- LIVRES FÉVRIER 2016 -
 
 


 


Le bourbier haïtien

Justin Podur n’y va pas par quatre chemins. Ce professeur associé en études environnementales à l’Université York de Toronto dit clairement que sous des dehors de bons sentiments humanitaires, la communauté internationale a instauré à sa façon une nouvelle dictature. Et que le coup d’État de 2004 qui a vu la destitution du président Aristide a en même temps muselé le soulèvement populaire. En conséquence, l’essayiste nous dit dans La nouvelle dictature d’Haïti que ce pays est toujours confronté à son problème de souveraineté. Solidement documenté, il montre noir sur blanc comment les pays « sauveurs » d’après le tremblement de terre, ont la mainmise sur Haïti chérie.

La nouvelle dictature d’Haïti. Justin Poduc. Écosociété 244p.  


 


 


Le père de l’écologie sociale s’exprime

Les éditions Écosociété doivent leur nom en tribut à l’américain Murray Bookchin fondateur de l’Institut d’écologie sociale du Vermont. Ce même éditeur a publié d’ailleurs à ses touts débuts son ouvrage phare  « Une société à refaire ». Et le lien n’a jamais été rompu car voici dans la collection « Retrouvailles » un recueil de neuf textes pionniers (1965-1970) de Bookchin qui trace la voie de ce que peut être une alternative aux sociétés industrielles et de consommation de masse. Quand on feuillette ce traité éclairant qui est comme il le mentionne « l’anarchisme dans une société d’abondance » on s’aperçoit notre limitation matérielle au plan du bonheur et que les besoins réels eux, ne sont jamais comblés. Et comme un visionnaire il vante les mérites de l’énergie solaire. Un précurseur à découvrir ou sinon redécouvrir.

Au-delà de la rareté. Murray Bookchin. Écosociété 279p.   


 


 


La question palestinienne vue par trois pointures

Des livres géopolitiques sur le conflit israélo-palestinien il s’en est écrit des tonnes. Mais on dirait que malgré la pléthore d’ouvrages sur ce thème, on dirait que bien des gens n’arrivent pas à comprendre pourquoi le problème s’éternise tant. Et on met ça sur le dos de la complexité. Alors que se passe t’il si vous mettez ensemble trois pointures qui s’y connaissent sur le sujet et faites-les discuter ensemble. En plus ils se sont donné pour mission de vulgariser les données. Ces trois là ont pour nom le célébrissime linguiste Noam Chomsky (entrevu dimanche dernier à Second Regard où il parlait de la vacuité de l’utilisation faite sur internet), Ilan Pappé, professeur d’histoire à l’Université d’Exeter et directeur du Centre européen d’études sur la Palestine et Frank Barat coordonnateur du Tribunal Russell sur la Palestine. Jamais on a fait une démonstration aussi aisée à saisir sur la Palestine et ses enjeux. Ce seul livre suffit, ce qui en soi est un complément.

Palestine. Noam Chomsky, Ilan Pappé avec la participation de Frank Barat. Écosociété 180p.  


 


 


Le radicalisme islamique à travers un témoignage choc

Elle s’appelle Sophie Kasiki. Elle est éducatrice dans la banlieue parisienne. Elle a fait la connaissance de trois jeunes hommes qui, sans signes annonciateurs, vont se radicaliser. Et non content de cela, partir faire leur djihad en Syrie. La femme essaiera tant bien que mal de les retenir, mais rien n’y fit. Et ces gars, pétris dans leurs idéaux, vont réussir à inverser le courant et faire en sorte de gagner leur interlocutrice à leur caus, du moins à la curiosité. Et c’est ainsi qu’elle ira les retrouver à Rakka. Mais ce qu’elle découvrira va la pétrifier. Les trois mecs sont fanatisés à l’extrême et n’entendent pas à rire. Voyant et subissant la condition des femmes, qui dépasse l’imagination, elle va fuir grâce au soutien inlassable de son mari resté en France. Dans la nuit de Daech donne l’heure juste sur cet extrémisme islamique qui donne froid dans le dos.

Dans la nuit de Daech. Sophie Kasiki. Robert Laffont 236p.   www.laffont.fr


 


 


Tout connaître sur la laïcité

Martine Cerf et Marc Horwitz sont bien connus pour nous avoir donné un Dictionnaire de la laïcité qui fait autorité. Vu que ce sujet est toujours récurrent dans l’actualité et la vie sociale, ils ont eu l’idée géniale de colliger dans un opuscule l’essentiel des textes fondateurs sur la laïcité et la liberté d’expression. Ça donne Ma liberté c’est la laïcité. Et bien que d’abord facile avec des dessins désopilants de Nono, la démarche est suffisamment sérieuse pour que le préfacier en soit l’illustrissime Robert Badinter. Après lecture vous serez incollable sur les penseurs de la laïcité et vous vous forgerez du coup une idée renforcée sur la chose.

Ma liberté c’est la laïcité. Martine Cerf, Marc Horwitz. Armand Colin 139p.   www.armand-colin.com


 


 


Unis dans le même malheur

Il était une fois à Lisbonne une femme, Hélène, qui n’a pas de nouvelles de son mari depuis un tremblement de terre survenu dans une ville lointaine. Et dans cette même ville se trouve Mathieu  qui est douloureusement confronté à une rupture. Le hasard va faire que ces deux là vont se croiser et faire cause commune face à leur malheur. Les passants de Lisbonne de Philippe Besson est une classe de maître concernant la beauté dans la simplicité de l’écriture. Le sujet le verbe et son complément sont toujours à la bonne place. Et un peu comme les littérateurs du XIXème siècle, il sait illustrer parfaitement décrire les choses à défaut de les photographier.

Les passants de Lisbonne. Philippe Besson. Julliard 192p.    www.julliard.fr


 


 


Une mère paranoïaque et…attachante

T.I. Prindle a réussi à créer un personnage hors norme. Jugez vous-même. Une mère de famille compulsive et obsessionnelle. Si terrifiante à sa façon qu’on dit qu’à trop de rapprocher d’elle on risque d’être atteint de démence. C’est vous dire. Donc a priori ce serait une personne à fuir à toutes jambes. Eh bien paradoxalement, cette mère de deux gentils bambins, finit par être attachante. Dans Les confessions de Juliet Madyson, moi ma progéniture et leur géniteur, la maman déjantée s’adresse en toute intimité au lecteur, et elle a au moins le mérite de pas recourir à la langue de bois lorsqu’elle a quelque chose dans le nez. Bref, vous adorerez la connaître.

Les confessions de Juliet Madyson, moi, ma progéniture, et leur géniteur. T.I. Prindle.
Les éditions La Semaine 190p.    
www.editions-lasemaine.com


 


 


L’étranger…de Castillo Durante

La littérature nous a donné L’étranger de Camus, mais des décennies plus tard ce thème de l’étranger revient en force avec Étrangers de A à Z de Daniel Castillo Durante. Et on remarquera au passage le pluriel mis au mot. C’est que l’auteur qui nous livre un recueil de nouvelles qu’il baptise comme des micro récits fait le tour de tout ce que symbolise le fait d’être un expatrié. Et il ne fait ici référence qu’à des gens en perte de tout qui se refont une vie ailleurs. Il est questions des nababs qui cherchent refuge dans des paradis fiscaux. Ce sont donc des variations sur ce thème. Exercice de style réussi.

Étrangers de A à Z. Daniel Castillo Durante. Lévesque éditeur 125p.    www.levesqueediteur.com


 


 


Marie perdue dans son siècle

Fannie Loiselle est une jeune femme bourrée de talent qui nous avait donné « Les enfants moroses » il y a quelques années aux éditions Marchand de feuilles. Fidèle à son éditeur elle nous revient avec Saufs. Qui met à l’avant-plan une jeune femme comme on peut en croiser partout. Mais cette jeune mariée n’est plus en phase avec son époque et est atteinte de lucidité chronique. C’est que sa capacité d’émerveillement s’est passablement amoindrie. Et elle s’interroge énormément sur la marche du monde, la vie en banlieue, le consumérisme qui est la nouvelle religion contemporaine. Elle rend très bien le malaise métaphysique qui est le nôtre. Beaucoup de lectrices se reconnaîtront dans ce portrait hyperréaliste. Marie au fond est très près de nous, si ce n’est en nous.

Saufs. Fannie Loiselle. Marchand de feuilles 284p.    www.marchanddefeuilles.com


 


 


Un regard en arrière sur l’école

S’il est un auteur estimé dans sa sphère, c’est bien François Gravel qui a derrière lui une longue carrière dans l’enseignement au niveau collégial. Donc quand il parle du milieu scolaire, surtout avec son style bien à lui, on est preneur. Il débarque avec Toute une vie sur les bancs d’école qui est un regard rétrospectif sur des aspects de la vie à l’école, que ce soit l’architecture des écoles primaires qu’il compare à des boites à chaussures avec ses bibliothèques avec des inventaires de titre des années soixante ou des revendications syndicales quand au nombre d’élèves en classe. Chaque chapitre aborde un sujet en soi différent des autres. On se rend compte dans quel bourbier est confronté le monde de l’éducation.

Toute une vie sur les bancs d’école. François Gravel. Québec Amérique 147p.      www.quebec-amerique.com


 


 


Des animaux veulent fuir l’abattoir

Esope ou La Fontaine ont chacun à leur façon donner une âme aux bêtes que jusqu’à présent on regardait de haut, nous pauvres humains condescendants. Mais l’acteur David Duchovny va plus loin en les rendant carrément rebelles. Oh la vache!, c’est le rassemblement d’une ménagerie qui comprend une vache nommée Elsie Bovary, Shalom un cochon converti…au judaïsme, et Tom le dindon. Qui fomentent un plan pour échapper à l’abattoir. C’est très rigolo vous pensez bien, avec des dialogues percutants. Un peu comme le faisaient les fables des précurseurs, on se demande ici aussi si effectivement les animaux ne seraient pas dotés d’une âme comme semble le supposer une récente étude universitaire britannique.

Oh la vache! David Duchovny. Grasset 202p.    


 


 


La vie à la dure

Qu’il ait le courage celui qui a dit que la vie nous appartenait ? Au diable les optimistes indécrottables après avoir terminé de tourner les pages de Quand le corps cède de Madeleine Allard. Chaque chapitre nous rappelle que nous trimons dur ici bas. Comme cette Chantal à qui ses parents annoncent un déménagement à Halifax. A ses yeux c’est comme le bagne à Cayenne. Ou bien celle qui vomit, signe d’une gestation en branle avec la question qui tue, à savoir s’il ne ferait pas mieux d’avorter. Disons que ce petit recueil est tout sauf écrit à l’encre rose. A sa lecture les désespérés de ce monde se sentiront moins seuls. Nous sommes tous dans une même galère.

Quand le corps cède. Madeleine Allard. Hamac 135p.    www.hamac.qc.ca


 


 


Saveurs sénégalaises et renaissance psychique

Ici nous sommes en face d’un récit, un album de vie. Celui de Frédéric Schiffter qui nous donne On ne meurt pas de chagrin. Sur la bande promotionnelle qui ceint l’ouvrage on voit une photo qui nous montre l’auteur, tout petit bonhomme en compagnie de son papa qui fait penser au regretté acteur Claude Piéplu. Ce qu’il raconte, ce sont d’abord ses années de jeunesse au Sénégal. La vie est orchestrée de façon métronomique par le paternel. Et quand ce dernier ira rejoindre son Créateur, le petit à dix ans d’âge. Et pour lui ce sera comme une renaissance totale. Comme si de croire il passait au savoir. Comme il le dit en quatrième de couverture, il suffisait de croire à ce qu’on nous disait pour atteindre à un certain bonheur. C’est après le décès du paternel que va se forger l’identité de notre écrivain. Il y a beaucoup de sensualité dans ces pages, car l’auteur dévore la vie qu’il s’est donné.

On ne meurt pas de chagrin. Frédéric Schiffter. Flammarion 232p.  


 


 


Autopsie d’un couple

Il aura fallu un commentaire acerbe du mari, Antoine, sur l’habillement de sa femme, Jeanne pour que vole en éclats dix-huit ans de vie maritale. A première vue on se dira que cette union ne reposait finalement pas sur des bases solides. En réalité, cette union était insidieusement trouée de toutes parts. C’est à cette sorte d’analyse que se livre l’épouse éconduite qui veut du coup se refaire. Mais après une telle déconvenue conjugale comment se rebâtir. L’hiver dans la bouche dont on saluera le titre qui à lui seul en dit long, est écrit avec une envolée rare qui émeut. Qu’est-ce qu’elle écrit bien cette Frédérique Clémençon déjà reconnue par ses pairs. Les couples fragilisés ou en rupture ont tout intérêt à sauter sur ce roman qui en même temps à valeur de documentaire.

L’hiver dans la bouche. Frédérique Clémençon. Flammarion 167p.


 


 


Un journaliste rend hommage à son modèle

A l’heure où la reconnaissance des uns pour les autres est réduite comme une peau de chagrin, tant est grand le déficit d’altérité, il est émouvant de constater qu’il y a encore des gens capables de reconnaître ce qu’il doive à tel ou tel autre. C’est le cas de Martin Forgues qui dit devoir sa vocation de journaliste à Gil Courtemanche lui qui était alors soldat réserviste. C’est vrai que Courtemanche était un être à part dans le paysage médiatique, figure emblématique que le journalisme était bel et bien le quatrième pouvoir. L’émule rend donc hommage à son modèle dans un petit livre qui évoque non seulement ce regretté journaliste disparu en 2011 pauvre et seul, mais l’homme qu’il était avec des défauts qu’il ne masque pas et qui contribuait à sa singularité.

Une juste colère. Gil Courtemanche, un journaliste indigné. Martin Forgues. Somme toute 128p.     www.editionssommetoute.com


 


 


Le pape François et son credo de la Miséricorde

Ce qui marque le pontificat du pape François c’est son contant rappel que Dieu est Miséricorde et qu’il n’a de cesse de nous tendre la main. Il s’est beaucoup exprimé là-dessus, tant dans ses audiences publiques que par écrit. Et nous en avons un autre exemple avec Miséricorde son dernier titre sur ce thème. Comme beaucoup d’autres livres du Souverain Pontife, c’est un assemblage de divers textes proclamés dans des cérémonies publiques et souvent rédigés par des collaborateurs. Mais la note finale est toujours de la main même du pape. Il dit entre autres que la Miséricorde est un roc auquel on peut toujours s’accrocher. Un message qui séduira ceux et celles aux prises avec des difficultés en ce bas monde.

Miséricorde. Pape François. Novalis 199p.    www.novalis.ca


 


 


Un innovateur un peu fou qui ne s’arrête jamais

Elon Musk si ce nom ne vous dit rien, est le créateur du système PayPal dont des millions de personnes ont recours pour leur paiement en ligne. Le même qui est le père de la voiture électrique Tesla, la Rolls du genre. Il a ambitions sans limites. Lui aussi à l’instar d’un Steve Jobs veut changer le monde. Ashlee Vance signe sa biographie. Ce titan de la Silicon Valley comme on le surnomme se montre d’une indélicatesse rare, bousculant tout. Pourtant on ne peut pas dire qu’il a eu tout, tout cuit dans le bec. Il faut voir ce qu’il en a coûté d’épuisements nerveux pour accoucher de PayPal qui a connu à ses débuts se sérieuses pannes informatiques qui risquaient de miner sa crédibilité. Le gars a une énergie hors du commun, et malgré son caractère détestable, force l’admiration. A sa manière il est une figure du rêve américain.

Elon Musk, L’homme qui va changer le monde. Ashlee Vance. Édito 366p.   www.editionsedito.com


 


 


Voir l’art autrement

Parfois comme on le fait pour la musique classique, il arrive qu’en art visuel on ait ce recul, se disant que de pouvoir apprécier ses œuvres demandent des connaissances et quoi encore. Tout un arsenal d’objections que l’on se fait et qui empêchent de se développer. Au sujet de la peinture, voici un guide didactique absolument merveilleux, L’art en soi cosigné par Simon Grondin et Dany Quine qui deviennent pour nous des accompagnateurs de choix pour nous aider à comprendre les messages des peintres. Et en même temps, une toile peut nous interpeler. L’art visuel peut ainsi jouer un rôle non négligeable au plan du développement personnel. On d’abord sélectionné un certain nombre d’œuvres. On voit en premier la toile et à l’endos une page sous forme question et réponse. C’est fou ce qu’on découvre des aspects absolument inattendus. Comme initiation on n’a rien fait de mieux.

L’art en soi. Simon Grondin et Dany Quine. Presses de l’Université Laval 100p.     www.pulaval.com


 


 


Une balle de laine…mille merveilles

Signe des temps d’un retour aux travaux d’aiguilles pour tuer le temps et le stress ? Toujours est-il que les ouvrages pleuvent qui nous proposent des créations à faire soi-même et dont on peut tirer fierté. Un dernier titre en date, Une balle de laine. Sa caractéristique, c’est que les 25 modèles que l’on suggère ne nécessitent qu’une seule balle de laine. Donc économie du côté des fournitures. Et c’est fou ce qu’on peut réaliser, allant de la tuque fluo, aux mitaines, en passant par l’écharpe, des utilités pour touts petits et même pour vos animaux domestiques chéris. Votre teckel appréciera ses petites bottines exclusives en laine.

Une balle de laine. Sélection du Reader’s Digest 96p.    www.groupemodus.com

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Maurice Duplessis réhabilité

L’ex maire de l’arrondissement montréalais de Ville-Marie et ex député péquiste de la circonscription Sainte-Marie-Saint-Jacques, Martin Lemay va à rebours de la détestation qui s’attache à feu Maurice Duplessis l’ancien premier ministre du Québec. N’y allant pas par quatre chemins, il le qualifie même de plus grand premier ministre de l’histoire de la province. Et ensuite il explique par le menu en quoi celui qui dirigeait comme un autocrate. Par exemple c’est sous sa gouverne que le Québec est entré dans la modernité. Un peu contrariant quand on le stigmatise de figure de proue de la Grande Noirceur qui était davantage le fait du clergé qui avait la mainmise morale. Il est formidable que cet essayiste se fasse le chante du chef de l’Union Nationale car rares sont ceux qui se portent à sa défense. Et il ne manque pas d’arguments pour étayer sa thèse. Au final, vous ne verrez plus ce politicien de la même manière.

A la défense de Maurice Duplessis. Martin Lemay. Québec Amérique 165p.    www.quebec-amerique.com


 


 


En format poche

Trois titres paraissent en livre de poche. Le premier chez 10/18 de Robert Goolrick « La chute des princes » une incursion chez les décadents traders de Wall Street. Et on verra que ceux qui sont atteints par le complexe d’Icare, ne peuvent que chuter. Le prix à payer pour avoir voulu grimper trop haut. Les deux titres suivant sont chez Pocket. D’aord d’Andrea Camilleri « La danse de la mouette ». Qui met en scène une autre enquête de son personnage fétiche le commissaire Montalbano. Un brigadier disparait dans d’étranges circonstances. Le limier est sur l’affaire. Et en cours d’enquête il croisera une troublante infirmière pour qui il en pincera. Et de Colette McBeth « A la vie, à la mort ».  Ce thriller efficace, commence par l’amitié intense de deux femmes, Clara et Rachel. Relation qui va s’effriter au bout de dix ans. Une d’elles va disparaître et l’autre de se mettre à sa recherche, en découvrant des choses qui étaient bien enfouies en elle et troublantes.


 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

Patricia Decoeurs est l’altruisme même. Responsable d’aumônerie d’hôpital, elle fait de l’accompagnement auprès des plus faibles. Son cœur est en relation directe avec le Très-Haut. Chez l’éditeur Lanore elle nous offre Messages spirituels : à toutes les Pierres Vivantes. C’est un collage de textes de diverses provenances, de même que de ses réflexions. Des écrits qui portent de grandes signatures comme les Actes des Apôtres, Sainte Thérèse de Lisieux etc. On constate la profondeur de son âme. En la lisant nous revoyons défiler le credo catholique de nos enfances, un peu oublié. Si on a décroché massivement de la pratique, il n’en demeure pas moins que le message évangélique garde toute sa saveur.

Les deux titres qui suivent sont édités chez AdA. Récemment un quotidien montréalais présentait des statistiques alarmantes sur les angoisses de québécois. Le stress est omniprésent. Un mal à l’âme criant. Voici une lecture qui peut apporter un grand réconfort. La guérison instantanée de Susan Shumsky est un collage de textes qui doivent êre lus à voix haute. Et un peu selon le principe de la loi de l’attraction, leur déclamation devrait attirer sur le lecteur des bienfaits tangibles.

Le livre suivant aurait pu s’intituler « De Nashville au Bouthan ». Il porte plutôt celui de Petit guide pratique pour le bonheur de Linda Leaming. C’est une américaine qui a été amené à enseigner l’anglais au Bouthan, dans les sommets de l’Himalaya. Tout un choc culturel. Il faut savoir que ce tout petit pays est considéré comme celui où les gens sont les plus heureux au monde. C’est même leur fierté. Le professeur va apprendre beaucoup au contact des habitants. Elle dit d’ailleurs que lorsqu’on fait trois choses là bas durant la semaine c’est qu’on est très occupé! Vous voyez que le tempo n’est pas le même. Et dans ces hauteurs, elle a appris par la force des choses l’importance de contrôler sa respiration.

Les deux titres suivants sont aux éditions Dunod. Peu importe ce que l’on fera au plan professionnel, il faut toujours savoir se vendre. C’est la seule manière de se démarquer dans un monde hautement compétitif. La maîtrise du verbe est alors un sérieux atout. Or beaucoup de gens hésitent à s’exprimer en public. Voici un merveilleux ouvrage qui leur est spécialement dédié, La parole est à vous d’Ysabelle Cordell-Le Millin. Où va-t-elle puiser son enseignement ? Tout simplement dans les techniques auxquelles ont recours les acteurs. L’idée n’est pas de refaire le Cyrano de Bergerac, mais d’être capable de captiver son auditoire, voire son interlocuteur.

Les enseignants québécois aux prises avec des changements perpétuels de programmes scolaires et d’élèves en difficulté, trouveront sans doute un encouragement à la lecture du livre d’Omar Zanna qui a pour titre Apprendre à vivre ensemble en classe. En gros il épouse la thèse selon laquelle le prof doit développer de l’empathie pour les petites têtes qui se trouvent devant lui. Ce sociologue et psychologue sait de quoi il en retourne de se trouver devant une salle de classe où on force trente personnalités différentes à tenir ensemble dans un espace clos. C’est comme un dresseur face à des fauves. Au royaume de l’enfant roi, s’il ne domine pas habilement le groupe il risque d’être anéanti. Ce brillant observateur a développé une méthode qui est un fondu des meilleures théories existantes sur la pédagogie.


 




 


Le coin santé physique et psychique (2)

Le maire de Montréal, Denis Coderre, se fait champion du mieux vivre ensemble dans une métropole multiethnique. Mais à l’ère des affirmations religieuses versus la laïcité, ce vivre ensemble devient un peu plus un défi. C’est pourquoi l’essai Pluralité et vivre ensemble un collectif sous la direction de Francine Saillant est d’une rare pertinence. On fait intervenir ici divers spécialistes de plusieurs disciplines. Et on consacre de larges passages sur les manifestations publiques des croyances religieuses et des accommodements souhaités pour que l’harmo9nie puisse régner. C’est aux Presses de l’Université Laval.

On réédite un classique en format poche pour ceux qui sont confrontés à la douleur de la perte d’un être cher et que rien nous y prépare. Sauf si on se donne la peine de lire cet opuscule réconfortant cosigné par deux sommités du domaine du deuil, le regretté Jean Monbourquette décédé en 2011 et sa biographe et disciple Isabelle D’Aspremont « Excusez-moi, je suis en deuil » qui passe en revue toutes les étapes entourant la mort d’un proche. Et aucun tabou n’est épargné, comme la délivrance de voir l’autre partir. Ça arrive et il ne faut pas développer une culpabilité pour autant.

Et voici que nous avons pensé aux mamans en devenir avec la sortie de quatre livres aux éditions Mango. Vous ne le saviez peut-être pas, mais dans les centres de la petite enfance, les éducatrices ont souvent recours depuis quelques années à un langage des signes qui leur permettent d’entrer en contact avec les poupons et être ainsi à l’écoute de leurs besoins. Deux d’entre elles, Christine Nougarolles et Anaïs Galon rompues à ce code gestuel partagent la technique dans Bébé s’exprime par signes! L’ouvrage comprend 150 vidéos en QR-codes. L’image joint la théorie et facilite l’apprentissage de cette première communication.

Un peu dans le même esprit, deux psychomotriciennes et spécialistes des touts jeunes enfants lancent Accompagner l’éveil psychomoteur de bébé. Elles ont pour nom Pascale Pavy et Cyrielle Rault. Ici tout part de l’observation de l’enfant, interagir de façon à ce que l’enfant se développe par l’incitation jusqu’à la marche. Et comme pour le titre précédent, vous avez en prime des QR-code explicatifs.

Sandrine Dury est psychanalyste et psychothérapeute. Elle se fend d’un pavé didactique 9 mois!, qui n’est pas à proprement parler le descriptif semaine après semaine de ce qui se passe biologiquement avec le fœtus, d’autres titres ont déjà pavé la voie dans ce domaine. Ici ce serait plutôt les préparatifs et le conditionnement de vie en fonction de l’arrivée du bébé. C’est rudement bien fait, écrit en termes simples. Le credo qu’on retrouve tout au long des pages, est que la mère maintienne un niveau de vie sain, loin de ce qui peut-être toxique pour le petit être qu’elle porte en elle.

Et en terminant, voici un beau présent à offrir à la nouvelle maman, ce boitier renfermant un album souvenir, Mes premières fois dans lequel on peut consigner tous les faits et gestes du nouveau-né. L’éditeur a mis un soin jaloux à faire un bel ouvrage au plan graphique. Et on peut imaginer l’émotion du nouveau-né devenu adulte qui ouvre ces pages qui ont consigné ses premiers pas sur terre. On ne vit qu’une fois.


 


 


A la rencontre d’un enfant surgit de nulle part

A la ville Catherine Laborde est présentatrice météo sur TF1. Si elle s’y connaît en zone de turbulences, orages, pluie et tutti quanti, elle en connaît aussi sur les orages intérieurs et les rend bien sur papier. Dans son roman Les chagrins ont la vie dure elle met en scène une femme qui va se retrouver en face d’un petit bonhomme. D’où vient-il celui là ? Nos deux personnes vont s’échanger d’extraordinaires courants tout en se rendant à Bordeaux. La dame va voir remonter des souvenirs lointains. On vérifie ici le dicton qu’on apprend souvent de plus petit que soi. C’est un livre attendrissant qui redonne confiance en l’humanité.

Les chagrins ont la vie dure. Catherine Laborde. Flammarion 232p.  


 


 


Le Marc Levy nouveau

Ce que ce doit être comme bonheur d’écrivain d’être attendu par ses lecteurs ? Et en même temps une terrible responsabilité de ne pas décevoir. On vous rassure cher Marc, vous cartonnez avec votre dernier opus L’horizon à l’envers qui nous fait découvrir trois étudiants en neurosciences. En épilogue, le romancier reconnaît qu’il ne connaissait rien à ce domaine scientifique. Donc pour ne pas faire de gaffe, il s’est inspiré en partie de faits réels et des gens de bons conseils. Ils sont donc trois, Hope, Josh et Luke. La première sera atteinte d’un mal qui doit la conduire irrémédiablement à la mort. Maintenant on ne vous en dit pas davantage, de peur de frustrer votre plaisir de la finale. Mais sachez que ce roman a une grande valeur métaphysique en ce qu’il touche les grands champs de l’interrogation humaine, sur la vie, l’amour et la mort. On sort de cette lecture grandie.

L’horizon à l’envers. Marc Levy. Robert Laffont 399p.    www.laffont.ca


 


 


Les ressortissants acadiens au Québec entre 1757 et 1837

Réal Houde passionné qu’il est de généalogie est incollable dès qu’il est question des acadiens. Et il s’est rendu compte que l’Histoire avait passé sous silence la contribution acadienne aux débats de société du Québec entre 1757 et 1837. Il y eu les acadiens tristement déportés, mais d’autres qui ont gagné notre Belle Province, choisissant de se fondre dans le paysage. Ils n’en ont pas moins été actifs. Et c’est ce narre l’historien qui est de surcroît un excellent conteur. Ah si nos cours d’histoire pouvaient avoir de tels profs. A défaut de les avoir, on peut en lire un qui débarque avec la réhabilitation de ces acadiens en terre québécoise.

Des patriotes oubliés. Réseaux familiaux et anciens Acadiens entre 1757 et 1837 au Québec. Réal Houde. Marcel Broquet éditeur 177p.    www.marcelbroquet.com


 


 


La boucherie de la Première guerre mondiale

On l’a dit et redit, de toutes les guerres de l’Histoire de l’humanité, celle de la Première guerre mondiale a été une tache de la marche du monde, baptisée à juste titre de véritable boucherie. On n’a qu’à penser à la merveilleuse série Apocalypse de Daniel Costelle qui lui a été consacrée et qui révéla au monde par l’image colorisée des moments de guerre qui n’auraient jamais dû se produire. D’autant que pour faire œuvre de destruction massive on créa des engins de morts perfectionnés comme les gaz moutarde et les attaques aériennes, sans compter la naissance du char d’assaut. Pour achever de se convaincre de l’horreur de cette guerre, voici un ouvrage choc, Une magnificence d’horreur de Paul Chirstophe. Professeur émérite à l’Université catholique de Lille, il a colligé des textes de divers horizons, poilus (comme on nommait les fantassins français) membres du clergé, hauts gradés de l’armée. Bref, autant de témoins qui livrent dans des textes pour beaucoup inédits, des descriptifs de ce qu’ils virent, souvent en première ligne. Ce bouquin qui apporte une pierre précieuse à la connaissance historique, est du coup un très beau plaidoyer pour la paix.

Une magnificence d’horreur. Paul Christophe. Cerf 436p.    www.editionsducerf.fr


 


 


Les enseignements du massacre à Charlie Hebdo

Tout comme on n’oubliera jamais le 11 septembre 2001, janvier 1995 entrera comme un mois et une année significative dans l’Histoire de France et par extension dans celle de l’humanité. L’attentat à Charlie Hebdo a suscité moult analyses et commentaires. Recul aidant, on prend un mieux le temps de décrypter quels messages cela envoie. C’est le cas de Pascal Ory qui tire treize leçons d’histoire sur cet événement bouleversant. Il passe en revue les nombreux lieux communs qui ont été lancés dans la foulée. C’est un brillant exercice de style qui a le mérite d’être de la plus grande objectivité possible. Et à sa lecture on comprend sa nécessité sans quoi comme dit l’adage, qui ignore l’Histoire est condamné à la revivre.

Ce que dit Charlie. Pascal Ory. Gallimard 236 p. 


 


 


Ode à Natacha

Il était une fois un homme épris d’une femme prénommée Natacha. Elle doit être très spéciale, d’une extraction rare, car il met plus de deux cent pages à célébrer ses atouts. Cœur-volant de Philippe Bordas narre les tribulations du narrateur qui a reçu une solide flèche décochée par Cupidon. Ce qui fait la spécificité de ce roman ce sont les grandes envolées lyriques. Rarement a-t-on employé un tel vocabulaire pour décrire la femme de ses rêves. En même temps c’est une célébration de l’âme du Paris d’aujourd’hui. La Ville Lumière est ici actrice de premier plan. Qui donne le goût de s’y rendre avec l’espoir que nous hommes, y trouvions nous aussi notre Natacha.

Cœur-volant. Philippe Bordas. Gallimard 229p.    


 


 


La bête a-t-elle une âme ?

Récemment une université anglaise, à la suite de recherches étendues, a répondu par l’affirmative. Et notre code civil québécois a redonné ses lettres de noblesse à l’animal domestique en le retirant de la désignation de bien meuble. Mais qu’en est-il de la Sainte église catholique apostolique et romaine ? Quel a été sa position au fil de l’Histoire dans sa classification du règne animal ? L’historien Éric Baratay qui s’est fait une spécialité de l’histoire des animaux, se fend d’un travail d’érudition à ce propos L’église et l’animal aux éditions du Cerf. Qui sépare des moments où l’Église ira dans une direction puis l’autre. Et comment la bête apparaîtra à diverses figures de l’Église. Chapeau bas pour ce travail laborieux mais qui porte au final de beaux fruits et qui nous interpelle sur notre propre relation à la bête de compagnie qu’on a tendance à trop humaniser. Et du même auteur chez le même éditeur, Des bêtes et des dieux. C’est exactement dans le même esprit que le précédent ouvrage, sauf étendu à d’autres confessions religieuses ou mouvements spirituels à travers les âges, notamment l’animisme.

www.editionsducerf.fr


 


 


Comment le Burkina Faso a basculé dans la religion musulmane

Pays d’Afrique de l’Ouest et considéré comme la « Fille aimée de l’Église » le Burkina Faso compte désormais une population de plus de 60% de musulmans. Un revirement majeur. Mais comment en est-on arrivé là et quelle est la dynamique religieuse et sociale de l’islam dans la vie quotidienne de ce pays ? Pour le savoir lisons cet essai de Frédérick Madore qui a souventes fois séjourné là bas. Doctorant en histoire, il détaille sur l’influence musulmane face à l’État et les moyens que prend cette religion pour faire entendre sa voix.

La construction d’une sphère publique musulmane en Afrique de l’Ouest. Frédérick Madore 208p.      www.pulaval.com


 


 


Le nouvel esprit de Paris

Paul de Vallonges doit certainement représenter le nouvel esprit de Paris avec son Abécédaire du Tout-Paris un exercice de style risqué quand on risque de croiser dans une réception ceux qu’on écorche. Il peut-être caustique pas bêtement méchant. Ainsi dit-il de Catherine Deneuve qu’elle joue avec le plus redoutable partenaire…le temps. Ou de l’Olympia qu’il qualifie de salle de spectacle où il n’y a plus rien à voir. On sourit à beaucoup de ses petits portraits. C’est tonifiant de parcourir ces pages qui montre que la France possède un capital inouï, un florilège de grandes personnalités.

Abécédaire du Tout-Paris. Paul de Vallonges. Séguier 148p.   www.editions-seguier.fr   


 


 


Portraits d’artistes au Parvis de Tarbes

Marc Bélit est indissociablement associé à la scène du Parvis de la ville Tarbes qu’il dirige depuis des décennies. Et il en a vu des illustres fouler les planches de son établissement. Avec tant de souvenirs beaux et rarement moins beaux, qu’il a généreusement voulu partager avec nous. Le spectacle au cœur répertorie une foule de grands noms avec moult anecdotes pour chacun. Ainsi Barbara qui s’est montrée tellement détestable, exigeant une toilette dans sa loge sinon elle ne chanterait pas. Et le directeur d’expliquer par après la raison de ce trait d’humeur détestable. Puis Reggiani de son côté buvant plus qu’il n’en faut, mais une soif qui lui était nécessaire pour endiguer son mal. Léo Ferré qui chantait apprend t’on, qui se produisait moyennant des cachets très raisonnables. On est toujours envieux quand on pense que l’auteur a pu croiser tant de monstres de la scène. Dont on se rend compte à quel point ils étaient terriblement humains.

Le spectacle au cœur, mémoires d’un directeur de Théâtre. Marc Bélit. Séguier 480p.    
www.editions-seguier.fr


 


 


Tricot 101

Les travaux d’aiguilles ont retrouvé la cote depuis quelques années et on ne peut que s’en réjouir. Parce que c’est un passe-temps délicieux et créateur. Mary Scott Huff nous initie au tricot avec un guide complet mais qui est destiné aux novices. Et pour preuve qu’elle est une fervente propagandiste du genre, elle ne demande pas mieux que les garçons s’y mettent aussi. Et elle rappelle que cette manière de tuer le temps ne nécessite pas de moyens dispendieux.

Guide complet de tricot. Mary Scott Huff. Broquet 143p.     www.broquet.qc.ca


 


 


La Terre a ses limites

On réédite fort à propos, Développement durable, enjeux et trajectoires cosigné par François Anctil et Liliana Diaz tous deux de l’Institut Hydro-Québec en environnement, développement et société de l’Université Laval avec la collaboration d’Ariane Gagnon-Légaré. Nous sommes dans la période géologique dite d’Holocène qui a débuté il y a dix mille ans. Au train où la pollution fait des ravages, ça risque d’être la dernière, en tout cas pour l’homme. Les récentes études scientifiques ont identifiées neuf limites à la capacité de notre planète. Mise à jour, cette édition sonne encore une fois l’alarme. On ne pourra pas dire qu’on n’a pas été prévenus.

Développement durable. François Anctil et Liliana Diaz, avec la collaboration d’Ariane Gagnon-Légaré. Presses de l’Université Laval 163p.    www.pulaval.com


 


 


Se creuser les méninges sur le social et le politique

Si vous aimez les débats intellos, vous serez au comble du bonheur avec Mathias et la Révolution de Leslie Kaplan. Car tous les personnages s’interpellent sur d’éternels thèmes tels la liberté, les droits de l’homme, le droit de manifester, le droit de faire ci ou de ne pas faire ça. Des conversations de café quoi, qui se déroulent dans divers endroits à Paris. Ce livre a fait l’objet d’une adaptation présentée au Théâtre du Nord à Lille à l’été de 2015. Une transposition sans doute pas trop difficile car il y a beaucoup de dialogues dans le texte original. Forcément, on est dans le domaine des arguments.

Mathias et la Révolution. Leslie Kaplan. P.O.L.  253p.    www.pol-editeur.fr


 


 


La fille de trop

Brigitte L’Archevêque entre dans la littérature avec une belle carte de visite. En effet, Dérailler est un exercice de style réussi pour une novice de l’univers du roman. En gros, c’est d’abord une femme nommée Geneviève qui n’a rien pour attirer l’attention sur elle, tant sa personnalité est flasque. Elle a pourtant un environnement qui correspond aux critères du bien-être matériel et affectif, mais elle a une zone grise bien ancrée dans la tête. C’est en conduisant qu’elle prendra l’habitude de faire monter à bord une jeune fille Émilie, assez singulière pour laquelle elle aura un attachement. Cette dernière va inviter sa bonne samaritaine à venir dans sa maisonnée. Et voilà que va s’ouvrir un nouveau chapitre dans la vie de Geneviève, confrontée à des êtres totalement déjantés. Un véritable choc des cultures. L’écrivaine par sa maîtrise de son sujet tutoie ici l’excellence. Un nom à retenir que cette L’Archevêque.

Dérailler. Brigitte L’Archevêque. Québec-Amérique 186p.
www.quebec-amerique.com


 


 


Le coin santé physique et psychique (1)

Alexandra Diriart est religieuse appartenant à la Congrégation apostolique de de Saint-Jean et professeur de théologie sacramentaire à l’Institut Jean-Paul II d’études sur le mariage et la famille. Elle se fend aux éditions du Cerf, d’un petit ouvrage complété par une bibliographie étoffée qui porte sur la question conflictuelle des divorcés remariés. On sait que les divorcés ne sont pas accueillis par l’Église à la table de l’Eucharistie car ils ont dérogés à leur engagement matrimonial. Dans Le désir qui fait cheminer l’essayiste campe sur la doctrine officielle de l’Église. Mais humainement elle explique les raisons qui justifient la religion catholique à s’en tenir à cette position. C’est de faire prendre le mariage au sérieux. Et qu’une messe peut bien être suivie sans participer au sacrement du partage du pain et du vin, en conférant à sa participation ecclésiale une autre dimension.

Aux éditions AdA on retrouve une célèbre auteure maison Louise Hay âgée maintenant de 88 ans et toujours active, qui est entourée cette fois par Ahlea Khadro et Heather Dane. La réunion de ces trois collaboratrices donne naissance à Aimez-vous pour être en santé. C’est un gros pavé axé sur la vie nourricière et que la façon d’ingérer des aliments conditionne tout le reste. C’est un livre qui pourrait avoir été écrit par n’importe quel nutritionniste. Vous avez un rappel des dangers de l’industrialisation en agro-alimentaire. Et c’est suivi de suggestions de menus sains.

Avec la pollution ambiante, vous avez comme effet domino une montée de problèmes respiratoires. On en voit d’ailleurs les effets en Chine où dans les grandes villes, les cas d’asthme grimpent en flèche. Une équipe de collaborateurs sous la direction de Louis-Philippe Boulet et Hélène Boutin nous invite à devenir experts dans la prise en charge de cette dernière maladie. L’asthme aux Presses de l’Université Laval . D’abord il faut savoir que c’est un petit fléau en soi qui atteint 10% de la population. C’est véritablement un guide de gestion de la maladie avec des questionnaires d’autoévaluation.


 




 


Le coin santé physique et psychique (2)

Nous consacrons cet espace  au cher  poupon à l’heure où nous assistons au Québec à une sorte de baby boom. D’abord un classique réédité, 9 mois attendre bébé du renommé professeur René Frydman et de Christine Schilte. C’est publié dans la collection « famille » chez Hachette. Véritable bible de la conception, on détaille mois par mois tout ce qui va se dérouler dans le ventre de la future parturiente, jusqu’à la délivrance et les premières tétées. On ne se contente pas ici d’un seul descriptif des transformations du fœtus. On trouvera des menus pour la maman durant la gestion et par après. Cet ouvrage fondamental se veut une réponse complète à toutes les mamans qui en sont à leur première expérience en maternité.

Les deux autres titres qui suivent paraissent aux éditions Larousse. Sophie Dumoutet fait la démonstration par l’exemple que le bébé, tout comme l’adulte, adore les massages qui lui font grand bien. Compte tenu de la constitution délicate de l’enfant, les méthodes de toucher diffèrent. Le guide des massages de bébé est un autre moyen de communication de premier plan pour intensifier la relation avec le petit. Et les massages que l’on voit, appuyés par de nombreuses photos sur les techniques à utiliser, ne sont pas que l’apanage de la maman. Le papa peut-être lui aussi mis à contribution.

Et un incontournable dès qu’il est question de l’arrivée au monde, c’est l’album de souvenirs le concernant. Il existe plusieurs éditions sur le marché. Mais Le livre de mon bébé demeure la référence. Car chez Larousse on n’a pas hésité sur les moyens graphiques pour faire de cet album relié en spirale un superbe ouvrage qu’on prendra plaisir à compulser des décennies plus tard. Vous avez toutes sortes d’indications à inscrire sur les habitudes du bébé, des pochettes diverses, l’une pour les échographies, l’autre pour son bracelet d’hôpital. On figure que ce doit être assez émouvant de revenir si loin en arrière et prendre connaissance de notes sur nos premiers pas ici bas.


 




 


Le coin santé physique et psychique (3)

Il était une fois Gina Lake détentrice d’une maîtrise en psychologie, qui un jour décida de méditer dans le calme d’un jardin, tout près d’une statue représentant la Vierge Marie. Et une bonne fois, elle s’est sentie enveloppée d’une indéfinissable énergie d’amour. Et il arrivera que la mère de Jésus se signalera à elle, l’élue, pour lui prodiguer dix leçons à transmettre aux communs des mortels. Cela donne Dix enseignements pour un seul monde aux éditions du Dauphin Blanc. Ces leçons portent en général sur une analyse différente que l’on peut faire de soi-même.

Les trois prochains livres sont aux éditions Béliveau. Chantal Mercier signe Conte-moi tes peurs qui s’adresse aux personnes confrontées à l’anxiété. Elles sont plus nombreuses que l’on puisse imaginer. Elle sait de quoi elle parle, car dans la mi-trentaine elle fut diagnostiquée anxieuse généralisée. Et les femmes apprend-on sont deux fois plus à risque que les hommes. Généreuse de son expérience elle nous dit comment elle a réussi à s’extirper de son mal à l’âme.

On l’a vue l’autre jour sur le plateau de Denis Lévesque, cette Nicole Bilodeau venue nous raconter l’expérience de son coma à la suite d’un grave accident de voiture. Et comment alors qu’autour d’elle on s’interrogeait si elle éprouvait quelque chose, eh oui, elle voyait et entendait tout ce qui se passait autour d’elle sans pouvoir communiquer. Et selon qu’on était durant le jour ou la nuit, les perceptions changeaient. Cette tranche de vie lui a été d’un riche enseignement sur le sens de la vie et de la mort. Le titre ? Dans le coma je vous entendais.

Coach en PNL, Céline Legault apporte une contribution extraordinaire aux personnes à qui on passe le temps à leur dire de refouler leur colère. Car au Québec c’est l’épicentre de je jamais faire de vagues. Conséquence ? Des cancers à la pelle. Des gens qui implosent au lieu d’exploser. Elle nous dit dans La colère m’a sauvé la vie en quoi se défouler apporte un bien énorme.

Chez Québec-Livres, Olivier Manitara traite de la loi de la causalité dans Vivez avec conscience et amour. L’auteur, fondateur de la nation essénienne est d’avis que nous sommes souvent dans le déni des réalités et que c’est à nous qu’appartient d’influer sur le cours de notre destin. Et il livre sa théorie sur le fait que nous pouvons faire du passage terrestre un séjour harmonieux, fait d’amour et de liberté. A la condition bien entendu de vouloir briser ses chaînes psychiques.

Deux titres aux éditions Campagne Première sur la psychanalyse. D’abord Une après-midi d’analyse d’Alain Lemosof. L’auteur qui est lui-même psychanalyste dans la Ville Lumière s’est donné le pari de faire découvrir ce qui se déroule comme dynamique dans un cabinet du genre. Il déroule devant nous des cas d’espèce, nous montrant comment évolue la relation. Il a fait cette démarche sachant que pour plusieurs d’entre nous, l’univers de la psychanalyse est nimbé d’une auréole de mystère. Il a créé pour ce faire un collègue  fictif, Vincent Siluvni. En fin de lecture on adhère totalement à cette définition de l’homme faite par Malraux qui affirmait qu’il était un tas de petits secrets.

Ailleurs nous retrouvons Gérard Bazalgette qui porte la double casquette de psychiatre et de psychanalyste. Il publie La folie et la psychanalyse. C’est un docte ouvrage de haute voltige intellectuelle. Précédemment nous évoquions Malraux pour ce qui est du livre d’Alain Lemosof. Ce même Malraux qui distillera son savoir en faisant intervenir des éléments venant de partout. C’était un magicien des amalgames. Il en est de même pour Bazalgette qui fait preuve d’une culture prodigieuse appelant pour l’édification de sa pensée de William Burroughs à Léonard de Vinci en passant par les théoriciens de la folie. Il donne un cours d’histoire, survolant de la névrose à la psychose. C’est une lecture fatalement exigeante, mais qui nous conduit à des cimes merveilleuses concernant les dérives de la nature humaine. Des passages éloquents sont de même consacrés à la pulsion.


 


 


Comment était le divin enfant ?

Sur la jaquette de couverture de son essai Jésus a-t-il eu une vraie enfance ? le double historien des religions et de l’art François Boesflug a fait figurer une illustration sulpicienne de l’Enfant-Jésus. Difficile de répondre à la question de savoir si le futur Messie incarné dans cette peau d’homme, a eu tout cuit dans le bec ou que tout comme les enfants de son âge il a eu à franchir les différentes étapes inhérentes à l’évolution humaine. Pour sa part il a choisi le prisme de l’art visuel pour montrer de quelle façon le Christ a été représenté durant son enfance. L’auteur, vu ses capacités intellectuelles, aurait pu basculer dans l’érudition hermétique. Mais non, c’est une belle balade dans le monde de l’art pictural où en sa compagnie on fait étonnamment de découvertes.

Jésus a-t’il eu une vraie enfance ? François Boesflug. Cerf 208p.    www.editionsducerf.fr


 


 


L’avant Big Bang

Parce qu’ils sont hyper médiatisés, les frères Igor et Grichka Bogdanov titulaires de la chaire de la chaire de cosmologie de l’Université Megatrend à Belgrade, ont fait souvent l’objet de sarcasmes, surtout en raison de leurs physionomies qui les font passer pour des êtres d’une autre planète. Ensuite ils ont l’air de se jouer des théories les plus complexes en les amenant au niveau du commun des mortels. Ça, la communauté scientifique a bien du mal à le digérer. Fallait les voir récemment sur le plateau de « On n’est pas couché » animé par Laurent Ruquier, où ils tentèrent une explication troublante de ce qui nous attendaient après la mort physique. Nous deviendrions tous des « informations dans le cosmos ». Si nous parlons d’eux, c’est qu’ils lancent Le code secret de l’univers. Ils font le point sur les connaissances à ce jour concernant l’avant Big Bang et ce qui s’ensuivit. Ils réussissent même l’exploit à vulgariser la fonction Zêta, une clé représentant la plus grande énigme mathématique de tous les temps, et par laquelle on peut tenter une explication des origines de l’univers. Fascinant ? Un euphémisme.

Le code secret de l’univers. Igor et Grichka Bogdanov. Albin Michel 313p.   


 


 


Le vocabulaire détaillé du cinéma

En feuilletant chaque page de Cinéma, mode d’emploi cosigné par messieurs Jean-Louis Comolli et Vincent Sorrel on se rend compte de la complexité de l’activité cinématographique. Le cinéma a son vocabulaire spécifique, c’est ce que nous apprend cet abécédaire grandement détaillé qui nous dit tout sur ce qu’est une focale, une ellipse. Cet ouvrage de par son utilité didactique, devrait se retrouver non seulement dans toutes les écoles de cinéma, mais dans les mains des cinéphiles qui ainsi, ne verraient plus un film de la même façon. Ils exerceraient leur regard. Chapeau bas aux auteurs pour la somme de connaissance rassemblée ici. Un véritable travail de bénédictin pour reprendre l’expression consacrée.

Cinéma, mode d’emploi. De l’argentique au numérique. Verdier 426p.   www.editions-verdier.fr


 


 


Accès à la Maison-Blanche, mode d’emploi

Ça tombe à point nommé au moment des primaires chez nos voisins du Sud qui nous mèneront en novembre prochain à la proclamation du prochain locataire du Bureau Ovale, un ouvrage au ton humoristique qui nous plonge dans les coulisses de la politique américaine. Richard Hétu et Alexandre Sirois tous deux au quotidien La Presse publient Sexe, fric et vote. Attention aux âmes sensibles, il y a de tout là dedans sauf des bons sentiments. Beaucoup des chapitres s’ouvrent par une question, comme, pourquoi l’élection américaine a-t-elle toujours lieu un mardi ? Au sortir de sa lecture vous serez davantage intelligent en raison des multiples anecdotes qui y sont consignés. Et chapeau à l’éditeur pour la mise en page très ludique.

Sexe, fric et vote. Richard Hétu et Alexandre Sirois. Les éditions La Presse 175p.     


 


 


Des faits fascinants sur le règne animal

Quel est l’animal qui urine le moins possible ? Vous pouvez tout de suite donner votre langue aux chats. C’est le rat kangourou. Qui pour accomplir ses déplacements doit éviter de transpirer ou d’uriner pour conserver le maximum de son eau. Qui sait que le ouaouaron géant africain possède des dents tranchantes ? Où peut-on apprendre toutes ces choses ? Dans un petit opuscule plein de couleurs éclatantes, Le top des 100 choses indestructibles sur la planète d’Anna Claybourne. Le mérite de ce bouquin, c’est qu’il peut aussi servir à un quiz entre amis pour des soirées divertissantes.

Le top 100 des choses indestructibles sur la planète. Anna Claybourne. Broquet 112p.      www.broquet.qc.ca


 


 

Tout connaître sur la région de Lanaudière

Nous vous signalons l’arrivée en librairie dans la collection « Régions du Québec, histoire en bref »  aux Presses de l’Université Laval, d’un livre sur la région de Lanaudière par Pierre Lanthier et Jocelyn Morneau. Région diversifiée géographiquement s’il en est, avec ses deux pôles, l’Assomption et Berthier. Comme pour tous les autres titres de la collection, c’est une mine de renseignements pour qui veut en apprendre. Ainsi fait-on connaissance avec le premier évêque de Joliette, Mgr. Joseph-Alfred Archambault, un ultramontain qui dénonçait en chaire le Joliettoscope qui présentait des vues suggestives et qui excommunia son exploitant, un libre-penseur.   

Lanaudière. Pierre Lanthier et Jocelyn Morneau. Presses de l’Université Laval 184p.     www.pulaval.com


 


 


Tout connaître sur le syndicalisme au Canada

James D. Thwaite a une feuille de route professionnelle longue comme ça au sein du monde des relations industrielles. Il est actuellement directeur du Département des relations industrielles à l’Université Laval. Il nous offre Le syndicalisme au Canada qui nous dit tout ce qu’il faut savoir sur la structure d’un syndicat. D’abord un cours d’histoire pour savoir comment est né le mouvement syndical, ensuite le mode de fonctionnement. C’est comme un petit cours 101 facile à intégrer.

Le syndicalisme au Canada. James D. Thwaite. Presses de l’Université Laval 105p.      www.pulaval.com


 


 


D’inquiétants phénomènes frappent des adolescents

Si vous croyez que les piqures du moustique Ziak ont de quoi vous faire frémir, c’est que vous n’avez pas pris connaissance des Visions de feu de l’actrice et romancière Gillian Anderson. Un roman d’anticipation que celle que l’on a apprécié dans la série X-files cosigne avec Jeff Rovin. C’est que soudainement autour de la planète, des adolescents sont atteints d’un mal étrange C’est le cas notamment de Maanik, la fille de l’ambassadeur de l’Inde à l’ONU qui se met à déblatérer dans une langue non identifiée et accablée de visions. Du travail en perspective pour la psychologue Caitlin O’Hara qui prend acte de l’ampleur du phénomène qui se passe. Dans le genre c’est bien ficelé et qui tient en haleine son lecteur du premier mot jusqu’à la fin. De toute façon, les scénarios catastrophes trouvent toujours preneurs dans une atmosphère un peu apocalyptique propre à notre époque.

Visions de feu. Gillian Anderson et Jeff Rovin. Bragelonne 344p.   www.bragelonne.fr


 


 


Qui a ouvert les portes au jihad ?

Voilà la question que pose Jean-Paul Brighelli dans son essai Voltaire ou le jihad un opposé de l’incarnation de l’esprit des Lumières à l’islamisme radical. Cet enseignant marseillais plante le décor où nos valeurs occidentales ont eu le temps de s’effondrer comme un jeu de cartes, laissant place à toutes sortes de valeurs mièvres. Un vide quoi. Et voici qu’arrive des extrémistes qui enflamment les jeunes imaginations désabusées et leur propose un idéal. Serait-ce de la sorte le suicide de la culture occidentale ? Le constat que fait l’essayiste  sur le déclin de notre civilisation est d’une rare lucidité. Il sonne l’alarme.

Voltaire ou le jihad. Jean-Paul Brighelli. L’Archipel 200p.    www.editionsarchipel.com


 


 


L’identité maintenant connue de Jack l’Éventreur

On attribue cinq meurtres à celui que l’on identifia pour la légende comme Jack l’Éventreur. Tous des homicides commis dans le quartier londonien de Whitechapel. Que de films depuis et d’enquêtes sur le sujet. Mais on n’était jamais parvenu à identifier formellement ce tueur en série. Et bien la patience est toujours récompensée dit-on. Grâce à un promoteur immobilier Russell Edwards qui un jour, fit l’acquisition aux enchères, de l’avant-dernière victime répertoriée. Celui qu’elle avait le jour de sa funeste fin. Il fit passer des tests d’ADN au précieux textile, qui révéla le nom de l’assassin. Qu’on ne vous divulguera pas ici, vous invitant à le découvrir en fin de page. Mais ça ne s’est pas fait sur un claquement de doigts comme vous le verrez. Un vrai polar.

Jack l’Éventreur démasqué. Russell Edwards. L’Archipel 283p.   www.editionsarchipel.com


 


 


Le clergé vu par Jacques Ferron

En 1972 l’écrivain et mécréant Jacques Ferron publie un roman Le Saint-Élias, qui est un regard sur le règne de la Sainte Église romaine catholique et apostolique dans le dernier tiers du XIXème siècle en cette Belle Province. Qui après l’Acte d’Union de 1840 va asseoir son ascendant et donner naissance à ce qu’on appellera la Grande noirceur. Avec l’ultramontanisme dominant. Mais pas totalement. On voit même que le clergé ne forme pas un bloc monolithique. Pour saisir la mesure de l’esprit qui régnait alors, rapportez-vous à ce magnifique essai de Jacques Cardinal entièrement consacré à l’analyse du Saint-Élias de Ferron. La part du diable dont le signataire est professeur de littérature à l’Université de Montréal, met en opposition les forces du bien et du mal. Une véritable radiographie du fait religieux au Québec.

La part du diable. Jacques Cardinal. Lévesque éditeur 328p.    www.levesqueediteur.com


 


 


Être zazou sous l’Occupation

Le mouvement zazou, ce courant adopté par des jeunes français rebelles sous l’Occupation allemande était un sacré pied de nez à l’Ordre nouveau du Reich. Ils se distinguaient ces adeptes par des accoutrements outranciers pour l’époque avec notamment des sortes de pantalons sultan et vestes à larges rebords. Gérard de Cortanze restitue toute cette période dans un roman éblouissant simplement intitulé Zazous. Qui nous fait voir une bande de copains qui ne veulent pas succomber à la morosité et qui ont décidé de faire la fête. Et provocants en diable, comme de porter l’étoile jaune en soutien aux juifs. Ce qui vaudra à certains de séjourner au camp de Drancy. On voit que le romancier a fait une étude fouillée de ce qu’était lez zazous. Une jeunesse insolente plus que jamais et salutaire.

Zazous. Gérard de Cortanze. Albin Michel 531p.   


 


 


Le naufrage qui a donné naissance à Moby Dick

Les historiens de la mer, amateurs ou professionnels, savent tous à quoi correspond la date du 20 novembre 1820, celle du naufrage d’un baleinier, l’Essex, à la suite d’une collision avec un cachalot. C’est Owen Chase qui par devoir de mémoire relatera par écrit ces péripéties où les naufragés dériveront durant dix-huit semaines à bord de petites embarcations. Et on parle ici de survivants qui durent s résoudre à dévorer leurs semblables pour passer à travers. C’est lors de sa rencontre avec Chase que Herman Melville trouvera la matière à son fameux Moby Dick.

Tragédie au cœur de l’océan. Owen Chase. Pages ouvertes 174p.   


 


 


Il était une fois une trentenaire ancrée dans l’imaginaire

Taratata! Bienvenue dans la monde du roman à Stéphanie Corriveau qui a choisi pour sa première incursion dans le genre, de nous faire découvrir, V. une jeune femme dans la trentaine qui s’est forgée son monde à elle, la Grande Illusion. L’auteure à travers son sujet, traite de l’anomie qui est caractérise par une inadaptation de la personne face au monde qui l’entoure. Et en cette àre du numérique, où plusieurs vivent au moyen d’avatars, leur double, le symptôme trouve là un terrain fertile. Voyons comment V. face composer entre réalité et fiction. Faisons ce beau compliment à notre nouvelle romancière…c’est trop court.

La Grande Illusion. Stéphanie Corriveau. L’Interligne 120p.    www.interligne.ca


 


 


Radiologie des gangs de rue haïtiens

Ils sont quatre, venant de divers horizons professionnels dont la criminologie, Pierre Tremblay, Mathieu Charest, Yanick Charrette et Marc-Tremblay-Faulkner qui lancent un essai éclairant sur la structure et la psychologie des gangs de rue haïtiens à Montréal. Notons au passage que M. Charest est criminologue attaché à la section recherche et planification au service de police de la Ville de Montréal. C’est la première fois qu’on analyse en profondeur ce qui motive des jeunes de cette minorité visible à prendre les voies de la délinquance. Et ce livre document tombe à point nommé au moment où on assiste à une recrudescence des jeunes fugueuses dans les centres jeunesse qui hélas tombent dans les filets de ces organisations qui font de la traite des blanches.

Le délinquant affilié. Collectif. Liber 164p.   


 




 


Une vie de Fernand Daoust le syndicaliste

Les biographies des nôtres sont trop rares pour ne pas les mentionner en majuscules lorsqu’elles paraissent. Surtout quand il s’agit d’une pointure comme celle de Fernand Daoust l’ex-président de la FTQ et successeur du coloré et un tantinet vulgaire, Louis Laberge. Car la personnalité de Daoust tranche. Car le leader syndical a des lettres, a fait des études universitaires en relations industrielles. Et tout au cours de sa longue carrière, il a toujours eu comme credo la défense de la langue française. André Leclerc qui a un long parcours en communication syndicale et militantisme signe en deux tomes cette vie à nulle autre pareille. Pour le deuxième il s’est acquis la collaboration de Marc Comby. Aujourd’hui, Fernand Daoust est nonagénaire. Que le temps a passé vite, depuis 1926 année de sa naissance et l’enfance dans le milieu très pauvre de ce qu’on appelait le Faubourg à m’lasse, là où trône aujourd’hui la tour de la Société Radio-Canada. Un véritable petit gars de l’est qui prend conscience très jeune des disparités sociales. Sous sa gouverne, il améliorera grandement les finances de sa centrale et donnera des lettres de noblesse au syndicalisme. Lui-même, ironie du sort, aura en temps que patron, à négocier une convention avec son personnel du syndicat, et à dire non aux revendications des siens, une rude épreuve. Cette biographie exhaustive a le mérite de parler de l’homme, oui, mais aussi d’une époque qu’il décrit très bien. C’est du coup un magnifique cours d’histoire.

Fernand Daoust. Tome 1 Le jeune militant syndical, nationaliste et socialiste, 1926-1964. Tome 2 Bâtisseur de la FTQ 1964-1993.  André Leclerc avec la collaboration de Marc Comby. M éditeur    www.editionsm.info


 


 


Comment un zoo a Varsovie a pu sauver des juifs

Diane Ackerman avait un matériau de choix en racontant la vie de Jan  et Antonina Zabinski tous deux dirigeants du zoo de Varsovie durant la Seconde guerre mondiale. Une histoire vraie, plus grande qua nature. Car ce zoo, du fait du conflit, a été malmené, les animaux périssant sous les bombardements. Le duo décida donc d’élever du bétail pour nourrir les gens. Des passages souterrains reliant les cages, permirent à ce qu’on puisse faciliter la fuite de juifs menacés par la horde nazie lancée à leur trousse. Ce couple héroïque a été élevé par Israël au rang de Justes, un honneur suprême. L’auteure retrace toute cette épopée où nos héros risquaient leur peau à chaque fois.

La femme du gardien de zoo. Diane Ackerman. L’Archipel 301p.    www.editionsarchipel.com


 


 


L’homme aux 350 millions de romans vendus

Il suffit de faire savoir que James Patterson vient d’accoucher d’un nouveau roman, pour voir aussitôt se bousculer en librairie une meute de ses fans, qui ne veulent pour rien au monde rater une autre aventure fiévreuse. C’est incontestablement le maître du polar américain. En compagnie de David Ellis il nous donne à voir un pyromane du genre tueur en série. Cette fois, l’assassin sans foi ni loi, touche au cœur de la vie de l’agente du FBI, Emmy Dockery, qui va périr dans l’incendie de son immeuble. Et on s’apercevra que les autres locataires étaient aussi tous morts. A croire qu’un meurtrier a sévi avant de mettre le feu. Cette tragédie taraude tellement Emmy qu’elle démissionnera de l’agence fédérale d’investigation pour ne se consacrer désormais qu’à élucider cette affaire sordide. Mais on verra que l’enquête qu’elle mène, l’expose elle-même à des dangers.

Invisible. James Patterson et David Ellis. L’Archipel 369p.    www.editionsarchipel.com


 


 


Saga d’une photo non développée

Voici sous forme de BD, l’adaptation de la pièce de théâtre parue en 2011 La demoiselle en blanc de Dominick Parenteau-Lebeuf. Cette femme qui a commencé par étudier l’écriture dramaturgique à l’École Nationale de Théâtre du Canada, s’est vue bardée de prix pour ses réalisations. La demoiselle en blanc est le nom donné au sujet d’un négatif pris en 1933 par un photographe à Berlin jamais développé et qui attendra des décennies d’être développé. A partir de ce fait, tout l’imaginaire de l’auteure va se mettre en branle, car le négatif devient comme un personnage qui raconte les époques qu’il traverse. Aujourd’hui nous avons une transposition en BD sur des illustrations réussies et poétiques d’Éléonore Goldberg. Nostalgie, quand tu nous tiens.

La demoiselle en blanc. Dominick Parenteau-Lebeuf et Éléonore Goldberg. Mécanique générale


 


 


L’histoire des transports en mode LEGO

Warren Elsmore fait la démonstration que la création avec les briquettes plastifiées de LEGO se multiplie à l’infinie. Pour preuve, il a réussi avec son équipe à recréer des véhicules iconiques des moyens de transport à travers le temps. Appuyé par une iconographie abondante et très colorée, ça va de soi, vous voyez par le détail ce à quoi on parvient quand on laisse son imagination débridée se faire aller. Sur terre, sur mer et dans les airs, tout ce qui a trouvé moyen de transporter l’homo sapiens d’un point à un autre est formidablement reproduit avec un soin dans le détail au niveau des accessoires.

Crée des véhicules incroyables avec LEGO. Warren Elsmore. Broquet 254p.   


 


 


Deux handicaps, une force

Voici une charmante historiette à transmettre aux jeunes têtes avides de belles histoires. Celle de Florence & Léon en est une, dont l’auteur est le très apprécié Simon Boulerice. Sur des illustrations de Delphie Côté-Lacroix nous voyons deux jeunes gens. Elle, elle enseigne la natation et peine à respirer avec un déficit pulmonaire. Tandis que lui a un handicap aux yeux et est agent d’assurances. La vie va réunir ces deux êtres. Ce qui est merveilleux avec tout ça, c’est que ça nous montre qu’en cet ère numérique où l’autre n’existe que virtuellement, il n’y a rien de tel que la fréquentation en vrai d’un être. Qui plus est qui a besoin d’assistance. Un petit bijou.

Florence & Léon. Simon Boulerice, illustrations Delphie Côté-Lacroix. Éditions Québec Amérique


 


 


L’histoire centenaire de BMW

Serge Bellu est incollable sur l’histoire de la BMW et nous en fait la démonstration magistrale avec un album sur les 100 ans de la marque et en même temps une célébration des carrossiers qui se sont succédés au fil des décennies, dont le célébrissime designer italien Bertone. Au départ et à la genèse de la firme, c’est une compagnie de fabrication de moteurs d’avions. C’était souvent le cas avec d’autres fabricants automobiles qui avaient des activités hybrides, aéronautique et automobile. Comme après la Première guerre mondiale, l’Allemagne se devait d’être démilitarisée, on décida de s’aligner uniquement vers la voiture. Et quand on voit tous ces modèles, si différents, des grandes berlines à la petite Isetta, ancêtre de la Smart, on se dit que côté modèles, BMW a touché à tout les styles. De quoi faire baver d’envie les collectionneurs.

BMW 100 ans de design. Serge Bellu. Chêne


 


 


Tout savoir sur la déshydratation des aliments

D’abord, qu’est-ce que le processus de déshydratation des aliments ? C’est d’en arriver à éliminer l’eau contenu dans ceux-ci grâce à un déshydrateur. C’est alors que les saveurs diverses se bonifient. En même temps on préserve leurs qualités nutritives.   L’australienne Michelle Keogh est rompu dans ce genre d’exercice et nous livre son savoir dans son livre Déshydrater les aliments chez soi qui est de même un ensemble de 100 recettes tel le charqui de porc à la chinoise ou un cuir de fruits aux arachides et à la gelée. La diversité à son meilleur et qui fera que l’acte de manger atteint ici à un certain niveau de jouissance.

Déshydrater les aliments chez soi. Michelle Keogh. Broquet 192p.    www.broquet.qc.ca


 





 


Le coin santé physique et psychique (1)

Il est tout petit ce livre qui célèbre les joies de la masturbation, acte si condamné jadis par l’Église catholique. L’abécédaire du plaisir solitaire est coécrit par Louis Émond et Caroline Allard qui tous deux se rejoignaient sur l’utilité de révéler à quel point c’est un univers merveilleux de s’octroyer de délicieux plaisirs. Sous forme donc d’un abécédaire, il abonde en citations amusantes sur des dessins de Jimmy Beaulieu. Après lecture vous pourrez vous consacrer davantage à cette occupation sans drainer de culpabilité. C’est chez Québec Amérique.

Quand on pense à tous ces gens qui à force de détresse au travail, perturbations dans leur vie affective, en viennent en si grand nombre à perdre le sommeil, il appert que la lecture de Dormir sans médicaments…ou presque du Dr. Patrick Lemoine leur apportera sans doute un grand bienfait. Publié chez Robert Laffont, il fait le point sur les connaissances actuelles sur le monde du sommeil qui fait l’objet de bien des recherches dans les hôpitaux. Et comment remédier à des situations récurrentes comme l’insomnie.

En Afrique, l’animisme est une « religion » qui célèbre le Créateur à travers ses créations. De sorte, qu’un seul arbre est chargé d’actes divins. Gaston-Paul Effa camerounais d’origine qui a étudié par la suite la philosophie et qui vit en France, a retrouvé ses racines animistes car son père était féticheur. Ça donne des prédispositions. Il écrit Le dieu perdu dans l’herbe qui propose une autre voie aux occidentaux déçus des religions et de leur goût du contrôle. La Foi par le retour à la nature ?  C’est aux Presses du Châtelet.

Voici un essai lourd de sens portant sur les implications de la chirurgie plastique. L’identité au scalpel d’Anne Gotman chercheuse en France au CNRS et édité chez Liber est sans doute le premier ouvrage fondamental qui détaille toutes les implications que suppose une modification de son physique. Et ce qui est terrifiant, c’est de voir que le corps médical a sombré dans la commercialisation à outrance. Mieux encore, on voit à l’évidence que si on n’est pas bien entre les deux oreilles, rien ne garantit que votre opération esthétique va vous changer, car aussitôt une disgrâce corrigée on s’en trouve une autre. Nous recommandons fortement sa lecture à tous ceux et celles qui s’apprêtent à balancer des milliers de dollars en pensant changer de vie.

En France il est un des médecins vedettes du petit écran. Son nom ? Michel Cymes. Les téléphages qui sont ses fans, souhaitaient depuis longtemps qu’il consigne son savoir par écrit. C’est chose faite avec Aventures de médecine. Autant il est bon conteur à la télé autant il sait raconter ses histoires avec une belle gradation dans l’émotion. Il donne un point de vue de l’angle où il se trouve quand il soigne. Car si on se demande s’ils sont armés psychologiquement devant la détresse humaine, là vous avez les réponses. Évidemment c’est un ouvrage de vulgarisation, mais il met à la portée des lecteurs de grandes connaissances. Et on appréciera ces encadrés sur des pans de l’histoire de la médecine. Comme de quelle façon le professeur Alexis Carrel a réussi des micros sutures en faisant appel à une brodeuse de soie qui lui a enseigné la technique qu’elle appliquait sur le fine soierie. On sort de cette lecture plus intelligent encore qu’à l’arrivée. Et un chapitre important est consacré à la grossesse et l’accouchement qui éclairera bien des femmes.


 




 


Le coin santé physique et psychique (2)

Autour des femmes règnent une aura de douceur, sans doute intrinsèquement associée au fait qu’elles ont le potentiel de la maternité. Mais à force de parler de la violence faite aux femmes, des voix discordantes se sont faites entendre pour signaler que la violence n’est pas que l’apanage du sexe masculin et qu’à cet égard, il y a bien une égalité entre les deux sexes. Et pour achever de s’en convaincre il suffit de parcourir La violence féminine de Liliane Daligand qui a la double casquette de psychiatre et docteure en droit. Elle remet les pendules à l’heure en brossant le portrait de cas d’espèces qui toutes ont un jour débordées pour en arriver au meurtre. Vous avez des femmes aux gènes violent, comme ce cas du début du siècle dernier surnommée l’Ogresse de la Goutte-d’or qui tua plusieurs enfants et qui finira ses jours dans un asile d’aliénés. Il y a aussi les matricides et les femmes qui tueront de façon occasionnelle à la suite de violences subies par leur conjoint. Bref, un sombre constat qui ne rehausse pas l’humanité.

Les deux titres qui suivent sont publiés aux éditions de l’Homme. Spécialiste de l’état de démence, l’australienne Lee-Fay Low tient à ce que même les personnes diminuées au plan psychologique aient accès à une qualité de vie. Fruit de ses recherches, la clinicienne gérontologue a échafaudé un protocole d’intervention pour que ses bénéficiaires entretiennent un esprit alerte. Parmi sa méthodologie, il y en a une qui consiste à se rappeler dans l’ordre un certain nombre de choses. Une gymnastique mentale en somme et salutaire. Ce livre sera notamment d’un précieux secours pour les proches de personnes souffrant d’Alzheimer.

Pour sa part Lee Crutchley signe son troisième livre Comment être (plus) heureux ou moins malheureux. Comme l’auteur est anglais, il ne manque pas d’un certain humour. C’est ainsi qu’il fait figurer sur la couverture « Peut contenir des traces de bonheur ».  D’entrée de jeu, il en a contre une certaine mentalité à l’américaine qui figure dans certains livres sur la croissance personnelle, qui sont comme autant de préceptes formatés qui ne tiennent pas la route. Et qu’on ne s’étonnera pas ensuite que des gens les abandonnent assez rapidement en cours de route. Lui, opte pour une approche ludique avec des jeux et des questionnaires à pleines pages. Avec au final, le miroir de ce que vous êtes et là où il faut intervenir.

Maintenant aux éditions Béliveau, deux titres Comment pensent les hommes du psychologue Shawn T. Smith et du célèbre quatuor Jack Canfiled, Mark Victor Hansen, Jeanna Gabellini et Eva Gregory « 7 ingrédients essentiels pour maîtriser la Loi de l’attraction. Le premier est une sorte de guide de la connaissance de cette bibitte bien spéciale qu’est l’homme dont les manières de faire échappent parfois à la gent féminine. Et pour ce qui est du second, on connaît l’adage qui veut qu’on attire ce qui nous ressemble. C’est exactement ce qu’est la Loi de l’attraction. Un classique réédité nombre de fois et qui au fil des ans a prouvé l’efficience des conseils qu’on y prodigue.

Laurence Pernoud est de nos jours pour la maternité ce que fut jadis le Dr. Benjamin Spock, une source incroyable de précieux enseignements pour la femme en état de grossesse et qui va ensuite donner vie. Son classique réédité J’attends un enfant aux éditions Horay est mis à jour par Agnès Grison appuyée elle-même par toute une équipe pluridisciplinaire. C’est vraiment la bible du domaine qui répond à toutes les questions qu’une femme qui en est à sa première expérience de grossesse est en droit de se poser. Car pour la novice en la matière, tout devient source d’inquiétude. Surtout à notre époque de déficit d’altérité où notre voisinage, famille inclus, nous laisse nous dépêtrer avec nos problèmes. Tout est passé en revue, à commencer par les conséquences sur le travail, le nouveau régime de vie, l’alimentation, les complications possibles. C’est le plus beau cadeau à offrir à toute femme qui apprend qu’elle est enceinte.

Les éditions Tabou qui ne ménagent rien quand il s’agit d’explorer les méandres de la sexualité, débarquent avec un art de l’érotisme tout droit venu du Japon, le bondage. Lord Morpheus nous dit tout dans Les bases du bondage qui sous-tend une curieuse relation entre le maître des nœuds coquins et son ou sa complice qui jouera le rôle de soumission requis. Et ici, l’auteur se veut égalitaire, car on voit du bondage appliqué par ces dames à ces messieurs. Un bel inversement des rôles qui est ce petit plus par rapport aux nippons.


 


 


Un petit opuscule sur la fondatrice Montréal

Jeanne Mance est à n’en pas douter une héroïne, une femme forte. Qui infirmière, va traverser l’océan dans des conditions périlleuses pour venir fonder à Montréal l’Hôtel-Dieu. Nous sommes en 1645. Elle mourra à 67 ans, ce qui en ces temps-là un âge canonique. Françoise Deroy-Pineau a la double casquette de journaliste et de sociologue. Elle a réussi à résumer en quelques courtes pages, les hauts faits d’arme de cette pionnière qui sut jouir de solides appuis dans sa démarche altruiste et pleine de commisération pour les malades. Jeanne Mance. Françoise Deroy-Pineau. Biblio Fides 137p.   


 


 


Le coin poésie

Stéphane Martelly est un être sensible et un peu plus. Parcourez les strophes de ce poète dans Inventaires. Extrait « Consentir forcenée au bris de mon corps sur ce moelleux sur cette sécurité poisseuse ». Dans le communiqué accompagnant la sortie du recueil on précise la démarche comme la poésie de l’inventaire, celle le la liste et du défaut, l’écriture se faisant décompte. C.est chez Triptyque. Comme pour les deux autres recueils qui suivent. Robert Berrouët-Oriol signe de son côté son Éloge de la mangrove. Cet homme fait le pont entre ses deux îles chéries, Montréal et Haïti. Mais ce qu’il possède de verbe ce chantre merveilleux. Nous citons à dessein simplement la quatrième de couverture « à célébrer mangroves en rituelles nuaisons et exorde du Poème j'embrasse ma ville j'honore la sève amante des commas et des elfes qui coule dans ses artères de néon je redessine ses palétuviers ses érables centenaires dans la clémente tendresse du mont Royal qui nuit et jour veille l'île où dort quiètement L'homme rapaillé et sous la dictée de hurlantes congères j'emprunte l'alphabet de tes paupières un à un j'y moissonne mes petits mythes quotidiens codés dans l'insane fébrilité de Twitter j'y récolte mes béquilles pour étrenner chacune de tes fêlures les miennes égaillées d'un rauque rire ont déjà pris congé d'aubépines ».

Puis Dionne Brand nous arrive avec Ossuaires. C’est à Nicole Côté que nous devons cette traduction de l’anglais au français. Qui se veut un désancrage des mots. Le ton est donné « Ça ne m’était rien, j’avais assez de pansements, assez de baumes, assez de lames de rasoir, j’avais un sourire comme un roc escarpé, des fanons de baleine ». Décidément chez l’éditeur, la poésie jouit d’une belle vigueur.


 


 


De l’isolement au retour au monde

Il y a de ces romans qu’on qualifie d’initiatique. C’est-à-dire qui ne se contentent pas de raconter une histoire, mais derrière laquelle il y a la trame d’un enseignement, une morale. Farö de Marie-Christine Boyer. Étrange. Le titre du roman l’emprunte au nom de son personnage central qui vit dans une Scandinavie imaginaire selon les mots de l’auteure. Il vit isolé. Or Farö c’est aussi l’île où vivait comme un ermite le cinéaste Ingmar Bergman. Bref, ce Farö va revenir au monde dans un certain contexte, ce qui nécessitera de sa part une adaptation. C’est écrit avec beauté, où sujets verbes et leur complément sont tout à fait à leur place. Aucune recherche de style si ce n’est la communication simple des états d’a^me pour être compris par la multitude.

Farö. Marie-Christine Boyer. Triptyque 138p.   www.triptyque.qc.ca


 


 


Les liens entre l’humour et le politique

C’est connu, au Québec tout prête à rire. La politique n’y échappe pas. Et l’humour qui s’y rattache prend des formes multiples. Dans la foulée d’un atelier de recherche tenu à l’UQAM en 2012 intitulé « L’humour comme la continuation de la politique par d’autres moyens ». De cette démarche intellectuelle est né un essai en collectif Humour et politique, de la connivence à la désillusion sous la direction de Julie Dufort et Lawrence Olivier. Un vaste panorama qui touche aussi à l’histoire, allant par exemple à l’analyse des Fridolinades de Gratien Gélinas. Plusieurs surprises et conclusions attendent le lecteur.

Humour et politique, de la connivence à la désillusion. Collection. Presses de l’université Laval 301p.       www.pulaval.com


 


 


Les tourments d’une geek

Pierre-Yves Villeneuve ne peut mieux présenter un sujet contemporain tournant autour des médias sociaux et des jeux en ligne avec Gamer la saga brodée sur cet univers, dont nous avons le premier tome « Nouveau port ».  « L’héroïne », Laurianne, une bolée, voit sa vie bouleversée radicalement le jour où le paternel lui annonce qu’on déménage. Elle se fera très difficilement à son nouvel environnement scolaire. Si elle choisit naturellement le clan des geeks, ce sera immédiatement en opposition avec le clan le plus influent de l’établissement. Petite consolation qu’elle trouvera auprès d’un pote. Les parents devraient lire ce bouquin pour mieux saisir les préoccupations de la jeunesse de notre temps.

Gamer. Nouveau port. Pierre-Yves Villeneuve. Les malins 304p.    www.lesmalins.ca


 


 


 Beau tribut aux chiens de traineau

Les curieux de sports extrêmes connaissent sans doute Nicolas Vanier, qui nous a gratifié déjà de quelques bouquins sur ces équipées dans les régions nordiques. Il nous revient avec La Grande Course qui est un marathon sur les steppes enneigés du Yukon et autres parcours accidentés. C’est le fameux Yukon Quest auquel il a participé en compagnie de 25 participants. Une épopée de 12 jours sur un parcours s’étendant sure 1600 kilomètres avec un mercure atteignant souvent -50 degrés celsius. Brrrr. On n’a pas besoin de vous dire que dans ce contexte, tout geste au quotidien prend une allure surdimensionné. Mais ici il rend hommage à ces chiens de traineau, sans quoi cette performance eu été impossible. Des chiens u’il fallait équiper de petites bottines pour protéger leurs coussinets. Deux cent bottines au total! Et ce n’est rien. Le mot extrême est à prendre ici dans son acception la plus large.

La Grande Course. Nicolas Vanier. XO  288p.    www.nicolasvanier.com


 


 


Marketing, tout l’art de créer une marque et son image

Harvey Nichols est un exemple d’une marque dont se sert Catherine Slade-Brooking comme illustration d’un label haut de gamme épurée dans son ouvrage didactique Créer une marque. Elle nous montre un pot pour leurs olives, tout en simplicité. Alors que pour un produit alimentaire de masse et moyen de gamme, il y a un plus haut niveau de complexité qui va jouer avec l’aspect attrayant. C’est un guide remplit de judicieux conseils et qui indique quels sont les paramètres qui influencent le consommateur.

Créer une marque. Catherine Slade-Brooking. Parramon 159p.    


 


 


Bonnets au tricot pour jeunes têtes

Le tricot redevenant à la mode, Gisèle Tchinda-Falcucci mieux connu sur son blogue comme Jijihook qui a conçu un album entièrement consacré aux bonnets pour enfants. Bonnets faciles et amusants au crochet comprend 20 modèles à crocheter pour les enfants de 3 mois jusqu’à 12 ans. On remarquera que ça ne requiert que quelques accessoires qui nous tombent sous la main et hop, bonjour la création. Car si ces modèles proposent des bases de conception, l’ornementation relève de votre imaginaire. Ce sont les heureux bénéficiaires de vos créations qui se confondront en remerciements.

Bonnets faciles et amusants au crochet. Gisèle Tchinda-Falcucci. Créa Passions.com 95p.     www.creapassions.com


 


 


La maturité selon Geneviève St-Germain

Elle se fait plus rare sur les écrans de télé notre chère chroniqueuse au verbe qui est tout sauf emprunté à la langue de bois. Aujourd’hui les chaînes de télé redoutent qu’on fasse des vagues. Le franc-parler dérange. Alors notre bien-aimée Geneviève s’exprime par le biais de l’écrit, du livre. Cela nous donne Mon âge est à inventer car pour contrer le vieillissement son credo est qu’on à l’âge que l’on se donne. Et d’y aller de ses recettes à elle, de bonnes nourritures, un bon bain prolongé. Elle mature et plaide pour un joyeux cocooning à l’abri de la folie numérique du monde.

Mon âge est à inventer. Geneviève St-Germain. Éditions La Presse 143p.    www.editionslapresse.ca


 


 


Un maître des échecs soupçonné de meurtre veut faire échec et mat

Gustave Meyer est dans de sales draps. Le protagoniste du Golem de Pierre Assouline est le témoin principal du meurtre de son ex-épouse. Ce grand-maître des échecs est dévasté. A son corps défendant il va faire l’objet d’une opération chirurgicale qui va en faire un « monstre » à ses yeux aux facultés mentales surdimensionnées. Se drapant dans une autre identité, il n’aura d’autre choix que d’élucider ce crime. Heureusement pour lui il aura l’aide de sa fille et Nina, chargée de l’enquête policière. L’histoire nous amène dans la vieille Europe. En lisant ces pages on pense au fameux docteur Richard Kimble de la série télévisée culte américaine « Le fugitif ». L’écrivain est au zénith de son art d’écrire et décrire.

Golem. Pierre Assouline. Gallimard 258p.  


 


 


Un costumier en Afghanistan

Ce qui est formidable avec les écrivains, c’est qu’ils sont une source inépuisable d’imagination. Et nous en avons encore la preuve avec Mille masques de Jean-Marc Beausoleil. Il met en scène un costumier désargenté, qui cache tout de sa débâcle financière à ses proches, à commencer par l’être aimée. Et le hasard voudra que notre homme ayant un peu perdu ses repères, va se trouver en mission de divertissement pour nos troupes militaires cantonnées en Afghanistan. Il en sera quel que peu secoué et consignera ses observations. Et on appréciera avec quel style il rapporte ce qu’il voit autour de lui. Les voyages forment la jeunesse dit-on, ils procurent aussi un zeste de sagesse.

Mille masques. Jean-Marc Beausoleil. Triptyque 143p.    www.triptyque.qc.ca


 


 


Variation réussi sur le thème de l’apocalypse

C’est une constante qui déterminera notre époque, à savoir ces romans fantasy, bandes dessinées, séries télévisées, films au grand écran qui tous et toutes abordent le thème de la survivance, d’une apocalypse possible. On pense au Dôme de Stephen King. Mais le modèle qui a marqué le tournant du genre, est sans conteste Walking Dead repris sous diverses plateformes dont télévisuelles. C’est un bijou du genre. Là l’apocalypse a eu lieu et demeure des survivants qui luttent…jusqu’au lendemain et ainsi de suite. 24 opportunités est le tome version BD qu nous parvient. Avec des menaces qui pointent de partout. Le quatuor Kirkman, Adlard, Gaudiano et Rathburn fait merveille, qualité du dessin, scénarisation dynamique comme tout. Qui montre que le courage finit par triompher de l’adversité.

Walking dead. Kirkman, Adlard, Gaudiano, Rathburn. Éditions Delcourt 138p.     www.editionsdelcourt.fr


 


 


Un pavé très sucré

C’est un gros album contenant 400 recettes et plus de 900 illustrations qui combinent la somme des connaissances dans le monde de la sucrerie, nous avons nommé Desserts pas à pas qui sous-titre « Le répertoire sucré définitif ». Ce pourrait passer pour une prétention, mais le duo formé de Caroline Bretherton et Kristan Raines a vraiment réuni dans ces pages, la synthèse de toutes les connaissances actuelles sur le domaine. Et à feuilleter le tout on est médusé de voir tout ce qu’il y a à réaliser. Des recettes assez simples à réaliser avec un minimum d’ingrédients. Il se trouve même une sorte de gradation allant des basiques comme par exemple la tarte au citron jusqu’à des petits raffinements alliant des fruits exotiques. L’éditeur a mis un soin jaloux à l’iconographie qui nous met l’eau à la bouche. A conserver précieusement dans votre bibliothèque de cuisine.

Desserts pas à pas. Caroline Bretherton et Kristian Raines. Marabout 303p. 


 


 


Maxim Martin l’outre-tout

L’humoriste Maxim Martin a choisi de se livrer tout entier dans un livre confession Excessif qui est l’adjectif le plus approprié pour décrire cette personnalité qui excelle dans l’auto-sabotage. Il faut dire qu’il est parti dans la vie avec des manques, dont le non moindre est la présence, l’absence devrait-on plutôt dire d’un père étiqueté comme lâche et avec de sérieux problèmes d’alcool. Le fiston dira même qu’il était ceinture noire en alcoolisme. Dépendance dont Maxim souffrira à son tour. Sans doute cet exercice de coucher sur papier ses états d’âme lui a-t-il fait grand bien. En même temps il y a le volet biographique de ses débuts en carrière, lui grand admirateur d’Yvon Deschamps, le déclencheur de sa vocation. Il ne prétend pas changer le monde, mais il espère que son ouvrage redonnera confiance à celui qui trébuche afin de s’en sortir.

Excessif. Maxim Martin. Éditions du Journal 288p.   www.leseditionsdujournal.com


 




 


Le coin santé physique et psychique

Ils sont deux à avoir saisi les Messages de la Terre-Mère la bien nommée Gaïa, nous avons nommé Muriel Hemelsoet et Jean-Philippe Faure aux éditions Lanore. Et ils se font les messagers de cette incarnation de sagesse qui dans les exhortations que nous pouvons lire, invite à dépasser les apparences et que lorsque l’on s’adresse à quelqu’un d’essayer de transcender le paraître pour aller au cœur des choses, ce dont nous ne pouvons que bénéficier.

Changement de registre avec la Nutrition du sportif chez Vigot signé Nancy Clark. Le livre est divisé en trois parties. La première nous conseille de faire les bons choix lorsque l’on se rend au restaurant ou au moment de faire son épicerie. Deuzio de bien manger. Ça semble une éternelle vérité, mais ce qui relève du bon sens n’est pas encore ancré dans la tête des gens. Il y a comment on se nourrit avant un exercice et après. Tercio, vous avez ici la somme des dernières connaissances de pointe en matière scientifique touchant aux compléments alimentaires, aux boissons énergétiques, les régimes, les apports en glucides et protéines. Bref, une mine de renseignements.

Les trois titres suivant le sont aux éditions Alpen. La biologiste Nathalie Breuleux-Jacquesson s’invite pour nous parler de la maîtrise du cholestérol. Que n’a-t-il pas été écrit à son sujet, le bon et le mauvais, le pour et le contre sur le recours aux statines pour en circonscrire les effets. Un soi-disant racket de l’industrie pharmaceutique qui trouverait là le moyen « d’inventer » une nouvelle maladie. Le régime anti cholestérol fait le point à son propos. Ainsi saurez-vous mieux vous entretenir avec votre médecin sur la marche à suivre en cas de diagnostic de mauvais cholestérol. Elle oppose aux statines l’emploi des phytostérols des substances végétales qui réduisent le cholestérol. Et en prime 50 recettes de bons petits plats équilibrés, tel le flanc de légume à la provençale.

Avec plus de 30 années de pratique, la rhumatologue Yvette Calmer sait de quoi il en retourne avec l’arthrose, si douloureuse. Victoire sur l’arthrose nous rapporte les dernières avancées de la recherche à ce sujet. Et les québécois qui en souffrent particulièrement avec cet hiver humide, apprendront sur la molécule qui reconstruit le cartilage et les plantes curatives. De nouveaux traitements existent qu’elle détaille. Sage-femme Estelle Lefevre a déjà écrit sur l’étape de la quarantaine. La voilà qu’elle aborde la soixantaine qui pour beaucoup, surtout à notre époque obnubilée par le jeunisme, fait figure de porte d’entrée de la vieillesse. Elle ne partage pas cet état de fait et dit qu’on peut encore avoir vingt ans dans sa tête. Restez jeune après 60 ans est une proposition de programme de vie, axée essentiellement sur une bonne alimentation. Et de faire en notre compagnie le tour de ce qui est bon à se mettre sous la dent. Bienvenue ensuite dans le club des « sexygénaires ».



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