- ART DE VIVRE / Pré 2015-
 
     
   
 

 

 

Une croisière inimaginable sur le Saint-Laurent

Habitués que nous sommes à couvrir les restaurants et les hôtels sur la terre ferme, il y a longtemps que la curiosité nous titillait pour ce qui est des itinéraires offerts par les croisières AML

D’entrée de jeu on vous l’avoue, nous entretenions un préjugé pour ces excursions de groupes ou individuelles. On se disait, est-ce une recréation à petite échelle du genre la « croisière s’amuse » avec tout ce que ça suppose de kitch. Ce que nous étions dans le champ. Mea culpa.  C’est au contraire à une belle aventure, que nous sommes conviés, tant pour le plaisir gustatif que l’aspect innovant, à savoir de voir Montréal vue du fleuve. Une perspective qui change de loin les rapports que nous pouvons avoir avec la métropole. Et d’ailleurs elle paraît infiniment plus belle sous cet angle.
Personnel de métier
Nous sommes montés à bord du navire AML Cavalier Maxim, qui peut accueillir 750 passagers. Les réservations peuvent se faire à deux comme en groupes, c’est selon. D’ailleurs les entreprises qui cherchent à consolider le bel esprit d’équipe ont toutes intérêt à regarder de ce côté. On nous demande de nous présenter à l’embarquement à 18h. Le bateau se met en mouvement une heure plus tard avec un aller-retour en direction de Varennes. Comptez environ pour plus de quatre heures de dépaysement total. L’équipage compte du personnel en place depuis plusieurs années. Notre serveur, pour ne nommer que lui, avait plus de seize ans d’ancienneté au sein de la compagnie. Alors inutile de vous mentionner qu’il est rôdé. Et ne vous inquiétez pas si les plats seront servis dans les temps avant le retour au bercail. Le tempo est rythmé avec une cadence impressionnante.

Le menu
Si vous pensez comme nous, que l’on sert un menu proche de celui d’un delicatessen, détrompez-vous. Nenni les hot chicken. Sous la houlette du chef exécutif Santino Testani nous avons eu droit à un menu de cinq services digne des grandes tables. Jugez vous-même. Pour l’escapade gourmande, vous avez d’abord une mise en bouche constituée de rillettes de canard au confit d’oignons. En entrée, une salade de betteraves, crumble de fromage de chèvre et noix et vinaigrette au vin de cassis. Pour le prélude, un gaspacho de concombre à la mousseline de menthe. Pour les plats principaux, c’est un véritable cas de conscience entre le suprême de volaille rôti, farci au canard et aux canneberges et réduction à la truffe ou la joue de bœuf braisé, glace de viande au romarin et ail rôti. Vous avez huit plats principaux en tout et pour tout, dont un combo de homard qu’il faut absolument honorer. Pour les dents sucrés un spéculoos aux pommes confites et crème d’érable, thé, café ou infusion à la suite. Ils ont une carte des vins bien aménagée. Au bar une longue liste de cocktails pour vous mettre en appétit.

La croisière s’amuse mais avec classe
En arrivant, chaque convive est photographié. Moyennant un léger déboursé vous avez droit à l’immortalisation de votre séjour. Tout au long de la navigation, une douce musique fait largement place aux conversations. Et vous contemplez les deux rives qui s’offrent à vous et le beau coucher de soleil si c’est le cas. Après les agapes, on peut monter sur le pont et humer l’air du large. Car c’est à cette occasion que l’on se rend compte que le fleuve Saint-Laurent est un des plus importants au monde. Tous les passagers affichaient des mines réjouies. Oui la croisière s’amusait, mais pas bébête pour deux sous. On avait un peu le cœur gros d’être de retour, on en aurait demandé encore deux heures de plus. Savez-vous quoi ? La classe, et à bon compte de surcroît. On n’ose même pas imaginer de quoi à l’air le pendant de la croisière AML autour de Québec.

www.croisieresaml.com Réservation 1 800 563 4643





 
 
     
   
 

 

 

Nonya

Surprenante cuisine indonésienne
Attention aux néophytes, il ne faut pas confondre toutes les cuisines asiatiques. Surtout celle de l’Indonésie, qui marie le raffinement des épices qui donne toute la singularité à ces plats qu’on a envie de goûter à nouveau

Pour le vérifier, une adresse entre toutes, Nonya sur la distinguée rue Bernard. Ce restaurant qui a connu d’autres adresses, a été fondé en 2002. Ils sont deux propriétaires Yvan et Mike le premier indochinois et le second chinois de Hong Kong. Il faut rappeler que cette cuisine est sous l’influence de trois cultures : javanaise, sundanaise et balinaise. Et avec des cuissons qui vont du bouilli, en friture, revenu ou en rôti. Côté épices, c’est la marque de commerce de cet archipel qui est un important producteur et exporteur depuis des lustres. Et pour la petite histoire, ce n’est qu’au début des années 90 qu’on a vu dans ce pays l’émergence de restaurants typiquement indonésiens. Auparavant ils ne se trouvaient que des restaurants chinois. Sinon c’était de la bouffe de rue ou des repas pris en famille.

Décor cosy
Nous sommes allés au Nonya au début de l’été alors que la terrasse est ouverte. Le décor est sobre, mais surtout on s’y sent immédiatement rempli de sérénité. C’est un lieu apaisant. On y sert le midi, qui fait large place aux travailleurs et résidents du coin. Et le soir on se détend, assuré de bien manger. Car la cuisine indonésienne est très goûteuse. Prenez le « rendang » qui est un ragoût de bœuf au lait de coco ou bien les « udang bakar » des crevettes grillées au curry rouge ». Les palais fins ne diront pas non à la pieuvre grillée enrobée de curcuma, jus de lime, zeste de lime, moutarde de Dijon, huile d’olive et sucre de canne. Nous avons déliré pour notre part sur le poulet de Cornouailles grillé baptisé « ayam bakar ».
Digne d’un cinq étoiles

Tout est si hors de l’ordinaire dans la façon d’apprêter les aliments au Nonya qu’on a envie de tout goûter. Ça oblige à revenir plusieurs fois. Et tant mieux. Autant d’occasions de se familiariser avec le grand art de l’harmonisation des mets et des épices. Le soir de notre visite, une tablée voisine se confondait en compliments pour tout ce qu’il découvrait sous leurs yeux et leurs papilles. Yvan Wiharto le copropriétaire, est ce magicien qui sait faire ressortir les saveurs pas comme pas un. Et le plus étonnant, c’est qu’en entrevue, il demeure modeste. Et pourtant, ce que nous avons eu sous la dent est digne d’un hôtel cinq étoiles. Le restaurant a en passant sa propre carte des vins.

Ne vous privez pas du plaisir de vous confronter à de l’inédit. L’actrice Sophia Loren a déjà déclaré que ce qui fait toute la différence en faisant la cuisine, c’est l’amour qu’on y met pour les êtres que l’on aime. Eh bien si on se base sur cette déclaration, le Nonya adore vraiment sa clientèle.

Nonya 151 Bernard O. Montréal H2T 2K3   Tél. (514) 875 9998
www.nonya.ca

 
 
     
   
 

 

 

Casa Figueroa

Tout le Mexique enchanteur …à Rosemont
Si prendre l’avion vous épuise et que vous éloignez de surcroît toute idée de voyage, ne vous en faites pas. Pour ce qui est du Mexique, vous n’avez qu’à vous rendre rue Beaubien, pour manger et fêter mexicain

C’est un proche de la rédaction, le pianiste Richard Abel qui nous avait parlé du restaurant la Casa Figueroa en nous disant que l’ambiance là bas était sans pareille. Notre curiosité a été titillée et satisfaite. De fait, et foi d’un mexicain qui se trouvait à une table voisine, c’est comme si on s’attablait à Puerto Vallarta la mer en moins. C’est un tout petit restaurant d’environ une cinquantaine de places qui fonctionne à plein. Et vu la capacité restreinte, vaut mieux faire une réservation. Mais si vous faites partie des heureux convives, laissez-nous vous dire que vous allez passer une soirée endiablée.

Une affaire familiale
La particularité du restaurant c’est que c’est une affaire de famille, en l’occurrence les Figueroa. Le patriarche, nous racontait qu’ils sont issus d’un clan de chanteurs mariachis depuis des générations. Ici tout le monde met la main à la pâte, untel est serveur, l’autre aux cuisines. Et à un moment donné, les virils chanteurs se regroupent à intervalles pour interpréter les grands classiques de ce répertoire si vivant, les Cucurrucucu Paloma, Cielito lindo et autres succès qui ont consacré ce style particulier. Seule chose, question de gagner de l’espace, ils ont délaissé les sombreros. Il faut entendre ces voix magnifiques, toutes en harmonie. Et l’effet est immédiat. Le public dodeline sur leurs sièges, le sourire aux lèvres. Rien de tel pour oublier la grisaille de l’actualité.

Un menu standard et conçu dans les règles de l’art
On ne se cachera pas que la cuisine mexicaine est d’une rare simplicité. Mais elle a ceci de bien et de bon qu’elle nourrit bien son homme et elle est santé. Vous avez l’incontournable guacamole, cette purée d’avocats en saison, et les nachos. Aussi, de délicieux ceviches de macarones (crevettes marinées, tomates, oignons, coriandre et ketchup). On trouve un bel ensemble de fajitas et comme plat de résistance, nous vous suggérons  le « carne à la tampiquena (un contre-filet mariné et grillé, servi avec une enchelada). Et arrosez le tout, de margaritas. Cette dernière à elle seule vaut le détour, si délicieuse avec cette fine glace concassée, et coupe, cerclée de sel, divin. Et au dessert, on ne dira pas non à ces crêpes avec cajeta et Grand Marnier.

Comme dépaysement c’est la recette par excellence. Nous revenons à ce mexicain, voisin de tablée qui enhardit, ne cessait de nous rappeler que l’on avait à la Casa Figueroa l’exact climat de ce que nous trouverions, si nous allions au Mexique. Rien de tel qu’un ressortissant de souche pour authentifier la valeur du produit. Arriba!

Casa Figueroa 3217 avenue Beaubien E. H1Y 1H6   Tél. (438) 380 6275
www.casafigueroa.ca





 
 
     
   
 

 

 

Le Gladstone

De la haute cuisine pour négocier de tout, le cœur et les affaires

La Métropole
Il porte le nom de cet ancien premier ministre anglais et c’est aussi celui de la rue qui longe le restaurant à l’intersection de la rue Sainte-Catherine, juste un peu à l’ouest d’Atwater. Dans Westmount donc. Ne vous étonnez pas d’y voir un membre de la famille Bronfman prendre son repas ou même une vedette du Canadien. C’est que le Gladstone, même s’il n’a vu le jour qu’en novembre 2013 a de qui tenir. Il est la propriété d’Yvon Creton qui géra pendant 30 ans les destinées de l’Aventure, Place Jacques-Cartier dans le Vieux-Montréal. On connaît aussi très bien son frère Alain le grand manitou de Chez Alexandre sur la rue Peel. On est donc en présence d’un pro de la restauration. On peut même lui accoler l’étiquette d’icône du domaine.
« Après toutes ces années à l’Aventure j’avais accumulé de quoi voir venir et je pensais que je m’accommoderais d’une belle retraite. Mais je m’ennuyais à la maison. Il me fallait bouger. En me promenant j’ai vu ce local et ça m’a pris d’un coup. D’autant que je voulais aussi laisser un héritage à mes enfants »

LA LUMIÈRE ENTRE DE PARTOUT
Il a fallu entreprendre des travaux considérables à cet espace qui avait été laissé longtemps à l’abandon et notamment percer des murs pour faire place à une immense fenestration. De sorte que même par temps maussade l’endroit est éclairé.
Nous sommes allés un midi. Le temps de faire connaissance avec son fils Maxime qui gère la salle tandis que son autre frère Raphaël, un as pâtissier est en cuisine pour prêter main forte au paternel qui s’est réservé la fonction de chef exécutif. C’est une carte qui change aux deux semaines avec une table d’hôte qui ne comprend pas le dessert. Un menu bistronomie pour reprendre le mot à la mode qui dépasse le stade de simple gourmet. En guise d’entrée nous avons essayé le carpaccio de pieuvres (excellent), partagé une guédille de homard (ici les mots nous manquent), tout ça bien arrosé. Puis on s’est précipité sur le suprême de volailles aux gnocchis de courges rôties et un flétan sauvage et légumes d’automne. Et pour sceller ce banquet des sens, une terrine de mousse au chocolat (effrayante).

UNE CUISINE RUTILANTE
Le restaurant était plein. Une très belle clientèle d’affaire. Avec costards sur mesure et tailleurs. Qui sait si au même moment ne se négociait près de nous un contrat déterminant engageant la destinée du Québec ?
Entre deux bouchées le patron nous fait voir sur sa tablette électronique le site de son grossiste favori, la ferme Provencher. Il fait défiler une longue liste de produits qu’il commande, le temps de faire clic. Et les commandes arrivent aussitôt du maraîcher. Difficile de faire plus frais. Et ensuite, Yvon Creton nous fait descendre à l’étage de la cuisine, assez petite, mais qui brille comme du nickel. Ça vous garantit le soin mis à l’environnement pour les préparations.
Grosso modo le Gladstone serait comme l’incarnation du luxe raisonnable. Ma partenaire de table a été si emballée qu’elle est retournée depuis. Et c’est une fourchette assez difficile merci. Non, décidément il faut y faire son pèlerinage. Et ça contribue à l’effervescence de ce coin de Westmount qui va de pair avec la revitalisation de la rue Greene tout près.

Le Gladstone. 4114 Sainte-Catherine O. Tél. (438) 384 4114
www.legladstone.com





 
 
     
   
 

 

 

A l’Auberge des Gallant

Un chic dépaysement en pleine nature

Les mots « auberge champêtre » n’ont jamais trouvé autant de sens qu’à la réputée Auberge des Gallant. Parmi les possibles surprises, celle d’apercevoir des chevreuils à la fenêtre de sa chambre…
D’abord situons-là. Le domaine qui abrite l’auberge s’étend sur 400 arpents sur le Mont-Rigaud. C’est une véritable institution depuis 1972 cotée 4 étoiles et membre du réseau Hôtellerie Champêtre. C’est Gérard Gallant qui en visionnaire, a imaginé établir dans cette vaste étendue, un lieu idéal pour venir chasser le stress de la ville, faire le plein d’oxygène et connaître les grands plaisirs de la table. Son flair ne l’a pas trompé. On vient de partout pour vivre l’expérience, que ce soit en couple ou bien des associations ou groupes qui débarquent pour des séminaires. Aujourd’hui c’est Linda Gallant l’épouse du fondateur qui voit à la gestion de ce complexe qui comprend un spa, une grande salle de réception et une érablière.

Un restaurant qui cumule les distinctions et romantique à souhait
Que l’on vienne pour les changements de couleurs à l’automne, les beaux hivers ou bien profiter du printemps rédempteur ou de l’été, l’emplacement demeure toujours attrayant. Notre couple dépisteur envoyé pour vivre à plein ce qu’est un séjour là bas, n’en est tout simplement pas revenu. D’abord les chambres sont de niveau supérieur avec tous les accommodements que l’on est en droit de s’attendre d’une auberge aussi étoilée.

Puis il y a le restaurant. On ne compte plus les distinctions qu’il s’est mérité, surtout de l’honneur qu’il fait à la fine cuisine régionale. Il y a son décor classique à souhait, d’une rare élégance. Le personnel en salle est en tenue de soirée. Mais attention, c’est tout sauf guindé, et il n’y a pas de code vestimentaire. Il s’inscrit dans la veine des restaurants où on peut vivre une belle romance tant l’agencement des lieux si prête. Comment résister à un confit de canard local avec germes de légumineuses, lardons et moutarde maison ? Ou bien le demi-poulet de Cornouailles avec son jus aux herbes, grelots rôtis et légumes du marché. Devant un si vaste choix, beaucoup de convives préfèrent s’en remettre au serveur qui proposera alors le menu découverte. Pour un peu plus de cent dollars par personne vous serez  privilégié d’un cinq services accord mets et vins. Laissez-vous faire, et vous en reparlerez longtemps, foi de nos émissaires.

Pour régénérer le corps et l’esprit
Tous les motifs sont bons pour se rendre à l’Auberge des Gallant. Beaucoup font le choix d’y séjourner pour évacuer le stress du quotidien. D’autres veulent vivre une expérience sensuelle. Lorsqu’on entend parler de cette enseigne c’est toujours dans des termes élogieux. Et pour cause, puisque la devise première est la satisfaction du client, expression galvaudée ailleurs, mais ici la qualité se retrouve dans les moindres détails. Et Linda Gallant sait faire rayonner l’entreprise un peu partout au Québec et ailleurs. Elle sait qu’elle a de beaux atouts à offrir. Notre couple a déjà en tête d’y retourner le plus tôt possible.

Auberge des Gallant. 1171 Chemin Saint-Henri, Sainte-Marthe de Rigaud JOP 1W0    Tél. (450) 459 4241 ou sans frais 1-800-641 4241 
www.gallant.qc.ca





 
 
     
   
 

 

 

La Maison du Jazz à Laval

Un pur émerveillement pour les yeux et le palais
Décidément, même octogénaire, George Durst poursuit sur sa lancée de créer des lieux magiques. La Maison du Jazz à Laval est un pur fantasme de décorateur et de restaurateur

On nous avait prévenus que c’était absolument merveilleux. Mais les commentaires dithyrambiques étaient mêmes là, en dessous de la réalité. Car ce n’est pas moins de deux millions de dollars que l’homme d’affaires en même temps qu’une légende de la restauration, a mis sur les murs. Pour vous donner une idée de la magnificence du tout, on ne compte pas moins de 120 lustres sans compter les murs ornés de boiseries dont certaines ont été récupérées du Ritz-Carlton à Montréal quand celui-ci a décidé de rénover dans un style plus moderne. La vue d’ensemble quand on y pénètre est saisissante.  Quelquefois un décorateur va faire dans la copie d’un genre époque. Mais M. Durst ne fait aucune concession, et tous les matériaux qui sont installés sont nobles, et valent leur prix d’or. Aucune concession n’est faite pour arrondir les coins.  Il est un fou de décoration et ça paraît.

Et la cuisine de Patrick Fournier
C’est Patrick Fournier qui officie aux fourneaux. Formé à l’école du Trait-Carré à Québec il s’est promené à divers endroits dont le Manoir Victoria dans la Vieille-Capitale pour ne nommer que cette adresse en renom. Il a comme sous-chef son conjoint Sébastien Simard. Fournier, comme tous ceux de cette jeune génération, mise sur les produits du terroir. Mais lui, il à une dimension de plus, c’est qu’il est curieux, et aime bien piger dans les ingrédients vedettes des cuisines du monde. Ainsi il peut amalgamer un produit de chez nous comme l’agneau, et d’incorporer du curry indien. Sa carte fait la part belle à ceux qui ont des goûts carnivores. Ainsi on peut déguster un pain de viande d’antan aux gibiers, avec sauces tomates et pomme de terres en purée ou bien un onglet de bœuf grillé sauce au rhum épicée Chic Choc et poivre. On pourra faire précéder le tout en guise d’entrée par un feuilleté d’escargots, champignons et crème d’ail.

La carte des vins est attrayante. Nous avons noté du côté des vins rouges un Castillo de monseran carinea garnacha et chez les blancs, le Vittorion Trebbiano. Et si vous délirez, vous pouvez à l’ultime, commander une bouteille de Crystal Roederer. La vie est si courte, autant en profiter. Une des particularités à cette Maison du Jazz lavalloise, c’est que vous avez un coin privé à l’étage, réservé aux membres. Chacun peut disposer d’un chic casier où entreposer sa bouteille achetée la fois précédente, avec une vue en plongée sur la scène où se produisent les meilleurs noms du jazz, tels les Dawn Tyler Watson, Michelle Sweeney, Ranee Lee et une foule d’autres qui complètent l’ambiance. On peut même danser un slow sur des airs langoureux. Il y a peu d’endroits dans le grand Montréal où vous pouvez coller votre belle.
Pour toutes ces raisons, la Maison du Jazz de Laval a tout ce qu’il faut d’impressionnant et c’est une belle découverte à recommander aux blasés de ce monde qui croient avoir tout vu.

La Maison du Jazz de Laval. 1639 boul. de l’Avenir, Laval  H7S 2N5
Tél. (450) 669 3000





 
 
     
   
 

 

 

ARTIGIANI

L’authentique cuisine italienne
Des restaurants italiens, Montréal n’en manque pas, d’autant plus que la communauté italienne est très présente dans la métropole. Néanmoins, un de ceux là se démarque nettement, car il respecte la véritable façon de cuisiner à l’italienne
Les italiens de passage ou même ceux qui choisissent de vivre chez nous, sont unanimes, ils prétendent avec raison qu’à l’Artigiani on cuisine réellement comme dans la mère patrie. Sur la carte d’affaire il est spécifié que le restaurant est une pizzeria. Mais attention. Il y a pizza et pizza. Ici vous en avez près de seize de répertorier qui incorporent des éléments frais de premier plan. Et nous sommes ici dans la classe des pizzas gourmets qu’on ne peut pas livrer à domicile pour qu’elles conservent leur qualité. Il faut donc se déplacer au restaurant même, et qui permet du coup d’échapper à l’agitation extérieure. Et en passant, de récents sondages ont décrété que leur pizza occupait le premier rang dans la cote d’amour populaire.

Comme si l’Italie venait à notre rencontre
Fait de matériaux chaleureux avec éclairage tamisé le soir, le décor de l’Artigiani convie à renouer avec le meilleur de ce que l’Italie culinaire a à offrir. Le chef Anthony Del Balso est tout attentionné dans le choix des menus autant qu’à leur présentation. Ici plus qu’ailleurs on croit que le plaisir visuel est le commencement d’un bon repas. En entrée nous avons savouré les calmars frits, avec sa belle texture. Puis les arrancinis à la Romana qui sont des croquettes de riz Arborio à peine panées avec son coulis de tomates. Comme plats principaux, deux recommandations, puisqu’il faut bien finir par fixer son choix : les gnocchis à la Pomodoro avec leur basilic frais, sauce tomate et sauce rosée. Puis nous prîmes des fusillis Artigiani avec courgettes, prosciutto, vin blanc et grana padano. Ils ont une carte de vins maison assez variée qui fait large place aux vins classiques de la péninsule italienne.

Service amical
Ce qui est bien, c’est la présence en salle de Nicola Del Balso copropriétaire avec son frère le chef, et Vincent Puorto. Lui il aime bien sonder les commentaires des clients. Sa philosophie consiste à accueillir amicalement, comme si on recevait des amis. Jamais de service empressé, à moins qu’on vous le demande comme pour les midis. Sinon, prenez votre temps. Si apprécié quand vient le temps de faire la sérénade lors de sorties amoureuses. On sait créer la distance nécessaire entre les services pour que les convives puissent savourer le tout en toute sérénité. En réalité, l’Artigiani a fait recette avec tout ce qui fait défaut à tant d’autres restaurants où le client est souvent considéré  comme un anonyme. Ici on sait que le client peut-être infidèle s’il ne reçoit pas un minimum de reconnaissance. Et si vous allez sur leur site web, vous pouvez vous inscrire à leur liste VIP qui permet d’avoir accès à des privilèges, tout comme vous avez aussi des promotions ponctuelles avec des rabais appréciables comme lorsque c’est le jour de votre anniversaire par exemple.
Vous comprendrez que pour toutes ces raisons, nous recommandons hautement ce restaurant qui est le meilleur ambassadeur de la cuisine italienne à Montréal.   

Artigiani 4657 rue Saint-Denis, Montréal H2J 2L5
Tél. (514) 564 5842
www.artigiani.ca





 
 
     
   
 

 

 

Les coudes sur la table

Le plaisir de la bonne bouffe à l’ombre du Pont Jacques-Cartier

Si les règles de bienséance prescrivent de poser ses coudes sur la table, il n’en va pas de même pour le restaurant qui porte ce nom et que rien n’interdit d’aller visiter.

Pour reprendre le cliché bien connu, l’essayer c’est l’adopter. Et c’est ce que font beaucoup de gens qui travaillent dans les environs du restaurant Les coudes sur la table que ce soit de Télé-Québec juste en face ou du Ministère de l’éducation voisin. Sans compter les gastronomes, car ici on s’élève un cran au-dessus, entrant dans la catégorie de ce qu’on nomme par ce nouveau mot si bien indiqué, bistronomie. Ils sont trois associés, Alexandre Jourdan, le chef Cédric Deslandes et Serge Gauthier. Les deux premiers se sont connus en Angleterre et se sont revus par la suite en France. Et tous deux, après avoir tellement travaillé pour les autres, ont décidé d’avoir leur propre restaurant. Et ce sont nous les québécois qui iront bien en profiter.

Pas plus de trois saveurs

Chez certains cuistots, la tentation est souvent grande de noyer le goût de la viande en superposant un tas d’épices. Ce qui n’est pas le cas ici « On essaie de ne pas dépasser trois saveurs, pour que l’on conserve quand même le goût de base » nous dit M. Deslandes. Nous prîmes comme entrée une Tarte fine faite d’oignons caramélisés, de tomates rôties, de thon blanc, d’une tapenade d’olive et de basilic. Une miniature qui nous a mis en joie instantanément. Et pour aller avec les pétoncles amoureusement cuites on a arrosé le tout avec un Château coupes roses du Languedoc. La serveuse ce soir là, Véronique, a fait son cours de sommellerie et nous a piloté comme une pro à travers leur petite carte de vins d’importation. On n’épiloguera pas trop ici à ce chapitre, mais ça vaut le détour pour ceux qui croient avoir tout bu dans leur vie. La bavette provenant d’un bœuf de l’Île-du-Prince-Édouard, est un croisement d’Angus avec un Charolais. Vous dire le bonheur de se saisir de son couteau Laguiole et de « trancher » ici le verbe est rude, car la viande est si tendre, reposant sur un lit de polenta crémeuse, vin corsé rouge et lardon.. D’ailleurs à ce propos, le bovidé va paître au total 30 mois dans les champs soit 10 mois de plus que la normale. Ça fait toute la différence pour la carnation. Nous vous conseillons ce divin vin rouge La Massa de la région du Chianti, chaud comme la Toscane.

Pas de fraises en octobre

On tient mordicus à composer une carte par saison qui tienne compte des produits disponibles. « Vous ne verrez pas de fraises sur notre table en octobre » précise le chef.  Nous avons bu ensuite un Domaine La Tourvieille, un Banyuls. Le restaurant loge dans ce qui était le prolongement d’une ancienne banque avec des plafonds très hauts. Le tout dans une ambiance s’inspirant de l’Art Déco avec de jolis luminaires tamisés propices aux douces effusions. Et au lieu d’un vin de dessert vous pouvez redemander ce qui vous a servi de cocktail de départ soit l’Aphrodisiaque composé de gin tonic, triple sec, citron et soda. Les coudes sur la table a été notre belle surprise de la rentrée. On en redemande pour sûr.

Les coudes sur la table. 2275 rue Sainte-Catherine E. Montréal H2K 2J3
Tél. (514) 521 0036
www.lescoudessurlatable.ca



 
 
     
   
 

 

 

L'entiché

La douce dépendance aux grandes assiettes

Si on consulte le Larousse pour connaitre la définition du verbe s’enticher, on lira que c’est « un engouement vif et parfois excessif pour quelqu’un ou quelque chose ». C’est exactement ce qui risque de vous arriver si vous franchissez le portail du restaurant l’entiché situé au cœur du Quartier latin rue Saint-Denis dans ce qu’on appelle la côte à Baron. C’était d’ailleurs il y a longtemps l’ancienne appellation du restaurant, qui était un lieu mythique de convivialité. Le bar immense réunissait des amis qui démarraient la soirée par de joyeux cinq à sept. Autre temps, autre mœurs on ne vient plus pour écluser le gorgeon comme on disait dans le temps, mais bien pour participer à une célébration gastronomique. Surtout depuis l’arrivée du chef d’origine française Jean-Baptiste Defaut un passionné. Même si le qualificatif est trop souvent galvaudé, il faut entendre cet amoureux de la cuisine pour comprendre qu’il a véritablement fait le bon choix en carrière. Il a vécu à Giens et a entrepris des études à l’École hôtelière de Montargis. Au départ il a une formation de pâtissier, mais c’est un généraliste d’exception capable de vous mitonner tout ce que la nature peut mettre dans votre assiette, dans ce qu’elle a de meilleur à offrir. Au total cinq années d’études profondes. Il faut comprendre que si nous de grands chefs québécois, il n’y a pas chez nous de traditions gastronomiques familiales comme en France, avec en prime, l’amour immodéré des produits régionaux d’où l’on vient. Ça fait tout une différence. Et c’est tout à l’honneur du patron de l’Entiché, Jean-François Loiselle d’avoir pu mettre la main sur un tel talent.


De la fine cuisine seulement

Restaurant de catégorie apportez votre vin, on doit s’attendre à vivre l’expérience de la gastronomie. Comme mise en bouche un tartare de saumon fumé. Avec son parfum si caractéristique. Et le goût mes amis. Ça augure bien du reste. Que diriez-vous de noisettes de veau sauce au cognac et champignons sauvages sur risotto aux tomates confites ?
 Votre accompagnateur peut fixer son choix sur une lotte bardée au prosciutto, crème onctueuse aux pois verts, riz sauvage aux légumes et tuile au balsamique. Un véritable dîner de chef d’État. Le dessert, chef pâtissier oblige, ce peut-être une tarte au citron et lime fraîches ou bien se rabattre sur un nougat glacé au coulis de fruits rouges. Et entre les services, rien ne vous empêche de deviser sur de grands sujets philosophiques. C’est la place idéale pour refaire le monde dans un cadre élégant. La comédienne Carole Bouquet dans un reportage qui lui était consacré, a déclaré que l’on mangeait mal à Montréal. Outre le camouflet pour nos bonnes tables d’ici, à l’évidence elle n’a jamais mis les pieds à l’entiché. Elle s’excuserait aussitôt. Maintenant, si on revient à notre définition du Larousse, on trouve le mot engouement qui a une connotation fugace, genre intérêt momentané et passager. Autant vous prévenir, ce ne sera pas le cas ici car vous aurez envie de revenir pour essayer de goûter à tout le menu. Et on s’en voudrait de ne pas vous mentionner ce petit salon privé où vous pouvez célébrer en toute intimité un anniversaire, un petit mariage et quoi encore. Service exclusif assuré.

L’entiché. 2070 St-Denis, Montréal P.Q. H2X 3K7   Tél. (514) 223 6411  
www.lentiche.ca

 
 
     
   
 

 

 

Le Flambard

Pour savourer les classiques de la cuisine française

En franchissant la porte du Flambard nous est venu cette citation de l’architecte américain Samuel Chamberlain « Le bel art de la gastronomie est un art chaleureux. Il dépasse la barrière du langage, fait des amis parmi les gens civilisés et réchauffe le cœur ». Une réflexion qui convient très bien à cet établissement qui a fait sa marque sur le Plateau de Mont-Royal et sur l’ensemble de la Ville de Montréal. Toujours sous la direction de son patron le raffiné Jean-François Loiselle qui veille au grain, c’est Éric Moynard qui officie comme chef, avec derrière lui une longue feuille de route, à commencer par des études culinaires à Versailles et qui a travaillé à l’Express et au Manoir Rouville-Campbell. « La nouveauté, ajoute M. Loiselle, c’est qu’il est maintenant secondé par Pierre Heitz qui a fait l’école hôtelière en Bretagne et qui s’est retrouvé ensuite à l’Auberge des Templiers qui fait partie des Relais & Châteaux. Il apporte chez nous un savoir inégalé et surtout prend un soin jaloux à la présentation des plats. Nous sommes très heureux de l’accueillir ».

Les immortelles

Ce que nous aimons du Flambard c’est qu’il n’y a aucune prétention. Restaurant du type apporté votre vin, vous venez avec la bouteille que vous chérissez et à l’équipe en cuisine à vous faire décoller de terre avec les basiques de la cuisine gourmet française. Lors de notre visite on a choisi pour les entrées la terrine de foie de volaille au porto et avec pistaches et le feuilleté de champignons sauvages au fromage de chèvre. Quoi de mieux pour démarrer un repas prometteur ? Classique dans sa manière de faire, le restaurant perpétue la tradition du trou normand avec celui que nous prîmes au calvados et sorbet aux pommes. Comme plat de résistance le cassoulet qu’on ne trouve pas partout, encore faut-il qu’il soit préparé dans les règles de l’art. On retrouva devant nous ce plat emblématique de la Provence avec le gros saucisson trônant au milieu. A ceux qui ont bon appétit nous le recommandons, car la casserole est généreuse et nourrissante au possible. Puis des grillons de ris de veau au vieux vinaigre de Xeres. Un moment de bonheur. Pour le dessert un simple gâteau au chocolat moelleux. Les plats proposés font penser à la musique de Mozart. Qui est simple à l’écoute mais où les fausses notes sont vite repérables. Dans le cas qui nous occupe aucune dissonance. Ici on offre un éventail d’immortelles de la bonne cuisine si chère à Curnonsky. Monsieur Loiselle ne nous étonne pas en nous signalant qu’il a son lot de fidèles qui reviennent saison après saison. Aujourd’hui dans la restauration c’est très rare. Car le public de maintenant n’est plus réputé fidèle aux établissements. Mais les vrais amateurs de bonne chère savent qu’ils vont trouver au Flambard une constance dans la qualité des préparations. De sorte qu’on peut facilement recommander l’endroit pour tel ou tel plat, et les gens qui suivront vos conseils ne seront pas déçus. Et petit détail qui a son importance, tant le stationnement est un cauchemar sur le Plateau, vous pouvez garer votre voiture aux alentours du parc La Fontaine a deux doigts de là. Une visite au Flambard c’est renouer avec ce qui se fait de mieux dans le genre.

Le Flambard. 851 rue Rachel E. H2J 2H9 Tél. (514) 596 1280
www.leflambard.com

 
 
     
   
 

 

 

Chez Lévêque

La grande messe de la bistronomie

Chez Lévêque a franchi le cap des quarante ans. Aujourd’hui en restauration c’est un record. C’est d’ailleurs un des derniers grands restaurants institutionnels de Montréal. Et ça ne désemplit pas. Analyse d’un phénomène.

Que ce soit le midi où le soir, l’établissement de la rue Laurier est plein. De quoi faire saliver bien des restaurateurs qui se contenteraient seulement du tiers de la clientèle qui s’y présente. Car il y a du beau monde pour ce rendez-vous de la bistronomie. Alors qu’ailleurs la transmission de génération s’est mal faite, ce qui a entraîné la fermeture de bon nombre de restaurants qui ont fait les grandes heures de Montréal, ici c’est différent. Vous avez des gens de toutes les tranches d’âges. On aime sans doute ce climat d’authentique bistro à la française. Et ce personnel trié sur le volet qui effectue le service avec une parfaite maîtrise. C’est Olivia la fille du fondateur Pierre Lévêque qui supervise à son tour la gestion. Elle a grandi sur les bancs du resto et même si elle s’est imaginé faire carrière dans un autre domaine avec un MBA de gestion en poche, c’était plus fort qu’elle, son destin était tracé d’avance, voir à la pérennité de Chez Lévêque. Quand le paternel a repris ce qui était à l’origine un steakhouse il était alors un jeune chef cuisinier qui souhaitait faire de la gastronomie. A cette époque, l’artère d’Outremont n’avait pas le même visage, ni rien de la fébrilité commerciale actuelle. C’était vraiment un pionnier avec ses compatriotes ressortissants français qui ont voulu faire l’éducation des québécois à la grande cuisine. Ils ont réussi au-delà de toute expression, car on a beau dire, les nôtres ont fait preuve de curiosité culinaire plus que n’importe quel peuple dans le monde et dans un court laps de temps.

UN STYLE INTEMPOREL

La distinction de Chez Lévêque est partout, jusque dans les toilettes où vous entendez du…chant grégorien. C’est depuis 1997 qu’on a misé sur la thématique de l’église qui est un clin d’œil amusant. La gastronomie c’est aussi une religion, avec ses rituels. Le ton donné. On sait que la fête est dans l’air. Vous avez deux tables d’hôtes par jour, ce qui est énorme. En cuisine c’est André Besson qui est le chef d’orchestre, un ancien du Laloux. On compte une cinquantaine d’employés dont beaucoup sont là depuis les débuts. C’est cette fidélité qui rend le lieu attachant, car les habitués sont reconnus à leur juste mérite. Si ailleurs le restaurateur est roi, ici c’est le client. Le soir de notre passage c’est Yann le maître d’hôtel qui nous a servi. Tout un personnage. Il nous a fait penser à l’acteur Omar Sy qui joue le rôle d’aide dans le film « Les Intouchables ». Ce gars là est d’une classe à part et nous sommes les spectateurs conquis de cet acteur qui déploie des merveilles pour nous faire plaisir. Et ce n’est pas factice. Plus haut nous évoquions la fidélisation des clients. Olivia rapporte un fait amusant « Nous en avons même une dame qui vient le midi et qui est âgée de 95 ans. »

Une carte soignée

Comme dans tout bon bistro digne de ce nom on trouvera les classiques, abats, boudin, saucisses e tout le toutim avec un accent mis sur les fruits de mer. Et à ce chapitre, Pierre Lévêque aime bien mettre encore la main à la pâte. Il faut voir l’assiette de fruits de mer. C’est monstrueux, avec crabe entier, homard, crevettes, pétoncles. A première vue on croit qu’on ne passera jamais à travers, mais non, dans l’emportement des délices on se surprend à tout finir en remerciant Dieu car on est tout de même Chez Lévêque, que tout ça vaut bien une messe. Et à ce chapitre des produits de la mer et de ce traitement princier, ça nous a fait songé à Chez Francis, ce réputé restaurant parisien place de l’Alma, célèbre pour les fruits de mers et que fréquentait pleins de célébrités dont Jean Gabin, Michel Simon et Alain Bernardin le fondateur du Crazy Horse qui nous l’avait fait découvrir. Nous avons goûté de même, un ravioli au ris de veau qui nous fait dire que le péché existe. Même les légumes sont exceptionnels comme ces asperges sauce truffée. Faites précéder d’un Kir royal au champagne Goerg qui a été une splendide découverte. Pour le repas un vin rouge à souligner deux fois un Fixin 2009, un Pinot noir qui a du caractère. Puis un vin de Saumur, un cabernet franc, que vous ne trouverez pas ailleurs. Au final vous avez un assortiment de desserts très varié. Mais on vous recommande après ces généreuses agapes de vous contenter d’un sorbet. Chez Lévêque qui sait surfer sur les époques, on file allègrement vers un autre 40 ans, voire l’Éternité. Monseigneur Lévêque vous êtes plus diabolique que divin, car on a succombé à toutes vos tentations.

Chez Lévêque. 1030, avenue Laurier O. Outremont Tél. (514) 279 7355
www.chezleveque.ca

 

 
 
     
   
 

 

 

Ô Chalet

L’adresse prisée des concepteurs de la radio et de la télé

Autrefois, lorsque Radio-Canada se trouvait dans l’Ouest de la Ville, les gens de la Société d’État, car ils étaient les seuls, se retrouvaient au Café des Artistes ou bien au restaurant Le Paris. Mais si vous posez maintenant la question : où est-ce que ces créateurs vont crécher maintenant ? On chercherait peut-être un peu. Mais en réalité l’adresse est facile à trouver. Vous voyez désormais animateurs et réalisateurs de Radio-Canada, de TVA, TV5 et RDS au resto couru, Ô Chalet qui se trouve juste en face de Radio-Canada, boulevard René-Lévesque. Il faut dire que le propriétaire Frédéric Létourneau les reçoit comme à la maison ou au chalet, au choix. L’atmosphère est conviviale. On vient déguster le plat qui a fait la renommée de la maison, la côte levée de bœuf braisé sauce BBQ polenta crémeuse et asperges. Effectivement, si vous êtes carnivore et gourmet à la fois, il faut faire le détour pour y goûter et la recommander aux proches qui se fendront en infini reconnaissance pour leur avoir fait découvrir cette merveille qui fond dans la bouche. Ce n’est pas pour rien que Charles Tisseyre homme raffiné s’il en faut, a choisi cet endroit pour lancer un ouvrage de sa maison d’édition. Quand dame nature le permet, les gens se pressent pour aller se réfugier sur la terrasse, qui présente plus d’un attrait, car coupée du monde. Donc vous êtes entièrement à l’abri des indiscrétions et des importuns qui viennent nous harceler sur les artères piétonnières. Le chef Vincent Hervieux est une étoile montante en cuisine. Il est jeune, inventif, et à l’affût de ce qui peut plaire.

UNE CARTE DIVERSIFIÉE

Ô Chalet est à considérer au nombre des restaurants où l’on peut prendre son port d’attache au quotidien. D’abord par la diversification des menus, également les prix abordables, notamment le midi. Que diriez-vous d’une poitrine de pintade avec gratin dauphinois aux lardons et haricots verts ? Le tout arrosé ensuite par un Côtes de Cassagne, un excellent Bordeaux supérieur. Ou si vous avez le palais encore plus raffiné, l’amateur de vins versera une larme en goûtant un Château de Bellevue, un Saint-Émilion, tel un trésor.  En fond sonore des classiques de la chanson française ou du jazz manouche. Le patron n’aime rien tant que de se retrouver derrière son bar et vous faire découvrir ses rhums préférés. C’est sa boisson fétiche. Il vous en parle avec un trémolo dans la voix. Parmi son parcours, il a été barman au Club Med. Animer un comptoir il sait faire. Beaucoup nous ont vanté la place comme un lieu de décompression par excellence. Et ils ont raison. On se sent vivre mieux, comme ce devrait l’être.

Ô Chalet. 1393 boulevard René-Lévesque E. Mtl. H2L 2M1
Tél. (514) 527 7070      www.restaurantochalet.com

 

 
 
     
   
 

 

 

Solmar

Le romantisme classique à la portugaise

La cuisine portugaise est assez bien représentée à Montréal. Mais s’il y a un établissement qui se distingue par son allure classique c’est incontestablement le Solmar

David Dias junior nous accueille. Il a pris la relève de son paternel qui est un réputé communicateur et qui a assuré la réputation du restaurant à travers ses prestations à la télévision. Son fils fait preuve de plus de discrétion mais il n’en est pas moins volubile quand il nous raconte l’histoire les débuts au début des années soixante-dix au Square Dominion d’une part et sur le boulevard Saint-Laurent. Il est maintenant depuis 1979 sur la rue Saint-Paul, au cœur de ce Vieux-Montréal si évocateur. Il nous reçoit à la Sauvagine, l’autre établissement qu’il possède et sur lequel nous aurons le plaisir de revenir un jour. Ce dernier est au rez-de-chaussée tandis que le Solmar se trouve au-dessus.

La diversité des portos

Le patron nous parle longuement des portos qu’il connaît sur le bout des doigts. Il en a d’importation privée qui méritent qu’on s’y attarde. Et de nous apprendre que les portos, comme un cordonnier mal chaussé, sont destinés en grande majorité à l’exportation. Et qu’au Québec on les apprécie tout particulièrement. Si vous les aimez, c’est au Solmar qu’il faut se diriger pour en apprécier la diversité, en apéro jusque comme vin de dessert.

Chef invité

Depuis six ans on a pris l’habitude de faire venir un chef en résidence. Présentement c’est Ricardo Mendes qui règne en cuisine. Comme le souligne M. Dias, on revisite des classiques pour leur donner une touche novatrice,. C’est le cas de la morue confite. Nous avons goûté un délicieux riz avec fruits de mer, un émincé de porc et palourdes, un filet mignon à la portugaise, de quoi nous étourdir les sens. La table d’hôte est modifiée de façon cyclique et vous pouvez opter pour le menu dégustation. Et le restaurant a toujours fait honneur à la musique nationale. Ainsi vous avez le chant si langoureux du fado qui peut être entendu les fins de semaine, de même que l’on peut danser. Car le décor est tellement évocateur.

Un décor de grand style émotionnant

Le Solmar fait partie des restaurants de plus en plus rares qui offrent le spectacle d’une salle à manger de grand style. Avec ses fauteuils de style, ses tentures, ses lustres et les tables nappées en étage. Avec sur chacune une lampe en faïence. C’est de toute beauté. Un décor qui impose le respect et qui nous prédispose à une soirée qui aura des allures de célébration.  Et le merveilleux c’est que les prix pour un tel endroit, sont très abordables. Le soir de notre passage le serveur faisait des prouesses pour nous plaire. On voyait qu’il avait un réel bonheur à faire en sorte que nous soyons bien. Avis à tous les romantiques dans l’âme, le Solmar est à inscrire tout en haut de votre liste de priorités.

Solmar. 111 est rue Saint-Paul, Montréal H2Y 1g7
(514) 861 4562      
 www.solmar-montreal.com

 

 
 
     
   
 

 

 

Bistro Bien-Venue

Un rapport qualité prix exceptionnel
Niché au cœur de l’Avenue du Mont-Royal, le Bistro Bien-Venue est promis à un réel succès parce qu’il combine deux atouts essentiels, des plats goûteux, soignés et des prix incroyables. Rarement a-t-on vu par exemple venir à trois personnes avec disons une consommation chacune, et s’en tirer avec une ardoise de 135$ alors qu’il en coûte souvent ça par personne dans des endroits dits branchés. C’est la volonté du patron pourtant comptable de profession, peut-être pour ça aussi, qui a compris que les gens veulent encore sortir, en autant qu’on leur en offre encore les moyens. Et son intuition ne l’a pas trompé car à peine ouvert depuis deux semaines, les clients s’amenaient en grand nombre. Et nous sommes certains qu’en dépit des efforts publicitaires, ils seront les client deviendront les meilleurs ambassadeurs. Le chef Pierre nous vient de Belgique et a eu l’heureuse idée d’amener avec lui la recette nationale pour faire de bonnes frites qui nous sont servis en panier. Et côté viande, on ne vous offrira que du bœuf certifié CAB. C’est de la cuisine gourmet, un tantinet gastronomique. Qui ne sera pas tenté par une poêlée de ris de veau aux champignons et à la crème de brie, ou des côtes de dos d’agneau laquées au poivre & sirop d’érable ? Les amateurs de poissons pourront se reporter sur un Tataki de thon yellowfin avec sauce concombre et wasabi, ou encore la morue pochée, sauce champagne et coriandre fraîche. 

Au four à bois
Beaucoup de mets passent par le four à bois pour en révéler les saveurs. Une chose saute aux yeux en parcourant la carte, c’est la variété des pizzas cuites de cette façon. On en compte onze, dont une aux crevettes géantes, fromage et sauce vierge à la fleur de sel. Et pour les intolérants au gluten vous avez sur demande de la pâte à pizza qui n’en contient pas. Nous avons opté pour des médaillons de bœuf grillés et leurs petits lardons de canards. D’un niveau de présentation qui tutoie l’excellence. La chair du bœuf était d’une tendreté à donner des frissons. On a conclu avec une mousse fromage au chocolat noir, chapelure de biscuits et coulis de framboise.

Un décor de bon ton
Nous étions trois à nous demander que pouvait bien être le qualificatif qui pouvait convenir à la décoration. Et on s’est entendu sur le mot élégant. Il y a une influence méditerranéenne avec la banquette, la jolie bibliothèque, le bar très agréable, le choix des éclairages, juste ce qu’il faut de tamisé et la cuisine bien en vue en fond de salle. Rien de tape à l’œil, qui de toute façon finit par lasser.  Le décor du Bien-Venue donne le goût d’en faire un poste de base pour qui veut asseoir de bonnes habitudes. Et nous tendions l’oreille vers les tables voisines, nous n’entendions que des commentaires satisfaits. Si quelqu’un ne devait choisir qu’un restaurant à Montréal pour y avoir comme on dit sa table, c’est bien là. Allez sur leur site Internet et voyez les prix proposés, ça défie l’imagination.

Bistro Bien-Venue. 1019 Avenue du Mont-Royal E. 
Tél. (514) 303 0880.    www.bistrobienvenue.com

 

 
 
     
   
 

 

 

L'Autre Vision

L’alliance de la cuisine du terroir et du contemporain

La meilleure publicité pour un restaurant, en dehors de toute offensive de marketing, demeurera toujours  le bouche à oreille. Nous avions eu des commentaires élogieux parmi nos proches qui ont eu le grand bonheur de franchir les portes de L’Autre Version. Il est tenu par Benoit Marcotte et Stéphanie Gemme. Le soir de notre passage c’était le premier qui veillait au grain. Ce qui frappe chez lui c’est sa jeunesse. Au téléphone la voix est mature et on s’attend à avoir en face de soi un homme mûr. Bien non, c’est un beau jeune homme au sourire grand comme ça qui nous accueille. Si lui était relax au possible, son chef Étienne Whalen l’était beaucoup moins, pour la raison qu’il expérimentait son nouveau menu pour lequel nous servions de cobaye. Qu’il se rassure, nous avons été comblés au superlatif. C’est une cuisine de grand raffinement avec un souci dans la présentation. Et quand son sait que le premier plaisir du gourmet est la vue, de ce point de vue là c’est une réussite parfaite. Mais avant d’aller plus loin sur le menu, un mot sur ce restaurant qui était celui où officiait jadis Laurent Godbout. Benoit a suivi un cours de gestion hôtelière au Collège Lasalle, mais sa véritable école l’a été au sein des établissements pour lesquels il a travaillé et où il a connu tous les échelons du travail en salle. De sorte que du côté des vins par exemple, à l’écouter, on se méprend tellement qu’on croirait avoir affaire à un sommelier. « Disons que dans tout ce que j’entreprends, j’ai une ligne directrice » dit-il. S’il a laissé carte blanche à son chef, il avait déjà des idées assez arrêtées sur ce que devait être la vitrine gastronomique de son établissement. Il dit avoir beaucoup appris des erreurs des autres.

Changement de décor

En trois jours seulement, L’Autre Version est devenu ce que l’on voit grâce à un changement de décor rapide. La terrasse est toujours là, une des dix plus belles à Montréal d’ailleurs, entourée de végétation, de sorte qu’on se croirait coupé du monde ambiant. Et vous avez une salle de conférence qui donne sur la rue Saint-Paul, prévue pour 30 personnes, avec une large fenestration. La vue est romanesque à souhait, dans ce secteur mirifique du Vieux-Montréal. Mais la grande transformation c’est au niveau du menu. Pour vous donner une idée, voici quelques plats choisis au hasard. En entrée vous avez notamment la mousse de foie et terrine de lapin de Stanstead. Ou la pieuvre braisée et calmars marinés. Du côté des plats principaux, la longe d’agneau braisé, haricots blancs au romarin, choix napa et de Bruxelles dorés, laque aux herbes, ou encore le tilapia et pétoncles, purée de haricots noirs et sa déclinaison de pois verts, beurre monté de maïs. Au dessert, une grande particularité, ils ont un chef pâtissier, Kevin Chratrand. C’est assez rare dans un restaurant où on se contente d’acheter souvent ses pâtisseries en sous-traitance. C’est plus qu’un maître en sucreries, c’est un orfèvre. Il propose entre autres son Autre Version du Forêt Noire gâteau Sacher et ganache amère, voile de gelée et croustillant à la cerise rouge, parfait glacé à la vanille et filaments de chocolats. Du pur bonheur. Nous parlions plus haut du soin mis à la présentation des plats. Mieux que mille mots, allez voir la galerie de photos de certaines de leurs créations mise en ligne sur le site web. Vous aurez déjà l’eu à la bouche.  La carte des vins est variée à souhait et n’hésitez pas à demander conseil. On connaît bien les cépages qui pourront accompagner vos mets. Vraiment la recommandation faite par nos amis n’était pas exagérée. Et l’Autre Version joue bien son rôle au moment où d’autres restaurants institutionnels ferment leurs portes les uns après les autres, faute de ne pas avoir su faire face aux tendances actuelles en restauration. L’Autre Version est dans la tradition de la belle et bonne cuisine du terroir avec une touche contemporaine. Il va se créer nous en sommes certains, un bassin de fidèles.

L’Autre Version. 295 rue Saint-Paul E.  Tél. (514) 871 9135
www.restoversion.com

 

 
 
     
   
 

 

 

Peroni

Le restaurant où il fait bon décompresser

Il est situé on ne peut plus au centre-ville de Montréal, rue Metcalfe, à l’intérieur de l’imposant édifice art déco de la Sun Life. Et environnement oblige, le restaurant a aussi cette belle élégance, avec cette couleur brun rouge sur les murs indéfinissable qui a demandé d’infinis essais de nuances. Avec son beau mobilier le tout donne une ambiance bien chaleureuse. Et c’est peut-être pour ça que le public aime si retrouver si souvent au bar pour les 5 à 7, assez courus merci, car le prix des consommations est très raisonnable. Puis les gens prolongent leur visite en demeurant pour le souper. Car le menu a ses assiettes vedettes. Comme cette bavette top niveau réalisée avec du bœuf Black Angus qui a mariné durant six semaines. La tendreté de cette pièce de viande vaut le détour. Et il y en a qui vienne de loin rien que pour y goûter. Puis ceux qui sont tendance poulet vont craquer pour la poitrine enrobée de prosciutto croustillant. Et pour ajouter au goût merveilleux, on insère dans la chair une portion de provolone. C’est comme si on réinventait une saveur à cette volaille déjà appréciée des gourmets.

Diversité et bons prix

Le co-propriétaire Joey Santamaria est un rare restaurateur qui a compris que pour contrer la situation assez difficile en restauration, il fallait présenter une carte diversifiée et accessible au portefeuille de la plupart des gens. « Nous avons aussi un grand avantage qui fait tellement plaisir à notre clientèle, c’est que nous offrons le stationnement gratuit au sous-sol de l’immeuble » nous dit-il comme un des éléments clé de la popularité du restaurant. Car c’est une solution inespérée pour éviter le cauchemar de garer au centre-ville. On sait que bien des gens ne viennent plus au centre-ville pour cette seule raison. C’est Joey qui officie aux cuisines avec Max et il nous présente deux menus saisonniers. Et revenons sur ce décor aux teintes sombres doucement éclairé avec une légère musique de fond. Ça aussi ça joue en leur faveur, car hélas trop souvent ailleurs, la musique dite lounge donne l’impression de souper dans une discothèque. Pas au Peroni, où vous pouvez discuter de romance ou d’affaires sans élever la voix. Et en complément, l’établissement offre un service de traiteur qui est très apprécié des entreprises qui logent dans les étages, et aussi de ceux qui commandent de l’extérieur. Il fallait relever un gros défi pour remplacer ce qui était autrefois la Rapière, qui était un des lieux de gastronomie de pointe à Montréal. Le Peroni n’a pas opté pour la haute cuisine, mais pour un menu confort qui fait vibrer le palais avec une pointe d’inventivité à des plats classiques. Décor et bons prix sont les cartes maîtresses.

Peroni, 1155 rue Metcalfe, Montréa H3B 2V6  
Tél. (514) 303 7376.     www.restaurantperoni.com

 

 
 
     
   
 

 

 

Le Bienville

Une cuisine gourmande et inventive
Comment définir ce restaurant de quartier, qui sans tambours ni trompettes fait courir les amateurs de fine cuisine bistro ?

Olivier Racicot qui officie aux fourneaux et agit comme copropriétaire est un manuel. Il a certes suivi un cours de cuisine d’établissement, mais l’essentiel de son talent de chef, il le doit à lui-même, tel une sorte de don. « J’ai toujours aimé cuisiner. Je l’ai toujours fait pour mes blondes ». Eh bien on disait que c’était autrefois les femmes qui gardaient leur homme par le ventre. Ici c’est l’inverse. Les chanceuses. Mais on n’a pas à les envier, puisqu’il met la même générosité à servir ses clients.

Belle et sobre ambiance
Même si l’endroit est chéri des bobos du Plateau, quartier où niche le Bienville, ce disciple de Jimmy Oliver ne veut pas d’un resto mode le temps d’une tendance. Pour lui, faire de la cuisine relève de l’apostolat. Et rien de tapageur. Exactement ce à quoi on s’attend d’un décor de bistro avec le tableau noir bien en vu. Une petite musique d’ambiance vient enrober l’atmosphère. Et fait à noter, la partie de la cuisine est attenante à la salle à manger. De sorte que les 31 convives peuvent voir le maestro d’activer. « Et quand c’est possible, il m’arrive de jaser avec les clients pendant que je fais mes préparations. Ça se veut sympathique, et surtout sans prétention ». Il ne s’en vantera pas certes, mais ce qui se trouve dans l’assiette a de quoi marquer des souvenirs de fins gourmets.

Des basiques revisités
D’entrée de jeu, le serveur ce soir là, Sébastien, alsacien d’origine, est un gars de métier. Il vous décline les préparations avec un professionnalisme qui nous émerveille. On ouvre les estomacs avec un bon Crémant bourgogne Bouillot. Puis en entrée ce seront foie gras et poêlé de champignons sauvages. Ici on parle de tout un foie gras mes amis. On n’en dit pas plus. Il faut y goûter, car nous nous trouvons dans la situation d’un agent immobilier qui vous parlerait d’une belle maison. Mais s’il n’a pas de photos à vous montrer, à quoi cela sert-il ? Ici il faut que ce morceau de foie gras viennent fondre dans votre bouche pour vous rappeler qu’il y a aussi du bonheur sur terre.

Nous aimons les pâtes alimentaires. Il y a au menu un plat d’une richesse inouïe au goût, c’est le Mac »cheese de gnocchi. C’est original et revisite un classique de la cuisine italienne. Notre accompagnatrice opta pour un lapin braisé du genre tajine dans sa présentation. Le tout arrosé d’un Pinot blanc Trombach 2008 et d’un Pinot noir Nicolas Potel. Aux desserts voyez le clin d’œil, tape la pomme et pousse l’ananas. Au passage, le chef s’approvisionne en café au Café St-Henri, dans le quartier du même nom, qui est réputé pour le choix de ses grains. Nous rendîmes grâce au Seigneur pour tous ses bienfaits et surtout à Olivier Racicot d’être si inventif et appliqué. C’est un chef qui a du caractère et qui ne peut être condamné qu’à l’excellence.

Le Bienville. 4650 rue de Mentana, Montréal P.Q. H2J 3B9
(514) 508 6448   www.lebienville.com



 
 
     
   
 

 

 

Helena, la brasserie chic portugaise

Helena Loureiro a su redonner ses lettres de noblesse à la cuisine portugaise qui ne se limite pas, croyez-nous, à la morue et aux sardines. On considère même celle-ci comme une des plus élaborées au monde. Le chef et propriétaire du restaurant qui porte son nom, nous le confirme  « On parle de morue. Saviez-vous qu’il y a 365 recettes pour ce poisson ? Autant que les jours de l’année. » Mais il y a ce restaurant dont tout le monde parle maintenant, situé sur la rue McGill au cœur de ce nouveau quartier branché du Vieux-Montréal. Le lieu en jette plein la vue. Une décoration signée Agostino de Riggi. Le restaurant est profond mais avec surtout une hauteur de plafond incroyable. Et des couleurs! Du bleu, de l’orangé, du jaune. A l’image du pays qui l’inspire. C’est chic, mode, un tantinet bling, bling. Normalement ce type de restaurant vit le temps d’une tendance. Mais cette fois ci, ce sera l’exception car Helena est toute une pointure en gastronomie. Cette femme qui ressemble un peu à l’actrice Hilary Swank est charmante comme tout et prend le temps de venir saluer les clients. Toujours dans le sillage de sa famille qui était passée maître dans la restauration, elle a vécu dans un village proche de Fatima. A l’âge aussi précoce que onze ans, elle savait ce qu’allait être son futur, la cuisine.

La venue au Québec

Si à voir aller ses proches, elle a pu acquérir un savoir-faire précieux, elle est allée quand même suivre des cours à l’Institut d’Hôtellerie de Lisbonne. Trois ans d’une solide formation. Elle arrive ensuite à Montréal en 1988 et entre aussitôt à l’Institut d’Hôtellerie du Québec d’où elle sort diplômée en 1990. Après des expériences diverses en cuisine commerciale et communautaire, elle ouvre en mars 2003 le Portus Calle qui demeure encore un autre fleuron de la cuisine lusophone. Nous aurons un jour l’occasion de vous en entretenir.

Finesse portugaise

En salle les serveuses et les serveurs sont jolis comme tout, mais surtout des gens de métier. Ils connaissent la déclinaison de tous les plats qu’ils présentent. Nous avons goûté une salade de cresson et fromage Säo Jorge. Puis ce fut la casserole de pâte et poissons et coriandre fraîche. Cette épice qui confère la note arabisante à certains plats et que semble affectionner Helena. Puis un carpaccio de pieuvre et purée de pois chiche, champignons et poivrons. Quelle fraîcheur! Mais nous allions commettre un grave impair en oubliant de mentionner que nous avons pris en guise de cocktail apéro le Porto tonic. Mes amis, comme boisson désaltérante par temps de canicule, c’est extra. Puis pendant que l’on prend ce nectar à petites lampées, notre regard s’arrête sur la coutellerie très particulière. Le design de celle-ci mériterait un prix. En guise de petits plats dégustations, des accras de morue et des palourdes gratinées. On prend le temps de bien déguster ces explosions de saveurs en bouche, surtout au chapitre des crevettes Tempura. Vous allez nous dire, oui mais c’est japonais! C’est qu’Helena cuisine portugais oui, mais pas essentiellement. Elle aime bien faire intervenir d’autres provenances culinaires. La carte des vins portugais est impressionnante, un peu beaucoup, et faite d’importations privée. Les oenophiles ont de beaux mois de découvertes à faire. De quoi égayer aussi la carte. On a parlé du personnel en salle, hautement performant. Mais sur un autre plan, les serveurs sont d’un charme fou. Mesdames, vous risquez presque une embolie. Disons-le carrément, les mecs sont sexy et chaleureux, perpétuellement souriants, comme vaccinés au bonheur. Et pour ceux qui voudraient explorer à fond la cuisine portugaise et prolonger votre plaisir, vous pouvez vous procurer le livre de recettes d’Helena publié aux éditions Transcontinental. Qui est devenu un ouvrage de référence du domaine. Et durant le repas on pensait à cette belle réflexion du grand gastronome Brillat-Savarin qui disait que la découverte d’un plat nouveau fait plus pour le bonheur que la découverte d’une étoile.

Helena. 438 McGill, Montréal H2Y 2G1  Tél. (514) 878 1555
www.restauranthelena.com



 
 
     
   
 

 

 

Miso

La cuisine fusion asiatique insurpassée

Les fins connaisseurs de sushi et ceux qui aiment la cuisine orientale, n’ont pas à chercher de midi à quatorze heures. Ils n’ont qu’à converger vers le Miso, exactement à l’angle des rues Atwater et Sainte-Catherine. Vous nagerez dans le plein mystère des saveurs.

Il faut parler du décor d’une belle sobriété. Rien de tape à l’œil, avec des couleurs reposantes. Il y a même moyen de s’isoler quand on veut se rencontrer en toute intimité. Le lieu est paisible. Et on voit que le personnel sait exactement ce qu’il a à faire. Tout est chorégraphié avec minutie. Aucun faux pas. En cuisine trône le chef Takai d’origine japonaise. Sa carte est résolument inspirée par la belle cuisine japonaise qui sait comme pas une, magnifier les saveurs et les arômes des mets. Nous avons eu droit, au menu dégustation, où voisinaient des morceaux de saumon Teriyaki, du thon rouge, des crevettes et quelques autres merveilles que l’on peut relever au choix avec une mayonnaise au fin soupçon de wasabi. Nous avons fait précédé par une soupe Miso aux fruits de mer. Le bouillon de cette soupe restera à jamais gravé dans notre souvenir gustatif. Son co-propriétaire, Chi-Liem Ly, nous parle maintenant des sushi qui sont ici de pures miniatures savamment préparées et qui perpétuent la finesse nippone. On utilise que des produits ultra frais. « Je préfère dire à un client que nous n’en avons plus au menu, plutôt que de tenter de refiler un produit comestible mais qui ne répondrait pas à nos standards de fraîcheur ». Et il enchaîne en rappelant que dans bien des chaînes commerciales et dans les grandes surfaces d’alimentation, on offre des sushi où le riz compacté domine pour que le féculent comble l’appétit. Mais c’est un produit formaté qui ne laisse pas un souvenir impérissable. C’est la raison pour laquelle, il faut faire l’expérience du Miso pour voir ce que veut dire la différence. Ils ont une carte des vins élaborée, et un choix de cocktails excitant dont un, fait de mangue, vodka, ananas et poivre. Vous nous en donnerez des nouvelles. Les desserts sont très bien aussi. Nous vous recommandons l’assiette aux trois sorbets. Ultra rafraîchissant. Où bien une banane flambée au Grand Marnier. Ça couronne bien ces agapes époustouflantes. Et les prix très raisonnables en regard du haut niveau d’exécution.

Miso.
4000 Sainte-Catherine O. Montréal H3Z 1P1
Tél. (514) 908 6476




 
 
     
   
 

 

 

La table est mise en grande au Poisson rouge

C’est un notaire de nos amis, le regretté Me Jean-Maurice Proulx qui venait faire son pèlerinage au Poisson rouge quand il salivait pour un bon produit de nos eaux ou de la mer. Auteur d’Occasions de bonheur à St-Henri, c’était une fine fourchette qui s’était autorisé les meilleurs tables de Montréal. Mais il avait une affection pour ce petit restaurant du Plateau, situé juste en face du Parc Lafontaine. C’est en sa compagnie que nous avions fait la découverte des succulentes quenelles de brochet. Nous y sommes retournés. Et un des éléments qui confère un certain statut à un établissement de bouche, c’est de garder la constance en cuisine. Or c’est ce petit miracle que réalise Jeannine Ouellette chef et propriétaire. Le Poisson rouge existe depuis une quinzaine d’années, mais elle s’en est portée acquéreur il y a trois ans et demi. C’est son premier restaurant en propre et elle veille dessus comme un trésor national.
« Au menu je vous dirai que l’on joue avec cinq ou six poissons vedettes. Mais vous savez une chose, c’est que bien que l’on soit reconnu dans la préparation des produits de la pêche, on sert également pour les carnivores le cœur de ris de veau et le steak Angus. Ça met de la diversité. »

 

Des légumes qui gardent leur saveur

Fait notable, les légumes qui accompagnent les plats, ont un petit quelque chose qui tutoient l’excellence. Croquants et savoureux comme tout, Mme Ouellette nous dit qu’elle les cuits à la minute. Elles conservent alors toutes leurs valeurs nutritives. Nous avons opté ce soir là un filet de flétan qui nous a fait rappeler à quel point on ne consomme malheureusement pas suffisamment de poisson au cours de la semaine. Sans doute un relent du catholicisme qui nous obligeait à en manger le Vendredi dit « maigre ». Quelle tragédie et quel outrage au bon goût. Nous avons pu goûter à une petite chaudronné de fruits de mer qui explosait de saveurs. Le restaurant est maintenant ouvert le midi pour répondre à la demande. Tout comme on peut commander des plats pour emporter. Le Poisson rouge est un fleuron de la bonne cuisine, sans affectation. C’est encore le secret le mieux gardé. Qu’on vous autorise à répandre autour de vous. Vos proches vous en remercieront, les yeux embués de reconnaissance.

Le Poisson rouge. 1201 Rachel E. Montréal H2J 2J8
Tél. (514) 522 4876
www.restaurantpoissonrouge.ca
  




 
 
     
   
 

 

 

Hôtel Loews Le Concorde


Québec vu des hauteurs

S’il est un hôtel qui a réussi le pari, malgré son importance, à proposer un service à la clientèle aussi attentif que ce que l’on trouve dans un hôtel boutique c’est bien Le Concorde à Québec. Tout se joue d’abord à la réception où la chaleur de l’accueil pourrait venir à bout de n’importe quel glacier. Et c’est une courtoisie non feinte. Pour avoir fréquenté le lieu plusieurs fois par les années passées, on a toujours été séduit, voire même ému par ce désir de faire de votre séjour un moment inoubliable. C’est aussi le vœu de sa directrice générale Mme Renée Gosselin. A la voir au milieu de son personnel, on voit tout de suite que son style de gestion est d’avant-garde. « Nous sommes un hôtel qui tourne » dit-elle en riant faisant référence au restaurant l’Astral qui surplombe l’immeuble. Nous y reviendrons. Elle a ce souci de s’assurer que son équipe se sente bien. Et elle sait que, ci celui-ci est pleinement épanoui dans le travail, cela va se refléter dans la relation à la clientèle. Elle est en poste depuis dix-sept ans. Tout un bail quand on sait que des cadres supérieurs dans une entreprise peine à faire deux ans de suite. Elle adore son travail et ça se voit. Le sourire ici n’est pas cosmétique. Il vient du cœur.

L’Astral, le meilleur poste d’observation

Pour juger de Québec dans toute sa beauté, il n’y a que l’Astral qui offre une telle perspective. Le restaurant pivotant prend une heure trente à pivoter sur son axe. Pendant que vous sirotez votre cocktail, le panorama se met à changer. Tantôt ce sera une vue sur le Cap Diamant, une autre sur les Plaines d’Abraham, puis en direction de l’Île d’Orléans. Nous vous recommandons de vous y rendre avant le coucher de soleil. Immanquablement les clients sortent leur appareil photos et croquent des instantanés des beaux paysages qui s’offrent à eux. Le soir c’est de toute beauté. La ville scintille de mille feux. Et on se dit réellement que l’Unesco a eu raison de la décréter comme une ville patrimoniale. C’est même une des belles capitales du monde entier. L’Astral nous le confirme.

Manger comme au ciel

A supposer qu’au paradis on puisse manger, et inspiré par le fait que nous sommes dans les hauteurs, on s’est plu à imaginer que la cuisine de l’Astral donne un avant-goût des agapes célestes. Mais d’abord avant le menu il y a un chef, Jean-Claude Crouzet qui ressemble à s’y méprendre au chanteur Paul Anka. Mais sa séduction à lui n’est pas de faire le crooner, mais de marier des saveurs avec le doigté d’un magicien. Il est chef exécutif depuis 1999. Il en a concocté des plats depuis. Fidèle à la politique d’achats chez nous, il fait bonne provision chez nos fermiers locaux. C’est un être exigeant. Il le reconnaît, il est un peu maniaque sur les bords, surtout quand vient le temps de la production. Mais contrairement à la caricature qui veuille que le maître à bord hurle en cuisine, pas lui. Il sait se maîtriser. C’est assez rare dans la profession. Malgré un horaire démentiel il a pris le temps de venir nous faire causette, pendant que nous nous préparons au festin en sirotant un Kir à la fleur d’Hibiscus. Et effectivement c’est un chef détendu avec qui nous avons pu échanger sur le thème de la passion. Le premier péché auquel il nous a convié, a été de déguster sa sucette de foie gras aux figues confites, gelée de vin rouges, amandines grillées et salade de fleurs. C’est une jolie pièce de foie mousse de foie gras présenté sur un bâtonnet. La langue française est riche de mots. Mais il manque celui qui parviendra à décrire la sensation qui vous vient en bouche. Succédera la soupe de cresson des fontaines, les cuisses de grenouilles confites, le tartare de pétoncles aux fraises et poivre noir, granité de badiane et croustillant au zeste d’orange. Au tour des pièces de résistances, l’omble de l’Arctique confite avec sa purée de trompette de la mort, petite friture de Titiris, asperges vertes rôties à la noisette et sabayon de pamplemousse. Peut-on trouver accompagnement plus original à ce classique de la poissonnerie ? Nous prîmes aussi le pavé d’agneau du printemps de la ferme Bérarc, tête d’ail et romarin rôtis, tzatiki de concombre, chips de pita aux olives calamata et beignets de feta. Le tout arrosé d’une bonne bouteille de Muscadet. Et accro aux sucreries vous n’êtes pas en reste avec le vacherin de citron et vanille en sphère, mousse légère à la sauge et brisures de biscuits. Et ce qu’il y a de merveilleux au contraire de jadis où l’on petit déjeunait au rez-de-chaussée au Bar sous le Cap, maintenant ce goûter matinal se prend aussi à l’Astral. Votre premier regard du matin se porte sur du grandiose. Si on dit volontiers que la première impression est la meilleure, quelle plus belle façon de démarrer la journée.


CHAMBRES AVEC VUE

Un peu pour pasticher le titre de ce film célèbre, disons que du fait que l’Hôtel campe sur le point le plus en hauteur de la ville, même lorsqu’on est aux étages inférieurs, on a toujours un point de vue fantastique sur Québec. Les chambres sont vastes, les lits dotés de matelas dans lesquels il est difficile de s’arracher tant ils accueillent nos corps harassés avec tendresse. La salle d’affaires se trouve dans le hall en face du comptoir d’accueil. Et on a accès de façon illimité à Internet tout à fait gracieusement. Puis et ce n’est pas à négliger, le Concorde fait bon accueil aux animaux domestiques. Merveilleux quand on sait qu’il est difficile parfois de se séparer de nos petits compagnons poilus que l’on affectionne tant. Vraiment c’est la note parfaite que l’on accorde, surtout pour la personnalisation de l’accueil comme mentionné plus haut qui fait tant défaut à d’autres hôtels de même catégorie. Commencer son séjour dans la Vieille-Capitale par un arrêt au Concorde, c’est se donner la garantie que ça démarre en grand.

Hôtel Loews Le Concorde, 1225 cours du Général-de-Montcalm
Tél. (418) 647 2222

http://www.loewshotels.com/Quebec-City-Hotel

 

 





 
 
     
   
 

 

 

La vie de Château au Frontenac


C’est sans doute l’un des hôtels les plus photographiés dans le monde. Il est à tout le moins la figure emblématique de la


Ville de Québec comme l’est la Tour Eiffel à Paris.


Séjourner dans cet hôtel mythique c’est éprouver un frisson qui vous gagne dès que vous franchissez la cour intérieure qui vous fait davantage réaliser que vous vous trouver dans un véritable château aux dimensions impressionnantes. C’est plus de 600 chambres qui constituent le corpus de cet immeuble datant de la fin du XIXème siècle selon les vœux du président du Canadian Pacific, William Van Horne, qui voulait en ferme un immeuble marquant. Il n’a pas raté son coup. On en parle encore un siècle plus tard. Il est même considéré comme un joyau patrimonial de l’Unesco. Une fois dans le hall d’entrée, tente de saisir toutes les merveilles architecturales qui s’y trouvent avec les sombres boiseries, les cuivres dorés, le marbre. C’est d’un luxe inouï. Et puis on se prend de fierté en se disant que ce sont nos ancêtres qui ont mis tout leur cœur à ériger ce bâtiment à nul autre pareil.


LES CHAMBRES STYLISÉES

Les chambres sont stylisées avec pour la majorité une touche victorienne. Des tapisseries aux motifs anciens donnent beaucoup de cachet. Dans une partie de celles-ci donnant sur la Terrasse Dufferin, vous en trouverez avec des poutres inclinées comme dans des combles. Le luxe se fait aussi discret mais sait vous surprendre. Comme ces pantoufles insérées dans un sac en feutrine noire avec les armoiries de l’hôtel dessus et accroché à la poignée de porte extérieure de la chambre. Où passent-ils commandes des petits savons que l’on trouve dans la salle de bain. Ils moussent comme un rien et donne de l’éclat à l’épiderme.


COMMODITÉS DE LA PISCINE

Elle vous a des petits airs 1900 cette piscine juste ce qu’il faut de longue et profonde. Les salles de déshabillages sont de marbre avec de jolis placards fait de beaux bois. On y trouve un sauna vapeur qui émet des senteurs d’eucalyptus qui vous libèrent les bronches. Vous n’avez qu’à amener votre maillot. Pour le reste vous avez toute la literie nécessaire. Attenant à la piscine vous avez une barboteuse pour les enfants et un bain tourbillon. De grands transats permettent de s’allonger de tout son long et de réapprendre à trouver sa respiration, sa détente. Vous avez des quotidiens à votre disposition pour vous mettre en lien avec le monde réel. Par beau temps il y a une terrasse où vous pouvez parfaire votre bronzage. La gorge un peu sèche. Pas de problème. On a prévu un distributeur d’eau citronnée.


LE CÉRÉMONIAL DU CHAMPLAIN

Le Champlain c’est la salle à manger de l’Hôtel décoré avec des éléments Nouvelle-France comme les fauteuils autour des tables. Les serveurs sont en costume d’époque. Un gros foyer se trouve dans la pièce principale. Pour notre part, vu le beau temps on nous a installé dans la véranda, toutes en verre et boiseries, décor du siècle dernier. On croirait que cette portion du restaurant date de la construction du Château. Mais non. C’est un agrandissement qui date de quelques années. C’est une réussite totale, car on n’a jamais l’impression que c’est un rajout. Tout le long la fenestration donne sur la Terrasse Dufferin, là où trône la statue du fondateur de Québec, avec vue au loin sur Lévis, de l’autre côté du fleuve. L’ambiance est d’une rare élégance.


CUISINE DE CHOIX

Il n’y a pas grand monde qui ignore que le chef exécutif en cuisine est le réputé Jean Soulard, auteur de livres de recettes et dont la renommée s’étend à travers d’autres pays. Il pousse la perfection jusqu’à ériger une ruche sur les toits pour son miel et des cultures de fines herbes. La cuisine est au deuxième et c’est là que se font les préparations pour tout ce qui va se consommer dans les assiettes. D’autres cuisines de relais servent à réchauffer les plats et faire les ajustements nécessaires. Le soir de notre visite, le serveur était particulièrement enjoué. Nous avons pris le menu printanier. D’abord il faut savoir que le Champlain perpétue la tradition du service au guéridon. Nos voisins de la table de gauche avaient opté pour un Chateaubriand préparé de la sorte par deux serveurs stylisés en la matière. Il y a toujours une certaine noblesse dans l’exécution de cette tradition importée en France par l’ambassadeur de Russie. Pour notre part on s’est délecté d’un carré d’agneau à la moutarde de Meaux et herbes fraîches du Québec de même que le magret de canard au miel du toit du Château. Notez que le rituel du trou normand n’a pas été oublié entre l’entrée et le plat de résistance. Et on regarde le ballet des serveurs, chorégraphie bien rodée. Un bel assortiment de pain dont un aux canneberges que l’on n’est pas près d’oublier. Et au dessert, un éventail de mignardises qui sont comme autant de petites sculptures que l’on regrette de devoir mettre en pièces pour servir notre gourmandise. Dieu que c’était bon. Comment après de telles agapes et bien arrosées, se mettre à douter d’une possible joie de vivre ? Il faudrait vraiment avoir l’esprit chagrin. Notons au passage une belle avancée du chef Soulard qui prenant compte des nombreux cas d’allergies et intolérances alimentaires, a conçu des menus expressément pour ces publics particuliers. Bref, le Château Frontenac maintient le cap dans le créneau d’excellence qu’il s’est donné.


Château Frontenac
1 rue des Carrières
Ville de Québec
G1R 4P5
(418) 692 3861
Sans frais 1 888 610 7575
www.fairmont.com

 




 
 
     
   
 

 

 

Le Labo culinaire de la Société des arts technologiques

Une expérience inédite

Il y a des fins palais qui veulent bien manger oui et avant toute chose, mais qui cherche en complément un lieu qui fasse ambiance. Nous recommandons à ceux qui croient avoir tout vu et tout connu, de se rendre au Labo culinaire de la Société des arts technologiques sur le boulevard Saint-Laurent. Juste en face du Monument National. Au troisième étage de l’immeuble, vous avez l’impression, non pas d’atterrir dans un restaurant mais plutôt dans un loft où quelqu’un aurait organisé un party. C’est immense comme un entrepôt. Ce qui frappe l’attention ce sont ces tables élevées, faites d’une grosse planche. Vous êtes assis sur un siège en hauteur. Déjà en soi c’est une posture un peu inédite pour prendre le repas. On voit ça plus souvent dans des bars branchés où les gens vont surtout se contenter de prendre des petites bouchées et des cocktails.

Cuisine inventive

Autre fait notable, la cuisine est au cœur de la pièce, à aire libre, entourée par les dîneurs. On voit donc le spectacle de la préparation des mets. La cuisine est dirigée par deux chefs, Seth Gabrielse et Michelle Marek. Le modus operandi est le suivant. Une fois les places attribuées vous allez à un comptoir pour passer votre commande et ensuite vous retourner à votre place. Le service est fait par des serveurs d’une belle efficacité. Et qui par leur affabilité contribuent à accroître la qualité de l’accueil. Ce soir là nous avions pris la table d’hôte qui comprenait un potage, une côtelette de porc et un yogourt. Ici on privilégie les menus santé et avec des produits de chez nous. Mais au menu vous pouvez tout aussi bien avoir de l’omble chevalier ou du tartare de bœuf.

Un monde fou

Mais qui peut bien fréquenter ce genre d’endroit complètement déjanté ? Nous avons pu parler avec la directrice de la Société des arts technologiques, Monique Savoie que l’on qualifie de bâtisseuse de la Cité du XXIème siècle. Elle aime Montréal de tout son cœur et trouve excitante cette belle aventure du labo culinaire « Nous avons beaucoup de clients qui proviennent du monde du multimédia. Et ce sont des dizaines de milliers de travailleurs qui se trouvent dans un périmètre de trois kilomètres de la SAT. ». Effectivement c’est une clientèle branchée, mais pas formelle. Lors de notre passage la terrasse attenante n’était pas encore ouverte, mais on peut facilement imaginer que ce sera un lieu de rendez-vous unique. Imaginez! Prendre son drink avec vue sur la Main. La cuisine est excellente, simple dans sa présentation. On ne cherche pas à faire de l’effet. On a surtout été surpris par la vibration des lieux. Ça grouille de monde qui a l’air d’être heureux de se retrouver dans un climat convivial. Un peu plus et on se serait cru dans un spot hype du quartier Tribeca à New York. C’est dément.
Et c’est sans doute une belle stratégie d’affaires comme l’a réalisé il y a quelques années le Théâtre du Nouveau Monde en s’attachant un restaurant. Ça fait des rentrées d’argent et un peu plus d’autonomie financière.

La Satosphère

On s’était fait insistant pour qu’après le repas nous puissions faire l’expérience de la Statosphère. C’est ce fameux dôme que vous voyez de l’extérieur et qui donne l’impression qu’il y a une mosquée sur le boulevard Saint-Laurent. Mais non, c’est une sorte de Planétarium, en mieux, qui présente des réalisations multimédia étonnantes. Il peut accueillir 400 personnes bien confortablement affalées et qui vont participer à une expérience qui vous en mettra plein la vue et les oreilles. Vous aurez compris qu’il est possible de passer une soirée enchanteresse au cœur de Montréal. Et parlez-en à vos proches, aux blasés de ce monde, ils vous remercieront du conseil.

Labo culinaire
1201 boulevard Saint-Laurent
3ème étage
Montréal
(514) 844 2033
http://www.sat.qc.ca/
http://www.sat.qc.ca/post.php?id=7&post_id=2220&lang=fr





 
 
     
   
 

 

 

Le Bar & Bœuf,
un bistro et même beaucoup plus

Dans le Vieux-Montréal, rue McGill, très achalandée, se trouve une adresse à connaître absolument. C’est le Bistro Bar & Bœuf qui se définit comme un bistro gourmand. Et ça l’est. Parce qu’il a cette caractéristique de combiner le lieu où on va faire la fête et aussi, qui n’interdit pas de jouir de mets suprêmement délicieux concoctés par le chef Simon Mathys, qui a officié précédemment aux Cons Servent et au Laurie Raphaël à Québec sous la gouverne de Daniel Vézina. Ce n’est pas évident de l’extérieur où la façade fait preuve de discrétion. Mais n’ayez pas le malheur, ou plutôt le bonheur d’ouvrir la porte, vous serez happé par un décor d’une beauté inouïe. Qui porte d’ailleurs la signature du designer Michèle Prête. L’aménagement d’ensemble est fait de lignes épurées. Mais ce qui attire le regard, c’est le plafond immensément, haut où trône  une mezzanine avec une salle qui sert aussi aux réceptions privées et aux lancements. Et puis il y a surtout l’agencement des luminaires. Tout en subtilités. Le soir c’est très chaud, très enveloppant. En fond sonore une légère musique de fond pas trop envahissante et qui permet de causer sans avoir à hausser le ton comme bien d’autres endroits qui veulent partager cette vocation.

Une carte commode et servie tardivement

La responsable du marketing, Catherine Maisonneuve nous le rappelle d’entrée de jeu, on n’a pas voulu étrangler le client avec des ardoises salées. Aucun plat ne dépasse 29$. Et la carte, fait la part belle aux produits de la mer autant qu’aux viandes. En entrée on trouvera la joue de veau qu’on ne voit pas partout sur les menus, du boudin noir, des palourdes et le tartare de bœuf. Côté plats principaux on pourra opter pour l’omble de l’Arctique ou la pièce de bœuf Angus. Comme les cuisines à Montréal ont la détestable habitude de fermer leurs fourneaux tôt, on sera agréablement surpris d’apprendre que du jeudi au samedi vous avez le menu de 22h. Et si vous êtes torturés à ne pas savoir quoi choisir parmi toutes ces propositions à faire damner un saint, eh bien vous pouvez opter pour le menu dégustation de quatre services, pour aussi peu 80$ et qui comprend trois verres de vins.

Le temps s’arrête

On peut facilement reconnaître à quels signes l’ambiance fait son œuvre. C’est quand on s’aperçoit qu’on n’a pas vu le temps passer. Approchez-vous, nous allons vous confier un secret. Si vous avez le projet de faire tomber un cœur, c’est un endroit à considérer. Le cadre est propice pour déclarer sa flamme. Et si c’est un amour confirmé, c’est l’écrin parfait pour l’entretenir.

Bar & Bœuf
500 rue McGill
Montréal H2Y 2H6
Tél. (514) 866 3555
www.baretboeuf.com



 
 
     
   
 

 

 

Plus douillet qu’au St-Sulpice, difficile à trouver

Un des temps forts de séjourner dans un hôtel, est le moment où, à la fin de la journée, vous gagner votre chambre afin d’y trouver le repos bien mérité. Et un peu comme un bon plat dont la seule vue vous met en appétit, le premier regard que l’on jette dans une chambre déterminera l’opinion favorable ou non. Eh bien pour ce qui est des chambres de l’Hôtel St-Sulpice, aucun souci à se faire. D’abord ce sont toutes des suites en partant. Qui sont au nombre de 108, de trois styles, Supérieures, De Luxe et Exécutives. Donc vous avez l’espace. Dans les plus grandes, d’un côté vous avez le petit salon et attenant, la chambre proprement dite. Le tout donc très spacieux. Ce concept plaira entre autres aux gens d’affaires qui débarquent et qui vont faire de leur salon leur bureau mobile, en position de recevoir des visiteurs. Puisque la chambre proprement dite est séparée par un panneau coulissant. La gérante du marketing Karin Janssen se fait fort de rappeler les dix ans d’existence de l’Hôtel qui d’emblée a très vite eu la cote auprès des milieux du cinéma. On le choisit régulièrement pour des tournages. Il faut dire que l’aménagement décoratif se prête très bien pour toutes sortes de mises en situation. Les lits sont absolument douillets. Tellement qu’il est difficile de s’en arracher. Et le designer a bien pensé à son affaire en répartissant adéquatement les zones de lumière pour créer des environnements visuels agréables. Une dame nous faisait remarquer fort à propos que dans la salle de bain où nous séjournions, on avait pensé habilement aux femmes avec un éclairage judicieux qui permet de bien faire son maquillage. Car trop souvent vous avez des puits de lumières qui viennent du plafond, très jolies pour l’aspect visuel, mais incommodant pour se refaire une beauté. Dans certaines chambres, vous avez mitoyen, une petite terrasse où vous pouvez prendre un petit goûter en admirant le panorama évocateur qu’offre le Vieux-Montréal. Vous êtes au cœur de l’Histoire de la Ville de Montréal. Cet hôtel classé quatre diamants, le mérite amplement. D’abord il y a l’accueil plus que courtois avec Concierge Clef d’Or, et géographiquement vous êtes à proximité de tout, dont la station de métro Place d’Armes. Les petits déjeuners sont aussi une invitation à la sensualité, car ils se prennent au restaurant le Sinclair qui est connexe au hall d’entrée. Une des belles adresses pour bien manger et dont on a largement ailleurs vanté les mérites dans cette colonne (voir ci-dessous). C’est une expérience à vivre que de séjourner dans le cadre réconfortant du St-Sulpice qui est le secret le mieux gardé dans ce secteur de la ville. Il n’est pas interdit de le faire partager aux autres.

Le St-Sulpice. 414 St-Sulpice, Montréal H2Y 2V5 Tél. (514) 288 1000.     www.lesaintsulpice.com





 
 
     
   
 

 

 

Le Sinclair, le restaurant sensoriel

Nous croyons qu’il faudrait définir le restaurant Sinclair comme un lieu sensoriel. On vient bien sûr pour faire une fête aux papilles gustatives. Mais on ne peut pas ignorer ce décor en dominante de rouge et de noir comme le titre du roman de Stendhal et qui porte la signature du designer Agostino De Riggi. Le même qui a réalisé celui des 400 Coups. Ouvert en décembre 2011, il loge où se trouvait anciennement le « S » annexé à l’Hôtel Le St-Sulpice. Et ça n’a pris de temps que dès son ouverture il s’est trouvé une clientèle d’habitués. Dans un entresol, il y a d’abord cette configuration intime, feutrée. C’est un décor résolument contemporain, épuré mais qui se veut tout, sauf tape à l’œil. Vous avez ce magnifique et très long bar qui longe une de ses parois. Puis les luminaires discrets qui donnent des petites touches de lumière là où il faut. Au plaisir de l’œil va succéder celui du palais.

 

Un accueil de pros

D’abord il faut savoir que trône en cuisine le chef exécutif Stello Perombelon qui a officié successivement au Pullman, Cons Servent. Leméac et Les Chèvres. C’est un menu gastronomique haut de gamme, inventif, mais qui a le grand mérite d’être abordable pour le portefeuille moyen. La direction est une des rares qui a enfin compris qu’il n’était pas irréconciliable de manger superbement sans se ruiner. Et d’office il y a l’accueil par un personnel compétent. Les serveurs connaissent sur le bout des doigts toutes les opérations en cuisine qui ont mené jusqu’à l’assiette.

 

Le festin

On dépose sur notre table un pain sublime traité à la bière noire. Et entre parenthèse, au Sinclair on a facilité la tâche des dîneurs avec cet accessoire qui permet de ranger couteaux et fourchettes entre chaque service et éviter de la sorte de maculer la nappe. En entrée des poireaux vinaigrette au vin de glace, croûton de brioche et foie gras. Comme plat principal de la truite de Nouvelle-Écosse poêlée avec purée de carottes confites, crème de laitue et oseille. Notre partenaire se délecta de son côté d’une pintade rôtie sur le coffre avec topinambours, pruneaux au thé et noix de Grenoble. Côté nectar, un pastougrain, ce bourgogne tellement apprécié des disciples de Bacchus de la maison Rémi Jobard. Et au dessert un assortiment dégustation qui a de quoi satisfaire aux exigences des pros de la sucrerie.

 

Une place à prendre

Y a-t-il trop de restaurants diront les pessimistes ? Cela reviendrait à dire qu’il y aurait aussi trop de compositeurs de musique. C’est pourquoi des établissements de la trempe du Sinclair ont de beaux jours devant eux. Et de voir à quelle vitesse il a été adopté par les montréalais promet des lendemains qui chantent.

 

Sinclair
125 rue Saint-Paul O.
(514) 284-3332
www.restaurantsinclair.com

 

 
 
     
   
 

 

 

L’Aix cuisine du terroir, un grand raffinement


Dans un décor de cuisine contemporaine mais aux tendances résolument classiques, il nous a été permis de connaître un nirvana culinaire. Compte-rendu d’un état de grâce.
L’Aix cuisine du terroir est situé dans l’entresol qui longe l’Hôtel Place d’Armes dans la côte qui mène à la Basilique Notre-Dame. Si on marche la tête haute, on risque de ne pas l’apercevoir. Mais si vous êtes du genre curieux, vous avez sans doute été intrigué par l’élégance du restaurant. Eh bien nous y sommes allés et c’est une expérience qu’il faut vivre dans sa vie. Et dire que l’autre jour dans un documentaire à son sujet, l’actrice Carole Bouquet a osé dire d’éviter Montréal car on y mange très mal. Elle mériterait de revenir pour qu’on l’amène au Aix. Elle n’aurait plus de pareils préjugés. Même qu’on se trouve dans un établissement qui peut rivaliser avec n’importe quelle grande table européenne.


Produits du terroir

Le chef Jean-François Bélair n’utilise dans la grande majorité que des produits du terroir qui est la marque distinctive du lieu.
D’abord un mot sur les serveurs qui pour beaucoup sont d’origine française, du moins le soir où nous sommes passés. Qui connaissent le menu sur le bout des doigts et qui vous récitent les composantes comme un comédien le ferait d’un poème. C’est un numéro de haute voltige qui fait toujours plaisir à entendre et qui est annonciateur de beaux moments à venir. D’abord en entrée, deux recommandations, le tartare de truite et agrumes, salade tiède d’endives et basilic caramélisés. Sucs d’orange sanguine. Puis le vol-au-vent de boudin noir maison mousseline de pommes Cortland céleri-moutarde. Avouez qu’on est aux portes du paradis. Et pour le paradis lui-même les plats de résistances, de gros pétoncles, courge musquée ail noir en deux façons, échalotes séchées au naturel et cresson. Et votre partenaire de table communiera de son côté avec un filet de bœuf AAA rôti, rattes à la crème fraîche et légumes de M. Daigneault et jus de viande.


Des desserts affriolants

Ceux qui ne dédaignent pas les joies du sucre vont se délecter avec la verrine de sirop d’érable, chocolat et vanille, croustade aux amandes et pêches épicées. Et autre proposition, la tarte de citron, crème anglaise, coco, zestes de pamplemousse et sauce yozu.
Et il faut souligner la carte des vins très attrayante, proposée par ces mêmes serveurs qui ont la double qualité d’être également d’excellents sommeliers. Vous avez le Château de Sancerre Coldstream Hills 20 de la Yappa Valley qui par son côté liquoreux accompagne très bien le foie gras poêlé également au menu.
Mais ici on vous laisse entre les mains expertes qui sauront bien vous conseiller. On mange mal à Montréal Madame Bouquet ? L’Aix cuisine du terroir apporte un sérieux démenti.


Aix cuisine du terroir
Hôtel Place d’Armes
711 Côte de la Place d’Armes
Montréal P.Q. H2Y 2X6
Tél. (514) 904 1201
www.aixcuisine.com

 

 
 
     
   
 

 

 

L’Hôtel Rimouski

Un havre de tous les plaisirs

S’il y a une adresse incontournable pour qui débarque dans la ville chef-lieu du Bas-Saint-Laurent
c’est sans contredit, l’Hôtel Rimouski.


Nous sommes allés à l’occasion du salon du livre annuel où il y a une effervescence sans pareille. L’hôtel étant mitoyen du Centre des congrès, les visiteurs se promenait de l’un à l’autre sans distinction, pour y séjourner, boire et bien manger. Car L’Hôtel Rimouski est tout en haut de la liste d’affection des touristes et surtout des locaux qui vont faire leur pèlerinage culinaire à la salle à manger du restaurant La Seigneurie. Car contrairement aux hôtels de Montréal ou de Québec, où les administrations comptent sur le tourisme américain, dans une ville comme Rimouski, la population de l’endroit a inscrit depuis longtemps le restaurant à l’agenda hebdomadaire. C’est vrai qu’on y mange superbement bien. Mais avant de détailler à ce chapitre, un mot sur le décor. Le soir de notre venue, les lumières étaient bellement tamisées avec des tables distancées les unes des autres, de sorte que vous pouvez vous livrer à des confidences sans être épiés par les oreilles des tablées voisines. On préserve donc l’intimité des dîneurs. Et nous avions une serveuse de métier qui veillait sur nous comme une mère attentive à nos besoins. Déjà une caractéristique du niveau d’hospitalité. Et le service se faisait tout en douceur. Il y a rien de pire que de voir du personnel s’agiter en salle et courir de la cuisine à la table. Non rien de cela à la Seigneurie.


Martin Ashby, un amoureux

Le chef exécutif de l’Hôtel a pour nom Martin Ashby. Il est en poste depuis plus de dix ans. Quand on l’a rejoint, il avait quelqu’un à son bureau. Mais sachant que c’était pour vanter les mérites de l’établissement, il a fait de notre appel une priorité. Car il est doublement amoureux. De l’endroit d’une part. Il a acheté une propriété en bordure du fleuve, le chanceux. Et aussi de son travail. « J’ai reçu ma formation à l’École d’hôtellerie de Sherbrooke. Le goût de la cuisine était déjà dans la famille puisque ma mère était traiteur. » Ce natif des Cantons-de-l’Est ne s’en vantera pas, mais il sait à peu près tout faire, des canapés jusqu’à la pâtisserie. Peu d’hôtels peuvent s’enorgueillir de posséder un chef cumulant une telle gamme de compétence. « Je vais certainement vous étonner en vous disant que l’Hôtel Rimouski, notre cuisine en tout cas, a une très forte densité d’opération au niveau du Québec. On fonctionne à gros volume ». Quand on vous disait que les rimouskois supportent l’hôtel, en voici la preuve. « On encourage beaucoup les producteurs locaux. Par exemple, notre veau vient d’une ferme, Broutard des Appalaches. »  Puis il a une vision internationale de la cuisine et aime bien faire des plats contrastés, lui qui a séjourné en Amérique latine et dans les Antilles. Nous avons dégusté de l’agneau et un Osso bucco qui nous ont fait rappeler cette belle citation de l’historien anglais Theodore Zeldin qui disait que la gastronomie est l’art d’utiliser la nourriture pour créer le bonheur. Et le lendemain matin cet état de béatitude se poursuit avec le petit déjeuner. De mémoire de petit déjeuneur, nous n’avons rarement vu un buffet du matin aussi étendu. C’est un défi à la gourmandise. Il faut avoir goûté aux crêpes spongieuses qui gardent captives le sirop d’érable. Un must.

La chambre avec vue
La responsable du marketing et d’une rare efficacité, Julie Fortin, nous avait prévenu que nous aurions de notre chambre une très belle vue sur le fleuve. Elle était en dessous de la vérité. D’abord parce que c’était une mignonne petite suite avec porte coulissante en bois de merisier qui sépare le petit salon de la chambre à coucher proprement dite. Avec un lit douillet, moelleux juste ce qu’il faut. Et effectivement nous avions un panorama extraordinaire donnant sur l’Estuaire du Saint-Laurent dans toute sa largeur. Et le soir, rien n’est plus agréable de déambuler sur le « boardwalk » qui longe le cours d’eau. Il y a même un belvédère qui permet d’embrasser plus largement tout l’horizon. C’est assez romanesque. On imagine les plaisirs qui attendent les randonneurs. Tout concourre à ce que l’Hôtel Rimouski agrémente le séjour.

Hôtel Rimouski. 225 René-Lepage E. G5L 1P2  
Tél. (418) 725 5000
Ce reportage a été réalisé grâce à la compagnie d’autobus Orléans qui assure la liaison entre Montréal et Rimouski.

 

 
 
     
   
 

 

 

Une boucherie magique

Boucherie Pierre à Verdun figure dans le carnet d’adresse de bien des amateurs de bonnes viandes qui savent qu’ils auront droit à la meilleure qualité et aux meilleures coupes.

Gilles Dubrule se rappelle du temps où la boucherie appartenait au tonitruant Eddy Vigneault qui était propriétaire également d’une importante salaison et conseiller municipal alors que Verdun était encore une ville indépendante. Sa réputation amenait au commerce une large clientèle. Et ça ne s’est jamais démenti depuis que Gilles est aux commandes. En fait, et il sera trop modeste pour le reconnaître, c’est que ce dernier est un séducteur à sa façon. Beau bonhomme, il a un entregent du tonnerre. Quand on met les pieds dans la boucherie, on a l’impression de revivre l’époque du magasin général où on allait, non seulement faire ses emplettes, mais aussi parler de tout et de rien. « Et moi j’essaie d’offrir toujours un service personnalisé. Je connais bien mes clients et je sais à quoi ils s’attendent ».


Qualité des coupes et des saucisses…

On pourrait penser que les grandes surfaces qui offrent un comptoir de boucherie ont pu finir par nuire aux petits bouchers comme lui. Il n’en est rien. Du moins pas chez Boucherie Pierre. C’est que les supermarchés ne peuvent offrir le service personnalisé dont est si fier le proprio. Et puis vous n’avez pas toutes les coupes de viande disponibles. « Et depuis la disparition de la succursale du Provigo qui se trouvait à quelques pas d’ici, ça nous a amené du nouveau monde. » Mais si la clientèle vient pour prendre possession du bœuf dans toutes ses déclinaisons, d’autres ne jurent que par les saucisses. « Elle sont faites maison et nous mettons beaucoup d’amour à les préparer. Ils nous arrivent parfois d’être en rupture de stock pour certaines. » nous dit Gilles avec un sourire dévastateur, comme s’il venait de faire un bon coup. Nous avons eu le privilège de goûter à l’une d’elles au sanglier sanglier. C’est un must. Nous ne les nommerons pas toutes faute d’espace, mais elles valent le coup de traverser la ville pour s’en emparer. Et c’est ce que font certains. A notre époque de repli sur soi, il est rassurant de savoir que dans une boucherie qui perpétue les bonnes traditions artisanales, on puisse être reconnu comme un roi comme le veut le dicton. C’est cette authenticité qui fait merveille auprès des amateurs de bonne chair. On serait fou de s’en priver

Daniel Rolland



Boucherie Pierre
5109 rue Verdun
Tél. (514) 767 3314

 

 
 
     
   
 

 

 

Cucina Linda, de la très bonne cuisine italienne

Par Daniel Rolland

C’est à Verdun, rue Wellington que l’on peut goûter une cuisine italienne faite avec le cœur. C’est la raison qui explique que Cucina Linda fait le bonheur de bien des générations aux fins palais.

En 1929 l’établissement a ouvert ses portes sous le nom de « Mike spaghetti house ». Et c’était déjà le succès. Il fallait le faire, ouvrir un restaurant en pleine grande crise économique. Sans doute que le fondateur s’est dit que de toutes façons les gens allaient devoir quand même manger. Mais il a fait plus que cela, il leur a appris à bien manger. Et la tradition se maintient sous la raison sociale de Cucina Linda, la cuisine de Linda, le prénom de la propriétaire, véritable maman des lieux. Et on vient de partout pour goûter, entre autres, aux belles portions de veau, apprêtées de diverses manières. « J’ai beaucoup de gens connu qui viennent ici, dont des joueurs de hockey, rappelle Linda. Mais je ne donnerai pas de nom de peur qu’on croit que je veuille récupérer leur célébrité à mon avantage ». Elle a un défaut, elle est trop modeste.

Agrandissement

Il y a dix ans on a procédé à l’agrandissement. C’était nécessaire si on voulait répondre à toutes les demandes qui étaient faites pour vivre l’expérience culinaire. Pendant que je discute avec la patronne qui ne rate jamais une occasion de rigoler, elle me signale avec fierté sa fille Tina qui sert sur le plancher et qui adore son travail. La relève est assurée. Puis il y a son fils Gino, fleuriste qui vient installer régulièrement des arrangements floraux qui donnent un cachet bien spécial à la salle à manger. Pour revenir à la cuisine. ce que les gens aiment ce sont les portions généreuses. On est tous un peu comme ça, à se demander si on mangera suffisamment à notre faim. Eh bien la question est résolue d’entrée de jeu. Car les gens sortent de table en remerciant le ciel, et surtout le chef, pour toutes ces bonnes choses. Le samedi, surveillez l’agenda, il y a des soirées musicales. Avec toujours de très bons artistes qui viennent ajouter ce petit plus de romanesque.

Cucina Linda, c’est exactement le type de restaurant de quartier que l’on se réfère en amis comme si on se partageait un secret.

C’est la réputé relationniste Sandra Paré qui m’a fait redécouvrir l’endroit, un soir qu’elle m’avait invitée pour le lancement de son premier livre sur la bienséance destinée aux filles. Comme elle était en retard, j’avais eu le loisir de prendre un bon ballon de rouge en l’attendant. Et du coup de vivre pleinement la sérénité du lieu avec ses belles boiseries et ses tables montées avec classicisme. J’étais passé en coup de vent il y a quelques années, en regrettant de ne pas avoir pu y demeurer plus longtemps. C’est chose faite. Maintenant j’en prends l’habitude et même le matin, car on y sert également les petits déjeuners.

Cucina Linda. 3900 rue Wellington, arrondissement Verdun

Tél. (514) 362 9618

 

 
 
     
   
 


 

La feuille de menthe

Des plaisirs autant pour les yeux, que pour le palais

Par Daniel Rolland

On nous avait recommandé cette adresse comme étant une petite perle à découvrir. Nos informateurs ont vu juste. Allons à la découverte du charme culinaire asiatique.

C’est Madame Anne Mary Ta qui nous accueille en compagnie de son conjoint qui la seconde en salle. C’est une femme soucieuse du confort des visiteurs. D’abord ce qui frappe à la Feuille de menthe située avenue du Parc, au cœur du Mile-End, c’est la beauté formelle du lieu. On se croirait dans un coin d’ambassade avec ses murs lambrissés. Un décor sobre et classique. Qui nous met tout de suite en confiance. C’est un restaurant vietnamien qui sert des spécialités tant du nord que du sud de ce pays, qui distille ses secrets culinaires au fur et à mesure de notre curiosité.

Présentation superbe.

Si vous aimez les fruits de mer qui font la fierté de la cuisine du sud, vous apprécierez surtout le soin mis à la présentation. Dépendant du plat, vos crevettes, palourdes, moules peuvent être servies dans un gros ananas coupé en deux ou une noix de coco, coupée de même. Et vous aurez selon le plat désigné, un fond de jus d’ananas ou de coco qui viendra donner un supplément d’âme aux ingrédients. On imagine sans peine toute la dextérité et la vitesse d’exécution requise pour arriver à monter ces plats esthétiques en un temps record, surtout quand la salle est comblée de clients. Mme Ta a eu une formation pianistique. C’est une artiste dans l’âme et tout ce qu’elle touche est une question de discipline et d’exigence. Le travail ne lui fait pas peur. Et rien ne la gratifie autant que lorsqu’on la complimente sur la qualité de ses plats. Au dessert nous aurons le cassava, typiquement vietnamien. C’est une pointe de tarte à la texture gélatineuse où l’on trouve un tubercule râpé qui a la consistance de la pomme de terre, un œuf, et du lait de noix de coco. Ah ! Mes amis, vous ne pourrez pas dire que vous avez fait le tour de tout sans avoir goûté cette petite merveille qui a le grand avantage de ne pas être trop sucrée.

La tranquilité

Beaucoup de restaurants à Montréal, question de vouloir faire ambiance, se sentent obligés d’inclure de la musique de fond qui souvent couvre les conversations. Ici la musique est discrète et souvent de la musique classique. On peut donc en couple s’échanger de tendres conversations. Et aussi c’est la volonté de la propriétaire d’avoir un menu au coût accessible pour ceux qui veulent renouveler l’expérience plusieurs fois. Vous connaissez le dicton bien connu, l’essayer c’est l’adopter. Ça n’a jamais été aussi vrai qu’à la Feuille de menthe. De la cuisine vietnamienne raffinée au possible.

La feuille de menthe. 5136 Avenue du Parc, Montréal H2V 4G5 Tél. (514) 272 1477.

 

 

 


 
     
   
 


 

Un petit air de Chine en plein centre-ville

Par Daniel Rolland

Il y a des expériences à vivre au cours de notre passage terrestre. Tel se restaurer et séjourner au Holiday Inn Select, ne serait-ce que pour apprendre la véritable définition du mot nouveau.

Certains blasés vous diront que tous les hôtels se ressemblent. Le Holiday Inn Select Montréal en est un sérieux démenti. A proximité du quartier chinois, il est la preuve de sa distinction, car les chinois s’y retrouvent comme en famille. Tellement, que ne vous avisez pas de réserver à quelques jours du week-end du jour de l’an chinois. Tout est complet. Et pour majorité par des chinois ou ceux qui veulent baigner dans cette atmosphère orientale. Il faut s’y prendre à l’avance. Gessée Chartré directrice des ventes et du marketing nous rappelle que bien que faisant partie de la chaîne internationale Holiday Inn, l’établissement se distingue pour plus d’une raison. « Il y a ce merveilleux décor du restaurant Che Chine reposant sur des canaux sinueux. Et vous savez pourquoi ? C’est que la construction a été faite sur les instructions d’un maître feng-shui, pour chasser les mauvais esprits. » Elle ajoute que le Palais des Congrès juste de l’autre côté de la rue, draine une importante clientèle. Ainsi que tous les touristes qui visitent le Vieux-Montréal. A deux pas de la station de métro Place d’Armes, le visiteur peut se rendre aisément partout à travers la ville.

Un tête à tête romanesque

Mme Chartré a évoqué le décor singulier du restaurant qui effectivement est traversé de canaux avec une eau claire dans laquelle se faufile…des poissons. On ne se lasse pas de ce spectacle. Au milieu du restaurant trône une énorme pagode. C’est là que les amoureux viennent se faire des confidences. L’hôtel a depuis peu un nouveau chef, Olivier Revusel natif de Perpignan, reconnaissable à son accent chantant de Provence. Il a passé toute sa vie sur la Côte d’Azur et a fait son cours à l’École Hôtelière de Nice. « J’ai un bras droit, Yu Dai Hui qui a la charge de la cuisine spécifiquement chinoise. C’est un être inventif qui réactualise cette cuisine. Moi j’ai le mandat de mettre à l’honneur le pendant de la cuisine continentale. A vrai dire, la cuisine de bistrot avec ses classiques. Par exemple, vous pourrez retrouver la bavette. Parfois nous aurons des brunchs à thèmes. En mai prochain nous aurons par exemple un menu avec homard à volonté. » Une belle évolution pour la carte qui aura la double enseigne de la cuisine chinoise et occidentale. Plus de choix donc. Le soir où nous sommes allés, j’avais opté pour un plat de palourdes et haricots noirs. Un pur délice dont l’arôme en partant nous mettait en réconciliation avec la vie. Et ma compagne a opté pour un plat de fruits de mer varié que dominaient des crevettes dont elle me parle encore. Le personnel est chinois. Le service est fait avec la réserve propre aux orientaux qui s’effacent pour ne pas importuner les dîneurs tout à leurs échanges. Courtoisie et efficacité sont les qualificatifs qui décrivent le mieux ce à qui vous attend.

Le confort d’une chambre avec vue sur le Vieux-Montréal

On nous a logé dans une chambre toute coquette qui nous a emballé pour l’unique raison qu’elle disposait d’un balcon donnant droit devant sur le Vieux-Montréal. Malheureusement dame nature assez frisquette, ne nous a pas permis de demeurer plus longtemps à l’extérieur. Mais on imagine aisément quel plaisir ce doit être de se perdre en pensée, par beau temps en voyant le spectacle de ce quartier pittoresque tout illuminé le soir venu. Dans le grand lit confortable, le stress n’avait pas droit de cité. Nous dispositions de l’accès au salon d’affaire où l’on dispose de café en permanence et d’un ordinateur permettant de répandre la bonne nouvelle de notre agréable séjour à la cantonade. Au matin retour au restaurant pour le petit déjeuner continental. Pour faire changement de œufs brouillés et saucisses, on s’est dirigé plutôt vers un déjeuner santé avec bol de céréales et bol de fruits frais. Et toujours le ruissellement de l’eau dans les canaux qui nous accompagne sans relâche. En somme un petit deux jours dans ce havre de détente vaut toutes les séances de psychothérapie possibles. On y retrouve le plus grand luxe qui soit dans ce temps troubles, la paix et un certain art de vivre. Seule note négative, il a fallu nous arracher à ce petit bonheur.

Holiday Inn Select Montréal

99 ave. Viger O. Montréal H2Z 1E9

1-888-878-9888

 


 
     
   
 


 

Au Koko Restaurant + Bar

Un nouveau chef et toujours autant de sensualité

Par Daniel Rolland

A l’annonce de la nomination du nouveau chef Michele Forgione, j’étais curieux de voir les changements apportés à la carte.

Michele Forgione arrive précédé d’une vaste expérience qui l’a mené comme chef dans différents établissements du groupe Antonopoulos dans le Vieux-Montréal, tels le Verses, Méchant bœuf, la suite 701 et l’Hôtel Nelligan. Maintenant il est à l’orée de Saint-Laurent-la-Haute avec tous ces restos branchés. Le défi est de taille. On se souviendra que la précédente carte était centrée essentiellement sur la cuisine asiatique. Peut-être au fil du temps, comme tout le monde s’était lancé là dedans, la formule présentait-elle moins d’attrait ? Quoique dans ce créneau, le Koko était champion. Je n’oublierai jamais leurs fameuses crevettes Tempura. On a été prudent quand même. On a n’a pas tout jeté par-dessus bord. On retrouve dans le nouveau menu, des plats orientaux qui démarquaient de ce qu’on peut goûter hors les murs. D’ailleurs un des sous-chefs est Takeshi Horinoue. L’autre se nomme Paulo Posado. Ils vont bien seconder maestro Forgione.

L’ambiance en premier

Si vous aimez la vie nocturne vous adorerez l’aura qui se dégage du décor très contemporain du Koko Restaurant+Bar. On se croirait plonger dans le milieu de la mode. C’est vibrant. Et plus on avance durant la soirée, et plus cette sensualité ambiante est enveloppante. Un des points fort du resto c’est d’abord le bar. Où trônent non pas des barmen et barmaids mais des mixologues. Je dirais plus, des alchimistes. Ils font combiner des ingrédients en apparence disparates pour faire surgir des nectars du diable. Nous recommandons en apéro l’Opus 136 qui contient tenez-vous bien, du Grey Goose, de l’orange, de l’alizé gold, et fruit de la passion. La soirée décolle, attachez vos ceintures. Puis on enchaîne avec une autre merveille du bar, l’Oriental fait de Crown Royal, vermouth sucré, Cointreau sucré et purée de Kalamansi. Oh! mes amis.

Des plats continentaux revisités

J’étais à la veille de mon anniversaire, donc très disposé à me programmer en mode fête. Au service nous avons retrouvé Pascal. Je dois dire un mot de ce garçon tellement affable. Vous savez le mot hospitalité a tellement été galvaudé qu’il a perdu tout son sens. Pascal l’incarne parfaitement. Il a toujours un beau sourire, l’air de dire, attendez, madame, monsieur vous allez passer toute une belle soirée. C’est un serveur de métier, attentionné comme ce n’est plus permis. Il est là depuis les touts débuts de l’ouverture du restaurant et c’est un animateur sans pareil. Je le dis d’autant plus que dans beaucoup d’établissements dits branchés, on vous braque à titre de serveuse un mannequin qui n’a aucune connaissance des basiques de la restauration. Au Koko Restaurant+Bar on prend un soin jaloux d’avoir du personnel compétent. Mais Pascal c’est un must. Même ma compagne de table n’en revenait pas de tant d’attentions. Et je ne dis pas ça parce qu’on était en mission commandé. Je l’ai vu avec les autres clients offrir le même niveau de service. Il aime visiblement ce qu’il fait. Je tenais à mettre en majuscule cette présence qui ajoute à la qualité de la soirée.

Ma partenaire a pris une belle pièce de boeuf, généreuse et cuite comme il le fallait, tandis que j’ai opté, chef italien oblige, pour des gnocchis avec prosciutto. Un régal. Je voulais tester un plat simple et en quoi le Koko pouvait lui donner de la valeur ajouté. C’est réussi. Il y  avait ce petit peu plus qu’on ne peut faire chez soi que si on a du temps. Hélas on en manque, tempo de vie oblige. Pour arroser le gosier un merveilleux vin australien que vous devez prendre en note, le Merlot Pfeiffer. Une belle robe rouge et un goût subtil en bouche, non agressant et qui facilite la conversation. Au dessert, de délicieuses mignardises ont comblé notre goût du sucre. Je crois que le choix d’une carte avec des plats continentaux s’imposait. Finalement c’est une très bonne idée de remettre à la carte des plats continentaux tout en conservant les canons asiatiques. Plus de choix proposés donc pour notre plus grand bonheur.

Koko Restaurant+Bar. 8 Sherbrooke O. Tél. (514) 657 5656

 


 
     
   
 



 

Chez Gautier

Faire l’expérience de la grande brasserie parisienne

par Daniel Rolland

Vous aimeriez bien faire un saut de puce à Paris mais le temps vous manque ? Évitez-vous bien des désagréments en vous rendant tout simplement Chez Gautier sur l’Avenue du Parc.

Vous serez immédiatement plongé dans une grande brasserie typiquement Ville Lumière.

C’était un mercredi en soirée. Une journée plutôt tranquille en restauration à Montréal. Et pourtant à notre grande surprise, les convives étaient très nombreux. Et en peu de temps la salle à manger s’est animée par toutes ces conversations joyeuses. Décidément on ne se trouve pas n’importe où. Pour quiconque choisi, entre autres, un restaurant pour son ambiance, c’est tout trouvé. C’est le grand chic des brasseries de haut niveau comme on en voit dans pleins d’arrondissements de Paris. La première chose qui frappe en pénétrant dans ce lieu (qui mériterait une classification de la part du ministère des affaires culturelles), c’est l’assemblage des nobles matériaux, cuir, boiseries, cuivre et au-dessus du bar, ce somptueux dôme gigantesque de style Tiffany qui à lui seul vaut qu’on s’y attarde. On a remarqué d’ailleurs que des convives commencent leur pèlerinage au bar pour prendre l’apéro, avant de regagner leurs tables. Instantanément le climat est créé.

Une belle histoire

C’est Moïse Gautier pâtissier en renom qui viendra d’abord ouvrir la réputée Pâtisserie Belge, adjacente à Chez Gautier. La première pâtisserie se trouvait rue Sherbrooke. Chez Gautier verra le jour en 1976. La première fois que j’entendrai parler de l’établissement, c’était un ancien collègue de Radio-Canada International qui en faisait son resto fétiche. Ce qu’il appréciait plus que tout c’était la stabilité de la cuisine. Car on sait que le bât blesse très souvent à ce chapitre parce qu’un jour se trouve un chef de talent, et hop suivi d’un moins bon. Les gens vont y aller une fois, mais ne s’y feront plus reprendre. Or comme le souligne fort à propos Stéphanie Gautier, qui a repris le flambeau paternel « Nous avons le même chef depuis le début Jean-Paul Magnier ». Et nous avons pu vérifier que le maestro des fourneaux tutoie l’excellence. Je n’ai jamais goûté un aussi bon saumon. Mme Gautier nous dit à ce chapitre qu’on ne peut avoir plus frais, car les livraisons de poissons se font à raison de deux fois par jour. C’est un menu bistro assez rare en restauration. On y sert que des produits frais.

Courtoisie du service

Le soir où nous y sommes allés il y avait une jeune serveuse répondant au doux prénom de Sylvie-Marie. Et qui était arrivée depuis peu. Mais à elle seule elle incarnait l’esprit de la maison, fait de courtoisie et de grand professionnalisme. Elle a bien vue que j’entretenais une conversation des plus animée avec mon vis-à-vis et elle s’est arrangée pour intervenir toujours à propos, toute en délicatesse. Une ordonnance dans le service qui est digne des grandes enseignes. Ce que les visiteurs aiment, et c’est ce que me racontait mon collègue radio-canadien, c’est que Chez Gautier on ne retrouvera jamais une once de prétention venant du personnel pour un restaurant qui jouit pourtant d’une très haute réputation. On met les dîneurs à l’aise. Le petit déjeuner se prend à 8h.30 dans une ambiance des plus décontractée. J’y suis retourné après coup pour juger de l’esprit matinal. On voyait bien des habitués, lisant recueillis les quotidiens du jour, comme dans l’extension de leur salon. D’autres vont apprécier l’heure du thé en ayant la chance de savourer du même coup les délicieuses pâtisseries produites par la Pâtisserie Belge mitoyenne. On y accède de l’intérieur par le restaurant. Vous dire que le péché existe, c’est un fait. Le problème c’est de se retenir. C’est une zone de tentations.

Les générations passent. Bien des restaurants ne survivent pas aux vagues des tendances à la mode. Mais Chez Gautier on maintient le cap. Ici on parle d’institution, rien de moins.

Chez Gautier
3487 Avenue du Parc
Montréal, H2X 2H6

Tél. (514) 845 2992

www.chezgautier.com

 

 



 
     
   
 
 



La Troïka

Une plongée dans la cuisine inspirée des Tsars

par Daniel Rolland

Être chroniqueur en restauration comporte un danger. C’est qu’à force d’être baladé de magnifiques agapes, d’une table à l’autre, qu’on en vienne à prendre le métier pour de la routine. Mais force est de constater que nous avons été passablement remués émotionnellement par notre séjour à la Troïka, le renommé restaurant franco-russe de la rue Crescent. Il a été ouvert en 1962 et n’a jamais failli à sa mission de faire découvrir la grande cuisine inspirée par ce qui se servait à la cour des Tsars. Pourquoi a un rang si élevé ? C’est que voyez-vous, la cuisine des paysans qui formait la grande majorité de la population, se contentait de plats monotones, lourds en calories pour pouvoir affronter le rude climat nordique. C’était tout sauf le raffinement. Avec une dominante pour la pomme de terre. Tandis que chez les Tsars on se faisait fort de faire venir des chefs de partout et on puisait dans les recettes de ce qui se faisait de mieux en Europe, particulièrement en cuisine française. L’aristocratie russe se plaisait d’ailleurs à parler le français, la langue du raffinement par excellence. Et que dire des plaisirs de la table.

Une soirée mémorable à tout point de vue

Une comédienne que je ne nommerai pas, faisait les belles soirées de la Troïka au début des années soixante. Elle retrouvait le comédien et réalisateur Guy Mauffette lequel l’amenait là, pour l’initier aux grandes jouissances de ce bas monde. Et des années après, le raffinement tiens toujours. Le soir ou nous sommes débarqués, le temps était grisâtre. Mais à l’intérieur, le décor rougeoyant, avec ses lourdes tentures, les gros fauteuils cossus, le grand et chic miroir qui coure le long du mur, les larges assiettes à dorures et monogramme du resto, tout concourt à créer immédiatement l’ambiance. Il y avait un duo de chanteurs russes épatants. Qui ne se contentait pas que de standards, mais aussi des pièces du répertoire disco, en russe! Et c’était exotique au possible. Instantanément, même si nous ne connaissions pas les autres convives, il s’est installé une atmosphère de fête, chacun tapant dans les mains ou occupant le petit espace dansant. En famille, quoi!

Une élévation pour le palais

On vient surtout à la Troïka pour communier avec ce qui se fait de mieux en cuisine franco-russe. Depuis mai dernier, l’établissement compte sur un chef inventif qui a le souci de se dépasser continuellement et qui a pour nom John Zoumis. Il est crétois d’origine. Au début on croyait que c’était un grec, vu le nom de famille. Quelle méprise. D’autant que la cuisine crétoise, orgueil de la nation, est considérée comme la plus santé au monde. « Mes parents étaient peu argentés. Donc ils faisaient attention à ce qu’ils achetaient au marché ». Et c’est ainsi que tout jeune il a appris à distinguer les mérites d’un bon légume. Et la piqûre de la cuisine lui est venue. Il a par la suite entrepris une formation à l’Institut d’Hôtellerie du Québec. A son arrivée il a modifié la carte à hauteur de 90% en conservant par contre les classiques qui font la gloire de la maison. Mais en y ajoutant sa petite touche personnelle. Ainsi le fameux bœuf Stroganov ne repose pas sur un fond de nouilles, mais sur un lit de pommes de terres. Nous avons fait l’essai, et recommandons hautement la côte de bœuf qui nous a fait décoller du sol! Que de saveurs en bouche. Nous avions fait précéder cette merveille par une lampée de vodka comme il se doit à la russe, c’est-à-dire, cul sec. Parlant de vodkas, il y en a plus de quarante variétés disponibles et six sortes de caviars.

Un grand changement de décor en vue

Un des associé principaux, David Aouizerate nous annonce de grandes transformations dans les semaines à venir : « Nous étions mûrs pour faire évoluer la Troïka vers un autre décor. Ceux qui avaient connu le restaurant dans ses grandes années avaient pris de l’âge et espaçaient leurs visites. Il fallait donc aller chercher une nouvelle clientèle qui ne nous connaisse pas encore. » Là-dessus il déploie des cartons préliminaires avec des dessins graphiques qui donnent une idée de ce que sera la Troïka du vingt-et-unième siècle. Il brillera de tous ses feux, mais dans une optique de décoration résolument contemporaine. La surprise va être de taille. C’est tout un pari qu’il serait amusant de suivre. Si ce qui se voit sera radicalement changé, la continuité demeurera pour ce qui est du grand raffinement culinaire. Et le chef Zoumis n’est pas l’homme de compromis. La Troïka a été, est, et sera, un lieu de fêtes et de célébrations gastronomiques.

La Troïka

2171 Crescent

Tél. (514) 849 9333

www.restauranttroika.com

 

 


 
     
   
 



Les Îles-de-la-Madeleine en plein Verdun

Par Daniel Rolland

Par rapport aux Îles-de-la-Madeleine vous avez deux types de personnes, ceux qui y sont allés et qui brûlent d’y retourner. Et ceux qui rêvent d’y mettre les pieds. Mais pas besoin d’aller si loin pour goûter l’esprit de ce coin de pays. Les Îles sont maintenant rue Wellington.

L’arrondissement Verdun compte un bon nombre de gaspésiens et de madelinots. Pour des raisons historiques qu’il serait trop long d’énumérer ici. Pour ce qui est des madelinots, c’est une communauté tricotée serrée. Et qui a maintenant son « ambassade » sur la principale artère, la rue Wellington, le restaurant Les Îles En Ville. L’âme des lieux c’est la co-propriétaire Ginette Painchaud. On ne peut pas la manquer. Elle occupe toute la place à recevoir les gens, raconter une blague à l’un, écouter un commentaire de l’autre. Elle met la main à la pâte en cuisine, fait le service aux tables et surtout en est l’animatrice boute-en-train.

C’est une femme aux ressources illimitées, qui a fait d’abord de la cuisine et de l’accueil à l’auberge familiale aux îles, pousser la ritournelle, produit des spectacles. Bref, elle partait avec un bagage unique qui vont lui servir au moment de sa nouvelle aventure, celle de tenir un restaurant en compagnie de son frère Donald.

Une cuisine bonne pour l’estomac et pour l’âme

Je me suis amené au restaurant (qui a passé le cap de la première année avec grand succès) en compagnie du réputé chef de cuisine Pierre Majois ancien chef éxécutif de l’Hôtel Concorde à Québec et maintenant chef des cuisines du sélect « Faculty Club » de l’Université McGill. Cet homme qui passe sa vie à concocter des plats inventifs et raffinés, a pris un plaisir fou durant ces quelques heures à l’établissement des Painchaud. Comme tous ceux qui franchissent la porte, il a été immédiatement conquis par la personnalité de Ginette qui est une actrice à elle seule. Elle sait faire l’ambiance. Elle le dit elle-même « Je veux que les gens se sentent comme chez eux, ou comme lorsqu’ils vont aux îles avec toute l’hospitalité qu’on nous connaît ».

Première découverte l’ariel, un apéro bien typique des îles qui mêle des goûts de canneberge et de cassis. Et pendant que vous sirotez ce nectar à nul autre pareil, vous consultez le menu. Et il y a une page qui fait la nomenclature d’expressions locales forts savoureuses. Par exemple, « déblâmes » qui signifie excuse, ou faux-fuyant. Ou dire des armenas qui sont des éloges grandiloquents et douteux. En entrée une autre découverte a été les « couteaux » un mollusque qui s’apparente à une longue pâte italienne coupée et qui a la texture du calamar. Vous complétez avec la galelle, boule farineuse qui remplace le classique pain. Et puis ce fut une succession de merveilles gustatives allant de la rillette au loup de mer, du maquereau, des moules des îles du Prince-Édouard, du fromage « le pied devant ». Un moment fort a été la soupe de la mère, un bel ensemble servi tout chaud composé de délices tel que la morue, des palourdes, des pétoncles, des crevettes et des pommes de terre. Une petite chaudronnée qui nous a plongé dans un moment indéfinissable. Que c’est bon de s’exclamer mon chef ami. Du côté des plats principaux nous avons opté pour des beignets de morue et le pot en pot (on en dit pas plus). Au final, le pudding chômeur et la tarte au sucre.

Nous résumons ici ces agapes merveilleuses qui peuvent être arrosées par des bières de la micro-brasserie madelinot, A l’Abri des tempêtes, qui décline les goûts principaux des bières, de la blonde à la rousse. Demandez le menu dégustation qui vaut vraiment le coup.  « Chez nous vous pouvez écouter la radio des îles, lire votre journal des îles, entendre les derniers potins des îles. Finalement comme si on était carrément aux Îles-de-la-Madeleine » nous dit Ginette. Les fins de semaine il y a des spectacles avec des artistes divers qui n’ont qu’une mission, vous faire passer du bon temps. Avant de désespérer de l’égoïsme du monde et du manque de chaleur humaine, c’est que vous n’êtes pas allés faire un tour au resto des Îles En Ville, le dernier rempart ou la condition humaine est à son meilleur.

Les Îles En Ville. 5335 Wellington, arrondissement Verdun, Montréal  H4H 1N3.   Tél. (514) 544 0854

www.lesilesenville.com


 
     
 
 
 


Le raffinement jusque dans les petites choses

Par Daniel Rolland

L’Hôtel Opus à Montréal et son restaurant le Koko sont deux expériences à tenter pour qui est en quête d’expériences inoubliables.

Il faut le dire, le métier de chroniqueur en hôtellerie et restauration comporte parfois sa part de routine. Un sushi par là et le même ailleurs. Je sais il y a pire misère. Mais doit-on subir la banalité ? Eh bien lors de notre visite à l’hôtel Opus il m’a été donné d’être excité à nouveau comme lorsque j’ai débuté dans le métier. D’abord saluons ici le travail de la relationniste associé, Élisabeth Gaudreault qui a pris, un vendredi soir, tout le temps nécessaire pour nous piloter dans ces installations qui conjugue le modernisme et un certain classicisme. Un ange, quoi. Il n’a pas été difficile de partager son enthousiasme. L’immeuble est exactement situé à l’angle du boulevard Saint-Laurent et de la rue Sherbrooke. On ne peut pas manquer cet édifice de style Art Nouveau connu comme l’édifice Godin, et qui a été érigé en 1914 par Joseph-Arthur Godin. La petite histoire retiendra qu’elle a été la première structure en béton coulée en Amérique du Nord.

Un architecte et un designer en renom

L’architecte est Dan Hanganu à qui l’on doit tant de magnifiques réalisations. Notamment la chapelle de l’Abbaye de Saint-Benoît-du-Lac. Si cette dernière est un lieu de ressourcement spirituel, l’Hôtel Opus autorise tous les péchés! Car c’est un établissement qui se situe entre l’hôtel boutique et le grand hôtel. Un juste milieu. C’est la sensualité qui en est la dominante. Mme Gaudreault nous a raconté que la couleur de chacune des chambres procède d’un concept issu de la psychologie. Comme hélas le signataire de ces lignes est daltonien, c’est un élément qui m’échappe. Mais pour être allé à deux reprises, la suite qui nous a été réservé et qui était chaque fois la même, m’emballe d’abord par l’espace. Le lit ne mobilise pas toute la place. Au contraire, c’est vaste. Et puis je craque spécialement pour la salle de bain. Avec une douche qui est une petite pièce à elle seule, toute vitrée. M’écouter j’y passerais des heures. Le designer mérite qu’on souligne toute l’exploitation habile de ses dons qui sont ici magnifiés. Son nom, Yabu Pushelberg. Ce new yorkais a été lauréat du Platinum Circle Award. Ce n’est pas pour rien que le magazine Conde Nast Traveler en pince pour l’Opus. Petit détail qui n’a pas échappé à mon goût du douillet, la literie, qui est faite en coton égyptien. Si vous avez le malheur de vous allonger, ne serait-ce que quelques minutes, vous risquez de ne plus vous relever, tant le lit est confortable à souhait. La relationniste, poursuivant ses commentaires captivants, nous racontait que la suite présidentielle servait souvent de plateau de tournage.

Le Koko

Après la période d’installation dans la chambre, on nous a conduit au restaurant le Koko. La chanteuse de jazz Louise Sauvé qui m’accompagnait ce soir là, n’en revenait pas. Le lieu lui faisait penser à ces restaurants branchés que l’on trouve à Hollywood. Il est vrai que l’endroit fait un peu jet-set. Pas pour rien qu’à défaut de jet-set à Montréal, au moins la faune branchée de la métropole s’y donne rendez-vous. Et pour les bonnes raisons. Pas seulement pour voir et être vu, mais ce sont des clients qui veulent au premier plan bien manger. Lorsque nous sommes allés, c’était en plein cœur du Festival Montréal en Lumières qui rendait hommage à la cuisine portugaise. Donc le tout jeune chef Matthew Piercy a concocté des plats mettant en vedette les gloires de la cuisine lusophone. Quelles étaient bonnes les crevettes! Règle générale, le menu s’inspire de la cuisine orientale qui a tant la faveur de ceux et celles qui surveillent leur ligne. Côté boissons, lisez bien chers lecteurs, c’est le bar le plus professionnel de tout le Québec! Les mots barman et barmaid sont à proscrire ici. Ce sont des magiciens. Des encyclopédistes du bien boire. Qui vont même jusqu’à oser des inventions. Par exemple, en lien avec la cuisine portugaise, l’équipe a planché sur des cocktails à base de porto, un ingrédient qui entre rarement dans les compositions des « mix ». Ce qui a coulé dans notre gorge était rien de moins qu’un nectar des dieux. Et le personnel en salle connaît son métier. Bien que le Koko soit tendance, la direction a vu à ce que les serveurs et serveuses ne soient pas des mannequins que l’on regarde défilés. Ce sont d’authentiques professionnels de la restauration. Si vous semblez revenu de tout et croyez avoir tout vu, c’est que vous êtes visiblement de mauvaise foi. Il vous manque l’expérience combinée de l’Opus, du Koko et du Suco Resto Lounge. Et avant de vous quitter, à la belle saison, il faut s’arrêter à la terrasse en partie recouverte, une des plus belles à Montréal. C’est là qu’on petit déjeune. Petit déjeuner qui ne comporte aucune des calamités du breakfast à l’américaine. Ici c’est le menu santé qui prime. Au final, nous vous invitons à jouer au touriste dans votre ville et de vous accorder un moment de grâce. Car pour paraphraser le slogan de l’Oréal, vous le valez bien.

Hötel Opus
10 Sherbrooke O.
Mtl. P.Q. H2X 4C9
Tél. (514) 843 6000
www.opushotel.com


 
     
 
 
 


C’est un des plus beaux restaurants de Montréal. Il a pour nom Le Parchemin
. Situé dans ce qui était le presbytère de la cathédrale anglicane Christ Church, il est une expérience qu’il faut vivre plusieurs fois dans sa vie.

L’immeuble a de quoi intimider. De style gothique, l’ancien presbytère a des allures de club privé. A prime abord, oh! Là! Là!

Ce que ça doit être cher. Eh bien non! « C’est peut-être le petit problème que nous rencontrons, nous dit le co-propriétaire Patrick Schmidt. La façade est en effet impressionnante. Mais nous avons justement prévu une table d’hôte qui peut être aussi abordable que 19$ avant taxes et service. » Quand on pénètre à l’intérieur, on ne peut être que saisi par la grande classe du lieu. On se croirait convier à un dîner chez l’ambassadeur. Vous voyez le genre. Mais ce qui vient justement mettre une touche de gentillesse, de chaleur humaine, c’est la qualité de l’accueil. Il se peut bien que ce soit M. Schmidt ou bien son associé Juan Comas qui vous reçoivent. Les deux se sont rencontrés alors qu’ils travaillaient ensemble au Casino de Montréal. M. Schmidt né à Coblenz en Allemagne a été formé à la grande école rigoureuse hôtelière allemande. Celle qui ne laisse rien passer. C’est aussi un sommelier hors pair capable sur-le-champ de décliner tout ce qui conviendra en matière d’accords mets et vins. Tandis que M. Comas est un barman aguerri et serveur de métier qui a connu la grande époque des préparations en salle. Ce qu’on peut toujours faire d’ailleurs au Parchemin.

Une cuisine de l’excellence

Si le décor classique à souhait est une fête pour les yeux, la fête l’est également pour le palais. Ce soir là nous avions la bisque de homard et le minestrone. Puis ce furent le foie gras poêlé et le ris de veau. Pouvons-nous vous dire que rendu à cette étape la séduction avait fait son œuvre. J’optai pour un canard à l’orange absolument sensationnel, tandis que ma partenaire opta pour le homard dans trois déclinaisons. Et les desserts étaient à l’avenant. C’est le chef d’origine Didier Combaz qui a orchestré ces merveilles en cuisine. Et comme le lieu en impose, les autres convives se font d’une grande discrétion pour que tous et chacun puissions vivre cet état de grâce dans l’harmonie.

Une adresse que l’on se refile

Le Parchemin a été ouvert pour la première fois en 1988. Mais ce n’est que depuis deux ans que MM. Schmidt et Comas ont repris les destinées de l’établissement en rehaussant les critères du service. « Le midi, étant en plein cœur du centre-ville, nous bénéficions des clients qui viennent des tours à bureaux avoisinantes » précise M. Schmidt. Il y a là, une effervescence propre aux gens d’affaires qui trouvent le cadre idéal pour parapher des ententes importantes. Si vous voulez impressionner un interlocuteur ou un cœur à saisir, c’est l’emplacement tout trouvé. Mais répétons-le, à prix abordable. C’est ça qui distingue surtout le Parchemin. Le soir, l’ambiance redevient feutrée, élégante. Aux étages supérieurs vous avez des salles privées, pour de petites réceptions, des petits mariages ou réunions d’affaires. Tous les plats parviennent par monte-charge. Donc vous ne verrez jamais les serveurs s’esquinter à monter et descendre l’escalier. Tout est savamment orchestré comme pour une chorégraphie. Montréal cache ses trésors. Le Parchemin en est un.

Le Parchemin
1333 rue University
Tél. (514) 844 1619
www.leparchemin.com




 
     
 
 
 


Le restaurant de quartier idéal

Par Daniel Rolland

Le plaisir du gourmet c’est de dénicher une bonne adresse d’un restaurant de quartier, et d’être fier de le faire découvrir à ses proches. A ceux là qui sont en quête de la perle rare, voici justement une de ces bonnes enseignes, dont la fête est tant dans le décor que dans l’assiette. Ce restaurant a pour nom Chez Sophie. Et ne le cherchez pas au centre-ville de Montréal. Il se trouve dans le sud-ouest, exactement rue Wellington, près de la cinquième avenue à Verdun. Qui avouons-le n’est pas le quartier auquel on pense immédiatement pour dénicher un tel trésor. Et pourtant! Qui se montre curieux trouvera sa récompense, car Chez Sophie correspond en tout point à l’idéal que l’on souhaite en termes de grande qualité en cuisine (même d’inventivité), service aux tables hors pair et prix très raisonnable, même surprenant pour un tel traitement de faveur.

L’esprit bordelais

Le restaurant porte le prénom de sa propriétaire, Sophie Mignon,  d’origine bordelaise. Elle a précédemment travaillé chez le réputé charcutier du Marché Atwater « Terrines et pâtés ». C’est une personnalité absolument charmante, qui a en elle, c’est innée, la bonne tradition culinaire de la Gironde. Sa maman tout comme elle, vient aussi prêter main forte au fourneau. Mais d’abord parlons du décor. Un classicisme simple, de bon aloi, aux allures de bistro une classe au-dessus. L’ambiance est feutrée. On sait d’avance que l’on va vivre une belle expérience. Le menu est écrit au tableau noir, comme dans les établissements dignes de ce nom. « Quand nous avons pris possession des lieux, il n’y avait pas de bar. Nous en avons aménagez un, »  nous dit Sophie. On peut s’y installer avant de passer à table. Il est très beau et c’est ce qui attire notre attention en premier quand on franchi la porte. La carte, typiquement française, est très diversifiée. « Nous avons deux plats vedettes chez nous, le magret de canard et le cassoulet » ajoute l’intéressée. Nous y avons goûté et nous corroborons les dires de Madame. Sublimes! Les desserts sont faits maison, dont une découverte à faire, le cannelet, une mignardise bien bordelaise. Un péché…Mignon!

Et le spectacle est aussi en salle

Il faut compter sur le service en salle mené de main de maître par Armando Sabbah. A lui seul, ce monsieur rempli d’une infinie courtoisie et d’un humour dévastateur, est une mémoire vivante de la restauration à Montréal. Il a fait tous les établissements qui comptent dont rien de moins que la Casa Pedro au moment des grandes heures. C’est un barman aguerri, un serveur de grand métier et avec lui ça ne traîne pas. Le client est reçu comme s’il était un ami de la maison et leur grand souhait est de fidéliser une clientèle dont on prendra plaisir à connaître leurs petites faiblesses culinaires. Ponctuellement on y présente des spectacles de flamenco qui ne manquent pas de piquant. Pour connaître les moments de représentations, on vous suggère d’appeler au préalable. Ça vaut vraiment le coût. Ah! oui! Chez Sophie offre aussi un service traiteur. Pas mal, quand on veut se dégager des contraintes de la cuisine. Si vous jugez que la vie vous malmène trop, dirigez-vous vers Ches Sophie pour aller chercher le supplément d’affection qui vous manque. Laissez-vous gâter. Car comme dirait l’autre, vous le méritez bien.

Chez Sophie. 5013 rue Wellington, Verdun. Tél. (514) 303 6642.


 
 


 

 


Le St-James pour vivre une expérience inoubliable

Par Daniel Rolland

Dans notre société qui vise le nivellement par le bas, y a-t-il un endroit à Montréal qui fasse figure d’exceptionnel ? Eh bien cet endroit existe et il a pour nom l’Hôtel St-James. Nous y sommes allés pour vous.

Avec l’obsession de la rentabilité à tout prix, c’est rendu que sur des vols aériens nord-américains l’on sert des sandwichs sous cellophane. La qualité en prend souvent un coup. Il est donc légitime qu’on se mette parfois à rêver d’endroits de rêve qui nous propulse vers des jouissances quasi extra-terrestres. Ces endroits sont rares mais à Montréal, c’est incarné par rien de moins que l’Hôtel St-James. Situé rue Saint-Jacques au cœur du Vieux-Montréal on imagine à peine que l’immeuble où siège l’établissement cinq étoiles a été jadis une banque. En effet, à l’origine en 1870, c’était l’emplacement de la Canadian Merchant Bank. Par après ce sera autour du courtier Nesbitt Thomson à y établir ses bureaux. L’édifice deviendra vacant une dizaine d’années. C’est la famille Rémillard, propriétaire de la firme Remstar et de TQS qui acquérera l’immeuble pour en faire le Saint-James qui sera inauguré en l’an 2000 avec l’arrivée du nouveau millénaire. Qui circulait aux abords au moment de la construction a pu constater l’imposant chantier que c’aura été. Il a fallu, non seulement reconfigurer l’intérieur pour le transformer en vaste hall, 45 suites et 15 chambres, mais on a ajouté en plus quatre étages. Au sommet trône la grande suite avec la terrasse qui fait tout le tour, totalisant une surface de 3500 pieds carrés. C’est là que toutes les grandes stars, de Madonna aux Rolling Stones sont descendues. La suite en impose avec ses lourdes portes en bronze qui était celle de la banque. Et à l’intérieur c’est criant de luxe. Comme un des salons du château de Windsor. La salle de bain nous a fait pousser un cri d’admiration avec tout ce marbre!

Une décoration hallucinante

Partout dans l’Hôtel vous verrez, tout comme dans la suite, de magnifiques objets d’arts décoratifs. C’est la résultante d’une passion pour le beau. « M. Rémillard lorsqu’il va en voyage un peu partout dans le monde, rapporte des objets qu’il installe dans nos emplacements », signale M. Olivier J.P. Bottois le directeur général. Des vases, des bustes antiques, tout n’est que raffinement. Raffinement qui commence par l’accueil avec les portiers qui sont en paletots et casquettes stylés. Vous êtes reçus comme si vous étiez le Prince de Galles lui-même. A droite de la réception vous avez une superbe bibliothèque à l’anglaise, avec boiseries « off course » où le client peut tranquillement faire la lecture de ses journaux dans un décor opulent à souhait.

La cuisine du paradis

A supposer qu’on puisse manger au paradis on peut par extension se mettre à penser que le menu du St-James est le même. C’est Michele Mercuri qui est chef éxécutif et qui fait des prodiges au restaurant le XO. Il faut avoir goûté son tadaki de thon avec poitrine de caille et escargots. Nous vous invitons à faire le choix du menu dégustation. Un de ces services comprend le légendaire bœuf de Kobé. Mieux que tout, cela vous permettra d’avoir un échantillonnage de la virtuosité aux fourneaux. Ils ont une carte des vins à faire pâlir d’envie tout bon disciple de Bacchus. Le soir où nous sommes passés c’est Martin Lefebvre qui était le sommelier de service. Il a pris un véritable plaisir à nous faire déguster des vins de Californie de première grandeur comme ce Cabernet Sauvignon de la Napa Valley.

Ce qu’est un cinq étoiles

« Les clients paient le prix mais pour cela ils veulent de l’exceptionnel » de nous dire M. Bottois. Et ce commentaire à lui seul définit mieux que tout la philosophie du service à la clientèle tel que pratiqué par le St-James. Il ajoute : « Il y a des stars, et je ne vous donnerai pas de nom bien sûr, qui ont tenté de négocier à rabais des prix de séjours sous prétexte que cela allait apporter une renommée additionnelle à l’Hôtel. On a refusé. Nous ne faisons pas de concession de ce genre. En même temps on évite de se mettre en situation de créer des partis-pris qui au final risqueraient de nous nuire. En somme traitement égal pour tous. » Donc que vous soyez Mick Jagger ou Roland Forget de St-Donat, chaque client est reçu sur le même pied. C’est la seule démocratie. Pour le reste c’est un univers aristocratique qui attend le visiteur. Tous les concierges sont des clefs d’Or. C’est vous dire comment est le niveau de professionnalisme. Au XO vous pouvez vous isoler dans des alcôves finement drapés sur le devant. Le lieu parfait pour déclarer sa flamme à l’être aimé.

M. Bottois qui a été une décennie dans la culture d’entreprise de la chaîne Four Seasons puis au chic Whiteface Lodge de Lake Placid s’ennuyait de Montréal. « Quand j’étais à Lake Placid, l’endroit avait beau être magnifique au plan de la villégiature, le côté latin de Montréal me manquait. Quand j’avais une occasion je venais faire un saut de puce. Et voilà qu’est arrivé le St-James ». Quand vous gérer un cinq étoiles, les responsabilités viennent avec, car rien ne doit être laissé au hasard. Les gens veulent de la magie et il ne faut pas les décevoir. En tout cas en ce qui nous concerne nous accordons une note de 100%. C’est réellement une expérience sensorielle exceptionnelle à vivre à Montréal et qui n’a d’égal nulle part ailleurs.

Le St-James 355 rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1N9 Tél. (514) 841 3111