invitent les petits à combiner plaisir de dessiner et jouer de même. Ça donne l’album Crée avec tes mains et tes pieds. Ce sont 32 larges posters qu’on détache et qu’on peut colorier à souhait. Les Picasso en herbe s’amuseront ferme. Une fois le travail accompli, l’œuvre réalisée agrémentera les murs de la chambre. Chez Fleurus, Patricia et Philippe Legendre se font profs de dessins. Dessiner et peindre des animaux au moyen de 40 modèles. On explique ce qu’est le coup de crayon, la perspective, et les techniques que sont le pastel, la gouache, l’aquarelle, voire même le simple crayon de couleur. Et que de jolies bêtes sortiront de votre imaginaire créatif.

Chez Mango ce sont Les bonheurs de l’hiver avec Tilda. Ou comment faire une déco avec des petits personnages à coudre pour l’intérieur. Tone Finnanger est passée maître dans l’art de transformer le moindre petit matériau en création amusante. Que diriez-vous d’un coussin illustrant un ours polaire par exemple ? Ou même de faire vos propres décorations de Noël. Dans la même optique, puisque les animaux ont la cote, Isabelle Kessedjian chez le même éditeur nous gratifie de Me animaux au crochet. Vous avez 12 doudous au total avec plus de 35 accessoires et un grand sac à dos. Allez feuillet et quand vous tomberez sur les figurines ayant pour titre « Le chef » vous craquerez d’attendrissement. Et pour finir Dessin de Pierre de Michelis. Ce sont 20 modèles à dessiner en une séance avec une initiation de pas à pas. Après conseils, vous n’ignorerez plus rien des techniques au crayon, au fusain, sanguine et encres. 

 

 


Cruciverbistes à vos marques

Les cracs des mots croisés attendent avec plus de fébrilité l’arrivée de la réédition du Grand dictionnaire des mots croisés de Lise Beaudry. Quelle somme de travail que ça représente avec ces 700 mille entrées, que ce soit des noms propres que des noms communs. Avec pour chaque mot, des synonymes ou des mots liens. La présente édition est revue et augmentée.

Le grand dictionnaire des mots croisés. Lise Beaudry. Québec-Livres 664p.   www.quebec-livres.com

 

 


Les grands conflits expliqués aux jeunes

10 grandes batailles françaises chez Fleurus est une vulgarisation de ces conflits qui ont fait la France. Vous avez déployées, 10 cartes qui permettent de suivre les stratégies qui ont eu cours durant ces affrontements. Conçus pour des enfants ayant autour de dix ans, c’est un moyen pour les amener à comprendre cette réalité peu édifiante du genre humain.

10 grandes batailles françaises. Fleurus.    www.fleuruseditions.com

 



 


Le coin santé physique et psychique

Ce pourrait s’appeler « familles disfonctionnelles dans la Bible » mais on s’est contenté chez l’éditeur Mame de trouver le titre plus sobre de La famille dans la Bible du prêtre Olivier Bonnewijn de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles. Il passe en revue l’état de la famille dans les Saintes Écritures. On ne propose pas ici de modèle de stabilité. Tout est défi ici. C’est un beau travail de recherches qui montre qu’il y a des efforts à faire en tout temps pour préserver son couple, ce qui n’est pas acquis. Geneviève Young chez Québec-Livres se fend de Dire une méthode communication qui est centré sur les mots à trouver pour dénouer des situations conflictuelles. Et la langue française est riche de mots appropriés pour calmer le jeu.

La question survient parfois dans un couple, comment pense-tu que je vais m’occuper de toi si tu es impotent ? Le Dr. Valois Robichaud gérontologue et humaniste nous apprend que Soigner c’est aimer l’autre et l’accompagner. C’est l’ultime preuve d’amour en fait. Il nous fait partager ce que c’est que d’assister un être cher diminué. Il aborde aussi un sujet tabou, le suicide chez les aînés. C’est aux éditions du Cram. L’animatrice de Deux filles le matin à TVA et Simplement vedette à Canal Vie, Marie-Claude Barrette raconte dans La couveuse chez Libre Expression son bed-in de 133 jours afin de protéger son enfant à naître, menacé par une complication obstétrique. Que fait-on clouée au lit pendant tant de temps ? On observe. Finalement sa détermination sera venue à bout de la fatalité. Elle avait déjà perdu un enfant à la naissance, pas question d’en perdre un second. Ce dernier qui est aujourd’hui un beau jeune homme vigoureux. Un beau récit qui nous fait la démonstration du triomphe de la volonté.

Qui ne connaît pas Sœur Angèle figure quasi iconique de la civilisation québécoise. Elle qui a renoncé à l’héritage du restaurant familial en Italie et qui a répondu à l’Appel, entrant en communauté. Et très heureuse de son choix. A Rosette Pipar elle répond aux questions que nous nous posons sur la vie, et les problèmes que nous pouvons rencontrer sur notre chemin. Cela donne Le bonheur d’être soi selon Sœur Angèle chez Marcel Broquet. La religieuse a du caractère et n’écoute que sa voix intérieure. Son bonheur on ne l’attend pas des autres, on le fait. Éclairant, ou du moins nous met sur de belles pistes de réflexions. De militaire à médium, voilà l’étonnant parcours de Martin Ladouceur qui raconte comment de militaire relaxé pour cause de blessure au genou il va être révélé à son don particulier. C’est aux éditions du Dauphin Blanc. Et de la même édition et du patron éditeur Alain Williamson nous arrive son Agenda pour une année 2015 passionnante. Relié spirale ce qui est très pratique pour la consultation, cet agenda se distingue par le fait que vous avez non pas seulement une pensée mais un exercice à faire.

Enfin, Yoga de Betsy Kase. C’est 75 postures qui sont détaillées qui permet en même temps une identification de notre anatomie. Dans un encadré en haut de page, vous avez en quoi l’exercice que vous accomplirez jouera son rôle sur votre squelette et vos muscles. Ici ce n’est pas le yoga méditatif, mais celui en action. Aux éditions Broquet.  



 

 


Nostalgie quand tu nous tiens

Lise Bédard nous a donné ce roman touchant « La rose des sources ». On s’était attaché à ce couple Rosie et Michael que l’on retrouve ici dans La mémoire des sources. Cette fois on voit évoluer leur descendance. Mais ce qui ressort d’un contact avec le style de la romancière, c’est qu’elle restitue une époque et ses mœurs. Si on pense à nos inventions modernes de la techno qui bouleversent aujourd’hui nos vies, que dire des grandes inventions qui ont marquées le début du XXème siècle ? Encore une fois nous sommes devant une sorte de bel album des temps passés. A vous de répondre après coup, était-ce mieux avant ?

La mémoire des sources. Lise Bédard. Vermillon 345p.   

 

 


Le coin de la BD

Trois titres débarquent chez le libraire, et on espère dans vos foyers, car ce sont de petits bijoux en leur genre. A commencer par Thomas Cadène « Les autres gens » chez Dupuis le final de la saison 01 no. 16, 17 et 18. Autrement dit, trois grandes histoires. On remarquera la grande attention portée aux relations de couples. Surtout aux nombreux malentendus au lit. Quand madame reproche crûment à son mâle de ne plus être capable d’assurer. Et lui de se défendre en disant qu’il n’est pas une machine. C’est d’un réalisme saisissant. Ailleurs, chez Dargaud, le duo Margerin et Cuadrado rempile avec le tome 3 « La conquête de l’Ouest » de la série Je veux une Harley. C’est désopilant. Tanie veut aller explorer le Tibet, mais ça ne tente pas, mais alors pas du tout à Marc. Pour se soustraire au projet de sa campagne, il détourne l’attention en proposant plutôt un remariage à Las Vegas. Ça finit par se faire, mais attendez de voir quelle tournure va prendre cette équipée avec les copains « bikers ».
Et chez Aire libre la seconde partie de La Porte au Ciel du tandem Sicomoro et Makyo. Ce sont trois fugueuses d’âge mineur qui trouvent comme refuge une maison dans la forêt. Dans la cave on trouvera un menhir illustrant la Porte au Ciel qui permet à son détenteur de pouvoir converser avec les défunts. Mais il arrivera que l’une d’entre elles, vas disparaître. Et commende alors un sacré suspense bien rodée.

 

 


Le coin Miam Miam

C’est tout un missionnaire du divin Bacchus ce cher Jean Aubry qui déjà depuis plus de vingt ans conseille les lecteurs du Devoir en matière de bons vins et qui a enseigné la dégustation aux parisiennes à l’école des femmes du vin entre 2003 et 2007. Mais le grand public le connaît surtout pour son guide des 100 meilleurs vins à moins de 25$. Il ne se contente pas que de ceux-là puisqu’il nous en fait découvrir 300 autres. L’édition 2015 qui est sa onzième année d’existence est un étalage des meilleures productions à prix raisonnable. Nous avons droit au palmarès des rosés. Bref, de quoi orienter vos achats pour le temps des Fêtes.  Aux éditions Transcontinental.

Chez Rustica Ma cuisine au miel de Maya Nuq est une succession de 100 recettes qui revisitent des plats traditionnels ou originaux. Ce qu’il y a de bien avec le miel c’est qu’il fait appel à un élément santé qui écarte les mauvais sucres si nuisibles à la santé. Et laissez-nous vous dire qu’ici l’imagination est au pouvoir avec le loup flambé au pastis et le tagine de potiron. Du neuf à faire partager aux fines fourchettes.

Et Grégory Cuilleron signe Bluffez vos enfants chez Mango. C’est un répertoire de 40 recettes approuvées par les enfants, sans colorant, sans conservateur et 100% fait maison. Puisqu’ils ont reçu le feu vert des touts petits, ceux-ci ne peuvent pas les bouder. Ce sont de petits plats sans prétention, comme les gnocchis à la carotte ou les tacos avocat et bœuf. Souvent le chef va incorporer des légumes à des classiques de la restauration rapide.


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