- LIVRES MARS 2015 -
 
 


 


Thérèse Casgrain la rebelle endiamantée

Les rebelles n’offrent pas toujours l’image qu’on attend d’eux. Il faudra un jour écrire sur ce que la bourgeoisie a apporté comme contribution aux changements sociaux. Surtout des femmes de tête qui ont donné un sens à leur vie, autrement qu’en participant à des dîners en ville et des activités caritatives. C’est le cas de Thérèse Casgrain qui était largement à l’abri du besoin et qui marquera des coups dans l’histoire du Canada, en devenant notamment la première chef de parti le CCF qui deviendra par après le NPD. Elle militera avec succès pour le droit de vote des femmes et leur reconnaissance juridique. C’est Nicolle Forget qui raconte sa vie hors du commun. On lui doit la biographie remarquée de Ludmilla Chiriaeff fondatrice des Grands Ballets Canadiens. Saluons ici le travail de recherche préalable qui a mené à cette vie de Madame Casgrain et qui fait référence à coup sûr.

Thérèse Casgrain. Nicolle Forget. Fides 534p.       www.groupefides.com

 

 



 


 


Tome 3 de Valrose

Fans de Francine Allard sachez qu’elle nous arrive avec le tome 3 de Clinique Valrose intitulé « L’autre versant de la vie » dont l’action se déroule dans cette clinique propriété de quatre partenaires. C’est de voir à quel point elle a réussi à toucher même le milieu médical qui se reconnaît dans cette description au quotidien de la vie dans un tel établissement. Et qui offre à la romancière l’opportunité de faire défiler une galerie de personnages. Elle parle en connaissance de cause, ayant elle-même épousé un médecin. Elle-même a côtoyé le milieu à travers quatre décennies. Dans cet opus on verra comment Benoît Raymond se remet de la mort de Béatrice et fait montre d’une grande résilience.  Ceux qui peuplent son livre ont en dénomination commune de faire preuve de courage.

Clinique Valrose. Tome 3 L’autre versant de la vie. Francine Allard. Éditions La Semaine 220p.    



 


 


Tahiti à glacer le sang

Pour nous tous, l’évocation de Tahiti, c’est le fantasme polynésien avec ses belles plages, ses vahinés, bref tout un folklore. C’est à ça que s’attendait sans doute Blanche qui s’y rend pour des questions professionnelles. Par le biais d’un mystérieux message, elle est conviée à une nuitée spéciale. Dans un premier temps, sa première idée c’est que des collègues ont dû lui préparer une sorte d’événement d’accueil. La pauvre. Loin d’être une réjouissance, elle sera entourée d’hommes qui vont la prendre à témoin pour un horrible rituel où des individus seront affreusement torturés. Dès lors le rêve polynésien se transforme en cauchemar. Et en même temps un docteur enquête sur un trafic de perles volées. Simplement ces deux éléments donnent du corps à L’enfer à bout touchant de Marie Beyer dans la jeune collection des Nouveaux Romanciers aux éditions Carpentier. C’est prometteur. Amateurs d’exotisme vous êtes servis à plein.

L’enfer à bout touchant. Marie Beyer. Éditions Carpentier 427p.   www.editionscarpentier.fr



 


 


Le duvaliérisme vu de l’intérieur

On n’a pas jamais une idée exacte de la dictature tant qu’on n’a pas goûté sa médecine de près. Et qui mieux que Raymond Miot pour en témoigner, lui qui avec sa famille a été obligé de vivre dans la clandestinité pour échapper aux sbires du dictateur. Nous sommes en 1971. Le parcours du narrateur vaut la peine qu’on s’y arrête. Après une enfance haïtienne, il vient à Montréal où il complètera un bac en économie. En 1984 il revient dans son pays natal et sa capitale pour étudier la médecine. Il dirigera ensuite l’hôpital du Canapé Vert fondé par son père. La petite chambre donne son titre à la pièce où il se réfugiait tout jeune et à travers un trou pratiqué dans le plancher il voit ce qui se trame et qui pèse sur sa famille. Il y a dans ce témoignage des passages de grande tension où les Miot attendent le résultat de l’intercession d’un ministre pour obtenir la grâce présidentielle. On ne gâchera pas votre plaisir en vous dévoilant ce qui va se passer. Mais c’est tout le talent de l’auteur d’avoir trouvé les mots pour restituer ce climat d’alors qui fait office de devoir de mémoire. Après sa lecture, nous lecteurs québécois ne pouvons que mieux apprécier notre liberté présente.

La petite chambre. Raymond Miot. XYZ éditeur 174p.   www.editionsxyz.com



 


 


Le dictionnaire de la plus belle des fibres, la soie

Jean-Jacques Boucher est à saluer en se prosternant bien bas car il a accompli avec Le dictionnaire de la soie un travail de titan. Il aurait pu raconter l’historique de la récolte et des métiers autour de la soie, mais il a choisi la forme de l’abécédaire. Et il s’y connaît, étant de la quatrième génération d’artisan du domaine. C’est un travail à la fois de bénédiction et d’amoureux. On découvre en sa compagnie l’histoire de la plus belle des fibres, des origines à nos jours. Et on imagine sans peine ce qu’il lui a fallu d’heures à plancher pour amasser la documentation préalable. Évidemment un tel ouvrage ne se lit pas comme un roman. Il est fait pour la consultation et donc de l’avoir en permanence près de soie…excusez le jeu mots facile.

Le dictionnaire de la soie. Jean-Jacques Boucher. Lanore 650p.  www.fernand-lanore.com



 


 


Sur la dépendance au féminin

Il y a plusieurs analystes du comportement humain et à commencer, plusieurs femmes qui sont d’avis que la dépendance des femmes aux hommes constituent leur plus lourd handicap. En tout cas c’est à ça qu’on pense en voyant le personnage de Lisa du dernier roman de Guillaume Musso, « L’instant même ». Férue d’acting, elle se voit comédienne et travaille dans un bar pour payer des études en art dramatique. Précisons que nous sommes à Manhattan. Le hasard mettra sur sa route, Arthur, un urgentiste. Cupidon va bien faire son boulot. Mais ici ce n’est pas Roméo Et Juliette. Nous sommes dans l’ère numérique contemporaine où les relations sont beaucoup plus compliquées. D’autant que l’être aimé dévoilera un lourd secret qui fait obstacle à leur amour. On ne vous en dit pas plus bien sûr, ce serait comme vous révéler la fin du film. Musso excelle à transcrire les amours urbains qui ne sont jamais simples. Ceux qui sont accros à son style sont en territoire connu.

L’instant même. Guillaume Musso. XO 370p.   



 




 


Le coin spiritualité

L’abbé Benoist de Sinety est curé de la paroisse Saint-Germain-des-Prés à Paris. Il a occupé par le passé d’importantes fonctions à l’archevêché de Paris où il a été successivement secrétaire particulier du cardinal Lustiger et de Mgr. Vingt-Trois. Et on ne détaillera pas faute d’espace ici toutes ses autres occupations qui en font un pasteur de terrain. Et dans son ministère il a l’opportunité de voir l’homme avec toutes ses failles et c’est ce qui lui fait écrire aujourd’hui chez Bayard Le cœur de l’homme quelle pagaille! Il est poli pour ce qui est du titre parce qu’à l’intérieur il écrit plutôt quel bordel. Le but de l’exercice auquel il se soumet est de nous inviter à ne pas nous égarer et d’avoir non pas une pratique religieuse du bout des lèvres, mais d’essayer d’être en communion directe avec le Christ. Chacun de ses chapitres débute par un verset d’un évangéliste. Puis le François continue de fasciner les catholiques et même ceux qui ont pris leur distance avec cette religion. Car il a marqué des points par son authenticité. Aux éditions Novalis on a eu l’excellente idée de regrouper des textes écrits par le Souverain Pontife au quotidien pour qui veut approfondir la Foi. Et comme personne n’est contre la vertu, on appréciera cet humaniste qui invite l’Église à se rendre, quel beau terme, au niveau de la nuit des hommes. Et à chaque page on est frappé par la profondeur de la réflexion partagée. Même les bouffeurs de curés trouveront de quoi s’émerveiller. Du même éditeur Différents, et pourtant semblables de Martin Laflamme préfacé par Jean Vanier. Le premier porte une double casquette de prêtre et de psychologue. Il avait entendu parler de l’Arche, l’œuvre de Jean Vanier au profit des personnes souffrant de déficience intellectuelle. Il a choisi la communauté située à Grasse, la contrée des parfums en France. D’un naturel renfermé, il a profité de sa nature pour être à l’écoute d’une autre culture, française celle-là, et plus encore de regarder ces être qui vivent un handicap et de les considérer comme ses frères et sœurs en humanité. Il avait des attentes, et ça été en fin de compte bien au-delà à quoi il s’attendait. Il témoigne donc de cette différence et en quoi nous leur ressemblons à notre corps défendant. Et sa lecture nous fait aimer davantage l’Arche et sa mission. Chez Bayard, Lettres à un ami fraternel de Christian de Chergé, Prieur assassiné du monastère de Tibhirine. On publie de lui quatorze lettre inédites qui avaient pour destinataire le Père Maurice Borrmans qui fut un de ses professeurs d »études arabes et islamiques. Et dans cette correspondance ce futur martyr ne fait pas mystère que le contact avec la culture de l’Islam a été pour quelque chose dans son développement personnel, car sa grande qualité était d’être un homme d’écoute et d’ouverture. Il n’était pas allé en Algérie comme conquérant porteur de La vérité. A la lecture de ces belles pages on mesure toute la tristesse de cette disparition tragique au nom de la Foi chrétienne.  



 


 


Trois titres chez Ulysse

Les motocyclistes doivent prier fortement pour que l’hiver disparaisse, même si on est officiellement entrés au printemps. Entretemps ils pourront profiter des caprices de la nature pour parcourir bien au chaud à l’intérieur l’édition du Québec à moto. Mine de rien c’est un best-seller avec ses 18 mille exemplaires déjà vendus. Il faut dire aussi que dans son genre c’est un incontournable, tellement ce guide est fichtrement bien conçu avec pas moins de 56 itinéraires qui vous permettront de sillonner la Belle Province, avec une mine de renseignements. Saluons ici le travail accompli par les Hélène Boyer et Odile Mongeau pour ce tour de force d’avoir réussi à colliger tant d’informations. La petite collection du même éditeur « Comprendre le… »,  vise ici à faire connaître le Mexique. Comprendre le Mexique porte la signature de notre compatriote Françoise Roy qui vit à Guadalajara depuis 1992. Qu’est-ce qu’on apprend dans cette petite plaquette mais si dense en renseignements. Ainsi, saviez-vous que pour ce seul pays on compte 67 langues autochtones ? A la fin de votre lecture vous saisirez les subtilités de cette civilisation. Et enfin Gaspésie-Bas-Saint-Laurent qui en est à sa deuxième réédition, signe qu’il a su attirer l’attention des lecteurs. On s’est donné la peine de faire les mises à jour nécessaires, de sorte qu’il ne vous arrive pas de mauvaises surprises. Les amateurs de beaux petits lieux de séjours, apprécieront particulièrement la liste des charmantes auberges répertoriées. Si en ce moment Montréal est enclin à la morosité, on se rend compte à feuilleter ces pages, que la Métropole n’est pas le reste du Québec et qu’il y a tant de choses à voir et à faire en province. Ce guide est en soi un « must ».  



 


 


Claude Béland se raconte chez Desjardins

Il y a quelques années, les éditions Saint-Martin publiait un ouvrage de Jean-Pierre Girard sur Claude Béland. On pouvait apprécier ainsi la contribution de cet homme au coopératisme. Mais là, et mieux encore c’est Béland lui-même qui se raconte chez Fides dans Une carrière au service du coopératisme. Il faut savoir que cet engagement a été précédé par celui de son père qui avait fondé la caisse populaire Desjardins d’Outrement. Ce qui permettra au jeune Claude de tout savoir du fonctionnement d’une telle institution. Il va par la suite entreprendre des études en droit. Il nous raconte avec beaucoup de passion son ascension et sa nomination surprise à la présidence du Mouvement Desjardins. Et comment il va tout réformer les structures pour les rendre plus rentables, sans jamais perdre de vue l’idéal coopératif. Le grand mérite de cet exercice c’est que le financier ne fait pas mystère des difficultés qu’il a dû rencontrer en cours de route.

Une carrière au service du coopératisme. Claude Béland. Fides 276p.   www.groupefides.com



 


 


Géographie amoureuse de quinquagénaires

Mairages et autres mensonges est le deuxième roman de Laurette Laurin après nous avoir donné « Coupée au montage » qui fut remarqué à sa sortie. Sur sa lancée elle nous arrive donc avec une histoire d’un couple, conjoints de faits jusqu’à présent, qui après 30 ans de vie commune, décident de s’unir par les liens du mariage. Il y a donc une réception où sont conviés des collègues de jadis à la Faculté de droit. Et quel plus beau terrain d’observation qu’une noce de mariage. L’ouvrage est fondé sur les observations d’une narratrice qui observe tout ce petit monde et qui les analysent comme un entomologiste ferait d’un ensemble de fourmis. Et on voit bien l’envers du décor de vies trop formatés si éloignées de la véritable nature humaine. La romancière qui peaufine son style on le voit bien, a une connaissance assez poussée de l’homo sapiens. Ici c’est la lucidité dans toute sa magnificence.

Mariages et autres mensonges. Laurette Laurin. Québec Amérique 251p.    www.qubec-amerique.com



 


 


Saveurs italiennes

C’est un petit garçon italien pris entre une mère peu liante et une voisine qui le gâte au superlatif. Et rendu adulte il va se remémorer les antagonismes de son passé entre une famille si peu stimulante et un voisinage enchanteur. C’est là tout le corpus de Françoise de Luca avec son roman si beau, Sèna, qui est précisément née en Italie et qui a ensuite fait ses études en France. L’histoire en soi est simple et un narrateur brosse les tableaux des situations. Mais ce qu’on retiendra davantage ce sont les couleurs et les saveurs de l’Italie, pays à nul autre pareil qui est peut-être le premier et un des rares à avoir développé un art de vivre en marge des travers de la vie des hommes. En tout cas, si vous voulez du dépaysement et du rêve, vous êtes servi ici sur un plateau d’argent.

Sèna. Françoise de Luca. Marchand de feuilles 204p.     www.marchanddefeuilles.com



 


 


Revenir dans le passé lointain pour développer un vaccin

Louise Royer aime bien revenir dans le passé. Ainsi elle nous avait donné à lire « IPod et minijupe au 18ème siècle ». Maintenant elle persiste et signe avec Bastille et dynamite. Vous avez un couple, Sophie et François, qui ont la capacité de revivre en des temps anciens. Et à ce propos, ils vont recevoir la visite d’un scientifique, prénommé Mike qui leur expose un grave danger potentiel, une épidémie foudroyante de grippe aviaire. Et le seul vaccin concevable pour éradiquer la fléau peut se faire à partir d’une souche prélevée chez la tourte voyageuse un oiseau disparu et qu’on trouvait notamment à la cour de Louis XV. Il leur est donc demandé d’aller dans la ménagerie du roi et de se saisir de l’oiseau rare c’est le cas de le dire. C’est distrayant en diable. On pourrait parler ici d’un suspense scientifique bien mené.

Bastille et dynamite. Louise Royer. David 218p.   www.editionsdavid.com


 


 


Sur l’acharnement thérapeutique touchant aux prématurés

La jeune maison d’édition Mareuil fait progressivement sa marque avec des livres qui engagent le lecteur une fois la lecture terminée. Comme Elle s’appelait Emma d’Alain Thiesse le récit d’un bébé prématuré sur lequel les médecins vont s’acharner pour lui garder la vie sauve. Mais à quel prix. La fillette mourra six ans plus tard des séquelles d’un métabolisme insuffisant pour cause de fragilité en raison de cette naissance forcée. C’est une histoire qui arrive à des milliers de parents qui donnent naissance à ces enfants nés avant terme et avec des facteurs de risque. Le court passage d’Emma sur Terre n’aura été qu’un karma inutile. A lire pour comprendre si vraiment la médecine sauve les gens.

Elle s’appelait Emma. Alain Thiesse. Mareuil 183p.   



 


 


Autour de Jelly Roll Morton

Quand on dit que les premières années d’un individu sont les plus marquantes, rien de plus vrai quand on apprend que Jean-Marc Beausoleil a eu la piqure du jazz en mettant les pieds, à peine âgé de treize ans au Grand Café, et où il se vit apostrophé par Vic Vogel lui-même. Il nous donne à lire Docteur jazz qui est un roman qui rappelle la vie tumultueuse d’un des pères du jazz, Ferdinand Joseph Lamothe connu par la suite sous son nom de scène Jelly Roll Morton. Ce francophone de la Nouvelle-Orléans aura imprimé à jamais un tournant dans la musique populaire américaine. En même temps, l’auteur nous ramène au Québec, alors qu’un musicien, Paul  Bouchard, pianiste de son état, a reçu commande d’une sorte d’anthologie du jazz au disque. Et qui par la force des choses ravivera la figure de Morton. Cet entrecroisement donne au final un très beau livre qui ravira les amateurs du genre musical.

Docteur jazz. Jean-Marc Beausoleil. Éditions Trois-Pistoles 245p.



 


 


Vie du mythique Cartouche

Sa vie aventureuse de brigand des rues de Paris a inspiré bien des productions cinématographiques. Il s’agit de Louis Dominique Cartouche dont la légende n’aura retenu que son patronyme. On l’a reconnu au XVIIIème siècle comme un chef de file des détrousseurs, sorte de Robin des bois de son temps. Ce qui reste à voir. Gilles Henry a mis des années pour accoucher de la biographie de Cartouche Roi du pavé de Paris après avoir compulsé bien de vieux grimoires. On lira à la toute fin le compte-rendu de son arrestation, les interrogatoires musclés pour lui faire avouer ses crimes et son exécution en place de Grève, écartelé.

Cartouche Roi du pavé de Paris. Gilles Henry. Rocher 252p.    www.artege.fr



 


 


Trente-huit ans au Journal de Montréal

Daniel Rioux pourra dire qu’il a connu la pratique d’un journalisme que ne connaîtront jamais par la suite ceux de la dernière génération. Quand il entra au service de Pierre Péladeau, tout était à faire. Il avait vingt ans et le regard tourné vers l’avenir. Ce sera le début d’une rocambolesque épopée de trente-huit ans qui s’étirera jusqu’à l’âge de la retraite. Il a décidé de faire acte de devoir de mémoire en publiant ses souvenirs sous le titre Un voyou chez Monsieur P. Pourquoi voyou ? C’est le surnom dont l’affublait ses camarades à la rédaction. Que d’anecdotes à chaque page. Il nous vient des images quand il évoque l’époque des grosses machines à écrire tapageuses Underwood, les bons coups de la profession, les rencontres magiques. En ce temps là on savait s’amuser même si on travaillait sous la contrainte de délais serrés. Nostalgie quand tu nous tiens.

Un voyou chez Monsieur P. Daniel Rioux. Éditions Pratiko 316p.   www.



 


 


La plus grande guerre chimique de l’histoire de l’humanité

L’holocauste a occupé et occupe encore beaucoup la mémoire des hommes et avec raison, mais en terme d’horreurs il y en a d’autres aussi à considérer et produites cette fois par les États-Unis d’Amérique comme l’épandage de produits chimiques au cours de la guerre du Vietnam, dont ce fameux Agent Orange, de la dioxine, aux effets dévastateurs tant chez les humains, provoquant des difformités corporelles qui défient l’imagination humaine. L’Agent Orange a été fabriqué par Monsanto et Dow chemical. Longtemps après la guerre et au terme de long procès, elles durent dédommager des victimes. Mais ce n’est qu’une goutte d’eau en regard du nombre des martyrs. André Bouny milite depuis longtemps pour raviver le souvenir de cette page sombre de ce qui fut la plus longue guerre chimique de l’histoire de l’humanité. C’est un livre très documenté qui vous dira tout des sinistres plans du gouvernement américain. Et pour juger des conséquences, il faut jeter un coup d’œil à ces photos d’hommes, de femmes et d’enfants aux corps tordus, membres absents, souvent atteints mentalement. Cet ouvrage qui a le mérite de nous ouvrir les yeux car il compense pour l’absence choquante de documentaires filmés pour raconter ce qui s’est passé sur les ordres de l’Oncle Sam.

Apocalypse Viêt Nam agent orange. André bouny. Collection Résistances éditions Demi-Lune390p.       www.editionsdemilune.com



 


 


Un tueur en série qui nargue l’enquêteur

En général un tueur en série, signe ses crimes. Celui qui sévit dans  la petite ville de Ste-Jasmine n’échappe pas à la règle, qui laisse près des dépouilles de ses victimes une note, très souvent pour narguer l’enquêteur au dossier, l’inspecteur Réginald Simard. Ça donne un roman policier qui respecte la grande tradition des polars. Il faut dire que Lédo titre du bouquin a de qui tenir. Son auteur Pierre Cusson a nourri très jeune son imaginaire par ses lectures, Jules Vernes, Hergé entre autres. Pour revenir à notre propos, le triste sire va donner beaucoup de fil à retordre au représentant de la Loi. Mais là où le romancier excelle c’est qu’il va trouver le moyen de faire rebondir son propos au moment où on s’y attend le moins. Et comme de raison on ne vous dira pas de quoi il en retourne. Ça vous enlèverait une partie de votre plaisir. Nous on a pris un plaisir énorme à sa lecture.

Lédo. Pierre Cusson. Polar presse 377p.   



 


 


De quoi s’emmitoufler dans ses créations

A regarder le quatuor d’amis qui trône sur la couverture d’Écharpes, bonnets…trendy ils ont l’air de défier la froidure en rigolant. A vos crochets pour réaliser 25 modèles de bonnets et accessoires que vous pouvez agrémenter de pompons ou de cordelières. C’et vraiment donner libre cours à son imagination à partir des plans proposés. Et en même temps, que de beaux cadeaux personnalisé à offrir, d’autant qu’ils sont le fruit de votre talent.

Écharpes, bonnets…trendy. Éditions marie claire 95p.   www.editionsmarieclaire.com



 


 


Tout savoir sur la reine abeille

Gilles Fert est un apiculteur fort de son expérience de 30 ans dans le domaine, notamment dans L’élevage des reines. Car dans une ruche il faut de façon cyclique changer la reine. Et c’est fascinant. D’abord il y explique les races, comment entretenir l’élevage, les produits afférents et comment soigner les maladies qui les affectent. Et c’est d’autant plus intéressant que maintenant on pratique l’apiculture en milieu urbain avec des ruches sur les toitures des édifices publics ou privés ou même de simples habitations. Du miel home made quoi!

L’élevage des reines. Gilles Fert. Rustica 128p.    www.rustica.fr



 


 


La Seconde guerre mondiale expliquée aux jeunes

Franck Segrétain a l’habitude des jeunes auditoires et de la diffusion grand public car il travaille au ministère français de la Défense pour l’organisation d’expositions sur la guerre destinées aux collèges et lycées de France. De plus il participe dans le cadre de son mandat, à la conception de brochures pédagogiques sur le même thème. C’est pourquoi il allait de soi que c’était l’homme tout désigné pour nous raconter en textes et en images la seconde guerre mondiale 1939-1945 dans le collection Voir des éditions Fleurus. Et en prime vous avez un documentaire de la BBC fort bien fait comme le sont toujours les produits de la maison anglaise sur les Forces françaises libres. Des explications simples avec une iconographie abondante. Dans le style on ne peut pas faire mieux.

1939-1945 la seconde guerre mondiale. Franck Segrétain. Fleurus 78p.    www.fleuruseditions.com



 




 


Le coin jeunesse à la façon Balivernes

Cinq gentils opus aux éditions Balivernes pour enchanter les jeunes têtes avides de mondes imaginaires. D’abord signé Satoe Tone c’est Doux rêves de moutons. C’est un mouton sympathique comme tout qui doit accomplir sa mission qui est d’apporter des rêves aux enfants. Mais pour lui c’est nouveau et il craint de rater son coup. Alors ses aînés moutons lui montrent la manière de s’y prendre. Et comme tous ses semblables il sera source de joie à son tour. Et le duo Nicole Snitselaar et Coralie Saudo nous présente A tes souhaits Petite Vache! Pauvre elle! Elle passe son temps à éternuer, et même de façon inquiétante aux yeux de ses congénères. Mais comme dans toutes les belles histoires, tout va rentrer dans l’ordre. Plus de peur que de mal en somme.

Nous retrouvons Coralie Saudo mais cette fois en solo dans Les trois petits champions. C’est une habile transposition du fameux conte des trois petits cochons, où ce trio est solidaires en tout et capables de faire face au loup dont les crocs sont ici bien moins aiguisés et mieux encore il a besoin d’être aidé. On retiendra la valeur de l’altruisme qui domine tout au long de ce conte moderne avec de craquants porcidés. Pour sa part Frédéric Laurent débarque avec Les amoureux du livre. Voyez ici l’habileté de cet auteur-illustrateur. Il a figuré le personnage masculin d’une maison sur la page de gauche d’un livre, et un personnage féminin d’une autre maison sur la page de droite. Ils s’aiment, s’adorent, mais leur malheur c’est qu’ils sont séparés par une reliure. Mais ils vont s’accommoder de la situation. Et le lecteur sera à même de les voir réunis par sa lecture. De leur côté David Machado et Gonçalo Viana deux portugais qui racontent l’histoire abracadabrante d’un petit garçon qui voit atterrir sur sa tête un oiseau qui ne veut pas décoller de son nouveau port d’attache. Contre fortune bon cœur il décide de croire et de faire croire que c’est un chapeau. Mais ça devient tout de même un peu embarrassant, jusqu’à ce qu’une tendre petite copine lui dise qu’il est mignon son beau chapeau. Alors tout change.  



 


 


Les réflexions de Béatrice

Béatrice Lepage est à connaître. C’est une petite fillette bolée qui a des réflexions à chaque minute et d’une énergie sans pareille. Dieu ce qu’elle a de commentaires, sur tout. C’est la fille de l’animateur Guy A. Lepage. Ce dernier a eu l’idée de faire partager ses déclarations sur son compte Twitter, glanées entre deux et quatre ans. Et c’est devenu un album sur des illustrations d’Éric Godin. Bébéatrice est le recueil des perceptions d’une jeune enfant allumée et très princesse. On l’adore surtout quand elle croit que les garçons pincent leur pénis pour pisser.

Bébéatrice. Béatrice Lepage et Éric Godin. La Presse 61p.    www.bebeatrice.com



 


 


Il avale son or pour l’emmener avec lui dans l’Éternité

Une BD qui retient notre attention c’est Undertaker du duo Ralph Meyer et Xavier Dorison. C’est fou comme ce n’est pas permis. On est en plein cadre western. Un croque-mort a une mission particulière, de veiller au transport du cercueil d’un humble extracteur d’or qui a réussi à trouver un filon qui a assuré sa fortune. Et il doit être inhumé sur les lieux même de la mine qui a vu naître sa prospérité. Mais il y a un hic, le richard a avalé son or car il veut emmener avec lui son trésor dans l’Au-delà. Cette extravagance avaricieuse a fini par se savoir et là, les funérailles qui devaient être toutes simples, prennent une autre  tournure. Car les vautours affluent et ils ont forme humaine.

Undetraker. Tome 1 Le mangeur d’or. Ralph Meyer et Xavier Dorison. Dargaud 57p.    www.dargaud.com



 


 


Menus pour prévenir l’ostéoporose et les allergiques à la lactose

Elles sont deux diététiciennes, Alexandra Leduc et Marie-France Lalancette qui proposent chacune 21 jours de menus aux éditions Modus Vivendi dans la collection « Savoir quoi manger ». La première a concocté des recettes pour augmenter le capital osseux, car on sait que l’ostéoporose est rien de moins qu’un phénomène de l’âge caractérisé par l’effritement de l’ossature. Ostéoporose 21 jours de menus c’est un ensemble de menus savoureux au possible qui plairont même à ceux qui ne se sentent pas concernés par ce phénomène relié à l’avancement des années. Par exemple cet excitant smoothie qui mêle carotte et ananas ou bien ce pavé de saumon grillé qui sera à l’avantage de ceux qui sont aux prises avec un surcroît de cholestérol. Sans lactose 21 jours de menus  Un nombre appréciable de gens sont intolérants aux produits laitiers et ça se reflète comme conséquences par des troubles digestifs, des problèmes respiratoires et parfois des réactions dermatologiques. Tout comme pour l’ouvrage sur l’ostéoporose, des recettes qui excluent ce nutriment néfaste. Et qu’est-ce qu’on propose ? Ce peut-être tantôt des fèves au sirop d’érable, ou une bonne soupe-raps aux haricots blancs. Rien de tristounet comme on peut voir.



 


 


Une pièce coup de poing de Pol Pelletier

Pol Pelletier cette icône du théâtre québécois n’a pas perdu une once de provocation. A preuve la publication de La robe blanche sa dernière pièce de théâtre qui fut présentée pour la première fois en 2011 au Cercle à Québec. C’est une pièce à un personnage, une femme qui s’aventure sur une passerelle qui fait face au public et qui en cours de progression de la présentation y va d’une charge à fond de train contre l’Église. On croirait ce combat dépassé, mais cette dernière a eu tellement d’emprise qu’on subit encore les conséquences de cette sclérose sociale conservatrice. C’est une pièce coup de poing, peut-il d’ailleurs en être autrement avec cette comédienne et auteure qui ne fait jamais dans la demi-mesure. Il fallait d’ailleurs la voir donner des extraits récemment à la librairie dynamique du Plateau Mont-Royal, Port de Tête, pour se convaincre que nous sommes en face d’une pure qui n’a rien sacrifiée à son idéal.

La robe blanche. Pol Pelletier. Les Herbes rouges 91p.



 


 


Un collège militaire et le désenchantement

Il était une fois un jeune homme qui voyait dans l’armée canadienne la somme des valeurs qu’il épousait. Et ce faisant il réussit à être admis au prestigieux Collège militaire royal de Saint-Jean. Nous sommes en 1975. Au fil de sa formation il s’apercevra d’irrégularités qui font provoquer sa désillusion. La drogue circule parmi les rangs. Et ce qui le met encore plus hors de lui c’est de voir l’attitude du haut-commandement qui laisse tout faire. Commence alors la croisade de Vincent Donovan. Il y aurait bien l’amour comme dérivatif, mais les autorités du collège vont même s’interposer pour qu’il mette fin à sa relation avec une jeune fille. C’en est trop. L’or, l’écarlate et le noir est un roman choc d’Yvan Hamel. On serait tenté de se demander comment doit réagir la direction actuelle de l’établissement ? Au début de l’ouvrage il ya une mise en garde où il mentionne de façon contradictoire qu’il s’est inspiré de faits qu’il a connu comme témoin de cette époque en même temps qu’il précise que c’est une fiction même pour les événements racontés. Bref, sommes-nous en face de ce qu’on appelle un roman à clé avec des sous-entendus que comprendront les initiés ? Au demeurant nous sommes en face d’une histoire solide et captivante.

L’or, l’écarlate et le noir. Yvan Hamel. Éditions Pratiko 551p.   



 




 


Le coin santé physique et psychique

L’autre jour à l’émission de Denis Lévesque nous avons pu apprécier le témoignage de Catherine Kozminski qui a une enfant autiste et qui a accompli presque un parcours du combattant pour donner une vie de dignité son être cher. Elle raconte sa lutte dans un petit opuscule aux éditions du CHU Sainte-Justine qui a pour titre Soutenir et accompagner l’enfant malade. Son témoignage signifiant est collaboré par deux médecins, le Dr. Sylvain Palardy de l’Hôpital Rivière-des-Prairies et le Dr. Élie Haddad chef du Service d’immunologie-rhumatologie-allergologie du CHU Sainte-Justine.  Aux éditions Budo, Areski Ouzrout chercheur et enseignant de karaté publie Karaté, l’efficacité à portée de main. Il va au-delà de l’acte karateka pour pousser la réflexion plus loin et faire comprendre que cet art martial a une dimension spirituelle. Et qu’il contribue à donner une meilleure qualité à la vie humaine. On appréciera la profondeur du propos. Les deux ouvrages qui suivent sont chez Trédaniel. D’abord une analyse enlevante de notre potentiel écrite conjointement par Chantal Desjardins et Patrick Visier, « Nous avons tous des dons ».  Parfois on dira de quelqu’un qu’il a du talent, de la facilité ou des prédispositions. Les auteurs ici vont plus loin et n’hésitent pas à dire que des gens ont tout simplement des dons. Mais encore beaucoup en possèdent et ne le savent pas. Pour ce faire il faut une rencontre intérieure de grande intensité. On propose ici dix voies d’accès pour les trouver ces fameux dons.

Christel Petitcollin est depuis vingt ans une spécialiste reconnue de la manipulation des êtres. Cette formatrice en développement personnel a développé une expertise reconnue. Elle poursuit dans cette veine avec son dernier ouvrage Enfants de manipulateurs. Car le danger avec les parents manipulateurs c’est qu’ils prétendent être de bons éducateurs alors qu’en fait ils ne sont que critiques envers leurs petits, dévalorisants, destructeurs et maltraitants. Elle nous montre comment protéger les petits de tels êtres. Aux éditions Cristal Clémence Lefèvre nous dit d’entrée de jeu qu’il n’est pas nécessaire de croire à la réincarnation pour croire au karma. Il y a des passages de vie, des karmas, certains positifs d’autres négatifs. Elle nous enseigne des comportements pour se libérer de ces derniers quand ils ne veulent pas lâcher prise. Il y a des thérapies en ce sens qu’elle détaille. Le tout dans Se libérer d’un mauvais karma.

Et pour conclure, ces trois derniers titres au Dauphin Blanc. Sylvain Rivière lance L’âme dépeuplée un récit de l’accompagnement d’un ami mourant. Ce n’est pas chose aisée que d’assister un proche dans ses derniers moments terrestres. Il n’y a pas de recette magique pour faire à ces situations qui engagent beaucoup émotionnellement. Toutefois ce peut-être très enrichissant pour soi-même comme nous le raconte ce poète et philosophe qui témoigne de sa propre expérience en la matière. Robert F. Ray nous plonge dans la spiritualité hawaïenne de l’Ho’oponopono. D’autant plus étrange qu’il a été prêtre catholique et religieux franciscain. Il s’est converti à cet autre courant spirituel qui lui apporte une autre nourriture. Il intitule son propos Retourner au point zéro. Ce qu’il trouve de bien dans l’Ho’oponopono, c’est qu’il le considère comme le meilleur outil pour se débarrasser de ses blocages. Et un premier ouvrage pour Jean Nadeau qui fait carrière en marketing et comme motivateur. Qui se plait à se présenter comme un gentil distributeur de coups de pieds au derrière. Il nous dit J’ai pas de temps à perdre…et vous ? Il nous exhorte à sortir de notre routine et de bouger, de provoquer les choses. C’est à cette seule condition que l’on trouve à s’épanouir.



 


 


La fille mal aimée

Avec La fille sans nom la romancière Angelika Klüssendorf dresse le portrait implacable de ces filles sans horizons et qui errent comme ballotées. Des vies tristes dont l’explication commence par une famille disloquée. C’est le cas de « l’héroïne » de ce livre qui vit avec une mère instable et qui sans repères, mène la vie dure aux autres. Comme un crachat sur sa naissance. Disons qu’ici l’époque se situe au temps de la République démocratique allemande, l’Allemagne de l’Est. Mais on peut aisément transposer pour notre temps et son grave déficit d’altérité. Une lecture difficile, et qui nous oblige à ne pas vivre dans le déni.

La fille sans nom. Angelika Klüssendorf. Presses de la Cité 207p.    www.pressesdelacite.com



 


 


Une vie d’art et d’amour qui vole en éclat

Natacha Appanah sait rejoindre les lecteurs. Son précédent roman « Le dernier frère » s’est mérité le prix du roman de la Fnac en 2007 et celui des lecteurs de l’Express l’année suivante. Elle nous fait cadeau d’un très beau roman qui décrypte un duo homme femme, Adam et Anita qui avaient en commun de rêver de peinture et d’écriture, surtout d’en vivre. Mais le quotidien va les rattraper et les ramener à une dure réalité pour leur vie conjugale. Surtout quand arrivera dans le décor Adèle, un esprit vif qui balaiera tout. C’est une variation réussie sur les aspirations et la vie de couple. D’autres rêves brisés mais raconté avec une rare maestria.

En attendant demain. Natacha Appanah. Gallimard 191p.   



 


 


La crise d’Oka, regards divers

Comme cet essai est exigeante et pour ne pas dénaturer les intentions d’Isabelle St-Amand l’essayiste, nous reproduisons exceptionnellement la quatrième de couverture de La crise d’Oka en récits. « La crise d'Oka marque un véritable moment de rupture dans les relations entre les premiers peuples et les colonies de peuplement. Dans les suites immédiates de l'échec de l'accord du lac Meech, ce long siège armé de 78 jours rend visible une présence autochtone que les sociétés québécoise et canadienne avaient imaginée évanouie. À l'inverse, l'opposition à l'empiétement mis en ouvre à Kanehsatà:ke et à Kahnawà:ke réactive une longue histoire de résistance au projet colonial d'appropriation des terres et d'effacement des peuples autochtones. Ce livre envisage la crise d'Oka, ou la résistance à Kanehsatà:ke, comme un espace de focalisation où se donne à voir la relation globale entre les peuples. »

La crise d’Oka en récits. Isabelle St-Amand. Presses de l’Université Laval 282p.     www.pulaval.com



 


 


Un japonais décrit la Bretagne médiévale

Est-ce imaginable que c’est à un japonais Kazuo Ishiguro vivant maintenant à Londres, que l’on doit un roman des plus percutants pour raconter ce qu’a été la Bretagne médiévale ? Eh oui. Le géant enfoui narre les tribulations d’un couple vivant sur l’île de Bretagne et qui se mettent en tête d’aller à la rencontre de leur fils. Un enfant qui à vrai dire ils ne s’occupent guère. Ce dernier vit dans un village voisin à quatre jours de marche. Axl et Béatrice vont donc accomplir ce périple parental. Mais à cette époque où la terreur colle au quotidien, ils sont à la merci de tous les brigands possibles et même de kidnappeurs d’enfants. Le grand mérite de cette épopée est de portraiturer une époque difficile au possible. Au final on se dit que même si notre monde actuel est désespérant, ce n’était guère mieux autrefois.

Le géant enfoui. Kazuo Ishiguro. Fides 411p.   www.groupefides.com



 


 


Un grand thriller au temps des Pharaons

Faites confiance à Christian Jacq fin connaisseur de l’Égypte ancienne pour nous concocter un thriller rempli de rebondissements. Le livre interdit son dernier titre, commence par Setna le fils cadet de Ramsès II qui demande à ce dernier des explications au sujet de la disparition du vase scellé d’Osiris. Pour résoudre cette affaire il doit d’abord mettre la main sur le Livre de Thot, un livre sulfureux qui permettrait croit-on de mettre la main sur le voleur. En parallèle, sa fiancée ne l’a pas reposante non plus car son père veut la trucider pour une histoire de révélation. Avec ces seuls ingrédients vous avez de quoi passer de belles heures lecture. Merci à l’historien qui est un insurpasable conteur.

Les enquêtes de Setna. Le livre interdit. Christian Jacq. X0 éditions 269p.     www.xoeditions.com



 


 


We love New York

La ville de New York devrait décerner une médaille grosse comme ça à Marie-Joëlle Parent pour tout le temps qu’elle consacre à nous faire aimer la Grosse Pomme. La correspondante des médias de Québecor dans la métropole américaine a lancé son dernier guide 300 raisons d’aimer New York dans une ambiance remarquable à l’Hôtel Gault de Montréal. Rempli de « people » d’ici qui pour rien au monde n’auraient voulu manquer cette réception éclatante. Mais attention, ce bouquin n’a rien à voir avec un Guide Michelin ou le Guide du routard. Ce sont les coups de cœur de la belle aux allures de mannequin qui sait se frayer partout. Elle connaît la ville comme pas une et le mérite de cet exercice de style est de nous faire sortir des sentiers battus. Elle nous rappelle que cette ville qui ne dort jamais est à nulle autre pareille.

300 raisons d’aimer New York. Éditions de l’Homme 285p.   



 


 


L’imagerie ancienne de l’Histoire du Canada

Les plus vieux se souviendront de l’époque où l’iconographie de l’Histoire du Canada avait quelque chose de bien particulier dans nos manuels d’instruction publique. Eh bien Olga Hazan professeure aux départements d’histoire de l’art et de sciences des religions ravive cette époque où on célébrait nos héros avec sa sélection de trente images de l’artiste Jean-Baptiste Légaré. Nostalgie quand tu nous tiens. Et la maison Fides a voulu rendre la chose pratique en donnant l’opportunité de faire de chaque page une carte postale détachable. C’est génial et ça permet de répandre notre culture ailleurs au quatre coins de la planète.

Le Canada français en images. Olga Hazan. Fides 30p.   www.groupefides.com



 


 


Fragiles relations avec ses semblables

La grande problématique ici bas avec l’existence c’est qu,’on ne vous fournit pas le mode d’emploi dès le départ. D’où cette constante adaptation à faire avec la vie et les gens qui la peuple. C’est à quoi on songe en lisant les douze nouvelles qui composent Un membre permanent de la famille de Russell Banks. Et s’il y a une constante dans ces pages, c’est que souvent les gens, pour divers motifs, s’inventent des vies pour se rendre intéressants.

Un membre permanent de la famille. Russell Banks. Actes Sud 239p.   www.actes-sud.fr



 


 


Unions sémites problématiques

Laurence Barry débarque avec un solide roman Trois jours qui vous restera longtemps en mémoire après terminé la dernière ligne. Qui raconte le vécu de Judith, Juliette et Jonathan. Qui vivent dans l’Est de la France. La première va s’enticher d’un israélien et qui prends mari prends pays, va s’expatrier en Israël. Et si tous semble vouloir se dérouler sous les meilleures auspices, le frérot inconsolable trouvera la mort dans un attentat à Tel Aviv. Le père de ce dernier est inconsolable. Et il arrivera que c’est cette fois Juliette, de tomber en amour avec un musulman. C’est trop pour le père qui ne veut rien savoir de cette relation et qui exerce une sorte de chantage émotif, menaçant de s’enlever la vie. Pour conjurer ce sombre projet Judith a trois jours chrono pour ramener sa sœur au gros bon sens. C’est un bijou du genre sur les unions interculturelles. Y a-t-il une part autobiographique dans ce livre ? Car l’auteure est d’origine strasbourgeoise et a choisi de s’établir en Israël.

Trois jours. Laurence Barry. Les Nouveaux Romanciers 239p.   www.editions-carpentier.fr



 


 


Troisième réédition d’un livre culte sur la politique étrangère américaine

Si vous êtes un habitué des émissions d’informations à Radio-Canada, le nom de Charles-Philippe David ne vous est certainement pas inconnu. Ce docteur de l’Université Princeton brille de tous ses feux comme professeur de science politique et titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand  l’Université du Québec à Montréal. Il vient souvent expliquer devant les caméras les enjeux internationaux en matière de politique étrangère. Mais son travail significatif se trouve tout entier contenu dans ce pavé qui fait référence Au sein de la Maison-Blanche qui en est à sa troisième réédition. Cette somme fait état des coulisses de la politique étrangère des États-Unis de Truman au président Obama. On voit à quel point pèse sur la personne du président les choix à faire qui engageront son pays. Car malgré les pressions de toutes sortes, il a le veto final. On appréciera le travail colossal accompli pour accoucher d’un ouvrage qui donne l’impression que l’essayiste était caché derrière les rideaux du Bureau Ovale.

Au sein de la Maison-Blanche. Charles-Philippe David. Presses de l’université Laval 1178p.     www.pulaval.com



 


 


Des pages imaginées sur Etty Hillestum

Si on regarde vitement la jaquette d’Etty Hillestum l’amour dans l’âme d’Olympia Alberti on pourrait croire à une biographie de la première qui comme on le sait se voyait aspirer à une carrière d’écrivaine mais qui périra à peine âgé de 29 ans le 30 novembre 1943 au sinistre camp de la mort d’Auschwitz. Elle a écrit un Journal et Olympia Alberti a senti la nécessité d’imaginer ce qu’il en aurait été si elle avait pu poursuivre sa rédaction. D’où cet exercice de style. Elle a donc conservé la couleur des écrits de son modèle, en respectant aussi la sensibilité. Des pages lucides, bouleversantes même quand on connaît l’issue fatale de la vie qui fut la sienne.

Etty Hillesum l’amour dans l’âme. Olympia Alberti. Presses de la Renaissance 246p.     www.plon.fr


 


 


La colonisation du Nord québécois

Est-ce qu’en développant nos premières grandes ressources hydro-énergétiques dans le grand Nord québécois on ne faisait pas acte également de colonialisme ? C’est la question de fond qui traverse Puissance nord l’essai qu’elle consacre à ce sujet en prenant exemple sur la première phase du projet hydroélectrique de la Baie-James. Et elle en arrive à la conclusion qu’on s’y est très mal pris en s’imposant au mépris des peuples autochtones et que tout développement à venir doit prendre en compte les populations et instances locales autour d’une table de concertation. Ce livre tombe bien au moment où le gouvernement Couillard veut relancer le Plan Nord.

Puissance Nord. Territoire, identité et culture de l’hydroélectricité au Québec. Presses de l’Université Laval 318p.     www.pulaval.com



 


 


Des regards sur l’œuvre de Gérard Bouchard

Membre du duo de la Commission bouchard-Taylor, frère de l’ex-premier ministre Lucien Bouchard, Gérard Bouchard est un des intellectuels parmi les plus médiatisés au Québec. Il a un propos sur tout, mais de haute tenue, d’où le fait qu’il soit constamment appelé à commenter les faits sociaux au Québec. Il est en tout cas suffisamment intéressant pour que des chercheurs réunissent leurs contributions pour apporter des éclairages sur l’engament de cet homme éminemment respecté. On verra ce qu’il dit de l’américanité, des pratiques langagières etc.

Autour de l’œuvre de Gérard Bouchard. Sous la direction de Srilata Ravi et Claude Couture. Presses de l’Université Laval 264p.     www.pulaval.com



 


 


La crise d’Oka, regards divers

Comme cet essai est exigeante et pour ne pas dénaturer les intentions d’Isabelle St-Amand l’essayiste, nous reproduisons exceptionnellement la quatrième de couverture de La crise d’Oka en récits. « La crise d'Oka marque un véritable moment de rupture dans les relations entre les premiers peuples et les colonies de peuplement. Dans les suites immédiates de l'échec de l'accord du lac Meech, ce long siège armé de 78 jours rend visible une présence autochtone que les sociétés québécoise et canadienne avaient imaginée évanouie. À l'inverse, l'opposition à l'empiétement mis en ouvre à Kanehsatà:ke et à Kahnawà:ke réactive une longue histoire de résistance au projet colonial d'appropriation des terres et d'effacement des peuples autochtones. Ce livre envisage la crise d'Oka, ou la résistance à Kanehsatà:ke, comme un espace de focalisation où se donne à voir la relation globale entre les peuples. »

La crise d’Oka en récits. Isabelle St-Amand. Presses de l’Université Laval 282p.     www.pulaval.com



 


 


Une nouvelliste niveau platine

Normand de Bellefeuille qui est directeur de collection chez Druide ne s’y est pas trompé lorsqu’il a parcouru les premières pages de L’occupation des jours d’Annie Perreault qui signe ici son premier livre, et de surcroît un recueil de nouvelles pour son baptême des lettres. Cette diplômée en littérature de l’Université McGill a de toute évidence une belle culture générale car toutes ces pages sont traversées de références qui témoignent plus que tout du savoir de la jeune écrivaine. Mais surtout une connaissance innée du genre humain. Car à travers les destinées qu’elle a choisi de nous raconter, il y a un dénominateur commun, à savoir que tous et chacun faisons ici bas notre karma terrestre. Elle a divisé sa présentation en dix chapitres subdivisés en soixante nouvelles. Surveillez ce nom, on n’a pas fini d’entendre parler d’elle.

L’occupation des jours. Annie Perreault. Druide 352p.    www.editionsdruide.com


 


 


Le fameux rapport accablant sur la CIA et la torture

Enfin nous avons maintenant en traduction française le rapport de la commission sénatoriale américaine sur les méthodes de détention et d’interrogation de la CIA depuis les ordonnances du président George Bush au lendemain des événements du 11 septembre 2001. Sa lecture nous glace le sang quand on pense que les États-Unis ont toujours voulu présenter leur pays comme une terre de droits et de liberté. Ce qui nous fait penser qu’entre la dictature et la démocratie, la première vous dis tais-toi tandis que la seconde vous lance, cause toujours. Et c’est ce qui s’est passé à Guantanamo et dans d’autres lieux de détentions tenus secrets. On a impunément arraché des aveux avec des méthodes quasi médiévales. La CIA et la torture nous apprend entre autres que la fameuse torture par la noyade n’était pas toujours efficace et qu’elle devait être complétée par des mesures « renforcées »…

La CIA et la torture. Edito 581p.  



 


 


Second tome de Molly Galloway

Denis Vézina nous revient avec sa saga Molly Galloway « Gloire aux vainqueurs » qui nous ramène en pleine guerre de Sécession américaine, avec deux anciens esclaves, Molly et son époux Jaze. L’historien qui a su camper à merveille cette romance sur fond de conflits, nous dit que le couple n’avait pas le temps de se bécoter occupés qu’ils étaient à se mettre en mode survie. Ce qui est formidable c’est que le romancier parvient à sa façon à restituer parfaitement ce que c’était d’être noir à cette époque. Il est un merveilleux conteur qui sait placer un sujet, un verbe et un complément. Quelle merveilleuse traque des esclavagistes jusque dans nos murs au Québec!

Molly Galloway. Denis Vézina. Hurtubise 458p.   www.editionshurtubise.com



 


 


De comment fonctionne la finance mondiale

Ne vous méprenez pas, nous avons répertorié trois autres ouvrages qui porte le même titre Les banksters. Ici nous faisons référence à celui paraît chez Louise Courteau éditrice et qui est signé par Jean-Claude Therriault. Il prend prétexte du 100ème anniversaire de la Réserve Fédérale Américaine pour nous décrypter comment 1% de la population mondiale finit par contrôler les 99% restants. C’est un cours merveilleux qui montre la rapacité par le menu des banques et des financiers. On le savait déjà oui, mais là vous avez tous les arguments ligne après lignes. Et l’essayiste nous livre pleins de références utiles si on veut pousser soi-même la recherche. La bibliographie en fin d’ouvrage est exhaustive. Actuellement il compare le système à un Titanic en voie de couler et comment on peut sauver le naufragé.

Les banksters. Jean-Claude Therriault. Louise Courteau éditrice 350p.    www.louisecourteau.com



 


 


Un trio amoureux raconté avec brio

Andrea Canobbio est une pointure de la littérature italienne contemporaine. C’est de surcroît un francophile averti. Bien qu’il parle la langue de Molière avec délectation pour son roman Trois années-Lumière il s’en est remis à Vincent Raynaud pour la traduction par respect pour notre si belle langue. C’est une histoire classique d’un médecin qui rencontre une femme médecin, divorcée. Lui il en pince pour elle et elle, si elle est séduit par la prestance de l’homme ne le voit pas en nouveau compagnon de vie, au plus un gentil amant. Mais il arrivera que le docte soigneur des corps va avoir une nuitée amoureuse avec la sœur de cette dernière, duquel naîtra le fruit de leurs amours. Dès lors s’impose pour la destinée une vie à trois. Et l’enfant qui aura grandi, va décrire sa vie avec ses trois parents. Une vie compliquée certes mais qui ne manque pas de sel. Et quel bonheur de lire ces page fulgurantes.

Trois années-lumières. Andrea Canobbio. Gallimard 429p.  



 


 


Réparer sa voiture cours 101

En dépit des discours écolos, la voiture, en tout cas à Montréal, est loin d’être en voie de disparition. Au contraire le nombre de véhicules motorisés est en nette augmentation. Posséder une automobile est une chose, savoir l’entretenir est une autre. Pour éviter des visites coûteuses au garagiste et assurer une plus longue vie à votre auto, Paul Brand a écrit ce guide d’une utilité manifeste Comment réparer votre voiture. Comme pour un malade, il faut d’abord savoir diagnostiquer u problème et ensuite s’y atteler. Et on apprend qu’une voiture en bon état peut encore donner de bons rendements même au-delà de 160 mille kilomètres.

Comment réparer votre voiture. Paul Brand. Broquet 223p.    www.broquet.qc.ca



 




 


Deux incontournables pour la rénovation maison

Avec le retour espéré de la belle saison, on sera tenté d’entreprendre des travaux de réfection sur sa propriété. Mais aujourd’hui la tâche se complique par l’arrivée sur le marché de tant de matériaux nouveaux qu’une chatte n’y retrouverait pas ses petits. Heureusement qu’il existe des pros qui nous font la faveur de partager leur savoir en la matière. Voici deux incontournables, Vous avez Stéphanie Lévesque diplômée en ébénisterie et entrepreneure qui avec les éditions La Presse a entrepris de faire comme on dit, le tour de la maison dans sa collection Réussir ses rénos. Son dernier tome, elle le consacre à la cuisine et à la salle de bain. Et pour cette dernière, s’il y a un lieu où il faut porter une attention particulière au choix des matériaux c’est bien cette pièce en raison de l’humidité ambiante. C’est bourré de judicieux conseils. Et vous avez chez l’éditeur Broquet le classique des classiques La Grande encyclopédie bricolage et rénovation qui passe en revue 300 projets illustré avec pas moins de 3300 photos. On s’attache ici autant aux travaux intérieurs qu’en extérieurs. C’est le gros pavé à conserver près de soi en permanence et qui vous fera sauver temps et argent.



 


 


Divagations instructives

Philippe Sollers s’amuse à faire son Saint-Simon en étant le mémorialiste de notre époque comme dans L’école du mystère où il passe d’un évêque de Noyon, aux acariens, à l’école produit de la France, aux messages envoyés par la Résistance sur les ondes courtes durant l’Occupation allemande. Même si ça va dans toutes les directions et qu’on se demande pourquoi il a accolé l’étiquette de roman à cet exercice de style, il demeure intéressant car il nous instruit d’un tas de choses. Rendre son lecteur intelligent n’est-il pas le plus bel hommage qu’un écrivain puisse lui faire en guise gratitude ?

L’école du mystère. Philippe Sollers. Gallimard 147p.



 


 


Dictionnaire Hillary Clinton

Pour bien nous faire connaître Hillary Clinton celle qui risque de devenir la première femme à devenir président des États-Unis, François Clémenceau s’est écarté de la biographie typique pour user du genre de l’abécédaire. Ce rédacteur en chef du Dimanche et ancien correspondant d’Europe 1 à Washington de 2003 à 2010, a choisi ainsi une formulation plus dynamique. Il faut se souvenir que depuis 1978 la candidate à l’investiture démocrate en vue des prochaines présidentielles, ne cesse d’intriguer pour arriver à son but. Et elle ne s’embarrasse pas de scrupules pour servir ses intérêts comme on pourra le constater. A lire car c’est ce qui s’est fait le mieux pour décrire cette politicienne par toutes les fibres de sa peau.

Hillary Clinton de A à Z. François Clémenceau. Éditions du Rocher 401p.    www.artege.fr


 


 


La perdition d’un juriste dévoré par l’ambition

Belva Plain n’a pas son pareil pour concocter des histoires qui mêlent sexe et argent, ambition démesuré et quoi encore. Des ingrédients avec lesquels elle a fait recette. Nous employons à dessin le passé car la romancière est morte il y a cinq ans. On réédite Les mirages du destin qui met en scène un fils de modestes fermiers qui réussira pour son immense bonheur à décrocher une bourse lui permettant d’entreprendre des études  de droit. Il va se montrer un élève appliqué. A tel enseigne qu’il aboutira dans un cabinet d’avocats bien en vue. Et puis il épousera la fille d’un disciple de Thémis. Tout pourrait être dans le meilleur des mondes, si ce n’est qu’il est impossible à contenter et qu’il lui faut plus. Il deviendra la parfaite illustration du complexe d’Icare et se brûlera les ailes à trop vouloir se rapprocher du soleil.

Les mirages du destin. Belva Plain. Belfond 345p.     www.belfond.fr



 


 


Tout savoir sur les bonsaïs

Ces petits arbres nains d’origine japonaise continuent d’exercer une réelle fascination pour le regard. Ils sont de toute beauté. Mais ils nécessitent des soins particuliers, tant à l’arrosage qu’à la taille. Et lesquels choisir ? Ils ont beaucoup de résistance car ils peuvent vivre à l’extérieur par temps hivernal. Ils agrémentent tant nos jardins que nos salons. Pour les découvrir, parcourez Bonsaïs par Alain Barbier et Erika Laïs. Vous saurez tout sur la formation, l’entretien et les espèces. Avec une iconographie très explicite.

Bonsaïs. Alain Barbier et Erika Laïs. Rustica editions 119p.    www.rustica.fr



 


 


Comment les migrations influencent la vie muséale

Parmi les dernières tendances du monde muséal se trouvent la création de musées consacrés aux migrations. Car avec la mondialisation, la géopolitique et quoi encore, vous avez d’importants déplacements de populations qui apportent une autre dynamique aux pays d’accueil. Ainsi certains musées, si ce n’est pas qu’ils soient entièrement dédiés à cette thématique ont du moins organisés des expositions sur le choc des cultures dans un pays donné. Musées histoire migrations fait le point sur ce phénomène culturel qui prend de l’ampleur grâce à une équipe de chercheurs placé sous la direction de Marianne Amar, Yves Frenette, Mélanie Lanouette et Martin Pâquet. Avec des textes soignés qui dépeignent un monde merveilleux pour l’avancement des connaissances.

Musées histoire migrations. Collectif. Presses de l’Université Laval 247p.    www.pulaval.com



 


 


Le mythe de Faust à travers un sculpteur

Scott McCloud est une autorité de la BD. On lui doit d’ailleurs un précis d’enseignement sur ce sujet « Faire de la bande dessinée ». Et on le consulte de partout, même du côté des films d’animation. Car il sait conter comme pas un. Jugez par vous-même avec cette dernière ponte de son cru Le sculpteur qui met à l’avant-plan un jeune sculpteur, David Smith, qui est visité par le diable. Ce tentateur depuis la nuit des temps, lui propose un pacte épouvantablement séduisant, à savoir de pouvoir sculpter avec le seul recours de ses mains nues. Mais il y a un hic, il est condamné à mourir dans 200 jours!  Entretemps Cupidon a choisi le mauvais moment pour lui faire rencontrer une adorable belle avec qui il tombera en amour. Voyez comme ce n’est pas simple. Et raconté par un tel maître décuple le plaisir de la lecture. Ici le bédéiste tutoie l’excellence.

Le sculpteur. Scott McCloud. Rue de Sèvres 487p.  



 


 


Belles à toute heure selon Ellen von Unwerth

Ellen von Unwerth avant de passer derrière la lentille de l’appareil photographique a été un top modèle. Elle a eu longuement le temps d’apprivoiser les conditions d’éclairage, de maquillage et de choix vestimentaire  qui président à une excellente prise de vue. Les éditions Taschen nous offre un magnifique tribut à son art avec Fräulein un gros album, lourd en mains où ont voit une galerie de belles avec des mannequins en renom tels Kate Moss ou même Carla Bruni. En lingerie, demi-nues, ces femmes sont exaltées par la photographe qui les adore. Du grand art.

Fräulein. Ellen von Unweth. Taschen



 


 


Un journal de vie sans pareil

Parfois les journaux des écrivains nous encombrent de détails insignifiants qui montrent bien qu’en dehors de leur vie littéraire ils ont souvent de petites préoccupations terre-à-terre qui les désacralisent. Mais celui de Gabriel Matzneff c’est du caviar. Mais la musique soudain s’est tue est le titre qu’il a donné à celui qui couvre les années 2009 à 2013.  Ce qu’il y a de remarquable c’est que ce fin lettré, féru de latinités et d’italianités nous abreuvent de citations remarquables, de réflexions à contre-courant de la pensée unique. Et toujours cet attrait assumé pour les filles et garçons de moins de 16 ans. Superbe.

Mais la musique soudain s’est tue. Gabriel Matzneff. Gallimard 517p.  



 


 


Le commissaire Adamsberg chez Flammarion

Une grande déflagration dans le monde des lettres, Fred Vargas (qui connaît bien le Québec en passant) a fait faux bond à la petite maison d’édition française Viviane Hamy pour se transporter chez Flammarion qui lui a déroulé le tapis rouge. Car il débarque cet auteur avec son célèbre personnage fétiche le commissaire Adamsberg. Avec Temps glaciaires qui succède après quatre ans « l’armée furieuse » entremêle des historiens qui refont la Révolution française, à une histoire de double disparition en Islande survenue dix ans plus tôt. Dès les dix premières lignes on est conquis. Les intrigues autant vous le dire d’emblée sont touffues mais le romancier remet le tout en état avec une finale en feu d’artifice.

Temps glaciaires. Fred Vargas. Flammarion 490p.  



 


 


Le premier roman de Margaret Laurence réédité

C’est une excellente idée et un devoir de mémoire qu’on eu les Presses de l’Université d’Ottawa de rééditer De l’autre côté du Jourdain qui allait marquer l’entrée dans le monde des lettres de Margaret Laurence. Et on comprend pourquoi ce baptême en littérature allait marquer son temps. C’est qu’elle raconte un angle de la pré-décolonisation en Afrique. Elle situe son histoire au Ghana de 1956 encore sous le joug des britanniques. Deux personnages, un professeur et un ouvrier du textile vont se colleter sur la question de l’africanisation du pays. On voit le tableau de ce qu’était la colonisation à cette époque et pourquoi ces peuples ont aspiré à leur libération. Et doit-on dire que c’est écrit avec un talent fou par celle qui allait devenir une pointure des lettres canadiennes.

De l’autre côté du Jourdain. Margaret Laurence. Les Presses de l’Université d’Ottawa 281p.    www.uottawa.ca


 


 


Température italienne

L’Italie vous fait rêver ? Vous aimeriez y vivre ? Alors allez lire Je cherche l’Italie de Yannick Haenel qui a vécu le tempo italien de près. En effet il a vécu à Florence de 2011 à 2014. Autant dire qu’il a vécu de près la crise sociale italienne et la perte des valeurs. Mais en même temps c’est l’émerveillement de pouvoir être au quotidien entouré de beautés architecturales et artistiques. La question qu’il se pose est la suivante « Comment trouver une voie libre, un intervalle dans un monde ruiné ? ».  En tout cas, monde ruiné ou pas, il nous donne le goût de prendre le premier vol vers l’Italie du nord.

Je cherche l’Italie. Yannick Haenel. Gallimard 200p. 



 


 


Il n’y a pas de petite existence

A-t-on besoin d’être célèbre pour avoir droit de se raconter. Il y a des vies dites « ordinaires » qui sont souvent peuplées de petits et grands exploits. Marie Didier raconte en partie la sienne dans cette autobiographie Ils ne l’ont jamais su. Qui prends pour décor initial la guerre d’Algérie. Médecin elle va s’éprendre d’un professeur de littérature qui sera jeté en tôle pour cause d’opposition au conflit armé. Par après le couple et leurs deux enfants vivront leur quotidien à Alger. Elle va retourner en France devenant gynécologue et « faiseuses d’anges » en toute clandestinité. Sa maison deviendra aussi un lieu d’hébergement pour des réfugiés. Avec la moitié de ça il y aurait de quoi faire un bon récit. Nous découvrons une humaniste qui est toute entière à ses passions. Du courage, oui quel courage.

Ils ne l’ont jamais su. Marie Didier. Gallimard 191p.   



 


 


Un thriller qui ne laisse que peu de répit

L’anglaise Val McDermid rafle les distinctions pour ces thrillers concoctés de main de maître. Songez qu’elle a vendu plus de dix millions de copies dans le monde. Elle débarque en force avec Lignes de fuite. Qui part d’un fait divers effrayant, une femme se trouve à l’aéroport en compagnie de son fils qui va se faire kidnapper sous ses yeux. Elle va ameuter la sécurité qui croit difficilement son histoire de rapt. L’affaire va se rendre jusqu’au FBI. Et le questionnement commence, pour quel motif a t’on enlevé Jimmy ? Et au fur et à mesure de l’évolution de l’enquête on assistera à un enchevêtrement de circonstances. C’est toute la science de l’écrivaine qui se déploie dans ces lignes. Ce bouquin est le meilleur antidote pour lutter contre la morosité de notre époque.

Lignes de fuite. Val McDermid. Flammarion 441p.  



 


 


Se réveiller à toutes sortes d’époques

C’est un curieux exercice de style auquel se livre François Cusset avec Les jours et les jours dans lequel il fait intervenir un narrateur, François, qui tient un journal. Sauf qu’ici c’est décousu au possible et surréaliste car l’homme se réveille à différentes époques. Tantôt on est dans la France des Bourbons et puis on saute au XXIème siècle et dans le désordre. L’auteur est en tout cas atteint de lucidité chronique car s’il y a une couleur qui pourrait coller à ces textes c’est anthracite. Pas nécessairement jojo.

Les jours et les jours. François Cusset. P.O.L.  348p.   www.pol-editeur.com



 


 


De petits contes trop courts

Jean-Louis Major a un agenda démentiel à plancher sur de gros corpus universitaires en études littéraires. Mais il a trouvé le temps de donner naissance à une toute petite plaquette Contes inactuels qui est une galerie de portraits de gens, issus de son imagination féconde. Nous avons particulièrement ces pages consacrés à un juge épris de poésie. Le problème ici c’est que c’est trop court, on en aurait lu encore des dizaines et des dizaines de pages.

Contes inactuels. Jean-Louis Major. L’Interligne 65p.    www.interligne.ca



 


 


Marie Clark
a laissé l’écriture occuper toute son existence. Elle enseigne d’ailleurs la création littéraire à l’Université de Montréal. Guitry a déclaré un peu méchamment que ceux qui peuvent font, ceux qui ne peuvent pas enseignent. Eh bien cette dame oppose un sérieux démenti car non seulement elle professe mais elle se commet brillamment comme avec ces Petites leçons d’orientation apprises dans le désordre. Qui parait dans la collection « Carnets d’écrivains » dirigée par Robert Lalonde chez Lévesque éditeur. Où elle livre de courts paragraphes qui contiennent la quintessence du bien écrire. Et en même temps c’est une amante de la nature qui se gorge de tout ce qui se passe autour d’elle, chauve-souris, neige et tutti quanti.

Petites leçons d’orientation apprises dans le désordre. Marie Clark. Lévesque éditeur 118p.    www.levesqueediteur.com



 


 


Un premier roman sur le désir qui bouscule tout

Nous ressentons toujours une émotion à la rédaction de Culture hebdo lorsqu’il est question d’un premier roman. Comme c’est le cas de Mylène Fortin qui s’est commise dans l’écriture théâtrale. Pour sa grande entrée dans le monde des lettres elle nous présente Philippe H. ou La Malencontre. Aurait-on peur de notre animalité ? C’est la question qui sous-tend le propos de la romancière qui nous montre une femme très épanouie, Hélène, étudiante en psychologie, qui adore plonger dans les profondeurs de la psyché humaine. Elle est très en maîtrise dans cette zone là. Mais que surgisse soudain un Philippe H qui a tout pour lui et voilà que notre héroïne chancelle. Genre je me ferais teindre en blonde si tu me le demandais. Pour remettre de l’ordre dans ses esprits elle ira s’exiler un temps en Gaspésie. Elle sera à même de saisir la source de ses tourments. Pour une première expérience du roman elle tutoie ici l’excellence. Elle peint très bien les déchirements en mode féminin. Nous applaudissons.

Philippe H. ou la Malencontre. Mylène Fortin. Québec Amérique 146p.    www.quebec-amerique.com



 


 


Nouvelles bêtes

Michel-Rémi Lafond semble avoir une connaissance profonde de la nature humaine si on en juge par les portraits implacables qu’il brosse dans Beaux et bêtes un ensemble de quinze nouvelles qui ont toutes en commun de se dérouler dans la région de Gatineau. Et tel un peintre, il sait mettre les couleurs nécessaires pour restituer pleinement les caractères de ses personnages. Et chaque chapitre porte le nom d’un animal. Dommage qu’Ésope et La Fontaine soient morts trop tôt. Ils auraient appréciés pleinement la démonstration.

Beaux et bêtes. Michel-Rémi Lafond.  L’Interligne 147p.    www.interligne.ca



 


 


Un vibrant plaidoyer de Paul Martin à l’endroit des autochtones

En 2013 l’ancien premier ministre du Canada Paul Martin recevait la médaille Symons décernée par le Centre des arts de la Confédération à un lauréat qui s’est distingué par sa contribution au pays. Et à cette occasion, le nominé prononçait une allocution. Et pour l’occasion, il a profité de cette tribune exceptionnelle pour lancer un cri d’alarme sur la situation épouvantable des peuples des premières nations au pays. Et c’est tout à son honneur de mettre sa notoriété au service d’une cause si désespérée. Dans son discours il va même suggérer la création d’un gouvernement autochtone qui recevrait des subsides en conséquence pour être autonome dans ses choix. Un bel acte d’humanisme. Vous avez l’intégrale de cette allocution dans les deux langues officielles.

Le Canada et le Canada autochtone. Changer le cours de l’histoire. Paul Martin.   Les Presses de l’Université d’Ottawa  71p.  



 


 


Une saguenéenne bolée explique le boson de Higgs

Quand on dit que les « bleuets » savent tout sur tout, c’est presque confirmé avec Pauline Gagnon originaire du Saguenay qui a déjà enseigné aux cégeps de Jonquière et de Chicoutimi et qui réussit l’exploit à vulgariser ce qu’est le boson de Higgs. Même qu’elle a trouvé un totre rigolo pour son bouquin explicatif Qu’est-ce que le boson de Higgs mange en hiver. Elle est bien placée pour décrire ce phénomène de physique des particules puisque en qualité de docteure en physique des à particules à l’Université de l’Indiana et chercheuse dans l’équipe Atlas du CERN c’est à elle qu’on a demandé de répondre à toutes les interrogations qui proviennent de tous les coins du monde. En résumé le boson de Higgs était jusqu’à sa découverte, le chaînon manquant de ce qui compose la matière autour de nous. Nous devons cette révélation aux travaux de MM. François Englert et Peter Higgs qui se sont mérité 48 ans plus tard, exactement en 2013, le prix Nobel de physique. Mais si on s’attache au visible, l’ouvrage merveilleux nous parle de plus mystérieux encore, ce qu’on nomme l’énergie sombre qui constitue 95% du reste de l’Univers. On a dépensé des millions pour ces recherches au CERN et la vulgarisatrice nous dit en quoi ça constitue une avancé pour d’autres domaines. Même les frères Bogdanov n’aurait pu faire mieux.

Qu’est-ce que le boson de Higgs mange en hiver et autres détails essentiels. Pauline Gagnon . Éditions MultiMondes  264p.  



 


 


5000 ans de vies humaines découvertes à la Baie James

Voici un ouvrage qui devrait plaire au comédien Roy Dupuis qui ne cesse de militer pour la préservation du Grand Nord québécois. L’essai s’intitule Ce que la rivière nous procurait. C’est un aspect moins connu des travaux préliminaires qui ont présidé à la construction de barrage hydro-électrique de l’Eastmain-1 à la Baie James. C’est qu’il avait été convenu d’entreprendre avant les travaux des recherches archéologiques. Qui ont été mené par une firme sous-traitante, Arkéos conjointement avec l’administration régionale Crie. Des travaux qui ont permis d’identifier 5000 années d’activités humaines dans cette région hostile à ceux du Sud. Le fruit de ces recherches nous parvient dans un gros pavé remplie d’informations très techniques et qui jette un éclairage sur ce qu’était la civilisation d’alors. Sa lecture est exigeante mais combien nécessaire à la compréhension de ce que fut la vie là bas.

Ce que la rivière nous procurait. Archéologie et histoire du réservoir de l’Eastmain-1. Sous la direction de Pierre Bibeau, David Denton et André Burroughs. Collection Mercure, les Presses de l’Université d’Ottawa 663p.    www.uOttawa.ca



 


 


Le vélo comme vous ne l’avez jamais vu

L’organisme Vélo Québec devrait se faire le promoteur de ce titre Cyclisme & Science car Max Glaskin son auteur analyse tous les aspects matériels et médicaux qui impliquent la bicyclette. Il passe en revue les  composantes nous disant pourquoi la fabrique avec tel matériau plutôt qu’un autre. La question de la vélocité. Il nous dit même en quoi le sportif a intérêt à se raser les jambes pour gagner du temps, et il nous donne l’explication. C’est fascinant. Après lecture vous ne verrez plus la bicyclette de la même façon.

Cyclisme & Science. Max Glaskin. Vigot 192p.      www.vigot.fr



 


 


Le coin de la poésie

Deux petits recueils poétiques pleins de charme nous arrivent. D’abord Poèmes à croquer de Rosette Pipar chez Marcel Broquet éditeur. C’est à n’en pas douter une sensuelle qui ne fait pas mystère de son appétit en la matière et qui le transcrit très bien en vers. Extrait « Il faut s’agenouiller devant toi pour te découvrir te cueillir user de patience pour remplir son petit panier et résister à l’envie de te croquer sur-le-champ ». Et c’est comme ça de ligne en lignes. Jouissif en diable. Puis au Noroît un familier de la maison Guy Cloutier et ses dernières inspirations Les chiens fous pleurent la nuit. Sa démarche est celle entreprise dans ses précédents ouvrages, à savoir une quête intérieure. Extrait « Nombreux sont ceux qui n’arrivent plus à se défaire des mailles n’arrivent pas à s’affranchir de l’énorme toile du désert »



 


 


Le coin Miam mian

Peut-on manger tout en sauvant la planète et en réalisant des économies ? Aucun doute si on en croit le nutritionniste Bernard Lavallée qui nous fournit une multitude de conseils judicieux d’économie domestique au plan alimentaire avec Sauver la planète une bouchée à la fois. En restauration on connaît l’adage que pour qualifier le gaspillage on dit volontiers que les profits sont dans les poubelles. Dans une même veine, l’auteur nous apprend à gérer de façon responsable notre consommation en aliments. Et il nous encourage même à réaliser nous-mêmes notre potager pour alléger la facture d’épicerie. Pour preuve qu’on n’a rien compris, c’est l’amoncellement de déchets qui jonchent les trottoirs chaque semaine, un non sens à ses yeux. C’est aux éditions La Presse.
Et puisqu’il nous est suggéré de produire nos propres aliments, voici une opportunité pour ce qui est du pain avec Vicki Smallwood qui nous présente Les meilleures recettes pour machine à pain. S’il y a un domaine où les québécois se sont montrés d’une curiosité rare c’est bien dans ce domaine. Songez qu’il y a quelques décennies on ne connaissait et on ne se contentait que du pain blanc tranché. Aujourd’hui les restos et les épiceries vous proposent de véritables bars à pains avec toutes sortes d’ingrédients. Eh bien ce qui vous fait saliver à ce chapitre, vous pouvez le faire maison.  Bien que le livre évoque le pain, les thèmes sont élargis aux desserts, brioches, biscuits, panettone, chaussons, etc. C’est chez Broquet.



 




 


Le coin santé physique et psychique

La sociologue Laurie Kirouac se penche sur la détresse au travail, pire l’aliénation mentale qui résulte des pressions exercées par les employeurs qui deviennent des tyranneaux au service de la productivité et des quotas à rencontrer. Et en même temps elle met en évidence les contradictions voulant que le travail soit u lieu d’accomplissement personnel, mais en même temps à vos risques pour ce qui est de l’équilibre psychique. C’est un essai fantastique que L’individu face au travail sans fin. Et dire qu’on prédisait pour notre époque la génération des loisirs! Aux Presses de l’Université Laval. Chez le même éditeur, Koffi Antoine Nadjombé nous dévoile les secrets de l’entrevue d’embauche pour qui veut Devenir prof. Il établit les 12 compétences professionnelles recherchées. En votre compagnie il fait le portrait de diverses situations que rencontre un professeur ou un suppléant en classe et pose d’abord la question à savoir comment vous réagiriez et il livre ensuite le code de conduite souhaité. Ainsi vous évitez les faux-pas non seulement lors de l’entrevue d’embauche, mais devant les élèves dans le feu de l’action.

Les quatre titres qui suivent son publiés chez Marcel Broquet. Chantal Morin est atteinte du diabète et fait du coaching auprès des gens qui sont atteints de la même maladie. Car s’il y a pléthore d’ouvrages traitant de son aspect strictement médical, il y en a très peu qui aborde les implications psychologiques. C’est à ça que s’emploie l’auteure dans Le diabète, d’ennemi à allié…un passage réalisable. Elle fait état des deuils qui accompagnent la maladie à commencer par la pose du diagnostic. C’est vraiment bien fait en donnant sans détour les réponses à des questions que les diabétiques se posent mais que les médecins écartent faute de temps ou…d’intérêt.  Un peu dans le même esprit mais cette fois du côté du cancer, c’est Suzanne Drouin qui a connu le cancer, elle qui menait une vie santé exemplaire. Elle fut la première étonnées de voir le cancer surgir dans sa vie. Elle y a fait face avec courage. La magie de l’épreuve est un guide pour apprivoiser le cancer, oui, mais dont les principes s’étendent à toutes les autres maladies qui peuvent affliger une personne.  Un autre qui en tout altruisme vient au secours des gens affligés, c’est Richard Langlois qui souffre de bipolarité, ce qui lui a valu de grands problèmes dans le passé. Partant des prévisions selon lesquelles l’équilibre mental des populations ira en régressant, comment doit-on assumer cette réalité, autant pour ceux qui sont victimes que leurs proches. Il a  a donc écrit Un phare sur ma route qui prône le dialogue ouvert sur la maladie. De ne pas hésiter à parler de ses problèmes personnels, de sa perte de stabilité. Déjà que d’en parler allège le fardeau.  

Sœur Angèle est le boute-en-train que l’on connaît, comme vacciné au bonheur. Est-ce à dire qu’elle est à l’abri des vicissitudes de l’existence ? Au contraire, elle a connu la guerre et ses horreurs dans sa prime jeunesse et n’a pas voulu que cela affecte sa joie de vivre. Sa Foi y est entre autres pour quelque chose. Mais mieux encore, pour connaître son secret de plénitude, elle a accepté de réponde aux questions de Rosette Pipar et n’en évite aucune. La simplicité de vie est la ligne directrice se son existence.



 


 


Passeur de livre sulfureux

Il était une fois un chauffeur de taxi qui découvre qu’un passager a oublié sur la Banquette arrière un manuscrit de nouvelles érotiques. Le chauffeur c’est Jeff, mal marié. Et il est aussi un peu introverti dans l’expression de son intériorité. Ce manuscrit va lui être providentiel au sens que ce sera son passeport pour entrer en contact avec les autres, le livre étant le prétexte pour amorcer une rencontre. C’est la talentueuse Claude Brisebois qui a eu cette idée lumineuse et qui nous permet de découvrir du coup toute une galerie de personnages. Quel beau film cela pourrait-il faire ? Avis aux scénaristes en proie au drame de la page blanche. En attendant un film souhaitable la romancière vous permet de faire votre propre cinéma imaginaire.  Vous dire qu’on a aimé est un euphémisme.

Banquette arrière. Claude Brisebois. Druide 428p.    www.editionsdruide.com



 


 


Le théâtre de bien des choses

Elle se prénomme Olga. C’est une fille jolie comme tout, d’origine kazakhe qui vit avec sa famille dans un petit bled belge. Elle sera vite remarquée par le directeur du théâtre local. Mais hélas, comme ça se passe souvent dans de petites localités, la soudaine notoriété de la comédienne novice fait jaser. Et on déterre souvent de vieilles affaires pour assouvir des rancoeurs. C’est toute la trame de De regrettables incidents d’Armel Job qui nous rappelle à sa façon que la méchanceté domine plutôt que la bonté dans le cœur des hommes. Nous sommes en face d’un roman majeur.

De regrettables incidents. Armel Job. Robert Laffont 286p.   www.laffont.fr



 


 


Sauve qui peut vers le Maroc

Kristian Bang Foss est danois. Et on a intérêt à suivre la littérature scandinave de près. Elle produit de petits bijoux. Comme son troisième roman La mort roule en Audi. Qui met en scène un créatif d’une agence de publicité qui par une gaffe monumentale va tout perdre. Il sera contraint de vivre dans le quartier sordide de Copenhague. Il a pour âme sœur un compagnon qui pour son malheur est affligé d’une grave maladie. La seule solution plausible, de rencontrer un guérisseur réputé au Maroc. C’est donc à bord d’une Volks brinquebalante qu’ils vont s’y rendre. Mais qu’est-ce qui se passe ? Une voiture Audi noire ne cesse de les talonner. Mauvais présage. On ne vous en dit pas plus. C’est un thriller fantastique.

La mort roule en Audi. Kristian Bang Foss. Nil 281p.   www.nil-editions.fr



 


 


Un tueur en série amputeur

Les tueurs en série on le sait signent la plupart du temps leurs crimes. C’est le cas de celui que l’on a baptisé « l’amputeur des ruelles ». Il a l’habitude de trancher la main droite de ses victimes, tout comme il place à côté d’elles une branche d’amélanchier. Il est le meurtrier vedette du roman passionnant de Jean Lemieux « Le mauvais côté des choses ». Qui dit homicide dit enquêteur et il incombera à un nouveau venu à l’escouade des crimes majeurs du Service de police de la Ville de Montréal, André Surprenant, d’élucider l’affaire. Mais ici l’enquête se corse du fait que ce dossier criminel a des retentissements sur des membres de la famille du limier. Il y a des cadavres dans le placard comme on dit. C’est un écheveau complexe qui captive de la première à la dernière ligne.

Le mauvais côté des choses. Jean Lemieux. Québec Amérique 374p.   www.quebec-amerique.com



 


 


Fin de la saga de la famille Cormier

Oyé, oyé voici qu’arrive le tome 4 des Gardiens de la lumière « Le paradis sur terre » de Michel Langlois. Nous rappelons que nous sommes dans l’île enchanteresse et rude d’Anticosti en 1919 où Émile Cormier est le gardien du phare. Dans ce dernier volet, la dominante est la mort de son père. Antonin de son côté peine à trouver des clients à son hôtel. En compagnie de sa douce Lorraine il va donc s’exiler en France. Rien de tel que les voyages pour bien se connaître et cette dernière en apprendra mieux sur son compagnon de vie. Le romancier conclue son épopée en 1953 avec l’incendie du Château Meunier qui de toute façon était abandonné. Un monde s’éteint ici au propre comme au figuré. Vite M. Langlois gratifiez nous d’une autre saga!

Les gardiens de la lumière. Tome 4 Le paradis sur terre. Michel Langlois. Hurtubise 438p.      www.editionshurtubise.com


 


 


Regards sur l’enseignement de l’histoire religieuse

A l’heure où le débat est à son sommet sur la laïcité dans les états public d’enseignements versus la préservation de notre patrimoine culturel, voici un essai fulgurant d’un collectif de chercheurs sous la direction de Brigitte Caulier et Joël Molinaro « Enseigner les religions ». On examine comment au fil du temps a été réalisé l’enseignement religieux ici et ailleurs. Voici d’ailleurs comment ils expriment leur intention initiale. « Les auteurs évaluent l'apport de cette discipline dans la formation des intervenants et des enseignants, ainsi que dans l'élaboration des contenus d'enseignement. Ils analysent sa place dans la recherche fondamentale et l'enseignement universitaire. C'est l'occasion pour eux de poursuivre un dialogue interdisciplinaire sans compromis qui mobilise les sciences de l'éducation, les sciences sociales et religieuses et la théologie. »

Enseigner les religions. Collectif. Presses de l’Université Laval 400p.   www.pulaval.com



 


 


L’entretien des arbres fruitiers

Jean-Yves Prat est en horticulture toute une pointure. Jugez vous-même. Il est responsable du jardin fruitier des Jardins du Luxembourg. On dit de lui que c’est un spécialiste de la taille fruitière. Bien qu’il se soit commis dans de nombreux ouvrages de son domaine, il nous communique sans doute la somme de la générosité de son savoir dans Taillez tous les arbres fruitiers espèce par espèce. Vous avez là, expliqué plan par plan, ce qu’il faut faire pour que de tels arbres s’épanouissent et produisent à leur meilleur. On y retrouve 750 dessins qui reprennent minutieusement les gestes à accomplir. Bref, c’est sans conteste la référence en la matière. Et comme la liste d’épicerie devient de plus en plus chère, on sera sans doute inspiré à faire sa propre production maison.

Taillez tous les arbres fruitiers espèce par espèce. Jean-Yves Prat. Rustica 334p.    www.rustica.fr



 


 


Deux essais éclairants aux éditions M

Pour alimenter le débat d’idées, rien de tel que de référer à des essais aussi éclairants que ces deux titres qui nous parviennent des éditions M. On va apprécié au plus haut point, Pour une théorie générale de l’exploitation  de Christine Delphy. Elle est la cofondatrice de la revue Nouvelles Questions féministes. C’est une sociologue militante qui ici voit le capitalisme par la lorgnette du patriarcat et qui profite essentiellement aux hommes. Elle traite du travail domestique, forme d’exploitation économique radicale. C’est une petite plaquette mais qui a le mérite de faire du rentre dedans.  Ailleurs c’est Louis Gill qui se fend de son Autopsie d’un mythe. Qui est un ensemble de réflexions sur la pensée politique de Jean-Marc Piotte. Pour ceux qui auraient oublié, ce dernier a été un des membres fondateurs de la mythique revue Parti pris publiée de 1963 à 1968. On lui a collé l’étiquette de pape de la gauche au Québec. L’essayiste considère qu’on a été vite en affaire et que cette identification est un mythe. Disons que le pamphlétaire qu’il est ici ne donne pas le beau rôle à Piotte sur le détournement de ses convictions d’origine.



 


 


A ne pas lire la nuit

Vous voulez des frissons ? Imaginez seulement ce qu’est Sliter, qui prend la forme d’un loup sur deux pattes et qui se rend chez des gens pour s’abreuver du sang des humains pendant qu’ils dorment. C’est à glacer le sang. C’est ce que nous raconte avec délectation sadique Joseph Delaney avec dans sa saga L’Épouvanteur le tome intitulé Le pacte de Sliter. Puis Sliter conclut un pacte diabolique. Vous verrez que c’est loin d’être reposant. Proposé comme de la littérature jeunesse, on se sent tous jeunes en présence d’un tel récit à donner la chair de poule.

L’Épouvanteur. Le pacte de Sliter. Joseph Delaney. Bayard jeunesse 306p.     www.bayard-editions.com



 


 


L’homme la veut et fera tout…

Habituellement le dicton nous dit « Ce que femme veut ». Mais ici dans la suite du best-seller « Déchaîne-moi » Lexi Ryan pourrait écrire comme slogan promotionnel « Ce que l’homme veut ». Car c’est exactement le projet de William qui revoit dans le décor Cally qu’il n’a pas revu depuis sept ans. La femme est de retour dans son bled natal en raison de la mort de sa mère. Quand William l’aperçoit il s’embrase, car il n’a qu’un but, diriger le destin qui lui a échappé quand Cally s’est donnée finalement à un autre homme. Et il mettra dès lors tout en œuvre pour qu’elle soit à lui à jamais. Réussira-t-il son pari, nous n’en dirons rien ici pour ne pas gâcher votre bonheur. L’histoire est rôdé au quart de tout avec cette dynamique propre à la littérature américaine qui vise à l’action. Nous somme ici dans la grandeur des sentiments à la première puissance.

Si seulement. Lexi Ryan. Éditions de l’Homme 334p.   



 


 


Gwendoline du Faubourg à m’lasse

En littérature, les québécois prisent beaucoup les histoires qui ont pour décor notre vie d’antan, ce qui explique le succès des romans historiques, surtout quand il s’agit de saga. Ils vont être au comble du bonheur avec la trilogie que nous a concocté Jocelyne Robert, oui la sexologue bien connue qui maîtrise parfaitement l’art du roman. Elle plante son décor dans le quartier montréalais surnommé le Faubourg à m’lasse, au centre-sud qui embrasse le territoire qu’occupe présentement le Village gai et Radio-Canada entre autres. Un quartier de misère où les rats le disputaient à la population. Nous faisons connaissance avec Gwendoline Dernière qui se hisse à la dure et où on est presque en mode survie. Elle a du courage à revendre. Et c’est à l’Halloween qu’elle découvrira la volupté dans des bras virils. Gwendoline Dernière à commencer par le premier tome Mensonges d’enfance est un pur délice. Si Michel Tremblay a magnifié le Plateau Mont-Royal, Mme Robert est le chantre de ce quartier qui n’avait pas encore trouvé de mémorialiste.

Mensonges d’enfance. Jocelyne Dernière. Les éditions de l’Homme 305p.  



 


 


Dans les coulisses de ceux qui couvrent le canadien

 
Quand on sait à quel point les partisans du club de hockey des Canadiens de Montréal ont élevé ce sport au rang de religion, on s’attend à ce que Sur le beat du Canadien de Jonathan Bernier devienne à coup sûr un best-seller. Attaché au Journal de Montréal, le gars est allé rencontrer ceux qui couvrent l’actualité sportive de l’équipe mythique. Il en résulte des anecdotes à la pelle. Même quelqu’un de complètement indifférent au hockey va prendre plaisir à parcourir ces pages où on ne fait pas dans le rappel des exploits sportifs, mais en s’attachant à mettre en perspective l’humanité de ces joueurs. Et il y a des passages de grandes émotions comme lorsqu’il rapporte qu’Henri Richard près du lit de mourant de son illustre frère le Rocket, les deux incapables d’exprimer leur amour fraternel, virilité oblige, a tenté de communiquer son ressenti avant que le frérot parte pour l’éternité. Il en a été incapable. Du bonbon.

Sur le beat du Canadien. Jonathan Bernier. Les éditions de l’Homme 264p.    265p.      



 


 


Du fantastique première grandeur

Le Verbe Droit si vous ne le saviez pas encore, est un pouvoir sur les autres. Alzahel est détenteur de ce privilège dont il n’abuse pas. Grâce à Bruno Carlisi qui est à la ville libraire et amoureux des mots, on est plongé dans un conte fantastique arabisant où les Djinns sont évidemment de la partie. Et plus que jamais ici l’imaginaire est à son zénith servie par une langue belle. Le romancier est un conteur absolument merveilleux. Et c’est en même temps une grande fresque humaine où le meilleur de l’homme côtoie le pire. A lire pour peupler vos rêveries. Ici l’exotisme fait un bien énorme à l’âme.

Alzahel ou les Nuits que Shahrâzâd n’eut l’audace de conter. Les Nouveaux romanciers 443p.      www.editions-carpentier.fr



 


 


Il était une fois Jiang-Li

On pourrait presque qualifier Jiang-Li roman de politique fiction. En effet, on retrouve, Victor-Emmanuel, Cynthia, Pierre-Yves, Robert, Ernst, Marie-Ange et Jiang-Li qui ont en commun de profondes questions existentielles sur l’avenir du Québec. Et cette bande de jeunes sous la gouverne de Jiang-Li vont réussir l’exploit d’unir le Parti Québécois, Québec Solidaire et Option Nationale pour que l’union faisant la force, on puisse arriver à concrétiser l’indépendance du Québec. Voilà l’argument en résumé de Jiang-Li signé Vic Vara pseudonyme de Claude Bariteau. Saluons cet exercice de style qui peut avoir comme effet bénéfique de contribuer à raviver la flamme nationaliste.

Jiang-Li. Vic Vara. Les éditions La Semaine 475p.   



 


 


Un Stephen King qui délaisse les morts-vivants

Stephen King à qui colle des univers de zombies et de vampires, sort de sa zone de confort pour écrire cette fois un polar. Ça donne Mr Mercedes. Ce génie de la littérature anglo-saxonne qui sait mieux que quiconque faire suivre un sujet, un verbe et son complément, ne risquait rien à troquer un style pour un autre. A peine était-il sur les rayonnages que la presse mondiale s’est montrée dithyrambique et pour cause, voyez le sujet. C’est un dément qui au volant de sa berline Mercedes va foncer dans une foule causant la mort de huit personnes. Il disparaîtra sans demander son reste. Un an plus tard, un policier à la retraite va recevoir une lettre de ce triste sire, l’informant qu’il projette de récidiver mais cette fois de façon plus spectaculaire. Il n’y a pas de temps à perdre, il faut mettre la main au collet de ce dangereux personnage. C’est le début d’une trilogie qui fera d’ailleurs l’objet d’une mini série à la télé. Ça promet. Le roman lui est au polar ce que le caviar est au raffinement culinaire.

Mr Mercedes. Stephen King. Albin Michel 474p.    



 


 


A lire d’une seule main

Les érotomanes ont de quoi se mettre sous la main avec deux titres, tous deux aux éditions Québec-Livres. A commencer par Théâtre de chair de Danie Blais. Qui nous transporte dans le Londres de Dickens en 1850. Des libertins se retrouvent au café Les Fous. Puis ces noceurs qui transgressent outrageusement les mœurs victoriennes, se mettent en quête d’acquérir un théâtre, La Reine de cœur qui est à vendre et propriété de deux gentlemen assez spéciaux. Saluons l’auteure qui n’a pas peur de démontrer qu’en matière de sexualité les femmes sont à parité en matière d’imagination et d’appétit. Jouissif Puis, Martin Laliberté est le maestro québécois incontesté de la nouvelle érotique. Voici son dernier opus simplement intitulé 7ème ciel. Il réussit à trouver des déclinaisons merveilleuses pour décrire la chose. Lui aussi mérite le détour.



 


 


La Commission Charbonneau passée au crible

Louis Demers qui est avocat, a suivi de très près les séances de la désormais célèbre Commission Charbonneau. Il a relevé des outrances incroyables qu’il se fait fort de rapporter dans un petit livre décapant Dérives de la commission Charonneau. Tour à tour il s’en prend à la longueur du mandat, des témoins pas toujours crédibles, des dommages collatéraux qui en ont résulté. Mais comme on le mentionne fort à propos en quatrième de couverture, il en ressort qu’on apprend que la gangrène de la corruption ne s’est pas étendue autant qu’on aurait pu croire.

Dérives de la commission Charbonneau. Louis Demers 139p.  



 


 


Un pionnier du golf au Québec

André Maltais en collaboration avec Richard Marr ont eu la bonne idée de raviver la mémoire de Jules Huot qui a été un des premiers champions du golf au Québec et un acteur pionnier de ce sport dans la Belle Province. Petit de constitution cela ne l’a pas empêché de se colleter à des pointures américaines de son époque qui avaient beaucoup de respect pour lui. Mais au-delà des exploits sportifs, le biographe donne de la valeur ajoutée en privilégiant l’angle humain qui fait en sorte que même quelqu’un qui n’est pas attiré par le golf y trouvera son profit. Car Huot a été acculé à prendre des décisions difficiles dans sa vie professionnelle. Pour les convertis des verts ils en apprendront énormément sur celui qui a été un brillant promoteur.

Jules Huot. Coup de départ du golf québécois. André Maltais en collaboration avec Richard Marr. Québec Amérique 223p.      www.quebec-amerique.com



 


 


Dans les yeux d’une fillette de Joseph Goebbels

Tout ce qui entoure la vie des hiérarques du Troisième Reich continue toujours de fasciner. C’est sans doute ce qui a mené Emma Craigie a concevoir une histoire fantastique, un roman inspiré de ce qu’a pu voir Helga Goebbels une des six enfants du couple formé de Magda et de Joseph Goebbels, ministre de la propagande d’Hitler et gauleiter de Berlin. A partir de documents officiels, elle a échafaudé une sorte de livre de souvenirs de la petite Helga qui en réalité sera empoisonné par sa mère fanatique du régime nazi comme ses cinq frère et sœurs dans le bunker avec le Führer. Dans les yeux d’Helga on voit défiler tous les pontes du nazisme et ce que fut sa vie au quotidien. Un monde sinistre au possible restitué merveilleusement.

Dans les yeux d’Helga. Emma Craigie. Flammarion Québec 220p.    www.flammarion.qc.ca



 


 


Deux opus nouveaux chez Edito

Cette maison d’édition pourtant toute jeune ne cesse de nous étonner par la qualité de leur catalogue. A preuve ces deux nouveautés, un roman et un essai. L’île noire de Marco Polo d’Aline Apostolska (photo). Cette dernière a fait l’objet d’éloges à la suite de sa biographie de Jacques Languirand dont nous avons fait l’écho dans nos colonnes. Cette fois elle s’essaie au thriller et le pari est réussi. C’est une archéologue montréalaise qui est mandatée par l’Unesco. Mais auparavant, en compagnie de son âme sœur, elle s’accorde des vacances sur l’île de naissance de Marco Polo. Et ce qui devait être un moment de pure félicité va virer au cauchemar. Pour la raison qu’elle sera mise au fait de l’existence d’uns société secrète qui sacrifie de jeunes vierges, violées puis tuées selon des rites précis. Les enfants nés de ces crimes font l’objet d’un trafic. Et pire encore, un passé douloureux concernant notre héroïne remontera à la surface. Elle va même vivre tout ça sans en parler à son amoureux. La romancière est bien partie avec cette histoire qui met à profit ses connaissances des civilisations anciennes.
Jean-Daniel Lafond a eu un parcours merveilleux qui se poursuit encore aux côtés de Michaëlle Jean sa compagne devenue récemment Secrétaire-générale de la Francophonie. Durant le règne de cette dernière comme Gouverneure-Générale du Canada il s’est trouvé en quelque sorte à être le prince Consort d’office que l’on se devait d’interpeler comme son Excellence selon le protocole établi. De tout ça il a pris du recul pour nous livrer Un désir d’Amérique. Ce ressortissant français, qui s’est consacré au cinéma documentaire connaît un destin extraordinaire. Il nous fait partager ses réflexions d’humaniste et sur le sort du monde. 



 


 


Nouvelles sur des variations autour de Limoges

Christiane Lahaie bien qu’elle vive au Québec a des attaches solides avec la ville de Limoges. A sa façon elle rend hommage à la capitale de la porcelaine avec un recueil de nouvelles Vous avez choisi Limoges. Autant de variations sur cette ville. Elle y campe ses personnages. Chaque nouvelle est bien construite avec pour chacune son climat, son âme. C’est un beau tribut aussi à cette ville qu’elle chérit et dont elle nous donne le goût de nous y rendre.

Vous avez choisi Limoges. Christiane Lahaie. Lévesque éditeur 125p.    www.levesqueediteur.com



 


 


Quête métaphysique

C’est une quinquagénaire prénommée Sophie, ressortissante française qui débarque au Québec avec l’intention de suivre une formation en développement personnel. A travers un cours d’anthropologie elle ira à la rencontre de Lani, une fillette de la jungle des Philippines qui donne son nom au roman. Il arrivera passablement de choses à Sophie qui est dans une quête perpétuelle pour donner un sens à sa vie. Lani de Valérie Mazeau régalera les lecteurs qui sont en cheminement intérieur. C’est un roman initiatique bien ficelé doté d’une sensibilité exquise.

Lani. Valérie Mazeau. Québec-Livres 248p.    www.quebec-livres.com



 


 


Le coin santé physique et psychique (1)

Les cinq titres qui suivent sont édités chez AdA. Sylvie Goudreau a écrit avec Un chien pisteur nommé intutition ce qu’elle qualifie de roman pour l’âme. Le jeune homme qui occupe la place centrale est un randonneur qui expérimente le cycle « je rayonne, je syntonise, je crée ».  C’est une connexion entre le monde intérieur et un environnement inspirant. Le roman est court mais les mots sont là, les idées puissantes qui sont centrées sur le monde des vibrations. On connaît bien d’autre part Karen Rauch Carter qui est l’auteure du best-seller « Transformez votre espace, changez votre vie ». Elle persiste et signe cette fois Prenez le virage du changement. C’est un ensemble de solutions simples pour passer dit-elle de l’incolore au multicolore. Son credo est d’être toujours dans le changement et d’éviter le repli de soi, l’immobilisme. La nature n’est-elle pas en constante mutation ?

Dans le créneau de ceux qui ont cartonné dans le domaine de la croissance personnelle, vous avez William Buhlman réputé pour son « Voyage au-delà du corps ». Il reste dans la même veine avec Aventures dans l’Au-delà. En somme il nous dit que nous sommes rien de moins que des êtres spirituels puissants qui nous accomplissons ici bas mais qui peuvent aussi agir dans l’après vie terrestre.  Et puisque nous évoquons l’Au-delà chargé de mystère, vous avez Marilou Trask-Curtin qui explore ses vies passées et nous en fait part dans Réincarnation. Pour elle la mort est loin d’être une fin, mais un perpétuel recommencement. Selon elle, il y a trop de puissants esprits antérieurs pour qu’ils demeurent ignorés. Et Claire Nahmat écrit de son côté Faites appel aux anges où comment attirer la bénédiction angélique dans nos vies. On y traite des multiples aspects de la magie angélique, des effets sonores et odorants qui peuvent être des outils d’intercession, etc. On peut demeurer encore crédule, mais n’en demeure pas moins que c’est intrigant au possible.



 




 


Le coin santé physique et psychique (2)

Ils ont répondu nombreux à l’invitation qui leur avait été faite d’assister au lancement du livre de David Usher « Laissez courir les éléphants » publié chez Québec Amérique. Comment décrire ce livre étrange qui est un exposé éclatant rappelant au lecteur que nous avons tous en nous un potentiel de créativité qui se manifeste à divers degrés. Pas besoin d’être artiste patenté pour ce faire. Le graphisme qui appuie toute les textes philosophiques de l’auteur est bigarré, bon enfant, peut-être comme pour nous dire de ne pas trop se prendre au sérieux. Mais bon, il n’y a pas de mal à se vouloir du bien. Ici Usher devient en quelque sorte un coach de vie. Le ton est enjoué et hyper positif. Fini les lamentos, sortez de votre cocon et créez. Tel est le message de ce gourou jeune et rafraîchissant.
Aux éditions Exclusif Clémence Lefèvre fait un tour d’horizon avec Les maladies émergentes qui sont au monde moderne ce que sont devenus les allergies et les intolérances au plan alimentaire. On ne compte plus les gens qui sont atteints de fatigue chronique, d’Alzheimer, d’électro-sensibilité. Une part importante du livre est consacré à la fibromyalgie qui a pris un certain temps à être reconnu comme une pathologie réelle par les autorités de la Santé publique. James Duigan réputé pour son régime minceur qui porte son nom (on parle même de méthode Duigan) nous arrive en force chez Mango avec non pas un titre mais deux : Les recettes du programme Duigan et Le programme Duigan équilibre & légèreté. Le premier garanti 100% efficace, quelle assurance, le jeune anglais propose 100 recettes pour en arriver à obtenir un physique proportionnel. Et attention, ce n’est pas la diète sévère. Au contraire, les papilles gustatives sont mises à contribution. Voyez par exemple ces côtelettes d’agneau à la marocaine et courgettes rôties. Un peu délice. En même temps il nous livre des stratégies si on se trouve par exemple dans une pizzeria. Comment trouver son équilibre en pareille circonstance. Le second ouvrage écrit en collaboration avec Maria Lally qui ressemble au premier avec également son lot de recettes, mais aussi des exercices physiques tout en simplicité pour retrouver la sveltesse.

Fini le casse-tête du prénom, du moins pour savoir lesquels choisir. Elles se sont mises à deux Nancy Coulombe et Nadine Descheneaux aux éditions Goélette, pour colliger, tenez-vous bien, 6000 prénoms (elles ajoutent avec amusement, dont celui que vous cherchez tant). C’est Le guide des prénoms un guide, sans doute le mieux fait dans son genre pour passer en revue tous ces prénoms masculins et féminins. Louis-Georges Désaulniers est une autorité au Québec avec plus d’une trentaine d’années comme coach de vie. Sa mission, faire en sorte que les gens vivent en conformité avec leurs aspirations. Il nous arrive avec Changer sa vie oui c’est possible! Qui est un livre de tests basé sur des théories et exercices pratiques. Une méthode donc interactive où il nous interroge sur des aspects auxquels on n’a peut-être jamais pensé. C’est chez Québec-Livres.  

Jocelyne Dernière. Les éditions de l’Homme 305p.  



 




 


Le coin santé physique et psychique (3)

Souvent il arrive que l’on se projette dans le futur pour espérer un monde meilleur. Avec la frustration que ça demeure dans le lointain. Or il existe une technique anglo-saxonne le « remembering process » qui est en sorte de faire de notre futur notre présent en ramenant ce qui est possible demain aujourd’hui même. Pour saisir cette théorie innovante lisez Le miraculeux processus du souvenir coécrit par Daniel Barrett et Joe Vitale aux éditions du Dauphin Blanc. Chez Almora,  José et Lorène Le Roy nous convient à vivre 62 expériences de spiritualité quotidienne. S’il y a un recoupement entre les traditions spirituelles de l’Orient et de l’Occident c’est que toutes deux valorisent la connaissance du Soi profond. Ici dans ce bouquin on reprend des exercices mis au point par un philosophe et mystique du nom de Douglas Harding (1909-2007). Loin de toutes croyances, ce sont des exercices interactifs qui font appel à l’exploitation des sens. Vous avez en sus un CD MP3 qui présente un atelier d’une durée de trois heures.  

Les trois prochains titres sont aux éditions de l’Homme. Will Bowen vient en aide aux gens qui souffrent au final de toujours ronchonner, d’être négatifs à la moindre occasion. Il a développé sa méthode intitulé 21 jours sans se plaindre. Qui a su trouver son auditoire, car il s’est écoulé pas moins de deux millions de copies de par le monde. Vous trouvez dans le livre un bracelet caoutchouté. Que l’auteur vous invite à porter quand vous voyez que vous commencez à critiquer à tout vent. Et une fois au poignet, de faire la promesse que tant qu’il se trouve chevillé ainsi au corps vous ferez l’effort de ne rien critiquer au moins durant vingt et un jours. Une façon comme une autre de s’autocontrôler.

La première, Sonya Rhodes est titulaire d’un doctorat de l’Université Columbia et experte des relations conjugales. La seconde, Susan Schneider est journaliste qui a souvent abordé les questions de couples dans ses articles. Ensemble elles accouchent de Femme Alpha cherche homme idéal. C’est qu’elles se sont rendues compte que souvent beaucoup connaissent des échecs à répétition dans la recherche de l’être aimé par une méconnaissance de soi. Elles aident les femmes à faire l’inventaire de leurs besoins pour être bien en mesure de chercher chez l’autre de meilleures correspondances comme la chimie sexuelle par exemple. A-t-il besoin de présentation ce Jean-Luc Mongrain rompu à toutes les formes de communication au fil d’une longue carrière. A tout le moins on lui reconnaît une maîtrise incontestée du verbe. Et c’est donc avec générosité qu’il nous partager les règles de base pour Prendre la parole et développer une certaine éloquence. Il élabore dans ces pages les leçons fondamentales qui permettent de bien livrer son message. Il nous parle de volume vocal, de timbre etc. Dans le genre c’est simple et accessible à tous ceux qui ont le désir ou l’obligation de



 

 


 


Transmission orale dans un petit village

Toujours sur leur lancée, les éditions de l’Interligne nous font connaître d’extraordinaires  écrivains de la francophonie ontarienne ou de l’Outaouais. Comme Claudine Ducasse qui honore la littérature avec sa Flavie des vents contraires. Nous sommes dans un tout petit village du bout du monde en quelque sorte où nous retrouvons quatre figures locales. Retenons celles de Ravier et sa fille adoptive Flavie. Le premier se fait fort d’enseigner à la seconde ce qu’il en fut des ancêtres. C’est vraiment la tradition orale. Ce sont des personnages attachants. La romancière sait jouer de toute la palette des émotions.

Flavie des vents contraires. Claudine Ducasse. Les Éditions L’Interligne 229p.     www.interligne.ca



 


 


 Des personnages à la ville comme dans les romans

Joanie Mailhot Poissant est enseignante à la ville. Et qui rêvasse beaucoup lorsqu’elle se retrouve avec elle-même. Elle n’a pas perdu une once de ce qui fait vibrer les adolescentes. Est-ce pour cette raison que Jeune libraire cherche Roman d’Amour restitue à merveille les sentiments qui habitent une femme lorsqu’elle se perd en rêveries. Elle nous invite à pénétrer la psyché amoureuse au féminin. C’est écrit avec beaucoup de fluidité et surtout elle est experte pour décrire comment s’établit et sur quels critères, les rapports entre filles.

Jeune libraire cherche Roman d’Amour. Joanie Mailhot Poissant. Éditions de Mortagne 329p.       www.editionsdemortagne.com



 


 


Considérations sur la Franche-Comté et le Québec

Jean-Louis Grosmaire né en Côte d’Ivoire a passé son enfance entre ce pays et la Franche-Comté. Il a émigré au Québec en 1969 où il vit, précisément en Outaouais. Il est enseignant. Il publie Franche-Comté-Québec Chemins de rencontre. En résumé ce sont toutes sortes de considérations sur ce coin de France qui ne nous a pas donné beaucoup d’immigrants contrairement à la Normandie par exemple où la Bretagne. Mais les francs-comtois qui sont venus chez nous ont fait leur marque. L’auteur passe des francs-comtois en Nouvelle-France aux aspirations du Québec, sans oublier la question identitaire dans cette dernière province dont il voit tous les atouts pour devenir un pays prometteur.

Franche-Comté-Québec. Jean-Louis Grosmaire. Vermillon 180p.  



 


 


Les messages de la nature

Si Chloé Sainte-Marie nous lit, qu’elle prenne note comme tous ceux qui aiment le savoir des cultures amérindiennes, de la parution du Traité des peaux de Catherine Harton. Comment dire ? Chaque chapitre de ce petit bouquin est une petite en soi qui fait référence à la nature et ses enseignements. Vous avez un personnage qui entretient une correspondance avec quelqu’un qui avait envoyé un message dans une bouteille jetée à la mer etc. Ce sont autant de petites nouvelles bien ficelées.

Traité des peaux. Catherine Harton. Éditions marchand de feuilles 171p.    www.marchanddedeuilles.com



 


 


Élevage des chèvres 101

Il y a des éleveurs « du dimanche » pris de romantisme pastoral qui aimerait bien posséder leur petit élevage de chèvres. De boire leur lait et dévorer leur fromage. Mais attention. Lisez d’abord Mon petit élevage de chèvres d’Alain Raveneau chez Rustica. Ne serait-ce que pour connaître les exigences que cela comporte.  Car ce n’est pas aussi simple que ça en a l’air. Allez lire le petit chapitre consacré aux maladies propres aux chèvres.  Vous verrez de quoi ça retourne. Tout comme cette plaquette peut générer des vocations ou des réorientations de carrière. En fin d’ouvrage on donne pleins de renseignements utiles sur des associations françaises concernées par le sujet.

Mon petit élevage de chèvres. Alain Raveneau. Rustica 79p.    www.rustica.fr



 


 


Ce qu’était d’être religieuse au temps de l’église triomphale

Les éditions du Septentrion ont eu la bonne idée de rééditer Femme après le cloître  d’Andrée Richard qui avait été publié la toute première fois en 1995. On découvrit alors cette acadienne née à Bouctouche au verbe coloré, nous racontant sa vie chez les religieuses d’abord puis au Carmel. Grâce à elle, elle nous dévoila ce qu’était la vie quotidienne de ces femmes. Elle-même pétrie d’absolu, elle déchanta au contact des règles souvent inhumaines imposées par les supérieures, tenant du sadisme. Sans détour elle nous parle de sœurs qui furent psychiatrisées, d’un suicide dont elle fut témoin, etc. Revenue à la vie laïque, elle nous décrit très bien le retour dans le vrai monde. C’est à lire absolument pour connaître ce que fut l’obscurantisme. Nous aussi nous vécûmes l’intégrisme à notre façon.

Femmes après le cloître. Andréa Richard. Septentrion 272p.    www.septentrion.qc.ca



 


 


Ne plus souffrir pour être belle

Shannon Buck herboriste et spécialiste en beauté naturelle, a pour crédo qu’il n’est plus nécessaire de souffrir pour être belle comme le veut le dicton. La preuve ? Elle y va de 260 trucs techniques pour une beauté naturelle qui fait appel à tous ces merveilleux petits trésors disponibles dans la nature et qui fort d’un savoir millénaire, nous aide à préserver l’éclat du teint. Vous avez entre autres un palmarès des meilleurs démaquillants. Non vraiment dans le genre c’est un guide top niveau et infiniment moins coûteux à l’usage que toutes les grandes marques de produits de beauté provenant des multinationales milliardaires.

260 trucs techniques pour une beauté naturelle. Shannon Buck. Broquet 144p.      www.broquet.qc.ca



 


 


La folie ou le monde réel ?

La jeune romancière Vanessa Morin-Nadeau entreprend une saga fantastique intitulée Le monde d’Ursuria dont elle nous livre le premier tome La révélation. C’est l’histoire d’une jeune femme qui a eu la douleur de perdre ses parents trop tôt, dont la mère portée disparue et jamais revue. En grandissant, elle sera la proie de vives hallucinations qui la mène au bord de la folie. Et qui la force à s’interroger, est-ce que ce que je vis est réel ou de la démence ? Finalement on verra de quoi il en retourne. Et y aura-t-il l’espoir de retrouver sa mère ? Autant d’éléments qui donnent du poids à ce bouquin très bien construit et qui ne décevra personne.

Le monde d’Ursuria. Tome 1 La révélation. Vanessa Morin-Nadeau. Québec-Livres 263p.      www.quebec-livres.com



 


 


Érotisme saphique

Julie Bray est passée maître dans l’art de varier à l’infini sur papier l’érotisme dans toutes ses déclinaisons. Et elle excelle à ce point que l’on réédite pour la troisième fois Lesbos. Qui est un assemblage de nouvelles qui se contente strictement d’évoquer l’amour entre femmes. Et vous verrez que hors le phallus il y a beaucoup de plaisirs possibles. Et de surcroît qu’en termes choisis ces choses là sont décrites.

Lesbos. Julie Bray. Québec-Livres 143p.     www.quebec-livres.com



 


 


Pour des conseils financiers appropriés

A cette période de l’année où il faut encore sacrifier de ses avoirs au fisc, revient toujours la question de comment préserver et faire fructifier ce qui nous reste. Ça tombe bien car aux éditions Québec-Livres paraît deux titres consacrés à la prospérité du patrimoine financier. Le premier Investir à la bourse et s’enrichir de Bernard Mooney est un rappel qu’on ne joue surtout pas à la bourse et que tout placement requiert une grande analyse préliminaire. C’est à quoi s’emploie le conseiller qui donne des exemples à suivre. Tandis que de son côté Mathieu Guilbault nous présente 80 stratégies en planification financière. Lui il nous exhorte à modifier notre rapport à l’argent. De cesser de le dépenser en pure perte et de voir à cultiver une mentalité anti-dette. Le fameux qui n’a pas de dettes s’enrichit. En plus de voir lui aussi à faire fructifier votre petit pactole.



 


 


Des lieux magiques à New York

Faites confiance aux éditions Taschen pour vous plonger dans un univers magique. C’est le cas avec Taschen’s New York qui est un gros album assez lourd en main dans lequel on a sélectionné des hôtels, des restaurants et des lieux de shopping qui sortent de l’ordinaire et qui font de la Grosse Pomme, la ville si spéciale qui ne dort jamais. Et que dire des magnifiques photos qui plus que tout sont invitantes. Lorsqu’on a fini de leur feuilleter, le premier réflexe est d’appeler la ligne aérienne.

Taschen’s New York. Angelika Taschen. Taschen



 






 


Le coin santé physique et psychique (1)

Donnez-vous des airs de Merlin le magicien en répandant la santé autour de vous par la concoction d’Élixirs médicinaux tels que recommandé par Erika Laïs. On retrouve plus de 50 recettes qui étaient connues de nos aïeux. Des ingrédients curatifs qui vont entrer dans la composition de vins, vinaigres et quelques autres potions dignes de ceux que l’on retrouvait dans les vieux grimoires. C’est aux éditions Rustica. Chez les éditions du Dauphin Blanc cette fois, elles se sont mises à deux, la psychologue de formation Lorraine Nicole Côté et le médium Céline Bousquet avec leur Ouverture vers l’infini du « channeling » d’après les énergies de Sananda et de Michaël. Avec pour mission une prise de conscience du « Je suis ».  Un autre duo féminin Corinne Cosseron et Linda Leclerc nous fait découvrir ce qui est très tendance pour ceux et celles qui veulent libérer leur trop plein de refoulement, à savoir Le Yoga du rire dans leur guide chez Guy Trédaniel éditeur. Il faut savoir qu’il existe de par la planète des clubs de rire où les gens expulsent un tas d’émotions. Cela étant dit, les auteures décrivent en quoi le rire est tonifiant pour le métabolisme.

Aux éditions du Souffle d’Or, Maud Ernoult nous gratifie de son Manuel complet de médecine chinoise et de shiatsu. Cette thérapeute a une double sensibilité à la fois occidentale et orientale. Elle va puiser ce qu’il y a de meilleur dans les deux cultures. Elle se consacre aux thérapies corporelles et a fait sienne la réflexologie plantaire qui s’intègre au shiatsu dans le cadre d’un traitement holistique. C’est un ouvrage de très grande rigueur qui exploite au mieux les méridiens de notre corps. Les deux titres suivants sont chez Alpen et deux dictionnaires de surcroît Le dictionnaire des huiles essentielles des Dr. Daniel Scimeca et Max Tétau avec la collaboration de la pharmacienne Danielle Roux, qui répertorie 80 huiles essentielles, 30 pathologies, les soins quotidiens et toutes les utilisations. Et pour vous dire à quel point ce traité est complet, vous avez même une mixture proposée contre les poux! Également le Dictionnaire des plantes médicinales qui force l’admiration et qui à peine sorti des presses est devenu un ouvrage de référence. Vous avez les monographies complètes de 130 plantes, leurs compositions et leurs applications. Et pour rédiger cette somme les auteurs, le docteur Max Rombi et l’ingénieur chimiste Dominique Robert ont compulsé 3000 références bibliographiques. Car ce pavé non seulement inscrit-il des plantes déjà connues, mais en plus en intègre de nouvelles saluées pour leurs vertus thérapeutiques.



 


 


Le coin santé physique et psychique (2)

Les trois titres qui suivent sont publiés chez Béliveau. Ian Wallace a hérité du titre de psychologue des rêves. A force d’analyses et de recoupements il a pu identifier d’une part les rêves les plus récurrents et à quoi font-ils référence ? Cela donne Les 100 rêves les plus populaires. Et on sera étonné des associations spontanées qu’on croyait être. Ce peut-être une toute autre signification. On le sait, la balance est un instrument de torture pour ceux et celles qui vont se confronter à leur état de pondération. Joanne simon en sait quelque chose, elle qui a passé plus de vingt ans comme consultante en nutrition. Votre balance vous parle c’est un retour sur les liens directs entre les émotions et ce que nous ingurgitons. Que ce soit au travail ou dans sa vie personnelle il n’y a rien de plus toxique que de se retrouver sous la dépendance d’un être nuisible. Annabelle Boyer est une spécialiste en développement d’organisation. Elle s’est fendus d’un petit traité sur la manipulation qui a pour titre Relations sous emprise. Elle livre généreusement le fruit de ses études dans le domaine avec des tuyaux pour se sortir de situations en apparence inextricables.

Les quatre titres suivants sont lancés aux éditions Québec-Livres. Qui peut croire que le mystère érotique féminin est à ce point que le livre Faire l’amour à une femme de James L. Santini s’est vendu à plus de cent mille exemplaires. Imaginez qu’il et question ici de caresses secrètes et de l’art de la sensualité. Car tout se joue au niveau des préliminaires. Les experts en arts martiaux sont réputés pour atteindre une maîtrise de soi incomparable. Serge Laflamme est de ceux-là. Certifié Soke, fondateur d’une voie, est un honneur assez rare du côté occidental. C’est un humaniste qui aspire à ce que les gens atteignent L’éveil au bonheur son livre de sagesse. Pour lui l’esprit et la matière sont les deux facettes d’une même réalité. Peut-être en raison de découvertes de nouvelles thérapies alternatives avait-on négligé les bienfaits de la musicothérapie. Emmanuel Comte dans Le son des vibrations nous montre comment les sons et la musique agissent sur notre système nerveux, voire notre métabolisme.  On a dit beaucoup de choses à ce propos. Le spécialiste fait le point sur les dernières avancées en la matière. La musique adoucit les mœurs nous dit l’adage. Ça n’a jamais été aussi vrai. Et pour conclure Les guides au quotidien de Reine-Claire et Gaal. Ces deux là sont les fondateurs de l’École de vie consciente. Leur but, nous reconnecter à notre lien intime avec les Guides de lumière, source de sagesse accessible pour qui veut bien les accueillir.  



 


 


Une fille étonnante à Ottawa au siècle dernier

Marjorie Chalifoux qui donne son titre au roman de Véronique-Marie Kaye est une fille à connaître, pour le fait qu’elle est avant-gardiste pour l’époque. La romancière nous transporte au siècle dernier à Ottawa, la capitale canadienne. Elle a dix-neuf et est couturière. Son père au caractère trempé dialogue avec les morts. Et oh malheur pour les mœurs du temps, notre sympathique bonne femme donnera naissance des œuvres de son amoureux qui va périr dans un accident. Pour moins que ça elle aurait pu céder au désespoir. Que non. Au contraire, cette fille volontaire va affronter l’adversité avec une ténacité qui force l’admiration.

Marjorie Chalifoux. Véronique-Marie Kaye. Prise de parole 196p.    www.prisedeparole.ca



 


 


Claude Castonguay analyse le Québec d’aujourd’hui

Le père de l’assurance-maladie du Québec, Claude Castonguay est une figure tenue en haute respectabilité. Et un peu à la manière d’un Jacques Parizeau, ses sorties publiques retiennent énormément l’attention. Cette fois il n’a pas choisi de parler mais d’écrire. Un essai donc La fin des vaches sacrées où il ne prend pas de gants blancs pour nous dire qu’il faut que les choses bougent. Ses réflexions sur l’avenir du Québec sont marquées au coin de la grande lucidité. Il fait des retours en arrière pour rappeler où nous étions, ce que nous avons été ensuite et vers où on se dirige au train où vont les choses. Quand à notre destin, il ne voit aucune ambivalence, où bien nous demeurons dans la Confédération canadienne ou bien c’est l’indépendance. A lire sans faute.

La fin des vaches sacrées. Claude Castonguay. Les éditions La Presse 206p.    www.editionslapresse.ca



 


 


Exotisme en Argentine

Y’a pas à dire, Jean Perron est un touche-à-tout à qui tout réussi, compositeur, instrumentiste, cinéaste et romancier. Et il est doté d’une solide culture si on en juge Tango tatouage un roman se déroulant entre autre dans la pampa argentine alors que l’on retrouve un homme qui était tombée amoureux de Ninon Destouches, auteure-compositrice-interprète rencontrée au Cap-Vert. Cette dernière est une femme, tout sauf banale, sur qui courre une légende urbaine, à savoir qu’elle est une descendante de nazis. Mais il y a plus. Attendez de voir la galerie de personnages qui va dérouler sous vos yeux. Amateurs d’exotisme et d’aventures, vous serez amplement servi. En tout cas, excusez-nous le jeu de mots facile, mais l’ouvrage est dans la note.

Tango tatouage. Jean Perron. Éditions David 145p.    www.editionsdavid.com



 


 


Une hémiplégique sportive et victorieuse

Habituellement, le fonds de commerce de Danielle Steel est constitué de gens beaux et riches ou vivants de grandes romances. Cette fois, la collectionneuse de best-sellers sort de sa zone de confort avec Victoires où elle a choisi de raconter Lily une championne de ski de niveau junior âgée de 17 ans qui se prépare pour des compétitions aux Jeux olympiques d’hiver. Elle qui est promise à de grands succès verra son avenir basculé. En effet assise à son télésiège, le câble retenant celui-ci à la structure va céder, entraînant la skieuse dans sa chute. Conséquence ? Hémiplégie. Elle ne pourra plus marcher. Infirme et dépendante des autres ? C’est mal connaître celle qui ne veut pas assumer le rôle de victime. Elle va donc reprendre un entraînement particulier et arracher des victoires, dans son sport et dans sa vie.

Victoires. Danielle Steel. Presses de la Cité 332p.    www.pressesdelacite.com



 


 


Pour comprendre la logique Warren Buffett

Pierre-Luc Poulin qui a obtenu une formation en administration des affaires est devenu par la suite un pro dans le domaine des valeurs mobilières. C’est un admirateur achevé de Warren Buffett. Il lui consacre un livre qui retrace d’abord son parcours de spéculateur au flair légendaire. Ensuite il décrypte la méthode du multimilliardaire. En gros sa démarche est de démontrer par l’exemple que la prospérité est à notre portée si on suit un tant soit peu la façon de procéder de Buffett.

Buffet & cie. Pierre-Luc Poulin. Collection Autrement dit 226p.    www.dauphinblanc.com



 


 


Réédition des souvenirs de Michelle Tisseyre

Elle a été la grande dame des débuts de la télévision de Radio-Canada, animatrice de la célèbre émission de variétés « Music-Hall ». Elle nous a fait ses adieux il y a quelques mois, retournant à son Créateur. A 96 ans elle avait pris le temps de réviser les souvenirs qu’elle avait publié en 1998. Sans utiliser de filtre, elle nous raconte ce que fu réellement sa carrière et sa vie de femme et de mère. Et ce ne sont pas les drames qui ont manqué dans cette vie. Mais toujours elle a gardé son rang. C’est superbement écrit avec mille anecdotes. Michelle Tisseyre c’est le titre tout simplement, se révèle telle qu’en elle-même, la classe incarnée. Jamais elle ne pratique la langue de bois et c’est sans faux orgueil qu’elle révèle comment Radio-Canada l’a congédiée du service des affaires publiques parce qu’elle ne cadrait plus. On comprend mieux pour quoi ça va si mal à la Société d’État avec cette culture du mépris.

Michelle Tisseyre. Éditions Pierre Tisseyre 273p.    www.tisseyre.ca


 


 


Un canadien-français décrit la Grande Guerre

Les hommes de chez nous étant peu habitués à s’exprimer, on appréciera qu’un de nos militaires de la guerre de 14-18, Paul Caron du personnel du quotidien Le Devoir ait pu rédiger pour ce dernier et aussi dans les pages du Peuple de Montmagny ses appréciations du conflit. De 1914 à 1917 il aura été au cœur de l’action et en rapporte des impressions diverses. Et en plus ce qui ne nuit en rien, le gars a une plume alerte et a à sa disposition un riche vocabulaire que lui permet de mettre le bon mot au bon endroit. Nous devons la diffusion de ces écrits à Béatrice Richard directrice au département des Humanités et des sciences sociales du Collège militaire royal de Saint-Jean qui les éditent et les commentent.

La Grande Guerre de Paul Caron. Chroniques d’un légionnaire canadien-français 1914-1917. Éditées et commentées par Béatrice Richard. Presses de l’Université Laval 268p.     www.pulaval.com



 


 


En hommage à Simenon

Georges Simenon le père de Maigret est mort il y a vingt-cinq ans. Différentes commémorations souligneront cet anniversaire. Parmi les tributs, celui du québécois Pierre Caron qui a eu le rare privilège de pouvoir le côtoyer à plusieurs reprises. Il nous raconte ces rencontres merveilleuses et nous donne « son » Simenon à lui. On voit aussi comment notre compatriote a été amené à aimer la littérature et particulièrement celle de son sujet.

Ma singulière amitié avec Simenon. Pierre Caron. Recto Verso  275p.   



 


 


Le quotidien à Kinshasa

Si vous voulez avoir une idée de la vie africaine, son rythme, ses couleurs, allez lire Samantha à Kinshasa. A travers les yeux d’une journaliste, la romancière Marie Louise Mumbu nous décrit le quotidien des gens. Des pages hallucinantes sur le droit de cuissage que se donne les enseignants sur les étudiantes. Coucher devient pour beaucoup le passeport de la réussite scolaire. Hallucinant. En même temps, cette manière qu’ont les gens là bas de tout relativiser les problèmes. On vit vraiment au jour le jour. Et on soulignera le grand humour, voire le côté sarcastique de l’auteure.

Samantha à Kinshasa. Marie Louise Mumbu. Recto Verso 242p.



 


 


Une jolie fantasy

Les auteurs de fantasy au Québec sont encore trop peu nombreux. Alors autant souligner la sortie de La chute des mondes avec un épisode intitulé « La malédiction de l’ogre ». Et ici, l’ogre correspond bien à l’image qu’on se fait généralement. Sauf que celui-ci a la particularité d’être un fornicateur de première. Et on ne compte plus les fruits de ses accouplements forcés. Nous sommes ici dans l’univers qui comporte trois mondes. Pour contrer les sombres dessins de l’ogre, on envoie au front le mage Arundel. Pauvre lui car les embûches ne manquent pas. De plus il trouve le moyen de battre la chamade pour la fille d’un roi, la jolie Mayoric. Parviendra t’il à réussir sa mission ? On ne vous en dit pas plus pour ne pas gâcher votre plaisir.  Il est à noter que le romancier maîtrise parfaitement les lois de ce genre littéraire qui fait fureur auprès de la jeunesse avec ces ambiances fantastiques.

La chute des mondes. La malédiction de l’ogre. Marc Sévigny. Recto Verso 277p.  



 


 


L’ABC de la sécurité événementielle

Au moment où la sécurité publique est dans l’actualité quotidienne, par extension la sécurité des événements grands publics demande des notions théoriques pour faire en sorte que les spectateurs se sentent rassurés. C’est pourquoi Frédéric Diaz qui est sociologue de formation et chercheur associé au Centre international de criminologie comparée de l’Université de Montréal et aux Groupe de recherche sur les espaces festifs de l’Uqam s’y connaît en matière de sécurisation. Gérer la sécurité des événements passe en revue les fêtes de quartier jusqu’aux grands rassemblements.  

Gérer la sécurité des événements. Frédéric Diaz. Les éditions Québec-Livres 293p.      www.quebec-livres.com



 


 


Des forces étranges qui obligent à écrire

Voici un thriller d’un genre assez singulier. Celui d’un écrivain en errance qui a beau changer d’hôtels pour échapper à ses poursuivants, est hanté à chaque fois par des esprits malsains qui le force à écrire contre son gré. Comme sujet novateur s’en est un. Mais quels sont les motivations de ces êtres malveillants. Et qu’arrivera t-il à cet écrivain en proie à ces démons bien particuliers ? C’est tout le plaisir de lire L’ombre blanche un thriller psychologique de Paul Durand Desgranges. Le problème c’est que c’est trop court.

L’ombre blanche. Paul Durand Desgranges. Québec-Livres 107p.    www.quebec-livres.com



 


 


Une allégorie poétique sur la maladie d’Alzheimer

Le poète rompu à l’exercice de son art peut puiser son inspiration de partout. Et c’est ainsi qu’André Marquis signe un recueil La surface agitée des eaux qui est très senti. Extrait « il dort ou fait semblant de dormir à moins qu’il ne scrute l’intérieur de ses paupières pour mieux taillader ses souvenirs ». Imaginez, ce sont que les premières strophes et le climat est défini. Merveilleux.

La surface agitée des eaux. André Marquis. Triptyque 95p.   www.triptyque.qc.ca



 


 


Un écrasement d’avion révélateur de soi

C’est un adolescent son chien et son papa qui se trouvent à bord d’un petit avion. Ce jour là tout devait s’annoncer prometteur. Sauf que l’avion va s’écraser causant la mort du papa. On se trouve en pleine forêt. William a 16 ans. Seul avec son compagnon poilu il va tenter de survivre dans ce milieu hostile. Déjà qu’il doit composer avec un père aimé qui n’est plus. Mais Un cœur en forêt de Louise Poulin c’est un roman sur le thème de l’abnégation et du triomphe de la volonté.

Un cœur en forêt. Louise Poulin. Éditions La Semaine 164p.  



 


 


Godard, sa compagne, Mai 68

Un an après d’Anne Wiazemsky est qualifié de roman. Pourtant c’est bien d’un récit qu’il s’agit. Celui du couple formé alors par la jeune comédienne signataire du livre et Jean-Luc Godard et plongé dans le tumulte de Mai 68.  Ça tient presque du reportage sur une vision des événements qui ont agité la France ce fameux mois en même temps qu’une étude de mœurs conjugale, car le couple amorce la descente qui va mener plus tard à la rupture. Car vivre avec le cinéaste, caractère ombrageux au possible, est tout un défi. C’est remarquablement descriptif d’une époque exaltante quand même.

Un an après. Anne Wiazemsky. Gallimard 202p.   



 


 


Supercherie mise à jour

Encouragé par son psychanalyste et ami Amnon Zichroni, le célèbre violoniste Minsky publie un livre très remarqué sur son enfance dans un camp nazi. Mais lorsque Jan Wechsler, par son minutieux travail de journaliste, démontre que ce récit n'est qu'une fiction, la vie de Minsky et celle de Zichroni commencent à basculer. Une valise est livrée au domicile de Jan Wechsler. Une valise qu'il aurait perdue lors d'un voyage en Israël mais dont il n'a aucun souvenir. A-t-il réellement séjourné dans le pays? Et si oui, pourquoi son hôte d'alors, Amnon Zichroni, a-t-il disparu depuis? Constitué de deux récits qui se rencontrent et qui peuvent se lire de manière aléatoire.

Canevas Jan Wechsler. Benjamin Stein. Gallimard



 


 


Alain Morisod disserte sur le milieu artistique

Alain Morisod et sa formation de Sweet People a la faveur du public québécois depuis des années. Si on connaît l’artiste on sait moins qu’il adore les mots. Il est un collectionneur d’aphorismes. Sans compter ses propres réflexions. Qu’il nous gratifie dans Gravé dans mon cœur. Il est connu comme gentil mais attention il est capable de l’être infiniment moins en cas de trahison. Et ce qui est formidable dans son bouquin c’est qu’il n’a aucun filtre. Il qualifie les gens en fonction de leur mérite. Ça se lit avec infiniment d’intérêt au point même de pouvoir captiver ceux qui n’aimerait pas nécessairement sa production artistique.

Gravé dans mon cœur. Alain Morisod. Éditions Québec-Livres 207p.   www.quebec-livres.com



 


 


L’ABC de la décoration de base

Alison Jenkins peut-être grandement remerciée pour tous les judicieux conseils qu’elle prodigue en matière de peinture et de décoration dans 300 trucs et conseils pour peindre et décorer. Il est question de peinture, de papier peint tout comme de céramique. Et avant de commencer il faut préparer les surfaces. Une étape fondamentale qui va déterminer le succès ou non du reste. Le livre est abondamment illustré qui permet d’y aller en progressant.

300 trucs et conseils pour peindre et décorer. Alison Jenkins. Broquet 174p.   www.broquet.qc.ca



 


 


Pour illuminer vos déjeuners

Ça fait toujours un immense plaisir de voir la routine des fameux deux œufs saucisses et pommes de terres du matin remplacée par de nouveaux menus attrayants qui viennent rompre la monotonie des petits déjeuners. Crêpes, gaufres et beignets apportent des suggestions merveilleuses avec plus de 100 recettes qui se divisent en deux parties, les crêpes, beignets et gaufres salées et leur équivalent sucrées. Juste de voir les photos mettent en appétit. La majorité des recettes sont faciles de préparation.

Crêpes, gaufres et beignets. Éditions marie claire 183p.    www.broquet.qc.ca



 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

Le 11 août 2014 s’éteignait l’abbé Raymond Gravel. Il avait 61 ans. Sa fiche spirituelle est si belle qu’il faudra penser un jour à le béatifier. Son parcours avant d’en arriver a été vraiment atypique. Issu d’une famille à problème, il aura connu la prostitution masculine, la vie politique et religieuse. L’abbé Gravel a toujours suivi les chemins de son cœur. Carl Marchand nous présente sa biographie. Le dernier chapitre est consacré à l’ami musulman du prêtre, Gizem, avec qui il a entretenu une amitié particulière si on peut s’aventurer sur ce terrain. Le mystère plane encore. On peut dire au final que c’est un bel hommage qui est rendu de la sorte à cet humaniste. Aux éditions du Cram. Chez Liber, c’est une importante sur la relation au corps exprimé par Philippe St-Germain dans L’imaginaire du greffe. L’auteur est professeur de philosophie au collège d’Ahuntsic. Se référant à la littérature il puise des sources de références sur ce fantasme de la création du nouvel homme. Par extension on peut penser à la chirurgie plastique qui taraude tant de gens obsédés par le jeunisme. C’est aussi exprimé toute la question identitaire de l’individu. Qui sommes nous et que voulons nous être ? Un champ formidable de questionnement qui n’avait pas été suffisamment exploré jusqu’à présent. Aux éditions Liber. 

Imane Lahlou porte la double casquette de naturopathe et de docteure en technologie alimentaire. Pour elle La voie de l’équilibre titre de son essai aux éditions du Dauphin Blanc est indissociable du rapport avec ce que nous avalons. Que le bien-être est affaire de conscience. Bref, elle établit les concordances qui font que l’être humain puisse accéder à l’harmonie. Et chez Edito, Rick Hanson qui nous a donné antérieurement « Cerveau de bouddha » et « Pouvoir des petits riens » nous arrive avec Le cerveau du bonheur. Ce neuropsychologue réputé pose la question à voix haute à savoir pourquoi est-il si difficile d’être heureux ici bas ? Pourquoi trouvons-nous la vie si difficile et pour quelles raisons ruminons-nous à l’infini un problème donné au lieu de passer à autre chose ?  Il nous apprend que le cerveau est hélas programmé sur le négatif. Et que tout transfert vers le positif est notre boulot. Il nous livre ici les voies à survivre pour faire basculer le négatif en positif.



 


 


Le coin santé physique et psychique (2)

Deux parutions chez Macro poche. D’abord de Suzanne Berk « Encens ». Tout ce qu’il faut savoir à leur propos, les usages, les effets et les rituels. Entre autres on peut procéder à un nettoyage énergétique de notre maison par la fumigation tout comme de vouloir bénéficier d’une protection particulière. Un peu dans la même vine c’est d’ Aromathérapie dont il question avec Kurt Ludwig Nübling. Il dresse une liste de quelques unes. En rappelant les pouvoirs qui leurs étaient attribuées dès l’Antiquité.
En général on dit que tout se joue avant six ans dans la formation de l’être humain. Le psychologue Jean-François Vézina qui n’est pas à une provocation près, déclare pour sa part que Tout se joue avant 100 ans aux éditions de l’Homme. Qu’en résumé il faut entretenir l’étincelle perpétuelle de l’enfant en nous. On se prend trop au sérieux. Et c’est souvent la cause de bien des problèmes. Il nous dit que nous avons finalement mal été programmés avec une vision assez fausse de l’existence. Chez Québec-Livres le psychologue américain John B. Arden a conçu son programme bien à lui pour rester mentalement en forme, être productif et heureux durant sa vie entière. Ça donne Les 5 clés du cerveau. Car cet ordinateur d’une complexité sans pareille mérite un entretien constant.  




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