- LIVRES AVRIL 2016 -
 
 


 


Le jardin japonais au-delà du bonsaï


Pour Virginie Quéant qui porte la double casquette de photographe et de douée pour le jardinage, un des sommets de l’art horticole,  c’est à coup sûr le jardin japonais. Car plus qu’un aménagement comme tel, il y a cette dimension zen qui vient vous chercher. Elle l’illustre parfaitement avec son album photo Jardins japonais assorti de précieux conseils sur la disposition qui convient pour refléter l’esprit nippon de l’harmonie. C’est magnifique de voir les accessoires qui viennent encadrer les plantes judicieusement disposées. Tout n’est qu’ordre et beauté avec cette dimension spirituelle en plus.

Jardins japonais. Virginie Quéant. Rustica éditions  128p.   www.rustica.fr


 


 


Têtes couronnées de fleurs

Il est bien entendu que porter une couronne de fleurs n’est pas adapté à la vie de tous les jours. Si une jeune fille ou femme le fait, c’est à l’occasion d’un événement bien particulier. Si jamais une circonstance si prête, référez-vous à Claire Augustyniak qui est une fleuriste en renom, dont on vient chercher l’expertise lorsque que vient une occasion souvent dictée par la mode, pour l’organisation de couronnes fleuries. Et sa spécialité c’est la rose . Son art est reproduit grâce aussi à ses photos dans Mes bijoux & accessoires fleuris. Vous avez un ensemble de suggestions pour créer également des barrettes et des boutonnières. Si la rose, coup de cœur oblige, domine les créations que l’ont admire dans ces pages, d’autres fleurs ont aussi les honneurs. Pour un aura de romantisme à la puissance quatre.

Mes bijoux & accessoires fleuris. Claire Augustyniak. Rustica 80p.   www.rustica.fr


 


 


Conseils de maquillage

Amivi est une des stars du web pour ses chroniques sur le maquillage. Si influente que les compagnies de cosmétiques font des entourloupettes pour que ces blogueuses daignent parler de leurs dernières sorties en magasin. A tel point que les majors du domaine, délaissent le placement média traditionnel pour se tourner vers ces esthéticiennes en renom. C’est qu’elle a trouvé un ton qui plait à une jeune clientèle soucieuse de bien paraître. A son travail sur le web, elle complète avec un album L’art de se maquiller. Elle a sélectionné quinze types de maquillage et les diverses applications pour ce faire. Précisons que pour les fins de son ouvrage elle a donné une nette préférence pour les types de faciès provenant de diverses ethnies qui augmente le coefficient de précision.

L’art de se maquiller. Amivi. Mango 80p.    www.mangoeditions.com


 







 


Le coin Miam miam

La bibliothèque consacrée à la cuisine s’enrichit de quatre titres. Chez Vigot d’Elisabeth Lange c’est Le régime Paléo. L’idée est attrayante, jugez-en vous-même, le mot paléo ici est le préfixe de paléolithique, l’époque de l’homme des cavernes. L’auteure s’est mis à réfléchir au fait qu’à cette époque, les kilos étaient par la force des choses superflus du fait que nos ancêtres ne mangeaient que des produits de la nature. Plus naturel qu’eux…Donc, à partir de ce constat, elle a bâti un programme alimentaire sain. Le mot régime ici fait peut-être peur, mais on vous rassure, aucune privation au menu, sinon qu’un ensemble de très bonnes choses santé. Et elle ne le dit peut-être pas, mais l’homme de cette époque bougeait aussi un peu plus.

Caroline Guézille nous entraîne pour sa part du côté des produits fumés avec Le petit traité Rustica des produits fumés de l’éditeur du même nom. En définitive elle aborde tout ce qu’il faut connaître au sujet des techniques de fumage qui donne tant de goût à certains aliments, que ce soit le canard, le jambon ou le calmar pour ne nommer que ceux-là. Vous avez une partie technique qui détaille sur les fumoirs et leurs combustibles. Et en complément cent recettes. Bouderez-vous une tartine à la moelle de bœuf sur lit de pissenlits ou un velouté de lentilles à la palette fumée ? Vous ne serez pas au bout de vos découvertes qui nous sortent de la routine gustative.

Camila Prioli pourrait porter le surnom de Miss Crue tant elle se fait la propagandiste du manger cru. Elle a ouvert en France il y a quatre ans, le premier restaurant entièrement dédié à cette cuisine crue qu’elle affectionne. En plus elle a lancé une marque de chips de kale. Rien ne l’arrête pour répandre le fait que cette façon de s’alimenter permet de conserver 90% de la valeur nutritionnelle des produits ingurgités. On en perd tellement lors de la cuisson. Sans parler de l’apport en hydratation, en prévention anti-âge. Elle nous propose son livre de plus de cent recettes Cuisine cure et c’est loin d’être tristounet, car elle revisite des classiques de la cuisine, ce qui a de quoi nous rassurer, comme le spaghetti de courgette à la sauce tomate et aux boulettes. C’est chez Rustica.

Le regretté Jean-Pierre Coffe insistait beaucoup sur le doigté, la technique, dans la préparation des plats. Voici que nous arrive chez l’éditeur Mango dans la collection « gueuletons » Le bon geste du duo Valéry Drouet et Pierre-Louis  Viel qui est comme une sorte de deux dans un. Car il est à la fois un livre de techniques en même temps qu’un livre de recettes. Là aussi cent recettes comme le fumet de poisson, la crème au parmesan, les vacherins, la pâte à choux et quoi encore. Tous les basiques sont réunis pour faire de vous un marmiton d’exception. Et le côté didactique est bien montré côté iconographie. Avec de tels maîtres la marge d’erreur est inexistante.

Chez Marabout, un grand bouquin à la couverture explosant de couleurs, Végétarien facile. Qui s’ouvre par un énoncé, pourquoi devenir végétarien ? Qui ne demande pas de longues explications quand on feuillette chaque page avec tous ses plats inventifs qui nourrissent si bien sa personne et qui sont tout sauf tristes. Ici on ignore le mot privation. Toute résistance est vaine devant ces pancakes à la ricotta et au basilic, salade tomates et de roquette ou encore et pour l’été quelle belle proposition que cette salade de pois chiches au zaatar, à la feta et à la menthe. Nous, notre coup de cœur l’a été pour ces linguines primavera. Et en bas de chaque page un descriptif détaillé des valeurs nutritionnelles du plat en question.

Le titre suivant aurait pu s’intituler « Manger sauvage » mais il a été baptisé Aventure sauvage de la cueillette à l’assiette. Et l’homme que l’on voit sur la couverture, l’auteur, Gérard Le Gal est doté d’une véritable débrouillardise d’autochtone. Du genre à ne jamais mourir en forêt car pour lui, elle est comme immense frigo à portée de bouche. L’animateur de l’émission « Coureurs des bois » sur les ondes de Télé-Québec explore en notre compagnie toutes les ressources comestibles que l’on trouve dans la forêt québécoise. On est sidéré de voir à quel point, nous les urbains méconnaissons l’écosystème. Et pour preuve que cet ouvrage est rudement bien fait, on en est maintenant à une troisième réédition. Puis il a ses petits tuyaux maisons qu’il partage généreusement. C’est aux éditions Marcel Broquet.


 


 


Un écrivain très singulier

Imaginez un écrivain qui dans ses bouquins annoncerait à l’avance des événements qui vont se produire ? Un peu plus et on croira que c’est lui qui les provoque pour corroborer ses prévisions. Mais c’est plus compliqué que ça quand on lit Bonbon désespéré de Vincent Ravalec qui se passe dans un petit bled où sur la place de l’église trône un bonbon surdimensionné. C’est une histoire un peu surréaliste qui tient de la fiction bien sûr mais que les gens liront à la manière d’un polar. Chose garantie, on ne s’ennuie pas une seconde.

Bonbon désespéré. Vincent Ravalec. Éditions du Rocher 170p.   www.editionsdurocher.fr


 


 


La débâcle du clan Rizzuto

Daniel Renaud titulaire des dossiers criminels au quotidien La Presse, nous arrive avec le récit de l’ascension et la chute du clan Rizzuto. En fait c’est l’histoire de l’opération Colisée. Et le journaliste a rencontré des participants à cette enquête qu’il a longuement rencontré en entrevue, et a recueilli des confidences. On commence par l’impuissance des corps policiers à inculper le présumé parrain jusqu’à ce que l’étau se resserre. Avec lui nous pénétrons dans les coulisses de la mafia montréalaise, exposant les forces mais les grandes faiblesses de l’organisation. On voit bien que le fameux code d’honneur a disparu depuis belle lurette et que les mafieux se trahissent à la moindre occasion. On vit intensément dans ce monde là mais c’est de courte durée. Passionnant est ici un euphémisme.

Cellule 8002 vs mafia. Daniel Renaud. Les éditions La Presse 287p.    www.editionslapresse.ca


 


 


Tout ce que n’aviez jamais osé demander sur le bambou

Pour le commun des mortels le bambou est la nourriture emblématique des panda qui doivent en consommer quotidiennement 40 kilos sous peine de mourir car le bambou prépare à la digestion des autres aliments courants qui ne pourrait pas se faire sinon. C’est une chose par cent autres que vous allez découvrir dans Bambous de Yves Crouzet qui passe tout en revue les concernant, l’utilisation, la culture et les espèces, car il n’y a pas qu’une seule sorte de bambou apprendra t’on. Tout est identifié dans ces pages, les racines, le rhizome, les chaumes, les branches, les feuilles et éventuellement des fleurs et des fruits. C’est ce qui s’est fait de plus complet à ce jour sur le sujet.

Bambous. Yves Crouzet. Rustica éditions 127p.    www.rustica.fr


 


 


Ah ces beaux uniformes!

Ils sont deux Anne-Florence Lemasson et Dominique Ehrard qui nous promène à travers les époques des différents uniformes, des gaulois jusqu’à l’armée allemande au temps de la Seconde guerre mondiale. C’est un grand album, tout en hauteur avec une page de droite nous montrant l’uniforme désigné paré de toutes ses couleurs et à gauche, le même, sans coloris, mais avec un descriptif des éléments qui le compose. Cet ouvrage didactique devrait se retrouver dans toute bonne bibliothèque scolaire, car en même temps, les auteurs procèdent à un mini cours d’histoire.

Uniformes de tous les temps et de tous les pays. Anne-Florence Lemasson et
Dominique Ehrard. Fleurus 102p.    


 


 


Une femme perpétue la mémoire de son home disparu

Un homme de parole est une belle variation sur le thème de l’amour homme femme de l’écrivaine  Imma Monso. Ça raconte le cas de Lot, une femme qui est en deuil de la disparition de son compagnon Comète. Elle ne parvient pas à se mettre en tête que l’on puisse disparaître comme ça. Et dès lors, question de raviver sa mémoire, elle se mettre à écrire leur histoire d’amour. Les écrits restent nous dit l’adage. Et elle y croit fermement. Pour les romantiques dans l’âme. Ce roman est une belle célébration du sentiment amoureux.

Un homme de parole. Imma Monso. Robert Laffont 304p.   www.laffont.fr


 


 


Celle qui se bat pour sauver son mari

Ensaf Haidar s’est méritée l’estime de la communauté internationale en faveur des droits de l’Homme pour son valeureux combat en faveur de son mari Raïf Badawi qui a été injustement condamné à dix ans de prison et mille coups de fouets par le gouvernement d’Arabie Saoudite, tout simplement parce que sur son site internet il prônait la liberté de penser et le droit de libération des femmes. La première séance de 50 coups de fouets a marqué les imaginations et l’indignation, au point que le gouvernement arabe a fait surseoir le reste des séances de flagellation. L’épouse outrée poursuit sa lutte et la parution de son livre Mon combat pour sauver Raïf Badawi s’inscrit dans cette mouvance. Et son récit a le mérite de ne rien angéliser. Ainsi elle raconte en toute honnêteté, qu’avant d’être le couple soudé que l’on sait, celui-ci a déjà battu de l’aile et qu’il s’est joué une partie infernale entre les conjoints avant que l’harmonie ne s’installe.

Mon combat pour sauver Raïf Badawi. Ensaf Haidar. L’Archipel 279p.  www.editionsarchipel.com


 


 


Cohabitation perturbante

Le roman pour adolescents Nous sommes tous faits de molécules de Susin Nielsen qui fut finaliste l’an dernier du prix du Gouverneur général est maintenant disponible en français. Ce qui nous permet d’apprécier cette aventure d’une cohabitation tout, sauf relaxante. En effet c’est un père et son ado Stewart âgé de 13 ans, un crac en classe mais nul dans les relations interpersonnelles. Le hasard va les emmener vivre dans la demeure d’une adolescente Ashley, 14 ans, qui si les résultats scolaires ne passeront pas à l’histoire, est la fille qui jouit de la grosse cote de popularité. Elle vit avec sa mère. Les voilà les quatre réunis. Mais c’est la rencontre d’Ashley et de Stewart qui fait office de mauvais casting. Mais faites confiance aux molécules…

Nous sommes tous faits de molécules. Susin Nielsen. Courte échelle 314p. www.courteechelle.com


 


 


 Heureuse comme Marie-France Bornais

On le sait les québécois raffolent de se rendre aux États-Unis. Mais est-ce qu’ils connaissent vraiment les états où ils de rendent ? Pas sûr. Car la Nouvelle-Angleterre pour ne nommer que celle-là, à des trésors à découvrir. Et on se rend bien compte de notre ignorance en feuilletant ce merveilleux guide de Marie-France Bornais la chroniqueur littéraire au Journal de Montréal. Elle a sillonné sur plus de vingt mille kilomètres le Vermont, le New Hampshire et l’Upstate New York, ce qu’elle nomme ces Escapades américaines qui donne son titre au guide. C’est foisonnant de renseignements. On voit entre autres l’intérieur baroque du Stanley Theatre à Uttica dans l’état de New York, d’une réelle opulence qui n’a rien à envier aux vieilles salles européennes. Si ce bouquin éveille des curiosités, il aura rempli sa mission. Saluons au passage le beau travail d’édition pour sa riche iconographie.

Escapades américaines. Marie-France Bornais. Les éditions de l’Homme 303p.   


 


 


Une lutte à finir entre un homme et un tigre

E mal d’exotisme ? Alors plongez sans tarder dans La nuit appartient au tigre de Michel Honaker. Le romancier nous transporte en Inde, où un homme veut faire la paix avec son passé de membre des forces spéciales, qui traîne des squelettes dans le placard. Là bas il n’accepte la présence que de deux femmes, une toute jeune qui a du caractère, et une autre qui elle a fui la condition qui lui était destiné d’épouser un homme contre son gré. Et dans le village où notre homme vit dans son monde intérieur, plane une menace, celle d’un tigre qui a fait des ravages dans la région. Ce fauve terrorise la population. N’écoutant que son courage, notre protagoniste voudra en découdre avec la bête. C’est un beau duel en perspective qui tient le lecteur en haleine.

La nuit appartient au tigre. Michel Honaker. Denoël 194p.    www.denoel.fr


 


 


Pour approfondir la pensée d’Andrée Ferretti

Pour qui ne la connaît pas, Andrée Ferretti née Bertrand en 1935, est l’engagement même de la première heure pour l’indépendance du Québec. Et elle ne fait pas de concession lorsqu’elle dit un jour « qui ne fait pas l’indépendance, la combat ». En 1958 elle s’engage dans la mouvance politique de l’indépendance et deviendra vice-présidente du RIN présidé par Pierre Bourgault. Plus récemment elle qui avait quitté le PQ qui s’écartait de sa mission de pousser vers un pays, donnait son appuis à l’acutle chef Pierre-Karl Péladeau. Nous parlons d’elle aujourd’hui car il est permis d’approfondir sa pensée en lisant une sélection de quelques uns de ses textes percutants où elle fait le constat de ce qu’est le Québec et de beaux portraits dont celui d’Hubert Aquin.

Fulgurance. Andrée Ferretti. Textes choisis. Presses de l’Université Laval 182p.      www.pulaval.com


 


 


Médecine de guerre

C’est un ouvrage qui est comme une autre pierre à apporter pour ceux qui veulent rendre compte du gâchis des guerres. Élise Boghossian qui a fait dans un premier temps des études en neurosciences, va entreprendre par la suite un doctorat en médecine chinoise. De plus, elle a le cœur sur la main, et sent qu’elle peut apporter du réconfort, sans jeu de mots, en terrain miné. C e qu’elle fera en organisant en Irak et en Jordanie, des bus-dispensaires. Elle rend compte de ce qu’elle a vu d’insupportable dans sa mission dans Au royaume de l’espoir, il n’y a pas d’hiver. Le titre est très beau. Mais ce qu’il y a de plus beau encore, c’est la grandeur d’âme de celui qui le signe. Mais en même temps que de sommes d’horreurs dans ces pays où la dignité humaine est ravalée à strictement rien. Un chapitre hallucinant est celui du trafic de ventes d’organes.

Au royaume de l’espoir, il n’y a pas d’hiver. Soigner en zone de guerre. Élise Boghossian. Robert Laffont 227p.    www.laffont.fr


 


 


La poétesse qui trace la voie  suivre

Dans notre monde fou de l’ère numérique où l’altérité rétrécit comme peau de chagrin pour cause d’être trop scotché à son téléphone intelligent, le poète a plus que jamais une place à prendre. Vivement Yolande Larochelle qui en poétesse qu’elle est, entre bien dans la définition de ce que disait Gilles Vigneault sur l’utilité des poètes, à savoir qu’ils tracent la voie. Son recueil La terre un nid qui brûle interroge l’univers, et a pour un des thèmes, la quête du bonheur. Avec une bonne dose de réalisme saisissant. Qu’on en juge avec cet extrait « Les drogues sont la démence de ne plus croire en rien ». Il y a là des petites strophes qui sont autant de petits trésors qui nous apaisent. Cette poétesse est notre âme sœur.

La terre un nid qui brûle. Yolande Larochelle. Éditions GID 204p.   www.leseditionsgid.com


 


 


Pour une réforme du système électoral canadien

Justin Trudeau l’a dit, c’est la dernière fois avec l’élection qui a mené à sa victoire, que l’on votera sous la forme uninominal majoritaire à un tour, contrairement à la France qui est à deux tours. Dans notre système actuel au Canada, il ne suffit pas d’avoir plus de cinquante pour cent des voix pour remporter, seulement d’être celui qui compte le plus de voix. Ce qui engendre des frustrations chez beaucoup d’électeurs. Il y a longtemps que la question d’un changement du mode électif est au feuilleton, mais on n’y a jamais planché sérieusement. Jean-Pierre Derriennic dans Un meilleur système électoral pour le Canada expose ce qui cloche. Et particularité, à l’endos et à l’envers, vous avez la version anglaise de son argumentation.

Un meilleur système électoral pour le Canada. Jean-Pierre Derriennic. Presses de l’Université Laval 77p.     www.pulaval.com


 


 


15ème anniversaire de l’exploit de Robert Piché

L’accident tragique du petit avion qui a emporté le chroniqueur politique Jean Lapierre, ses proches et l’équipage, rappelle la responsabilité qui est celle du pilote. L’enquête nous dira bien ce qui s’est produit. Durant ce temps, 2016 souligne le 15ème anniversaire de l’exploit du commandant de bord Robert Piché qui, le 24 août 2001 sauva la vie de ses 306 passagers à bord d’un Airbus A-330 d’Air Transat dans le cadre d’un atterrissage dramatique aux Açores. Un film magnifique en a été tiré avec Michel Côté dans la peau du valeureux pilote. On réédite le livre des souvenirs de Piché par Pierre Cayouette, édition revue et augmentée, préfacée par le comédien. Qui nous permet de prendre la mesure de tout ce qui a entouré cet exploit hors du commun.

Robert Piché aux commandes du destin. Pierre Cayouette. Éditions Sylvain Harvey 318p.      www.editionssylvainharvey.com


 


 


Une littérature où tout est à prendre

Le titre est un peu étonnant La littérature du vacuum que Gaston Tremblay professeur d’études françaises à l’Université Queens définit comme « lesquelles existent dans un vide social, là où certains champs du pouvoir sont atrophiés, voire inexistants. Tout y est en chantier, tout y est liberté, tout y est à faire. Les limites de l’exiguïté sont en ces lieux remplacées par l’infini de l’espace à conquérir ».  Et la littérature franco-ontarienne appartient à cette catégorie, dont on s’étonne qu’elle a pris corps dans les années 70. L’essai que nous avons sous la main et qui fera référence, retrace la genèse de ce courant littéraire francophone dans la province voisine du Québec avec qui des auteurs franco-ontariens ont subi des influences. Le fondateur des éditions Prise de parole, même si les sources sont rares avant les années soixante-dix, revient quand même bien en arrière, aux sources mêmes des timides tentatives d’affirmation dans une mer anglo-saxonne. Les amateurs de littérature font faire de très belles découvertes.

La littérature du vacuum. Gaston Tremblay. Éditions David 418p.   www.editionsdavid.com


 


 


Sollers le délicieux impertinent

Philippe Sollers a toujours été un homme libre de ses pensées. Mais avec lui, c’est comme le bon vin qui se tonifie avec l’âge, il devient meilleur encore. Prenez ce Mouvement dont il nous gratifie. C’est une sorte de journal qui n’ose dire son nom où son esprit vagabonde des grottes de Lascaux, au Panthéon, en passant par l’ADN et l’inceste commis par les filles de Loth dans la Bible, qui enivrent leur père pour se faire engrosser et le pire, c’est que le paternel de géniteur ne se rend compte de rien! Vous allez en lire bien d’autres impertinentes. Mais on sent la jubilation qu’il a de se lâcher lousse comme on dit chez nous. Ceux qui le liront dans deux cent ans, verront en lui certainement comme le Saint-Simon de son temps.

Mouvement. Philippe Sollers. Gallimard 229p.  


 


 


Encore un délire signé Franz-Olivier Giesbert

Il ne cessera jamais de nous étonner ce Franz-Olivier Giesbert qui nous a déjà donné « La cuisinière d’Himmler ». Là il nous emmène dans un tout autre monde, celui d’une arracheuse de dents, Lucile Bradsock. Qui s’est promené « professionnellement » entre Louis XVI et Napoléon, en passant par Washington et La Fayette. Tout commence quand un docte universitaire, trouve sous le plancher de la maison familiale, les Mémoires de cette femme, son aïeule. Et qu’est ce qu’il va en découvrir. Une véritable épopée. Son ancêtre a fait mille choses, dont se porter à la défense des esclaves et des indiens. Quand on regarde la photo de couverture on croit bien avoir affaire à une biographie en bonne règle. Mais non, c’est une pure invention de la part du romancier qui fait presque de son héroïne un Tintin en jupon.

L’arracheuse de dents. Franz-Olivier Giesbert. Gallimard 434p.


 


 


Une 2CV inspirante

Manu Causse a dit au revoir à l’Éducation nationale pour s’orienter désormais vers la traduction et l’écriture. Il a conservé son amour des touts jeunes et fait de l’un d’eux, le « héros » de son roman La 2CV. En gros l’histoire c’est ceci, un petit bonhomme qui respire le vide. Qui n’exprime rien. Comme un mort vivant, à l’exception de certaines fois où il hurle aux loups. On imagine sans peine le désarroi de ses parents. Or il y a un quelque chose qui va se montrer salvatrice, la 2CV familiale de couleur verte. Qui on ne sait pourquoi, exerce un ascendant positif chez le môme qui s’anime en la voyant. D’où l’idée du père d’en profiter et d’entreprendre avec cet étrange fiston une randonnée initiatique. Ce sont des pages d’infinies tendresses qui donnent de l’espoir. Quand on croit qu’il n’y a plus rien, une lumière en quelque part s’allume.

La 2CV verte. Manu Causse. Denoël 298p.    www.denoel.fr


 


 


L’itinéraire d’un intellectuel de chez nous

Serge Gagnon a été professeur successivement aux Universités d’Ottawa et du Québec à Trois-Rivières. C’est un historien de grand talent et un aussi un grand penseur. On dit que l’intelligence puise sa source dans la curiosité. Il doit être alors suprêmement intelligent puisque dans Destin clandestin qu’il identifie comme une autobiographie intellectuelle, il s’intéresse autant à l’histoire de la vie cléricale au Québec, du droit à mourir, de la jeune génération des élèves et quoi encore. Et cet homme a vécu un tournant de vie lorsqu’il a abordé la quarantaine et s’en explique. Il assume pleinement sa vie d’intellectuel et son livre nous rappelle à quel point la quête de la connaissance élève l’homme de sa condition.

Destin clandestin. Serge Gagnon. Presses de l’Université Laval 221p.     www.pulaval.com


 


 


Quand on est québécois et qu’on aime le Canada

Le professeur Jean-François Caron aborde un sujet dont on s’étonne qu’il n’ait pas été traité plus avant, à savoir qu’est-ce qui mijote dans la tête d’un québécois qui dit aimer le Canada ? Et on sera surpris d’apprendre qu’il y en a plus qu’on le pense, preuves à l’appui. Son court essai percutant à ce propos Être fédéraliste au Québec essaie de décortiquer les raisons qui font aimer le pays aux nôtres. Cette lecture déboulonne bien des idées reçues et est un sacré.

Être fédéraliste au Québec. Jean-François Caron. Presses de l’université Laval 98p.      www.pulaval.com


 


 


Enquêteur un jour, enquêteur toujours

Si l’ex-enquêteur Pierre Bergeron jouit d’une retraite bien méritée après des années de service dans un corps policier, l’enquêteur en lui demeure et il donne prise à sa passion par le biais du roman avec son double, le personnage de Benoît Lassonde. Né pour enquêter nous amène à Longueuil où sévissait la mafia russe. Des membres de cette dernière ayant détalé pour cause de retour dans leur pays d’origine, ceux qui dans le crime organisé qui ont pris la relève, voient mal le retour des russes dans leur secteur. La police de Longueuil, dépassé par la guerre des clans, fera appel à ce limier d’expérience pour s’en sortir. Et vous verrez dans ce récit palpitant écrit par un ancien membre de l’équipe Carcajou, de quoi se nourri les milieux interlopes. Du bonbon.

Né pour enquêter. Pierre Bergeron. Éditions La Semaine 337p.   www.editions-lasemaine.com


 


 


Thriller historique dans les monts du lyonnais

Le secret d’Aiglantine dernier opus au catalogue des éditions JCL et signé Nicole Provence est un retour dans le passé, plus précisément dans la région lyonnaise à la fin du XIXème siècle. Le genre de roman historique, encore plus si c’est un thriller, qui compte d’office de nombreux adeptes. Ils seront ravis au superlatif par cette histoire policière qui débute par la découverte d’une tisserande, Amélie, découverte morte près de son métier à tisser. Sa fille Églantine appelle les autorités. Arrive Émilien Gontard maréchal des logis-chef qui va tenter d’élucider ce crime. Les soupçons se portent sur la fille, mais l’affaire révèlera des secrets de famille qui s’enchaînent. On vous fera grâce de la conclusion bien évidemment, pour ne pas gâcher votre plaisir de lecteur. L’auteure a de qui tenir, elle-même fille d’un officier de police judiciaire. Comme elle est une accro dit-on de lecture, elle sait d’office ce qui rythme un récit. Chapeau, on ne s’ennuie pas une seconde. En même temps c’est une plongée dans le monde des tisserands qui ont fait la réputation de Lyon et de ses environs.

Le secret d’Aiglantine. Nicole Provence. Les éditions JCL 356p.     www.jcl.qc.ca


 


 


Heureux qui comme Ulysse

Trois arrivages en provenance de l’éditeur Ulysse. A commencer par un guide fabuleux qui faisait défaut sur le marché du tourisme domestique, à savoir le circuit de nos beaux temples religieux au Québec. Sur les chemins spirituels et religieux du Québec répertorie les immanquables du domaine. Et nous devons ce beau travail de recherche à Siham Jamaa. Avec lui on sillonne la province à la recherche des temples inspirants. Et ça ne manque pas dans la Belle Province qui a été sous la domination de l’Église catholique depuis sa fondation. Curieusement on ne montre pas trop d’intérieurs, mais on compense en faisant du signalement de lieux. Au passage, soulignons le travail d’édition remarquable avec un soin jaloux au niveau des illustrations. C’est remarquable. Et c’est même un beau cadeau à quiconque aime notre patrimoine.

Ailleurs dans la collection Explorez, ce sont deux petits guides qui nous conduisent dans le sud de la douce France. Le premier s’attache à la région Marseille et la Provence si cher à Jean Giono, tandis que le second touche à Nice et la côte d’azur. Est-il nécessaire d’ajouter à quels trésors le randonneur sera confronté ? Et comme le veut cette série de charmants titres, on pense au touriste qui doit faire de courts séjours et qui ne veut pas manquer les incontournables. Vous avez, données précieuses, des lieux d’hébergements et d’endroits pour se sustenter allègrement.


 


 


La tyrannie de tout chiffré

S’il y a un essai à mettre en priorité sur votre liste de lecture, c’est L’âge économique de Claude Vaillancourt qui nous fait prendre compte d’une grande dérive du capitalisme et de l’économie de marché, cette pathologie de tout chiffré. La rentabilisation à tout prix, même de nos amitiés. On a jamais fouillé ce champ de la psychologie économique. C’est un livre inquiétant et un tragique miroir d’où nous sommes rendus dans l’appréciation des choses et des êtres. Avec des conséquences épouvantables dont on n’a pas fini de mesurer les dégâts.

L’âge économique. Claude Vaillancourt. M éditeur 190p.    www.editionsm.info


 


 


Dépaysement italien assuré

Les italiens du Québec le savent. Quand on retourne dans la mère-patrie on n’appartient plus tout à fait à ce monde. Surtout si votre famille vit dans un bled marqué encore par les traditions comme la célébration des funérailles où on se vêt encore de noir, se frappant la poitrine de douleur avec l’idée de mourir à son tour. C’est à tout ça qu’est confronté le protagoniste du roman de Jean Bello « Exil en la demeure » qui retourne dans son « Village » comme il le nomme, pour régler une affaire de succession. Et le tout va prendre une autre tournure. Ce livre a le mérite de montrer le choc d’un ressortissant italien qui revient aux sources. Le romancier a un talent fou pour mettre en opposition les différences culturelles. Dans le genre c’est un petit bijou qui vous égaiera de la grisaille ambiante.

Exil en la demeure. Jean Bello. Les éditions Sémaphore 179p.    www.editionssemaphore.qc.ca


 


 


Une artiste lyrique franco-ontarienne prodigieuse tirée de l’oubli

Ce Normand Cazelais est un homme d’une curiosité intellectuelle sans limite. Tous ses ouvrages précédents en témoignent. Et là il se surpasse en tirant de l’oubli une chanteuse lyrique d’origine franco-ontarienne, Éva Gauthier née à Ottawa en 1885 et qui mourra en 1958. Et qui s’exilera très tôt aux États-Unis où cette mezzo-soprano déploiera au service de la musique. Pour donner une idée de son importance, c’est elle qui va provoquer dans son appartement de la métropole américaine, la première rencontre entre Maurice Ravel et George Gershwin. De ce dernier compositeur, elle chantera la première œuvre de type classique de son répertoire au Aeolian Hall de New York qui devint le lieu de son concert rituel annuel. Elle était marginale dans ses choix, abordant autant le répertoire de l’opéra classique, comme le jazz, la musique contemporaine et des chants populaires. Stravinski lui confiera le premier rôle dans Perséphone. Protégée par la légendaire Emma Albani qui voyait en elle sa dauphine, elle fit des études en France grâce entre autres à son oncle, nul autre que Wilfrid-Laurier. Cette petite femme pas plus haute que cinq pieds avait de l’abattage et ne se laissait pas marcher sur les pieds. Qu’on ait ignoré ce personnage hors norme est proprement choquant et donne un sérieux indicateur de notre inculture. Saluons Le biographe qui a choisi ici la forme romancée pour avoir réhabilité sa mémoire.

Éva Gauthier, la voix de l’audace. Normand Cazelais. Fides 266p.    www.groupefides.com


 


 


Une star de la beauté sur le web prodigue ses conseils

Pour les filles qui ne jurent que par le maquillage, Cynthia Dulude est une star. Cette maquilleuse professionnelle a un peu révolutionné le traitement médiatique des produits de beauté, en offrant sur son blogue ultra populaire des conseils beauté. Si renommée cette plateforme, que les majors de l’industrie cosmétique lui envoient leurs produits pour les soumettre à son jugement. Et influente au point qu’on l’écoute elle, plus que les chroniqueuses beautés des magazines féminins. A son exposition sur le web elle ajoute maintenant un guide beauté version papier Le petit guide de la beauté où elle dispense généreusement son savoir. Ce sera d’avance un carton en librairie au grand dam des romanciers.

Le petit guide de la beauté. Cynthia Dulude. AdA 175p,    www.ada-inc.com


 


 


Le fascinant destin de la descendance des nazis

S’il y a un livre à mettren priorité dans votre liste de lecture c’est bien Enfants de nazis de Tania Crasnianski. Elle s’est demandée ce qui est arrivée par la suite aux enfants des monstres du régime nazi. Il en reste trop peu qui vivent encore, et ceux-là n’accordent aucune entrevue comme la fille de Goering et d’Himmler, qui sont demeurées des fanatiques et qui entretiennent le culte de leurs pères. L’auteure a donc recoupé des lectures et des rares entrevues accordées pour brosser ces portraits terrifiants. Par contre chez d’autres et même les petits-enfants, ils ont pris des raccourcis, marqués par la culpabilité en épousant des…juifs! Il y a des passages fabuleux entre Rolf Mengele qui après vingt ans, retrouvera son père le célèbre médecin d’Auschwitz, Josef Mengele, surnommé l’ange de la mort, et à qui il voudra que de dernier rende des comptes. Et on verra que ces criminels sont tous dans le déni, qu’ils étaient comme obligés de suivre des ordres et ils s’entendent pour dire qu’ils n’ont jamais mis la main à la pâte directement. C’est un univers fascinant qui nous en apprend énormément sur la part du diable en nous.

Enfants de nazis. Tania Chasnianski. Grasset 281p.    www.grasset.fr


 


 


Deux divorcés, père et fils renouent

Rien de tel que l’épreuve pour favoriser parfois les rapprochements. Et à ce propos le dernier roman d’Erik Orsenna met en scène un père et son fils qui chacun divorcent à quelques jours de distance, le premier de sa femme qui est la mère du second et le second de sa première femme. Et ces faits anecdotiques auront pour conséquence que les deux hommes vont se parler autrement, et notamment de ce que c’est que l’amour. On dit que les femmes ont le monopole de la sensibilité ? Attendez de lire cet ouvrage qui oppose un sérieux démenti. Les hommes aussi savent parler d’amour. Faut-il vous dire aussi que le romancier doublé d’un académicien manie la langue avec la beauté et la simplicité qui tutoient l’excellence. Nous le recommandons particulièrement à un lectorat féminin qui veut découvrir la nature du mâle.

L’origine de nos amours. Erik Orsenna. Stock 274p.    www.editions-stock.fr


 


 


 Radiographie ombrageuse d’un quartier

Si vous allez tout de suite en quatrième de couverture de Décembre de Nicolas Bouyssi vous allez lire ces quelques mots lapidaires « Un type se prend pour Batman ». Avouons que c’est assez intrigant. Sa lecture vaut le coup. En gros ça raconte les investigations d’un mec, qui doit faire rapport à un promoteur immobilier du climat qui prévaut et ses habitants dans le quartier que ce dernier convoite en vue d’un projet. Et le mandataire prend son rôle très au sérieux quand vient le temps d »’étudier la faune, les hommes et avec un peu d’insistance les femmes. Ce qu’il en tire est un portrait assez sombre de ce microcosme social. Disons que ce n’est pas la joie. Mais n’est-ce pas aussi la mission du romancier de portraiturer son époque ? C’est vraiment la radiographie de notre temps dont notamment l’abrutissement numérique.

Décembre. Nicols Bouyssi. P.O.L. 492p.   www.pol-editeur.com


 


 


Haïku sauce Côte-Nord

Mais où prend-elle le temps de souffler cette Francine Chicoine qui a donné naissance au camp littéraire de Baie-Comeau, créée l’École nationale de Haïku, fondée les éditions Tire-Veille et directrice de la collection « Voix intérieures » aux éditions David. Ouf! Eh bien elle a trouvé moyen de passer commande à neuf auteurs qui ont tous en commun d’être de la Côte-Nord. Et d’y aller chacun de leurs considérations réunies dans un petit livret de type haïku. Les thèmes proposés sont très divers. Il se dégage de l’ensemble une vision poétique ou superficielle à travers leurs regards sur les choses. On lit ça comme autrefois un curé son bréviaire, pour se connecter avec ce qu’il y a de plus grand que soi.

Le reste peut attendre. Collectif sous la direction de Francine Chicoine. Les éditions David 138p.    www.editionsdavid.com


 


 


Victor-Lévy Beaulieu lâche son fou

Ce petit livre de nouvelles de Victor-Lévy Beaulieu nous arrive comme une surprise. Comme pour tout écrivain, faire de la nouvelle c’est un peu comme faire ses gammes pour un pianiste. Le recueil a un titre un peu difficile à retenir du premier coup Histoire du jeune garçon de la nation dite des lots-renversés qui marchait dessus ses mains…et autres racontars. Il y a toujours un peu de provocation pour l’éditeur des Trois-Pistoles. On rit beaucoup avec cet  homme qui projette de se jeter du haut du Niagara dans une gigantesque boule de caoutchouc, ou se vicaire arracheur de dents. Vous verrez que l’imagination est à chaque page. Et par-ci par là des expressions ou des mots propres au vocabulaire imagé de l’écrivain. Ici il est au zénith de son art de conteur.

Histoire du jeune garçon de la nation dite des lots-renversés qui marchait dessus ses mains…et autres racontars. Victor-Lévy Beaulieu. Éditions Trois-Pistoles 131p.    www.editionstrois-pistoles.com


 


 


Citations conjointes de Nietzsche et Victor-Lévy Beaulieu

Victor-Lévy Beaulieu est le chantre québécois de Nietzsche et se fait par tous les moyens le propagandiste de la pensée du philosophe allemand. On se souvient de l’édition monumentale de plus de 1300 pages de « 666 Nietzsche » aux éditions Trois-Pistoles signé.VLB. Et dans la foulée de cette parution digne d’un démiurge, il y a cette campagne de financement qui permet de vendre ce dernier titre pour moins que la moitié de ce que devrait être son coût en librairie. Paraît donc ce petit coffret cartonné contenant vint-deux cartes postales avec des citations conjointes de Nietzsche et VLB. C’est une présentation rigolote mais avec des pensées qui nous interpellent. Le fruit de la vente servira à alimenter la collecte de fonds.


 


 


Histoire du fait français dans la Confédération canadienne

L’an prochain en 2017 ce sera le 150ème anniversaire de la Confédération qui donna naissance au Canada.  Plusieurs ouvrages marqueront sans doute le coup. En voici un tout premier qui s’attache à ce qu’a été la considération faite au fait français par les Pères de la Confédération et ce qui s’ensuivit. Nous devons cet essai mené par une équipe de chercheurs Le Canada français et la Confédération sous la supervision de messieurs Jean-François Caron et Marcel Martel qui ont bien potassé le sujet. Et déjà on voit comment on a cru que de laisser Macdonald opter pour la centralisation des pouvoirs a été vu par des naïfs comme une sorte de « gentlemen agreement » avec les conséquences que l’on sait. Et on s’attache à montrer aussi la part joué par les Acadiens. 

Le Canada français et la Confédération. Fondements et bilan critique. Collectif sous la direction de Jean-François Caron et Marcel Martel. Presses de l’université Laval 174p.      www.pulaval.com


 


 


Les objets inanimés ont une âme

S’il faut en croire Cécile Beaulieu Brousseau on ne regardera plus les objets de la même manière. Dans son conte pour touts petits Zizanie dans l’armoire elle donne vie à une petite nappe de dentelle nommée Napie qui doit cohabiter parfois sur le lit avec monsieur DuVêt. L’harmonie n’est pas toujours au rendez-vous. Le tout sur la surveillance d’un gentil canidé très curieux. Cette charmante historiette est appuyée par les dessins bien sentis de Ninon Pelletier armé de son fusain, crayons à mine et comme elle l’avoue, un soupçon de Photoshop.

Zizanie dans l’armoire. Cécile Beaulieu Brousseau, illustrations de Ninon Pelletier. Les éditions L’Interligne 35p.      www.interligne.ca


 


 


Janette Bertrand nous rassure sur la vieillesse

Au Japon elle aurait obtenue le titre de trésor national. Au Québec elle une icône, ce qui n’est quand même pas si mal. La vénérable dame a atteint l’âge de 90 ans. Un cercle d’âge qui est de moins en moins étroit, vu que le temps de vie s’allonge et que le fait d’atteindre les cent ans étonne beaucoup moins qu’avant. Par contre ce qui demeure c’est cette frousse de vieillir et qu’un autre avait appelé en son temps un naufrage. Eh bien vieillir n’est pas si dévastateur si on veut croire notre Janette nationale qui s’étend sur ce sujet épineux à l’ère du jeunisme et de la culture L’Oréal. Elle écrit donc La vieillesse par une vraie vieille. Il fallait la voir l’autre jour sur le plateau de Denis Lévesque. Loin d’être décrépie, elle affichait une insolente bonne mine qui a renversé l’animateur. Mme Bertrand reconnaît que le corps ne suit pas toujours mais qu’il faut persister en dépit de tout. Et elle nous donne à lire tout ce qu’il faut savoir des dernières recherches sur l’âgisme. Et au sortir de lecture, on se dit qu’au final, ça dépend de ce qu’on veut en faire. Quand on possède la connaissance sur un sujet donné, comme celui-là, on a après coup beaucoup moins peur. Même à 90 ans on peut faire des projets…Foi de l’auteure.

La vieillesse par une vraie vieille. Janette Bretrand. Libre Expression. 320p.


 





 


Le coin santé physique et psychique

Aux éditions Octave sort un opuscule Petit manifeste pour un monde meilleur signé Michel Laverdière qu’on a connu producteur de disques, proche de Paul McCartney et maintenant philosophe. Il a publié plusieurs titres sur le développement personnel et celui-ci entre dans sa démarche. A sa façon il nous dit un peu ce que le Christ était venu nous rappeler, à savoir que le royaume des cieux est en nous. Et Laverdière de faire l’énumération de toute une série de possibilités qui dort en nous et qu’il suffit de mettre en pratique.

Le thème de la mort ne cesse de hanter les humains. Et pour cause, car l’après vie terrestre ne s’est pas manifestée avec certitude pour rassurer notre condition et donner un sens définitif à l’existence. Voici un petit bijou d’ouvrage de Jacques Gauthier, Récit d’un passage où il consigne des réflexions d’une grande intensité sur les fins dernières. Il fait appel à diverses sources, des proches comme des notoriétés. C’est une pierre qu’il apporte à l’échafaudage de notre connaissance intérieure. Chez Novalis.

Les trois prochains titres paraissent aux éditions AdA. Sonja Grace nous arrive avec Devenir un ange terrestre. L’auteure a des racines autochtones et se présente d’emblée elle-même comme un ange terrestre. Qu’est-ce que d’être un ange terrestre ? Eh bien, on peut parler aux esprits, guérir à distance. Dans ce livre elle donne les repères pour identifier ceux qui en sont et ce qui les caractérisent. Cette démarche s’inscrit alors que notre univers s’apprêterait à entrer dans la cinquième dimension.

Jaya Jaya Myra nous invite à explorer le monde de l’auto-guérison par mode vibratoire dans son essai Guérison avec l’énergie vibratoire. Et elle fait le détail d’une panoplie ou de ressources qui sont à notre disposition, tels la visualisation, les mantras, l’aromathérapie, les cristaux, la méditation et autres. Des notions simples à assimiler qu’elle passe en revue. Enfin, un petit dictionnaire des rêves de Migene Gonzalez-Wippler « Les rêves et ce qu’ils signifient pour vous ».

L’essai à lire pour quiconque se pose pleins de questions existentielles est Je démarre la philo!, de Catherine Lallemand aux éditions Ellipses. On lui doit le « Petit manuel de philosophie à l’usage des parents d’élèves » chez le même éditeur. C’est formidable que ce bouquin nous parvienne alors que la philosophie fait figure de parent pauvre dans nos programmes d’éducation au Québec, quand elle n’est pas carrément inexistante. Pour orchestrer sa présentation, elle a rassemblé 40 questions que monsieur tout le monde est amené à se poser à un moment ou l’autre. Et pour une interrogation donnée, elle fait intervenir non pas uniquement des  philosophes patentés, mais des auteurs parfois, notamment Molière. Dans le genre c’est réellement bien fait avec des réponses bien construites. En somme, le livre de chevet pour mieux vivre.

Et pour conclure, deux ouvrages aux éditions du Dauphin Blanc. Le premier Ma fille, mon ange, mon étoile filante est de Sylvie Veilleux-Deschênes Cette femme avait un environnement affectif et professionnel merveilleux, jusqu’au jour où on lui apprend que sa fille, à peine âgée de treize ans, a une tumeur cancéreuse au cerveau. S’engage alors un long combat qui sera perdu, elle meurt l’année suivante. Y a-t’il plus grand chagrin que la perte de son enfant. La mère éplorée a consigné dans un journal intime, tout ce par quoi elle est passée. Un cas vécu extraordinaire qui donnera du courage à ceux qui vivent pareille épreuve.

La dualité homme et femme est d’une éternelle actualité. Qu’est-ce qu’un homme et qu’est-ce qu’une femme ? Facile à répondre mais en apparence. Il y a toute une déclinaison de facteurs qui font qu’il y a une échelle dans la représentation des genres sexuels. Josée Durocher y va de sa contribution avec Sacrés! Le féminin et le masculin vus autrement. Et on verra que la notion de féminité et de masculinité est en profonde mutation. Et ça ne va pas sans bouleversements! Pour aller au fond de son sujet elle est allée interviewer diverses personnalités dont la transgenre Michelle Blanc, Patrice Coquereau, Marcia Pilote et plusieurs autres pour avoir leur avis. A lire pour confornter nos propres idées aux leurs.


 


 


Réhabilitation d’Honoré Mercier

Le nom d’Honoré Mercier ne dit plus grand-chose à la jeune génération. A moins de se souvenir de son nom grâce à certains épisodes des Belles Histoires des Pays-d’En-Haut, tandis que le curé Labelle cherchait à joindre celui qui fut premier ministre du Québec, le neuvième en fait (1887-1891) en hurlant dans le téléphone à roulette. C’est que ce dernier avait nommé le célébrissime curé, sous-ministre de la colonisation. Mercier, le premier du nom, car il y en aura deux autres qui suivront en politique avec le même prénom et même patronyme, fut un grand premier ministre. Chef du Parti libéral, il sera le premier à défendre l’autonomie provinciale dont beaucoup plus se fera un autre chantre, nous avons nommé Maurice Duplessis. Pour revenir à Mercier, il sombrera dans la dèche, avec 83 mille dollars de dettes! Vous pouvez imaginer la somme pour l’époque à la valeur constante d’aujourd’hui. Il aura été entraîné dans un scandale entourant un chemin de fer de la Baie-des-Chaleurs, à la suite de manœuvres de l’organisateur en chef de sa formation politique. L’ex recteur de l’UQAM aime bien les perdants. Il s’est donné comme mission de réhabiliter sa mémoire avec non pas un livre mais deux, aux éditions Del Busso. Le premier est une biographie romancée Honoré Mercier par lui-même mais rigoureusement établie à partir des faits historiques. Puis chez le même éditeur Honoré Mercier, Discours 1873-1893. Un passage est savoureux alors qu’en visite en France, il remet à sa place l’évêque de Chartres qui répandait que les français qui venaient au Québec étaient traités rien de moins qu’en esclaves! Chapeau à M. Corbo qui, on se le demande, comment parvient-il à abattre une telle besogne ?


 


 


Trois contes mignons aux 400 coups

Adultes qui nous lisez, nous vous mettons au défi de demeurer de marbre devant ces trois titres qui sortent aux éditions des 400 coups et destinés à vos jeunes têtes. D’abord les deux premiers, Ne bouge pas!, et Dépêche-toi!, sont du même tandem Anne-Sophie Tilly et Julien Chung. Dans les deux cas défilent devant vos yeux une ménagerie d’animaux plus sympathiques les uns que les autres et à faire découvrir. Puis un plus grand album cartonné Maurice et Léopold de Vanya Nastanlieva qui célèbre la cohabitation harmonieuse entre un souriceau et un ours, le rongeur répétant par l’exemple tout ce que fait son voisin plus gros.


 


 


Histoire du clown nègre

Si vous pensez que les élucubrations du Dr. Patch faisaient figure d’actes précurseurs en matière de psychothérapie, c’est qu’il n’en est rien. Déjà la fin du XIXème siècle, vous aviez Rafael qui fut en France, homme du cirque, le seul clown nègre de l’Hexagone, faisait la même chose dans les hôpitaux de la Ville-Lumière. C’est grâce à Gérard Noiriel et sa biographie Chocolat qu’il a pu reconstituer le parcours de ce jeune esclave cubain qui sera vendu par un marchand espagnol, puis domestique au service d’un clown anglais. Avec un comparse qui sera connu sous le nom de Footit il fera un tandem triomphant à Paris. Il sombrera hélas dans l’oubli. Grâce à cet historien qui disposait de peu de matériaux d’archives pour le volet du cirque, fera des recoupements et approfondira à ce point sa recherche qu’il nous livre le parcours complet de cette vie hors-norme.

Chocolat. Gérard Noiriel. Bayard 534p.     www.bayardlivres.ca


 


 


Tout ce qu’il faut savoir et plus sur Windows 10

Dans la grande guerre opposant PC à MAC, il n’en reste pas moins que pour des raisons souvent sentimentales, les accros de Windows ne voudraient pour rien au monde devenir des transfuges au profit de la secte Apple. Si vous avez entendu dire que la dernière version Windows 10 est super et que vous songez à en profiter, voici que la collection « Pour les nuls » ajoute cet opus « L’ordinateur avec Windows 10 » cosigné par deux pointures, Dan Gookin à qui on doit le premier titre de ce qui devint cette célèbre série de Pour les nuls. C’était si on s’en souvient « Le DOS pour les nuls » datant de 1992. Puis son acolyte Andy Rathbone à qui on doit toujours dans la dite collection, tout ce qui a concerné et concerne le chapitre des Windows. Ce que nous avons ici, est un cours didactique simplement expliqué étape par étape de ce qu’est un PC et dans sa dernière application concrète de Windows 10. Avec de tels guides, l’erreur est inexistante ou presque.

L’ordinateur avec Windows 10 pour les nuls. Dan Gookin et Andy Rathbone. First 340p.       www.editionsfirst.fr


 


 


Le cri du cœur d’une infirmière

Lyne Laroche  est une infirmière sénior. Elle a plus de trente ans de pratique. Il n’y pas grand-chose qu’elle n’a pas exploré dans son domaine. Par conséquent, il faut entendre sa voie, du moins ce qu’elle écrit à propos de ce qui se passe dans notre système de santé si décrié. Son cri du cœur a pour titre Une infirmière en colère. Un petit livre en fait qui en dit long sur les errances en matière de soins de santé. Elle expose non seulement les problématiques, mais propose ses solutions. Pourquoi n’écoute-t-on jamais la base ? Il faut voir les pages où elle reproduit les codes du vocabulaire propre au Ministère de la santé. C’est proprement monstrueux. Sans compter que les cadres augmentent et les budgets coupés au niveau du plancher. Incroyable!

Une infirmière en colère. Lyne Laroche. Carte blanche 169p.    www.carteblanche.qc.ca


 


 


Du comment des révolutions

Règle générale on admet que les révolutions naissent quand le peuple a faim. Après lecture de lecture de l’essai Qu’est-ce qu’une révolution ? de Hamit Bozarlan et Gaëlle Demelemestre on se rend compte que c’est un peu plus compliqué que ça, et que les nations se soulèvent souvent pour provoquer la chute de tyrans et faire avancer la démocratie. Qui, les auteurs le soulignent, est né de deux courants, l’Indépendance américaine et la Révolution française. Cet essai d’une grande rigueur, précédé d’une intense recherche, détaille ce qui explique ce moment où le peuple dit non.

Qu’est-ce qu’une révolution ? Amérique, France, Monde arabe 1763-2015. Hamit Bozarslan et Gaëlle Delemestre. Cerf 394p.     www.editionsducerf


 


 


Le coin spiritualité

Il a été dit que devant les affres de la Première guerre mondiale, le pape Benoît XV n’a pas tenu le coup et en est mort. Comment d’ailleurs depuis le siècle dernier l’Église catholique romaine s’est-elle positionnée face aux conflits armés. C’est à ça que s’emploie à répondre le prêtre Daniel Moulinet professeur à l’Université catholique de Lyon. On lui doit notamment un bel essai sur la séparation entre l’Église et l’État français de 1905. Il passe donc en revue les temps forts de la papauté en matière de médiation et d’appels à la paix. Aux éditions du Cerf.

Les paraboles de Jésus un trésor à redécouvrir de Jean-Pierre Prévost aux éditions Novalis, est une revisite de ces métaphores célèbres du Fils de Dieu pour tenter de faire passer son message auprès d’auditoires sans instruction et qui se transmettaient le savoir par tradition orale. Cet exégète et théologien qui a potassé ces enseignements à l’infini, nous rappelle que bon nombre de ces interventions se sont enracinés dans le langage courant comme « beaucoup d’appelés mais peu d’élus » ou bien « séparer le bon grain de l’ivraie ». Et c’est de voir que ces prédications sont encore d’une grande modernité.


 


 


Un bijou du genre chick-lit

Dans la veine de « Sex and the city » qui a fait tant d’émules, on peut ranger La grève des femmes formidables  d’Alex Riva. Si nous avions été dans les années cinquante nous aurions en couverture des filles longilignes à la Jacques Faizant. Maintenant elles ont pris juste un peu plus de proportions. C’est la vie de ces filles de l’èere numérique que nous raconte l’auteure, elle-même mère de deux adolescentes âgées de seize et douze ans. Pour son premier roman, on notera qu’elle a un sens très aiguisé de l’observation de la faune féminine. Et elle est capable de faire dans l’autodérision, qui est une marque de grande maturité. C’est un bouquin distrayant, la posologie vous conseillant de le lire par jour de grisaille.

La grève des femmes formidables. Alex Riva. Denoël 268p.    www.denoel.fr


 


 


Une figure inspirante, Charles de Foucauld

Même les bouffeurs de curés reconnaissent de grands mérites à certaines figures de l’Église. C’est le cas de Charles de Foucauld qui issu d’une famille bourgeoise va aller s’enferrer dans le désert pour vivre en quasi ermite. François Sureau fait bien de raviver cette vie hors du commun, l’heure où bien des jeunes en quête d’Absolu se cherchent des modèles, qu’ils vont hélas puiser comme inspiration du côté de l’islamisme radical. Or, bien que catholique, le Père de Foucauld était avant tout un humaniste et n’appartenait pas à l’école du Hors de l’Église point de salut. Il aimait ses frères musulmans. Malheureusement la haine viendra à bout de cette belle âme et il périra assassiné. C’est un court ouvrage qui résume bien cette vie toute entière tournée vers le Seigneur après bien des détours tortueux.

Je ne pense plus à voyager. François Sureau. Gallimard 154p.  


 


 


Djian vampirise l’âme d’une jeune fille devenue femme

Philippe Djian n’est jamais à court d’imagination. Quand il n’invente pas un personnage qu’il décrit à distance, il va parfois carrément prendre la peau de la protagoniste comme il le fait avec cette Myriam dont il parle à la première personne dans Dispersez-vous, ralliez-vous! Une jeune fille qui vit avec son père séparée de sa femme. Elle est toute rentrée par l’intérieur et peine à communiquer ces sentiments. Ce n’est pas qu’elle n’en a pas, au contraire. Et Djian de nous les dévoiler. Il puis elle aura une aventure avec un voisin, homme mûr, qu’elle épousera et dont elle aura un enfant, sans grand enthousiasme. Puis le père meurt. Et voilà que rapplique la smala que l’on ne voyait jamais, et qui vient parler héritage. Vous allez voir comment va se traduire la vengeance de Myriam, outrée de tant d’opportunisme. Ce roman divin montre hors de tout doute raisonnable, que la part du diable est bien manifeste en nous, bien davantage que l’amour. Ce titre ravira les lucides chroniques revenu de tout et les confortera dans leurs certitudes.

Dispersez-vous, ralliez-vous! Philippe Djian. Gallimard


 


 


Un tableau qui rend dingue

Il y a des œuvres picturales qui peuvent vous sidérer. C’est le cas de ce tableau qui va subjuguer un avocat allemand en renom. Nous sommes dans une galerie de Sydney. La toile représente une femme nue dans un escalier. Elle est signée Karl Schwind. Et il arrivera que cette création va mettre le feu à l’esprit du juriste qui n’aura de cesse à partir de ce moment-là, de retrouver celle qui posa. C’est, excusez le jeu de mots facile, la toile de fond de cette histoire intrigante, La femme sur l’escalier de Bernhard Schlink. En même temps c’est bâti comme un thriller car il y a en effet enquête sur tout ce qui s’est déroulé entre la séance de pose et son exposition finale. Du coup, un sacré retour dans le passé pour l’avocat qui n’a jamais oublié cette femme.

La femme sur l’escalier. Bernhard Schlink. Gallimard 255p.  


 


 


Une analyse approfondie des people

Les cyniques écrivent « les pipoles ».Qu’on les aime ou qu’on les déteste, ils envahissent les médias. Et ça prend des proportions effarantes. Dans le clan Kardashian par exemple, un « tweet » écrit par l’un de ses membres vantant un produit, peut-être facturé treize mille dollars, juste un petit commentaire de 140 caractères. Tout ça parce qu’ils ont des millions de lecteurs sur leur site. Rihanna cumule soixante quinze millions de commentaires sur Google. Autrefois on parlait de gloire justifiée par une activité artistique, sportive ou autre. Mais aujourd’hui on peut être célèbre sans avoir rien fait de significatif. C’est l’essence des people. On dira d’une telle que c’est la It girl du moment. Le sociologue Guillaume Erner bous sert une analyse aboutie de cette dérive médiatique qui fascine et qui est à l’image même des valeurs superficielles colportées par l’Amérique. A lire sans faute pour comprendre la névrose de notre temps.

La souveraineté du people. Guillaume Erner. Gallimard 262p.  


 


 


Une dissidente nord-coréenne raconte son pays fou

Yeonmi Park est parmi les dissidentes les plus connues du régime nord-coréen. A peine âgée de 13 ans, elle a fui la Corée du Nord pour se rendre en Corée du Sud. Toute une épopée qu’elle décrit avec brio dans Je voulais juste vivre. On sait à quel point le dictateur est fou, mais à ce point. C’est de lire toutes les énormités de cette vie au quotidien. Un des temps fort de cette lecture c’est lorsqu’elle raconte qu’à court d’engrais, devenus moins accessibles de la part de la Russie, le gouvernement avait obligé les citoyens à conserver leurs excréments pour lesquels on fixait un quota journalier! Et ce n’est pas la moindre excentricité de ce bastion du communisme pur et dur. C’est le meilleur ouvrage pour nous dévoiler en quoi ce pays de la Corée du Nord est dans une dérive totale et dangereuse.

Je voulais juste vivre. Yeonmi Park. Kero 299p.    www.editionskero.com


 


 


Oui l’amitié existe entre filles

Une légende souvent entretenue c’est que les filles sont les plus grandes rivales entre elles et que par conséquent l’amitié entre elles, tout un défi. Eh bien voici un sérieux démenti avec Ta façon d’être au monde de la blogueuse bien connue Camille Anseaume qui est une célébration de l’amitié au féminin. Elle réunit ici deux copines dissemblables en tout côté caractère mais très soudées. Et il arrivera une épreuve qui viendra bouleverser cette union magnifique. C’est tout de sensibilité. Nous recommandons tout particulièrement cette lecture aux mâles qui découvriront du coup de quoi s’abreuvent leurs compagnes.

Ta façon d’être au monde. Camille Anseaume. Kero 227p.     www.editionskero.com


 


 


Dernières volontés en mode réalité virtuelle

L’ère numérique va emmener son lot de romans qui témoigneront de cette époque où le virutel l’emporte sur la réalité. En voici un très de notre temps et très singulier. Signé par Emmanuelle Terff très impliquée sur la question des internautes. Il s’agit de La plage des Baleines. La protagoniste échange avec une prénommée Garance sur Facebook. Cette dernière décédera. Et dans ses dernières volontés, demandera à celle qu’elle n’a jamais finalement rencontrée, de disperser ses cendres à quatre endroits. Un vœu qui sera respecté. C’est cette étrange aventure que nous raconte la narratrice. Quelle époque vivons-nous!

La plage des Baleines. Emmanuelle Terff. Robert Laffont 248p.   www.laffont.fr


 


 


Cinquième enquête du commissaire aux morts étranges

Pour preuve qu’Olivier Barde-Cabuçon a trouvé son public, nous sommes déjà à la cinquième du commissaire aux morts étranges. Un épisode intitulé Entretien avec le diable que le communiqué de presse accompagnant sa sortie identifie comme se situant entre le Petit chaperon rouge, Le nom de la Rose et l’Exorciste. Tout un programme. Nous sommes toujours au XVIIIème siècle, celui de prédilection de l’auteur, transporté cette fois en Savoie où se passe non pas, mais plusieurs phénomènes inexpliqués. Et le démon s’y manifeste de moult façons. Notre héros a du pain sur la planche. Mais lui, il est la rationalité sur deux pattes et ne s’énervent pas avec ce qui au premier abord semble incompréhensible au commun des mortels. Et son flair encore une fois ne le trompera pas.

Entretien avec le diable. Olivier Barde-Capuçon. Actes Sud 360p.    www.actes-sud,fr


 


 


La rencontre de deux octogénaires hostiles

Si vous pensez que l’âge comme la musique adoucit les mœurs, détrompez-vous. Pour en avoir le cœur net, lisez les pages de cette tragi-comédie La villa de Peter Nichols. L’histoire d’un homme et d’une femme, fortement épris et qui s’épousèrent en 1948, la même année…que leur divorce! Ils vont se perdre de vue, jusqu’à ce que le hasard les mettent l’un en présence de l’autre, cinquante ans plus tard et octogénaires. Une onde de choc va traverser ces êtres qui n’en avaient pas terminé avec leurs griefs. Quel beau film en perspective. Entretemps on peut toujours se délecter de ce dépaysement qui a pour cadre une île des Baléares. L’humour anglo-saxon est au rendez-vous avec une touche d’exotisme en prime. Ce titre tutoie l’excellence.

La villa. Peter Nichols. Nil 459p.     www.nil-editions.fr


 


 


Dans l’univers du taxi

En voyant arriver sur la table de la rédaction ce roman tout simplement Taxi il nous est venu à l’esprit que pour un univers si chargé en sentiments et en poésie que celui du taxi, qu’il n’y ait pas eu plus de livres s’écrivant sur le sujet. Même au cinéma, exception faite d’un film culte comme « Taxi driver ». Celui que nous avons entre les mains porte la signature d’un marginal, Maurice Soudeyns officiellement poète, qui a fait cent un métiers dont celui de chauffeur de taxi. Il narre l’amitié de deux d’entre eux, le premier singulier comme l’auteur et le second père de famille pour qui le taxi c’est du sérieux et qui s’inscrit dans une perspective. Il va leur arriver moult choses qui consolideront ou ébranleront leur lien. Il y a une belle tendresse de l’écrivain pour ses personnages, dont vous tomberez sous le charme.

Taxi! Maurice Soudeyns. Lévesque éditeur 122p.    www.levesqueediteur.com


 


 


Mille univers dans plus de 400 pages

Michel Dupuy s’est fait connaître quand il raconta dans un précédent ouvrage la tradition diplomatique de sa famille, le père comme le fils, c’est-à-dire lui-même. On avait apprécié la qualité de sa narration. Mais il nous le montre de façon plus éclatante encore dans Amours infidèles un gros recueil de nouvelles qui d’un chapitre à l’autre nous fait passer d’une compagne post-hippie au monde maritime. Mais il y a un dénominateur commun qui a accroché notre attention, ses portraits de femme. Il doit les aimer au-delà de toute expression car il nous donne le goût de les fréquenter. Pour le reste le style est là, comme une classe de maître. Il nous fait penser à ces écrivains du XIXème siècle, d’avant l’ère de la photographie, qui savait nous restituer les objets. Lui c’est dans celui des âmes qu’il cartonne.

Amours infidèles. Michel Dupuy. Delbusso éditeur 483p.    www.delbussoediteur.ca


 


 


Quand les québécois se sont étendus à la face du monde

Il est souvent question de diverses communautés ethniques tricotés serrés qui vivent hors de leur pays d’origine. Ce qu’on appelle une diaspora. Mais qu’en est-il des québécois qui ont fait des petits et qui ont essaimé hors des frontières de la Belle Province. Voici un ouvrage de généalogie qui en surprendra plusieurs. La diaspora québécoise de Jacques Noël part de célébrités dont on n’imaginerait pas un seul instant qu’elles aient des racines chez nous. Vous serez étonnés de savoir la provenance des Liza Minelli ou Hillary Clinton, pour ne nommer que celles-là. En fin d’ouvrage, l’auteur nous livre la marche à suivre pour devenir un généalogiste en herbe.

La diaspora québécoise. Jacques Noël. Les éditions Gid 316p.    www.leseditionsgid.com


 


 


A la découverte historique des hameaux maskoutains

Ils sont deux, Guy Mongrain (non pas celui de TVA) et Julie St-Onge qui ont une passion commune pour la cartographie du Québec. Ils nous livrent un album fouillé d’une région considérée comme le grenier du Québec, nous avons nommée la région maskoutaine avec pour chef-lieu Saint-Hyacinthe. Outre un texte décrivant le développement de ce secteur, on voit comment à travers les siècles, des noms de hameaux ont changé pour d’autres noms de baptême. Ainsi y avait-il un village nommé Égypte qui devint Saint-Valérien. C’est toute une transformation qui opère sous nos yeux. Les habitants des régions concernés seront au premier chef très intéressés de connaître ce riche patrimoine à la fois géographique et historique.

Hameaux et lieux-dits maskoutains. Guy Mongrain et Julie St-Onge. Les éditions Gid 107p.     www.leseditionsgid.com


 


 


La Ville de Québec, des photos qui rendent nostalgiques

Pierre Lahoud est  un  connaisseur de la Ville de Québec. Aux éditions Gid il nous a gratifié d’un bel album sur l’Île d’Orléans. Cette fois ses recherches l’ont mené dans les archives photographiques de la Vieille Capitale à partir des années 60. C’est dans la collection 60/90 chez le même éditeur. On tourne les pages et nous qui sommes rendus à l’ère numérique, on a l’impression de revisiter un monde disparu, une autre civilisation. De voir des photos de Chez Gérard la « grande » salle de spectacle non loin de la Gare du Palais, les vieux immeubles de Limoilou et de Saint-Roch, les stations services, la bénédiction d’un A&W par un curé. Quelle époque. Il y a une chose qui semblait manifeste, la notion de plaisir, qui semble disparu depuis que le IPhone capte toute l’attention et qu’on ne regarde plus autour de soi.

Québec. Pierre Lahoud coll. 60/90. Éditions GID 168p.   www.leseditionsgid.com


 


 


La grandiose beauté du parc national de la Gaspésie

Steeve Landry est à même de vanter la Le parc national de la Gaspésie à qui il consacre un album sublime du point de vue de la photographie. Et pour cause, c’est un natif de ce coin de pays. On dit volontiers qu’une image vaut mille mots. Et c’est vrai. Il n’y a aucun mot ou expression qui peut rendre compte autant que les clichés qu’on y trouve, de cette magnificence géographique. Les cimes enneigés qui s’étendent à perte de vue, la faune qui niche, diversifiée à souhait avec ses ours, originaux et tutti quanti. Après avoir feuilleté cet ouvrage à la riche iconographie, on n’a plus qu’une idée en tête, s’y rendre. Mission réussie pour l’auteur.

Le parc national de la Gaspésie. Steeve Landry. Les éditions Gid 179p.  www.leseditionsgid.com


 


 


 L’histoire de la navigation en ivoire d’Arctique

Le Québec a un patrimoine d’une richesse inouïe dont on ignore encore tant de trésors. Ainsi cette collection unique au monde, œuvre du modéliste Edmond Lecouvie (1886-1971) composée de 42 navires reconstituant l’histoire de la navigation à travers les temps, mais dont la particularité, c’est qu’elles ont été réalisées à partir de l’ivoire de morse et de narval de l’Arctique. Durant un quart de siècle, tel un bénédictin, il a taillé avec une grande minutie des milliers de pièces. Au final, une rétrospective sans égale, qui appartient maintenant à la famille Déry. L’historienne Linda Croteau nous fait connaître ce travail artisanal hors du commun, en même temps qu’un cours d’histoire maritime.

La collection Lecouvie-Déry. Flottille d’ivoire Arctique. Linda Croteau. Les éditions Gid 188p.     www.leseditionsgid.com


 


 


Lorraine Pintal se met à nue

A part la revue Jeu dont c’est la mission de rendre compte de l’activité théâtrale au Québec, côté livre c’est la pauvreté absolue du côté des ouvrages où nos comédiens fassent l’objet d’un ouvrage où se livrent eux-mêmes. Comme si les éditeurs craignaient une non rentabilité. Eh bien saluons les Presses de l’Université du Québec d’avoir ouvert leur catalogue à Lorraine Pintal qui se met à nue dans De corps, de chair et de cœur. Qui est fait de trois composantes, un aspect biographique, son amour du théâtre malgré l’opposition des parents, ce qu’est la vocation de comédien et de metteur en scène, et une profession de foi sur la mission théâtrale. C’est une belle réussite sur tous ces plans. C’est idéal pour comprendra sa démarche toute imprégnée de sens, presque mystique.

De corps, de chair et de cœur. Lorraine Pintal. Les Presses de l’Université du Québec 242p.      www.puq.ca


 


 


La science-fiction miroir de la politique

Il fallait y penser. Des chercheurs sous la direction d’Isabelle Lacroix et Karine Prémont qui ont en commun d’aimer à la fois la science-fiction et les sciences politiques, se sont mis en tête de faire ressortir en quoi la science-fiction, que ce soit en littérature ou au cinéma, exploitent abondamment des thèmes politiques. Ça donne un essai magique qui a pour titre D’Asimov à Star Wars Au point que ces créations deviennent en quelque sorte le miroir politique de ce que nous sommes. Avec moult exemples à l’appui qui montre bien à quel point les participants ont bien potassé leur sujet, on a l’impression que la science-fiction est une radiographie de certaines époques présentes ou anticipées.

D’Asimov à Star Wars. Représentations politiques dans la science-fiction. Collectif. Presses de l’Université du Québec 250p.    www.puq.ca


 


 


Comment l’État joue à l’équilibriste avec nos finances

Pierre P. Tremblay qui a bossé au sein de la fonction publique tant au fédéral qu’au provincial et qui enseigne maintenant son savoir en la matière comme professeur titulaire d’administration publique au Département de science politique de l’Université du Québec à Montréal, poursuit sa démonstration de la manière dont un État administre ses finances. Dans un premier tome il avait abordé la question des revenus, la suite avec ce deuxième tome, ce sont évidemment les dépenses. Et il pose la question fondamentale, c’est quoi un budget sain ? Car tout gouvernement jongle avec ce qu’il doit percevoir et doit remettre. En même temps, c’est la quadrature du cercle, le citoyen veut plus de services publics en même temps que l’État doit freiner le mouvement pour préserver l’équilibre fiscal. Tout un dilemme, au point que le docte professeur parle d’un travail d’équilibriste à perpète.

L’Argent de l’État. Pourquoi et comment. Tome 2 La dépense. Avec la collaboration de Marc-André Houle. Les Presses de l’Université du Québec 236p.      www.puq.ca


 


 


Un tribut à Leonard Cohen

Sous la direction de Chantal Ringuet et Gérard Rabinovitch voici un très beau livre qui donne le goût d’explorer sinon de découvrir Leonard Cohen. C’est un recueil de divers témoignages où chacun apporte sa pierre à la connaissance de ce grand auteur-compositeur-interprète. Les révolutions de Leonard Cohen regorge d’anecdotes où les participants définissent en quoi l’artiste a eu une influence sur eux. D’Hélène Rioux par exemple qui écoute souvent sa musique en boucle et ce qu’elle lui évoque. Rober Racine qui raconte la toute première fois où au cours dune réception il discutait avec quelqu’un assis près de lui, sans savoir qu’il était au côté de Cohen au grand amusement de ses proches ébahis de son ignorance. Bref, après avoir lu la dernière ligne, on a seulement le goût de faire tourner un disque de lui et de s’enivrer de toute cette belle poésie.

Les révolutions de Leonard Cohen. Collectif. Les Presses de l’Université du Québec 278p.     www.puq.ca


 


 


L’époque des montreurs d’ours

Ce livre est une véritable curiosité car pour le québécois du XXIème siècle, il n’a aucune idée de ce que pouvait être la fascination que pouvait exercer sur les populations les montreurs d’ours qui circulaient de villes en villages pour faire la démonstration de leur savoir-faire sur la bête. Louise Pagé qui après une longue carrière dans l’enseignement, nous raconte la venue chez nous de ces montreurs d’ours dont un, fut un de ses ancêtres. Cette forme de spectacle a connu son hure de gloire de 1874 jusqu’à la Première guerre mondiale. Ces hommes venaient pour l’essentiel de trois villages des Pyrénées françaises. Tenant de la généalogie et du cours d’histoire, vous avez là un pan méconnu de notre petite histoire, très distrayante. En fin d’ouvrage vous avez une sélection de photos qui montrent les pitreries des ours sous l’œil amusé des curieux. Nostalgie quand tu nous tiens.

Montreurs d’ours. De l’Ariège à l’Amérique. Louise Pagé 243p.     www.leseditionsgid.com


 


 


Du Vietnam au Québec, itinéraire d’une vietnamienne

Elle s’appelle Van Dung Nguyen. C’est une pharmacienne de son état, qui a connu celui qui deviendra son mari, un québécois, lors d’un séjour en Italie. Voilà quarante ans qu’elle est une québécoise. Comment s’accommode-t-elle de sa culture ancestrale et de la nôtre ? Elle qui vit au milieu de femmes potentiellement émancipées, comment regarde t’elle les femmes de son pays d’origine ? Et quel message a-t’elle pour elles ? Autant de sujets qui font l’objet de son petit livre de souvenirs Du lotus au sapin. Elle qui depuis assez peu s’intéresse à la peinture, elle a orné la couverture de son livre par une création, de jolis fleurs. Un livre de sagesse et d’art de vivre.

Du lotus au sapin. Van Dung Nguyen. Les éditions Gid 160p.    www.leseditionsgid.com


 


 


Des recettes, mais alors là, vraiment délicieuses

Ne dites jamais à un mélomane qu’il y a trop de disques, comme ne dites jamais à un gourmet qu’il y a trop de livres de recettes. En voici un autre celui-là du fait que les recettes qu’il contient sont archi simples et terriblement délicieuses, 140 au total, dont la majorité conviennent tout particulièrement pour la belle saison. C’est Rapide léger et sauté de Michela Neri. Quand on parle de simplicité, prenez ce riz à la noix de coco, lime et crevettes. Rapide d’exécution avec une explosion de saveurs en bouche. Comme petite entrée, personne ne lèvera le nez sur un carpaccio de thon avec endives. Et c’est comme ça à chaque page. Et un très bon dépanneur quand on reçoit à la dernière minute avec une panne d’imagination. Voilà, c’est tout trouvé.

Rapide, léger et sauté. Michela Neri. Broquet 319p.    www.broquet.qc.ca


 




 


Le coin santé physique et psychique (1)

Les trois prochains titres sont édités au Cerf. Avec pour débuter, une question d’une terrible actualité, celle des migrants. Philippe Henne professeur à l’Université catholique de Lille, il nous invite à une grande remontée dans le temps, celle des gloires de l’Empire romain, alors que les empereurs de la grande Rome avaient entrepris de « pacifier » les autres nations, se mettant eux-mêmes en mode barbare. Les invasions barbares qui donne son titre à ce livre d’une sombre page de l’humanité, montre comment des figures chrétiennes se sont dressées devant ces envahisseurs. Dans un autre registre, il est dit de la fidélité que c’est un défi au même titre que la chasteté. Les tentations sont grandes. Marie-Noël et Olivier Florant aborde la question de l’infidélité. Ils ont des choses à dire à ce chapitre, eux qui forment un couple depuis quarante-cinq ans, autant dire une éternité. En sexologue et conseiller conjugaux qu’ils sont, les deux auteurs d’Aimer après la foudre et l’orage répondent à des questions aussi simples qui commandent des réponses complexes, comme cette idée que l’amour doit durer. Malgré la pléthore de livres en psychologie, ils ouvrent des domaines de réflexion encore inexplorés.

Le totalitarisme de l’émancipation. Voilà le combat que mènerait l’Occident qui veut encore en imposer au monde. Et dire qu’on croyait qu’après les fascismes du XXème siècle on aurait retenu les leçons. Mais non, notre fond commerce totalitaire reprend du terrain, mais sous d’autres oripeaux s’il faut en croire Chantal Delsol dans La haine du monde. Avec pour sous-titre « Totalitarismes et postmodernité »  cette philosophe nous rappelle des évidences qu’on aurait préféré ne pas admettre.

Les trois titres qui suivent sont aux éditions Québec-Livres. En tandem, Luce de Bellefeuille et Christine Delepière signent Les arrière-boutiques de l’adoption internationale. Simple d’adopter un enfant ? Bien au contraire. A la lecture de ce brûlot qui dénonce des pratiques condamnables, beaucoup d’institutions, d’organismes, de particuliers, profitent des pouvoirs qui leur sont confiés en la matière pour abuser, quand ce n’est pas financièrement. Les deux auteures expriment sans ambages ce qu’elles ont vu. Elles appellent de tous leurs vœux, de profondes remises en question.

Le Yoga, beaucoup lui sont consacré. Mais Thierry Loussouarn se fait fort d’en rappeler les avantages dans Le yoga, bénéfices physiques et mentaux. Avec les tensions qui nous habitent pour cause de stress, nous perdons considérablement en élasticité, tout tendus que nous sommes. Le yoga est l’alternative par excellence. Car en même temps qu’il y a relaxation il y a aussi tonification du système. Pour ne pas nous encombrer d’un lourd traité, le praticien s’est limité à seulement sept exercices à faire chez soi, sans contrainte, sinon se discipliner à les exécuter.

Le psychologue Yves Dalpé se fend de son côté de réflexions multiples sur La relation amoureuse. Formant avec sa compagne, elle-même psychologue un couple de longue durée, il a sa petite idée sur le sujet. Il est étonnant en nous rappelant des vérités qui déboulonnent des mythes, comme ces nations polygames qui font rêver les libertaires et où la jalousie n’aurait pas cours. Eh bien il se fait fort de souligner des études subséquentes qui ont révélé que le sentiment de jalousie existe partout dans les civilisations, mêmes en apparence « libérées ». Par ailleurs in considère bénéfique le fait de chialer et d’exprimer son ressenti. Vous irez de surprise en surprises sur la connaissance humaine et ce qui conditionne ce besoin d’éprouver des sentiments amoureux.


 




 


Le coin santé physique et psychique (2)

Vivre en mode léger est une garantie du bonheur. C’est un peu le credo de Dominique Boisvert qui oppose un autre art de vivre que celui de la consommation. Il est le chantre de la simplicité volontaire et le répète dans son petit opuscule La « pauvreté » vous rendra libres!, aux éditions Novalis. C’est lui qui signa jadis chez Écosociété son cri des indignés. Et en même temps, cet allègement du fardeau de consommer colle à plein au message évangélique.

 Pierre Côté est l’ancien président de l’agence Olive communication et on se souviendra de lui comme participant à al série télévisée « Naufragés des villes »  Lui aussi se pose des questions sur le bonheur. Et après bien des interrogations, il en est arrivé à quelques certitudes qu’il nous fait partager généreusement chez Carte blanche dans Le bonheur mis à nu. Un passage intéressant entre autres, est sa rencontre avec un homme d’affaires prospère qui lui a mis dans la face ses vérités. Qui ont eu un effet bénéfique. Car tout entier qu’il était, Côté était une boule d’émotions, finalement négatives qui allaient l’emporter vers de sombres perspectives. A lire, pour se confronter avec nos propres certitudes.

Les trois titres suivants sont chez l’éditeur Béliveau. L’autisme revient régulièrement dans l’actualité. On a su dernièrement que le couple Louise Morissette et Véronique Cloutier mettaient leurs ressources en commun pour créer une maison pouvant accueillir des autistes adultes. Et les statistiques démontrent que l’autisme va en augmentant au Québec. Mais qu’est ce que ce syndrome ? Annick Langlois nous en dit plus dans L’autisme, main dans la main. Sa fille Alice en est atteinte. Apprenant la nouvelle qui lui est tombée dessus comme une tonne de briques, elle s’est documentée et nous livre ici le fruit de ses recherches. Car qui sait dit-on, a moins peur.

Au Québec, une de nos caractéristiques qui joue contre nous, est le fait que l’on ne doive jamais se mettre en colère. Ne jamais ô grand jamais, faire de vagues. Or c’est contraire à la nature humaine, car la colère peut-être salutaire. Rappelons-nous l’expression de sainte colère du Juste. Céline Legault est partisane qu’il faut cracher son venin. Elle consigne sa petite idée là-dessus dans La colère m’a sauvé la vie. Au lieu d’imploser au risque d’avoir le cancer, explosez!

Pascale Piquet qui dit-elle a été une charmeuse invétérée, est maintenant de l’école de pensée que la qualité vaut sur la quantité. Et la vie lui a enseigné quelques principes fondamentaux qu’elle fait sienne sur ce qu’est la différence entre une baise et faire l’amour. Voici son code de conduite au lit Séduire pour une nuit ou charmer pour la vie ? Encore une fois on voit bien que l’union d’un homme et d’une femme, des êtres si dissemblables dans leurs besoisn fondamentaux, tient du défi.


 


 


La smala du chanteur Adamo

Au Québec on l’aime bien ce cher Adamo qui, avouons-le, nous néglige un peu. L’interprète de Tombe la neige et Inch Allah est un être d’une sensibilité exquise qu’on a souvent quand même la chance de voir au petit écran chez nous par le truchement de TV5 Monde. Et à son propos, dans la collection « Témoignage & document »  des éditions « La boîte à Pandore » sa sœur Giovanna qui lui a servi de secrétaire pendant plus d’un quart de siècle, nous raconte ce qu’a été l’album de famille. Si le chanteur se montre toujours d’un éternel optimisme, ce n’est pas faute d’avoir été épargnée ici bas, car entre autres coup dur, la mort de son père par noyade. Elle raconte le Salvatore qu’elle connaît, toujours près de son public. En même temps c’est une belle étude sociologique de ce qui se vit dans une famille quand votre frérot est une star adulée. En même temps on se rend compte que le métier a bien changé et que des carrières telle la sienne, ne sont pas près de se faire, du moins pas dans le contexte qui fut le sien. C’est un beau cadeau qu’elle fait au admirateurs qui veulent tout savoir sur leur idole ou presque.

Histoire de la famille Adamo. Giovanna Adamo. La boîte à Pandore 243p.    www.labiteapandore.fr


 


 


Le conservatisme dans la culture au Québec

Les éditions M, toute jeune maison d’édition, se taille une place de choix dans la contribution aux idées avec un catalogue qui ne cesse de surprendre. Nous venons à peine de recevoir les deux tomes de la biographie du chef syndicaliste Fernand Daoust, que débarque un essai fulgurant La guerre culturelle des conservateurs québécois qui nous éclaire sur un aspect de notre culture au Québec, le poids du conservatisme de nos élites en la matière. Excusez-nous pour une fois cette petite paresse, mais afin de respecter la démarche bien expliquée par ceux qui ont pris la direction de ce collectif, à savoir Francis Dupuis-Déri et Marc-André Éthier nous reproduisons la quatrième de couverture « Le conservatisme est désormais un courant extrêmement influent, sinon dominant dans les milieux culturel et intellectuel québécois. Il est composé, entre autres, de personnalités médiatiques cumulant les tribunes et de sommités universitaires jouant officiellement ou officieusement le rôle de conseiller politique. Depuis vingt ans, on a assisté aussi bien dans les universités que dans les médias au renforcement si ce n'est à la domination du courant conservateur qui a lancé une véritable guerre contre la gauche et plusieurs mouvements sociaux qui se réclament de ses valeurs. Ce boy's club dénonce les progressistes coupables des terribles maux qui affecteraient notre société, en particulier l'affaiblissement de l'État, de la Nation et même, pour plusieurs, de la famille. » Et on aborde aussi la vision de l’état de la chose culturelle à travers le prisme du féminisme, un angle inédit qui jette tout un éclairage.

La guerre culturelle des conservateurs québécois. Collectif. M édition 220p.     www.editionsm.info


 


 


On connaît quelqu’un demain

De son vivant, le mari de Teresa avait demandé à ce que sur sa pierre tombale soit inscrit ces mots « Et je serai toujours avec toi ». Le temps passe et effectivement la femme se retrouvera veuve. Un jour de l’automne 1995, on vint frapper à sa porte. C’est un homme qui éprouve des ennuis mécaniques avec son auto et demande à entrer pour chercher de l’aide. Et l’hôtesse des lieux, mélange tout, en figurant que c’est là le présage de ce que disait le mari, qui lui envoie de la sorte un ange pour veiller sur elle. Sauf que ce qu’elle croit être se révélera tout autre. Armel Job nous rappelle à sa façon dans ce roman bien ficelé qu’on ne connaît bien réellement quelqu’un demain, surtout le surlendemain. Et quel beau sujet de film cela ferait. Avis aux scénaristes confrontés au drame de la page blanche.

Et je serai toujours avec toi. Armel Job. Robert Laffont 301p.    www.laffont.fr


 


 


Thriller politique au Moyen-Orient

Gilbert Sinoué qui un peu comme Christian Jacq nous a habitué à des mises en scène remontant à des siècles passés, habille de chair et de sang l’actualité toute présente des conflits qui se déroulent au Moyen-Orient. C’est le tome 3 de la fresque Les cinq quartiers de la Lune    qui se déroule entre 2001 (les attentats du World Trade Center) jusqu’à 2011. Les nouvelles à la télé, à force de ressasser jour après jour ces tristes drames qui déchirent ces pays et le terrorisme ambiant, nous ont un peu blindés au plan émotionnel. On regarde tout ça avec presque une certaine carapace. Le mérite du roman ci présent c’est qu’il donne une identité à ces victimes de la folie des hommes. Après lecture vous réapprécierez la géopolitique internationale qui ne se limitera plus à de sombres statistiques.

Les cinq quartiers de la Lune. Tome 3. Gilbert Sinoué. Flammarion 396p.   


 


 


Pour comprendre le Québec des idées et sa modernité

Ce qu’il est prodigieux cet Ce qu’il est prodigieux cet Yvan Lamonde professeur émérite de l’Université McGill, qui au lieu de couler une retraite heureuse, est entrain de nous léguer le plus bel héritage qui soit, notre mémoire collective. Car au Québec où la devise est « Je me souviens » on souffre d’amnésie chronique. Du coup il nous offre deux ouvrages de référence, deux suites en fait à deux premiers tomes. D’abord une Histoire sociale des idées au Québec qui va cette fois de 1896 à 1929 année du krach économique et La modernité au Québec avec pour sous-titre « La victoire différée sur le passé 1939-1965 ». C’est une grande radiographie d’un Québec qui valorisait la vie rurale et dont les populations migreront de plus en plus vers les villes, avec des conséquences dont on en mesure les effets jusqu’à aujourd’hui. Parade devant nos yeux les grands intellectuels de toute cette épopée de canadiens-français (pas tout à fait encore québécois) déchirée entre attachement à la Belle Province et l’appartenance à l’Empire britannique. Saluons ce travail de recherche établi avec minutie. Il aurait pu en faire de doctes ouvrages, mais non, sa lecture est divertissante. Et on se met à regretter de véritables débats d’idée qui avaient cours à l’époque, de véritables joutes oratoires et épistolaires, alors que maintenant le mot d’ordre est de ne jamais faire de vagues, avec pour conséquence l’immobilisme social, politique et économique actuel. Ces deux ouvrages sont chez Fides.


 


 


Pour agrémenter le cocooning

Ce sont trois petits livres dont on ne dira jamais assez l’utilité pour qui adore vivre chez soi dans un environnement inspirant. Ils sont publiés chez Massin et on a tout intérêt à les conserver comme référence permanente, car ils regorgent de précieux tuyaux. La facture d’épicerie par exemple est trop lourde pour votre budget ? Alors concoctez vous-mêmes vos détergents. Le ménage au naturel d’Isabelle Louet consigne mille et un petits trucs qui dépanne et qui s’inscrit dans une optique bio. Dans la même collection, Sylvie Fabre lance Parfumer sa maison au naturel (vous remarquerez au passage le recours au mot naturel). Que ce soit le célèbre papier d’Arménie ou de répandre de la lavande qui dit-on est propice au sommeil vous rendra la vie plus légère. Puis une maison doit-être protégée de tout, y compris des bestioles non désirées. Isabelle Louet nous revient avec Lutter contre les insectes. La première chose est de les identifier ensuite la prévention et le grand débarras. Exemple pour se débarrasser des mites, elle suggère entre autres de disposer dans les placards des tranches de savon de Marseille. Elles détestent. Et il y a pleins de bons coups de pouces pour nous éviter des cauchemars.


 




 


Le coin spiritualité

L’Islam a un sacré bon agent de marketing car cette religion fait parler d’elle quotidiennement aux quatre coins du monde. Mais pour qui suit un tant soit peu l’actualité, on se perd entre les différentes factions, que l’on soit sunnite ou chiite. Difficile de démêler tout ça quand on n’a connu toute sa vie que la Sainte Église catholique Apostolique et romaine. Pour y voir clair, nous avons un guide éclairé en la personne de Jean-Pierre Sultana. C’est un familier de cette géographie du monde musulman et en connaît toutes les arcanes. Il nous explique très clairement ce que veut la religion musulmane d’une part, l’islam et le radicalisme. L’Islam en clair aux éditions Ellipses, on ne peut pas faire mieux.

La métaphore est audacieuse, mais elle tombe sous le sens. Dans la tête de Jean-Philippe Auger il compare Jésus à un coach qui aurait été le mentor de douze mecs, les apôtres, les transformant en des chefs de file. C’est l’optique qu’il a choisi dans Comment Jésus a coaché douze personnes ordinaires pour en faire des leaders extraordinaires aux éditions Novalis. S’appuyant sur des extraits des Évangiles, ce prêtre dispensateur de formation continue du diocèse de Québec, puise des exemples de la méthode employée par le Fils de Dieu pour arriver à ses nobles fins. Et nombre de ces façons de faire sont d’une incroyable modernité. Et tout ça sans réseaux sociaux!

Il signe tout simplement du nom de Jean-Louis Bruguès. Quel bel exemple de modestie, lui qui en réalité est Monseigneur et responsable de la Bibliothèque Apostolique au Vatican et de ce fait conservateur des Archives Secrètes du Saint-Siège. On dit de lui de surcroît qu’il est un des français les plus cultivés dans la Ville Éternelle. Jolie carte de visite. Chemin faisant aux éditions du Cerf qu’il nous donne à lire aux éditions du Cerf, est un assemblage d’entretiens spirituels. Précédé d’un tel bagage intellectuel et d’une réputation étincelante, il a droit au chapitre. Le sous-titre laisse croire à un échange questions-réponses. Il n’en est rien. Ce sont des vagabondages de haute élévation sur divers sujets allant justement des archives du Vatican qui suscitent tant de curiosité, à ce qu’est la définition de la vie monastique. Quel que soit le sujet abordé, c’est un puits de science qui déboule dans ces pages éclairées et éclairantes. Il respecte ainsi le lecteur qu’il amène dans des cimes du savoir.


 


 


Le coin habileté manuelle

Les trois albums qui suivent sont tous publiés aux éditions marie-claire. Geesje Mosies et Anouk Milani. Elles ne gaspillent rien. Et dans Hoooked tricot & crochet, elles n’ont recours qu’à des fils de tissus 100% recyclés. La gamine qui figure sur la couverture masque son visage avec les manches d’un magnifique pull fait main. Ce sont 30 modèles suggérées réalisés en textile de coton et dans une palette assez vaste de coloris. En majorité ce qui est proposé ce sont des accessoires, des colifichets. Par ailleurs, Clémentine Lubin s’amène de concert avec le renommé fabricant de machines à coudre Singer, avec un ouvrage didactique J’apprends à coudre à la surjeteuse et à la recouvreuse. Précision, les patrons qu’on y trouve sont en taille réelle. C’est un grand cours, en progression, comptant 50 leçons, chacune photographiée. Le but visé, faire de vous une couturière professionnelle et maîtresse dans la finition. Si par malheur on ouvre le livre à une page choisie, la haute technicité peut vous faire prendre peur. C’est qu’il faut y aller par le commencement.

Puis Isabelle Leloup nous livre Mes basiques à coudre. Elle s’est mise à imaginer ce que doit contenir une garde-robe de base pour toute fille moderne qui ne veut pas louper une mode. Les 20 modèles avec patrons également en taille réelle vont du 36 au 44. C’est vraiment la panoplie idéale avec ces assortiments de robe, jupe, veste, short et pantalon. Si vous êtes du genre « fashion victim » mais disposant d’un très maigre budget, c’est la solution toute trouvée, car vous serez le porte-manteau de créations exclusives, le fantasme ultime de qui veut se démarquer.


 


 


Pauvres nègres esclaves

Curieuse façon de le dire mais Voix d’esclaves est un livre honteux. Car on a là des témoignages éprouvants de la manière dont on traitait les esclaves de la part des négriers et planteurs. Cet ouvrage qui contient que des comte-rendus d’esclaves nommés les sans-voix, concerne ceux qui se trouvaient dans les Antilles, en Guyane et en Louisiane française aux XVIIIème et XIXème siècles. Devoir de mémoire, nous le devons à un travail de longue haleine placé sous la direction de Dominique Rogers une historienne maître de conférences à l’Université des Antilles et de la Guyane. Ce qu’on y lit donne froid dans le dos, comme cette négresse accusée faussement d’être une empoisonneuse et qu’on a enfermé au cachot durant vingt-deux mois, sans lumière, et envahie de vermine. Comment des hommes en sont-ils venus là. Le poète n’a-t-il pas dit que c’est ainsi que les hommes vivent ?

Voix d’esclaves. Collectif. Khartala 184p.     www.khartala.com


 


 


Terre-Neuve réhabilitée comme lieu de tourisme

Pour preuve que la petite province de Terre-Neuve a été tenue injustement à l’écart des propositions touristiques, c’est que nous avons pour la première fois en français un guide nous permettant de découvrir ses attraits. C’est dans la collection Explorez des éditions Ulysse. Et en prime vous avez un tour d’horizon de Saint-Pierre-et-Miquelon. Cette collection s’apparente à l’esprit qui prévaut dans cette autre collection renommée le Guide du routard, à savoir qu’on y va de commentaires appréciatifs, fournitures d’adresses de bons restos et de lieux d’hébergements pas chers. Et pour ce qui est des renseignements utiles, ils abondent. Ainsi apprend-on que pour se rendre aux îles de Saint-Pierre et Miquelon, pourtant territoire français, les canadiens n’ont pas besoin de passeport!

Explorez Terre-Neuve et Saint-Pierre-et-Miquelon. Ulysse 157p.    www.guidesulysse.com


 


 


La maman va mourir et la famille plonge dans l’introspection

Pour tout romancier qui veut éviter le syndrome de la page blanche, le meilleur moyen de l’éviter est de prendre pour sujet le noyau familial. Car le terreau de la famille est une source inépuisable pour trouver matière à s’exprimer. C’est ce qu’à fait la poétesse Sina Queyras qui aborde pour la première fois le roman avec Autobiographie de l’enfance. D’entrée de jeu il y a une maman qui va mourir, atteinte d’un cancer. Et à qui on imposera entre autres contre son gré, la chimiothérapie. Pendant ce temps-là, dans l’antichambre de la mort la smala l’entourant ouvre l’album des souvenirs heureux et plus souvent douloureux. Ce bouquin a le grand mérite d’être sans pudeur et de livrer de façon clinique ce qui se terre en chacun de nous et qui attend souvent qu’une mort s’annonce pour qu’une ou des vérités éclate au grand jour.

Autobiographie de l’enfance. Sina Queyras. Hamac 312p.    www.hamac.qc.ca


 


 


Une amitié singulière entre un prof et son élève

Il était une fois un enseignant, Anton, qui eu pour élève un brillant jeune homme prénommé Daniel. Le premier voyant en lui des aptitudes intellectuelles particulières, l’invita à faire partie de son cercle premier. Une relation qui n’était pas du goût de tous, notamment de Barbara une amie d’Anton qui voyait en Daniel, en avocate qu’elle est, de la graine de criminel. Et il se passera ceci, qu’alors qu’ils s’étaient perdus de vu, l’enseignant apprendra par l’actualité que son ex pupille est mêlé à une histoire d’alerte à la bombe. Il est alors complètement décontenancé et plongé dans un abîme de réflexions. Une vague idée du début de Norbert Gstrein est une belle variation sur le thème des rapports entre un prof et un élève. Où cela peut-il mener quand on fait entrer un élève dans un peu plus d’intimité que de raison.

Une vague idée du début. Norbert Gstrein. Gallimard 339p.


 


 


Quand des entreprises se plantent royalement

Elles ont beau sonder les marchés, les compagnies ne sont pas à l’abri du fiasco. Et comment donc! Lisez ce qu’a répertorié Christine Kerdellant dans Ils se croyaient les meilleurs. Vous avez là un éventail d’énormes erreurs, comme Kodak qui a disparu car elle n’a pas cru à l’avènement du numérique. Steve Jobs qui a connu le fiasco avec son premier ordinateur personnel, baptisé. Lisa, du prénom de sa fille, car trop cher. Par la suite il se rajustera pour en arriver avec le Macintosh qui révolutionnera la planète. Coke rappelons-le avait voulu modifier la recette secrète de son cola classique avec un type cristal, de couleur translucide. Les consommateurs ont carrément boudé le produit. Pourtant en dégustation à l’aveugle, tous les participants le trouvaient super. Set échecs souvent avant de connaître le succès.

Ils se croyaient les meilleurs. Christine Kerdellant. Denoël 520p.    www.denoel.fr


 


 


Un poète d’une rare lucidité

Si vous voulez lire de la poésie de style rentre dedans, une adresse s’impose, la poésie d’Aral Cyr qui est le pseudonyme d’un montréalais originaire de l’Abitibi. Il nous arrive avec son dernier recueil Décombres. C’est tout sauf des sentiments éthérés. Jugez-en par vous-même « L’avant-midi à naviguer sur le cyberespace à m’émoustiller sur des sites de fesses à laisser monter la sève  et la frénésie une seule envie faire jaillir les scories ». Plus lucide que ça tu meurs. Et ces vers sont d’une belle liberté de ton si rare ailleurs.

Décombres. Aral Cyr. Les éditions Sémaphore 51p.   www.editionssempahore.qc.ca


 


 


L’ex présidente du Mouvement Desjardins se raconte

Monique F. Leroux vient de céder son fauteuil de présidente du Mouvement Desjardins. Elle en a profité pour tracer son bilan dans un livre Ma vie en mouvement. Ce sont ses souvenirs, elle toute jeune passionnée de musique comme son père fou d’opéra. Et on suit son parcours. Ce livre a le tort cependant d’avoir été publié trop tard. Car durant les dernières années de sa présidence elle a été fortement accusée par les purs et durs de la coopération d’avoir dévié du credo du fondateur Alphonse Desjardins et d’avoir transformé le Mouvement Desjardins tel une banque à charte comme les autres. Or dans son livre elle motive très bien ces décisions, tout en se disant dans la continuité historique de cette mutuelle impressionnante par ses actifs. C’est un ouvrage à lire pour qui veut comprendre comment ce gère une institution financière vu de l’intérieur.

Ma vie en mouvement. Monique F. Leroux en collaboration avec Benoît Gignac. Les éditions Transcontinental/Les affaires 318p.   


 


 


Un patrimoine fabuleux de contes et légendes du centre du Québec

Saluons ici Victor Lévy-Beaulieu de nous gratifier de cette belle collection des « Contes, légendes et récits du Québec et d’ailleurs » dont nous avons cette fois le dix-huitième opus colligé par Jean-Pierre April professeur de français et de littérature au Cégep de Victoriaville. Et il s’attarde à un coin qu’il connaît bien géographiquement qu’il connait bien, le centre du Québec avec pour chef-lieu la ville de Drummondville. Ça donne les Contes, légendes et récits du centre-du-Québec. Un gros pavé qui fourmille de formidables histoires ou textes à fondements historiques. C’est le coin des Abénaquis, ensuite des Loyalistes puis des canadiens-français qui flairaient les bonnes terres. Que de belles lectures à faire au coin du feu. Et qui nous rappelle que nous avons un pays glorieux. Cette collection honore notre devise provinciale « Je me souviens » et c’est sa raison d’être.

Contes, légendes et récits du centre-du-Québec. Jean-Pierre April.  Éditions Trois-Pistoles 547p.    


 


 


L’anglais à destination des médecins et patients francophones

Il s’en trouve des médecins qui maîtrisent mal ou très peu la langue de Shakespeare, ou bien des patients francophones qui se trouvent en territoire anglophone et qui peinent à connaître la langue anglaise. Dans un cas ou l’autre ça peut avoir de lourdes conséquences. Voici un guide dépanneur comme tout, qui recense tout le vocabulaire médical des échanges qui peut se faire dans la relation entourant le praticien en santé et son patient. How can I help you today ?, rassemble les phrases et mots clés du domaine. Premier ouvrage en son genre, c’est un dépanneur extraordinaire en même temps que c’est un bon cours d’anglais pratique qui peut servir autrement.

How can I help you today ? Guide de la consultation médicale et paramédicale en anglais. Félicie Pastore. Ellipses 239p.   


 






 


Le coin littérature jeunesse

Vous ne connaissez pas Harmony ? C’est cette mignonne jeun fille, aux allures un peu de Barbie, mais qui a de l’abattage et à qui arrive moult aventures. Créature du bédéiste Mathieu Reynès, elle est ici séquestrée contre son gré dans une cave anonyme. Pourquoi se trouve telle là ? En même temps, on verra qu’elle dispose de dons, notamment la télékinésie. Le tome un, « Memento »  est lancé. A la fin, elle prendra la fuite, mais ses geôliers entendent bien la rattraper. Comme BD on trouve là une belle dynamique entre une scénarisation efficace et qualité du dessin. Vite le tome 2 monsieur Reynès. C’est aux éditions Dupuis

Chez Mijade, deux petits opuscules et un grand album pour très jeunes têtes que l’on veut mener au dodo. Catherine Metzmeyer et Grégoire Mabire nous arrivent avec La bande des matous alors qu’un petit chaton veut intégrer la bande des plus grands. On aura tendance à le repousser dans son clan, mais la petite chose n’a pas dit son dernier mot pour se faire respecter. Puis Quentin Gréban y va de Suzette, un cadeau pour maman. Nous retrouvons une petite coccinelle qui a fabriqué un cadeau pour sa maman. Une malencontreuse chute fera que son « œuvre » sera détruite. Mais elle se remet en mode créativité, tenace qu’elle est.

Le grand album c’est Le voyage de Guido van Genechten. Une historiette craquante mettant en scène un hérisson au volant d’une automobile qui emmène en voyage une gentille grenouille. Ce qu’ils vont en voir des choses durant leur randonnée. C’est en même temps une célébration de l’amitié entre gens que tout diffère.

Aux éditions de Mortagne deux parutions. Priska Poirier persiste et signe avec sa saga spatiale Seconde terre avec un tome 4 sur une série de cinq « Trou de ver ».  Cette dernière expression concerne un segment que l’équipage de l’Apurata IV doit traverser dans sa course vers Iskay, un voyage de 50 ans! Heureusement que les passagers ont reçu le don de longévité. Et on ne sera pas à l’abri d’obstacles divers qui contrarieront le périple.

Sarah Jalbert se propose avec Mélissa fait des vagues. C’est cette dernière qui passe l’été à la plage avec l’idée de faire un farniente le plus réussi possible avec ses copines. Sauf qu’emportée par des vagues elle a failli ne jamais en revenir. N’eu été d’un bel Adonis, Xavier qui va la sauver d’une mort certaine. On comprendra que la jeune fille va s’amouracher de son beau sauveur. Mais y a-t-il des amours simples ?

Dans la collection « La grande imagerie » chez Fleurus, Cathy Franco nous fait revivre la conquête spatiale en particulier celle de La lune. Appuyé par une iconographie riche de belles couleurs, vous saurez tout des premiers désirs de l’homme de mettre le pied sur cette planète si intrigante et quasi voisine. Et ce qu’il a fallu d’abnégations pour ce petit pas pour l’homme et un grand pas pour l’humanité, reprenant les mots de Neil Armstrong, le premier humain à fouler le sol lunaire.

Chez Mango, Quand il pleut du duo Pierre Grosz et Rémi Saillard. Maman profite d’une journée moche où la pluie ne cesse de tomber, pour aller lire un joli conte à son petit bonhomme. Loin de diaboliser la pluie, bien au contraire, elle en profite pour souligner dans sa petite histoire, à quel point la pluie est bénéfique dans des pays asséchés et qui apporte la nourriture aux humains.


 





 


Le coin Miam miam

De la thérapeutique à la table, voilà la belle conversion apportée aux huiles essentielles par des gens comme Philippe Chavanne qui leur donne un supplément d’utilité pour ceux qui ont à cœur santé et bien manger. Je cuisine aux huiles essentielles chez Alpen comporte plus de 50 recettes. Et que de délicieux arrangements dont on serait fou de s’en passer tel ce Méli-mélo de lentilles et de poulet à l’huile essentielle de cannelle. Rien qu’à voir la photo qui accompagne le met, ça met en appétit. Ou encore ce velouté de courgettes au fromage de chèvre et à l’huile essentielle de basilic. Aux éditions de l’Homme deux pointures de la nutrition, Louise Lambert-Lagacé et Josée Thibodeau qui cosignent Au menu des 65 ans et plus, une tranche d’âge jusqu’ici négligé. Et bouquin d’autant plus opportun que le programme alimentaire doit s’adapter au niveau de l’âge. Les deux nutritionnistes ne font pas dans la tristesse ni dans la privation. La première partie est un rappel des grands principes de base en alimentation. Question de savoir à quoi ça sert d’ingurgiter telle ou telle protéine. Vient ensuite une sélection de recettes gourmandes, genre une belle salade aux haricots rouges à l’orange et aux noix de Grenoble, un pilaf de riz brun ou des crêpes hyper-protéinés. Des plats, la majorité très simples côté élaboration et combien appétissants.

Il y en a pour qui se faire à manger devient une corvée, un peu comme l’écrivain arrêtée devant sa page blanche, le manque d’inspiration. On voudrait tellement sortir de la routine, mais l’inspiration nous manque. Cerise Criel elle, n’est pas à court d’imagination. Et elle nous le montre brillamment avec Ma lunch box 24 repas aux éditions marie claire. Là aussi on a une multiplication de plats d’une simplicité déconcertante. Comme des brochettes de thon à l’ananas, quinoa et légumes du soleil. Une recette que nous avons essayé car trop tentante, est la choucroute de la mer avec son apport de moules et de poissons en cubes. Effrayant et si frais.

L’ancien chef du Château Frontenac, Jean Soulard ne fait maintenant que ce qui lui tente, appelé souvent comme consultant. Cette fois il se signale avec Le Soulard des sportifs aux éditions La Presse, un colligé de 100 recettes destinées pour les adeptes du sport qui ont besoin d’un soutien nutritionnel particulier. Pour ce travail culinaire un peu pointu, il est allé chercher la collaboration de Benoît Lamarche qui est chercheur en nutrition et détenteur d’un doctorat en physiologie et olympien. Le mot clé en ce qui a trait aux aliments est celui de carburant. Que met-on dans le moteur d’un sportif pour qu’il performe ? Il y a des recettes, chef oblige comme ces tranches de gigot d’agneau au chutney de papaye et salade de quinoa aux pacanes ou cette épaule de porc cuite au beaujolais et patate douce. Mais la première partie, sinon la moitié du livre est un petit traité des liens qui unissent l’alimentation au métabolisme humain. Un album intelligent qui nous fait comprendre ce que nous engloutissons.


 





 

Le coin santé physique et psychique

Normand Baillargeon a été pendant plus d’un quart de siècle professeur en sciences de l’éducation à l’UQAM. Et il est en mesure de déplorer la piètre formation des maîtres et des conditions pour favoriser la pensée critique. Son cri d’alarme prend la forme d’un essai Propos sur l’éducation qui se divise en trois parties. La première consiste en une série de revendications dont la gratuité de l’enseignement universitaire. La seconde, trois portraits, Albert Einstein, Martin Gardner (leader contemporain du mouvement sceptique) et Condrocet. Le dénominateur commun entre les trois étant leur capacité critique. La dernière partie est constituée de recherches récentes visant à mettre les pendules à l’heure touchant à la pédagogie. On retiendra surtout son constat du déficit abyssal pour ce qui est de la philosophie en éducation. Aux éditions M.

Dans la collection fort intéressante « Tabou » aux éditions de Mortagne, qui met en valeur des romans visant à intégrer des notions de psychologie populaire, on a cette fois une grande énigme à savoir la bisexualité. Car si les télescopes se rendent très loin dans les galaxies, on ne sait toujours pas de quoi se chauffe une personne bisexuelle. Pour tenter de cerner ces personnalités troubles et fascinantes à la fois, Marilou Addison a écrit Elle oui Lui ? Nous faisons connaissance avec Dominic, qui est capitaine d’une équipe de hockey, qui se sent une double attirance pour les filles et les garçons. On ne vous dira pas de la façon dont il va résoudre cette dualité, mais vous aimerez énormément ce fait que beaucoup de gens vivent, plus que ce que l’on croit.

La personne handicapée, plus qu’une autre, a besoin de vivre en union avec une autre personne, pour de l’aide, pour une amitié, parfois de l’amour. Mais à l’ère numérique ou l’autre n’est que virtuel, comme l’handicapé(e) peut-il (elle) se réaliser. Voici que Bernard Morin qui est kinésithérapeute, expose les enjeux dans En couple et handicapés. Même ceux qui ne sont pas concernés par cette problématique ont intérêt à le lire car ça questionne même les biens portants en déficits de valeurs. D’entrée de jeu il nous détaille ce à qui l’handicapé(e) est confronté(e) tout au long de sa vie. En comprenant mieux ses attentes sauront nous mieux y répondre. Celivre éclairant est aux éditions Dunod.

Sur le même sujet, Et si le handicap n’était pas une tragédie un essai en collectif chez Érès, sous la direction de Marcela Gargiulo et Sylvain Missonnier. Si le handicap a son lot de traumatismes et de frustrations, il peut aussi générer des occasions humaines uniques. Les cliniciens qui ont participé à ce livre nous demandent en somme de comprendre, comparer, accompagner, éduquer, former et soigner. L’handicap nous rappelle t’on est inscrite dans la notion de diversité.


 


 


Le coin santé physique et psychique (2)

Sakia Thuot est cette figure médiatique que le public aime bien, notamment son authenticité. On se souviendra de sa réponse à ceux qui lui reprochait des rondeurs qualifiées d’inappropriées. Cette défense du naturel lui a gagné davantage d’adeptes qui se sont reconnus dans ses revendications. Elle publie Le carnet de Saskia aux éditions Caractère. Son mot le dit, un carnet, dans lequel on couche toutes les réflexions qui nous passent par la tête, la conciliation demandée pour la vie de famille, la zoothérapie, de bonnes adresses en Floride. C’est une sorte de fourre-tout sympathique, dans lequel on peut glaner ce qui fait notre affaire. Des tranches de vie qui nous montre que la vedette a les mêmes préoccupations que vous et moi.

Chez l’éditeur Érès c’est cette fois Le métier de psychanalyste cosignés par Roland Chemama, Christiane Lacôte-Destribats et Bernard Vandermersch. Les trois auteurs sont psychanalystes. D’une seule voix ils nous disent tout ce qu’il faut savoir de cette science qui fait de l’investigation sur l’état mental. On définit d’abord ce qu’est cette profession, de quoi à l’air une cure, les relations avec le psychanalysé qui ressemble beaucoup à une partie d’échecs. C’est un ouvrage didactique, de vulgarisation, qui dit tout ce qu’on veut savoir à ce propos en termes simples. Dans le genre on ne fait pas mieux.

 

C’est un gros pavé qui nous parvient des éditions du CHU Sainte-Justine, L’attachement parent-enfant de Jacinthe Emery. Cette dernière enseigne au Département de psychologie de l’Université de Montréal. C’est une spécialiste des rapports entre parents et enfants. C’est un docte ouvrage qui fait déjà référence et destiné à tous les praticiens qui interviennent auprès des enfants et de leur famille. Elle décrit savamment tout ce qui concerne la notion d’attachement dans ce qu’elle peut avoir de bénéfique ou de pervers, c’est selon. Si elle décrit des situations critiques, elle apporte ses solutions pour favoriser un attachement grandissant de la part des parents.

Aux éditions du Dauphin Blanc, c’est au tour de Jacquelyn Aldana qui suggère La méthode miracle en 15 minutes révélée. Cette américaine connaissait à un moment de sa vie, une succession de malheurs, mariage en déroute, époux avec un cancer, travail à la déroute. Elle vivait vraiment le dicton qui dit qu’un malheur n’arrive jamais seul. Puis un jour, dans un grand cri, elle demanda au Créateur de lui faire signe ou de mourir sur-le-champ, la rappelant auprès de Lui. Finalement, et très soudainement elle s’est mise à écrire ce qui lui venait intérieurement, qui deviendra sa méthode miraculeuse. Qui se résume à développer une confiance inébranlable en ses moyens quoiqu’il advienne. De faire du positif le credo de son existence.



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